La Croix., 12 février 1921, samedi 12 février 1921
[" DE CHARYBDE AN SUYLLA En passant par la buvette La loi de 1919 règlementant, dans la province de Québec, la vente des boissons enivrantes, est un immense fiasco.Le gouvernement lui-même l'avoue.Etelle n'a pas eu le résultat qu'on en attendait, parce que les autorités n'ont pas su la faire observer.Les infractions deviennent de plus en plus nombreuses et publiques et le gouvernement ne sévit point.Pourquoi ?Sans doute, parce qu'il a décidé, depuis quelque temps, de devenir lui-même marchand d'alcool à la place de tous les autres.Il ne le dit pas; mais de gros bénéfices.Argeat maudit'.il y voit Déjà, il a soumis à la législature un nouveau projet de loi qui lui donne le droit exclusif d'acheter et de vendre, dans notre province, toutes les boissons enivrantes, même les vins, à l'exception de la bière qu\u2019il réserve aux tavernes où elle pourra être vendue au verre, comme par le passé.Ainsi, les buvettes ne seront pas atteintes par la nouvelle loi.M.Taschereau leur laisse la vie! Il les trouve sans doute utiles aux voyageurs qui vont de Charybde en Scylla! Voilà donc le gouvernement marchand d'alcool; et de cet alcool, tous les voyageurs pourront en avoir à l'avenir, ouvertement, librement et autant qu'ils en voudront.Notre province deviendra le paradis terrestre des amis de la boufleil- le, pas seulement du verre.de la bouteille! C'est un progrès! 11 nous en viendra d'Ontario, du Vermont, du Maine en automobiles pleins, en chars bondés.Torre de Québec! Terre de liberté! chanteront en choeur les soûlards, lorsqu'ils retourneront dans leurs pays et leurs foyers! La nouvelle loi favorise la tempérance, dit M.Taschereau.Et les buvettes qu'il maintient tes, que favorisent-elles ?.Nous aurions cru à la bonne foi du gouvernement, si, d'un coup do main énergique, il les avait fermées.Il fait déjà preuve de faiblesse.Que sera-ce donc, lorsqu'il trouvera profit à écouler sa propre marchandise ?!.- ouver- La nouvelle loi pourvoit à la nomination d'une commission de cinq membres qui\u2018achètera et vendra au nom du gouvernement.Les pouvoirs de cette commission sont arbitraires.La loi commune ne peut même pas l'atteindre.Scul, -le'\u2018gouvernement, par son droit de révocation, pourra indirectement la contrôler.Si elle ne fait pas son devoir,le public n\u2019y pourra rien.Il sera complètement désarmé.Il n'aura plus qu'à dormir sur le bord do l'abîme en attendant qu'il y roule.JOSEPH BÉGIN Re Samedi, Fevrier, 1921 \u2014 Vol.xvill \u2014No \u201c17 JOSEPH BEGIN, directeur Montréal, Case postale 1329 RELIGION, QUESTIONS SOCIALES, SCIENCES, ARTS,LITTERATURF -ECONOMIE POLITIQUE, ENSEIGNEMENT,COLONISATION o Danada sera la proie des ts-UnIs La prochaine guerre surgira entre les Etats-Unis et l\u2019Angleterre, et je Canada en sera le champ de bataille.Les provinces de l\u2019Ouest seront les premières attaquées, par Winnipeg.Cette ville stratégique une fois tombée aux mains des Etats-Unis, lc reste des prairies ne fera pas de résistance.L'Est du Canada davantage.Nous en doutons, si, alors, les licns actuels de la Confédération le tiennent attaché au sort de l'Ouest.Vans sa débâcle, celui-ci entraînera toutes les provinces de l'Est, ct,un matin, Québec apprendra qu'il fait partic de l'Union américaine fondée par Washington.L'Angleterre ne s'opposera même pas au changement.Ella demandera une compensation par ailleurs.Seule une puissante armée de terre pourrait repousser les nombreuses légions américaines; mais cotle armée, il nous sera impossible de l'avoit.Les Anglais d'Angleteire ne tiendront sûrement pas se battre pour les Canadiens.11 serait donc bon pour nous de détasher le plus tôt possible notre résistera-t-il sort de celui de l'Ouest.Nous trouverons notre avenir comme peuple dans le Bas-Canada, mæis dans un Bas-Canada hormogène et autonome.Voici, sur cette question d'une guerre possible entre l'Angleterre et les Etats-Unis, une déclaration de M.J.-J.Mansfield, représentant du Texas au Congrès, faite au Ncw- York World ct que nos lectours liront avec beaucoup d'intérêt: «ll n\u2019y a plus, en ce momont, dit M.Mansfield, quetrois nations pouvant âtre considérées comme des puissauces navales, c\u2019est-à-dire la G-an le-Bretagne, les États-Unis et le Japon, en l'ordre précité.Notre effectif naval est maintenant plus du double de celui du Japon.Par con- séquant, et on ce qui concerne notre pays, il n'y a aucun besoin urgent d'expansion navale considérable.La concurrence so trouve réduite A la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.Le point vulnérable de la Grande- Bretagne est le Canada.Il s'en suit donc qu'en dépensant seulement cinq cents millions à nous préparer à toute éventualité le long de la frontière canadienne et sur les grands lacs, la Grande-Bretagne s\u2019en trouverait bien plus menacée qu'en dépensant dix milliards pour des dreadnoughts sur les hautes mers.«Mais nous avons depuis longtemps convenu avec la Grande- Bretagne de ne pas la menacer là où elle est complètement à notre merci, et c'est pourquoi tous ceux qui nous prêchent sans cesse une politique de grande expansion navale voudraient nous voir lutter avec la Grande- Bretagne la où ce serait nous qui pourrions courrir plus de risques d'ê- tre à sa merci.Pourquoi, je me le demande, ferions-nous fi du grand \\ \u2018les sur les grands avantage stratégique que la nature nous a départi,à moins que la Grande Bretagne ne se déclare prête à nous accorder des concessions correspondantes ?Nous avons, par traité, convenu avec la Grande-Bretagne de restreindre nos entreprises nava- lacs.Fort bien, mais alors pourquoi la Grande-Bre- tagne ne conviendrait-elle point, à son tour, de limiter sa puissance sur les mers ?»En d'autres termes, et dégagé de tous les ménagements qu'impose la diplomatie, cela équivaut À peu près à ceci: Donnant, donnant.Nous voulons bien continuer à nous montrer bons garçons et à faire bon ménage avec vous.Mais vraiment, tout de même, nous serionsde fiers nigauds de ne pas tirer parti des avantages que la Providence nous donne.Cessez donc, une bonne fois, de nous menacer sur mer.Oubien, sans cela,\u2019 à la première occasion, nous donnerons ordre à nos vaillantes légions de traverser la frontière, et, v'lanl le Canada aura vécu.» Oui, v'lan! le Canada aura vécu! 0 (A Y BST! Monsieur le Directeur de la Croix, Je constate un fait, un fait encourageant pour la Croix.Bt je suis fier, moi, un lecteur de la première heure, de le signaler.Si la Croix prend une cause, on peut être sûr d'avance qu'elle la gagnera.Sa fermeté, sa précision et sa sagacité la font redoutable aux adversaires et en même temps précieuse aux gens de bien.L'agriculture et la colonisation ont trouvé en elle une protectrice énergiquo qui saura faire respecter lours droits violés.Quelle activité depuis quelques semaines autour de ces deux grandes questions! Et quel réveil, aussi, même parmi les plus indifférents.Notre ministre de l'agriculture en est tout abasourdi! Il croyait avoir tout fait.Et voilà qu'on lui prouve qu\u2019il n\u2019a presque rien fait.À dire vrai, c'est renversant.Goliath aurait-i} cru que le petit David pût-le terrasser de sa petite fronde! Ça y est! M.Caron devra marcher comme les autres eu il sera descendu ,de son giédestal.Et le dieu aux pieds d'argile sera brisé comme une vulgaire statue.Votre etc, M.T.Le gouvernement provincial a repoussé, comme la Croix le demandait, la délégation qui est vonue lui demander ua empsunt de 20,000,000 de piastres peur la cons- trucbion de logements À Mentréal.Il n'est pas en favour de ce projet.Tant mieux! Le cardinal Netto, ancien patriarche de Lisbonne que la Révolution portugaise avrit exilé, mort en Espagne.Il avait 80 ans.est | Un grave conflit sup le mariage \u2014\u2014\u2014\u2014 Le Conseil Privé ne reconnaît pas les empêchements au mariage déterminés par l'Rglise Le Conseil Privé vient de déclarer valide,au point de vue civil, le mariage Despatie-Tremblay.C'est une grave décision et des plus erronées.Il en résulte que deux personnes, n'étant absolument pas mariées, peuvent légalement vivre ensemble et jouir de tous les effets civils d\u2019un vrai mariage.Il s\u2019agit de savoir si les tribunaux de la province de Québec sont tenus de reconnaître comme empêchements au mariagece qui est reconnu comme tels par les différentes confessions religieuses.Le Conseil Privé a décidé dans la négative.Il a aussi déclaré que l'autorité décernée aux ministres protestants pour célébrer les ma- \u2018riages était parfaitement générale, et ne dépend en aucune manière de la croyance religieuse de la personne qui doit se marier, et qu\u2019il en est de même pour les ministres catholiques.L'article 127 du Code civil qui vise cette question se lit comme suit: «Les autres empêchements admis d'après les différentes croyances religieuses, comme résultat de la parenté ou de l'affinité ou d'autres causes, restent soumis aux règles suivies jusqu'ici dans les diverses églises et sociétés religieuses » C'est-à-dire que l\u2019article 127 consacre les règles suivies, avant la cession, par les catholiques, et leur donne force légale.Comment le Conseil Privé peut-il décider, en marge de cet article, que ces règles des différentes confessions religieuses n'obligent pas les tribunaux civils ?Les juges répondent: «La loi n'intervient d'aucune façon dans la juridiction des tribunaux ecclésiastiques de la religion catholique sur ses membres en tant qu'il s'agit de questions de conscience, mais elle ne leur donne aucune opération civile.I) n'appartient qu'aux individus en cause de se plier à ces décrets cu non.\u201cAux yeux de la loi, les parties à qui s'appliquent les objections formulées par l'article 127 ne possèdent aucune incompatibilité inhérente au mariage.Cette incompatibilité n'est rien autre qu'une question de conscience ou d'orthodoxie et n'empêche pas les parties d'être mariées par d'autres autorités compétentes ou selon d'autres rites.» En un mot, le Conseil Privé enlève au mariage son caractère sacramentel, pour en faire un -simple contrat civil que n'importe quel ministre religieux peut légaliser.De là au mariage civil, comme en certains pays, iln'y a qu'un pas.JOSEPH BEGIN -tion municipale pour la charge de \u2018l'Instruction Publique; qu'il.atta- SOURDES MACHINATIONS em Teahison Infornale Explieations lueides d\u2019une campagne téndhreuse Sous cette rubrique, le Courrier de Saint-Hyacinthe a publié l\u2019article et les deux déclarations solennelles suivantes quise passent de commentaires.Elles confirment ce que la Croix a écrit surce triste sire qu'on appelle Télesphore-Damien Bouchard: «La population de la cité de St- Hyacinthe vient de faire une élec- Maire.Deux candidats ont brigué les suffrages: M.Augustin et M.Bouchard.«Désireux de faire son devoir et d'empêcher la fonotion de premier magistrat de la Cité de St-Hyacin- the de tomber de nouveau entre les mains d'un homme dangereux, Le Courrier a porté à l'attention de ses lecteurs les faits suivants.Nous nous sommes basés simplement sur la vérité telle qu\u2019elle était évidente par les deux déclarations solennelles que nos lecteurs pourront lire plus bas.\u2018 \u2018 «Depuis longtemps, M.Bouchard était tenu en suspicion par une partie notable de notre population Ses agissements dans le domaine politique et sur le terrain municipal donnaient un semblant de raison à ceux qui combattaient la candidature de M.Bouchard.Il faut admettre cependant que la preuve totale, complète et intégrale des intentions de M.Bouchard n'avait pas encore été faite.«Quand M.Bouchard se rendait à Cowansville pour y déblatérer contrele clergé catholique; quand M.Bouchard se présentait devant un club neutre de la Cité de Montréal pour insuller ses compatriotes en affirmant a que les Canadiens français étaient des scieurs de bois, des porteurs \u201c d'eau»; quand M.Bouchard sur le parquet de la Chambre d'Assemblée à Québec battait en brêche notre système éducationnel; qu'il continuait ses escarmouches contre le Conseil de quait M.Magnan, aujourd'hui à la tête de notre système d'instruction publique; quand en toutes circonstances M.Bouchard demandait la destruction de notre système éducationnel, et qu'il 3e mettait en marge de son parti sur cette importante question de l'instruction publique, quand au cours du procès institué |.contre La Croix de Mor*réal, M.Bouchard déclarait sous serment qu'il avait fait parti de la Loge de |.I'Emancipation, mais qu\u2019il en était subséquemment sorti; quand M.tin ETATS-UNIS: ETRANGER ( Union postale).: 1 an, 2.25; 6 mols Un numéro, 5 sous\u2019 à la messe de 8 heures.et dé 3 quand au cours de sa campagne - électorale de 1912, M.Bouchard\" ge promenait avec le cestificat de cons : fession du Révd.M.Laurence, curé de La Présentation; quand: \u2018plus tard le même M.Bouchard \u2018était responsable de la disparition\u2019 \u2018dé l\u2019image du Sacré-Coeur de toutes: les bâtisses publiques de la\u201d Cité de: St-Hyacinthe et qu'on l'accusait d'avoir déclaré «que si cette image\u2019 sainte restait en place il faudrait mettre à côté l'image de Luther, toute notre population devant \u2018tes faits, ces déc'arations et ces actes publics, toute la population disions- nous, était partagée en deux camps; «Les.amis de M.Bouchard \u201cdi saient qu'il était converti, les a'dver= saires affirmaient qu\u2019il était\u201d le.même qu'au temps de l'Emancipation, qu'il poursuivait-\u201d la\u2018fmête campagne et qu'il \u2018était encore\u201d le.partisan et le sucoesseur de Mire Godfroy Langlois (l'ancien Petit\u2019 Pare) de la loge fameuse de I' Bmaa® cipation affiliée au Grand Orieat de\u2019 Paris.Chaque fois que M.Bouchard était acousé, il avait soin.de se défendre comme un diable dans.l'eaw> bénite.Chaque fois qu'il était'attaqué, il poursuivait ses dénonciateuis' devant les tribunaux.Il déclarait'en toutes circonstances qu'il \u2018était: un.honnête homme, qu'ilétait persécuté, que ses adversaires étaient - \u2018des mécharits et que lui \u2018était\u2019 la bonté même, la pureté même, là - vérité: même.PURE «Et pendant toute la\u2019 durée\u201d cette campagne qui date de: \u201c1904; c'est-à-dire dix-sept ans; M: \u201cBows chard a toujours affirmé qu'il\u201d ét un bon catholique et ses partisan ont déclaré que ses persécuteürs\u2019lé .trattaient d'une odieuse façon.«Pour l'édification du\u2019 bon: \u2018peuple fe de St-Hyacinthe, nous publié t les.Disons en quelles ons solgpuél a elles ont été données.«Dans le cours du mois de.nô- vembre 1920, M.Bouchard-résolut-.de vendre son journal Le Clair Pour cette gazette qui: avait e ciraulation de trois cent \u2018cinquante (350) copies par semaine, il et l'audace'de deimander là modique somme de trente-cinq \u2018mille piastres (35,000.) Il eut soin\u2019 \u2018en.consid a; tion du prix \u2018exorbitant\u2019 qu\u2019il demas- dait ; d'exiger que le Clairon conti; \u2018nuerait à être radical dans sa.a : : : tion.Après avoir.fait connaître que, l'un de ses actiontaires était\u201d M Godfroy Langlois, de triste mémei: re.M.Bouchard exigea que.TeClei.ron une fois .vendu pour 935.000 | continuerait à défendre la.docting .suftrèges de la population peti que de St-Hyaciathe, pouriètre eo pour ameliter le peuple contre note bre système éducatiopnel et faire de notre population\u2019 un peuple: d'éman-\" cipés.Les électeurs de St-Hyacit {ey Ps SF ME the vont-ils.continuer, À hpi fidèles \"son intrasmgens radicalisme, ; maïs.Qui: Bouchard dans le même temps où il, oes prétendait être sorti de la Loge \u2018del = l'Emancipation faisait une retraite! ; solennelle chez les RR.: PP; Domi-i DEC \u2018nicains et qu'il clôturait été x, Le ca 2 \u201c LA CR O01 X MONTREAL, 12 FEVRIER 1921 \u2014 cité et district de Montréal.déclare solennellement: le ou vers le 25 no- .vembre 1920, je me - suis rendu à St-Hyacinthe, pour y rencontrer M.T.D.Bouchard.Nous sommes entrés en pourparlers pour l'achat du journal le Clairon, M.Bouchard nous a informé qu'il était prêt à vendre le Clairon, mais qu\u2019il croyait préférable de consulter d'abord ses actionnaires.Parmi ses actionnaires M.Bouchard a mentionné le nom de M.Godfroy Langlois, fondateur du journal Le pays, de Montréal.Nous avons appris que le journal avait une circulation de trois cent cinquante (350) copies par semaine et que son meilleur client était l'Hôtel-de-Ville de St-Hyacinthe.Après cette entrevue, nous avons prisrendez-vous à Montréal, pour la semaine suivante.À la date fixée M.Bouchard s'amena à Montréal et nous informa qu\u2019il était prêt à ven- \u201cdre le Clairon au prix de $35,000, mais À la condition expresse que le journal, une fois vendu, devrait continuer à défendre la doctrine de Godfroy Langlois.Dans mon entrevue avec M.Bouchard, à St-Hya- cinthe et à Montréal, j'étais accompagné par M.H, Perras, gérant de Banque, des cité et district de - Montréal.«Et je fais cette déclaration solennelle la croyant consciencieusement vraie ct sachant qu\u2019elle a la même force et le mème effet que si elle était faite sous serment cn vertu de la loi concernant la preuve au Canada.Signé: G.A, MORIN.«Déclaré devant moi à Montréal ce 10ème jour de janvier, 1921.CHS.ARCHAMBAULT, C.C.S.DECLARATION SOLENNELLE «Le soussigné, H.Perras, Gérant de Banque, des Cité ct district de Montréal, déclare solennellement : j'ai pris connaissance de la déclaration de M.G.A.Morin concernant l'achat du journal le Clairon et toutes les affirmations y contenues sont vraies À ma connaissance; le consentement de M.Bouchard à vendre le Clairon, la circulation du journal, la clientèle de l'Hôtel de Ville de St-Hyacinthe, le nom de Godfroy Langlois comme actionnaire du Clairon, la somme de $35,000 pour couvrir la transaction et la condition que le journal continuerait à défendre la doctrine de Godfroy Langlois.«Et je fais cette déclaration solennelle la croyant consciensieuse- ment vraie et sachant qu\u2019elle @ la même force et le même effet que si elle était faite sous serment en vertu de la loi concernant la preuve au Canada.Signé: H, PERRAS.Déclaré devant moi à Montréal, ce 10e jour de janvier, 1921.CHS.ARCHAMBAULT, C.C.S.La politique et la religion PAR Louis Veuillot Le grand usage qu\u2019on a fait dans l'Assemblée Nationale de la maxime qu\u2019il ne faut pas mêler la politique à la religion, nous porte à attirer l'attention de nos lecteurs sur cette banalité pernicieuse.I! est ennuyeux et même humiliant d'entendre de bons Français, et jusqu\u2019à de bons chrétiens, réciter cela sur tous les tons comme une vérité aussi certaine que l'existence de M.Thiers.Un député, qui n\u2019est ni professeur de \u2018droit, ni avocat, ni autrechose qui le puisse pousser à dépiter des sonorités vaines, a dit avec émotion qu'on ne saurait être un véritable homme d'Etat sans avoir une foi religieuse, et après avoir très convenablement développé ce thème, il a conclu qu'il fallait bannir les discussions religieuses de l'enceinte © ù - se font les lois ct les affaires! On | l'a très fort aupplaudi.Messieurs, ne compromettons jamais les intérêts permanents et éternels de la religion en les solidarisant avec les intérêts accidentels et éphémères de | la politique; tout y perd, et la.politique et la religion, (Très bien! très bien! \u2014 Applaudissements a droite).Oui, très bien; mais cherchez un peu ce que cela veut dire, et quelleidée on y peut prendre et de la politique et de la religion.Il nous semble que l'orateur se scrait moins trompé s\u2019il avait dit: « Méssieurs, pour vivre nous sommes obligée de manger: eh bien! jurons de ne jamais prendre aucune nourriture !» L'homme est essentiellement un animal religieux ou irréligieux, ct la chose est encore plus vraie du Français que de tout autre peuple.C'est par là qu'il se distingue souverainement de la brute.Il est au- dessus d'elle par la religion, au- dessous d'elle par l'irréligion, il n'est jamais la brute pure, vivant en dchors de toute religion et de toute irréligion.Il peut s'efforcer d\u2019y parvenir, il peul croire qu'il y parvient, mais la chose lui est impossible, rien n'est plus contre sa nature particulière; il fait de la religion ou de l'irréligion invinciblement, Et M.lui-mênie, quelque résistance qu'il y veuille faire, n\u2019est qu\u2019un compos\u2018 artificiel qui finira par se résoudre, ou pour M.de Belcastel ou pour M.Tolain.Baze La nation des [Francs fut créée pour mêler la religion et la politique C'est pour cela qu\u2019elle n vécu, c'est par là qu\u2019elle a duré.Elle a été si grande, et deviendra plus grande encore, pour cette scule ct unique cause.L'idée absurde de ne pas mêler la politique et la religion nous vient, comme tant d'autres, du règne de Louis-Philippe; comnie tant d'autres, ©'est un munsonge et une tromperie.Le règne de Louis- Philippe, qui fut en In plus contraire au génie de la l\u2019rance, et le plus dénationalisé qu'on ait vu.tout favorisuit beaucoup l'irrélig:en tiès active qui constituait principalement sa politique.Il n'osait, ni ne pouvait, nine voulait même déola- rer, comme le premier Donaparte, son ambition de s'asservir la religion; il travaillait à l'éteindre, et il disait: Ne nous en occupons pas, mais faisons des lois et des moeurs qui la tuent.Ce fut aussi la politique de Napoléon III.Nousen avons l'aveu formel, d\u2019ailleurs peu nécessaire, Elle ne réussit ni à l\u2019un ni à l'autre, ni à la France politique; elle ne réussit qu\u2019à Dieu, grâce au tempérament qu'il a fait à la France.La France mela, suivant sa coutume, la religion à la politique, et les mêla plus que jamais en dépit des assoupissements où l'on parvenait à la réduire.L'assoupissement ne peut devenir le sorimeil.Elle fit de la politique pour ou contre la religion ct renversa opportunément les endormeurs.Néanmoins, i ils parvinrent à acciéditer leur | formule, et nous voyons qu'elle ne | manque pas d\u2019échos.Seulement, par bonheur, les échos sont inconscients.Ils répdtent la formule, et, dans unc mesure qui va loin quelquefois ils mêlent la politique à la religion.Nous les défions bien de s\u2019en dispenser, de réussir à s'occuper du corps sans tenir compte de l'âme.Ils ont fait de la politique religieu- sc, ils en font, et nous leur annonçons qu'ils continueront d'en faire de plus en plus et de mieux en mieux.v AS vrai tégime d'emprunts Faits de tous | i } les côtés par de fAux savante et de | faux sages, imagina cette belle ! machine.C'éfail peut Être dars sn pensée, l'art de ne fuire ni zoliti- que ni religion; mais au fond lie Nousavons la joie d'avoir toujours prévu et toujours prédit ce résultat.Si l\u2019on veut nous permettre un souvenir de vieux croisé, nous disinns, dès le début, vers 1842, qu'il n'y aurait pas d'obstacles décisifs et que rien ne pent arrêter la mer qui monte et la sève qui revient, On était bien loin alors des pèlerineges, des églises vetives au Sacré.Coeur, de toutes les clicscs que nous voyons; mais In foi craig\u2019 en nous, Pnisqu'elle ncus avait éveil'és, elle en éveillerait Lier d'autres; puisque Dieu restait dans Je ciel, il parlerait à sa France et la ferait rentrer en Europe, et un jour viendrait, et n'était par loin, où la France ferait de la bonne religion pour faire enfin de la bonne politique.a Et si l'on vous annonçait qu'avant la fin de ce siècle la messe Catholique sern célébrée à Sainte- Sophie de Constantinolile et à Saint- Paul de Londres, il faudrait dire: Pourquoi pas.?» Est-ce que le coeur chrétien et français de M.Baze serait tant contristé, parce que le mélange de la politique et la religion procurerait ce triomphe de l\u2019Internationale noire, entrevu par Josez h de Maistre ?Cette bête de Joseph de Maistre, dirait l'excéllent M.Sarcey, quise reconnaît incapable de l\u2019imiter La mer monte, la sève revient, la sève de France! Assurément, l\u2019arbre n\u2019a pas encore sa parure de vert feuillage et \u2018c flot puissant dela vie ne baigne pas encore le rivage attristé; mais c'est la sève et les bourgeons sont pleins: et cette raie d'argent qui paraît à l'horizon, c'est la mer.Disons plus et mieux, c'est Dieu, Dieu qui nous sourit et qui veut pardonner.Qui nous empêchera de courir à lui dans un frémissement de reconnaissance et d'amour et de briser à ses pieds nos «de erreurs\u201d Père, Père nous avons pé- -ché contre vous et contre nous, et nous sommes tombés dans l'abjecte : servitude, mais vous êtes notre | père et nous sommes vos fils, et vous nous recevrez en miséricorde! Nous sommes lâches et craintifs encore, gt vousencouragerez.Le même jour où nous apportons une évlise; les Prussiens s\u2019en Encore un peu de 1 i vont.26 | temps, nous | ferons mieux et vous ferez plus.Et vous.messicurs les honnétes gens et députés, qui craignez tout et le reste, et qui avez autant de peur du bien que du mal, accoutu- mez-voue à ne pas craindre le Lien, et le mal ne vous fera plus peur.1 Le jour où vous aflirmerez li Lion, le mul sans doute existera trente.mais il perdru son assurance et von le combattrez avec vaincre.Cette vieille France a la cert'tude de ISHS vu Jes mémes ennemis.Elle cet allée : vers eux la croix à la main et elle ! les a vaincus.Souvenez-vous que la France s'est faite par des assemblées délibérantes qui ont mêlé la religion à la politique, et qui même n\u2019ont pag eu d'autre politique que la religion.Nos pères fondaient des monastères, ils y établissaient le Laus terenuis, et des hommes d'Etat en sortaient qui faisaient des choses que vous ne savez plus, pour une durée qus vous ne connaissez plus.Nous retournons là, messieurs; nous y retournerons de bon coeur, pour être délivrés des\u2019 ennemis du dedans et du dehors et de nous- même; et ai l\u2019on venait à vous dire qu'un jour, bientôt, vous,\u2014 oui vous !\u2014 vous fonderez un monastère national, vous y établirez des bénédictins, et que quelques-uns d\u2019entre vous y prendront l\u2019habit de pénitence, il faudra.t dire: Pourquoi pas ?Avez-vous payé voire contribution à \u2018 CROIX?la L'amour De Valéra prédit que l'Angleterre sera vaincue ~~ M.de Valéra, président de la rénublique irlandaise, a adressé, le 22 j-nrier, de \u2018Dublin, à ses compatriotes, un message plein d'ardeur et d'espérance, où il prédit la défaite honteuse de l'Angleterre.Voici ses termes: «Je suis heureux, dit M.de Valéra, d'être au milieu de vous et de vous féliciter à l'occas\u2019on du second anniversaire de la confirmation officielle de notre désir persistant d'obtenir notre ancienne indépendance, et l'établissement de notro Etat sur la volonté ferme du peuple et la mise à exécution des principes nationaux qui ont été universellement acceptés durant la gucrre, comme étant la seule base d\u2019une paix durable entre les nations.«La fermeté avec laquelle vous avez résisté durant deux années aux répressions brutales sera un témoi- gnago éclatant en faveur de notre pays au milieu de l'abandon de l'idéal et de la trahison de la conscience.«Vos souffrances ont été grandes, il est vrai.Pendant des mois, des dépêches authentiques nous ont apporté des nouvelles du meurtre de nos principaux citoyens, et du martyre de prisonniers sans défense.Des braves gens ont été torturés.Un enfant a même été condamné à l'échafaud pour avoir voulu rester fidèle à ses camarades patriotes, Les dépêches nous apprenaient l'incendie des maisons etle pillage et la destruction des fruits de votre industrie et j'ai mesuré toute l'étendue du sacrifice que vous faisiez pour res\u2019 cz fidèles à vos principes.«Mais, Dieu merci, malgré que des matamoares armés vous outragent dans les rues avec insolence, l\u2019héroïsme de vos pères est aussile vôtre.Vos souffrances serviront à vous enseigner le prix de l'héritage national qui vous a été légué.«Dieu merci! le moral excellent qui émerveille le monde demeure vivace et démontre que la force brutale peut assassiner de braves gens, mais que ces hommes brutaux ne peuvent pas atteindre l'idéal qui inspire ces braves gens.«Vos souffrances ne seront cer- tajnement pas vaines.L'usurpateur ne pourra jamais vous forcer à abandonner votre droit, car cet abandon de volre droit pourrait s2al rendre notre ennemi victorieux.de lu patric et de la Hberté sera comme toujours supérieur à de son empire.Chaque goutte de sang patriotique qui est versée nous rendra plus sacré le devoir de la persévérance et plus certain son accomplissement.-.Eamon de VALERA, la force oO La crise économique ot ses eauses Il est plus que probable que cette année les hommes d'Etat britanniques s'occuperont plus particulièrement des questions économiques et linancières et qu'ils abandonneront un peu les questions de haute poli- que pour donner toute leuf atten- ticn A la politique pratique.L'année 1920 n'a pas tenu les promesses de 1919, dont la prospérité artificielle ne pouvait pasdurer.Malheureusement la \u201cTrésorerie britannique, contrairement aux avertissements des économistes, a cru à la durée de l\u2019activité intense de 1919; le chancelier de l'Echiquier a échafaudé son budget sur des prévisions d'un optimisme excessif,et il a contribué dans une large mesnre à la dépression actuel- \u20ac 1: en chargeant d'un trop lourd fardeau fiscal le pays dont la capacité imposable a été atteinte et même dépassée.On reconnaît aujourd'hui que la prospérité dont le monde a joui à la fin du dix-neuvième siècle et au commencement du vingtième a été due uniquement à l\u2019échange universel des produits, aux relations sans restrictions des peuples entre cux, aux services réciproques qu'ils se rendaient, et que le retour de cette prospérité on d\u2019une prospérité comparable à celle d'avant- guerre n\u2019est possible qu'à la condition que ces échanges, cesrelations, ces services soient rétablis intégralement, dars toute leur amplitude et dans toute leur liberté.L'expérience est faite.Pendant deux ans, on a voulu continuer les procédés artificiels et l'on est arrivé à un état qui est très semblable à la faillite générale et qui y conduira sûrement si l'on ne revient pas au libre jeu des forces économiques.Aucun pays ne le voit et ne le comprend mieux que la Grande- Bretagne.Peut-être, ayant moins souffert que d\u2019autres, a-t-clle des choses une conception plus nette et apporte-t-elle À l'examen des problèmes un profond détachement.En tout cas, elle a la conviction aujour- d\u2019hui que l\u2019on ne peut réconstituer l'Europe que par le commerce fibre et sansrestrictions; que c\u2019est folie de croire que des peuples appauvris puissent être de bons clients, et que les intérêts économiques de | tous les peuples sont interdépen- , dants à ce point qu'aussi longtemps qu'il y en aura qui seront réduits à l\u2019indigence, naturellement ou artificiellement, les autres souffriront.Une autre leçon très dure dont l'Angleterre fait l'expérience est qu'il n\u2019est pas possible à un fays, quel qu'il soit, de vouloir entie- prendre tous les commerces, d\u2019exercer toutes les industries, pour la raison que chaque pays, chaque race a ses aptitudes et ses dispositions spéciales, les unes naturelles, - les autres acquises par une expérience et une pratique séculaires ce qui exclut, dans l\u2019un et l'autre cas, la possibilité d\u2019une concurrence efficace.Les Anglais disent: Jack of all trades, master of Hone; nous disons: «Qui trop embrasse, mal étreint.» C'est la même chose.La Grande-Bretagne a voulu fabriquer des matières colorantes comme les Allemands et les Suisses, des jouets comme les Français, du zino comme les Belges, Elle a échoué partout.Elle ne peut produire de matières Colorantes = suffisantes comme quantité ni comme qualité pour les besoins de son industrie textile, elle ne produit que des\u2019 jouets lourds, disgracieux et chers, bien qu'elle ait la matière première chez elle et dans ses colonies d'Australie, qu'elle ait le charbon à la porte deses usines et qu'elle l\u2019ait à un prix inférieur à celui des autres pays, elle ne peut faire du zinc de qualité convenable ou à un prix commercial, et elle a fermé ses usines presque sans exception.Dans le nombre il y en a qui ont été agrandies à grands frais et construites spécialement.Rien n'y a fait, et récemment on débarquait à Swansea, le centre de l\u2019industrie du zinc britannique, une cargaison de zinc.Inutiled\u2019insister.\u201cTout cela indique une utilisation mal comprise de l'énergie nationale et un déploiement de force mal appliquée, sans compter l'emploi mal à propos de capitaux considérables qui eussent ét£ plus profitablement consacrés à d'autres buts.Cela fait pressentir aussi des demandes de protection, de tarifs, de droit d\u2019entrée pour soutenir des industries superflues aux frais des contribuables et au détriment des industries qui achètent cher des choses que l'étranger leur fournirait meilleures, de meilleure qualité et à des prix inférieurs.Ces choses-là, on ne les proclame naturellement pas, mais, si la Grande-Bretagne ne profite pas de ; Montréal et il \u2014 l'expérience il est bon que d'autres évitent de tomber \u2018dans les .mêmes erreurs.L'année 1921 toute sera donc, selon\u2019 probabilité, une année de reconstitution, de remaniement, de réorganisation économique, industrielle, commerciale et financière.La politique proprement dite n'occupera dans l'esprit des gouvernants britanniques que le second rang et, en tout cas, elle sera subordonnée aux considérations pratiques qui, plus que jamais, guideront les hom- m:2s d'Etat anglais.0 Margaillier of Frane-magon La franc-maçonnerie faisait des siennes en 1771 à Montréal.Dans ses J'etites Choses de notre histoire (2e série), M.Pierre Georges Roy rappelle le cas peu .banal d\u2019un franc-maçon en même temps marguillier de la fabrique de Montréal vers 1771.déjà Quel est donc,en cecas, le marguillier franc-maçon ?M.Aeg.Fauteux n'en, voit pas d'autre que Pierre-Joseph Gamelin, fils de Joseph et d'Angélique Giasson.Quoiqu'il n'eut que 35 ans en 1771, il était déjà un des négociants les p'us importants de n'est pas étonnant qu'il ail été choisimarguillier malgré son âge relativement peu avancé.M.Picrre-Georges Roy explique l'accointance de Pierre Gamelin avec la frano-maçonnerie par son constant voisinage avec la société an- glaiss.Il est remarquable en effet que presque toutes les filles de Pierre Gamelin, nées de son mariage avec Louise-Archange Delorimier, se soient mariées avec des protestauts anglaisetdevantle ministre anglican, Marguerite avec Henry Loedel, Marie-Louise avec John Connolly et Catherine avee le lieutenant William Pritchard.Le Sinn-Fein fait bloc Le professeur Alfred O'Rahilly, régistraire de l\u2019université de Cork, et l'un des chefs en vedette du mouvement irlandais, est d'opinion que les Sinn l'einers ne sont pas plus disposés qu'auparavant à accepter la\u2019loi du partage de l\u2019Irlande, mais qu'il est probable qu\u2019ils consentiront À utiliser le système électoral que comporte cette loi afin de sonder le véritable sentiment du peuple.«Je n'ai pas de doute, dit-il, que les Sinn Feiners seraient réélus par de plus fortes majorités encore que lors des dernières élections, car jamais ils n'ont été plus solidaires qu'aujourd'hui.» Le professenr O'Rahilly ne croit pas d'ailleurs qu'il y ait vraiment eu une scission dans le parti, com- -meon le rapportait il y a six mois.On prétendait alors que le mouvement sinn feiner avait été compromis par les mesures annoncées par le gouvernement anglais.«Quelle que soit la faiblesse qu'il y uit pu avoir alors dans les rangs du parti, assure-t-il, il est hors de doute que le Sinn Fein fait bloc maintenant.Le pays s\u2019est habitué au terrorisme et le gouvernement en tentant d'étouffer dans le sang l'esprit qui anime le peuple ne fait que le vivifier.Il n'existe pas de moyens termes, autrement dit de Sinn Feiners modérés et de Sinn Feiners extrémistes.Cette classification n'a pas sa raison d'être.Nombre de Sinn-Feiners, il est vrai, se sont objectés tout d'abord aux tactiques de la guérilla, préférant opposer une résistance passive, mais les événements les ont fait changer d'idée depuis ce temps.là.» MONTREAL, 12 FÉVRIER 1021 L'Autriche et le holehévisme Sir William Goode, président de la section autrichienne de la Commission des réparations, est fermement partisan d'accorder, dans le plus bref délai et le plus largement possible, une aide précuniaire à l\u2019Autriche.L'Autriche est dans une crise telle aujourd'hui que la question qui se pose à son sujet est celle-ci: «L'Autriche va-t-elle disparaître de la carte de l'Europe ?» «Les causes de la crise actuelle, déclare Sir Goode, sont les suivantes: ~~ «a) La disparité entre sa produec- tion intérieure actuelle et le mini- mun de ses besoins essentiels; «b) Une balance de son commerce À son détriment et qui est due à la nécessité de faire venir de l'extérieur la plus grande partie de ses denrées alimentaires; «c) Dépréciation de sa monnaie; «d) Déficit dans le budget de l'Etat.» Ces conditions ont pour conséquences un état d'incertitude économique et politique, une terrible difficulté de vie et d'indicibles misères.4Si elles devaient avoir pour conséquence finale la chute de gouvernement central en Autriche, il faudna alors envisager les trois éventualités suivantes: «1° Une tentative de la part des provinces autrichiennes en vue de se joindre à l'Allemagne.«2e La repartition des provinces autrichiennes parmi les Etats voisins, y compris l'Allemagne.\u201c3e Un règne de terreur communiste ou bolchéviste.» Envisageant ces trois éventualités, Sir Goode déclare: «Il a été entendu qu'avant de renoncer à tout espoir, le gouvernement autrichien demandera au Conseil de la Société des Nations, sous l'article 80 du traité, de permettre sa réunion à l'Allemagne.Mon opinion propre est que l\u2019Allemagne ne peut ni nourrir ni supporter toute l'Autriche.Le pour- rait-elle qu'il me parattrait incon- venable que les Alliés pussent autoriser l'Allemagne à étendre son empire jusqu'aux bords de l'Adriatique, avec des frontières à l'arrière de la Tchéco-Slovaquie et sur les flancs de la Hongrie, de la Yougoslavie et de l'Italie.Si cela arrivait, le monde étonné pourrait Un conseil de Pie X à méditer \u201cC\u2019est un fait qu\u2019aujourd\u2019hui le peuple chréticn cst trompé, empoisonné, perdu par les journaux im- = se demander qui a gagné la guerre.«Quand à la répartition des provinces parmi les Etats voisins.Torarlberg a déjà annoncé son intention de se réunir à la Suisse.Le Tyrol Salzbourg et l'Autriche du Nord feraient indubitablement tout effort pour se réunir a leur voisine l'Allemagne.Pour emgeé- cher ceci, il serait nécessaire de créer un corps d'occupation pour une période etendue.C'est un bruit courant à Vienne que les forces hongroises.régulières ou irrégulières, avanceraient vers Vienne, sous le prétexte d'empê cher cette ancienne capitale de tomber entre les mains des Tchèques.Dans ces conditions personne ne serait surpris en Autriche si les \u2018lchèques essayaient de s'opposer par la force à l\u2019occupation hongroise de Vienne.«La Yougoslavie pourrait alors, et d'après ses récents traités défensifs avec la Tchéco-Slovaquie, décider d'attaquer la Hongrie.La destinée des provinces de Styrie, de la Basse et de la Hauto-Autriche et de la Carinthie serait alors en \u2018plein gâchis d'une guerre de rspar- tition, et il pourrait devenir difficile pour les grandes puissances d'en demeurer 4 l'écart.«Si l'Autriche peut avoir une chance de continuer son existence, méme avec son rationnement actuel, elle sera le dernier Etat 2 se laisser entamer par le bolchévisme.Tout l'argent et tout la propagande de Bela Kuhn ont été impuissants à ébranler l'esprit d'ordne du peuple autrichien.Mais si, après une longue période de souffrance patiemment supportée,la seule aube qui éclaire l\u2019horison de l'Autriche est dépourvue de tout rayon d'espérance, personne alors ne peut dire ce qui pourra se produire.«Je ne veux pas paraître alarmiste,mais si les Alliés ne peuvent offrir aucun moyen d'\u2019existence à l\u2019Autriche, je crains que nous n\u2019ayons à nous tenir prêts pour un conflit qui échappera au contrôle de tout ce qui peut rester d'autorité cn Autriche.Tout le monde sait que les bolchévistes ont tout préparé pour utiliser Vienne comme un centre de propagande et d'action.Ils espèrent que leur campagne dans cette partie du monde coincidera auec la disparition du gouvernement central en Autriche et se répandra de là sur tous les pays d'Europe » Pour remédier à l'état actuel et - prévenir le pire, Sire Goode, d'accord avec la section autrichienne des réparations, pense qu'un em prunt étranger, d'environ 250 mil- pics.En vain vous Lâtiriez des églises, vous préchericz des missions, vous fonderiez des écoles, toutes vos bonnes oeuvres, tous vos efforts seraient détruits si vous ne saviez manier cn même lemps l'arme défensive ct offensive de la presse catholique, loyale, sincère.\u201d\u2014S.S.PIE X.TR.LA CROIX *\u2014\u2014 rm rer reprend area lions de dollars, reparti en cing triche à sortir de sa crise et à se supporter elle-même, L'emprunt serait consenti sous le contrôle imposé des Etats prêteurs qui veilleraient à son emploi pour le but proposé.\\ 0 La poule mouillée Et tout le long de la route, sur les trottoirs paisibles des quais, il s'invectivait tout seul.\u2014.Tu n'as pas de coeur!.Pas de sang dans les veines!.mais certainement'.sans quoi tu partirais!.Que racontes-tu.f.le sou.Pas ?Saute dans les bagages!.,.dans un compartiment de veaux! .Glisse-toi dans un train de marchandises .\u2018 .Comment.?pas honnête ?.Alors, pars 2 pied!.Manger.?Tu demauderas du pain dans les fermes.dans les presbytères.La belle affaire!.à vingt-deux ans !.Quand ileut dépassé Notre-Dame et que, dans le brouillard du soir, au travers de la poussière d'or, il apergut la silhouette massive de la nouvelle gare d'Orléans, alors son désarroi grandit encore: c'était une irrésolution de tout, une sorte de révolution intérieure où toutes les idées se produisaient, les plus raisonnables comme les plus folles; et par-dessus cette anarchie tonnait une tempête la voix furieuse de la volonté: «Lâche!.lâche!.lâche ti.» Songez! , Depuis cinq ans, il rêvait cela: aller à Lourdes! Vénérer, dans là vallée pyrénéenne, la Grotte miraculeuse qui se mire au bord du Gave! Baiser le rocher où se posèrent les pieds de la Vierge, tout étoilés de roses!., Voir un malade se lever guéri au passage de l'Hostie Sainte!.Entendre la musique grandiose d\u2019un Magnifica! éperdu, jeté là, sous le ciel, comme un remerciement par des milliers de poitrines.Oui.aller à Lourdes.quel rêve! ; Seulement, pour le réaliser, il fallait une petite centaine de francs, un billet bleul.Or, le pauvre ne NOTE IMPORTANTE Pour cesser de recevoir la Croix, il faut renoncer formellement à son abonnement.Il ne suffit pas de refuser un numéro qui arrive par la poste ou qui souvent n\u2019arrive pas.Il faut donner avis à l\u2019administration de la Croix, verbalement ou par écrit.L'IDÉAL CATHOLIQUE Grande revue illustrée PF ?paraissant le 15 de chaque mois 7 é =\u2014 Très attrayante et très instructive Littérature irréprochable ut ABONNEMENT: 1 an, $3.00 ADRESSE: L\u2019IDÉAL CATHOLIQUE 45 ruc Saint-Gabriel, Montrealro.Ce ma ma 2 terre ti dt SUR LA Question de la Guerre comma sar tontes les autres questions La \u201cCroix\u201d ~ A ROME Et se documente aux Meilleurs sources d'info années, pourra suffire à aider l\u2019Au-\u201c EE ES gagnait que soixante-dix francs par mois, lesquels allaient à sa famille, jusqu'au dernier centime.Il avait beau compter ses cigarettes, supprimer un omnibus, mettre de l\u2019encre sur la bordure de son chapeau, et faire le soir les adresses d'un magasin de nouveautés, il n'avait réussi à mettre de côté que douze pauvres francs'.Et encore ils s'étaient réduits subitement à huit, à cause de son parapluie qu'il avait laissé un jour sur la plate- forme de Panthéon-Courcelles | Et comme un pauvre affamé qui rôde autour des restaurants afin d'avoirau moins la vue et le parfum de la nourriture.quitte plus tard à être torturé par ce souvenir, le jeune employé ne manquait pas un départ pour Lourdes.11 se rendait là-bas, gare d'Orléans, suivait les groupes qui allaient prendre le train.se mélait a la conversation, portait les valises, les malades, aidait les banrcardiere.se grisait de l'odeur de la gare, de son mouvement, de sa fièvre.se donnait l'illusion qu\u2019il partait, lui Russi, que son wagon était tout près.qu'il avait retenu sa place là, au milieu ducompartiment, car il avait cédé celle du coin par mortification.Et il allait.venait.le long d\u2019un train, et quand ce train était parti, il allait devant un autre, et ainsi de suite jusqu\u2019au dernier.Et quand ce dernier train s'ébranlait à son lour; quand, au chant du cantique national, il s'enfonçait à l'horizon court et fumeux; quand les derniers saluts disparaissaient au coin du dernier tournant.quand lui se retrouvait là, seul, comme un dédaigné de la Vierge, comme un méprisé.un paria dont on refuse la main et la présence.alors des larmes de douleurs iui montaient du coeur aux yeux, et il retournait, la tête basse, l'attitude découragée, le long des quais.croisant les marchands de vin, les tonneliers de Bercy, les filles en cheveux, les terrassiers, les camionneurs, les gamins en ruptyre d'école.lui qui rêvait le bleuet le silence, d'idéal et de prière !.Au mois d'août, il refit son Calvaire: leshommes partaient à Lourdes.Il alla les voir partir.Et, plus violente que jamais, la voix se fit entendre à lui: \u2014.Non, tu ne mérites pas d\u2019aller A Lourdes!.Car tu irais, si iu voulais.Tu ne sais donc pas ce qu'est la volonté ?.Un homme Co qu\u2019il ne faut pas oublior «Ceux qui écrivent et répandeat des journaux et publications, qu'anime l'esprit catholique, méritent bien de la religion \u2018et de l'Eglise.» LEON XIII, \u2014_\u2014 Votro contribution à la \u201cCROIX\u201d est-elle payée ?+ s'inspire -\u2014 \u2014 A - 2a =a dea mation, quivent! Ohl.la chose terrible!.irrésistiblel.Mais, veux donelll., .poule mouilléel., lâct.el.\u2026 lâchell.lâche !l!.Et, comme -un soufflet sur sa joue, il recevait chaque \u2018mot dar.s Son coeur.et ses mains tremblaient comme, sous la poussée de la tempête, tremble Ia pauvre feuille au bout des branches, et il allait vers le dernier train qu\u2019en bouclait avec fracas.I] y allait sans pouvoir ne pas y aller; c'était une attirance.un vertige.une fascination invisible.une pauvre petite chose humaine, poussée en avant par le souffle tout-puissant fe la Divinité.Alors il regarde, hypnotisé, les compartiments qu'on ferme; et chaque portière qu'on pousse, c'est comme uñe pierre lourde qui tombe sur sa chère espérance.-.Lâchel.lâchet!.: Et il les compte:.encore dix 3 fermer.neuf.huitl.sept.sixl-.cinql.quatrel,.Mais, tout d'un coup, il se précipite:.Miraclel.Iàl.devant lai.à ses pieds.un billet!\u2026.à terre!.sur la voie.oublié, perdu par un pélerin, diraient les employés.jeté là parla Vierge, murmurait-il tout bas, en le baisant.Ouil.jeté là par vous, Vierge Sainte.Vierge douce.\u2026.- Vierge délicate.Vierge Mère! Vous saviez que votre enfant voulait venir, et alors comme on fait aux fout petits, vous même lui avez pris son billet pour aller vous voir.Il n'avait que dix sous dans sa poche, le pauvre, mais ce fut assez pour jeter à la première station un télégramme à sa famille.Puis après, ce fut l'oubli dela vie, l'exode complet en dehors des réalités d'ici-bas.Comment vécut-il à Lourdes.?Od coucha-t-il pendant les cinq jaurs qu'il y resta.?C'est tout juste si lui-même pourrait le dire, car le bonheur, comme l'adversité, a ses ivresses après lesquelles la mémoire cherche le passé sans pouvoir tout y reconstituer.\u2018 * LE Et maintenant, me direz-vous, a vait-il, théologiquement, le droit de profiter d\u2019un billet ainsi trouvé ?Le pauvrel.ileut environ une demi seconde pour trancher ce gros cas de conscience.une demi secon- del.C\u2019est peu, même pour un vieux théologien blanchi sous le harnais., Moi, je crois tout simplement que la Sainte Vierge n\u2019a pas voulu lui donner le temps de la réflexion!.PIERRE L'ERMITE Haute Bas \\ Autre déelaration - De Valera, en passant -pas: \u201cPa a eu une entrevue dans le directe j de l'oeuvreet a fait-cette\u201d \u2018déélära- tion.: J'ai quitté l'Amérique, parce.ques: dans un temps od les Anglais ycher-, chent: par une implacaple politipue de terrorisme, à effrayez notre peu- devoir du chefXdes représentants de la nation irlandaise est d'être parm} ses\u2019 { compatriotes.En vérité, restant en Amérique.j'assurais a grands avantages à mon pays.droit de fixer sa destinée lui-mênie: Si l'Angleterre nous concède ce droit, nous n\u2019aurons plus de diffi\" cultés ni avec elle, ni avec la mino-: rité de l'Ulster.Si l'Ulster demande l'autonomie nous l'accorderons.«Le parlement républicain \u201cIrlande a reçu un mandat bien défini.Il examinera toutes les propositions de paix de \u2018l'Angleterre, si celle-ci ne s'oppose pas à notre mandat; mais, malheureusement, il; est trop évident que les déclara: laissent pas d'illusions.Ni la :minorité unioniste, ni la majorité répu- nement semblable à ceux - \u2018des dominions,» nagan, qui remplit les fonctions - de premier ministre dans le gouvej , Valera a déclaré que le R.P.O'Flanagan avait agi de sa propre lier, puis il a ajouté: \u201cGeorge, qui ont été signalées pa leur.Ce que M.Lioyd- -George À favoriser sa politique.» \u2014 Cn ou L.Qualité Prix a ; aden LES FOURRURES SONT MAINTENANT Lu BL 10 UNE NECESSITE \u2014 Nos manteaux, pèlerines, tuniques; \u2018Marites el parures de printemps possédent:le.charm, d'une particulièré distinction.: L'éjégance des fourrures Desjardins est- plus catactécièée A = et plus prenante que jamais ayant-coureurs des modes d' hiver.Nos prix sont plus bas que vous n'oseriès espéi 4 ; est dû à la prévoyance Qui nous.a fait emumagasines longtemps à l\u2019avance, un stock considérable ce pe fice de notre liodudle, Chas Dern & : i 130 RUE SAINT-DENIS | Leta dans \u2018nos! nouveaiRsmodliss Cede, po a Fi eran EE SINE _ Limite Pe ple et à affaiblir notre moral, le:.- «Le peuple irlandais réclame de.tions de M.Lloyd-George ne nous blicaine n'accepteront un Ÿ gouver- Le correspondant de .\u2018«l\u2019 Osuvres - a demandé & Eamonn de Valera\u2019 © qu'il avait à dire au sujet des né- J gociations entré le gouvernement: \u2018 auglais et le R.P.' Michael OF nement républicain d'Irlande, .e initiative el en qualité de partic: «Les offres de paix de.M.Lloyd # les journaux, ont bien peu dé.SE ay aujourd'hui, il ne le répôtera pas demain, si cela n\u2019est pas de\u2019 ws, Tr | L\u2019Evangile | Le Ie Dimanche de Carêmo \u2014 am Evangile selon S.Mathieu En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, son frère, les conduisit à l'écart sur une haute montagne, et fut transfiguré en leur présence: son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements blanes comme la neige.En même temps, ils virent paraître Moïse et Elie, qui s\u2019entretenaient avec lui.Pierre dit à Jésus: Seigneur, nous sommes bien ici: voulez-vous que nous y dressions trois tentes, une pour vous, une pour Moise, et une pour Elie?Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit, et il cn sortit une voix qui dit: Celui-ci est mon Pils bien-aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances; écoutez- le.À ces paro'es, les disciples tom- bérent le visage contro terre, el furent saisis d'une grande frayeur.Mais Jésus, s\u2019approchant, les toucha et leur dit: Levez-vous, et ne craignez point.Levant alors les yeux, ils ne virent plus que Jésus seul.Comme ils descendaient de la montagne, il leur dit: Ne parlez A personne de ce que vous venez de voir, jusqu\u2019à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité d\u2019entre les morts.Calendrier de la quinzaine \u2014\u2014 Dimanche, 13 février \u2014 Ier du Caréme.Lundi, 14.\u2014 S.Valentin, m.Mardi, 15.\u2014 S.Faustin et S.Jovite, mm.Mercredi, 16.\u2014 Quatre-Temps.S.Onésime, év.Jeudi, 17.\u2014 S.Faustin, m.Vendredi, 18.\u2014 Quatre-Temps.La Lance et les Clous de N.S.J.-C.Samedi, 19.\u2014 Quatre-Temps.S.Conrad, c.Dimanche, 20.\u2014 2e du Carême.Lundi, 21.\u2014 Ste Vitaline, v.Mardi, 22.\u2014 Chaire de S.Pierre a Antioche, Mercredi, 23.\u2014 S.Pierre Damicn, &.et d.Jeudi, 24.\u2014 S.Mathias, ap.Vendredi, 25.\u2014 S.Suaire de N.S.J.-C.Samedi, 26.\u2014 3.Césaire, c.\u2014 Briand commence à louvoyer à l'égard du Vatican Une dépêche de Paris nous informe que M.Briand a demandé au Sénat français de remettre à plus tard l'étude de la question des relations de la Franco avec le Vatican, jusqu'à ce que fussent terminés les travaux de la Ceonférence interalliée.Profitant de cette circonstance, M, Milliès-Lacroix, soutenu par M.Savary, a fait adopter une motion préjudicielle décidant l'ajournement de l'examen de ce projet, voté par la Chambre, jusqu\u2019au renouvellement de la Commission des affaires extérieures, qui, d'après le nouveau règlement prendra le titre de Commission des affaires étrangères.On sait que la nomination se fera au scrutin de liste en assemblée générale, les candidats étanb désignés d'avance par les groupes proportionnellement à l'importance de chacun d'eux.Dans ces conditions, le groupe de l'entente démocratique radicale et ra- dioale socialiste est assuré d\u2019avoir la majorité.\" LA CROIX MONTREAL, 12 FEVRIER 1921 M.de Selves, président, a été chargé de demander la nomination immédiate de cette Commission.On le voit, M.Briand et ses amis cherchent des faux-fuyants.C'est ce que nous appréhendions lorsque M.Briand a été appelé à succéder à M.Leygues.La snéenlation iileite L'économie politique.dite orthodoxe, celle des Jean-Baptiste Say et des Dastiat, est assurément fort démodéc ot pour s'avouer de ses doctrines il faut avoir aujourd'hui un robuste courage scientifique.Cependant il semble que les lois dégagées par cette école reçoivent dans les temps que nous traversons une certaine confirmation expérimentale.Suns parler de la tentative communiste qui échoue, en Russie, dans la misère, la famine et le sang, les faits quotidiens dont nous sommes, hélas! les victimes mécen- tentes, maïs résignées, l'inexorable exactitude de montrent ces lois.Celui qui possède dans son portefeuille une liasse de morceaux de papiers immondes de salcté et qui ne peut trouver les cinq sous nécessaires pour payer sa place dans un autobus s'aperçoit forcément que la mauvaise mannaie chasse la bonne, ct bien des ménagères, épouses de travailleurs conscients, commencent a sentir que le salaire nominal est tout À fuit distinct du salaire réel, et que véritable Lienêtre tient moins aux fartes paies qu\u2019au bon marché des produits dont elles ont besoin, le Or une des vérités fondamentales affirmées par cette école classi- due est la loi de l'offre et du lu demande.Les prix se forment par la libre convention des parties, ct, en réalité, les choses valent Ce que le vendeur en trouve et ce que l'acheteur veut où peut les paver.Siles marchandises ont un marché suffisant, il se forme ainsi un prix courant auquel tout le mondu, volens nolcis, est tenu de ue soun:et- tre.Mais lorsque éclate unc crire économique et qu'une disctte raré- fic les produits, il est d'expérience séculaire qu'on se refuse & acceptor les conséquences de loi, Le «peuple» se tourne traditionnellc- cette ment vers le gouvernement ct le somme de ramener l'abondance, et le gouvernement, qui est d'ailleurs parfaitement convaincu de son omnipotence, ne recule jutnais devant les difficultés d'une pareille tâche.seul faire des Mais il n\u2019a, en réalité, qu'un moyen à sa dispositicn; lois, et on a reinarqué avec raison depuis longtemps qu'une loi n\u2019a jamais fait pousser un épi de bié ni extrait une tonne de livuille entrailles de lu mine, Les qu'il ordonne restent done sans of- ficacité, mais moins clles sent, plus ils s'obstinent dans voie de la réglementation, 11 tase done d'abord, réquisitionne ensuite et rationne enfin.ius Mesures réussis- la Mais il est un point surtout sur lequelà tort ou à raison gouvurnants et'gouvernés sont absolument d'accord, à savoir que lu renchérissement des produits u pour cause principale, sinon unique, la rapacité des commerçants, C'est bien clair, puisque ce sont eux qui vendent cher! Il est donc juste autant que nécessaire de les punir avec une sévérité exempluire.Quelquefois même, le peuple, estimant que la justice est trop lente, pille les boutiques de quelques marchands, gâte et jette à la voirie les denrées qui font le plus défaut; même il suspend quelque boulanger ou quelque Épicier à la lanterne.Les historiens qui rapportent ensuite ces événe.ments les déclarent regrettables en principe, mais, pour montrer leur impartialité, les excusent en pratique.Il n'est pas de tradition mieux établie.Vers l'an 348 avant Jésus- Christ, l'Athénicn demandait À l\u2019aréopage la tête des mar- chancds de grains accusés de spéculation illicite.Tibère et Dioclétion ont établi la taxe des denrées.Néron défendait les marchés à terme, Zénon déportait les commerçants qui venduicnt trop cher ct confisquait Lysias leurs biens.Charlemagne, dans un capitulaire qui «st parvenu jusqu\u2019à nous, avait ordonné des jours sans viande.Philippe le Bel fixait à quarante sous le setier du meilleur froment ct ordonnait aux paysans d'envoyer leurs grains au marché, sous peine de confiscation, ce qui, au dire des chroniqueurs, eut pour résultat immédiat d'augmenter la pénurie des denrées.Plucée en face d'une semblable crise, ln France suivit servilement ces antiques modèles, l\u2019lusicurs décrets sifs établirent le maximum des prix auxquels il était permis de vendre les denrées et marchandises considérées comme indispensables à la consommation.Mais comme le légis- Jateur était alors doué d'une ferme logique, il fixa mèmement lc Convention en EUCCCS- maxi murn des salaires des ouvriers et des gages des domestiques, Ceux qui voulaient se livrer au con.merce des grains étaient astreints à en faire la déclaration, on les soumiettait aux réquisitions, on leur interdissait de vendre ou d'acheter ailleurs qu'aux marchés publics, La guerre, en cnlevant les ouvriers à lu terre et à l'usine, en absorbant les oapitaux disponibles, en épuisant les stocks, en décoigani- diminuant la sécurité des transactions, à déterminé une crise Cconcmique à la vériré inévituble.Certes il ne sant les transpoits, en rous viendra pes à la pensée de comparer nos ministres du ravitaillement à Tibère où à Dioclétien, ni à Ctarlemagne, ni à Philippe le Bel, ni a Robespicrre.Mais la vérité nous oblige à confesser qu'ils ont simpile- ment repris les méthodes.réquisition, memes Taxation.maximum, tous remis rationnemoeut, cai dme laique, ces antiques n.oyens ont été cn usage, avec, Lien entendu, les accusations accoutumés contre les ÉCCAPATEUTS, ln réalité ces lois de circontan- ces sont faites jour donner sutis- faction à l'opinion publique exei- tée, Mais en dépit de l'interprétation si extensive que ln jurisprudence à donnée, en France notamment.au dulit de est trop évident que totites Ces mesures n'ont exercé aucune influence séricuse sur les prix.Un gouvat spéculation 1'licite, il prévoir cet écho.Où Robespierie, qui faisait couper la tête aux aceu- pareurs, n'a pas réussi, il y avait tout lieu de croire qu'on ne réussirait pas en les menaçant de quelques jours de prisons etd'une amen:- de de bénéfic s -réalisésbeaucoup inférieure au La protection n'est qu'un leurre Lord Inchcape, l'un des hommes d'affaires les plus remarquables du l'Angleterre ct qui administre avec une maîtrise incomparable la «d'e- ninsular and Oriental Steam Navigation,» a prononcé cer ten jy derniers À Londres une allocution dans une réunion des actionnaires de cette entreprise.Cette allocution ne s'est point bornée à quelques phrases banales comme il arrive trop souvent dans de semblables circonstances.Lord Inchcape a fuit un exposé très clair et très complet des opérations de sa Compagnie TR sanscraindre de donner en outre son avis sur les questions d'ordre général qui intéressent le mouvement économique en Angleterre.Partisan de la liberté commerciale,ila démontré que, surtout en raison de la situation difficile à laquelle sont soumises, en ce moment, les industries anglaises, il faut sc garder, comme d\u2019un danger, d'une politique douanière protectionniste pour laquelle on mène actuellement campagne.L'argument invoqué en faveur de cette politique est que certaines indus- trics sont indispensables, essentiel - les et qu'il faut les conserver.Les industries chimiques, les verreries, les fabriques de porcelaine et des moteurs électriques sont parmi celles qui demandent à être protégées.Lord Inchcape s\u2019est élevé contre ces prétentions.Et il a renouvelé la proposition d\u2019un moyen que l'on a conseillé souvent, mais que l'on se garde bien d'adopter: c'est celui des primes directes, des subventions à accorder à ces industries.On pourrait ainsi calculer ce qu'elles coûtent.N'est-il pas, au surplus, nécessaire de maintenir la liberté = d'approvisionnement ?Et cetteliberté n'est pas la seule qui soit nécessaire aux chefs d'entreprise, il faut aussi que l'Etat ne vienne pas se mêler de leurs affaires et s\u2019ériger en véritable contrôleur de leurs opérations.Ce sont là des habitudes prises pendant la guerre, et qu'on ne saurait tolérer désormais.Or, une politique douanière étroite ne elle mauvaises, légitimerait- pus une ingérence de cette nature?Lor! Inchcape a fait la critique aussi de certuines taxes directes mal ct au point de vue qui, mal établies, ont gêné pas d'industries, fiscal ont été contre leur but.Il n\u2019a point manqué, non plus, dans cet exposé critique de la situation économique de l'Angleterre, de traiter la question des rapports entre employeurs et employés.Les depuis la fin de la ont successivement éclaté en Angleterre, sont l'indice d'un malaise qu'il faudrait dissiperet dont le remède est dans un retour aux sains principes d'une organisation rationnelle du travail qui est de ne payer que le travail utile accompli, résultat obtenu seulement par le travail aux pièces.Ce sont là des vérités que n\u2019a pas craint de dire très haut lord Inchcape,et aux chefs d'industries qui réclament une politique douanière grèves qui, guerre, étroite, et au gouvernement, et aux véritable chef a su, par son initiative, présider À d'importantes et heureuses opérations pour la Compagnie qu'il administre, mais il à aussi le courage de faire entendre des cn- tiques réticences, appuyées sur des connaissances et une expé- donnent l'autorité incontestable dont il jouit en Angleterre et dans le monde des affaires des autres pays.Et ce courage consiste, surtout, à procle- mer, à l'encontre dc ce que prôton- dent trop de gens peu avertis, que les lois économiques font sentir, chaque jour, leur puissance inéluctable et qu\u2019il faut en tenir le plus grand compte sous peine d'accroître encore les maux de la crise actuelle.ouvriers, Non seulement ce sans rience qui lui La vie et les tendances politiques EN RUSSIE SUVIETIQUE avons examiné dans nos précédents articles les tendances politiques de la classe paysanne et de là classe ouvrière.Nous abordons aujourd'hui l'étude des tendances politiques de la classe intellectuelle, question de beaucoup Nous la plus compliquée et la plus brûlante.Pendant les trois ans du régime bolchéviste, la classe intellectuelle russe a subi une transformation profonde.L'intellectuel rusre d'avant le coup d\u2019Etat bolcheviste est caractérisé: 1° par l'intérêt qu\u2019il portait aux questions abstraites d'ordre moral, politique et religieux, 2° par sa faculté de raisonner et de discuter sans fin sur ces questions, et 3° par son incapacité complète à résoudre le problème de la vie pratique.Or les conditions bien connues de la vie matérielle dans le «paradis soviétiste» ont amené l'intellectuel à une préoccupation principale, sinon unique: celle du morceau de pain quotid'en.Quelle est, en effet, la vie de l'intellectuel russe?Levé dès 6 heures du matin, il scie et fend le bois nécessaire pour la journée, apporte de l'eau du rez-de-chaussée à l'étage qu'il habite montant qu\u2019au second, faute de pression; nettoie la cour.ll part ensuited pied (en hiver, il n'y a plus de tramways, et cet été, deux lignes seulement fonctionnaient) pour être à 10 Heures à son obligatoire dans un des innombrables bureaux soviétistes.De retour vers d'heures, si l'on ne distribue Tien par carte, ce qui arrive de plus en plus fréquemment, il va au marché échanger contre de la farine, du pain ou du millet, une pelisse, une montre, un samovar ou tout autre objet dont il puisee se défaire sans trop en pâtir.1! risque, à Cette opération, sinon toujours sa vie, tout au moins prison.Mais il faut manger.S'il y a distribution, il prend sa place dans une queue interniinable pour reccvoir, après quelques lieures d'attente, soit un hareng, soil une demi-livre de sucre (la veille des fêtes), soit un quart d'avoine torréfiée et mouluc, baptisée café, soit la moitié, voire même le quart d'un morceau de savon.Entendez par savon un mélange de glaisc l'eau ne travail la et de sable fin.Souvent aussi son attente a été vaine: il n\u2019y a pas suffisamment de marchandises pour satisfaire tout le monde.C'est à recommencer.Ainsi se passe l\u2019intellectuel, si rien besogne quotidienne.Mais parfois illui arrive de tomber dans rafleen allant acheter une livre de pain au marché, ou bien dans un guet-apens de la «Tché Ka» (commission extraordinaire souveraine, et maîtresse irresponsable de la vic et des biens des citoyens «les plus heureux et les plus libres» de la République communiste), installée dans l'appartement d'un ami, etc, etc.la journée de ne trouble sa une Une pareille vie l'a contraint a s'adapter aux circanstances et a fait de lui un homme plus ou moins pratique, ayant appris enfin que la vie, c'est la vie, et non une interminable discussion philosophique.Ces conditions terribles ct brutales dans lesquelles se trouve l'ancien «sur-homme» vont peut- être donner à la Russie future ce qui lui faisait défaut: une classe d'hommes pratiques, parfaitement au courant dela vie quotidienne du peuple, et sachant fournir sa son.- me de travail, au lieu de discours sans {in sur chacune des questions relatives à la vie politique et sociale du pays.C'est le seul bon résultat qu'aura donné l'existence abominable que mènent actuellement les intellectuels russes.À quelque chose malheur est bon.Néanmoins, il n'a perdu ni la faculté ni le besoin de penser et, dans ses rares moments de liberté, il trouve encore la possibilité de s'adonner à son ancienne passion pour les questions politiques et philosophiques.Durant ses loisirs, de plus en plus espacés, il crée les pauvres restes de ce qu\u2019on appelle «l\u2019opinion publique» dans les pays occidentaux.La classe intellectuelle russe est d'avis que la libération du pays se | fera à l\u2019aide des forces intérieures.Elle croit que, même s\u2019il faut passer par une période de dictature, militaire ou autre, ce ne serait qu'une des phases propres à chaque révolution, mais que la possibilité de mener le pays à sa régénération et à son développement historique réside seulement dans un gouvernement capable de maintenir un pouvoir ferme, de protéger le pays contre les tentatives des partis extrêmes, tant de droite que de gauche, d'établir les lois fondamentales par la voio de la Constituante et d'assurer à chaque ciloyen et à son initiative privée le maximun de libertés, dans les cadres de Ia légalité = strictement observée .La grande majorité des intellectuels ayant accepté principes de la révolution de mars et constatant que les paysans les ont acceptés, eux aussi, sont convaincus que le retour à l\u2019ancien régime, mème modifié, n'est plus possible; que toutes tentatives pour le rétablissement de ce régime sont condamnées d'avance à l'insuccès complet, grÂce à l'opposition farouche de la classe paysanne; mais que d'autre park toutes les mesures et toutes les lois ayant tendance, mème de loin, à se rapprocher des théories bolchévistes sont également vouées à un échec définitif, parce que les conditions de la vie russe sont en contradiction radicale avec toutes les expériences forcées qui ont conduit le pays à la ruine complète.les les La défiance qu'éprouve la société russe pour toute idée d'étatisation des branches de l\u2019activité sociale quelles qu'elles soient cest très caractéristique dans pays où, même l'ancien régime, les compagnies privées de plus, les chemins de fer étant presque tous nationalisés.Car, jamais l\u2019Etat, même après la chute du bolchévisme, ne pourra réparer assez proimptement les voies ferrées complètement désorganisées.Seule l'init\u2018ative sera en mesure de sauver les transports russes l'état désespéré dans equel ils se trouvent actuellement.Ce+ tendances économiques sont donc d'accord avec les tendances politiques.La position de la société russe vis-à-vis des divers partis, Vis-à-vis de la politique des diverses l'égard de la Russie, est conforme aux tendar- ces sus indiquées.un sous grandes transports n\u2019axistaient privée de puissances à La société ruase ne croit pas À la régénération de son pays par les forces de l'ancienne Russie, morte à Jumais.Mais elle ne croit pas davantage aux partis politiques semi-bolchevistes qui, en déclarant hautement leur fidélité aux principes démocratiques, se plaisent plutôt à condamner les erreurs et les fautes d'un Wrangel plus que les crimes sans nom commis par les bolchéviks.oO L'oeuvre du bon journal recommmandée par Pie X et Benoît XV memes Notre Saint Père le Pape Benait XV écrivait, le\" 6 mai 1916: « Le peuple] chrétien, toujours royalement large pour toutes les initiatives qui intéréssent le salut des âmes, ne fera pas attendre sa généreuse contribution à l'oeuvre de la bonnepresse, dès qu'il aura ôté éclairé sur la souveraine nécessité de cette oeuvre et qu'il aura appris à la regarder comma la noble protectrice de ses intérêts, » «Mettre les ocuvres de presse de côté, disait le saint el clarvoyant Pie X, c\u2019est se condamne a n'avoir aucune action sur le peuple : et ne rien comprendre au caractère de son temps.» "]
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