La tribune, 17 décembre 1988, Cahier 2
[" FORUM VIVRE - GENERAL SHERBROOKE, SAMEDI 17 DÉCEMBRE 1988 Chevrette lance un \"cri de survie\" par André BELLEMARE ¦ QUEBEC (PC) \u2014 Le chef de l'Opposition Guy Chevrette a lancé au cours d\u2019un débat d'urgence hier à l\u2019Assemblée nationale \u201cun cri de survie comme peuple francophone en Amérique du Nord\u201d pour tenter de sensibiliser davantage le gouvernement Bourassa et de l\u2019amener à restaurer les articles de la loi 101 sur la langue d\u2019affichage commercial.pi tion du jugement de la Cour suprême rendant inconstitutionnelles ces dispositions de la loi 101, un climat d\u2019émotivité et de suspense s\u2019est installé en Chambre dès le début de la période des questions, à 10 heures, pour se poursuivre pendant le débat d\u2019urgence.Le président de l\u2019Assemblée nationale, Pierre Lorrain, n\u2019a pas réjoui les ministériels, en particulier le leader parlementaire Michel Gratton, en accordant le débat à la demande de M.Chevrette.Ce dernier et le député de Tail-lon Claude Filion en ont profité pour réclamer une action rapide et sans équivoque du gouvernement, comme le réclament des milliers de Québécois depuis jeudi, en faveur du maintien de l\u2019unilinguisme français dans l\u2019affichage en recourant à la clause dérogatoire.M.Chevrette a fait appel aux sentiments, à l\u2019émotivité et à la passion dans un vigoureux discours pour mettre en garde le Réparation des torts aux anglophones du Québec \u2014 D'Iberville Fortier ¦ OTTAWA (PC) - Le Commissaire au langues officielles D\u2019Iberville Fortier estime que les jugements de la Cour suprême sur les dispositions de la loi 101 traitant de l\u2019affichage sont venus réparer un tort causé aux anglophones du Québec.M.Fortier avait, dans son rapport annuel de 1987, vigoureusement critiqué l\u2019attitude de la majorité francophone au Québec qui avait développé, selon lui, la tendance à promouvoir le français en \u201chumiliant l\u2019adversaire\u201d.Dans un bref communiqué émis en fin de journée hier, le chien de garde des droits des minorités linguistiques au Canada a souligné son plaisir de voir le plus haut tribunal canadien reconnaître la double nécessité de protéger la langue et le visage français du Québec \u201cet d\u2019assurer pour tous dans ce cadre la liberté d\u2019expression englobant le discours commercial\u201d.D'Iberville Fortier, Commissaire aux langues officielles M, Fortier, dans son opinion, s\u2019est effectivement rangé du côté de tous les intervenants et porte-parole gouvernementaux du fédéral qui ont prétendu, depuis la décision de la Cour suprême, que le Québec avait gagné quelque chose puisqu\u2019il est maintenant libre \u201cd\u2019exiger que la langue française prédomine, même nettement dans l\u2019affichage\u201d.\"Ce jugement, a précisé le Commissaire, réconcilie donc explicitement les deux principes et offre la possibilité de concilier en fait les droits de la majorité francophone du Québec et ceux de la minorité anglophone, laissant au pouvoir politique d\u2019en définir les modalites, ou même de s\u2019y soustraire.\u201d En rendant ses deux jugements historiques, jeudi, le Cour suprême, selon M.Fortier, n\u2019a fait que confirmer les décisions des cours québécoises en vertu de la Charte québécoise des droits et libertés et de la Charte canadienne.\u201cElle (la Cour) a déclaré inconstitutionnels et inopérants, a-t-il souligné, certains articles de la Charte de la langue française (Loi 101) essentiellement en raison de leur incompatibilité avec le respect de la liberté d\u2019expression.\u201d Le Commisssaire aux langues avait soulevé un tollé dans son dernier rapport annuel en soulignant que les Anglo-Québécois faisaient face à de graves problèmes.Selon lui, la question de l\u2019affichage commercial bilingue \u201cet l\u2019indécision du gouvernement provincial\u201d étaient malsaines.gouvernement contre les dangers du bilinguisme et le presser d\u2019agir \u201cdans le sens des intérêts de la majorité des Québécois\u201d.Il s\u2019est montré cinglant aussi dans ses propos en affirmant \u201cqu\u2019il est difficile de combler un vide juridique quand c\u2019est plutôt un vide politique qui nous accable\u201d.Autant les intervenants du PQ ont-ils parlé avec leurs tripes en soulignant les conséquences néfastes du jugement de la Cour sur l\u2019avenir du Québec français, selon eux, autant les porte-parole ministériels, les ministres Gil Rémillard et Guy Rivard, ont voulu se faire rassurants sur l\u2019avenir du français au Québec.Ils se sont exprimés sur un ton professoral en utilisant des arguments d\u2019ordre juridique et de logique.Une menace Plus tôt au cours de la période des questions, dont les 45 minutes ont été bien sûr consacrées à la loi 101, l\u2019Opposition n\u2019a pu Robert Bourassa connaître les intentions du gouvernement qui doit déposer lundi un projet de loi visant à combler le vide juridique créé par la décision du tribunal.Guy Chevrette Le premier ministre Bourassa n\u2019a évidemment pas voulu se compromettre puisque des consultations et des discussions étaient déjà prévues hier en soi- rée avec le caucus liberal et aujourd'hui avec le conseil general du parti M Chevrette a bien tente d\u2019arracher une réaction au chef du gouvernement en sortant de ses filières un extrait d\u2019une entrevue que M.Bourassa accordait au journal Globe and Mail de Toronto le 3 décembre dernier où il disait: \".Je n\u2019ai aucun doute que permettre des affiches bilingues dans le centre-ville de Montréal ne pourrait, à long terme, que mener à l'anglicisation du centre-ville.Si cette anglicisation se produit, cela aura un effet infec-tueux partout ailleurs.Je dois admettre que je n'ai pas grand-chose à gagner face à une telle si tuation mais que j\u2019ai une chance de régler le problème linguistique au Québec une fois pour tou tes\".De l'ambiguité Le plus souvent sur la sellette, le premier ministre a tenu, en premier lieu, à féliciter MM.Chevrette et Jacques Parizeau \"pour l\u2019attitude relativement modérée\u201d qu\u2019ils ont adoptée dans le débat, jeudi.Puis, M.Bourassa s'est permis ensuite de donner une petite le- çon au Journal de Québec qui a publié cette manchette à la une: \"Affichage français, inconstitutionnel\" 11 s\u2019est bien défendu de vouloir blâmer le journal mais le premier ministre a précisé que ce n'est pas le sens du jugement puisqu\u2019il n\u2019est pas défendu d'afficher en français seulement et que pas un seul commerçant, ne sera tenu d\u2019afficher dans les deux langues.Le chef de l\u2019Opposition a aussi tenu des propos ambigus quand il a déclaré deux ou trois fois que le jugement empêche l'unilinguisme français dans l\u2019affichage.Le premier ministre a dû lui rappeler que la décision des juges stipule plutôt que l\u2019on permette que la langue des autres soit respectée Plus loin, M.Chevrette a de mandé comment il se fait que le gouvernement hésite tant à recourir à la clause dérogatoire dans le cas de la protection de la langue française alors qu\u2019il le fait dans le projet de loi 107 sur la restructuration scolaire présentement à l\u2019étude devant la Chambre.Dr ing.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Dr ing.Dr ing.Dr ing.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Dr ing.Dr ing.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Dring.Nous avons un petit présent pour ceux qui sont souvent absents.Vos amis se plaignent que vous n\u2019êtes jamais chez vous.ou que votre ligne est toujours occupée! 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on l\u2019a constaté avec les BPC et encore avec ces importations de déchets.Il est temps que nos ministres de l\u2019Environnement cessent d\u2019éteindre les feux et pensent plutôt à les prévenir.Roch Bilodeau (r BAVASSERIES L\u2019homme de la semaine Notre panel est formé entre autres de sympathisants conservateurs qui ont tenté de nous faire élire Brian Mulroney.Pourquoi?Parce qu\u2019aucun député conservateur n\u2019aurait été implique dans un scandale depuis l\u2019élection, il y a presqu\u2019un long mois.Mais nous avons convaincu nos collègues que ce n\u2019est pas parce que personne n\u2019a été pris sur le fait, qu\u2019il n\u2019y a pas eu des efforts.Et puis qui sait si le parfum de scandale ne finira pas par percer?Nous sommes également privilégiés de compter parmi nous quelques libéraux discrets et modestes.Ils ont eu assez de perspicacité pour ne pas présenter la candidature de Jean Chrétien.Même eux reconnaissent qu\u2019il est préférable que le parti progresse vers l\u2019avant plutôt que vers la préhistoire de la politique.Ne le demandez pas, nous n\u2019avons pas plus de néo-démocrates dans no- tre organisation qu\u2019il n'y a de députés NPD au Québec.C\u2019est la chanteuse Michèle \u2019Charlotte\u2019 Richard qui ajoutera à ses manteaux de fourrure, ses magnum de champagne, ses bijoux et ses tiroirs de lingerie fine, notre oscar-maison.Pas à cause de sa voix, pas à cause de son sens du spectacle, même pas parce qu\u2019elle possède une belle maison.Mais parce qu\u2019elle est une des femmes les plus douées pour convaincre les patrons d\u2019un réseau de télévision qu\u2019une émission ké-taine peut se déguiser en spectacle enchanteur et se qualifier au titre pompeux d\u2019émission \u201cSpécial de Noël\u201d.C\u2019est son talent pour la vente et ses dons de persuasion- que nous saluons chez Michèle \u201cJe me mets au régime\u2019\u2019 Richard.Nous avons enregistré cette émission et nouu l\u2019avons fait rejouer 16 fois depuis dimanche dernier, question de calmer note impatience dans l\u2019attente de la décision de M.Bourassa sur l\u2019affichage.Nous sommes tellement calmes après ces visionnements qu\u2019on aurait envie de proclamer le silence comme langue officielle de Michèle Richard, avec possibilité de dire quelques mots en français une fois l\u2019an, vers la mi-juillet quand tout le monde est en vacance.Les Québécois n\u2019ont pas tous la chance de passer Noël dans un palace comme celui de Mme Richard.Mais elle a au moins consenti à nous introduire dans sa charmante maison pour nous donner un aperçu de ce que serait Noël si nous avions son talent.Sa générosté nous subjugue.Gaspard Blanchard ?\t\t\t\t^ \tBILLET\t l\t\t\tJ) Guerre à la pollution! Ce serait vraiment merveilleux si, à l\u2019occasion de Noël tout proche, chacun décidait d'ajouter un cadeau à sa liste.\u2014 Ah! non, pas un autre, direz-vous, tout est tellement cher, et j\u2019en ai déjà plein les bras du magasinage que j\u2019ai à faire.C\u2019est que le cadeau suggéré ne coûte rien sinon un peu d\u2019effort, et qu\u2019il est à la portée de toutes les bourses.Ma suggestion est simple: si chaque personne, pour préparer Noël, offrait à notre monde.un peu de paix.Oh! je vous entends d\u2019ici: quelle idée! Comment veux-tu que je donne, moi, de la paix au monde?Je n\u2019en ai ni le pouvoir, ni les moyens.C\u2019est l\u2019affaire des grandes puissances.Ta suggestion n\u2019est, en somme, qu'un voeux pieux.Et pourtant non, Je propose quelque chose de bien concret: que chacun de nous pose, dans les jours qui viennent, un geste de paix à l\u2019égard de quelqu\u2019un qu\u2019il a tendance à regarder avec hostilité (ouverte ou rentrée).Facile à dire, dites-nous, mais de là à le faire.et puis qu\u2019est-ce que ça changerait dans le monde, je voudrais bien le savoir?C\u2019est que, voyez-vous, je suis convaincue que la paix mondiale est constituée de toutes les petites paix que nous semons sur notre route; tout comme les guerres sont l\u2019accumulation explosive de nos haines individuelles qui sont stockées ici ou là sur la planète à la merci d\u2019une étincelle égarée.Nos haines polluent la terre aussi sûrement que les B.P.C.Or je suis d\u2019avis qu\u2019il faut lutter contre la pollution sous toutes ses formes.\u2014 Tu charries un peu, non?Non, il s\u2019agit d\u2019entendre chacun parler de son milieu de travail, de son voisinage et même de son milieu familial pour prendre conscience de toutes les mesquineries, toutes les cruautés grandes et petites, toutes les critiques dévalorisantes qui y circulent.Je propose donc, que l\u2019on augmente, durant les fêtes, le capital de paix de la planète.\u2014 Curieuse idée! Mais la paix ne s\u2019établira pas sans nous, sans nos petits gestes quotidiens, sans notre bonne volonté.Or, l\u2019anniversaire de la naissance de celui que le vieux Zacharie a annoncé comme \u201cCelui qui vient guider nos pas sur le chemin de la paix\u201d est un temps privilégié pour nous le rappeler.Après tout, \u201csi cette planète nous tient à coeur!\u201d Céline Roy L'évènement de l'année: Bourassa va prendre une décision! TRIBUNE LIBRE Un cadeau vénéneux aux plus démunis M.Roger Lefebvre Députe de Frontenac Cette lettre de Noël se veut messagère de nos bons voeux our vous et votre famille au emps des Fêtes; et ce même si chez-nous, dans nos familles, le cadeau vénéneux que s\u2019apprête à nous offrir votre collègue monsieur Bourbeau, ministre de la Main d\u2019Oeuvre et de la Sécurité du Revenu, en votant à la hâte le projet de Loi 37, est difficile à avaler pour nous.En prenant position contre nous et en appuyant les intérêts des défenseurs de cette réforme -vos collègues libéraux, le Conseil du Patronat, la Chambre de Commerce \u2014\u2014 vous faites le choix politique et social de vous attaquer aux pauvres plutôt qu\u2019à la pauvreté.Sans être amers, nous sommes grandement déçus.Quand un gouvernement fait montre de mépris et bafoue la démocratie et le droit d\u2019expression de 650,000 personnes, représentées par plus de 1,670 groupes populaires, on est en droit de se demander quelles sont ses vraies couleurs.Nous désirons quand même vous remercier, à la façon dont les défenseurs de ce gâchis social devraient le faire en leur nom.: \u2014 Merci d\u2019appauvrir davantage les personnes assistées sociales en les coupant sur le partage du logement: si elles ne sont pas contentes, elles s\u2019entasseront, coud donc! \u2014 Merci d\u2019empêcher ces gens de donner des cadeaux de Noël à leurs enfants: faudrait quand même pas que ceux-là prétendent avoir la même chose que nos enfants! \u2014 Merci de ne pas indexer leurs chèques en janvier 89; ça fait 85$ millions de plus! \u2014 Merci de baisser le barême d\u2019aide sociale: ça coûte vraiment trop cher! \u2014 Merci de nous autoriser à les obliger de participer à divers programmes d\u2019employabilité: quel beau bassin de main d\u2019oeuvre à bon marché on aura avec ça! \u2014 Merci d\u2019obliger les jeunes dépendants de 18-29 ans de poursuivre leurs parents en justice pour leur faire payer une contribution alimentaire parentale: ça va virer! \u2014 Merci pour la \u201cGrant Diversion\u201d; comme ça, mine de rien, on se fera offrir en subvention leurs prestations d\u2019aide soiale, qui va couvrir une partie importante de leur salaire-et peut-être même tout-.Quelle bonne idée pour l\u2019économie! \u2014 Merci de donner une fausse parité aux jeunes de moins de 30 ans: on les a eus! Le professeur Léon Dion vient de tancer ceux qui cherchaient à associer son nom à un nouveau projet de ramollissement de la loi 101.Ces propos étonnent d\u2019autant moins que l\u2019on se rappelle tous ce que disait Léon Dion, le 20 septembre 1978, devant le Comité mixte du Parlement fédéral sur la constitution du Canada.Bien loin, en effet, d\u2019incliner vers l\u2019atténuation des dispositions de la loi 101, M.Dion envisageait, au contraire, dès ce moment-là, son renforcement.Relisons-le: \u201cLe Québec (.) a adopté le français comme langue officielle (.).Non seulement avons-nous déclaré le \u2014 Merci de manquer de respect envers les droits de ces personnes, particulièrement en ce qui concerne les femmes, les familles monoparentales et les jeunes; au fait, cette \u201cgang\u201d-là, sont-elles de vraies personnes?Finalement, en notre nom propre, nous, personnes assistées sociales, pouvons vous faire un vrai remerciement, qui vient du fond du coeur: Un gros merci à vous, monsieur Lefebvre, de nous avoir permis de nous positionner, et de choisir de ne pas voter pour vous, ni pour l\u2019équipe libérale, l\u2019an prochain.Car nous aussi, des fois, on a des choses à dire; et on aime être entendus, comme du vrai monde.! Louiselle Bureau pour les personnes assistées sociales de la Région de Thetford-Mines représentées par: l\u2019Association pour la Défense des Droits Sociaux de Thetford français langue officielle, mais je pense qu\u2019au fur et à mesure où les Québécois se rendent compte de l\u2019importance de la langue comme outil ou instrument du pouvoir économique (.) ils vont tendre de plus en plus à conserver la loi telle qu\u2019elle est ou même, s\u2019il le fallait, à lui donner encore plus de dents\u201d.Dix ans après, ces propos indiquent la voie à suivre: cette voie n\u2019est sûrement pas celle du mièvre \u201caffichage bilingue à l\u2019intérieur\u201d.Guy Bouthillier Porte-parole du Mouvement Québec Français La voie à suivre Entre les deux extrêmes -un retour au bilinguisme intégral qui serait inadmissible et l\u2019unilinguisme français qui ferait du Québec un ghetto linguistique- il faut trouver le moyen de protéger le visage français du Québec, écrit Claude Masson, éditeur adjoint de La Presse, dans un éditorial sur le jugement de la Cour suprême.Le plus haut tribunal du pays vient de juger inconstitutionnel l\u2019affichage unilingue français au Québec.Masson dit que le gouvernement Bourassa a deux recours possibles.Il peut modifier la loi 101 pour éliminer l\u2019exigence de l\u2019unilinguisme et introduire le concept de la primauté du français; l\u2019utilisation de l\u2019anglais ou chune autre langue est limitée au niveau de la langue seconde, avec des prescriptions très strictes.Masson souligne que pour ce qui est de l\u2019égalité des langues, ce doit être non.Le deuxième recours du gouvernement est l\u2019utilisation de la clause dérogatoire pour soustraire la législation sur la langue d\u2019affichage aux dispositions des Chartes canadienne et québécoise des droits de la personne.La Presse prend officiellement la tribune 1950, rue Roy, Sherbrooke, Qué., Tél.: 564-5450, J1K 2X8 Téléphones: Petites annonces: 564-0999 Publicité: 564-5450 Rédaction: 564-5454 Abonnements: 564-5466 Le jugement de la Cour suprême sur l\u2019affichage position en préconisant l\u2019affichage unilingue français à l\u2019extérieur des commerces et l\u2019affichage prioritaire en français à l\u2019intérieur tout en permettant l\u2019usage d\u2019une ou plusieurs langues secondaires, selon les besoins du milieu.- O - Pour Jean Vigneault de La Tribune de Sherbrooke, c\u2019est aussi là, la solution que doit choisir M.Bourassa.Il observe qu\u2019une telle décision choquera la majorité des anglophones, mais elle confirmera que le Québec n\u2019est pas une province comme les autres.Revue de presse par Guy Rondeau (PC) L\u2019éditeur adjoint du Soleil, Claude Gravel, suggère carrément au gouvernement d\u2019avoir recours à la clause dérogatoire.Il soutient que c\u2019est l\u2019intérêt supérieur du Québec qui commande une telle action.Le Québec, dit-il, forme une so-ciét distincte dans ce pays.Elle l\u2019est surtout par sa langue que le gouvernement des Québécois a le devoir de protéger.- O - Vigneault regrette que le premier ministre Bourassa soit encore aussi indécis, aussi insécure face à une question qui devrait être réglée depuis longtemps.\u201cIl est temps que nous cessions de confier notre sort à des tribunaux qui n\u2019ont pas de mandat populaire.C\u2019est au pouvoir législatif d\u2019exercer son leadership\u201d.- O - Pour Claude Bruneau, du Nouvelliste de Trois-Rivières, deux voies sont possibles pour le gouvernement.C\u2019est d\u2019abord la recherche d\u2019accommodements pour un bilinguisme mitigé, à prédominance française.L\u2019autre voie c\u2019est l\u2019application de la clause dérogatoire et le statu quo pour la loi 101 en matière d\u2019affichage.En dépit, souligne Bruneau, du ressac profond prévisible chez la minorité anglaise au Québec, au Canada anglais et au sein du parti libéral, c\u2019est la solution qui assurerait le mieux l\u2019avenir du français au Québec.\u2014 O \u2014 Dans le Droit d\u2019Ottawa-Hull, Pierre Tremblay croit que l\u2019utilisation de la clause dérogatoire serait vite récupérée par les adversaires de l\u2019accord du Lac Meech qui veulent aussi réfréner les ambitions du Québec.Tremblay considère qu\u2019il faut légiférer plus largement que le simple sujet de la langue d\u2019affichage.Celle-ci devra évidemment prévoir le français obligatoire prépondérant, mais non-exclusif.Mais c\u2019est à l\u2019effort général de francisation du Québec qu\u2019il faut donner un second souffle depuis l\u2019éducation jusqu\u2019à l\u2019attraction et l\u2019intégration des nouveaux-venus.- O - Quant au directeur du Devoir, Benoit Lauzière, il est d\u2019avis qu\u2019avant de mesurer les conséquences du jugement de la Cour suprême, il faut analyser les principes et la teneur de la décision du tribunal.Les Parlements, affirme Lau-'*\t\u2014\u2014\u2014.\tv Etes-vous en faveur de la clause nonobstant?U zière, nous ont protégés de nous-mêmes et surtout d\u2019eux en décidant qu\u2019au-dessus des lois, il y aurait nos droits et nos libertés.Il est heureux qu\u2019à cet égard le tribunal ait donné un sens large et généreux à l\u2019un des droits mis en cause: la liberté d\u2019expression.Dans l\u2019immédiat, c\u2019est, agaçant pour certains.A long terme, ce ne peut être que bénéfique pour tous.Jamais de la vie! > C\u2019est la clause dérogatoire qu\u2019il faut adopter!\tP ADMINISTRATION YVON DUBÉ Président fît Éditeur JEAN GUY FARAH Adjoint au président ladm i et Secrétaire trésorie' LIONEL DALPÉ Adjoint au président iprori ) et Editeur adjoint RÉDACTION JEAN VIGNEAULT Rédacteur en chef JEAN ROY Directeur de l'information PIERRE YVON BÉGIN Chef des nouvelles ROCH BILODEAU Chef éditorialiste adjoint\t, JEAN PASCAL BEAUPRÉ Chef de pupitre DENIS MESSIER Directeur des pages sportives PUBLICITE FRANCOIS VAILLANCOURT Director de la public dé J BERTIN ST AMAND Adjoint au directeur PAUL ALLARD Chef de bureau PRODUCTION COMPTABILITÉ TIRAGE JEAN PIERRE ROBITAILLE Directeur de la production J JACQUES DELORME Chet des opérations GÉRARD PÉPIN Adjoint GASTON GRENIER Adjoint CHARLES ÉMILE CHARRON Chef prossier ANDRÉ CORRIVEAU Chef comptable JULIENNE POULIN Gérante du crédit EXPÉDITION MICHEL DOYON Gérant BÂTISSE ANDRÉ JACQUES Responsable GASTON GAGNÉ\tANDRÉ CUSTEAU Directeur au tirage\tAdjoint au directeur Gérants de district: JACQUES EAUCHER CLAUDE OUELLET MICHÈLE FOURNIER JEAN MARC PÉPIN MICHEL LAVOIE\tGASTON PINARD SERGE NADEAU\tJEAN CHARLES POULIN FORUM LA TRIBUNE SHERBROOKE SAMEDI 17 QECEM8RE 1988\t8 3 Changements à Moscou, effets en Europe de l\u2019Est Pendant quarante années de règle autoritaire, malgré plu sieurs secousses, les pays dfEu rope orientale ont donné l\u2019image de l\u2019uniformité.Glasnost et perestroika commencent-ils à exercer quelques effets\u2019\u2019 Les conséquences en demeureront-elles limitées, ou bien, est-ce au contraire le début d'une dynamique qui pourrait, en quelques années, changer les formes de vie et de gouvernement en Europe de l\u2019Est0 Changements de l'économie Sous le même régime de dictature du parti communiste, les 6 démocraties populaires (7 si l\u2019on inclut la Yougoslavie) sont depuis longtemps différentes et assurent à leurs citoyens des conditions de vie très dissemblables d\u2019un pays à l\u2019autre.Il existe en fait deux Europes orientales, au moins.Celle d\u2019abord qui, depuis quelques siècles, a évolué, au rythme, et sous l\u2019orientation de l'Europe occidentale.Il s\u2019agit des pays dont la tradition administrative est allemande; ils ont pu connaître tôt le développement industriel.comme la Tchécoslovaquie, ou demeurer surtout paysans, comme la Hongrie.Vient ensuite une seconde partie, celle de la Pologne et des Balkans, où les contacts avec l\u2019Occident ont été plus irréguliers, et dont le dévelop- pement économique jusqu\u2019en 1945 a été très inégal.L\u2019effet positif de la perestroika et de la restructuration économique peut être plus rapide, il peut obtenir des résultats visibles dans le premier cas.Allemagne de l\u2019Est, Tchécoslovaquie, Hongrie, depuis longtemps disposent de l\u2019abondance alimentaire.On n\u2019y fait pas la queue devant des magasins vides.La Hongrie vient de franchir même une étape supplémentaire.Début octobre, le parlement de Budapest a approuve une nouvelle loi sur les compagnies, qui autorise la création d\u2019entreprises privées.Bien sûr, il subsiste des morceaux de vieilles réglementations qui permettraient à des fonctionnaires du parti de bloquer l\u2019innovation.Ces fonctionnaires peuvent aussi se satisfaire de pots de vin, car la corruption existe; naturellement.En Hongrie encore, les investisseurs étrangers sont incités à participer à des entreprises, sous la forme de \u201cjoint-ventures\u201d; une centaine d\u2019entre elles ont été établies, en 1988 seulement.Aucun tremblement de terre, certes, sur le continent socialiste, mais des fissures capitalistes réelles que le temps, l\u2019initiative des individus, les circonstances ou tous ces éléments ensemble, pourraient élargir.Agitation des minorités nationales Dans les pays plus modernes, et dans ceux qui attendaient encore leur développement, la règle autoritaire avait bâillonné les minorités nationales.En voulant utiliser plus de liberté pour donner vigueur à toutes les initiatives, Gorbatchev redonne une voix aux différences, et ce sont les différences, régionales ou nationales, qui se manifestent les premières.Seules l\u2019Allemagne de l'Est, la Pologne et la Hongrie ne sont pas concernées.Le problème surgit déjà en Roumanie où la minorité hongroise se juge menacée C\u2019est en Yougoslav ie que le problème atteint un point critique.Curieusement.les médias informent peu à ce sujet et préfèrent consacrer leur attention à l\u2019Arménie, ou bien à l\u2019Estonie, à l\u2019intérieur de l\u2019URSS, même si la situation y demeure beaucoup plus sous contrôle.Indépendant de Moscou.Tito s\u2019était forgé l\u2019image d\u2019un fédérateur; il avait centralisé une Yougoslavie multinationale et brisé des nationalistes qui.pendant la deuxième guerre mondiale, avaient commis les uns contre les autres des massacres atroces.Depuis la mort de Tito (1980) à cause aussi sans doute de difficultés économiques, les mécontentements reparaissent (l\u2019infla-tion atteint 200% actuellement).Les Serbes avaient fondé l\u2019état yougoslave, ils constituent un tiers de la population nationale, mais la constitution faite pour donner à tous les groupes ethniques une place équitable dans l\u2019état ne laisse à ces mêmes Serbes qu'un huitième des postes dans le gouvernement et dans le parti.La zone habitée par les Serbes Une fenêtre sur le monde Par Jean-René Chotard (où se trouve la capitale Belgrade) avait connu un développement industriel, elle souffre maintenant de la crise Plus évolues, les Serbes allaient moins à l'étranger comme travailleurs manuels, ils ne peuvent donc pas envoyer à leurs familles les mandats en devises fortes que les autres nationaux, plus pauvres chez eux, sont allés gagner en Allemagne.Parmi les pays socialistes eu ropéens.la Yougoslavie est certainement le plus exposé aux difficultés que peut créer une agitation nationaliste.La rumeur cir- \"Fais attention, Ronald, le neuvième dans mon entourage est encore communiste\".cule même que l\u2019armée pourrait, et penserait, à saisir la relève d'un pouvoir civil défaillant.Se rieuses, les agitations nationalis tes sont loin encore du degré de gravite qui existe en Irlande du Nord ou bien dans le pays basque espagnol.La Yougoslavie, libre de soumission envers Moscou, pourrait illustrer, sous l'un des aspects, le devenir des états voisins, encore très dépendants encore de l\u2019URSS.Les questions économi ques représenteront l'autre as pect.11 ne serait pas réaliste de croire que l\u2019Europe de l'Est va se detacher rapidement de Moscou Les liens peuvent se distendre longtemps avant de rompre.L effet des changements per mis par Moscou sera lent Chaque pays d\u2019Europe de l'Est, échappant un peu à la règle autoritaire et uniforme, redécouvrira des problèmes particuliers et anciens.Chaque nation réaffirme déjà plus nettement sa façon par ticulière d'évaluer les réalités de la société.Si l\u2019Europe de l\u2019Est doit garder une relative uniformité, ce sera sans doute dans un même rêve de l'Ouest, vers un Occident où le niveau de vie moyen demeure très sensiblement supérieur.Jean-René Chotard est directeur du département de sciences humaines de l'université de Sherbrooke Deux minorités, deux statuts juridiques?r\tOPINION LIBRE\t\t \u2014\t\t\tJ/ NDLR Le professeur Pierre Pa-tenaude qui signe cette opinion, rédigée avant la publication du jugement de la Cour suprême, est professeur titulaire à la faculté de Droit de l\u2019université de Sherbrooke.Les sous-titres sont de nous.Les décisions politiques ne doivent jamais faire abstraction de la réalité.Or, au Canada, en matière linguistique, certains paramètres sont évidents: monsieur le professeur Jacques Hen-ripin, démographe, écrit dans la revue Langue et Société de l\u2019automne 1988 (p.7): \u201cLes différentes langues parlées au Canada persistent avec plus ou moins de vigueur.A vrai dire, il n\u2019y a que l\u2019anglais qui soit vraiment vigoureux partout au Canada.Cette langue fait même, dans toutes les provinces, des gains relativement importants au fil du temps, des personnes ayant une autre langue maternelle, adoptent l\u2019anglais au foyer et cette langue d\u2019adoption devient la langue maternelle de leurs enfants.Le français arrive tout juste, lui, à se maintenir et seulement au Québec.Dans cette province, les pertes qu\u2019il fait au profit de l\u2019anglais sont à peu près exactement compensées par les gains obtenus aux dépens des tierces langues (.) Autres constatations importantes: la remarquable résistance des Acadiens du Nouveau-Brunswick et le pourcentage des francophones dans la population ontarienne qui est restée presque stable entre 1981 et 1986.Ailleurs, on constate l\u2019érosion des francophones par l\u2019abandon de la langue maternelle comme langue principale (.) Les anglophones du Québec ne sont pas dans la même situation.Leur concentration à Montréal forme une masse considérable: 600,000 personnes qui font un léger gain net dans leurs échanges linguistiques avec les francophones et qui en outre absorbent les trois quarts des allo-phones.Ils ne sont à vrai dire menacés que par leur propre émi-gi'ation et celle-ci s\u2019est, semble-t-il, fortement réduite récemment.\u201d Le français en péril Ce long extrait illustre la situation démolinguistique au Canada.Il semble bien évident que la langue française est en péril et que seule celle-ci nécessite un appui de la part des institutions gouvernementales si, évidemment, on tient à en assurer la survie.Mais devrait-il exister une véritable symétrie entre le statut juridique accordé à la minorité anglophone du Québec et celui octroyé aux minorités francophones dans le reste du Canada?Nous ne le croyons pasl Nous ve- Pierre Patenaude, constitutionnaliste nons de lire que, hors du Québec, selon les derniers chiffres diffusés par Statistique Canada, l\u2019assimilation des francophones se poursuit, l\u2019usage du français étant en perte de vitesse partout, sauf peut-être en Acadie et dans certaines régions de l\u2019Ontario.Ailleurs le français y connaît une mort lente! Evidemment, le poids des injustices faites aux francophones depuis un siècle par les autorités gouvernementales anglophones ne peut disparaître dans une seule décennie: l\u2019octroi d\u2019écoles françaises pourra, tout au plus, permettre au groupe en voie de disparition de se maintenir; jamais les sociétés francophones hors Québec, sauf peut-être l'acadienne du Nouveau-Brunswick, ne pourrait vivre pleinement dans leur langue.Une générosité accrue de la part des gouvernements fédéral et provinciaux devient nécessaire pour, si possible, contrer les effets de plus d\u2019un siècle d\u2019injustices envers ces infortunés minoritaires.En outre, une telle générosité ne mettrait aucunement en péril la majorité anglophone: jamais on ne verra la francophonie devenir une force assimilatrice en Saskatchewan, à Terre-Neuve, en Colombie britannique ou même en Ontario! 6 millions de francophones contre 250 millions d'anglohones Au Québec, la situation est différente: la situation de la langue français y est moins sombre qu\u2019ailleurs.Malgré tout, les transferts linguistiques continuent de se faire au profit de la communauté linguistique anglophone: malgré tous les efforts récents, la majorité des allophones choisit l\u2019anglais; seulement 30% d\u2019entre eux optent pour le français.Evidemment, ces données jointes à une forte baisse du taux de natalité chez les franco-québécois met en péril l\u2019avenir même de ce peuple de 6,000,000 de parlants français perdu sur un continent de 250,000,000 d\u2019anglophones.Le Québec doit protéger sa minorité anglophone, certes.Mais il doit aussi assurer la survie et l\u2019épanouissement d\u2019une majorité francophone en péril! Une trop grande générosité envers sa minorité anglophone, encore aujourd\u2019hui privilégiée, pourrait hypothéquer l\u2019avenir même de toute la francophonie nord-américaine puisque seul le Québec est une terre de ressour-cement pour les parlants français.Le modèle suisse Les tribunaux suisses ont bien compris que la situation existentielle des collectivités linguistiques peut imposer une différentiation dans les statuts constitutionnel et législatif des langues.Dans le canton du Tessin, la langue italienne était en perte de vitesse, problème que n\u2019avaient pas à affronter les autres langues officielles suisses, le français et l'allemand '.Ce Canton, par une loi du 28 septembre 1931, imposa donc l\u2019usage de la langue italienne pour les inscriptions publiques, ne permettant d\u2019y ajouter une ou plusieurs traductions à la condition de n\u2019utiliser que des caractères dont la grosseur ne dépasserait pas la moitié de celle des caractères italiens.2.Le tribunal fédéral suisse jugea cette législation conforme à la Constitution: \u201cLes limitations des droits individuels ne sont possibles qu\u2019en autant qu\u2019elles reposent sur des motifs suffisants tirés de l\u2019utilité et de l\u2019ordre publics.Parmi les motifs qui permettent une limitation des droits de la personne, il faut également compter la conservation de la spécificité linguistique et ethnique, ainsi que la protection contre l\u2019altération de ces caractères (.) Etant donné que la coexistence harmonieuse entre les trois langues est à l\u2019avantage de la Suisse toute entière, la préservation de l\u2019italianité du Tessin doit, elle aussi, être considérée comme servant l\u2019intérêt national, et non seulement celui du canton.\u201d 3 C\u2019est avec raison, à notre avis, que notre collègue, le professeur Woehrling, écrit au sujet de cette décision, que l\u2019analyse de la rai-sonnabilité de l\u2019objectif poursuivi doit être faite in concreto \u201cC\u2019est ainsi que l\u2019on pourra être plus sévère à l\u2019égard d\u2019un canton germanophone que d\u2019un canton francophone, italophone ou de langue romane.En effet, la langue allemande sera toujours moins menacée en Suisse que les trois langues romanes.Par conséquent, tout principe de récipro- cité en matière de limitations de la liberté de la langue doit être rejeté.\u201d 4 Un précédent à la dérogation Ainsi devrait-il en être au Canada! Déjà, d\u2019ailleurs, une différentiation a été enchâssée dans la Constitution au bénéfice du Québec lorsque, par l\u2019article 59 de l\u2019Acte constitutionnel de 1982 on dégagea cet Etat de l\u2019obligation de respecter le paragraphe IA de l\u2019article 23.Ainsi, seul le Québec peut imposer l\u2019école majoritaire aux enfants de citoyens canadiens dont la première langue apprise et encore comprise est celle de la minorité anglophone à la condition, évidemment qu\u2019ils ne répondent pas aux normes inscrites aux paragraphes IB et 2 qui, eux, s\u2019imposent au Québec.Première dérogation à la réciprocité imposée par la précarité du français même dans son bastion québécois.Or, depuis la décennie des années 70, le Canada a constaté l\u2019injustice flagrante faite aux francophones hors Québec 5 et, du moins au niveau fédéral e, on a essayé tant bien que mal d\u2019y remédier partiellement.Le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est que les provinces anglophones, exception faite du Nouveau-Brunswick, n\u2019ont pas fait d\u2019efforts exagérés pour remédier aux effets de cent ans d\u2019injustices.Pendant la même période, les Québécois constatèrent que leur extrême générosité, à l\u2019égard de leur minorité anglophone amenait inéluctablement un accroissement disproportionné de l\u2019élément anglo-québécois soit par l\u2019adhésion des immigrants à ce groupe ou encore par assimilation des francophones.Démocratiquement, suite à de nombreuses études, dont la Commission d\u2019enquête sur la situation de la langue française au Québec7, l\u2019Assemblée nationale dut repenser toute la dynamique des rapports linguistique: dès 1974, La Loi sur la langue officielle 8 con- sacrait le français, langue officielle du Québec et restreignait l\u2019accès à l\u2019école anglaise aux seuls enfants ayant une connaissance suffisante de cette langue.En août 1977, l'adoption de la Charte de la langue française 8 apportait une protection supplémentaire à la langue française, aide nécessaire vu la faiblesse numérique des francophones et au Canada et au niveau continental.Besoin de protection Bref, le simple fait que la collectivité québécoise de langue française soit constamment soumise aux pressions du nombre impose qu\u2019elle soit protégée.Il n\u2019en est évidemment pas de même des anglo-canadiens même lorsqu\u2019ils résident au Québec.On comprend donc que toutes les collectivités francophones du Ca nada sont en danger, qu'elles ont besoin d\u2019une protection collecti ve.Il n\u2019en est sûrement pas de même quant à la minorité anglo-québécoise! Pierre Patenaude Professeur titulaire Faculté de droit Université de Sherbrooke 1.\tFrançais DESSEMONTET, Le droit des langues en Suisse, Ed.officiel du Québec (1984) 150p.2.\tRapporté dans Jos.WOEHRLING, De certains aspects de la réglementation linguistique suisse en matière scolaire, Etudes juridiques en l\u2019honneur de Jean-Guy Cardinal, Ed.Thémis, 1982, 453 à la p.459.3.\tIbid.4.\tIbid.5.\tCommission royale d\u2019enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, Ottawa, 1967, Imprimeur de la Reine.6.\tLoi sur les langues officielles, 1970, S.R.C.c.0-2.Loi concernant le statut et l\u2019usage des langues officielles, c-72 (Deuxième session, 33e Législature).7.\t31 décembre 1972.8.\t1974 S.Q.c.6.9.\tL.Q.c.C-ll.SUGGESTIONS DE CADEAUX UN NOEL EN COULEUR r FOUR ^ MICRO ONDES À partir de CITIZEN PRATIQUES ELECTRONIQUE HITACHI- TOSHIBA venÈz~Bëë CHOISIR K i;rRT,R 438s PRIX SPÉCIAUX SUR VIDÉO VASTE CHOIX DE FAUTEUILS Photo à titre indicatif CUISINIERE 30 L L E REFRIGERATEUR 14 pi.cu LAVE VAISSELLE À ENCASTRER.ENSEMBLE LAVEUSE ET SÉCHEUSE 231 ouest, rue King Sherbrooke 563-4743 MEUBLES 45001x J À PARTIR DE \\\t\tBU »jJ\tùTT|l i ( 14\u201d 238$ )\t\t\t \\20\u201d 318y\t\tÜÏÏMK\tITTgiïl l'I il \t\t\t DE SUPER SPÉCIAUX VOUS ATTENDENT DE PAR TOUT LE MAGASIN\t\ti a\tVENEZ j ÉCONOMISER DÈS MAINTENANT 1 B 4 LA TRIBUNE, SHERBROOKE, SAMEDI 17 DÉCEMBRE 1988 VIVRE turèe pour créer un ensemble qui puisse s\u2019exprimer dans des tissus variés allant de la gabardine au cuir.par Michel RONDEAU ¦ SHERBROOKE \u2014 La filiforme silhouette ornée de discrètes décorations hantera l\u2019hiver poudreux et froid qui s\u2019annonce.Les plis abondent, non seulement autour du coprs, mais aux manches aussi, donnant du relief au vêtement.La mode a collé au corps féminin le vêtement intérieur depuis deux ans, obligeant les formes et les silhouettes à se définir.Les coupes sont d\u2019autant plus importantes que les épaulettes et les poignets de cuir, les collets et les poignets d\u2019imitation de mouton de Perse sont des ornements marquants, bien qu\u2019on puisse les enlever pour certaines circonstances où la femme veut modifier son image.Les tons foncés comme le noir, le bleu marine et le violet coloreront la saison, bien qu\u2019un peu de rouge se soit glissé dans les tenues vestimentaires de fin d\u2019automne.Les manteaux courts se calquent sur cette tenue, marquant la taille et se raccourcissant pour découvrir plus long de jambe et libérer le corps d\u2019une partie de tissus superflue.Les épaules sont encore rembourrées, mais légèrement tombantes et arrondies, rejetant ainsi l\u2019apparence de footballeur qu\u2019avaient adoptée les femmes depuis un certain temps.Le style \u201ctrench\u201d domine, avec de larges collets, des épaulettes, un effet ample, des poignets resserrés, une taille cein- Des nuances de vert, de celle de la forêt à celle de l\u2019olive permettent aussi aux peaux et aux fourrures de se détacher du tissu pour attirer l\u2019oeil.I OUII ENFANTS, ADOLESCENTS, ADULTES, *\ta communiquer dans l'harmonie c'est possible!
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