Le violon, 17 décembre 1887, samedi 17 décembre 1887
[" REBACTION 2S RLACE JACQUES-CARTIER MONTREAL ABONNEMENT ADMINISTRATION | UN AN - 81.00 {\u2014\u2014 STRICTEMENT D'AVANCE, | oN JOURNAL QUI FAIT DANSER ANNONCES MESURE AGATS lère INSERTION, :10 Cents Aue\u201c IB Cents .À LONGS TERMES CONDITIONS SPECIALES LE NUMERO NS IBEUX CENIINS MONTRÉAL, SAMEDI, 17 DECEMBRE 1887 F.X.LEMIEUX, Commnuncs, Otliwa, Ont, \u201c ministre.\u2014Adieu- done ! A No 13 NOUVELLE EDITION DE LA FABLE DE PERRETTE ET DU POT AU LAI \u2014 Adieu; veaux, vaches, cochons, couvée, portefeuille de LE VIOLON Paraît tous les samedis.L'abonnement est de $1.00 par année, invariablement payable d\u2019avance, Nous le vendons aux agents seize cents la douzaine.Toutes communications doivent être adressées eomme sult : LE VIOLON, 43, Place Jacques-Cartier, MONTREAL, H.BERTHELOT, RÉDACTEUR, -\u2014_\u2014 A LL MONTRÉAL, 17 DECEMBRE 1887 Les changements en Franco.La résignation de M.Grevy et l'élection de M.Sadi Carnot sont des événements qui nous font présager un buuleversement prochain des institutions politiques de la France.La France pataugera pendant quelque temps encore dans le provisoire avant de retourner au régime monarchique, à moins qu\u2019elle ne préfère la Commune ou l\u2019anarchie.Nous est avis que M.Sadi Carnot ne fera pas un bon premier violon dans le bal qui va s\u2019ouyrir, \u2018et nul ne sait encore sur quel pied la France va danser Si Boulanger se mêle de la musique, nous entendrons les notes graves du canon.Dans tous les cas, nous pouvons prédire en toute sûreté qu'il se prépare quelque changement sérieux dans le pays de nos ancêtres.; \u2019 Chaque fois qu\u2019il s'opère un grand changement politique en France, il s\u2019y fait un gâchis terrible.On démolit par ici et on reconstruit par là, on abat les statues et les monuments du régime passé et on les remplace par d'autres, afin de commémorer le nouvel état de choses.Pendant la.grande révolution de 1789 le peuple voulut détruire tout ce qui pouvait lui rappeler la royauté et le despotisme.Les sans-culottes péné- trérent dans les caveaux de St.Denis, où reposent les os de tous les monarques de la France depuis le roi Dagobert jusqu'à Louis XV.Les cendres de ces rois furent enlevées de leurs sarcophages et jetées dans les ruisseaux.Les monuments les plus riches tombèrent sous le pic du démolisseur et les ruines de plusieurs grands châteaux attestent encore le passage de la révolution.L'église de Ste.Geneviève, dont la première pierre avail été posée par Anne d\u2019Autriche, venait d\u2019être complétée au moment où l'esprit révolutionnaire était à son apogée.Ce splendide édifice fut enlevé au culte catholique et on lui donna le nom de Panthéon avec l'inscription sur sa façade : \u201c Aux grands hommes la Patrie reconnaissante.\u201d C'était là où les républicains devaient enterrer tous leurs héros.Le premier qui eut les honneurs du Panthéon fut Voltaire.\u2018On exhuma ses ossements du cimetière pour les transporter en grande pompe dans les caves de l'édifice.On traita avec les mêmes honneuré les restes\u2018 de Jean Jacques Rousseau.\u2019 \u2018Mais lorsque les Bourbons reprirent le pouvoir; on enleva les cendres de ces mes- \u2018 sieurs et on les sema aux quatre vents.- Le Panthéon fut rendu au culte et reprit son nom d'église de Sainte.Geneviève, la on nom d'églis cess \u2018pationne de Paris.C'est ainsi.que ce grand - | édifice prit,.quitta,\u2018reprit et changea son © [Rom suivant le gouvernem ent-du.jour.En 1885, à l'époque de la mort de Victor Hugo, c'était I'église de Ste.Genevieve, mais comme il fallait un sépulchre digne.du grand homme que la France venait de perdre, un édit de la république changea de nouveau l\u2019église en Panthéon.Le Panthéon existera jusqu\u2019au jour de l\u2019avénement d\u2019un roi catholique.Alors M.Hugo sera prié de chercher un logement ailleurs, l'église catholique ne permettant pas aux athées et aux libres-penseurs de dormir dans un terrain consacré.La statue de Napoléon I sur la colonne de Vendôme courra un grand risque de dégringoler comme elle l\u2019a fait sous la commune en 1871.On effaccra partout les inscriptions de liberté, égalité et fraternité, pour les remplacer par les initiales du nouveau roi.On changera les noms des rues et des places publiques, des musées, des théâtres et des jardins, afin que ces noms soient plus en harmonie avec le nouveau régime.Le Français dira toujours : Tempora mu- fantur, mutamur in ills, Les temps changent et nous changeons avec eux.Le Français a raison parbleu, la variété est la mère du plaisir et l'ennui naquit un jour de l'uniformité.Allez-y mes enfants ! bien du plaisir dans vos nouveaux changements.Aventure d\u2019une pièce de 50 cts.(Historigue.) M.le trésorier de l'Hôpital à trouvé l'an dernier une belle pièce de 50 cts\u2019 dans un des troncs nickelés de l'établissement vissé au comptoir d\u2019une des buvettes en vogue de la rue Saint-Laurent.Grande a dû être sa stupéfaction en apercevant cette grosse pièce de monnaie au milieu d'un amas de sous de cuivre, de cinq cents percés, mâchés et écornés, de boutons de culotte déposés par des buveurs s\u2019exerçant à une charité fantaisiste.| Le cas était triomphalement rare et le trésorier a dû se perdre dans un abit de conjectures sur la présence de la grosse pièce dans le tronc.L'affaire pour lui est restée un mystère insondable jusqu\u2019aujourd'hui, jour où notre collaborateur Ladébauche s'est avisé de raconter comment l\u2019aventure était arrivée.C'était un soir d'été, après une journée de chaleur torréfiante.Ladébauche et son X.le gros entrepreneur étaient entrés dans l\u2019auberge pour arroser un petit Sahara qu\u2019ils avaient dans le gosier.Le gros X.avait le défaut, chaque fois qu\u2019il payait une consommation, de tirer de son paletot et d\u2019exhiber un portefeuille graisseux et amplement bourré de banknotes de différents calibres, depuis le billet d'un dollar de la Puissance, jusqu\u2019au papier de g1oo,de la Banque de Montréal.Ce portefeuille contenait toujours au moins Quatre ou cinq cents piastres, que son propriétaire étalait avec orgueil et complaisance devant les prolétaires de ses amis, histoire de les épater par l'énormité de'son numéraire en poche.Sans être prodigue, le gros X.aimait à payer libéralement et il n\u2019attendait jamais son tour pour commander les consommations, Il aimait surtout à calculer devant ses intimes les sommes qu'il dépensait en largesses bachiques.; Ce soir-là il présenta une liasse de banknotes à Ladébauche en lui disant : \u2018 Regarde-moi ça un peu.Si tu faisais des.semaines comme ça au Violon / hein! en aurais-tu du plaisir ?\u201d \u2014Contentement passe richesse, dit philosophiquement Ladébauche.C'est posséder des biens que de savoir s\u2019en passer.À ta place, je ferais une petite charité à l\u2019Hôpital Notre-Dame.Tiens il ne me reste que 5 cts dans ma poche.Comme ça ne suffit pas \u2018pour payer une ronde.Tiens ! a// aboard for Notre Dame Hospital.: A:ces mots Ladébauche déposa sa petite pièce de monnaie dans le tronc.\u2014Ah | oui da, oui | fit le gros X.Moi, je ferai mieux, Tiens, je mets dixacents LE VIOLON is dans :le -téonc.L'ouverture n\u2019est pas bien grande, continua-t-il, en se bâissant sur la boîte argentée.Je ne crois pas qu\u2019une pièce.: de So:cts\u2018puisse y passer.Les 50 cts\u2019doivent être rares là-dedans.L'entrepreneur plongea la main dans son gousset et en retira une pièce de so cts.\u2018Tenant la pièce entre l'index et le pouce, il l\u2019insérait dans l'ouverture et la retirait en disant : ça peut passer ! ça peut passer.D'un mouvement de la main prompt comme l\u2019éclair, Ladébauche frappa la main de son ami.Le 50 cts s'en détacha et tomba dans le tronc.La figure du gros X.changea de couleur, ses yeux dilatés par la stupeur, lancérent des éclairs.Il fit deux pas en arrière et toisant de ses regards courroucés l\u2019auteur de la charitable plaisanterie.\u2014 Ecoute, fit-il d\u2019une voix saccadée par une colère mal contenue, ce n\u2019est pas une farce à faire.Tu crois que tu viens de faire une finesse Ia.C'est ce qui te trompe.Ne t'imagine pas que tout le, monde te trouve fin.J'en connais beaucoup qui disent que ton VIOLON publie des bêtises.Des plaisanteries dans le genre de celle que tu viens de faire ici, ne s'endurent pas en bonne société.Tu as rudement de la chance d\u2019avoir affaire à moi.On ne badine pas avec l'argent de ses amis.On peut badiner sur n\u2019importé quel sujet excepté l'argent.Tu crois m'avoir fait un bon tour, c\u2019est là où tu te trompes, mon ami.Le cinquante cents que tu viens de me faire perdre, je le destinais À te payer ce soir un bon filet aux champignons chez Victor ou chez Freeman.Maintenant tu te trouves puni toi-même.Tu ris, mais je crois que ton rire ne te passerait pas le nœud de la gorge si quelqu\u2019un te jouait le même tour.Je voudrais bien savoir quel est l'homme de bon sens qui a envie de rire lorsqu'il voit son argent aller chez le diable.\u2018 \u2014Chez le diable | Haite là, mon ami, je viens de te faire accomplir une bonne action et maintenant tu veux absolument en perdre tout le mérite.\u2014Des bonnes actions, tant que tu vous: dras, mais je voudrais savoir s'il y a beab- coup de monde qui lâche des pièces de so cts dans des troncs placés dans des auberges.Un dix cents passe encore, mais des so cts c'est bête.Comprends-tu ?Apportez une autre ronde ; c\u2019est la dernière que je paie ce soir.La galerie éclata en fous rires et le gros X.après avoir payé sa consommation se retira en grommelant.Ladébauche avait gâté tout son plaisir ce soir-là, \u2014_\u2014\u2014\u2014 eee Leçons d\u2019anglais.A l'avenir le Violon publiera de temps en temps des dialogues de phrases faciles à l\u2019usage des Canadiens qui désirent se familiariser avec la langue anglaise.Nous donnons aujourd\u2019hui notre première leçon.PREMIÈRE LEÇON, Bonjour monsieur, comment vous portez- vous ?Good day, sir, how do you carry yourself ?Assez bien, merci, mais mon beau-père souffre beaucoup d'un clou au cou.Enough well, thanks, but my handsome father suffers much of a nail to the neck.Il a fait mauvais hier et la pluie tombait à seaux.i He has made bad yesterday and the rain fell to buckets.J'ai été obligé de rester à la maison parce que mon petit dernier a les fièvres lentes.I was obliged to remain to the house because my little last has thé fevers slow, Mon voisin est réduit à la hache, il tire le diable par la queue.L'ouvrage a manqué et il n\u2019a plus le sou.© My neighbour is reduced to the ax, he pulls the devil by the tail.The work has missed and he has no more the copper.Pourquoi portez-vous un crêpe à vôtre chapeau ?a Why do you carry a pancake to.your hat ?Ma belle-mére est morte il y a hiiit jours.My beautiful mother is \u201cdead\u201cthere is eightdays.Chauffez-vous votre maison avec du bois de corde ?Do you warm your House with some wood of rope?\u2018 oe Non, monsieur, je me sers de charbon, No, sir, I serve myself of coal.Etes-vous allé à la cour aujourd\u2019hui ?- Did you go\u2018to the yard to day.Oui, j'ai entendu les témoins dans l\u2019affaire de Laprairie.Yes, I heard the witnesses in the business of Laprairie, Monsieur Goyette est, je érois dans de mauvais draps.Mister Goyette is, 1 believe, in some wicked sheets, Il aura de la misère à s\u2019en tirer, He will have some misery to pull himself of it.La preuve contre lui est claire comme de d\u2019eau de roche.\u2019 The proof against him is clear like some water of stone.Les avocats ne plaident pas à bon marché et ça lui coutera les yeux de la tête.The advocates do not plead : to good market and that will cost to him the eyes of the head.Goyette aura mauvaise mine en se présentant de nouveau dans le comté de Laprairie.Goyette will have bad mine in presenting himself of new in the county of Laprairie, Il ne pourra pas se présenter ; la cour le disqualifiera, He will not be able to present himself, the yard will disqualify him.Pourquoi ca ?Why that ?Parce que cinq morts ont voté pour lui, Because five dead have voted for him.Il a semé l'argent À pleines mains dans le comté.He has sewed the silver to full hands in the county.Il est flambé maintenant.He is blazed now.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Un compte d*artiste d*autrefois.Les vieux parchemins, les chroniques poudreuses rédigées dans quelques coins obscurs, contiennent parfois des originalités bien remarquables.Ainsi, nous est tombé entre les mains un compte des plus curieux que nous nous empressons de publier.Jacques Van Rysselberghe, peintre décorateur, ayant travaillé queique temps dans l'église de N\u2026., exigea pour salaire de main d'œuvre et fourniture, la somme de £92.16.0.Les marguilliers trouvant la note un peu exagérée,invitèrent l'artiste à rédiger un mémoire détaillé et spécifié.Le lendemain, il leur fut remis le compte suivant : : Doivent messieurs les marguilliers administrateurs de l'église de N\u2026\u2026.à Jacques Van Rysselberghe, maitre-peintre, en courant d'Angleterre, comme suit : .£ sd Corrigé et verni les dix commandements 5.12.6, Embelli Ponce Pilate, et mis tn nouveau rulan à son bonnet.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.6.3.Orné d'une queue neuve Je cog de Saint Pierre ; renouvelé et denteié sa crète 2, 3.6 Rattaché un larron à la croix et mis un doigt neul.\u2026.\u2026\u2026.nccre.s I.7.6, Doré B'aile gauche de l'anze Gabriel, et ajouté quelques plumes.:.14.17.9, Lavé 3 fois la servante du grand prêtre #79 Caiphe, et mis du cramoisi sur sesjoues 2.Io.0, Renouvelé le cie!, ajouté quelques étoiles, d' ré le soleil et nettoyé la lune.7.14, 6 Ranimé le feu du purgatoire, et restauré Quelques âmes.6.6 3 Ra ivé le feu de l'enfer, ajusté une queue neuve à Lucifer, raccommodé sa griffe gauche et fa:t plusieurs chaînes pour les daranés.e0ce Ti Renouvelé le foin et la paille dans l'étable de Bethléem, et mis une latte à la CIÈCHE .2sevoucocau0o0c0 s0sesen 3 0.0.Orné de bord neufs la robe de chambre d'Hérode ; rapiécé en cuir la culotte d\u2019Annas, et mis 2 boutons neufs à sa VEN.cc casenoe see c 00e se0n secs 6 0.0, Chaussé d'une nou elle pare de guêtres Tobie voyageant avec l'a ge Raphaël, et'attaché des courruies neuves à son sac de VOYAGE.\u20260000cu0000u00e 2 5 0 Effacé les ta hes de l'âne de Balaam, nettoyé ses deux oreilles, et renouvelé les clous de ses fers.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.3.6 0, Lavé trois fois, frotté, retouché et verni le visage de Sara.2 10.3.Restauré et noirci Jes rampes de l'échelle 53 de Jacob, et y aj uté deux échelons MEUÉS ec0cs senc acooserccnce00000.I, I5 6 Mis u:: nouveau caillou dans la fronds de David, gonflé la tête de Goliath, et reculé ses jambes.\u2026.2.12,0 Roussi la chevelure de Judas et raccourci ses doigts .i.vosvecovencoc0e I 5 6 Goudronné le derrière de l'arche de Noé, placé deux nouvelles pannes : vitrées, renouvelé une vitrine, et mis à Noé une autre pairec de manches.6.10.o, Rapiécé la chemise de l'enfant prodigue, fait courir les poux et verni, racommo- dé les soies à plusieurs porcs, rendu leurs queues bien onduleuses, et renouvelé la boisson dans les bacs.7.Bouché, mastiqué et peint à neuf la cruche de la Samaritaine, et y ajusté une AULFE ANSE.s.0s000co none cececen0 00 20 7 % Lavé.et enduit d'huile notre première mère lève, rougi la pomme, aiguisé le dard du serpent, renouvelé ses écailles, remplacé la denture usée d'Adam, et remis la pomme.à sa bouche.4.3.6.15.6 Totaliose caso ncccrcc0ue 92.16.0 rip ve + A JÂCQUES VAN RYSSELBERGHE, sp Maitre.p.intre, 3 COUPS D\u2019ARCHET Dans une rue du faubourg Québec.\u2014Voyez-vous ce vieux malheureux qui scie du bois de corde.\u2014Eh bien, qu'a-t-il d\u2019extraordinaire ?, \u2014Cet homme-lA n'a pas toujours scié du 14 bois dans sa vie.9 \u2014Ilaurait eu des malheurs, qu'est-ce qu\u2019il faisait auparavant ?\u2018 * \u2014Ce qu'il faisait.Je vais vous le dire, : La dernière fois que je l'ai vu il bâchait du i boisa La plupart des hommes travaillent pour se : faire un nom, mais le peintre d\u2019enseignes consacre son travail et son énergie à faire # des noms pour les autres, en les épelant et | en les ponctuant de manière à émerveiller F tous ses concitoyens.* * WILFRID'S PARLOUR tLe restaurant le plus chic de Montréal et - service des plus chouettes.Cet établissement se recommande au public pour sa spé- .cialité d\u2019huitres en écaille.Les huitres servies aux clients ont été choisies à la main et elles arrivent dans un état de fraîcheur des \u201c plus parfaits.Soupe aux huitres préparées .en trois minutes.i Wilfrid Théoret, Propriétaire.No.94 rue St-Laurent.x Une dame sonne à la porte d\u2019une amie.La servante se présente : \u2014Madame Z.regoit-elle ?tf \u2014Non, madame, cet après-midi c\u2019est son ÿ tour de sortir.* \u201c+ Encore un enfant terrible.Mad.Bellehu- Tieur faisait dire la prière du soir à Guguste qui ne va pas encore à l'école.Elle récite | mot par mot le Pañer et l'enfant répète ce que dit sa maman.: Tout alla assez bien jusqu\u2019à ce que la mère fut rendue à \u2018* Donnez-nous notre pain quo- : tidien.\u201d Madame Bellehumeur récite la | phrase deux fois, mais l'enfant ne la répète y pas après elle.5 \u2014Pourquoi ne répètes-tu pas après moi ?§.fit-elle.\u2014Parce que je ne veux pas de pain.Je à voudrais des crockeursses, moi, nà ! = + Là \u201c+ télwn.\u201cMadame Murphy à la servante de madame O'Flaherty.Qu'est-ce que vous voulez ?| La servante\u2014Madame O'Flaherty vous fait ses amitiés-et elle m'envoie vous dire i d'avoir Ja bonté de compter vos enfants afin de voir st vous n'avez pas un de trop.\u2018Notre petite Molly n\u2019est pas revenu à la maison depuis qu\u2019elle est sortie de l'école il y a deux heures.aus i | whe \u2018Les enfants terribles.\u2014Maman, je voudrais que tu me fasses un | grand plaisir au jour de l\u2019an., \u2014 Voyons, que veux-tu, Loulou ?\u2014Ce que je voudrais, c'est que tu me donnerais un petit frère pour mes étrennes, à \u201cune condition, c\u2019est que papa n\u2019en sache rien : avant de l'avoir vu.wx Si un conférencier veut se faire une idée de sa popularité, il n\u2019a qu\u2019à charger 5ocents | comme prix d'admission à ses lectures.JN \u2014 DEPECHES + St Constant, 13 Déc.1887.JAj'hon.M.Mercier, F : Montréalfi.Conservateurs pas contents de ma résignation.\u2018Veulent me disqualifier.Ça me rend-malade.V a-t-il moyen d\u2019empêcher ça ?~ i Signé, \\ GOYETTE.+ + - Montréal, 13 Déc.1887.' AM.Goyette, i | St Constant.Peux pas faire grand\u2019chose a c't\u2019heure, oi malade aussi & cause d\u2019emprunt.Mauvais calcul.Fais pour le mieux.Essaierons i de; te réélire.Faudra de argent quand ! meine.Boyer et Rochon aussi mal pris\u2018que {tol à.\" Signé ; igné, MERCIER.Quèbec;14 Déc.1887.{Dans une famille irlandaise du Griffin.| criante, mais.qui ne date pas d'hier, \u2018lès\u2019 ~ sub { Q \u2014\u2014E TY Les Caulois et les Romains CIiAPLEAU\u2014 Arrêtez, arrêtez vous autres ! Si vous voulez absolument vous battre, ne vous battez pas sur mon dos.Cette manière de vous faire ln guerre, n'est pas du tout de mon goût.Faut-il commencer bordas à la chambre, préparer les pupitres.etc ?Signé, LAROCQUE.Sergent d\u2019Armes\u2014 Montréal, 14 Déc.1887.A M.Larocque, Sergent d'Armes Québec.Laissez porter.Encore du temps pour penser à session.L'emprunt pas encore fait.Attends après ça pour session.i igné Lo Signé, MERCIER.100 XX, Paris, 15 Déc.1887.A K'hon.M: McShane, « \u201cMontréal.J'ai perdu ma place de président.Me trouve dans le slack.Suis bien embarrassé avec mon gendre Wilson.Aimerais à lui trouver une job en Canada.Etes-vous capable de lui faire starter une business dans un bon stand à Québec ?C\u2019est un blood.Réussira s\u2019il a des backers.Espère que vous ne kickerez pas.Signé \u2019 Grevy.Ex-président.Montréal, 16 Déc.1887.A M.Grevy, Paris.Temps sont bien durs par ici.Maqn chef a de la bad luck.Yankees veulent pas le truster pour $3,500,000, sera obligé de faire trip en France.Bounes places difficiles a trouver dans gouvernement à Québec.Pense que Wilson s\u2019arrangera coq à Montréal.Je lui ferai consaître des échevins.Pourra s'entendre avec eux pour runner le conseil.Avec moi, pas d\u2019affaires car suis l\u2019honest Tracyreer ti eet.Le Melon Pourquoi le terme de me/on passe-t-il pour méprisant ct pourquoi l\u2019applique-t-on aux esprits bornés.Le Courrier de Vaugelas répond ainsi à cette question : ( Le melon est considéré comme un légume injurieux, Il en est de même de toute la famille cucurbitacée, cantaloup, citrouille, concombre, cornichon.* Comment le goût savoureux de ces inof- tensifs végétaux peut-il se changer en venin pour empoisonner la\u2019réputation du prochain et le désigner à la risée ?.En quoi la fraise est-elle plus noble: que le melon ?Ne sortent-ils :;pas tous .deüx-;de la même couche, le fumier ?0 Et.cependant les cucurbitacées ne peuvent s\u2019égaler-aux rosacées ; celles-ci tiennent le haut des plates bandes, tandis que celles-là semblent \u201cdignes du ruisseau: \u2018\u2019Injustice tin (VI, 92, d\u2019après F.Michel), ayant déjà subi les moqueries de Thersite.qui les appelait Pepenes, ou concombres mûrs ! Les Grecs lui répondaient : Bliton, tu es une blette ! ce qui insultait à l\u2019épinard-fraise sans diminuer Thersite.L'abjection des cucurbitacées ne peut venir que de leur forme, de leur rude écorce, de leurs pustules, cde leur rotondité, de la ridicule ventripolence de quelques-unes, tandis que la fraise, la cerise, la pêche se prêtent aux comparaisons les plus poétiques de la beauté et de la fraîcheur.Cettu assimilation des défauts, des qualités ou des actions de l'homme aux sujets du règne végétal ne s'arrête pas d\u2019ailleurs à la famille des courges.\u2018L'homme sans consistance, dit M.Lo- rédan-Larchey, est une /enasse (mauvais foin) ; le prête-nom, un homme de paille et le dédaigneux /ait sa poire.\u201d Zirer une carotte est un jeu bien connu des parents en puissance d'enfants, Des #a- vets / ou des néfles ! dans l\u2019argot de banlieue veut dire : Jamais / Le chou sert de sobriquet amical ; la giro- Slee G cing feuilles symbolise l\u2019épanouissement de la main sur la joue d\u2019autrui.La fleur des pois désigne la floraison aristocratique dans ce qu\u2019elle a de plus épuré.Le dessus du panier a la même signification et se rapporte encore à notre sujet, parce que dans un panier on ne peut mettre que des fruits ou des légumes.De tous temps et par tous pays, dit Génin, le peuple s'est complu à ces assimilations végétales.Il cite Plaute (Bacchid.IV, 77, 23): : Santi est quanti fungus putribus, (J'en fais autant de @s que d'un champignon pourri.) Tartufo est l'abrégé de Zartufulo, une truffe, que l'on considérait comme une pourriture, un excrément de la terre.C\u2019est de là que Molière a tiré le nom de Zariufe.\u2014 Voir Courrier de Vaugelas, V.129).En Italie, le symbole d'une tête vide est une courge, ztcea, parce que, à la cuisine, on met le sel dans une de ces courges vidées et \u2018desséchées,\u2014 \u2018\u2018 Siccome colei che poco sale aveva in succa\u201d (Boccace Giornl.V, nov.2).(Et elle qui n'avait pas trop de sel dans sa coloquinte.) re La Bibliothèque à Cing Cents voit chaque jour son succès s'allermir.D'où lui vient cette faveur particulière du public?IL suffit de parcourir au hasard un des numéros hebdomadaires de cette intéressante publication, et l\u2019on se rendra immédiatement compte du choix éclairé, de l\u2019attention scrupuleuse qui président à sa composition.Les sujets les plus variés dans le Roman, la Littérature, l\u2019Histoire, les Voyages, les Scènes du Désert ou de la Vie Indienne, y sont tour à tour développés avec l\u2019attrait puissant des poignantes émotions que font naître les grands spectacles de la -nature, et l'analyse des sentiments les plus tendres et les plus délicats du cœur humain.A ces divers titres, La Bibliothèque à Cing Cents a sa \u2018place marquée d\u2019avance à tous les foyers, où elle fera les délices\u2019 du vieillard aussi bien que celles de la jeune fille.i.Prix -d\u2019abonnement un an, $2.50 3.six moig $1.25.\" S'adresser a, Poirier, Bessette \u2018Grecs, ainsi\u2018que.le rappelle M.Eman Mar- & Cie, 1530'Rue Notre-Dame, Montréal.- Au cercle : \u2014Tiens ! dit Guibollard à Gontran, je vous ai aperçu sur le boulevard avec une femme, oh ! mais avec une femme.\u2014Oui, elle n\u2019est pas mal.Zn y a longtemps que vous la connaissez \u2014Je crois bien | c'est la mienne ! * Anna et Sophie se sont rencontrées hier dans le salon de madame Bisquanquoin et ont parlé de leur amie Marie-Louise.Anna\u2014Le mariage que l'on croyait cassé est repris.Son amant dit aujourd'hui qu'elle pue bon.Sdpliie.\u2014Mais, c'est impossible.Ce qu'il lui reprochait était impardonnable.Anna \u2014Tout va bien maintenant.Elle achète les parfums les plus délicats, le White Rose, le Jockey Club, le Yang y Lang, chez McGale, 2123 rue Notre-Dame, ou ils se vendent à bien bon marché.On trouvera toujours à la pharmacie McGale les parfums suivants: Kuli-Kuli Violette, Martha Washington, Spanish Jasmina, Florida Breeze, Stephanatis, et le musc donc.Après ça tirons l'échelle.* A l'hôtel des ventes : Le crieur.\u2014Un beau portrait, messieurs ! Il y a marchand à cent francs ! Suivez, messieurs, suivez l\u2019enchère ! Cent francs ! Une belle peinture, messieurs, et surtout très res- - semblante | On regarde le catalogue : \u2014Portrait d\u2019un personnage inconnu!!! * * % Un marchand en gros de la ruc St.Paul disait hier à un de ses amis : Lorsqu'un client hésite à me donner une commande, j'ai un moyen assuré de le décider Aacheter.Je l\u2019invite à prendre un verre de vin ou de bière au restaurant Commercial de Louis Bergevin, No.127 rue McGill, coin de la rue St, Paul.\u2018Toutes les liqueurs et tous les cigares sont de la première qualité et plaisent infailliblement aux connaisseurs.LOTERIE NATIONALE Les tirages mensuels ont lieu le troisième mercredi de chaque mois.La valeur des prix qui seront tirés le Mercredi, 21 Décembre 87 \u2014 SERA DE \u2014 $60,000.00 COUT DU BILLET Première Série « = à Deuxième Série .- - t@-Demandez Ie catalogue des prix-@a \u2014 $1.00 23 eta Le Secrétaire, S.E.LEFEBVRE, 19, RUE SAINT-JAGQUES, MONTREAL L\u2019Imprimerie Générale Exécute avec diligence toutes espèces de COMMANDES TYPOGRAPHIQUES IMPRESSIONS DE LUXE, IMPRESSIONS DE:CHEMINS:DE FER, IMPRESSIONS DE COMMERCE Erc., Era., Etc.L'Imprimerie Générale REST EN MESURE D'EXÉOUTER LES COMMANDES LES PLUS CONSIDERABLES SOUS LE PLUS BREF DELAI.PRIX TRÈS MODÉRÉS.CHARLES BELLEAU, | Génare No 45, PLACE JACQUES-OARTIER.[ bureau de LA MINERVE, No 45, Place Jac ques- .er, ou au bureau de LA Prrss .rue Notre-Dame, en face de Hotel de Vite, .N.B,\u2014Les ordres peuvent dtre déposés sa .: - \u2018étaient recus a bras ouverts., FEUILLETON DU *VIOLON.\" TARTARIN de TARASCON TROISIÈME ÉPISODE \u2014 æ CHNZ LES LIONS Vv L'affût du soir dans un bois de lauriers- roses.Si pittoresque que fût leur nouvelle mionture, nos tueurs de lions durent y renoncer, par égard pour la chechia.On continua donc la route a pied comme devant, et la caravane s\u2019en allait tranquillement vers le Sud par petites étapes, le Tarasconnais en tête, le Monténégrin en queue, et dans les rangs le chameau avec les caisses d'armes.L'expédition dura près d'un mois.Pendant un mois, cherchant des lions introuvables, le terrible Tartarin erra de douar en douar dans l'immense plaine du Chéliff, à travers cette formidable et cocasse Algérie française, où les parfums du vieil Orient se compliquent d\u2019unc forte odeur d'absinthe et de caserne, Abraham et Zouzou mélés, quelque chose de féerique et de naïvement burlesque, comme une page de l'Ancien Testament racontée par le sergent La Ramée ou le brigadier Pitou.Curieux spectacle pour des yeux qui auraient su voir.Un peuple sauvage et pourri que nous civilisons, en lui donnant nos vices.L'autorité féroce et sans contrôle de bachagas fantastiques, qui se mouchent gravement dans leurs grandscordons de la Légion d'honneur, et pour un oui ou pour un non font bâtonner les gens sur la plante des pieds.La justice sans conscience de cadis à grosses lunettes, tartufes du Coran et de la loi, qui rêvent de quinze août et de promotion sous les palmes, et vendent leurs arrêts, comme Esaü son droit d\u2019aînesse, pour un plat de lentilles ou de kousskouss au sucre.Des caïds libertins et ivrognes, anciens brosseurs d\u2019un général Yusuf quelconque, qui se soûlent de champagne avec des blanchisseuses mahonnaises, et font des ripailles de mouton rôti, pendant que, devant leurs tentes, toute la tribu crève de faim, et dispute aux lévriers les rogatons de la ribote seigneuriale.Puis, tout autour, des plaines en friche, de l'herbe brulée, des buissons chauves, des maquis de cactus, et de lentisques, le grenier de la France !.Grenier vide de grains, hélas ! et riche seulement en chacals et en punaises.Des douars abandonnés, des tribus effarées qui s\u2019en vont sans savoir où, fuyant la faim, et semant des cadavres le long de la route.De loin en loin, un village français, avec des Maisons en ruine, des champs sans culture, des sauterelles enragées, qui mangent jusqu'aux rideaux des fenêtres, et tous les colons dans les cafés, en train de boire l\u2019absinthe en discutant des projets de réforme et de constitution.Voilà ce que Tartarin aurait pu voir, s\u2019il s'en était donné la peine ; mais, tout entier à sa passion léonine, l\u2019homme de Tarascon allait droit devant lui, sans regarder ni à droite ni à gauche, l'œil obstinément fixé sur ces monstres imaginaires, qui ne paraissaient jamais.Comme la tente-abri s\u2019entétait a ne pas s'ouvrir et les tablettes de pemmican à ne pas fondre, la caravane était obligée de s'arrêter matin et soir dans les tribus.Partout, grâce au képi du prince Grégory, nos chassours Ils logeaient chez les agas, dans des palais bizarres, grandes fermes blanches - sans fenêtres, où l\u2019on trouve pêle-mêle des narghilés et des commodes en seajou;-des' tapis: de Smiyrne ot des lampes-modérateur, des coffres de cè-| Qu'est-ce que vous voulez ! Il y « des dre pleins de sequins turcs, et des |soirs où l\u2019on n\u2019est pasen train, et puis pendules à sujets, style Louis-Phi-|où serait le mérite, si les héros n\u2019a- lippe\u2026 Partout on donnait à Tartarin | vaient jamais peur ?des fêtes splendides, des diffas, des| Eh bien ! oui, Tartarin eut-peur, et antasias\u2026 En son honneur, des goums|tout le temps encore.Néanmoins, il entiers faisaient parler la poudre et/tint bon une heure, deux heures, mais luice leurs burnous au soleil.Puis, |l\u2019héroïsme a ses limites.Près de lui, quand la poudre avait parlé; le bon | dans le lit desséché de la rivière, le agd venait et présentait sa note.|'Tarasconnais entend tout à coup un C'est ce qu'on appelle l'hospitalité |bruit de pas, des cailloux qui roulent.arabe.Cette fois la terreur l\u2019enlève de terre.Et toujours pas de lions.Pas plus | Il tire ses deux coups au hasard dans de lions que sur le Pont-Neuf ! la nuit, et se replie à toutes jambes Cependant le Tarasconnais ne se|sur le marabout, laissant son coutelas décourageait pas.S'enfonçant brave-|debout dans le sable comme une croix ment vers le Sud, il passait ses jour- {commémorative de la plus formidable nées à battre le maquis, fouillant les | panique qui ait jamais assailli l\u2019âÂme palmiers-nains du bout de sa carabine, | d\u2019un dompteur d'hydres.et faisant \u201c frrt ! frrt! \u201d a chaque buis-| \u201c A moi, préince.le lion.\u201d son.Puis, tous les soirs avant de se| Un silence.coucher, un petit affüt de deux ou| « Préince, préince, êtes-vous là ?\u201d trois heures.Peine perdue ! le lion] Le prince n\u2019était plus là.Sur le ne se montrait pas mur blanc du marabout, le bon cha- Un soir pourtant vers les six heu-|meau projetait seul au clair de la lune res, comme la caravane traversait un |l\u2019ombre bizarre de sa bosse.Le prince bois de lentisque tout violet où des | Grégory venait de filer en emportant grosses cailles alourdies par la cha-| portefeuille et billets de banques.Il leur sautaient ça et là dans l'herbe, | y avait un mois que Son Altesse atten- Tartarin de Tarascon crut entendre | dait cette occasion.\u2014 mais si loin, mais si vague, mais si émetté par la brise\u2014ce merveilleux VI rugissement qu\u2019il avait entendu tant de fois là-bas à Tarascon, derrière la Enfin !.baraque Mitaine.D'abord le héros croyait rêver.Le lendemain de cette aventureuse Mais au bout d\u2019un instant, lointains|et tragique soirée, lorsqu\u2019au petit toujours, quoique plus distincts, les jour notre héros se réveilla, et qu\u2019il rugissements recommencèrent ; et eut acquis la certitude que le prince cette fois, tandis qu\u2019à tous les coins et le magot étaient réellement partis, de l\u2019horizon on entendait hurlerfles! partis sans retour; lorsqu\u2019il se vit chiens des douars,\u2014seconée par la: seul dans cette tombe blanche, trahi, terreur et faisant retentir les conser-|volé, abandonné en pleine Algérie ves et les caisses d'armes, la bosse du\u2018 sauvage avec un chameau à bosse sim- chameau frissonna.ple et quelque monnaie de poche Plus de doute.C'était le.lion.Vite, | pour toute ressource, alors, pour la vite, à l\u2019affât.Pas une minute à per-| première fois, le Tarasconuais douta.dre.Il douta du Monténégro.il douta de Il y avait tout juste près de là un ; l'amitié, il douta de la gloire, il douta vieux marabout (tombeau de saint ) à: même des lions ; et, comme le Christ coupole blanche, avec les grandes;à Gethsémani, le grand homme se pantoufles jaunes du défunt déposées prit à pleurer amèrement.és dans une niche au-dessus de la porte,| Or, tandis qu'il était là pensivement et un fouillis d\u2019ex-voto bizarres, pans assis sur la porte du marsbon Ysa ¢éte de burnous, fils d\u2019or, cheveux roux, : dans ses deux mains, sa gagabin entre: qui pendaient le long des murailles.ses jambes, et le chameaü qui le regar Tartarin de Tarascon y remisa son prince et son chameau et se mit en dait, soudain le maquis d'en face «'&- carte et Tartarin stupéfait voit parai- quête d\u2019un affât.Le prince Grégory voulait le suivre, maisle Tarasconnais s\u2019y refusa ; il tenait à affronter le lion seul à seul.Toutefois il recommanda à Son Altesse de ne pas s'éloigner, et, par mesure de précaution, il lui con- fila son portefeuille, un gros porte- billets de banque, qu'il craignait de faire écornifler par la griffe du lion.Ceci fait, le héros chercha son poste.Cent pas en avant du marabout, un petit bois de lauriers-roses tremblait dans la gaze du créPuscule, au bord d\u2019une rivière, presque à sec.C\u2019est là que Tartarin vint s'embusquer, le genou en terre, selon la formule, la carabine au poing et son grand couteau de chasse planté fièrementdevant lui dans le sable de la berge.La nuit arriva.Le rose de la natu- bre.En bas, dans les cailloux de la feuille plein de papiers précieux et de | re passa au violet, puis au bleu som-' tre, à dix pas devant lumi, un lion gigantesque s'avangant la tété hatte et poussant des rugissements formidables qui font trembler les murs du marabont tout chargés d\u2019oripeaux et jusqu'aux pantoufles du saint dans leur niche.Seul, le Tarasconnais ne trembla pas.\u201c Enfin !\u201d cria-t-il en bondissant, la crosse à l'épaule.Pan ! pan ! pfft ! pfft ! C'était fait.Le lion avait deux balles explosibles dans la tête.Pendant une minute, sur le fond embrasé du ciel africain, ce fut un fea d\u2019artifice épouvantable de cervelle en éclats, de sang fumant et de toison et Tartarin aperçut\u2026 deux grands nègres furieux qui couraient sur lui, :la matraque en l\u2019air.Les deux nègres de Milianah ! O misère ! c'était le lion apprivoisé, ; rousse éparpillée.Puis tout retomba rivière, luissit comme un miroir à le pauvre aveugle du couvent de main une petite flaque d\u2019eau claire.; Mohammed que ies balles tarascon- C\u2019était l\u2019abreuvoir des fauves.Sur la naises venaient d'abattre.pente de l\u2019autre berge, on voyait| Cette fois, par Mahom ! Tartarin vaguement le sentier blanc que leurs l\u2019échappa belle.Ivres de fureur fana- rosses pattes avaient tracé dans les tique, les deux nègres quêteurs l\u2019au- entisques.Cette pente mystérieuse raient sûrement mis en pièce, si le donnait le frisson.Joignez.a cela le : Dieu des chrétiens n\u2019avait envoyé à fourmillement vague des nuits afri- son aide un ango libérateur, le garde caines, branches frôlées, pas de velours champêtre de la Commune d'Orléansd\u2019animaux rôdeurs, aboiements grê- | ville arrivant, son sabre sous le bras, les des chacals, et là-haut, dans le ciel, \u2018par un potit sentier.c à cent, deux cents mètres, de grands | La vue du képi municipal calma troupeaux de grues qui passent avec subitement la colère des nègres.Paides cris d'enfants qu'on égorge ; vous sible et majestueux, l'homme à la pla- avouerez qu'il y avait de quoi être!que dressa procès-verbal de l'affaire, ému.; t-charger sur le chameau ce qui res- Tartarinl\u2019était.Tl l'était même beau- [tait du lion, ordonna aux plaignants coup.Les dents lui claquaient, - le | comme au délinquant de-le-suivre, et pauvre homme ! Et sur la garde de : se dirigea sur Orléansville, où le tout son couteau de chasse planté en terre fut déposé au gréffe.\"Oe fat une lôngue et terrible pro- a i venait de parcourir, Tartarin \u201cde Tarascon connut alors une autre Algérie non moins cocasse et formida- le, l'Algérie des villes, processive et avocassiére.Il connut la judiciaire louche qui se tripote au fond des cafés, la bohéme des gens de loi, les vates blanches mouchetées de cham- poreau ; il connut les huissiers, les agréés, les agents d\u2019affaires, toutes ces sauterelles du papier timbré, affamées et maigres qui mangent le colon jusqu aux tiges de ses bottes et le comme un plant de mais.Avant tout il s'agissait de savoir si le lion avait été tué sur le territoire civil ou le territoire militaire.Dans le premier cas l'affaire regardait le tribunal de commerce ; dans le second Tartarin relevait du conseil de guerre, et, à ce mot de conseil de guerre, l'impressionnable Tarasconnais se voyait déjà fusillé au pied des remparts, ou croupissant dans le fond d\u2019un silo.Le terrible, c\u2019est que la délimiiation des deux territoires est très vague en Algérie.Enfin, après un mois de courses, d'intrigues, de stations au soleil dans les cours des bureaux arabes, il fut établi que si d\u2019une part le lion avait été tué sur le territoire militaire, d'autre part, Tartarin, lorsqu'il tira, se trouvait sur le territoire civil, L'affaire se jugea donc au civil, et notre héros en fut quitte pour dey: mille cinq cents francs d\u2019indeuimi(s, sans les frais.Comment faire pour payer tout cela?Les quelques piastres échappées a la razzia du prince s\u2019en étaient allées depuis longtemps en papiers légaux et en absinthes judiciaires.Le malheureux tueur de lions fui donc réduit à vendre la caisse d':urmes au détail, carabine par carabine.Il vendit des poignards, les kriss malais, reonserves alimentaires.Un pharma- cieñi, ce qui restait du sparadrap.Les rent et suivirent la tente-abri perfec 7 | tionnée chez un marchand de bric-à- brag, qui les éleva a la hauteur dy curiosités cochinchinoises.Une fois toutipayé, il ne restait plus à Ta/carin que la peau du lion et le chameau.a peau, il l\u2019emballa soigneusèment et la dirigea sur Tarascon.(Nous verrons tout a I'heure ce qu'il advim de cette fabuleuse dépouille.) Quant au chameau, il comptait s'en servir purs regagner Alger, non pas en monuuit dessus, mais en le vendant pour paye - la diligence : ce qui est encore la meui- leure façon de voyager à chameau.Malheureusement la bête était d\u2019un placement difficile, et personne n'en offrit un liard.Tartarin cependant voulait regagner Alger à toute force.Il avait hâte de revoir le corselet bleu de Baia, sa maisonnette, ses fontaines, et de se reposer sur les trèfles blancs de son petit cloître, en attendant de l'argent de France.Aussi notre héros n'hésita entreprit de faire la route à pied, aus argent, par petites jonrnées.\" En cette occurrence, le chameau ne l\u2019abandonna pas.Cet étrange animal s'était pris pour son maître d'une tendresse inexplicable, et, là voyant sortir d\u2019Orléansville, se mit à marcher son pas sur le sien et ne le quittant pas d\u2019une semelle.{A continuer.) J.N.LAMARCHE - f No.17, RUE SAINTE - THERESE Entre les vues St-Vincent at St-Gabriel MONTREAL, lé\u2019 canon de son fusil rayé sonnait one comme uie*paire de ¥castagnettes.| cedure?\", promptitude; et i prix trés modéréss Après l'Algérie des tribus, wil\u201d dossiers qui sentent l\u2019absinthe, les cra- aissent déchiqueté feuille par feuille : les casse-tête.Un épicier acheta les pas : et navré, mais point abattu, \u20181.religieusement derrière lui, réglant RÉLIEUER f Rellure commerciale et de goût exécuté aye soin à 4 gv, grandes bottes elles-mêmes y passè-< | I.se N."]
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