La Croix., 1 octobre 1921, samedi 1 octobre 1921
[" ELIGION, QUESTIONS SOCIALES, SCIENCES, ARTS, LITTERATURE, ECONOMIE POLITIQUE, ENSEIGNEMENT,COLONISATION - \u2018Lie Samedi;l/Octobre Montréal, Case des XN apr ,: 1921 \u2014V ol.i JOSEPH BEGIN, directeur 1829 postale Passons-y la charrue! Le parlement canadien est dissous.Nous aurons des élections «dans tout le pays le 6 décembre pro- \u2018chain.Trois partis politiques se disputent les suffrages des électeurs.Les unionistes, issus du mariage des conservateurs avec quelques libéraux, en 1917; Les libéraux, à la suite de M.Mackenzie King; Et les fermiers-unis, ou progressistes qui, \u2018sous la direction de M.Crerar, marchent sans bruit mais sûrement à la victoire.Un journal de Québec publiait récemment que l'heure était solennelle.Il araison sur ce point.Le peuple canadien est à un Lournant de son histoire politique.Depuis 1867 tous les gouvernements qui se sont succédé à Ottawa ont subordonné les intérêts primordiaux de l'agriculture à ceux de l'industrie et du commerce; ils ont voulu oublier que la terre est la mère nourricière du monde, pour favoriser exclusivement quel- quesindividus en protégeant leurs entreprises plus ou moins utiles.Comment ce régime néfaste a-t-il pu durer si longtemps ?Ce serait un peu incompréhensible.si on ne connaissait la puissance du capital contre le pauvre peuple ouvrier de la terre, disséminé, sans cohésion, et tenu à dessein dans les ténèbres, Join des conseils de la nation.Oui, l'heure est solennelle: mais, à Dieu merci, pleine d'espérance ! A l'horizon nous voyons poindre les bataillons serrés des paysans.Ils marchent d\u2019un pas ferme, renversant sur leur passage toutes les anciennes idoles tories ou grits, conservatrices ou libérales, qui avaient réussi jusqu'ici à maintenir les populations dans l'esclavaze politique.Un jour nouveau se lève.Le temps est venu pour Québec de profiter de ce puissant et généreux mouvement pour prendre une part active dans l'administiaticon de la chose publique.Si notre province laisse les fer- miers-unis gagner la bataille sculs, si même, ce qui est incroyable, pour garder sa faveur à des politiciens de second ordre comme MacKenzie King ou Meighen, elle repousse l'occasion qui !ui est offerte d'entrer à Ottawa avec tous ls len- neurs de la guerre et d\u2019y présider, dans notre intérêt, à la nouvelle politique qui s'anncnce, elle commettra une grande faute dont elle ne pourra peut-être jamais se 1ele- ver.La députation actuelle de Québec se tient avec une certaine cohésion.* Composée en grande partie d'avocats, elle a peur que les fermiers- unis ne lui enlèvent l'électorat et ne lui fassent perdre,par là, les quatre mille piastres quele trésor fédéial verse annuellement à chaque membre.La plupart se soucient des 1r.té- rêts de l'agriculture con me un rois- son d'une pomme.L'uisolement» faitleur petite affaire personnelle.Pas de constesta- tion, élection facile, bénéfice net.d'indemnité parlementaise Voila tout le secret de leur politique.Mais 3 vont avoir des surprises! Si le- paysans ne sont pas loquaces, ils ne réfléchissent pas moins.Un d'eux, ancien libéral, disait récemmenten termes expressifs: Il faut labourer ces vieilles terres celle d'OttaWa et puis ensuite celle de Québec.Depuis longtempe, il y pousse trop de mauvaises herbes.Nous nous entendons, nous autres, dans les labours; nous allons essayer de donner un coup de main à la charrue.Combien pensent comme ce brave patriote! JOSEPH BEGIN 0 Crimes de l'ès-nationalité Une lettre ouverte de M.Gilbert, fermier-uni, de Princeville, à M.Caron, ministre de 1\u2019Agriculture, et la réponse de celui-ci ont révélé au public un fait intéressant.| M.Caron a deux fils: l\u2019un est avocat, l'autre est employé au ministère de l\u2019agricultuse, cenme secrétaire.; Nil'un ni l'autre n'ont voulu être des cultivateurs.Plus que cela, M.Caron, le tni- nistre,a vendu en 1918 sa terre de Sainte-Louise, le patiin oine de ses pères, pour venir à la ville avec sa famille, comme tant d'autres! Hélas! la désertion de la terre se faiten plus hauts lieux qu\u2019on ne le pense! Et que pourra dire maintenant M.Caron aux autres déserteuis, si lui, avec toutes ses ressources, il n\u2019a pu tenir bon sur le sol qui l\u2019a vu naître ?C'est un fait aujourd'hui établi, l\u2019agriculture, dans les conditions où l'ont miseles pouvoirs lpublics, ne rapporte guère à ceux qui la pratiquent.«On vend, on s\u2019en va ala ville, parce qu\u2019on n'arrive pas.» M.J.-À.Sainte-Marie, B.S.Afils du lauréatdu Mérite Agricole pour 1921 et régisseur de la station expérimentale de Sainte-Anne, a fait, en 1920, une enquête, dans six comtés de notre province pour connaître le revenu approxin atif des fermes.En 1920, c'était 1'année des hauts prix.Les.pommes de terre se sont alors vendues jusqu'à 7 piastres les 90 lbs, à Montréal, M.Sainte-Marie a donc visité 302 cultivateurs.Quelle a ét£, cette année-là, la rétribition moyenne de chacun ?Seulement 338 piastres.Ila trouvé que les 50° meilleures fermes avaient donné un revenu net de 1150 piastres et les 50 plus maavaises un déficit de 722 piastres.\u2019 Et si nous consultons les chiffres de l'impôt sur le revenu perçu par le gouvernement fédéra!, nous constatons le méme résultat: 16,652 caltivateurs n'ont pu donner collectivement que 611,- 735 piastres d'impôt.Tandis que 19,366 hommes de profession ont.payé 2,642,585 piastres.\u2019 \u2019 3,227 manufacturiers, 8,217,830 piastres, | 24,483 marchands, 7,689.521 piastres.Voiid tout le secret de la désertion de la terre.rn ; Le marchand, l'industriel, l'homme de profession, font 100 fois et 1,000 fois plus de profits que le aultivateur.Tandis que celui-ci végète ceux-là vivent largement el se donnent tous les conforts.x * Kk C'est cette triste situation qu'il importe aujourd'hui de changer.Le gouvernement de M.Meighen comme celui de M.Tasche: reau ne\u2019 s'en soucient guère.Formés surtout de profes; sionnels, d'industriels ou d commerçants, ils ont vu \u201cd\u2019abord et ils voient encore aux intérêts de ceux-ci.De là, dans la classe agricole, si odieusement exploités jusqu'ici, ce grand mouvement répénéiaters, parti des prairies de l\u2019ouest et dont.il faut l'espérer, nous senti- ronsles heureux effets dans Québec, aux prochaines élections fédérales.x x *x Mais ce mauvement rencontre dans notre province de la résistance L 7., | civilisation chrétienne.de la part des politiciens libéraux.Nous Ces inlividus, pour la plupart sans talents et pleins d'ambitions, se sont fait des sinécures dans lat politique, Et ils voient d'un mau J vais oeil los cultivateurs cherchie À prendre leur part dans l\u2019administration publique.Le gouvernement Taschereau lui-même en tremble déjà.Le mouvement agraire 1encontre en outre, dans Québec, taine indifférences née naturellement de l'indifférence que tous nos pouvoirs publics ont manifestée depuis nombre d'années envers les intérêts de l'agriculture.La résistance des premiers s\u2019explique par leurs motifs personnels; mais l'indifférence des autres est inexcusable.Les fermiers-unis ont montré dans Ontario qu'ils étaient capables d'administrer sagement et honnêtement la\u2018 chose publique.A nos compatriotesel coreligion- naireslesCanadiens français ils veulent rendre pleine ec er.tièie justice sur le terrain scolaire.À bas le règlement XVII, ment-ils! À ce point que Meighen cherche à ameuter les orangistes contre eux.après avoir fait entrer dans son une cer- cla- cabinet le trop fameux Dr Id wards.Dans de telles circonstances, le résistance et l'indifférence sor! des crimes de l'ès-nationalité.JOSEPH BEGIN.AY x Erreur of ingratitude \u2014 A Lévis, il est question au conseil municipal de taxer les biens religieux.Le conseil con mettait une grande erreur et une grande ingratitude.Lévis doit beauc
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