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Titre :
La Justice
Fondé à la suite de l'exécution de Louis Riel, La Justice représente les conservateurs nationaux de Québec.
Éditeur :
  • Québec :[s.n.],1886-
Contenu spécifique :
Supplément
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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La Justice, 1889-07-06, Collections de BAnQ.

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[" SUPPLEMENT DU S JUILLET 1889.[ENTRE/NOUS | Je n'ai pas la prétention d\u2019en- geigner comment on doit dcrire.Le style véritable est un peu comme les bonnes manières ; cela vient de loin et ne s\u2019ap- prond pas en quelques leçons.]] faut qu'il se fasse peu à peu, et bien à la longue, une espèce de dégrossissement.Dans l'ordre physique, la beauté et l\u2019élégance de la forme s'acquièrent par une culture prolongée qui embrosse souvent plusieurs gé- pérations; il eu est ainsi des qualités do l'esprit, et c\u2019est par le nême procédé qu\u2019elles s\u2019établissent et se développent.Vous aurez beau savoir par cœur lu définition du trope, de la catachrèse, de lo synecdoque, et d\u2019une foule d\u2019autres mots barbaresque j'ui heureusement oubliés ; \u2014vous aurez beau savoir égu- lement dans la perfection ce que c\u2019est que le style simple, le style tempéré et le style sublimes sola Ne fera pas de vous un écrivain plus qu\u2019un habit et one paire de gants ne font un homme d\u2019un extérieur distingué ; le bon goût et la distine- tion sont parfaitement indépendants do ces formes ou plutôt de ces formules, tout en s\u2019en servant, sans leur donner plus d'inportance qu\u2019elles n\u2019en ont.Il y aurait donc dela présomp- \u2018ion à vouloir imposer un moule, tracer des lignes et dire eusuite : voilà exactement ce qu\u2019il faut faire pour bien écrire.Et, du reste, ou se tromperait presque soujours Une fois sur deux ; sar sil n\u2019y a pas sur la terre Jeux personnes, deux feuilles, deux brins d'herbe qui soient æxactement semblables, 1] n'ex- lste pas, non plus, deux intelligences d\u2019une conformation assez égale pour que les mêmes .procédés puissent produire chez elles des effets absolument identiques.Il serait donc imprudent d\u2019affirmer que l'emploi répété de la catachrèse ou de la synecdoque, même à doses strictement semblables, devra faire épanouir dans mon esprit la même fleur que dans esprit du président de l'académie des Muses Santones, on de l'aca- 1émie des Palmiers.D'où il suit que j'ai toutes les raisons du monde pour persister 4 ne pas vouloir ensci- gner ce qu\u2019il faut faire pour bien écrire.Mais d\u2019un autre côté il m'est bien facile d\u2019indiquer ce qu\u2019on doit éviter pour écrire un pen moins mel.D'abord, il ne faut pas prendre les choses de trop haut, ni de trop loin ; on manque par là de naturel, et le naturel est tout.Vous avez sans doute remarqué qu\u2019un enfant, dans toutes ses actions, dans tous ses gestes, mêuie costumé d\u2019une façon grotesque, n\u2019est jamais ridicule ; c\u2019est parcequ\u2019il n\u2019a pas de prétention, c\u2019est parcequ\u2019il cst naturel.Il faut donc rejeter toutes ces vieilles formules prétentieuses, ces mots et ces phrases guindées qui font dans le style l\u2019effet que produirait dans une de nos soi- tées la toilette d\u2019un vieux beau de la cour de Louis XIV.Quand.vous voulez indiquer, par exemple, la fréquence d'une action, vour avez le mot souvent qui se présente à votre esprit.Servez-vous en de préférence à souventes fois qui est absolument ridicule, en dehors du genre comique.J'ai cueilli dans un article necrologique la phrase suivante : \u201c Amateur expert de la musique et du chant, surtout de la psalmodie sacrée, souventes fois, il aima à marier sa voix sympa- tique aux accords mélodieux de l'orgue, et sut exécuter avec assurnace ct justesse des solos difficiles\u201d Cette phrase est tout simplement un chef-d'œuvre du genre qu\u2019il faut éviter.On essayerait de le faire exprès qu\u2019on ne pour- Tait pas réunir tant do ridicule à la fois dans an espace aussi restreiut.Celni-Jà devait être fort en métonymie.Tl possède surtout une richesse d\u2019épiihètes qui me stupéfie.I est hors de douze que les adjectifs ales sde_-h s ont.êté faits pour qu\u2019on s\u2019en serve; commeles gants et les chapeaux, mais les gants et les chapeaux ge mottent à leur plècz : le chapeau sur la tête, les gants sur les mains, ou plutôt dans les mains, pour employer une catachrèse,peut-être une métonymie: je no veux riun affirmer.Et puis les gants et le chapeau ne se portent pas tonjours ; on le ote quelquefois, pour se mettre à table, par exemple, pour jouer du piano, pour se raser ou pour se mettre au lit.Il faut en agir ainsi avec les adjectifs ct les adverbes, les ôter quelquefois, même presque toujours, et, quand on en use, les appliquer au bon endroit.Il y a encore les mots et les tournures poétiques dont on abuse, de nos jours, avec une assez grande liberté dans la fabrication de lu prose ordinaire.C'est un procédé que le Télémaque de Fénélon avait mis en grande faveur ; mais, aujour- d'hui, il est sorti de la cireu- lation.Le temps a marché.Un peintre de Latailles de l'école actuelle ne peindra pas ses che- qui sont une véritable représentation de convention.De mème, s\u2019il avait à faire la Péche miraculeuse, il n'y mettrait pas une barque hors de toute proportion avec le fardeau qu'elle contient.L'écrivain doit employer les tournures simples et les mots sans recherche.Ainsi, il ne dira point : \u201c La jeune vierge suspendit ses pas sous le cône procombant d'un érable obom.- breux ; \u201d mais plutôt : \u201c La jeune fille s'arrêta à l'ombre d'un érable.\u201d Cela est sans prétention et signifie la même chose, ou à peu près.Il ue commencera pas sa phrase, dans les cas ordinaires, par une inversion déplacée, comme, : \u201c Terrible était son aspect ; © Stupéfié se gentit-il.\u201d Il évitera avec le plus grand soin les expressions rures et difficiles à comprendre, les mots prétentieux : \u201c Les attraits d\u2019un périple autour d\u2019un nouveau monde ; ou bien : \u201c Vous devez éprouver une grande syndérèse.\u201d Périple veut dire voyage autour du monde et syndérése signifie remords.Les mots dictame, astéisme, ataraxie ete, doivent \u2018également n'être employés qu'à 5 la dernière extrémité.Susurrer, susurrement, susur- ration sont de bonnes onomatopées, trop bonnes peut-éire pour la vie de tous les jours; il faut les réserver pour les grandes occasions.Ce sont des expressions de parade et j'aime mieux la petite tenue, moins raide et moins génante.D'aucuns diront, aucunes fois, le pdle flambeav des nuits, le chantre des nuits, l'onde perfide, la plaine liquide, l'aurore aux doigts de rose, la nef légère, la nacelle, rapide, ou mieux encore la rapide nacelle, sa dextre tenait un gluive flamboyant, buriner son nom, ete.Ce sont toutes des expressions dangercuses, parce qu\u2019elles sont usées jusqu\u2019à la corde et laissent clairement voir à travers leur trame l'inexpérience de celui qui les emploie.à Il faut aussi en finir, mais complètement, avec les termes et les noms de la \u2018mythologie.Ile vont très-bien aux anciens auteurs mais ne sont plus de notre époque.Ainsi on ne doit pas dire, de nos jours : Zéphyre se jouait dans ses blonds cheveux ; les heureux dons de Flore ct Pomone ; O Muse ins- pire-moi ; je préfère Philomèle à l'oiseau de Junon ; J'eus la visite de Mercure, et m\u2019étant plaint à Minerve qu\u2019il m'avait enlevé les dons de Plutus, cette déesse appela le Temps qui, armé de sa faulx, le rejeta dans le royaume de Z'lulon, pendant que la pâle Phœbée, du haut de l'Empyrée m'inspirait un chant de reconnaissance digne du Parnasse ou du Permesse.Non, franchement, ces vieilleries ne sônt plus du tout de mise.J'aime presqu\u2019autant le langage des décadents, lequel, au moins, a de la nouveauté ct une certaine originalité.Unc autra chose qui a bien aussi son importance lorsqu'on vaux comme ceux de Raphaël» ; écrit, c'est de savoir exactement ce qu\u2019on veut dire et ce qu\u2019on dit.Il y a des gens qui accumulent des mots en hascsd, sans liaison, sans suite ct qui croient récllement avoir dit quelque chose.Les poëtes surtout, les malheureux, ont souvent de ces compositions en broussailles.En voici une que je coupe dans le jardin des Muses Sautones.Elle est intitulée Nuit d'été.\u2014 Au sourire De Zéphire Qui n'attire, Je respire Dans une belle nuit d'été.Tout n'\u2019inspire, Sur ma lyre, Je soupire, Et j'adimire Le ciel et son immensité, La lumière Pure et claire Qui transfère L'astre mère, Quand au Leffroi sonne minuit, Régénère Primevère Et fougère, Et tempère La chaleur du jour qui s'enfuit.Quelle grande figure dans L'astre-mère et tempère.Je poursuis * Mais Paurore Que j'adore Nuit encore 5 Elle dore La prairie et le vert côteau- Sou phosphore Tæs colore, Les décore, - Fait éclore Un autre magique tableau.Züphyr pousse, Sais secousse, Sur la mousse Fraîche et douce, Les feuilles à la teinte d\u2019or, Sous mon pouce Se courrouce, Lt trémousse, Et rebrousse, L'insecte qui dormait encor, Voilà au moins un insecte qui ne veut pas qu\u2019on le dérange de son sommeil ; il est peut- être le seul à montrer quelque intelligence.Et dire que cela dure ainsi pendant vingt strophes, pas une de moins, que c\u2019est imprimé en fort beaux caractères, sur d\u2019excellent papier, et que ce poète croit avoir fait une œuvre dont on parlera.Eh! bien, nous en avons parlé, mais je vous promets, 6 poéte, que nous n\u2019en parlerons plus.Non, messieurs, n'écrivons pas de cette manière, soyons simples, soyons naturels, soyons nous-mêmes.Ne prenons pas les boursoufllures des anciens.Si nous voulons les imiter en quelque chose, prenons plutôt ce langage si uaif, si touchant et en même temps si rapide ct si pittoresque que l'on trouve dans un grand nombre de leurs récits et dont vous avez pu lire le meilleur échantillon peut- être que je connaisse, dans la Lettre à Josephte publié par la Foix du Patriotisme.NAPOLÉON LEGENDRE.DI QUEBEC A PARIS LETTRES DE VOYAGE Québec, 4 juillet 1889.I Oeux-là connaissent un beau livre de Théophile Gautier, qui on lu son Voyage en Espagne.Ils savent comment l\u2019auteur a été, en quelque sorte, forcé d\u2019en- treprendreceite excursion transpyrénéenne.Par manière de colloque avec lui-même, il avait dit un jour : il faudra que j'aille en Espagne.Le lendemain, ses amis l\u2019abordaient lui disant :\u2014 Quand partez-vous ?\u2014Homme chanceux, de pouvoir visiter un si beau pays ! disaient les uns.\u2014Quand nous revenez-vous ?demandaient les autres.Tant et si bien que ces interrogations se succédant, d'une façon ininter- rompuce, durunt nombre de jours et de nuits, Gautier, qui avaii exprimé un simple désir, de réalisation absolument indéterminée, fut contraint de partir pour la patrie des sérénades.Voilà, du moins, ce qu\u2019il nous affirme., C'est, à fort peu de chose près, mon aventure.Et c'est la seule excuse que j'nic de mon andace a faire ce rapprochement entre le rrand ciseleur de style et moi.5 e m'élris souvent 16, 0td, tout- à-fait au fond de mon cœur : il faudra que j'aille en France ! et, depuis la grande Exposition, ce désir s'était, naturellement, avivé de plus en plus.Mais je veux bien qu\u2019on me jette dans le Saint-Laurent, l\u2019ancre du Vancouver au dom, si jumais j'avais soufllé mot des ténébreux desscins que je méditais ainsi.Pur quelle extraordinaire pénétration d'esprit mon ami Ledicu et d\u2019autres voyants de mon entourage en ont-ils pu lire l\u2019expression sur ma physionomie ?c\u2019est ce que j'ignore.Toujours est-il qu\u2019à force de me fuire dire et réitérer par eux que je partais et que je devais partir, que j'y étais tenu en honneur et en conscience, me voic}, dans quel- ues heures, sur le paquebot à destination de Liverpool, en route pour Paris En ce temps de déplacement général, ce n\u2019est pas tout que de rendre, dans l'autonomie de sa Volonté, le décret du départ.Encore faut-il, pour qu'il soit réelleanent exécutoire, s'assurer des moyens de transport.Ce n\u2019est pas ce qu\u2019il y a de plus aisé.S'avais jeté mon dévolu sur le Vancouver, dont la partance était fixée au commenve- ment de juillet, et a bord duquel quelques-unes de mes connaissances avaient retenu leurs cabines.Quand, le 17 juin, j'allai m'ouvrir de inon dessein à M.Macpherson, gérant de la ligne Dominion, il nerestait plus un seul coin du navire disponible.M.Macpherson, avee I'inaltérable courtoisie qui le distingue, m'annonça lu chose en me témoignant un regret très vif, et qu\u2019il faut croire d'autant plus sincère que les billets de passage, sur les paquebots de cette compagnie, ne se délivrent pas gratuitement, Il me restait encore une ressource suprême : décliner mon titre de correspondant de journal, en me cambrant devant mon interlocuteur dans l'attitude imposante du journaliste en reprise d'activité.La manœuvre réussit.\u2014Reve- nezdans trois jours, dit,\u2014 comme autrefois lEpictète, \u2014le séduisantarbitrede ma destinée, je verrai à vous satisfaire.Fidele a la consigne, trois jours après j'apprenais qu\u2019on m'avait réservé, sur mon steamer de prédilection, un tiroir de forme réglementaire et de dimensions convenables, où je pourrai jouir en toute sécurité de conscience des voluptuouses émotions du mal de mer.Je pars donc puisque j'en ai Ia faculté ; mais béni soit l'Anglais qui a inventé l'axiome ; time is money ! Sans cette idée étincelante, dont n'aurait jamais pu s'aviser un sessionnaire à loisirs non-remunérés, je passais encore toute cette année dans votre délicieuse société, à Québécois ! car le temps, qui est de l'argent, constitne la portion la plus importante du capital que j'enfouis dans ce pieux pélé- rinage.La France, vers laquelle je me dirige, offre ce caractire particulier, parmi les nations, d'être, au degré le plus accusé, dans la préoccupation constaute de l'univers.Quoiqu\u2019elle fasse, elle captive l'intérêt.Cet intérêt, il faut lc reconnaître, n\u2019est pas toujours bienveillant ; mais il est toujours manifeste.Les autres pays, si puissants soient- ils, ne parviennent que difficilement à absorber l'attention de la terre, et, quand ils y réussissent, cen'est que d'une façon tout-à-fait fugitive.La plupart \u2018du temps la jalousie est au fond de l'admiration que la France impose au monde, mais si elle manquait inopinéiment à ce dernier, où prendrait-il un sujet intéressant pour exercer ses calomnies ?Les vices de la France, qui sont nombreux, sont signalés à l'attention universelle comme si elle était seule à les pratiquer, quand il est patent, quand il est avéré que la corruption des mœurs est proportionnellement plus profonde et généralement plus hidense qu\u2019en France chez toutes les races qui s\u2019enveloppent de pudibonderie.Ses vertus, il faut un déploiement de forces vitales comme celui dont celle offre en ce moment le resplendissant spectacle, pour en arracher la constatation.à la malveillance curopéenne.\u2019 Mais aussi avec quelle complaisance les Français eux-mêmes semblent-ils vouloir étaler ceux-là et dissimuler celles-ci! Par quelle étrange conception de la modestie nationale se montrent-ils ainsi fanfarons de vices qu'ils ne cultivent point ou qu'ils ne caressent qu\u2019en imagination, et dissimulate@rs des habitudes saines et fartifiantes dont ils honorent leuks foyers ?c\u2019est ce que ne pourjont jamais s\u2019expliquer ceux qui ueconnaissent pas le caractère\u2019 français, si foncièrement spirituel, si rebelle à la pose, si refractaire à la jactance vertueuse.qu'il est toujours prêt à sarrier sa boune répm- tation sur un mot amusant plutôt que de risquer la moindre ostentation puritaine pour la maintenir.\u2014 Puis, que vont, la plupart du temps, chercher en France lvs aubuins qui s'y jettent ?Eh, ce sout précisément les mœurs dissoluvs dont ils sont les pratiquants les plus dévots et qu\u2019ils présentent ensuite comme la caractéristique du pays qu'ils souillent de four présence, Quels sont les.souteneurs les plus fidèles de la littérature frivolo et des œuvres de psychologie immonde dont on fait un crime aux lettres françaises ?Précisément ces mêmes étrangers, qui ont chez eux des arts el une littérature cent fois plus exéera- bles et mille fois plus dégou- tants, ces produits de la dépravation exotique étant dépourvus du charme captivant dont les Français savent au moins revêtir les leurs.Et nous, Canadieng, pouvons-nous bien, la main sur lu conscience, jeter la pierre à nos ainés ?Si notre littérature s'est préservée jusqu'ici de toute imumoralité, serait-ce qu'elle fût, par sa nature même, confirmée à toujours en exemption de tache, ou si ce ne serait pas plutôt parce qu'elle n\u2019es: pas encore délivrée de ses langes ?Que sera-t-elle quand nous serons quarnnie millions d\u2019habitants sur la terre canadienne ?Ti que demandent done aujour- d'hui à nos bimbelotiers ces unateurs spéciaux, chuchotant à voix basse avec les patrons des boutiques décorées du titre de librairies ?Sont-ce les œu- vres des grands maîtres de la science, de la philosophie, de l'éloquence et de la littérature françaises 7 S'informe-t-on de ce qu'a publié récemment tel grand historien, tel profond économiste ?Vous savez bien que non, honnête lecteur qui m'honorez de votre attention.Et c'est si bien l'étranger et non le Français qui a accordé jusqu'ici le plus d'encouragement à la littérature dissolvante, que M.Melchior de Voguë exprhnait naguère une vague appréhension, pour le roman français, de perdre cette libérale clientèle Lt tant mieux, lui répondait tout dernièrement M.Rousse en pleine Académie française : \u201c Tant mieux si le dédain de \u201c l'Europe nous débarrasse, en- + \u201c* fin, de nos mauvais romans et de nos mauvais romanciers ! Tant mieux si l'Europe, qui pendant trop longtemps y : pris tant de plaisir, nous délivre enfin de cette littérature banale, qui fait du jargon de son ¢ternel Boulevard\u201d et du patois de son insipide \u201c Tout- Paris \"\u201d, la parodie de notre langue et la mascarade de nos meeurs !.Vous, monsieur, qui comptez dans le monde entier tant d'amis, dites-leur que nous avons encore des romanciers qui valent, peut- être, ceux de leur pays ; et un théâtre aussi digne d\u2019eux que celui\u2014qu'ils pourraient avoir.\u201c Surtout dites leur bien que tout notre esprit n\u2019est pas dans nos romans, tout notre cœur dans nos vaudevilles.À côté des Français qui les amusent et leur font la vie plus légére, montrez-leur les Français qui les instruisent et les rendent meilleurs, \u2014 nos philosophes, nus historiens et nos orateurs.\u201d On ne peut s'attendre à ce que je dise aussi bien que cet acadernicien ce que je pense absolument comme lui.- - -~ -~ - - - \u201c - \u2018 Quoiqu'il en soit des défauts et des qualités de nos cousins d'outre-Atlantique, je ne com- preuds pas pourquoi l'on est tant enclin chez nous, comme ailleurs, àfermer les yeux sur ces dernières pour ne voir que les premiers.Ce n'est pas dans ces dispositions que je me propose de visiter la terre d\u2019où sont partis nos ancétres.Je crois leurs descendants de là-bas pour le moins aussi vaillants, dans toutes les acceptions de ce mot, que nos frères d\u2019ici.Et, puis que le directeur de la feuille importante dans laquelle parai- tront ces ligues, en a libéralement ouvert les colonnes à la narration de mes impressions de voyage, je ferai de mon mieux pour parler de ce que je verrai en toute sincérité d\u2019appréciation, sans admiromanic et sans parti pris de dénigrement.La difficulté de l'entreprise se présente en son énormité à mon esprit.Si la bonne volonté pouvait suffire à la faire surmonter, je me mettrais allègrement la bosogne ; mais lu boune volonté ne suffit point.Je devrai, d'abord, forcément procéder à bâtons rompus, étant obligé de voyager vite ct d\u2019observer rapidement.Ce ne sont pas lesconditions dans lesquelles je voudrais être pour renouveler connaissance avec les abonnés de l'Æfecteur.Je me suis toujours fait des obligations - = a ks de l'écrivain public une idée très haute, restée tenaco en moi.Je n'udmets point les raisons de nécessité invoquées sisouvent pour justifier lu vénalité des hommes de plume qui font de leur métier ce que M.de Sacy appelait une spéculation sur la crédulité du public.Je tieus, pour ma part, à être compté parmi ceux qui respectent leur intelligence, si inlime que puisse être colle que j'ai reçue en partage.Et mémo en écrivant de * modestes lettres de voyage, je veux faire em sorte qu'il ne n'échappe jamais une considération que me reprocherait ma conscience.Je ne me latte point.de donner dans l'opinion de tout le monde ; mais je livre sans crainte le lond de mes appréciations à la critique universelle, confiant que ceux qui repousseront ma manière de Voir ne contesteront pas ma sincérité à l'entretenir et à la formuler.Quant aux défectuosités de la forme, je les ubandonne à Ia sévérilé de tous ceux par qui l\u2019indulgence est considérée com- Ure Une faiblesse coupable.\u2014 La France dérouls vn ce moment un vaste chanp d'observations sérieuses Elle otlre surtout au Canadien-français \u201cne source intarissalle de com- parrisons, rapprochements ou contrastes.Tenant d'elle notre tempérament national, soumis comme elle est dans une forte mesure, au régime parlemen- faire dent Angleterre a fourni le type, nous avons intéret a bien constater ce qu'il a produit chez elle pour voir ce qu'il pourrait nous réserver.Or, ce que, sous le nom de parlementarisme, ce régime semble avoir produit en France, c\u2019est un désenchantement profond dans une partie notable de la population.Le boulangisme en est devenu la manifestation aigue, quoiqu'on puisse penser de l'homme qui prête son nom à l'ensemble des protestations parties de toutes les extrémités du sentiment public.J'ignore si je me verraien état de parler pertinemment de ces choses, mais je me propose d'en fire l'objet de toutes les études que ine permettront les distractions dont l'Exposition sera Ia eause ; mais ce que je me promets, c'est de suivre, avec autant d\u2019assiduité que possible, les travaux des congres d'économie politique el de réforme sociale quise tiennent à D\u2019aris durant ces grandes assises industrielles et scientifiques.Ces graves questions de Ja production et de la répartition des richesses m'ont toujours vivement préoccupé depuis une quinzaine d'années.Tonjours aussi j'ai regretté de voir In jeunesse canadienne si complètement désintéressée de ces problèmes, et nos inaisons d\u2019enscignement si déplorablement étrangères aux études qu\u2019ils provoquent partout.Cette matière est trop importante pour que je m'engage à latraiter dans les lettres que jJ'adresserai à L'Ælecteur, mais si je les aborde quelquefois, ce sera comme témoignage de la confiance que m\u2019inspirent les lecteurs de ce puissant organe de l'opinion canadienne.Au surplus, je n'entreprends pas de servir réqulièrement mes missives au public du journal.Il est entendu que je n\u2019écrirai que si les fatigues quotidiennes me le permettent.Cur il n\u2019est pas impossible qu'après avoir accumulé les notes dans mon calepin, la lassitude causée par la multiplicité des spectacles m'empêche de les mettre en rédaction présentable.ErNEsT TREMBLAY.LES FORTIFICATIONS DE QUEBEC Quelques détails intéressants sur nos défenses et sur la Earnisou de la ville.Ls nonv>lles cibles à Lévis Jeudi après midi, 27 juin, a cu lieu au camp des Ingénieurs, à St.Joseph de Lévis, l\u2019inauguration des nouvelles cibles dont on parle depuis si longtemps dans les cercles militaires.Inutile d'entrer dans les détails de l'installation, qui ne sauraient intéresser qu\u2019un petit nombre de spécialistes ; -contontons nous du faire observer que les nouvelles cibles sont de toile, tandis que les anciennes étaient, comme on le sait, d\u2019acier.Le nouveau système offre des avantages muliiples: la cible est bien moins dispeu- dicuse et plus facile d'entretien, le marqueur ue court aucun dau- ger par suile du ricochet des balles, enfin le tireur peut se donner la satisfaction de constater par lui-même où le coup a porté, ce qui no laisse pas d\u2019avoir sou importance lorsqu'on songe au concert de ré- criminations qui est I'accompa- gnement habituel de chaque concours.Le champ de tir de St-Joseph est un endroit remarquable, et quiconque s'intéresse aux choses militaires devrait le visiter, car outre les beautés de paysage qui abondent, l'œil embrasse à la fois tous les points stratégiques importants de Québec et des environs.On peut y suivre, en quelque sorte, la pensée des differents généraux qui ont présidé à la construction des for- tilications de la ville.À l'est se trouve le chenal étroit du fleuve entre la pointe Lauzon et Ste.Pétronille du Dout de lIle, que commande les canons du fort numéro 1 de Lévis.En suivant la ligne de ce fort vers l\u2019ouest, on aperçoit leæ sommets des forts nos.11 et 111 situés de façon à pouvoir connnander la vallée de In Chaudière du ote de la frontière, et à faire ur feu plongeant sur le fleuve, se croisant avec celui de la Citadelle.Celle-ci se dresse au nord-oucst, dominant les hauteurs de Lévis; In ligne irrégulière de murs cntrecoupés de bastions se prolonge vers l'est sur la cine du cap, jusqu'à lu courbe où la fin de ln Grande Batterie est cachée par les édifices de l'université Laval.Les défenses de notre ville, construites à des époques ditié- rentes, se divisent en deux parties distinctes, Sur Ja rive nord, nous sonunes en présence de travaux du dernier siècle.La Citadelle, quoique reconstruite presque lotulement depuis la domination française, est cependant d'un genre complètement suranné qui rappelle les anciens travaux de Vauban et de Léry ; les inurailles qui en bien des endroits inenacent ruine, ne sauraient résister une heure aux projectiles modernes.Au cus d'un bombardement, il faudrait construire en dedans des murs actuels des épaulements en terre, et encorc est-il fort douteux que ces travaux réussiraient \u2018à protéger les poudrières et empêcher une catastrophe épouvantable.La question esl extrêmement grave, à tel point qu'une commission militaire est actuellement occupée à l\u2019étudier, 11 est done possible que d'importants travaux soient bientôt entrepris.Sur la rive sud, tout est relativement moderne.Les trois forts construits il y a environ quinze ans, par les Ingénieurs royaux, dont le canp subsiste encore à St-Joseph, sont, au dire des connaisseurs, des places inexpugnables, c\u2019est - à- dire qu\u2019ils le seraient en supposant qu\u2019ils fussent défendus par des canons modernes et par une garnison\u2014pour le moment, ces deux choses manquent absolument.C'est le gouvernunent impérial qui les a érigés à un prix fabuleux.D'après ces données, il est évident que nos fortifications sont incomplètes, celles de la rive nord surtout constituant plutôt un danger qu\u2019une protection.L'armement laisse encore plus à désirer.Il n\u2019y a en tout, à vrai dire, sur nos ramparts, que ciud canons vraiment modernes ; quatre canous Armstrong de sept pouces de dimnètre, chargeant par la culasse, et un canon Palliser rayé, aussi dudiainetrede sept pouces, chargeant par la gueule ; cette wine lance un obus puissant arme d'une pointe d'acier.C\u2019est uu présent de Sir William Palliser au général Strange.Les mires out été posées par le sergent Barrington, mattre-ca- nonuier de la Citadelle.Un des canons Armstrong est monté sur son affut au fort No.I et commande, comme nous l'avons dit, l'entrée du port ; un second se trouve au fort No.III, mais n\u2019est pas monté.(Il pourrait cependant l'être en quelques heures ; canon, affut et projectiles sont dans les couloirs souterrains de la place.) Les deux autres et le canon Palliser sont sur la Citadelle.A part ces armes modernes, plusicurs des anciens canons de 32 ont été convertis en canons rayés ct lancent un projectile conique de 64 livres.Les vieilles pièces : obusiers, caronades, ho- wiizers, ele, abondent, mais ne pourraient rendre de services appréciables au cas d'un siège.Dans les arsenaux de la ville il y a audelà de 28,000 carabines, dont 10,000 Martini-Henry\u2014On affirmeque l\u2019approvisionnement de poudre est presque inépuisable.Toutes les armes sont en excellent état, canons et carabines sunt entretenus avec un soin minutieux, ct même les fortifications de Québec, malgré leurs défauts, sont propres et en bon ordre.Cela est dû-à la compétence et à l'activité des officiers ui forment notre garnison.orsqu\u2019on songe qu'il leur faut, avec 150 hommes, ontretenir une vaste oifadelle ct trois arands forts.veiller aux arnes, .6 ivs(ruire des rverues, faire pasier =.2 ye a Os .des examens à des officiers aspirant A des commissions dans la milice, on est vraiment étonné qu'ils puissent suffire à la be- sogue.on-seulement ils accomplissent ce tour de force, mais ils étudient lour art et ont donné de leur scieuce des preuves très nombreuses ; c'est d'après les dounées fournies par eux qu\u2019on a pu, dans une usine à Mont- Téal, celle de M.Chanteloup, croyons-nous, convertir en ca- nous modernes les anciennes piècesde 32; dans leurs concours avec l'artillerie impériale ils ont remporté de brillants succès, et Québec sait qu'ils sont constamment prêts à prêter main-forte aux autorités civiles dans les temps d'émeutes ou de dau- ger public.C\u2019est en examinant ces choses de près qu\u2019on comprend les services que rend le régiment d'artillerie du Canada, ui est à juste titre populaire dans notre ville.Nous parlerons un autre jour des régiments du Tième district militaire et des ofliciers qui les commandent.te ee == : 0 REVUE DE l'HXPOSITION UNIVERSELLE LE PALAIS DES MACHINE- \u2014 La tour Eiffel est certainement un chef-d'œuvre de l\u2019art de l'ingénieur.Tous ceux qui la.visiteut restent confondus de la hardiesse do ses proportions ot de l'excellent parti que ses constructeurs ont su tirer des matériaux qu'il avaient a leur disposition.Et cependant il n étô élevé à lExposition universelle une autre construction qui, au méme point de vue, est plus intéres- san'e encore.Nous voulons parler du Palais des Machines.Une merveille ! Jamais pareil effort n'avail été tenté par l'industrie metal- lurgique appliquée à la construction.L'aspect du grand hall du Palais des Machines, soit qu'on le contemple de l'extérieur, soit qu'on pénetre sous ses immenses arcades, est absolument imposant.Cette golossale construction couvre une superficie de près de quatorze arpents, sa longueur est de 1400 pieds et sa largeur près de 400 pieds.Jamais, croyons-nous, uu semblable effort n\u2019avait été tenté, Rien ne saurait donner une meilleure mesure du développement énorme pris depuis quelques années par l'outillage indusiriel que la parcimonie avec laquelle l\u2019espace a dù être mesuré aux exposants, malgré l'immensité de la surface dispos nible.En effet, plusieurs expeosauts ont dit se contenter d\u2019emplacc- | ment absolument insuffisants.Remarque singulière et qui semble parodoxale à première vue : On s'est arrêté à l'idée de ccnstruire pour les machines un immense palais au lieu d\u2019édifier des locaux divers et de dimensions moindres, pour des motifs de pure économie.Les travaux les plus dispen- dienx en parcille matière sont ceux nécessités par les fonda- tious, surtout lorsque le terrain, comme celui du Champ de Mars, «t presque ceniièreuent rapper- À «tl, La construciion d'un édifice, comme le Palais des Machines, pertuettait de diminuer Jen points d\u2019appui daus une notable proportion.Le culessal palais ne repose, en effet, que sur 40 points d'appui, soit enviion un pour 8 roille -pieds éarrés.Il résulte de cette particularité une échhomie si sérieuse que le Palais des Machines, malgré ses vastes proportions et scu aspect imposant, peut être classé parmi les constructions économique.La dépense totale pour l'érection da cet immeuse édifice, nu dépasse pas sept millions et demi de francs, y compris les frais d\u2019ornemwntacion.Ce sont deux établissements sactaliurgiques françois de premier ordre qui ont mené a bien ce heau travail.Le premier bot a été ndjugé à 1u socidtd de Fives Lille et lo £econd à le société des anciens établissements Cail, dont le dirattour n\u2019est squtre que l\u2019illus- Lea colonel de Baage.Cas deux impor!intes maisons s'étant azsv:é le concours d'un cextain nombre de sous-entre- prexeurs se sont intses À l'œuvra avec nue activité admirable et ort réussi A teaminer lu travail qu'elles avaient soumissionné, £n na temps très court (à peino un an).fl teurs dévoués dont les plans étaient dressés avec une telle science, uue telle précision que le montage a pu s'eflectuer sans le moindre mécompte.La construction des pignons qui ferment la grande nef et des tribunes adossées à ces pignons est particulièrement remarquable : le poids des fers qui composent ces deux parties de la construction est de 1,200,000 kilogrammes environ.Le pignon de l\u2019'Avenue de Suffren est décoré, au centre de de la tribune, de vitraux représentant la bataille de Bouvines.Le pignon de I'Avenue de La Dourdonnais, qui constitue la principale entrée du Palaïs des Machines, est flanqué pour sa part de deux pylones en fer et à jour, de 110 pieds de Lauteur, renfermant l'un, l'escs ier de service, l'autre un ascenseur électrique.Ces pylones portent en relief les armes et les attributs de la ville de Paris.La décoration de l'archivolte est non seulement d'un aspect très agréable, mais encore elle à l'heureuse particularité d'être absolument dans la note voulue ; ainsi elle réunit les armes des principaux pays participant à l'Exposition Universelle tels que : Les Etats-Unis, la Grande- Bretagne, la Suisse, la Russie, l\u2019Autriche-Hongrie, l\u2019Italie, le Japon, la Chine, l'Ispague, le Mexique, le Brésil, les Pays-Bas, la Nor wège, la République Argentine, la Grèce, le Varo, \u2018Egypte, le Chili, etc., eto.Les verrières des dits piguons, dont le coloris est merveilleux, reposent sur uu arc plein en staff, orné d'un immense rinceau décoratif accompagné d'instruments de travail.L\u2019arcude décorative est épau- léu par deux groupes remarquable de sept mètres de haut en plâtre ; d\u2019un côté : la Vapeur, exécutéeparl\u2019éminent sculpteur Chapu ; del\u2019uutre, l'Electricité, exécutée par Ernest Barrias, l\u2019artiste bion connu, auteur du groupe de la Defense de Paris qui est actuellement placé sur le rond-point de Courbevoie.Les bas-côtés du Palais des Machines comportent un rez-de- chaussée et un premier étage.Ils répondent à un double but.D'abord la surface disponible s'en trouve augmentée dans une notable proportion ; puis ces bas-côtés donnent à la construction un caractère ornemental assez satisfaisant.Le poids total des matériaux employés pour l'érection de la galerie des machines est de plus de dix millions de kilogrammes.Et malgré ce poids imimen- se qui confond l'imagination, le tout a une apparence de sveltesse ct de légèreté qui séduit le visiteur à première vue.Jamais les chefs des grandes industries n'avaient eu à leur disposition un local mieux aménagé, ni plus spacieux pour mettre leurs engins sous les yeux du publicet pour les faire fonctionner.Si l\u2019ensemble de la coustruc- tion est merveilleux par ses proportions et par son élégance, les objets qu'elle abrite ne sont pas moins curieux.Il faudrait plusieurs volumes pour décrire en détail ces superbes machines destinées à toutes les industries.Cette des- uription serait d'ailleurs fastidieuse ponr le lecteur non-spécialiste.Force nous cst donc de donner une vue d'vnsemble do ce hall imm nse avec tout ce qu'il contient et de si:nale: en passant les objets qui nous ont semblé particulièrement intéressants.Le visiteur qui pénètre pour la première fois sous les immenses arceaux du Palais, éprouve un véritable saisicsement.La Fauteur du hall, la multitude des objets qui frappent la vue au premier ab rd, l'animation qui règne partout forment un eusemble indescriptible.Grandiose pendant le jour, ce spectacle devient féerique dès la tombée de la nuit.Les innombrables lampes électriques sont alors allumées et répandent dans lous les recoins du hall une lumière éblouissante.C'est tout simplement merveilleux.Beaucoup de machines exposées, étant destinées à des in- dustrics spéciales, n\u2019offrent pour le public non initié qu'un inté- rét assez relatif.Mais d'autre part nous tenons à signaler certaines exposition: qui attirent à juste titre l'attention de tout le monde et excitent l\u2019admiration générale.Signalons tout d'abord cette merveilleuse presse typographique rotative de Marinoni qui tire par heure plusieurs milliers d\u2019exemplaires dn Petii Journal que le- public s\u2019arrache avec - acharnement.C'est grâce à ces | presses, qu\u2019on arrive anjour- .Une Jurge pazt de l'honneur | d\u2019hui à tirer certains journaux à &c co ramarqualle elfort archi- | plusieurs centaines de mille tectural et metallurgique re- | d'exemplaires, sur le même , Ylent à l'Uxsinent M.Contazain, temps que cing cents exem- architecte, et à sus col'abora- | plaires nécessitaient jadis.= 2 La presse a pris depuis quelques années unc importance telle qu\u2019il n\u2019est pas surprenant de lui voir occuper en quelque sorte la place d'honneur au milieu de ce solennel concours des produits du génie humain.Après avoir admiré les prodiges réalisés par la presse rotative de Murinoni, notre attention est sollicitée par les expositions de plusieurs grandes fabriques de papier.Voici d\u2019abord Darblay, le grand industriel d Essonne qui nous fait assister à toutes les opérations nécessitées par son industrie, depuis la réduction en bouillie des matières premières si diverses qu'on utilise aujourd'hui, jusqu\u2019à l'instantoù, réduit en unefeuille mince, le papier sort de la presse tout prêt à être utilisé.Presque en face de Darblay, à droite de la grande alléecen- trale du Palais des Machiues, uno grande fabrique belge dévoile de même tous les secrets de sa fabrication.C\u2019est la maison Denaeyeret Cie., de Willebroeck (Belgique), aussi connue par ses machines à vapeur multitubulaires que par la qualité de ses papiers.Le public suit avec un intérét évident toute la filière de ces manipulations qui donnent naissance à un produit devenu aujourd\u2019hui un objet de première necessité sous toutes ses formes, Puis voilà In Société Edison, dont ln monumentale installation réunit tous les suffrages.Eclairage électrique, téléphonie, applications électriques en tout genre, nous avous là sous les yeux le résumé complet des résultats des travaux de cet incomparable inventeur, dont les découvertes sont innombrables.Signalons aussi l'exposition de la maison Sautter, Lemonnier et Cic, dont les appareils électriques, installés au milieu de la galerie des machines, lancent daus tous les sens des jets d\u2019une lumière qui peut rivaliser avec celle du soleil.Si la lumière électrique occupe dans la galerie des machines une place prépondérante qui est bien due a ce mode d'éclairage qui est en train de dé- troner tous les autres, le matériel des chemins de fer n\u2019est pas moins bien partagé.Les splendeurs de la lumière électrique arrachent aux visiteurs des exclamations admiratives ; mais les innombrables perfectionne- menis apportés aux machines destinées à nos voies ferrées, ainsi qu'aux voitures aménagées pour les voyageurs n\u2019intéressent guèro moins le public.Nous remarquons principalement le matériel suisseà crémail- lères, destiné à l\u2019ascension des montagnes.Les trains de luxe, slecping - cars, wagons - salons, voitures À couloir central ou latéral, machines légères, trains- tramways, reçoivent ausei de nombreuses visites.Il est visible que le public apprécie beaucoup les progrès réalisés dans ce genre ct se demande pourquoi les Compagnies de chemin de fer mettent si peu d'empressement à les adopter.Le seul baiser qui en vaille la peine Par une gamine de 12 ans Le seul baiser qui en vaille la peine, c'est celui d\u2019un beau bébé, C'est vrai qu'il ne le donne pas, lui, il est encore trop petit; mais il s\u2019y abandonne et donne à sa gentille petite bouche parfumée la, forme d'un o et il semble attendre que vous découvriez combien c\u2019est dôli- cieux.Le baiser d\u2019un homme, c'est comme du whiskey écossais, ça sent la fumée.Quand un enfant vous ombrasse, il est très rare qu\u2019il no vous couvre pas toute une moitié du visage de son baiser, tant il ouvre la bouche.Malheur à vous alors, s\u2019il a un gros rhume de cerveau! Le bébé lui, ne vous donne qu\u2019une bouchée, mais c\u2019est du parfum d'Arabie.La plupart des hommes vous embrassent avec la même force qu\u2019ils lancent une boule ; c\u2019est trop fort.Ça doit être aussi délicat qu\u2019une feuille de rose ; une pensée dans nue seconde.Il ne faut pas que ¢a vous suggère l'idée d\u2019un timbre-poste ni d'un emplâtre non plus.Le meilleur, le plus saint de tous les baisers, c\u2019est le baiser de sa mère.Le plus vilain, d\u2019un veuf; \u2018raonillé ! LA !.moi, quand je serai grande, je ferai un traité sur la manière la plus rentille de s'embrasser.Les femmes qui reçoivent les baisers doivent mieux s\u2019y entendre que les grands maladroits d'hommes qui les donnent.En attehdant, je vous tire ma plus belle révérence.c'est celui çasent le chien GEORGETTE.MPACHIE DE NAVICATION -\u2014 DU \u2014\u2014 Richelieu et d'Ontario \u2014\u2014\u2014_ EXTRE Quebec = Montreal Le steamer QUEBEC, capitaine RR.Nelson, partira du quai Napoléon les mardi, jeudi ot samodi.Le stosmer MONTREAL, capitaine L.H.Roy, les lundi, morcredi ot vendredi, arrêtant à Batiscan, Trois-Rivid- res ot Sorel, Inissant Québee À 5 heures P.M.MONTRÉALTORONTO Les stonmers voyagonnt entre ces ports quitteronttousles jours(les dimanches ox ceptés) le Bassin du Canal, b 10 hourca du matin, et Lachine à l\u2019arrivée du train qui quitte ln gare Bonaventure, à midi ot par lo train de 5 houres de l'après-midi, pour lo Côteau Landing, Kingston et Toronto.Ces steamers arrêtont aussi, où montant et en desceudant,à Aloxand«is Bay, Paro dos Milles-Isles Round Island et Clayton.LA LIGRE DU SAGUENAY \u2014ENTRE\u2014 QUEBEC ET CIHCOU FINE Lo vapeur UNION, capilaino Locours, partira du quui Saint-André à 7 hrs.30 a.ni, tous les MERCREDIS et SAMEDIS, arrôtant à la Baie Saint Paul, Eboulemonts, Murray Bay, Rivitro du-Loup, Tadousac, l\u2019Anse St- Jean, Baie des Ha! Ha! et Chicoutimi.Le steamor ST, LAURENT, capitaine Barras, partira du quai St.-André à 7.30 A.M., les mardis ot vondredis, arrêtant à ln Brio St, Paul, Eboulemonts, Murray Bay, Rivière-du-Loup, Tudousac, Baio des Hn ! Ia | ct Chicoutimi.Pour la commodité des personnes, à partir du 1er juillet au 15 soptembre un stosmor quittera Québec pour Murra Bay, tous les lundis à 10 heures À.Met pour retournor, quittera Murray Bay, lo mardi, & 7 heures A.M, nour Québec.Ou pourra se procurer des billets\u201c et retenir des cabines pour Montréal, au bureau de La Compagnie, Quai Napoléon ct pour ln ligno du Saguenay au bureau zur le quai St-André, ot aussi au bureau des billets de R, M.Stocking, vis-à-vis l'hôtel St.Louis, JULIEN CHABOT, L.M.Mynann, gérant-général.Agont, Québce, 20 avril 1889, Ligne de St-Romuald, Sillery et Québec LE VAPEUR \u201cLEVIS\u201d Capt.L.DESROCHERS, A commenoer le 6 MAT, (lo temps ct les olrcons.tances le permicttant,) fora La tia Jet conne suit : Sr.Routraun, Quanec.6.15 AM.6.00 AM, 8.00 A.M, 0-00 A.M, 10.00 A.M, 11.80 A.) 1.00 P, 3, 2.00 PAL 8.00 PAL 4.00 P.M 5-00 P.M, 0.15 I, AI LES DIMANCHES.2.00 P.M.1.30 P.M.0.00 BAL 3,00 P.M, 0.00 P.31, Arrétant à Sillery et au quai de M.Bowens en montant et descendant, Tous les samedis 1] y a un voyaze de St.Romuald ¢ se Sillery à Québec,à 6 heures ALM.ct A 7 heures Les fours de fè.c, un voyage 8e fers à 8 heures du atin de St.Fomuald, et dans l'après-niidi, lus heu- n scront les mômes que lo dimanche.Sale § Traverse de l'Isle d'Orléans Le vapeur \u2018\u2018 Orleans, \u201d Capt.BOLDUC.LE ET APNES LE 8 MAI (le temps et les circons- tancos le permettant), ce bateau fera lo trajet com- we : De L'Isue Dr Quésra 5.15 A.M 6.15 A M £.00 A.M.9.15 A.M 10.00 A.M.11.30 A M.1,30 P.M 2.80 P.M.8,30 P.ML 4,45 P, M 5,50 P.AL 6.16 P.AL LS DIMANCHES (At1p1) 1,48 P.M.3.007, M 8.15 P.31, 2.20 P.M.5.00 P.M 4.00 P.M.7.00 P.M.6.00 P.ML Les fours do tête, un vo: se fera à 8 heures du matin a I'lsle, bry Vaprès midi les heures seront es mêmes que le dimanche.FIBERIFAOCIAS \u2014 COMTE DE BRRTIIPR District de Ich } COUR DE CIRCUIT No 103 Borel.Inatk Vanesais, \u2019 Demandeur, Vs Prenxs Moxrits, Détendeur.Un morceau de terre situé dans la paroirse de St Cuthbort, conceælon Nord-B+t du ruisscau Ste-Ca tbcrine, connu sur Je cadastre offloiel de ls paroisse de St-Cuthbert, sous lc numéro onze cent soixante- trois (No 1163), contenant deux aspents de front sur vingt arpents de profondeur, le tout plus ou moins, sans bâtisses, Es VERITE Au sujet du TYPE-WRITRE victorieux Remington .\u201403\u2014 RAPPORT du conité nommé pour décider do Ia plus grande vitesse de ces instruments au concours de Toronto, lu 13 août 188% \u201cEn écrits généraux \u2014 inatières de preuves légales ot commerciales\u2014 Mlle M.E.Org, a gagné la médaille d'or ot lo titro de chunpion du af monde.\u201d \u2018\u201c\u201c M.Me- 4 Bai teen GURRIN 8 gagné la rfid médaille d'argent, IIS dune la même classe.Leader Mile M, E.Onk.Signé, Tuos.Prexuny, Prés N.8.OusLor, Sec C.E.8.axouny, W.W, Featy, TT, MAVOILLACCODYS \u20140\u2014 * Tous deux s\u2019etalout servis cu TYPE - WRITER REMINCTON \u2014101\u2014 Le Remington à aussi remporté te premier prix a Cincinnati et le prenfer prix & New-York, pour la plus grande vitesto dane les cuvrayges Tézaux et les correspondances.Pour touté information s'adresser à JOHN O'FLAHERTY, Rue St-Jacques, Montréal \u2014 A APRES IES FETES | on hoard | POUR LA CAMPAGNE Nous avons de bien sincères remorcic- ments à offrir au public pour le généreux patronage qu'ils nous ont accordé à approche et pendant los fôtes du mois do juin.Encore une visito S'IL VOUS PIAXT avant de partir pour la campagne 15 Nous sommes an poste Nous veillons à nos intérêts.Habillez-vous & bon marché pour ailer i In campagne.Profitez des immenses réductions que nous faisons MABILLEMENTS LEGENS POUR HOMMES, FEMMES et ENFANTS Donnucteries, Mercerics, Chnnssures, Sere victtes do Lains, AUSSI ACCOLTREMENT DE YOYAGES \u2014\u2014 Nos tailleurs et nos modistes sont À vos ordres.Costumes complot- sous quelques heures d'avis, Nous sommes prêts à vous être utile sans calculer y faire de l'argent, Noubliez pas l'adresse, surtout n'\u2019ou bliez pas les efforts quo nous faisons pour être utilo à tous.SYNDICAT ëe QUEBEC 207 Rue St-Joseph, St-Roch Pour être vendu À la porto de 1'église parolasial de Bi-Cuthbert, le DIX.SEPTIEME jour du roois d'AOUT prochain, à onze heures de Pavaut-midi; le dit 1 ref rapportable le secoud jour du mois du n.septembre prochal P.GUEVREMONT, it, Bureau du Shérit eiziéme a} Sorel, te Juin 1880, Es PHARMACIE LaRUE Coin des rues St Joseph et de PÉglise, St-Roch, DEPOT GENERAIE De medccines brevetces, francaises, ans Hlaises ct americaines Parfemerie du monde élégant, Articles de toilett».EMULSION LEROY À l'huile de foie de morue de Norvège, aux hypophosphites et à l'extrait de Pan- Préparation Lautement recommandée dans la consonmmtion, bronchite pulmenaire, toux, asthine, pauvreté de sang ek faiblesse générale, LA POMMADE SOLARI, pour guérison certaine de la Scalde où démanycaison de la peau, Prix 50 cents la boîte, a GLACE ODONTOS pour la guérison du mal de n ent A MM.Ics Medocins.\u2014Antypirine, sullonal, phenacetine, sparteine, pilocarpine, éserine, - dehyde, cocaind, codeine, salol, thymol, iodo), nap.thol, napthaline, réscr.ine, ote.Laboratoire de prescriptions sous Ie cone trole humiediat d'un licencie cn pharmacle Buppositoires, bougies uréthrales et nasales.N.B.\u2014Suppnositoires, bougies urethrales gs annales, préparés « frufd, avec précision ct per.n.ALEXANDRE LARUE OXEXINVIXST XL 191 Rae Saint-Joseph, Saint-Roch, Québec - se LIGNE DOMINION Steamers de 1a Malle Royale Lo salon dans les stoamers Vancouver, Sarnia ot Oregon sunt au milieu du vais.senu où le tangage est le moins sensible, Les cabines dans tous les vaisseaux de la ligne Dominion sont toutes sur les pre- micrs ponts,là où la ventilation ot la lumière sont parfaites, ce qui donne le plus grand confort à la mer.Servico de Liverpool DATES DU DEPART DE QUEBEC De Liverpool Steamers De Québes 26 avril Toronto 17 mal Smal Monteéal 24 mal 9 Nom vuver 80 17 mn 7e me 18 juin 8 Tcrinto ua 7 jain Montréal % « 18° Vancouver # juillet Yo'e de Bristol DATE DU DEPART DE MONTREAL Dominion Ontario.Texce.\u2026.TAUX DE PASSAGE DEQUEBEC A LIVERPOOL ET BRISTOL Cabine.\u2014§40 A $50, Aller et retour.\u20148¢0 A $150.Sceonde caine, $30, \u2014Retour, $00 3 Entrepont, $20 \u2018 VENTE À L\u2019ENCAN Dans l\u2019affaire de Alphonse Guay MarchandeEibraire de Chicoutimi (Insolvable) DREDI prochaiu lo 8 jnillet, à 11 heures a.m., sera vendu A Yenchére en bloc À tant dans ag au mayuain de MM, J.& W.Reid, rue fit.Paul, tout l'actif de la successiondu dit Alphonse Guay, savoir: Stock de papeterie et livres, etc.S208.23 Livres de Crcdits.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.0.136.72 Le stock peut être cxaminé tout les jours au bureau, au wasgasin dey MI, eid, ot la liste d'inventaire et des crédits, au buroau du souss'gné, D, ARCAND, Curstaur, Les Corsets Crompton \u20140 eee Nous dislrons informer le public que nous avons été namunés agents pour Ontario-Est, district d'0te tawa et lesprovlacesde Québec, Nouveau-Brunswiok ct Nouvelle-Ecosse, pour les célèbres CORSETS CROMPTON Un assortiment complet des marchandises sera constamnnent tunu en aine et los courmandes re- cuvrout notre ptus entière aticntion.Nous recevons déjà une grande partie de nos importations d'automne de l'Angleterre et des autres nays, consistant en marchandises sèches de fantai- R-
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