Les Débats, 18 mars 1900, dimanche 18 mars 1900
[" 1re ANNÉE No.16 DIRECTEUR-PROPRIÉTAIRE Joseph-Eugéne Pelletier.LE NUMERO: UN SOU L'ABONNEMENT : 75 SOUS PAR ANNÉE.Les abonnés recevront le journal pas fa malle.Les manuecrits non insérés seront rendus sur demande, Les articles seront signés et les auteurs responsables.PORTRAIT EN VERS A Mademoiselle Maud F * * Kon esprit la revoit, comme la fois première, attentive aux chansons des oiseaux dans le soir.qvissant leurs reflets dans ses yeux pleins d'espoir, teux étoiles perçaient la mourante lumière.Rirant ses cheveux d\u2019or dans la clarté des eaux hfin d\u2019y mieux fixer le nénuphar trop frèle, \u2018Qu autre jour mon souvenir me la rappelle Quns une barque blanche au milieu des roseaux.Rarbre antique animé, chez les grands statuaires ithéniens et romains, elle aurait inspiré que de ces Venus qu\u2019on voit, reste sacré, Qedbout sur les débris des temples séculaires.Euets témoims du cœur, des éclairs lunguissants hllument vaguement son regard insondable, qrne de passion troublante et redoutable où la volupté coule à longs flots caressants.Réléc à la splendeur du profil que j'admire, Mec l'ombre parfois de quelque obsession, qne mélancolique et douce expression Bonne un étrange charme à son rare sourire.Ra muse, débutante aux modestes concerts, bimmerait à son front offrir cette couronne, aurique et-pâle fleur que ma pauvreté donne, tire et fagre vibrer son cher nom dans les verso Rais elle est cachottiére, et garderait rancune au barde qui trop fort, ici, la nommerait : Qu mot 'd\u2019adieu m'attend si je suis indiscret.Bevinez ! belle blonde aux yeux de clair de lume.CHARLES GILL Explications Boiteuses Le \u2018* McGill Outlook\u201d l'organe de l\u2019Université McGill explique à sa façon les frasques de ses abonnés.Le ton de ces explications suffit pour établir le sentiment qu\u2019ont les étudiants de McGill de la faute, de la très grande faute qu\u2019Îls ont commise.Ces explications auraient gagné à être plus exactes, plus franches.Ce que les McGill ne disent pas, encore plus que ce qu'ils admettent volontairement, les condamne et enlève toute si- fnification à leurs explications.Ils se gardent bien de dire qu'ils Ont visité la Cathédrale catholique, le Séminaire de Saint-Sulpice, la Compagnie Transatlantique et s'ils cachent ces visites c\u2019est faute d\u2019avoir le courage moral d'exprimer leurs regrets aux institutions qu\u2019ils ont violentées.Ils se gardent bien également de protester contre le Star, poussant sa néfaste rouerie jusqu\u2019à tirer deux versions différentes du même fait; l\u2019une pour ses lecteurs de Montréal, l'autre pour ceux des provinces anglaises qu\u2019il fallait soulever contre les Français de Montréal et de la province de Québec.Mais par contre l'organe de l\u2019Université McGill dénonce en termes violents le Herald,\u2018dont la conduite en ces jours troublés a été approuvée par les bons citoyens de toutes les races et de toutes les religions.Somme toute les explications du \u2018 McGill Outlook \u201d n'expliquent rien et ne changent rien a la situation créée par les étudiants du McGill.Elles ont dû, toutefois, modifier l'opinion que 'éche¥in LeBeuf a des services qu'il a rendus À la patrie\u2014 avec un petit p.\u2014 ear les McGill houspillent assez rudement le chef civil de notre brigade qui se consolait, a tort, des reproches mérités que lui ont adressés les Laval en pensant aux palmes que lai réservalent les Mc6il) Les Ni vendu ni à vendre à aucune faction politique JOURNAL POPULAIRE PARAISSANT LE DIMANCHE Enfin, pour bien afficher les sentiments qui l\u2019animent à l'égard de ce qui est français, le \u2018\u201c McGill Outlook \u201d a cru devoir réimprimer dans son dernier numéro l'insanité du \u201c Français Prorocateur \u201d, dont nous avons servi la traduction aux lecteurs des DEBA Ts, dimanche dernier.Décidément les Lavals ont eu raison de refuser l'invitation des McGill.Leur conduite a été approuvée par tous les bons citoyens ; ils ont fait honneur à leur Université et à leur nationalité, \"+ * D\u2019un bout à l\u2019autre de l\u2019empire Britannique on a avec éclat fêté la Saint-Patrice, en honneur de l'héroïsme dont ont fait preuve les soldats irlandais, les véritables libérateurs de Ladysmith.En s'associant aux Irlandais de Montréal, en envoyaut une délégation marcher dans la procession irlandaise de Montréal, les étudiants du McGill auraient fait preuve de bons sens et de patriotisme.En agissant ainsi ils auraient prouvé que leur conduite du ler mars n\u2019était que le fait d'une jeunesse généreuse surexcitée par un heureux évè- nement national.En s'abstenant d\u2019honorer le peuple qui a versé son sang pour l'honneur de ce drapeau, au nom duquel les McGill enfoncent les portes des paisibles citoyens, ces jeunes gens ont établi au-delà de tout doute la nature blessante de leur manifestation du ler mars.JEAN MIGEON, CHEZ NOT MAIRE LA POLICE Il paraît que les salons de barbier ne doivent sous les peines les plus sévères, tenir leuws portes fermées toute la journée du dimanche.Pourquoi cette rigueur envers ces pauvres figaros, alors que les boutiques de nanan, de cigares et les cafés concerts, voir même le théâtre de Sa Majesté, ouvrent toutes grandes leurs portes ?est une énigme que nous n\u2019avons nul désir de deviner.Si nous en parlons c\u2019est uniquement pour arriver\u2014 tous les chemins mènent à Rome\u2014à la police.Or, donc, les salons de barbier devront fermer le dimanche, mais tous ne verrouillant pas leurs portes, il s'en suit que les figaros qui respectent la loi et le repos du dimanche ne sont pas contents.ls se sont plaints au comité de police, et son aimable présideut leur a conseillé de devenir informers, ou d\u2019engager des détectives privés qui se chargeraient d\u2019avertir la police.Tout cela est bien compliqué, alors qn\u2019il serait si simple pour la police de rapporter au poste toute infraction au règlement qui fait fermer les barbiers le dimanche.Notre police pourrait ainsi, sans aucun travail, sans aucune dépense, exercer une surveillance aussi utile que nécessaire.Elle pourrait signaler les trottoirs mal entretenus, les animaux morts laissés sur la voie publique, les obstructions faites par les marchands sur les trottoirs etc, etc., Toutes choses qu\u2019elle laisse faire au grand déplaisir des citoyens.1 y a là des réformes à réaliser pour un homme qui, comme l\u2019a déclaré l\u2019échevin LeBeuf, à l\u2019œil ouvert.Espérons qu\u2019il les verra avant de le refermer.MALHEUR AUX PAUVRES | C\u2019était fatal ! Le trésor civique a mis le grapin sur nos pauvres braves femmes de blanchisseuses.Le métier est dur.éreintant et d\u2019autant plus pénible qu\u2019il est généralement exercé par des femmes ayant une nombreuse famille à leur charge.; Eh, bien ! la ville réclame à ces pauvres êtres qui peinent avant le lever du soleil jusque tard dans la nuit la bagatelle de $50 par an.C'est la somme, paraît-il, qu\u2019il faut payer pour avoir le droit de blanchir son voisin ; le prix est le même pour la pauvre femme ayant des deux clients, un baquet et une planche à laver et pourla buanderie comptant ses patrons par centaines et dont le matériel représente des milliers de piastres.i C\u2019est probablement pour combler le vide fait dans la caisse civique par les $1,200 dépensées pour ception des Strathconas qu\u2019on poursuit nos pau blanchisseuses.A $50 par planche à laver il n\u2019en fau que 24 pour que la ville rattrape son argent.18 MARS 1900 \u2014 REDACTION ET ADMINISTRATION | 7i, rue Saint-Louis, 7t MONTREAL, P.Qu TELEPHONE BELL, MAIN 3840 Annonces commercial) ou demandes d'emploi, 10 sous la ligne.Réclames, taux spéciaux, On aurait pu s\u2019y prendre autrement pour faire payer les frais du banquet où tant de platitudes ont été débitées au nom des Canadiens-français par quelques-uns 4148 Orateurs.Qui, au Conseil, va prendre la défense de nos braves Canadiennes, contre le trésor civique ?Il n\u2019yïa pas d'argent à faire ; pas même de votes à recueillir ; simplement une bonne action à accomplir ; à celui-là les DÉBATS promettent une bonne récompense aux élections prochaines.UN BOUDEUR L'échevin Martineau boude son comité ; il a refusé d'assister a la conférence que son comité a eue avec les délégués des petits chars.Il est un peu trop autoritaire notre président des chemins ; avec lui faut que tout passe ou casse : Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019il est grand comme Napoléon.En dépit de l\u2019absence de son président le comité des chemins a fait avec la compagnie des chars un arrangement qui constitue un véritable progrès sur le fonctionnement actuel.Il assure un service de 2 à 3 minutes, sur presque toutes les lignes de 5 à 10 henres du matin, de midi à 2 heures, et de 5 à 7 heures du soir, pendant ce qu\u2019on peut appeler les heures ouvrières.Si l\u2019arrangement est mis rigoureusement en force, les travailleurs s\u2019en trouveront bien.\u2018 Pends toi brave président, ton comité a vaincu et tu n\u2019étais pas 14.\u201d M.Martineau ferait bien de ne pas rentrer souvent sous la tente d\u2019Achille : ce n\u2019est pas pour cela qu\u2019il a été élu échevin et président du comité des chemins.L.CIPAL, if L'ARGENT DES AUTRES DEUX DEFENSEURS DU PEUPLE I) y a quelques années, en 1897, deux hommes se présentèrent au peuple, à leurs concitoyens, à leurs compatriotes comme ayant toutes les vertus, tous les talents nécessaires : pour les représenter dignement et défendre leurs intérèts dans les conseils de la nation.Bon enfant, le peuple ajouta foi à leurs belles paroles et à leurs promesses.Aujourd'hui il lui en cuit pour les avoir crues.Ces deux élus sont M.Gouin, député pour la division Saint-Jacques et M.Lacombe, représentant la division Sainte-Marie.C'est le premier qui proposa et le deuxième qui seconda cette fameuse motion frappant d\u2019une taxe de 3 p.c.les sa laires de tous les travailleurs de Montréal, qu\u2019ils demeurent en dedans ou en denors des limites de la ville.Pendant que notre chambre basse, bien basse, de Québec votait cette taxe, elle abolissait celle qu\u2019elle avait mise l'an dernier sur les machines.Elle mettait sur le dos des ouvriers la charge qu\u2019elle enlevait des patrons.; Elle faisait cela en sournoise, dans l'ombre et si cette taxe avait été votée dans les derniers jours de la session, alors que les bills sont ratifiés en quelques heures, au galop, à l\u2019aveugle \u2018par les deux chambres, elle serait bel et bien devenue loi et les ouvriers auraient été s de verser 3 p.c.de leurs salaires au trésor municipal.Le Comité des Finances a protesté contre cette taxe et la manière dont elle à été introduite dans la charte.Le Conseil Législatif qui, en maintes occasions, a protégé les ouvriers contre les injustices et les tyrannies de \u2019 blée Législative n'a heureusement pas failli à la ri son devoir, et a rayé de la charte la taxe si chère à MM.Gouin et Lacombe.Les électeurs ne s'embêteront pas aux prochaines élections si ces deux messieurs leur demandent de leur renouveler leur mandat.t ae \u2019 \\ En justice pour M.Lacombe iFFest bon d'ajouter qu'il a présenté et fait voter un projet de loi aussi bon, aussi humain que sa taxe était injuste.Ila obtenu que le salaire de toute personne gagnant moins de $1.50 par jour soit déclaré exempt de saisie.La mesure est bonne ; son adoption mettra fin a ces nombreux procès dont s'engraissent les avocailleurs et en- la ré- | rayera la propagation de cette peste qu'on appelle les ven- à crédit, à la semaine et au mois.Ps M. L\u2019outrancier Roberts Les voilà bien démasquées, les suaves hypocrisies de Angleterre ; et c'est Roberts lui-même qui se charge de nous le prouver.Et comme c'est bien our écraser les états libres du Sud Africain, qu'ils l'ont entreprise, cette guerre.Venger Majuba, lutter pour l'honneur national! Des mots, des mots, grands, sonores et qui sonnaient pourtant bien faux avant la capture de Cronje, la délivrance de Ladysmith et l'occupation de Bloenfontein.Aujourd'hui, c'est le lendemain des succès et Roberts est glorieux ; bas les masques! On le déclare, on le crie partout : ce serait absurde pour l\u2019Angleterre de ne pas profiter de la victoire et de faire la paix au moment où la question\u201cde l\u2019Afrique du Sud peut être résolue à jamais.Les journaux de Londres, dans leurs commentaires sur la démarche des présidents Kruger et Steyn, demandent que l'on ne pose pas les armes avant que les républiques boers soient détruites et leur indépendance abolie ; ils déclarent que le minimum que l\u2019on puisse exiger, c'est une soumissions des Boers sans condition et le passage de leur territoire sous l'autorité britannique.Mais il nous semble que cet anéantissement de braves wens sera moins facile qu'une partie des Anglais se plaisent à le crpire.L'Anglais victorieux pénètre dans les villes et n'y trouve pas de soldats, il n'y a là que des femmes, des enfanis.et des vieillards ; et c'est le maire et les échevins qui livrent de bon gré les clefs des édifices publics, Il faut donc croire que les hommes valides se sont retirés quelque paut, qu'ils sont allés rejoindre le gros de l'armée boer, et que cette dernière attendra 80,000 Anglais dans quelque petit défilé bien propre à servir de tombenu.Et l'Orange même ne paraît pas disposé à céder plus tôt que le Transvaal.Il a même plus de raisons de résister : on lui a prédit, avant l'ouverture des hostilités, que s'il faisait cause commune avec son voisin, sont sort serait plus dur après la défaite, parcequ\u2019il aurait attaqué l\u2019Angleterre sans motif.; | L'outrancier Roberts qui ne veut maintenant faire la guerre que dans le but du butin à conquérir, et que pour subjuguer de faibles et honnêtes nations, pourrait bien un jour, alors qu'il serait trop tard, regretter l'ambition désordonnée qui l'anime, lui et la nation qu'il représente.La prédiction de Napoléon ne serait-elle pas prête de s'accomplir, si un jour, trente millions de noirs armés, sortis des entrailles du centre de l'Afrique, se déchaînaient, formidable avalanche, sur toutes les forces d'Albion réunies?Le Transvaal redeviendrait alors le royaume des noirs, et la barbarie reprendrait son règne plus formidable que jadis.Des tribus innombrables croupiraient dans une lente et bestiale végétation, sur des ossements anglais.La chose est d'autant plus possible que l\u2019accord entre Anglais et Boers ne se fera jamais.Ces derniers n\u2019ont aucune foi dans la nation anglaise.Même si les noirs ne ruaient pas sur I'envahisseur, et si les Anglais parvenaient A pénétrer dans le Transvaal, ils trouveraient devant eux un désert et un nouveau Moscou.C\u2019est le correspondant du Courier des Etats-Unis qui le dit.Les territoires A1- lemands et portugais bénéficieront de l'mmigration trans- vaalienne.Le correspondant a\u2018oute que le sud de l\u2019Afriue sera perdu pour la civilisation, et dans l\u2019histoire légen- ae de la race blanche habitant actuellement ces républiques, l'Angleterre sera l'Espagne du dix-neuviéine siècle.A quoi donc aura alors servi cette guerre, faite toute de convoitise et d'injustices?Cette guerre qui aura donné au monde l'écœurant spectacle des derniers râles du faible sous le talon du colosse aux pieds d'argile ?Ce sera peut-être une preuve pour tout l'univers, qu\u2019il se trouve au-dessus de toutes les justices humaines, une justice divine autrement rigoureuse en ses décrets et autrement sévère contre les oppresseurs et les tyrans.CINQ-M ARN\u2019 The *\u201c Absinthe \u201d minded beggar Les hurleurs anglais ont subrepticement imprimé et fait circuler, pour faire suite aux insultes adressées ar la jeunesse albioneque à la population canadienne rançaise, ce grossier postiche de l\u2019Absent minded beggar de Rudyrd Kipling.Sans tenir compte du jeu de mots qui sert de titre à cette parodie, nous nous contenterons d\u2019en traduire littéralement les bouts rimés pour montrer les beaux sentiments de nos compatriotes anglais à notre égard.On s\u2019étonnera eut-être un peu moins, après cette lecture, de la ondation de journaux du genre du nôtre qui se trace le rôle de mettre ces fanatiques à leur place et de défendre la dignité du nom français.Voici le chef- d\u2019œuvre.Le Mendiant \u2018 absinthé\u201d (l\u2019acoolisé).I Lorsque vous avez crié: \u2018Mort au traitre\u201d |\u2014Et que vous avez chanté * Vive I'armée\u201d |\u2014Lorsque vous avez ravivé le souvenir de I'Alsace-Lorraine.\u2014Lorsque vous avez hurlé * Conspuez les Juifs\u201d!\u2014Que vous avez oublié Boulanger.\u2014Et que vous avez lavé les traces de Dreyfus.\u2014 Alors, mendiant abruti d\u2019absinthe\u2014Vous avez cherché de votre œil de fou quelque autre victime à perséecute:\u2014 Mais vous comprendrez, assez tôt, faut l\u2019espérer\u2014Que le lion britannique n\u2019est pas disposé à recevoir vos crachats.IT O fils de rois, 6 fils de ducs, 6 flls de cuisiniéres\u2014Rappe- lez-vous que cent-cinquante mille des vôtres ont abandonné la partie de Metz\u2014Un faible ennemi vous balayait du champ de bataille\u2014Avons-nous assez ri de vous\u2014Vous êtes-vous assez couverts de ridicule\u2014Vous en souvient-il ! III Lorsque vous étiez assiégés dans Paris\u2014Enserrés dans l'étau de fer de l\u2019'ennemi\u2014Avec la famine à vos portes\u2014 Qui vous donna des vivres avec une poignée de main amicale ?\u2014N'est-ce pas l'Anglais contre lequel vous vous tournez aujourd\u2019hui ?IV Mais tout cela est oublié maintenant que le danger est passé\u2014 Vous êtes un inendiant dont la mémoire et esprit sont paralysés par l'absinthe\u2014Mais vous allez trop loin, nous vous mettrons la bride\u2014Et, par St-George ! nous prendrons la peine de vous rafraîchir la mémoire.Vv Fils de marmitons, fils de ducs, fils d\u2019aritocrates\u2014Ba- tards, vieux ou jeunes, moroses ou gais-\u2014-Nous vous avons vus, dans les égoûts, chercher les rats dont vous vous nourrissiez\u2014Etiez-vous assez réduits lorsque nous vous avons secourus?- -Vous souvient-il de ce temps ?VI Bien que nous ayons visité votre pays avec sympathie\u2014 Et que nous ayons généreusement dépensé notre argent dans vos villes\u2014Vous murmurez entre vos dents \u2018\u2018 Chaque chien a son occasion de mordre ; guettons celle de donner un coup de dent au lion accablé\u201d\u2014Vous êtes un mendiant abruti d'absinthe\u2014Si l'alcool ne vous aveuglait pas, vous comprendriez que le lion britannique est loin de se trouver aceablé\u2014 Lorsque le lion se réveillera, vous regretterez de l'avoir agacé pendant son sommeil.VII Voix de rustres, voix de vipères, voix de poltrons brail- lards\u2014Ladage est vrai qui dit : \u201c Chaque chien a son tour de mordre \u201d\u2014Munis d'ici à ce que vienne le vôtre, habillez- vous de peaux d'ânes et n\u2019enviez point la crinière du lion \u2014 Rentrez dans votre misérable chenil et restez-y, restez-y, restez-y.VIII Si vous voulez tant nous mordre, que ne vous montrez- vous ?\u2014Nous aimerions mieux vous voir agir\u2014 Mais, pour l'amour de Dieu ! cessez vos insultes à notre Souveraine \u2014 Car nous ne souffrirons point que l'on dise du mal d'Elle !\u2014 Vous êtes un mendiant abruti d'absinthe et vous pourriez encore oublier cette recommandation\u2014Mais dans le cas où votre mémoire vous ferait encore défaut, nous vous rendrons le service de vous ln rafraîchir\u2014Et de vous rappeler que vous avez abandonné Trafalgar à la hâte,\u2014Pour ne rien dire de Waterloo,\u2014 Avec les Anglais à votre poursuite.IX Faites ralentir, en votre pays, l'écho de votre cri: \u201c\u2018 Vive l\u2019armée !\"\u2014Vos vaines rodomontades, vos airs de matamore ne nous effraient pas\u2014Maîtrisez votre langue, soyez polis, ou bien vous paierez pour, vous paierez pour.UNE RÉPONSE .Et moi, j'ai voulu jeter des fleurs sur sa cendre, pour cacher l\u2019opprobre de mon pays.LorD Byron (La mort de Napoléon).MM.les Anglais sont scandalisés de ce que la France ait pris fait et cause pour les Boers.Ils oublient Fachoda ; mais ilsrappellent avec une unanimité touchante que, après le siège de Paris, lorsque la population parisienne affamée put communiquer avec l\u2019extérieur, l'initiative privée de quelques Anglais envoya des quantités considérables de vivres aux Parisiens.Règlons cette affaire.En 1854, la France a dépensé une centaine de millions, et a versé le sang de quarante mille de ses enfants, pourquoi?Pour aider à l\u2019Angleterre à repousser les empiètements de la Russie sur l'empire Ottoman qui est, depuis l\u2019Ethiopie jusqu\u2019au Caucase, une réserve anglaise.Deux fois, pendant le siège de Sébastopal, à Inkermian et à la sortie du 22 au 23 mars 1854, l\u2019armée anglaise allait être anéantie par les Russes, lorsqu\u2019elle fut sauvée par.l\u2019arrivée d\u2019une division française dans un cas, d\u2019un simple régiment de zouaves dans l\u2019autre.Quel bénéfice a retiré la France de cette équipée ?Aucun, si ce n\u2019est la satisfaction d\u2019avoir servi les intérêts de l\u2019Angleterre.Voilà, il semble, un service de nation à nation qui devrait compter pour quelque chose.En 1870, lorsque Bismark dicta à la France les dures conditions du traité de Versailles, l\u2019Angleterre a-t- elle essayé, diplomatiquement ou autrement, d'obtenir des concessions du brutal vainqueur ?Oh non ! elle n\u2019a pas bougé.Mais la France vaincue, mutilée, se recueillant pour reprendre ses forces, ne pesait plus du même oids dans la balance de l\u2019équilibre européen.Dès le endemain du traité de Versailles; la Russie décretait le traité de Paris.Quelques années plus tard, elle était victorieuse, aux portes de Constantinople.Alors, par exemple, l\u2019Angleterre s'est émue, elle a pesé de tout son poids dans les négociations qui ont abouti au traité de San Stéphano.La France lui avait rendue un immense service, que lui importait?La Turquie peut et doit devenir un jour possession an- Blaise ; il ne se peut pas qu\u2019un puissant empire s\u2019en empare d\u2019abord.Le mobile de l\u2019Angleterre, dans tous ses actes politiques, a été l'intérêt sordide, l\u2019égoïsme brutal ; mais la reconnaissance pour un service rendu ?Jamais ! C'est pour cela qu\u2019elle n\u2019a pas un ami parmi les nations étrangères.Aux Anglai= qui parlent de ce que doit Paris à l'Angleterre pour quelques millions de francs de vivres, on peut répondre par Sébastopol et demander d\u2019abord que l\u2019Angleterre liquide cette dette-là.On raconte que pendant les guerres entre la France et l'Angleterre, sous Napoléon ler, quelques navires portant le pavillon des États-Unis et qui faisaient la contrebande avaient été saisis par la flotte française et confisqués.Le gouvernement de Washington fit résenter à l\u2019empereur une note demandant une in- emnité de quelques millions en faveur des propriétaires des navires confisqués, Napoléon reçut l'envoyé des Etats-Unis avec la plus grande bienveillance et, lui tint à peu près ce langage : \u2018\u2018 Votre note, Monsieur, j'y agrée de tout cœur, sans la discuter, sans même l'examiner.Nous disons donc que la France vous doit tout, Mais mon ministre des finances me dit qu\u2019il a dans ses livres une créance de quarante millions contre vous, pour les frais des expéditions de Tafayette et de Rochambeau qui vous ont aidés à conquérir votre indépendance, je vais porter votre note en compte, à votre crédit, en regard de cette créance.\u201d Ils sont bien tous les mêmes, n\u2019est-ce pas, ces Anglo-saxons ?JM, Tactique de Chamberlain Chamberlain est de plus en plus hanté par son rêve d\u2019impérialisme, et il sait qu\u2019un des grands obstacles qui s'opposent à la réalisation de cette blague est, l\u2019apathie que les Canadiens éprouvent pour cette me- sure-suicide.Aussi, Joe cherche-t-il à nous gagner à sit cause, et comme il croit que Sir Wilfrid Laurier fait ici La pluie et le beau temps, le Secrétaire des Colonies à donné ordre à 820 journaux d'encenser Sir Wilfrid.Chamberlain, sait, en effet, que notre premier est sensible à la gloriole, et que les compliments, mérités ou non, le chatouillent délicieusement, et Chamberlain agit en conséquence.Les journalistes de Londres, dont le moins vendu appartient corps et ame à Joe ont donc reçu des instructions, et depuis quelques jours les panégyriques de notre grand Démosthène Guibollard traînent partout: M.Laurier par ci, M.Laurier par là, qu'il est beau, qu\u2019il parle donc bien, quelle prestance, quelle tête, qu\u2019il sent bon, qu'il serait joli à Westminster, que son ramage est mélodieux, que son plumage est luisant! Et Sir Wilfrid gobe tout ça comme du sirop pour le rhume ; il se rengorge, s\u2019écoute respirer, se donne des airs de mylord, regrette de ne pouvoir se peigner à la Joe, rêve qu\u2019il interpelle lord Salisbury ou que les gamins de Londres se poussent sur son passage, en disant : That's Lôorier thaës him ! Et vous verrez que cet animal-là finira par échapper son fromage.Andre Lefaivre.Prevoyance Canadienne La question de l\u2019abolition du Conseil Législatif a déjà fait couler benucoup d\u2019encre.Naturellement, la presse conservatrice combat le projet Marchand.Mais l\u2019Evénement, de Québec, est allé plus loin que tous ses confrères.D\u2019après lui, il faut conserver le conseil pour la protection de la minorité anglaise t Il n\u2019y a que les Canadiens pour avoir de ces excès de prévoyance ! Ces petites chansons Il s\u2019est publié durant la dernière campagne municipale une petite chanson qui, comme ces bons vins dont on a voulu lui donner l'esprit, semble acquérir en vieillissant une saveur toute particulière.C\u2019est intitulé: \u2018\u201c Pour la mairie\u2014chant canadien-français,\u201d et se chante sur l\u2019air bien connu de \u2018\u2018Partant pour la Syrie\u201d.En voici des couplets, légèrement d'actualité au lendemain de la Saint-Patrice ; Parlant de la mairie, L'Irlandais veut son plat, Et, sans trop qu'on l\u2019en prie, Doran est candidat ; Mais ce n'est pas la peine De trop se tourmenter ; C'est Raymond Préfontaine Qu'il nous faut remonter.Si quelques-uns des nôtres Appuient nos ennemis, uittons ces faux apôtres t restons bien unis, Chantons à perdre haleine, En allant tous voter : C'est Raymond Préfontaine Qu'il nous faut remonter.À bas la litique, Dans la dite élection.Sans être fanatique, Songeons à la nation.Vive la Canayenne, Faisons-nous respecter : C\u2019est Raymond fontaine Qu'il nous faut remonter.\u201cSans être fanatiques, songeons à la nation,\u201d ce cri est bon quand il s\u2019agit d\u2019accroître la valeur des terrains de M.Préfontaine à Hochelaga; mais il faut chanter autre chose pour le faire sirer, Ces couplets montrent que Not\u2019 Maire, s\u2019il est heureux d\u2019embrasser ses concitoyens d\u2019origine anglaises après les élections, n\u2019est pas moins heureux do les traiter en ennemis en temps d\u2019élections.Il faudra les envoyer à Sa Majesté pour lui donner la mesure de quelques-uns de nos grands hommes, quand M.Préfontaine se présenterx pour demander ses parchemins.a ASSELIN, LE SALON Causons un peu de l\u2019exposition de tableaux de l\u2019Art Association au Square Philip.Comme ensemble, le salon actuel nous a paru inférieur à celui de l\u2019an dernier.D'abord les exposants canadiens sont de benu- coup inférieurs aux anglais par le nombre, nous ne dirons pas par la valeur ; loin de là.Sur 90 exposants, neuf seulement sont canadiens- français.Il ressort de toute cette exposition qu\u2019il s\u2019y trouve un trop grand nombre d\u2019études, alors que nous aurions aimé à y voir traiter les grandes compositions d\u2019art d\u2019où l'on peut plus facilement dégager un enseignement.M.Dionet nous fait voir du premier coup d\u2019œil que nous avons affaire à un professeur par ses deux portraits.Celui de M.Harwood est peint dans la note de l\u2019école flamande et dessiné avec précision.M.Jongers a des portraits qui sont vigoureusement brossés.Il ade grandes qualités de style et signe plutôt ses toiles par son procédé et sa note bien personnelle et originale.Il tient beaucoup de Velasquez, ce demi dieu de l\u2019école espagnole.M.Côté expose une Pastouxelle, neuve, étonnante de vérité ; le paysage y est bien étudié et la figure articipe bien avec l\u2019atmosphère ambiant.Il nous Honne Se plus une Téte de Breton d'une vérité remarquable et d'un réalisme un peu outré.M.Franchère s'est surpassé dans son tableau de la Place Jacques- Cartier.Il y a une grande vérité de couleur et beaucoup de mouvement dans le groupe de droite.Aussi de M.Franchère, deux autres études charmantes mais sans prétention.C\u2019est maintenant le tour de M.Larose avee deux tableaux de flewrs, vibrants de ton et d\u2019une harmonie réussie, vu la difficulté d\u2019assembler un groupe de fleurs de différents tons.L'unité éta:t certainement difficile à attraper.Un jardinier fait bonne figure dans le coin de serre M.Saint-Charles expose son portrait, et nne étude plus sérieuse : Un intérieur d'atelier, un coin très intéressant où les moindres détails sont bien traités.Tl expose aussi Un portrait de M.Charles Gill, cet excellent artiste que nous regrettons ne pas voir figurer autrement cette année.Nous avons souvenance des œuvres intéressantes qu\u2019il a exposées l\u2019an dernier.M.Leduc est un artiste trop modeste pour son mérite ; ses Pigeons constituent une nature morte cons- ciensieument peinte.Puis, M.Belliveau, récemment arrivé de Paris, nous donne un paysage dans la note impressionniste qui sout de la banalité ; c\u2019est intitulé : £ffet de matin, près de Versailles.M.Delfausse, une petite toile anodine, et madame J.J.Grignon, de Sainte-Scholastique, une débutante au salon, une nature morte qui n\u2019est pas sans mérite.Les artistes anglais, très nombreux, ont exposé de magnifiques cadres, et ils ont fait de grands effets de catalogue avec des titres qui promettent beaucoup et donnent peu.Il faut excepter cependant MM.Brymner, Harris et Pinhey.L'espace nous manque pour analyser les œuvres de ces messieurs que les journaux anglais se sont chargés de louanger avant nous.Gustave Comte\u2014_000\u2014\u2014 ECHOS La police avait, hier soir, organisée une razzia et comptait faire une descente dans quatre ou cinq établissements louches de la rue Lagauchetière lorsqu\u2019une indiscrétion a fait rater tout le projet.Un profane, en effet, eut vent des intentions de la police et, piquant au plus court, s\u2019en fût prévenir ces dames.Si bien que nos\u201dargousins en furent pour leurs frais et s\u2019en revinrent Gros Jean comme devant.Tout ça, our avoir oublié que les murs ont des oreilles, et que es dites oreilles ont des pattes et que les dites pattes peuvent être sympathiques aux amazones dont s\u2019agrémente la paisible population de cette bonne vieille ville de Montréal.La prise de Bloemfontein a donné au journal de M.Pacaud l\u2019occasion d\u2019afficher le drapeau anglais pour la vingtième fois depuis le commencement de la guerre.Il ne lui manquait plus que la sempiternelle binette du maire Parent et les whiskers du Vieux Lion.Espérons que ce serf pour la prochaine.Un jeune homme qui signe \u2018* Madeleine \u201d écrit dans le Temps d\u2019Ottawa : .\u201c L'aimable et fine chroniqueuse de la Patrie est née aux Escoumins sur la rive nord du grand Saint-Lau- rent, parmi une nature bien belle et bien pittoresque, qui dut imprégner la jeune âme de la future femme de lettres,de ce parfum subtil et pénétrant des grands bois qui ont vu ses sourires d\u2019enfant, repercuté les premiers accords de lu musique harmonieuse et ten- re que devait faire entendre plus tardson cœur d\u2019écrivain.\u201d Les compliments sont très permis entre hommes de lettres, mais, diable! en voici qui vont amuser Françoise.Si nous étions méchants pour deux sous, nous demanderions à nos amis de l\u2019Univetsisé Laval si l\u2019inscription \u201cPour Dieu et l\u2019Empire,\u201d qu\u2019ils ont arboré, lundi dernier, s\u2019appliquait à l\u2019Université ou à la troupe Strathcona.\u2018 Dans le premier cas, elle ne manquait pas de vérité, puisqu'il est convenu que le clergé qui ala main haute sur l'Université est le plus fort soutien dc l'autorité anglaise en ce paysans le second, clle constituait presque une insulte à la sagesse divine.Pour l\u2019Empire, va, quoiqu\u2019il soit soit permis de supposer qu\u2019une partic des \u201ctramps\u201d du Strathcona Horse se sont enrolés pour des motifs d\u2019argent.Mais quest-ce que le bon Dieu a bien à voir dans les cochonneries qui se commettent en Afrique-Sud ?La manie de fourrer la Providence dans ces affaires- là s explique chez des gens capables deles monter, mais la jeunesse universitaire canadienne-française devrait se montrer plus digne.Les hourrahs poussés au passage de ceux qui s\u2019en vont combattre ces Boers que nous aimons, nous ont attristés profondément.Comment, c'est la jeunesse en qui nous espérons, cette jeunesse qui doit nous gouverner un jour, c'est elle qui s\u2019est oubliée au point de décorer son université et de saluer au passage les insulteurs de notre langue et de nos croyances ! Maisnon.\u2026.le souvenir du premier mars nous oblige à croire qu\u2019il y a encore un reste de fierté dans la race.La \u201c\u2018 Patrie\u201d a découvert qu'il n\u2019est pas un seul habitant du Danemark qui ne sache lire et écrire.Nous avons encore du chemin à faire pour en arriver la.Certains quartiers de Montrèal se font même une gloire d\u2019envoyer au Conseil de Ville des hommes capables d\u2019y perpétuer: les glorieuses traditions d\u2019i- @norance de nos pères.\u201c\u201c Personne ne songera, \u2018\u2018 dit le Soleil,\u201d à contester les aptitudes de l\u2019honorable M.Tarte : écrivain, orateur, homme du monde, familier depuis nombre d\u2019années avec les hommes d\u2019Etat les plus marquants de la France, il ne pourra qu\u2019occuper une position dans le monde diplomatique qui sera profitable an pays.* On lui reprochait d\u2019être un peu trop chauvin chez nous, où nous vivons en pays mixte.Il nous fera peut-être bénéficier en France du défaut de ses qualités.\u201d Les deux dernières phrases sont charmantes.M.Tarte peut faire son deuil des décorations anglaises.L'homme des $100,000 est sur son chemin.Le Quotidien, de Lévis, est convaincu que l\u2019opposition faite au projet de construction d\u2019entrepôts d\u2019huiles a la Pointe Saint-Charles est soudoyée par les monopoleurs américains de la Standard Oil Co.Parbleu, il faut avoir la vue bien courte pour ne pas s\u2019en apercevoir, et l\u2019échevin Aines qui, sous le prétexte de vouloir protéger la propriété des environs, s\u2019est constitué en adversaire déclaré des pères du projet, devrait comprendre à quel jeu iudigne il se prête.La nouvelle compagnie ne peut faire concurrence aux monopoleurs, et, partant, réduire le prix des huiles dans cette partie du pays, qu\u2019à la condition de s'approvisionner par voie de navigation.Elle offre de construire ses entrepôts à l\u2019épreuve du feu.Que peut-on demander de plus?Les consommateurs n\u2019ont-ils pas droit à quelque considération ?L\u2019Evening Journal, d\u2019Ottawa, ayant affirmé que les Canadiens-français, sous le régime américain, n\u2019auraient pas conservé leur langue, le Temps lui répond : \u201cQuand bien même le Canada serait devenue partie de la grande république américaine, les mères françaises de la Province de Québec auraient continué à arler français à leurs enfants, et nos campagnes si rançaises n'auraient pas été plus rapprochées des centres américains, ni plus soumises à leur influence que sous le régime anglais.Les séminaires pour le recrutement du clergé catholiques auraient continué à ex- inter, des écoles françaises indépendantes auraient été fondées tout comme nos Canadiens en fondent et soutiennent aujourd\u2019hui aux Etats-Unis, et l\u2019Université Laval n'aurait pas plus de difficulté à exister que le grand collége francais de Bourbonnais, dans I'Illinois.Et le Temps termine en disant que la seule différence entre les deux régimes, c\u2019est que, sous la domination anglaise, il nous est encore permis d\u2019aspirer & l\u2019indé- nendance, tandis que.Le Temps fait bien de nous avertir qu\u2019il espère encore en l\u2019indépendance.Depuis sa rècente volte-face au sujet des coutingents, on ne le croyait plus susceptible de sentiments aussi louables.M.Déchène (l'ministre) ayant annoncé que la fameuse question de l\u2019abolition du conseil législatif sera l\u2019objet d\u2019un prochain plébiscite, on se demande si, avec les $50,000 que coltera cet appel au peuple, on ne pourrrit pas encore, pendant un an, \u2018\u2018 donner une chance\u201d à ces pauvres conseillers.Et d\u2019ici là, qui saut si M.Marchand ne trouvera pas le moyen de garder définitivement cette vieille institution, en flanquant, ar exemple, une taxe sur les plumes d\u2019autruche ou es musiques à gueule.ALBERT THIBAUDEAU, A PROPOS DE POSTE M.Ethier, des Deux-Montagnes, avait abusé de ses prérogatives de dépulé pour expédier franc dc port certains colis postaux n'ayant rien d'officiel, de même que M.Wilfrid Larose à abusé de ses amitiés avec certnins député pour expédier à bon marché les circulaires de l'Ecole Littéraire, dont il est le président.Le World de Toronto à dé- noncé le fait dans un fulminant article intitulé : How the Frenchmen frank.\u2018Comment les Canadiens-français comprennent l'affranchissement.\u201d Le J ournal relevait l'insulte mardi dernier dans les termes suivant : \u2018\u201c Etles Englishmen, eux, comment affranchissent-ils ?Le big policemen Cartwright ne s\u2019est pas gêné lorsqu'il a, contrairement à la loi, expédié son pamnplilet par la malle, privant le revenu des postes d\u2019une recette de plusieurs milliers de piastres ?\u201d Et la Patrie, le même jour : \u201c Nous vous le demandons, que peut avoir à faire la question française dans ce litige ?Est-ce que jadis Moster, M.Haggart, les Tupper, Clarke Wallace, n\u2019ont pas commis tous les abus possibles de la franchise postale.\u201d C'est ingénieux, l'esprit de parti.Le Journal prouve sa thèse par Sir Richard Cartwright.La Patrie cite des noms conservateurs pous étayer la sienne.Et tous deux ont raison.Si l'on se donnait la peine de comparer la presse des deux partis, surtout maintenant qu\u2019elle rivalise e loyalisme et autres beaux sentiments, on verrait que des deux côtés on se sert des mêmes arguments à l'appui des mêmes idées.Les journaux libéraux du soir plagient les journaux tories du matin, et vice versa.Il n'y a que les noms qui changent.Daniel O'Toole.Représentation Ouvrière A leur dernière assemblée la semaine dernière, les ouvriers de Montréal ont lancé le cri d\u2019appel à toute leurs sociétés sœurs afin de s\u2019unir dans un congrès général qui devra avoir lieu bientôt.Le but, parait- il, est de nommer des députés à la législature, sortis du sein même des sociétés ouvrières.Les favoris du sort devront être jeunes, robustes et porter haut et ferme le drapeau du travail.La jeunesse, dans la vie publique, a en sa faveur plus ue les simples avantages de l\u2019élasticité et de l\u2019adresse.îlle est toujours vertaine d\u2019avoir de son côté des adhérents dévoués et bienveillants.De nos jours les vieillards tournent les yeux avec une pathétique anxiété vers les nouveaux qui entrent dans l'arène publique.Seront-ils fidèles aux traditions et au devoir ?Apporteront-ils ce frais courage, cet enthousi- asime et cette habilité nécessaires ?Un jeune homme qui sait par ses actes, faire naître cette réponse rassurante, à un avantage énorme pour soutenir les luttes difficiles qui vont bientôt surgir.En voyant Bourassa la semaine dernière tenir tête aux serviles objections de ses collègues, plusieurs ont été émus jusqu'aux larmes tandis que les vieux sans cœur qui ont manqué de courage pour l\u2019applaudir ont entonné leur \u2018\u2018 nunc dimittiss.\u201d Le salut du peuple est dans le choix que feront les ouvriers pour les représenter.Une Dépense Utile Certains contribuables de Montréal font circuler une pétition demandant qu\u2019il soit publié chaque année une liste, sous forme de pamphlet, contenant les noms, l\u2019adresse et la location des propriétés taxées ainsi que le montant prélevé sur chacune d'elles.Il n\u2019y aurait rien de plus avantageux pour les contribuables que de savoir et d\u2019étudier la valeur des propriétés adjacentes aux leurs ainsi que celles situées dans les différents quartiers de la ville.Ce serait le remède le plus certain contre le favoritisme et la malhonné- teté des percepteurs.Quoique les citoyens aient peu à craindre ici, à Montréal, de telles injustices en ce moment, il n\u2019est certes pas moins vrai qu\u2019il peut se glisser beaucoup d\u2019erreurs et d\u2019inégalités dans la décision de ceux qui sont préposés à cette fonction, la plus délicate de l\u2019administration de la ville.Au moyen de la méthode suggérée par les pétitionnaires chaque citoyen deviendrait un aide, un conseiller qui serait qualifié pour s\u2019exprimer sur le sujet avec connaissance de cause.La petite dépense que nécessiterait une telle innovation serait insignifiante comparé aux immenses bénéfices que la ville en retirerait.Les victimes de la mode Une maison de commerce d'Ontario énvoie ees circulaires aux fermiers de la Province de Québec offrant une prime généreuse pour les petits oiseaux de neige.La maison annonce qu\u2019il lui en faut 70,000 d\u2019ici à un mois.Ces oiseaux passent dans les mains d'ouvriers habiles qui tei- nent leur plumage des couleurs les plus éclatantes et en ont des imitations des oiseaux les plusrares.A près avoir subi ces transformations ils sont achetés \u2018par les belles dames pour leur bonnettesde Pâques.Il parait cependant, u\u2019il est à se former secrètement une société d'ornithologie dans le but de mettre fin au massacre des chantres ailés de l'hiver canadien.Le département d'agriculture sera certainement appelé cette semaine à agir contre cette pratique sans précédent, ous les citoyens intelligents devraient protester contre le massacre de ces gentilles petites créatures.Comme il a déjà été remarqué par le département d'agriculture ils sont d'une valeur inestimable aux fermiers parce qu'ils détruisent des milliers d'insectes malfaisants.Leur destruction à cette époque de l\u2019année surtout, où ils sont à la veille de couver, décimera leur nombre l'an prochain et il en résultera un fléau d\u2019insecte l'été prochain.Les fermiers savent ce que cela veut dire et nul doute qu'ils ne donneront pas dans ce contrat.Au marché Bonsecours cette semaine il s\u2019est fait un com- merce considérable de ces petits oiseaux.Il est temps d'agir, La Semaine Politique Leparlement fédéralen était, hier, à sa trente-unième séance.Il avait donc employé 31 jours ouvrables.Pourquoi faire *\u2014Rendre ses comptes, sans doute ; obtenir les crédits nécessaires à l'administration des affaires publiques; donner cours à la législation privée, nécessitée par les intérêts nouveaux qui surgissent sans cesse ?: Pas du tout.Des discours, des interpellations, des incidents personnels; bref, du vent, de la phrase ; de la réclame assurée pour les mandataires du peuple, grâce au Hansard qui enregistre la version corrigée, mitigée, et quelque peu présentable de leur mauvais et puéril langage en parlement; voilà l'œuvre accomplie jusqu'ici.; jours se suivent et ne se ressemblent pas, a dit un poète.Il ne connaissait pas nos parlementaires qui le font mentir.Au parlement, les jours et les semaines se ressemblent tous.C\u2019est toujours la discussion, au point de vue des intérêts du parti : perte de temps pour la chose publique, qui en souffre, inais n'intéresse nos législateurs qu\u2019en dernier ressort.Voyons le bilan depuis lundi dernier.Alors l\u2019ordre du jour contenait 56 interpellations, 67 avis de motions, 37 bills publics, 25 bills et ordres du gouvernement, soit en tout 185 articles.Plusieurs de ces articles prendront un ou deux jours de discussion.C\u2019est dire que la session durera au moins jusqu\u2019à la fin de mai ; le discours sur le budget ne devant arriver qu\u2019après Pâques.Si nous nous arrêtons aux choses faites, tout l\u2019ouvrage tangible de la semaine se concentre dans la séance de mardi dernier.La voix de 1a raison Cette séance a été importante, sinon au point de vue pratique, du moins théoriquement.Elle a permis au jeune et brillant député de Labelle, M.Henri Bourassa, d\u2019exprimer ce que tout Canadien ayant au cœur le respect de la Constitution et de sa propre dignité de sujet britannique, pense et croit en son âme et conscience, être notre situation politique, au Canada.Le gouvernement a commis la lâcheté de plier sous le caprice des jingoes de notre pays.C\u2019est qu\u2019en fournissant des soldats à l\u2019Angleterre, c\u2019est qu\u2019en lui accordant un subside indirect en argent, par les responsabilités qu\u2019il a prises de payer une partie de la solde des contingents, en plus de leurs frais de voyage, il a méprisé les droits du parlement qu\u2019il aurait dû consulter.M, Bourassa a en outre démontré, avec une logique impitoyable, que le gouvernement, malgré les velléités de résistance de quelques-uns de ses membres, a bien créé le précédent par le fait accompli ; qu\u2019il nous a rivés pour toujours à la chaîne de l\u2019impérialisme, avec tout ce qu'il entraîne, l\u2019impôt du sang et de l\u2019argent, .Bourassa a le courage de ses opinions.Pas plus que son illustre aïeul, l\u2019Hon.Louis-Joseph Papineau, il n'est ami de l\u2019asservissement, sous quelque forme qu\u2019il se présente.Il a fait honneur aux traditions de sa famille, très peu sympathique au régime britanni- nique, qu\u2019elle accepte par loyauté.a réponse de Sir Wilfrid Laurier, comme on devait s\u2019y attendre a été d\u2019une habilitée consommée.Elle se résume dans cct argument qu\u2019en politique, les meilleures théories cèdent devant les nécessités du fait et des circonstances.En un mot, selon Sir Wilfrid, la ratification d\u2019un acte de l\u2019exécutif par le parlement, justifie l'initiative du gouvernement sans le parlement.Sir Wilfrid a embelli cette doctrine de toute l\u2019élo- uente faconde qu\u2019il possède.Son impérialisme s'est manifesté avec un éclat, qui a_traversé l\u2019Océan et a pénétré jusque dans les bureaux du Times, de Londres ; le fait est que le Times a élevé Sir Wilfrid au pinacle, et lui a versé toute une amphore de compliments.+ 5k, Ta VIE i Voilà le grand événement parlementaire de la semaine.Ajoutons à cela, le vote de $2.000.000 pour défrayer I'envoi et payer la solde de nos contingents, quelques discours chauvins sur les tarifs de faveur, et vous avez l'ensemble de la dernière semaine parlementaire.M.Tarte Tout semble plus tranquille, la passe difficile est franchie.M.Tarte est parti pour Paris, avec tout un essaim de dames \u2018Commissionners \u201d, clavigra- phistes, sténographes et autres dames spécialistes.C\u2019est dommage que le ministre des Travaux Publics nous ait quittés avant la résolution Bourassa.Autrement, il aurait saisi l\u2019occasion de nous expliquer sa position dans le ministère, il nous aurait dit, sans doute, les raisons pour lesquelles il conserve un rtefeuille dans un cabinet, où il est en divergence opinion de tous ses collègues, moins Sir Wilfrid; et pourquoi il consent, aujourd\u2019hui, à aider l\u2019Angleterre e nos hommes et de notre argent dans des guerres lointaines, pourquoi enfin il sacrifie la question des précédents qu\u2019il abhorre à un portefeuille qu\u2019il adore.M.Marchand et 1e Consetl Legislatifr À Québec c\u2019est tout.comme à Ottawa : nos provin- claux se hâtent lentement.La session ne devait durer go'unn ois, Juste le temps de faire voter les subsides a M.Marchand et c\u2019était tout.Et la session n'est pas finie ; elle en a bien pour une autre semai- Ne au moins ; ce sera deux mois au lieu d\u2019un.Cepeny dant il s\u2019est passé quelque chose la semaine dernière a Québec.M, Marchand qui n\u2019en.à pas l\u2019air a joué au révolutionnaire, il à voulu tailler dans la constitution, en faisant décréter la déchéance dn Conseil Législatif.Et c\u2019est arrivé ; mais sans danger pour le conseil.L'assemblée à voté par 38 contre 21, la mort de nos petits sénateurs.uelle bonne farce ! C\u2019est le bon temps de dire avec le sergent Dumanet.\u2018\u2018 Qui trom- pe-t-on ici.\u201d ; M.Marchand a rempli toutes les vacances qui se sont faites au Conseil, témoins : MM.Pérodeau, Lanctot, Mathieu.M.Marchand sait fort bien, malgré qu\u2019il soit poète, qu\u2019iln\u2019est pas dans la naturehumaine, dans la nature du politicien surtout, de se sacrifier pour un principe; et il fait mine de proposer sérieusement à nos 24 inamovibles de vouloir se dépouiller de leur titre d\u2019honorable et de la rente annuelle de $800 qui leur est assurée pour le reste de leurs jours! Le Conseil Législatif tuera cela, soyez-en sûr.Le truc est monté: deux ou trois conseillers voteront contre eux-mêmes, parce qu\u2019ils savent que la majorité les garantit de tout péril.Et voilà.Qui aurait cru cet inoffensif Félix Marchand capable de se moquer du public avec autant de désinvo- lure.Bonhomme au fond, le père Marchand, il se perd au contact de ses amis et de son entourage.Le danger des mauvaises compagnies, quoi ! 7 Les taxeux \u2026 84H J L'autre gros incident de la semaine, à Québec, à été le vote pour une augmentation de taxes sur les compagnies d'assurances.Imaginez-vous combien les conservateurs se sont trouvés charmés de rencontrer leurs adversaires sur ce terrain.M.Marchand * ta- xeux\u201d.Oh ! quel scandale pour l\u2019opposition ; et pourtant les conservateurs savent ce que c\u2019est que de taxer.Ils nous ont fait payer des millions, ils ont endetté la rovince plus qu\u2019elle ne pèse.Qu\u2019à cela ne tienne, il aut faire de la politique, et nous les avons vus protester contre les taxes, eux qui en ont eu le monopole jusqu'ici.C\u2019est renversant.Admettons que M.Marchand a violé la promesse qu\u2019il a faite, en 1897, de ne pas imposer de nouvelles taxes; admettons qu\u2019il se rend ridicule, en prétendant avoir un surplus, tout en cherchant d\u2019autres sources de revenu, il est toujours moins coupable en taxant de riches compagnies, que les conservateurs, qui ont taxé le pauvre peuple.Cette augmentation d\u2019impôt ne fera pas de mal à M.Marchand dans l\u2019opinion.La province de Québec est foncièrement libérale, et elle lui pardonnera tous les accrocs qu\u2019il fera au contrat qu\u2019il a passé avec elle dans ses divers programmes, aussi longtemps qu\u2019elle n\u2019aura pas de \u2018\u2018tasques\u201d à payer directement.CARON.C'te manie de s\u2019anglifier ! Le gouvernement canadien vient d\u2019envoyer des représentants du sexe faible à l\u2019exposition\u2019 de Parisous n\u2019y trouvons pas grand mal, mais d\u2019un autre côté, n\u2019allons pas y chercher un trop grand bien ; nous y laisserions et notre latin et notre temps.Er définitive, que seront ces représentants fin de siècle, et quelles seront leurs fonctions ?Ont-elles résolu d\u2019abandonner toute grâce féminine, dese vêtir à peu près comme des hommes, de porter la chemisette empesée avec des feutres crânement cassés sur l\u2019oreille, à l\u2019artiste ?Marcheront-elles à grands pas dans les rues, un portefeuille ou un paquet de livres sousle bras?Laisseront-elles un sourire voltiger sur leurs lèvres minces?Iront-elles ou n'i- ront-elles pas aux bals, aux banquets?Auront-elles l'air sec, anguleux, homasse ?Heureusement, rien de tout cela ne sera nécessaire à nos charmantes représentantes.Elles devront se promener et regarder beaucoup, regarder même pour celles qui n\u2019y seront pas.A toutes ces derni Tes, grand bien leur fasse, et tant mieux pour les favorisées ! ! Seulement, afin de se donner plus de prestige aux yeux des parisiens, ces dames ont résolu de prendre le titre de lady commissioner.Et l'admiration de ces bons français pour ce titre ompeux augmentera sans doute en raison directe des entorses de mâchoires qu\u2019ils attrapperont à vouloigJle prononcer à l\u2019english.y commi.shi.shi.sionner Dandurand, lady commai.shi.shi.sionner Françoise, etc.Ca, ne fait rien, Pourvu que ça vienne, Et puis, en prenant un titre anglais, ça prouvera une fois pour toutes à ces français assez naifs pour nous appeler leurs frères, que nous sommes anglais quant tout, et ensuite français.s\u2019il reste de quoi en aire., Nous conseillerions aux ladies commissionner d\u2019ajouter Une preuve encore plus convaincante, pendant qu'elles y sont : celle du tempéremment.A toutes les galanteries de ces bouillants français, elles devraient répondre par la majestueuse froideur des icebergs polaires qu\u2019affectionnent tant les filles d\u2019Albion, et recevoir les flatteurs comme des chiens dans un jeu de quilles.C\u2019est ça qui serait complet.Stanislas Prod'hominië.\u2014\u2014e _ GARDEZ L'ENFANCE dents de la gorge .Ala BAUME RHUMAL, \u2014L\u2019enfant est sujet à tant d\u2019acol- moindre alerte faites prendre du ETUDE LITTERAIRE A PROPOS DE LANGAGE Dans un précédent aperçu, je vous parlais de l'influence de chaque nation sur chaque nation au point de vue la transformation des langages.Je vous faisais voir combien il était dangereux de conclure à l'unité de l'esprit humain ; je vous montrais comment nous étions forcés à chaque instant de rapprocher les hommes par des vues comparatives.Je vous mettais en garde contre l\u2019envahissement du néologisme dans une langue, lequel peut offrir de très randes réformes, mais peut aussi devenir la pierre \u2019achoppement dela littérature.Aujourd\u2019hui je veux parler de la seconde cause a laquelle sont dues les transformations successives d\u2019une langue : le cosmopolitisme.Le cosmopolitisme joue un grand rôle dans l\u2019alté- ation d\u2019une littérature.Son but est funeste : la destruction du caractère national, c\u2019est-à-dire du prestige d\u2019un peuple.; Le mot cosmopolitisme est détestable par lui-même : il fait antithèse avec l'expression pleine de grandeur \u2018* Caractère national \u201d parce qu\u2019il lui est diamétralement opposé et que l\u2019un et l\u2019autre se combattent.Quand nous disions plus haut \u2018\u201c influence de chaque nation sur chaque nation \u201d, cela nous faisait voir à travers l\u2019histoire le progrès et la civilisation, Aussi, il est dine grande utilité de connaître les rapports des peuples entre eux etle mouvement de chaque idiome ; mais quand nous disons \u2018\u2018 influence du cosmopolitisme \u201d, cela nous fait immédiatement découvrir le véritable ennemi d\u2019une langue.Pour nous, Canadiens, parlant la langue française, le cosmopolitisme devrait être l\u2019unique préocupation de nos luttes.Je ne me rappelle plus le nom de l\u2019auteur qui disait : \u201c\u201c Il faut aimer un lieu ; l'oiseau même qui - tage le domaine des airs, affectionne les creux d\u2019arbre ou de rocher : celui qui est atteint du cosmopolitisme est privé du plus doux sentiment qui appartienne au cœur de l\u2019homme.\u201d Oui, le cosmopolitisme porte en lui la négation absolue de l'amour de la patrie et de tout sentiment de fraternité.Son ambition est de se dégager de toute dépendance : il a le monde pour berceau, n\u2019est pas fixé et fait profession de colporter ce qu\u2019une nation étrangère a de plus malsain et de plus antipathique aux croyances et à la langue d\u2019une autre nation, C\u2019est lui qui, le premier, entre en lutte avec les défenseurs d\u2019une cause commune; c\u2019est aussi Jui qui veut la corruption des langages ; c\u2019est lui qui porte atteinte au caractère national d\u2019un pays.Or, je vous le demande, que serions-nous, si, en subissant l'influence du cosmopolitisme, nous allions sacrifier le plus cher trésor que nous possédons : la langue française ?La langue n\u2019est-elle pas l\u2019orgueil d\u2019une nation?Voulez-vous me dire ce qui à fait lu France du XVIIe siècle, si ce n\u2019est l\u2019idiome remanié et embelli par l\u2019esprit tout gaulois desgrands écrivains classiques ?Voulez-vous m\u2019apprendre ce que scrait le XIXe siècle littéraire sans cette fière pléiade romantique ui a donné à la France contemporaine une nouvelle irection intellectuelle ?Voulez-vous me dire ce que nous allons être, nous, dépositaire de la langue française au Canada, si nous laissons libre champ & lintreduction de mots étrangers, de composés hybrides, de tours de phrases où l'anglisisme perce à chaque instant, de circonlocutions propres au génie de la langue anglaise ?ne seule chose nous conservera notre caractère national ; c\u2019est.la langue française tant que nous la parlerons au Canada.Aussi, faut-il se mettre en garde contre le Ccosmopolitisme.Laissez-moi, chers lecteurs, vous rappeler le plus bel exemple d'amour de la langue, sentiment qui devrait toujours nous animer.Au commencement de ce XIXe siècle, tourmenié pat le revirement des idées comme des procédés d\u2019art, a France subissait une décadence littéraire.Un homme est venu, Chateaubriand qui, profon- fondément enthousiasmé de la littérature \u201canglaise, en introduisit les chefs-d\u2019œuvre en France et jeta les bases d\u2019une nouvelle école.Vient avec lui Madame de Staël qui, subjuguée par cette pensée si large du romantisme, fit connaître à son pays les grands écrivains de l\u2019Allemagne et l'esprit germanique.Mais devant ces deux grandes influences que furent l\u2019auteur du livre \u201cDe l'Allemagne \u201d et celui de \u2018\u2018 l\u2019Essai sur la Littérature Anglaise,\u201d la France ne cessa jamais de lutter pour la conservation du caractère national que vingt dynasties avaient défendu par le glaive et la pensée.Et si la voix [Puissante de l\u2019Angleterre et de l\u2019Allemagne a soufflé le mot de rénovation à la France, elle ne lui a fait subir qu\u2019une transition impérieuse et nécessaire, sans pouvoir jamais atteindre son caractère propre.Puisse ce fait sublime de l'histoire littéraire e la France au XIXe siècle nous servir d'exemple et nous mettre en garde contre le cosmopolitisme.Mais quoi qu\u2019i en soit, quand tous les dictionnaires français serajent supprimée de la surface du monde et quand la langue disparaîtrait, il est un mot vénéré que rien ne peut effacer de nos cœurs et qui résume l'histoire de l'esprit humain : ce mot là, c'est la ance, JEAN CHARBONNEAU, LE PASSÉ ET LE PRÉSENT Smut Canadiens-français, que faites-vous ?Dormez-vous, -ou voulez-vous mourir ?Mourir ! Eh quoi! un peuple jeune et fort peut-il donc mourir ?Non certes; mais il peut se suicider.Vous appartenez à cette belle et grande race latine qui a donné la civilisation au monde.Et nous ne parlons pas de cette civilisation égoïste où tout se capitalise au profit du soi-disant civilisateur ; mais de la civilisation vraie, de celle qui ne cherche pas à opprimer le faible au profit du fort, à le dépouiller de ses biens, de sa patrie même, son bien le plus précieux.C\u2019est cette belle et noble race, qui, aussi forte que généreuse à versé son sang sous le drapeau du Christ, sacrifiant l\u2019existence de ses enfants pour apporter à I'incrédule, au sauvage, les consolantes doctrines de Notre divin Sauveur.C'est elle aussi qui sous le drapeau de la liberté, a appris aux hommes le respect de -des droits de chacun.Dieu et Patrie : voilà la devise de nos ancêtres.Ils étuient prêts à mourir pour leur religion, mais aussi pour leur patrie.Soumis par une race conquérante, ils surent être loyaux, fidèles, sans cependant s\u2019abaisser devant leurs nouvenux maîtres.Comprenant que pour être respectés, il faut se respecter soi-même, ils surent se montrer ce qu\u2019ils étaient: des hommes intrépides, mais loyaux, ne s\u2019'humiliant que devant la grandeur de Dieu.Grâce à leur courage, à leurs convictions inébranlables, ils surent imposer à ceux qui pouvaient être leurs oppresseurs, le respect de leur personnalité, de leurs coutumes, de leur religion.Ils obtinrent d\u2019eux d'être reconnus laurs égaux.Plus tard ceux-ci voulurent revenir sur les concessions faites, voulurent dominer de nouveau.Forts sans forfanterie, vos pères surent maintenir leurs droits.Grâce à eux les gibets d\u2019infamie ont été couronnés de l\u2019auréole du martyr.Ils n\u2019ont pas craint d\u2019arroser de leur sang la terre bien aimée de la patrie, surs que leur sang ne serait pas versé en vain.Pris de respect pour une race aussi courageuse, qui ne demandait que le respect de ses droits, ceux qui voulaient l\u2019écraser, furent heureux de se reconnaître ses égaux.Canadiens-français, bénissez vos ancêtres.C\u2019est à leur énergie.à leur courage, mais aussi à leurs vertus que vous devez le respect de vos droits, de votre religion.C\u2019est à l\u2019abnégation avec laquelle ils ont sacrifié leur vie pour votre bonheur, que vous devez cette belle constitution libérale qui vous régit.Et maintenant, renierez-vous vos ancêtres ?Qublie- Tez-vous les enseignements du passé, la mort de vos parents, martyrs de la liberté.Rejettercz-vous au loin leur devise si belle, si grande en sa simplicité : Dieu et Patrie.Vous en faut-il donc une nouvelle : Dieu et l\u2019Empire.L'empire! quel empire ?Rappelezvous que cette constitution si belle qui vous régit, qui vous fait des hommes libres, maîtres de vos destinés, ce n\u2019est pas sans peine que vous l\u2019avez obtenue, ce n\u2019est pas par peu de chose que vous l\u2019avez payée.Le sang de vos ancêtres peut vous en répondre.Rappelezvous les attaques dont votre race est l\u2019objet, le mépris que l\u2019on vous jette à la face.Est-ce en courbant le dos sous l\u2019insulte que vous vous ferez respecter ?Le dos qui plie, appelle le bâton qui le frappe.Rappelez-vous vos ancêtres.ux aussi ont été attaqués, méprisés : mais forts de leurs droits, ils les -ont défendus.Est-il donc nécessaire d'en venir aux moyens extrêmes?Non certes.Seulement serrez vos Tangs.Respectueux des droits des autres, exigez que l\u2019on respecte les vôtres.Levez haut le drapeau de vos ères.Gardez y fidèlement leur devise : Pour Dieu et a Patrie.Mais ne laissez pas toucher à cette belle -constitution qui vous régit ; cette constitution que le sang de vos pères a sanctifiée.Non, les Canadiens-français ne dorment pas.Seulement conscients de leur force, confiants en leurs droits, ils attendent patiemment l\u2019attaque, mais ne la provo- ueéront pas.Loyaux et fidèles à leur constitution, ils n\u2019entendent pas se soustraire à ses obligations.Ils la respecteront en loyaux sujets, mais n\u2019admettront jamais qu\u2019on y touche parce que seule et telle qu\u2019elle est, elle peut donner pleine et entière satisfaction à leurs droits légitimes, à ces droits qu\u2019ils ont achetés assez cher et qu\u2019ils ne veulent pas sacrifier.Armand de F.Où nous en sommes.La Vérité, de Québec, ayant dit dans un langage très ferme, mais très digne, que \u2018\u2018les troubles de Montréal ont révélé aux Canadiens-français les véritables sentiments de leurs concitoyens anglais à leur égard ;\u201d ue \u2018\u2018 les relations entre les deux races sont aujour- -d'hui, ce qu\u2019elles étaient il y a cent ans ;\u201d que \u201c les Canadiens-français sont loyaux à l'Angleterre par -devoir religieux et par raison politique seulement,\u201d et que \u2018\u2018le seul remède à la situation présente est la constitution de la Province de Qué en colonie séparée,\u201d le Herald, journal libéral de notre ville, s\u2019exprime ainsi : \u201c Il n\u2019est pas dans la nature d\u2019une populace de faire des concessions ni d'établir des différences subtiles.La populace qui visita les bureaudu Star ne distingua \u2014 pas le drapeau, embléme de liberté civile, du drapeau tel que souilii par les appels du S%.r aux haines de race.Il se peut, cependant, que des personnes, en dehors des foules inconscientes, soient emportées par le même courant, comme le démontre le angage intempérant de la Vérité.\u201d La Vérité n\u2019a pourtant rien dit que de très loyal et de très respectueux envers la Couronne.Ces paroles du Herald prouvent à nos compatriotes qu\u2019ils auraient tort de s\u2019engouer tout à coup de certains journaux anglais parce qu\u2019ils en ont reçu, dans une occasion particulière, quelques bonnes paroles.Le Herald et autres feuilles anglaises soi-disant sympathiques à notre élément n\u2019ont jamais cherché à démontrer qu\u2019on peut, sans déloyauté, désapprouver l'envoi de troupes canadiennes en Afrique, mais seulement que MM.Tarte et Laurier sont eux mêmes en faveur de cette politique nouvelle.Le mépris avec lequel le Herald et ses confrères libéraux des provinces sœurs ont traité MM.Bourassa, Monet et autres défenseurs du principe de l\u2019autonomie, nous purte à croire que les compliments de cette presse doucereuse sont plus à craindre que les attaques ouvertes du Star.L'organe de M.Graham n\u2019a jamais, dans l\u2019affaire des contingents, ouvertement accusé les Canadiens de déloyauté.Il s\u2019est contenté d\u2019exposer à la vindicte anglaise deux ou trois Canadiens-français coupables d\u2019avoir voulu faire respecter les droits du Parlement.Et c\u2019est assez.Même aux yeux dela presse anglaise la plus libérale, nous ne sommes loyaux qu\u2019à la condition d\u2019être impérialistes.Tant il est vrai que les Canadiens-français sont maintenant considérés comme des Tlotes dans la Confédération.M.Laurier nous l\u2019a, c\u2019ailleurs, très bien fait sentir dans son discours de mardi dernier en réponse à M.Bourassa, et que nous trouvons dans le Herald.\u201c* Que nous sert-il,\u201d dit M.Laurier, \u2018\u2018 de prétendre que nous n\u2019avons pas l'appui de l\u2019opinion publique et que seule la voix de la presse nous à guidés ?L'opinion publique peut s\u2019exprimer de plus d'une maniére.on honorable ami (M.Bourassa) a déclaré, il est vrai, que c\u2019était un acte de faiblesse que de céder à l\u2019opinion publique, si elle nous demandait quelque chose de contraire à notre honneur où à notre sens du droit ou des convenances.Je le demande à mon honorable ami, quelle serait aujourd\u2019hui la condition de ce pays, si nous avions fermé l'oreille à la voix de l'opinion publique?(Applaudissements des deus côtés de la Chambre).Si nous avions refusé de faire ce qui, je le crois, était pour nous un devoir impérieux, il est malheureusement trop vrai qu\u2019une agitation qui, selon toute probabilité humaine, se serait terminée par une guerre de race.Non, pareille calamité ne saurait se produire au Canada.\u201d (Texte anglais.) \u2018 What avails: it to-day,\u201d continued Sir Wilfrid, \u2018\u201c to say that we have not behind us the force of public opinion, that we were not to be guided solely by the voice of the press ?Public opinion has more than one means of expression.We know that public opinion was with us.\u2018It is true that my Hon.friend has stated that, if public opinion were to ask something against one\u2019s honor orsense of right or dignity, it would be a weak thing indeed to follow.(Cheers.) I ask my hon.friend what would be the condition of this country to-day if we had refused to obey the voice of public opinion.(Cheers from both sides of the House.) If we had refused at that time to do what, in my judgment, was our imperative duty, it is only too true that a most dangerous agitation would have arisen\u2014an agitation which, in all human probability, would have ended in a line of cleavage on racial lines.A greater calamity could never take place in Canada.\u201d La politique Laurier, la voila: és Mes chers compatriotes, il se peut que l\u2019on vous demande de sacrifier l\u2019honneur et de bonheur de vos foyers, mais si vous dites un mot, les Anglais vont vous déclarer la guerre.\u201d CHARLES DUPRE.NOTES D\u2019ART \u201cIl y a dans le monde, des hommes et des femmes \u201cqui ne peuvent pas souffrir la critique.Ce sont de \u201c pauvres eoprits.- Sentence habilement lancée par Giraudier (M.R.- H.Duhamel), au cours de la comédie en deux actes, Maitre Corbeau, jeudi dernier, au Monument National.Nous venons de placer cette sentence en vedette, parceque nous en connaissons, nous, des hommes et | es femmes qui ont les nerfs tellement sensibles qu\u2019ils poussent des hurlements, dès la première vel- leité que nous avons de leur dire la vérité.Afin de ne pas passer pour de pauvres esprits, peut être met- tront-ils-une sourdine à leurs glapissements et ne nous feront-ils plus grise mine.; Voici, aussi succintement que possible, le bilan de la dernière soirée de famille.Le Violoneux, opérette de J.Offenbach, a été assez uvrement rendue.Monotonie et raideur dans l'action, mauvaise concordance des voix et trop de prédominance au piano d'accompagnement.Remarqué toutefois beaucoup de bonne volonté chez les interprètes.La comédir en deux actes de Maurice Ordonneau, intitulée Maitre Corbeau, à suffisamment intéressé les spectateurs et a été suffisamment interprètée par les acteurs.Entre les actes il y a eu plusieurs numéros intéressants.Mlle Yvonne Corbin nous a détaillé aussi bien que possible, une étude de Chopin, sur un piano des plus défectueux à tous les points de vue.M.Ernest Tremblay, a joliment chanté le Credo du Paysan de Goublier.Un conseil cependant: M.Tremblay devrait éviter le chevrottement et en matière de diction, éviter la liaison après une respiration, et prononcer ses e muets moins ouverts.M.Emile Bélanger a été bien accompagné au piano, par M.Aimé Mackay, dans le Gra Air de Joseph de Méhul.Il possède une très jolie voix de ténor léger ° Un léger reproche cependant : ce morceau est un morceau de.concours qui demande beaucoup de pathétisme de la; et a une diction suffisamment digne.part de l\u2019exécutant.Or, il nous a semblé que M.Béanger nous l\u2019avait dit d\u2019un ton trop tranquille, notamment dans la phrase, \u2018Et pourtant, malgré ses alarmes,\u201d où le mouvement aurait dû être précipité d'avantage.Un jeune soprano du nom de Antonio Letourneau a chanté La Ville Sainte avec une voix suffisamment pure bien que nazillarde.Seulement il a chanté en anglais, et la langue de John Bull ne semble pas chez elle, aux soirées de famille.+ * Demain soir les élèves du professeur Alex.M.Clerk donneront une audition à la salle Karn.Le programme que nous avons vu semble d\u2019un choix très heureux.Plusieurs de ces élèves ont déjà obtenu des succès dans les salons où l\u2019on chante ou dans des auditions précédentes.Nousaimons à croire qu\u2019ils rendront intéressante cette soirée musicale.\"+ Il s\u2019est glissé une erreur dans notre dernier compte rendu des Pattes de Mouche à l\u2019Académie.Nous nous sommes mépris, en parcourant les noms, sur le programme et nous avons mentionné une autre personne au lieu de Mlle Y.Sohier qui a personifié Mme Vanhove, de talentueuse façon.Il paraîtrait, de plus, que nous avons été mal compris lorsque nous avons dit qu\u2019il manquait à M.Laramée, un certain chic parisien.Plusieurs personnes ont cru que nous faisions allusion à son maintien, alors que nous ne voulions parler que de la diction, ou même que d\u2019une minime partie de la diction.Les parisiens émettent les sons d\u2019une façon plus claire et plus distincte ; d\u2019où leur chie.De plus, afin de tirer d\u2019inquiétude nombre de personnes dont quelques directeurs de cercles dramatiques ou de théâtres, nous affirmons que M.Laramée n\u2019a pas abandonné et ne veut pas abandonner la profession d\u2019avocat dans le but de se livrer à la scène.De ce que nous avons l'avantage de le voir quelquefois dans des rôles difficiles, et toujours à la hauteur, il ne faut pas conclure que M.Laramée son- e à se faire un avenir d\u2019un état encore bien ingrat ans notre trop pays.* * % Madame Eugène Lafricain, professeur de chant et élève de feu Romain Bussine, de Paris, doit donner une audition d\u2019élèves à la salle Karn, dès les premiers jours après Pâques.* * * Applaudissons à l\u2019arrivée, à l\u2019Eldorado, d\u2019un artiste qui nous promet de la gaîté, M.Victor Moret, dont les journaux français nous ont déjà dit les succès à l\u2019Aonigu, aux Menus-Plaisirs, aux Folies-Dramatiques, au Châtelet et ailleurs.Les petites chansonnettes qu\u2019il nous a improvisées la semaine dernière nous fait croire à un beau rôle qu\u2019il remplira cette semaine dans Chou Fleuri, Une Consultation et La chemise defmon beau-père.Faut de la gaîté.i Un correspondant d\u2019Ottawa, critique musical dans plusieurs revues new yorkaises, nous a envoyé un rapport détaillé du concert de jeudi soir au Russell.La Yegende dorée de Sullivan a été bien exécutée par la phiharmonique de la capitale, et scrupuleusement accompagnée par la Symp onie de Montréal, sous la direction du professeur J.J.Goulet.C'est la première fois que cet orchestre a été préféré à un orchestre de Boston que l\u2019on faisait venir chaque année.Nous regrettons de n\u2019avoir pas l\u2019espace voulu pour 3 rt en entier.publier le rappo GUSTAVE COMTE.Les Faussaires \u2014 La police de Montréal a reçu avis du chef Wilkie, du bureau du service secret des Etats-Unis, que des faussaires sont en ce moment à l\u2019œuvre.Ils mettent en circulation un billet de la dénomination de $5.00 série de 1898, Lettre B.cliché No 30.Le bank note est imprimé au moyen d\u2019une plaque demi-ton sur deux feuilles de papier distinctes, collées au moyen d'une composition dans laquelle entre une certaine quantité de fil de soie rouge, vert, violet et jaune.On vient, de plus, de recevoir des informations certaines contre une bande de faussaires qui sont refu- giés dans les environs de Montréal et quil:sont sou çonnés d\u2019être les autenrs de ces contrefagons.- \u2014 \"EST AT NSI.Cent sl doux à prendre, le BAUME RHU- MAL = cela fait tant de bien quand on est enrhumé.07 me re pe Cà y est La Cour du Banc de la Reine a commencé lundi à choisir un jury dans la cause de conspiration de Baxter et Lemieux, et n'a réussi a le compléter qu'hier après-midi, vers quatre heures.Voici les noms des jurés : .Jos.Guilbeault, président, Moses Houston, Louis Rock, Edmond Charland, L.N.Dupuis, Alphanse Brazeau, S.A.DeLorimier, Fred.L.Alley, Alex.McKsy, Cornelius Meany, James O'Brien, et Wm.D.Morgan.La Conr a informé les jurés qu'aussitôt la levée de I'an- dience, ils seront isolés du public et que toute communication avec le dehors, sous quelque prétexte que ce soit, leur sera interdiie.Le juge leur a déclaré froidement, et sans restriction mentale aucune, que dans cette cause toutes les mesures seraient prises pour prévenir aucune atteinte à l'intégrité de la loi.Ils entendront la messe à la prison, et, aussitôt aprés les cérémonies religieuses, il leur sera permis de faire une promenade autour de la montagne, en voiture ou en tramway, à leur choix.Le procès commencera lundi, à 10 heures.Si toutefois il est condamné, il nous est pèrmis d'augurer que la sentence qui sera portée contre baxter, le conspirateur, sera très mince.Nous nous basons sur le fait que pendant que le choix des jurés était a se faire, Baxter toussail & s\u2019arracher les poumons.Il n'y avait accalmie que durant la discussion, mais après chaque élection de jurés, Baxter reprenait ses crises de toux; il toussait d'une façon à attirer les larmes du juge.La Comédie Laforest L'affaire Laforest est revenue à la commission de l'aqueduc, la semaine dernière, quand M.l\u2019échevin Vallières a demandé au surintendant de lui expliquer certains actes relatifs à l\u2019administration du service.\u201c N\u2019y touchez pas\u201d s\u2019est écrié l\u2019échevin Jacques.\u2018\u2018 Je suis sous le coup d\u2019une injonction judiciaire.Ma conscience se refuse à écouter un pareil débat * L'échevin Jacques, en voici un à qui l\u2019on ne fera pas mépriser les injonctions! En attendant, le procureur municipal a défendu à la commission de poser aucune question à M.Laforest touchant sa conduite passée.M.le surintendant, une fois le jugement du juge Mathieu rendu, n\u2019avait qu\u2019à faire émettre un nouveau mandat, sous prétexte que M.l\u2019échevin Vallières est révenu contre lui, et la farce se continuera jusqu\u2019à \u2018an prochain.Il paraît, cependant, que certains échevins vont resolunent porter la question au conseil, quelles que doivent être les conséquences de leurs actions.FAITS-DIVERS \u2014On annonce pour aujourd\u2019hui, du froid puis de la neige, vers le soir.\u2014Les braves enfants de la verte Erin ont chômé leur fête patronale, hier.Et si quelques-uns se sont laissés entraîner par leur enthousiasme, ne leur en gardons pas rancune, Ce n\u2019est pas tous les jours le 17 mars; que diable ! \u2014Ces bons huissiers chargés de surveiller les, jurés nommés pour le procès Baxter, l'hôtel Riche: gy, n'ont u résister à la tentation de chômer lesoir jaa fate que es Irlandais célèbrent sur l\u2019air de St Patricl>s day in the morning, et leur surveillance s\u2019en est peut être un eu ressentie.Soyons indulgents puisque les excès e patriotisme sont à l\u2019ordre du jour.«Le deuxième banquet annuel des Chevaliers de Saint-Patrice à eu lieu hier soir à l\u2019hôtel Windsor.M.le docteur Kennedy présidait.ayant à ses côtés S.G.Mgr.Bruchési, le Consul américain, et les présidents de toutes les sociétés canadiennes, irlandaises et anglaises, j'inclus la Protestant Benevolent Association.Il y avait à peu près 300 convives autour des tables, Monseigneur a fait un éloquent discours.Il a dit en substance que ce jour était vraiment le \u2018\u2018 Shamrock Day \u201d parce que la reine avait permis aux soldats anglais de porter cette emblême à leur boutonnière.s applaudissements couvrirent ses dernières paroles.\u2014A cause d\u2019un procès intenté contre la patronne d\u2019une maison de désordre, cette semaine, un officier du Revenu provincial à témoigné qu'il avait trouvé un constable qui agissait en qualité de bouncer dans une de ces maisons.Il y a longtemps que nous prêchons la règlementation de ces maisons ! \u2014Le nommé Simpson, arrêté vendredi soir pour vol de $300 de marchandises était autrefois, paraît-il, attaché au bureau des détectives en qualité de Shadow ou mouchard.Selon quelques-uns l\u2019individu serait même, en cu inoment, au service du bureau.\u2014On a été peu édifié de voir, dans la procession des Strathcona, LeBeuf, l\u2019échevin, à la tête de la procession, précédant deux rangées de constables aussi solides et habiles, que le président est cocochyne et maladroit, écartant les petits garçons, donnant la main aux dames pour leur aider a traverser lu rue, ordonnant à droite ou à gauche, courant devant lui sans savoir où il allait.Est-ce vraiment bien là la dignité qui convient & un échevin de Montréal ?\u2014Il est question, en ce moment, dans un cercle de gens bien intentionnés, de présenter un bâton de Policeman à LeBeuf, l'échevin, pour reconnaître ses services rendus lors des dernières échaffourées.\u2014Un message téléphonique reçu de Lacolle cette après-midi, à la police de Montréal, informait qu\u2019un individu répondant à la description de Curtis Poole, le Vermontois accusé d'avoir tué sa femme à coup de razoir à Swanton, vendredi matin, avait été vu rôdant dans les alentours.Aussitôt après le meurtre, l\u2019américain a traversé la frontière canadienne qui est située a quelques milles de là.\u2014Hier soir, vers onze heures, immédiatement après la fermeture de l\u2019établissement, un commencement d'incendie s\u2019est déclaré au magasin de M.Solomon, 254 rue Saint-Laurent.Le fe.a duré très peu de temps mais les pertes se sont élevées à plusieurs centaines de dollars.\u2014L'Alliance Médicale de l\u2019Amérique (limitée) a été incorporée hier.Ses directeurs provisoires sont MM.Ed.Cavanagh, Jules d\u2019Estimauville Clément, James D.Tobin et autres.Le capital souscrit est de $100,- 000.Le but de l\u2019Alliance est d'assurer, moyennant une souscription hebdomadaire de dix sous, des médicaments et des soins professionnels aux membres de l\u2019association.\u2014Une des jeunes actrices d\u2019un café concert de la rue des Commissaires s\u2019est prise aux cheveux avec sept ou huit compagnes à propos d\u2019un homme blond (ou brun).Et le propriétaire de l'établissement a du flanquer à la porte trois ou quatre de ces demoiselles.Amour! Amour! \u2014Une fille dujnom de Mary O'Rourke a été condamnée par le recorder Weir, a $2.00 d\u2019amende ou deux mois de prison, pour avoir fait le trottoir rue Lagauchetière.Pourquoi ne pas laisser cette besogne aux salariés par le comité des chemins?Voilà où mène toujours les excès de zèle.\u2014Trois femmes du demi monde ont subi leur sentence hier, sur accusation d\u2019avoir tenu une maison où l'on ne dit pas que des prières.Ce sont Mmes Gussie Hall, Mary Davidson et M.Leblanc.La sentence de cette dernière a été suspendue jusqu\u2019au 19 courant.\u2014Il nous fait peine d'annoncer que M.F.B.Irwin, le fameux coureur, pour courses de fond, qui était parti pour le Transvaal avec le premier contingent est dangereusement malade.ALBERT SABOURIN.Desastre a Quebec (Service spécial des DEBATS) Québec, 15.\u2014Le feu s\u2019est déclaré vers 12.15 dans les coulisses du théâtre de l'Académie, où les Irlandais avaient donné durant la soirée une représentation patriotique.Il y avait a ce moment un grand nombre d'acteurs et autres attardée sur la scène.Peu s'en est fallu que plusieurs ne perdissent la vie.Pertes, $12,000, A 2:30 hrs.ce matin le toit de l'hôtel Saint-Louis était en feu.MACHINES A VENDRE ACHINES\u2014A vendre, 1 machine a raboter et embouve- ter, de Monroe; 2 double crushing machine pour la moulée, 400 minots par jour; 3 machines à bardeaux.self acting Eagle\u2019s Patent.\u201d 40,000 par jour; 4 scie à ruban.Toutes en bon état, presque nouves et bon marché.S'adresser 280, Saint-André, Montréal.EMILE LYONAIS_#\u2014 ENTREPRENEUR ELECTRICIEN Spécialité de lum'ères et de timbres électriques.E«
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