Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
L'Écho des Bois-Francs : journal industriel, politique, agricole et commercial
Un journal conservateur qui s'efforce de s'adapter aux goûts du jour.
Éditeur :
  • Arthabaskaville :Société de publication du district d'Arthabaska,1894-
Contenu spécifique :
samedi 9 avril 1898
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

L'Écho des Bois-Francs : journal industriel, politique, agricole et commercial, 1898-04-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" J a = alia ARTHABASKAVILLE, ® Ashi 1000 A, a, Les bias bY) Kuton 4 GS vn K H v.+ RS A ES BOI ORGANE DU COÏ An e de \u2014 IN nie xe ABS Ne 125 so pese AUGUSTE BOURBEAU, Editeur-Proprietaire JOURNAL HEBDOMADAIRE DE FEUILLETON DE \u201c\u201cL'EGHO DES BOIS-FRANCS \u201d FLEURANGE LA VIEILLE MAISON (Suite) Il n'en était pas d'ailleurs tout A fait ainsi pour Flearange.Ses deux cousines étaient mariées ; ellea étaient henreures.Certos elle les aimait pour s'en réjouir.mais il n'en était pas moins vrai que In maison lui remblait êtr- devenue bien grands, la table de famille bien petite, la bibliothè- ue bien vaste et le jardin bien ésert.Le moins a plaindre psr- mi «ux était le jeune Fritz qui avait conservé son frare et pour qui rien n'était changé; mais la petite Frida pleurait ses sœurs et s'attachait plus qu'auparavant aux pas de Fieurange, qui avait.pour l\u2019amuser et-la distraire, un talent dès longtemps éprouvé Fleurange, ds son côté et pour son propre compte, faisait grand cas de cette distraction, en sorte qu'elles étaient à peu près deve- nues inséparables et que l'enfant ne quittait presque plus la cham | bre de la jeune fille.Un jour qu\u2019elles s\u2019y trouvaient comme de coutume, Fleurange était occupée à chanter à demi- voix nne longue ballnde que la petite fille écoutait.la tête appuyée sur son épaule.lorsqu'un coup frappé à la porte les fit tressaillir toutes les deux.C'était cependant un conp fort léger et rien ue mmolivait le tremblement aveu lequel Fleurange déposa l'enfant par terre et se leva à la hâte pour ouvrir la porte Mais, dès que cette porte fut ouverte, l'espèce de pressentiment qu'elle venait d'avoir fut justifié.Celui qui venait de frapper, c'était Wilhelm Muller.le commis de Heinrich Dornthal ; l'expression de son visage, ses traits houleversés, sou apparition même ai inusités et si imprévue, dénotaient assez qu'il était survenu quelque évènement triste et extraordinaire \u2014Pardon, mademoiselle, dit-il avec agitation, ce n'est pas vous que je cherchais, mais M.Clément est sorti «t M.le professeur aussi, m'a-t-on dit ?' Savez-vous où je puis les trouver ?\u2014Je ne ais où est Clément, mais mon oncle et ma tante sont allés chez Steinberg.Ils surveil lent leur jardin depuis qu'ils sont absents.\u2014 Chez les Steinberg ! Il faut plus d\u2019une heure pour aller jusque-là ! O mon Dieu.mon Dieu, que faire ?\u2014Qu'y-a-il, au nom du ciel monsieur Wilhelm, de quel malheur apportez vous la nouvelle ?\u2014Un malheur ! répondit le commis après un peu d'hésitation.Eh bien, oui, mademoiselle, un grand malheur est survenu\u2026 mais je ne pnis demeurer ici.un seul instant.Dec grâce, en toute hâte, faites appeler M Ludwig et di- tes-lui que sou frére.que son frère\u2026que son frère se meurt ! \u2014Se meurt ! s\u2019écria Fleurange.Mon oncle Heinrich !.Grand Dieu ! mais conduisez-moi près de lni ; pendant ce temps-là l'on ira chercher son frère.\u2014 Non; mademoiselle, oh non ! ne venez pas! je n'y puis consentir.Mais Fleurange insistait et avait déja franchi Ja porte de sa chambre, lorsqu\u2019èlle rencontra Olément.Il rentrait et venait d'apprendre que le commis de son oncle le cherchait.\u2014Votre oncle Heinrich se meurt ! s'écria Fleurange avant qu'il pût faire une question ; allons le voir, Clément, sans perdre de temps, pendant qu'on appelle vos parents.Et elle l'entratnait déjà vers l'escalier.Mais, tandis qu\u2019elle parlait, Wilhelm s'était approché de Clément et lui avait dit quelques mots à l'oreille.Clément pâlit ; surmontant toutefois à l'instant une émotion visible et violente, il prit Fleurange qar la main.\u2014Reatez ici, lai dit-il ; il ne faut pas que vous veniez ; croyez- moi, il ne faut pas.Quand il en sera temps, je viendrai vous chercher.\u2014Et il la ramena doucement, mais avec fermeté, dans sa chambre ; puis il sortit en popssont la porte.Ln moins de der minutes la porte de la rue se ferma a son tour avec bruit, et Fleurange Fe N £a ~ ge retrouva seule dans In maison, ou.du moins, n'ayant près d'elle que la petite Frida qui pleurait, effrayée, et qu'elle s'efforçait de calmer tout en cherchant à se calmer elle-même et à supporter patiemment le tourment d'une attente inquiète et immobile, Il était environ cinq heures lorsque Wilh-]m avait frappé à la porte et, comme on était en été, il faisait encore graud jour ; mais le jour avait baissé, la nuit était venue, ¢t Flenrange attendait toujours.Frida, après avoir long temps pleuré, s'était endormie dans ses bras, et malgré son activité naturelle Flenrang se sen- tnit comme obligée d« rester là à la placo où l'avait laissée Clément jusqu\u2019au moment où il viendrait la chorcher.Elle avait entendu son cousin donner, en sortant, l'ordre d'atte ler une voiture.Elle comprit qu'on allait ch\u2018recher le professeur et sa femme.Elle mesura le temps, elle compta les heures, mais le temps qu'il fallait pour revenir du faubourg était trois fois écoulé et ils n'étaient pas ren- tiés Evidemment ils étaient auprès de celui qui se mourait\u2026 Que se passait-il ?pourquoi Clément l'avait-il = écartée ?Ses mains se joivnaient dans une muette prière ; puis elle recommen- gait A é ouler avec une anxiété fiévreuse et croissante.Enfin elle entendit le ment d'une voiture.Elle plaça doucem nt sur son lit l'enfant endormie et elle allait descendre.car elle devinait que son oncle et sa tante rentraient enfin.Mais elle n'eut pas le temps d'aller à leur rencontre.Clémeat les précédait.Elle l'entendit monter à pa: précipités l'escalier ; l'instant d'après, il était dans la chambre, et avant qu'elle eût put formuler une question, il Ini avait déjà ré pondu : \u2014 Gabrielle, mon pauvre oncle H-inrich n'est plus \u2014Puie, après un moment de silence, il ajouta : \u2014Un affreux snisissemeut a causé sa mort instanlané » \u2014O Dieu, le cœur me disait bien d'attendre de tristes nouvelles ! \u2014Oui.tristes en vérité, dil Clémont, et, en dépit de lui-même, il sembla un instant suffoqué par une émotiou trop violente pour pouvoir être surmontée.Fleurange ls regarda.Il y avait là autre chose que le saisissement «t la doul-ur causés par la nouvelle qu'il venait de lui apprendre.\u2014 Clément ! qu'y n-t-il encore ?dites-moi tout, parlez, de grâce, maintenant ! \u2014Oui, Gabrielle, dit-il an reprenant avec effort l'accent doux et ferme de sa voix ordinaire.Oui, jo vais tout vous dire.Je le suis revenu que pour épargner cette douleur de plus à mon pauvre père, à ma mère.Ecoutez, on plutôt teuez, lisez vous mème ! Fleurange prit d'une main tremblante le papier qu'il lui offrait, et lut ce qui suit : \u2018Mon pore, \u2018J'ai abusé de votre confiance.J'ai usé de votre nom, dont vous me permettiez de me servir, pour vous cacher les pertes que j'avais faites, et, dans l'espoir de les réparer, j'ai vonlu ensuite tenter un immense ot hardi coup de fortune dont la chance m'était offerte ; si j'eusse réusei, tout était sauvé.J'ai échoué.La ruine tombe non seulement sur nous, mais sur tous ceux dont la fortune e-t entre vos mains.Adieu ! Mon père ! vous ne me reverrez jamais.Je ne me tuerai pas, n\u2019ayez pas cette inquiétude : ce serait une lacheté de plus ; mais il y a dès pays où ceux qui cherchent la mort la trouvent.J\u2019espère avoir cette bonne fortune.Puissè-je bientôt expier ce que je ne puis plus réparer ! \u201cFErix.\"\u201d Flourange joignit les mains en sileuce ; la pitié se joiguait à la répulsion, maintenant si justifiée, quo lui avait toujours inspirée Félix, et elle ne put trouver un mot à dire.\u2014OCetle lettre, poursuivit C'é- mont, cette lettre, imprudemm-nt remise ce malin à mon malh n- reux oncle, a amené sur l'heur.: une des attaques auxquelles :l était devenu sujet et (peut-être devrais-je le dire heureusement pour lui), il y a succombé ; il n'a pas en le temps de mesurer ni de comprendre le coup qui l\u2019a frappé.roule- Fleurange elle-même en comprenait à peine encore l'étendue.\u2014 Mais où donc était Félix ?dit-elle enfin ! -Depuis quinze jours déjà il élait absent.\u2014Depuis quinze jours! s\u2019écria- t-elle alors avec un pénible sou- veuir de l\u2018ur dernière entrevue.\u2014Il quitta la ville le lendemain de la soirée qui eut lieu ici le jour du mariage de Clara.\u2014Mais dit-elle avec émotion, ce soir-là il parlait d'un abtme.il me demandait ma main, disait-il.pour l'empêchr d'y tomber.Grand Dieu ! Clôment, poursui- vit-elle avec la plus vive agitation, aurais-je pu, en ace-ptant, le sou- vrren effet ?Etait-ce possible ?Ma vie sacrifiée pouvait-elle empêcher çe malh ur, ce désastre ?\u2014Fon! ls terrible coup de dé qui suivit cette soi-ée-là était déjà devenn sa seule ressonrce pour coujur r la ruine vous parla-t-il ainsi ?lie ?fut-e+ perversité ?Oh! plutôt foli- ! il vons ai:nait, sans doute, I+ malheur ux ; je le plains, mais.Clé nent hésita un instant, puis il poursnivit rapidement : \u2014E -outez-moi, Gabri:lle ! je Pourquoi vais vous dire une chose qu'il! eût mieux valu vous taire peut- être, mais Il faut que je me justifie et que je vous rassure, et lui, je n'ai plus à le ménager : je méprisais Félix, pare * que.\u2026\u2014et le regard de Clément flamboya uu instant \u2014 parce qu'il aurait voulu me rendre méprisable comme lui-mème ; parce que le rôle maudit de tentateur, il l'avait joué près de moi, de moi qui étais un enfant ! parce que, s\u2019il l'avait pu.il m'eût entraîné avec lui dans cette voie dont il a aujourd'hui atteint le terme fatal.\u2014Aussi.ma cousiue, poursuivit Clômeut d'une voix plus émure, s'il eût réussi À obtenir votre main, je l'en su- vais trop indigne, pour n° pas vous le dir: à t-mps, car je n'on- bliais pas qu vous m'aviez nommé Votre frère ; inais cette dénon- oiation me répugnrait, et je fu- heureux, oh ! bien heureux! ve soir-là, qu'elle me fût éparrnée, et que vous eussiez été préservéu par vous-même !\u2026.Et maintenant si je vous ni dit tout ceci, c'est pour mettre fin à votre crainte de tout à l'heure.\u2014Je vous romercic de m'en dé- livr r! Ainsi, Clément, rapétez- le inoi encore une fois, devant Dieu, je n'ai aucun reproche à te faire ?\u2014Sur mon honneur, Gabrielle, vous n'en avez aucun, croyez-en ma parole ! Nous l'avons dit, Clémeut possédait uns fermeté et une sorte de sagesse prématurés qui lui don- uaient sur les autres un grand ascendant.Lorsque l'on naît Avec ce caractère, il se manifeste de bonne heure dans la vie, et un jour suffit souvent pouren ame ner le développement complet Ce jour était venu pour Clémentet, désormais, personne ue devait plus jamais songer à l'appeler un enfant.XI La ruine ! cette parole est 4 la fois très positive et très vague.L'idée qu\u2019elle présente à l'esprit, fort claire, en effet, en elle-même, renferme une foule de conséquences obscures qui, tanto épouvantent plus envore que le mal présent, tantôt suggèrent de chimériques espérauces Cet état s'aggrave lorsqu'un malheur de ce genre rencontre une nuture étrangère aux calculs de la vie matérielle, livrée à la méditation, à l'étude, et disposé: d'ailleurs, par l\u2019habitud* d'une longue aisance, de la nécessité d'acquérir une expérience dont le besoin ne s'est jamais fuit sentir.Telle était In nature, et telle avait été, jusqu'à ce jour, la position du professeur Ludwig Dornthal.De tous ls malheurs de cv monde, c'était celui qui venait de le frapper, auquel il avait le moins songé, «t il manquait de faculté pour le comprendre plus encore que do courage pour le supporter.Le mot ruine, d'ail- lears, peut aussi être pris dans un sens relatif qui le rend moins sévère ; c'était ainsi que l\u2019onvisa- genit le professeur.Ne comprenant que fa:blemeut la nature de la catastrophe survenue, il du- meurait dans une inactive attente, comptant sur an moyen que!- couque d\u2019atténu-r ce qui ne coun- cernait que la fortune, et ne s'occupait guére que de la faite honteuse de son neveu et de la mort Fat-ce fo- de ron frère qui en uvait été la suite fatale.Pendant ce temps.Clément, aidé de Wilhelm Muller, avait pris connaissance de toutes les affaires avec une promptitude et une sagacité dont avait été grandement édifié l'honnête et intelligent commis qui l'initiait à ce monde nouveau.Le voyant si leurs effrayantes découvertes : \u2014Hélas ! hélas ! pourquoi votre malheureux cousin n'avait-il pas votre tête sur ses épaules ! -\u2014 Mn tête \u2018 ell« ue vaut pas la sienne, répondit Clément à l'une de ces exclamations.Non ! non ! ce n'est pns celn, c'est autre chose qui lui manquait.Que n'ai-ju, au contraire, sa capacité et son esprit ! peut-être aujourd'hui sau- rais-je relever notre fortune, tandis qu> mon unique talent sera celui de savoir supporter la pauvreté.Oh! si elle ne menaçait que moi, combien pau elle me semblerait redoutable ! \u2014La Pauvreté !.interrompit Wilhelm ; mais vous avez bien compris, n'est-ce pis tout ce que Je vous ai expliqué ?\u2014Au sujet des créanciers de mon oncle ?- \u2014Oui.Vous êtes bien con- vain u que, parmi ces créanciers, le premier de tous, sur la liste, c'est M Ludwig Dornthal, ef que sa fortune presque tout entière peut être sauvée de ce naufrage.\u2014Oui.à condition que d'autres soient ruinés ! \u2014 Mais les droits de ceux là n- sont point supérieurs aux siens ; il n'était point l'associé de son frère, il lui avait seulement on fié sa fortun+ comme tant d'antres.Clément ne répandit pas.bost d\u2019an moment de silence reprit : \u2014l'abandon total de la fortune de mon père permettrait de rem- hourser tous lvs créanciers sans axception, n'est-ce pas \u2018 \u2014Oui, tous.\u2014F ne deineurerait pas, en «- cas, une seule dettu ?\u2014Non, dit en souriant Wilhelm, ni une dette.ni une obole ! Clément reprit l'un ds papiers qui se trouvaient sur la tabl» et le relut encore une fois on silence avec la plus grande attention \u2014Oui, c'est bien celu ! dit-il en se levant, tout est très clair maintenant.Adieu, Wilhelm ; il est plus de quatre heures on m'attend à la maison.Nous nous reverrons ce soir et nous prendrons ensemble d-s dispositions définitives, Cet entretien avait lien dans une salle basse de la maison du banquier, qui était depuis des années, le domaine de Wilhelm Muller.Il serra la maiu du jea- ne homme.et Clément prit ro- pidement le chemin d- sa demeure.C'était l'heure du diner ; ss parents l'aitendaient.Ies habitudes de la maison avaient repris leur cours ordinaire.La triste routine de la vie vst rarement interrompue plus d'un jour, même par le plus accablant malheur, et cette régularité extérieure, si pénible qu'elle soit par sou contraste avec la douleur qui intérieurement a tout transformé, aide cependant a recouvrer le calme, et avec le calme I+ cou age et la force d'agir.L'heure était dépassés de plus d\u2019un quart d\u2019hsure.Clément, qui connaissait l'exactitude de son père, entra tout droit dans la salle à manger, sachant qu- le repas devait être commencé.Il prit sa place, en effet, après quelques mots d'excuses dits à In hâte on entrant ; puis il retomha dans un silence profond.La belle et spacieu-e pièce où ils se trouvaient était l'an» des plus riantes de la maison.D» vivilles et précieuses porcelaines, rangées sur les étagères, en égayaient les sombres panneaux, ainsi que de vieux portraits, tons originaux «t de grande valeur, qui formaient la partie la plus renommée de la collection du professeur.ls fenêtres étaient ouvertes sur le jardin.La verdure reposnit la vue, le parfum des fleur arrivait jusqu\u2019à la table ; les cristaux et l'argenterie brillaient aux rayons du soleil, intercepté cependant par une vaste tente placée devant l\u2019une des fenêtres.Un air de tranquille et opulent bien être régnait partout.Au il e sez comme Dornthal ne doit causer aucnue .Clément leva les yeux, ot tous ces objets, qu'il voyait chaque jour, lui firent une impression nouvel'e.Il remarquait nujour- d'hui ce que depuis bien loug- temps il oubliait de regarder ; mais cet examen n'eut point pour effet de le distraire de ses tristes pensées, il parut, au contruire, les aggraver, et Olament était pro- prompt à comprendre, si ferme 'foudément absorbs dans sa triste pour décider et pour agir.il s\u2019é-'rêv-rie, lorsqu'il en fat tiré par la criait avec désespoir au milieu de voix de sa petite sœur.\u2014Papa, disait Frida, c'est dans huit jours, n'est-ce pas, que nous partons pour les bains de mer ?\u2014Oui, ma petite, répondit le professeur.\u2014Et ensnite nous irons voir Hilda ?\u2014Oui.Elle nous aitend dans un mois.\u2014Et après ?\u2014 Après, nous reviendrons ici.Au bout d- deux mois d'absence, il en sera temps, je pense ?Jamais, en effet, le professeur n'avait quitié sa chère demeure pour un temps plus long que celui-là.Ce peu de mots fit passer sur le visage de Clément une expression de souffrance telle qu\u2019il ne put In réprimer.Na inère s\u2019en ap reçut, et l'interrogea du regard.Mais Clément baissa les yeux et ne les releva plus jusqu'à lu fin du silencieux repas, bien qu'il sentit attaché sur lui, avec inquiétude, un autre regard encore que celui de sa mére.\u2014Clément, j'ai À t+ parler, dit sa tnère, dès que le diner fut achevé.Il se leva a instant et se diri- ga avec elle vers le jardin Mon père, dit-il avant de quitter lu chambre, vous me permet trez ensuite dy venir caus-r avec vous, n'est-ce pas ?j'ai plusieurs vhos-s À vons dire.\u2014 Oui, mou cher fils, je t'atten- drui \u2014 Bt le professeur retonrnn dans In bibliothèque, où il s\u2019enfermait tosjours pendant une heurnapris diner, \u2014Voyons ! dis-moi tout maiu- tenant.dit madame Dornthal, lorsqu'elle eut conduit son fils jusqu'à un banc placé hors de In vue d- toutes les fenêtres du ln moison \u2014Oui, ma mare, ma bonne mors.C'est & vous que je vais soumettre la sentence qui me semble avoir été signifiée à mon honneur et à ma cousrience.C'est vou- qui me direz si nous pouvons y échapper où si nous d-vons la subir.Il commença son récit, et tandis qu\u2019elle l'écoutait avec attention et sans l'interrompre une seule fois, il exposa à sa mère, dans tous srs détails et dans loute sa réalité, la situation où la mor! de sou oncle «t la fuite de son cousin les plagaient.Madam: Dornthal, plus habituée aux détails pratiques de la vie que son mari, n'avait point partagé les illusions de celui-ci ; elle était beaucoup plus préparée que lui aux suites fatales du revers de fortune qui les avait frappés.mais elle était loin cependant d'en avoir mesuré l'étendue.ls seraient beaucoup moins riches que par le passé, ils auraient de grandes privations à subir, il faudrait pour un temps faire d- nombreuses économies : telles avaient été à peu près s'8 prévisions ; mais tout cela n'avait point semblé à cette bonne ménagère prendre les proportions d\u2019une épreuve qui fût au-dessus de ses forces Non moins souvent que son mari, elle avait répété, depuis huit jours, que, dans le malheur qui les frappait, la perte d'argent n\u20196- tait rien.Maintenant elle comprenait que celte perte était quelque «hose de grave, presque autant que la mort, car c'était la fin de la vie sous l'aspeut que la vie avait eu pour elle depuis vingt ans qu'il s'agissait d'envisager et d'accepter sur l'heure.La conrageus: mère n'hésita pas cependant.Elle embrassa son fils : \u2014Que Dieu soit béni, dit-elle, de m'avoir donné un enfant tel que toi ! Oui, mon Clément, oui, tu as mille fois raison ! \u2014Aiusi, ma mère, vous lu pen- moi.la ruine des autre ruine ?\u2014Non, mon eufant.\u2014Notre nom doit demeurer sans approche, et il ne faut pas que jamais personne au moude puisse avoir le droit de le mau- (dire ?Jdu monde et.sur la surface de \u2014Non, non! il ne faut pas.| Clém-nt.quoi qu'il arrive ! ! \u2014Quoi qu'il arrive! répéta Olé- | ment avec farmeté.Ma mare.merci et adieu; je vous quitte.\u2018 Ce n\u2019est pas moi, c'est vous qui irez maintenant trouver mon! père.À suivre LA RACE ESPAGNOLE Ai L'ILE DÉ CUBA Cuba, la \u201cPerle des Antilles\u201d, porte une clef dans son écusson et s'intitule ln \u201cClef du nouveau monde.\u201d Ell est celle de la Méditerranée américaine, dont elle occupe le centre «t le point de convergence des lignes maritimes.Située «n face du delts du Mississipi.à 200 kilomètres du Meriue, à 230 de ln Floride, à 100 es Bahamas, elle est le trait d\u2019union entre l'ancien et le nouveau monde, l'entrepôt de l'un et de l'autre.À cela, sa configuration se prête admirablement ; sn forme allongée, sa courbe, convexe an nord, concave an ud, multiplient les indentations de ses Tives, dont le dévelop ement «st de | 875 lieues.Partout ailleurs qu'nu sud, elle offre des contours inoclleux et fayants, puis un relief indécis et changeant, de longs plissements de sol semés de prairies er de savanes, de cours d'eau et de marécages, de grandes plaines et de forêts, riche et perpétuel manteau de verdure que les pluies entre- llenneut, que mille ruisseaux avivent et qui font de Cuba, évri- vait Colomb, \u201cln terre la plus belle que le soleil éclaire et que les yeux aient jamais vue\" Le port de la Havane, capüale de l'île, est l'un des grands ports mouillage, peur abriter jusqu'à] aille navires.Une population de deux cents cinquante mille AM-> se meut dans le cadre riant dans le décor fait à souhait pour le plaisir des veux qu'est cette ville aux maisons bariolées de vives couleurs, aux villas peintes en blanc, en rose, en bleu, aux toits plats et À terrasses qui rappellent l'Orient, aux bouquets de palmiers, aux lurges promenades ombreuses, que dominent les cannons du Morro, veux de la Cabana et de la Punta, dont les feux croisés défendent l'entrée du port «t dominent ln ville.Dans ce milieu insulaire et tropical de Cuba, si différent de la dure et sèche terre d'Espagne, la race espagnole s'est modifiée, moins peut-être par le fait du changement de climat et ds von- ditions autres d'existen \u2018e, que par sa superposition à des races inférieures et par les croissements de sang.Elle «st devenue eu- baine, de méwme que la ruce française devient créole aux Antilles Ici, la note dominante est l'indolence et la langueur dans les hautes classes, la paresse et l'oisiveté dans les basses, l'amour drs fêtes, des plaisirs, du ju.de la loterie chez tous.Ces traits sont communs d\u2019ailleurs, à la plupart des races tropicales ; ils sont ceux qui, tout d'abord, frapp \u2018nt le visiteur, comm aussi les manières nobles de la politesse un peu emphatique du Castillan.Par un côté, «t non le moins caractéristique, le Cubain ss rattache aux colons espagnols des trois Amériques.Si her qu'il soit, ainsi qu'eux de sa descendance, il n'a, non plus qu\u2019eux l'amour de la mère-patrie, ni le culte d- ses institutions.Sur le sol du nouveau monde, peuplé par les émigrés du nôtre, les traditions monarchiques n'out pu prendre racine.De même que l\u2019on a vu les roynlistes virginiens des Etals-Unie, sépudier, dès la seconde génération, le loyalisme de leurs pères ot s\u2019armer contre l\u2019'Angleterr- pour conquérir leur indépendance, de même, les Espagnols américains out reuié la foi politique le leurs ancêtres et versé da leur sang pour s'affranchir du jong de la métropole.Ce que réclame Cuba, c'est «e que réclament de l'Angleterre le Canada et l'Australie ; autonomie politique et commerciale.De langue, de religion, de race, cette terre espagnole ; de cœur, elle a corsô de l'être, et de par ses intérêts, elle gravite autour d'un pôle d'irrésistible atiraction, celui de lu grande République Amé- \u2014Oui, Clément, c'est moi ! i L.PAQUET \u2018FES A ROBES et NIS LEBLANC, imprimeur.UR UTE MAR - DISE QUE LES MAR- NDS NE - NENT PAS Qrdinglrement on stock, Ecrivez directement À LA MAIBON 167-169-171 rue St-Joseph QUEBEC Ou venez faire une visite, et vous serez certain de trouver, dans tous les cas, l'article demandé NOUS TENONS PAR EXEMPLE le plus grand assortiment de tout le district en Ürnements d'église sk Chasubleris DRAP D'OR ET ARGENT.DRAP A CHASUBLE en or fin et demi-fin.moiré, fries, étincelé SOLE, moiré antique et duamassée, DRAP A CHASUBLE et étole.on or fin, moire antique DEVANTURES D'AUTEL, au patron, en soio blanche moisée, zee headovie d'or CROIX DE CHASUBLE, en soie, dumassée, GLANDS or et argent assortis, l\u2019AILLETTES ET PIERRES, CORDES, soutaches, ganses, or faux, fin et mi-fiu.DENTELLE or et argent.FRANGES ET TORSADES, soie, orange pâle, argent, or fiu et mi-fin.FIL D'OR CLAIR diamant frisé.et CANNETILLES OR MAT, perlé et brillant, et argent.FLEURS ARTIFICIELLES et parures d'aatel en tous genres.Nous appelons aussi notre attention sur notre GANTERIE DE LUXE nos TAPIS ET PRELARTS de tout prix et grandeurs nos CHAPEAUX importés pour dam» notre grand ateller de couture où nou.confectionnons tous les articles et lingerie pour Dames, Notre choix sans égal D'ETOF- ANTEAUX, dans les HAUTES NOUVEAUTES Notre comptoire de SOIES et SOIERIES, Japonaises.fleuries, ombrées, brochées, Surah, Peaude-soie, Bengalines rayées, pou- gées, etc.Notre comptoir d\u2019Imperinéables Efe, Ete., Ite.Importation directs ET Bon marché Quand vous venez à Québec, ne manquez pas de visiter notre vaste tabliss \u2018m \u2018nt 167-169 171 Rue St-JOSEPH, ricaine.Z.PAQUET a Lin rn L'Echo Journal hebdomadaire \u2014PUBLIÉ \u2014 A Arthabaskaville, P.4.dn ffi, ul ecrit Inséré sans pom responsable PRIX D'ABONNEMENT :
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.