Le Canard : journal humoristique, 8 décembre 1894, samedi 8 décembre 1894
[" 2e Année - No 2 ABUNNEMENT \u2014 UN AN, 30 Centins MONTREAL, 8 DECEMBRE 1804 JOURNAL HUMORISTIQUE .H.BERTHELOT, Redacteur ] |] sConte de Monka-Chrstin i DEUXIEME PARTIE Cuarirre VTI L\u2019ENQUÊTE DU CORONEUR REVELATIONS INTÉRESSANTES LE VERDICT Lorsque madame lzeltapet repris eu connaisseance grâce à des médicmnents, que lui avait administré le Docteur Coxis, elle se trouva coucher sur un canapé de son salon.Elle jeta un regard vague autour d\u2019elle, elle se portu les mains an front, comme une personne s\u2019éveillunt après un douloureux cauchemar.Le médecin sur les entrefaites avait ! couru avertir les voisins qui prodiguë- rent, des soins empressds A la malheu- reuve.ll était.ensuite allé avertir la police du quurtier St-Jean-Baptiste, Un quart d'heure plus tard le sergent Guuthier et deux constables faisaient les constatations d\u2019uenge sur le théâtre du crime, Us téléphonèrent au poste central pour avoir lex services d'un des plus fins limiers de la force.Le coroner notifié en même temps ue tarda pas A faire acte de présence dans la maison de Beltapet.Comme il était trop tard on dut ajourner l\u2019enquête du jury à dix heures le lendernain matin.Le Docteur Coxis après avoir confié Madame Deltapet aux soins de ses amis, retourna chez lui.Il ne pat dormir cette nuit-là tant il avait été dmo- tionné par la mort tragique de monsieur Beltapet.Le corps des jurés comrmenga son enquête vers dix heures et demie le lendemain matin sous lu direction dn coroner.Le premier témoignage entendu étaient celui de lu veuve.Celle-ci donna ga déposition comme suit : Je suis partie de chez moi vers sept heures et demie hier soir pour me reu- dre à la représentation de Barbe Bleue à l\u2019Opéra français.Avant de rentrer à la inuisou je suis allée avec un ami! prendre un goûter sux huitresau Petit Windsor.I! pouvait être deux heures du matin lorsque je suis rentrée.J\u2019ui constaté que ma servante étuit absente.Jai senti du chloroforme duna en chambre à coucher.J\u2019ui vu le cadavre du défuut éteudu sur sou lit.Il avait plusieurs blessures à la tête, Le lit était couvert de sang.Le Ducteur Coxis me dit qu\u2019il était mort.Alors je perdis counaissance, c\u2019est tont ce que je connais du crime, En réponse au coroner: Je wai jamais eu de différend avec mon mari.Tout le monde savuit que nous fuisions bon ménage.: Le défunt ne découchait jamais.Je ne lui connaisstis aucun ennemi.Il vi vait en bonne intelligence avec tous ses voisins.I! ne ae livrait juinais à la boisson.* Vi di ii A | die PR or : \u2019 lll ut, gr th il TRESOR.} PROVINCIAL 3 h It er} = y = #4 | byl TT ! Es = | ! \u2014\u2014\u2014 ad Har fait une gueule en voyant que la pompe est fermée au cadenas.T'AiLLoN à la clé et il ne lui permettra pas d\u2019y prendre de l'eau.| QUESTION.- \u2014 A vait-il l\u2019habitude d\u2019être victime d\u2019assauts «luns le geure de celui de la nuit deruière.| Révoxse.Non : si ça lui cet arrivé - quelques fois, les conséquences n\u2019ont ] pus été fatnles.| Questiox.\u2014Jæe père, où les ancôtres du défunt, sont-ils morts de mort vio- \u201clente ?RÉPONSE \u2014 Jamais ; ils sont morts tranquilement dans leur lit conime des notaires.I Questrox.\u2014Kst-il à votre connais sance que le défunt s\u2019exposait parfois à - recevoir des coups ?Réponse.\u2014 Seulement pendant les élections générales loraqu\u2019il se risquait ! dans les comités de ses ennemis politi- | (ues, Ici se termita la déposition de Madame Beltapet.| Le témoin auivant a été le docteur oxis.Je m'appelle Onulpha Sulpice Coxis.* Je suis connu dans le public sous le nom :d\u2019O.S Coxis.Jai été gradué au Bishop.J\u2019ai pas-é deux ans À Paris où je fuillis me perfectionner dans mes études médicales, chez le docteur d\u2019Harcourt, au coin de la place de la Sorbonne et du boulevard St-Michel.Pui étudié là les maladies de lu femme dont je fair nue spécialité J'ai ausei pratiqué la chérurgie sur la rive droite chez un pédicure en renom.Jai examiné la , nuit dernière le cadavre du défunt.Jy ai constaté un trou de balle dans In tempe gauche, attribuable évidemment À une armo à feu.Il y avait des ecchy- _ Moses sur la maxillaire inférieure et une atrophie de l\u2019œil droit.Des caillots de sang se voyaient sur ses lèvres J'ai sondé la blessure à la tempe et j'ai constaté que la balle d\u2019un revolver avait perforé l\u2019os temporal, traversé obliquement la circonvolution gauche du cerveau et lacéré les tissus qui l\u2019enveloppaient.Je crois que cette blesanre aurait pu produire la mort s\u2019il n\u2019y avait pas de lésions dans d\u2019autres parties de l\u2019organisme du défunt.(QuesTrox.\u2014 Etes-vons biensur que le défunt était en vie loraqu\u2019il à reçu le coup de fen à lu tête ?Réronse \u2014Je ne puia l'affirmer positivement ; pour répondre à votre question il me faudrait procéder à une autopsie en règle.LE cORONER.\u2014S'a:lrossant aux jures : Messieurs lez jurés, est-ce votre désir que l\u2019autopsie soit faite?Lr voreEMAN.\u2014Oui, votre honneur, ge serait mieux pour nous renseigner d\u2019une manidre positive, QUESTION.\u2014 Docteur, n\u2019eat il pas possible que le défunt fut empoisonné avant de recevoir le conp de feu * Réronse.\u2014La chose est pnssible.Je ne pourrai répoudre à cette question qu\u2019après avoir analysé le contenu «de l'estomac et des inscères du défunt.QuEstEON.\u2014 Est-ce que le défunt n\u2019aurait pas pu être foudroyé par l'appo- plexie ou être emporté par une s#yucope du cœur ?Réroxse \u2014C\u2019est encore possib e.Pour vona renaciguer d\u2019une manière absolue sur ce sujet il faudra l'autopaie.formations à donner aux jurés pour les éclairer sur la mort du défunt?Répoxse.\u2014 lin sortant de la maison j'ai observé des pistes duns lu boue, sur le parterre.Quelqu'un en bottes sauvages avnit dû pénétrer dans ln résidence du défunt par une des fenêtres du soubassement.Rien d\u2019interessaut v'a été révélé par les témoignages de la police.Le coroner a donné ordre que l'au- topsie fut faite et qu\u2019ensuite l\u2019estomac et les viseères dn défunt fussent.placés QUESTION.\u2014 Auriez vous d\u2019autres în- Prix : UN OENTIN A.P.PIGEON, ADMINISTRATEUR Nn (786 Rue S!e-Catherina duns un pot de grès scellé et porté chez le Dr Coxis pour y être analysé.J'enquête à été ensuite ajourné en attendant le rapport des médecins.Deux jours plus tard l\u2019enquête fut reprise dans une des salles du palais de justice, l'iusieurs laits intérectants pour les jurés avaient été révélés par l\u2019autopsie.Le rapport disait que ln balle était du calibre 34.Après avoir causé un épanchement de sung au cervean elle avait dévié en frappunt une des vertdbres de la colonne vertébrale.Reprenant eu course en descendant elle avait traversé la pérituine, lucéré la rate, per- toré le suc À fiel et s'étuit logé finalement dans lS du ccm.En présence de ces faits la théorie du l\u2019appoplexie n\u2019était guère sontenable.Le coup de revolver avait nécessairement produit la mort si l'on en juge par le rapport des médecins rhargés de la partie analytique.Ceux-ci en analysant le contenu de l\u2019estomur da défunt n\u2019y ont trouvé aucune trace de poison.[ly avait une certaine quantité d\u2019aliments non digérés tels que des frag- mants d'échiffé de pore frais, de LA BARBOLFE l'irishh atow.les patates pilées et un peu de whisky blanc.La présence de ces Matières n\u2019a pas produit lu mort.Les autres organes du détunt étaient dans leur état norma!, À l'exception du colon ou il S'était produit an engorgement par une accumulation du méco- vinm et d'autres matières animales en purréfaction, ce qui tout au plus surait produit des vents dans la région épigastrique.La couclusion du rapport uiait la théorie d\u2019un emprisonnement.Le coroner udressait ensuite les jurds, leur disant qu\u2019ils devaient s\u2019incliner en _ présence (les coustatations faites par des savants practiciens, et écarter les hy po- thèses dn suicide ou de Pempoizonnement.[es jurds Ctaicut tous des hommes bien posés dans In société, des gens in- telligants qni rendraient un verdict en harmonie avec les faits exposés à Penquête.Après une heure de délibérations le jury a rendu le verdict suivant : \u201cMort par la visite d\u2019un voyou inconnu.\u201d Les jurés furent ulors congédiés et les médecins chargés de Unaalyse so rendirent À leur bureau en petit char où ils rigolèrent pendant le reste da lu journée et tar1 dans la soirée avec l\u2019alcool que le corouer leur avait fourni pour conserver l'estomac et les viscères de fen M.Beltapet.{A suivre) \u2014\u2014 Boulevard $t Lambert moe L'ABONNEMENT L'abonnement au CANARD est de 50 cts par année, strictement payable d\u2019avance.Les timbros de posto sont reçus en paiement.Tout envoi d'argent dovra être | adressé à A.P.l'iarox, Administeateur, 1786 Ruo Ste-Catherine.ét mn CASED M yA a DR | LE CANARD Montréal, 8 Déc.1894 Le Comité des Peignes UNE SÉANCE D'URGENCE + \u2014 \u2014 M, Rongelinrd offre de préter pou quatre ans, au comité des étrennes, quatre actions de la compagnie d'engrais artificiel mire en liquidation à Montreal il y a près de 20 ans.M.Lalésine offre l'usage de quatre éventaila en carton et en fouilles de palmier, distribués gratuitement l'été «er- nier par certnines maisons de commtnerce.M.Serre-lu-l\u2019oigne offre l'usage, rien que pour le jour, pas pour le soir, d\u2019un tire-botte en bois qui lui vient de son grand-père.Monsieur Puriso offre de prêter aux enfants pauvres, pour In semaine du jour de l'an, son fameux chaland de pêche, À condition que les purent le fassent radouber et Jui posent de nouvelles courbes, des tulets, un gouvernail, des sièges et des rames.M.Jlarpagon offre de prêter ube vieille strappe à razoir, en méme empa qu\u2019une boîte de blacbolle vide.M.Ratapoil propose, secondé par M, Brindoison que, avant de prêter quoi que ce soit à l'œuvre des étrennies aux pauvres, la société des Peignes prenne en sa vérieuse considération que cette ouvre n\u2019est pas la seule qui les ex posera à des dépenses ; qu\u2019il y aura nctam i meat aux slentours du jour de l'an des gracieuretés à faire aux servantes et garçone de salle dang leurs pensions irespectives, ce qui mettra les l\u2019eignes \u201cdans une situation des plus critiques, Une indigcrétion commise par l'un de | Lu motion est ndoptée et le comité fait à nox reporters a fait pavoir à ln société der l'eignes que te Cenard allait publier la liste de ceux qui ne donneraient rien au fonds des étrennes institué par la l'resse pour les pauvres de Montréal.D'urgence, une asgemblée n été convoquée lundi pour aviser aux moyens d'éviter à In société un pareil affront.Joe Vincent, avec sa libéralité bien | son de la eociété soit modifié en njou lusociété un rapport basé sur ces té solutions.Le Peigne, emblênie de Ja société est (remis sur Ia table ; le comité général \u201cropporte progrès et demande de pouvoir * aléger encore.Adopté.| Le comité d'économie interne présente un rapport suggérant que l'écus- connue, après avoir, d'abord, envoyé à l tant au mot peigue, la 17e lettre de Dal: la /rexse som adhésion accompagnés d'une énorme quantité de jouets et de bonbons, à donne aux Peignes usage de sn cabune eur le quai, avec l'espoir que de leure délibérations* régulterait une adhésion qui serait comme une conversion de leur part aux mouvements humanitaireset philanthropiques.In séunce \u2018sl ouverte sous ln prési- deuce du Père Grippeson, runître général des chevaliers du leigne.Tan été entendu que, à cause du froid, les membres pourraient garder leurs casques sur la tête, mais que pour mieux entendre tous, ils eussent à relever leurs oreilles de casque que d'habitude ils portent rabattus, Le président explique le danger qui menace In société: si nous donnons quelque choure, dit-il, nous violons l\u2019ar ticle primordial de nos règlements, qui défend absolument de donner quoi que ve soit, el =i nous ne donnons rien, le Canard menace de nous dénoncer à ses vingt mille lecteurs.\u2018(Quoi faire ?M.Baisee-lu- l\u2019instre propoee, attendu que par ges 1Üglements la société ne peut rien donner, d'envoyer des objets qui ne pourront être utilisés par le comité des étreunes.De cette fuçon, ajoute-t-il, le Canard ne pourra pas nous (lénoneer, el après le jour de l'an nous pourrvus retrouver aux bureaux de ta Presse les articles que nous aurons ainsi envoyés.Le président cenasulte l'us-emblée et déclare que la motion de M.Baige-lu- Pinstre est adoptée À la lime.La société ee forme en comité général de toute la chambre ou plutôt de tonte lu enbane.Le Peigne monumental qui, d\u2019après la constitution, doit remplacer la Masse que l\u2019on voit sur le bureau du greffier aux Communze et à l\u2019Assemblée Législative de Québec et d'Ottawa, est placé sous la table et le comité commence ses délibérations.M.Fesse-Mathieu offre de prêter au comité des étrennes un vieux piège à rats, mair sang appat, pb, Le rappoet est adopté avec gern gratuitement de transformer l'écus- l'adapter à la société des Peigues.Et la séance eet ajournée.-\u2014
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.