La tribune, 21 novembre 1988, Cahier 2
[" ( la tribune VIVRE - REPORTAGES \u2014 AGRO ALIMENTAIRE ( B NOVEMBRE 1988 SHERBROOKE, LUNDI 21 ELECTIONS 88 De revirement en revirement pour l'équipe de Mulroney gjl MONTRÉAL (PC) - La campagne électorale de 1988 aura été celle des revirements spectaculaires et imprévisibles.Le 1er octobre dernier, le chef conservateur Brian Mulroney et premier ministre depuis quatre ans a décidé de se présenter devant l\u2019électorat canadien et de lui parler de ses réalisations, de leadership, de son équipe, de la situation économique améliorée au Canada et, vers la fin de la campagne, de libre-échange.Au départ, la tâche semblait facile pour l\u2019équipe Mulroney.Les sondages indiquaient que 38 pour cent des Canadiens étaient prêts à lui refaire confiance.Les stratèges conservateurs avaient préparé un scénario, adopté un style grandiose.Au cours des deux premières semaines, le premier ministre visitait en matinée une entreprise évidemment favorable au libre-échange.A l\u2019heure du repas, Brian Mulroney s\u2019adressait à une chambre de commerce locale où il lisait un discours préparé par des rédacteurs au courant de toutes les statistiques et des chiffres flatteurs pour le gouvernement conservateur.Le style soulevait peu l\u2019enthousiasme des auditoires.En soirée, le même discours, un peu modifié et simplifié, était livré à des partisans convaincus.Pendant deux semaines, Brian Mulroney n\u2019a même pas mentionné les noms du chef libéral John Turner et du néo-démocrate Ed Broadbent.Ce programme semblait suffisant pour gagner sans trop de misère et sans trop se forcer.Les 24 et 25 octobre, il y a eu les débats télévisés des chefs et tout a changé.L\u2019opinion publique a jugé que le chef libéral John Turner avait gagné l\u2019affrontement, coincé le premier ministre avec ses questions embarrassantes sur le traité de libre-échange, et les sondages ont commencé à indiquer une remontée spectaculaire aes libéraux partout au pays, de 25 pour cent à plus de 40 pour cent.La panique s\u2019est emparée des penseurs conservateurs.Le libre- échange est devenu la seule question débattue.Le discours sur le leadership et les réalisations ne fonctionnait plus.L\u2019attaque libérale, le propos nationaliste faisaient son petit bonhomme de chemin.Changement C\u2019est à ce moment-là que le chef Brian Mulroney a décidé de prendre les choses en main.Un bon matin, au cours de la quatrième semaine de campagne, un porte-parole du premier ministre soulignait à la Presse Canadienne que la tournée PC avait un nouveau directeur: Brian Mulroney.Le rythme s\u2019est accéléré, les événements et assemblées partisanes se sont multipliées.Le premier ministre est sorti de la bulle de verre dans laquelle les organisateurs, ses collaborateurs et le cordon de sécurité de la Gendarmerie royale du Canada l\u2019avaient enfermé.Les choses ont commencé à changer.Brian Mulroney a publiquement reconnu que le chef libéral, maintenant en première place dans les sondages d\u2019opinion publique, était plus coriace qu\u2019il ne l\u2019aurait cru au début de la course.Le discours libéral sur l\u2019intégrité des programmes sociaux, la souveraineté canadienne d\u2019après le libre-échange marchait rondement.La machine électorale de John Turner roulait à fond.Le premier ministre au style présidentiel est redevenu tout à coup \u201cle petit gars de Baie-Com-eau, le bagarreur irlandais\u201d, un style qui lui avait été si profitable en 1984.\u201cIl va nous falloir travailler dur jusqu\u2019à la fin, a souvent répété Brian Mulroney, se lever de bonne heure et se coucher tard\u201d.Jour après jour, jusqu\u2019à l\u2019a-vant-dernière semaine de la campagne, le premier ministre s\u2019est défendu comme un diable dans l\u2019eau bénite, il a férocement attaqué \u201cla campagne de peur des libéraux\u201d.Mais les résultats n\u2019étaient pas encore concluants.Brian Mulroney et John Turner étaient à égalité dans les sondages, laissant derrière le chef néodémocrate Ed Broadbent.Les assemblées publiques conservatrices sont devenues plus mouvementées.Les chahuteurs étaient plus nombreux et c\u2019est véritablement à ce moment-là que le vent à tourné.Le premier ministre a repris à son compte le discours souverainiste et nationaliste de John Turner, a monté le ton, affronté les chahuteurs anti-libre-échange, fait changer la campagne publicitaire et les slogans.Le retour en force s\u2019est amorcé.Sondages après sondages les conservateurs ont grignoté l\u2019avance libérale.Mercredi dernier à Toronto, les stratèges bleus confirmaient à gui voulait les écouter, qu\u2019ils étaient de nouveau en première place au classement.A trois jours du scrutin, deux sondages, un Gallup et un Angus Reid, plaçaient le PC à 43 pour cent, les libéraux à 35 et les néodémocrates loin derrière à un peu plus de 20 pour cent.Brian Mulroney l/effet remontant des débats s'est-il estompé pour Turner?¦ TORONTO (PC) - Il y a les libéraux d\u2019avant le débat des chefs, il y a les libéraux d\u2019après et il y a les libéraux de la dernière semaine de campagne.Il s\u2019agit des mêmes personnes.Mais il ne s\u2019agit certainement pas du même esprit, ni de la même campagne.La campagne du chef libéral John Turner a débuté sous des auspices presque sinistres.Non seulement le Parti libéral risquait-il de perdre son titre d\u2019opposition officielle, mais il risquait aussi de disparaître purement et simplement.A cette époque, John Turner traînait de la patte dans les sondages.Il traînait également un déficit de parti allant chercher dans les $5 millions et de forts doutes quant à la solidité de son leadership.Les libéraux ont abattu leurs cartes dès le début.Avant même le déclenchement des élections, M.Turner a rendu publique une liste de 40 promesses électorales, allant de la protection de l\u2019environnement à la création d\u2019une nouvelle fête nationale, le Jour du patrimoine, le tout sur fond de lutte au libre-échange.Le chef libéral a promis de dévoiler graduellement, tout au long de la campagne, les détails et les coûts de chacun de ces 40 points.Les premières de ces promesses ont été bien accueillies, mais rapidement, la machine s\u2019est détraquée: John Turner s\u2019est rendu à Montréal pour annoncer un nouveau programme de garde d\u2019enfants.Mal préparés, les libéraux ont été incapables de fournir des informations cohérentes au sujet des coûts et des modalités de ce programme.Les libéraux ont rajusté leur tir et ont décidé d\u2019espacer ces annonces.Discours Au début, les discours de M.Turner étaient plutôt longs et ennuyants.A Caraquet, par exemple, à la mi-octobre, le chef libéral a réussi à refroidir les ardeurs d\u2019une salle chauffée à blanc par le premier ministre libéral du Nouveau-Brunswick Frank McKenna.Le lendemain toutefois, à Sidney, en Nouvelle-Ecosse, M.Turner a mis de côté son texte préparé à l\u2019avance et s\u2019est lancé dans un vibrant plaidoyer contre le libre-échange, électrisant son auditoire.C\u2019est à partir de ce moment qu\u2019il a commencé à développer les thèmes qui allaient le suivre tout au long de la campagne, comme qualifier la lutte contre le libre-échange de cause de sa vie et faire appel au patriotisnie canadien.Cette solide performance a culminé lors des débats des 24 et 25 octobre.Les Canadiens, qui n\u2019avaient vu en John Turner qu\u2019un chef contesté et peu sûr de lui, ont eu la surprise de John Turner découvrir quelqu'un en pleine \u2018 possession ae ses moyens.La réaction ne s\u2019est pas fait attendre.Dès le lendemain, les | médias déclaraient M.Turner grand gagnant.La semaine suivante, les libéraux sont passés ! en première position dans les intentions de vote des Cana- \u2019 diens.Les libéraux ont été soulevés.î John Turner a commencé à parler de croisade contre le libre-échange.Et les conservateurs s sont passés à l\u2019attaque, prenant surtout comme cible la liste libérale de 40 promesses et, surtout, son coût.Ce n\u2019est qu\u2019au début de la dernière semaine de campagne que j M.Turner a répliqué à ces at- 1 taques en dévoilant le coût de ses promesses.Mais déjà, la poussière soulevée par les débats était redescendue et les conservateurs avaient rejoint les libéraux en tête des sondages.Chahuteurs La lutte, très serrée, a entrai- ( né une autre conséquence.Les chahuteurs, absents ou peu bruyants au début de la campagne, ont commencé à s\u2019imposer davantage, ce qui a amené quelques partisans libéraux à répliquer avec des arguments frappants, notamment à Pierre-fonds, le 13 novembre dernier.Peu à peu, les salles de réunions partisanes ont semblé moins remplies, même dans des châteaux forts libéraux comme Montréal et Hamilton.Les interventions des milieux d\u2019affaires, de certains éditorialistes, du président américain sortant Ronald Reagan et de la première ministre britannique Margaret Thatcher ont permis au chef libéral de faire des déclarations éclatantes.Cependant, compte tenu des derniers sondages, plaçant les conservateurs en première position, elles n\u2019auront peut-être pas été suffisantes pour permettre à M.Turner de renouer avec le pouvoir.Broadbent termine la campagne essoufflé ¦ TORONTO (PC) - Le NPD termine la campagne électorale comme un fauve essoufflé.Parti en lion il y a sept semaines, il a été écarté d\u2019un coup de baguette télévisuelle de la bataille du libre-échange et a vu peu à peu se briser sa course vers le pouvoir.Meurtri et marginalisé par les sondages, piégé une fois de plus par la polarisation de l\u2019opinion publique, le NPD ne peut guère espérer faire élire ce soir plus d\u2019une cinquantaine de députés, lui qui se sentait pourtant si confiant au départ de décrocher le rôle d\u2019opposition officielle aux Communes.Pour le chef Ed Broadbent, qui pourrait bien tirer sa révérence à l\u2019issue de ce scrutin, ce pourrait être une fin de carrière politique en queue de poisson.Le NPD n\u2019a, à vrai dire, que lui-même à blâmer pour toutes les embûches qui se sont dressées sur son chemin.L'\"ordinaire\" Le point tournant de la campagne aura été sans contredit les débats télévisés des chefs fédéraux, tenus en milieu de parcours.M.Broadbent a perdu des plumes pendant le débat en français, payant très cher sa mauvaise maîtrise de la langue.Le lendemain, au cours du débat en anglais, sa marginalisation était confirmée, alors que M.Turner s\u2019emparait, avec le militantisme du fumeur qui s\u2019arrête de fumer, du flambeau de l\u2019opposition contre le libre-échange.La situation était d\u2019autant plus étonnante que le NPD avait à ce sujet, pendant toute la durée du débat aux Communes, clairement pris le leadership de la lutte contre le traité, tandis que le caucus libéral se tordait en infinies tergiversations.Les néo-démocrates ont commis une erreur tactique capitale à l\u2019issue des débats en ne modifiant pas radicalement leur discours électoral à la lumière de la remontée du chef libéral John Turner.A la volatilité de l'électorat, ils ont opposé un discours coulé dans le béton, n\u2019apportant que des changements superficiels à une stratégie convenue bien avant le déclenchement des élections.Défenseurs invétérés de la \u201cfamille moyenne\u201d, ils ont continué de promettre \u2014 triste perspective \u2014 de porter \u201cl'Ordinaire\" au pouvoir.Ils se sont, en bref, évincés eux-mêmes d\u2019une controverse dont ils étaient au départ l\u2019un des principaux protagonistes.M.Broadbent a continué de marteler les thèmes de l\u2019environnement et de l\u2019équité fiscale, pendant que le pays tout entier vivait une déchirante crise de conscience sur la question complexe du libre-échange.Lui qui, avant le déclenche- Ed Broadbent ment du scrutin, entendait faire de la campagne une élection référendaire sur l\u2019accord canado-américain, clamait maintenant qu\u2019il fallait élargir à d\u2019autres thèmes une campagne électorale qui venait de le piéger.Le NPD espérait ainsi parvenir à prendre ses distances face aux libéraux.La stratégie, qui consistait à les identifier idéologiquement aux conservateurs, n\u2019a cependant pas collé, tant et si bien que M.Broadbent a vécu les trois dernières semaines de la campagne en vase clos, mis en retrait d\u2019une lutte dont John Turner et Brian Mulroney détenaient l\u2019exclusivité.Insensibilité crasse A cette erreur est venu se juxtaposer au Québec un discours plein d'emphase sur le respect de la \u201csociété distincte\u201d, un discours grâce auquel le NPD a à nouveau fait preuve d\u2019une insensibilité crasse, mêlée d\u2019indifférence et d\u2019incompréhension, face à la réalité francophone québécoise.En témoigne le fait que M.Broadbent n\u2019ait pas eu le simple bon sens de reconnaître, il y a deux semaines à Lévis, que la Loi 101 aura de toute évidence toujours sa raison d\u2019être au Québec.En témoigne aussi le fait que sept candidats montréalais aient de leur propre chef rendu publique leur position constitutionnelle nationaliste, pendant que M.Broadbent faisait campagne à l\u2019autre bout du pays, en Colombie-Britannique.En témoigne enfin, en termes simplement journalistiques, le fait qu\u2019en début de campagne, le chef ouvrait en anglais une conférence de presse tenue à Montréal.Un comportement qui en dit long.A SHERBROOKE: 15 ANS: À MAGOG: 10 ANS McDO FETE EN GRAND!!! DU 31 OCTOBRE AU 27 NOVEMBRE 1988 DU 31 OCTOBRE AU 6 NOVEMBRE 1988 Savourez un coke format moyen M 6 on ) pour la modique somme de 25C Coke ÜASSIQIT.DU 7 NOVEMBRE AU 13 NOVEMBRE 1988 DU 14 NOVEMBRE AU 20 NOVEMBRE 1988 Offrez-vous un délicieux lait frappe (chocolat, vanille ou fraise) a un prix 10ieme & 15ieme anniversaire soil 25C Dégustez une grosse portion de frites pour 25C LES SERVICES ALIMENTAIRES Sherbrooke ^ Magog DU 21 NOVEMBRE AU 27 NOVEMBRE 1988 Des p'tits bonheurs matin a 99C Savourez un petit dejeuner McDonald s (oeufs frits bacon et rôties) ou un de nos 5 sandwich-matin pour moins de 1$ OEUF Mr.MUFFiN* SAUCISSE M.MUFF'N AVEC OU SANS Of i ,f - OMELETTE MrMuFF N BACON OU AMBON us sont laits il oeuis 'rais catégorie \\ (rodage npdda'd canadien tondu et pasteu^se haco'' v.ambon ou saucisse ie tout dans un petit t,.,m.anglais gn'ie Un vrai regai maim F#fm« Avtcoto ROCK BEDARD me S- F
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