Le Canard : journal humoristique, 22 mars 1914, dimanche 22 mars 1914
[" , Vol.XXXVII \u2014 No ar.MONTREAL, 22 MARS 1914.Cinq Centins \u201cLe vrai peut quelquefois n'être pas vrai sans blague\u2019\u2019'\u2014BOISL' EAU, A.P.PIGRON, Editeur-Propriétaire.Administration : 105 a 109 rue Ontario Est Séance Secréte de Dix Citoyens du Quartier nt DeLorimier Audience privée et solennelle accordée par le Comité des Citoyens à un très petit groupe de gens sans trop grande importance du quartier DeLorimier, pour introduire M.Malo auprès des \u201c150\u201d.C'est Ti-Louis Corbeil qui était l\u2019introducteur et naître de la cérémonie. LE CANARD, Montréal, 23 Mars 1914.Vol.XXXVII \u2014 No ar.Tout le Monde Danse à A l'instar des grands journaux parisiens, un de nos confrères du dimanche a entrepris de faire une petite enquête sur les goûts ct les dadas de nos artistes canadiens, Il a déjà publié les réponses de quelques- uns de nos musiciens, poètes, journalistes, ctc, mais il a oublié les danseurs.Le \u201cCanard\u201d se charge de remplir cette lacune ct nous y allons, nous aussi, de notre petite enquête aujourd'hui, en commençant par Palmiéri, Ce n\u2019est pas que Pit soit un danseur c\u2019est effrayant, mais vu que Tizoute pensionne à crédit chez lui depuis plus d\u2019un mois, on comprendra facilement pourquoi nous tenons à l'amadouer, Dansez-vous dans la joie?Oui, quand je danse au son d'une musique entrainante, par exemple, le gramophone de Gaspard Petit, Avez-vous enténdu parler du violon d'un nommé Ingres?Oui, mais pour la danse, ça n\u2019arrive pas avec le fameux piano de chez Ben Boyer.Quels sont vos auteurs favoris?\u201cLa Danse des Contrôleurs\u201d, par Médéric Martin; \u201cMéthode de danse simplifiée\u201d à l\u2019usage des Chevaliers de Colomb, par Tardivel; \u201cComment danser toute la nuit sans prendre un coup\u201d, par John H.Roberts, Pouvez-vous \u201crapailler\u201d vos réminiscences ct nous dire ou vous avez dansé avec le plus de plaisir?Je dois À la danse les plus belles nuits de ma vie, mais parmi les événements qui me sont restés gravés dans le coco, je ne puis oublier le bal à l'huile de la rue Lagauchetière, il y a quelques années; le bal d'apaches de la rue Mont-Royal, l'an dernier; et enfin le bal du \u201cCanard\u201d de cette année, Quels sont lcs plus grands bienfaiteurs de l'humanité?Le Pain-Kill- Her et la valse Hésitante, Que dites-vous du tango?Rien, ii ce n\u2019est que l'évêque l\u2019a condamné avant de s'embarquer pour l'Europe; seulement, comme dit l\u2019ami Moreau, va-t-il aussi empêcher le bateau de \u201ctanguer\u201d?., Quel est le tableau que vous préférez?Marie Scapulaire dansant Ia Furlana, accompagnée de la bande du 6sième.: Comment expliquez-vous la vogue récente de la danse?La vogue dont jouit la danse n'est pas nouvelle.Rappelez-vous le bon Lafontaine qui disait: \u201cVous chantiez?Eh bien! dansez maintenant.\u201d Quelle qualité admirez-vous le plus chez une danseuse?C\u2019est le \u201cserre- moi-forre-isme\u201d, Parlez-moi d'une danseuse qui vous dit constamment: \u201cSerre-moi fort sur ton d'vant d'chemise!\u201d Etes-vous suffragiste?Pour les danseuses, oui; pour les autres, non! Quand on passe les nuits à danser, A il faut que \u201cnos\u201d femmes restent à la maison.A ces mots, on entend une voix de \u201ccréature\u201d de la cuisine: \u201cAvance souper, vite, j'sors à soir, j'vas aux vues, Faut qu\u2019tu restes icitte; sacre- moi c'frais-là deworre!\u201d C'était 11me Palmiéri, une suffragette qui a fait ses preuves, qui donnait quelques conseils à son cher époux!.Sur ce, il nous a fallu déguerpir et écourter notre interview qui promettait d'être si intéressante.En ces temps d'élections municipales, les divers candidats ne devraient pas oublier qu'il y a beaucoup de danseurs qui ont droit de vote, Médéric Martin a déjà commencé à leur faire la cour en promettant un grand bal à l'huile au Parc Sohmer.Personnc n\u2019est mieux qualifié que Médéric pour promouvoir les intérêts des amateurs de danse au Conseil, vu qu\u2019il promet de faire danser tout le monde chez Concordia, lorsqu'il sera notre maire, Le \u201cCanard\u201d cst prêt à mettre les quelques centaines de dollars qu\u2019il a faits le soir de son bal à sa disposition pour défrayer les dépenses de la grande fête que nous aurons le soir de la proclamation du triomphe du génial Médéric.TIZOUTE.mr \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 mme EN VOULEZ VOUS des LIVRES ?Le plus bel assortiment de livres littéraires, scientifiques, historiques, ete, ete.Spécialité: Romans et revues illustrés, journaux humoristiques, jour naux quotidiens, français, etc, ete.\u2014 Toutes les nouveautés de Paris.J.PONY 370 Rue Ste-Catherine Fat PRIX MODERES, Tel.Est 2853.Sirop d\u2019Anis Gauvin Pour une guérison rapide dans tous les cas d\u2019Insomnie, Dentition douloureuse, Rhume, Diarrhée, Coliques, Etc.Demandez toujours le Il soulagera le Bébé dès la pre- midre dose et le guérira plus vite et plus aÂrement que n'importe quel autre remède.Envente partent à 25e Théatre National Français SEMAINE DU 23 MARS 1914.La délicieuse comédie NOTRE JEUNESSE De A.Capus.Pour ja première fois Théâtre Canadien- Français (ANCIEN NATIONOSCOPE! Semaine du 23 Mars 1914 LE PETIT JACQUES Drame en neuf tableaux par William Busnach.Semaine du 30 Mars: \u201cJEANNE D'ARC**.PARC SOHMER SAISON D'HIVER Représentations tous les Dimanches à 3 et 8 heures P.M.Nouvelles Attractions chaque Dimanche.Admission : rocts.VOUS SAVEZ qui entre dans un flacon de Gin (oix Rouge Fabriqué au Canada C\u2019est du Gin pur, produit de la distillation de genièvre médicinal et des meilleurs grains canadiens\u2014 pour les Canadiens.Mais, vous ne savez pas ce qui entre dans un flacon de Gin Importé : vous n\u2019avez aucune garantie contre la contrefaçon.Lequel choisissez-vous ?Ning CANADIAN ATTENTION ! Le Timbre Officiel du Gouvernement sur chaque flacon de GIN CROIX ROUGE certifie l\u2019année de sa distillation.* EN VENTE PARTOUT i PaTILLIEY Cor Loon MOMTACAL Conoaa BOIVIN, WILSON & CIE, LIMITÉE, AGENTS.MONTREAL. Vol.XXXVII \u2014 No a1.LE CANARD, Montréal, 22 Mars 1914.MONTREAL LA NUIT Petites scènes de la vie après 8 heures p.m.\u2014Ici, là, partout et\u2026 ailleurs.Recaeillies par Guy d\u2019oranger & Cle.PRECAUTION, \u2014Dépéchez-vous de venir vous laver les pieds, l\u2019eau de la vaisselle est encore chaude.?REFLEXION, \u2014Je l'aime un peu, beaucoup, passionnément., j'en suis sûre, Son petit doigt me l\u2019a dit! o°.PENSEE COCHONNE, \u2014L'amour?c\u2019est le silence et l\u2019action, ° ARRIVISTES, \u2018 \u2014Si, comme fit Salomé, je lui coupais quelque chose pour me faire remarquer.°.COCHON! \u2014Sale cochon! tu te paies ma tête! \u2014Tu préfèrerais que je m'offre le reste, sq LA GAFFE.\u2014Je n'ai pas réussi au théâtre, parce que je n'ai jamais pu dire \u201cJe t'aime\u201d 3 quelqu'un que je n'aimais pas.LES BONNES © ° AMIES.-\u2014Les hommes! Ah! j'en suis reve- nuel \u2014Ça prouve que tu y es allée.° PRECAUTION,' \u2014Voici dix sous, mon ami, Ne le gaspillez pas.\u2019 \u2014Oh! ma bonne dame, soyez tranquille, je n\u2019en perdrai pas une goutte.°°.L'ANGLAIS TEL QU'ON LE PARLE, \u2014Will you foire por moa la tableau des septe vaches maigres et des septe vaches grasses, SANAGRA, \u2014Ohl avoir l'ivresse sans le flacon! ° VIRAGO, °° \u2014Si vous continuez à m'badrer comme ça, je mettrai des culottes et j'irai vous sacrer_une claque sur la gueulc, ; \u2014Eh ben, moé, c\u2019est all right, j'ôterai les miennes ct., je vous attendrai, LES DEUX MAINS.\u2014Je regrette infiniment, mon cher cousin,,, mais je n'ai que deux mains ct.je les ai promises toutes les deux.°.DU TAC AU TAC, \u2014Je saurais bien vous prendre par la douceur, \u2014Mais qui vous a dit que j'aimais la douceur., * FRANC toe ET LOYAL.\u2014Avouc que ça te coûterait de me quitter?\u2014Certes, mais comme ça me coûte bien plus de te garder! .°e LE BRIGAND ET LE MONSIEUR EXACT.\u2014Votre dernière lieure est sonnée.\u2014Si elle est sonnée, je m'en vais.Avant tout, je suis exact, .*.A LA RUINE, \u2014Dire qu'autrefois je me suis ruiné pour une grande blonde! \u2014Hein!.Et si c'était à refaire?\u2014Ah!.si c'était à refaire, je crois que je me ruinerais pour une grande brune, PECHERESSE, La mord pas, c\u2019est la dèche Et je crois qu'en fait d'péche.C\u2019est celle de mon p'tit vieux Sûr.que j'attrape le mieux! .ON VERRA.\u2014Allons, mes petites chattes, ne me parlez pas de la question d\u2019argent., j'en ai horreur,,, Aimonsnous d'abord, ct on verra ensuite.4 UP TO DATE.\" \u2014Comment, vous acceptez encore les faveurs de cette vieille maitresse! \u2014J'te croisi,,, Elle a un chic pour arracher mes cheveux blancs! \u201d.VOYAGES, \u2014Moi, je compte aller jusqu'au bout.En ai-je encore pour longtemps?\u2014Oh! chère madame, il ne tient qu\u2019à vous d'arriver tout de suite.*.DIPLOMATIE.\u2014C'est à nous, diplomates, qu'il appartient de faire apprécier à lé tranger les raffinements de la civilisation et de la langue française.\u2014Joli métier!,.Et on vous paye pour gal.°.TANGO! \u2014Oui, ma chère, j'avais trouvé un cavalier épatant, je danse toute la soirée avec lui; à minuit il me réclame cent sousil! J'avais dansé avec le professeuri.STOCK, Les gogos.\u2014 Vous êtes un filou, un voleur, Votre \u201cMine de Gruyère\u201d le prouve bien, \u2014Messieurs, vous savez bien qu\u2019on ne doit jamais juger un homme sur sa mine, 4 DU TAC - AU TAC.\u2014Cette robe ne te plait déjà plus?Mais elle a été faite en décembre! \u2014Justement, c'est une robe.de l'année dernière, .*.DEUX APPELS, \u2014$20,0001 Mais, ma chère, comment espérez-vous les trouver?\u2014Ohl en cherchant bien.à droite, à gauches%s MALHEUREUSEMENT.\u2014DMais, monsieur le policeman, puisque je vous dis que c\u2019est ma femme.ma vraic femme, \u2014Pardine! je vois bien que c\u2019est point la mienne., malheureusement! CANDEUR, \u2014Si vous continuez à m'aguicher comme ça, mademoiselle, j'appelle un policeman, \u2014Tu as donc peur de ne pas pouvoir m'aimer 3 toi tout seull,,, EMOTION, \u2014C'\u2019est béte.,, I'émotion m\u2019a coupé bras et jambes, et je ne me rappelle pas un traître mot de cc que j'étais en train de vous raconter au moment de cette sotte aventure.\u2014Voyons, mon cher! remettez-moi donc un peu sur la- voie.°.PEINTURE, .: \u2014Voyons, puisque Jules n\u2019en saura rienl \u2014Non, non.et puis.avoir un.\u2014Bahl., vous savez que je n\u2019attrape pas trop mal la ressemblance.si j'allais LA VIE CHERE \u2014Pourquoi as-tu fait ça?\u2014T'avais pu l'moyen d'm\u2019acheter des culottes, \u2014Dire qu\u2019elle n\u2019était seulement point capable de garder les oies! \u2014I1 t'a volé un baiser?\u2014Oui, ct j'ai été le scul témoin du larcin.° LA FEMME MAITRESSE \u2014Tu lui tiens tête?\u2014Moi, non.au contraire. LE CANARD, Montréal, 22 Mars 1914.Vol.XXXVII\u2014 No a1.Le Canard Journal Humoristique Hebdomadaire, paraissant tous les dimanches.Publié et imprimé par A.-P, PIGE réal, Téléphone Bell: Est 1131.ON, aux Nos 105-109, rue Ontario-Est, Mont- ABONNEMENT.\u2014Pour la Ville, un an, par la malle, $2.50.Hors de la Ville, en Canada, un an, Jaco; six mois, trictement payable d'avance.$2.50; six mois, $1.25.$1.25.\u2014 Un an, pour les Etats-Unis, TARIF DES ANNONCES.\u2014Contrat pour un an: 1,000 à 2,000 lignes, 4c la ligne; 3,000 à 5,000 lignes, 3e la ligne; 6,000 à 10,000 li remière insertion, r0c la ligne; insertions Annonces à court terme: subséquentes, 5c la ligne.es, 2e la ligne.Le \u201cCANARD\u201d est vendu aux agents 48c la douzaine, payable strictement sur réception du compte.Les numéros non vendus ne sont pas retournables.Adressez toute correspondance ou envoi d'argent à \u201cLe Canard\u201d Montréal, P.Q.Montréal, 22 Mars 1914 UNE BELLE INVENTION Un homme, en proie à la manie de l'invention, appliquait son génie à la recherche des appareils les plus bizarres.Il avait trouvé une machine à coller les timbres-poste; un verre de lampe en acier chromé, pour les personnes à qui la lumière fait mal aux yeux; un parapluie dont une moitié seulement était recouverte d\u2019étoffe, afin qu'il pût servir les jours de pluie et aussi les jours où il ne pleut pas; une machine à battre les tapis; un ouvre-lettres mécanique, etc.N'ayant pas d'argent pour réaliser ses trouvailles, il alla un jour demander à un banquier de s'intéresser à ses projets.Le banquier l'écouta patiemment et finit par lui dire : \u2014C\u2019est très joli, tout ça; mais cela doit tenir bien de la place dans un appartement.Vous devriez inventer une machine qui à elle seule puisse servir à tous ces usages différents.Vexé de voir qu\u2019on se moquait de lui, l\u2019inventeur réfléchit un instant et dit : \u2014C'\u2019est fait, monsieur.La machine dont vous parlez existe.C'est une machine parlarite qui marche sans qu\u2019on ait besoin de =Il paraît, dis-je, que te voilà millionnaire, \u2014C'est vrai, \u2014Mes félicitations, mon cher, et quelle impression cela te fait-il de te * sentir si riche?\u2014Oh! ce serait charmant, mais il y a un ennui \u2014Quoi done?\u2014Les parents pauvres, la remonter, et qui en même temps bat les tapis et ouvre les lettres.\u2014II existe une machine pareille?\u2014Oui, d'ici.\u2014Où donc?\u2014Dans un petit logement au bas de mon escalier : c\u2019est ma concierge.monsieur, et pas loin 10: BIEN MORT.Poindinterro est obligeant pour ses amis, mais il sait les rappeler au devoir d\u2019une façon inattendue.Le chapeau orné d\u2019un vaste crêpe, un crêpe plus volumineux encore tranchant sur le bras de son pardessus gris, le visage sombre, Poindinterro entre au café où des amis l\u2019attendent.Etonnement général ; l\u2019un d\u2019eux s'avance, \u2014Eh quoi, mon cher, en deuil?Est-ce d\u2019un proche parent?\u2014Non, non, dit Poindinterro d\u2019un ton dégagé, c\u2019est seulement de notre pauvre ami Letapeur.\u2014Letapeur mort! Impossible! Nous l'avons vu hier, et en ce moment nous l'attendons.\u2014Mes chers amis, je regrette de vous attrister; sachez qu\u2019au mois de juillet Letapeur m\u2019a emprunté cinq cents francs.\u2014 \u201cSi je ne te les ai pas rendus dans trois mois, m\u2019a-t-il dit, c\u2019est que je serai mort!\u201d Hélas! Il y a six mois de cela; alors vous voyez, mes amis, Letapeur est mort,-mort plutôt deux fois qu'une, et je n'ai plus qu\u2019à porter son deuil.«oO: : LA JAMBE.Un singulier et amusant procès, en partie double, vient de se plaider devant les tribunaux de New- York.Les juges ont rendu leur arrêt après des instances et appels qui ont duré plusieurs mois.Il s'agissait de savoir laquelle vaut mieux et doit être estimée plus cher: d\u2019une jambe d'homme ou d\u2019une jambe de femme.En deux mots, voici le cas: Miss Noakes a dix-neuf ans; c\u2019est une jeune personne d\u2019une rare beauté, ayant tous les charmes.Au golf, au tennis, à la nage, à la danse, à la course à cheval, aucune de ses rivales ne l\u2019égalait.Son père est très riche.Elle pouvait espérer épouser peut-être un duc.L'année dernière, dans une promenade en Lorraine-Diétrich avec ses parents, sa voiture, ayant pour chauffeur le jeune Spencer, un maitre expert, versa dans une ligne de chemin de fer, Il n\u2019y eut pas de morts, mais miss Noakes et le chauffeur, jetés tous deux côte à côte\u2018sur la voie ferrée, faillirent être tués.Un train passa sur eux.Ils eurent l\u2019un et l\u2019autre la jambe broyée et durent être amputés.Procès à la Compagnie du New- York Central rendue responsable parce qu\u2019il fut prouvé que le mécanicien pouvait faire stopper sa locomôtive.Longues et brillantes plaidoiries par des avocats en renom.Perplexité des juges.Une jambe de jeune miss richissime, la plus désirable de toutes celles à marier, doit-elle se payer plus ou moins que celle d\u2019un pauvre diable de chauffeur?Les débats, qui eussent inspiré le Racine des Plaideurs ou peut-étre Gavault du Secret de Jacqueline, ont défrayé la curiosité des New-Yorkaises.Finalement, les juges américains \u2014 ils sont galants là-bas \u2014 ont évalué la jambe de miss Noakes à MESSIEURS les CANDIDATS Le \u201cCANARD\u201d n\u2019est pas vendre Cependant ceux qui veulent annoncer sous ses ailes sont les bienvenus, du moment qu\u2019ils ont du p'tit change.175,000 fr, celle du chauffeur à 50,000 seulement.Pourquoi cette différence?Anatomie et mystère.:0: LE TRUC DE BOB.Bob fit un jour irruption dans le cabinet de travail de son père.\u2014Papa, dit-il, pourrais-tu me prêter deux volumes du grand dictionnaire Larousse ?Le père déposa sa plume et regarda son rejeton par-dessus son pince-nez.\u2014Si c\u2019est pour élever le niveau de tes connaissances, je veux bien te les prêter.Bob affirma que c\u2019était bien, en effet, pour élever ses connaissances qu'il sollicitait cette obligeance.Et fièrement Bob se retira avec un volume sous chaque bras.Sans hésitation il se dirigea vers le grand bahut de la salle à manger, plaça une chaise devant le meuble et sur la chaise ses gros livres.Ce faisant, il monologuait.\u2014Enfin, je vais donc savoir ce que recèle la quatrième planche du bahut, moi qui n\u2019ai jamais pu m'élever au-dessus de la deuxième planche.Il grimpa et constata la présence d'in certain nombre de gâteaux des plus appétissants.Plus tard, quand fut découvert le larcin, Bob déclara sentencieusement qu\u2019il avait dit vrai en affirmant qu'il avait, comme il avait promis, élevé le niveau de ses connaissances.[is UN BON MARI Deux amies de pension se retrouvent peu après le mariage de l\u2019une d\u2019elles.Naturellement, on cause mariage, bonheur, etc.\u2014Moi, vois-tu, dit la jeune fille, je trouve qu\u2019un bon mari doit essayer de corriger les défauts de sa femme.\u2014Tu te trompes, réplique la jeune épousée.Un mari, s'il est vraiment ce qu'on appelle un bon mari, doit trouver que sa femme n\u2019a aucun défaut.CALEMBOURS \u2014Qu'est-ce que c'est que ça?\u2014C'est des tuyaux.Ÿ paraît que vous avez une mauvaise conduite, je viens pour la changer. Vol.XXXVII \u2014 No 21.LE CANARD, Montréal, 22 Mars 1914.CRAZY WORK Politique Municipale doz or AER as A, Sri [ Tn Hdi SNA AN tA PF AEE La ry \u2014Notre agence fournit des immeubles avec tout le conforl moderne ! \u2014Indiquez-nous plutôt un joli coin de verdure, bien caché ! DEVANT L'OPERA \u2014Il n\u2019a pas l'air d'être venu à la campagne pour se reposer, ce monsieur Robert! ALLUMEUSE \u2014 dh UY \u2014On va leur interdire de porter ce costume culotte.\u2014Bahl.ce qui aura été vu sera bien vu.\u2014Un jour viendra où les femmes auront le salaire des hommes! \u2014Ce jour-là arrive toutes les maines: le samedi, se- dien Français, plutôt! Elle \u2014Si on allait au théâtre Cana- MOSAIQUE x LE VIEUX EST RICHE \u2014Vous voulez épouser ma fille; quelles sont vos expectatives?\u2014Magnifiques, en ce moment, vous ne les gâtez point.\u2014Connaissez-vous beaucoup fla haute société \u2014Nous ne faisons que commencer, mais nous connaissons déjà trois da- - mes qui fument la cigarette, \u2014La clef, ma jolie tante; vous me devez bien cette récompense pour avoir épousé mon oncle dont j'étais l'unique héritier! 6 LE CANARD, Montréal, 22 Mars 1914.Vol.XXXVII \u2014 No a1.ARMAND MALO vs GEORGES MAYRAND Quand on voit \u2014 que ne voit-on pas en ce monde \u2014 M.Armand Malo s'attaquer à M, Georges Mayrand, on pense tout de suite à ces célèbres pygmées d'Egypte.Quelle différence, en cffet, existe-t-il entre ces deux hommes! Quel contraste, men Dieul Quelle dissemblance! Quelle dispro- portiont1! L\u2019un \u2014 Malo \u2014 est tout ce qui est le plus ex-boucher, tandis que l\u2019autre \u2014 Georges Mayrand \u2014 notai- Te actif, échevin et député consciencieux, comme le prouve son passé, n'est et n'a jamais été bouché, Le nommé Malo arrive, tout à coup, comme un cheveu sur la soupe électorale.On ne sait pas Ça se fait, on ne sait pas d'où il vient, on ne sait pas pourquoi?Sa candidature, que personne ne criait après, a poussé comme un champignon près d\u2019un chêne, D'autre part, comme dirait un notaire, M.Georges Mayrand, l\u2019échevin actuel, doit garder le siège qu\u2019il rccupe au Conseil, Il le doit, car c\u2019est le voeu de tous les Clecteurs du quartier, et, de fait, la grande majorité des votants de Delorimier est en faveur du populaire candidat, Voilà pourquoi un homme comme M, Mayrand ne pouvait pas ne pas accepter de se laisser porter candidat quand une forte délégation d\u2019électeurs l\u2019en prièrent.C'eût été se dérober à la volonté du peuple, M.Mayrand, en vrai sportsman, n'est pas un homme comme ça, M'sieu Malo, lui, du moment qu\u2019il est supporté \u2014 poussé \u2014 par MM.Corbeil et Richard, se croit tout de suite le Messie du quartier Delorimier, Comme Jeanne d\u2019Arc, il a entendu des voix \u2014 celles de Corbeil et de Richard \u2014 \u201cVa, Malo, ta mission est providentielle, va, le Comité des Citoyens te regarde\u201d, Et, sans prendre d\u2019eau Carabana, Malo va aller en maudit, c\u2019est le \u201cCanard\u201d qui le lui dit.Mais, hélast il \u201cva\u201d du mauvais côté: celui de la défaite et des W.C.Ce pauvre Malo n\u2019arrivera pas à bon port \u2014 \u201cA St-Malo beau port de mer\u201d \u2014 en dépit du titanic travail d'organisation de Son Excellence le petit Beaudin, secrétaire privé et très particulier du candidat champignon et malo.tru, On doit dire, en passant, que M.Malo a parfois des idées moroses.Malgré l'enthousiasme de commande de son comité, il salt \u2014 puisque tout le monde le dit bien haut \u2014 que sa défaite est pratiquement assurée d\u2019avance, Et, l'idée de résigner lui hante le cerveau d'une façon atroce.De fait, s'il ne résigne pas, il faudra bien qu'il se résigne à subir sa défaite avec.résignation, De ce temps-ci, M, Malo va de porte en porte, promenant avec lui sa bedaine d'ex-boucher, quémander, comme un homme qui a besoin de ça, comment - LE PTIT PERE CHAPUT coms oes CITOYENS 10000 M.S.R.Avant de démissionner, le pére Chaput est allé remettre entre les mains de God'rey, les deux joujoux favoris.les votes de MM.les électeurs, Et à chaque porte, ce n\u2019est pas la même histoire.Pourquoi?Seulement, y a ça, voyez-vous, ce Malo-là ne peut rien dire contre son adversaire qui a tout fait pour -le quartier Delorimier.Pavages, trottoirs, éclairage des rues, ouvertures de nouvelles rues, et ce qu'il fera pour la construction d'un tunnel aux rues Masson et Delorimier, sous la voie du C.P.R, bain public, etc, etc.Tous les électeurs \u2014 excepté peut- être MM, Malo, Corbeil, Richard et Beaudin \u2014 connaissent le travail fait par M.Mayrand pour le rappel de la loi injuste des pavages et pour l\u2019abolition de cette loi antique: la qualité foncière, La grande jument blanche de combat de M.Malo, c\u2019est la question des abattoirs.La belle affaire! Voici ce que nous dit M, Mayrand: \u201cConcernant les odeurs malsaines provenant des abattoirs, j'ai à vous informer que j'ai proposé une résolution aux Commissaires, afin de prendre toutes les mesures nécessaires pour cmpêcher telle nuisance, et voyant que les citoyens du quartier n\u2019avaient pas encore obtenu satisfaction, la même résolution a été passée de nouveau, il y a quelque temps, sur ma demande, et si cet état de choses ne cesse, nous prendrons des procédures nécessaires contre la Cie des Abattoirs,\u201d Le \u201cCanard\u201d espère que les électeurs du quartier Delorimier comprendront qu'il vaut mieux confier leurs intérêts à un homme qui a fait quelque chose, qu\u2019au très Malo qui n\u2019a d'autre titre que celui d'ex-bou- cher, : Ainsi soit-il, comme dirait Caspulaire, Marie .OBSERVATION \u2014 Un voyageur de commerce, après avoir passé la moitié de son existence en chemin de fer, avait fait la judicieuse remarque que voici: En première classe, les voyageurs tarabustent les employés, En troisième, les employés bustent les voyageurs.En seconde, les voyageurs se tarabustent entre eux.tara- REFLEXION Le génie doit bannir de son âme l\u2019âpreté du doute, Il peut se passer de bonheur mais ne doit pas rechercher la torture du cilice.Ne pas être content de son oeuvre est une vanité.v LE VERTIGE DE LA VITESSE Le train file à toute allure.Les voyageurs voient les champs, les villages s\u2019encadrer un instant dans la glace de la portière et fuir si rapidement que leurs yeux se fatiguent à contempler ce mouvant panorama, \u2014Belle chose que la vitesse, dit un Anglais, Ce train ne marche pas mal; mais chez nous, en Angleterre, nous allons plus vite que ça.L\u2019allure des trains est telle que les maisonnettes des garde-barrières semblent se toucher ct que l\u2019on croit longer la \u201cgrande rue d'un village, \u2014Phew! fait dédaigneusement un Yankee, Que diriez-vous si vous voyagiez dans nos trains d'Amérique: ils sont si rapides que les poteaux télégraphiques ont l\u2019air de former une palissade tout le long de la voie, Alors Marius prend la parole, \u2014Laissez-moi tranquille avé vos trains! Ce sont des tortues à côté des nôtres( L'autre fois, en allant à Tarascon, je regarde un instant par la portière.Le train, il passe successivement devant un champ de navets, un champ de carottes ct un champ de choux avé un boeuf au milieu.et tout cela défilait si vite, si vite.que j'ai cru voir un pot-au-feu! :0: QUAND MEME, \u2014Toutes les femmes aiment à jeter l'argent par les fenêtres; mais la mienne plus encore que toutes les autres: même quand elle est malade, au lit, incapable de courir les grands magasins, elle trouve encore le moyen de dépenser de l'argent.\u2014Que faît-elle?\u2014Elle fait venir le docteur! Vol.XXXVII \u2014 No ar, LE CANARD, Montréal, 22 Mars 1914.7 PRIX: 5 | GSATIS avec 10 Cents.Le CANARD Seul Quotidien paraissant le dimanche.Vol.1, No.6 MONTREAL, Aujourd\u2019hui 1914, Adresse : CANADA Nous dirigeons cette feuille importante avec dont nous sommes capables.toute la gravité Le Service Militaire Obligatoire en Angleterre La Commission chez M.Asquith Londres, 22 mars 1914.M.Asquith a reçu aujourd\u2019hui une délégation de la commission du service militaire obligatoire qui compte parmi ses membres lord Curzon, les maréchaux lord Grenfell, sir Evelyn Wood, les amiraux de la flotte sir Gerald Noél ct si Edward Seymour, Bruno Nantel et Henri Bourassa.Le voeu rédigé par la commission comportait un paragraphe ainsi conçu: \u201cSuivant les paroles prononcées par M.Nantel, notre marine seule ne peut suffire maintenant à protéger l\u2019Angleterre contre une invasion.Il est donc nécessaire de lui adjoindre une armée de terre efficace.\u201d On a donc câblé au Colonel Sam Hughes de sonner l'alarme à la plus proche boîtes de.poste.Par télégramme et télégraphe sans filles Explosion dans une Fabrique à Westmount Il y aurait 91825 Victimes Westmount, demain 22 mars 1914.Une explosion s\u2019est produite vers midi dans unc fabrique d'ivrognes de la rue Sherbrooke.Les ouvriers se sont précipités dans la rue, en mème temps qu\u2019une épaisse fumée.Par suite de la vfolence de l\u2019explosion, les vitres de toutes les fenêtres de Maisonneuve ont été brisées.Les pompiers, des médecins, des nurses et des voitures d\u2019ambulance sont arrivés sur les lieux, D'après les premiers renseignements, 918214 personnes ont été tuées, et 3 sont blessées grièvement.On craint que d\u2019autres victimes ne soient encore ensevelies sous les cocombres, La cause de la catastrophe n'est pas encore connue de J.H.Roberts.La Politique Le Roi des Ténèbres Nos Ministres Des Héros \u2014 Qu'est-ce qu'un \u201cgrand ministre\u201d?Est-ce un ministre doué du génie oratoire?Evidemment non! De L O.Taillon, nous ne connaissons pas un discours.Est-ce un maître écrivain?Un jongleur de phrases?Encore moins! P.E.Leblanc n\u2019a pas laissé un livre.Estce un stratégiste parlementaire?Personne ne posséda, comme De Boucherville, l'art d\u2019enjôler une Chambre, et, pourtant, oseriez-vous classer De Boucherville parmi les ministres de haut vol?.Les théologiens définissent Dieu acte pur\u201d, actus purus, et nimbent d'une auréole, non le chrétien qui balbutie ou rêve, mais celui qui produit des actes et contraint les faits à sortir des limbes.J'entends \u2014 comme de juste \u2014 les \u201cactes\u201d ct les \u201cfaits\u201d conformes à la politique divine, L'homme ne se dirige vers sa fin qu\u2019en sortant de soi-même et n\u2019obéit à sa destinée qu\u2019en transférant de l'Idéal au Réel les pensées ct les visions qui le hantent, Eh bien! si vous considérez, sous cet angle, les personnages conservateurs qui,pendant quelques années, portèrent le nom de \u201cministres\u201d, combien en trou- vez-vous qui le justifièrent?Combien furent autre chose que de \u2018sonores cymbales\u201d?.Au cours de ce stage, ct parmi cette foule, notre regard ne discerne que trois hommes d'Etat chez lesquels la parole ne sert pas à masquer la carence des actes, Ces trois héros \u2014 osons les nommer! \u2014 se nomment Pelletier, Nantel et Coderrel 20: Nouvelles de la Province St-Hilaire, 21 mars.Un incendie d'une extrême violence s\u2019est déclaré dans la conduite d\u2019eau de l'aqueduc.Le feu a gagné rapidement le réservoir central de la montagne qui fut en quelques instants la proie des flammes.On croit à l'imprudence d'un fumeur, Ce récit paraîtra dus \u201cLa rd après l'Exposition Universelle | Il pous ost communiqué par Ia tireuse de thé de l'ox-.waire Guerin 2 septembre 1949.\u2014 Un riche Yankee, Onésime Brook, offre deux cent mille dollars à l\u2019hommc qui restera plongé durant dix années entières dans une obscurité complète.Avis aux amateurs.* 14 septembre 1949.= Un pauvre diable, nommé Tison, s\u2019est présenté ce matin chez monsieur Onésime Brook: \u2014Je tente l'épreuve, a-t-il dit, pour doter ma fille Augusta, On l'a enfermé aussitôt dans une .chambre noire, Il y pourra chiquer tout à loisir, faire de la musique et même recevoir des dames.mais, le tout, dans l\u2019obscurité, 13 septembre 1950.\u2014 Demain, enfin, l\u2019admirable Tison, surnommé le roi des ténèbres, va quitter sa sombre retraite et toucher la somme rondelette qu'il a si durement gagnée! » 14 septembre Toso \u2014 Coup de théâtre: Tison n\u2019a pas voulu sortir! \u2014Donnez-moi un second million pour établir ma cadette, et je m\u2019y colle de nouveau pour dix ans! Onésime Brook, émerveillé, a accédé à cette demande inattendue.13 septembre 1960, \u2014 Demain, irrévocablement, Tison sortira des ténèbres où il est englouti depuis vingt longues années, Il voulait, paraît-il, y demeurer encore.Mais M, Onésime Brook a estimé, avec raison, qu\u2019il serait peut-être inhumain de prolonger cette expérience, Se 14 septembre 1969.\u2014 Nous avons eu la chance inespérée d\u2019approcher le roi des ténèbres au moment où, nanti d\u2019un chèque de quatre cent mille dollars, il quittait M.Onésime Brook, \u2014Eh bien! comment cela s'est-il passé?lui avons-nous demandé.\u2014ÀA merveille! en vérité.Je n'avais qu'à me laisser vivre, J'étais bien couché, bien nourri, bien habillé, aussi, sans doute.Et puis je faisais cela pour mes chères grandes fillettes, \u2014Il dut pourtant vous arriver, durant cette longue claustration, de regretter, par instants, la suave lumière du jour?Mais, contrairement à notre attente, cette question eut le don d'égayer le roi des ténèbres, qui, jovialement, nous répondit: \u2014La suave lumière du jour, cher monsieur, je m\u2019en contrefichel., Je suis aveugle de naissance, sO: Dernière Heure Première Minute L\u2019Expédition Bernier est Revenue du Pole Nord Ile Gros Bois, l'autre jour.L'expédition Antarctique du capitaine Bernier vient de rentrer, à bord de la Barque à Caron, Elle a obtenu des résultats remarquables, Les dragages lui ont permis de recueillir une collection biologique des plus riches en poissons de terre et en animaux de mer, dont certains ont été capturés à 4 pieds de profondeur; beaucoup de ces spécimens étaient inconnus et orphelins de père et mer, La collection des oiseaux est éba- lement magnifique, De riches gisements de charbon de bois et d'autres minéraux ont été découverts par les détectives, -\u2014 so: Faits Divers Un Suicide à Québec * (Spécial au \u201cCanard\u201d.) Un homme d\u2019une cinquantaine d'années, correctement vêtu, s'est suicidé, hier après-midi, dans une calèche devant le Château, en se tirant un coup de revolver dans la tempe droite.Dans une lettre trouvée sur lui, le désespéré explique qu\u2019il a attenté à ses jours parce qu\u2019il souffrait de la maladie du silence, Il semble résulter de l'enquête du coroner que le suicidé est un représentant de commerce demeurant à Montréal, .8 CE HEROS SANS LE SAVOIR \u2014Nous autres Marseillais, dit Rouvenargues, nous sommes souvent blagués, vous le savez tous, par les gens du Nord, qui nous taxent de vantardise et d\u2019exagération.C\u2019est de la pure calomnie.En vérité, nous sommes si peu, dans le Midi, des faiseurs d\u2019embarras, que, loin de nous attribuer des exploits imaginaires, nous en accomplissons quelquefois sans nous en apercevoir ! A preuve, une aventure qui m'est arrivée à moi-même et que je vais vous compter pour bien vous montrer la simplicité que nous savons apporter dans les plus tragiques circonstances.C'était il y a quelques mois, au Maroc, quand je faisais partie des troupes de Casablanca.J'étais de garde, un soir, avec ma compagnie, aux portes de la ville: nous avions établi notre poste dans unc maison abandonnée, où nous avions installé une manière de chambrée, ma foi assez confortable.Vers minuit, ce fut à mon tour de prendre la faction.On me conduisit non loin de là, dans une sorte de champ couvert de quelques arbustes, et l\u2019on me recommanda de me pas m\u2019endormir.La recommandation était su- perfluc: nous savions que les Arbis étaient toujours là à rôder autour de nous, prêts à faire passer aux hommes isolés le goût de la bouillabaisse.Je vous prie donc de croire que la consigne n\u2019était pas de ronfler.Pendant quelque temps, une bonne heure au moins, il ne-se passa rien d\u2019anormal; peu à peu je me laissai gagner par le charme de cette belle nuit d'Afrique; appuyé sur mon fusil, j'évoquais les souvenirs du pays; j'échafaudais des projets d\u2019avenir, lorsque, tout à coup, à une trentaine de mètres de moi, j'aperçus deux points lumineux.Je reviens de suite au sentiment de la situation ; je regarde plus attentivement: les deux points s\u2019avancent doucement vers moi, puis s'arrêtent de nouveau.Plus de doute.C\u2019est à moi qu\u2019on en veut! Mourir là, à la fleur de l\u2019âge, dans un terrain vague de ce Maroc de tous les diables, moi, Rouvenargues?Pas de ça! Rouvenargues veut revoir Marseille, LE CANARD, Montréal, 22 Mars 1914.La jeune fille, \u2014 Pourquoi flirtez- vous toujours et ne parlez-vous jamais d\u2019épouser?Le vieux garçon, \u2014 Parce que je suis comme les pêcheurs à la ligne, j'éprouve plus de plaisir à taquiner les poissons qu\u2019à les prendre, ct les copains, et la Cannebière ! Que faire?Donner l'alarme?Tirer un coup de feu?Ce serait plus prudent, certes, Mais n\u2019est-ce point beaucoup de bruit pour bien peu de choses?Rouvenargues n\u2019aime pas les histoires.Il va se charger.tout seul, de montrer à ces sacrés Marocains que sa peau n\u2019est pas de celles dont on fabrique les portefeuilles ! Je reste donc là, de pied ferme.J'attends; mon ennemi continue à approcher, en rampant; il croit me surprendre.Je ne bouge pas.Je distingue les lueurs dans l\u2019obscurité, à 'vingt mètres, à quinze mètres, puis à dix mètres de moi.Je bondis alors et, prompt comme l\u2019éclair, je lui plante ma baïonnette entre les deux yeux.Il n\u2019a pas même le temps de dire papa.Précisément, à ce mo- ment-là, on venait me relever.Sans parler à personne de l\u2019incident, qui me semble, après tout, de médiocre intérêt, je rentre au poste, je mets mon arme au râtelier, je me couche et je m\u2019endors.Quelques instants plus tard, je suis réveillé en sursaut: les camarades sont tous debout, criant à tue-tête : \u2014-Bravo, Rouvenargues! Vive Rouvenargues | \u2014Qu'est-ce qui vous prend?leur dis-je, qu'avez-vous i m'acclamer?Qu\u2019est-ce qu'il y a?\u2014Ce qu\u2019il y a?me répondirent- ils.Regarde! Ils montrent le râtelier.Et qu\u2019est-ce que je vois?Troun de l\u2019air, je vous le donne en mille! Il y avait une panthère au bout de mon fusil ! J'avais occis un fauve, sans même m'en douter.Eh bien! je parie tout ce que vous voudrez que si un homme du Nord, à ma place, avait seulement piqué le museau d\u2019un lapin, il aurait éprouvé le besoin de le raconter à toute l\u2019armée \u2018française ! Nous, les Marseillais, nous sommes au fond, voyez-vous, quoi qu\u2019on en dise, des modestes et nous faisons le plus souvent plus de besogne que de bruit.0\u2014\u2014\u2014 CE QUI MANQUE A SA TETE L\u2019habile phrénologue développait en public les finesses de sa science.Ses auditeurs l\u2019écoutaient avec attention, séduits par l\u2019éloquence persuasive du conférencier.A la fin de la séance, l\u2019habile disciple de Gall pria une personne de l\u2019assemblée de monter sur l'estrade pour se soumettre à un examen \u201ccoram populo\u201d.Par une timidité compréhensible, personne ne répondit tout d\u2019abord à cet appel.Quelques minutes s\u2019écoulèrent et le savant renouvela sa demande.Alors, au fond de la salle, un personnage se leva et se fit un chemin dans la direction de l\u2019estrade.Ce fut un soulagement pour l\u2019assistance qui\u2019 commençait à craindre que l\u2019intéressante expérience n\u2019eût pas lieu.Tous les regards se portèrent avec bienveillance sur celui qui résolument sauvait la situation.C'était un homme encore jeune dont les longs cheveux embroussaillés ct la mise affreusement négligée, dénotait un poète raté, un de ces malheureux pour lesquels la question du vêtement et de l'apparence extérieure ne joue 23e en Po & ¢ sn iy EP \u2014Fait beau, hein?\u2014Oui, mais je ne veux pas m'ôter de l'idée le temps que nous avons eu en janvier.Vol.XXXVII \u2014 No a1.DENTISTE Dr J.E.Boivin 101 Rue St-Denis (Prds Dorchester) Ouvert aussi le soir de 7 à 8 hrs.Tél, Est 2418.plus aucun rôle depuis nombre d\u2019années.Le phrénologue, malgré une répugnance qu\u2019il dissimula de son mieux, se mit en devoir de palper le crâne proposé à son étude.Puis il expliqua: \u2014La protubérance que je rencontre au haut du front est un indice d\u2019intelligence.Celle-ci, un peu plus en arrière démontre une prédisposition au lyrisme.Cette autre cst propre aux hommes d\u2019imagination ct celle-ci avère un goût des lettres particulièrement prononcé.\u201d Et, s'adressant au sujet même, il poursuivit : \u2014En somme, votre tête est admirablement conformée.Puis, se penchant à son oreille pour n'être entendu que de lui, il ajouta à voix très basse: \u20141I ne lui manque qu\u2019une chose.\u2014Laquelle?demanda l\u2019homme sur le même ton.\u2014Un shampooing.lui- 01\u2014\u2014\u2014 UN GARÇON ZELE.Arrivant le soir dans un hôtel de second ordre, un voyageur demande une chambre.\u2014Je vais vous donner le 7, lui répond la caissière.J'espère que cette chambre vous conviendra.D'ailleurs, vous nous direz demain si vous désirez que l\u2019on change quelque chose.Le lendemain matin, un garçon monte demander au voyageur s\u2019il est satisfait.\u2014Pas du tout.Cette chambre cst remplie de punaises.Je n\u2019en veux plus.Le garçon se précipite au tuyau acoustique.\u2014Allo!.Le 7 désire changer de punaises.HH LES CONSEQUENCES DU DIVORCE.La cliente.\u2014 Cette poupée ne dit que \u2018maman\u2019, elle doit être cassée.La marchande, \u2014 Ohl non, madame, les poupées qui ne disent que \u201cmaman\u201d sont très demandées depuis quelques années! Vol.XXXVII \u2014 No ar.LE CANARD, Montréal, 23 Mars 1914.rm HOURRA POUR SIR LOMER, Ceux qui avaient \u2014 comme disaient les bleus \u2014 tous les yeux tournés sur Trois-Rivières ont dû s\u2019apercevoir qu'ils \u2018ont perdu, C'est encore les rouges qui ont gagné, en dépit de tous les détectapho- nes de Lorne McGibbon et malgré les vantardiscs de Bob Rogers, qui devait livrer la province de Québec en bloc à Borden, Mais les bleus peuvent faire de leurs picds et de leurs mains tant qu\u2019ils voudront, ils ne décolleront pas Sir Lomer de sitôt, Borden, ses ministres et tous les bleus d'Ottawa font mieux de prendre chacun un cadenas à Pelquier et de se barricader comme le défunt ministre Monk, Ils finiront toujours bien pas s\u2019ôter comme lui, ten UNE FEMME QUI A DU PLUCK.C\u2019est une Française de France, ba- * dinez pas, Elle doit avoir, sinon du sang sauvage, du moins du sang de suffragette, Toujours est-il que comme un bon- guicnne de journaliste se mélait de contrebaser les plans de son troisième mari \u2014 qui est ministre de la finance \u2014 elle est allée le trouver et, en bien moins de temps que toute la police de toute sorte de Montréal et de toute la province, n'en a mis à ar- réter Beauchamp, et lui a tiré comme ça d'autre chose que des pois dans le nez, M.Calmette \u2014 c'est le nom du journaliste malcommode \u2014 a fait de la toile et a fini par claquer.La petite a dit au juge que ça lui faisait de la peine, \u2014Je ne voulais pas tuer un si bon garçon comme M.Calmette, mais, vous-savez, la langue m\u2019a fourchu, et le coup est parti trop vite, N'importe, c\u2019est une cocotte qui ue aoit pas déplaire à Bob Rogers.Elle a de la poigne, la petite, et il aime ça °°.VITE À LA CUREE, Le \u201cCanard\u201d est prêt à gager.n\u2019importe quoi que ce n'est pas tant pour venger la mort de cette pauvre police de Bourdon que pour avoir le magot de mille piastres qu'on est si fier d'avoir arrêté Beauchamp dans l\u2019église St-Vincent de Paul, S'il n'avait pas dormi, il était en train de dire un long chapelet, Mais que voulez-vous?L'homme propose et la police dépose.Do is SA MAJESTE L'ARGENT, C'est drôle comme la \u201cPatrie\u201d et la \u201cPresse\u201d ont fini par se prononcer carrément en faveur de George Washington Stephens, avec les journaux anglais, pour la mairie de Montréal.* L'ENTENTE , CORDIALE, Les funérailles du policier Bourdon a réuni dans le plus charmant des accords tous nos mères présents et futurs, ainsi qu\u2019échevins et contro- leurs, C'était à la fois triste ct touchantes UN MODERNE * MATHUSALEM.11 vient de mourir, 4 Pensacola, en Floride, un nommé Isaac Cooley, qui était âgé de cent quatorze ans.C\u2019est dommage, s\u2019il n\u2019était pas mort si vite, il aurait pu aller loin, BOUTONS JAUNES ET PRESSE JAUNE.À présent que Beauchamp, l\u2019un des tannants qui ont voulu faire mal à la police est arrêté, les grands journaux ont résolu de publier encore plus souvent les portraits des autres, pour leur donner plus de chance de se sauver, - 4 °e SONNEZ CLATRONS, SOLDAT, PISSE DRETTE.Le ministre Bob Rogers doit sentir son oreille gauche lui tinter souvent, par ce temps d'élections.On ne peut pas lire trois lignes de compte rendu d'assemblée électorale sans entendre des salves d'applaudissements, A peine un candidat se pour chanter son programme, est assailli par une salve, gq .LA VOYANTE A VU DE TRAVERS.La \u201cPatrie\u201d a endormi une Pythonisse, mercredi passé, et l\u2019a fait jaser lève-t-il qu\u2019il pour savoir où étaient passés Foucault et Bourret, Mais la devineresse s\u2019est blousée en grand et n\u2019a rien vu du tout dans les cartes, Pas moyen de se fier à ce qu\u2019elle a raconté à peu près, En attendant, on croit voir les copains partout et chacun conte son histoire là-dessus.Et c'est comique pas pour rire.Dame, vous savez, mille piastres à gagner, c\u2019est pas bête! Ils sont déjà quatre à se chamailler pour avoir la prime pour l'arrestation de Beauchamp, Ce que voyant, Outremont a cru devoir augmenter sa police, Affaires Canardiennes AD MULTOS ANNOS, Sir Lomer Gouin a eu cinquante- trois ans jeudi dernier, le jour de la Mi-Caréme, et le \u201cCanard\u201d lui a présenté, à l'occasion de sa fête d'anniversaire, un petit J.A.Tessier en bronze rouge avec deux cent soixante-dix-sept boutons dc roses, MEDITATION POUR LE CAREME, D'ici à Pâques, le \u201cCanard\u201d conseille aux jeunes filles de lire la \u201cGazette Officielle\u201d et la \u201cGazette de Québec\u201d, deux journaux dont l\u2019abonnement est gratuit et dont la lecture est très morale, \u2019 On n'y publie pas les affaires scandaleuses comme le pont Curran et les Coulisses du McGreenisme, et les méres peuvent en permettre la lecture à leurs jeunes filles, même après le caréme, en tout cas qu'il leur prendrait envic d'aller aux cafés de nuit.® T\u2019As PAS DE °° CHANCE, BORDEN, L\u2019Angleterre, dit le très honorable Winston Spencer Churchill, serait prête, dès demain, à mettre à la mer sa flotte de guerre au complet, hommes et matériel, L\u2019Angleterre est reine sur les mers comme Georges V, Rentre-toi les dreadnoughts, Borden, et ménage les coppes du Canada.Tu vois bien que Laurier avait raison de dire qu\u2019il n'y avait pas d\u2019urgence et le Sénat a bien fait de t'empêcher de jeter trente-cing millions à l\u2019eau.°.TROP DE BESOGNE A LA FOIS, Les élections municipales de Montréal occupent tellement tout le mon de de la population que les ingénieurs de Concordia n\u2019ont plus le temps de nous parler de ses fissures, Sans doute, le père Janin a rafistolé la craque comme il faut.Mais on nous parlait pourtant de nouvelles fissures qui menaçaient de faire explosion de nouveau.Si toutefois il y à encore danger, ce sera peut-être pour le soir des élections, i On dit, en tout cas, qu\u2019il y aura un grand nombre de candidats qui se trouveront le bec à l\u2019eau, ce soir-là, C'est dommage, car à entendre parler, s'ils avaient la chance d'arriver tous à leurs fins, ce serait vraiment beau, On ne manquerait plus de rien.Si on les élisait tous, par exem- plel ; à #4 24.À |_| eee \u2014 \u2014_\u2014 EE À M, PLEKRE GAGNE Li grand nomuvre d'électeurs du quartier liocheiaga su sont rendus CCLLE SCHIAIIG à ta residence de M.L'IEFFC VLugue, lanicien secretaire du CIUD Leunçux, pour lui ONrIFr la can- diduture pour ce quartier aux procnai- nes elections wunicipales, M, Gagne a remercie ses amis de leur Lonne intention envers lui, et il leur a dit qu'il etait trop occupé à rammoner toutes les cheminées de la Ville pour accepter la candidature.°°.QUESTION IMMOBILIERE BIEN APPLIQUEE, Les autorités policières ont une sa- crec musere à arreter les gibiers qui ont defuntisé Bourdon et mis Guyon à deux doigts de la mort, La presse jaune devrait leur venir en aide, en \u2018\u201c\u2019reconstruisant la scène\u201d, comme elle le fait souvent, Par exemple, on devrait mes gars dans la shop de de St-Laurent, De cette façon, la police pourrait se rendre en gang ct on aurait plus de chance de prendre les bandits et on les empécherait de tirer sur Ia sainte police, .prendre boucher LA LUNE EST OVALE, Un Italien \u2014 pas un de ceux qui jouent si bien au couteau \u2014 mais le Père Stiattesi, vient de créer, parmi le monde des Savants, autant de sensation qu'en font nos Italiens quand ils se mélent de tirer du couteau, Après avoir fait de nombreuses observations, le bonhomme s'est aperçu que la lune était ovale, Sur quel sens?Il ne le dit pas, Attendons-nous À ce que, quelque bon matin, on découvre que le soleil est taillé sur 1e biais, Encore une question pour faire une enquête royale! MARIAGE CIVIQUE \u2014Mettez donc votre doigt dedans! T0 LE CANARD, Montréal, 22 Mars 1914.Vol.XXXVII \u2014 No 21.© \u2014\u2014\u2014 et
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