La tribune, 2 juillet 1990, Cahier 2
[" La Tribune Sherbrooke ,na: S e* \" ^0 CAHIER Vivre Secrets Double défi pour Gorbatchev .à l'ouverture du congrès du Parti communiste Pierre TAILLEFER Moscou (AFP) Le 28e Congrès du PCUS, qui s\u2019ouvre aujourd\u2019hui au Palais des Congrès du Kremlin représente un double défi pour Mikhaïl Gorbatchev et ses partisans qui vont devoir essayer d\u2019éviter le départ du parti des partisans de réformes radicales et empêcher les conservateurs de faire triompher leur conception de la perestroïka.«Scission»: le mot était samedi dans la bouche de tous les délégués interrogés par la télévision soviétique, soit pour la juger «inévitable», «regrettable», ou pour affirmer qu\u2019il fallait «tout faire pour l\u2019empêcher».Les principaux intéressés, les quelque 20 représentants de la «plate-forme démocratique», à peine 2 pour cent des 4683 délégués, réunis samedi ont indiqué que leur départ du parti n\u2019interviendrait qu\u2019après le Congrès au cas où ce dernier ne déciderait pas une radicalisation des réformes.Ils assurent compter 40 pour cent de partisans parmi les 19 millions de membres du parti.Ils ont prouvé leur audience en remportant les élections locales d\u2019avril dans de nombreuses circonscriptions, prenant notamment le contrôle des mairies de Moscou et Léningrad.Boris Eltsine a été l\u2019un des fondateurs de ce mouvement.Depuis qu\u2019il a été élu président de la Fédération de Russie, il a pris ses distances, se voulant «au dessus des factions».Il a lui aussi annoncé que si ce Congrès «de la dernière chance pour démocratiser le parti» échouait, il «suspendrait» son appartenance au PCUS.Le raz-de-marée conservateur au Congrès des Communistes de Russie, il y a deux semaines, a accéléré la volonté des partisans d\u2019une évolution sociale-démocrate du PC de quitter une organisation qu\u2019ils ne parviennent pas à réformer de l\u2019intérieur.Il les a poussés à faire bloc derrière M.Gorbatchev, pour défendre une perestroïka menacée.Les dirigeants réformateurs sont restés discrets dans ce débat, divisés et conscients que quitter le PCUS signifie «perdre l\u2019accès à la presse, ne plus avoir d\u2019argent, ne plus avoir de locaux, de quoi faire réfléchir», souligne un diplomate occidental.L\u2019hémorragie à la base risque de rendre le processus inévitable, les départs du parti s\u2019étant accélérés ces dernières semaines, de l\u2019aveu des responsables communistes, surtout après l\u2019élection d\u2019Ivan Polozkov, figure montante des conservateurs, à la tête du nouveau PC de Russie.Il y a eu 130 000 départs depuis janvier.Les chiffres des deux dernières semaines sont impossibles à ob- < tenir.Pour M.Gorbatchev, ce qui | n\u2019est encore qu\u2019un effritement pour- s rait le priver de sa seule base, les mi- £ litants acquis aux réformes, estiment les observateurs.Faute d\u2019avoir été élu chef de l\u2019Etat au suffrage universel, M.Gorbatchev tire sa légitimité du parti.Or, il apparait que la majorité de l\u2019appareil n\u2019hésite plus à mener une offensive ouverte contre sa politique.Le flot de critiques ne va pas jusqu\u2019à proposer une véritable solution de rechange à la perestroïka ou un successeur à M.Gorbatchev.Certains ont essayé pendant le Congrès du PC de Russie, attaquant M.Gorbatchev pour son cumul des fonctions de chef de l\u2019Etat et du Parti.Le chef de file des conservateurs au Bureau politique, Egor Ligatchev suggère à M.Gorbatchev d\u2019abandon- Troupes retirées par l'URSS Moscou (AFP) LM Union Soviétique a retiré plus de 59 000 hommes, 1370 chars et 173 avions de combat de Tchécoslovaquie, de Hongrie, de Pologne et de Mongolie cette année, a annoncé hier le quotidien Ivestia, organe du gouvernement soviétique, citant le ministre de la défense Dmitri Iazov.Ces retraits, qui comprennent en outre 1040 installations d\u2019artillerie, s\u2019effectuent en application de la décision de réduire unilatéralement les forces soviétiques en deux ans annoncée par le numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev en décembre 1988.\u201cCela met en évidence l\u2019engagement de l\u2019Union Soviétique dans la nouvelle doctrine de défense et l\u2019application de bonne foi des obligations d\u2019une réduction unilatérale des forces armées, de leur redéploiement partiel, du reclassement des forces de défense\u2019\u2019, a déclaré le maréchal Iazov.ner la direction du parti.M.Ligatchev n\u2019a pas hésité à accuser M.Gorbatchev d\u2019avoir pris des décisions majeures comme l\u2019acceptation soviétique de l\u2019unification allemande ou le passage graduel à l\u2019économie de marché «sans consulter le parti et le Bureau politique».M.Ligatchev n\u2019a pas obtenu le soutien de la nouvelle génération de dirigeants conservateurs et l\u2019on a vu Boris Guidaspov, le puissant chef du parti de Léningrad, ou Ivan Polozkov se prononcer contre le «drame» que constituerait «dans l\u2019étape actuelle» le départ de M.Gorbatchev de la direction du parti.Le plénum du Comité central réuni vendredi s\u2019est prononcé pour le maintien du cumul et M.Gorbatchev devrait, sauf imprévu, obtenir le nouveau poste de président du parti.Il sera aidé d\u2019un premier secrétaire, chargé de la gestion quotitienne, suivant le projet de nouveaux statuts, cette formule lui permettant de commencer à se dégager en douceur du parti.M.Gorbatchev va devoir contenir la volonté des conservateurs d\u2019impo- ser leur vision dans les futurs documents de base du parti, comme «la déclaration» ou la plate-forme politique qui seront adoptées par le Congrès.«Faute d\u2019alternative, ils veulent placer Gorbatchev dans un corset», estime-t-on dans les milieux diplomatiques occidentaux de Moscou.On y souligne que la séparation des pouvoirs Etat-parti, engagée depuis la 19e Conférence fédérale du parti de juin 1988, joue déjà, même si elle est loin d\u2019être achevée.Les principales décisions ne se prennent plus au niveau du parti, du Bureau politique, qui ne se réunissait presque plus, mais sont le fait de la présidence et du parlement.M.Gorbatchev était pressé de te- % nir le Congrès pour rattraper le «re- s tard pris par le parti sur la perestroï- J ka».11 a avancé à deux reprises sa J date.Il a réussi au printemps à faire passer des projets de textes novateurs en dépit d\u2019un Comité central hostile mais il a perdu la bataille des délégués au Congrès.L\u2019appareil conservateur a su imposer son mode de désignation et détient la majorité au Congrès.y-V»\t\u2018-%: Deux soldats patrouillent la Place rouge, où une photo géante de Lénine a été affichée samedi en prévision du 28e congrès du Parti communiste de l'Union soviétique.Comme plusieurs compatriotes, deux Allemands de l'Est se réjouissaient hier que leur monnaie soit désormais remplacée par le deutschemark ouest-allemand.La réunification monétaire est en vigueur depuis hier en Allemagne Berlin-Est (AFP) LJ Allemagne a accompli hier sa réunification économique, monétaire et sociale après 42 ans de division, et l\u2019arrivée du deutschemark, vécue comme le prélude à l\u2019unité étatique, a été célébrée par des fêtes et des feux d\u2019artifices en RDA.Les 15 000 guichets est-allemands se sont ponctuellement ouverts hier à 9 h pour distribuer la monnaie ouest-allemande, désormais seule à avoir cours en RDA comme en RFA.Parallèlement, l\u2019ensemble des contrôles ont été supprimés sur les 1393 kilomètres de la frontière inter-allemande et Berlin est redevenue une ville ouverte, moins de huit mois après l\u2019ouverture fracassante du Mur le 9 novembre dernier.La frontière de la Communauté européenne est ainsi de facto repoussée sur le fleuve Oder et la rivière Neisse, à la limite de la Pologne, et ce sont les gardes-frontière est-allemands qui en assurent le contrôle.«Il est important pour nous qu\u2019il n\u2019y ait pas un mur économique sur l\u2019Oder», a toutefois assuré hier le ministre est-allemand des Finances, Walter Romberg.«Il faut faire en sorte que l»union monétaire profite également au développement économique de l\u2019Europe de l\u2019Est», selon lui.Le mark-Est créé en 1948 a ces- sé d\u2019avoir cours samedi à minuit.Une série de lois calquées sur le droit ouest-allemand sont en même temps entrées en vigueur en RDA pour consacrer le passage du jour au lendemain, sans équivalent historique, d\u2019une économie dirigiste planifiée à une économie libérale.Les prix subventionnés par l\u2019Etat ont été supprimés, sauf pour l\u2019énergie, une taxe à la valeur ajoutée (TVA) a été introduite, la liberté totale d\u2019établissement a été accordée aux entreprises ouest-allemandes et étrangères, le droit social et du travail a été aligné sur celui de la RFA.Dès les petites heures de la matinée, les Allemands de l\u2019Est ont commencé à se presser devant les guichets où ils avaient le droit de retirer une première fois un maximum de 2000 DM, soit l\u2019équivalent de 1150 $.La Bundesbank, la banque centrale ouest-allemande désormais seul maître de la monnaie allemande, a apporté 25 milliards de DM en liquide en RDA.Le ministre ouest-allemand des finances, Théo Waigel, a toutefois affirmé hier que les Allemands de l\u2019Est avaient demandé à retirer seulement environ un quart de cette somme dans les prochains jours.Seuls les comptes bancaires ont été convertis, à raison de 1 mark-Ouest pour 1 mark-Est en dessous d\u2019un certain plafond et I mark-Ouest pour 2 marks-Est au-delà.Le plafond a été fixé généralement à 4(XK) DM (2 300 $), sauf pour les enfants de moins de 14 ans (I 150 $) et les personnes de plus de 60 ans (3 450 $).Une succursale d\u2019une banque ouest-allemande à Berlin-Est a commencé à distribuer les DM dès hier dimanche zéro heure, déclenchant une bousculade monstre de plusieurs milliers de personnes qui s\u2019est soldée, selon la police, par une dizaine d\u2019évanouissements.Dans la nuit, quelque 5000 personnes ont retiré plus de 6 millions de DM soit 3,5 millions de dollars.L\u2019ambiance était à la fête à Berlin-Est, les feux d\u2019artifice et concerts de klaxon faisant penser à une nuit de la Saint-Sylvestre en plein été.En province, de nombreuses fêtes de rue ont été organisées.A Dresde (sud), les gens dansaient sur les tables au son des flonflons.A Potsdam (centre), plusieurs milliers de personnes à la fête locale baptisée «The last DDR-Mark party».A Magde-bourg (ouest), quelque 3000 jeunes ont dansé toute la nuit.«Cette journée est le premier pas vers l\u2019unité allemande», a affirmé le premier ministre est-allemand Lothar de Maizière.«Un pas décisif pour l\u2019unité de notre patrie, un grand jour dans l\u2019histoire de la nation allemande», a renchéri le chancelier ouest-allemand Helmut Kohl qui projette d\u2019organiser le 9 décembre les premières élections pan-allemandes qui scelleront l\u2019unité politique de l\u2019Allemagne.L'OTAN proclamera sa volonté de s'adapter aux bouleversements Pascal MALLET Bruxelles (AFP) L^OTAN, à l\u2019occasion de son 1 le sommet, les 5 et 6 juillet à Londres, proclamera sa volonté de survivre et de s\u2019adapter aux bouleversements en Europe, en appelant l\u2019URSS à coopérer à un nouvel ordre européen.D\u2019accord sur l\u2019essentiel, à savoir que l\u2019Allemagne unifiée doit appartenir à l\u2019OTAN, les dirigeants des 16 pays alliés chercheront à présenter des positions cohérentes sur quatre points: la poursuite du désarmement conventionnel et nucléaire, le règlement de la question allemande, la réforme de l\u2019OTAN et la préparation du sommet de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE), prévu cet automne à Paris.Une «déclaration finale» abordant ces thèmes, ainsi que les relations futures entre le Pacte de Varsovie et l\u2019OTAN, doit clore leurs travaux.L\u2019objectif des Etats-Unis et de leurs alliés européens et canadien est d«\u2019appeler l\u2019URSS à coopérer en la persuadant qu\u2019ils tiennent compte des intérêts soviétiques de sécurité, sans céder sur le principe de l\u2019autodétermination des Allemands», explique un diplomate de l\u2019OTAN.Les deux premiers points (désarmement et unité allemande), sont «indissolublement liés», selon ce diplomate.Statut militaire Sur la question du statut militaire de l\u2019Allemagne unifiée, l\u2019OTAN suivra sans doute la suggestion de la RFA de négocier dès maintenant une réduction des effectifs de l\u2019armée ouest-allemande.Ses effectifs seraient plafonnés à 400 000 hommes, soit 25 pour cent de moins qu\u2019aujour-d\u2019hui.Cette disposition, coïncidant avec l\u2019unification politique des deux Etats allemands, figurerait dès novembre 1990 dans un premier traité CFE de désarmement conventionnel, aux côtés de la limitation à 195 000 hommes des troupes américaines et soviétiques dans la région centre-Europe.Les Alliés, selon des sources diplomatiques, s\u2019engageront sans doute à négocier aussi la diminution des contingents européens stationnés en RFA, mais seulement dans une deuxième phase des négociations CFE.Cela concernerait notamment les forces françaises et britanniques en Allemagne.Quant aux arsenaux nucléaires, les Alliés rappelleront qu\u2019ils sont disposés, dès la signature d\u2019un premier traité CFE, à ouvrir des négociations sur leurs engins atomiques à courte portée (SNF, moins de 500 km), dont la plupart sont déployés en RFA.Venez négocier directement avec les propriétaires Gaby Lachance et Robert Lavallée / v m NiissAM m S MÂCOC Za S PRIX DE MERITE W «L SERVICE APRÈS-VESTE jjâ ^ 1989 VOUS ALLEZ VOUS EN VOULOIR SI VOUS NE PASSEZ PAS NOUS VOIR! 427, boul, Bourque, Omerville 843 82 la Tribune, Sherbrooke, undi 2 .Jet :?90 Forum Jeon-Guy Dubuc,: Jean Vigneault, \u2022\t' :rr Roth Bilodeau, : ÉDITORIAL Satisfait de votre revenu net?.Roch BILODEAU /avenir constitutionnel du Québec vous préoccupe?La protection de l\u2019environnement?La vie culturelle?Probablement que rien de tout cela ne | vous laisse complètement indifférents.Mais le niveau des taxes et des ¦ impôts?On ne s\u2019y trompe pas: c\u2019est sans doute la préoccupation la plus largement partagée au Canada.Avec raison, si l\u2019on en juge par les études annuelles de l\u2019Institut Fraser sur la fiscalité canadienne.Depuis plusieurs années, cet organisme de recherche économique détermine à quel moment les contribuables canadiens sont «libérés» du fardeau fiscal; c\u2019est-à-dire à partir de quelle date nous avons suffisamment gagné d\u2019argent pour payer ce que les gouvernements nous réclament sous forme d\u2019impôts et de taxes.Pour le ménage canadien moyen, cette date, c\u2019était hier, le 1er juillet.Pour reprendre des expressions qu\u2019on entend souvent, des millions de Canadiens ont donc «travaillé pour les gouvernements» depuis le 1er janvier, soit pendant six mois; et ce n\u2019est qu\u2019à partir d\u2019aujourd\u2019hui qu\u2019ils «travaillent pour eux-mêmes».Évidemment, ces expressions ne traduisent pas vraiment la réalité.Ce que nous déboursons en taxes et en impôts, nous sommes censés en bénificier à travers différents services, et par les efforts que nos dirigeants font, pour améliorer le sort du pays.Donc, pendant les six derniers mois, nous avons d\u2019abord «travaillé pour nous-mêmes», en principe.Sauf qu\u2019il faut tout de même s\u2019interroger.Car il est évident que ce fardeau fiscal peut démotiver, décourager.D\u2019autant plus qu\u2019il n\u2019est peut-être pas entièrement justifié.Oui, voilà une grande question: nos gouvernements dépensent-ils trop?Tout est affaire d\u2019équilibre.Et à Ottawa, l\u2019équilibre a été rompu assez brutalement au tournant des années 80.À Québec aussi, quoique dans une moindre mesure, on a dépensé au-dessus de ses moyens pendant cette période.L\u2019équilibre a été partiellement rétabli depuis; mais on continuera encore longtemps de payer pour les déséquilibres d\u2019hier.Car une part très importante de la ponction fiscale sert maintenant à éponger les déficits; quelques mois de travail par année.D\u2019ailleurs, toujours selon les études de l\u2019Institut Fraser, le contribuable moyen des années 60 avait acquitté sa dette dès le mois de mai.Une société peut-elle fonctionner normalement quand ses citoyens versent la moitié de leurs revenus aux gouvernements?Peut-être.Mais il faudrait faire la démonstration que tout ce que l\u2019Etat dispense nous est nécessaire; et qu\u2019il n\u2019y a pas de gaspillage.Elle n\u2019est pas faite, cette démonstration.Et elle restera très difficile à faire tant que les Canadiens ne se poseront pas, sérieusement, une autre grande question: exigeons-nous trop de nos gouvernements?BILLET Rayons de soleil Le retus de Dieu ne libère pas, il étouffe.Eliminer le divin, le spirituel, de sa vie, c\u2019est rapetisser son univers à une toute petite dimension.La fleur prend toute sa splendeur quand tu l\u2019offres.S\u2019imaginer que tous ceux qui nous entourent veulent notre bonheur, c\u2019est se dispenser des paradis artificiels, c\u2019est se libérer de la tension.C\u2019est indigne et indécent de mettre sur un même pied, comme victimes de l\u2019intolérance, nos minorités canadiennes et la majorité noire en Afrique du Sud.Les prisons les plus inhospitalières sont celles que l\u2019on se construit pour empêcher les autres d\u2019entrer chez nous.La vérité comme la beauté, ne nous appartiennent pas.Si on s\u2019en accapare, on les dissout.Albatros des mers OPINION DES AUTRES Un chef pour la Cour suprême Il ne faut pas chercher trop de signification symbolique à la nomination de M.Antonio Lamer comme juge en chef de la Cour suprême du Canada.Le départ le mois prochain du juge Brian Dickson, magistrat hautement respecté, exigeait une nomination rapide à sa succession.Le juriste québécois qui le remplacera a toute l\u2019expérience voulue pour accéder à la fonction.Néanmoins, son mandat survient dans une période particulièrement difficile.Le juge Lamer qui a signé ces dernières années plusieurs jugements dans des causes cruciales, sait mieux que quiconque les défis que les litiges, plus nombreux depuis l\u2019adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, posent au plus haut tribunal du pays.1! n\u2019était cependant guère favorable à la nomination d\u2019un plus grand nombre de juges à cette Cour qui en compte neuf, dont trois au Québec.Il espérait plutôt qu\u2019avec la jurisprudence, le nombre de procès entendus deviendrait, au fil des années, un peu moins élevé.Le défi posé à la Cour suprême viendra plutôt de son autorité dans les affaires constitutionnelles toujours plus délicates qui risquent de lui être soumises.Arbitre de la Constitution, ce tribunal de dernier recours n\u2019a pas encore de statut protégé lui-même.L\u2019échec de l\u2019accord du lac Mecch a privé, en effet, la Cour su- prême d\u2019un enchâssement dans la Constitution, et ses juges québécois, d\u2019une participation minimale garantie.Cette faiblesse n\u2019enlève rien, pour le moment, à ce tribunal.Il pourrait en être autrement à l\u2019avenir.Four l\u2019heure, la Cour suprême fait face à un autre défi.En période de crise politique \u2014 et le Canada en traverse une \u2014 le rôle des tribunaux devient à la fois plus important et plus délicat.Ainsi, à la onzième heure de l\u2019agonie du lac Meech, le gouvernement fédéral aurait voulu que la Cour suprême donne à la Constitution une interprétation qui aurait facilité les choses aux Assemblées législatives retardataires et rebelles.Il est douteux que les juges, le cas échéant, eussent accepté volontiers les vues des conseillers juridiques du sénateur Lowell Murray! Mais leur décision, quelle qu\u2019elle fût, eut revêtu un inévitable caractère politique.Dans de vieux problèmes comme ceux des droits des autochtones ou des minorités linguistique, questions qui empoisonnent toujours la vie politique au Canada, la Cour suprême a rendu récemment d\u2019excellentes décisions qu\u2019on aurait souhaité lui voir prendre des décennies auparavant.Les juges n\u2019inventent pas les causes qu\u2019ils tranchent.Mais une cause trop tardivement ou timidement réglée peut avoir un effet négatif sur la crédibilité même de la Cour.Ainsi, ce n\u2019est pas quant un groupe est au bord de la disparition qu\u2019il faut en reconnaître les droits.C\u2019est hélas l\u2019impression qu\u2019on a eu pour les minorités françaises.Le juge Lamer, qui a présidé la Commission canadienne de réforme du droit avant d\u2019accéder aux tribunaux d\u2019appel, est bien placé pour voir à quel point le droit a pris du retard en regard des besoins de la société, et quel impact, en revanche, des jugements de Cour peuvent avoir sur les rapports entre citoyens et entre gouvernements.La Cour a le plus souvent pris une attitude prudente dans l\u2019interprétation de la loi et de la Constitution.Elle sera sans doute invitée à plus de créativité notamment dans les dossiers \u2014 comme celui de l\u2019avortement \u2014 qui menacent la paix sociale.Paradoxalement, aucun des gouvernements qui parlent de refaire la Constitution n\u2019envisagent un rôle amoindri pour cette Cour.Par contre, force est de constater que les jugements rendus dans les causes les plus cruciales pour l\u2019avenir du pays n\u2019ont pas tous eu l\u2019autorité morale qu\u2019il aurait fallu auprès des simples citoyens.Il y a là un défi accru pour le juge Lamer et les autres membres de la Cour suprême.Jean-Claude Leclerc Le Devoir Votre pression sanguine semble suivre le niveau des taux d'intérêts.wmK TRIBUNE LIBRE A propos de la démocratie municipale M.Jean Vigneault Rédacteur en chef Suite à votre éditorial du 28 juin dernier concernant mon élection comme candidat du Regroupement des Citoyens et Citoyennes de Sherbrooke (R.C.S.) dans le district no.5, quelques commentaires s\u2019imposent.J\u2019aimerais d\u2019abord vous préciser que la convention que le R.C.S.tenait dans le district no.5 constituait une première à Sherbrooke.Pour la première fois de son histoire, des résidants d\u2019un district électoral de Sherbrooke avaient la liberté de choisir un candidat en vue d\u2019une élection municipale.C\u2019est une démonstration de démocratie municipale qui méritait et mérite encore, à mon humble avis, d\u2019être soulignée.J\u2019aimerais de plus, vous souligner que plus de 150 Sherbrookois du district no.5 sont maintenant membres d\u2019un parti politique municipal, en l\u2019occurrence le R.C.S.C\u2019est une première qui, encore là, mérite d\u2019être soulignée.Si autant de personnes, d\u2019un seul district électoral, ont adhéré au R.C.S., c\u2019est sûrement le signe qu\u2019un parti politique, fondé sur des bases populaires répond, entre autres, aux aspirations de démocratie municipale d\u2019un bon nombre de citoyens et citoyennes de Sherbrooke.Selon plusieurs Sherbrookois dont je suis, la démocratie municipale doit, pour être pleinement représentative, passer par la mise sur pied de partis politiques.Des villes comme Montréal et dernièrement Québec, par exemple, l\u2019ont compris.Nous devons compter sur des partis politiques contrôlés, orientés et financés sur des bases populaires.La démocratie municipale doit, pour être pleinement représentative passer aussi par la transparence.Une transparence qui permet aux électeurs de savoir quels sont les orientations, les priorités d\u2019actions, le programme des groupes en présence quelques mois avant l\u2019échéance électorale.Aux dernières élections municipales, des candidats se sont identifiés seulement deux semaines avant le jour de l\u2019élection.Comment dans un tel «sprint» électoral, la population peut-elle faire un choix éclairé?Dans de telles circonstances, ce sont davantage des «machines électorales» qui s\u2019affrontent, qu\u2019un débat de fond autour d\u2019un programme, d\u2019un projet collectif pour la ville de Sherbrooke.Un conseiller dit «indépendant» l\u2019est de qui en fait?Qui prépare son programme?Qui finance son élec- tion?A qui rend-il des comptes après l\u2019élection?Pour moi le terme «privé» convient mieux à ce type de conseiller dans la mesure où celui-ci se présente seul, en tant qu\u2019individu, financé par des intérêts particuliers en opposition à un conseiller dit «public» provenant d\u2019un parti politique contrôlé et financé par ses membres.Ce conseiller ou un groupe de conseillers «privés» peuvent faire preuve de démocratie lors des délibérations du conseil municipal, comme vous l\u2019avez souligné dans votre éditorial, mais les citoyens de Sherbrooke peuvent avoir plus.Les partis politiques diminuent l\u2019espace séparant les gouvernants des gouvernés, les élus des électeurs.Ils permettent une emprise de la population sur les affaires publiques.Le R.C.S.permettra aux Sherbrookois de faire un choix entre une gestion «privée» ou «publique» de la ville de Sherbrooke.Quant à moi, je ne veux pas être un conseiller qui sera «indépendant» de ses électeurs.Je tiens à avoir des racines avec les résidants du district no.5 avant, pendant et après l\u2019élection de novembre prochain.Alain Leclerc Candidat du R.C.S.district no.5, Sherbrooke Les ressources pour les handicapés auditifs Mesdames et Messieurs les commissaires de la CSCS, En prenant connaissance du plan d\u2019organisation soumis par la direction de l\u2019école Sylvestre conformément à l\u2019application des paramètres, c\u2019est à dire: 2 demi-journées seulement au préscolaire, 2 groupes au primaire, nous réalisons que nous sommes loin des besoins qui sont; 1 groupe au préscolaire, 3 groupes au primaire Totalisant 13 enfants.Compte tenu du principe que les ressources doivent suivre les enfants intégrés aux classes régulières, il s\u2019avère impensable de permettre autre chose que des intégrations de groupe.Par conséquent il ne doit pas y avoir de multiples niveaux.Nous vous faisons parvenir la copie d\u2019une lettre adressée à M.Giard en date du 30 mai 90 dans laquelle est inclus le tableau d\u2019organisation scolaire indiquant la possibilité de procéder avec les ressources demandées.Nous vous suggérons d\u2019y référer pour plus d\u2019informations.Suite à la réponse de M.Giard nous sommes dans l\u2019obligation de procéder à la demande d\u2019admission de nos enfants dans leur école régulière de quartier avec service individuel d\u2019interprète.Ce genre de service répondant plus adéquatement au be- soin de scolarisation de chaque enfant concerné.Nous sommes très conscients que les enfants handicapés auditifs requièrent des sommes plusieurs fois supérieures à ce qui est requis pour des enfants réguliers, et ce afin de permettre la mise en place de services appropriés à leur handicap.Nos demandes n\u2019entrent-t-elles pas dans le mandat d\u2019une école régionale?.Comptant sur votre considération à cette demande afin de permettre à nos enfants de débuter l\u2019année scolaire en août 1990 en même temps que tous.Le Comité ad hoc en déficience auditive Par Lucie Raîche Pour la préservation de la forêt M.Raymond Breton, Préfet de la municipalité régionale de comté du Haut Saint-François Je voudrais attirer votre attention sur l\u2019opportunité et l\u2019urgence de mettre en place une loi stricte et bien définie afin de protéger le territoire forestier et de faire cesser les coupes à blanc.Tout comme les terres agricoles dont le zonage protège la vocation, les terres forestières nécessiteraient une législation particulière en vue de limiter l\u2019imprévoyance et parfois même l\u2019insouciance de certains exploitants forestiers.Comme toutes les formes d\u2019exploitation abusive, les coupes à blanc sont lourdes de conséquences envers la faune, la flore, les cours d\u2019eau, et sur les êtres humains.C\u2019est tout l\u2019équilibre de la nature qui se voit menacé par cette pratique.Il est maintenant prouvé que de tels déboisements assèchent les nappes d\u2019eau et nous privent de l\u2019irremplaçable purificateur d\u2019air que sont les arbres.Et que dire du paysage désolant qui s\u2019offre à nos yeux?l.es motifs économiques ne sau- raient justifier ces actes démesurés et destructeurs.Car, même après avoir effectué un reboisement, la forêt a besoin de deux fois plus de temps avant d\u2019être mature puisque les plants ainsi exposés trop fortement au soleil seront beaucoup moins grands et plus branchus; cela, étant relié au fait qu\u2019ils ne peuvent profiter de l\u2019ombrage de sujets plus âgés qui les auraient incités à pousser en longueur tout en les protégeant du vent.Il faut également mentionner que les risques de maladies demeurent plus élevés du fait que le reboisement se fait généralement avec des sujets d\u2019une même espèce.Cependant, ne vous y trompez surtout pas! Je ne suis pas contre le reboisement; au contraire, celui-ci devrait être accentué.Toutefois, comme cette bonne vieille logique nous le dicte naturellement, nous devrions tout d\u2019abord cesser les coupes à blanc et d\u2019un même souffle reboiser les terres en friche et les espaces déboisés.Dans le même ordre d\u2019idées, il est primordial de concrétiser la mise en place d\u2019outils qui permettront de di- minuer au maximum la pollution à la source afin que notre milieu respectif puisse accueillir aussi généreusement les générations futures.La surexploitation des ressources forestières et naturelles doit cesser.Favorisez la responsabilité et l\u2019innovation en instaurant la coupe sélective et le reboisement comme l\u2019alternative intelligente à la réalisation J\u2019une saine gestion des ressources forestières de notre territoire.De grâce, agissez maintenant! Plusieurs municipalités ont déjà des règlements favorisant la protection des forêts environnantes.Cependant, le contenu de chaque règlement diffère et par le fait même, la protection n\u2019est pas toujours parfaitement étanche.Pour les terres gouvernementales, la coupe en «corridor», est favorisée bien que cette méthode n\u2019apporte pas la protection adéquate car l\u2019interprétation de la largeur des corridors permet à toute fin pratique la coupe à blanc.Bruno Gohcil La Patrie U Tribun*.Sneftxowe und - .
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