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Titre :
La Croix.
La Croix est un journal de combat voué à la défense des intérêts conservateurs de l'Église catholique. Il s'en prend aux libéraux, aux francs-maçons, et particulièrement aux Juifs. [...]
La Croix est fondée en 1903 à Montréal par Joseph Bégin, qui sera le principal artisan du journal jusqu'à la fin de sa publication en 1937. On connaît peu de collaborateurs au journal, qui reprend régulièrement des articles de journaux européens, dont des textes de Louis Veuillot.

La Croix est un journal de combat voué à la défense des intérêts conservateurs de l'Église catholique. Joseph Bégin, qui est gendre de Jules-Paul Tardivel, rédacteur virulent et dogmatique de La Vérité, s'en prendra sur un ton offensif non seulement aux libéraux, mais aussi aux francs-maçons, et surtout aux Juifs.

Ultramontain, le journal catholique défend la primauté du religieux sur le social et le politique. Papiste, il relaie parfois dans leur intégralité les encycliques et les lettres d'évêques québécois. La Croix impose avec intransigeance le respect de l'ordre catholique traditionnel. À son lectorat principalement constitué du petit clergé s'ajoutent des lecteurs dans les professions libérales.

Le journal s'intéresse aux problèmes économiques et aborde particulièrement la question de la crise structurelle du secteur agricole québécois. Il participe aux campagnes pour la tempérance.

La Croix est fondée en 1903 à Montréal par Joseph Bégin, qui sera le principal artisan du journal jusqu'à la fin de sa publication en 1937. On connaît peu de collaborateurs au journal, qui reprend régulièrement des articles de journaux européens, dont des textes de Louis Veuillot.

La Croix est un journal de combat voué à la défense des intérêts conservateurs de l'Église catholique. Joseph Bégin, qui est gendre de Jules-Paul Tardivel, rédacteur virulent et dogmatique de La Vérité, s'en prendra sur un ton offensif non seulement aux libéraux, mais aussi aux francs-maçons, et surtout aux Juifs.

Ultramontain, le journal catholique défend la primauté du religieux sur le social et le politique. Papiste, il relaie parfois dans leur intégralité les encycliques et les lettres d'évêques québécois. La Croix impose avec intransigeance le respect de l'ordre catholique traditionnel. À son lectorat principalement constitué du petit clergé s'ajoutent des lecteurs dans les professions libérales.

Le journal s'intéresse aux problèmes économiques et aborde particulièrement la question de la crise structurelle du secteur agricole québécois. Il participe aux campagnes pour la tempérance.

Le tirage de La Croix atteint 3500 exemplaires en 1916.

REID, Philippe, « La Croix, 1923-1924 », dans Fernand DUMONT et autres (dir.), Idéologies au Canada français, 1900-1929, Québec, Presses de l'Université Laval, 1974, p. 45-85.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1903-
Contenu spécifique :
samedi 25 juin 1927
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Références

La Croix., 1927-06-25, Collections de BAnQ.

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[" - De - A, = SAN An 20 RELIGION, QUESTIONS SOCIALES, ECONOMIE POLITIQUE,SCIENCES, ARTS, LITTE Samedi, 25.Juin, 1927 JOSEPH BEGIN, directeur Montréal, 222, Notre-Dame Est CASE POSTALE 1329 RATURE, AGRICULTURE.ENSEIGNEMENT, = vol, S.G.Mgr Béliveau la Confédération Le ler juillet, ce ne sont pas des fleurs qu'on devrait jeter au pied du monument Cartier, mais l'oubli de tout notre peuple trompé par ce politicien au coeur et à l'esprit plus anglais que français.Comme le dit très bien M.l'abbé Lionel Groulx, « ce ne sont pas les discours officiels, opportunément mensongers, qui feront jamais, en ce pays, l'union nationale.En palliant, sous des propos idylliques, le désaccord profond des nationalistés, ils ne parviennent qu\u2019à l\u2019aggraver.» Dans le traquenard de 1867, le Manitoba est tombé en 1870.S.G.Mgr Béliveau, archevêque de Saint-Boniface, a publié sur ce douloureux événement, dans l\u2019Action Française, de Montréal, les lignes suivantes qui devraient porter tous les Canadiens français à réfléchir: «En ce soixantiéme anniversaire de la Confédération, si les raisons abondent pour nous de concevoir un légitime orgueil, les sujets ne nous manquent pas, non plus, pour les réflexions amères.Les minorités du Manitoba et de l'Ouest ont eu leur large part de déceptions, depuis 1870.Elles ont signé un contrat-qu\u2019il est difficile de ne pas considérer \u2018comme un pacte hypocritg.Qu'on relise les tractations de Mgr Taché, de Mgr Ritchot et de Louis Riel, d\u2019une part, et du gourvernement canadien, de l\u2018autre, lors du transfert du territoire de l\u2019Ouest.Tout le souci du gouvernement d'Ottawa semblait être de se réserver des échappatoires pour violer au besoin des engagements qu\u2019il n'était pas sûr de tenir.Les représentants des Métis, Mgr Ritchot, en particulier, mirent toute leur habileté à déjouer ces faux calculs: ils n\u2019y réussirent pas.Trois ans plus tard, la persécution se déchainait contre le jeune chef des Métis, auquel on ne peut s\u2019empécher d\u2019accorder beaucoup de sympathie et d'admiration.Cette persécution, on le sait, devait le pousser jusqu\u2019à la révolte ouverte, jusqu\u2019à la folie, jusqu'à l\u2019échafaud.«Quand on eut la force suffisante, on miola le droit sur une plus large échelle.En 1893, c\u2019est l\u2019exercice des droits les plus sacrés, les plus solennellement garantis, qu\u2019on nous enlevait par acte de parlement.Au mépris de la foi jurée, on nous refusait l\u2019usage officiel de notre langue au Manitoba, on nous enlevait l\u2019administration de nos écoles, on nous prenait l'argent qui y était destiné.Désormais la lutte était engagée sur ce terrain: fout l'etfort des Anglo-Protestants tendrait à ruiner l'oeuvre si penible- ment édifiée par l'Eglise catholique dans l\u2019ouest, tout l\u2019effort des catholiques consisterait à sauver des lambeaux de cette oeuvre, À la maintenir vivante, et à lui faire faire quelques progrès.Cette année, on nous invite à nous réjouir de cette situation.«Contentons-nous de nous y soumettre, en nous efforgant de l\u2018améliorer.L\u2019Acte de 1867 a donné aux Canadiens une patrie où deux races ont consenti d\u2019habiter dans l\u2019égalité des droits religieux et civils.Ceux de la ma orité actuelle peuvent regretter qu\u2019il en soit ainsi, comme, à la lumière des faits, nous pouvons regretter d\u2019être entrés dans ce qui Nous paraît avoir été un marché de dupes: cela ne détruit pas la nature du pacte fédéral, et si nous avons un peu de fierté, la première de nos préoccupa- ! L\u2018ECONOMIE Le peuple qui ne pratique pas l\u2019économie tombera inévitablement sous la domination étrangère.L'argent qu\u2019il dépense follement deviendra l'instrument de sa servitude.Avec les hommes d'oeuvres qui s'intéressent à l'avenir de notre race, nous déplorons que les Canadiens français, depuis quelques années, soient si prodigues, Ils avaient déjà le goût des voyages.Les compagnies de chemins de fer et de navigation l'exploitent tant Mettons-nous en garde, qu\u2019elles peuvent.Pour y réussir mieux, elles mettent de la partie des institutions et des journaux en les intéressant.L'automobilisme entame aussi terriblement les revenus de nos compatriotes, Résultat : on s\u2019endette, promet l\u2018avenir de la famille, on enrichit des compagnies anglaises ou étrangères, au détriment de notre race, de nos institutions et de nos oeuvres les plus nécessaires.On n\u2019a plus d'argent que pour voyager, s'amuser, jouir; on n\u2018en trouve même pas assez pour cela.Ainsi, une tournée dans l\u2019Ouest coûte à chaque voyageur environ 500 on come piastres.Si 300 Canadiens français y prennent part, c\u2019est du coup 150,000 piastres qu\u2019ils jettent surtout dans la caisse des chemins de fer et dans celle des hôtels.Si cette somme était dépensée dans notre province à créer des industries nouvelles et à soutenir des oeuvres, est-ce que notre peuple ne s\u2019en trouverait pas mieux ?Dans chaque numéro de la \u201cCroix\u201d\u2019 il y a des articles substantiels qui font connaître les Juifs tels qu\u2019ils sont.Gloire à Saint Jean-Baptiste! Vivent les Canadiens francais ! Le 24 juin a été magnifiquement fêté à Montréal.Procession imposante, ehars allégoriques superbes, décorations splendides, ot une fonle d'au moins 900,000 personnes de tout âge et de toute eondition, débordante d'enthousiasme.Le drapeau du Pape et le Carillon, aux armes du Sacré-Coour étaient presque partant à la place d'honneur.Nous avons vécu des heurés inoubliables.Nos félicitations et nos remerciements à tous ceux qui de à donner de l\u2019éclat à cette démonstration patriotique.Lo 94 juin, c\u2019est le jour des réjouissances, mais ce doit être aussi celui des fortes résolutions.Surtout, surtout, mettons-mous en garde conire les Juifs qui nous envahissent ot contre les assimilateurs anglo-saxons qui veulent nous faire perdre Dotre entité sanadionne - frangaise et catholique.LA CONFÉDÉRATION EST LEUR PRINCIPAL ENGIN DE GUEREE.Au lieu d'adhérer à co régime politique qui mous est nélasts, nous devons chercher à le détruire.aussi, contre ceux de nos compatriotes qui, par discours, font le jeu des assimilateurs- quelque manière que ce soit ont contribué Tél.Main 0717 Abonnement Payable d'avance et recouvrable à Montréal MONTRÉAL ET BANLIEUE (par la poste) 1 an $2.50; 6 mois $1.25 CANADA | an $2; 6 mois $1,00 ETATS-UNIS I an $2.25; 6 mois $1.28 Un numéro, 5 sous Elle était de la fête ! La Presse était de la fête: on pouvait s'attendre à quelque chose, car elle possède le don de marquer toutes ses entreprises du sceau de l\u2019impudence.Elle servit donc, le soir du 24, quelques douzaines de fusées au peuple qui, ma foi, ne les a pas volées.La veille, la Presse annonçait pour 13 maisons qui poussaient la délicas tesse jusqu'à ouvrir leurs portes le jour de notre fête nationale.Ce sont \u2014\u2014 leurs écrits ou leurs .«a tions sera de ramener notre patrie à 2 l\u2018esprit du pacte qui lui a donné naissance.«L'anglais et le français auront des droits égaux au Canada aussi longtemps que durera le pacte fédéral.Si la Confédération canadienne, sous la forme actuelle, doit.un jour voler en éclats, ce ne sera pas notre faute; nous verrons alors à nous en tirer le mieux possible, avec la grâce de Dieu.Mais si la Confédération canadienne doit durer telle quelle est, la plus élémentaire fierté demande de nous, Canadiens français, que nous exIglons l\u2018égalité des droits religieux et civils qui nous ont été garantis par ] Acte de 1867 qui porte la signature de nos aïeux.Si nous avons un peu de fierté, nous nous efforcerons, en posant des actes, de combler l\u2019abime qui sépare le texte fédéral de son interprétation pratique dans toutes les provinces du Canada, celle de Québec exceptée.» Traquenard en 1867.; Pacte hypocrite en 1870 et persécution en 1890 au Manitoba.Législation désastreuse en 1905 pour l'Alberta et la Saskatchewan.Assimilation inévitable dans tout le Canada avant vingt ans.Tel est en résumé le bilan que la Confédération a fait aux nôtres.Il n\u2019y pas de quoi à nous réjouir le ler juillet! Dans les patates M J.-E.Prevost, dans son Avenir du Nord, écrit l\u2019histoire du Canada à sa manière.Voulant démontrer que la Confédédération est un bon régime politique pour les Canadiens français, il publie l'ineffabilité suivante : «Croit-on que nous aurions été plus heureux en perpétuant le régime de l'Union des deux Canadas, qui avait rendu impossible l'exercice du gouvernement responsable?» Or, dès 1842, un an à peine après l'établissement de l\u2019Union, Lafontaine jetait les bases du gouvernement responsable et, quand il abandonna la politique, en 1851, il avait accompli cette réforme.La Confédération n\u2019y est pour rien et M.Prevost est dans les patates! Si vous avez des Juifs dans votre localité, faites-y lire la \u2018\u2018Croix\u2019\u2019.C\u2019est le meilleur moyen de les en chasser.Pour 100 abonnements de trois mois, 25 sous chacun.ER précisément ces mêmes gens qui réclament des concessions réciproques pour maintenir l'harmonie des races; mais quand il s'agit d'en faire eux-mêmes ils n\u2019y sont plus.fl y avait le 24 juin environ 175 magasins d'ouverts entre la rue Visitation et chez Eaton, sans compter tous les 5, 10, 15c., les .05 à 1.00 et les Stop and Shop.Tous les Juifs y étaient naturellement.C'est leur manière à eux de prouver leur reconnaissance.Chaque peuple a ses coutumes, Nous recevons ces gens, nous leur donnons le droit de voter, de nous exploiter, de passer par nos universités et d\u2018envahir les plus beaux quartiers.Pour nous remercier, le jour de notre fête nationale, ils ouvrent leurs magasins.Naturellement, il se trouve toujours des bons patriotes à la manière de ceux de la Presse pour les encourager.L\u2019 Univers Israélile, disait en 1866: «On ne saurait nier que les auteurs du Talmud ont bien mérité des Juifs.Les principes de morale contenus dans le Talmud ont produit chez eux une telle sobriété, une telle abondance de sentiments de générosité, de chaleur et de ferveur.pour la religion, la vertu et la bienfaisance que tout observateur impartial ne saurait méconnaître l'importance de cette grande oeuvre.» organe juif, Nous n\u2019en méconnaissons pas l'importance,tout au contraire nous savons très bien que pour comprendre le Juif, il faut connaître le Talmud, et que pour expliquer ses crimes à travers les âges, il faut lire ce texte.Mais ce que nous ne voyons pas très bien c'est la «sobriété» et cette «abondance de sentiments de générosités ! Ils en ont fait preuve hier, surtout ceux qui, rue Saint-Laurent racolaient les clients! Paul Chabot tt tr: Sous le juif Calles La Catholic Weekly Review relate un casde barbarie exceptionnelle au Mexique.La nouvelle ayant été donnée au commandant fédéral de Loon Guanajuato, au Mexique, que le révérend père Andres Soln, prêtre du voisinage, qui vivait en cachette, était sur le point de bénir un mariage, des soldats furent aussitôt envoyés qui s\u2018emparèrent de sa personne et de celle d'un autre prêtre.La fiancée, Melle Nieves Cueller, et le fiancé, Léonardo Perez, ainsi qu\u2019un notaire du nom de Valdivia, furent également saisis et tous, en un instant, couchés en joue et exécutés sans pitié.Les corps de ces malheureux furent exposés sur la place publique, avec une pancarte avertissant les habitants que l'exécution avait eu lieu parce que les victimes avaient violé les lois du gouvernement sectaire du Juif Calles\u2014\u2014 ore Les organes des fascistes d'Italie accusent en termes sévères la Russie et la Ille Internationale juive de troubler en Europe et dans le monde l\u2019équibre social, en semant le venin de la propagande antisociale, antihu- maine et antiéconomique. Page 2 LA CROIX pr Un clan de fous dangereux Il s'agit des orangistes, ennemis jurés des Canadiens français et catholiques.NB Andrew Wakefield, ministre protestant, disait d'eux: \u201cLes orangistes sont i é 1 créte secréte; mais pas seulement se , elle est aussi illégale, et pas seulement cela, elle est aussi séditieuse; pas seulement séditieuse, mais aussi Immorale dans sa manière de former des jurys en Irlande; pas seulement immorale mais dissolue.\u201d (Church Times, 7 mars 1903.) C'est clair, c'est précis: l'ordre des orangistes est une société secrèle, illégale, séditieuse, immorale et dissolue.Henry Grattan, historien protestant, dit aussi d'eux: \u201cCes insurgés, qui s\u2019intitulent garçons d'Orange ou garçons protestants, sont une bande de meurtriers commettant des massacres au nom de Dieu.\u201d John Murphy, dans sa vie de Cromwell, les appelle tout simplement «les gens les plus barbares et les plus inhumains».La victoire de Guillaume d'Orange sur les catholiques en 1690 donna naissance à cette clique.Supprimée comme illégale en 1836 par le gouvernement anglais, elle n'en continua pas moins son organisation dans tous les pays de langue anglaise.Les orangistes apparurent au Canada avec les immigrants anglais, et en 1884 ils demandèrent au gouvernement canadien de légaliser leur existence.Depuis, ils n\u2019ont pas cessé de faire la guerre à tout ce qui est catholique et français au pays.Un certain David Ness, ministre protestant de Glasgow, affublé du titre de président impérial de l'ordre des orangistes, a demandé au Congrès impérial de l'ordre, à Winnipeg, en 1923, que l'ambassadeur anglais auprès du Saint Siège fût rappelé et accusa Georges V d\u2019avoir violé la constitution anglaise en faisant une visite au Pape.Ilest dans le meilleur des intérêts de la Couronne Britannique que les Canadiens français conservent leur langue et leur foi.Et c'est l'opinion des Anglais que le fanatisme n'aveugle pas.Cependant, les orangistes, n\u2019écoutant que leur haine contre les catholiques, ne le veulent pas.Le 31 juillet 1918, le «Grand Chapitre Noir» de l'ordre des orangistes tenait son congrès général à Charlottetown, Ile du Prince Edouard.Le grand maître y exprima ses vues et celles des orangistes sur notre doux verbe français et les écoles catholiques existantes dans la province d'Ontario et ailleurs, en ces termes: une société \u201c Le gouvernement de l'Ontario, di- sait-il, semble\u2019 ferme dans sa détermination que l'anglais soit la langue d'instruction dans toutes les écoles de la province.L'opinion publique a suivi l'exemple donné par l\u2018Association des Orangistes et pas un gouvernement ne pourrait se maintenir dans Ontario s'il voulait faire de nouvelles concessions en faveur de la langue francaise.\u201c Si, dans l'avenir, il est question de faire de l'anglais la seule langue officielle au Canada et de faire disparai tre les écoles séparées, la responsabilité de ce mouvement retombera sur les prêtres et les politiciens qui persistent à demander à temps et à contre-temps des priviléges spéciaux et qui ont demandé la reconnaissance du français dans toutes les parties du Canada comme prix de leur loyauté à l\u2019Empire, dans la crise la plus terrible qu\u2019il ait eud subir depuis mille ans.\u201d Leur haine contre les catholiques est si profonde qu\u2019ils en perdent la raison.En 1917, lors des élections générales, après la formation du cabinet unioniste qui rallia les anglais libéraux aux anglais torys, le ministre protestant Walsh s\u2019écriait à Brampton Ouest, devant une assemblée d'orangistes : | \u2018* Que l'Angleterre et ses Alliés ne combattent pas seulement contre I'Allemagne, mais contre le romanisme.! Il oubliait, ce Walsh-là, que Rome est une puissance et que l\u2019Angleterre, surtout durant la guerre, avait tout intérêt à se la ménager.La haine aveugle! Jean Dollard AUTOUR MONDE Excédent de décès en Angleterre Pour la première fois depuis un siècle, le nombre des décès en Angleterre l'a emporté sur le nombre des naissances, pendant les quatre premiers mois de 1927.La différence est minime: un millier de décès en plus, et le premier trimestre n'est jamais parmi les plus favorables.Cependant en 1926, le nombre des naissances l'emportait encore de plus de 300,000 sur les décès.Le nombre des mariages diminue d\u2019une façon plus rapide encore que celui des naissances (25,000 de moins que dans les quatre mois précédents).Une épidémie d'influenza a causé 18,020 morts.La mortalité infantile s\u2019est élevée à 100 p.1 000, au lieu de 78 p.1,000 l\u2019année précédente.xxx Est-ce le soleil qui donne la radioactivité?A la dernière séance de l'Académie des Sciences de Paris, M.Deslandres, a rendu compte de nombreuses observations démontrant qu'une longue exposition de soleil augmente la radioactivité des corps actifs et rend radioactifs certains autres corps qui ne le sont pas.Il émet donc l\u2019hypothèse que la radioactivité est l\u2018une des transformations de la lumière solaire.S'il en est ainsi les minerais équatoriaux doivent être plus riches que ceux de nos régions, comme le prouvent les minerais du Congo belge; le radium doit rester dansla couche interne de la terre, ce qui paraît également prouvé.Il demande que toutes les observations se rattachant à cette hypothèse lui soient communiquées.XXX Un démenti Dans un bourg des environs d'Upsala, en Suède, un gros fermier, {membre du conseil communal, s\u2019oublia \u2014 parce que ses collègues manifestaient peu d'empressement à adopter une de ses propositions \u2014 jusqu\u2019à crier: «La moitié des membres de cette assemblée sont des idiots!» Tumulte, protestations, cris.Rappelé à l\u2019ordre, le bouillant fermier dut promettre de se rétracter par écrit.Puis la séance continua.Le lendemain, on pouvait lire, placardée sur le mur de la mairie, l\u2019affiche suivante: «Je tiens à déclarer que la moitié des membres du conseil municipal ne sont pas des idiots.» On ne dit pas quelle tête firent les représentants de l\u2019autre moitié.x x X Expositions soviétiques Un sadisme malsain pousse souvent les meurtriers vers les lieux où ils ont perpétré leur crime.Les soviets subissent l'emprise de ce penchant.Ils viennent d\u2019ordonner, en effet, que la maison Ipatief, où la famille impériale de Russie a péri sous les balles de Belborodof, soit transformée en musée révolutionnaire.Tout ce que l'impudence soviétique a inspiré à des plumes serviles de tracts, de caricatures et de pamphlets, contre Nicolas IT, sera concentré dans ces locaux encore maculés de sang.Défense a été faite d'ailleurs d'enlever les traces de l'assassinat pour permettre au prolétariat d'admirer l\u2019énergie du communiste militant, x x x La lutte contre la vie chère en Italie Le gouvernement fasciste d'Italie, après avoir engagé la bataille du blé pour augmenter la production du froment et après avoir incité les masses à donner un plus grand essort à l'agriculture, est en train d'entreprendre la Bataille contre la vie chère, Dans toutes les villes d\u2019Italie le gouvernement vient d'obliger les restaurateurs, les hôteliers, les commerçants, de baisser leurs prix de 10 à 15 0/0.Les Propriétaires de Maisons ont été invités, eux aussi, à partir du mois prochain, à diminuer les loyers.D'autre part, le gouvernement vient de réduire considérablement l\u2019indemnité de cherté de vie qui avait été ux petits fonctionnaires et des diverses administrations Mais la vie restera chère di- accordée a employés de l'Etattant que les impôts ne seront pas minués.judéo-bolehevisme Les Américains qui résident à Paris ont célébré le 30 mai dernier le «Memorial Day».Au cimetière américain de Suresnes, dont les 1500 tombes avaient été abondamment fleuries, l'ambassadeur des Etats-Unis, M.Herrick, a fait un discours dans lequel il a traité des périls que le bolchévisme, né des lisées.Après avoir dit que le cas de la Russie est le plus triste exemple de débacle morale connu dans l\u2019Histoire, l\u2019ambassadeur des Etats-Unis a ajouté: «Pendant des siècles, les nations civilisées ont lutté avec une ténacité héroïque, non seulement pour leur liberté politique, mais encore pour la plus large diffusion de bonheur dans l\u2019humanité.Et au moment où elles ont quelque raison de croire que ce long effort va être couronné de succès, elles se trouvent en présence d\u2019une nouvelle expérience de gouvernement au nom du peuple \u2014 gouvernement qui jusqu'ici a paru au mon de entier plus tyrannique, plus oppressif qu\u2019aucun des anciens despotisme.«Que les maîtres du nouveau régime prétendent parler au nom d\u2019un grand peuple, cela ne trompe personne, et ne peut être pris en considération par les légistes les plus rigoristes.« Quand, dans une ville policée, un homme atteint de rage court dans les rues, le premier soin est de l\u2018enfermer, puis d\u2019essayer de le guérir; ce que lui-même a à dire sur sa maladie ne compte pour personne tant qu\u2019il est lâché et libre de mordre.«Une démocratie malade peut devenir un péril aussi grave que le plus fou des rois: une nation insensée est pire que Néron.Et je déclare que, quant à nous Américains, nous qui avons fait une guerre de sept ans pour nous assurer le droit à la vie, à la liberté, à la poursuite du bonheur, il ne convient pas que nous laissions tranquillement agir une bande d'hommes (juifs) qui se sont rendus maîtres d\u2019une race (russe) aimable et bien douée, et qui tentent avec une ingéniosité diabolique d\u2019inoculer un poison mortel à nos concitoyens et de miner les institutions qui ont donné à notre continent la prospérité et le bonheur.» M.Myron T.Herrick a ensuite déclaré que les Etats-Unis ne sous- estiment pas la force des int*rêts commerciaux, mais qu\u2019aucune organisation financière durable ne peut exister si elle n\u2019a pas pour base l\u2019honnêteté.L\u2019ambassadeur a ainsi: «Nous ne songeons pas a attaquer le régime soviétique en Russie.Ce qu'il fait sur son propre domaine le regarde.Mais nous nous refusons; avec toute la gravité d\u2019un nation qui se respecte, et sans égard pour les considérations matérielles, à donner à ses dirigeants les moyens et l\u2019occasion de nous empoisonner.Nous sommes décidés à défendre aussi vigoureusement notre pays contre le bolchevisme que nos ancêtres l\u2019on défendu contre la tyrannie, et le fait quun gouvernement envoie secrètement contre nous les germes d\u2019une maladie infâme, au lieu d'envoyer ouvertement contre nous des armées, ne rend pas l'invasion moins félone et n'affaiblit pis notre devoir de la repousser.terminé «Les braves qui dorment dans ces tombeaux, par le sacrifice de leurs vies précieuses ont sauvé leur pays d un despotisme conquérant, Prenons ici la résolution de ne pas le laisser contaminer pas une contagion pré- méditée.» Les Etats-Unis eontre le Juifs, fait courir aux nations civi- La Chartreuse aux Chartreux re Le 29 mai 1927, les catholiques dauphinois, par milliers, se sont rassemblés à Voiron, à l'appel de leur Evêque, Mgr Caillot, et de leur président, M.Bonnet-Eymard, pour réclamer ceci: que les Chartreux rentrent à la Grande-Chartreuse.Chose toute simple, semble-t-il.Non, car en l\u2019an de grâce 1927, neuf ans après la guerre, alors que le mot d\u2019«égalité» s'étale sur tous les murs de France, les hommes qui ont fondé, conservé, honoré ce couvent illustre, la Grande-Chartreuse, les hommes qui ont apporté à toute la région gloire et prospérité, demeurent chassés de France, cependant que leur maison reste vide, ruineuse, désolée.Ainsi l\u2018a voulu, en effet, d\u2019abord en 1903, puis en 1927, une poignée de sectaires.Mais l'exil des Chartreux n\u2019en reste pas moins à la fois, une iniquité et une absurdité.* #* # Les Chartreux,\u2014 dont la Grande- Chartreuse de France était la maison- mère,\u2014 ne sont pas seulement un ordre né sur le sol fran,ais et huit fois séculaire.Ils offrent aussi l\u2019une des formes les plus hautes de la vie religieuses, angelica religio comme disait d'eux, déjà, le pape Innocent II.Point de viande, des jeûnes «d'ordre» extrêmement rigoureux, du 14 septembre jusqu\u2019à Pâques, la prière et le travail pous:és au plus haut point: vie de communauté au choeur, au chapitre, au réfectoire; vie de solitaire pour chaque religieux rentré dans sa cellule.Ni cette activité religieuse, ni leurs bienfaits matériels n\u2019écartèrent des Chartreux la persécution de 1903 dont Emile Combes fut le détestable instrument.Son propre fils \u2014 et chef de cabinet, \u2014 Edgard, un jouisseur perdu de dettes, n\u2018eât pas demandé plus de 300,000 francs pour «sauver» les Chartreux.Mais le prieur, dom Michel, répondit simplement que l\u2019argent des Chartreux, «lui vivant, ne serait jamais employé de cette manière, ni versé en de pareilles mains».Au demeurant, les liquidateurs avaient hâte.La persécution suivit son cours.Après un vote de proscription, obtenu sur pièces apocryphes d\u2019une Chambre-croupion, le Gouvernement envoya pour faire le «siège» de la Chartreuse une véritable petite armée: un bataillon sur pied de guerre du 140e d'infanterie, deux escadrons du 4e régiment de dragons, un détachement de sapeurs du 4e génie, des renforts de gendarmerie à cheval et, bien entendu, de nombreux agents de la police secrète.La troupe parvint, non sans peine, à dégager les abords immédiats du couvent et, au point du jour, la porte extérieure était brisée à coup de hache par les sepeurs du génie.Les cellules sont ensuite forcées, la grille du cloître, arrachée.Les magistrats pénètrent enfin, après avoir brisé deux autres portes,dans la chapelle où les religieux, sereinement psalmodient l\u2019offce du matin.Un à un empoignés par des gendarmes, les Pères sont arrachés de leurs stalles et traînés au dehors.Toujours tranquilles entre leurs gendarmes, le front haut, ils passent devant la foule qui les acclame, puis ils s\u2019en vont servir Dieu,\u2014 puisque la loi de leur pays le leur défend, \u2014 en Italie.La Grande-Chartreuse de France est partie pour la terre étrangère.Elle nen est jamais revenue.Les moines partis, la curée commença.Les liquidateurs se ruérent, La marque, qui valait plus de trente millions, fut vendue pour 500,000 francs.On mit en adjudication jusqu'à \u2018une église avec son clocher», jusqu à «un cimetière».Et le cimetière fut vendu: 260 francs, plus 1 frais.es D'ailleurs, tout fut dilapidé.Jau- MONTREAL 25 Juin 197 ee \u2014 qui avait voté l'expulsion \u2014 «les hommes de proie» et leurs (agissements scandaleux».Mais l'argent était loin.n\u2019y eut aucune sanction; aujourd\u2019hui même, vingt-quatre ans après le coup de force, les comptes de la liquidation ne sont ni apurés, ni connus.Des biens des Chartreux, le Trésor na rien vu.rès, flétrit lui-même L\u2019Evangile | HIe Dimanche après la Pentecôte Evangile selon S.Luc En ce temps-là, comme des publicains et des pécheurs s'approchaient de Jésus pour l'écouter, les pharisiens et les docteurs de la loi en murmuraient.Cet homme, disaient-ils, reçoit les pécheurs et mange avec eux.Alors, il leur proposa cette parabole: Qui d\u2019entre vous, s\u2019il a cent brebis et s\u2019il en perd une, ne laisse pas les quatre- vingt-dix-neuf autres dans le désert, pour courir aprés celle qui est perdue, jusqu\u2019à ce qu\u2019il la retrouve?Et lorsqu\u2019il l\u2019a retrouvée, il la met, plein de épaules, et, de retour joie, sur ses chez lui, il réunit ses amis et ses voisins, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, parce que j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue.C\u2019est ainsi, je vous le déclare, qu\u2019il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n\u2019ont pas besoin de pénitence.Il leur dit encore: Quelle est la femme qui, ayant dix drachmes et en perdant une n\u2019allume sa lampe, ne balaie!sa maison et ne cherche avec soin jusqu'à ce qu\u2019elle la retrouve?Et après l'avoir retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisins, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, parce que j ai retrouvé la drachme que j'avais perdue.Ainsi, je vous le déclare, il y aura une grande joie parmi les Anges de Dieu pour un seul pécheur qui fait pénitence.Le calendrier de la semaine Dimanche, 26 juin\u2014 III Pentecôte, Sol.de S.Jean-Baptiste.Lundi, 27.\u2014 S.Rodolphe, év.Mardi, 28.\u2014 S.Irénée, év.et m.Mercredi, 29.\u2014 SS.Pierre et Paul, ap.Jeudi, 30.\u2014 Commémoration de S.Paul.Vendredi, ler Sang de N.S.J.C.Samedi, 2.\u2014 Visitation de la B.V.Mariejuillet \u2014 Précieux mm mer \u2014\u2014\u2014\u2014 Les Soviets empruntent a 12, \u2014\u2014\u2014 Moscou, 29 maj \u2014 commissaires du peupl mettre un emprunt j Le conseil à, \u20ac a décidé q', ntérieur de millions de roubles, à 12°, don l'échéance viendra dans dix ane, nn * * * Troubles communistes en Grèce Le gouvernement d'Athènes des mesures pour le pred tien de l\u2019ordre à Salonique, à Dans et à Cavalla, en raison de trouble, d'origine communiste BUSCités pg; le ouvriers des fabriques de tabacg .mm Le plus vieux Journal hebdomadaire mere te La Croix, fondée en 1903, est le plus vieux journal hebdomadaire publié en langue française à Montréal.\u2014\" Note importante \u2014\u2014 ae POUR VOS IMPRIMÉs Circulaires commerciales Catalogues En-têtes de comptes etde lettres, etc., Adressez-vous à l\u2019Imprimerie de la \u2018\u2018 Croix\u201d, 229 Notre.Dame Est, Montréal.Vous aurez un travail bien fait et à meilleur marché qu\u2019ailleurs.Disposant d\u2019un grand local, nous pouvons entreprendre les travaux les plus considérables, tels que revues, journaux, brochures et livres.NOS PRIX DÉFIENT TOUTE CONCURRENCE Toute commande par la poste par le téléphone sera remplie tout comme si on venait en personne à nos bureaux nous la donner.La \u201cCROIX MONTRÉAL 222 Notre - Dame Es Tél.MAIN 0717 L'association des Patriotes une Constitution une autre Constitution vinces d'Ontario, les Territoires.Ces deux l\u2019un de l'autre merce avec les p ques: droit civil, canaux, marine, milice, agriculture, colonisation, i que eelle-ci leur donnera Il suffit à l'as Une carte d\u2018ad Toute admissio A l\u2019Association des Patriotes, Messieurs, Patriotes e , Adresse L'ASSOCIATION DES PATRIOTH Bureau-chef: 222 Notre-Dame Est, Montréal BUT J veut substituer à la Confédération actuelle Qué politique pour le Bas-Canada, comprenant les provinces de u\u20acbec, Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick et Ile-du-Prince-Edouard, ¢t politique pour le Haut Canada, comprenant les pro- Manitoba, Alberta, Pouvoirs ou gouvernements seront parfaitement indépendants i ils auront le droit souverain de signer des traités de com- ays étrangers et de légiférer sur toutes les matières publi- droit criminel, commerce, finances, tarif, chemins de fer, défense nationale, immigration, travaux publics, Ils reconnaîtront, co ction publique, mines, forêts.ore érant » comme aujourd'hui, la Couronne d'Angleterre, espér bientôt leur complète liberté.Conditions de l\u2019admission des Membres L'admission des membres est gratuite, pirant d\u2019avoir 21 ans révolus et d'envoyer son nom et son adresse au bureau-chef, 222 Notre-Dame Est, Montréal.Mission sera aussitôt donnée au nouveau membre.On trouvera ci-bas une formule de demande d'inscription.n est sujette à l\u2019approbation du Bureau-chef.(DEMANDE D\u2019ADMISS ION) 222, Notre-Dame Est, Montréal.Veuillez m'inscrire au nombre des membres de l'Association des t m'envoyer une carte d'admission.Nom i XX .St ts cesses sete se se em?Profession 2.ui inten mem \u2014 Saskatchewan, Colombie-Anglaise et + \u2014 Page 3 -_ vs MONTREAL 28 Juin 1827 LA CROIX = x rr penne Tr \"À Feuilleton de la ¢ ix\u2019?\u2014Moi, par exemple.Suis.; ; ; Croix\u201d\u2019.\u2014 6 bonne à voir ?dit-elle avec oe oe vous en supplie, si vous regardez Il entra.ALAIN ET VANNA M.REYNÈS - MONLAUR (Suite) Alain ne dormait pas.Ses yeux grands ouverts suivaient, par la lucarne géminée, un capricieux rayon de lune qui errait sur la paille du sol- Il faisait grand froid; Alain se réchauffait mal dans cette mansarde sans feu.Mais qu\u2019importait ?Sa jeunesse flambait.Il songeait à la vision de tout à l'heure dans une ir.terroga- tion sans fin.Qui était-elle ?La fille de Sardello, sans doute?Ou la fille de quelque ami défunt?L\u2019avait-il amenée d'Italie dans son pèlerinage aux artistes ?Les longs cheveux sombres ressemblaient si peu aux têtes blondes d'alentour! À quelle lassitude succombait-elle ainsi endormie avant le soir au coin de l\u2019âtre?Pourquoi le pli douloureux de ses lèvres?Les jeunes filles qu\u2019il voyait riaient, insouciantes; les jeunes filles qu'il voyait s\u2019arrêtaient au seuil de son âme, peut-être parce qu'elles avaient déjà leur part de joie.Leur coquetterie légère s\u2019adressait à lui comme à un autre; le premier qui passerait sur leur route serait le bienvenu.Mais lui, il avait, par sa race même, par son éducation préservée, par sa vie journalière auprès du roi, une idée tout autre des choses du coeur, ce n'était pas par froideur, mais par intensité même qu\u2019il ne répondait pas aux avances voilées d\u2018Arlette ou de Ghislaine, aux provocations hardies de Bertrade.Il y avait en lui une place d'attente pour celle qui viendrait.Etait-ce celle-là qui viend ait?son mystère était un attrait, et la demeure humble et close, et l'ombre mystique de l\u2019église si proche.Elle devait vivre la, cloitrée comme une petite nonne.Qui aurait-elle fréquenté en dehors de l'artiste et de quelques rares amis ?Et du reste, depuis bien peu de temps elle se trouvait là, puisque le roi disait que l\u2019artiste vivait seul.Qui était-elle enfin ?Comment lui apparaîtrait-elle en plein jour, hors de ce sommeil ?\u2026 1] l\u2019avait à peine entrevue !\u2026 Mais demain, il saurait tout, sans doute.Il l\u2019appelait cette heure et il la redoutait, et, dans un demi-sommeil, sa mansarde s\u2018éclairait de la lueur qui sortait delle.Dès le réveil, il pensa: ¢Aujourd'huin Il en eut une angoisse au coeur, une joie intense et poignante qu\u2018il ne connaissait pas.Comme chaque jour, il descendit à la Messe du roi, la seconde, celle «chantée avec notes».Le roi en entendait deux ou trois tous les matins, «et la longueur des prières ennuyait tout le monde», disait naïvement le confesseur de la reine.Les féodaux avaient, en général, une foi ardente et des oraisons courtes.On le voit par les prières de Joinville.Ce matin-là, Alain attendit le roi pour lui dire adieu: le bon sire allait faire une de ses tournées de charité et de justice dans les provinces environnantes, et justement, en passant, le roi le demandait parmi les autres.\u2014 Je vous cherchais, dit Loys en lui mettant familièrement la main sur l\u2019épaule.Un de mes hommes est malade.Je vous prends en sa place.Ce m'est un réconfort de ne vous point laisser trop derrière moi.Alain murmura: \u2014 À votre plaisir, Sire.Mais son air était si distrait, si absent, que le roi reprit aimablement : \u2014 Aimez-vous pas mieux chevaucher près de moi qu\u2019enluminer mes livres ?Les yeux de l\u2019écolier se posèrent confiants sur ceux du roi.Le roi sourit et passa.Alain demeura à la même place, oppressé, malheureux, toute sa joie fuyant loin de lui.Lorsque la caravane pittoresque s\u2019ébranla: chevaux, litières, carrosses mal suspendus, sortes de chars à bancs couverts, mais sans ressorts, ressautant à toutes les ornières, Alain suivit mélancoliquement à cheval, un des derniers: il craignait le regard si perspicace de son seigneur.En passant, il se retourna longtemps vers les tours de Notre-Dame et l\u2019enchevêtrement des rues où l'inconnu et peat-être le secret de sa vie l'attendait.Il ne parla pas jusqu'au soir.L'attente se prolongea des jours et des jours Son désir de la revoir l'exaspérait, devenait une angoisse.Il se taisait.Mais il parlait de son se cret à la nuit.Qu\u2019aurait dit Sardello en ne le voyant pas revenir?Le peu de terrain déjà gagné sur les préventions de l'artiste, il le perdait par cette légèreté involontaire.Sardello le voudrait-il encore au retour?Avait-il parlé à la jeune fille pour la prévenir qu\u2019un des pages du roi viendrait chaque jour?L\u2019avait-clle atten- duf Avec peine ou avec joie ?I! souhaitait qu\u2019elle désirât le voir, et pourtant.ne l\u2019aimerait-il pas mieux si elle préférait sa solitude, si elle repoussait jusqu\u2019à la pensée d\u2019un étranger, dans ce logis mystique où des anges devaient la frôler au son des cloches?Celle qu\u2019il attendait devrait-elle l\u2019attendre?Faudrait-il pas mieux la conquérir de haute lutte ?Etait-ce celle-ci d\u2019ailleurs?Il ne savait! Un seul point était clair dans cette âme que le rêve de vingt générations avait formée.Il n'en aimerait qu\u2018une \u2014 une seule \u2014 pour ce monde et pour l\u2019autre, celle qu\u2019il reconnaîtrait sans l'avoir vue, celle à qui il pourrait dire: «C\u2019est vous», sans hésiter\u2026 C\u2019est l'idéal de la France chevaleresque, ce réve des amours uniques qui tenait dans l'anneau de Loys : «Dieu, France et Marguerite.» Le Saint réalisa jusqu'à sa mort cet idéal tant chanté des poètes, troubadours ou trouvères, tant célébré aux cours et aux pays d'amour, et que Dante a emporté dans son poème immortel jusqu\u2019aux «cleres lumières de paradis».Mais cet idéal ne fut jamais une règle, encore bien moins une chose commune.Les âmes légères seront toujours plus nombreuses que les âmes profondes, quelque soit le siècle et quelque soit le temps.Un idéal ne s'incarne jamais d\u2019ailleurs que dans la fleur de la race.Mais c'est cette fleur justement qu\u2019Alain avait sous les yeux dans le roi chevalier.À leur premier entretien, au Mont, le roi lui avait dit, à sa grande surprise : \u2014La reine est ma dame.Je ne fais rien sans son aveu.Jusque-là Alain n'avait entendu que les grossières plaisanteries de ses compagnons, ou les poètes dont les oeuvres parvenaient par bribes jusque sous lesiarceaux du cloître.La parole du roi,chevaleresque et charmante, fut la première parole d'amour qu\u2019il entendit, Il y réfléchit souvent.Il rêva d\u2019en prononcer un jour une pareille.Aucune dame de haut lignage ne penserait au pauvre page, mais.\u2014Enfin, dites-moi si vous voulez être d\u2019église ?La voix moqueuse de Bertradre retentissait derrière lui.Elle passait sur la route, très vite, au bras d\u2019Arlette: le roi, debout, tenait malgré le froid une sorte de cour de justice dans un pré voisin, et les filles de la reine, emmenées par Marguerite jusqu à Sens, en profitaient pour courir un peu comme des enfants.\u2014AÂi-je tant l\u2019air d\u2019un clerc, dame ?demanda t-il en secouant sa tête blonde._Si vous aviez l'air d\u2019un clerc, Mais m'en occuperais-je f dit-elle.tou- c'est pitié de vous VoIr jours tête penchée sur un livre ou regardant les étoiles comme un gnno- cent.i \u2014 Qui faudrait-il mieux regarder, à votre avis, dame ?répliqua le page avec une pointe d'impertinence.hardi.\u2014Trop pour un pauvre sans apa nage comme moi.* veut Elle était si jolie, allant ans son surcot de fourru- Te, comme une petite bête impatiente, si naïve aussi dans son audace.\u2014Ai-je de richesse parlé?demanda- t-elle dédaigneusement! Etes-vous fils de marchand pour faire ces réponses ?Mais vous pensez plutôt à quelque belle que vous craigniez tant d\u2019en regarder quelque autre ?Et là, je dis encore que vous êtes béguin et non preud homme.On pense à celle-ci à Prime, à cette autre à Complies, si l'on sait vivre.Tenez, je veux vous dire une histoire.\u2014 J'aime tant les histoires! dit le Celte subitement intéressé.Seyez-vous donc là, près de moi, sur le pan de mur, et écoutez.Morgane la fée, pour venger les dames des félonies de leurs chevaliers, inventa un val, le val sans retour, où tout chevalier devait demeurer jusqu\u2018au Jour du jugement, s\u2019il avait trompé Sa dame en quelque chose.Une inscription lisible, au pied d\u2019une croix, avertissait bonnement les chevaliers à l'entrée du val.Ceux qui savaient leurs lettres tournaient la bride, vous m'en croyez! Mais ceux qui ne les savaient pas y entraient.Deux cent cinquante-trois y étaient déjà quand survint Galeschin.La fée le rencontra au bord du val.Elle eut pitié de lui pour ce qu\u2019il était beau et lui conta l'aventure; il tourna bride et galoppa d\u2019un jet de pierre en arrière.\u2014L\u2019histoire a une fin, dame, dit gravement Alain.Le chevalier du Lac traversa le val sans retour, \u2018sans ê- tre atteint de maléfice, et donc il délivra tous les autres.\u2014Ah! vous saviez mon conte?On vous l\u2019enseignait à votre abbaye?S\u2019il vous prend envie de ressembler à Lancelot ou à Parceval, comme il me paraît, vous êtes tout dénué d'\u2019esprit quand même et malgré votre savoir! Ces barons-là sont bons à peindre en images, et voilà tout.\u2014Les pages de Monseigneur Philippe seront mieux doués à votre fantaisie, dit Alain avec un sourire.\u2014Vous ne croyez pas si bien dire, répliqua-t-elle, vexée.J'épouserai Amaury ou Olivier de Termes à mon choix, dès la Saint-Jean, si la fantaisie m\u2019en vient, Chanterez-vous pas bien à ma messe?\u2014De grand coeur, dame, répondit- il avec un salut moqueur, bien que j'aie très piètre voix.Elle tourna sur ses talons, furieuse.\u2014Ce rien du tout est un insolent, dit-elle confidemment à Arlette.Je ne peux pas lui dire plus ouvertement qu\u2019il m\u2019agrée: il ne s\u2018en soucie.Comment le réduire à crier grâce?\u2014Que ten chaut?dit Arlette gaiement, Tuen as autre.\u2014Je gagerais bien le fermail que m'a baillé Monseigneur Alphonse qu'il couse grand feu sous cette cendre, poursuivit Bertrade.\u2014Peuh! dit Arlette avec philosophie, cela vaut-il ton fermail?Chasse ce chagrin, ma mie, il y a assez nobles chevaliers pour oublier un page.\u2014Il est beau, murmura encore Bertrade.Une fois seul, Alain devint triste.Si, elleaussi, celle à laquelle il songeait dans l\u2019imprécision de son rêve, allait être comme les autres, comme Bertrade ou comme Arlette?Si elles étaient toutes pareilles au fond ?Pourquoi se serait-il gardé, jalousement, quand sa jeunesse sonnait de paroles joyeuses et de rires clairs?Peutêtre à cette heure même, elle, elle disait à quelque autre les mots légers qui lui parvenaient par lambeaux.Peut-être venait-il trop tard?Et vers qui?.Vers qui ?.\u2026.Son appel allait jusqu'à l\u2019angoisse L'ombre silencieuse était descendue si loin en lui! Il l\u2019implorait.Il lui parlait comme à la femme déjà proche et déjà chère.Il lui disait : \u2014Je ne vous connais pas! Vaut-il mieux ne vous connaître jamais ?Nos songes seuls sont-ils beaux?Ah! je comme les autres du même regard tous ceux qui passent, demeurez toujours pour moi les yeux fermés.Sivous dites, vous aussi, ces paroles frivoles ou menteuses que messire Richard m'\u2019enseignait à fuir, gardez toujours votre bouche douloureuse et close! Si vous arrachez de vos mains cruelles le coeur des hommes, le coeur neuf et fervent que je vous porterais, que je ne vous revoie plus! Et soyez pour moi endormie toujours, les mains pures et jointes comme cette Elaine à qui vous ressemblez.Et puis ces invocations lui parais- salent paiennes.Et il songeait 3 intéresser à son rêve naif quelque saint compatissant, Monseigneur saint Michel ou ce saint Mélaine qui s\u2019en alla avec sa «prude fame» en paradis.Non, non.Plutôt Madame la Vierge: la sienne, celle de l'atelier devant laquelle une lampe brâlait toujours; la Vierge qui souriait, là-bas, étonnée et pitoyable, qu\u2019il avait vue en entrant et que, tout bas, il priait depuis.Chapitre XII Mais il avait vingt ans.Et l\u2019on a beau être Celte, et rêveur, et mystique peut-être et surtout, à cause de tout cela, on cherche à rendre sa vision réelle et l\u2018on ne s'arrête pas au seuil de son rêve dans l\u2019effroi de la déception possible.La chanson de la vie vous suit le long du chemin; une fois au moins,on veut l'entendre, Alain attendait donc le retour à Paris avec une émotion, avec une passion croissantes, Les semaines ne finissaient plus.Enfin, un peu avant les fêtes de la Nativité, le roi et sa suite ren - trèrent au palais.Alain tremblait de joie.Dès le lendemain, au milieu du jour, il prit la route que tant de fois il avait parcourue en esprit; il croyait vêver encore.Il ne se trompa point; il ne se perdit point dans les rues étroites.Il marchait comme soulevé, les tempes battantes, la respiration oppressée.Toute l'attente et l\u2018inquiétude passionnées de ses jours et de ses nuits, durant ce voyage, l\u2018incertitude même de ce qu\u2019il attendait et de ce qu\u2018il allait trouver lui donnait la fièvre.Il voulait se calmer lui-même, se distraire aux spectacles d'alentour.Les fêtes qui approchaient redoublaient l\u2019animation de la foule.Des bateleurs et des jongleurs jouaient en plein air des farces grossières; justement, on promenait autour de la place des bêtes étranges rapportées d'outre-mer par Mgr Thibault de Navare; le peuple s\u2019ébahissait; des écoliers et des sergents étaient aux prises, se bousculaient pour mieux voir, ne perdant pas une occasion aussi belle d\u2019en venir aux mains.Un peu plus loin, Alain croisa des confréries de pénitents, la tête couverte d\u2019un sac et psalmodiant d\u2019une voix lugubre.Ils menaient en terre un pauvre diable qui s'était repenti avant qu\u2019on l\u2019écartelât.Un soleil cru et sans rayons Éclairait les larmes et les rires, accusait nettement les contours des choses dans [air glacé.Le page s'arrêta au seuil de la demeure ogivale.Il éleva les yeux machinalement vers le bleu froid du ciel.Tout en haut, une gargouille menaçante, moitié vampire et moitié homme, se penchait vers lui.La cloche de l\u2019église sonna lentement ses coups très proches, d'un son grêle et sans écho: on eut dit le rire ironique de cet être hideux au bord du ciel, au bord de l'inconnu qu\u2019il allait affronter.Dans le lointain, les confrères de la Passion égrenaient toujours leurs chants de mort, et le gros rire de la foule répondait aux bateleurs.L'âme d'Alain, d\u2019une sensibilité exas- érée, se troublait, s'effarait encore.Il lui semblait qu\u2019il aurait voulu, pour accompagner son rêve, le silence des choses d\u2019alentour; qu'il n\u2019y efit plus de chants, plus de rires, plus de cris, seulement, ah! seulement le bruit familier et berceur de la mer, là-bas, dans sa mélancolie éternelle.Il se secoua d\u2019un effort de volonté.il murmura: \u2014 Qu\u2019ai-je à trembler ainsi comme une femme?Sardello était encore seul dans la première salle.Son accueil fut simple et cordial.On eût dit que le jeune homme l'avait quitté la veille, tant il écouta légèrement ses excuses sur sa longue absence.Un mois?Un Jour?L'artiste comptait seulement par les feuillets de parchemin qu\u2019il enluminait.Evidemment le manuscrit du Graal, oeuvre d'Alain, lui avait plu.Il ne débuta cependant que par des critiques: \u2014 Comment noyez-vous ainsi vos fleurs dans l'or?Pourquoi le bleu et le vert d'azur sont-ils faits?Vites-vous jamais des roses fleurir sur du brocart ?Alain s'efforçait de paraître attentif, mais il n\u2019entendait que le battement comprimé de son coeur et, dans la salle à côté, un bruit monotone comme le balancement d'un pied d'enfant allant et venant sur une traverse d'escabelle, Il suivait ce bruit à peine distinct, il s\u2019y absorbait, il l'écoutait jusqu\u2019à l'angoisse, et, si le bruit cessait un instant, il attendait, anxieux.Il répondait vaguement: \u2014 II est vrai, il est vrai, maitre.Mais le vieillard le sentait distrait: Il ne reconnaissait plus son disciple du premier jour.Il en accusait le voyage intempestif du roi et l\u2019humeur changeante de ces jouvenceaux qui veulent une chose aujourd\u2019hui et l\u2019abandonnent le lendemain.\u2014 Faut-il enfin que je vous montre ce que c'est qu\u2019enluminer?de- manda-t-il avec humeur.Commen: çons-nous à vous enseigner ?Brusquement il appela: \u2014 Vanna Le bruit léger cessa.Alain, défaillant, sentit l'angoisse de ces longs jours fondre sur lui, le submerger.C'était l\u2019heure tant appelée, tant redoutée, Il songeait.\u2014 Pourquoi suis je venu?Il se serait enfui s\u2019il aurait pu fuir.Ses idées se brouillaient.Il y avait sur le sol un carreau de grès fendu au milieu; il ne détachait pas ses yeux de cettefente.Il l\u2018arrangeait par la pensée.Il y remettait des couleurs vives.La portiére devant lui glissa.Il releva la tête.Il voulut voir en face son rêve qui passait.C'était elle.Endormie, éveillée, qu'importe ?Elle pouvait ouvrir ses yeux resplendissants qui gardaient dans leur lumière le mystère des yeux fermés.Elle pouvait marcher de cette démarche royale, sans qu'il regrettât la pose abandonnée de son sommeil.Il n\u2019y avait pas de déception, Il n'y avait pas de vaine espérance.Etaitelle belle?Plus belle que toutes les femmes qu'il voyait chaque jour sans y prendre garde?Il ne savait.Il ne se le demandait pas.C'était elle, l\u2018attendue, et c'était tout.Seulement, les cheveux dont il se souvenait, sombres, au crépuscule, le surprirent par leurs reflets dorés et changeants.(A suivre) Si vous avez besoin d\u2019en-têtes de lettres ou de comptes, d\u2019enveloppes, de circulaires, envoyez votre commande à la \u201c\u2018Croix\u2019\u2019.Elle sera remplie à votre satisfaction.Pharmacies Modèles Goyer 184-186 STE-CATHERINE EST TEL.EST 4940-4275 700 STE - CATHERINE EST TEL.EST 3268-4698 MONTRÉAL Nous développons, Imprimons et agrandissons pour amatours [3 Ra 7 A 2 ol PRIX Assortiment complet de Chapeaux, Casquettes = Chapeaux rebloques teintsa et remodelés pour Dames et Messieurs OUVRAGE GARANTI MODÉRÉS J.E.SEVIGNY vous que.La Main 0717 Tél: Deux avantages En confiant à la \u2018\u2018Croix\u2019\u2019 l\u2019exécution de vos travaux d\u2019imprimerie, paierez, pour un travail bien fait, meilleur marché qu\u2019ailleurs et vous encouragerez, en même temps, une oeuvre catholique et patrioti- Tout Canadien français intelligent appréciera ces deux avantages Toute commande par la poste ou par le téléphone sera remplie tout comme si on venait en personne à nos bureaux nous la donner.\u201cCROIX\u201d, 999 NOTRE-DAME EST MONTREAL Page 4 \u2014_tÇŒ EE Les pièges de l\u2019action Car l'action a ses pièges.- les meilleures choses! Il importe de s'en méfier, et le sage avertissement de Tacite ne cesse, depuis des siècles, de nous prévenir: Corruplio oplimi pessima, la corruption de ce qui est excellent est le pire des maux.Le piège le plus dangereux, parce que caché sous les apparences les plus aimables et aussi les plus trompeuses, n'est-il pas dans le charme même que nous éprouvons à agir ?Les coeurs généreux sont les premiers disposés à se laisser séduire, puis à se laisser gagner jusqu'à cet enivrement qui peut conduire au manque de mesure, lequel n\u2019est pas seulement synonyme d\u2019excès, mais encore synonyme de défaut d'équilibre.À ce degré, sommes-nous sûrs que l'action ne devienne pas, à certaines heures, une forme de paresse que nous adoptons pour nous donner l'illusion du travail?C'est qu\u2019il est parfois plus doux d'agir que de travailler.Il faut n'avoir jamais essayé de mettre en jeu les facultés de l'esprit en vue d'un résultat précis de formation personnelle ou de conquête pour ignorer la peine que coûte cet effort.Le labeur intellectuel n'est pas le moins mortifiant.L'action est, ou paraît, facile.Elle paraît surtout facile quand l\u2019occasion, la nature, quelque diable aussi nous poussant, nous qualifions du beau nom d'action cette activité et cette vaine agitation qui en sont tout juste le simulacre.Le cliquetis des armes n\u2019est pas le combat ! Voilà le piège.Complus Surtout, qu'on ne se méprenne pas; que nul ne tire prétexte de ces réflexions pour excuser son inertie ou arrêter les ardeurs de son zèle, Certes, le devoir nous pousse à l\u2019action: il n'est pas question d'en douter.Mais l'action nous oblige au travail intérieur si nous voulons qu'elle soit féconde.Le maréchal Foch a écrit quelque part: «La réalité du champ de bataille est qu\u2019on n\u2019y étudie pas; simplement, on fait ce qu\u2019on peut pour appliquer ce qu'on sait.Dès lors, pour pouvoir un peu, il faut savoir beaucoup et bien.» Est-il possible de jeter une lumière plus vive sur la nécessité de ces fortes préparations, dont les actes ne sont ensuites que les fleurs éclatantes ?Et par là, nous rejoignons le mot profond de saint Bernard: «Soyez un réservoir avant d\u2019être un canal.» Comment dispenser la force et l'énergie si par notre travail nous n'avons pas commencé à en amasser de puissantes réserves ?C\u2019est pour l\u2019avoir oublié que tant de vies s'épuisent en efforts stériles, \u2014Voilà.disait un jeune homme, en énumérant les multiples activités qui accaparaient, dévoraient sa jeunesse: Et mon père prétend cépendant que je ne fais rien! Peut-êtrexxx C'est, au reste, d\u2019une façon permanente, et non pas seulement quand il s\u2019agit d'entreprendre que notre attention doit rester en éveil pour éviter le piège que je tâche d'\u2018indiquer.À chaque instant, l'entraînement nous guette et nos forces de dépenses diminuent \u201cmême avec le temps, Maintenir l'équilibre, faire le} dosage, entre la pensée et l'action,\u201ds\u2019impose comme une nécessité chaque jour.plus impérieuse, Et si c\u2019est un art délicat, raison de plus pour nous y appliquer, L'action, en effet, disperse et dé.j'allais écrire UN APOTRE M.l'abbé P.-A.Bégin est un humble prêtre qui, après avoir enseigné les sciences au Collège de Lévis et ensuite au Séminaire de Sherbrooke durant trente-huit ans, se dévoue à la formation sociale catholique des femmes et des filles, ouvrières et autres, de Sherbrooke.C'est un apôtre.Sans ostention, sans prétention et sans bruit, il jette dans les âmes la semence de la grande vertu de charité qui rend les catholiques solidaires les uns des autres, ouvre aux unes des horizons inconnus dans le dc- maine du bien, réveille dans les autres des Énergies en quelque sorte endormies parce qu\u2019elles n'avaient pas eu l'occasion de se mettre en activité.Sous son impulsion, de nombreu- MONTRÉAL, 25 Juin 192 LA CROIX mere re \u2014 ; .malheureux «Un beau jour ce beau mo : prouvé, Si par un \u2019avisait | tant prôné coulera de 11: Ven ses cellules d'ouvrières se for.Ce qui se passe dans hasard, le lecteur sa \u20ac lui-même y \u2019 i éjà, sont organisent, et, d oben sous pi d\u2018une fé- groupées sous les auspices dération qui en impose, ; Le grain de senevé mis en terre 1 y a à peine dix ans est aujour d'hui un arbre majestueux sous lequel vient s\u2018abriter une population éparse, pour y étudier les divers problèmes de la vie, y rece voir des conseils sages, et, en même temps, la protection et l\u2019encouragement qui lui sont nécessaires dans les luttes qu'elle a « à soutenir.Le plus vieux journal hebdomadaire La Croix, fondée en 1903, est le plus vieux journal hebdomadaire publié en langue française à Montréal.la tête de Socius Gustave Francq \u2014_\u2014 Socius jouit de talents variés: il est d\u2019abord poète, un poète qui mange à l\u2019auge provincial, ensuite il est visionnaire.oo Le poète, hanté de son moi, suit le romantisme.Monsieur Francq à la recherche de solides arguments contre le catholicisme, fouille bêche creuse.Partout il ne rencontre que sottises qui lui causent un gémissement bien naturel ma foi.Mais, par une distraction très pardonnable chez un poète, surtout chez un romantique, ce gémissement est fort mal placé.!l est publié dans le Monde Ouvrier qui n\u2019a jamais rien d'exiger quelques preuves, ccla pourrait être fort dommageable à la gent communiste.Gustave ajoute qu'il ne pas scruter la conscience des autres.Il devrait savoir au moins qu un individu avec une conscience possède un peu plus de capital.moral qu'un autre qui n\u2019en a pas! Mais le voilà visionnaire.| | Un syndicat catholique avait payé les assurances de quelques membres.Ceux-ci ne remboursaient pas.Alors quelqu'un leur fit adresser une lettre d'avocat, ce dont il fut sévèrement blamé.Socius Gustave voit là des cotisations et des frais au montant de $60.00, etc.Assis sur ces balivernes, il aperçoit la ruine des syndicats catholiques, et, pour ne pas laisser perdre le fruit de son génie, il le communique à ses veut lecteurs: profession à grieis des pl fe 2e Quand les dernières fusées seront éteintes, que les harangueurs de iront cessé de parler, au soir du soixantenaire, les janadiens français contre la Confédération surgiront s euisants et plus aceusateurs que jamais.Lo comité soi-disant national d'Otfawa, dans lequel figure jusqu'à an jaif, fait un effort suprême pour order un peu d'enthousiasme autour de cette marâtre.Il dispose dé sommes considérables et d\u2019un rouage puissant, mais il ne réussira même pas à susciter chez notre peuple le moindre sentiment de sincère sympathie.On à bean vanter la prospérité matérielle du pays, les blessures eausées à notre foi et à notre langue, notamment dans les provinces anglaises, ne seront jamais oubliées tant qu\u2019on n'aura pas eu l\u2019élémentaire justice de les SüéPiP, J'ailleurs, la Confédération est née d'un esprit de domination.À la Conférenee de Québec, qui lui à donné naïssanee, on comptait 30 délégués do langue anglaise contre 4 de langue française.George Brown, à la tête des (pits d'Ontario, dirigeait le mouvement.ET COMME CARTIER N'ÉTAIT PAS LAFONTAINE, IL N°Y EUT GUÈRE DE RÉSISTANCE, pense: c'est là son rôle: c\u2019est même son honneur et son bienfait.La question est donc d\u2019être assez riche, de l'être surtout assez longtemps pour ne pas en souffrir et par conséquent de reconstituer sans cesse nos richesses, Il se ruine, celui qui entame son capital ou qui, l\u2019ayant entamé, ne le rétablit pas par des gains nouveaux.Ce qui est vrai des richesses matérielles ne l\u2019est pas moins du capital intellectuel ou moral.«Le danger des hommes très occupés, écrit Mgr Dupanloup, c\u2019est de se perdre, de s\u2018absorber dans l\u2019action: leur besoin est donc de se replier en eux-mêmes pour y réparer ce qu'ils ont dépensé au dehors.» On ne donne que ce que l\u2019on a.Que donnerions-nous si nous n\u2019avions plus rien ?Le ruisseau coule-t-il si la source tarit?Il ne s'agit pas d\u2019être avare, ni de redire le mot tristement chargé d'égoïsme dun de nos humoristes: «Si j'avais la main pleine de vérités, je me garderais de l\u2018ouvrir\u2026» Offrons-nous généreusement à tant de nobles causes qui nous appellent.Mais ne cessons jamais de nous appartenir et restons persuadés de la nécessité de nous refaire par un travail constant.Il n\u2019y a certes pas, dans de telles réflexions, de quoi ralentir une ardeur qui est le magnifique apanage de la Jeunesse, Quelle y trouve au contraire le plus précieux des encouragements.N'est-il pas vrai, en définitive, que toute action digne de ce nom ne doit être que le prolongement et comme l'épanouissement de vie intérieure ?C\u2019est à peu de chose de Socrate: O Dieu, notre près la prière donnez-moi la beauté intérieure de l\u2019âme, et faites que ma vie extérieure soit de ce modèle la vivante image.» Tr \u2014\u2014 L\u2018assassin du Tzar Pierre-Lazarevitch Woikoff qui a été tué à Varsovie par un jeune monarchiste russe, est le même Woikoff qui signa l\u2019ordre d'assassiner le tzar et sa famille en 1917, C\u2019est aussi le même Woikoff qui fut nommé, en 1923, chef de la légation commerciale soviétique au Canada, que la Croix dénonça alors en termes énergiques et qui dut retourner en Europe.Woikoff était le fils d'un instituteur Il appartint dès sa jeunesse aux Organisations révolutionnaires les plus _ avancées, En Suisse, où il fit ses études, il connut Lenine et Trotsky, et rentra avec eux en Russie dans le fameux train blindé qui traversa l\u2019Allemagne, Lénine le nomma président de l'Exécutif des Soviets d\u2019Ekaterinbourg C'est en cette qualité ordonna l\u2019exécution du trar, et qu\u2019il assista en personne à horrible boucherie qui se déroula dans la cave de la fameuse maison Ipaticff, tandis qu'un Juif fanatique Jourkovski, aux lueurs d\u2019une torche, lisait la sentence et commandait le feu.Repoussé par le Canada, des sondages furent faits ensuite à Londr pour le faire agréer en qualité de représentant des Soviets en Angleterre; sa candidature fut également repous- qu\u2019il Cs sée.Il était mariée à une juive ukrainienne dont les démêlés avec le corps diplomatique de Varsovie so ol nt restés célebres.Socius quitte la poé sions pour l\u2019éloquence ç cialiste, enrichie par |\u2019 «Dites ouvriers, dites ganisation ouvrière où sont les tondus, sie et se i haude du % 2postroph.> quelle est l'y qui vous exploite sont-ils dans rangs, ou dans ceux des syndic catholiques».?Quelques ouvriers qui N\u2019apost phent pas, ! payer et faire des grèves à Propos d de rien; ils les font quelq mailler et, quand la polic \u20ac tout \u20ac uefois cha, : \u20ac arrive, | s\u2019effacent.h Cuant aux Syndicats à, tholiques, ils font |, grève sey lement quand les pat sur le pain bénit.battre les ouvriers VEC personne et ils chargent moins cher pour leurs services que les syndicats interna.rons empiètent Ils ne font Jamais ionaux c ; tio u \u20ac que oclug admet lui-méme.Le syndicat catholique voffre ses services à meilleure condition».Quant aux tondus, nous connaissons des \u2014 ouvriers assez bêtes pour aimer la tondeuse, ceux-là restent dans les syndicats internationaux.Il s\u2019en trouve d'autres qui après y avoir passer une fois, émigrent dans les syndicats catholiques; mais ils ont déjà été tondus dans les syndicats internationaux, ce doit être de céux-là que Socius Gustave Franc veut parler- Paul Chabot LA PREMIÈRE LOGE, AU CANADA M.Jean d\u2019Erbrée prétend que ves 1755 une loge de francs-maçons fut établie à Québec.A ce propos le Bulletin des recker- ches historiques cite les lignes suiva- tes de John-Ross Robertson (History of Freemasonery in Canada): «It is stated in Rebold\u2019s History ot Freemasonery, that «as early in 1721 Lodges of Freemasons were es tablished in Canada», but there is no evidence to support this assertion although in 1851 a French lodge wor king in Paris wrote to Albion Lodge, Quebec, asking for a fraternal allian ce, and stating «you have one of the most ancient Temples of Free Ma sonry, since its erection dates from 1721».This quotation, however, was evidently based upon the fiction that the statement of Rebold was correct.There is nothing in the way of prod to support this assertion, or that d other writers who claim that a lodge was in existense in 1755 at Quebec! Et le Bulletin ajoute: Il est certain, toutefois, que chaque régiment qui vint combattre au Ce nada sous les ordres de Wolfe aval sa lodge.Dans le Journal du capitë ne Knox, à la date du 27 décembre 1759, on lit: «The anniversary (te de Saint-Jean-l\u2019Evangé'iste) was duy observed by the several lodges o Freemasons in this garrison.» En plusieurs autres endroits di Journal de Knox, il est fait allusion aux loges des régiments anglais qu vinrent faire la conquête du Canada sous les ordres de Wolfe.Mais toutes ces loges étaient anglaises non cane diennes.\u2018 Il n\u2019y a pas de preuve écrite qué nous avons eu des loges de francs maçons sous le régime français, 8 l'affirmation que nous venons @ citer., Les loges au Canada datent duré gime anglais.\u2014 _\u2014_\u2014_-\u2014\" .votré Si vous avez des Juifs dans Yo\u2019 A \u201cCroix > locaiité, faites-y lire la de les en C'est le meilleur moyen Ce ts de en chasser.Pour 100 abonner\u201d trois mois, 25 sous chacun "]
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