Les Débats, 5 mai 1901, dimanche 5 mai 1901
[" \u2018 : | Q\\ grandes nations deviennent sublimes a 75 2me ANNEE No 4 LA SCCIETE ANONYME DES DEBATS (INCORPORÉE) ANNONCES, RECLAMES, FAITS-DIVERS S'ADRESSER DIRFOCTEMENT A l\u2019Administration des \u201c DEBATS ** REDACTION Tous les jours de 10 rs.a, m, À G hrs.p.m.Le Sumodi jusqu'à ininuit.Je- manuarrits nou insérés seront rendus gur d- nianede.Ju.uticles seront signés et les auteurs res- pou bles.whi JOURNAL INDEPENDANT \u201c \u2018ABONNEMENTS +: MONTRÉAL, (à domicile, OANADA ET ETATS-UNIS ETRANGER oS MAI 190! LE NUMERO : 2 SOUS par poste ou par messager) $1.50 par ai 1.00 ** 1.50 REDACTION ET ADMINISTRATION \u201c 23, RUE SAINT-JACQUES Montréal, P.Q.TELEPHONE BELL : MAIN 23810 Parait le dimanche matir FA.Tarte et l\u2019Exposition La mauvaise foi anglaise Nous venons de recevoir une copie des correspondances échangées en Europe, entre le gouvernement lFrau- çais, M.Chamberlain, lord Strathcona (tM.Tarte, a propos des choses canadivnnes a PExpesition de Paris.Ih bien ! la lecture de ces documents m'a révélé toute la patriotique énergie mentrée là bas par l'honorable M.T'arte.Comme je n'ai cessé, alors que j'étais correspondant de la Presse, à Paris, et depuis que je suis rédacteur politique aux DDEnars, de critiquer et de blämer beaucoup des actes ct des paroles de notre ministre des travaux publics, je he pense pas qu\u2019on puisse trouver une flatteric dans l'hommage dont je veux saluer aujourd'hui un honune à qui, d'ailleurs, je suis antipathique.Quand un canadien-français à qui on dispute, avec toutes les subtilités hypocrites dont Albion est capable, le titre même de «\u201c Commissaire-Géné- ral\u201d qu\u2019il obtint quand même, afin que le Canada jut s'affirmer comme nation ; quand MM.Tarte a tout fait pour qu'on enjolive ct rende présentable la si lamentable bâtisse que l\u2019Angleterre voulut construire, malgré nous, pour le Canada a J'lixpesition de Paris ; quand un ministre, pour obtenir justice, fut obligé de batailler pendant deux ou trois mois avec les auto- tités impériales, il parait juste que ses compatriotes s'inclinent devant lui et le saluent avec fierté.Cent lettres échangées, entre lord Strathcona et M.Tarte, prouvent l\u2019énergique insistance mise par ce dernier pour obtenir : la nomination de jurés canadiens pour nos exposants ; plus d'espace et une meilleure situation pour notre exposition, ct enfin l'affirmation de notre existence natio- naic et de notre liberté relative.Grâce à notre commissaire-général, on a ap- \u201cris en Europe que \u201c le Canada était yraiment, une nation \u201d\u201d selon l'auparavant nudacieuse expression de M.Laurier.Voici de très intéressantes lignes cueillies dans unc lettre confidentielle de M.Tarte à lord Stratacona, en date deParis 4 avril 1900 : « Mon cher lord Strathcona, \u201cJe suis maintenant en position de parler avee pleine connaissance de cause.Ce no sont pas les autorités Françaises qui ont exclu le Canada d\u2019une représentation oflicielle à Paris : ce sont ceux qui ont parlé au nom du gouvernement Impérial de la même façon que le colone Jekel s'est expri- ané devant vous, l'autre jour.\u201cTai vu moi-même hier, les autorités Françaises.Elles m'ont dit que le \u2018Gouvernement Impérial avaitinformé le gouvernement Francais que l'An-leterre el ses colonies ne scraient ré- présentées que par le seul commissaire anglais, excluant ainsi le représentant du Canada.\u201d Et toutes les lettres de M.Tarte -Contiennent de semblables rédama- tions.La délicatesse des procédés qu'on cut pour nous cst bien anglaisc.Nous sommes petites gans et quantité négligeable.Ln lovangeant \u201cle bon ouvrier du prestige Canadien, n'oublions pas de constater encore une fois, combien il nous faut déployer de forces pour que 1e peuple du \u201c fair play\u201d aigne nous considérer autrement que comme des chiens en laisse ! Ah! cette liberté que nous avons, \u20ac que l\u2019Angleterre chante dans le monde, cn preuve de sa magnanimité, «comme il nous la faut disputer et défendre chaque \u2018our ! Nous l'avons cette liberté,parce que l'Angleterre sait qu'il est dans son in- \u2018térêt d'être libérale ou de faire de suite, le sacrifice de sa plus belle colonic.Dans ces conditionsla, toutes les de générosité ! Et dire que chaque jour, nous rencontrons des gens pour répéter : \u2018le \u2018bonheur du Canada ést d'être sous le joug de l'Angleterre.Le peuple ca- -Nadic' est le plus libre de la terre, ctc.\u2018\u2019.Des étrangers nous regardent, dit-on, avec envie ?; Mais, ils oublient que certaines li- \u2018bertés vues de loin Gont comme une soulevant l\u2019envic des pauvres qui croient que là-dedans est le bonheur Ils ignorent si cette vuilure ne renferme pas un blessé où si elle ne porte pas une douleur qui sanglotte.Demandez à M.\u201carte si, durant l'Exposition, il fut fièrement heureux de souffrir les humiliations dont beaucoup de ses lettres à lord Strathcona sont l\u2019écho ?Maintenant que, grâce à son énergique patriotisme ct à celui de notre commissaire à Londres, toutes difiicul- tés ont été aboîies, peut-être voudrait- il que ses protestations de l\u2019an dernier soient laissées dans les cartons du passé, de l'oubli ! Mais il faut que le peuple canadien connaisse l'amitié sincère et désintéressée dont l'Angleterre nous entoure.C'est encorc un souvenir qui restera dans la mémoire de Jean-Baptiste.J'ai lu, hier, un petitentieflet disant que notre bon roi, ldouard VII, a l'intention d'ajouter à ses titres celui de roi du Canada?\u2014 Qu'il ne se presse pas trop pour commander de nouveaux cachets et qu\u2019il attende aussi, puisqu'il veut des couronnes nouvelles, d'être définitivement vainqueur du Transvaal, afin de pouvoir y ajouter encore ce titre de gloire ! Pourquoi donc, l'Ang'ererre ne de- vient-elle pas sincère dans ses paroles ct dans ses actes, au moins, vis-à-vis de ses colonies ?\u2014 Il est temps qu\u2019elle mette un frein à ses ambitions et surtout à sa mauvaise fri; car, qui sait si De Wet n'a pas quelques frères aux colonies britanniques ?ln attendant, le Canada peut redire & PAngleterre la phrase ironique que Dante avait mise dans la bouche de Stace : \u201cToutes tes paroles sont pour moi des gages de ta tendre amitié ! Arthur GRAVEL Un petit pays.\u2014 Vous pensiez que les deux plus petits Etats de l\u2019Europe étaiont la République d\u2019Andorre et In République de Saint-Marin.Ilyaun état plus minuscule, dest In ville de Moresnet, qui a sa constitution parti- eulière, et qui occupe entre In Belgique ot l'Allemagne un territoire jadis contesté, aujourd'hui neutralisé et, organisé en République sous le protectorat de ces deux Etats.Moresnet vit sous la honlett> d\u2019un bourgmestre, élu par un conseil composé de dix membres.Son territoire comporte 2,700 habitants, Le divorce en Amcrique.\u2014 Ta Cour suprème viont de rendre un arrêt qui va mettre fin aux divorces à la minute si fréquents dans divers Eral de l\u2019Union.Elle n décidé que les divorces accordés à des conjoints qui nescraient pas, l'un et l\u2019autre, résidents Done fide dans l'Etat où En séparation légale cest prononcée sont nuls et non avenue.Par cet arrêt, de nombreuses person - nalités new-yorkaises, qui avaient divorcé, moyennant une excursion de vingt-quatre heures dans le Nevada, le Dakouu, ot autres Etats, se trouveraient, si elles ont contracté depuis un nouveau mariage, dans le cas de véritables bigames.Pauvres gens! Tls étaient si heureux d'être débarrassés, les uns et les autres, de leur encombrante moitié ! De quoi se mole In Cour suprème ?Tubercuileux volontaires.\u2014 Il se passe dans le monde de bien étranges choses.Ne vient-on pas de découvrir qu\u2019il existo en Allemagne des gens qui payent pour avoir ln tuboreulose ?A ve sujet un procès sensationnel se déroule actuellement devant ln cour criminelle d'Elbexfeld.J Un nommé Baumaun, pharmacien, est accusé d'avoir vendu à plusieurs habitants de la ville et des environs des pilules engendrant la tuberculose.Ces bizarres clients les nbsorbaient dans le but de se faire exempter du service militaire.Clients et fournisseurs sont naturellement poursuivis.Deux des accusds avouent avoir payé A Baumann 2,000 et 3,000 marks, Plusiours accusés avouent aussi avoir été en relations avec Buumann, Celui-ci, cependant, maintenant ne les avoir jamais vus.; Deux cent vingt-sept témoins et experts seront entendus.; Faut-il, tout de même, que le métier de soldat soit quelque chose d\u2019atroce, pour quo des hommes de vingt ans préfévent Ia phtisie ct In inort à l'en- caserncment | La fortune du Saint Pere.\u2014 Un journal itallen donno exactement la fortune do n XIIT.Le Pape Ado lo Vatican avec ses annexes.Son txésor eat estimé à 425 millions de piastres ct donne un revenu de 2 millions de piastres par mois.Voyngo intime.\u2014 Le capitaine Anâvews, cnéricain, qui traversa l'Atlantique seul dans une potite barque, va se marier.Pour son voyago de noces, il emmènern sa femme en batenu de douze picds do long sur deux de !arge, jusqu'aux Açores.Faudra pas faire d'imprudence.La fin d'un toreador.\u2014 Il y a vraiment des hommes que leur nature aventureuso pousse À braver tous les dangers, par simplo divortissement, sans nécossi belle voiture fermée qui passe, 5 On n déjà raconté ici le nouveau sport tauromachique inventé nar don ancredo qui, déguisé en statue, bravait du haut d'un piédestal Ia fureur du taureau.Oclui-ci avait pour habitude de s'éloigner après un examen attentif de ce bloc enfariné qui ne lui disait rien qui vaille.Mais, malheureusement pour Tancredo, toute règle a ses exceptions, Un taureau plus malin on moins prudent que les autres se précipit sur lu fausse statue et, d\u2019un bou coup de cornes dans l\u2019ar- vière-tvain, fit regretter À l'impassible amateur de n'avoir pas In dureté du marbre qu'il imitait st bien, Don Tuncredo à donc dû renoncer à sed exploits, mais il wa pas pour cela fui le danger.Seulement celui qu\u2019il court maintenant est infiniment moins brutal dans ses manifestations, L'ex- statue vient de s'établir cordonnier pour dames, Il devra mnintenant lutter, non plus contre l'action violente d'un animal en furie, inais contre la tentation.Elle sera d\u2019antant plug redoutable que le pied des dames espa- guoles, toub mignon et bien cmnbré, doit faire de funestes ravages dans le cœur d\u2019un cordonnier-aunateur.Les Cigares de Sa Majeste, \u2014 En dépit des nouvelles à sensation que les Journaux anglais se font envoyer pé- viodiquement du Travsvaal et qui nous aunoncent tantot quo Botha 1 engagé de nouveaux pourparlers avec lord Kitchener, tantôt quo De Wet cst fou, il parait certain que les choses en sont toujours au même point es que la pa- ciflcation de l\u2019Afriquo du Sud est ajournée aux calendes les plus ltcédé- mioniennes.Les Bocrs, qui n'ont plus rien à perdre, lutteront jusqu'au dernier souffle de vie et l'Angleterre ver- Lit ses Armées fondre comme neige au soleil sous ce climat meurtrier, les T'onimies semer leurs caduvres le long des routes, mourir de l'entérite ou de 1x pepte dans les hôpitaux, tandis que les Inilions continueront à disparaitre dans le gouffre sans fond de cette guerre sans fin.Mais, tandis que les fils les plus vaillants de l'Angleterre tombent là-bns pour ne plus se relever et que la puissance britannique est frappée au cœur Edouard VIL scimble prendre les closes avec une crstaine philosophie, Il ÿ à des gens qui, lorsque les affaires ne vont pus, lorsque leurs revenus diminuent, restreignent leurs dépenses et rognent méme sur leur tabac.Le nouveau roi, lui, pense sans doute que les préoccupations fâcheuses ok les soucis lancinants s\u2019évanouissent dans les volutes bleuatres de Li fuinée d\u2019un havane, et il achète des cigares, Seulement, afin de inieux oublier ¢- videunneut, il exige une fumée de tout premier choix.Ses cigares coûtent quatre shillings, autrement dit une piastre pièce.L'empereur d\u2019Allomuagno ne les paie que vingt-neuf sous.Ça doit être de ln camelote.Et puis, commie tout lui réussit, il ua pas besoin de chercher dans le parfum des puros uno diversion passagère.Mais, pour écarter le souvenir obsédant des piles reçues par ses généraux, ce pauvre Edouard VII ne saurait payertrop cher In fumde consolatrice, Aussi vient-il de commander dernièrement our mille piastres do cigares.Ilya ieu d'espérer que s'ils sont suflisam- ment sces cela lui permettra d'attendre sans trop d'impatience la prochaine victoire de lord Kitchener.Armements americains, \u2014 Le département de la guerre vient de décider que l'armement général del\u2019armée américaine sera complètement rezou- veld.On commencera par changer les revolvers ; le Colt, actuellement en usage, serx remplacé par le Luger, qui vient d'être adopté par lo gouverne- mens suisse, Co choix n été décidé après de longues expériences qui ont donné les meilleurs résultats.Leo Luger peut tirer 110 balles à lu minute ; le Colt n'en tire que 40.Interdiction du cerceau, \u2014 Bizarreries du hasard ! le jeu du cer- cea vient d'éLre interdit duns les rues de Washington par ordonnance de police.Petits garcons et petites filles devront se passer désoriuais de ce jeu innocent.On n'a plus la liberté du cercentt A Washington ! Pourquoi ?C'est la faute de P'électricité, Le linsard voulut qu'une petite fillo joufit avec up cercenu de fer dans la rue Northeast, Or, dans cette vue existe une voie de tramway à traction électrique par caniveau.Précisäment au moment où une voiture ar- vivait, le cerceau vint 66 loger dans lo caniveau, établissant un court circuit.Tout le courant passa par le cercenu qui s'échauffu ct fut porté au rouge blanc en un instant.Le tramway s'arrêta court, n'ayant plus de courant.Impossible de toucher au cerceau.Toutes les voitures suivantes s'arrêté- rent à leur tour et le service ful suspendu jusqu'à ce que l\u2019on ait pu téléphoner à l'usine productrico de ne plus nire fonctionner les machines.Jamais cerconu d'enfant, de mémoire d'homme, n'avait causé d'accident aussi lamentable! Un tramway immobilisé par un cerceau ! On en parlera longtemps à Washington ! : A, FAVREAU Nouvelles a la main Molinchard a pour principe de ne jamais répondre \u2018\u201c non \u201d à uno femme.L'autre soir, dans un salon, une personne mal informée lui disnit ; \u2014 Vous êtes veuf, je crois, monsieur?\u2014 Autant, madame, qu'il soit possible de l\u2019ôtro quand on n'a jamais été marié.Aux chutes dai A ux chutes-dû Niagare : Un touriste, au\u2018 guide-\u2014Est-ce que nous approchons de la cataracte ?Le guide, sans _s\u2019émouvoir.\u2014 Oui, monsieur, c\u2019est tout près, ot, si ces dames veulent bien se taireun instant, vous allez entendre le bruit formidable.x Profession dé fol de Rapineau : \u2014 Jamais je ne donnerai ma fille à un journaliste, à un homme qui gaspille le papier en n\u2019écrivant que d'un soul côté.Et encore moins à un poète, que ceux-là ne vont méme pas Risquau bout des lignes ! Felix MAGLOIBE John Bull et Jonathan Dans un banquet, qui n'a êtro offert par une société de tempérance, le Secrétaire d'Etat pour lu guerre, M., Brodrick.a prononcé les paroles les plus imprudentes que jamais ministre nit fait entendre dans une réunion publique.Ia déclaré que l'Angleterre était prête à défendre sers droits en Egypte, ¢n Chine, aux Indes et zu Sud Africain.Don Quichotte partant en guerre contre les moulins à vent no parlait pue autrement et c'est à croire que M.Brodrick a pris pour inodèle le héros de Cerynntès.L'Angleterre, nation étinmerçante, pays industriel, Etat pacifique, nous mennce tout simplement et à bref délai, de la guerre aux quatre coins du monde.C'est une belle perspective pour les gens assoillés de paix et de tranquillité.Quand tous les monarques s'accordent pour demander la paix, Albion seule médite la guerre en tous lieux.Pauvres colonies qui voulez lier votre sort à l\u2019Angleterre, vous en verrez de lu misère avec l\u2019Impérialismie doutran- ce ! On vous en demandera des hommes et del'argent pour l'oprreinsaliable qui veus toul dévorer ! Les différends, entre nations pour- raieut,sans trop de diffilcultés,se règler diplomatiquement, à l'aurore de ce siècle vingtième.Mais les ministres du roi Edouard ne rêvent que plaies et hosses.C'est la guerre qu'il leur faut ! La leçon que leur ont donnée les Boers ne leur suffit pas.Des milliers d\u2019hom- nes mouvts là bas, dansco Sud-Africain, des millions de piastres englouties, qu'est-ce que cela peut faire à M.Brodvick ?Et pourtant au point de vue pratique Messieurs les Anglais, \u2014 vous qui passez pourl'être beaucoup pratiques\u2014 qu\u2019avez vous gagné?Unedotte énorme qui va écraser d'impôts vos natiomtux, des grêves en perspective avec la décadence de votre industrie et de votre commerce.L'Amérique guette vos folies et votre fameuse suprématie so:a détrônée.John Bull vaineu sans coup férir par Jonathan, sur le terrain des alfaires,ce sera dans un avenir prochain, le résultat obligatoire de ln guerre du Transvaal.as dû lui Joan CADOT.CHRONIQUE Le joli mois de mai fait éclore avec les lis,des fleurs do chaix ailées gdont le parfum noystique caresse nos\\yfmes, comme une émanation de,ues niondes éthérés, entrevus par Sullÿ Prud'homme.Légbre aylphide, votre pied satiné, effleure à peine le sol, vous ôtes si gracieuae, 0 belle communinnte én votre toilette adrienne quo l'on craint sans cesse de vous voir prendre votre essor ; notre asphalto est dur cs terne, vous êtes si fréle, si blauche! Le voile de ganze et de modostie qui vous enveloppe flotte aux frissons do ln bri.so comnue des ailes d'anges.Le vieillard qu'il effleure s'arrête surpria et frémissant, un souffle pur orre sur son front, une poussée de sève printanniè- Ye gonfle son sein, au seul toucher du spectre de sa jounesse incarné dans cette onfant vêtue de moussoline ; son être en reste troublé jusqu\u2019en ses profondeurs.Les flours dos cimetidres ont ncigé sur sa Lote, c'est vrai, munis le cœur endormi pout tressaillir seu- dain aux niSodies d'antan ; ces deux -enfances, celle qui s\u2019éveille ct celle qui s\u2019en va sont peut-être sœurs ; l'aurore et le crépuscule ne jettont-ils pas les mémes gerbes d'or dans le clel gfipour- pré ?Mais le soleil mourant garde en ses rayons le mirage des horizons caressés, des paysages illuminés, des raux fécondées, des fleurs épanouies, des nids qu'il a fait chanter.Le coucher de l\u2019astre est si triste parce qu\u2019il emporte le passé ! Voyageur, qui suis d\u2019un œil d'envie cette blanche communiante, tu voudrais revivre les heures vécues, ressaisir ces impressions fugitives de In jeunesse,8tre pur,naif,croyant, illusionné, comme alors, demande à In colombe de se revêtir du fin duvet éparpiilé dans l'espace au sortir de son nid! \u2018L'on ne se baigne pus deux fois au mên.e flot\u201d dit Héraclite.Emporté vers l'océan des ges, sur la barque de le vie, l'homme voit défiler sous ses yeux des roves fleuris, des coins d\u2019I£- den, de jolies maisonnettes qui se mirent dans l\u2019eau bleue.| Charmé par quelque site enchanteur, il implore le temps.\u2018\u2018 Maître, dressons ici notre tente, on y est si bien!\u201d Mais le nautonnier cruel lui crie : *\u201c Avance ! \u201d Résigné, comprenant Tinanité de la résistance, il se laisse emporter.L'eau du fleuve devient verdiitre, la lame mauvaise, la mer so fait sentir et les rives pleurent la désolation.Plus d\u2019oiseaux, plus do végétation, munis des lnges sablonnouses brûlées par un so- eil de feu, des sombres mnsses de granit où l'on ne voit que de rares sapins montrant leurs fronts dégarnis !.Ces grèves lanientables fuient à leur tour, seulo l'in rensité du ciel et de l'océan demeure : l\u2019abîme et l'espérance ! x Au fond du sanctuaire le maitre autel flamboie de la lumière de mille cier- es, l'odeur de l'encens se mêle au par- uin des gros bouquets enlignés aux pieds de [a Vierge, L'orgue éclate en sonorités triomphales, le carillon lance dans l'air ses notes gaies, de ces poitri- nesd'enfante monte une hymne touchante môme par ses notes fausses \u201cMon bien-aimé ne paralt pas encore!\u201d Les potites figures pâlissent et s'irzadient d'un rayon do l'au-delà, les yeux dilatés sont perdus dans l\u2019ox- tase, lo voile du tabernacle déchiré par la foi, laisse passer le doux Jésus! Le fete, le désir et l'amour ont éclairci a vision intérieure de cette taie qui envelo l'Ame de l'enfant, comme la larve, Ma nsccto ailé.Vous aurez raison, bonnes femmes, de soupirer en posant respectueusement vos lèvres sur ce fron que \u201cc\u2019est un ange ! Mère, faites cdmme le pére d'Origène, baîsez cette frôle poitrine, c'est le temple du Saint-Esprit | Le prêtro élève l'hostie | Enfin le maîtro les appelle 1.\u2018Ts se lèvent, marchent inconsciemment comme pors tés qur les ailes du rôve, ils courent à son amour In gorgo sèche, In poitrine en feu, à l'instur du cerf des saints cantiques, altéré d'eaux vives.Jésus pénètre cos potites mes ; se môle au sang do leurs veiues, comme comme lo fleuve se confond à la mor, comme le soleil étreint ln torre.I vit en oux comme ils vivent en Lui, c'est le mystère de l'amour, inclinez- ous.Les flliettes pamées, terrasséos par cette première ivresse s'affaissent sur leur prie-Dicu, un dirais un champ de lis courbés par le siroco, tandis que les gargonnets réstent droits, mais au rix de quels efforts grand Dieu! Le Jeune chéne aussi bien quo le vieux, d'un front alticr, défilent les ouragaus.Les parents sanglottent, la toto cachée dans leurs mains ; lo passant incrédule venu s'insulller de l'innocence de In foi nu contiet de cette candeur, ndossé contru une colonne tout an fond du temple, écrase des lavmescorro- Sives creusant ses joues.Les mélodies d'autrefois, le souflle divin qui passe duns co sanctunire,n'ont, su ressusciter son cœur glncé, il chante comme Mozart son propre requiem ! Non, lu jou- nesse ne peut s'enter sur le tronc rabougri, les bourgeons d\u2019avril ne couronnent pas le cop desssehé ! La première conununion est le plus beau jour de la vie, On l\u2019i chanté; Napoléon l\u2019a dit, et c\u2019est vrai ; mais comme tous les beaux ciels d'ici-bns, il a ses nuages ! Que de tortures pour l\u2019à- me qui redoute la moindre souillure, le plus léger souffls sur le miroir de sa pureté.Si le bien-aiimé allait détourner ses regards d'elle, parce qu'elle na sait pas trouver de ces mots brûlant de passion que lui souffle son formulaire! La pauvrette, ella ignore encore que les battements de son cœur, le tremblement de ses lèvres sont plus éloquents que toute l'emphase poétique qu'elle cmprunterait au bude sa- erd.C'est In suprémo tentation de so trouver plus jolie dans cette première toilette do petite mariée, depuis si longtemps entrevue dans ses rêves, do se mirer dans les glaces des grands tvagasins, c\u2019est l'effort de son cerveau pour ne pas se Inisser guizer par lu [u- mée d'encens qui snonte vers olle.Les Lonnes tantes ne disent rien, mais In mangent des yeux, elles s'approchent, B\u2019éloignent, mettent leurs Inains en ubat-jour,pour qu'on ne voie pas leurs yeux pleins de urines ; les potits frères génds, comme devant de la visite, In regardent bouche bée et n'osent lui parler.Les friandises, les Âteaux de Loutes sortes, les bon- ons, les fruits qui composent le menu do ce grand Your de féte, elle les caresso du regard, mais les croque avec un certain remord ! Si elle s\u2019au- blie, ln tentation étant trop forte, clle fait des compromis avec lo petit Jégus.* d'en ai mangé doux de ces gà- tealix, C\u2019est vral, mals no sois pas fà- ché, si jo ne taimais pus tant, jen mangerais six |\" I2t les souliers trop étroits, le voile attaché aux choveux qui les tive tout le temps, le premier corset qui coupe In respiration, ete.N'importe ln première communion Inisso dans notre vie une longue traînéo lumineuse, elle marque l'éveil du cœur de la femme ; sa première initiation au rôle d'abné- ation, de dévouement et d'ainour qui ti est dévolu.Dès cet instant celle abandonne les lisières de l\u2019enfance,une précoce gravité tempèro la pétulance de ses jeux, les volants, la balle, la danse à la corde, etc, sont choses du passé ! Sa poupée est reléguée au fond d\u2019un vieux meuble;si elle caline encore c'est en cachette, en révant d'un autre bébé plus perfectionné qui dit \u201c papa et maman \u201d, sans qu\u2019on soit obligé de tirer des ficelles, Jélle devient rôveuse, riffonne de mystérieux billets, fouil- ette des dictionnaires, dévore des romans sentimentals, pour y trouver l'écho des harmonies qui chantent en elle.O bel adolescent, ce cœur où vous entrorez.vous n été ouvert par le Jésus mystique et comme le sachet garda longlemps après qu'elles sont tombées cn poussière, lc parfum des roses qu'il enfermait, ainsi le cœur do ls vivrge, visité par l\u2019homino-Dicu, s\u2019est impré- né de sa charité et de son anour.C'est c secret de son inépuisable tendresse, de In fidélité qui défie le temps ct le malheur,de cette ardeur généreuse qui la pousse à donner ses soins et sa vio aux souffrants comme le Ohrist son maitro ! MUSETTE \u2014\u2014 ee Métamorphose Je chee:ho en vain ces bois sans nombrs.Ou régnait !s paix des tombcaux, Et dont la silhouette sombre Se mirait on nos grandes eaux.Je cherche eu vain Phommo sauvage Qui fitretantir lo rivage Me cris de joio ct de douleurs ; M reposa Jatis lo imnystire, Oublié, sans noi, sous la terre Quo fertilisent nos sucurs, De vastes cités dans le fleuve, Baignent leurs pieds depuis vingtans ; De leur sein jour et nuit s'élève La rumeur 2\u2014 > e \u201c Faits Divers TEN PERATURE \u2018Toronto, 6 Beau «t doux.Une guérison Etonnante Nous sommes heureux d'apprendre qu'un de nos concitoyens, M.Albert Gagnon vient d'être guéri d'une maladie qui ne pardonne pas d'ordinaire et qui fait sous notre climat de trop hom- breuses victimes, Nous voulons parler de In consomption.Abundonné des médecins qui avaient renoncé à l'espoir de le guérir, M.Albert Gagnon s'est adresse au R.Père Giraud qui a reçu de Dieu le merveilleux pouvoir de guérir les maladies dont souffre la pauvre humanité.Voici le cortifeat que M.A, Gagnon n été heureux de délivrer au R.Père Giraud : Montréal, 1! Avril, 1001 Je déclare que le Reverend Pere Giraud na parfaitement guéri de la consomption et je crois de mon devoir de remercier le bon Dicu qui lui a donné cegrand pouvoir ; il mn rendu hessreux ainsique ma fainille, car il m'a guéri de ln muladie dont je souf- fraïs depuis Jeux ans et tous les traitements que j'uvaissuivis ne m'avaient point soulagé quoique j'aie consulté les principaux médecins de la ville.Je dois recommander à tous ceux qui soutlrent de con- sompilon ou d'autrestnaladies de serendre auprès du Mév, l\u2019êre Giraud qui par ses prières obtiendra leur guérison complète.ALBERT GAGNON, 561 Rue Beaudry.Témoin : Jérémie Roy, 271 Rue Shaw.Que les pauvres souffrants pour lesquels la scienco n'a rien pu faire s'u- dressent au Père Giraud, 1091 rue Notre Dame, chambre 12, de 9 à 10 le matin, Ils obtiendront soulagement et avec la grâce de Dieu, guérison complète.Le Père Giraud fait bénéficier de la vertu de guérison qu'il poseèda d'une j manière gratuite, par pure charité chrétienne, tous les malades qui iui rendent visite, Le nouveau journal du Dimanche Le 12 mai courant paraîtra à Montréal l'édition du dimanche du Pionnier dont lc premier numéro sera publié à Montréal à cotte date.La compagnie qui publie co journal, ayant aujourd\u2019 hui 35 ans d'existence, vient d\u2019Acquérir un matériel tout neuf, ot surtout une collaboration active de plusieurs écrivains en renom qui le rendront aussi intéressant que dans le passé, Le Pionnier seru mis eu vente dans tous les dépôts de journaux, et les annonceurs sont priés d'envoyor la copie de leurs annonces lo plus tôt possible.Pour les Cochers Nous attirons attention de la municipalité sur les stations et les kiosques des cochurs do flacre qui ont besoin d'être visités par un Inspeeteur du département des Chemins ef même r un officier de l'hygiène.Depuis ongtemps ces édifices publics n'ont pus subi do réparations et il serait grand teinps, surtout à l'entrée de la elle saison de leur donner un bon coup de peinture.Les intérieurs sont délabrés, malpropres ; des hommes s'y reposent et les locaux sont à peine bons pour des chevaux ! On nous signale particulièrement le klosque situé à l'angle des rues Cherrier 2t Saint-Denis.Les cochers du quartier seraient reconnaissants à Ml'échevin Lavallée de dire un mot en leur faveur.Singulier visitenr Hier soir, vers dix heures, le chef de la sureté, M.Silas Carpenter, était à tra- lers afürmo gue sl le total des inderm- vailler, seul dans son cabinet privé.Sapprochant À reculons d\u2019un pupitre, il y déposa, ettis se 2etourner, l'un de ses mystérieux juujuets.répétaut ensuite Lu même m\"weuvre sur dex chaises qui se trouvaient à -utéo, S'adressunt alors : sl.Carpenter: \u2018* Ceci est pour vous\u201d.dit-il en scan- | dant ses paroles, avec une sorte d'affectation, \u2014 Merci\u201d, fit le chef, \u201cmais dites-moi, qu'est-ce qu'il y nu là-de- dans ?\" ~-* Regardez Vous : éme,\u201d répondit l'inconuu.Voulant en finir une bonne fois, M.Carpenter se décida A examiner lo «nn.tenu des edtis en Laestion: il ouvrit avec précaution celui qui se trouvait.sur sou pupitre, et y trouva deux vulgaires patates, de In famille de cuiles qu\u2019on appelle d'ordinaire ** patate.de Californie\u201d.L'inconnu était maintenant au mi- ieu de Ia chambre, les bras croirés, immobile comme une siatue de una we, Le chef des détectives Inissa enfin échapper un soupir de soulagement : il avait devant lui un pauvze manin- que, et rien de plus.Lui morzais.at un : fauteuil il l'invita à s'asseal et foignit une profonde reconni:issance pour le cadeau qu\u2019il venait de recevoir.Ces démonstrations délièrent ln lan- Bue du pauvre insensé, qui se donna counne chef des ugeuts secrets de Si+ Wilfrid Laurier, ** Je suis iggé de 50 ans, dit-il, ei suis à l'emploi du gouvernement depuis 43 ans.Les patates que je vous apporte sont des Îles Figi, je les ni cultivees moi-même\u201d Puis continuant sur ce ton, il demanda la protection de la Sûreté contre des individus qui Jui auraient volé les titres de pussession d'une terre qu'il possèderait aux îles Manitoulin, M.Carpes.ter promit de s'occuper de cette affaire, ct le wmania- que, après lui avoir serré In main avec elfusion, se retira Lien persuadé qu'il n'avait pas perdu ses patates vi les donnant au chef de nos détectives, 3.Hercule Barre M.Hercule Barré vient d'être reçu pharmacien, après de Lrillants exe- mens, Nos félicitations.\u2014 Bonne Capture Un ditngereux pickpocket.arrete par le détective Lamouche
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