La tribune, 24 avril 1991, Cahier 2
[" Photolaser AP Forum CAHIER LaTribune Santé Sherbrooke mercredi 24 avril 1991 Vivre Générai Bourbeau laisse tomber ses revendications à cause de la nouvelle situation politique Pierre APRIL Québec (PC) Le ministre de la Main-d\u2019oeuvre, de la Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle André Bourbeau a finalement abandonné l\u2019idée de rapatrier les pouvoirs qu\u2019il réclame depuis un an d\u2019Ottawa.Hier, en commission parlementaire sur les crédits de son ministère, le ministre a clairement indiqué qu\u2019il avait bel et bien jeté la serviette parce que la situation politique au Québec a été totalement modifiée par les conclusions du rapport de la Commission Bélanger-Campeau sur l\u2019avenir constitutionel du Québec et la décision de son gouvernement d\u2019attendre les offres du reste du pays.Depuis un an, M.Bourbeau était devenu un ardent propagandiste d\u2019une solution négociée avec Ottawa dans les plus brefs délais pour permettre au Québec de reprendre tous les leviers politiques et financiers dans les secteurs de la main-d\u2019oeuvre et de la formation professionnelle.Hier, le ministre a confié que cette responsabilité appartenait maintenant à son collègue des Affaires intergouvemementales canadiennes Cil Rémillard.«Vous savez, a-t-il dit, que ce n\u2019est pas moi qui aurai la responsabilité des négociations fédérales-pro-vinciales et constitutionnelles.Alors, jusqu\u2019à ce que s\u2019amorcent ces négociations nous allons maintenir le statu quo.» Projet d\u2019orientation D\u2019ici à ce que les négociations constitutionnelles globales aient abouti, le ministre entend proposer une politique sur les structures que le Québec devra se donner pour réaliser ses objectifs.«Je saisirai le Conseil des ministres d\u2019un projet d\u2019orientation gouvernementale, d\u2019un plan d\u2019action et ce document sera éventuellement publié à l\u2019automne prochain», a-t-il laissé entendre.M.Bourbeau a expliqué qu\u2019il demeurait convaincu qu\u2019il y a encore un gouvernement de trop dans le secteur Le chef péquiste Jacques Parizeau et le premier ministre français Michel Rocard se sont entretenus, hier, durant trois quarts d'heure à l'hôtel Matignon.L'entretien entre Parizeau et Rocard a porté sur du «concret» Lia LEVESQUE Paris (PC) Le chef péquiste Jacques Parizeau a rencontré hier à Paris le premier ministre français Michel Rocard, entre autres pour discuter avec lui de liens économiques entre des Etats souverains.Les deux hommes se sont entretenus durant trois quarts d\u2019heure à l\u2019hôtel Matignon.C\u2019est M.Parizeau qui a rapporté la teneur de ces discussions avec le premier ministre français, après que celui-ci l\u2019eût raccompagné à l\u2019extérieur, où l\u2019attendaient les journalistes.«Nous avons discuté de choses qui sont dans l\u2019ordre du concret, de l\u2019agenda politique (au Québec) comme des questions de fond qui font problème chez nous comme le maintien de liens économiques avec le reste du Canada et des exigences politiques que ça peut susciter.» En Europe, un tel débat a cours présentement en ce qui concerne la communauté économique européenne et la possibilité de développer une monnaie commune entre les pays membres.M.Parizeau en a profité pour s\u2019adresser au premier ministre Robert Bourassa, depuis Paris, lui demandant de créer un comité de spécialis- tes chargé de ces questions économiques et monétaires.Le chef du Parti québécois s\u2019en est même ouvert au premier ministre Rocard.11 faudrait, dit-il, voir «si nous pourrions envoyer une mission de ces spécialistes que nous avons à Québec de ces questions des liens économiques, monétaires et commerciaux, qui puissent venir ici et discuter du cadre politique dans lequel ces liens économiques doivent ou peuvent se développer.» Très souvent, souligne-t-il, on soutient au Canada et au Québec qu\u2019on ne peut avoir de monnaie commune sans avoir un régime fédéral.«Moi je ne pense pas que ce soit vrai.La plupart de ces spécialistes ne pensent pas que ce soit vrai.11 faudrait clarifier tout cela.» Cette mission itinérante pourrait même «éclairer les travaux» d\u2019une des deux commissions parlementaires qui doivent être créées au Québec, dont l\u2019une qui étudiera la faisabilité de la souveraineté, signale le chef péquiste.M.Parizeau n\u2019a pas voulu rapporter l\u2019opinion du premier ministre Rocard sur le sujet, si ce n\u2019est pour affirmer qu\u2019il trouve l\u2019idée «intéressante dans la mesure où ça se fait dans un certain cadre, avec l\u2019appui des partis et en fonction d\u2019un mandat correct.» Le chef du PQ s'explique mal le sens du remaniement Paris (PC) Le chef du Parti québécois Jacques Parizeau comprend mal le sens du remaniement ministériel à Ottawa pour ce qui est des ministres francophones.Toutefois, il comprend Ottawa «d\u2019essayer» de sauver l\u2019unité canadienne avec le nouveau responsable du dossier Joe Clark.«Du point de vue du Canada anglais, c\u2019est un remaniement intéressant.Pour les Québécois francophones, c\u2019est une autre chose.Dès qu\u2019il s\u2019agit des Québécois, on ne comprend pas très bien le sens du remaniement.Je ne vois pas de dessein in- telligible de ce côté-là», a-t-il déclaré.Quant à la nomination de Joe Clark au poste de responsable du dossier constitutionnel, donc les relations avec le Québec, M.Parizeau troupe l\u2019effort du fédéral louable.«Effectivement, parmi tous les ministres de M.Mulroney, s\u2019il y en a un qui peut activer le débat fédéral-provincial, et peut-être aboutir sur ce plan, c\u2019est peut-être M.Clark.S\u2019il y a quelqu\u2019un qui peut donner une certaine crédibilité à cet effet, c\u2019est M.Clark.Moi, je n\u2019y crois pas, mais enfin.» M.Parizeau conclut en lançant: «on ne peut pas blâmer le fédéral d\u2019essayer.» Martin préconise un droit de veto universel Montréal (PC) Plus nationaliste que son chef, Paul Martin veut que la position constitutionnelle du PLC prévoit un droit de veto universel pour le Québec.L\u2019association libérale fédérale de LaSalle-Emard a adopté hier soir une résolution parrainée par le député du comté et visant à «la protection constitutionnelle du caractère distinct du Québec», en lui garantissant notamment un droit de veto.Un texte stipulant par ailleurs que la nouvelle formule d\u2019amendement devra reconnaître à toutes les provinces le droit de retrait avec pleine compensation financière.de la main-d\u2019oeuvre et, pressé de questions sur son agenda par la critique de l\u2019Opposition officielle Louise Harel, il a précisé qu\u2019il fallait maintenant tenir compte des échéances fixées dans le rapport de la Commission Bélanger-Campeau.«Je la (Mme Harel) réfère au rapport de la Commission Bélanger-Campeau, a souligné le ministre, un rapport unanime où toutes les parties ont convenu que la date ultime serait l\u2019automne 1992.» M.Bourbeau a ajouté qu\u2019au lieu de poursuivre les négociations bilatérales avec Ottawa comme il l\u2019a fait depuis un an, il était préférable «de s\u2019asseoir tranquillement et d\u2019attendre que viennent les propositions».«On est censé attendre les propositions si j\u2019ai bien compris, a-t-il dit.Je pense que d\u2019ici un an, peut-être moins, on aura une bonne idée de ce qui s\u2019en vient du côté des propositions fédérales ou des pouvoirs qui pourraient être transférés au Québec.» Selon lui, il serait ridicule «d\u2019importer des pouvoirs» et de ne pas être organisé pour que le dossier soit mieux géré qu\u2019il ne l\u2019était auparavant.André Bourbeau, ministre de la Main-d'oeuvre, de la Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle L'attitude du Canada anglais change, soutient Rémillard Québec (PC) Le ministre Gil Rémillard dit avoir perçu depuis deux mois des changements dans l\u2019attitude du Canada anglais.M.Rémillard a résumé ainsi ces changements: la situation économique est en train de convaincre le reste du Canada que le régime fédéral actuel ne peut plus durer et qu\u2019il faut des changements majeurs.«On le voit en lisant les journaux du Canada anglais et en regardant les réactions de certains collègues ministres des autres provinces», a déclaré hier le ministre Rémillard devant la Chambre de commerce de Sainte-Foy, où il était conférencier invité.Des exemples Comme exemple, M.Rémillard a cité les plus récentes prises de position des premiers ministres alber-tain Don Getty et ontarien Bob Rae.«M.Getty a dit lundi que l\u2019Alberta aussi veut des changements et un gouvernement central efficace.Je demeure confiant que le mouvement qui s\u2019amorce au Canada anglais va se poursuivre et que le fédéralisme va évoluer en respectant mieux les juridictions des provinces», a dit le ministre Rémillard.Selon lui, une trop grande centralisation économique par le gouvernement fédéral a fait grimper les taux d\u2019intérêt au Canada, ce qui a nui aux entreprises québécoises qui exportent sur les marchés étrangers et américains.«Dans le reste du Canada, ils sont en train de le réaliser depuis deux mois.La récession est le résultat d\u2019une administration trop centralisée.Il n\u2019y a pas une seule compétence provinciale qui n\u2019a pas été touchée par Ottawa.En faisant cela, nous ne faisons pas une guerre de drapeaux, mais une guerre d\u2019efficacité», a dit le ministre des Affaires canadiennes.«Il faut une décentralisation profonde, des changements profonds pour que les provinces puissent jouer leur rôle, que les identités des régions puissent être respectées», a-t-il dit.ne vous nez pas à des hypothèses.Fiez-vous à nos spécialistes qui vous donneront la vraie couleur sur nos options.Comment choisir une hypothèque?Pourquoi transférer son hypothèque et quand faut-il le faire?Des questions importantes qui doivent trouver réponse.Les spécialistes hypothécaires de la Banque Royale sont là pour vous éclairer.En plus de vous conseiller, ils vous offrent les options suivantes: des taux hautement compétitifs, garantis 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d\u2019autres pour arriver à quelque chose, et ce dans le cadre d\u2019un processus commun.C\u2019est normal que le premier ministre du pays cherche à «canadianiser» la question constitutionnelle: il veut montrer aux autres provinces que c\u2019est lui et non le gouvernement du Québec qui va «diriger» le débat sur l\u2019avenir de la fédération.Et d\u2019ailleurs, cet avenir, il ne le lie pas exclusivement au Québec: il s\u2019en est pris autant aux gens du Reform Party de l\u2019Ouest qu\u2019aux souverainistes québécois, pour qui, dit-il, le succès passe par l\u2019échec du Canada.Reste que ce genre d\u2019approche risque de rencontrer de sérieux obstacles au Québec.Parce qu\u2019elle heurte de front nos deux plus forts consensus: premièrement, que notre province est dans une situation unique; deuxièmement, que les choix devront nous appartenir en bôut de ligne.Bien sûr, cela n\u2019exclut pas et ne doit pas exclure la négociation, car tous s\u2019entendent sur la nécessité d\u2019un nouveau pacte.Mais le premier ministre Mulroney devra faire face à une réalité incontournable: le gouvernement Bourassa ne veut plus être un interlocuteur parmi onze; et surtout, il n\u2019acceptera pas de se relancer dans une nouvelle ronde de pourparlers sans avoir d\u2019offres fermes .appuyées par un mandat clair.Les propositions du chef libéral sont un peu de la même farine.Jean Chrétien prône en effet la tenue d\u2019un référendum pan-canadien avant celui'qui est prévu au Québec.Ce qui est aussi une tentative de «nationaliser» le débat; encore là, le gouvernement québécois ne serait plus qu\u2019un parmi plusieurs.Car enfin, dans ce scénario référendaire, c\u2019est la majorité qui déciderait de notre avenir, et nous ne sommes pas la majorité.On comprend mal comment M.Chrétien peut imaginer que le Québec se prêterait à cet exercice.D\u2019autant plus que ses suggestions de réforme constitutionnelle sont d\u2019un flou total: il se dit d\u2019accord pour un nouveau partage des pouvoirs, mais son seul critère est de les distribuer au palier de gouvernement qui peut le mieux les assumer.MM.Mulroney et Chrétien ont décidé de passer à l\u2019offensive, et Audrey McLaughlin ne devrait pas tarder.C\u2019est heureux, car pour négocier quoi que ce soit dans cette fédération, il serait utile de connaître ce que les chefs des partis fédéraux ont réellement en tête.Mais le vrai débat reste à venir.Car pour le \u2022 moment, c\u2019est évident qu\u2019on nage encore dans l\u2019abstrait ou même l\u2019irréalisme du côté d\u2019Ottawa.Il faudra bien en sortir, bientôt.Une bonne leçon de tolérance Pierre-Yvon BEGIN La quarantaine de personnes de North Hatley qui se sont réunies lundi soir afin de discuter, en toute courtoisie, de l\u2019avenir du Canada, viennent de servir une bonne leçon de tolérance.Sans doute une première au pays, du moins au Québec, cette rencontre convoquée par des citoyens ordinaires sans aucune pression politique, fait la preuve que l\u2019heure fatidique pour le pays n\u2019a pas encore sonné.Au cours des dernières années, nos hommes politiques, tant du Québec que du Canada, ont défendu avec acharnement leur position, assise, disent-ils, sur les intérêts de leurs commettants.Si nos représentants avaient un mandat de la population, c\u2019était bien celui de négocier une nouvelle entente, un pacte susceptible de favoriser l\u2019épanouissement du Québec au sein du Canada.Inspirés par l\u2019intransigeance, plusieurs politiciens n\u2019ont offert qu\u2019un pauvre dialogue de sourds en exemple.Cette drôle de médecine risque aujourd\u2019hui de conduire le pays à l\u2019éclatement.Le risque est réel et rien dans le discours politique des dernières semaines ne permet de croire qu\u2019il en sera autrement.Si un espoir subsiste de sauver le Canada, il repose entre les mains de la population.Francophones et anglophones de North Hatley ont cohabité sans trop de heurts et forment une communauté où il fait toujours bon vivre.La rencontre de North Hatley, inspirée du Forum des citoyens sans en coûter le prix, a regroupé une majorité d\u2019anglophones, pour la plupart fédéralistes.Tout comme le gouvernement Bourassa face à de futures négociations constitutionnelles, des francophones ont sans doute préféré s\u2019abstenir de la discussion et attendre des propositions.L\u2019exercice de North Hatley témoigne de l\u2019inquiétude de la population anglophone du Québec.Ils s\u2019interrogent sur les lendemains d\u2019un Québec souverain.Si l\u2019expérience ne porte pas à conséquence, elle constitue une indication qu\u2019il y a encore place à la discussion.Si la population anglophone du reste du pays devait emboiter le pas, aurait-elle plus de chance que les politiciens de convaincre le Québec de revenir à la table des discussions?ô: Jrp U %: J'ai décidé de faire ma part pour combattre la récession TRIBUNE LIBRE Les sidéens manquent d'aide M.Marc-Yvan Côté ministre de la Santé et des Services sociaux Nous vous écrivons pour manifester notre inquiétude devant la situation inacceptable dans laquelle vivent les personnes séropositives ou atteintes du SIDA au Québec.Parmi les quelque 1500 cas de sida déclarés au Québec, la moitié sont déjà morts.On estime à 10 000, le nombre de Québécois séropositifs.Dix ans après l\u2019éruption de l\u2019épidémie, aucun remède n\u2019est encore en vue.Mais, les médicaments appro-piés, conjugués à un régime adéquat, peuvent considérablement prolonger la vie.La politique actuelle du gouvernement du Québec force les personnes séropositives ou atteintes du sida à quitter leur emploi et à se résigner à l\u2019aide sociale, parce qu\u2019elles ne peuvent se permettre les prix élevés des médicaments dont elles ont besoin pour rester en vie.Cette solution est inacceptable.La gratuité de l\u2019AZT ne suffit pas.Combien de personnes devront encore souffrir inutilement et mourir prématurément avant que vous n\u2019agissiez?Quand le gouvernement du Québec assumera-t-il pleinement sa responsabilité de fournir des soins médicaux et des services sociaux à tout le monde?Les personnes séropositives ou atteintes du sida ont besoin de médicaments qui peuvent les aider à lutter contre les infections opportunistes, la vraie cause de la mort.L\u2019aide sociale équivaut à la pauvreté, à la malnutrition et à la mort prématurée.On doit permettre aux personnes séropositives ou atteintes du sida de continuer à travailler et de contribuer à la socié- té aussi longtemps que possible.Le gouvernement du Québec peut remédier à cette situation en ajoutant l\u2019infection au VIH à la catégorie administrative «malade sur pied» qui permettrait aux personnes atteintes de maladies chroniques contrôlables comme l\u2019infection au VIH (la fivrose kystique, le diabète insipide, le cancer, la tuberculose, etc.) de recevoir, en clinique externe, tous les médicaments que requiert leur condition à raison de 2 $ par mois, par médicament.M.le ministre Côté, il faut agir immédiatement; il en va de la vie d\u2019un nombre croissant de Québécois.Le Comité des personnes atteintes CPA Estrie Par Gérard Pollender Quand intégration signifie rentabilité LJf intégration scolaire c\u2019est bien beau et c\u2019est bien noble dans les livres, dans les discours.et dans les budgets des commissions scolaires.Tout être intelligent et sensible à l\u2019handicapé se doit d\u2019être pour l\u2019intégration.Qui peut être contre la vertu?Comment ne peut-on pas accepter que c\u2019est dans son milieu naturel qu\u2019un enfant peut- le mieux évoluer?Après tout, les «enfants agités» ont leur place avec les autres enfants.C\u2019est là le discours qu\u2019on tente d\u2019imposer ces jours-ci.Et il s\u2019en trouve pour nourrir leur popularité aux modes qui passent.Scandale! Les méchants enseignants refusent l\u2019intégration de certains enfants.Ils refusent parce que cette intégration va se faire sur leur dos, sur celui des enfants des classes régulières et sur les clientèles en difficulté.Les administrateurs, eux, refusent de payer le prix d\u2019une intégration de qualité, laquelle devrait se faire en douceur et dans un climat beaucoup plus serein que celui qui s\u2019annonce.A notre époque, les enfants agités, et ils sont plus nombreux que jadis, sont bel et bien déjà dans nos écoles.Nous parlons ici d\u2019enfants profondément perturbés, de ces enfants agressifs et violents, de ces enfants souvent vulgaires et sur la voie de la délinquance pour certains d\u2019entre eux.Ces enfants ont mal à vivre dans un grand groupe.Ils ont besoin d\u2019un encadrement particulier qu\u2019on ne devrait, pas imposer à tous les enfants.Un enfant vraiment perturbé ne se sent pas à l\u2019aise dans une classe régu- lière et la classe régulière n\u2019est pas à l\u2019aise avec lui.Tous y perdent au-delà des bonnes intentions donc celle d\u2019éviter la marginalisation.Bien sûr, il faut favoriser l\u2019intégration du plus grand nombre d\u2019enfants en classe régulière avec le soutien requis lorsqu\u2019il y a lieu.Il demeurera des cas qui justifient, pour un temps du moins, un espace particulier.Et ceux qui veulent à tout prix placer ensemble toutes les clientèles, sans faire les nuances qui s\u2019imposent, cachent leurs véritables motifs.L\u2019un de ces motifs eSt la piastre.Un groupe restreint confié à un intervenant plus spécialisé, cela coûte cher, d\u2019autant que les clientèles profondément perturbés augmentent.II devient alors rentable d\u2019envisager le retour en classe régulière des «cas».Un de plus là où l\u2019on trouve déjà un groupe de vingt-cinq à trente enfants et un enseignant.Voilà comment il faut comprendre le beau discours favorable à l\u2019intégration, discours grassement nourri par les missionnaires de la rentabilité économique.A peu près le même beau discours et les mêmes beaux motifs qui renvoient le malade mental à la rue, l\u2019handicapé à multiples handicaps dans son appartement, le vieillard laissé à lui-même dans son logis.On appelle cela «le maintien à domicile».On fait miroiter à ces gens leur propre prise en charge et le développement de leur autonomie.Dans certains cas, c\u2019est pénible à voir.Mais il faut être dans le vent, un vent qui fait virevolter les piastres que les gouver- nements récupèrent sur le dos des faibles et des démunis.Benoit Descôteaux Sherbrooke P.S.: Il semblerait que mon texte paru dans cette page il y a quelque temps, intitulé «Triste jour au syndicat de l\u2019enseignement», pourrait discréditer le Syndicat de l\u2019Enseignement de l\u2019Estrie.Ce n\u2019était absolument pas mon intention.Bien au contraire, ce texte démontre mon fort attachement à cet organisme dans lequel je milite activement depuis des années.J\u2019étais très déçu du peu de participation des membres à un congrès qui devait disposer de sujets importants.Je précisais mon point de vue sur un sujet à l\u2019ordre du jour, cherchant par là à démontrer qu\u2019il y avait matière à débat.S\u2019il s\u2019en trouvait qui auraient compris autre chose et auraient interprété de façon à salir notre organisme, je veux les rassurer.Le SEE est un organisme démocratique, un organisme qu\u2019on peut citer en exemple.Le congrès en question a bel et bien respecté nos règlements et nos officiers syndicaux ont agi en toute conformité à ceux-ci.J\u2019ai parlé de «légitimité» en regard du nombre de congressistes par rapport à notre membership.Jamais au grand jamais, cette expression touchait au congrès lui-même.Et il n\u2019a jamais été dans mes intentions de discréditer les congressistes dont j\u2019étais.Je pense encore que nos décisions auraient été davantage légitimes en présence d\u2019un plus grand nombre de participants.!.) A propos de l'après-guerre Pour rétablir l\u2019Emir du Koweit dans ses privilèges (120 milliards % de fortune personnelle et un harem de.seulement 30 femmes), les Américains ont détruit un pays moderne, l\u2019Irak, qui,est maintenant, grâce à l\u2019US Air Force, un champ de ruines.Les populations civiles n\u2019ont pas été épargnées: on parle de 30 000 morts.L\u2019émirat du Koweit fut une création artificielle de l\u2019Empire Britannique.L\u2019Irak aurait pu avoir droit à un débouché sur la mer.Quant au massacre des Kurdes, on ne connaît pas tous les tenants et aboutissants de ce drame.George Bush, la bible d\u2019une main avec son «gourou» Billy Graham, el de l\u2019autre, scs B-52 et ses missiles, veut faire régner un «nouvel ordre mondial».François Mittcrand, insti- tué le «Harki» de Bush (Harki: supplétif indigène de l\u2019armée française en Algérie), a engagé la division Daguet dans cette guerre qui ne concernait nullement la France.Il a maintenant sa récompense: un artiste français, Gérard De Pardieu est provoqué et humilié pour avoir eu la prétention d\u2019espérer un Oscar, récompense réservée essentiellement aux Anglo Saxons; des firmes françaises sont «blakboulécs» aux USA; Perrier, le Concorde interdit de séjour, après Citroen qui avait été évince du marché américain; il y a quelques années; la populaire petite 2 CV n\u2019avait jamais pu être autorisée sur le territoire américain; les Airbus farouchement attaqués pour ne pas avoir eu l\u2019honneur d\u2019être construits à Seattle.Les Américains sont bien pour la li- bre entreprise mais ils n\u2019acceptent pas la concurrence! Pour protéger les «farmers» du Middle West, la diplomatie américaine au GATT s\u2019efforce de détruire l\u2019agriculture européenne, française et.québécoise.Après la défaite de Saddam Hussein, le monde arabe est humilié.On peut craindre à moyen terme sa réaction.François Mitterand qui ne veut pas toucher aux Arabes en surnombre en France, a voulu les attaquer dans le Golfe.La diplomatie française va en payer le prix.En France, la jeunesse arabe et musulmane occupe la rue impunément.On l\u2019a vue à Vaux en Vclin près de Lyon et à Sar-trouville près de Versailles.Roger Alacotiue North Hatley 1 y La Tribune, S^T'ocm?mercredi 2-3\t
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