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Titre :
L'Écho des Bois-Francs : journal industriel, politique, agricole et commercial
Un journal conservateur qui s'efforce de s'adapter aux goûts du jour.
Éditeur :
  • Arthabaskaville :Société de publication du district d'Arthabaska,1894-
Contenu spécifique :
samedi 30 avril 1898
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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L'Écho des Bois-Francs : journal industriel, politique, agricole et commercial, 1898-04-30, Collections de BAnQ.

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[" EE o - a ty Ÿ- ) i D Tu .¢ .ARWHABASKAVILLE, 80 Avril 1668 Ce.a\u201d re\u201d ORGANE DU armée Salle de Lecture Assemblés Législative AUGUSTE BOURBEAU, Editeur-Proprietairc JOURNAL HEBDOMADAIRE DENTS LEBLANC, imprimeur.FEUILLETON DE \u201cL'ECHO DES BOIS-FRANCS \u201d FLEURANGE LA VIEILLE MAISON (Suite) \u2014Tenez, Clément, dit-elle doucement en tirant de sa poche un petit livre, j'ai là mon volume de Dante (celui dont nous nous sommes servis pour nos lectures journalières) ; gardez-le mon ami, en souvenir de nos chères études, et n'oubliez pas de continuer à en lire un chant chaque jour.\u2014Non, j« ne l'oublivrai jamuis.Je vous remercie, Gabrielle Ce den m'est précieux.Ce petit livre me sera très cher.Il l\u2019ouvrit.\u2014Mois ajout«z ici, sur cette page blanche, mon nom écrit de .votre main.Voici mon crayon.Elle prit le crayon et écrivit : A Clément.\u2014Un mot encore, dit Clém-nt d'une voix suppliante, écrivez aussi, de grâce, un mot, une ligne, un vers, si vous le voulez, de notre cher poète.\u2014Tenez, celui-là, au deuxième chant.Il le lui indiqua.Elle l'écrivit aussitôt.Puis elle relut : A Clément, L'sinico mio, « von della ventura \u2014C'est bien dit Clément ; mer ci.Mon umi, qui n\u2019est pas celui de la fortune \u2014Ce vers est triste.J'en rais choisi un autre.\u2014Celui-la est bien choisi pour le jour où nous sommes.Votre nom.maintenant.Au moment où elle allait I'écrire.il l'arrètn.\u2014Votre vrai nom, dit-il; éeri- vez le, ce seir, cet autre nom qui est levotre.Ce nom qui vous va si bien.Fleur-ange!.Fleurange sourit et secoua la tête.\u2014Oh ! non, dit-elle.J'aurais pu.il est vrai, m'éviter la peine de le quitter, et ti je vous avais tous connus d\u2019avance, je n'y aurais pas songé, mais j'ai été si heureuse depuis que je porte le nom de Gabrielle (et c'est vous.Clément, qui me l'avez donné le premier), si heureuse ! que je n\u2019aime plus cet autre nom de mes tristes jours, et si j'entendais au- jourd\u2019hui quelqu'un m'appeler leurange, il me semblerait que cela va me porter malheur.Clément ne répliqua pas.et, lorsqu'elle lui rendit le livre, il garda un moment sa maiu \u2014 Gabrielle, encore un mot, qui sera peut-être le dernier avant votre départ, écoutez-moi : en quelque lieu qne vous soyez, si jamais vous aviez besoin d\u2019un ami, entendez-le bien, à qui rien, absolument rien ne coûtât pour vous, n'oubliez pas que votre pauvre frère se dévouerait ainsi \u201cnon seulement sans effort, mais avec un bonheur que vous ne pouvez comprendre ! En prononçant ces paroles.la voix de Clément était émue et traemablantr, et elles avaient cn même temps un accent solennel et grave ; mais elles étaient tellement conformes à ce que Fleurange s'était habituée à attendre de lui, qu'elle en fut touchée et n\u2019en fut pas surprise.\u2014Oui, Clément, répondit elle simplement, en jetant sur lui un regard attendri, je vous le promets.Je sens que je n'ai pas au monde de meilleur smi que vous, et je crois qua je n\u2019en aurai jamais.Cette parole lui fut-elle douce ou amère ?Il n\u2019en sut rien.La tristesse qui l\u2019accablait impossible à accroître,comme impossible à soulager.Et cependant ! \u2026elle était encore là, près de lui, dans toute sa calme et sereine confiance.Elle n\u2019avait pas dans le cœur un seul sentiment qu'il ne partageât aveo elle.Ells l'appelait son ami, et elle n\u2019en avait d'autre au monde qu'elle songeât à lui préférer! Ce moment, qu'il tron- vait si rempli d'angoisse, était encore beau, et il se reprocha, plus tard, de n'avoir pas mieux su en profiter.Ce fut là leur dernier entretion dans la vieille maison.Clément en garda pour souvenir le petit volume où était inscrit le nom de Gebrielle et une branche du chè- au- \u2014Unu vers ?lequel?Voyons, dit-elle en feuilletant !le volume.| rôt-, gonflait la voile dn navire vrefvuille qui avait touché son front.Le reste de la soirée s'écoula vite, et, le lendemain, peu après l'aube, vint pour tous l'heure des adieux.Cette heure, pour les Doruthal.de passer le seuil de leur chère demeure, saus espoir de le repasser jamais ; pour Flenrange, de se séparer une fois de plus de tous ceux qu'elle aimait, et de faire dans la vie un pas nouvean, plus incertain mille fois et p'us obseur que le dernier ; pour Clément.de rester soul et de supporter, comme saurait le lai apprendre son courage, l'i ole- ment, le travail pénible et ingrat, ln privation de toutes les tendresses «t de toutes les joies de son eufauce, et.par sureroft, tont ce que ln doulvur ei l'amour peuvent faire vndurer ensemble à un \u201cœur dv vingt ans.L'ÉPREUVE Eru gif Fora che volge il disio Ai naviganti e inteneriaco il core, Lo di\u2019c\u2019han detto n\u2019Aolci amici addio ! (DASTE.) Xv C'était une belle nuit : brillante, sereine, étoi'ée, une nuit que Ja lune, en se levant, allait bien- 16 rendre clair comme lv jour.Unur fratehr brise.venant de la qui venait de quitter Génes, et loin de lui imprimer un mouvement pénible, elle ue faisait que rendre ra marche sur les flots plurassurèe et plus rapide Divers groupes de passage s étaient rassemblés sur le pont, causant les uns tout has, ainsi qu'il convient à l'heure mysté- ri-u-e du crépusrule.les autres a haute voix, tout comme si on eût élé en plein midi.L'un d'-ux jounit de ln guite- re; ainsi acco.npagnée, une voix plus ou moins remarquable, chantait l'un de ces airs que (taudis qu'ils sont à la wmode) tout le mond- sait.chante, ou fredoune en Italie.Et bien que cette musique fût cn elle même médiocre, elle ne semtlait point l'âtreun ce lien et en ce moment.parce qu\u2019elle s'allinit bien avec l\u2019ensemble dvs impressions d: ceux qui naviguaient sur cette mer azurée, sous ce .ie] dtincelant, et en vue de ces cotes charmantes, dont le bate: s'éloigne fort peu pendant le court trajet de Gênes à Livourne.C'est À quelque distance de tous cvs yronpes et n'appartenant à aneun (d'eux que nous retrouvons Fleurange assise seule et à l\u2019écart.Elle étail crnue occuper cette place depuis quelques 1ns- tants, et d'abord olle avait aitiré l'attention générale, car la grâce de sa tournure n'était point di-st- mulée par le manteau dont elle était enveloppée.«t le capu hon qui lui couvrait à moitié la tète ne servait qu\u2019à reudre plus pittoresque le caractère toujours remarquable de ses traits réguliers Aussi parmi ses compaguons de voyag-.plus d\u2019un se fût-il volontiers rappro-hé de la place qu\u2019elle avait choisie Mais bien qu\u2019elle fût seule et n\u2019eût l'air d\u2019être protégée par personne, il y avait dans la simple dignité de son attitude, dansson évidenteindifférenceà l\u2019ef- fetiqu'elle produisait, dans son absence même de timidité, qui n\u2019était poiut de la hardiesse, mais qui était de la résolution, il y avait dans tout cet ensemble ce je ne sais quoi.indéfinissable, qui maintient à distance l'admiration la plus vive, et déconcerte l'insolence elle-même (ceci soit dit en passant à celles qui attribuent au seul attrait qu\u2019elles inspirent l'oubli du respert qu'en leur doit ) Aussi, malgré quelques chucho tements, malgré jlus d'un regard dirigé vers le charmant visage sur lequ:l tormbèrent bientôt d\u2019a- plamb les r\u2018yons de la lune, Flenrange derneura paisihlement dans ron coin, libre de se livrer à ses réflexions, sans ê:re troublé» par ps:conu-, et sans s'inquiéter le moins du monde elle mème de ceux qui l'entouraient.Ces réflexions étaient nombr n- s-s et complexes.Un sort étrange sembla:t la poursuivre et b is-r sans cesse le fil de sa vie ren.int chaque fois ce brisement plus dou loureux.Elle avait brauconp plea- rénaguère on quittant Paris, e: |- docteur Leblanc el la chère d - moiselle Joséphine.Mais quelles.larmes plus amères n'araiît-elle pas versées, en quittaut avec lui la vieille maison et le cercle bien- aimé où elle avait connu et goûté dans toute leur étendue les douces joirs de la famille! Après s'être séparée d'eux, la fermeté du Flenrange qui, jusque- là, ne s'était pas démentis.sembla tout d'un coup l\u2019abandonner à ce point que le docteur Leblanc avait secrètement résolu de la ramener avec lui à ges parents, si, après le court séjour qu'il allait faire avec elle à Munich, il ne la voyait pas plus résignée à son sort.Mais Fleurange n'était pas de caractère À se laisser vaincre ainsi et à ne pas retrouver bientôt on elle mè- me la force nécessaire pour de- mentrer fidèle au parti qu'elle avait pris.Eu arri ant à Munichsa résolution fat affermie par er qui ev eût découragé bien d'autres.Ils trouvèrent, rn effet, la princesse Catherine an lit.en proie A l'une des crises les plus violentes du mal dont elle souffrait, et ce fat comme gardv-ma- lade que Fleurange prit pour la première fois sa place nuprès d'elle.Ce mal, au dire de tous les mé- drcins.n'offrait aucun danger : mins iln'en était ni moins douloureux, ni plus facile à soulager.Tour In seconde fois le docteur Leblanc sembla v réussir et eet heureux «ff-t d> sa présenc: fut rouement de sn malade pour la jeune compagne qu\u2019il lui amsnait.Cet cigouemunt, à die Le vrai, le docteur connaissant la princesse y avait comoté d'avance ; \u2018mais it savait Fleurange parfaitement en état de justifier ét de rendre durable la première impression qu - produirait sa vue, et il avait sin cèrement espéré, en les rappro chant.faire chose ntile et avan- tagause pour a pauvre ri he malade, non moins que pour sa che re jeune protégée.Quoi qu'il en fût, rien ne pouvait mi-ux distraire Fieurange da lourd chagrin qui pesait sur son cœur que la n\u2019cossité immédiate de s'oubliar elle méma et de dén- ner a une autre des soins actifs et assidus.C'é\u2018ait sans donte un assez triste déb et qu'une série de Jours et de nnits pass\u201cs sans repos au chevet d'une malade in connue ; mais dans la disposition où elle se trouvait, c'étaitre qu'il y avait de mieux.Les qualités dont se compose lo don de soigner les malade , slle les possédait à ; un degré, ignoré jnsqu\u2019alors du docteur Leblanc, et dont il demeura surpris : fermelé.promptitude, douceur et tranquillité dans tous ss inouvements ; vigueur et adresse, A propos mien ne lui manquait ; et il en résulta qu'à l'effet immanquable d*
de

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