La Croix., 8 mai 1904, dimanche 8 mai 1904
[" - \"2 » ep La = MONTREAL DIMANCHE, 8 MAI 1904.\u2014Voi, II, Telephone ABONNEMENTS : OANADA E chacun par annee.31, 33, 35 RUE SAINT-JACQUES, MONTREAL.ell: Main 428 ETATS- ; EN VILLE, PAR LA POSTS | | AN: 32:39 : 8 Mois.1.09 N.B.-Dix abonnements ou plus adresses au No 6 MOIS, 1.meme bureau de poste, $1.00 Journal Catholique et Independant publie a Montreal APOTRE COLONISATEUR Dans leur dernière session mensuelle, les directeurs de la Société Générale de colonisation ont pris une détermination dont il convient de les louer.Yis ont résolu de mettre à contribution la bonne volonté et les dispositions excellentes à cette fin de l'un de nos plus vaillants jeunes curés colonisateurs des Laurentides, pour créer une nouvelle fonction, sous les auspices et avec le concours de la Société Générale : celle d'apôtre propagandiste, voué spécialement au recrutement de colons dans la province de Québec, pour la province de Québec.| Nous aurons désormais un\u2014et vraisemblablement, un jour, plusieurs\u2014 missionnaire-colonisateur, comme nous avons tout un bataillon d'intelligents et si serviables missionnaires agricoles.Le salut de ln province de Québec, nous ne saurions trop le répéter, est dans l\u2019extentson de sa colonisation l'amélioration de son agriculture.Or, notre clergé national est Lrop patriote pour ne point prendre sa large part dans la noble tâche d'assurer ce salut temporel, tout en se consacrant au salut éternel de ceux dont il a charge.Aussi a-t-on trouvé et trouvera-t-on sans trop de peine des prêtres dévoués pour prêcher la croisade colonisatrice, comme, sur la requête de l'Iëtat, naguère, et à l'appel des évêques, 1! s'en est rencontré des dizaines pour entreprendre et poursuivre Ja croisade agricole.C'est pourquoi la Société Uénérale, en inaugurant ce nouveau mouvement, « cru pouvoir s'en promettre un entier succès, et cela d'autant mieux qu'elle s'estime en droit de compter, pour le faire réussir, sur l'assentiment ot le concours de ses patrons distingués, N N.S S.les archevêques de Montréal et d'Ottawa.Avec la gracieuse permission de ce dernier, l\u2019un des prètres de son vaste rchidiocèse, M.le curé Corbeil, de L'Ascension, a été choisi pour former le noyau de cette phalange d'élite qui doit se constituer : celle des mission- naires-colonisateurs.Jeune, ardent, rappelant par son tempérament même, son amour sincère et sa connaissance profonde des choses de la colonisation, lo regretté Curé Labelle, le \u201c Roi du Nord,\u201d dont il sera le digne continuateur, M.le curé Corbeil était tout indiqué pour cette mission.Il s\u2019y prête de bonne grâce ; il va s'y mettre avec tout son cœur d'apôtre, soñ savoir de colonisateur éprouvé ; nul doute qu'il ne la rende fë- conde et productrice des plus conso- lanta résultats.M, l\u2019abbé Corbeil sera tout probablement appelé à prendre un siège dans le bureau de direction de la Société Générale de Colonisation et de Rapatriement.fn cette qualité, et grâce à ses nouvelles fonctions, il sera à même de tenir la Société en contact plus direct avec les nouvelles troupes colonisatrices qu\u2019il ne manquera point d'enrôler.La Société Générale se propose de présenter son premier Missionnairelonisateur au public de Montréal, Ans une grande démonstration spéciale qui aurait lieu en juin prochain et dont elle prendra le patronage.Le néfice de cette séance, à la réussite e laquelle, nous assure-t-on, les jour- Daistes de Montréal, bienfaiteurs attitrés des Ecoles de colonisation, se proposent.de.contribuer de leur mieux, Sera attribué à la chapelle et à l'école At oissiale de L'Ascension, desserte de * l'abbé Corbeil.Encore une fois, nous estimons que la Société Générale mérite .un large it et an encouragement chaleureux Pour:l'iaitiative qu'elle prend là.Elle Comprend que la pro de active de Ses officiers, bien qu'elle ait-donné,:de- puis dix ans, de fort importants résul-] tate, ne pourra jamais si bien faire, pour la colonisation, que celle d'un prêtre, et elle s'assure le concours d'un apôtre dont le zèle n\u2019a d'égal que son patriotisme.Certains ont cru pouvoir reprociier À la Société Générale de ne pas assez confiner ses efforts au peuplement de la province de Québec.On oubliait que sa charte, en mème temps que les obligations résultant pour elle du subside fédéral qu'elle obtient, lui font un devoir de développer la colonisation dans tout le Canady: Manitoba, Ouest et Ontario français, aussi bien que Québec.Mais par sa démarche d'an- jourd'hui elle prouve, une fois de plus, qu'elle conserve toujours de spéciales prédilections pour le développement de notre cher vieux Québec.On n'a pas tenu compte, non plus en faisant cette critique, «es difficultés quasi insurmontables que créait à ln Société (fénérale, dans sa propagande pour développer les diverses régions de Québec dont elle s'occupe : Nord de Montréal, Matapédia, Témiscamingue, Gaspésie, etc, le mauvais vouloir persistant deze autorités provinciales, en ces temps derniers.L'aurore d'une ère nouvelle s'annonce À présent ; la Société Générale en profite pour reprendre hardiment campagne.Et pour repousser l'odieux d'une comparaison qui fut taite Entré les £ra- vaux de notre société de Montréal et ceux d'une société rivale, il suffira à la la Société Générale de faire refleurir ses traditions des anciens jours, où par milliers elle plantait dans la forêt, d'un bout A l'autre de lu province, des colons \u2018véritables et permanents, pendant qu'ailleurs on se bornait, en bonne partie, à compter comme colons des centaines de touristes qu'on envoyait, gratuitement ou à peu près, passer l'inspection des établissements déjà anciens, dans une seule et unique région.Dans 'accomplissement de ce dessein, il est incontestable que la Société Générale se verra grandement aidée par le travail de M.le curé Corbeil,son nouvel apôtre-colonisateur.Nous présentons donc à celui-ci tous nos vœux, confiants de lui engager en même temps les vives sympathies et le concours actif de tous les patriotes.LE Croisé.Chronique Romaine De I'admirable encyclique du 12 mars sur le centenaire de 8.Grégoire le Grand, tout serait a citer ici, car tout est à lire et à retenir.Empruntons-lui du moins le passage que semblent réclamer de préférence ct le caractère de notre modeste revue et la composition de notre public, c\u2019est-à-dire l'appréciation de ce qu\u2019on a prématurément appelé le loisysme, \u2014bion à tort, croyons-nous, car il n\u2019y a pas à craindre que l\u2019auteur de l'Evangile at l'Eglise fasse école ; et il y a grand sujet d\u2019espérer que lui-même se déprendra des erreurs où il est tombé, puisque le voici qui renonce spontanément à ses cours libres de la Sorbonne : \u201cLa négation gratuite du principe surnaturel, qui est le propre de la \u2018\u2018 science faussement nommée \u201d (1), devient le postulat d\u2019une critique historique pareillement fausse.Toutes les vérités qui touchent d\u2019une manière quelconque à l\u2019ordre surnaturel, soit qu\u2019elles le constituent, soit qu\u2019elles aient de la connexion avec lui, soit qu\u2019elles le supposent, soit enfin qu\u2019elles ne puissent être expliquées que par lui, sont rayées sans examen de l\u2019histoire.\u2018elles sont la divinité de Jésus- Christ, son incarnation par l'opération du Saint-Esprit, ss résurrection due à sa propre puissance et enfin tous les autres articles de notre foi.Une fois entrée duns cette voie, la critique ne connait plus nucune règle.Tout ce qui ne cadre pas avec ses plans de bataille, tout ce qui est considéré comme hostile à ses systèmes est retranché des Livres Saints.Car, l\u2019ordre surnaturel étant supprimé, on est obligé de bâtir sur des bases bien différentes l'histoire des origines de VE- glise, et, pour cela les fabricants de nou- veautes torturent les textes i leur guise, les forçant à dire, non point ce qu'ont pensé les auteurs, mais ce qu\u2019ils veulent eux-mêmes.Le grand appareil de science déployé par ces novateurs et la force de leurs arguments en imposent 1elle- ment a beaucoup de personnes que leur foi se perd ou s'affaiblit gravement.I en est d'autres qui, constantes dans leur foi, s'ivritent contre la science de la critique, et lu considèrent comme un outil de démolition, alors que cette science, en clle- meme, n\u2019est pas coupable, et que, légitimement employée, elle conduit à de très heureuses découvertes.Ni les uns, ui les autres ne font attention qu\u2019ils purtent d\u2019un principe faux qui les conduit forcé ment à de fausses conclusions.Ces erreurs ne pourront être suffisamment ré- -futées que lorsqu\u2019ôt: changera - de-tæcti- que, c\u2019est-à-dire lorsque les combattants, abandonnant les citadelles de leur critique, où ils se pensent bien défendus, reviendront prendre position sur le terrain de la vraie philosophie, dont l'abandon n été In cause de leurs erreurs.\u201d Mais si Pie N combat l'erreur sous toutes ses formes, illusions de \u201cceux qui croient servir l\u2019l£gli- so en faisant, par une sorte de prudence charnelle, de larges concessions à une science qui ne mérite pas ce nom, dans le vain espoir de se concilier ninsi la faveur des égarés : \u201d s'il montre \u2018\u201c combien se trompent gravement ceux qui, en défendant ln cause des classes inférieures, s'il renverse les ont pour principal souci le bien-être matériel de la vie, et couvrent comme d\u2019un voile certuins préceptes fondamentaux de l'Evangile, craignant que, sans cela, on ne les écoute moins, ou que même on ne refuse de les suivre ; \u201d\u2014il est une autro nots que l'on entend retentir comme une dominante à travers/l\u2019encyclique : l\u2019appel à \u201c l\u2019énergio,\u201d à \u201cla confiance illimitée dans le triomphe de l'Eglise,\u201d à \u201c\u2018 l'invincible courage de Grégoire dans lu sauvegarde intégrale, et par tous les moyens, des droits ct des privilèges dont le Pontife romain est le défenseur devant Dieu et devant !es hommes.\u201d Pie X re- pète avec 5.Grégoire qu\u2019il faut \u2018\u201c\u201c montrer, mème en mourant, que dans le mal- hour commun nous ne nous attachons pus à quelque bien qui nous soit propre ; \u201d et encore: \u201c Colui qui s'élève contre Dieu, celui-là ne me fera pus courber la tite, pas méme avec le glaive,\u201d et enfin : \u201c Jo suis prot a moprir, plutdt que de laisser, moi vivant, dégénérer l\u2019Eglise.Mon caractére vous est connu, je supporte longtemps, mais une fois que j'ai résolu de ne pas supporter, je vais joyeux au devant de tous les périls.\u201d Ces paroles sont de Gréguire, iis Pie X los fait siennes, et des actes ne tardent pas à en fournir la prouve.\u2014|Rêpue catholique du mois.(1) Tim.VI, 20.| La loi du Seigneu}' est sans:tache ; elle convertit los Ames; le témoignage du Seigneur est fidèle ;|il/donne la sagesse aux petits.\u2014ID.\u2018de son honneur.À propos de la \" PATRIE La Patrie n\u2019aime pas lu critique que nous faisons de ses incongruités.Nous en sommes fort aise.Car nous n\u2019avons pas l\u2019intention de plaire 4 la Jhtrie quand nous lui disons des choses désagréables, mais plutôt celle de mettre le public on garde contre cette feuille.Nous n'avons aussi uullement intention de nous mêler des affaires des an tres et encore moins de celles des MM.Tarte, mais, par exemple, quand on vien dea nous mettre sous le nez des saletés comune celles de ln Patrie du samedi, 213 avril, nous nous réservons, comme tout journaliste catholique doit le faire, le droit de les rejeter à lu face de celui qui se permit de telles incivilités.Les gros mots de ln Patrie ne sont pas des arguments.Cependant, ils prouvent une chose : c\u2019est que cette feuille se sent dans le tort et que pour échapper au bia me de l'opinion saine et intelligente, elle ne voit rien de mieux à faire que de jeter de ln poudre aux yeux deses lecteurs, \u2018afin de faire®phsser \u2018inaporçue sn colère mal déguisée.Done, nous donnerons à ln Patridans l\u2019avenir comme par le passé, et autant de fois qu'elle le méritera, la correr- tion que le journaliste consciencieux doit à un confrère peu serupuleux dans le hoix des moyens pour fnire des sous.Autre chose Nous avons déjà signalé et approuve les représentations faites 4 la Législature par M.Chicoyne, sur la nécessité d'exercer un contrôle judicieux à l\u2019égard des sociétés de bienfnisance opérant dans la province de Québec.La Patrie vient à la rescousse et np puie fortement sur l\u2019obligation qui s'impose à l'Etat de prendre et garder une attitude aussi ferme qu\u2019éclairée à ce sujet.TL] y n, nous dit le confrère, d\u2019après un état récemment produit devant la Législature, i la demande de M.Chicoyne, soixante-dix-huit (78) sociétés de cette nature, à lu counaissance du gouvernement, conduisant des opérations dans la province de Québec.De ce nombre, quo nous estimons n\u2019è- tre pns encore complet, quarante-trois (43) seulement ont fait, pour 1903, le rapport annuel exigé par la loi en vigueur depuis ¢ing ans.Douze, fondées depuis moins d'un an, échappent à cette obligation, pour l\u2019exercice courant.Vingt trois (23), fonctionnant dopuis assez longtemps déjà, ont tenu la loi pour lettre morte et n\u2019ont fait aucun rapport.La Patrie voit en cela un scandale que le gouvernement ne saurait tolérer, s\u2019il a conscience de ses responsabilités et souoi Nous sommes entièrement de son avis.T'inspecteur de la mutualité devrait être pourvu de toute l'autorité nécessaire pour mettre en demeure cos sociétés récaloitrantes d'obéir à la loi -ou d'en subir les plus rigoureuses consé- gnences.Nous souhaiterions même que la loi comportât.une sanction péremptoire à toute révolte pareille contre ses lépiti- mes prescriptions.Il devrait être inscrit au statut, que, après avis officiel de l\u2019inspecteur et un délai convénäble, le refus ou la négligence de faire le rapport annuel exigé par In Joi comporterait, ipso Jeeto, Fannulation de la franchise de la société qui se rend coupable d'un tel délit, L'appréheusion d\u2019un pureil danger rendrait circonspects les négligeants et aurait vite raison des plus inauvais vou loirs, On ne verrait bientôt plus cette anomalie : un tiers de nos sociétés de bienfaisance n'ayant pas fait le rapport légal annuel et continuant de manipuler les épargnes populaires en pleine illégalité.Cette réforme serait déjà très efficace et contribuerait hnatement À améliorer ie régime de notre mutualité provinciale.Mais il y a autre chose que nous souhai- tous vivement V voir ajouter.Nous en avons déjà parlé ici et uous V revenons volontiers, tant nous y attachons d'importance.Il s'agit d\u2019un sup- plémeut à notre législation mutualiste, en vertu duquel toutes nos sociétés de secours mutuels, locales ou étrangères, @O-V-3-VO sisre DEAUMIER SPECIALISTE Medecin et OFPTICLEN Graduë aux E.-U.A.A l'Institut d\u2019OPTIQUE 1854 Ste - Catherine, COIN CADIRUX, Examen Gratis Est lo moillour de Montréâl commo Fabricant de Verres Optiques et Ajusteur de Lunettes.Lorgnons et Yeux Ars tificlein.cic., à ordre mate pour bien voir de LOIN et de PRES In guérison Yeux, £Ouvort jour et soir, dininncho de 1 à 4 hrs p, m.Echangos do VERRES, Réparations, ete, otc.AVIS LIN EUR D'OPTIQUE du SPECIA- LISTE BEAUMIER déménage ru lo lor mai.GAU- SE, DEMOLITION DE LA BATISSE, ul oocuparn los 2 ETAGES du No 1824 ruo STE-CATHERI- NE, Coin AVE, HOTEL DE VILLE pour ngrandis- somont, Vii 'TAUGMENTATION do In CLIENT EL E.Le Terminal ct tous les Petits Ohars arré tont à In porte.- Un vrai triomphe Baume Rhumal gudyit toux, rhumes, \u2018@ime spécial.25 cts partout.Le tridmphe de la science médicale : Je.grippe, bronchiites, sans nécéssiter de 16 = a ot Nos compatriotes aux Etats-Unis Il est vraiment beau, le patriotisme d'un groupe important des Canadiens français des Etats-Unis, je veux parler des membres de l\u2019Union Saint-Jean-Bapg tiste d\u2019Amérique.Je me demande si nous nous intéressons comme il faudrait aux efforts que font nos frères de là-bas pour garder à l'âme canadienne son caractère chrétien et français au milieu d\u2019une société saxonne et semi-payenue.Nous frères des Etats-Unis sont arrivés à une crise qui sera probablement décisive pour leur avenir national.Le mouvement de l'émigration canadienne s\u2019est ralenti et ne va plus, comme autrefois, renouveler chaque année et rafraichir, pour ainsi dire, l'esprit national ; la vicille génération, celle qui garde au fond du cœur le souvenir toujours cher du grand fleuve, des villages et des vieux clochers du Canada, celle-là s\u2019avance vers son déclin, poussée par une autre, plus nombreuse, qui n'a guère connu que l\u2019Amérique avec ses villes et ses grandes fabriques ; celle-là sent moins le besoin de se rattacher à ce qui lui vient de ce Canada dont parlent ses pères et ses mères : sa lungue, sa fierté de race, sa foi peut- être.Mais écoutons un patriote de là- bas.Ie Dr Daudelin, de Worcester, dans un article vibrant publié par I'Union, de Woonsocket, (avrit 1904), écrit ce qui.suit : ** Pour l\u2019observateur impartial, il est évident que nous traversons la période ln plus critique da notre évolution sociale aux États-Unis.Un problème tout hérissé de difficultés se dresse devant nous, plus pressant que jamais : celui d\u2019empé- cher l'absorption des nôtres dans le pan- saxonisme.Mais, objecteront les plus optimistes, le péril dont vous parlez existe- t-il réellement ; est-il imminent et générai?** Evidemment, non, S'il en était ainsi, il serait déjà trop tard pour espérer dans une réaction assez effective pour annihiler la calamité.Nous aurions dépassé les limites possibles de ]n guérison.11 serait trop tard pour crier : gn:e! et pour conserver de l'espoir dans le salut de notre race aux Etats-Unis.* Malheureusement, le mal existe déjà pour un trop grand nombre, et voilà pourquoi je dis : \u2018* Nous nous saxonisons trop ; nous perdons notre caractère national ; nous glissons rapidement vers le gouffre.Il est un fait qu\u2019il faut bien admettre, c'est que ni le dévouement de notre vaillant clergé, ni I'influence des écoles paroissiales établies au prix de si grands sacrifices ; ni le travail de nos patriotiques associations locales, ni l'active et vigilante lutte de la presse franco-amé- vicaine, pas plus que nos congrès rationaux, n'ont pu, malgré lo bien immense qu'ils ont produit, mettre un frein complet aux flots de l'assimilation.Oui, certes, nonobstant tous les efforts ot le concours de ces bonnes volontés, nonobstant cette atmosphère toujours réchauffée par le plus ardent patriotisme et les cris d\u2019alarme souvent répétés, il n\u2019en est pas moins avéré qu\u2019une forte partie de ln génération s\u2019est laissée impri ner par le grand air ambiant de la saxonisation et qu'elle est tombée dans l'indifférentisme presque absolu à l'égard de tout ce qui devrait 8tre cher à un cœur français.** Née en ce pays, ignorant le Canada, instruite à l'école d'Etat, ayant pour compagnons d'enfance et de travail des Américains, cette génération nouvelle, se débattant entre le désir de ressembler à ses pères et la nécessité de s'identifier à la vie américaine, devait nécessairement subir la loi de l\u2019attraction la plus forte.Et voilà pourquoi il y a des jeunes qui veulent être plus gankee que * I'Uncle Sam/\u2019\u2014 Pour plusieurs le Canada est aussi inconnu que le pôle nord ; la langue française : un supplice, s'ils daignent lu parler.Et les saintes traditions des aïeux, des vieilleries dont ils rougissent.Pourtant, je ne songe même pas à leur adres- sur un reproche puisqu'ils ont été victi- nes des circonstances, mais je signale un danger\u2014une plaie nationale, que l'Union St.J.-B.d\u2019A.peut guérir.\u201d On le sait, l'Union Saint-Jean-Bap- tiste d\u2019Amérique est une société mutuelle exclusivement canadienne.On a cru, avec raison, que, dans les conditions actuelles de la société canadienne, rien ne serait plus efficace qu\u2019une solide association de secours mutuel et fraternel pour conserver vivace la force de In race fran- Gaise aux Etats-Unis.Veut-on savoir, au contraire, quelle influence déprimante exercent sur nos compatriotes de là-bas les sociétés de langue anglaise, écoutons ce qu\u2019en dit M.Laflannne, le vaillant directeur de ln 7'ribune, de Woonsocket : \u201c* Nous étions rendus à un point qu'on ne se génait plus de donner le nom de sociétés sœurs à des organisations où le français est banni des règlements, où le français, dans tous les cas, n'a servi que de prétexte, que d\u2019engin de propagande.Et nous connaissons plus d\u2019une société de langue anglaise qui accorde une tradue- tion française de leurs règlements à\u2018ceux qui ln demandent, imais qui se gardent bien d'admettre des Franco-américnins parmi leurs officiers supérieurs.Or, quand on veut juger des mérites d\u2019une société, c'est à In tête qu\u2019il faut regarder.Et c\u2019est quand nous les examinons dans leurs directeurs et dans l'esprit qui les gouverne que nous trouvons les sociétés de langue anglaise en défaut à notre égard.** Nous savons bien que la succursale franco-ainéricaine d'une société de langue anglaise saurin se conserver intacte, du moins pendant ume génération.Mais pourra-t-on aller plus loin?Il est notoire qu\u2019on s'hahitue assez facilement à prendre certains poisons.Mais s1 on n\u2019en ressent pas les effets immédiatement, tôt ou tard arrive une catastrophe qui met en pleine lumière la lente et sûre action de la drogue délétère.C\u2019est exactement ce qui se produit pour nos sociétés.Certains s'y enrôlent sans démériter pour tout cela.Mais ils jouent avec le feu ; ils jettent sans s\u2019en douter, la base d\u2019une œuvre qui nous est nécessairement hostile.\u2018\u2018\u2019Pout dernièrement, on a consolidé une cour tranco-américaine de Chevaliers de Colomb avec une cour anglaise de la mûme société, Que les nutres sociétés de langue anglaise fassent de même et où en serons-nous?Nous serons tout simplement mûrs pour l'assimilation en bloc.Et il sera trop tard pour retourner sur nos pas.\u201d Les fondatours de l\u2019Union Saint-Jean- ! me.\u2018La'onork, 5 Max 1804\u201d PE EEE \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014 te = \u2014 ; Baptiste d\u2019Amérique ont bâti sur la pierre solide.Leur société aura moins de vogue peut-être au commencement : ils promettent moins que certains exploiteurs, qui, sous le nom de société de oré- dit, payent 300 pour 100.jusqu\u2019à ce que tout s'effondre pour ruiner les derniers souscripteurs.Mais le système de l\u2019Union finira par l'emporter sur tous les autres systèmes de mutualité, car il est seul logique, eb scientifique.Le secrétaire de I'\"Jnion, M.Caren, de Woonsocket, le disait avec raison dans son discours au banquet de Worcester, janvier 1903 : ** Notre système repose sur le principe fondamental suivant : Tout membre doit payer des cotisations assez élevées pour former, avec les intérêts composés, pendant les années qu\u2019il doit vivre, le montant de son certificat de dotation.En d\u2019autres termes, si nous contractons une obligation de $1000.00 envers un membre, nous exigeons de lui des cotisations men suelles qui novs permettent de solder cette obligation sans avoir recours aux nouvelles recrues, car les nouvelles recrues et créent de nouvelles obligations le seul moyen d'arriver à un succès financier est de veiller à ce que chaque obligation contractée comporte avec*elle une indemnité annuelle suffisante pour se solder elle-même, \u2018 Ce principe élémentaire de l\u2019assurance sur In vie, semble avoir été ignoré jusqu'aujourd'hui par les organisateurs de sociétés fraternelles, aussi que de désastres regrettables n'avons-nous pas eu enregistrer ; que de nobles ambitions se sont brisées à cette roche Tarpéïenne des sociétés fraternelles ! ** De nos jours, on semble mieux comprendre ce principe et l'on fait tous les efforts possibles pour reprendre le terrain perdu.Les représentants autorisés des socidtés fraternelles les plus en vogue dans nos centres ont déclaré à plusieurs reprises qu\u2019il leur fallait à tout prix adopter ce principe des primes élevéesou marcher au désastre.\u201d Nous aurions sans doute à apprendre de nos frères des Etats-Unis.Les sociétés mutuelles anglophones ne sont-elles pas plus florissantes au'il ne le faudrait dans notre milieu canadien-français, où les associations de notre langue et de notre foi sont loin de faire défaut Et puis savons-nous apprécier les efforts de nos compatriotes émigrés aux Etats-Unis ?suvons-nous les appuyer au moins de notre sympathie, leur crier courage et bravo quand ils savent, comme ils le font, travailler pour la gloire de l'idée française en Amérique.Comment lire sans être touché l'appel que vient de faire le comité exécutif de l\u2019Union aux conseils de l'association pour la célébration de la fête nationale ?\u201c La jeunesse franco-nméricaine semble ne pus comprendresuffisumment cette fête du 24 juin ; il importe de la lui faire aimer.*¢ C\u2019est ici que la, Franco-Américaine a un beau rôle à jouer, apprendre à nos jeunes gens, à nos jeunes filles, à aimer nos traditions nationales pour qu\u2019ils les conservent plus intactes et les transmettent à leurs descendants.** Nous avons tracé un programme qui fournira peut-être quelques bonnes idées aux organisateurs.\u201d Et le Comité propose des fêtes pour les enfants, pique-niques, concerts, outre les cérémonies religieuses, pour frapper l'esprit des enfants et imprimer dans leur cœur le souvenir de la fête natic nale ; il fait préparer pour le même objet des souvenirs populaires, etc.Sait-on, encore une fois, co que font nos frères des Etats-Unis pour rester nos frères?Je voudrais que ma faible voix pit leur donner l'illusion que tout un peuple ici suit avec un intérêt ému, avec une fraternelle sympathie les généreuses luttes qu\u2019ils ont entreprises.JEAN GAGNÉ.Vignobles Canadiens 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avantage, en écrivant à la ¢ Diabetic Institute,\u201d St-Dunstan\u2019s Hill, Londoy, E.C.Rien a Payer Conseils aux jeunes L\u2019attitude de la jeunesse catholique Rappelant la réponse naïve d'une Bretonne, Me Lenail, un lutteur catholique de Lyon, la donne comme devise à la jeunesse catholique : I vaut mieux faire envie que pitié.Si vous voulez compter dans votre pays, si vous voulez arrêter le débordement des attaques, prenez une attitude d'hommes, ne,rougissez pas de votre foi, soyez vraiment des fidèles de votre Eglise, partageant ses souffrances et ses labeurs, entourant ses oeuvres et leur faisant un rempart de vos poitrines : alors, vous ferez envie car les pérsécu- teurs, comme les loups, ne résistent pas à ceux qui leur font face, Les persécuteura passent.Chaque année qui s'écoule emparte une de Jeurs oeuvres mauvaises durant que les oeuvres fondées aur l'amqur du Christ subsistent et fécon- ve dent les nations.4 l\u2019action sociale des jeunes \u201c7 Les congrès ont leur utilité, leur nécessité, mais ils ne doivent pas apparaître à a jeunesse comme le fonds même de son action sociale.Tis n'en sont que la manifestation extérieure ; ils proclament les re altate, révelllentles coeurs, excitent vail même auquel doit se donner la jeunesse.La voie véritable à l\u2019heure actuelle, elle est dans l\u2019action, dans la peine, dans l'organisation vivante dans la constitution au sein de chaque localité de groupes religieux, économiques ou sociaux.Pour nous, jeunes, ce grand devoir des temps présents s'impose plus impérativement que pour tous autres.Nous ne sommes pas de ceux qui tournent obstinément nos regards vers le passé ; nous regardons droit devant nous, car demain sera ce que nous l\u2019aurons voulu faire.Nous n\u2019attendons pas d\u2019un sauveur incertain, ni d\u2019une réactian subite, le relèvement du pays, car nous n\u2019avons pas foi en une victoire momentanée.Sous les calamités publiques, nous trouvons une société qui s\u2019effondre et dont les désordres politiques de chaque jour ne font que traduire les suprêmes convulsions.C'est là qu'est le mal vér- table, comme le remède n'existe que dans une rénovation totale des intelligences, une transformation radicale de lu conception du devoir social et des né-: cessités do l'époque.L'Etat-sotial appelle des constructeurs ; à nous, jeunes, à remplir ce rôle et à édifier, sur les ruines de la Rociété révolutionnaire, la société nouvelle conforme aux besoins des temps et À l\u2019évolution de la vie des peuples, comme aux préceptes de notre Evangile, la société by _ Les volontés; en eux ne téside pas le tra- base solide de l'association, formée des pierres apportées par chacun , d'entre nous, et scellées par ce ciment incomparable qui défie les siècles et les démolisseurs, la foi que le Ohrist a mise en nos coeurs.Jouons donc de l\u2019association comme nos adversaires usent de l\u2018individualisme ; rapprochons-nous au lieu de nous diviser ; au principe de haine, substituons la loi divine de l'amour ; remplaçons la lutte pour la vie par l'union pour l'existence ; et à l\u2019encontre des doctrines socialistes, montrons que le catholicisme seul peut réaliser la liberté, l'égalitS et la fraternité, désirs sécrets de l\u2019Ame s0- ciale.La Saint-Jean-Baptiste de (904 Voici quelques-unja.des décisions importantes prises à une récente réunion .de I\u2019 Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal, à l'égard des graïdes fêtes de juin prochain : Sa Grandeur Mgr}'Archeyêque officiora -pontificalement à Notre-Dame.Le sermon de circonstance n'aura lieu qu'après la messe.Le sermon sera donné par un démocratique, c'est-à-dire fondée sur la, |.; porno choisi par l'Archevôêque.Les résolutions suivantes ont été adoptées unanimement : Proposé par M.L.G.A.Cressé, président, section Saint-Jacques, secondé par Duranleau : Considérant, que chaque année, aux mois d'octobre ou de novembre, a une époque où la température n\u2019est guère favorable aux jours de fête, Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur de la Province, proclame un jour d\u2019actions de grÂce, pour remèrcier le ciel des bienfaits reçus pendant l\u2019année et Considérant.Que le 24 juin, serait une époque qui se prêterait beaucoup -mieux à une grande célébration à la fois religieuse et nationale.Résolu ; Que Son Honneur le Lieute- nant-Gouverneur soit prié de vouloir bien, à l\u2019avenir, proclamer le 24 juin, de chaque année, jour d'actions de grâces pour la province de Québec.Proposé par M.A.Dépatie, secondé par MM.Gareau ef Lachapelle.Résolu : Que Sa Grandeur l\u2019Archevique soît prié de demander aux collèges et couvents de Montréal, de vouloir bien retarder la sortie de leurs élèves un 24 juin de chuque année, de manière à leur pérmettre de prendre part aux démonstrations patriotiques: de la fête Nationale.Proposé par M.L.G.Oressé, appuyé par M.J.H.Nault, socgadé par M.Alfred Dasouleau.Sh Résolu : Qu'a l\u2019occasion de la célébra- tion du 70ième anniversaire de la fondu- tion de notre association nationale ct qu\u2019en témoignage de notre vive reconnaissance pour les services éminents rendus à la patrie par les citoyens distingués ; dont les noms sont inscrits en lettres d'or \u2018sur le monument de Duvernay, il soit procédé à la décoration ot au couronnement de ces monuments par notre association, dimanche, le 26 dé juin prochain.à 3 heures p.m.Comme on le sait des couronnes sont aussi déposées sure monument Duvernay tous les 10 ans.Cette année ln cérémonie revôtira un caractère particulier de solennellité et de grandeur.VANILLE ESSENCE Jules Bourbonniere 31,00 la Ib.Bell Est 1122.COLLECTION COMPLETE DE \u2018\u2018 LA VERITE \u201d On offre en vente, aux bureaux de La VERITE, à Québec, une collection complète de La VERITE (22 années).C\u2019est une occasion exceptionnelle de se procurer ce ex- collente revuèé. vy VV Vy yy yo ooo LA CROIX ).-U.BÉGIN, directeur-propriétaire =T.31, 38 rue Saint-Jacques BOITE DE POSTE 2175 cannda ot Ftats-Unis: 1 an $200; 6 mols $1.00 En ville, par 1a poste : 1 an $2.00: 6 mois, $1.00 N.B.\u2014Dix abonnements ou plus adres- ss au méme bureau de poste, $1.00 cha- çun par année.fn avant vers nos régions ! Notre ardent désir de garder nos colons chez nous n'a pas le don de plaire à tout le monde.Une correspondance, adressée à la \u201cPresse\u201d du 30 avril dernier, nous le prouve.La personnalité, au moins énérique, de son auteur\u2019 n'y est pas éruisée.On y traite de blagueurs, ceux des Québecois qui veulent avec une forte population assurer le prestige futur de notre race.Nous n'avons pas erré en disant que la tertilité de l'Ouest n\u2019était pas tout à fait aussi grande que les pamphlets nous la faisaient voir.Et nous répétons ce que nous avons déjà dit : ces progrès immenses opérés daus l'Ouest doivent être attribués en grande partie aux colons ayant une forte somme d'argent.Tous ceux qui nous arrivent de l'Ouest vantent sans doute sa fertilité, mais ils ne vont pas, à l'instar de M.Sifton, nous dire que dès son :wrivée le colon peut mettre en culture 100 acres de terre.L'honorable M.Larivière député de Provencher nous a fort bien dit que Québec n'était pas assez connue et que le gouvernement fédéral cherche à em- belfir l'Ouest à nos dépens.Tous ceux qui étaient présents, lors- ne M.Larivière à parlé devant le lub Jacques-Cartier, reconnaissent maintenant que l'Ouest n'est pas plus fertile que Québec.Le député de Provencher n'avait aucun intérêt à parler en faveur de Québec! Si le correspondant de la \u201cPresse\u201d ne craint pas d'affirmer \u2018que le sol de l'Ouest est fertile comme 1l n'y en a pas dans la province ne Québec,\u201d nous nous permettrons de «lire que dans la rovince française, il y a la région du ac Saint Jean, celle de la Matapédia et plusieurs autres.Ces régions ne semblent pas exister pour le correspondant de la \u201c\u201cPresse.\u201d Et nous ne craignens pas d'affirmer nous aussi que dans ces régions, la qualité du soi peut avantageusement lutter avec celui de l'Ouest.Nous ne parlons pas ici des terres échelonnées le long du Saint Laurent ou du Richelieu : elles sont hors de concours.En disséquant ce très long article- critique, nous voyons une série de noms auxquels nous devons nous adres- ser pour avoir des preuves de la supériorité de l'Ouest.P pe Nous ne nions pas que beaucoup des nôtres ont réussi li-bas et qu'ils peuvent nous le dire, mais la partie ne vaut pas le tout, et dans Québec, au Lac St Jean par exemple, il n\u2019y a pas qu'une partie qui a réussi.correspondants et dire qu'il n\u2019y a pas une terre au monde plus fertile que celle de la province de Québec.On nous parle maintenant de l'élevage ! 2li bien ! nous en faisons nous aussi et nous réussiesons parfaitement.Nos animaux pourraient, si nous le voulions, passer l'hiver aux meules de paille, comme on dit le faire dans l'Ouest, mais comme nous pouvons avoir ici des abris et du foin en abondance, nous employons la paille pour un autre usage et nos animaux ne sont pas plus maigres ! Continuons dans notre article, \u201cRestons chez nous\u201d, nous n'avons pas dit que là-bas pour le moment les no- tres perdaient leur foi et leur langue ; NON, nous avons avoué simplement que l'avenir leur réservait de graves désagréments.Et si le correspondant avait bien voulu touclier à la question des 150,000 immigrants que l'Ouest va recevoir cette année avec la faculté de ne pas en refuser de plus nombreux, il aurait pu dire avec nous, en faisant une forte restriction à ce qu'il avance : nous pratiquons aujourd\u2019hui notre religion et nous parlons la langue francaise, mais avec le flot qui monte serons- nous demain ce que nous sommes au- jourd'hui !\" 11 ne faut rien cacher, même quand on accuse les autres de blaguer les gens ! Certes ln foi est vive chez ceux qui viennent de nous quitter, le clergé que Québec a envoyé là-bas pour sauver la situation fait noblement son devoir et nous applaudissons les efforts que l'ont faits pour préparer l'avenir, mais nous ne pouvons nous empêcher de dire que cet avenir nous réserve de graves inconvénients.Et méditons sérieusement ce point, que tout en ayant des écoles catholiques, un bon et dévoué clergé, cela n'empêche que faiblement les influences de faire peu à peu leur œuvre.Et avec une minorité comme celle des nôtres, minorité que l'immigration étrangère va rendre encore plus faible, les influences des autres races vont inévitablement se faire sentir chez nos compatriotes.Voyons ce que nous avons perdu nous-mêmes dans Québec ! Nous sommes en majorité ici, eh bien ! les races et l'influence anglaises demandent de notre part des efforts continuels pour que nous ne perdions pas nos traditions et notre caractère.Et même depuis quelque dix ans nous avons beaucoup perdu, notre presse n\u2019est plus essentiellement canadienne- française, nous marchous à grands pas vers un matérialisme jusqu'ici l'apanage de nos voisins ! Que vont donc devenir les nôtres de l'Ouest, ceux qui sont en minorité et entourés d'une population hostile et parfois fanatique, ceux qui n'ont pas LA OROIX, 8 MAI 1904 A d\u2019écoles catholiques et qui n\u2019en auront pas avant que Quebec soit assez vigoureux pour forcer le gouvernement fédéral à faire respecter la minorité catho- ique.\u2018Et est-ce en dépenplant la province de Québec que nous acquerrons un me les correspondant de la \u201cPresse\u201d, n'ont pas de plus grand désir que de conserver inticte la race française en Canada, que de créer une nation bien canadienne-française.Eh bien ! arrive l\u2019annexion ou tout autre grave événement.supposons que nous aurons des difficultés, ce qui n'est pas impossible, nous en avons déjà eues et grâce à notre cohésion nous avons pu résister.Dispersés partout, que pourrons nous faire ! Pour éviter tout désagrément plus tard, il faut, et cela à tout prix, avoir une très forte majorité sur les autres races, soit dans le Manitoba, dans les Territoires ou bien dans Québec ! Or cette majorité des nôtres ne peut exister au Manitoba ou dans les Territoires, et en émigrant comme nous le faisons, nous diminuons graduellement la majorité de Québec sans améliorer lu minorité du Manitoba.Eh bien! alors, regardons-y deux fois avant de lancer, duns un journal à grande circulation comme lu \u201cPresse,\u201d une critique qui ne peut rendre que plus périlleuse notre situation.Nous ne nions pas enfin qu'au point de vue matériel de quelques Canadiens français, il peut y avoir des avantages À émigrer vers l'Ouest, Mais au point de vue matériel et national de la race canadienne-française, nous ne voyons que des désagréments.Ceux d\u2019entre nous qui veulent que nous comptions comme peuple n'ont qu\u2019à en prendre les moyens, et notre dispersion d\u2019un océan à l'autre et cela au milieu de milliers l\u2019étrungers, n'est qu'un moyen propre à nous faire englober par les races étrangères.Et nous le répétons, la province de Québec est aussi fertile que celle des autres provinces; lu fertilité de l'Ouest n'exclue pas celle de Québec! Nous avons sans doute des désagréments à cause de notre système de Colonisation, mais cela ne change pas la nature du sol.Avant longtemps nous saurons apprécier nos richesses.Un autre Labelle va nous éclairer et les Sociétés de Colonisation ont enfin compris que la Colonisation ne pouvait pratiquement se f aire sans un Curé.Voilà pourquoi le curé Corbeil entre en scène comme mtsstonnaire-colo- nisateur et conférencier.Espérons ! le \u2018grand règne \u201d va recommencer et l'engouement que nous avons pour l\u2019Ouest, aux dépens de notre province, va enfin disparaître.Et encore une fois: Restons chez nous ! MicHEL PivARD.T1 1e trouvera Celui qui veut guérir vite et bien son mède efficace et sûr dans le Baume Rhumail.Toutes les pharmacies en sont pourvues.Prix, 25 cts In bouteille.rhume ou sa bronchite trouveru un re- | Nos Grands Journaux ! Il suffit de jeter un coup d'œil sur nos grands journaux \u2014grands par leur format et le nombre de leurs pages\u2014 Québec.En fait de goût, d'esprit, de tendun- ces et de connaissances religieuses, tous sc valent, ou à peu près.\u201cC\u2019est vraiment, nous écrit un concitoyen qui n\u2019est pas le premier venu, un catholique fervent qui, à une longue expérience et à une rare connaissance des hommes et des choses en ce pays, unit l'habitude de mesurer et de peser ses expressions\u2014c'\u2019est vraiment un malheur incalculable et un sujet de honte pour nous, catholiques,\u2019qu'ici nôme, à Montréal, ville qui, avec ses faubourgs et sa banlieue,compte 300,000 (trois cents mille) catholiques, nous soyons restés depuis tant d'années déjà sans un seul journal quotidien fran- vhement catholique pour prendte en mains nos intérêts religieux eu nous défendre ; tandis que les ennemis de l'Eglise, partisans de l'hérésie, des sociétés secrôtes où d'un lébéralisme allant parfois jusqu'au radicalisme sectaire, ont plus d'une demi-douzaine d- Jeuilles à leur service.\u2018\u201c Ne dirait-on pas que jamais le: Papes n'ont encore recommandé ia presse catholique ?\u201c Et ne pensez point, mon bien cher ami, que j'exagere ici le moins du monde.\u201c Vons savez du reste, et tout lo monde sait comme moi, que, À Montréal, il se publie actuellement 8 (huit) journaux journaux quotidiens : 4 protestants, le Star, lu Gazette, le Witness ct le Herald, cn langue anglaise ; et 4, en français, qui se disent catholi- ues, savoir : la Patrie, la Presse, lu ournal et le Canada.\u201c Ce dernier, digne organe du parti libéral Laurier, est dirigé par le notoire tiodfroy Langlois, organisateur de la Ligue de l'Enseignement de Montréal, laquelle a été mystérieusement affiliée à la Ligue maçonnique de France ; et il ne manque aucune ocez- sion de laisser percer discrètement l\u2019esprit de son directeur.\u201c Pour les trois autres, le Journal, la Patrie, la 4 esse, on ne peut vertai- nement pas dire qu\u2019ils vaillent beaucoup mieux : d'aucuns prétendent mè- me et non sans Une apparence de raison, je l'avoue, que ces trois dernières feuilles, surtaut la Presse, font plus de mal que le Canada, plus de nal mème que le journal radicale ouvertement impie et sectaire (les Débats) qui disparaissait naguère sous le coup d'une condamnation bien méritée de la part de l'autorité ecclésiastique ; car, disent- ile, ces feuilles, la Presse principale- { ment, sont boaucoup plus répandues, | beaucoups plus lues, à la ville et à la campagne ; et aucun homme raisonnable qui ouvre taat soit peu les yeux | n'esera contester leur influence démo- Tadisatrice sur la masse des lecteurs.\u201cSans parler des nouvelles à sensation dont elles remplissent leurs colonnes, ni des illustrations grotesques et 5 yeux du public, ni des sentiments bas et du langage poissard qui distinguent trop souvent leurs correspondants, leurs reporters ou leurs héros, le seul fait de continuer ouvertement, malgré les avertissements réintérés de l'autorité ecclésiastique, à annoncer les théâ- MONTREAL T 1 + p & , .pour se convaincre du « » P p en ous es colons du L St Jea u- \" î ve .« î 1 8 à i é ola aT i > < | n r | r i as , n pa Il aut Petri un Le lus à ! a vl presse en cette catholique Province de du + l chants et même pa fois à faire force réclames en faveur de leurs plus: mauvais drames, devrait suffire à lez faires proscrire et exclure du foyer et de la société comme une peste et une source de corruption.\u201cQue peut-on espérer\u201d ou plurôt que ne doit-on pas redouter, pour l\u2019avenir de génération ainsi formées, d\u2019un peuple, d'une jeunesse habitués à voir l'autorité la plus sainte méprisée de lo Rl sorte : Nous pouvons ajouter qu'à Québec la presse quotidienne française, n'ayant pas autant d'espace à remplir que les grauds quotidiens de Montréal, ne se livre pas au reportage sur une aussi vaste échelle.Elle n'est pas outillée.non plus, pour illustrer les sottises d'un Trmothée ou les aventures d'un vonhomme Lalébaucheen droit Mais on est.le lui reprocher, d'abord, d'être essentiellement partisane et de donner, par là, au peuple une éducation politique radicalement fausse, d'a- Voir popularisé parmi nous la brutale boxe, avec le résultat que tout le mor de connait : cufin d\u2019avoir publié, depuis des mois, des réclames =ttyndez en faveur du théâtre appelé l'.Luditorium,.Dupuis l'ouverture le ce théâtre.l'été dernier, il ne s\u2019v est guère représenté que des pièces d'un goût détestable.Vour s'en convaincre, il suffit de jeter un coup d'œil sur les affiches et de hire les comptes-rendus des journaux.Fonte question de moralité à part, ve théâtre est de nature À dénationuliser notre jeunesse, à l'emerir@niser, davs le sens le plus mauvais du mot.Now journalistes de Québec ne semblent pas mème être capables de comprendre le mal que fait ce théâtre américain eul- gaire, au point de vue national ot littéraire.En résume, nous avons une triste presse quotidienne de langue fran aise, tant À Québec qu'à Montréal.(1) Voir, par exemple, la /\u2019resse, en date du 23 avril, page 16, où l\u2019on an- nonve une pièce de Richepin; la Patrie du 16 avril, page 16 ; et le Journal, 23 avril.Le Journal annonce jusqu'au thévtre Royal, dénoncé-par l'un des recorders de Montréal coreme \u2018uv toyer de corruption \u201d\u2014Voir la l'évie ler mars, page 5, \u2019 Lu Vérité de Québec.EE \u2014\u2014 En dernier ressort Lorsque vous aurez épuisé Ia.liste des remèdes préconisés pour le traitement dn rhume, de la toux, de la grippe et de la bronchite, sans nvoir obtenu la Kuérison attendue, prenez du Baume Rhumat des chinoiseries qu\u2019elles étalent sous les qui vous donnera un-soulagement immé- int.La Fuite de l\u2019Apotre Or, Pierre secoua cette poussière immonde Et partit.Il fuyait Rome, l'égout du monde ; Pierre était seul ; le soir tombait, soir de juillet : Le ciel était de pourpre, et Néron, s'éveillait.Le réveil de Néron, c\u2019est orgie ot démence ; Un jour finit ; Néron commande : il recommence : Aux cirques, le lion s'endort ivre de sang : Néron monte en son char, quand le soleil descend : L'azur se rembrunit : la Maison d'or s'enflamme : Cézar n'est-il pas Dieu?.Lui-méme le'prociame, Et le voilà qui passe, et le peuple à genoux Jette des fleurs et dit : \u2018\u201c César, écrase-nous |\u201d Les jardins sont en feu ; le spectacle est superbe : Partout, auprès des enux, sous les feuilles, eur l\u2019herbe, Dans le santal et l'umbre entassés à grands prix, L\u2019homme-fauve périt près de l\u2019homme-flumbeau : L'antithèse est très neuve ot le spectacle est beau.Néron, très grand, jamais n\u2019épargne ou ne calcule ; Il prodigue.César, qui chasse comme Hercule, Chante comme Apollon : alentour de son char, On range les mourants, abattus par César ; Et mêlée aux hoquets, aux râles d\u2019ugonie, Sa belle voix s\u2019épanche en fleuve d'harmonie : C'est l\u2019Olympe qui chante aux échos d\u2019Achéron : Appollon n\u2019oserait lutter avec Néron.Pierre fuit, le front bas et l'âme désolée ; Par la Voie Appia, frôlant un mausolée, Un temple, un dieu ; des pleurs troublent ses youx profonds.Que peut-il ?.Qu'espérer d'un peuple de bouffons, Que la lèpre d'orgueil ronge de sa morsure ?.Romy n'est qu'un cloaque oi frémit la luxure, Où le vice, l'enfer, lu mort, ont des autels : Où, de fous qu'on abhorre on fait des immortels ! Jadis, leur orgueil même eut encor sa noblesse, Il fuit.Qu'il veut, Pasteur et roi de cette horde vile, Faire un bercail du Christ de ce qui fut la Ville.1! prêche en vain ln croix à Néron tout-puissant : En vain, il offre à tous l'Evangile et son sung, Du Capitole, au loin, 'ombre s'allonge : L'orgie avec ln nuit s\u2019étend ; Rome n'y plonge :- Son rire, an loin, ressemble au hurlement des loups.Du côté de la mer, le vent souffle plus «loux ; De longs nuages blancs flottent comme des voiles, Iit sur les monts Sabins s'allument les étoiles, Pierre est sorti des murs ; il marche son chemin.Quand il voit, devant lui, debout au sol romain, Les bras tendus, muet, mais le regard sévère, Celui qui vint du ciel s\u2019immoler au Calvaire.\u201c* O Maître, dit l'apôtre en phant les genoux, Sur cette route, 0 Christ Seigneur, où courez-vous 7.Vous, en ce lieu ?vrai Fils de Dieu, vrai Fils de l'Homme : Où daignez-vous aller, Mnître ?\u2014 Je vais à Rome.- La grande Rome avait pitié de Ja faiblesse- Dans I'nirain et le marbre, alors, leurs flères mains Sc taillaient des héros qui furent des Romains ; Les voilà : leur image a peuplé les portiques Et atrium souillé des demeures antiques.Le Christ règnera-t-il sur un bourbier sans fond ?Pourrait-il les absoudre ?Ds satent ce qu'ils font ; Le Christ, humble et souffrant.Rome impure l'ignors : Lo feu du ciel tomba sur Sodome et Gomorrhe ; Leur crime était trop grand, leur perte l\u2019expia ; Pierre sema ; le ciel fleurit aux Catacombes ; Rome, prends gurde !.\u2026 Dn Obrist, devant Néron, Pierre affirma les dypite : Et seul: par la Voie Appia, Pierre a sonffert, est mort.et règne, par la Céôtx, Pierre hâte le pas, il pleure, il désespère ; .1l.sort do cette fangs, il fuit de ce repaire.C'est en vain qu'il pêcha des hommes dans ce lieu ; \u2014 Vous, A Rome !.\u2014 J'y cours, Pierre ; j'y dois courir, Pour ôtre de nouveau mis en croix, st mourir.\u201d Et Pierre sanglotant à briser sa poitrine : ** J'ai compris ! J'ai failli.Fécondez ma doctrine ; Dans cet égout romain, sous les pieds du passant, Maître, je sèmorai ; moissonnez dans mon sang ; Votre amour et le ciel fleuriront sur les tombes.\" Rayonnent des flambenux d'ou s\u2019échappent des cris : Néron, pour s'éclairer, allume des esclaves ! Et la foule, porteurs hautains de laticlaves, Porteurs de bure, au son des cistres éclatants, Applaudit, danse et rit : les Romains sont contents.Üt le bruit monte ; il gronde, à l'égal des tempêtes.Dans ces jardins voici, couverts de ponux de bôtes, Des hommes, des vaincus, Saxons, Germains, Gaulois : Sur eux Néron s\u2019exerce à de nouveiux exploits.ILen a fait des ours, des tigres, des hyènes, Des loups : le lanista vient de rompre leurs chaînes ; -On lâche les limiers sur cette venaison ; : Néron court, chasseset.tue ; on voit eur le gazon, P.V.DE LAPORTE, 8.J.Au noble étonnement des matrones romaines, * Bondir, tomber, râler, de ces bites bumadñes ; Qu'il jette en ce cloaque une goûtte de Dieu 3 .= .* \u2019 - : .| Be rr a \u2018y «devenir un grand journal à peu p -\u2014_\u2014_\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014 Er, NOTES CRITIQUES ETRANGES LENTBURS Le président, fondateur et factotum, défaleataire, de In Cie du Crédit du Canada, dont déconfiture absorbe \u2018sans ressources des centaines de milliers «de piustres de l\u2019épargne populaire, est aujourd'hui au large, probablement hors «des atteintes de In justice de son pays.Nous croyons bien que Leprohon à déjà fait voile pour Cubn, l\u2019île enchantée d'où l'on ne peut uxtrader les concussionnai- wes du Canada.Leprohon a connu ce «détail par l'expérience récente de son «mule en défalcation, le payeur Humel, de la cité de Montréal.Tous deux formeront ensemble à Cuba de savoureux cigares, sous les orangurs en fleurs, en blaguant la candeur de leurs naifs compatriotes.Mais les milliers de victimes de Leprohon s'étonnent à bon droit du peu d\u2019etforts pour voffrer ce malandrin, et lui faire rendre gorge, In qu'a paru faire le sgouvernement, responsable au premier
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