La tribune, 5 décembre 1990, Cahier 2
[" La Tribune Sherbrooke mercredi 5 décembre 1990 NOUVELLE POLITIQUE ÉNONCÉE PAR LA MINISTRE GAGNON-TREMBLAY L'immigration ne sera pas suffisante pour contrer la perte de poids du Québec Bourbeau promet de livrer une rude bataille ?Il veut rapatrier 810 millions $ pour mieux former la main-doeuvre québécoise Economisez 45e A l\u2019achat d\u2019un paquet de ( sur présentation de ce bon Au marchand: Nabob Foods paiera aux marchands détaillants de ses produits un maximum de 45 c plus 11,9 « pour Irais de manutention pour chaque bon remboursé à un client à l'achat d'un paquet de Nabob Tradition.Toute autre utilisation constitue une fraude.Des preuves d'achat de stocks suffisants pour justifier le nombre de bons remboursés devront être produites sur demande Pour remboursement, laites parvenir ce bon à: Herbert A Watts Limited.C.P 2140, Toronto (Ontario) M5W 1H1.Inscrivez au numéro 5 sur le bordereau de débit.Bon du magasin: no 90018.Tradition Limite d\u2019un bon par achat.Cette offre expire le 1er mars 1S91 60200 '00000* H ¦ *> /' S*?, || ÿlliBjjÿiiij!! mmmw Québec (PC) Le critique de l\u2019Opposition en matière d\u2019immigration, le député de Mercier, Gérald Godin, n\u2019a rien vu d\u2019encourageant dans l\u2019énoncé politique de la ministre des Communautés culturelles et de l\u2019Immigration, Monique Gagnon-Tremblay, sinon «une tempête de neige de mots dans un désert d\u2019idées.» Dans ses commentaires d\u2019usage en Chambre, hier, M.Godin a parlé de grande déception parce que le gouvernement du Québec est très loin dans cet énoncé d\u2019une entente avec le fédéral «qui donnerait des pouvoirs et surtout des fonds pour appliquer ses belles promesses et ses beaux engagements qui sont effectivement, par la quantité, impressionnants.» «Sauf que si j\u2019étais un réfugié, a poursuivi le critique, ça ne me rassurerait pas du tout parce qu\u2019il n\u2019y a rien sur les réfugiés dans son document, sinon une phrase qui dit très clairement: dans la mesure des moyens du Québec, on va aller en recruter là où ils sont.» M.Godin a souligné que la ministre n\u2019avait apparemment pas encore compris qu\u2019elle éprouvera d\u2019énormes difficultés à faire bouger le gouvernement fédéral qui, depuis la mort de Meech qui rendait au Québec les pouvoirs exclusifs de sélection des immigrants sur son territoire, s\u2019est retranché dans le statu quo.Pour l\u2019opposition péquiste, l\u2019important pour l\u2019instant c\u2019est de prendre les moyens de faire bouger le fédéral pour qu\u2019il cède l\u2019exclusivité des pouvoirs en immigration au Québec, en attendant les recommandations de la Commission Bélanger-Campeau qui, selon elle, l\u2019exigera.Le leader de l\u2019opposition, Guy Chevrette, a consenti à ce que cet énoncé soit déposé en Chambre à la seule condition qu\u2019il ne vienne pas contredire «une orientation différente de celle qui pourrait être donnée par le Commission Bélanger-Campeau sur le sujet de l\u2019immigration.» «Un désert d'idées» (Godin) Pierre APRIL Québec (PC) LJ immigration ne sera pas suffisante pour contrer la perte du poids démographique et politique du Québec dans l\u2019ensemble canadien.Dans les documents accompagnant son énoncé de politique en matière d\u2019immigration et d\u2019intégration, déposé hier à l\u2019Assemblée Nationale, la ministre des Communautés culturelles et de l\u2019Immigration, Mme Mo- nique Gagnon-Tremblay, a souligné l\u2019importance pour le Québec de hausser son indice de fécondité à 1,5 à 1,8 enfant par femme en même temps que le volume des immigrants.Un scénario préparé par le Bureau de la statistique du Québec démontre qu\u2019avec un taux de fécondité de 1,8 pour cent par femme et la venue de 55 000 immigrants par année, le Québec serait assuré de son poids démographique au cours du prochain siècle.L\u2019étude a aussi permis de consta- ter que même si le vieillissement de la population québécoise est inévitable au cours des 20 prochaines années, une politique accrue de l\u2019immigration au-delà de 50 000 nouveaux arrivants annuellement, associée à l\u2019augmentation du taux de fécondité de 1,8 enfant par femme, ferait passer l\u2019âge moyen de 48 à 42 ans.En baisse vers 2026 Dans les conditions actuelles, alors que le Québec a accueilli 33 000 immigrants en 1989 dont 9500 d\u2019ex- Un tournant qualifié d'historique Montréal (PC) LJ énoncé de la nouvelle politique québécoise en matière d\u2019immigration marque un tournant «historique»\u2019 dans l\u2019histoire du Québec, en établissant une orientation claire quant à son avenir avec les communautés culturelles.C\u2019est ainsi que réagissaient hier le directeur du Centre de recherche-action sur les relations raciales, M.Fo Niem, et le président du Conseil du patronat, M.Ghislain Dufour, à la nouvelle politique d\u2019immigration rendue publique hier par Mme Monique Gagnon-Tremblay.«Cette politique est intéressante parce qu\u2019elle souscrit au caractère francophone du Québec tout en reconnaissant la réalité multi-ethnique et multi-raciale de la société québécoise.Ces deux réalités ne sont pas incompatibles, contrairement à ce que bien des gens pensent, a commenté M.Fo Niem.Le centre de recherche-action sur les relations raciales a par ailleurs noté le manque de précisions quant au soutien des petites et moyennes entreprises ethniques.De son côté, le président du Conseil du patronat du Québec, M.Ghislain Dufour, a salué les efforts du gouvernement du Québec à mettre sur pied une véritable stratégie de mise en valeur de la population active, en favorisant notamment la venue d\u2019immigrants indépendants, et en s\u2019appliquant à les intégrer à la culture québécoise.M.Dufour a souligné que l\u2019effort prévu au niveau de l\u2019encadrement en matière d\u2019accueil et du soutien à l\u2019insertion socio-économique des nouveaux arrivants était indispensable.Du côté d\u2019Ottawa, on s\u2019exprimait avec réserve sur la politique mise de l\u2019avant.«Nous comprenons que le Québec ait des priorités particulières quant à l\u2019intégration des immigrants, a commenté Mme Rita Mezzanotte, attachée de presse de la ministre fédérale de l\u2019Emploi et de l\u2019Immigration, Barbara McDougall.«Nous n\u2019avons pas d\u2019objection, dans la mesure où elles ne vont pas à l\u2019encontre des politiques globales fédérales en la matière».pression française, la proportion des personnes âgées de plus de 65 ans, actuellement de moins de 10 pour cent, dépassera 15 pour cent en 2011 et atteindra vraisemblablement près de 25 pour cent en 2026.Selon les projections du ministère québécois des Communautés culturelles et de l\u2019Immigration, en maintenant à 26 000 par année le nombre d\u2019immigrants et un taux de fécondité de 1,4 enfant par femme, la population du Québec, après avoir dépassé 7,5 millions d\u2019habitants en 2016, recommencerait à chuter vers les six millions en 2026.Pour la même période, avec un volume de 55 000 nouveaux immigrants et un taux de fécondité de 1,8 enfant par femme, la population québécoise atteindrait les neuf millions d\u2019habitants en l\u2019an 2026.L\u2019accroissement graduel des niveaux d\u2019immigration, selon l\u2019étude du Bureau de la statistique du Québec et citée par le ministère de l\u2019Immigration, contribuerait également de corriger la perte du poids démographique du Québec qui a chuté de trois pour cent ou cours des deux dernières décennies.Le ministère québécois de l\u2019Immigration est cependant conscient que l\u2019objectif qu\u2019il s\u2019est fixé d\u2019accueillir une proportion d\u2019immigrants égale à son poids démographique au Canada est conditionnel à la capacité du Québec de retenir ses immigrants, ce qui n\u2019a pas toujours été le cas dans le passé.Ghislain Dufour Rollande PARENT Montréal (PC) Si le ministre québécois de la Main-d\u2019oeuvre et de la Forma-professionnelle, André Bourbeau, réussit à rapatrier au Québec les sommes dépensées ici par le fédéral dans ces deux secteurs, il disposerait de plus d\u2019un milliard $ pour mieux former la main-d\u2019oeuvre québécoise.Devant une centaine d\u2019employeurs membres du Conseil du Patronat du Québec (CPQ), le ministre a promis, hier, de livrer une rude bataille à ce sujet quand s\u2019amorceront les négociations avec le fédéra!, au cours des prochaines semaines, les ententes se terminant dans trois mois.«Je vous propose de serrer les rangs», a-t-il dit.«Depuis quelques mois, il s\u2019est développé un consensus solide en faveur d\u2019un rapatriement au Québec de tous les programmes et budgets d\u2019adaptation de la main-d\u2019oeu-vre.11 y a une quasi unanimité sur ce sujet, même de la part d\u2019organismes à qui on ne saurait prêter ou attribuer des inflexions souverainistes.» Au terme de discussions menées dans le cadre du Forum sur l\u2019emploi, ce groupe constitué de représentants patronaux, syndicaux et communautaires concluait, il y quelques semaines, en la nécessité de rapatrier la gestion et les budgets des programmes de main-d\u2019oeuvre entre les mains du fédéral.Le CPQ a endossé cette conclusion tout en insistant pour que le ministre Bourbeau mette au point des programmes susceptibles de régler les principaux problèmes reliés à la formation et au recyclage de la main-d\u2019oeuvre.Le gouvernement fédéral dépense annuellement dans divers programmes de main-d\u2019oeuvre (formation, placement, aide à l\u2019emploi) la rondelette somme de 460 millions $ à laquelle s\u2019ajouteront 350 millions $ uniquement consacrés à la formation et provenant du nouveau régime d'assurance-chômage.A l\u2019heure actuelle, le Québec consacre 175 millions $ en formation et 60 millions $ en placement.Malgré ces investissements fabuleux, le ministre juge inefficace le double système actuel qu\u2019il compare à un véhicule muni de deux volants à bord duquel «on ne peut pas faire un travail efficace dans un système entremêlé.» Le ministre en a principalement contre la Commission de l\u2019emploi et de l\u2019immigration du Canada, avec ses 27 000 employés dans toutes les régions du Canada, qui privilégie les grands programmes nationaux de formation et d\u2019adaptation de la main-d\u2019oeuvre, comme s\u2019il n\u2019existait qu\u2019un seul marché du travail au Canada.De plus, comme le Québec a ses propres programmes, les travailleurs comme les patrons se retrouvent dans des situations où ils ont tirés à hue et à dia.LES MEILLEURS GRAINS À MEILLEUR PRIX ! 560200000007 5999 La Tribune, Sherorocke, mercredi 5 décembre î 990 Jean-Guy Dubuc, ;resiae\"' et Éditeur Jean Vignaault, îéaaaeur en cne\u2019 ÉDITORIAL Le projet de M.Mulroney?Il n'existe pas Jean-Guy DUBUC imanche dernier, lors d\u2019un dîner réunissant 1500 de ses amis et surtout supporteurs, le premier ministre Mulroney disait: «Le souflle séparatiste qui déferle présentement sur le Québec est un vent probablement éphémère.» Pour contrer cette poussée nationaliste, M.Mulroney a eu l\u2019idée géniale et inédite de former un nouveau comité qui devra trouver une nouvelle formule d\u2019amendement à la constitution canadienne.Cela, en attendant les conclusions de la Commission Bélanger-Campeau et celles de la Commission Spicer.En d\u2019autres mots: M.Mulroney ne sait ni quoi dire ni quoi faire.Et il ne pourra rien faire ni dire pour sauver le fédéralisme qui lui tient pourtant à coeur.On a beaucoup reproché à Pierre Trudeau sa notion du fédéralisme.Mais au moins, il en avait une.Ainsi qu\u2019une philosophie et une option claire pour le Canada.Brian Mulroney n\u2019a rien de cela; il ne peut donc rien offrir aux Canadiens.Ro
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