La tribune, 10 janvier 1989, Cahier 2
[" FORUM SHERBROOKE MARDI 10 JANVIER 1989 la tribune i VIVRE \u2014 REPORTAGES A la suite des derniers événements violents reliés au dossier de la langue d'affichage Rivard refuse de croire à un état de crise ¦ QUEBEC (PC) - Le ministre responsable du dossier linguistique Guy Rivard refuse de croire à un état de crise par suite de l\u2019adoption de la loi 178 sur la langue d\u2019affichage et des derniers événements violents.Il demeure même optimiste que tout rentrera dans l\u2019ordre avec le temps.\u201cOn va tous retomber sur nos pattes le moment venu\u201d, a-t-il affirmé hier dans une entrevue au Réseau NTR, la radio de la Presse Canadienne.Pas dans nos moeurs L\u2019appel à la désobéissance civile lancé dimanche par le libraire Stephen Nowell aux anglophones ne semble pas énerver davantage le ministre.Ce dernier soutient qu\u2019il s\u2019agit là seulement \u201cd\u2019une manifestation de mécontentement\u201d et que, de toutes manières, les leaders de la minorité anglaise n\u2019ont pas répondu à l\u2019invitation.\u201cLa désobéissance civile n\u2019entre pas exactement dans nos moeurs, quelles que soient nos origines ou langue maternelle.J\u2019ai cru comprendre d\u2019après les médias que peu de gens de langue L'UPA d'accord avec les modifications à la loi sur le zonage agricole par Norman DEL1SLE ¦ QUEBEC (PC) - L\u2019Union des producteurs agricoles (UPA) favorise le projet de loi 100 par lequel le gouvernement révise le zonage agricole au Québec.Témoignant hier devant la commission parlementaire de l\u2019Agriculture, le président de l\u2019UPA, M.Jacques Proulx, s\u2019est dit satisfait de la loi, affirmant qu\u2019elle permettra \u201cle développement contrôlé de l\u2019urbanisation et en évitera le développement anarchique\u201d.M.Proulx s\u2019est particulièrement réjoui des nouveaux principes contenus dans la loi.Ces principes sont: \u2014le droit de produire, qui est reconnu aux agriculteurs pour la première fois dans un texte législatif au Québec; \u2014l\u2019immunité qui protégera le producteur agricole contre toute poursuite inconsidérée lorsqu\u2019il exerce sa profession et le protège notamment des recours en justice \u201cen raison des poussières, des odeurs et des bruits qui résultent des activités agricoles\u201d; \u2014la nomination d\u2019un commissaire-aviseur, sorte d\u2019ombudsman des agriculteurs du Québec; \u2014la création d\u2019un fonds de défense pour aider financièrement les agriculteurs ayant à se défendre devant les tribunaux.L\u2019UPA est le seul syndicat d\u2019agriculteurs au Québec.Elle regroupe 47,000 producteurs agricoles.L'UMQ Par contre, l\u2019Union des municipalités du Québec a émis de nombreuses réserves à l\u2019endroit du projet de loi.Le vice-président de l\u2019UMQ, M.Jean-Louis Desrosiers, maire de Mont-Joli, s\u2019est dit d\u2019accord avec le principe qu\u2019il faut protéger les terres agricoles au Québec.\u201cMais, s\u2019est demandé M.Desrosiers, la reconnaissance d\u2019un droit de produire pour les agriculteurs accorde-t-il un statut particulier à un groupe de citoyens?\u201d Cela pourrait même aller à l\u2019encontre de la Charte des droits de la personne, a souligné M.Desrosiers.Le maire de Mont-Joli soutient également que la loi attaque l\u2019autonomie municipale en remettant en question le pouvoir de réglementer des élus municipaux et les pouvoirs d\u2019aménagement des municipalités.\u201cLa municipalité est pourtant le palier de gouvernement le plus près des citoyens qui répond le plus aux besoins reliés au cadre de vie des citoyens\u201d, a-t-il dit.Selon l\u2019Union des municipalités, on \u201cbouleverse la fragile hiérarchie des valeurs sociales difficilement acquises en donnant une prépondérance aux droits des agriculteurs sur les droits et libertés du citoyen et sur la protection de l\u2019environnement\u201d.Quant au Parti québécois, ses porte-parole, les députés Jacques Brassard du Lac-Saint-Jean et Jean Garon de Lévis, ont dit craindre que la loi créera une dynamique en faveur d\u2019une application de moins en moins stricte de la loi du zonage agricole.\u201cEn introduisant le principe d\u2019un double zonage dans la loi, les pressions pour un dézonage vont s'accentuer et on va assister à un rapetissement dangereux du territoire agricole.C\u2019est pourquoi on s\u2019oppose au projet de loi 100\u201d, a dit M.Brassard qui accuse l\u2019UPA d\u2019avoir une \u201cvision trop optimiste, voire jovialiste du projet de loi\u201d.anglaise ont donné leur approbation à cet appel, dit le ministre.\u201cMais, que voulez-vous, il s'agit du dossier linguistique et, comme il arrive souvent, de telles nouvelles font les manchettes et ça paraît plus gros.\u201d M.Rivard explique qu\u2019il demeure persuadé que \"les Québécois sont suffisamment matures pour envisager l\u2019année 1989 avec optimisme\u201d et que les quelques actes répréhensibles, comme l\u2019incendie au local d\u2019Alliance Québec, n\u2019auront aucun effet d\u2019entraînement.Le ministre souhaite \u201cque les anglophones et les allophones soient convaincus qu\u2019il nous faut protéger la langue française et que les gens soient persuadés qu\u2019on est désireux d\u2019occuper ce même espace au Québec.Je pense que nous sommes capables de le faire dans l\u2019harmonie.\u201cIl faut vivre avec la loi et travailler sur des choses plus essentielles\u201d, ajoute le ministre, convaincu que les actes de violence des dernières semaines ne sont que des gestes isolés.Dans son esprit, il existe d\u2019autres défis plus importants que la langue de l\u2019affichage à relever: la langue de travail, la francisation des petites et moyennes entreprises de 50 employés et moins, l\u2019intégration des immigrants à la communauté francophone, la qualité de l\u2019enseignement du français.M.Rivard souhaite \u201cque l\u2019on se rende compte graduellement que la loi 178 a du bon sens et demeure pragmatique\u201d.Le ministre demandera au Conseil de la langue française de mettre en place des \u201cindicateurs\u201d pour être en mesure de se demander dans trois ou cinq ans si on a fait des progrès dans tel ou tel chapitre de la langue française.Un pourcentage \"significatif\" des gens d'affaires québécois s'attend à une détérioration du climat politique Le ministre Guy Rivard par Lia LE\\ ESQl E ¦ MONTREAL (PC) Un pourcentage -i gnificatif des gens d\u2019affaires québécois s\u2019attend à une détérioration du climat politique québécois au cours des six prochains mois.Cette donnée ressort du plus récent sondage mené par le Conseil du patronat auprès do ses membres corporatifs, à la fin du mois de décent bre 1988.En tout, 171 dirigeants, employant 212,000 travailleurs, ont répondu au sondage.Bien que la majorité d\u2019entre eux 60 pour cent \u2014 s'attend à ce qu\u2019il n\u2019v ait pas de changement dans le climat politique au Québec, au cours des six prochains mois, 34 pourcent s'attend à une détérioration.Le président du Conseil du patronat Ghislain Dufour se dit surpris.11 qualifie de \u201csignificatif\u201d ce 34 pour cent.Selon lui.\u201cquand on atteint 25 pour cent\u201d des hommes d\u2019affaires qui prévoient une détérioration, c'est déjà beaucoup.Même au temps de la récession économique, en 1981-82, on n\u2019a pas dépassé ce taux de pessimisme, laisse-t-il entendre.Que les gens d\u2019affaires soient francophones ou anglophones, ils prévoient dans la même proportion cette détérioration du contexte politique que bécois.Il y a à peine 6 mois, eu juillet 1988, seulement (i pour cent des gens d\u2019affaires interrogés pre voyaient une telle détérioration du climat politique au Québec.Langue et chute prévisible Le président du Conseil du patronat explique ce pessimisme soudain par deux causes, le dossier linguistique et le fait que le gouvernement Bon rassa est si haut dans les sondages depuis quelques années qu\u2019il ne pouvait que descendre.11 a déjà battu des records de popularité.Le dossier linguistique a pu peser jusqu\u2019à un certain point dans ce sondage.Les questionnaires ont été postés le 9 décembre; la majorité des formulaires ont été retournés entre Noël et le Jour de l\u2019An.Le jugement de la Cour suprême a été connu t position cii' Robert Bourassa ondage, il existe du le la décembre et le dimanche 18 Dans les autres volet d'autres surprises On retrouve notamment une grande différence d'appréciation du climat politique actuel cher les gens d\u2019affaires francophones et anglophones.Ainsi.92 pour cent des membres francophones du CPQ ijui ont retourne leur questionnaire ont dit trouver bon ou très bon\u201d le contexte politique au Québec.A l'oppose, seulement 53 pour cent des gens d\u2019affaires anglophones ont fait la même évaluation.Même écart dans l\u2019évaluation du climat politique au Canada 91 pour cent îles francophones le jugent \u201cbon ou très bon\u201d, alors que seulement 64 pour cent des gens d\u2019affaires anglophones le qualifient ainsi.Relations de travail Le climat dans les relations de travail semble satisfaire un grand nombre d\u2019employeurs.Quelque 75 pourcent des membres rejoints ont dit trouver \u201cbonnes ou très bonnes\u201d les relations de travail dans leur propre entreprise.11 s\u2019agit là d\u2019un sommet de satisfaction depuis au moins janvier 1986.En juillet 86, à peine 35 pourcent des gens d\u2019affaires qualifiaient ainsi de \u201cbonnes ou très bonnes\u201d les relations de travail dans leur entreprise.Economie en général Les dirigeants de corporations interroges continuent de voir d'un très bon oeil le climat économique général.Quelque 93 pour cent d\u2019entre eux estiment \u201cbonnes ou très bonnes\u201d les conditions économiques générales.Des inquiétudes persistent concernant les mesures d'adaptation au libre-échange, que les gens d\u2019affaires jugent urgentes.Ils se montrent aussi soucieux des questions connexes comme les taux d\u2019intérêt, la concurrence étrangère, de même que la réduction des déficits des gouvernements fédéral et provincial.LORIENT-EXPRESS :S-\t\u2022.g 11 il |p V La toute nouvelle Sonata est plus qu'un simple moyen de transport.Elle est une voiture de classe qui vous accueille en tout confort.De l\u2019espace.10 pieds cubes de plus à l'intérieur que la Camry ou lÀccord.De l\u2019espace pour les jambes, pour les coudes, pour la tête! 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ce serait vraiment désespérant si un discours aussi irrationnel et extrémiste parvenait à rallier la communauté anglophone.Est-il besoin de rappeler une fois de plus que les anglophones du Québec forment une minorité exceptionnellement choyée et qu\u2019ils jouissent d\u2019une situation exemplaire avec leurs institutions et services?Des extrémistes comme M.Newell réussiront-ils à persuader nos concitoyens anglophones que l\u2019Etat québécois les brime si gravement qu\u2019ils sont justifiés d\u2019en défier les lois?Spontanément, on n\u2019y croit pas tel- lement, un tel point de vue paraît inconcevable mais quand on entend des politiciens anglophones, comme le libéral provincial Richard French et le libéral fédéral Warren Allmand, refuser de condamner le mot d\u2019ordre et y trouver même une légitimité, on ne peut être certain de rien.Evidemment, certains comme M.Newell ne manquent pas de rappeler que l\u2019Histoire a été marquée par des mouvements de désobéissance civile.Bien sûr.Mais comment peut-on sérieusement soutenir que les anglophones du Québec ont présentement un motif suffisant pour défier la loi?Clairement, il est totalement absurde de prétendre que l\u2019obligation d\u2019afficher en français peut, de quelque manière que ce soit, justifier un acte aussi grave.Ceux qui encouragent leurs concitoyens à agir de la sorte ont perdu le sens des proportions.Ils pourraient être les premiers responsables d\u2019une détérioration rapide des relations entre les deux communautés.Les francophones réagiraient en effet très négativement si les commerçants anglophones défiaient la loi 178 en affichant dans leur langue.Il va sans dire que le gouvernement ne saurait tolérer pareil affront et devrait imposer de sévères amendes.Par ailleurs, on voit mal comment le premier ministre Bourassa pourrait accepter que des membres de son propre gouvernement endossent tacitement ou implicitement toute invitation à l\u2019illégalité.- O \u2014 Non vraiment, on n\u2019ose pas croire que les commerçants anglophones verseront dans ces extrêmes.Dans une société démocratique, la désobéissance civile est un dernier recours et, dans les circonstances actuelles, rien ne le justifie.Roch Bilodeau Réformer la Curatelle publique Un mouvement s\u2019organise présentement à travers la province afin de faire modifier la loi sur la Curatelle publique.Le ministre de la Justice devrait lui prêter une oreille attentive.Environ 16 000 adultes sont actuellement sous la tutelle publique dans notre province.Un psychiatre ou un directeur de services professionnels d\u2019un centre hospitalier peuvent recourir à la Curatelle publique s\u2019ils jugent qu\u2019une personne est mentalement inapte à gérer ses biens.Le système de la Curatelle publique a souvent été dénoncé et il est temps que l\u2019on se penche sur la question.Les porte-parole du groupe de protestation soulèvent en effet de graves critiques.Par exemple: un psychiatre peut placer une personne sous la Curatelle publique sans en aviser le conjoint, la famille ou les proches; on doit verser jusqu\u2019à 1000 dollars pour sortir du système et obtenir qu\u2019une personne de la famille ou de l\u2019entourage soit nommée curateur privé; les délais sont très longs et l\u2019information est difficile à obtenir.Voilà qui est totalement inacceptable, La tutelle publique répond évidemment à un besoin.Mais ce ne devrait être qu\u2019une mesure exceptionnelle et, quand elle semble s\u2019imposer, il tombe sous le sens que la famille des personnes en question soit consultée préalablement.Il est inconcevable qu\u2019on puisse agir autrement.Les témoignages des membres du mouvement, qui ont eux-mêmes vécu cette procédure, convergent tous dans le même sens: le système est inhumain.Le ministre de la Justice ne peut ignorer des récriminations aussi sévères; il doit s\u2019empresser d\u2019apporter des correctifs.R.B.TRIBUNE LIBRE Protéger le français, une nécessité En reconnaissant un droit, on ne rend pas toujours la justice.En démissionnant du Cabinet parce que la loi 178 ne respecte pas des droits reconnus par les chartes québécoise et canadienne, les ministres Marx, French et Lincoln auront réussi à culpabiliser plusieurs Québécois.A la veille de Noël, les larmes de ces hommes respectés auront servi au maximum les gens d\u2019Al-liance Québec qui essaient de faire croire au bon peuple que la loi 178 menace la langue anglaise et non pas la nôtre.Les droits, tout le monde en convient, c\u2019est important.Cependant, les-devoirs sont antérieurs aux droits et les besoins imposent les devoirs.Pour juger de la prédominance du droit des uns sur le droit des autres, il faut les regarder tous les deux sous l\u2019éclairage de la nécessité.Or, qu\u2019est-ce qui est nécessaire en matière de langue au Québec?Nécessaire est employé ici dans le sens d\u2019indispensable, essentiel, vital.Considérant notre faible taux de natalité, le nombre sans cesse croissant d\u2019allophones et le grand pouvoir d\u2019attraction de la langue anglaise, toute personne consciente sait que le français est en danger au Québec parce que gravement menacé à Montréal.Le bilinguisme est dans nos murs et l\u2019assimilation à l\u2019anglais fait son oeuvre.Bien sûr, certains souhaitent s\u2019assimiler pendant que d\u2019autres n\u2019y voient aucun problème.Toutefois, pour la majorité des Québécois de vieille souche, la survivance de leur langue est une question d\u2019être et de durée.Se perpétuer pour un peuple, n\u2019est-ce pas un besoin aussi fondamental que celui de manger pour un individu?N\u2019est-ce pas le devoir des élus d'assurer la satisfaction d\u2019un tel besoin?En conséquence, pourquoi devrait-on hésiter à affirmer les droits collectifs qui peuvent garantir la survie de notre petit peuple enraciné depuis quatre siècles en terre québécoise?En plus de l\u2019affichage unilingue français, bien d\u2019autres mesures devront être prises sans retard pour assurer la sécurité culturelle et linguistique des Qué; bécois parlant français.En voici quelques-unes: \u2014 Accueillir, au Québec, une majorité d\u2019immigrants francophones et redoubler d\u2019efforts pour franciser les autres.\u2014 Ne commencer l\u2019apprentissage de l\u2019anglais dans les écoles qu\u2019après un très bon enracinement de la langue française.\u2014 F aire en sorte que le français progresse comme langue du travail.\u2014 Voir à un meilleur enseignement de la langue française dans toutes les écoles, à tous les niveaux.\u2014 Rendre les jeunes Québécois francophones capables de communiquer avec aisance en anglais.\u2014 Favoriser le développement des valeurs fortes qui nous ont permis de survivre: la famille, le sens des responsabilités, le travail bien fait, la constance dans l\u2019effort, la solidarité, etc.Aux anglophones qui se plaignent du recul imposé à leur langue par la loi 101, je demande un effort de comprénension.Comprenez que la capacité d\u2019accueil se développe dans la sécurité.Acceptez que nous fassions du Québec un territoire français et contribuez à faire de chaque Qué- Une annonce de la compagnie Intercanadien, parue en mai dernier, proposait des vols aux Iles-de-la-Madeleine au tarif de 149 $.Je téléphonai donc à Intercanadien et, me référant explicitement à cette annonce et au tarif mentionné, je demandai si je pouvais profiter de cette offre.On m\u2019assura que oui; on ne fit état d\u2019aucune condition particulière; on ne fit aucune mention du tarif régulier (plus de 400 $) et, comme je m\u2019informai des modalités à suivre, on m\u2019assura qu\u2019il suffisait de faire les réservations par téléphone, le paiement intégral se faisant au comptoir à Dor-val, au moment de l\u2019envol.Quelques jours plus tard je retéléphonai à Intercanadien, et je réservai alors deux billets.Sur ma demande répétée, la proposée me confirma tout ce que m\u2019avait été affirmé lors de mon premier bécois une personne riche de la maîtrise du français et habile à communiquer dans une ou plusieurs autres langues.Votre langue et la mienne sont également belles.Toutes deux figurent parmi les grandes langues de l\u2019humanité, toutes deux furent les langues de vastes empires et toutes deux demeurent encore les plus importantes langues internationales.Malheureusement, la maîtrise des deux n\u2019est accessible qu\u2019à un nombre restreint de personnes.Il faut en choisir une et se débrouiller le mieux possible avec l\u2019autre.Vous savez que la vôtre est forte et la mienne fragile en Amérique.Laissez le lys enfoncer ses racines et croître dans le terreau québécois.La rose ne manque pas d\u2019espace et de lumière dans le reste de l\u2019Amérique.Ne craignez pas que nos lois paralysent les médias de langue anglaise.Ne vous inquiétez pas de la fermeture de vos universités.N\u2019ayez peur qu\u2019on vous force à parler français dans la rue.Acceptez plutôt de cultiver avec nous ce lys qui ajoute à la beauté de la roseraie canadienne.Clermont Domingue Sherbrooke appel téléphonique et m\u2019assura que tout était en ordre.A Dorval, je payai par carte de crédit.Dans la hâte du départ, je commis l\u2019erreur de ne pas vérifier le montant inscrit sur le bordereau que je signai.Quelle ne fut pas stupéfaction, recevant deux mois plus tard mon relevé mensuel, que CDN Airlines International Vancouver avait, pour sa filiale Intercanadien, débité mon compte de 895.25 $ au lieu des 298 $ auxquels je m\u2019attendais! Protestation écrite, nombreux échanges téléphoniques à Vancouver et à Dorval-finale- ment rien n\u2019y fit.On me refusa ie remboursement demandé.Comme contre-publicité, on ne fait guère mieux!!! Louis Valcke North Hatley Publicité douteuse OPINION DES AUTRES V-\t¦¦.\t.y La révolution cubaine de janvier 1959 avait créé les plus grands espoirs, surtout en Amérique latine où la jeunesse souhaitait des changements politiques et économiques en profondeur.Son Tider\u2019, Fidel Castro, suscitait la sympathie, sinon l\u2019admiration, même chez les chefs de gouvernement du continent.N\u2019avait-il pas, quelques mois après son arrivée au pouvoir, présenté un programme \u201chumaniste\u201d, susceptible de rallier de nombreux appuis?\u201cNi pain sans liberté, ni liberté sans pain, affirmait-il.Ni dictature de l\u2019homme, ni dictature d\u2019une classe.Liberté avec pain, sans terreur, répétait-il\u201d.Bref, un nouvel idéal qui allait porter le nom de \u201ccastrisme\u201d.Trente ans après, ce rêve n\u2019est plus qu\u2019une triste illusion.Il y a eu, il est vrai, des progrès incontestables dans les secteurs de l'éducation et de la santé.La population est maintenant plus instruite et mieux qualifiée; la mortalité infantile a nettement reculé et l\u2019espérance de vie s\u2019est accrue.Mais le régime castriste n\u2019a pu empêcher le développement d\u2019une économie de rareté, typique des sociétés communistes, et \u201cinstauration d\u2019une dictature où les libertés civiles et politiques sont presque inexistantes.Cuba, trente ans après Fidel Castro Fidel Castro a cédé rapidement à la tentation totalitaire qui s\u2019est traduite par un échec cuisant sur le plan économique.En novembre dernier, le quotidien du Parti communiste cubain, Gamma, reconnaissait que le pays éprouvait des problèmes de distribution de plusieurs produits de base, tels le lait frais, l\u2019huile, la viande, les oeufs.(.) Le castrisme n\u2019a pu concilier le pain et la liberté.Le régime a sombré dans l\u2019autoritarisme, refusant la critique publique et toute forme organisée d\u2019opposition.L\u2019an dernier, le gouvernement accepta la libération de 200 prisonniers politiques et, pour la première fois, autorisa les activités des associations de droits de l\u2019homme.Mais cette ouverture semble avoir fait long feu, puisque plusieurs membres de ces groupes auraient été jetés en prison.L\u2019avenir du communisme à Cuba dépend largement de l\u2019évolution des rapports avec l\u2019Union soviétique et les Etats-Unis.L\u2019économie cubaine survit grâce à l\u2019aide de Moscou qui dépense plus de 14 millions $ par jour pour soutenir le régime castriste.Environ le cinquième du revenu de la famille cubaine provient de l\u2019URSS.(.) Or, Fidel Castro ne semble pas impressionné par la perestroika de Michaïl Gorbatchev, et pas plus d\u2019ailleurs par le rapprochement entre Washington et Moscou.Les Etats-Unis restent, aux yeux du chef cubain, l\u2019ennemi numéro un.Quant aux Américains, ils continuent d\u2019entretenir une méfiance aussi viscérale à l\u2019endroit du castrisme.Jouissant encore d\u2019une grande popularité malgré les critiques qui se multiplient, Fidel Castro maintient son cap.Mais pour combien de temps encore?Albert Juneau Le Devoir Notre terre, une planète menacée Quand Antoine de Saint-Exupéry, l\u2019aviateur, le penseur, le poète, survolait la Terre des Hommes, à l\u2019époque de la deuxième guerre mondiale, il imaginait une nouvelle fraternité entre les humains déchirés par la terrible guerre.L\u2019amitié, la solidarité entre les peuples lui semblaient une utopie réalisable.Que de pages éblouissantes il nous a laissé sur ce thème qui lui était si cher.S\u2019il survolait encore de nos jours notre planète, il constaterait avec angoisse, que le lieu même de notre fraternité à construire est en danger.Oui notre planète terre est gravement menacée dans sa survie.Le vaisseau sidéral qui nous porte est agressé de mille et une manières.A tel point que Time Magazine, dans son édition de fin d\u2019année, a cru bon de nous en avertir solennellement, en sacrifiant l\u2019homme ou la femme de l\u2019année, pour proclamer la terre, planète de l\u2019année, à cause de la menace grandissante qui plane sur son avenir.Il ne s\u2019agit pas, en l\u2019occurence, de \u201cfaire peur au monde\u201d, comme on dit souvent.Il s\u2019agit plutôt de faire le bilan des catastrophes écologiques de la dernière année (séismes, sécheresses, pollution de la mer et des plages, amincissement de la couche d\u2019ozone dans l\u2019atmosphère, etc), et de prendre acte de la protestation de la terre elle-même, face au sort qu\u2019on lui réserve.Chose étonnante, l\u2019intérêt majeur des humains en 1988 a été pour tout ce qui concerne l\u2019écologie.Il y a eu plus de manchettes dans les médias pour annoncer les malheurs écologiques de la planète, que pour rendre compte des événements affectant les \u201cterriens\u201d.Signe des temps.Les prochaines années concentreront l\u2019énergie des peuples vers la recherche et l\u2019application de solutions, pour faire en sorte que notre terre demeure habitable.Question de vie ou de mort évidemment, puisque nous ne sommes pas encore à même de coloniser d\u2019autres planètes, si jamais nous devions fuir prochainement une terre devenue un mauvais lieu.Heureusement, nous n\u2019en sommes pas encore là, et il y a tout lieu de parier que l\u2019inventivité humaine, liée à l\u2019instinct de survie, nous permettra de renverser la vapeur et de sauver la planète.C\u2019est, à n\u2019en pas douter, un devoir moral que de respecter la création de Dieu et de ne pas saccager les merveilles qui nous entourent.Le livre biblique de la Genèse nous incite à \u201cdominer la terre\u201d, à régner sur elle, non à la souiller et à la profaner.Serions-nous devenus les prédateurs les plus redoutables de l\u2019univers?Dieu est présent dans sa création et la beauté de notre terre nous parle éloquemment de Lui.Respect de l\u2019environnement, fraternité humaine, solidarité dans la réalisation de ces nobles idéaux, trois aspects d\u2019une volonté de survie et d\u2019un projet collectif porteur d\u2019une espérance, que la foi en un Dieu bon ne peut que dynamiser.Serons-nous de cette splendide aventure d\u2019avenir, la construction d\u2019un monde meilleur, c\u2019est-à-dire plus fraternel et plus ouvert aux vérités premières?La paix, la fraternité passent en 1989 par le respect de la nature.Fernand Laberge, prêtre la tribune ___________ 1950, rue Roy, Sherbrooke, Qué., Tél.: 564-5450, J1K 2X8 Téléphones: Petites annonces: 564-0999 Publicité: 564-5450 Rédaction: 564-5454 Abonnements: 564-5466 ADMINISTRATION YVON DUBÉ Président et Éditeur JEAN GUY FARAH Ad|omt «tu président
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