Le Canard : journal humoristique, 26 décembre 1915, dimanche 26 décembre 1915
[" .CANARD -NOEILL Vol.XXXIX \u2014 No 9.MONTREAL, 26 DECENBRE 1915.u Cinq Centins NK NE 4 N 2 É f A PA) 2 AA Wr Lg P rtd _ ry PS 27 | | \u2014\u2014\u2014 HUMORISTIQUE \u2014 HEBDOMADAIRE \u2014 ILLUSTRE \u201cLe vrai peut quelquefois n'être pas vrai sans blague \u201d \u2014 BOISL\u2019EAU.Rédigé en Collaboration._ Administration : 105 a 109 rue Ontario Est Li - gat fue SYREN, , ot À ng LADEBAUCHE.\u2014 Hello! les amis; j'viens vous payer la traite en guise de réveillon.PREMIER SOLDAT.\u2014 Hourrah pour Ladébauche! DEUXIEME SOLDAT.\u2014 Descendez dans la tranchée si vous ne voulez pas que les boches vous lancent du gaz dans le double-six, LADEBAUCHE.\u2014 Y a pas d'danger, y oseront pas tirer, car je m\u2019suis mis le portrait de Bourassa dans l\u2019entre-doublure du derrière. - LE CANARD, Montréal, 26 Décembre ig1§.Dans le rang du bord de l\u2019Eau Par Mistigris Nous sommes dans le Rang du Bord de l\u2019Eau, chez la mère Blais, et c\u2019est Bolduc qui a la parole.Bolduc qui passe, a bon droit, pour le bedeau le plus frétillant du comté, qui n\u2019a pas, non plus, son égal pour pin- tocher du soir au matin sans jamais faire un seul manquement dans ses fonctions et qui ne laisse pas circuler, sans l\u2019accrocher, l'occasion de jouer un tour.\u2014J'vas dire comme on dit, Mame Blais, y en a dans le Rang qu'\u2019auraient besoin d'une petite leçon.\u2014Oui, y en a ben, M'sicu Bolduc, c'est ce qu\u2019on se dit tous les jours.\u2014Mais y en a-t-un qu'est supreme, \u2014J'peux vous le nommer en noir et en blanc.\u2014Nommez-le pass nommez-le pus: c'est Larpignière, dans tous les cas.\u2014-On s\u2019est adonné dessus, hein?\u2014Vous avez presquement la imé- moire aussi bonne que la mienne, Mame Blais, ce qui fait que vous êtes pas sans vous rappeler que, d'après l'agrément du tour de rolle.c'est Larpignière qui devait donner le réveillon de Noël.c'te année, dans le Rang.\u2014Si je m'en rappelle, même que c'est moë qu'a.\u2014S'il vous plait, Mame Blais, s\u2019il vous plait, n'vous surmontez pas trop, j'ai hesoin de toute notre sang frette à l'heure de maintenant pour un squime que j'ai viré et reviré sur tous les cants depuis hier.\u2014Vous parlerez jamais trop vite.\u2014Mais y faudra que vous faisiez la morte.Pas un mot, pas méme à Lésime Gauquier, votre gendre.\u2014Mais, M\u2019sieu Bolduc, faudra pan que ça soye une affaire qui nous mène à la loi.\u2014Quand est-ce que c\u2019est que vous avez vu Boldue pas savoir se borner?Ce que j'ai dans l'idée, c'est une ma- gnière de petite leçon qui nous re- vengera de la peignerie de Larpignicre.C'est pas que j'espère ben gros que ça y amollisse le coeur, mais au moins y sera pas dit que le Rang ne se sera pas rebicheté devant un affront pareil.Comme bedeau, quasiment dire une autorit¢ d'icite, je me charge de fa chose.Un autre tantôt.Mame Blais! + * * Bolduc chez Célestin Larpinière: \u2014J'vas dire comme on dit, pauvre Lestin, un malheur, ç'arrive rarement tout seul.Ÿ a toé, par exemple.Je te connais; y a rien qui t'aurait fait plaisir comme de rendre la politesse au Rang dessous le rapport du Réveillon de Noël, \u2014ll \u2014Mais bardigne! bardagne! juste au moment où tu commences à y jongler, te v'Ià malade, alitré mêmement.Ce que ça doit t'achaler.Me semble que tu dois avoir la morale plus souffrante encore que le corps, de te voir collouer comme ça, cré bouguienne! en plein moment vi t'allais te pousser à ton tour.-=1f1 \u2014Scuse, si je mets les pattes sur le bord de la couchette\u201d\u201d j'sus engourdi comme le cing cent.Ce qui me chagrine le plus dans toute c\u2019t'affaire- là, c\u2019est les parlements des gens.Y cu a qui disent que tu timbes toujours malade quand ça fait ton affaire, Je leur-z-ai dit: Allons! allons! Ÿ m'ont répondu: \u201cLa fois du compérage! la fois du bi! la fois de la cloche qui a été radouée! la fois du missionnaire!\u201d et ben d'autres fois.C'était un peu embétant, hein?mais je leu-z-ai redit: \u201cC\u2019est des-z-hasards! \u2014I \u2014Le plus pire, et ça, par exemple, ça m'a choqué gros, y en a qu'ont dit: \u201cC'te fois-cite, Larpignière est malade pour le sérieux.Mais c\u2019est une maladie que tout le monde s'en vante pas: H a les mauvais maux!\u201d \u2014Moëé! les mauvais maux?\u2014C\u2019est ce qu'y-z-ont dit, Lestinmême que quelqu'un à dit que ça s'était jeté sur le menton et que t'étais ben chanceux de porter un pinceau parce que ça se voirait.+ \u2014Ah! les sarpents à sonnettes.\u2014Mais toute médaille à son rebord.ce qui fait que si y en a qui t'ont in- victimé, y en a d'autres qui t'ont pas lâché.Méme que Tanisse, qui va donner le réveillon c\u2019t\u2019année, a dit: \u201cLarpignière, c\u2019est un badloqué, mais c\u2019est un guéme, ct si y peut être assez ben pour venir réveillonner à la maison.j'scrai ben contente\u201d.\u2014Tanisse a dit ça?\u2014Oui, à la porte de l'église, devant tout le monde.Y en a qu'ont rican et qu\u2019ont dit: \u201cPas de danger, avec ses mauvais maux, que Larpignière y aille!\u201d Tanisse qu'est pas bête a redit: \u201cVoira ben qui voira!\u201d Ça fait que moi, j'sus venu quasiment en sourdine te raconter la chose.T'en fera des choux, des raves, mais, tu sais, j'a fait mon devoir.\u2014J'te remarcie, et j'te donne ma parole du Bon Yeu que je serai ren du en temps et lieux pour le réveillon chez Tanisse.\u2014Bon! Ça m'ôte un gros poids su l'estomac de savoir ça.Et pis, à tu place, pour les humilier à terre par terre.comme on dit, je la ferais ôter ta barbiche.Ça te rajeunira par-des sus le marché.\u2014T'as raison, Belduc, t'as toujours raison.\u2014Ben, à la revoyure tout le monde.\u2014On se r\u2019voira chèz Tanisse.Marci en attendant.Bolduc chez Tanisse: \u2014J'vas dire comme on dit, c\u2019est ben assez de faire plus que son devoir sans se voir maganer dans le dos par justement les ceuses qui devraient le plus se requeindre.\u2014Quoisse qu\u2019y a encore, Bolduc?\u2014T'anisse, c\u2019est sûrement pas faisable ce que je fais là.Comme un peu membre du clargé, je devrais p't'éte ben pas me fourrer là-dedans.Mais j'sus faite de même; quand je vois une cochonnerie, y faut que je me rebelle.\u2014C'est-y quelque chose qui me con- çarne?.\u2014D'un bout à l'autre, Tanisse, d\u2019un bout l'autre.\u2014Sac.- \u2014Sacre pas, Tanisse, sacre pas, ça va être pire et pis ça arrangerait rien.\u2014Faut au moins que je save?\u2014Pour ça, oui, t'es trop blode pour pas que tu saves de quoisse qu'il y a, mais faut pas que tu faises illusion à moi, si jamais la chose se déclare en public.\u2014Craignez pas.\u2014Eh ben, je te dirai pas qui c\u2019est qui a rapporté ça à la sacristie, mais c\u2019est une personne qui est créyable comme toé et moé.Ÿ paraît que Larpignière dont auquel que c\u2019était le tour de donner le réveillon c'te année, y dit à toutes les ceuses et celles qui vont le voir: \u201cC\u2019est pas de va leur pour Tanisse de faire le gros c'te année, avec son argent mal gagné; y s'est vendu assez de fois a la dernière élection, y fait ienque retourner en moulée l'argent du yahle.\u2014Ah} le vindicatif! \u2014Et pis, avec un toupette que je sais.ma foil pas comment appeler ça.y dit encore: \u201cSi j'sus ben, j'vas y aller à son réveillon.C'est d'l'argent du public qu\u2019y dépense là.Tanisse, j'peux m'inviter!\u201d Dites-lé donc, y a-t-il du monde crapaud, Mame Tanisse?\u2014C'est ben tirrible! \u2014C'est pas toute: Larpignière dit qu'il va se faire ôter son pincean, parce qu'y a trop de gens du commun qu\u2019en portent dans le Rang.\u2014Ben, écoutez, Bolduc, j'aime pas la chicane, vous le savez, mais je vous dis ienque ga: Y va y avoir dn poil à ce réveillon-cite, si Larpignière vient tant seulement renifler l'air en dedans de la maison.\u2014Mais pas un mot de moé tout ça, Tanisse, hein?\u2014Craignez pas.Prenez ma parole.dans Le réveillon a cu lieu et n'a pas été démenti par les ments: il y a cu du poil! Larpignière n'a jamais pu monter plus haut que la deuxième marche du perron.Il a cu beau parler d'invitation, de barbiche ct de mauvais maux, Tanisse et ses invités ont cru qu'il avait pris un coup de trop pour se donner de la façon.Quant à ce pauvre Célestin, il n'a jamais pu comprendre pourquoi Tanisse mélait la politique et la corruption électorale dans une affaire de réveillon où il était censément invité Rendu chez lui, content après tout d'être sorti de tout cela \u201cen enquier\u201d, Tanisse événe- Vol.XXXIX \u2014 No 9.comme il le dit, il s\u2019est mis à arpenter la place.Et il faut croire que la lumière a commencé à se faire dans son esprit.car à sa femme qui se préparait pou la grand'messe, il a dit.\u2014Josette, si tu vois le bedeau, dis y que je veux le voir.J'ai affaire i y parler.une p'tite escoussc.LE ROITELET 1 L'Hiver dit au Roitelet: \u201cToi qui n'as rien que ta plume, Pour narguer ainsi ma brume, Comment fais-tu, s'il te plait?\u201d \u2014Je m'en vais dans l'écurie, Et, dans la paille qui cric, Je me fais un bien doux nid! Cui, cui, cui!\u201d II Or, l\u2019Hiver souffla si fort, Qu'il gels dans l'écurie; Et l\u2019Hiver dit: \u201cJe parie Que le Roitelet est mort!\u201d Mais l'oiseau chanta: \u201cLanlaire! J'étais chez la boulangère, Sur le four bien chaud blotti; Cui, cui, cui!\u201d 111 Alors I'Hiver éteignit Le feu, par la cheminée; Ayant noyé la fournée, 11 pensa: \u201cTout est finit\u201d Mais l'oiseau chanta: \u2018Victoire! Auprès de la vache noire! Très chaudement j'ai dormi; Cui, cui, cui!\u201d IV Le vicil Hiver, furieux, Se fit tant épouvantable Que, cette nuit, dans l\u2019étable Moururent vaches et boeufs.L'oiselet, l'aile mouillée, Vola chez la mariée Et se cacha dans son lit; Cui, cui, cui! Vv Mais il était chez Lison, Chez Lison, dévote fille, Qui pour plaire à sa famille Epousait un vieux grison.Entre le mari de glace Et la femme, froide et lassc.I1 fut gelé dans la nuit! Cui, cui, cui! LEON XANROF.LES BONS CADEAUX.\u2014Vous ne paraissez pas satisfait, vous n'avez donc rien reçue à Noël?\u2014Au centraire, madame, j'ai reçu énormément.de visites. Vol.XXXIX \u2014 No o.LE CANARD, Montréal, 26 Décembre 1915.% MONTREAL LA NUIT % ÇA VA.\u2014Et ton amant suédois, il te va?\u2014Comme un gant.* « » A-PROPOS.\u2014Zut! voilà mon mari!.Ayons l'air de ne pas nous connaître!.*.LA BOMBE.\u2014Ne riez pas, mon fils.Victor Hugo lui-même l\u2019a dit: \u201cAh! n\u2019insultez jamais une femme qui bombe.\u201d * * » THAT'S ALL.\u2014En vous offrant à souper, pour- rais-je toucher votre coeur?.\u2014Sculement!!! * * .CONJUGAISON.\u2014Dis, mouman, \u2018j'ai temps c\u2019est-y?\u2014C'\u2019est du temps perdu.aimé\u201d, quel s*s POURQUOI.\u2014Pourquoi je te trompe?Est-ce que ton tailleur travaille pour toi seul?Ça lui gâterait la main.SUPERFLU.\u2014Pour une femme comme moi, mon cher, il n\u2019y a pas que Futile qui soit nécessaire, il y a le superflu qui est indispensable.° PETITS PROFITS.\u2014Vous ne sortirez pas d'ici.vous me passerez plutôt sur le corps! \u2014Ça., c\u2019est une idée! CADEAU DE NOEL.Papineau, un avare ficffé, s\u2019était décidé à faire à sa femme un cadeau pour le Jour de Noël\u2014 Voyons, lui avait-il dit, que veux- tu que je te donne?\u2014Je ne sais pas, moi, mon chéri.\u2014Eh bien! s\u2019empressa de s\u2019écrier I'avare, je te donne.un an pour réfléchir! JEUNESSE.\u2014\u2014Llour matcher tous ces chies types, qu\u2019est-ce que tu as donc de plus que moi?\u2014 Quinze ans de moins.\".CABOTINE.\u2014Moi, ça me dégoûte de faire tous les soirs la mème chose.\u2014Te plains pas, mon petit, et celles qui tous les soirs font plusieurs fois.la même chose?» » LS LE GALANT TRAMP.\u2014Je regrette, mon pauvre homme, mais je n'ai rien sur moi.\u2014 Mais si, vous avez quéque chose.quéque chose qui vaut tous les argents du monde! sts LE MOMENT.\u2014I1 est heures.\u2014Parfait!,., Nous allons procéder aux manoeuvres de la dernière heure.exactement vingt-quatre BIEN D'AUTRUI.\u2014Mais dis donc.tu t\u2019es trompé! Tu as mis un pantalon de mon mari! \u2014Heu!., je ne m'en étais pas aperçu.tout ce qui est à lui me va si bien!., » * ° \u201cAPPOINTEMENT\", \u2014Dites à mademoiselle que c'est le monsieur à qui elle a donné rendezvous hier.\u2014Mais.,, pour quelle heure?UNE SOLUTION ECONOMIQUE.Un voisinn \u2014 M.et Madame Machin se sont disputés comme deux enragés aujourd'hui, ce n'est pas bien pour un jour de Noël! Deuxième voisin.\u2014 Peut-être, mais c'est plus économique que de s'offrir des cadeaux.VIL METAL.\u2014Oh! mon mari, il a un coeur d\u2019or, une âme d'airain et une volonté de fer.\u2014De quoi te plains-tu alors?\u2014QOui, mais voila.il a aussi un sommeil de plomb.* .MAIS.Le régal fut fort honnéte, Rien ne manquait au festin.Mais quelqu'un troubla la fête Pendant qu'ils étaient en train.< LE BEAU MORCEAU.\u2014De tout ce qu\u2019on t'a donné lors de ton mariage, qui t'a fait le plus de plaisir?\u2014Mon mari! BANDEAU.\u2014Et ce type qui me regarde oeil insolent!.\u2026.\u2014Ne vous tourmentez pas, ma chérie.,, je lui donnerai un cinquante cents pour lui fermer les yeux! d'un KALEIDOSCOPE.Les vieux beaux.\u2014 Voyez-moi ces petits morveux.qu\u2019espèrent-ils?Les garçons.\u2014 Ces vieux gagas sont ridicules.,.comme si c'était de leur âgel .Les trottins.\u2014 Quels imbéciles! * .» LE PRIX.L'habitant.\u2014 Ta vertu, ma fille.mais j'en donnerais pas deux cents!!! Elle.\u2014 V's'êtes pas généreux, le m'sieu m'a déjà donné trois trente sous pour!!! POINT D'HONNEUR.\u2014Je me fais toujours un point d'honneur de ne pas cambrioler une maison la veille de Noël.\u2014T'es bien bête.\u2014Non, j'attends que les cadcaux soient dépaquetés, c\u2019est plus aisé de choisir.LE DERNIER COUP.\u2014Comme vous voilà parée, ma belle! \u2014J'attends mon peintre qui va venir mettre la dernière main à mon portrait.\u2014Ah! oui.le coup de.fion! » + La MERCURE.\u2014Votre mari ne veut pas se soi- guer, j'ai dù lui infliger une mercuriale.\u2014Une mercuriale!., Ah! le misérable! ° .DEGOUT-EGOUT.\u2014Î a toutes les chances, c\u2019t\u2019Alphonse! Non seulement sa \u201csport\u201d est \u201call right\u201d, mais encore elle est morphinomane, ¢théromane, hystero- cocainomane,., Y a pas a dire, c'est + - ça qui met un \u201cbouncer\u201d à la mode! FERMETURE DE BONNE HEURE.\u2014Minuit! Voilà huit heures que j'attends le type qui devait m\u2019emmener choisir une zibeline! \u2014A c't'heure-ci, ma p'tite, ce n\u2019est plus que du lapin, va! » La » EXCEPTION.\u2014DMoi, d'abord, je n'aime quz les hommes qui n'ont plus de cheveux! \u2014C'est gentil.C'est pour moi vous dites cela.que \u2014Non, je dis cela parce qu\u2019il vous en reste.L'ENVELOPPE.(AS Monsieur.\u2014 Il me semble que tu as acheté des présents de Noël bien communs.Madame.\u2014 Ils paraîtront mieux quand je les aurai placés dans de jolies boites.4 LE CANARD, Montréal, 26 Dégembre 1915.Vol.XXXIX \u2014 No o.Le Canard Journal Humoristique Hebdomadaire, paraissant tous les dimanches.Publié et imprimé par A.-P.PIGEON, aux Nos 105-109, rue Ontario-Est, Montréal.Téléphone Bell: Est 1121.ABONNEMENT, \u2014 Pour la Ville, un an, par la malle, $2.50.Hors de la Ville, en Canada, un an, $2.00; six mois, $1.25, \u2014 Un an, pour les Etats-Unis, $2.50; six mois, $1.25.Strictement payable d\u2019avance.TARIF DES ANNONCES.\u2014 Contrat pour un an: 1,000 3 2,000 lignes, 4c la ligne; 3,000 à 5,000 lignes, 3%c la ligne; 6,000 à 10,000 lignes, 2c la ligne.Annonces à court terme: quentes, sc la ligne, Premiére insertion, 10c la ligne; insertions subsé- \u201cLE CANARD\u201c est vendu aux agents 48c la douzaine, payable strictement sur réception du compte.Les numéros non vendus ne sont pas retournables.Adressez toute correspondance ou envoi d'argent 3 \u201cLe Canard\u201d, Montréal, Montréal, 26 Décembre rers Lettre au Bonhomme Noël Mon vieux Noël, Je vois que tu vas Dientôt faire ta tournée.Alors, je l'écris; mais cette année, çu west pas pour te faire une commande.Au contraire, c'est pour te dire de ne plus te déranger pour moi.Ne n'apporte plus de jouets.Tu n'as pas l'air de te douter de ce que c'est qu'un enfant.Tu es trop vieux, probable.Tu vas chercher des choses extraordinaires; et je vais l'expliquer comment, avec tes jouets modernes, tu fais des enfants martyrs.Quand j'étais petit, ça marchait encore, Tu apportiuis des chiens en caoutchouc, des poupées en celluloid, des polichinelles rouges avec des grelots.Mais maintenant, j'ai sept ans; et quand il faut jouer avec les machines que tu apportées, je constate que nous ne sonmnes pas sur la terre pour nous amuser.M faut jouer avec tes jeux dits de patience.Quand on a travaillé pendant deux heures là-dessus, on s'aperçoit que c'est plus embétant que la classe.Mais ce que tu as inventé de plus dia- botique, ce sont tes jouets mécaniques : les trains, les chevaux, les aéroplanes, les clowns, enfin tous les bestiaux qui ont l'air en vie unie fois qu'on les à remontés avec une clef.Or, tu le sais, père Noël, ils se cassent tous.Hs se cassent parce qu'on a tourné la clef dans le mauvais sens (il faut tourner comme quand on ouvre une boite à sardines).[Is se cassent parce qu'on continue à tourner quand c\u2019est lini.Îls se cassent parce qu'ils vont toujours tout droit, devant eux, bétement, et qu'ils finissent par rencontrer un mur, un piano, un autre objet qui est le plus fort.Ils se cassent atissi pour rien, pour le plaisir.Alors, tu vois d'ici le plaisir qu'on a à être propriétaire d\u2019une belle locomotive ou d'un clown baladeur.Quand on cst débarrassé des jouets, c\u2019est alors qu\u2019on trouve la vie joyeuse ct qu'on peut se livrer à des amusements intelligents.Rien qu'avec les éléments que comporte l'appartement le plus modeste, je vais t'indiquer quelques jeux simples et de bon goût: \\ 19 M y a le jeu du tromway, qui se pratique en attelant les chaises de la salle à manger.On tire sur la première ; les autres suivent.Le parcours comporte souvent des incidents intéressants.Ce jeu a beaucoup de succès près des voisins d\u2019en dessous ; 9 M yale jeu du nègre, pour lequel il suffit de se procurer un encrier ou un seau de charbon; 3° Il y a le jeu des pompiers, qui nécessite seulement quelques journaux (encore n'est-il pas nécessaire qu\u2019ils soient du jour) et trois allumettes (je dis trois parce que les deux premières ratent, généralement).On allume les journaux avec les allumettes et quand ça flambe bien, on essaie d'éteindre.Si en réussit à éteindre soi-même l'incen- de, on complète le jeu par la cérémonie de la remise des médailles de sauvetage.Dans le cas contraire, on a le plaisir de voir arriver les véritables pompiers ; 4° Le jeu du marchand d'étoffes.Avec une seule paire de ciseaux, on peut débiter les rideaux du salon entre un grand nombre d'acheteurs fictifs; =0 2 Le jeu de l'inondation: on ouvre tous les robinets de l'appartement.L'eau monte; les voisins aussi; 6° ll y a encore un jeu dont je suis l'inventeur, et qui a l'avantage d'être presque un peu de plein air.Il faut avoir un balcon, par exemple; il faut aussi être plusieurs.On se range en ligne sur le balcon, Il s'agit, par les moyens de bord, de faire croire qu\u2019il pleut aux passants qui cir- eulent dans la rue.Celui des joueurs qui a fait ouvrir le plus grand nembre de parapluies est celui qui gagne la partie.Tu vois vieux Noël, qu\u2019on n\u2019a pas besoin de toi, au contraire.Inutile d'essayer de placer chez moi ta marchandise.D'abord, je ne mettrai pas mes souliers dans la \u2026 cheminée; pour plus de sûreté, je mais même les donner tout de suite à ressemeler.A propos de bottes, tu devrais bien aller chez le cordonnier, dans la nuit du 24 au 25.C'est là qu\u2019il y en a, des soutiers.Tu écoulerais toute ta camelote du premier coup.TOTO.P, c.c.: G.de la Fouchardière.UN FAMEUX RÉVEILLON Sur le coup de quatre heures du matin, le garçon vint prévenir MM.Potiche et Fournardeau, les seuls réveillonneurs qui restaient encore à la Taverne Dorée, que ce sympathique établissement allait fermer.Timidement il tendit une addition se montant à 60 francs et des centimes.Comme il est d'usage en pareil cas, Potiche et Fouinardeau revendique- rent chacun leur droit de possession sur le bout de papier chiffré.D'un même mouvement ils brandirent tous deux énergiquement un bil let de 100 francs.\u2014Ah nonf pas de Dlagues, c\u2019est moi qui règle ça.vieux, \u2014Jamais de la vie, c'est moi! \u2014Ah! ça non! Je ne le permettrai pas.\u2014Ni moi non plus!, Furieux et élevant la voix, l'otiche ne voulait rien savoir, si bien que de guerre lasse, lFouinardeau, qui s\u2019acharnait également à vouloir payer.arracha tout à coup le billet Lien que tendait son ami et imposa le sien au garçon.Pendant que ce dernier lui rendait sa monnaie, Fouinardeau empochait les cent balles de l\u2019otiche en scandant: \u201cJe te forcerai bien à être raisonnable.Demain, quand tu seras plus calme, je te rendrai ton billet\u201d.Touché de tant de délicatesse, Potiche se confondit en remerciements pâteux.\u2014Ta ta ta, coupa court Fouinardean, il n'est plus question de ca; si tu veux m'en croire.tu vas venir maintenant chez moi: ma femme nous à préparé un fin gueuleton qui nous permettra de terminer comme il convient cette nuit de réveillon.L\u2019invite tombait à pic, car entre pareils amis il semblait impossible qu'on put se séparer déjà.Bras dessus bras dessous, les deux amis s\u2019éloignéèrent dans les rues noires et désertes.A un moment FFouinardeau s\u2019arréta: \u201cMais, nom d'un chien, s\u2019é- cria-t-il, il fait un froid de loup et tu n\u2019as même pas de par-dessus.Tot qui es frileux, tu vas sûrement attraper du mal.\u201d Et ne voulant rien entendre des protestations émues de Potiche, il le força à passer sa propre pelisse, affirmant que lui-même n'avait jamais froid.T1 l\u2019obligea également à s\u2019emmitoufler de son foulard dont il venait de se séparer généreusement.Emu d'une sollicitude si touchante à son endroit.le bon Potiche reba- fouillait des excuses confuses d'attendrissement.De tous ses amis, le plus chic de tous, le vrai, le seul, l'unique.fallait pas le chercher loin pour le trouver en ce moment même.ct c'était Prosper Fouinardeau! \u2014T'occupe pas de ça.trancha Fouinardeau bonhomme, tu es mon bon copain ct pour mon bon copain aucun sacrifice ne compte.Trébuchant quelque peu sous f'effet des nombreux petits verres, ils arrivèrent à la porte de l'immeuble où habitait l\u2018ouinardeau.\u2014C'est au cinquième, la porte en face, fit celui-ci: à cette heure-ci l'es calier est un peu noir, mais tu nas qu'à empoigner solidement la rampe et monter, je te suis.Le brave Potiche n\u2019y voyait goutte.11 donna de la téte en plein dan: la boule de l'escalier, puis, le pied lui manquant, il s\u2019affala tout de son long dans les premières marches en se ra- bottant le nez douloureusement.\u2014Qu'est-ce que tu fiches, andouil le?s'écria Fouinardeau.\u2014Rien, rien.je me baissais por mieux reconnaître ton escalier, fit Potiche en se ramassant sans avoir l'air de rien.Enfin, après avoir trouvé la bonne d'rection, notre andouille tenant bon la rampe, commença lentement l\u2019ascension des cinq étages.Comme ['otiche, trébuchant et ta tonnant, arrivait à hauteur du qua trièime , une forme menaçante se dressa soudain devant lui, \u2014Ah! te voilà enfin, misérable bandit! tonitrua la voix courroucée de Mme Fouinardeau; et en même temps tune dégelée de coups de balai s'abattit sur le malheureux.Le pauvre Potiche qui ne comprenait rien à cette attaque = brusquée, courba l\u2019échine sous les coups qui lui pleuvaient dessus, secs et drus.\u2014Non.mais, voyez-vous ça! continua lirascible dame en cognant de plus belle sur le pauvre diable, ça dépense notre argent à gobelotter toute la nuit.Ah! ivrogne abominable! Et v'lan et pan et ratav\u2019lan ct tie done, j'te cogne ct je te recogne! \u2014Ah! misérable! criait-elle en soulignant les coups.Je te la ménageais cette raclée-là.Ca fait au moins quinze jours que je te l'avais promise.,.et que par ma faiblesse je te te la flanquais pas., Mais aujourd'hui, ça y est, ma colère ne connaît plus de bornes; tu payerais tous les détails en gros et y compris les intérêts.Et puis vlan et vlan, tu ne me reprocheras pas cette fois de ne te servir qu\u2019une demi-portion.Hurlant comme un possédé, Potiche dégringola dans l'escalier du quatrième jusqu'au rez-de-chaussée.Sa dégringolade s'effectua au petit bonheur: tantôt sur la tête, sur le dos ou sur le ventre.Ça n'avait plus du reste pour lui aucune importance.Ce qu'il cherchait.c'était de se soustraire le plus promptement aux coups de la mégere.\u2014Oui, oui, sauve-toi si tu veux, ce n'est pas moi qui courrai te chercher.lui cria Mme Fouinardeau avant de rentrer chez elle.Et pendant le temps qu'avait duré la raclée, notre ami Fouinardeau s'e- tait glissé sournoisement jusqu\u2019au lit conjugal, s'était déshabillé en quatrième vitesse ct, heureux d'avoir si bien su éviter les coups qui Ini étaient destinés, il fit sa caille sous les chaudes couvertures. Vol.XXXIX \u2014 No o.LE CANARD, Montréal, 26 Décembre 1915.CONTE DE NOËL (Conte chaste) Le bon factionnaire recompensé CONTE DE NOEL Ceci est un conte de Noël très chaste, pour les poètes, les jeunes filles, les enfahts en bas âge et les nourrices.Ceux que ce genre de littérature n\u2019intéressent pus sont priés de passer outre.\u2018Voilà.Noël, malgré son grand âge est amoureux d'une petite étoile, toute mignonne, d'une petite étoile pourtant pas très sérieuse, car là-haut, dans le ciel noir, elle cligne vers tout le monde.Et Noël, célibataire endurci cependant, a demandé la main de la petite étoile.Elle a éclaté de rire.\u201cBernique! Noël, a-t-elle répondu entre deux éclats, je ne veux pas de toi.Tu as la barbe trop blanche.\u201d Noël n'a rien répondu.c\u2019est vrai il à la barbe blanche.Et la petite étoile est si jolie, si jeune qu'il n'a pas osé insister.Il est parti, et pour se consoler il a commencé sa tournée annuelle car on est au 25 décembre.Il descend dans des tas de cheminées, des petites, des grandes, des pauvres, des riches.Mais comme cn bas de toutes, on l'attend, toutes sont ramonées avec soin.Et Noël cffectue sa besogne administrative et un peu fastidieuse avce conscience ; il dépose des tas de joucts dans des tas de souliers.Les uns sentent le vernis, les autres le vieux cuir, les autres le cuir neuf, ceux-ci le cuir aune et ceux-là mauvais.Et cette Lesogne un peu ingrate ne le distrait pas de son amour déçu, ne l\u2019'em péche pas de songer à la petite étoile.qui là-bas cligne toujours.Voilà Ia tournée terminée.Il va remonter s\u2019embêéter dans le ciel.Et pour ce'faire il passe près de la grande cheminée d'une usine abandonnée qui se dresse, noire, dans le ciel bleu oblitéré par la lune blanche Or, de cette cheminée sortent des gémissemmets, Il regarde.Et en bas, par le long tuyau noir de la cheminée, éclairé par les rayons bleutés de la lune qui entrent largement par un pan effondré des murailles de la vicille usine, il voit un pauvre petit gas déguenillé qui dort en pleurant, qui pleure en dormant.Un pauvre petit gas sans asile, sûrement, qui s'est réfugié là.Il dort agité.il a quitté ses souliers usés qui se fendent et fendent l\u2019âme, ct il les a déposés dans Pitre de la vieille cheminée, confiant, car c\u2019est la nuit de Noël.Noël n\u2019est pas ému du tout, il est trop fatigué.Il lui reste bien un pauvre cheval de bois qu\u2019il n'a osé mettre dans aucune des nombreuses chaussures qui se sont offertes à sa vite.mais lancer le cheval de hois dans la cheminée.Lil risquerait de manquer les pauvres croquenots du lamentable petit bougre qui dort en bas, et Noël, en fonctionnaire exact, le sait, il ne doit déposer les jouets, en cette nuit, que dans les souliers.Pas ailleurs.c\u2019est la consigne, il ne s\u2019en départira pas.D'un autre côté, descendre dans cette cheminée qui, ne prévoyant pas sa visite, n\u2019est pas ramonée, est toute dégoûtante de suie.C'est qu\u2019elle est plus longue à elle seule que huit à dix cheminées bourgeoises mises bout à bout.Et Noël s'apprète à remonter au ciel lorsque, à peine franchis deux mitres, il s'arrête.Il a lu dans des bouquins de morale que lui a prétés le vieux saint Jean, qu\u2019il faut faire le bien, que plus une action est embétante, plus il faut l'accomplir.C'est bizarre, mais paraît-il, c'est ainsi.11 hésité un peu, très peu.M réfléchit que risquer de s\u2019en- suiffer énormément pour aller porter un misérable cheval de bois à un sordide petit purotin qui dort dans l'âtre éteint d'une vieille cheminée d'usine dégou- tante et abandonnée, ça doit être une action rudement épatante.Et il n'hésite plus du tout.11 plonge dans la cheminée.Et après une laborieuse descente, il met le cheval de bois dans les chaussures trouées du pauvre petie gas.Il remonte bien vite et il aspire une large bouffée d'air pur.Lä-haut, la petite étoile cligne toujours, la petite étoile qui l'a refusé à cause de sa grande barbe blanche.Ah! pourquoi vieillit-on?.Et Noël glisse dans l'air léger pour regagner le ciel immense.En passant au- dessus d'un petit étang, il s'aperçoit dans l'eau claire.Sa barbe, sa longue barbe tout à l'heure si blanche est maintenant d'un beau noir.Les bonnes actions seraient-elles si vite récompensées!.\u201cAllah Ni Allah!.Dieu est grand et Mahomet est\u2026\u201d° Mais Noël arrete vite cette invocation.Il a compris.C'est la suie, la suie de la vicille et liaute cheminée qui a noirci sa barbe pendant la longue et fastidieuse descente vers le petit gas.Bonne cheminée, délicieuse rencontre.un trait.Noël remonte au ciel.Il se présente devant la petite étoile.Il renouvelle sa demande.Et en le voyant si brun, la petite étoile accepte ce qu\u2019elle refusait tout à l'heure, et le prend pour époux.Les mariages d'étoiles se font vite.Noël pense: \u201cOn verra demain.\u201d Et immédiatement il jouit de ses privilèges.Ce qui prouve qu\u2019une bonne action est toujours récompensée au ciel comme ailleurs.Al! je vous avais bien dit que c'était une histoire chaste.MORISS.RECHERCHE ARDUE.\u2014Qu'\u2019est-ce que tu cherches si attentivement dans le journal?\u2014Je voudrais trouver un article où il serait question de la suppression des cadeaux de Noël.Les hommes de garde se tassent autour du poéle qui ronfle comme un sourd.Tous les hommes sont contents.car la nuit qui vient, c\u2019est la nuit de Noël, et l\u2019on va manger du boudin grillé et boire du bon vin blanc.Le joyeux soldat de 2e classe, vicomte Guy de la Hurlotte, à déclaré.\u2014Puisque je suis de garde, cette nuit, ce réveillon-là, c\u2019est ma tournée.Les yeux luisants, tout le poste a répondu: \u201cVive la Hurlotte!\u201d .C\u2019est le moment d'aller relever les factionnaires.Le \u201ccaporal de pose\u201d, frileux et flemmard, se demande pourquoi il irait se geler.Bah! les nouveaux iront bien relever leurs camarades tout seuls.Le pauvre soldat Baju se dirige mélancoliquement vers la Poudrière où l'appelle son tour de faction.Pourvu que les autres, au poste, n\u2019aillent pas manger tout le boudin et boire tout le vin blanc.pendant ce temps-là ! L'une après l\u2019autre, chaque horloge de la ville décroche, avec des lenteurs à en mourir, les quarts, les demies, les heures.° Et comme la neige abolit tous les bruits du ras de la terre, voilà qu'on entend, de très loin, les cloches des églises de campagne.Le pauvre Baju a les yeux pleins de larmes: une des cloches du lointain a tout à fait le même son que la cloche de son église, à lui, là-bas, au pays.Minuit! Et même plus de minuit! Baju commence à trouver qu\u2019on ne vient pas le relever souvent.Restera-t-il du boudin?Restera-t-il du vin Blanc?CrucÎle énigmet Partout autour de lui, Baju voit s'étaler, sur ce quartier perdu de la Poudrière, le grand manteau blanc de la neige épaisse.Ah!.quelqu'un là-bas!.Zut!\u2026 ce n'est pas un soldat.c\u2019est un vieux.Un pauvre vieux qui ne doit pas en mener large, par ce temps-là.Son grand manteau gris n'a pas l'air cossu, et ses beaux cheveux d'ar gent ne valent pas un bon capuchon.Encore tout attendri par la vision du pays, le cocher, la mère, les petites soeurs, Baju sent son coeur inondé de tendresse et de pitié.\u2014Entrez là-dedans, mon vieux bonhomme, vous serez mieux que sous la neige.Et, se dépouillant de son manteau de guérite, il en couvre l'homme âgé.qui le remercie d'une voix douce et grave.\u2014Merci bien, mon ami, fait le vieux s'en allant, votre bonne action vous portera bonheur.* .Enfin! C\u2019est pas malheureux! Si c'est pas honteux de relever un homme à une heure moins cinq, au lieu de minuit! Labroche qui relève Baju, est abominablement gris, circonstance qui ravive chez Baju les inquiétudes relatives au boudin et au vin blanc.11s ont di en faire une nocel Tout le poste, depuis le tambour jusqu'au sergent.suoul comme un poste polonais, vautré, pele-méle, su- le lit de camp.Le boudin n'existe plus qu'à l\u2019état d'aromie un peu fort.Les bouteilles de vin sont sèches à croire qu'on les a passées à l\u2019étuve.Et ils ronflent tous comme des toupies hollandaises, un lendemain de kermesse.Baju ranime le feu près de s'éteindre et se déchausse pour chauffer ses pauvres pieds gelés.La chaleur engourdit Baju, et Baju s'assoupit.Et quand Baju, réveillé, veut se chausser, il s'aperçoit qu'on a mis quelque chose dans ses godillots.Baju s\u2019empare du godillot droit et constate la présence d'objets métalliques et ronds, qui brillent.Un louis, deux louis, trois quatre lou's, cing louis! Le godillat gauche recèle trois paquets enveloppés de papier: un gros et deux petits.Le gros c'est un couteau de trente- deux lames.Les deux petits paquets, ce sont deux paires de Loucles d'orcilles, mignonnes comme tout, pour ses petites soeurs, parbleu! Et puis enfin, Baju trouv~ une carte de visite portant ces mots: \u201cLe bonhomme Noël remercie bien M.Baju de sa gracicuse hospitalité.\u2014 Villa des Flocons, Le Ciel.\u201d louis, ALPHONSE ALLAIS.LE \u201cSPREE\u201d DE NOEL.\u2014Docteur, pensez-vous que je serai revenu assez bien au Jour de l'An pour en prendre une autre? Oo LE CANARD.Montréal, 26 Décembre 1915.Vol.XXXIX \u2014 No g.Un réveillon à l\u2019Institution Cadet Dés le matin, les victuailles les plus variées ct les liqueurs les plus fantaisistes avaient été secrètement apportées par des externes sûrs, puis mystéricusement remisées au lavabo.Je couchais alors dans le dortoir des moyens, situé dans un bâtiment séparé.Ce dortoir était surveillé par un pâle et macabre personnage appelé Bernard, et que nous avions surnotmmé l\u2019Ermite, à cause de ses allures de crabe égaré.Le dortoir des moyens ne comptait guère qu\u2019une vingtaine de lits.Il y avait notamment un nommé Obry, qui était intraitable.Obry, dit le Calife, était le chef d'une société secrète composée d'Arabes de fantaisie et de Peaux- Rouges amateurs.Nous étions six associés pour ce réveillon, Les autres avaient été sévèrement exclus par le Calife, et, malgré toutes leurs démarches, condamnés au silence.Vers minuit, je commiençais à m\u2019assoupir, lorsque soudain ma téte fut si vigoureusement agitée, qu\u2019un instant je craignis sérieusement qu'elle ne roulät sur le parquet.C'était Obry qui me réveillait.Je couchais alors sous la veilleuse, poste fort envié, et qu\u2019on ne confiait qu\u2019à des sujets ayant fait leurs preuves.\u2014Baisse la camoufle, me dit mon camarade, je vais chercher la boustifaille avec Leroy.Je modérai aussitôt l\u2019ardeur du paisible lumignon et j'attendis.Cinq minutes plus tard, ayant entendu un léger bruit, je me penchai; je fus alors pris d\u2019un tel accès de fou rire, que je fus pendant un bon quart d'heure à me rouler sur ma couche et que je faillis avaler mon orciller.Obry et Leroy venaient de faire leur rentrée à trois pattes, avec leurs cache- nez roulés cn turbans, portant de leur main libre leurs boîtes de lavabo, \u2014 ainsi que des griffons héraldiques.Quand il eut déposé son précieux fardeau, Obry vint à moi, et dit : \u2014Ça y est! apporte le flambeau, on va gueuletonner.Je décrochai immédiatement la veilleuse, et j'allai l'installer entre le lit de Leroy et celui d'Obry.Au même instant, Garches, Lafistole et Camard, les trois autres associés, arrivaient en rampant comme des Peaux- Rouges.Tla étaient également coiffés de turhans, et, par amour du pittoresque, ils avaient mis leurs mains dans leurs pantoufles ct- leurs oreillers sur leur dos \u2014 ce qui produisait l'effet le plus inattendu.Des cigarettes ayant été allumées à la ronde, un épais nuage de fumée ne tarda pas à envahir notre coin.Obry dit alors solennellement, quoique à voix basse: \u2014Je crois que l'instant est venu de sabler le joyenx kirsch des Salons.Qu'en dites-vous, Lafistole-Ali, et vous, Sidi- Leroy, et vous Œil-de-Perdrix ?Œil-de-Perdrix répondit : \u2014Que celui qui ne sera pas de l'avis du Calife soit immédiatement attaché au poteau des supplices ! D'anciens pots de pommade furent aussitôt remplis, et nous bümes fièrement.\u2014Je crois que votre lustre s\u2019emballe, fit alors remarquer Lafistole-Ali en se tournant vers moi.\u2014La Saucisse-à-l'Oscille est le gardien perpétuel du lampion, dit Obry; qu\u2019il le mouche donc, s'il ne veut être livré aux betes.Je m'exécutai.Nous commençâmes ensuite le festin par quelques tranches de galantine et par un pâté de tete de cochon provenant de la famille de Sidi-Leroy.Le pâté ayant été trouvé succulent, nous bümes une nouvelle tournée de Kirsch que, sur la proposition du Calif, nous mélangeä- mes à de la crème de cacao.Mais l'épluchage des marrons produisit un tel vacarme au fond du silencieux dortoir, que le pauvre pion se réveilla.\u2014Du silence! fit-il d'un voix sinistre.Nous nous times un instant, puis l'épluchage recommenga de plus belle.\u2014Du silence! répéta le pion: se taira- t-on, à la fin?Malgré cette délicatesse extreme, le calife Obry fut froissé par les paroles audacieuses du pauvre type.\u2014Le sang de mes aïeux crie vengeance, dit-il, à voix haute, ct, saisissant une pomme cuite, il la lança vigoureusement dans la direction du lit de Bernard l\u2019Ermite.Un bruit sourd, puis plus rien.Probablement le Crabe-Egaré avait compris.Une rasade de rhum, toujours mêlé à de la crème de cacao et rehaussé de menthe verte, fut absorbée pour célébrer la valeur du chef.Celui-ci sortit alors solennellement une pipe de dessous son orciller et annonça : \u2014Le calumet de la paix, messieurs.TH alluma sa bouffarde et nous la pas- Lorsqu'elle eut fait le tour de la compagnie elle fut reléguée dans un soulier et Sidi-Leroy passa les oranges.Ce nouveau comestible fut accueilli avec une indescriptible joie; des pépins furent projetés dans toutes les directions, et, bientôt l\u2019on n\u2019entendit plus qu\u2019un bruit sec de fusillade.Cependant, inquiété par le crépitement de nos salves, et redoutant sans doute un cataclysme, le pion se dressa sur son séant et dit: \u2014On ne veut pas se taire?M.le directeur sera informé demain \u201cde la vie qu\u2019on a menée\u201d.Un sourd rugissement répondit à ces paroles, et le Calife se leva, Lentement il s\u2019enveloppa de son drap; puis, s'étant approché du lit de Bernard, il dit: \u2014Celui qui trahira la cause sainte sera jeté en pâture aux porcs-épics.Et nous psalmodiames la meme phrase du fond de notre retraite: \u2014Celui qui trahira la cause sainte sera jeté en pâture aux porcs-épics.\u2014Etes-vous prêts à faire votre devoir?poursuivit le Calife en s'adressant à nous.A quoi nous répondimes : \u2014Nous sommes prets! \u2014A moi, les compagnons de la Savane! fit alors le Calife.Ausstot nous nous levämes, et, vêtus de draps et de couvertures, nous fümes nous ranger autour de la couche du malheureux pion.Je portuis la veilleuse, Sidi-Leroy portait la bouteille de kirsch.Les autres s'étaient munis des pots de confiture.En ces termes alors parla le Calife: \u2014Puisque le traître a parlé, puisque le Crabe maudit a levé la tête, il sera puni selon les rites, Esclaves, donnez-lui la confiture de cigué, et qu\u2019on lui fasse boire le fiel de buffle.Sidi-Leroy présenta le kirch et dit : \u2014Buvez ! \u2014Je vais avertir le directeur, fit le pion d'une voix faible, \u2014Buvez, Crabe! répéta le Calife, inflexible, \u2014Je vais l\u2019avertir sur-le-champ.\u2014luvez! répétämes-nous en choeur.Longtemps l'infortuné luitta contre nous; mais craignant quelque terrible vengeance, il finit par obéir.Alors, spectacle inoubliable, 1 but la bouteille de Kirsch jusqu'à la dernière goutte, et mangea les trois pots de contiture sans pain.Lorsqu'il cet terminé cette étrange collation, nous nous prostertämes à ses pieds, et chacun regagna sou lil à trois pattes.Le lendemain matin, lorsque le diree- teur entra à l'étude, Bernard s'avanga vers lui pour lvi rendre compte de notre conduite.Mais le dire-teur ne le laissa pas parler, et dit ces simples mots: \u2014A l'occasion de la Noël toutes les punitions seront levées.Georges AURIOI.ae SUPPORTS.BAL un; i jhe St, / / Le chef de la délégation.\u2014 Nous venons vous offrir notre support si vous vous mettez sur les rangs pour la mairie.Le candidat.\u2014 Il me fait plaisir de voir que j'ai des amis.Mais j'ai \u201cautre chose\u201d, ct en fait de supports, rien ne vaut ceux que vend Conrad Martin.36-38 rue Craig Est, MONTREAL, où l'on trouve toujours un assortiment de bandages herniaires, appareils orthopédiques, membres artificiels, supports, bas élastiques, etc.Réginglart embêté par le Père Noel Pas plus tard que le 26 décembre dernier, \u2018ai rencontré mon ami Reginglart.\u2014Es-tu content de ton petit Noël?lui ai-je demandé.\u2014Ah! mon ami, ne m'en parle pas, Il m'est arrivé une de ces aventures! Tout à fait curieuse, en effet, l\u2019aventure de Reginglart! Jugez-en plutôt : A l'occasion du Réveillon, Reginglart avait réuni, dans san petit rez-de-chaussée du septième, au n° 212 de la place Courcelles, un certain nombre de joyeux drilles de son acabit, Ce qu'il se consomma de liquigles variés en cette inoubliable soirée, je vous conseille de l'aller demander au père Litron, le bistro qui tient boutique au bas de l'immeuble en question et chez lequel Fardoise de Reginglart se surchargea, en cette occasion, d'un nombre incaleu- lable de lignes et de chiffres, Sur le coup de trois heures du matin, ses invités enfin rendus à la circulation \u2014 d'ailleurs plutôt zigzaguante \u2014 Reginglart se retrouva seul dans sa chambre et se dispost à se mettre au lit.Non toutefois sans avoir au préalable pieusement déposé ses chaussures dans l'âtre, car mon ami est resté très, attaché aux naîves croyances de sa bretonne enfance.Non aussi sans avoir fait disparaître, en les lançant à toute volée par la fenêtre, les traces de l'orgie récente: bouteilles vides, vestiges de pâtés, ete, ete.dont la vue auraît pu effaroucher le bonhomme Noël et l\u2019empécher de glisser dans les souliers du maître du logis la récompense réservée aux seuls chrétiens vertueux et sobres.Or, savez-vous ce qu\u2019il découvrit dans les cendres?Tous les débris de flacons et résidus de ripaille qu\u2019il avait tenté de soustraire aux regards sévères du père Noële, en les précipitant sur le trottoir du haut de son septième.Quant à ses ripatons.Disparus, envolés, emportés par ce farceur de Noël, à titre sans doute de juste punition de la mauvaise conduite de leur propriétaire.Votre effarement égale celui que je ressentis moi-même tout d'abord et dont je hécrais encore, si le père Litron ne n'avait aujourd'hui donné l'explication fort plausible de ce simili-miracle.Reginglart était, paraît-il, dans la nuit du Réveillon, à ce point ivre qu'il avait tout simplement confondu sa fenêtre avec sa cheminée, déposé ses ribouis dans le vide, au travers de sa fe- nétre ouverte, ct violemment projeté la verrerie compromettante et les reliefs de son souper contre la plaque de tôle murant le fond de son foyer! Le petit Noël de Reginglart n\u2019en demeure pas moins, n'est-il pas vrai?un des plus stupéfiants prodiges de notre sceptique aube-de-siècle ! Léon VALBERT. Vol.XXXiIX \u2014 No o.\u201cEn fait de réveillon, soupira Dupinceau, je vais me mettre la ceinture, me les caler avec des briques.Ma mansarde ressemble à une réclame pour le nettoyage par le vide: je n\u2019ui plus un clou à mettre au clou! J'ai bien aussi mon oncle Durapiat.Mais le vieux ladre aimerait mieux léguer ses millions a l'aveugle du Pout des Arts que de m'avancer seulement une thune! Et moi, pour un 25 décembre, j'ai rudement l'estomac dans les talons! A ce moment, on frappa i la porte.\u201cQui est là?demanda le rapin, se gardant bien d'ouvrir, car il redoutait les créanciers.\u2014C'\u2019est un modèle! \u2014Inutile! cria-t-il à travers la porte.Mais du dehors, une main poussa sous la porte une carte manuscrite que Dupinceau saisit.Elle portait cette rédaction imprèvue: \u201cIsidore Barbe, modèle pour artistes, tête de Père Eternel, Père Noëlbarbe blanche, air vénérable.Ecrivezmoi, s.v.p.6, rue de Paradis.\u201d \u2014Ça, c\u2019est rigolo! s'esclaffa le peintre.Le père Noël, rue de Paradis! Et il vient déposer sa carte chez moi le 25 décembre! On n'est pas plus aimable! Si j'avais su, j'aurais mis mes godillots dans la cheminée, pour qu\u2019il m'apporte des joujoux! Mais, soudain, une idée baroque traversa la cervelle cocasse du rapin.Il ouvrit précipitamment sa porte et cria dans l'escalier: \u2014Ohé! le père Barbu! le père Noël\u2019 Montez donc voir! Un vieux bonhomme, à la face rubiconde, au nez vermillon, regrimpa précipitamment les étages.Il portait des habits crasseux ct des godasses ui reniflaient l\u2019eau.\u2014Dites donc, où réveillonnez-vous ce soir, père Machin?demanda l'artiste.\u2014Moi?avec les chevaux de bois! INOUBLIABIE, \u2014Sans doute tu as acheté à ta blonde un cadeau qui lui fera penser à toi.\u2014Je ne sais, mais ce dant je suis certain, c\u2019est de ne pas l'oublier de sitôt: je l'ai acheté à crédit.LE CANARD, Montreal, 26 Décembre 1915.répliqua le vieux en secouant tristement sa longue barbe.\u2014Ët, que diriez-vous d'un gueuleton bien tapé?\u2014Je dirais qu'il tombe à pic et que.rien que d'y penser, l\u2019eau m'en vient à la bouchet s\u2019écria le modèle.\u2014Eh bien! J'ai une idée épastrouil- lante ct, si vous voulez m'aider, je serais bien surpris si nous ne faisions pas tous deux ce soir un réveillon à tout casser! \u2014S'agit d'abord, déclara le peintre.de vous camoufler en Père Noël.Vous avez déjà la bobine de l'emploi.faut en trouver les frusques! Une vieille couverture de lit.taillé» et cousue à la diable, devint une robe de bure.Le charbonnier du coin consentit à prêter sa hotte, et la mercière d'en face voulut bien confier au rapin quelques joujoux usagés \u2014 à condition qu\u2019on les lui rendrait.Avec du carton doré, l'artiste confectionna une auréole supro-chic.Isidore Darbe commençait à prendre une tournure très \u201cPère Noel\u201d.Dura - d'un La nuit vint.Chez l'oncle piat, on faisait les préparatifs festin en règle.On n'attendait cependant seul convive.Legrigou, vieil ami de Durapiat.à qui ce dernier faisait payer sa part des frais de la fête.Les deux vieux égoïstes se mirent à table près d\u2019un feu clair et la conversation commença joyeuse: \u201cCroyez-vous, s'esclaffait Durapiat, que mon coquin de neveu vient MOYEN EFFICACE.À T LS Première dame, \u2014 J'ai acheté une boîte de cigares à mon mari pour son cadeau du jour de l\u2019An.Deuxième dame.\u2014 Curieux cadeau! Première dame.\u2014 Je veux le déshabituer de fumer, et quand il en aura goiité un, vous savez, il ne pensera plus au tabac.qu'un.de me faire porter une lettre me priant de linviter i réveillonner! \u2014Et vous avez refusé, bien entendu?\u2014Bien entendu! Mais ce qui est drôle, c\u2019est qu'il me menace des foudres du Père Noël si je ne l'invite pas! \u2014Ah! ah! le Père Noël! quelle bonne blague! A ce moment, un bruit étrange se fit entendre dans la cheminée, ct les deux vieux se mirent à frissonner.Et soudain une silhouette se détacha sur le fond lumineux de l\u2019âtre.Un être étrange descendait de la cheminée! Et les deux soupeurs, «qui avaient reconnu cette figure classi que, poussèrent un même cri: \u2014Le Père Noël! Le personnage légendaire semblait s'amuser de leur stupéfaction.\u2014Eh! ch! Messieurs, ricana-t-il, je crois que vous ne m'attendiez pas! Et j'ai tenu à vous prouver que j'existe en chair et en os! Ah ça! ne tremblez pas comme de la gelée de veau! Invitez-moi plutôt à partager votre réveillon! Vous avez là une oie qui me fait bigrement envie! Les deux grigous balbutièrent un vague: \u201cOui\u201d.Cependant comme chez lui.\u2014Sapristi! Quel festin! Mais nou.ne pourrons jamais manger tout ça à nous trois! Vous y attraperiez une indigestion, Il faudra qu'on nous aide! Tenez, je connais justement un brave garçon qui vous rendrait volontiers ce service! C\u2019est mon ami Dupinceau! \u2014Mon neveu! balbutia l'oncle écrasé.\u2014Lui-méme.C'est dit, n'est-ce pas.vous l'invitez?Et le père Noël cria: \u201cDupinceauparaissez| Un bruit se fit entendre de nouveau dans la cheminée et Dupinceau dégringola.11 sauta par-dessus les büches allumées et tomba assis par terre, se frottant les yeux comme si on venait de l'éveiller et murmurant- \u2014Où suis-je?Je dormais si bien! Bien! mon oncle! Il se mit 4 table sans facons, le père Noël s'attablait but LA GAFFE.\u2014Eh bien, mon neveu, as-tu été satisfait du beau dindon que je t'ai envoyée comme présent de Noël?\u2014Oh oui! mon oncle, c'était un dindon si gras et si pesant! rien ne pouvait me faire autant de plaisir et cela m'a fait penser à vous.7 et mangea comme quatre,,, Le Père Noël l\u2018y aidait de son mieux.Quand la soirée s'avança, le l\u2019ère Noël, dont les couleurs s\u2019avivaient encore, dit à ses hôtes involontaires: \u2014Vous commencez à croire à mon pouvoir surnaturel, n'est-ce pas?Eh bien! que diriez-vous si je changeais des pièces d'argent en pièces d\u2019or.histoire de payer mon Écot et de vous remercier?\u2014La transmutation des métaux! Est-ce possible?murmura Durapiat.\u2014Acceptez vite! lui souifla Legrigou.\u2014Soit! dit-il.H se fit apporter un sac d'argent, et le remit au père Noël avec un autre sac vide de méme dimension.Le père Noël, prétendant que le recueillement le plus absolu était nécessaire pour la bonne réussite de l'expérience, désigna Dupinceau pour lui servir d'aide ct mit impitoyablement à la porte les deux avares.leur permettant toutefois de revenir cinq minutes plus tard.Lorsqu'ils revinrent, le père Noël et Dupinceau avaient disparu.Mais, sur la table, un sac s\u2019étalait.gonflé et ventrul -\u2014Voilà notre sac d'argent transmué en or! dit Durapiat en s\u2019en emparant.En effet.il était beaucoup plus léger que l\u2019autre.Un peu trop léger même.C\u2019en était inquiétant! L'avare l'ouvrit et poussa un cri de rage: le sac ne contenait que les os des poulets ct des oies dévorés, des croûtes de pain, et un mot que Dupinecau adressait à son oncle.11 lui disait: \u2014Je te remercie de ton bon souper.Ce vieux père Noël a passé une excellente soirée et s'est Dien amusé des étonnements de ton ami Legrigou.Je t'avais prévenu, et tu n'as pas voulu ine croire quand je t'avertissais que je connaissais ce sympathique ancètre.Tu es fixé maintenant.Nous disparaissons à jamais en emportant le sac d'argent que tu nous as confiés.Il y a assez longtemps que tu me devais cela.Amitiés quand méme et merci.DUPINCEAU.ENTRE FEMMES.\u2014N'est-ce pas horrible, il paraît que le pied de la femme est plus grand.\u2014Bah! il tiendra davantage de présents dans nos bas le jour de Noëlde plus en LE CANARD, Montréal, 26 Décembre 1915.Vol.XXXIX \u2014 No o.THLIE- _\u2014 ECHOS et NE: CLO0N POTINS M.Filion cultive la muse et la Banque d'Epargne.* * + M.Rudolf chante rud.ement bien.+ * .M.Desmarteaux se démar.telle ta voix pas pour rire.+ + est \u201cà long, long way\".+ .* M.Eugène Lassalle est toujours au conserv.atoire, .M.Leurs- Quelle différence y a-t-il entre M.Hector Pellerin et Sainte-Anne de Beaupré?+ + .Madame Dubuisson a foi en Dame- As.* * * M, Villeray est un Chaplin ideal.Ne pas confondre Debraine avec Verneuil, ça a pas de rire.LI Un Schauten w'aime pas les jalouses.Avis à qui de droit.\u201c+ Te \u201cLe Fou-rire\u201d (ou quelque chose dans ce genre-là) au Chantecler ! Quoi?Mais nom d'une savonnette, c'est le titre de la Revue d\u2019Almer.\u201ct,t La Compagnie \u201cAlexandra Theatre Co., Ltd\u201d, de Lachine, vient d'être organisée avec un capital de $50,000.* .* Madame Suzette de Vital est un peu là.Si vous ne le croyez pas, demandez a M.L.I.Gauvreau, tL.Quelle différence y a-t-il entre Mme Blanche Gauthier et Buffalo Bill?LP M.Emile Fabre, dramaturge bien connu, vient d'être nommé directeur de la Comédie-Française.\u201c,.« \u201cLe Grondeur\u201d a été représenté au Cercle Paroissial, 62 Boulevard St-Jo- seph, il y a quelque temps.déjà.°°.La Société des Gens de Lettres ne Ladine pas à Ottawa comme à Montréal.* On demande des nouvelles du Trouvère Descarts.+ Doit-on dire que Madame Lussier n'est plus dans le monde.des artistes.,.M.Renavent est grand et à New- York.Mme Juliette Béliveau est petite et à Montréal.M.Paul Coutlée, du Théâtre de Ja Comédie-l'rançaise de Paris est actuellement à l'Arcade.Et voilà! + M.Cauvin met de l'eau dans le sien (de vin) quand il lit le \u201cCanard\u201d.* + + Prochainement: \u201cLa voleuse fants\u201d.O Duvernay! O Germaine! * * * d'en- Et le 8 décembre, Ia troupe Castel donnait, avant son départ d'Ottawa, \u2014 pour une tournée aux Etats \u2014 une soirée d'adieu avec \u201cl\u2019élix loutré\u201d, au programme.Pends-toi, Louis Labelle, tn n'y étais pas.* * + Christ va faire chanter Robila Revue, bien entendu.* * + La rose sans épines, est un Robi sans Larosedans *,t Le Conseil de Ville sera en vacances la semaine prochaine \u2014 où, plutôt, il tiendra ses séances au Canadien.«0 Charley Holmes prend du ventre.Horreur ! ,* Pierrot Christ (le Victor Barbeau du Bons Sens) ne crie pas: \u201cBinne, c'est O.K.!\u201d mais en mange quand méme lorsqu\u2019elles sont saignantes.*.,* Le Canadien-Français est un théâtre \u201cd\u2019Amours\u201d, car le gouvernement de Marianne lui envoie des délégués D'Amour.*, Pour voir Chaplin il ne faut plus aller aux cinémas mais au National, au Canadien ou i \"Arcade.0 Au lieu d'essayer de faire des pièces, Madame G.ferait mieux de faire autre chose.des enfants, par exemple.En temps de guerre, c'est utile des enfants quand ils sont mâles.* * * Il ne faut pas dire que le Cercle Melançon est un Grand Guignol pour tout ça.+ * * L'esprit d'une autre choriste: \u201cNon, j'ai jamais eu de mère.Papa était veuf depuis trois ans quand ma tante m'a mise au monde.\u201d + $ * Pensée d'une Robi\u2019s Girl: Sous l'épon- fe qui ruisselle, une choriste sort jeune fille.Un groupe de jeunes gens de Cham- bly-Bassin, sous la direction de M.Roméo Dubuc, sont à préparer une séance dramatique avec concert, devant avoir lieu dans le courant du mois de jauvier, » * * Samedi, le 4 décembre, à Ottawa, l'artiste ténor (pour toi, Robi) Canayen, Eugène Leduc, de Hull, s\u2019est fait entendre dans des chansons françaises, anglaises et italiennes.* .Puisqu'il est de.graisse, pourquoi finit-il son nom avec un i au lieu d'un y?* .* Hein! mon vieux Armand, les Juits attendent encore la venue du Messie, mais toi, tu ne t'attendais pas à cette pourtant très simplette question, De fait, on y perdrait son latin ct méme son gree.itou.* » * Québec n'a plus de théâtre français.Québec est maintenant Québec plus que jamais.Quatrain a Sarah Bernhard: Jalouse d'héroïque gloire, Quand tous les mutilés sont rois, Elle veut entrer dans l'histoire Avec une jambe de bois.Les directeurs de théâtres de Quebec ont la frousse: On parle du \u201cSou\u201d.e Au Chantecler on ne chante pas mais on crie assez fort pour faire entrer du monde.° ° LJ La troupe Castel a fait fureur à l'Odéon de Hull, dans les \u201cLolies de la Comtesse\u201d.\u201cas A la salle Ste-Anne, d'Ottawa, on à jouée une pièce nouvelle, intitulée \u201cLes Deux Orphelines\u201d.La chose s\u2019est passée le 13 novembre et c'est la troupe Castel qui en est responsable.sq La troupe Delville est-elle encore dans la cité des piles de planches et des allumettes souffrées ?[a] M.Léo est revenu d'Ottawa; M.Dugal itou.* * + \u201cLe Député de Bombiquac\u201d à été joué récemment à Québec.Ce que les qué- Lecois ont compris ! M.René Gandrille est toujours dans son fromage, à Québec, Il fait du lard et des conférences.[J .Madame D'\u2019Escoulbès vient, dit-on, fonder un théâtre à \"Montréal, + Li * M.Dhavrol est tout souriant de ce temps-ci.Que voulez-vous, quand on ne doute de rien, on voit tout en rose (pas la Rose du Canadien).LE Elzéar déménage \u2014 une \u201cautre\u201d fois est coutume \u2014 au Canadien.Les bords de la Gatincau ont vu Dugal dans Gugusse\u2014des \u201cCroustillards\u201d, \u2014la pièce qui, d'après le \u201cTemps\u201d d\u2019Ottawa, a obtenu le plus de succès dans tous les théâtres de Montréal (200 représentations).°° Vu, la semaine dernière, sur la rue Ste-Catherine, M.Rodolphe Girard, l\u2019auteur de \u201cMarie Calumet\u201d.sg Ne pas confondre Mme Georgette Lebrun (de Montréal) avec Mme Geurgette Leblanc (de Paris) .8 e Les individus Giroux, Lapointe, Ménard, Turcot, etc, sont en \u201crevues\u201d, actuellement.° * ° Giroux, pas l'échevin \u2014 l\u2019autre \u2014 le photo.est consumé par une maladie aiguë, Il ne s'occupe plus de théâtre.Aux dernières dépêches, on dit qu'il se porte mieux, car il monte un bénéfice.\u201c.M.Pelletier et Madame Demons sont demandés par le Grand Pécheur Dhavrol.* * * La \u201cChatte Blanche\u201d sera montée au Monument, Ne pas la confondre avec la Chatte à Concordia.* + * M.Jean Petit-Jean est-il revenu de Saint-Henri ?*,* Ah! Nogi! Nogi! Toi aussi tu as Tocil.noir.La série continue donc.* * * Madame Robert trouve-t-elle toujours que \u201cla marche\u201d est un exercice excellent avant diner?+ » * M.Germain Beaulieu préfère les p'ti- tes bètes aux hannetons de la rampe.* + + M, L.N.Sénécal nous affirme que Saint-Henri fait son devoir.On y joue méme du presque classique.+.* M.Valhubert, ex-directeur du théâtre de la Renaissance, (ou des Variétés) west pas bien de c'temps-ci.+ * Hervé est en disponibilité, 11 est fatigué, dit-on, du théâtre ct s\u2018occupera a l'avenir d'un conservatoire pour former les voix d'opéra.* .+ Dire qu'il y a soixante ans Rousseau était le mignon du Sultan.Tout passe, tout lasse, Il n\u2019a conservé que ses cheveux frisés et son aversion bruyante pour la.femme.> * » Savez-vous, Cauvin, que vous avez plutét Tair d'un bigame, le midi, au lunch, avec l'autre bien en face.* * * Madame Noggi n\u2019aime pas les mouchards, C\u2019est une diplomate, Connais-toi toi-même.* Enfin, ça y est.Ernest Tremblay fera une revue qui en sera une.Où, quand?Mystère et discrétion. Vol.XXXIX \u2014 No o.LE CANARD, Montréal, 26 Décembre 1915.9 SUGGKSTION A LA PENSION.QUESTION FMRAFRASSANTI Thalie et Malpomène (Suite) Et puis Cauvin aussi à l'oeil.et le bon.* * + Ce pauvre Hervéqu'il fit.Que voulez-vous ou plutôt qu'il fasse?.* * * Quand J.R.Tremblay parle.croirait sur le front.* * * Mme Bella Ouellette sera un peu là à l \u201cŒuvre d'un Peuple\u201d.x x * Madame Rivière à la main rude mais petite.on se * * *\u201c Quand M.Darcy fait son Raveaux, Robi sait à quoi s\u2019en tenir.« Messieurs les directeurs, n'oubliez pas Deluys dans vos prières.* * * Entendu, près de la loge de Roberval : \u201cAvec ta bouche, chéri.on s'entend bien mieux quand on ne parle pas.\u201d * = + Victor Barbeau fuit maigre chaque fois qu\u2019il pense à Julien Daoustx * Pitt est à la veille d'y aller de sa revue, lui itou.* Avec l'année qui s'achève et celle qui commence, ON passe en revue toutes les re.re.revues.* * * Que vont devenir nos étoiles de scopes pendant le caréme?.C'est le cas de dire: qu\u2019elles vont faire carème.* * * Louis T.et Bouchard sont les deux meilleurs amis du monde, c'est étonnant comme ça change dans la vie, .x * Wilbrod, mon p'tit, tu ne grandis pas, demande & Charlebois de t'en preter un peu.Pagé, Veinticien pour les femmes, est toujours frisé; allons, change de perruque, mon vieux.«+ PY Juliany attend patiemment la fin de la guerre, c'est en somme un homme qui n'est pas pressé.En arrière.marche.* * * \u201cDe Beau Jour\u201d a éclairé de son sourire lumineux, la façade du théâtre Arcade, toute la semaine dernière.Yet Gauthier, ex-¢léve de Julien Daoust, joue les jeunes-premiers dans la troupe Farmiery, au Chanteclere, * * *« Demandez à Pellerin qui l'a poussé dans le théâtre.Il va vous répondre que c'est Louis Gauvreau.+ * * Si Montréal n'encourage pas le théà- tre, c'est parce que les belles pièces sont gachées par des acteurs en \u201cdraught\u201d.x * + Pourquoi ne pas former un conservatoire canadien, admettant tous ceux qui ont réellement des aptitudes pour l\u2019art théâtral dans notre grande ville; on verrait moins de cabo.ins sur la scène ct les artistes s\u2019en trouveraient mieux.Jean POUFFE.Gene \u2014Pour l\u2019amour du P'tit Jésus, Virginie.\u2014Non, que je dis! BALLADE AUX \u2018\u2018BOCHES\u201d Foutez le camp du Nord ct de notre Est lorrain, Ouste! videz vos trous qu\u2019un fil de fer clôture, Soulards, soudards, maudits bandits à fauve crin.Nous embrenons à picd, à cheval, en voiture, Votre hure carrée à cubique ossature.Appelez vos vieux dieux que Wagner musiqua: Loge, Donner, Wotan, Erda, Freia, Fricka; Bien malin le Walhall entier s\u2019il rabiboche Vos morceaux de Deutschland, votre peuple.(euréka!) Allemand ni Germain, pas même Teuton, \u2014 DBoche.a Car d'un solide coup de botte au bas du rein, Tandis que de dos vous montrez votre culture, Nous vous dégonflcrons, foutre! outres d'outre-Rhin! Comme vos Zeppelins, dont l\u2019obscène structure D'une saucisse monstre est la caricature; Faux aluminium, pseudo gutta-percha, Crevez tous, du dernier des fantassins jusqu'à Votre Kronprinz, cabot fantoche et rigolbochc, Au profil en museau de chacal à chapska Allemand ni Germain, pas méme Teuton, \u2014 Boche, En vain lâchez vos gaz, sortez votre surin, Nous vous boulangerons la mauvaise aventure: Voici le jour du four ct l'heure du pétrin Où les hardis mitrons de la moisson future Vont, à la fin des fins, mettre \u201cdéconfiture\u201d En tartines de sang sur l\u2019affreux pain kaka, Quid Berlin four vos groins de porcs on fabgiqua.Ailleurs! choucroutailleurs! finie est la bamboche; Vous êtes d'un pays auquel on dit: \u201cRacal\u201d Allemand ni Germain, pas méme Teuton, \u2014 Boche.Envoi.Kaiser, de qui l'orgueil loufoque disloqua L'Empire \u201cKolossal\u201d que le lourd Bismarck a Bâti du carton d\u2019Ems, garde sur ta caboche Comme un soufflet ce nom dont l\u2019Argot te marqua: Allemand ni Germain, pas même Teuton, \u2014 Boche.LUCIEN METIVET. 10 LE CANARD, Montréal, 26 Décembre 1915.Vol.XXXIX \u2014 No 9.Le Père Noël, assis Lien au chaud dans sa petite maison, s'étira, bailla, passa sa main dans sa longue barbe blanche, réfléchit et se mit à écrire.11 écrivait sur un nuage, avec un morceau de foudre inutilisé.\u2014Quatre et trois, onze; et six, vingt-deux, Je pose huit et je retiens.Combien est-ce que je retiens?Recommiençons.Quatre et trois, douze; et six, trente-quatre.Je pose.Ah, zut! je pose tout ct je ne retiens rien.Et il envoya promener son morceau de foudre, ce qui produisit un léger roulement de tonnerre.Le père Noël n\u2019est pas fort en calcul.11 n\u2019en fait qu\u2019une fois par an, le 23 décembre; quand on a, comme lui, 1915 ans, on est excusable d'oublier les règles de l\u2019arithmétique, surtout si on ne les a jamais apprises.Et pourtant, il fallait bien que le Pére Noél arrivat à faire son addition; sans cela, il ne serait jamais prêt pour le surlendemain 26 décembre, jour où il doit payer les factures des grands magasins auxquels il a commandé les jouets, bunbons et cadeaux de toute sorte nécessaires pour la grande distribution de la nuit du 24.A celte occasion, le Père Noël reçoit tous les ans une certaine sonunc, toujours la même, que le bon Dieu lui donne en disant: \u2014Arrange-toi avec cela.Mais cette année, le Père Noël avait probablement eu la main lourde, car il ne s\u2019y retrouvait pas dans ses comptes.\u2014J'ai cependant mon nombre ordinaire de chevaux, de poupées, de polichinelles, de billards anglais ct de sacs de chocolat.Cependant, il me semble que j'ai dépassé mon crédit.Voyons, recommençons cette maudite addition.Quatre et trois cing: et six, soixante-douze.Tiens, ça n'est pas le même chiffre que tout à l'heure.Que le diable emporte toute la bouti- quel Il n'avait pas plutôt achevé ces paroles, qu'il entendit frapper à la porte de sa petite maison.Il alla ouvrir et recula stupéfait.C'était le Diable en personne qui, d\u2019un bond, avait jailli du fond de l\u2019Enfer jusqu'à la porte de la petite maison du Père Noël.\u2014-Bonjour, Père Noël.\u2014Bonjour, Satan.Quel mauvais vent vous amène?\u2014Comment! Mais c\u2019est vous qui m'avez appelé.\u2014Moi?\u2014Bien sûr.Je vous ai entendu crier: \u201cQue le diable emporte toute la boutique.\u201d Alors, j'ai fait un saut jusque chez vous.en passant, car l\u2019Enfer et le Paradis, ça se touche.Voyons, où est-elle, cette boutique, que je l'emporte.\u2014Vous n'y êtes point.J'avais une addition 3 faire et je n'y arrivais pas.A CAAA Alors, furieux, j'ai crié: \u201cQue le diable emporte toute la boutique!.La boutique, ça voulait dire: s'addition.\u2014Alors, je vais m'être dérangé pour rien?Ah! mais non, \u2014Eh bien, emportez l'addition.\u2014Qu'est-ce que vous voulez j'en tasse, de votre sale addition?\u2014lEh bien, alors, faites-la moi.Satan, mon petit Satan, une petite addition de rien du tout.\u2014Heu, heu.Les additions ne sont pas mon fort.Une soustraction, je ne dis pas.\u2014 Satan, si vous me faites mon addition, je vous donnerai quelque chose \u2014Comme ça, si vous voulez.Voyons.sur quoi écrit-on, ici?\u2014Sur ce nuage, avec ce bout de tonnerre.\u2014Bien, Nous disons.Quatre et trois, deux; et six, un.je pose zéro ct je ne retiens rien du tout.que \u2014litrange!.Continuez.Vous en étiez à: et je retiens huit.\u2014l'arfaitement.Huit et sept, trois; et neuf, zéro.Là, ça y est.Ça vous fait au total: quarante douze virgule un.\u2014Etrange! \u2014Quoi?C'est le total qui vous étonne?\u2014Oui.Je n\u2019ai pas besoin des centimes.Donnez-moi un total en chiffres ronds.\u2014Moi, je veux bien.Zéro neuf six zéro zéro neuf zéro.Ça fait des chiffres ronds: o, 6, 9.Il n'y en a pas de plus ronds.\u2014Parfait, Alors, vous dites?\u2014Zéro zéro six neuf zéro zéro.\u2014C'\u2019est beaucoup! \u2014On peut avancer la virgule.\u2014C'est ça; avancez la virgule, Satan.\u2014Bon, Alors zéro zéro six, c\u2019est-à- dire neuf cents.\u2014 Merci, Satan; vous êtes bien gentil, ; \u2014Je le sais bien.Mais qu\u2019est-ce que vous me donnerez pour ma peine?\u2014Ah! c\u2019est vrai.Bien, je vous donnerai.tenez, tous les zéros que vous avez laissés derrière la virgule.\u2014Vous vous fichez de moi, Père Noël?\u2014Vous ne voulez pas de mes zéros?N\u2019en parlons plus.Je vous donne.Oh! quelle idée! Je vous donne le droit de faire à ma place ma distribution dans les cheminées, demain soir.\u2014J'accepte.Merci, père Noël.Au revoir.\u2014Au revoir, Satan.Eh, dites donc!.Quel chiffre m'avez-vous dit, au total?\u2014600.\u2014Bon, merci.A demain.\u2014Comptez sur moi, * *e Le lendemain, Satan fut rendez-vous.exact au Il se chargea de lu grande lotte dans laquelle le Père Noe: met les billards anglais, les chocolats, etc, et Commiença sa tournée sur les tuits.Mais il fit la distribution à sa manière, c'est-à-dire à la diable.1 nuit tous les beaux jouets dans les chenu- nées délabrées, celles que les pauvres gens n'allument jamais, parce qu\u2019ils n'ont pas de sous pour acheter du bois à brûler \u2014 et encore moins des joujoux pour leurs gosses; ct dans les belles cheminées bien confartables, il ne mit rien du tout, pour la bonne raison, d'abord, qu'il y avait du feu allumé en bas qui lui envoyait au nez de grosses bouffées de fumée noire.Quand il eut fini, il se frotta les miains tout joyeux et redescendit en enfer.*.Le Terre.Les petis enfants riches pleuraient parce qu'il n'y avait rien dans la cheminée.Les parents allérent tout de suite leur acheter des chemins de fer électriques et des aéroplanes, et les petits enfants riches furent tout de suite consolés, Quant aux loupiots, marmousets, moutards ct autres gosses-i-Poulbot, ils poussèrent des cris émerveillés devant leurs inattendus polichinelles, leurs crottes de chocolat inespérées ct leurs improbables billards anglais.Pendant ce temps, le Père Noël dormait bien tranquille, puisque le diable lui avait fait son addition.Il attendait que les encaisseurs des grands magasins vinssent le réveiller.Mais il ne vint que saint Pierre, portier du Paradis, qui lui remit deux lettres.La première, une lettre collective des grands magasins, disait ceci: lendemain, grand émoi sur Monsieur le Père Noël, Nous avons vendu, cette année, deux fois plus de jouets que les autres années, nous avons donc résolu, à titre de prime, de ne pas vous réclamer le montant de nos factures.Vous nous honorerez en visitant nos nouveaux agrandissements, etc.Les Grands MAGASINS.Qui fut Père Noël, \u2014Si j'avais su, dit-il, je nc me serais pas donné tant de mal pour faire cette maudite addition.La deuxième lettre était ainsi çue: bien content?Ce fut le con- Père Noël, On a eu des jouets épatants, cette année, merci.L'année prochaine, tâchez qu\u2019ils soient encore plus chouct- tes.Les Gosses PAUVRES.\u2014Qu'est-ce que ça veut dire?Le » COMPTES DE NOEL diable a encore dû faire des siennes!\u2026 Enfin, tout le monde est content, moi compris, donc, ne nous plaignons pas.Tout de même, quel dommage que ce damné Satan ait si mal tourné: avec ses aptitudes pour la comptabilité, il aurait pu faire quelque chose.Et le père Noël se recoucha pour 363 jours.WHIT.La Gueule de Bois M1 nous revient vu écho de la fin de l'année dernière.Le 24 décembre, le rédacteur-en-chef d'un grand quotidien eut une idée admirable.I chargea un des reporters d'aller le lendemain matin chez les principaux membres de l\u2019Académie de Medecine pour leur demander leur avis sur les causes d'un phénomène assez commun que nous appellerons par euphémisme: la bouche de bois (en latin: \u201cgueula lignea\u201d).Le jour de Noël, à onze heures du matin, notre journaliste se rendit donc chez les princes de la science.La plupart lui firent répondre qu'ils étaient encore au lit, un peu souffrants parce qu\u2019ils avaient veillé assez tard pendant la nuit et ils s'exeusèrent de ne le point recevoir.Un grave docteur f'accucillit, mais ayant entendu la question qu'on lui posait: \u201cLa bouche de bois, je ne connais pas cela, monsieur!.Pour mon compte, je ne bois que de l\u2019eau.Et je n'ai point d'ivrognes daus ma clientèle !\u201d Le reporter revint done hredouille à son journal.C\u2019est domunage : les grands savants de la Faculté de médecine nous: auraient peut-être appris que le malaise- vulgairement appelé: \u201cbouche de bois\u201d provient d'un usage immodéré de lai boisson.LA SURPRISE HABITUELLE.Madame.\u2014 Je vais faire une bonne surprise à mon mari pour son cadeau de Noël.Son amie.\u2014 Vrai! c\u2019est?Madame.\u2014 Je ne lui donnerai rien du tout.qu'est-ce que Vol.XXXIX \u2014 No g.Le Réveillon LE CANARD, Montréal, 26 Décembre 1915.de Peloubaz Pauvre Péloubas{ il était de Provence.Comme il recevait régulièrement de la-bas, a la mi-décembre, sa provende de cochonnaille, c'était chez lui qu'on réveillonnait, dans son atelier, rue d'Assas.Mais cette année-là, quel réveillon ! Autant que je me rappelle, il y avait Modard, le statuaire de Toulouse, puis- qu'ils en sont tous; le félibre incertain Claudius Martin, moitié trouvère et moitié troubadour; puis Symois, l'interne, et moi, chacun avec sa chacune, car il est classique de finie le médianoche par un branle-bas.J'oublic dans l'énumération le violoniste Batot, ou Lebatot, wimpor- te, qu, sous le nom de Evii, plus hongrois que nature, \u201ctziganait\u201d dans les restaurants de nuit pour gagner sa vic.\u2019ar une distraction toute zingarique, Eyii était venu sans femme, de telle sorte que Clara, le vis-à-vis de Eyii était une assez jolie rune, répondant au nom de Coralie.Ses yeux noirs, caverneux, illuminaient la pâleud de cire de son visage marbré de taches inquiétantes.Sa taille, que cependant on sentait fine, était gâtée par un cmbonpoint prématuré que Clarinette expliqua par la profession mème de son amie: \u2014Elle est dans la piqûre, toujours assise à la machine à coudre.D'ailleurs, et n\u2019en ai pas trouvé d'autre, Encore n'est-elle venue que pour la boustifaille.Elle crève de faim tout le temps! \u2014Alors, à table! s'était écrié Péloubaz.Et, montrant d'un geste vaste et cir- conférenciel les plats multiples de la régalade: jambon, saucisses, hure et cré- pinettes : .\u2014C\u2019en cst un du Midi, nourri d'her- hes odonrantes et doré de soleil! Et Coralie dévora.T1 semblait qu'elle ne se fut pas alimentée dcpuis sa première communion, Pélouhaz jubilait.Eyii, effrayé, la forçait à loire.Modard, béant, modelait de la mie de pain, ma- SURPRISE MALGRE TOUT.ç Monsieur.\u2014 Non, je ne veux pas te dire d'avance ce que je te donnerai.Je veux te faire une surprise.Madame Dis-le-moi quand même, je serai assez surprise si tu tiens ta parole, chinalement, et le puète s'attendrissait sur la misère des pauvres ouvrières.Quant à Symoïs, interne, un pli au front, et soucieux, il regardait l'engouf- freuse, \u2014A présent, mes petits, In farandole ! Je te dis tout ça très vite pour arriver plus tôt à l'aventure.Donc, on s'était mis en place, par couples, derrière le tzigatte, pour tourner autour de la table, à travers les chevalets.Eyii, son violon au menton, rythmait déjà les premières mesures, lorsqu'un cri terrible nous déchire les oreilles.C'est Coralie.Qu'est-ce qu\u2019elle a?Qu'est-ce qu'elle s\u2019est fait?Une entorse?.Mais pas du tout, belle et bien évatonie, L'interne se peuche, la tate ct se met à rire: \u201cToi, chez le plarniacien, vite.Et maintenant, jette-t-il au statuaire, por- tons-la dans la chambre à Peloubaz.\u2014 La chambre à concher?\u2014 Tu veux dire à.accoucher.\u2014 Miséricorde! clame Claudius, ce n\u2019était donc pus une entorse?\u201d + Lorsque je revins, une demi-heure après, avec mon chloroforme, tout était déjà fini, grâce à l'aide de la bonne Clara, que Symois avait appelée à la res- conusse.Evii et le poète s'étaient carapat- tés à l'anglaise.Péloubaz ronflait sur un divan, dans le vénérable tat bachique.\u2014Quel dommage, me dit Symoïs, que Péloubaz soit hors des contingences terrestres: lui qui aime les natures mortes.en voilà unel Et, daus les plis d'un mouchoir de poche A nous montrait, à Modard et à moi, Pesquisse humaine \u201cnée morte\u201d, comme Voltaire, qui y gisait sans avoir vécu.\u2014Encore une victime d'Elias Hove! jetat-t-il par dessus son épaule haussée.Et maintenant, qu'allait-on faire?La mère, elle dormait, elle, veillée par son amie, une brave fille, et en quinze jours, au plus, clle pourrait rentrer dans la piqure; mais lui, l'ébauche, dans le mou- QU LL fait du \u2014Qu'as-tu l'as vendu\u201d \u2014Oui, pour l'acheter un présent de Noël., \u2014Vrai! Qu'est-ce que c\u2019est?\u2014Une tonne de charbon! pacle, Pat, tu choir?Et qu'en fait-on, en effet, en pareil cas?\u2014Mes enfants, reprit le carabin, deux voitures reconduisent dans les Himbes les rescapés de la vie, l'une en bois de sapin, l'autre en verre.Bocal ou cercueil, choisissez; Mais, de cet embryon deux fois inanimable, il faut debarrasser Péloubaz et Clarinette, qui ne sont pour rien dans \u201cl'affaire\u201d.À vous done de rendre telle quelle à la nature cette erreur informe de la société.Moi, j'ai mon rôle dans la pièce à côté.Et Symuïs nous plaqua, avec, sur les bras, la poupée.Notre mission était absurde, mais plus difficile encore.Je dois dire que nous répugnâmes tout de suite à cette fosse commune qui est le recours en pareil cas.Les artistes ont des pudeurs d'âme par où s'explique qu\u2019ils sont artistes.\u2014J'ai une idée, ft Modard; elle est dans la Bible, d'ailleurs.\u2014Comment?.\u2014Eh bien, oui, le petit Moise sur le Nil, \u2014Et le berceau d'osier ?\u2014Le voici.C'était la boîte à violon d'Eytii, qu\u2019il avait oubliée dans sa fuite, devant les cris de Lucine.Et nous voilà partis, portant aliernati- vement f'étui sous le bras, à travers les rues mises en liesse par la féte de la Jativité.Tous les cafés étaient ouverts.Mais inutile, n\u2019est-ce pas, de te décrire, une christmas au quartier Latin.Un mot suffit d\u2019ailleurs, qui résume tout: le 25 décembre, l'Odévn fait recette: \u2014Je crève de soif, dit Modard.\u2014Et moi donc! \u2014Le cochon?\u2014Du Midi.\u2014Un bock?\u2014Deux.Tel fut le dialogue, dont le laconisme t'exprime notre embétement de croque- morts.Et les soucoupes s'empilérent.A la sixième, je lui dis: \u2014Modard, s'il n\u2019était pas mort?\u2014J'y pensais.\u2014Ah! toi aussi?Fichons le camp.\u2014Comment ?\u2014Toi à gauche, mois à droite.\u2014FEt la boîte?\u2019 TROP PARLER NUIT.T.ui.\u2014 Sais-tu, ma belle chérie, ce que je vais te donner pour Noël?Elle.\u2014 Non, mais cette simple question me fait comprendre que tu as toujours le coeur généreux ct que tu vas me donner quelque chose de nouveau, d'élégant et de très dispen- dicux; tu es un véritable amour.«xx Il \u2014Laissons-la sur la chaise.\u2014Oui, j'aime mieux ça que le Nil.\u2014Oust | Mais va te faire fiche, godiche! Nous n'étions pas à dix mètres que le garçon de café s\u2019élance.\u2014Eh! les musicietis, vous oubliez le Paganini} Et force nous est de reprendre 1'étui hongrois.Un autre essai dans une autre taverne, soutenu par une autre pile d'autres soucoupes aboutit à un résultat identique, avec cette différence que les consommateurs, en nous la rendant, nous prient, et ,au besoin, nous ordonnent de leur racler un menuet pour dégourdir les mollets de ces dames.En jouer!!! C'est la fuite, car nous commençons à perdre la tête, où plutôt ce que Gambrinus nous en laisse.Et notre allure devient louche.Plus nous nous en rendons compte, plus son strabisme se caractérise.\u2014Elle n\u2019est pourtant pas petite bière, dit Modard.\u2014Laquelle?réponds-je épouvanté.lourde, la Enfin nous arrivons au Nil, c\u2019est-à-dire à la Seine.\u201cAu gré des eaux, dans les roseaux, le p'tit Moïse !\u201d chante bétement le statuaire.Je le fais taire.Il va nous perdre.Nous cherchons l'escalier de la berge, mais, au moment d'y descendre, j'aperçois les sergots, penchés, sur le parapet.Ce sont les mêmes, ceux du refuge.Ms nous ont suivis, parbleu! Nous marquons mal, nous empestons l'infanticide.Mais Modard n°y est plus du tout.\u2014Sais-tu ce qu'il y a, vieux complice?Th bien, il ¥ a une prune chez la mere Morceau! Noël! Noël! Et il m'y entraîne.Te dire ce qui s\u2019est passé ensuite, impossible; mais les faits sont les faits, et il est certain que, Je matin, Eyii trouva sa boîte à violon sur son paillasson, devant sa port.Le petit anabaptiste y était-il encore?11 ne nous I'a jamais dit, ct nous ne le lui avons jamais demandé.Voilà ce que c\u2019est que de venir sans femme à un réveillon à farandole ct à cochonnaille.Emile BERGERAT.BON CONSEIL.\u2014Sais-tu ce qu'il ne faut pas donner ñ sa belle-mère?\u2014Non, \u2014L'adresse de demeure.la maison où l\u2019on 12 LE CANARD, Montréal, 26 Décembre 1915.Vol.XXXIX \u2014 No 0.Les Etrennes du Petit Chamot Pensées Roses pour Personnes Pâles Gidoin dit à Mme Gidon: \u201cNous di- nons tous les quinze jours chez les Chamot; il faudrait faire un caileau au pe- tot Chamot, pour le Jour de l'An; c'est une politesse forcée.\u201d \u2014Oui, dit Mme Gidoin; il y a justement au Bazar International de superbes jeux de quilles à 2 fr.95; ça représente un cadeau d'au moins dix francs.Le Jour de l'An, les Gidoin s\u2019en furent chez les Chamot, et après les souhaits réglementaires, M.Gidoin prit un air entendu pour dire: \u201cSi mon petit ami Bob a été sage, il n'a qu\u2019à chercher dans l'antichambre: il y trouvera un paquet qui l'attend !\u201d \u2014Oh! s\u2019eria Mme Chamot, vous avez encore fait des folies ! Le petit Chamot se rua dans l'antichambre et reparut avec un gros paquet insidieusement ficelé; tandis qu\u2019on dénotait les ficelles, le cher enfant dansait une bamboula d'impatience; cette allé- fresse s'éteignit soudain lorsque parurent les neuf quilles, rangées autour de leur boule comme les neuf Muses autour d\u2019Apollon.Mme Chamot jugea utile d'affecter une joie que son rejeton se refusait à manifester, et elle proclama, étonnée ct ravie: \u2014Oh! vous le gâtez! J'espère, Bob, tu vas bien t'amuser avec ces magniti- ques quifles ! Bol» répondit quelques mots qui se perdirent heureusement dans le brouhaha du départ.Les Gidoin sc retirèrent; après eux, vinrent les Trouduné; on se complimenta; Mme Chamot replaça à Mme Trouduné un mot aimable qu'elle avait reçu de Mme Giloin; on se repassa le sac de fondants que la maîtresse de la maison n'aimait pas; puis M.Trouduné dit, d\u2019un air fin: \u201cBob, va voir dans l'antichambre; je crois qu'il y a quelque chose pour toi!\u201d \u2014 Je suis sire (ue vous avez encore fait des folies! s\u2019éeria Mme Chamot.Et Bob revint avec un paquet très lourd, que l'on dépouilla de son papier ; c\u2019était un superbe jeu de quilles.\u2014Oh! dit précipitamment Mme Chamot, \u2014 coupant ainsi la parole à sa progéniture, \u2014 vous le gâtez! Il désirait justement un jeu de quilles! Et l'on força le petit Chamot à remercier, Les Troudune partis, les Bram apparurent, et, dès la porte d'entrée, rugirent : \u201cBob! mon garçon! Nous t'avons apporté, devine quoi?.Un jeu de quilles!\u201d Après les Bran, on vit venir les Chaudepince, puis les Cambouis, puis M.Foron, le parrain du petit Chamot: puis d'autres encore.Et tous apportaient des jeux de quilles! Et, quand le soir arriva enfin, il surprit le petit Chamot en train de pleurer silencieusement auprès de cent huit quilles rangées en bataille devant douze boules; quand aux parents Chamot, ils songeaient avec satisfaction qu\u2019ils avaient leur provision de Lois pour le reste de l'hiver.Il n\u2019est rien de tel que les étrennes utiles.Pierre VEBER.Théâtre National Encore une Revue Pour finir l\u2019année de 1915 l'on ne pouvait mieux choisir qu\u2019une revue intitulée \u201cMontréal fin d'année\u201d, dont l\u2019auteur est M.J.E.Tremblay.\u201cGédéon\u201d qui n\u2019est pas jaloux lui a céder sa deuxième semaine de succès, La gaieté doit régner en maître actuellement, il faut s'amuser, se distraire et rire.Laissons de côté les idées noires de Guillaume, chassons-les pour faire place aux idées roses ct rosses.Une revue est toujours bien accucil- lie du public, car il sait d'avance qu\u2019il va se payer la tête de quelqu'un, La série des grands faits fédéraux, provinciaux et municipaux ne s'épuise pas facilement, au contraire, elle s'allonge tous les jours.Ce qui a fait dire à M.Tremblay je fais une revue et je l'appelle \u201cMoutréal fin d'année\u201d, ce titre renferme beaucoup de faits dont l'année 1915 a été l'innocente victime, Une seconde rèvue très amusante et très piquante obtiendra beaucoup de succès étant donné qu'elle est Lasée sur des faits nouveaux dont voici les principaux: Une session au parlement d'Ottawa; le tirage au sort des Contrôleurs; l\u2019exposition de San Francisco; le régime Martin; le scandale des chevaux; la politique de Borden; le sou du pauvre et du riche; la misère chez Concordia; la misère à Montréal; l\u2019entrevue du Kaiser avec l'Oncle Sam; le cabinet de l\u2019honorable I.O.David, etc, etc.Nut doute que \u201cMontréal fin d'année\u201d obtiendra un très joli succès, car les faits sont d'actualité et plusieurs sauront se reconnaitre directement ou indirectement dans cette revue qui passe au crible de l'ironie les personnages les plus en vue.* * * Spectacle du dimanche Un superbe programme de vues animées sera donné dimanche au National, en matinée ct en soirée.Ce programme a été judicieusement choisi afin de plaire aux nombreux clients de ce populaire théâtre.Inutile de dire que les vues seront comme par le passé des primeurs qui feront la joie des amateurs du cinéma, La partie concert sera comme toujours, trés bien préparée.Allons donc en foule, dimanche, au National, assister à un vrai spectacle de Noël, Il est toujours préférable de battre l\u2019ennemi qu\u2019en retraite, \u2014 O.Asselin.* * * Si bizarre que cela paraisse, il ne faut pas avoir l'estomac dans les talons pour courir ventre à terre.\u2014 Thomas Côté.* \u201c+ Sur l'Yser, les Allemands ont pris la grande crue.Lt sur la Marne la grande cuite, \u2014 Sam Hughes.* * * Le plus souvent un bill privé n\u2019est privé que parce qu\u2019il est d'intérét public.\u2014 L.A.Lapointe.+ 7a Ah! que les songes ne sont que mensonges.\u2014 Médéric Martin.\u2018 Heureux les creux, le royaume des cieux est à eux.\u2014 Marie Kaspulaire.Pa Dire qu\u2019une personne de sung-froid peut avoir le sang chaud! \u2014 Le contrôleur Giroux.+e Le scrutin ouvert est l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de l\u2019électeur sans énergie.\u2014 Roger Valois.Pr La première ligne de défense du Canada est dans les tranchées de France.\u2014 P.E.Blondin.\u201cLt Ce n'est pas tout de s'enorgucillir d'un succès, il faut encore peser les malheurs qui pourraient survenir au cours de la vie.* LJ * La prudence vaut beaucoup: C\u2019est la richesse du sage, et l'ami du bonheur.+ .* La vie, semblable au bontieur passager, s'envole pour se perdre dans l\u2019immensité du temps, ct ensuite ressusciter dans le mystère d\u2019un âge nouveau.+ .+ Quelle manne aux yeux du riche, que fe bonheur terrestre; mais quelle jouissance aux yeux du pauvre, que le bonheur céleste! LE LJ Ce n\u2019est pas tout de peser les avantages du plaisir, il faut encore en considérer les suites.og Le jeune âge, comme l'ouragan furieux, cause souvent de graves peines aux parents dévoués, gy,\" Le bien d'une nation dépend de son parti.LE La promptitude est souvent Ia clé de l\u2019insuccès.A quoi sert rapporter les paroles d'un homme, quand on ne peut comprendre ses propres idées! * * + Men réfléchir mène à la conclusion logique.Quelque érudit que nous soyons, nous avons encore quelque chose à apprendre.0: LA CORRESPONDANCE DE GUILLAUME II ET DERNIER DU NOM.Le \u201cCanard\u201d commencera la semaine prochaine la publication d'une douzaine de lettres inédites de Dillaume aux individus suivants: Roosevelt, Alphonso, Gustave de Suède, Ferdinand de Roumanie, Wilhelmine, le Shah, au Sultan, Bouf-Bouf, roi d'Afrique, Gén.Cucurbitacé, Albert de Monaco, Lord Kitchener, et.Joffre.La première lettre paraîtra, malgré la censure, pas plus tard que la semaine prochaine.0: LA VERITABLE RECETTE -L\u2019'OYE DE NOEL.DE (Les merveilles de la cuisine française.) Choisissez avec une \u201coie\u201d jeune, friande, et de chair bien blanche.Commencez alors par l'attendrir devant un feu doux.Tenez, dès ce moment, une broche toute préparée.Bourrez l'oye blanche de truffes arrosée de champagne.Amusez-la d'une farce relevée; puis bourrez la.Et servez-la toute chaude à vos amis, après l'avoir brai- zée.C'est le régal traditionnel de la famille.Elle.\u2014 Je suis née le jour de Noël et tu n\u2019as même pas eu la pensée de m'offrir un double présent de Noël à cette occasion! Lui\u2014Mais non, ma chérie, ça n\u2019aurait pas été délicat de ma part de te rappeler que tu avais un an de plus. Vol.XXXIX \u2014 No g.Les bottines de l'Etudiant CONTE DE NOEL C'était un pauvre vieil étudiant de vingt-septième année.Depuis longtemps, ses oncles les plus lointains étaient morts au fend de leurs provinces respectives, et nul secours ne lui parvenait plus (mème de loin en loiny, sous forme de mandat-poste.Je le vois encore, avec ses longs cheveux, sa barbe poivre et sel et son sordide chapeau à bords plats, \u2014 poivre et sel également, hélas! It avait une redingote roville et un pantalon dont aucun ve erhle ne saurait peindre la détresse.Mais ce qu'il v avait de plus lamentable.vraiment, dans son costume, c'étaient ses pauvres vieilles bottines à élastiques dont les talons avaient fui sans laisser de vestiges, et dont les semelles périmées buvaient l'eau froide des hivers.Pauvre vieil étudiant!.En proie à l\u2019absinthe il menait, au sein d'innoma- les cahionlots, une ve de madépore.Tout Tui était égal.IV se moquait du tiers comme du quart.ne possédant le tiers de rien ni le quart de quoi que ce fût! Or, un soir, qu\u2019il avait bu plus que de coutume, \u2014 ce n'était pas un soir quelconque, mais bien la veille de Noël, précisément, \u2014 il aperçut, lui qui jamais wapercevait rien, \u2014 il aperçut, dans la vitrine d'un épicier, in petit enfant eu sucre couché sur de la paille d'or parmi des personnages de plâtre et des Lestiaux de chocolat.Et il se rappela qu'autrefois, il avait connu ce petit enfant.Il vit également, prs de l'enfant, un hon vicillard à barbe blanche, dont Ja houppelande de bure était couverte de givre \u2014 et ce vicillard, il lui sembla aussi l'avoir déjà rencontré quelque part.\u2014Fh! mais.Dredouilla-t-il, je ne me trompe pas.c'est.le père machin, ça.le père Noël.Comment que ça va, père Noël?\u2014Pas mal, et toi?répondit le père Noël où du moins, il erut que le père Noël répondait cela, et même il l'enten- «it ajouter :) \u2014Tu ef saoul comme un âne, ce soir, mon garçon: va te coucher, ça te fera du bien.couleur de \u2014C'est ce que je vais faire, répondit le pauvre étudiant; et péniblement, il regagna sa mansarde.11 demeurait tout près de là, hevreuse- ment: et, lorsqu'il fut chez lui: \u2014\"Tiens, tiens, pensa-t-il, le père Noël a l'air de bonne humeur, cette année\u2026.Si je faisais comme jadis, si je mettais mes souliers dans la cheminée.peut- être m\u2019apporterait-il quelque chose.T1 n'avait pas de cheminée, mais il en fiura une à la craie sur le plancher, ct pour faire rire un peu le bon papa Santa Claus, il dessina en outre une tablette au-dessus de laquelle il écrit : Flambeau \u2014 PENDULE \u2014 Flambeau, Puis, dans le cadre qui représentait le foyer, sur des cendres imaginaires, il déposa ses pauvres vicilles, flasques et désagrégées bottines à élastiques.TI les déposa là, et s'endormit.Mais, le lendemain matin, il eut beau LE CANARD, Montréal, 26 Décembre 1915.13 On dit qu'au jour de l'an le chef Campeau sortira ses policewomen.NA les fouiller avec le plus grand soin, il ne trouva rien, rien, pas même une méchante pièce de quatre sous.\u2014Bah! fit-il, le père Noël est comme les autres, il se fiche pas mal de moi! Et, triste, il laissa choir ses piteuses chaussures.Mais, comme elles tombaient, il vit quelque chose qu'il n'avait pas remarqué tout d\u2019abord, ct ce quelque chose lvi fit pousser un grand cri de joie.Elles étaient ressemelées.Gen.AURIOI.MIMINE aul Demaneau \u201caura trente-huit ans le 24 décembre.À cette occasion, selon sa coutume, il ira diner chez Mme Doullens, née Yvette Demancau, sa socur, qui ne manquera pas de lui faire baiser, comme tons les ans à pareille date, les restes assez bien conservés de Mimine.Pourquoi Paul Demaneau rit-il d'un rire inexplicable auand où lui fait baiser Mimine?Et qu'est-ce que Mimine?C'est une histoire, Le 24 décembre 1885, Paul Demaneau eut dix-huit ans, Son père lui donna vingt francs.Bien qu\u2019il fit sa licence, Paul était encore pur et n'avait rien perdu de sa candeur dans la fréquentation des auteurs classiques.L'embarras d'une poule qui trouve un canif est donc seul comparable à celui qu'éprouva Paul à l'aspect du louis d'or paternel.\u201cQu'est-ce que je vais faire de ça?\u201d se demanda-t-il.Mais, bientôt, il se dit: \u201cC\u2019est demain Noël: je vais faire une surprise à Yvette!\u201d Comme Yvette n'avait alors que huit ans, le choix de la surprise était facile.Aussi, Paul, aprs le déjeuner, s\u2019en alla- t-il tout droit aux Galeries du Vingticme Siècle et s\u2019y fit indiquer le rayon des joucts.Des centaines de poupées de toutes tailles I'v accucillirent du sourire à peine ébauché sur leurs hovcheties en formé de cerise, Parmi celles de vingt francs, il en fut une qui fit tout de suite la conquête de Paul, Il s'en saisit, inspecta ses articulations, ct, content de la constater sans tare il allait se la faire adjuger, quand une petite femme, qui, depuis quelques instants, se tenait à sa gauche, prit la parole et lui dit: \u201cMonsieur, pour le même prix, tu aurais une poupée vivante,\u201d \u2014 \u201cUne poupée vivante pour vingt francs!\u201d s'écria-t-il.\u201cC\u2019est pour rire, sans doute?\u201d \u2014 \u201cNon, mon petit homme, rien n'est plus sérieux,\u201d affirma la femmelette.\u201cEt si tu veux t'en rendre compte, mon mignon,\u201d ajou- ta-t-elle, \u201ctu n'as qu\u2019à me suivre à cent mètres d'ici.Tu verras.\u201d Et, la poupée remise en place, il emboitait le pas à la petite femme.Moins de trois minutes après, il arrivait avec elle au cinquie- me étage d'une antique maison de la rue Saint-Honoré.C\u2019est dans cet étroit décor qu'un nouvel espace sur la vie s\u2019ouvrait à Paul Demancau, T1 connut là, de plus, l'acception = vraie du mot licence.Bien qu'allégé physiquement, Paul se sentit accru, Il tint à connaître le nom de la si experte fille d'Eve à qui il était rede- valle d'aperçus inédits.\u201cJ'ai reçu au baptéme le nom d'Irmine, \u201d déclara-t- elle ; \u201cmais, pour mes chéris, je suis Mimine,\u201d Mais Paul fit un rève pénible : if vit Yvette, en robe de nuit et toute en larmes sur le tapis de foyer de la salle a manger.Cette vision l'éveilla.S'en fut aux Galeries du Vingtième Siècle, et troqua ses vingt francs contre la poupée élue, qu\u2018Yvette, transportée, trouva dans la cheminée, dès l'aurore.\u201cTu sais, soeurette.\u201d décréta Paul, \u201cje veux qu\u2019elle s'appelle Mimine.\u201d Et la Mimine vivante?Elle eut aussi son petit souvenir; car, sans s\u2019en douter, Paul lui avait laissé une parfaite réduction de lui-même.Cette réduction, Mimine, incapable de rancune, la nomma Noël; \u2014 ct, bien que Noël ait anjourd'hui dix-neuf ans passés, elle le câline encore, à tout instant, d'un \u201cmon lapin\u201d dont seulle elle peut savourer l\u2019ironic.Georges DOCQUOIS. 14 LE CANARD, Montréal, 26 Décembre 1915.Vol.XXXIX \u2014 No 9.COUACS COUACS La Commission Scolaire d'Outremont se déclare contre tout projet d'annexion.Enfin, en voilà une qui n\u2019a pas peur de se montrer au grand jour.e De \u201cl\u2019Avenir\u201d, de Ste-X.: \u201cLes opérations militaires s'améliorent chaque jour: le général Joffre va bientôt se décider à secouer les aîles de son génie pour prendre son vol vers les rives du Rhin.\u201d Dieu, qu'en termes galants ces choses- là sont ditesl.° .Dans un secteur du front un capitaine d'artillerie repérait pendant la journée avec un grand soin, une position allemande.l'uis à minuit précis, il tirait douze coups de canon régulièrement espacés, pas un de plus, pas un de moins.Cette plaisanterie avait le don d'exaspérer les Boches qui s'efforcaient vainement de découvrir et d'atteindre l'invisible batterie qui leur sounait chaque soir minuit de si désagréable façon.gq \u201cLa Presse\u201d dépeignant les souffrances d'un blessé qu\u2019on opère: *.0n entend dans le grand silence ses dents et ses orteils qui grincent ct erachent avec le bruit see de noix qu\u2019on casserait.\u201d On avait déjà vu des boxeurs cracher leurs dents, mais des dents qui crachent!.Et des orteils, done!.+ « » Le bureau des licences, à Ottawa, n\u2019a pas voulu admettre cette définition d\u2019un homme ivre: \u201cEst ivre, celui qui a bu au point qu\u2019il faille deux hommes pour le tenir debout\u201d.Un magistrat trop indulgent en est l'auteur.Un hôtelier de l'Ouest a donné cette autre définition, aussi rejetée: \u201cUn homme ivre est celui qui a tant bu qu'il ne lui reste plus un sou dans ses poches\u201d.Ces deux définisseurs semblent également beaucoup au-delà de ln vérité.« * Dans le \u201cSecond Livre de la Jungle\u201d, due Rudyard Kipling, traduction de Louis Fahulet et Robert d'Humières, on lit, pages 137 et 138: \u201cet le Mugger savait que le Chacal avait parlé dans ce but, ct le Chacal savait que le Mugger savait, et le Mugger savait que le Chacal savait que le Mugger savait; et de cette façon ils étaient tous deux contents.\u201d Allons, tant mieux! .Un petit jeune homme venait d'obtenir la croix d'honneur.Il était pas content, et demandait encore, \u201cMais il me semble, lui dit son protecteur, que vous avez déjà obtenu la récompense de ce que vous appelez vos services.\u2014La belle chose! répondit le nouveau chevalier; un bout de ruban! \u2014Un petit bout de ruban, répliqua le protecteur, n'est-ce pas tout ce qu\u2019il faut pour couvrir votre mérite?\u201d On nous communique la note de service suivante.L'Officier d'Administration de 1ère classe X., gérant le Centre de Ravitaillement en combustibles et ingrédients pour automobiles, à Monsieur l\u2019Officier d'Administration de 1ère classe commandant la Section de C.O.A.J'ai l'honneur de vous envoyer 19 hommes pour couper les cheveux à la tondeuse.Hs doivent passer demain matin la revue du général à votre caserne.Contrairement à ce qu\u2019on pourrait croire, c\u2019est la tondeuse qui a coupé les cheveux aux dix-neuf hommes.* .* D'un célèbre chant patriotique, \u201cRoulez tambours\u201d, paroles et musique de Menica Rondelly, ces quatre vers (si l\u2019on peut dit) : Ma mère adieu! je pars, je suis soldat ! Ne pleure plus, à toi qui m'es si chère, N\u2019éveille pas l'enfant de nos amours; Tu lui diras dans ton baiser de mère: Honneur! Patrie, Dieu veille sur vos jours.C'est l\u2019auteur lui-même qui a décerné le qualificatif \u201ccélèbre\u201d à sa chanscon.Est-il bien utile d'éveiller un gosse, mé- me s\u2019il est le fruit de l'inceste, pour lui dire que Dieu veille sur les jours de l'honneur ?: ¢, Trois annonces cueillies dans un journal de Trois-Rivières : \u201cMariage.Un jeune homme catholique, veuf, sans enfants, ayant un petit avoir, âgé de 41 ans ct un très joli caractère.\u201d Un jeune homme de 41 ans! Est-ce le climat du Canada, la religion catholique, ou In joliesse de son caractère qui empêche que jeunesse ne se passe?\u2018Professeur pour leçons françaises, se rendant à domicile, est demandé.\u201d Je connaissais la vérité en marche, mais pas les leçons baladeuses.C\u2019est le progrès ! \u201cOn achéterait petit potager marchant très bien.\u201d Macheth avait la forêt qui marche: à Trois-Rivières on se conteute d'un petit potager.JOYEUX NOEL.\u2014As-tu pass¢ un joyeux Noel?\u2014J'té crois.Un ami m'a rapporté un livre que je lui avais prêté, j'ai retrouvé un couteau que j'avais perdu ct ma belle-mère a écrit qu\u2019elle ne pouvait venir nous voir.Théâtre Canadien-Français Depuis longtemps le sympathique directeur Armarid Robi nous promettait une véritable grosse surprise au Théâtre Canadien-Français, pour ceux qui connaissent l'exhubérance artistique, la vive imagination de notre im- pressario.Rien ou presque rien ne saurait les surprendre, toutefois l\u2019on se demandait quelle pourrait bien être cette aubaine toute spéciale qu\u2019il nous réservait et voilà que pour les étrennes des estimés habitués de notre joli Théâtre Canadien, la bombe remplie de faveurs multicolores a éclatée.On donnera durant toute la semaine commençant le 27 décembre, une revue inédite sortie comme par enchantement du bout de la plume de ce vertigineux et prolifique litérateur quest Pierre Christe.Ce distingué auteur n'en est plus à ses premières armes.Ses revues ont fait courir tout Montréal, c\u2019est un poète doublé d'un fin observateur.l'armi ses tableaux de revues, on compte de purs petits chefs- d\u2019ocuvres, qui ont fait l'admiration de tout Montréal.La revue qui sera présentée au Théâtre Canadien-Français aura pour titre \"Vers les Etoiles\u201d.Nous y verrons défiler les étoiles municipales, les jeunes filles à marier, les étoiles des schemes, Ia nouvelle job d\u2019Hébert, l'étoile des vues, Charley Chaplin, le maire-étoile, les chevaux du gouvernement, l\u2019étoile de nos héros, le Gome, le cinquième contrôleur, le sou du pauvre, le Conseil de Ville, le rêve de Médérie, Ladébauche chez Concordia, les héros de Langemarek, Ford, la colombe de la paix, Ladébauche chez le Kaiser.les marrons du feu et les ruines glorieuscs.Cette revue sera divisée en 3 actes et 9 tableaux, elle sera représentée au Théâtre Canadien-Français pour Ja première fois ct nous pouvons être certains qu'elle récréera ute véritable sensation dans milieux artistiques.Madame Dorgeval en sera la commère; M.H.Pellerin, le compère.Ils seront secondés par toute la troupe au grand complet.le rôle de Ladébauche sera joué par M.Elzéar Hamel, le créateur de ce fantastique et spirituel Canayen, qui saura comme toujours le remplir d'une façon absolument inimitable.Des décors et des costumes spéciaux ont été préparés pour cette représentation extraordinaire, les choeurs seront augmentés et la musique choisie nos QUALITE SPECIALE, a \u2014Veux-tu un cigare, Gus?\u2014Sais pas! Quelle marque?\u2014Ce sont ceux que ma femme vient de me donner comme présent de Noël.212 © \u2014Merci, vieux.Mais je viens de prendre la résolution de ne plus fumer de cigares.avec soin par le directeur Henri Miro, sera des plus moderne et des plus en- trainante.\u201cVers les Etoiles\u201d est la première revue qui soit jouée uniquement par des comiques et chanteurs d'opérettez ce sera un succès, Un trés gros succès, nous n'en n\u2019avons aucun doute.Le Théâtre Canadien-Frangais offrira en plus 10,000 pieds de vues animées, qui n\u2019ont pas encore été représentées à Montréal.Ces roulcaux viennent directement de New-York ct de Chicago et sont choisis parmi les producteurs les plus importants du continent américain.Des chanteurs choisis parmi les artistes de la troupe se feront entendre en matinée ct en soirée.Le Théatre Canadien-Frangais est l'endroit idéal pour passer la journée du dimanche, c\u2019est un spectacle superbe offert à des prix extrémement minimes, Venez vous en convaincre., 10: FAUTE D'ESPACE.Plusieurs articles remis à la semaine prochaine, dont: la Biographie de \u201cMarie Kaspulaire\u201d, \u201cLeurs Etrennes\u201d, ainsi que nos rubriques ordinaires et nos concours et enquêtes.Le prochain numéro scra un \u201cCanard\u201d de Gala.Avis aux amateurs.dre, lire et écrire.EXAMEN DES YEUX Guérison des yeux sans médicaments, opération, ni douleur.Nos \u2018verres toric\u2019\u201d nouveau style \u201ca ordre\u201d, sont garantis pour bien \u201cvoir de loin et de près\u201d, tracer, cou- Consultez le meilleur de Montréal Le Spécialiste BEAUMIER DE L'INSTITUT D'OPTIQUE 144 Est, rue Ste-Catherine, AVIS.\u2014Cetteannonce rapportée vaut 15 sous par dollar sur toutachatenlunetterie, Spécialité ; Yeuxartificiels, N'achetez jamalsder pcdiers niaux magasine à-rout-faire, si vous tenez à vos yeux, Coin avenue Hô:el-de-Ville, Montréal. Vol.XXXIX \u2014 No o.LE CANARD, Montréal, 26 Décembre 1915.BLACK CHRISTMAS PROLOGUE.Je veux bien encore, malgré mon ex- trémie lassitude, vous dire un conte de Noël.Oui, et pas un conte de Noël comme tous les autres.LE REVE D'UN NEÈGRE.Bathias, un superbe nègre d'origine cafre, d'une vingtaine d'années, s'étend sur des nattes, dans un coin de sa case, et rève mélancoliquement, C\u2019est demain Noël, ct toutes les légendes relatives à ce divin jour lui chantent dans lu tête et dans le coeur.Mathias est un superbe nègre, mais c'est un nègre solitaire dont l'ame à du vague.Puis, une torpeur s'empare de sens, et voilà qu\u2019il rève.Ses souliers, qu'il a mis dans la cheminée (en rève, bien entendu, car sa case ne comporte qu'un petit poèle économique de fabrication américaine), prennent des proportions démesurées.Ses souliers se modifient quant à feur forme, et tendent à revétir l'aspect d'une gondole.Pris la gondole se met à voguer sur je ne sais quel lac d'amour, et c'est lui qui la mêne, lui Mathias.A l'arrière, vne fine brume enveloppe comme un voile.une femme peut- être?Oui, une femme! Un petit zéphir de rien cu tout dissipe la brume qu\u2019absorbe l'eau du lac, et Mathias pousse un cri.Cette femme est la femme qu'il aime LA BELLE QUARTERONNE.Imaginez un bloc de porphyre qui serait café au lait clair, avec parfois des roseurs.Taillez dans ce bloc une robuste et sensuelle statue de jeune fille de seize ans.Vous aurez ainst obtenus Maria-Anna, la fille du planteur.CE QU'ETAIT MATHIAS.Mathias n\u2019était pas le premier nègre vent, Né dans la plantation d'anciens esclaves devenus fidèles serviteurs, son intel- ses ligence et le désir d'apprendre se manifestèrent dès le jeune âge.lort ingénieux, il faisait tout ce qu'il voulait de ses doigts, et des autres parties de son corps.Chimiste de première force il découvrit la synthèse de la nicotine, en faisant chauffer, en vas clos, parties égales de chaux vive, de bouse de vache avec deux où trois ronds de betterave.Peu après cette découverte, il recevait les palmes académiques en récompense de son beau travail sur l'-\u201cUtilisation des feuilles de chou «ans les cigares de la régie française.\u201d Par un contact habile et raisonné entre la feuille de chou et la feuille de tabac, il arriva promptement À ce re- marquatle résultat que la feuille de chou semblait une feuille de tabac, alors que cette dernière aurait pu facilement être employée comme vieille feuille du noyer.LE REVEILLON.Chaque année, à la Noël, le senor S.Cargo, réunissait à sa table tout le personnel de la hacienda.On mangeait, on buvait, on trinquait, on disait des bétises.Les personnes intempérantes avaient le droit, en cette nuit, de s'en fourrer jusque-là, et meme un peu plus haut, La belle Maria-Anna présidait et Mathias ne la perdait pas de vue.Pauvre Mathias! son rêve de la journée lui avais mis des fourmis un peu partout et c'étaient deux braises allumées qui lui servaient d'yeux: Au matin, Mathias, fortement encouragé par l'abus des liqueurs fermentées, alla trouver le senor S.Cargo et lui dit : \u2014 Maitre, vous savez l'homme que je suis.\u2014Je le sais, mon brave ami, et je n'ai qu'un mot à te dire: Continue.\u2014Je continuerai, maître, si vous me donnez Maria-Anna en mariage.\u2014Y songes-tu?Toi un nègre! Et ce mot fut prononcé sur un tel ton s que Mathias ne erut pas devoir insister.LES LARMES D'UN NEGRE.Sitôt rentré dans sa case, Mathias s'affaissa sur sa couchette, et, pour la première fois de sa vie, cet homme d'é- bene pleura, I pleura longuement, des larmes de rage et de désespoir.Puis une lassitude physique s'empara de lui, il désira se coucher.Un regard jeté sur son miroir lui arracha un cri.Ses larmes, coulant sur ses joues, lui avaient laissé comme une large trainée blanche.Que s'était-il donc passé?Oh! rien que de bien simple et de bien explicable.Les larmes de Mathtas, rendves fortement caustiques par l'excès \u201csodo-ma- gnésien\u201d du désespoir, détruisaient le pigment noir de la peau.et du rose apparaissait.MAHHIAS CONTINUE DE PLEURER.Mathias cacha soigneusement sa découverte à tous les quiconques de son entourage, mais chaque fois qu'il avait une minute, il courait s\u2019enfermer chez lui, répandait par torrents des larmes de rage et s\u2019en harbouillait, avec une petite brosse, toutes les parties du corps.Puis, pour écarter les soupçons, il se recouvrait de cirage bien noir, et le monde n\u2019y voyait que du bleu.APOTHEOSE.Un an s'est écouté.C'est encore Noël et Ie réveillon.Tout le personnel se trouve rangé autour de la table présidée par S.Cargo et sa dé- licicuse fille Maria-Anna, On n\u2019attend plus que Mathias.Tout à coup un élégant gentleman entre dans la salle.Personne dans l'assistance ne le reconnaît, sauf Maria-Anma qui ne s\u2019y trompe pas une minute, à ce regard-là! \u2014 Mathias! s'écria-t-clle, Mathias! je I'aime] Et clle s'écroule sous I'émotion, Et senor S.Cargo n'avait plus aucune objection à élever contre le mariage des deux jeunes gens.IS L'hymen eut bien lieu, Et ils eurent tant d'enfants, tant d\u2019enfants qu'on renonça bientôt à les compter.Alphonse ALLAIS.(ES +: PA RC SOHMER :- Ouvert tous les Dimanches à 3 hrs et 8 hrs P.M.ATTRACTIONSET LA BANDE DU PARC ADMISSION, 10cts MONTREAL THEATRE NATIONAL FRANCAIS SEMAINE DU 27 DECEMBRE 1915 NOUVELLE REVUE EN 5 ACTES ET 10 TABLEAUX, par J.R.TREMBLAY.FIN D\u2019ANNEE Toute la troupe Julien Daoust en scène.Faites \u2018\u201cplus d\u2019argent\u2019\u2019 avec vos Fourrures Si vous avez des Fourrures en Lynx, Belette blanche, en Martre, en VISON ou toutes autres sortes, faites-en un paquet ot ENVOYEZ-LES DIRECTEMENT à \"SHUBERT*, la plus grande maison de l'univers, faisant le commerce des fourrures.D'une réputation inattaquable, \u2018\u2019existant depuis un tiers de siècle\"; possédant un casier enviable, cette maison offre des remises SATISFAISANTRR et PROFITABLES.Ectivez pour avoir \u201cThe Shubert Shipper\u201d le seul journal digue de foi et consciencieux, qui publie la liste des prix, Eoriver\u2014MAINTENANT\u2014Il est GRATUIT, 25-27 TI A.B.SHUBERT, Inc.83.27 Au AUS eAcoVEY Le meilleur Reméde contre la Dyspepsie est En vente dans toutes les pharmacies.Dépôt général, 101 rue St-Denis, Montréal, Tél.Bell Est 2418.Sirop d\u2019Anis Gauvir | Pour une guérison rapide dant tous les cas d'Insomnie, Dentition douloureuse, Rhume, Diarthée, Coliques, Ete.Demandez toujours le | | i | I Il soulagera le Bébé dès la pæ- mière dose et le guérira plus vite et plus ofrement que n'importe quel autre mmède.: | En vente partout à t5e THEATRE Semaine du 27 Déc 1915 Revue en 3 actes et 9 tableaux par Pierre Christe Tous les dimanches, excellent programme de vues et intermèdes par les chanteurs de la troupe. LE CANARD, Montréal, 26 Décembre 1915.Vol.XXXIX \u2014 No g.er Abattons les abattoirs! + + Et le fond des mitrailleuses?A qui ira le prix Nobel pour la paix?» .- Parlons peu, mais parlons français.Tete La vache à lait de Québec se tarie.\u2026 * + ° Hélas! 1916 verra-t-elle les traverses à niveau?.*.; Lu à Drummondville: \u201cMon lait est pur.\u2014 Signé, J.E.U.Martin.\u201d On danse a Ottawa la\u201d Valse des Millionss%s On vieut de découvrir une nouvelle comète et M.Martin n\u2019a pas rêvé.\" L'Allemagne veut unc \u201cPaix, mais.\" \".Le major Asselin est en train de déconcerter Henri Ier.* Ne pas oublier que [Louis Riel fut une victime des Bleusse Si tous les militaires étaient comme le général Meighen! ! ! » * » Trois-Rivières cst plage d\u2019eau pas pour rire.°.Voilà le Tramway qui bout de son Trolley.* ° ° maintenant une montre le l'rohibition! Dégradation! .* \u201cDebout les morts\u201d.béraux! Debout les 1i- ste à .* rE Est-ce un mariage forcé qu'on veut faire à Maisonneuve?» .Ça va mal à Maisonneuve, * Allons, debout, les morts!\u201d *.Je suis le héros d'une idée trop neuve dans un siècle déläbré, pourrait dire Jean Chauvin.°.M.Sévigny est maintenant dans les bottes du Dr Sproule.Plaignons ce mal chaussé.° * a Grand émoi à Sorel, patrie des tire- bouchons: on parle de décréter la prohibition.\".En apprenant que l\u2019empereur de Chine avait trente-cing enfants, le maire Martin est resté.songeur.| TURLUPIN Plus la portée des Kanons Krupp augmente, plus celle des dépêches au \u201cDevoir\u201d diminue.\".M.Blondin se paye un wagon spécial.On est ministre ou bien on ne l'est pas, vous savez, * * * «7 » Encore toute une année de sang, de deuil et de misère?.Non! La victoire est trop proche.* * += En marchant sur la voie un homme s'est fait écraser.Evidemment, il n\u2019était pas sur la bonne voic.Phrase célèbre de M.Bourassa:\u2014 ADE 4.Pour boucler le budget on pourrait imposer le collier à ceux qui mènent une vie de chien.s M.Blondin se souvient-il encore de lu fameuse élection de Druminond- Arthabaska, en 1910?« .On sont les \u201cgrands capitaines de salon\u201d des camps de Trois-Rivières?Sont-ils en retraite?.« + \u201cM.MeDonald a accepté l\u2019oeillet rouge de M.Martin.Etrange! Etrange! Etrangel * * » Du \u201cJournal\u201d, par André Theuriet: \u201cLes fraises sont moins rouges que Enrôlez-vous dans l'armée.natio- ses désirs.\u201d naliste.Bigre! \u2018 Pa » iw REVEILLON .\u2026 L'HITEL LES CAPÉAUX UTILES.CHIC.= TERN, LF er \u2014\u2014 Tr aly 2 Se CU Lge Ye TR Wacsie ue Le 4 Mme ct quelle chance\" Un en cuves dire que le lea être von ent dé Li rettonves (4 ut ple 1g pe ven TRIO en ge Len on Pis eu Jot dl Dress ob Tan : ns heter de.nor des etronne utile.Fe boon Rapmean, apre reflexrn Fa bren, est entensin \u201cte + pe d hy Gare au Garage Municipal.Saint Gaston Maillet, patron des jeunes filles de bureau, priez pour nous.*.CI-GIT PRIMEAU ! Ci-git Primeau qui ne fut rien Pas même aimé du mair\u2019 Martin! » ° .Encore une \u201cnote\u201d.commence à savoir en écrire.notes! M.Lansing des PE Henry Ford n\u2019a pas encore arrété la guerre.Josué a fait mieux, lui!.Et il n'était pas Américain.Depuis lc commencement de la guerre la Prusse a perdu 2,224,248 hommes.A qui la faute?Pas à Papinceau, toujours.Pourquoi trouve-t-on tant de bouteilles de Scotch vides dans les ruelles de Westmount?M, J.H.Roberts est prié de répondre.°.Dans le comté de Dorchester, il y a une localité qui s'appelle Sainte-Mala- chic.On dit qu\u2019elle est mais assis (mal achie, en Auvergnat).* Les Chevaliers de Colomb vont, dit-on, contribuer à faire rendre justice aux Canadiens-frangais d'Ontario.A moins que les Irlandaisdécident du contraire, cependant.- + Connaissez-vous Henry Ford?C'est un type dans le genre de Bourassa, mais d'une autre manière.Malborough s\u2019en va en guerre.pour la paix (bis).ll y a 27,137 électeurs propriétaires canadiens-francais à Montréal et 14,- 616 d'autres nationalités.C\u2019est assez pour élire un Canayen, fut-il le maire Martin.*.Dit l'échevin Gadbois, de Québec: \u2014Quand les tramways se rendront à l'expiration du quartier Limoilou.Ça doit être terrible, l'expiration d'un quartier, n'est-ce pas?Mais pas autant que l\u2019expiration d'un mandat.On emprisonne un pauvre diable qui vole un pain pour donner à manger à sa famille.Que ne devrait-on pas faire à ceux qui volent le pays pendant l'époque douloureuse que nous traversons.Ils mériteraient d\u2019être placés au mur et d\u2019être fusillés pour haute trahison.LS .° Le \u201cBeck's Weekly\", cette feuille anglaise, publiée à Montréal, a entrepris de nous démontrer que tous les Prussiens ne sont pas à Berlin, ni même à Toronto, et celle y réussit admirablement.Ses attaques récentes contre l'oeuvre admirable des Gardes- Malades de Ville-Marie constituent un chef-d'oeuvre de littérature \u201cboche\u201d.- * 9» Dit le \u201cJack Canuck\u201d: \u201cPlus courtes sont les heures de ventes des liqueurs, plus la liste des ivrognes est longue, à Toronto.\u201d Mais il y a donc des débits clandestins à Toronto, que ni les méthodistes, ni la Lord's Day Alliance ne peuvent atteindre?Il y en aura sans aucun doute à Trois-Rivières, lorsque la prohibition sera cn vigueur.* * + Le \u201cSoleil\u201d, de samedi dernier, à trouvé un nouveau remède pour enrayer la prostitution.Il disait: \u201cLes tenancières ou tenanciers de ces bouges, ou ceux ou celles qui les habitent, sont passibles de l'amende ct de \u201cYempoisonnement\u201d, Ça c\u2019est radical.ve L'autre soir, le \u201cCanard\u201d avait laissé sa canne à l'hôtel-de-ville, dans la salle du comité des finances, car le \u201cCanard\u201d possède une canne depuis qu\u2019il est au monde, pour tenir en respect les chiens vicieux, les échevins sacro- phobes et les voyous en khaki.Savez-vous que la canne y était encore trois jours plus tard.Et c'était un beau \u201cblack thorn\u201d, taillé de façon à chatouiller agréablement les chiens enragés.On cest honnête \u2014 pour les cannes \u2014 à l'hôtel-de-ville."]
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