L'Écho des Bois-Francs : journal industriel, politique, agricole et commercial, 2 juillet 1898, samedi 2 juillet 1898
[" Aa | Emo Annéé ® sa \u2026 EP _ VICTORIAVILLE, 2 ¥ & Juillet 18886 i \u2018ECHO » ! ' .t u A ORGANE DU COILON 40 FLL ps TET ee b AUGUSTE BOURBEAU, Editeur-Proprietaire JOURNAL HEBDOMADAIRE DENIS LEBLANC, imprimeur.FEUILLETON DE \"L'ECHO DES BOIS-FRANCS \u201d (Suite) \u2014Mon enfunit dit la mère Madeleine, après l'avoir ainsi écoutée.j» ue m'étais pas trompée.Oui, vous avez bien vu le chemin que Di- u vous traçait et vous y avez courageusement narché.Je suis contente de vous, ma Fleurange, je vous bénis, et Di«u vous hénira aussi ! En disant ces simples paroles, elle posa doucement la main sur In tête de la jeune fille.Ces mots et ve geste ajountérent au soulsgement qui était l'effet naturel d'uu épanchement aussi compl.t, une sen~ation d\u2019inexpri- mab\u2019e bien-être, il lui sembla qu- la paix desceudait sur elle comme un vêtement divin, et l'enveloppait tout entière \u20140 ma mère ! s'écria-t-élle vivement, ma mere ! ne puis-je rester ivi pres de vous, et ne plus quilt-r jamais ni ce doux asile, ni vous-même ?La mère Madeleine sourit + en ce momeut.la cloche sonna quatre coups.\u2014Nous reparlerons de cela, dit-elle ; maintenant la cloche m'appelle.C'est moi qu\u2019on demande, il faut que je vous quit t» ; mons nous refrouverons à l'heure d la récréation, apres souper.Vous n\u2019avez pas oublié sans doute le chemin de votre chambre ?Vous vous souvenez aussi, j' pense du règlement.et vous savez comment se partage ici la journé: ?La cloche sonne aux mêmes heures qu'autrefois, et rien ici n\u2019est changé.XXX Il est difficile, pour ceux qui ne Pont jamais éprouvé, de se présenter l'effet produit par une atmosphère telle que celle qui en- virounait en ce moment Fleurange, lorsqu'on y est soudainemen! transporté du milieu des affaires et des plaisirs, des souris el des peines du monde et de ln vie.Nous dirons toutefois, à ce propos, que si nous comprenons que le cours ordinaire de la vie ne soit pas inte:rompu ainsi par tont le monde, nous sommes souvent surpris de l\u2019étonnement, du dédain ironique avve lesquels ceux qui n'en veulent pas faire l'essai parlent de ces retraites si fréquentes en d'autres siècles, et rentrées quelque peu dans les habitudes du vôtre.La vie e-t elle done a ceux-là si légère toujours et si facile ?La joie sucvède-t-elle si sûrement à la joie, dans le cours fortuné de leurs jours, et ces jours ont-ils nne durée si assnrée, qu'il soit superflu pour eux d'en régler le cours ou d'en prevoir la fin ?Ou bien, sont-ils\u201cmaiîtres de leurs pensées à ce point, que nulle distraction ne lea empêche de les maintenir toujours dans an parfait équilibre, en sorfe que jamais le besoin d'une halte ne se fait fait sentir, ni pour réfléchir, ni pour se reposer ?Nous l'ignorons.Ce qui nous semble indubitable, c'est que pour un grand nombre, cette halte.est bien fai- sante, comme\u201dle sont l'eau, l\u2019ombre et le repos aux voyageurs altérés et fatigués.Il est certain aussi qu\u2019en ce jour, notre pauvre héroïne comptait parmi ceux-ci.C\u2019est pourquoi en quittant la mère Madeleine, au lieu de monter dans sa chambre, ella retourna à l\u2019église, et là, pendant une heure entière, elle savoura à son aise la douceur de I'sllégement complet de son cœur, dans ce silence profond, dans cette sécurité divine.qui ne tient pas seulement à l'abri momentané et extérieur où l'on se trouve, mais au sentiment plus intime d'un abri intérieur, réel et permanent, contre lequel rien ici-bas ne peut rien.Si l\u2019on considère tout ce qui avait déjà sgité et troublé cette jeune fille ; si l'on se rappelle que la redontahle séduction de l\u2019amour avait passé près d'elle, sans la ternir sans donte, mais non sans produire son effet accoutumé qui est de désenchanter de tout ce qui n\u2019est pas lui, apprendra-t- on avec un grand étonnement qu\u2019en ce moment, en ce lieu, à cette heure, l'idée lui vint d\u2019arrêter là ea vie, et, sans aller plus loin chercher un bonheur impossible décormais, ou une destin FLEURANGE vouer à la plus haute de tontes, à celle dont Divu seul, et ceux qu'il a le plus aimés ici-bas, les enfants et les pauvres, sont l'objet ?Déjà même à Florence, pendant ses jours d'angoisse, la cloître da présentée à son velle et s'empara de son imagi- uation avec une vivacité qu'elle n'avait jamais ene nuparavant.Elle l'ccuvillit ivresse.Elle goûtn d'avance l'amère jouissance du sacrifice, elle accepta avec un (rinsport iuté rieur la persp'etive du renoncement complet à toutes les joie: de In vie; et lorsqu'enfin elle acheva sa longue méditation et se décida à quitter l'église, il lui une inspiration surnaturelle.trouver sur-le-champ la mère Madeleine.Mais elle savait qu'à celte heure elle ne pourrait Ini parler.Les enfants étaient revenus en classe, et plus tard, ane heure entière était donnée, vers la fin du jonr, aux pauvres qui de près et de loin venaient la consulter sur leurs affaires, ou Ini conter leurs peines.Le matin avait lieu la distribution des aliments,des remèdes et des secours de tout renre dounés à leurs be- s.ins naturels ; le soir était consacré À l'exercice de lu charité sous une autie form», vt ceux qui avaient recours à celle-là étaient souvent plus nombreux que le- autres.Fleurange ne l\u2019ignorait pas ; aussi elle se dé-ida à demeurer tranquillement {dans sa chambre, sans chercher a rejoindre la mère Madeleine avant souper.Seulement, lorsqu'à la fin de la classe, elle vit deux religieuses se diriger avec les enfants vers lv bois d'orangers, elle descendit et se joignit à eux, pour aller y faire In prière qui terminait leur journée.La vigue en fleurs dans le verger joignait sn fine et douce odeur à celle des orangers, et lorsque ce petit bois parfumé retentit du chant des enfants.ou eût dit qu'avec leurs voix la nature tout entière envoyait au ciel son encens.La prière finie, la jeune fille se mêla aux religieuses et à leurs élèves, et ce fut comme un retour de quelques instants aux jours paisibles de son enfance ; puis vint I'heure silencieuse du réfectoire.Enfin, le souper termiué, Fleurauge se disposa a aller retrouver la mère Madeloiue.Elle savait qu\u2019à ce moment elle ne la trouverait pas dans'son parloir, mais sur la terrasse qui du haut du cloître donnait sur la campagne ; c'était là que pendant la belle saison elle aimait à demeurer jusqu\u2019à la dernière heure du jour.Ce que Fleurange avait de si pressé à lui dire, nous le savons déjà Penser tout haut lui était habituel, et lui coûtait peu- avce la mère Madeleine.Il ne s'agissait d\u2019ailleurs que de reprendre la conversation interrompue le matin, et d\u2019y ajouter le récit de ce qu'elle avait pensé, éprouvé, et croyait avoit résolu pendant le temps que, depuis lors, elle avait passé à l\u2019église.La mère Madeleine, debout, les bras croisés, l\u2019écontait cette fois encore sans l'interrompre.En la voyant ainsi immobile à cetle place, à cette heure du soir, les traits de son noble visage et les longs plis de son vêtement se détachant sur le fond bleuâtre des montagnes et sur l\u2019azur pourpré du ciel, on l\u2019eût facilement prise pour l'une des visious apparues dans ces contrées, à ceux qui les ont fait revivre pour nous.et pour toutes les générations.L'il- Jusion n'eût point été détruite par l'aspect de celle qui, assise sur le petit mur d\u2019appui de la terrasse, lui parlait les yeux levés, et dont l'exp:ession et l'attitade eussent parfaitement convenu à l'ane de ces jeunes saintes, placées souvent par ces peiutres inspirés près de l'image divine et majestueuse de la Mère de Dien\u2014 Eh bien.ma chère mère, que me répoudrz-vous ?dit enfin Fleurang-, lorsque, après avoir ég |longtemps attendu, elle vit que à tout \u2018jamais imparfaite, -de se v la mêre Madeleine la regardait et sccounit doucement la tête sans parler.enfin lu mère Madelcino, répondez vous même à une question que je vais vous faire : me un refugv, et plus d'une fois}sans vocation ?l'idée de ne plus le quitter s'était ! esprit comme! tout à l'heure encore, en écoutant; qu\u2019une le& paroles de lu mère Madeleine.\u2018lentement.Mais en ce moment cette idée se! formula avec nne intensité nou-! Santa Maria lui était apparu \u201cah et s'y livraj bientôt avec une sorte de pieuse, sembla qu\u2019elle venait d\u2019y avoir; Elle aurait voulu pouvoir aller, j'ai vouln mettre en doute.Com- \u2014Avant de vous répondre, dit croyez- vous qu'il soit permis de se donner à Dieu dans la vie religieuse \u2014Non nssurément.\u2014Tit savez-vous ce que c'est vocation ?dit-elle très Fleurange hésitn.\u2014Je croyais le avoir, dit-elle, Mais vous me le demandez d'une manière qui me fait mnintenant penser que je l'ignore.\u2014Je vais vous l\u2019apprendre : une vocation, poursuivit la mere Madeleine, tandis que son regard s'éclairait d'une lumière que Fleurange n'y avait jamais vue.\u2014C'est aimer Dieu plus qu'on aime ici bas ln créature de ve monde le plus animée ; c'est n'avoir jamais pa donuer à rien et à personne sur In terre un amour qui approche de celui là ;\u2014c'est avoir senti limjpul- ion de toutes nos facultés nou- ineliner vers lui seul ; enfia, poursuivit-elle tandis que ses yeux semblaient; pénéirer bien ax delà du ciel vi-, rible sur lequel ils étaient atta- thés : c'est avoir compris, dès certe vie, qu'il vst tout, tant pour nous, dans le passé, le présent.l'avenir, dans c* tnonde, et hors de ce tnonde, à jamais.et à l\u2019exclusion dv tout ee qui n'est pas lai.Fleurange, accoutumée à ln simpliciré habituelle de la mère Madeleine, la regardait avec snr- prise, et elle se sentit interdite de cel accent, de ce regard nonu- veau, non moins que des paroles qu'elle veuait d'entendre.Une vive rougeur sc répandit sur son visage et jusque sur son front.\u2014 Ma chère mère, dit-elle enfin.en bais-ant les yeux, il n'est sans doute pas donné à tous de ressen- Ur un tel amour pour Dieu, surtout de l'aimer ainsi, lui seul ici-bas.Mais, poursuivit-elle avec émotion, le sacrifice accepté et voulu de toutes lvs affections el de toutes les joies de la terre, w'est-ce pas uu holocaust digne aussi de lui être offert ?Les yeux de la mère Madeleine reprirent In calme douceur de leur expression naturelle.\u2014Oui, assurément, ma pauvre enfant, ¢t ce n'est pas là ce que ment le pourrais-je ?dans cotte maison ouverte à tous ceux qui ont souffert, et où parmi nos sœurs (el ce ne sont pas les moins saintes) il s'en trouve plusieurs qui out apporté ici des cœurs brisés par les douleurs de la vie.Toutefois, ce, n'est pas là cet appel irrésistible de Dieu qui se nomme une vraie vocation ; et ce que je veux vous dire, ma Gabrielle, c'est cevi : telle que je vous connais (et qui vous connaît mieux que moi ?) vous êtes une de celles que Dien cût appelées ainsi, s'il eût voulu que votre vie lui fût consacrée dans un clottre ; mais ce n\u2019est pas vous qui devez vous vouer à lui par découragement, par désenchantement du bonheur de ce monde Le combat n été rude, je le sais, et, a cause de cela vous voudriez le cesser ?Non, Gabrielle, il faut au contraire reprendre des forces et le poursuivre.Les larmes virent aux yeux de Fleurange, et elle baissa tristement la tôle.\u2014O ! ma panvre enfant.reprit la mère Madeleine, il m'\u2019eût été plus facile de vous dire : Restezno nous quittons plus! Il m'eùi été plus doux de vous préserver ainsi de toutes les douleurs qui vous altendent encore ! Mais croyez-moi, le jour vieudra où vous vous réjouirez que ces douleurs ne vous aient point êté été éparguées, el où vous reconnaîtrez que celle qui vous parle en ce moment vous connaissait mieux que vous ne vous connaissez vous-même.Les étoiles commençaient à paraître dans le sombre azur d\u2019où s'evanouissaieut les dernières teintes du soir.C'\u2019étaët l'heure de l'Ave Maria.La cloche les en avertit bientôt, et elles récitèrent ensemble la prière accoutumée avant de redescendre dans le cloître.XXXI Après cet entretien, Fieurange résolut de ne plus jamais revenir Po en avait fait le sujet, bandonner sans retour la !n'entendant caressée avec tant d\u2019ardeur.Cette soumission, qui était l'un des effets de sa simplicité et de son énergie, ne l'empêchait pas de sentir qu'elle aurait un mencer une fois de plus une vie nouvelle, et la vie lui eût semblé nouvelle, même dans la vieille maison, car elle ne s'v fat plus retrouvée la mêms.Un abime la séparait des jours paisibles et doux qu'elle y nvait passés.Mais grand effort A faire pour recom-;dant sesrécentes adressait Clément, pour y chercher les détails du cruel accident qui avait coûté In vie à son vieil ami ; cet ami vers lequel sa pensée s'était si souvent dirigée pen- perplexités, et [qui lui était enlevé à l'une des heures de sa vie où son appui et ses conseils lui eussent été le plus nécessaires ! \u201c\u2026 En revenant d\u2019une course qu'ils avaient été faire ensemble la vieille maison n'était plus qu'une vision disparne, et c'était vers un lieu inconnu qu'elle al- Init diriger ses pas.Ceux qui l'y attendaient lui étaient chers} maltraité des deux.sans doute, et parfois la pensée de les revoir lui faisait battre le cœur de joie.Mais le plus sou- sante pour lutter contre de trop vifs et trop récents souvenirs, et malgré tous ses «ifort-fle regret, un regret constant et poignant, mis à ce grand sacrifice qui en eût été In consolation sublime et aug'e] désormais il lui était interdit de songer.Ls jours.en s'éroulant cependant, firent peu à peu pénétrer dans son âme le bienfait de la re- iraite, et bientôt il lui sembla que le passé et l'avenir étaient comme suspendus.Les souvenirs et les prévisions cessèrent de la préoccuper, et de nrême que si elle se fût trouvée dans une barque également éloignée de deux rives, plus aucun des bruits de l\u2019une ou de l'autre, elle se laissa hercer comme eur l'Océan en un jour serein par le pré- sont calme et silencieux.ne sentant plus que la paix infinie qui l'environnai-nt de toutes parts, Le Tegardant plus au-dessus d\u2019alle qué l'éternel sourire du ciel !.De tels jours ne peuvent durer, mais ils ne passent point sans luisser de trace, ne füt-ce que celle d'un souvenir rempli non de regrets, mais de promesses, ne fat-ce que cette saveur d'un instant dout l'exquise douceur s'évapore, mais dont la vertu fortifiante demeure et s'accroit dans l'âme qui lu goûtée.ne fût-ce qu'une seule fois et un seul instant dans sa vie ! Il fallait toutefois songer à son départ, et au prétexte qu\u2019elle avait à trouver pour le faire accepter à la princesse, sans que celle-ci eût l'air de l'avoir préparé.Pour cela elle attendait le retour des Steinberg, et bien qu'il lui en coûtât de leur révéler le véritable motif de sa résolution elle s'y était préparée, plutôt qu\u2019à leur en donner aussi une raison imaginaire.Mais une circonstance imprévue viut tristement lui épargner et cet acte de franchise et cette dissimulation.Elle était ancouvent depuis en- virou dix jours, lorsqu'un matin on vint la prévenir que des voyageurs étaient arrivés depuis une heure à l\u2019aubergv du petit bourg de Santa Maria\u2018 et qu\u2019en ce moment sn jeune cousine l\u2019attendait au parloir du jardin.Revoir le charmant visage de Clara était toujours pour elle un plaisir.Il s'y ajoutait aujour- d'hui celui de présenter à la mère Madeleine une des filles de ce Ludwig Dornthal.dont l'apparition si opportune dans la vie de In pauvre orpheline, était regardée par la première amie de son enfance comme un signe frappant de l'intervention du glorieux Archange qu'elle lui avait donné pour protecteur L'arrivée de Clara Steinberg était donc marquée d'avance au cou vent comma un jour de fête.Mais ce jour de fête devait être troublé, +t Fleurange allait apprendre de sa cousine une triste nouvelle, apportée par les lettres qui atten- daieut celle-ci à Santa Maria- L'ami fidèle et secourable de la jeune fille, l'excellent docteur Leblanc, n\u2019existait plus! Il avait succombé aux suites d'un accident survenu pendant une promenade qu\u2019il faisait aux environs de Heidelberg avec le professeur Dornthal.Lorsque la mère Madeleine parut, elle trouva donc les deux cousines en larmes, et son doux sourire de bienvenue se transforma en interrogations inquiêtes.Il fallut quelques instants pour lui donuer l\u2019explication qu'elle domandait, el ce ne fut que lorsque ses douces paroles et la paix qui émanait de sa présence eurent un peu calmé le saisissement de Fleurange, qu\u2019elle eut le.cou- penség qu\u2019elle avait un instant rage d'ouvrir la lettre que lui vent cette pensée était impuis-| Ia reudait indifférente à tout, hor- | au Stift-Neuburg, lui disait Clément, la voiture emportée et bri- séc les a jetés violemment sur la chaussée.Au premier moment, mon père sembla être.le plus Il était ene tierement sans connaissance et ne revint à lui que quelques heures \u2018après.Pour lui toutefois nous sommes = aujourd\u2019hui presque | hors d'inquiétude, tandis que son \u2018ami, dont la tête n'a pas cessé (d'être lucide, déclara sur le | champ lui-même qu'il avait subi | Une grave lésion intérieure dont il ne se remettrait pas.Il ordon- Un néanmoins Ini-même les remèdes névessnires, mais eu même temps, fit toutes ses dispositions | avec une fermeté admirable.écri- \u2018vit à sa sœur, app-la un prêtre ; tout cela tandis que nous ne pouvions croire au danger.Mais le ; troisième jour ses prévisions se ; vérifièrent, son état s'aggrava.Sa pauvre sœur venait d'arriver avant hier, lorsqu'il expira dans sos bras.\" \u201cChère cousine,\u2014 poursuivit Clément, j'ai en terminant, une prière à vous faire.Cette prière, je ne vous l'adresse pas en mon nom, mais an nom de ma mere : Revenez! si vous lo pouvez, Gabrielle ; revenez tout de suite.sinon revenez bientôt.Le sacrifice que vous #vez voulu vous impo- présence an inilien de nous est indispensab'e Mou pauvre père vous demand», et nous ne pouvons plus lui faire comprendre votre absence.Chère cousine, aucun désir de vons vaincre ne me ferait trouver excusable de vous tromper : je vous le répète donc, et vous pouvez me croire, le bien que votre générosité nous a fait est désormais superflu.Vous pouvez, sans serupule, revenir sous ce toil qui est le votre, à moins que (re qu'a Dieu ne I plaise) votre propre choix ne vous en fasse préférer un autre.La pauvre mademoiselle Jfoséphine n'a qu'une pensée : celle do vous revoir.Elle dit que c'est l'unique consolation à laquelle elle aspire : Hilda est près de nous, ni-je besoin de vous dire qu'elle désire votre retour ?Aije besoin de vous dire si vos frères l\u2019implorent et l\u2019attendent ?\" Fleurange n'avait plus désormais de prétexte à chercher.Elle u'avait plus rien à révéler ou à taire à personne.tout était décidé pour elle et sans elle par la force impérieuse et rigoureuse des évènements, et sa lettre à la princesse Catherine était devenue tout d'un coup bien facile à écrire.Elle fut écrite avant la fin de ce jour, «t dès le surlendemain, à l'heure où le soleil commençait à dorer la cime des montagnes la mère Madeleine, pour la soconde fois vit l'enfant qu'elle aimait passer le seuil abrité du couvent pour aller affronter les périls du dehors.Reviendrait-elle cette fois comme la première ?Reviendrait-elle, comme la colombe battue par ln tempête et n'ayant pu se poser nulle part, chercher eticore une fois le repos el la paix ?.ou bien, létait-elle partie pour ne plus revenir et allait-elle maintenant tronver la terre riante et reverdie, el le chemin qu'\u2019elle avait à parcourir, aplani sous ses pas, devenu facile et flemi ?Elle ne cherchait point à le deviner.Aussi bien, nous le savons, ces prévisions pour la mère Ma delvine n'étaient point fort importantes : que le chemin fit toujours éclairé de la lumière d'en haut et que le courage pour y marcher ne défaillit jamais, c\u2019était là tout.Du reste, l'éclat du soleil d'ici-bas a ses dangers, comme la tempête, et la clarté du ciel de l'âme peut s'obscurcir dans les beaux comme dans les mauvais jours.\u201cLaissons donc a Dieu le choix des accidents de notre vie, et, sans trop regarder où nous marchons, ne rongeons qu\u2019à bien marcher.\u201d \u201cEt puis .la route est courte, quelque longue qu\u2019elle soit, et nous conduit à la vraie vie, où ser n'est plus névessaire et votre! nous vivrons toujours ensemble, ma Gabrielle, où tout ce, que ce pauvre cœur n voulu, v,erché, pressée, surabondante, où tout ce qu'il a souffert deviendra la proportion amoindrie de sa joie ra- dieds: ! Dieu est fidèle ! Attendons donc : Eh! qu'est-ce qu'at- lendre wansi, quand c'est lui qu'on attend, sur la foi de sa promesse ?\" Tels avaient été les derniers lorsqu'elle eut béni l'enfant prosternée à ses pieds au départ et qu'elle eut vu se refermer sur elle la porte du couxrzat, elle monta sur la terra.se du}cloitre pour la suivre encore des yeux le plus longtemps possible ; puis elle vint ensuito s'agenouiller dans l\u2019église et prier pour celle en pleurant de lendresse.De len- dresse ! oui, il n'en eat pas ivi-bas d'égale à celle de ces grands vœurs que l'amour de Dieu remplit et dilate! Pour n\u2019en pas douter, il suffit de songer aux excès de dévouement dont ceux-là (et ceux-là seuls au monde) sont capables, par amour pour les plus inconnus de leurs frères.L'on icomprendra alors ce que sont pour ceux qu'ils niment ces cœurs embrasés d'une (lamme où fout ce qui est noble et digne de vivre s'alimeute et r'énure, où rien ne se refroidi et rien ne s'éteint que ce qui est fragil., frivole, impur et destiné un jour a périr sans retour! XXXII gant négligé du matin, était établie dans son petit salon.seule avec le marquis Adelardi, lorsqu'on vint lui apporter une lettre déposée sur un plateau d'argent.Elle jeta les yeux sur l\u2019adresse.\u2014Ah! de Gabrielle! s'écrin-t- elle.Voilà bien la lettre que j'attendais précisément aujourd\u2019hui.Elle l'ouvrit et la parcourut vivement.\u2014C'est bien, très bien, dit-elle.Rien de plus naturel.Elie a parfaitement trouvé ce qu\u2019il y avait de mieux à dire.C'est bien cela, il me serait impossible de lui refuser mon cegsentement sans bar barie.Georges lui-méme en conviendrait.Tenez.Adelardi, pour- suivit-elle, en Ini jetant ln letire, lisez.Il faut avouer que cette Gabrielle est loysle et qu'on peut se fier à sa parole, et de plus elle a beaucoup d'esprit Adelardi, pendant ce temps, lisait la lettre avec attontion.\u2014Tout ce que vous dites là, princesse, est parfaitement exact, dit-il ; mais cette fois encore vous êtes servie par les circonstances.Cette lettre n\u2019a point été écrite à plaisir, elle est vrais d\u2019un bout à l'autre.Cette jeune fille sait fort bien se taire.Mais elle ne rait pas du tout mentir.Ce n'est point là la lettro qu'elle eût écrite, si son contenu n'eût point été la pure vérité.\u2014Vous croyez ?\u2026dit la princesse, peu m'importe au surplus cela simplifie encore les choses.Quoique en ce cas\u2026 Ah! mon Dieu, rendez-moi donc cette lettre.Elle la pril et la lut tout entière au lieu de se contenter d'en parvourir le contenu.\u2014Ah ! mon Dieu, répétu-t-elle Mais alors, voilà que j'ai perdu mou médecin, moi !\u2026le seul qui ait jamais pu me traiter ; ceci, par exemple, est un vrai malheur ! Si au moins il'avait eu le temps de répondre à ma dernière lettre, où je lui demandais de décider à quelles eaux je dois aller cette année! A qui m\u2019adresser maintenant ?\u2026 Nous voici à la fin de mai, c\u2019est le mois prochain v'il faudrait aller aux eaux.raiment j'ai du guignon ! \u2014Que voulez-vous Ÿ princesse, dit le marquis d\u2019un ton imperceptiblement ironique.On n'a pas toujours bonna chance ; vous venez, d'autre part, d\u2019être servie tellement à souhait !.A suivre \u2014Une dépêche de Celtingue, capitale de Montenegro, anuonce que les Turcs se sont remis à leur besogne ordinaire de m'esavre des chrétiens en Albaniè.Ils ont brûlé 700 maisons et assassiné 2 femmes serbes chrétiennes.D'un autre côte, les paysans de Lemberg, Galicie autrichienue, se sont rués sur les juifs et ont pillé leurs magasins.Les troupes sont sorlies et ont tiré sur les émeutiers : dix ont été tués.espéré en vain ici-bas, let sera dt donné dans une mesure ~ompléte MIN IQ discours de la mere Madeleine, et! La princesse Catherine, en élé-, GRAN DE - Anwelle DES PLUS RECENTES MODES, DU PRINTEMPS DANS LRS MAGASINS L.PAQUET Nos.167-169-171.Rue St.Joseph.Dames et Messieurs sont respectueusement in- \u2018:s à veu\u2026 Cee CO EY .nd Spec \\ vraiment Panora: 4 D.Etonnant T À priété embrassant ., ° !ns belles marchandises IG: genre que uous avons\u2019 fus rent importées à leur inte, Nd Etalage aussi cousidérable que le permet la surface de nos comptoirs, tables de centre et tablettes.Sans doute, le spectacle serait encore plus grandiose si le remaniement intérieur de nos magasins avait pu être complété à temps.Tout de même, nous pou- vous en parler comme de la plus somptueuse EXPOSITION DE MARCHANDISES qui ait jomais été déployée chez nous.Cordiale invitation à tous de venir juger par eux- mêmes.Exposition Générale Dans tous les Départements, du premier et du second étages des trois magasins contigus CHAPEAUX RAVISSANTS : Quelques-unes des dernières créations de Paris, Londres et New-York.ÉLÉGANTS MANTEAUX,) Paletots et Capes des derniers gouts.MATINÉES, Corsages et Peiguoirs.TROUSSEAUX DE LINGERIE.ETOFFES A ROBES, Soieries, Ete.Lu plus grande profusions de tissus pour toilettes printanières qui se soit encore vue à Québec.Tontes Marchandises Mar quées en Chiffres ot a Prix fixe Autres Attractions PENDANT LA SEMAINE d'exposition, Ouverture de notre nouvel assortiment de PRELARTS tapis qui viennent d'arriver d'Angleterre.Notre comptoir de SOLES et SOIRIES, Japonaises fleuries, ombrées, brochées, Snrah, Peau de-soie, Bengalines rayées, pongées, etc.Notre comptoir d'Imperméables est au complet Nos.167-169-171 Rue St-Joseph 18 Avril 1898.1.PAQUET Lanse + L'ECHO DES BOIS-FRANCS a 24 >A - - L'Echo s Bois-Francs.Journal hebdomadaire \u2014PLULLÉ \u2014 .A Victoriaville.PU.Nul écrit inséré saus nom responsable PRIX D'ABONNEMENT : Catincdu et Etats-Unis; S1 00 payable d'usaire TARIF DES ANNONCES : sre iusertion,.12 par ligue Je \u201c \u201c Conditions apéviales pour aononces d'affaires rapports, reclames, \u201cte.«te.M\u2019Echo des Bois-Francs VICTORLAVILLE, 2 JUILLET 1808 Le chemin du Pacifique et les gouvernements Depuis quelques mois, les journaux libéraux font grand tapage sur des questions importantes au point de vue des intérêts du pays.On agite en certains quartiers le brandon révolutionnaire pour susciter des embarras à nas institutions.Comme toujours, les bon- libéraux invoquent, comme droit itré fragable, la grande souveraineté du peuple.C'est, à les entendre, c'est à les voir se mutiner, un ridicule qui jette un froid sur ce qu\u2019ils préchent.Maisles libéraux ont toujours eu leur mot à dire lorsque une entrave quuleanque est venue s'opposer à leurs projets Lorsqu'il a été question de la cons truction du chemin de fer du lacitique.le projet qu'ils ont présenté, bien que irréalisable, a soulevé des fdots d'éla quence dont le résultat a été de préve nir l'opinion publique contre eux.Plus tard, les conservatems artivés au pouvoir, modifiérent tellement et _
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