Les Débats, 11 février 1900, dimanche 11 février 1900
[" l ANNÉE N°11 DIRECTEUR-PROPRIÉTAIRE : Paul LeMoyne de Martigny LE NUMERO : UN SOU L'ABONNEMENT : 75 SOUS PAR ANNÉE.Les abonnés recevront le journal par la malle.Les manuscrits non insérés seront rendus sur demande.Les articles seront signés et les auteurs responsables.L\u2019ARGENT DES AUTRES WAR EAGLE A lire ce sous-titre nos lecteurs pourront oroire que nous allons leur faire un récit genre Fenimore Cooper, Mayne Reid ou même Amédée Achard : il n\u2019en est rien ; ce que nous avons à dire est moins poétique.War Eagle est le nom donné à une mine d\u2019or ; mine fort bien cotée et très \u2018\u2018 boomée \u201d\u2019 pendant un temps ; ses parts vendues au début à 14 et 15c montèrent jusqu\u2019à $3.58 ; aujourd\u2019hui elles sont tombées à $1.50 grâce à une tactique auprès de laquelle celle des Boers n\u2019est que de la petite bière.Il paraitrait qu\u2019un samedi, sans raisons satistai- santes, les directeurs de la mine l\u2019ont fermée, après avoir suspendu les dividendes, et qu\u2019ils auraient attendu jusqu\u2019au mardi suivant pour communiquer leurs décisions à la Bourse de Montréal.Et après, demanderont nos lecteurs, qu\u2019est-ce que cela peut nous faire ?Beaucoup, comme nous allons le leur prouver.D\u2019abord les actionnairesde Montréal ont perdu un million de piastres ; c\u2019est autant d\u2019enlevé à notre circulation.Ensuite ce tour de passe-nasse montre combien sont naïfs les spéculateurs croyant faire œuvre intelligente lorsque le hasard leur permet de faire un bon coup.Les snéculateurs se divisent en deux camps ; l\u2019un très peu nombreux comprend les capitalistes, banquiers, directeurs de compagnies, gros spéculateurs, courtiers ; dans l\u2019autre se trouve la masse, la foule qui ferait mieux dejouer à pile ou à face ou à l'as de cœur que de passer leur,temps à faire des combinaisons aussi compliquées que ridicules pour perdre son argent.Ces pertes nous laissent froidset nous n\u2019en aurions pas parlé sans la navrante note suivante que nons Éronvons dena le Star \u201c On dit couramment, aujourd\u2019hui, à Montréal, et cela-donne un aspect pénible à l\u2019affaire, qu\u2019un grand nombre de veuves et de pauvres gens ont placé tout leur avoir dans la mine War \u2018\u2018 Eagle.\u201d Ainsi la spéculation, la Bourse ne se contente pas de ruiner les gens riches, de faire des voleurs de ceux de nos enfants qu\u2019elie fascine, elle va jusque chez les veuves et les pauvres gens leur arracher leurs économies.Nous avions pourtant assez des banques.Nous disons qu\u2019elle \u2018\u2018 va chez les pauvres gens,\u201d parce\u2019 que nous savons que les \u2018 monteurs\u2019\u2019 de mines, vraies ou fausses, envoient des circulaires et des agents dans nos faubourgs, l\u2019un portant l\u2019autre souvent, pour expliquer à ces braves gens les beautés de la spéculation minière et la fortune qui les attend s'ils veulent prendre des parts, s\u2019ils veulent donner leurs économies contre un bout de papier : La proie pour l\u2019ombre ! Il y a des bonnes mines, mais celles-là les capitalistes les gardent pour eux ; on n\u2019offre \u2018aux actionnaires que celles qui ne valent rien, rien autre que l\u2019argent des gogos.Sl est vrai que des veuves et des pauvres gens ont mis leur avoir, leurs économies dans la War Eagle, il serait bon de savoir quand, comment et à l\u2019instigation de qui.: La Bourse fait une enquéte pour savoir comment elle a été trompée \u2018\u2018\u201c mise dedans \u201d ; qu\u2019elle complète son enquête en trouvant comment il se fait que des veuves, des pauvres diables qui n\u2019avaient aucune notion de l\u2019existence de la War Eagle sont devênus porteurs de ses parts.Il est grand temps qu\u2019on expose, à défaut de pouvoir les punir, les détrousseurs d\u2019économies du peuple, les cambrioleurs de bas de laine.2, Il semble que le vol légal fait partie de nos institutions.Après les assurances mutuelles, les sociétés de constructions, les loteries, les banques qui depuis vingt ans ont successivement, colléétive- ment ou séparément enlevé au peuple, au petit peuple, des millions et des millions, voici les mines \u2019or, la Bourse, la spéculation qui sont entrées jusque dans les pauvres logements des veuves et des miséreux pour leur enlever la maigre tirelire contenant les sous amassés à force de privations.Quand cela finira-t-il 9?quand les pouvoirs pû- blics fnironl-ils d'affirmer que les aflaires sont les affaires, que business is business, et que l\u2019argent des autres est aux malins qui savent le prendre sans se faire prendre ?Quand ?le peuple peut seul le dire ; car seul il peut fixer le jour où, faisant passer les intérêts du pays, les siens, avant les stu ides intérêts de parti, il donnera un vote honnête et utile.JOURNAL POPULAIRE Ni vendu ni à vendre à aucune faction politique PARAISSANT LE DIMANCHE D\u2019ici là la Bourse de Montréal aura le temps de faire l\u2019enquête que nous demandons sur la manière dont les veuves et les pauvres gens sont devenus propriétaires de parts de la War Eagle.LA GREVE DE VALLUEYFIELD La ¢ Montreal Cotton Company \u201d de Valleyfield, nous adresse à propos de notre dernier article, une lettre des plus courtoises, nous devons, faute de place, nous contenter de résumer.La compagnie nous informe : 1.Que les bobineuses habiles gagnent $8 à $12 par quinzaine, non de $3 à #6.2.Que les difficultés imputables au travail sont dues au retard causé par la guerre qui a bouleversé les tronsports entre Liverpool et le Canada.3.Que la direction se serait fait un devoir de faire disparaître les griefs des grévistes si elles s\u2019étaient adressées directement à elle au lieu d\u2019écouter les conseils qu\u2019on leur a donnés.A ces remarques de la compagnie nous croyons devoir ajouter qu\u2019elles auraient pu être adressées plus utilement à La Patrie et que la compagnie a oublié de réfuter la grave accusation portée contre elle : d\u2019avoir menacé de renvoi les ouvriers parents des grévistes.Rien ne nous ferait plus plaisir que de publier cette refutation, Nous l\u2019attendons.P.M.CROQUIS D'ACTUALITÉ La fontaine est profonde.au gué ! Css NEED ey = ~ = .\u2014 KRUGER, (sur la rive de la Tugela) \u2014 Preuds patience, John, tu n\u2019es pas arrivé au plus creux.DERNIERS INSTANTS DE RAPHAEL Par un labeur pénible avant l\u2019âge vieilli, Raphaël, que nul peintre en ce monde n'égale, A l'instant où son âme en un soupir s'exhale, Médite encor dans sa tristesse ensevelt.Car un souci farouche incline son front pâle Au désenchantement du travail accompli ; Et dans les visions dont son cœur est rempli, Il voit son nom s\u2019éteindre avec son dernier rile.Maïs cependant, l\u2019oubline l'aura pas vaincu ; Et tu vivras encore après avoir vécu, Puisqu'à jamais par toi la peinture subsiste, Puisque par tes.pinceaux, incomparable artiste Quz résumes en toi la mystique beauté, Tu dérobas à Dieu ton immortalité ! JEAN CHARBONNEAU.CHEZ NOT MAIR Ils se sont réunis avant-hier pour la premiére fois ; tous étaient contents : les uns d\u2019être revenus ; les autres d\u2019être venus.Inutile de dire que nous voulons parler du \u2018\u201ccaucus\u2019\u201d\u2019 des échevins, tenu vendredi à l\u2019Hôtel-de-Ville.La séance a été monotone, Bien préparés d\u2019avance, les comités ont été acceptés tels que 11 FÉVRIER 1900 RÉDACTION ET ADMINISTRATION : 71, rue Saint-Louis, 71 MONTREAL, P.Q.TELEPHONE BELL, MAIN 3840 Annonces commerciales ou demandes d'emploi, 10 sous la ligne.Réclames, taux spéciaux.présentés.À peine deux ou trois votes dissidents, y compris celui de l\u2019échevin Jacques qui dissidait sur tout ce qu\u2019on décidait.L\u2019échevin MeBride s\u2019est noblement abstenu de prendre part au vote qui l\u2019a mis à la porte\u2014 sans calembour \u2014 du comité des finances ; les échevins Jacques et Lareau ont mal pris leur exclusion de la présidence des marchés, et l\u2019échevin Wilson a étonné le \u2018\u2018 caucus \u201d\u2019 en insistant à deux reprises différentes pour qu\u2019un de ses collègues le propose au comité des marchés.Etre membre du comité des marchés était son rêve.Quel rêve ! Comme il explique bien cette hérédité des cauchemars qu\u2019un savant vient de démontrer.La séance eut été d\u2019un terne navrant sans la petite comédie des présidents.Quand le tour d\u2019un choisi de la veille arrivait, il ne bougeait plus : on aurait pu le photographier.Pelottonné dans son fauteuil: l\u2019air détaché des grandeurs de ce monde, il avait cet air heureux, modeste, indépendant et benét qu\u2019ont dans les banquets les messieurs qu\u2019on va ¢ toaster.\u201d Il y en a eu neuf comme cela \u2014 un par comité\u2014et tous ont fait, après, le même discours : \u2018\u2018 Messieurs, je vous remercie.\u201d comme tous, avant, avaient fait la même tête.La séance a été levée après l'adoption d\u2019une motion de l\u2019échevin Lavallée, qui aura pour effet d\u2019améliorer l\u2019état du pare Logan, en l\u2019enlevant au contrôle du comité des chemins, de M.St-Georges, pour le metvre sous celus du comité des Parcs et Travorses.A demain la grande séance, celle des femmes, des fleurs, des beaux discours, après.on se cognera.Le Cipal, POLITIQUE ETRANGERE A TRAVERS TOUT La pièce qui se joue cette semaine sur le théâtre de la politique étrangt.e est une pantomime drama- tico-comique en un acte et un nombre considérable de tableaux.Les acteurs sont, par ordre ou par prudence,condamnés au mutisme le plus absolu.Is ne déserreut même pas les dents pour les journalistes qui ont accès dans les coulisses.La pièce s\u2019appelle : Les conspirateurs, et la scène se passe successivement en Allemagne, en Italie, en Russie, en France, au Portugal et aux Etats-Unis.Voici le canevas de la pièce.Les grandes puissances complotent le partage de vastes pays sur lesquels l\u2019Angleterre avait de longue date jeté des regards de convoitoise.Les rôles comiques sont remplis par les ambassadeurs anglais qui vont, qui viennent, qui pirouettent, courant de l\u2019une à l\u2019autre des gran- es puissances quémandant un morceau si minime qu\u2019il fut dans le partage et ne recevant que pichenettes ou coups de pied dansle bas du dos.La scène qui se passe à Rome entre les trois clowns anglais et le roi d\u2019Italie fait rire aux larmes, Mais le clou de la pièce est le tableau dans lequel Albion, habillée en rosière de la Courtille, décerne à Chamberlain le prix de vertu.On annonce pour la semaine prochaine une nouvelle pièce en un acte de Mareuil etJoubert, intitulée : La reddition de Ladysmith.\"a Il n\u2019y a pas divergence d\u2019opinions.1.\u2014OPINION FRANÇAISE La Libre Parole : « Comme dit lord Beresford, qui est décidément un pince sans-rire remarquable, Chamberlainest un homme très fort.\u201c Il est très fort, en effet, en Angleterre, où il tient toute la haute aristocratie par des complicités qui sont aujourd\u2019hui le secret de Polichinelle ; mais cette grande force est limitée au territoire de la Grande-Bretagne, et partout ailleurs Chamberlain n\u2019est considéré que comme le symbole répugnant de la déloyauté et de la corruption de sa race.\u201c C\u2019est ce qui explique la violente poussée de haine qui soulève en ce moment l\u2019univers entier contre les Anglais. 2\u2014OPINION BELGE { Un iournal d'Anvers, l\u2019Escaut, dit que le récent discours du trône, en Angleterre, est une infamie.Lord Salisbury, déclare l\u2019Escaut, est le complice d\u2019une bande de flibustiers, et la nation anglaise un jouet:dans les mains de voleurs d\u2019or.Le long règne de la,reine Victoria est à jamais déshonoré.8.\u2014OPINION ANGLAISE \u201cDans le Truth.\u2014Equité, justice, pitié, qu\u2019importe tout cela à l\u2019Angleterre.otre esprit national est perverti, nous affichons aujourd\u2019hui le plus cynique mépris des lois morales et divines : honte sur nous.UN ORDRE DU JOUR DU GENERAL BULLER.ETRANGES INSTRUCTIONS AUX SOLDATS ANGLAIS Au moment de franchir la Tugela, le général sir Redvers Buller a lancé un ordre du jour à ses troupes faisant appel à leur dévouement.\u2018 Nous allons, dit sa proclamation, au secours de nos camarades de Ladysmith.Il ne peut être question de volte- face (THERE MUST BE NO TURNING BACK).\u201d ; ; 7 Le général Buller donne ensuite des instructions aux soldats sur les les conditions dans lesquelles ils doivent accepter la reddition de troupes boers, Il prétend que les Boers font traîtreusement usage du drapeau blanc, ce qui pourrait être interprété ainsi par les soldats'anglais.\u201c\u2018 Si des Boers cernés arborent le drapeau blanc, méfiez-vous.Tirez dans le tas ; vous serez sûrs, comme cela, qu\u2019ils ne feignent pas la capitulation pour tirer sur vous | v Si les commandants boers avaient tenu le méme langage à leurs troupes, il y aurait aujourd\u2019hui 4,500 Anglais de tués à la place de 4,500 prisonniers.C\u2019est égal, lorsque la guerre sera finie, et qu\u2019on épluchera la conduite de chacun, l\u2019Histoire pourra en enregistrer de drôles ! Emile Cardin.LA SEMAINE POLITIQUE Comme il fallait s\u2019y attendre, la rentrée du Parlement a ouvert largement les écluses au patriotisme débordant de nos députés.Il y a eu assaut de loyauté et, pendant deux heures, de part et d\u2019autre, on a fait flotter sur toutes les têtes les couleurs de l\u2019Union Jack et les accents du \u2018\u2018 God Save the Queen.\u201d C\u2019est vraiment une frénésie et, comme les derviches indiens, ces gens-là s\u2019excitent et s\u2019hypnotisent en parlant au point de perdre toute mesure, toute notion de bon sens.Les exagérations, les énormités qui ressortent de ces discours sont tellement monstrueuses qu\u2019on doit s\u2019en tordre les côtes en Angleterre, les jours où les angoisses télégraphiques laissent aux Londonniens des loisirs pour se livrer à ce divertissement.Des drateurs conservateurs s\u2019emballentet s\u2019écrient que sir Laurier, si le chef de l\u2019opposition ne lui avait pas mis l\u2019épée dans les reins, aurait laissé écraser l\u2019Empire sans venir à son secours.Voyons.Est-il réellement possible de perdre à ce point la notion des valeurs et des dimensions ! Et dire sérieusement que sans les deux mille Canadiens partis au Cap, l\u2019Empire se serait écroulé, c\u2019est le comble du grotesque, de l\u2019imbécilité, et l\u2019on voit aussi des rangées de gogos applaudir bouche béante.Toute la discussion est de ce ton et il n\u2019y a pas encore eu un seul discours sensé.Dans l\u2019intervalle des pétards patriotiques, on se chicane entre Canadiens et Anglais ; c\u2019est notre façon, à nous, de faire la guerre.Pendant toute une journée nos représentants des deux partis se sont renvoyés la balle pour savoir lequel des deux partis soulevait les préjugés canadiens contre les Anglais et lequel exploitait les antipathies anglaises contre les Canadiens.Et ces messieurs, avec un grand sérieux, se sont mutuellement accusés de ce crime tout en s\u2019en proclamant réciproquement parfaitement indemnes.Quelle farce sinistre ! Qui ne sait que les deux partis exploitent à chaque élection les différences de sentiments et d\u2019idées qui existent entre les deux races, et qu\u2019il ne se fait pas un appel au corps électoral sans qu\u2019il soit entaché ouvertement et sourdement de spéculations nationales.Avouons donc franchement une situation qui ne fait de doutes pour personne.L\u2019alliance des deux races au Canada est une alliance de raison, ce n\u2019est pas et ce ne sera jamais une alliance de sentiment.\u2018Lous les efforts qu'on fait pour resserrer l\u2019alliance ont seulement pour résultat de rendre plus adverses encore les deux races, Comme les amants adultères de l\u2019Inde, cousus ensemble par le bourreau dans une peau mouillée qu\u2019on expose au soleil jusqu\u2019à ce qu\u2019elle se rapetisse et se racoquille au point de les étouffer, de même Anglais et Français, au Canada, s\u2019affaibliront, détruiront mutuellement leur influence et s\u2019anéantiront comme force productive sociale, si on prétend les enceindre de trop près.Qu\u2019on y prenne garde.Une grave question se soulèvera mardi à Ottawa : le gouvernement demandera de voler $2,000,000 pour les troupes du Transvaal.Deux millions pour se battre en Afrique! Que ne ferait-on pas avec cette somme pour la colonisation dans la Province de Québec ! Ne vaudrait-il pas mieux dépenser cet argent-là à créer des Canadiens nouveaux, qu\u2019à en faire tuer là-bas pour l\u2019or de Chamberlain et pour les diamants de Rhodes ?En dépit des grands cris des Tupper et des Foster, en dépit des protestations des Laurier et des Cartwright, espérons qu\u2019il y aura en Chambre des Canadiens de cœur pour dire bien haut ce que tout le monde dit tout bas : que c\u2019est une indignité de puiser deux millions dans le cofire du Canada, afin de sacrifier nos fils pour une sordide spéculation et de honteuses convoitises.il Martino.- - L\u2019ANGLETERRE ET SES COLONIES Sir Laurier, et avec lui tous les impérialistes vrais ou figurés, vient de recevoir du voutiquier John Bull un magistral coup de botte dans ce que Paul de Cassagnac appelle la banlieue du dos.Voici à quel propos : Les Américains, gens aussi pratiques que peu praticables, profitent des embarras que cause à l\u2019Angleterre la conquête toujours forcément ajournée du Transvaal, pour régler avec elle leurs vieux comptes.Au nombre de ces derniers se trouvait le traité de Clayton-Bulwer, vieux déjà de cinquante ans et se rapportant à la construction du canal de Nicaragua.Les Américains, par le ministère de leur ambassadeur à Londres, M.J.Choates, en demandèrent l\u2019abrogation et, présentèrent aux vieux Salisbury un nouveau traité leur conférant le privilège exclusif de construire, entretenir et prélever les droits de passage du futur et un peu illusoire canal.Sir Laurier apprit la chose.Aussitôt il dé- gaîna sa flamberge avec des airs de tranche- montagne et cibla a son ami Chamberlain : \u2018\u2018 Ne concédez rien i mes voisins i moins qu\u2019ils ne cèdent à mes justes demandes en Alaska.II faut adopter nécessairement la politique du gratte-moi, je te gratterai.Chamberlain répondit : \u2018\u2018 L\u2019heure est trop solennel pour que je w\u2019occupe de vous, mes petits colons.Vos réclamations, en Alaska, je n\u2019en moque comme du premier billet de banque que m\u2019a remis Cecil Rhodes.\u2018 Sir Laurier fit mine de ruer dans le brancard et câbla de nouveau : \u2018* Depuis que je suis au Capitole, j'ai jeté par lafenétre tous mon programme moins un article : le réciprocité avec les États-Unis.La délimitation de lu frontière de l\u2019Alaska est le grand obstacle.Mon cher Joe, souviens-toi comme j'ai été aimable.\u201d La réponse fut d\u2019un laconisme désespérant : \u201c Il ne faut plus badiner.J'ai dit.\u201d Un député, dont le nom m\u2019échappe, a demandé la production de cette correspondance et le premier ministre à répondu qu\u2019il fallait au préalable demander permission aux autorités impériales, Voila les beautés de ce qu\u2019on appelle euphoniquement le statu quo : le Canada sacrifié chaque fois que l\u2019Angleterre n\u2019y trouve pas son compte.Compatriotes, mettez-vous bien ceci dans la caboche : l\u2019Angleterre entreprendra une guerre pour nous défendre contre les agressions du dehors quand elle aura dix chances contre une de triompher et vingt dollars contre un à gagner c\u2019est-à-dire jamais.J'embrasse mon rival, c'est pour mieux I'étouffer, a dit le grand poète, pas Fréchette, mais l\u2019autre poète épique, Hugo.L\u2019Angleterre nous prodigue quelques caresses, de temps à autre, sous forme de décorations qui hypnotiseut nos politiciens comme les miroirs des chasseurs le font aux alouettes, mais c\u2019est pour mieux nous exploiter dans la suite.Le Mercier.A RESSOURCE.\u2014Pour couper court aux suites souvent terribles L d'un refroidissement, nous n'avons que le BAUME RHUMAIL, mais nous l'avons.+ TOUJOURS LA BANQUE VILLE-MARIE Au factum présenté au gouvernement par M.Adolphe Germain, dont nous appuyons la te- neure, nous pourrionsajouter ces renseignements que nous tenons de quelques maîtres de poste et même d\u2019un ci-devant gérant d\u2019une succursale de la banque Ville-Marie.Le gouvernement conniissait si bien, dès longtemps, la triste position de la Banque, qu\u2019il y a réduit son dépôt des trois quarts, alors qu\u2019au contraire il aurait dû le doubler.Le nombre de nouvelles suceursales créées après 1892 avait été assez considérable pour faive croire au public que lesaffaires de lu Banque augmentaient.Il faut croire que le gouvernement était mieux informé que le publie, lui qui refusa aux maîtres de poste la permission de déposer dans ces succursales.I] faut remarquer que, selon la coutume admise, les maîtres de poste sout tenus de faire une demande au gouvernement, afin de faire leurs dépots dans une banque ou succursale nouvelle, et qu\u2019ils sont tenus, de plus, d\u2019encourager la banque ou succursale qui se trouve dans leur district.Il est donc évident pour tous que le gouvernement était au fait de la catastrophe qui se préparait et qui devait jeter tant de familles dans le chemin.Il nous semble que messieurs les députés ne devraient pas craindre de tenir responsable le gouvernement fédéral, ou, tout au moins, ils devraient l\u2019obliger à payer les S300,000 qui constituent l\u2019excédent de la circulation.Ce même gouvernement qui se permet le luxe de payer des subsides à des compagnies de chemins de fer qui ne seront jamais terminés, pourrait bien venir en aide aux trop nombreuses victimes de cette affaire.Nous signalerons aussi une erreur que la plupart des journaux ont commise, sans nous excepter, et que, après des recherches sérieuses, nous nous empressons de rectifier.Il s\u2019agit des sa- lwires exorbitants des employés de la banque Ville-Marie.M s\u2019esttrouvé des comptables, mariés et pères de famille, qui ne recevaient pas plus de quatre ou cinq cents dollars par année.Il en est même ainsi dans quelques autres banques.Mais alors, où étaient donc engloutis les capitaux qui n\u2019avaient pas été empochés par les voleurs ?La réponse est toute trouvée.C\u2019était tout bonnement les actionnaires qui retiraient jusqu\u2019a 8 pour cent sur leurs dividendes, tandis que les employés peinaient comme des mercenaires pour de maigres pitances.Cette pratique est mesquine, mais elle est conforme à Ja théorie de M.A.-C.-M.Globensky, seigneur de Saint-Eustache, récemment de retour de Paris, et qui vient de se faire coffrer $10.000 à la banque Jacques-Cartier.Ce monsieur, dans son incommensurable philantropie, a trouvé le moyen de faire engraisser les actionnaires au grand détriment des petits employés.Ça ne compte pas ces gens-là, ça n\u2019a pas besoin de vivre ! Enfin, il nous faut admirer la haute moralité de messieurs les directeurs de banques, qui, afln de pouvoir payer éternellement des salaires dérisoires, défendent absolument à leurs employés de se marier sans leur consentement.Ce fait n\u2019était probablement pas connu du public, bien qu\u2019il soit absolument authentique.Tremblay ° *?Est un journal artistique.Liscz-lo ! ncouragez-lo | \u201c Le Passe-Temps SUPPLÉMENT AU JouRNAL LES DÉBATS \u2014 11 Ffvrrer 1900 NOTES D\u2019ART Sir Henry Irving sera au milieu de nous dans quelques semaines.=?M.Honoré Beaugrand est à corriger les épreu ves d\u2019un volume de légendes canadiennes, qui paraîtra au commencement d\u2019avril, * .Nous aurions aimé causer du Maître de Forges, mais notre absence de la ville à cette époque nous force àremettre notre appréciation à plus tard.On doit dit-on répéter ce chef-d\u2019œuvre de Ohnet à Sainte- Cunégonde, prochainement.Nous parlerons alors de l\u2019interprétation de M.Laramée et des autres.su Une belle fondation du Conseil des Arts et Manufactures ! C\u2019est la création des Soirées Populaires mensuelles.au Monument National.Chaque soirée sera donnée au bénéfice d\u2019un jeune dont le talent devra être encouragé, et qui profiter: de cette aide pécuniaire pour poursuivre ses études artistiques.Nous en causerons plus longuement.* se M.F.-E.Meloche, membre du Conseil des Arts et\u2019 Manufactures, est parti avant-hier pour Québec avec quelques collègues.Il doit demander l\u2019appui du gouvernement Marchand, afin de fonder à Montréal, une chaire de journalisme.L\u2019idée est heureuse et bien de circonstance au moment où tous les jeunes journalistes songent à s\u2019ériger en association.M.Meloche est un homme dont le dévouement pour la cause artistique est proverbial.Nous espérons que MM.Marchand et Robidoux seront, comme par le passé, aussi attentifs à une requête dont le motif est d\u2019un intérêt général et national.#75 Le concert de Mademoiselle Frances-Maud Cousineau, qui doit avoir lieu à la salle Windsor, mercredi, le 14, à été remis au lendemain pour l\u2019acco- modation d\u2019une foule de personnes qui doivent y assister.Mademoiselle Cousineau, de qui on dit beaucoup de bien depuis quelque temps, est fille unique de M.F.-X.Cousineau, de Toronto.Elle a étudié, en France, avec Madame Marchési et M.Jacques Bouhy.if parait qu\u2019elle a eu des triomphes à Paris même, en Suisse et à Londres.Il n\u2019y a pas de doute qu\u2019avec de pareils antécédents cette jeune artiste fasse accourir tout le public anxieux d\u2019admirer son talent.Pour nous, nous croyons à tous ces éloges et nous serons des plus enchantés si après l\u2019audition de jeudi, il nous est permis de consacrer une nouvelle étoile dans le ciel presque désert de nos artistes canadiens.\u2014\u2014- «*s Jamais foule plus nombreuse ne s\u2019était encore vue aux matinées du vendredi à la salle Windsor.Le dernier concert de la Symphonic a été, sans contredit, le plus beau de la saison, tant au point de vue de la sélection des pièces du programme qu\u2019à celui de l'exécution.Les ovations triompuales que l\u2019on a prodiguées au directeur, M.J.-J.Goulet, ont été méritées à bon droit.Pouvait-on mieux commencer le programme que par cette JZarche Hongroise de la Daumation de Faust de Berlioz, si entraînante ?Nous ne le croyons pas.La symphonie de Haydn, surnommée l\u2019Ox/ord, exécutée en entier, a soulevé moins d\u2019applaudissements, à cause probablement de sa structure sévère, comme toutes les pièces de genre, du reste.Mais elle a été rendue avec une scrupuleuse exactitude.La suite d\u2019orcheste intitulée \u2018\u2018Per Gint,\u201d de Grieg, est un chef d\u2019œuvre de musique modulante, surtout dans le premier mouvement: Le matin, La mort d'A se a produit une impression de tristesse religieuse dans l\u2019assistance.Za dame d'Anitra a été rappelée, ainsi que le dernier mouvement : Ches le roi de la montagne, Dans ce dernier mouvement, cependant, nous reprocherons au basson d\u2019avoir canardé quelque peu, et de n\u2019avoir pas suffisamment détaillé son entrée.Enfin, l\u2019ouverture du Zar:rhauser de Wagner, cette pièce entre toutes, a été rendue de façon à pouvoir presque contenir le parallèle avec les auditions de la même œuvre par les orchestres renommés qui sont beaucoup plus complets.De toute cette audition orchestrale il ressort plusieurs choses, à notre point de vue.Premièrement, les louanges que nous adressons au chef d\u2019orchestre sont parfaitement méritées, attendu qu\u2019il est impossible de se procurer à Montréal, un orchestre plus complet et mieux composé.Énsuite, le nombre des répétitions d\u2019ensemble avant l\u2019exé- oution étant tellement limité, il ne nous est pas permis d\u2019avoir la même sévérité qu\u2019ont les critiques pour les orchestres qui se trouvent constamment sous l\u2019œil du public.Enfin, qu\u2019on nous donne toujours des programmes aussi bien choisis que celui de vendredi, et la foule des amateurs se portera, à l\u2019avenir, en aussi grand nombre.Pour ce qui est du ténor, M.W.-H.Rieger, de New-York, nous dirons en toute sincérité que la renommée qu\u2019il s\u2019était déjà acquise n\u2019a été pour rien dans notre admiration pour lui.Il possède une voix pu.3, souple, et une diction facile.Il nous a paru détailler la romance avec beaucoup de vérité, nous osons même dire que c\u2019est le genre qui lui convient le mieux.À la scène nous le classerions plutôt parmi les téngrs légers, car malgré toute sa science du chant, il Ra ni l\u2019envergure d\u2019un Alvarez, ni même d\u2019un Gibert.Gustave Com te.LES POETES BOERS Tous les peuples luttant pour la cause sainte de leur indépendance ont eu leurs poètes nationaux, ordinairement sortis des classes les plus humbles ouvriers, cultivateurs, mais patriotes avant tout.Sous la violente commotion éprouvée par le danger que courait la patrie menacée,l\u2019enycloppe grossicre de leur esprit s\u2019est déchirée et tels qui, après une journée de combats meurtriers, s\u2019étalent endormis soldats sur le champ de bataille, se sont réveillés poëtes.Les Boers ont déjà le leur.Ce nouveau Rouget de l\u2019Isle s\u2019appelle ou plutôt s\u2019appelait, car il a été tué par les Anglais à Elandslaagte, Martin Schainck.Sur le cadavre affreusement mutilé du jeune poète, des ambulanciers ont trouvé un papier maculé de sang sur lequel était écrite, au crayon, Phymme superbe dont la traduction, que nous donnons ci-après, est impuissante à rendre la force d\u2019expression et la sauvage et majestueuse beauté.\u2018\u2018 Entendez-vous rugir les lions britanniques ?Toute l\u2019Afrique australe en est ébranlée comme d\u2019un coup de tonnerre.Mais notre peuple, trop longtemps écrasé sous le joug de ceux qui veulent asservir le monde entier, se révolte \u201c Au galop de leurs chevaux rapides, des villes et des villages, de la montagne et du Veld, accourent les fils de l\u2019Afrique australe.\u2018 Ils sont robustes et inébranlables comme des chênes ; au cœur de ces héros la peur jamais ne se glissa.Ce ne sont pourtant que des pâtres ; ils ne sont point habitués à faire la guerre.Mais qui se confie est fort dans sa faiblesse même.\u2019 Comme on le voit, c\u2019est à la fois une Marseillaise et un choral de Luther.Mais combien plus beau ! Les Anglais trouveront peut-être que ça ne vaut pas les mignardises du pédéraste Oscar Wilde.E.C._\u2014 \u2014p\u2014- A COQUELUCHE.\u2014Chez ces pauvres enfants, ellle ne résiste pas au BAUME RHUMAL.= A TRAVERS FRÉCHETTE PAR LE DICTIONNAIRE ET LA GRAMMAIRE CORRIGEONS-NOUS ! Toute observation, critique ou correction des \u2018\u2018 Corrigeons-nous, \u201d de M.Louis Fréchette, parus depuis le 21 octobre dernier, pourront être adressées à M.le directeur des DÉBATS, 71 rue Saint-Louis, qui publiera, chaque dimanche, ces annotations destinées à épurer les leçons que se donne à elle-même La Presse, et A en faire de véritables petits chefs-d'ceuvre.\u2014La REDACTION.(Article du samedi, 9 décembre.) FRÉCHETTE dit à Mulot : La Légende des Siècles et La Légende d\u2019un Peuple sont deux épopées.NoTAa : Si ce correspondant, qui reçoit cette réponse, n\u2019est pas un mulot ou un mulet, s\u2019il a déjà lu quelque chose et s\u2019il n\u2019a d\u2019autre intention que celle de se payer la tête de M.Fréchette, nous le félicitons du succès.1l a poussé le maître à dire, au 12 millions des lecteurs de La Presse, que son ouvrage, La Légende d\u2019un Peuple, est une épopée, une œuvre devant concourir avec l\u2019Iliade, l'Odyssée, l\u2019Enéide, le Paradis Perdu, la Divine Comédie, la Jérusalem délivrée, et les Lusiades.Oui, c\u2019est une épopée qui dira aux générations l\u2019orgueil d\u2019un Canayen faisant son petit Victor Hugo, s\u2019exilant pour donner plus d\u2019élan aux malédictions qu\u2019il adressait à l\u2019Angleterre.Mais ce que la Légende d\u2019un Peuple ne dit pas, par exemple, c\u2019est que son auteur devait, avant peu d'années, dédier des odes à la Reine d\u2019Angleterre et gâcher du loyalisme pourri sur la question boer.Le voilà bien le poète qui se fait maître d\u2019école our dire aux Canayens, ses compatriotes : \u201c\u2018 J\u2019ai ait une épopée, pensez-y lorsque vous entrerez dans des boutiques oll se vend du bronze au rabais.\u2019 N\u2019e.t-ce pas écœurant ?FRÉCHETTE dit: \u2018\u2018 Loger\u201d\u2019, en français, signifie donner un logement à quelqu\u2019un, ou habiter dans.On ne peut donc pas dire \u2018\u2018 loger une plainte.\u201d NoTa : M.Fréchette semble dire ici que le verbe loger ne doit s\u2019employer qu\u2019à l\u2019actif, quand, au contraire, le maître pourra apprendre, des Canayens qui ont déjà logé à la belie étoile, qu\u2019il s\u2019emploie aussi autrement.Loger signifie autre chose que donner à quelqu\u2019un le logement ; par exemple, mettre en place.\u2018\u201c\u201c Je ne sais oll loger toutes mes affaires,\u201d dit Bescherelle.Pourquoi M.Fréchette veut-il empécher les Canagens de loger dans les DEBATS leurs protestations et leurs plaintes contre ses insultes et sa pédanterie ?FRÉCHETTE dit.(à propos de soubassemeut) : Quand il s\u2019agit d\u2019une église.il faut dire \u201c\u2018 la crypte.\u2019 NOTA : Toute crypte digne de ce nom doit être voûtée, et M.Fréchette sait bien que les sous-sols de nos églises.FRÉCHETTE dit : On dit souvent M.un tel \u2018\u2018retour\u2019\u2019 d\u2019Europe, se dispose, etc.Mais on doit toujours dire avec le verbe être: M.un tel est \u2018\u2018 de retour » d\u2019Europe.Nota : M.Fréchette a mal lu, dans son Bescherelle, de quelle façon duib se faire l'ellipse, dans le cas présent.On ne doit pas toujours employer le verbe être.C\u2019est, du moins, l\u2019avis d\u2019Alexandre Dumas qui écrivait : \u2018\u201c De retour avec son régiment, la discipline le fatigue \u2019?; et aussi celui de Beaumarchais qui disait: \u2018\u201c De retour à Madrid, je voulus essayer de nouveau mes talents littéraires.\u2019 Quant à l\u2019expression \u2018\u2018 M.Untel, retour de.\u201d, elle est employée couramment dans les meilleurs journaux parisiens.FRÉCHETTE dit: Les étoffes dont on recouvre les chaises par propreté se nomment \u2018\u2018 housses.\u201d NoTa : M.Fréchette devrait plutôt dire, puisqu\u2019il veut afficher la perfection de son style, \u2018\u2018 les étoffes dont on recouvre les chaises par mesure de propreté \u2019\u2019.Il ne devrait nou plus dire \u2018\u2018dont on recouvre \u2019\u201d, mais bien \u2018\u2018 dont on couvre.\u201d Enfin, la housse n\u2019est pas une étoffe, mais, avant tout, une couverture.FrECHETTE dit : Une femme doit éerire ¢ Toute a vous,\u2019?et non \u201c Tout à vous.\u201d Nora: Mme de Sévigné, dans ses lettres au style absolument parfait, faisait précéder sa signature de Toute à vous.C\u2019était son affaire.Mais tout peut aussi bien s\u2019employer ici adverbialement, pour *\u2018 entièrement à vous \u201d\u2019 et alors, comme adverbe, tout est invariable.De sorte qu\u2019une femme n\u2019a aucune raison de ne pas écrire \u201c\u2018 tout à vous.\u201d FRÉCHETTE dit : On peut dire, en style pompeux, Léon treizième du nom ; mais jamais Léon treizième.Il faut dire Léon treize.Nota : En France, dans la lecture publique, il est d\u2019usage de lire \u2018\u2018 troisième, quatrième,\u201d etc, lorsqu\u2019ii s\u2019agit d\u2019un souverain étranger dont un homonyme existe en France : Charles Trois (de France), Charles troisième (d\u2019Espagne); Henri trois (de France), Henri troisième (d\u2019Angleterre), etc.FRÉCHETTE dit : \u201c\u2018 Cuiller se prononce \u2018\u2018 kui-yer,\u201d NOTA : Cuiller se prononce kui-yère.FRÉCHETTE dit : Cette fourche de fer que les Canadiens appellent \u2018\u201c\u2018 broc\u201d\u2019 (prononcer \u2018\u2018broque\u201d\u2019) s\u2019appelle simplement \u2018* fourche \u201d\u2019 en France.NOTA : Chez les paysans français, le \u2018\u201c broc \u201d est comme chez les Canayens, une fourche à long manche et à deux fourchons seulement.FRÉCHETTE dit : * Scraper \u2019\u2019 (anglais), \u2018\u201c grattoir,\u201d \u201c racloir.\u201d NOTA : Le \u2018\u2018 scraper \u201d est aussi une traîne, sorte de coupelle gigantesque armée de deux manches dont on se sert, attelée d\u2019un cheval ou d\u2019une paire de bœufs, pour niveler les terrains.FRÉCHETTE dit : \u2018\u201c\u2018 Congress \u2019\u2019 (chaussure), bottine à tige élastique.NOTA : On dit plus simplement bottine élastique, ou même bottine tout court: la chaussure à tiges lacées s\u2019appelle brodequin et la chaussure à bouton, bottine boutonnée._\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 UN REFRAIN DE CIRCONSTANCE D'puis l'début des opérations, L'Angleterr\u2019 confiante en sa gloire, Ne peut perdr' quelques bataillons Sans proclamer.une victoire ! Élle avoue bien de temps en temps Qu'elle fut zwanzée par les mules Mais ses soldats sont triomphants Tell\u2019ment triomphants.qu'ils reculent ! L'plus clair, c'est qu'la guerr\u2019 commence a Prendre un singulier caractére : Encor\u2019 quelques victoir's comm\u2019ca Comme ¢a (41s) Encor' quelques victoir's comm\u2019çà Et les Boers.prendront l'Angleterre ! ! I\u2014(Cases parisiens.) me tr SES public est par les présentes, donné qu\u2019un projet de loi sera présenté à la prochaine session du Parlement du Canada, À l'effet d'incorporer une congrégation religieuse, La dite corporation devant être appelée \u2018\u2018 LA CONGRÉGATION DU Très SAINT RÉDENPTEUR.\u201d Les personnes devant être incorporées sont : Le révérend Alphonse Lemieux, le révérend Edouard Strubb, le révérend Louis Savard, le révérend Edmond Flynn, et le révérend Pierre Vermeiron et tous autres qui, plus tard, deviendront membres de la corporation, soumis aux règlements de la dite corporation.La dite corporation ayant pouvoir de succession p commun pouvant être changé À volonté ; la dite corporation ayant aussi le pouvoir de comparaître devant les cours de justice ; la dite corporation ayant aussi le pouvoir d'acquérir, de posséder, accepter et acquérir par tout titre légal les propriétés mobilières et immobilières, et de vendre, aliéner, hypothèquer, assigner, louer ou échanger, ou disposer de toute autre façon de ses biens mobiliers ou immobiliers, pour le plus grand bien de la Congrégation.Le siège social de la dite corporation, sera dans la ville et district do Montréal.Les objectifs de la corporation seront les suivants : 10 Le maintien de la piété publique.20 L'instruction religieuse du peuple et spécialement celle des pauvres et des abandonnés, principalement en organisant des missions dans les villes, les cités, les villages et les paroisses.80 Prendre soin temporairement des petites Congrégations qui ne peuvent subvenir aux bezoins d\u2019un prêtre.49 Donner l'éducation morale principalement aux pauvres et aux enfants orphelins.Be Aider les missions dans la limite de leurs devoirs.Go Le maintien des cimetières publics attenants aux édifices affectés à la piété publique, et la construceion et l'entretien des édifices sous leur garde, pour les besoins rélatifs du public.70 Donner aide et assistance À l\u2019immigration.80 Et toute œuvre dépendante des présentes, et toute autre œuvre reliée de quelque façon aux œuvres ci-haut mentionnées.i.Quinn, Morrisson et LYNCH, Avocats des requérants.étuelle, un sceau Montréal, 95 janvier 1900.= SUPPLÉMENT AU JourNAL LES DÉBATS \u2014 11 révriEr 1900 NOTES DE LA SEMAINE UN EFFORT ORATOIRE.Certain notaire, trop large pour la chaine du notariat de l\u2019Université Laval de Montréal, dont les nombreuses années de pratique ont eu pour résultat de lui donner une arrogance et un sans-gêne incroyables, fut pris de l\u2019inconcevable envie de faire une grande conférence à l\u2019Union Uatholique, et a eu le tort impardonnable de choisir pour sujet: l\u2019Instruction.Pouvait-on mieux confirmer le « Qui choisit prend pire ?\u2019\u201d\u2019 Ce que ça dut lui en coûter de sueurs, le pauvre ; ce que ses minutes en ont dû souffrir, le malheureux scribc!! Et tout cela pour en arriver à un chef-d\u2019œuvre d\u2019illogisme pur, à un ramassis de vieilles idées répétées cent fois déjà et de calomnies injurieuses.Représenter l\u2019instruction comme la source de toutes les lumières et de tous les bienfaits tant pour la société que pour l\u2019individu, et conclure que son expansion est dangereuse et nuisible, voilà pour ce u\u2019il y a d\u2019illogique ; nous crier après tous les badauds.que les professions libérales sont encombrées, sans montrer le remède à cet emcombrement, sans indiquer quelle est là branche de commerce ou d\u2019industrie, quel est le métier qui ne l\u2019est pas, voilà : pour les insanités et les répétitions; laisser entendre que les débutants dans les professions libérales sont des jeunes gens sans priucipes, sans morale connue, sans conscience, voilà qui est injurieusement calomnieux, voilà surtout l\u2019issertion contre laquelle je tiens à enregistrer un protêt public.ne chose est certaine : quels que soientlerespect et l\u2019estime dont il faille entourer la génération avancée en âge, il y a progrès dans le recrutement des professions.L\u2019accès de ces carrières et les succès qu\u2019on y peut espérer étant devenus plus difficiles, les jeunes gens s\u2019aperçoivent qu\u2019il leur faut une conduite morale et une conscience droite.La génération q ui se lève n\u2019est pas indigne de ceux qui ont battu les mêmes sentiers dans la dernière moitié du siècle qui finit ; et il est réellement déplorable de voir un notaire pratiquant depuis plusieurs années baser sa réclame sur la dépréciation de la jeunesse.Scribe, dégoisez sur nos capacités et nos talents tout ce que votre imagination vagabonde vous sug- | gèrera, nous nous en moquons; mais, dans votre ire ou votre jalousie, ne touchez jamais à notre honneur ni à notre probité, entendez-vous ?F.
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