La Croix., 20 décembre 1913, samedi 20 décembre 1913
[" se +! os \"y Far T + iN HOC.SIGNO VINCES SC La *\u201cCroix\u2019\u2019 25, RUE SAINT-GABRIEL Boîte de Poste 1329 JOSEPH BEGIN Directeur \u2014 Propriétaire \u2018Téléphone: Bell Main 6074.N APPEL AUX ARMES dans les loges du Canada On sait que la Grande Loge du Canada a tenu une convention, à Toronto, les 17 et 18 juillet dernier.Huit cents délégués représentaient là les 90,000 francs-maçons du Canada dans 55,000 résidant en Ontario Le compte-rendu de cette convention a été publié par le Texas Freemason.en août 1913.On y lit le passage suivant d'un rapport présenté aux congressistes : « Pourquoi nos Srandes Loges.(Ontario.Québec, Manitoba, etc ) n\u2019entreraient-elles pas dans des délibérations plus tntimes ?«Que notre doctrine et notre pratique coincident ! «Nous parlons des FF .qui sont des anneaux d\u2019une chaîne vivante «Pourquoi nos Grandes Loges.ne formeraient-elles pas des bataillons soudés entre eux ?«Des conférences (secrètes) consultatives et amicales d'ex-Gr.Maîtres et des Gr.M.actuels, où l\u2019on traîterait du bu! général, des tendances et des intérêts de la maçonnerie pourraient avoir des effets /rès heureux.«Vnilà des siècles que nous creusons des fondations, que nous rassemblons des matériaux, que nous taillons des pierres.«N'est-il pas temps de bâtir ensemble ?«Nous avons la certitude que notre Gr.\u2018.Loge (générale) peut prendre cette initiative.a L'occasion est favorable « Le lemps est mûr.« Plus qu'aucune autre organisation humaine, la Mac.*.est en mesure, avec un but précis, sous un chef capable, de fixer un objet à la vie, d'entrer en contact avec la vie.«Serrons maintenant le triple næud du ruban aux neuf plis.» N.B.Le triple nœud du ruban bleu, rouge, orange, reliant les loges bleues (basse maçonnerie), rouces (haute maçonnerie, dite écossaise) et orange (Loyal Order ~f Orange).11 n\u2019est pas absolument nécessaire d'annexer à ce document secret des parenthèses explicatives, ni de le lire de très près, à la loupe, entre les lignes, pour deviner le vrai sens de cet appel aux arms maçonniques.Les Canadiens catholiques fran- sais, anglais, irlandais, allemands et autres comprendront-ils que le moment est venu de mettre fin à toutes leurs divisions, de faire \u201cbloc.de faire la chaîne d'union, de souder les ba- tuillons, contre l'ennemi?Trois mois après le conseil de guerre de Toronto, la Mac '.\u2026 aux Etats-Unis, sonnait, à son tour, le boute-selle.Le 3 décembre courant, un «ma- nifestew.signé par trois individus, était publié,en vue de ressusciter contre les catholiques romains, l'American Proiective Associatin, l'A P.A., fondée, il y a 20 ans, et qui avait sombré dans l'indifférence et le mépris.REVIGION, \u2014 \u2014 Les signataires de ce manifeste prétendent qu\u2019ils ont l'appui des so- ciétes seerètes, notamment des ma- cons, des Odd-Fellows et des Forestiers Indépendants.Cela ne suffit-il pas?lt nunc erudémini.Pierre LEMOINE.CONTRE LA CONTRIBUTION NAVALE Une dépêche dè Londres nous apprend que le Manchester Gardian, qui est considéré comme l'un des plus importants organes du parti !i- béral anglais, critique en termes défavorables le discours de M.Winston Churchill à l'équipage du navire de guerre a New-Zéland ».Dans ce discours, M.Churchill avait dit que le don de ce navire à la Grande-Bretagne est l'un des plus grands actes de prévoyance que l\u2019on puisse imaginer.«Ce don dela Nouvelle-Zélande, rétorque le Gardian, est la conséquence d'un exposé inexact de faits.La prévoyance n'est pas sa qualité caractéristique.Nous n\u2019avons pas plus foi en la politique navale impérialiste de M.Churchill que nous n'avons cru ù l'impérialisme politique et écono- miquede M.Chamberlain.Nous som- m s \u2018onvaincus qu\u2019un système commun de défense impériale sera impraticable tant que nous n\u2019aurons pas l'union politique.+ «La crise au sujet des dépenses navales est due en grande partie à l'ambiguité des négociations relatives à l'offre des trois dreadnoughts canadiens.M.Churchill cherche à faire d\u2019une pierre deux coups.Si une offre nous cst faite nous ne dépenserons pas moins; si elle ne nous est pas faite.nous dépenserons plus.Les Dominions pensent que chaque o:ire de nav'res est un don | our venir en aide au contibuable angiais et appuyer une politique sur laquelle ils n'ont aucun contrôle.» Le Guardian penche donc plutôt du côté des adversaires de la contribution navale telle que conçue par M.Churchill, et nous en sommes bien aise à la Croix.Les glues du \u201cPays\u201d Nos anciens lecteurs se souviennent que, pour combattre la Croix qui travaillait si ardemment à faire reconnaître aux Canadiens français le Carillon Sacré Cœur comme dra peau national, le Pays nous citait l'abhé Lemire, député francais.en nous le représentant com ne l'une des gloires du clergé français.TRISTE GLOIRE! A la défense formelle de son évé- que de briguer (le nouveau les suf fra- ges de ses électeurs, l'abbé Lemire répond par ces regrettables paroles: «Etant citoyen français, je suis livre de rester candidat, et mon droit de citoyen n'est pas suppiimé parce qu'il est dans une soutane.Je suis député et prêtre, je resterai donc tel, et ce n\u2019est pas parce qu'on me traitera de révolté que je me retirerai.» Pas chanceux, le Pays, dans le choix de ses gloires ! QUESTIONS SOCIALES.SCIENCES, ARIS, LIVTERATHRL, A BAS LES BUVETTES Pas d\u2019indemnité ! 11 y a, aujourd\u2019hui, dans les limites de Montréal, 473 buvettes et hôtels.Il est question, à la législature, de réduire ce nombre à 550.Certes, c'est bien ; mais ce serait encore mieux s'il était rédnit davantage.La législature aurait l'intention d\u2019indemniser les personnes dont les licences seraient ainsi supprimées.Pourquoi cette indemnité ?Estce que le permis de vendre des boissons alcooliques n'est pas accordé pour un an seulement?Au terme de ce permis, le contrat passé entre la Commission des licences et 1c licencié ne devient-il pas caduc de par la loi ?n'est-il pas nul et de nul effet?Pourquoi, encore une fois, recon- naitre, dans ce cas, au licencié le droit à une compensation ?Serait-ce, parce que l'Etat prendrait les moyens de l\u2019empêcher de propager l'alcoolisme, cette hideuse plaie sociale?Serait-ce parce que, enfin, des milliers de pauvres temmes et de chétifs.entants verraient, avee la tempérance, le bonheur revenir au fover?A bas les buvettes! Pas d'indemnité ! Joseph BEGIN.Un conseil que M.Asselin n\u2019a pas encore compris Dans sa lettre 3 M.Olivar Asselin, au sujet du différend soulevé au sein fle la Saint-Baptiste par l\u2019entrevue du président de cette société, donnée à l\u2019Aetion, M 1'abb$ Brosseau, secré- \u2018taire de la St-J.-Bte, parlant au nom de ceux qui ont été offensés par les termes de l'interview.rappelle à M.Asselin aque le président d\u2019une société comme la nôtre doit se garder \u201cde reprendre sa plume de pamphlé- tuiren.Le conseil était fort à propos; car M.Asselin, le 23 octobre, an cours des explications qu'il donna au « Co- | mité des Protestataires », avait encore repris sa plume de pamphlétaire.Heureusement pour la Saint-Jean- Baptiste, M.l'abbé Brosseau est là pour réparer lés écarts de son président.C'est un mérite dont tous les patriotes lui sauront gré.J.A.DoLLARD.\u2014_\u2014 À propos de bibliothèque La bibliothèque que les Sulpiciens tont construire sur la rue Saint-Denis sera bientôt à la disposition du public.On y trouvera, particulièrement, une collection très complète de revues.Les salles de lecture seront aménayées de façon à assurer la plus grande facilité dans le travail des chercheurs.Il y aura plusieurs cabinets, où les personnes qui auront commencé des recherches sur un sujet quelconque pourront laisser leurs Le Bameur, 20 Décembre JOURNAL 26, documents à l'heure de la fermeture de la bibliothèque et les reprendre le lendemain.Ainsi, les Montréalais pourront facilement se passer de la fameuse bibliothèque publique que la Ville a l'intention de fonder et qui, si elle se fonde jamais, sera un véritable gouffre où l\u2019argent des contribuables disparaîtra inutilement en quantités considérables, Montréal trouverait profit, ce me semble, à abandunner son projet et à subventionner annuellement la nouvelle bibliothèque des Sulpiciens et le \u2018raser, de manière à leur permettre d'agrandir et d'offrir au public tout ce qui peut lui être utile et profitable.I] en coûterait énormément moins à Ja Ville et les citoyens en seraient sans doute bexucoup plus satisfaits.J.-A.DOLLARD.\u2014\u2014 MGR FALLON RÉPROUVÉ par les Hibernians L'Ancient Order of Hibernians du comté de York a voté une résolution réprouvant les opinions politiques que Mgr Fallon a exprimées récemment à London, Ontario.: Voici les passages les plus saillants de cette résolution : «Nous devons aux Français, dont les ancêtres ont aidé les nôtres autrefois, et nous le devons d'abord à notre race ici, et en Irlande, d\u2019exprimer notre désapprobation de tels sentiments, d'où qu\u2019ils viennent.«L'évêque est justifiable de parler \u20acn son nom, mais ses propos ont créé un ma aise parmi nos frères de langue française qui ont cru y voir l'expression de l'opinion irlandaise.«Tel n'est pas le cas: nous sympathisons entièrement avec les Français dans la bataille qu\u2019ils livrent pour leurs droits; leur cauze est chère au cœur irlandais.Où serait le catholicisme en Irlande, voir en Europe ou ea Amérique, aujourd'hui, si les prélats de notre Eglise avaient dans le passé soutenu les opinions exprimées maintenant par Mgr Fallon?quelle nation au monde a répandu plus de sang et.étouffé plus de libertés que la nation britannique?L'acte de l\u2019Amérique Britannique du Nord de- viendra-t-il semblable au traité violé de limerick?Le langage d'un peuple ne compte-t-il pour rien et le voler ne sera-t-il plus un crime?Les aspirations nationales des Francais et des Irlandais seront-elles refoulées pour permettre à Mgr l'évêque Fallon de chanter un Te Deurh à l'empire brie tannique?Les droits de liberté que toutes les nations tiennent de Dieu, l'évêque Falion s\u2019y oppose et il met à la place le dicton brutal de la survivance du plus apte.* «Nous, les membres de la «A.OH.».déclarons formellement à Mgr l\u2019évêque Fallon que nous ne voulons prendre aucune part dans sa croisade pour l'agrandissement de l'empire britannique.Nous sommes, comme l'étaient nos grands-pères, pour la liberté individuelle au sein des nations et nous profitons de l'occasion pour témo gner à nos frères français notre complète sympathie et leur assurer, que si Mgr l\u2019évêque Fallon partencroi- sade pour répandre la vénération de l\u2019oligarchie britannique, il s\u2019agenouillera seul et il aura contre lui tout ce qu'il y a de sincère et de brave dans la race dont il est issu ».£ATHOLIQUE RUE SAINT-GABRIEL, MONTREAL FCUNGMIE POLITIOUE, ENSEIGNEMENT.AGRICULTURE, 1913.\u201coi Payable d'evanee \u2014 Ju CANADA : À 1 an, se: 6 mois, 81.00 MONTRÉAL xr BANDIRUEN \u2018par la poste) 1 un, $2.50; 8 mols.$1.98 £TATH-UNIS BTRANGER (UÜtilon postale) 1 an.82,25 : À mois.81.COLONISATION, EC.Un numéro.6 evur SOYEZ LES B ENVENUS À nos nouveaux lecteurs La CROIX, le grand organe catholique de Montréal, le meilleur journal de famille qu'il y ait, vous souhaite la bienvenue.| Elle sera heureuse de vous Compter au nombre de ses lecteurs assidus, Soyez certains que vous en tiverez le plus grand profit.| La CROIX, avec ses huit grandes pages de lecture choisie et de renseignements divers sur tous les sujets propres à insteuire, Vous intéressera, Elle traite de tout, de religion, de politique, d'agriculture, d'enseignement, ete, et elle donne ls dernières nouvelles.De plus, elle cravache proprement les petits franes- maçons, quand ils osent sortir de leurs trous à Montréal et ailleurs, et elle fustige les hommes publies qui nous volent et nous vendent inpudemment.Rien qui ehoque la morale et les bonnes mœurs, dans la CROIX.| Les scènes sanglantes qui familiarisent avec le crime, telles que les grands journaux jaunes de Montréal en donnent tous les jours, sont, Padicalement éliminées de nos pages.Nous voulons éduquer, nous voulons élever l'âme et le cœur, et non pas les ravaler dans la fange d'ane ca- riosité malsaine, comme le font la \u201cPresse\u201d, la \u201cPatrie\u201d et tant d'autres fouilles.| Soyez donc les bienvenus dans la grande famille de la CROIX ! LA DIRECTION.EE \u2014 ee \u2014 Nore.\u2014 Adressez le prix de votre abonnemen t ($2 pour > $1 pour six mois) à (62 pour un an LA \u2018CROIX **, 25, Rue SaintiGabriel, ASONTREAL.= LE CARDINAL RAMPOLLA DÉCÉDÉ Le prédécesseur du cardinal Merry del Val, est décédé le 16 du courant à Rome, après quelques heures de maladie seulement.Le cardinal Rampolla fut sur la liste des candidats à la Papauté, lors de l'élection de Pie X.Il réunit même un grand nombre de suffrages.Né à Polezzi, le 17 août 1843, Mariano Rampolla fit ses études au collège Capranica, puis au collège des Jésuites et à l'académie ecclésiastique à Rome.Il entra au service du pape en 1870 et devint successive- went conseiller de l'ambassade papale à Madrid en 1875; secrétaire de la Propagande des Rites Orientaux, 1877; secrétaire des Affaires Ecclé- |.Madrid en 1882; prétrecardinal et 5 secrétaire d'Etat en 1887.Il remplit les fonctions d\u2019archi-prêtre de la basilique du Vatican et de secrétaire dela Congrégation de- I'Inquisition Universelle.hte Assemblée de is rvs Une assemblée de de revendication en faveur de la langue \u2018française en Ontario, organisée en grande partie par M.l'abbé Brosseau, secrétaire de la Société Saint-Jean-Baptiste, out lieu lundi dernier, au Monument a National.v pd Les principaux orateurs ont mE Dr J.K.Foran, M.Samnel aire d'Ottawa, M.l\u2019abbé Brosseau, M.H.siastiques en 1880; nonce papai à Bourassa, M: Asselin et siitres: LA LIBERTÉ DE L'ÉGLISE L'indépendance du Pape Voici traduite de l'Osserratore Pomano, numéro du ler décembre, l'analyse détaillée du discours important que Mgr Anastasio Rossi, archevêque d'Udine.a prononcé à l'ouverture de la VIe Semaine sociale des catholiques italiens, tenue à Milan, à Poccasion du NVTe centennire de la liberté de l'Eglise, discours dont nous avons parlé duns la dernière édition de In Croir, \u201cl'archevêque commence par dire que Constantin par \"Edit de Milan reconnaissait à l'Eglise non seulement la tolérance mais la liberté.La liberté\u201d.dans son sens vrai et propre est pour un être social le développement par un droit inhéreut et naturel de sa vie propre.de ses facultés propres.de ses pouvoirs propres.de sa mission propre pour la fin et dans l'urdre où l\u2019être social est constitué.La \u201ctolérance\u201d exelut le droit à subsister dans l'être qui est toléré; celui-ci est seulement permis pour des raisons extrinsèques, en tant que l\u2019ucte de l'exclure et de l\u2019abolir serait un plus grand dommage it lu société que sa tolérance.La pensée moderne a trouvé une autre formule: lEgalité\u201d des équivalence qui suppose l\u2019*indifférence\u201d divers cultes, de l'Etat et qui se traduit en acte par la séparation.Souvent le imot \u201cliberté\u201d est pris à tort et à travers pour tolérance et de lu même façon tolérance pour équivalence: et cet emploi impropre des mots explique les diverses interprétations de l'Edit de Milan.Reconnaître la liberté est done bien plus que permettre la profession externe des idées religieuses : et puisque la liberté est la marque propre de la personne qui est \u201csui juris\u201d.le concept de liberté suppose celui d'une personnalité en face de laquelle l'Etat renonce à faire valoir «vs prétentions et bien loin de la -upprimer, il la garantit er la protège.Protection qui est quelque those de plus que la liberté, puisque celle- «i peut être sans vet avantage, et que lu protection à sen tour peut enchainer la liberté.Dans l\u2019Edit de Constantin sont \u201cinclus\u201d les éléments indiqué plus haut de la liberté.De fait, il concède le pouvoir d'exercer le culte et lu propagande des idées sans conditions, ni limitations; pouvoir concédé au christianisme, non plus par un motif extrinsique comme pour les d'une pour un autres cultes, et secondaire, vela façon mais motif intrinsèque, religieux, et je dirai aus- »i par un élément philosophique, v'est- La liberté concédée uux uutres cultes ou mieux la ü-dire l'hommage à la divinité.tulérauce el computible uvec la liberté pleine de l\u2019Eglise, sinon dans l\u2019ordre de la thèse, du muius dans celui de Phypothese, mine selon la doctrine de l'Eglise.Ou reconnait dans l'Edit avec la restitution de tous les domaine et de tous les biens déjà possédés par l\u2019Eglise au moins, en voie de fait, le droit de se réunir et de posséder librement, droit non pas simplement individuel mais colleciif, \u201cjus corporie\u201d.\u2026 et \u201cFEcelesiarum\u201d, le droit d\u2019un corps C'est-à-dire de l\u2019Eglise et des églises.On trouve donc dans Edit de Constautin, non un simple droit privé, mais un vrai droit public.Et si par là le chris- Viænisine n'est pas encore reconnu \u201ccomme religion d\u2019Etat\u201d, il est déjà reconnu cousme corps légalement constitué, comme une société vraie et libre telle que Jésus- Christ l\u2019a instituée, Ces concepts, observe l\u2019éminent orateur, ne scront pas ugréés pur les partisans de 34 \u201csouveraineté de l\u2019Etat\u201d; car pour eux, l'Etat est la source unique et exclusive de tout le droit et de tout le pouvoir avec pleine et absolue juridiction sur tout et sur tous; comme si l\u2019on ne pouvait pas concevoir une société qui ne tiendrait pus son être de l\u2019Etat ; un droit qui ne tirerait Pas son principe de VEtat; une compétence qui ne dériverait pus de l'Etat grâce à son consentement et À sa libéralité; une nelivité qui ne se réfèrecait pus à llétat, ne fui seail pas soumise, et ne serait pas absorbée par lui.Oui.Etat est souverain, et 31 est le représentant de luniversalité des citoyens.Mais on ne peut négliger ivi une distine- tion simple mais foudamentale: c'est que \"Eat est souverain seulement dans son ordre et en égurd à su fin.LU Elise u's jumais mis en doute cette souveraineté et n'a janis envahi ni usurpé les droits de \"Fiat.Quand l'État lui-même est obligé d'admettre et de proclamer une liberté reti- giense.une liberté de conscience, il en vient lui-même à admettre par là que tout en étant le \u201creprésentant de tous les citoyens\u201d, y a, par contre, daus le ei- toven quelque chose qui échappe à son pouvoir, qui exorbite st compétence et sa souveraineté et qui retombe par ailleurs dans cette compétence et sous cette souveraineté que l'Eglise à toujours jalousement tevendiquevs, fidèle en cela au pricipe énonce Jésus-Christ par tui-méme: \u201cRendez à César ce qui est à Césur et à Phew ve quiest à Dieu\u201d: prineipe qu'affir- nait à sou tour le prince des Apôtres devant les tribunaux: 1 faut plutôt obéir à Dieu qu'aux hommes\": principe que pré- chait solennellement saint Ambroise alors qu'il rappelait à une impératrice: \u201cLes choses qui sont divines ne sont pas soumises à lu puissance impériale: Quae sunt divina, imperatorine potestati suhjecta non sunt.\u201d Pou l'on voit comment l'Etat asurpe et envahit le domaine de l'Eglise chaque fois qu'il dispose de ce qui appartient à la société religieuse, lL'orateur observe en outre que 1'Edit de Constantin ne parle pas des pouvoirs de la société, religieuse, pouvoirs qu\u2019il suppose évidenmnent, Constantin reconnaît en effet la liberté de l'Eglise con- tituée De cette vonstitution découle lu liberté de ses pou- comme une fiérarchie.voir duns les évêques et les Pontifes; et, bien que Constantin, par un excès qu'il faut déplorer, sorte pius d'une fois des limites de la protection simple pour ='in- misrer dans l'administration intérieure de l\u2019Eglise, cependant pur sa conduite dans Li controverse entre donatistes el ariens.il résulte qu'il avait pour principe la di- tinetion formelle de lu compétence du prince et de celle de l'Eglise, Ces considérations atnènent l'orateur à examiner les caractères de La liberté et de l'indépendunce du Pontife, puisqu'on ne méme voncevoir la liberté de peut pas l'Eglise sans la liberté du Pape.La liberté du Pape \u2014 et l\u2019archevèque d'Udine le démontre amplement \u2014 doit être: 1, \u201cMéelle et effective\u201d et non fictive; non Un titre d'honneur et de prééminence, mais Une Vraie autonomie.2 Elle dessus de tout \u201csuupron et de toute équi- doit être \u201cmanifeste\u201d et au- voque\u201d, cur le pouvoir spirituel «-t universel Tout Etat qui rencontre lUglise sur son territoire s'y trouve intéressé pour que le Pape puraisse libre de toute inïtu- ence étrangère.C'est pourquoi l'honorable Lanza di-ait être nécessaires au Pape telles garanties qui \u201céloignoraient de lu conscience des catholiques tout soupyon de quelque ingérence que ce soit directe où indirecte du ruyaume d'Italie duns le gouvernement de l\u2019Icgtise.\u201d 3, Elle doit étre \u201cpleine et complèw\u201d, pur rapport à tous les actes de sou tminis- tère spirituel et universel.1, Elle doit être \u2018nou précaire\u201d, mais \u201c-table et intangible.\u201d \u201c Cette liberté intéressant les catholiques de toutes nations, elle doit être up- puyée pur une garantie et un engagement internationaux.La forme sous lequelle se sont concré- lister el ont été garanties la Hberté et du Pontife pendant plus de mille ans fut le prineipat l'indépendance Souverain civil des Papes.Cette souveraineté civile détruite, le Pontife romain, dans les conditions actu- cles, jouit-il d'une liberté vraie, manifeste, stable et pleine, suffisamment garantie 7 La question que nous soulevons, observe le conférencier, ne justifie d'ailleurs au- vuné alarme, Si, il y a quarante où gunrante-cing ane, d'illustres hommes d'Etat ne posaient In question au moment d'établir ln loi des gurnties, pourquoi ne al LA OROIX pourrait-on pus lu poser après lu loi établie.Systeme par trop primitif et funeste que velui d'exelure \u201ca priori\u201d une discussion sur ut sujet, sous prétexte que lu réponse ne cadrera ques avec li courte logique de certaïns esprits.Si de l'examen d'une
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