La Gazette de Berthier, 31 juillet 1891, vendredi 31 juillet 1891
[" marre PEATE TT _PUBLIEE PAR Lop COMPAGNIE inns DIMPRIMERIE DE sd AG, vy Beth; BERIHIER.- Te ° mets, dit 0 yes ter.heen Coane : + UN DOLLAR PAR AN - BERTHIER, 31 J UILLET 1891 \u2014 FEUILLETON _ UN DRANE Grotte d'Azur EMÈDES CONTRE LA FIÈVRE Quel drôle d'homme que mon médecin de Naples! T1 na une manière tout à fait originale de traiter ses malades.Souflrez-vous d\u2019unc indigestion, d\u2019une insomnie ?Etes-vous refroidi, bilieux, rhumatisé ?Il ne vous ordonne, ni mélicaments, ni boisson, ui diète\u2026 T1 s'assied tout simplement au chevet de votre lit, redresse magistralement ses lunettes d\u2019or, rajuste sa cravate blanche, crache deux fois dans son mouchoir, \u2014 et commence à vous raconter uue histoire, qu'il approprie toujours au genre de ma- Indie dont vous êtes aiteint.+ Etes-vous triste ; il sait produire en vous une réaction qui vous fait dresser les cheveux sur la téte.Etes-vous gai ; il vous assombrit par un récit des plus lugubres, enfin, êtes-vous irrité, souffrez-vous des nerfs, de la tête ; il vons calme ct vous amuse par les aventures les plus plaisantes, par les saillies les plus inattendues.Tous ses récits coramencent inévitablement par ces mots : \u201c Je me rappelle qu\u2019un jour il m\u2019arriva Iaventure suivante.\u201d hid Seulement n\u2019allez pas croire que le brave homme a vu tout ce qu'il raconte !\u2026.Non, il puise ct yille \u201ceffrontément dans tous les anteurs : romanciers, nouvellistes et journalistes passés, préseuts, futurs\u2026 Mais tout est si bien raconté, si vraisemblable, qu'on tomberait malade exprés pour si originalement dépeint avoir le plaisir de jouir à son chevet d\u2019un aussi aimable contour.LJ * L\u2019autre jour done, j'eus la mauvaise, non, l\u2019heureuse chance d'ut- \u2018traper un accès do fièvre, Les fiè- \u201c vres italiennes et moi sommes d\u2019anciennes connaissances ot, de temps en temps, il est bien naturel que collus-ci viennent rendre visite à.lour vieil ami.Or donc, mo voilà alité\u2026 Et André, de m'amoner le docteur ! Quo faut-il ?De la quinine, du quinquina, : du calomel ?.Rien de tout cela; mon docteur s'ussiod gravement dans tin!fautouil, et se met à raconter.Jo ne sais guère-où:il a été-pêcher sou histoire.Mais elle est si- drôle, si drôle, que même ceux qui In connaissent, la reliront avec plaisir, TI MILORD ET CHIRURGIEN.\u201c Je me rappelle, ainsi commenen mon Esculape, qu\u2019un jour il m\u2019arriva l'aventure suivante.J'étais alors chirurgien à l'hôpital militaire de Naples.On vint me dire un matin que lord L.X.Un lord ! J\u2019arborai Jone désirait me parler, cela ne se dédaigna pas ! ma plus belle cravate blanche ect me rendis au domicile du personnage qui occupait, hôtel Crocille, un appartement vaste et richement meublé, \u2014dJ'arrive de Rome, me dit le personnage ; je désire visiter la grotte d'Azur de l\u2019île de Capri ; mais étant d\u2019une santé fort délicate, j'ai besoin d\u2019un médecin pour m'accompagner.Voulez-vous me rendre ce service ?, \u2014 A votre disposition, milord.\u2014 Très-bien ! trouvez-moi demain, à midi, au port, une nacelle, des vivres.\u2026,et surtout n'oubliez pas votre trousse de chirurgien au grand complet.Vous direz que c\u2019est une funtaisie : mais j'insiste pour que vous appoitiez votie trousse au grand complet.Est-ce compris 2.\u2014Selon votre désir, milord.J'avoue que je ne comprenais guère à quoi pouvait servir une trousse dans un endroit comme la grotte d'Azur ; mais les Anglais sont si fautasques\u2026 et, en outre, si riches :\u2014On ne refuse rien à un Anglais.An lendemain, \u2014c\u2019était un vendredi ; je me le rappelle encore, \u2014 nous partimes de Naples vers huit Arrivés devant l'île de Capri, nous quitifimes le bateau à va- heures, peur qui nous avait amends et nous primes una petite nacelle, que 'Anglais frêta à lui seul pour entrer dans la grotte d'Azur.# 4 F Tout le monde a plas ou moins entendu parler de cotto grotte féerique, L'entrée en est extrêmement basse el étroite.À puine un homme couché «ans la nacelle peut-il s\u2019y glisser saus danger.\u2018Il arrive même souvent quo l\u2019eau monte un peu, grâce à la marée et, alors, le passage est impraticable.Aisément nous passämes.Le ba- °K telier, l'Anglais et moi étions, seuls.Aucune autre barque ne nous suivait.Nous commenclimes par admirer: cela en valait bien la peine ! Rien de beau comme ces teintes varies, comme ces chatoicments imprévus.Tout était blew: les rochers, l\u2019eau, la nacolle, les nuages ; mais, chnque chose néanmoins nvait sa couleui:propre, son\u2019 réflot partiou- lier, Tout avis-haubvde li grotte, un rayon de soleil jaillissait, comme une gerbe lumineuse à travers une fissure de rocher.11 ressemblait & une longue tini- née de poudre d'or parcourant un océan vaporeux et se perdant dans ses sombres replis.Notre barque paraissait en feu ; sur son parcours, elle allumait tout un incendie de phosphore, Nous semblions nager en pleine.Apocalypse.se J'avais déji vu ce magnifique spectacle.Je ne me lassai pas né- Milord, an contraire, le voyait pour la pre- anmoins de le conte pler, mière fois et cependant, il semblait absorbé par tout autre chose et ne levait pas seulemont la tête.Quant au batelier, il dormait profondément.La force de l\u2019habitude ! peusais-je.Tout-à-conp milord fait an mouvement.Je crois d\u2019abord qu\u2019il est indisposé ; mais sa fignre, quoique H il prend sa pâle, est parfaitement calmes'approche du batelier ; main et la srcoue rudement.\u2014 Pourquoi réveiller ce brave + homme ?.\u2026 m'\u2019écriai-je ; voulez-vous donc déjà partir 2.\u2019 Milord ne répondit pas; et, à batelier, malgié les secousses imprimées à la mon grand étonnement, le Larque, continua à dormir d\u2019un profond sommeil, Il ronfle, s'exclama alors F Angleis avec un sourire qui me donna Ja chair de poule.\u2014 La potite bouteille + { a fait son effet, A ces mots je frémis de tous mes membres.La petite bouteille 2.En effet, avant d'entrer dans la grotte, milord avait fait.boire du rhum au batelier\u2014je m'en souvenais seulement maintenant ;\u2014 quelle pouvait donc être son intention ?\u2026 Etais-je en présence d\u2019un voleur d\u2019un assassin ou d\u2019un fou 2.111 LA JAMBE OU LA VIE! Un tremblement nerveux s'empara de moi et, instinctivement, je vculus prendre les rames pour regagner la côte au plus vite.Mais mon intention.milord comprit.aussitôt me dit-il froidement, j'ai calculé exactement \u2014Inutile d'essayer, men jour et mon heure.la mer est trop haute.on ne peut passer maintenant sous la voûte ! \u2014 Alors, que voulez-vous« donc faire de moi ?m\u2019écriai-je ; ;\u2014vodlezvous mo tuer ?Ma voix devait ire terrible, mais l'Anglais se mit à sourire.\u2014 Moa pas voulvir tuer voo, dit- \u2018il-dans son jargon \u2014 Mon vouloir seulement que voo conpe# ici ma jambe à mon, \u2014Qu'ust-ce.?C.A.CHENEVERT, DIZECTEUR DE LA Finch = Moa vouloir voo couper la janbe à moa tent de sifite, Juste ciel ! dis-je en moi-même, mon homme est fou ! Eh! bien, me voilà dans de jolis draps ! 3 Couper votre jambe, milord ; inais vous n\u2019y songez pas! l\u2019ourquoi ?Comment ?Allons, calmez-vous\u2026 C'est une plaisanterie, v'est-ce pus ?une simple pluisanterie 2.\u2014Mou jamais plaisanter, reprit la voix avec un flegme qui arréra mon sang dans les veines ! \u2014 Je veux won me coupe la jambe, ct ici, suv-le-champ ; sinon\u2026 \u2014Sinon, voilà comment je me ferai obéir ! Es petit révolver.l\u2019Angluis tira de sa poche un * \u2014Des menaces ?m'écriai-je ex- exaspéré.\u20140Oh ! c\u2019est trop fort : Eh : bien, tirez done, milsrd ; et, qu\u2019au inoins il ne suit pas dit que j'ai cédé aux instances d'in fou ! \u2014 Vous vous méprenez étrangement sur mes intentious, continua ir vo'x avec douceur ; ce n\u2019est pas à vous que lecoup est destiné, Mais si vous refusez de me couper la jambe, je vais me tirer une balle dans le geuou ct vous serez bien ovligé d\u2019obéir ensuite : \u2026Oh ! mon révulver ni de vous jeter sur n'essayez pas de saisir moi,\u2014ajouta l\u2019Anglais en s\u2019aperce- ant que je me préparais à faire un mouvement de ce genre ;\u2014une tentative pareille n\u2019aboutirait qu'à me faire brûler Ja cervelle, car je suis parfaitement décidé à ne sortir de cette groîte que moit Où avec une jambe de moins ! x= +* = J'étais litttralement pétrifié:\u2026.Que faire ?2.Comment calmer cet insensée 7.Après quelques minutes de silence, la voix reprit : \u2014 ll n\u2019y a poitat de temps à perdre : encore cing minutes.Si vous conscntez à l\u2019opcration, je vous en serai »edevable toute ma vie ; siuon, je tire et ma blessure sera peut-être mortelle.Pensez séricusement, duc teur, à ce que vous avez à faire ! + \u2014Mais, mon Dieu ! répliquai-je encore, pourquoi\u201dagir ici de la sorte ?Pourquoi faire choix de ce lieu obscur, de ce lieu désert 7.Comment puis-je opérer ?\u2014Vous avez vos trousses\u2014 c'est tout ce qu\u2019il vous faut\u2026 et j'ai des raisons pour préférer la grotte d\u2019Azur à tout autre endroit\u2026 Commenccrez-vous-donc - enfin i.eT Ju perduis la tête, Un\u2019sang en Et liiguille de la montre m wchait, mar- feu coulait dans mes veines ! chuit toujours et les cinq minutos étaieut-presque écoulées ! 5 \u2014 Ce ¢ Vous comprenez que.mon idle dominante était: Cet homme ost fou.\u201411 est en effet impossible de supposer que, de son plein gré, par pure distraction, affuire de s\u2019émouvoir un peu, un homme se fasse ainsi couper une jambe.Aussi mon unique préoccupation ¢tait-clle : Comment tratuer l'uffaire en longueur ?Comment parlementer assez longtemps pour que le marée nous permette de sortir 7.Peine inutile ! \u2014Les cinq minutes sont passées, docteur, me dit milord\u2026je tire, Et, en effet, je le vis diriger le canon du révulver contre sun genou droit.\u2014Halte ! malheureus, ru\u2019écriai- je ;.puisque vous le voul-z, me voici à vosordres\u2026 Mais avant tout, inissez-moi encore protester.\u2014l'rotestez lord ; mais faites, ct faites vite.le Latelier, p'omb.tique puissant avait passé par la.Je me resignai enfin.dire, \u2014je me mis gue.« ?æ Ce n'était certes pas la première jamle que je conpais : Un chivur- ien qui se respecte en doit avoir au moins une demi-duuznine dans ses états de service.| Mais conper bien proprement une jambe, à l\u2019Lôpital, entouré d'aides, d\u2019infirmiers, ct la cou er sur une nacelle, en proic à une émotion des plus vives, outre la cruinte de voir à chaque instant le fou que l\u2019on opère vous sauter à la gorge ; oh ! ce n\u2019est pas tout à fait la même chose, je vous l\u2019assure, ct mes ligatures s\u2019eu ressentirent plus d\u2019une fois.Néanmoins, je réussis tant bien que mal.L'Anglais fut stoïque ; il ue bougen pas, Calme, presque souriant, il m\u2019aida de son mienx, avec nine indifférence qui me stupé- finit.On aurait dit qu\u2019il assistnit à l'upération d\u2019un lazzarone en simple curieux.Oh ! quelle race que cette race anglaise !.Ont-ils du flegme, ces gaillard-là ! IV \u201cUN BATELIER ÉPOUVANTÉ.Quand tout fut terminé, il s\u2019était bien passé une heure.J'étais prêt Milord dut plusieurs fois me passer de son Après g, il prit sa jambe 1 m'émouvoir d'émotion.rhum pour me réconforter.avoir lavé lesan coupde, I'enveloppa dans un linge qu\u2019il avait apporté, et la déposa au fond du bateau.Puis, tivaut d\u2019un «nécessaire une \u2018puissanto essence, il la fit respire Lau batelier, qui se réveilla aussitôt.Monsieur la stupeur de cu Pauvre hom- Je ne vous dépeindrai pas, tant que vous voudrez, me répliqua froidement mi- Je jetai un regard désespéré vers T1 dormait toujours, sous les étreintes d\u2019un somuucil de Ou voyait qu'un narco- Je pris ma trousse, ct, avec le plus grand soin et la j-lus grande habileté, \u2014j'ose le à ma triste beso- te, en voyant l\u2019Anglnis étencu lana le fond de la barque, avec une jum- be écourtée jusqu\u2019au genou, Sou premiermouvement fut, je crois, de se jeter à la mer.Il vou- luit fuir cette barque ensorculée, où, pendant sommeil, on coupait ainsi des jambes.et j'avoue que moi- même j'étais encore si bête, si ahuri, que je n'aurais pu dire un traître mot pour le rassurer\u2026- Mais l\u2019Anglais avait tout son calme, lui: \u2014Rassurez-vous, patrone Filippo, lui dit-il, il n\u2019y a rien en cela que de furt naturel.Monsicur le docteur vient de me couper la juam- mais sur mes instances.Le motif ñe vous regarde pus\u2026 Sachez seulement que vous ne courez aucun risque ct que si vous nuns sortez bien vite de la grotte d'Azur, il y à 40 napoléous pour vous.Alluns, du courage .La route cst-clle ouverte maintenant ?Putrone Yilippo tremblait encore.Mais quel est le Napolitain dont les terreurs ne se calineraient devant la promesse de 40 napoléons ?.Le batelier prit dont silenci«use- sement ses rames, tout en se signant plusieurs fois, ct nous nous approchâmes de la sortie.Le passage était encore presque intercepté: il fallut nous coucher dans la barque ; mais nous ]-assûmes néanmoins.i Au dehors, le jour baissait ; la mer était forte.L'Anglais, malgré son énergie, s\u2019uffaiblissait à vue d\u2019œil.* A-la rougeur flèvreuse des premiers moments, avait succédé ui pâleur effrayante ; le regard était éteint, la lèvre pendante\u2026 \u2026Docteur, me dit-il soudain, je me sens faiblir.N\u2019y aurait-il pas moyen de me descendre quelque part ?.\u2026 lans ce temps-là, les maisons étaient rares aux alentours de la grotte, Notre Latelier, interrogé, \u2018uous offrit sa propre chaumière, Peut-être, en cherchant bien, aurait- on trouvé mieux ; mais la promesse des 40 napoléons avait alléché notre homme.1l voulait tirer à boulets ronges sur la générosité du \u201c signor forestiere\u201det, au fond, il n\u2019avait pas tort ! On ne trouve pas tous les jours des geus,\u2014fussent-ils Anglais, \u2014qui se font couper la jambe düns la grotte d'Azur.(A continuer.) eo LE CHEMIN DES LARMES, LE PLUS BEAU ROMAN DE NOS JOURS, Tel cst le titre d\u2019un ouvrage à la fois agréable et intéressant,captivant avec force l'attention du lecteur par les drames et péripéties qui s\u2019y déroulent et charmant son intelligence par un style à la fois simple, clair et châtié.Les personnages qui prennent part ü l'action sont de véritables carde- tères,de vrais types de l'espèce qu\u2019ils re|-résentent.0.L'auteur raconte avec chaleur lu martyre d\u2019une fe«mime,é; ouse «t mère exemplaire, mo:lèle d\u2019abnégation et de vertu, jetée, après avoir contit des jours heureux, surle pavé par l\u2019inconduite d'un époux perverti qui la délaisse, et purséeutée par uu monstre d'hypocrisie, 1iche banquier, artisan inique de ses malheurs.Le Chemin des lurmes est uu to- très émouvant, auquel plusieurs belles gravures ; donnent un intérêt encore Pl us grand, On peut se le procurer chez tous les libraires.Une remise libérale sera fuite pour l\u2019achut à la douzaine.Ou en recevm un excmpluire franco, «n envoyant 25 Ct#.à Allie Gervais, libraire-imprimeur, Joliette, I.Q.Pour les personnes des Etats-Unis, le prix sern de 30 c ntins, Jranco, payables en timbres de poste -canas divus. Crézetre DE TRERTHIER, BERTI ER, 31 JUILLET 1891.Un coin Aa voile soulevé 3953,- 5.53, divisés entre les voleurs $170,447.14, pour le fonds do corruption.Les comptables nommés par le comité des Privilèges pour examiner et faire rapport sur les livres Larkin Connelly & Cie viennent de présenter un premier rapport.Bien qu\u2019une partie des livres et des papiers ait dispar, il a été constaté que durant las anndos 18886, 87.88 et 89, les entrepreneurs Larkin Connolly & Cie ont réalisé sur les travaux du Hivre de Québec, de la cale sèche de Lévis ct sur celle d\u2019Esquimalt, l\u2019énorme somme de NEUF CENT \u2018CINQUANTE TROIS MILLE NEUF CENT SOINANTE | ET QUINZE DYIASPRES ET QUARANTE TROIS CENTS.Pour arriver là, 1 a fallu payer les ministres, les députés-m'nistres, les ingénieurs et les inspecteurs et À cette fin ils ont déboursé CENT SOINANTE ET DIX MILLE QUATRE CENT QUARANTE SEPT PIASTRES ET QUATORZE CENTS.I'nis ils se sont partagés eutre eux à titre de salaires ou de profits SEPT CENT QUATRE-VINGT- | TROIS MILLE CINQ CENT VINGT-HUIT TIASTRES ET TRENTE-NEUF CENTS.Voilà le fait révoltant que prouvent, non pas des témoins plus ou moins croyables et intéressés, mais les livres mêmes de la société de brigands qui depuis dix ans exploitent le département des Travaux Publies et voleut effrontément le public.Et cet état de chose odieux, ce système de Lrigandage exists à l\u2019égard de tous les contrats émanant du Département des Travaux Publics.Il existe aussi dans tous les autres départements.C\u2019est une organisation régulière, savante, dant-les ministres tiennent tous les fils, qu\u2019ils font jouer à leur guise.N'\u2019est-il pas temps que toute cette canaille soit chassée, que l\u2019atmosphère soit purifiée, les départements- débarrassés du cette engenco, qui déshonore le pays et fait rougir un honnête homme de s'appeler canadien ?Les comptables font voir combien il a été volé.d'argent.Les ingénieurs vont mettre à nu le système et révêler combien il a été volé sur le mesurage des quantités.La semaine prochaine le public scra complètement édifié sur toute cette honteuse affaire.LA FIN D'UN DÉBAT-LE VOTE On nous écrit d'Ottawa en date de mercredi : A quatre heures et demie ce matin s\u2019est enfin terminé le débat engagé sur ln politique fiscale du gouvernement et sur la réciprocité.Sir Richard Cartwright avait proposé la motion suivante le 23 juin dernier : \u201c Que la situation du pays exige que le gouvernement réduise iminé- dintement tous les droits sur les articles de première nécessité et plus spécialement sur ceux qui sont plus géuéralement consommés par les on- vriers, lus mineurs, les pêcheurs et les fermiers el, de plus, que les né- gociatiuns qui duivent s'ouvrir à Washington en octubre prochain, comme Ja chambre £n a été informée devraient être condnites en prenant pour bass la réciprocité commerciale la plus étenduc-entre le Canada et les Etats-Unis, pour les - produits manufacturés aussi bien que pour les produits naturels, \u201d Le débat, qui- sera certainement le plus long de la\u2019 session, a duré cing semaines et a dunné lieu à soixante et deux discours, à peu près également -partagés entre les deux partis.Cuux qui ont parté la parole, sont : Du côté ministériel, contre lu réduction des twxe et contre lu réciprocité :\u2014l\u2019Hun.Foster, MM.Ives, Corby, McLennan, O'Brien, Moncriff, Ross {ile Lisgar), Craig, White (Shelburne), Sproule, Davis, Adams, Desjardins (Hochelaga), Desjardins (l'Islet), MucDonald (Vivtoria), Me- Neil, Keuney, Skinner, Camcron (Inverness), White (Card wall), Rick- \u2018man, Henderson, MeDonuell, Fré- .ch:tte, Weldon, Montagne, Stairs, \u2018Wallace, Wood et Mnsson.\u2014 30 Du côté de l'opposition, en faveur'de ln réduction des taxes et de la réciprocité, ce sont ;\u2014Sir Richard Cartwright, MM.Paterson;Charlton, MEDonnld (Huron), King, Borden, a! MeMullen, MeWillian, Camubell, Laderking, Dawson, Hyman, Rider, Flint, Beausoleil, Lavergne, Temple, Devlin, Bowers, Béchard, Edwards, Fraser, Monet, Tedue, Forbes, Brown (Chateauguay), Allan, Spohn, Murrey, Legris, Watson.et Proulx.\u201432 Quatorze députés de ln province de Québec ont pris la parole, dix pour In politique de l\u2019opposition, quatre en faveur du gouvernement.ll y a eu six discours frangais, cinq pour l'opposition, un seul pour le gouvernement.| Les premiers sont dus à MM.Beausoleil, Monet, Legris, et Pronlx ; M.Fréchette, de Mégantic, a seul fait entendre la langue française pour le gouvernement.#5 Parmi les jeunes députés qui ont fait leurs débuts, ii convient de noter spécialement MM, Legris, Ledue et Proulx, M.Legris, est bien connu\u2019 dans le comté de Berthier où ses relations de famille, affaires ct d'ainitié sont fort étendues.Clest, on le sait, un homme d'un grand talent oratoire, d\u2019un excellent jugement, d\u2019une intégrité indiscutable, un beau et noble caractère, loyal et dévoué.lla su gagner l\u2019estime et l\u2019amitié de tous ceux qui ont sn apprécier ses nom breuses qualités, Son discours d'hier soir, clair,con- vaiuen, bien raisonné, à produit la m'illeure impression.ll s\u2019est étudié a démontrer que : dans le District de Trois-Rivières la protection n\u2019avait rien produit en fait de manufactures et qu\u2019elle avait été désastreuse pour l\u2019agriculture.M.Leduc est le plus jeune député de la chambre des communes, Il a vaillamment conquis, à l'âge de 24 ans, le comté de Nicolet, qui n\u2019avait jamais élu un libéral aupara- vaut.Après avoir écouté M.Leduc, on coinprend qu'il ait produit la meilleure impression sur le peuple par ses qualités d\u2019orateur élégant, bien renseigné, raisonnant avec vigueur, s'exprimant avec grâces et restant toujours parfuit gentilhomme.Le comté de Nicolet s\u2019est fait honneur en choisissant pour le représenter un homme aussi capable de défendre en tout et partout ses iuté- rêts.M, Proulx représente le comté de Prescott.(Post le soul député françeis que nous euvoie la Province d\u2019Ontario.ll a été élu contre trois concurrents qui ont tous perdu leur dépôt, C'est un homme d\u2019affaires actif, intelligent, qui s'exprime avec force et clarté.C\u2019est un patriote qui représente J'élémeut français de ln grande province d\u2019Ontario avec intelligence et dévouement, lla tenu à honneur de parler pour ses compatriotes dans leur langue que les conservateurs de sa province voudraient prosciire.Ces trois débutants ont été vivement applaudis et le méritaient à tous égards.M.Monet, député de Napierville, n\u2019était pas à son début.1l avait déjà poité la parole dans deux ou trois autres circonstances.C'est un orateur sérieux, irstruit.qui parle avec beaucoup d\u2019aisance, de force et de clarté.Il fera sûrement son chemin dans la politique.car il na pas seulvinent le talent nécessaire, mais encore l\u2019amour de l\u2019étude et du travail.C'est être charitable que de rien dire du charabias débité par M.Fréchette, de Mégantic.Il a parlé français.C'est le seul du côté ministériel qui a eu ce courage, = C'est un mérite qui doit lui faire pardonner le reste.Deux cent deux députés ont pris part au vote.La motion de Sir Richard Cartwright a été rejetée.Quatre-vingt-huit députés votant pour et cent quatorze contre.Les membres suivants de l'opposition étaicut alisents : \u2014 Ilon.A, Mnc- Kenzie, Walsh, Gibson, Préfontaine, Tarte, et Howard.M.Joncasa voté avec le gouvernement, Du côté ministériel il n\u2019y avait que quatre absents.Deux sidges ne sont pas représentés et l\u2019Orateur était au fauteuil, \u201c,.Tæ côté ministériel était très gni vers lu fin de la soirée.Quatrevingt-cinq députés avaient pris part au banquet donné à M.Vincent, membre du Parlement anglais, avocat «le lu fédération impériale au restaurant de la chambre, Le vin avait coulé à flots, l\u2019éloquence aussi probablement.| Plusieurs riaient\u2018avec fracas ; d\u2019autres faisaient avec leur pupitres un bruit infernal et sem- blnient.vouloir s\u2019étourdir surle vote qu'ils allaient donner contrairement aux promesses faites à leurs élec- trurs.Il est fâcheux que tous les \u2018éloctéursin'uieiitipu être:témoius \u2018de Sem Srv J a - Brodeur LA GAZETTE DE BERTIUlX, VENDREDL 31 JUILLET 1301, i Samar 1 i ce spectacle qui pourrait aisément être qualifié de scandaleux.- * a wy Voici le vete qui a été pris suyila motion de sir Richard Cartwright! Pour :\u2014 MM, Allan, Allison, Aee #11 s'exprime tonjours avec beaucoup de facilité et surtout avec bean- coup de lucidité.\u201cSon disconrs d'aujourd'hui d créd toute une sensation, Kt nous avons vu des conservateurs l\u2019applau- myot, Armstrong, Bain, Barwon, [dir.IVa, eù effet, apporté de nou- Beausolerl, Béchard, Reith, Befnief; | Veaus argnments duns le débat et Borden, Bowinssa, Bowers, Bowman, (Chateauguny), Brown (Monck, Bardett, Cameron (1luron), Campbell, Carroll, Cartwright (Sir Richard), Casey,Chgriton,Choquette, Christie, \u2018Colter, Davidson, Davies, Dawson, Delisle, Devlin, Edgar, Fdwards, Fauvel, Featherston, Xlint, Forbes, Fraser, Frémont, Gauthier, Geoffron, German, Gillmor, Godbout, Grieve, Guny, Hagratf, Marwood, Hyman, Tnues, King, Landerkin, Langelier, Laurier, Lavergue, Leduc, Legris, Lister, Livingston, Macdonald, (1lurom), McGregor, MeMillan, McMullen, Mign.ult, Mills (Dothwell), Monet, Moussean, Mulock, | Murray, Paterson (Draut), Terry, Proulx, Ruler, Rinfret, Rowand, Sanborn, Scriver, Semyle, Simard, Somerville, Spohn, Sutherland, Trow, Tiuax, Vaillancourt, Wutson, et Yeo \u201488.Contre :\u2014MM.Adams, Baker; Bergeron, Bergin, Bowell, Burnham, Barus, Cameron (luverness), Catignan, Carpenter, Carou(Sir Adolphe), Chapleau, Cleveland, Coatsworth, Cochrane, Cockburn, Corbould, Corby, Costigan, Craig, Curran, Daly, Dnoust, Davin, Davis, Denison, Dessaulniers, Desjardin(Hochelaga, Desjardins (L\u2019Islet), Dewdney, Dickey, Dugas,Dupout, Dyer, Earle, Fairbairn\u2019 Ferguson Leeds et Gren.), Ferguson\u2019 (Beufrew), Foster, Frichette, Gillies; Girouard, Gordon, Grandbois, Haggard, Hazen, Henderson, Hodgins, Hutchins, Ingram, Ivres, Jamieson; Joncas, Kaulbach, Kenny, Kirkpa= trick.Langevin (Sir Hector).Lal\u2019 Rivière, Léger, Lépiue, Lipqéd, Macdonald (King\u2019s), Macdonald (Winnipeg), Macdonell (Algoma), Macdowall, Mackiitosh, McAlister, Me- Donald (Victoria), MeDougald( Pictou), McDougall, (Cap-Lireton), Me- Kay, McKeen, McLean, MecT.ennan, McLeod, MeNeill, Madili, Mara, | Marshall, Masson, Miller, Mills! (Anapols), Moncri:ff, Montagne O'- Brien, Ouimiet, Paterson (Colches- | ter), Pelletier, Pope, Prior, Putnam, Reid Robillard, Roome, Ross (Dundas), Ross (Liogar), Rychiun, Skinner, Sproule, Stairs, Stevenson, Taylor, Temple, Thompson (Sir John), Tisdale Tupper Tyrwhitt, Wallace, Weldon, White (Cardwall), White (Shelburne), Wilmot, Wood (Brockville), Wood (Westmoreland).\u2014114 rm mr M.BEAUSOLEIL À LA CHAMBRE, Le discours que notre député, M.Beausoleil, a prononcé la semaine dernière en chambre, a véritable sensation.: Les correspondant de la Juatice et de I'Electeur en out télégraphié le texte le soir même à ces delix journaux qui l\u2019un publié intégralement.La Justice fuisait précéder cette publication de ia note suivante : \u201c La discussion sur le tarif se continue.De temps en temps, quelques maîtres discours viennent réveiller l\u2019attention.Je vous envoie celui de l\u2019un des meilleurs esprits financiers du parlement, M.Beansoleil, député de Berthier, ll s'est attaché a traiter la question importante des sucres, et cette page d'économie politique devrait pénétrer dans toutes les familles, M.Seausoleil a déjà été membre de la presse, ct ses écrits sur les finances du pays ont toujours fait autorité.\u201d La Putrie a publié le discours de M.Beausoleil dans son numéro de samedi.Le correspondant parlementaire, de ce journal, appréciait comme suit M.Deausoleil et son discours, \u201c L'évènement principale de la journée, i Ja Chambre des Communes, a été le discours de M.Beausoleil sur la réciprocité, \u201c Le député de Berthier est certainement un des hommes les mieux renseignés de Jn Chambre.Chaque fois qu'il prend la parole, il produit un excellent effet, et il apporte à la discussion des arguments nouveaux et convaincants, J'ai en occasion de l'apprécier récemment âi|- produit une |: \u2018s'est attaché à démontrer spécinle- ment que le gouvernement négli- gait entièrement ln classe agricole et refusait de lui accorder les moindres faveurs et la protection ln plus minime.\u201c Tout est pour le manufacturier sous lu régime conservateur, rien pour le cultivateur, \u201cEt le gouvernement vient de démontrer cela d\u2019une manière bien patfaite dans sa politique a propos du sucre du betterave, ainsi que l\u2019a démontré M.Beausoleil.\u201cTout le monde sait que les ma- nufactires de sucre de betterave ne produisent que de la marière brute (raw material) et vendent aux ratti- néries de sucre à Moutréul cette matière première.* Jusqu'ici, les cultivateurs qui se Vouuient à la cnlture de la betterave se trouvaient faiblement protégés contre la concurrence étrangère par une taxe d\u2019un centin et demi par livre sur le sucre brut im- porié.\u201c Mais voici que cette année, le gouvernement vient d\u2019ôter ces droits d\u2019un centin et demi par livre et admet franco le suere brut.\u201c Du cette inanière, la betterave à sucre, cultivée dans le pays, se trouve sans protection aucune et cela pour plaire aux raflineries de sucre et leur permettre de se rembourser des souscriptions qu\u2019elles \u2018ont faites lors des dernièr.s élections.« Nos bons cultivateurs, qui ne peuvent compter guère avec la culture du foin ct du grain et qui se sont livrés à la culture de la butte- rave, se voieut ainsi enlever leur dernière ressource.\u201c Ils espéraient par la betterave se faire quelques économies pour pouvoir traverser les mauvais jours que nous avons et pourattendre l\u2019époque où le marché américain leur sera ouvert, Mais c'est en vain, pauvres cultivateurs.Le gouvernement veut vous ruiner, et Vous chasser du pays.Voilà sa poliu- que.Il ne fant pas se décourager.M.Mercier arrive ici et nous prédit du succès pour Ja culture de la betterave.M.Laurier sera au pouvoir avant longtemps.Et alors la prospérité reviendra.\u201d M.Beausoleil ne s'occupe pas seulement des questions financières, mals encore de toutes celles qui peuvent intéresser les électeurs de Berthier et les Canadiens-frangiis de toute la Puissance.Voici ce que disait à ce sujet le Cunada, journal conservateur d\u2019Ottawa : \u201c Nos lecteurs pourront voir, parle «discours de M.Buausoleil que nous -citous plus haut et la réponse du npinistre Maggart, que les canadiens ffançais d'Ottawa n\u2019ont pas de représentant en chambre ; puisqu\u2019un \u2018député de la province de Québec est obligé de se lever pour nous défendre.Des gens qui ont été troplâches pour preudre nutre parti contre Meredith et ses vampires, sont bien ceux gui peuvent descendre à des mesquineries, ou plutôt ne peuvent pas s'élever audessus de cela.\u201c## Si nous avions plus d'«space à fotre disposition aujourd'hui, nous pourrions en compter de belles sur lès agissements de ces mnatamores et qui seraient de nature à édifier leurs collègues.Mais, n\u2019est pas perdu qui est différé, Eu attendant, nos compatriotes duivent des remerciements i\" M.Beausoleil, \u201d to \u2014>-e mm LE RÉVEIL DE L'OPINION L'opinion publique se réveille décidément à lu vue des scandales qui se dévoilent de jour en jour à Ottawa,les journaux conservateurs qui ont conservé un reste d'honnêteté, s\u2019insurgent contre le maintien du .|régime actuel avec toutes ses hontes.]ls demandent à grands cris l\u2019expulsion des ministros dout les départements regorgent- de corruption, de pillages et de vuls comrae 6ù en à jamais vus jusqu'ici.L'Evening Journal.d'Ottawa, un,des organes conservateurs de la capitule écrivait l\u2019autre jour que propos d\u2019un débat dans lequel -là | SirHector Langevin devait résignar, province de Québec était concernée.Déjà plusieurs orateurs avaient exprimé leur opinion sur le sujet qui faisait l'objet de ce débat.Et je dois avouer franchement que je n\u2019avais pus bien compris ot saisi la portée de la qnestion en litige, jusqu\u2019à ce que M.Beausoléil cût parlé et eût exposé les-fuits et les argu.ments qui se rapportent à cette ques.sinon\u2019 qu\u2019il entrainerait tout le gou- Vernement dacs sa ruine, ., Voici un extrait de cob article qui a fait sensation dans le monde politique : 8; Livre ME ten avd "]
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