Le Canard : journal humoristique, 27 février 1916, dimanche 27 février 1916
[" MONTREAL, 27 FEVRIER 1916.\u2014| Cinq Centins Vol.XXXIX \u2014 No 18.8° Ze Gia NL 4 or rs sorrel yr A ONS >.A mens arnaud?J .K 7s PAI) N77 6, % 2 iz.0 Es YL \\ [#4 by MY tase HUMORISTIQUE \u2014 HEBDOMADAIRE \u2014 ILLUSTRE \u201cLe vrai peut quelquefois n'étre pas vrai sans blague \u201d \u2014 BOISL\u2019EAU.Rédigé en Collaboration.Administration : 105 a 109 rue Ontario Est J LIBERTE, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ SIR LOMER.\u2014 Vu que vous ne savez pas ce que vous voulez et que je ne puis pas débiter Montréal en mille morceaux, j'en coupe vingt bonnes tranches.| Arrangez-vous comme des gens intelligents peuvent s'arranger.Lire à l\u2019intérieur: La Nuit de Noces de Rose d\u2019Albâtre. LE CANARD, Montréal, 27 Février 1916.Vol.XXXIX \u2014 No 18.\u201cDEUX MUFLES\u201d +; PARC SOH MER ges Ouvert tous les Dimanches à 3 hre et 8 hre P.M.ATTRACTIONS ET LA BANDE DU PARC ADMISSION, 100ts UNE HISTOIRE DE COMMIS- VOYAGEUR La scène se passe dans un hôtel des Cantons de l'Est.Personnages LAPOIRE, qui vend des centrifuges.CHIMPANZE, agent d'assurance sur les vaches.MABOUL, garçon de \u201cbar\u201d.SCENE I.Le bar.Comptoir sale.Bouteilles assorties et verres liliputiens, Maboul se rase cn se mirant dans le dessous d'un plateau de fer-blanc, Lapoire et Chimpanzé Livres comme des agents de police en devoir, hurlent à plea gosier les couplets de lu \u201cPetite Tonkinoise.\u201d (If est deux heures du matin.) Maboul, agacé.\u2014 Bande d'animaux, allez-vous fermer vos trompettes?Il y a un homme de Jackman qui dort?Cest pas une raison, parce que vous êtes pleins, pour ahurir tout le monde avec \u201cvos oiseaux qui chantent\u201d; d'ailleurs, ça fait quatre-vingt-huit fois que vous braillez la meme chose.(et Maboul qui n\u2019en a jamais dit si long d\u2019une seule haleine, s'arrête essoufflé.) Lapoire.\u2014 Chante avec les amis.Chimpanzé.\u2014 I ne sait pus chanter, y est Saoûl.\u2026.Maboul.\u2014 T'as menti, je suis pas saoûl.\u2026.Lapoire.\u2014 Ah! Len, j'suis à jeun, moi, alorsse?Chimpanzé, \u2014 Viens done point! Lapoire ct Chimpanzé clgntent cn choeur : Prendre un p'tit coup c'est agréable, Prendr\u2019 un gros coup c\u2019est doux.Chimpanzé, ayant une idée \u2014 Si on chantait \u201cQuand l'amour meurt\u201d?Lapoire.\u2014 Non, c\u2019est trop vieux, chantons \u201cO Canada\u201d.Chimpanzé.\u2014 Je suis pas capable (faisant un grand geste en rond.) Ça tourne trop! Maboul, agacé.\u2014 Tiens, vous autres, vous allez monter vous coucher en criaut ciscau! Je vous en passe un papier que ça prendra pas grand temps.Chimpanzé.\u2014 C'est bon, c\u2019est hon, fache-toi pas, on y va.Lapoire.\u2014 Qui est-ce qui va payer le \u201cnight cap\u201d?Maboul, \u2014 Vous êtes assez rond, vous n'aurez pas d'autre boisson, ma foi de gueux ! Chimpanzé.\u2014 Voyons, on est des amis, donne moi encore un petit verre d'gin! Lapoire.\u2014 Envoie done, fais l'hocuf.On a pas scize aus! Maboul finit par leur verser une dernière rasade qui les tue compléte- ment; Lapoire s'endort sur une chaise ct Chimpanzé sc laisse tomber la tête dans le crachoir.pas SCÈNE IL, La chambre à coucher.Maboul a réussi à les rendre dans une chambre et à les coucher sur le méme lit.Maboul, dégouté.\u2014'Ma grand\u2019conscience, il faut être le dernier des pourceaux pour se saoûler ainsi! It éteint les lampes et gagne la soupente du hangar où sont les appartements du cocher; il dissimule sous su blouse une bouteille quelconque qu'il a préalablement dérobé au bar avant d'en fermer la porte.Chimpanzé, s'éveillant une heure après.\u2014 Pristi que j'ai soif! (Apercevant Lapoire à côté de lui.) Tiens, il y a un honnne dans mon lit! Dans l'obscurité, il tâte le visage de Lapoire qui est immobile comme un mort.Chimpanzé, pris de peur.\u2014 Mon Dieut.(Appelant.) Lapoire! Ou est- ce que tes?Lapoire, d'une voix endormie et lointaine.\u2014 J'suis dans ma chambre, s'pèce de muffle! Chimpanzé, de moins eu moius lucide.\u2014 Lapoire! Eh ben, y a-t-il un homme couché dans ton fit.Lapoire, ahuri.s'éveillant et tâtant Clrimpanzé.\u2014 Sacré batèche, il y a un voleur das mon lit! Chimpanze.\u2014 T'en as un toi aussi?Si tu veux on va les sortir de nos cham- Lres ! Lapoire.\u2014 Ça me va.Moi, je déboule le mien dans Pescalier.Chimpanzé, \u2014 Moi aussi.Crachetoi dans les mains.Ça y est-y?Envoye fort! Les deux copains se prenant mu- tucHlement pour des étrangers se saisissent à Dras-le-corps et se jettent tête première dans l\u2019escalier, noir comme un four, SCENE 1H.La cuisine.Lapoire et Chimpanze, baignant dans leur sang, sont étendus sur le plancher pendant que Maboul et le cocher les pansent.Maboul, \u2014 On peut pas étre plus tite! Le cocher, philosophe.\u2014 Je ne me suis jamais saoûlé aussi dur, moi.Lapoire, revenant à lui.\u2014 Es-tu là, Chimpanzé?Chimpanzé, ouvrant les yeux.\u2014 Oui, Lapoire, faisant un effort pour se lever, \u2014 Pense-tu qu'on les a descendus, les deux gars?Chimpanzé.\u2014 Je crois que j'ai tué le mien, dans tous les cas, ça va lui apprendre à vivre.(II s\u2019évanouit.) Lapoire, très faible.\u2014 On cest des amis, on est pas du club! Maboul, dégoûté.\u2014 Torvis! sont pleins ! qu\u2019ils Alex.VILLANDRAY.EEE ES THEATRE NATIONAL FRANÇAIS SOIRÉES FRANÇAISES DIRECTION F.DHAVROL SEMAINE DU 28 FEVRIER 1916 Représentations spéciales de Melle ANDREE MERY du Théâtre de l'Odéon de Paris LES MARIONNETTES - Comédie en 4 Actes par Pierre Wolil.EXAMEN DES YEUX Guérison des yeux sans médicaments, opération, ni douleur, Nos \u201cverres toric\u201d nouveau style \u201cà ordre\u201d, sont garantis pour bien \u201cvoir de loin et de près\u201d, tracer, coudre, lire et écrire.Consultez le meilleur de Montréal Le Spécialiste BEAUMIER DE L'INSTITUT D'OPTIQUE 144 Est, rue Ste-Catherine, foie vie Montréal.AVIS.\u2014Cetteanvoncerapportée vaut 15 sous par dollar sur toutachaten lunetterie.Spécialité: Yeuxartificiels.N'achetez jamalodes fedlers niaux magasine d-lour-faire, si vous tenez à vos yeux, Le meilleur Remède contre la Dyspepsie est En vente dans toutes les pharmacies.Dépôt général, 101 rue St-Denis, Montréal, Tél.Bell Est 2418.| Qu'en matière d\u2019annonce ce n\u2019est pas tant la quantité que la qualité des lecteurs qui fait le succès.Le Canard est lu par la classe alsée de la population, celle qui apprécie et qui achète la bonne marchandise.Annoncez dans LE CANARD et vous aurez toujours de bons résultats + 24 +* Vol.XXXIX \u2014 No 18.LE CANARD, Montréal, 27 Février 1916.3 La Nuit de Noces de Rose d\u2019Albâtre CONTE CANADIEN SANS MORALE Vers minuit, le beau-père, ruisselant de whisky blanc et de vin canayen, tira son gendre à l\u2019écart.Il tenait patiemment compagnie à ses invités, dont l'ivresse, jusque là correcte, commençait à se déboutonner.Les moins gris étaient abominablement saouls.Il y avait environ une demi-heure que Rose d\u2019Albâtre s'était éclipsée à la mode de Longueuil (à Paris on dit: \u201cà l'anglaise\u201d) plus discrètement que la lune n\u2019a coutume de le faire, quand elle couche cyniquement avec Phoebus au milieu d'un ciel sans nuages.Bref, c\u2019était l'heure du berger.\u2014 Mon gendre, dit en braillant le beau-père, Rose d\u2019Albâtre est au lit, la pauvre chère enfant!.Vous pouvez y aller, mon gendre.T1 se dirigea vers la porte, mais le bonhomme le retint.\u2026.\u2014laissez-moi, auparavant, vous donner quelques petits con- scils.C\u2019est mon devoir, ici, de remplacer sa mère défunte.\u2014 Merci, beau-père, je sais comment on fait, j'ai de l'expérience.\u2014Ne brusquez pas les choses ; soyez doux et insinuant ; prenez garde de blesser sa pudeur; bref, avant de pénétrer dans le sanctuaire où Rose d\u2019Albâtre vous attend, jurez-moi de la rendre aussi heureuse que sa soeur Évaseline.\u2014Oh! pour ça, beau-père, d\u2019ici un quart d'heure (ou un quart de siècle) elle le sera, je vous le promets.\u2014Allons.que saint Octave vous bénisse! Entrez donc sur la pointe des pieds.Peut-être qu\u2019elle dort?\u2014Bonne nuit, fit le marié d'un ton verrat.Et surtout, si votre fille vous appelle cette nuit, ne venez pas.\u2014FHélas, pauvre chérie, si elle allait être malade?.\u2014Ne vous inquiétez pas: je la soignerai.énergiquement ! Inutile de vous déranger.J'ai assez la \u201ctwist\u201d pour m\u2019acquitter des devoirs sacrés auxquels le curé nous exhortait ce matin avec une si chaude éloquence.\u2014Voilà un bon gendre! songea le beau-père en cessuyant ses pleurs.Après tout, j'ai bien tort de me lamenter: ce n\u2019est pas si triste que ça, ct je ne demanderais qu\u2019à revenir, moi aussi, dans la demeure chaste ct pure.Et il laissa l\u2019heureux marié franchir le seuil de la chambre nuptiale.\u201ces eee ese eee sss eve ses sre ess Gee Es see sve Ges ses see see Oh! amour!.que ça sentait bon.Ça sentait la vierge, le trèfle incarnat, les pieds humides, le dessous de bras et autres parfums capiteux.Et puis, que de blancheurs dans cette noirceur.Dans le fond, blottie jusqu\u2019aux orcilles, la mignarde créature attendait sans trop d'épouvante.Plus ému qu\u2019elle, il s\u2019approcha avec précaution, comme s\u2019il al- dei von Dieu, j'in'suis trompé d'vian- Entre le mouton et la dinde.lait forcer le coffre-fort de la Commission Scolaire de XXX.De soupir en soupir, le marié fut bientôt prês à s\u2019endormir.Instinctivement, la mariée se mit en chien de fusil et le marié n\u2019eut pas peur de se faire tuer.Brrrr! songea la \u201ctrès jeune mariée\u201d; voici l\u2019instant critique.Enfin, je vais savoir ce que c'est.Elle se pelotonna en boule, comme une chatte plutôt que comme une vierge cffarouchée, et du coin de l'oeil gommé observa curieusement son époux.Il leva le pied gauche et mit le genou sur le lit qui craqua.\u2026.C'était la première manifestation de la vie à deux.Son pied «lroit était resté sur le tapis.Au moment où il allait le lever à son tour, le marié, saisi d\u2019une pensé grave, éteignit subitement son sourire.Rose d\u2019Albâtre se demanda avec inquiétude si c\u2019était là l'indice d\u2019une crampe, d\u2019une colique ou d\u2019un accès de neurasthénie.\u2026.Pour le coup, c\u2019eût été de la \u201cbad luck\u201d.Il n\u2019en était rien.Monsieur n\u2019était pas malade; mais il était prévoyant.C\u2019est pourquoi il dit solennellement à son épouse: N'oubliez pas de vous rappeler que je vous ai épousé non seulement pour votre plaisir, mais pour faire marcher ma maison et mon commerce.Et au lieu de se jeter dans les bras de sa femme, il se laissa choir dans ceux de morphée.Les Deux Cuisses de Faisan J'ai fait une remarque: au cours d\u2019un mariage, 11 se passe toujours quelque truc amusant.A table, un invité renverse le potage; Un couple maladroit fait panache en dansant; Parfois, il se commet des gaffes colossales; 1 Quant aux farces, c\u2019est par milliers.Puisque j'y suis, Je vais vous en conter une des moins banales.C'était au mariage d'un de mes amis.A midi, très nombreux, nous nous mettons à table, Parmi les invités était un paysan, Buveur hors ligne et d'un appétit formidable.Au milieu du banquet, on apporte un faisan, Puis deux, trois, quatre, cinq.une demi-douzaine; Oui, mais pour découper, je t'en fiche.voilà.Personne ne bougeait: \u201cNe soyez pas en pcine, Nous dit le paysan; passez-moi donc tout ça.\u201d Aussitot le voilà, d\u2019une main très habile, Qui taille, qui retaille et tranche dans le tas.On se sert à mesure.Au dernier volatile (Jugez de ma stupeur!) j'aperçois notre gars Glisser fvrtivement deux cuisses dans sa poche.Je ris.Quelques instants après, à pas de loup, Un des garçons d'honneur soudain de moi s'approche Et me dit à mi-voix: \u201cVous allez voir le coup\u201d.Dans un coin, il y avait du potage de reste; H pre d une louche et dans la poche du gars Il verse le bouillon.L'autre aperçoit le geste: \u201cEh! sapristil dit-il, que faites-vous là-bas?\u2014Tiensi répond le garçon d'honneur.Ne vous [déplaise! Deux cuisses sans du jus ce serait un peu sec; Mais pour que vous puissiez les manger à l'aise Alors j'ai pensé mettre un peu de sauce avec.\u201d J.BALDRAN. LE CANARD, Montréal, 27 Février 1916.Vol.XXXIX \u2014 No 18.Le Canard Journal Humoristique Hebdomadaire, paraissant tous les dimanches.Publié et imprimé par A.-P.PIGEON, aux Nos 105-109, tue Ontario-Est, Montréal.Téléphone Bell: Est 1121.ABONNEMENT.\u2014 Pour Ja Ville, un an, par Ja malle, $2.50.| $2.00; six mois, $1.25.\u2014 Un an, pour les Etats-Unis, Ville, en Canada, un an, Hors de la $2.50; six mois, $1.25.Strictement payable d\u2019avance, TARIF DES ANNONCES.\u2014 Contrat pour un an: 1,000 à 2,000 lignes, 4c lu ligne; 3,000 a 5,000 lignes, 3%c la ligne; 6,000 à 10,000 lignes, 2c la ligne.Annonces à court terme: quentes, sc la ligne.Première insertion, 10e la ligne; insertions subsé- \u201cLE CANARD\" est vendu aux agents 48c la douzaine, payable strictement sur réception du compte.Les numéros non vendus ne sont pas retournables.Adressez toute correspondance ou envoi d'argent à \u201cLe Canard\u201d, Montréal, Ld He Montréal, 27 Février (916 Les Graietés du Tribunal Mort aux Vaches! Certaine gens ont le caractère bien mal fait, les agents appartiennent à cette catégorie de gens, pour un rien ils se fachent, Le pauvre Lacépède en est désolé ,il leur adresse les exeu- ses les plus plates, il témoigne de son profond amour pour cux, il affirme qu\u2019il les a en vénération, rien ne peut ébranler leur inflexibilité; ils tiennent Lacépède ct ne le licheront, Lacépède a beau jurer devant Dieu et devant les hommes que jamais, au grand jamais il n\u2019a eu l'intention d\u2019adresser à nos braves gardiens de la paix publique l'ombre d'une injure; les subordonnés de M.Lépine soutiennent mordicus que Lacépède en les voyant a proféré le cri de \u201cMort aux vaches!\u201d en les regardant fixement et sans qu\u2019il puisse y avoir d'erreur sur la précision de l'adresse.L'agent Poileau est à la barre.Le Président.\u2014 Vos nom, prénoms, âge, profession, domicile ?Poileau.\u2014 Poileau, Théodore-Jean- Jacques, trente ans, gardien de la paix, préfecture de police.Le président.\u2014 Faites votre déposition.Poileau.\u2014 Voilà, monsieur le président.Etant de service, le 22 mars dernier, vers les huit heures ct demie du soir, dans la rue de la Gaîté, j'ai appris par l'insinuation de plusieurs personnes qui m'ont prévenu, que trois individus faisaient un tapage nocturne dans la rue Vandamne en chantant à tue-tête des refrains bachique, je m'y ai rendu ct, en cffet, trois jeunes gens qui n\u2019avaient pas l'apparence d'être en état d'ivresse s\u2019amusaient à hurler et, en me voyant, ils ont poussé des cris sauva- Ees, finalement le nommé Lacépède a crié: \u201cMort aux vaches!\u201d C\u2019est alors que je l'ai mis en état d'arrestation et conduit devant M.le commissaire de police.[1 a nié avoir proféré le cri que j'ai entendu, mais j'ai des oreilles, monsieur le président, et je vous jure que j'ai entendu: \u201cMort aux vaches!\u201d Le président.\u2014 Je vous remercie, allez vous asseoir.Eh bien! Lacépède, qu\u2019avez-vous à répondre?Lacépède.\u2014 Oh! une chose bien simple, monsieur le président, j'ai, pour messieurs les agents, le respect le plus considérable, je suis un être incapable de leur dire quoi que ce soit de désagréable ; d'ailleurs, on n\u2019a qu\u2019à consulter mon casier judiciaire sur qui que s\u2019étale un beau \u201cnéant\u201d, c\u2019est pas à vingt-deux ans que je commencerais à me moquer de l'autorité, non! Monsieur l'agent qui s'appelle Poilcau, complication que j'ignorais avant de pénétrer dans l\u2019enceni- te réservée à la justice, devrait avoir un peu plus de complaisance pour écouter les explications des gens qui ne demandent qu'à s\u2019expliquer, car enfin, quand on porte un nom comme le sien, ça doit prêter à un tas de plaisanteries er de combinaises.Oh! 1a! 13! Poileau.Le président.\u2014 Assez! vous sortez de la question.Avez-vous, oui ou non, proféré le cri de \u201cMort aux vaches 1\u201d ?Lacépède, \u2014 Non, je le jure sur votre tétell Le président.\u2014 Laissez ma tête en repos.L'agent affirme cependant vous avoir entendu crier: \u201cMort aux caches!\u201d Lacépède.\u2014 Monsieui le président, laissez-moi m\u2019expliquer et vous verrez que dans toute cette affaire, il n\u2019y a pas de quoi fouetter un chat.J'ai deux camarades, l\u2019un qui s'appelle Delossa et l\u2019autre Moreau (Adolphe); alors, des fois, on sort tous les trois ensemble ct on rigole, on s'amuse à se faire des blagues sur ses noms; on dit toujours Delossa.moelle quand on s'adresse à Delossa; pour moi, c\u2019est toujours Lacé- ETUDE SOCIALE pède.lapin, et puis, quand on appelle Adolphe, on crie Moreau.vache! Eh! bien quoi?Ÿ a-t-il là dedans une injure à MM.les agents?Non! je vous le demande?Faut-il qu'ils aient le caractère mal fait, ces bougres-là ?Le président.\u2014 Ne compliquez pas votre cas, Lacépède.\u2014 Surtout quand on s\u2019appelle Poileau.Le président.\u2014 Assez! Le tribunal, après cn avoir délibéré, attendu qu'il résulte de l'instruction et des débats que le 22 mars dernier le nommé Lacépède, Achille, a prononcé le cri de \u201cMort aux vaches!\u201d cri généralement considéré comme injure à l'adresse des agents de la force publique, mais attendu qu\u2019à l\u2019audience Lacépède, Achille, a, grâce à une ingénieuse combisaison, dénaturé par une orthographe fantaisiste la valeur de ce cri et qu\u2019en atténuant de cette façon la portée de l\u2019exclamation, il l\u2019a rendue tout à fait inoffensive, par ces motifs, le renvoie des fins de la plainte sans dépens.Je me hâte de dire que les trois juges qui ont rédigé cette sentence sont morts cet enterrés.Lacépède, en sortant de la salle d'audience et en passant devant l'agent.\u2014 Oh! là! là! Poileau.nez! L\u2019huissier.\u2014 Silence! » 0» Semaine prochaine: \u201cLa valeur d'un mot.\u201d [ # um Ÿ AR Médéric, par Charlebois. Vol.XXXIX \u2014 No 18.-~ PRIX : 25 Cents.Seul Quotidien paraissant le dimanche.LADEBAUCHE, Directeur LE CANARD, Montréal, 27 Février 1916.5 L\u2019'EXTRA % GRATIS avec Le CANARD Vol.2, No 35.MONTREAL, Aujourd'hui 1916.Adress OANADA Nous dirigeons cette feuille importante avec toute la gravité possible.Ohé! Les Moeurs ! Avez-vous besoin d\u2019une bonne cuisinière ?Il en est une qui cherche une place.C\u2019est l\u2019ancienne cuisinière d\u2019Henri Bourassa, au service du grand polémiste pendant quinze ans et qui lui fut si dévouée qu\u2019elle en reçut unc petite rente.Tous les renseignements sont donc, à son propos, excellents.La seule légère complication, à laquelle il est indispensable dc se prêter, si vous voulez avoir les services de ce cordon bleu, est qu\u2019elle mettra, à entrer chez vous, une double et impérieuse condition: La première est qu\u2019elle apporte son.perroquet, ou plutôt le perroquet que son ancien maître lui légua, tandis qu\u2019il légua le chat à la femme de chambre.Poly fait partie intégrale de sa vie privée, Poly couche dans sa chambre et il faut que celle-ci soit toujours bien chauffée pour Pol De plus, elle apporte avec elle ses dix-huit casseroles, car la brave femme ne cuisine que dans les casseroles qu\u2019elle connait.Elle les aime et n\u2019en veut pas d\u2019autres sous aucun prétexte.Avez-vous besoin d\u2019une bonne cuisinière?.:0: Pensées roses pour Personnes Pâles L'amour se soutient par l\u2019espoir, Le zèle par la récompense, L'autorité par le pouvoir, La faiblesse par la prudence, Le crédit par la probité, L\u2019agrément par la liberté, La santé par la tempérance, L'esprit par le contentement, Le contentement par l'aisance, L'aisance par l'arrangement.:0: Le Style, c\u2019est l'Homme Extrait d\u2019un discours du maire Martin sur les accusations Langlois au conseil municipal : \u201cC\u2019est moé qui va vous faire arrêter, demain, si mon avocat dit que j\u2019peux.Y a toujours ben un bout, pour s\u2019laisser salir par ces sales voyous qui cherchent toujours des puces ousque y en a pas.\u201d (Cf.la \u201cPatric\u201d du 9 novembre.) Encore une Auto renversée par un Piéton - Cette fois c\u2019en est une de 36 c.-v.et l'accident se produit au coin des rues Mont-Royal et Ste-Catherine.Encorc un piéton qui se sauve après avoir frappé une auto; cela devient inquiétant.Hier soir, une auto d\u2019un modèle 1911 a été renversée au coin des rues Mont-Royal et Ste-Catherine, par un piéton dont personne n\u2019a pu prendre le nom.Overalée par des passants, l\u2019auto fut conduite à un garage voisin où elle sera en réparation pour deux mois, On ne croit pas que l'auto soit sérieusement dérinchée.\"0.Le Pour et le Contre Pour.- Ce qui flatte le plus une femme, après la folie qu\u2019elle inspire, c\u2019est la constance.Contre.\u2014 Les hommes, comme les caniches, sont souvent punis de leur fidélité.* x Pour.\u2014 L'exemple de L.ucrèce suffirait pour affirmer le triomphe de la vertu.Contre.\u2014 On n\u2019a pas remarqué que Lucrèce pouvait se poignarder avant ou pendant.et qu\u2019elle ne s\u2019est tuée qu\u2019après ! Nous sommes actuellement à préparer un numéro plus que très spécial consacré aux Palmistes, Tireuses de Cartes, Médiums, Cartomanciennes, Clairvoyantes, etc, etc.Les personnes qui ont à se plaindre de ces empliseuses, bluffeuses et menteuses et voleuses sont priées de communiquer avec le rédacteur du \u201cCanard\u201d. LE CANARD, Montréal, 27 Février 1916.| CTMLIE- ELPOMENE ECHOS et POTINS Voyons, Robi, je parie que tu ne parieras plus avec ton manager.» + Montréal qui Chante ou Le Monde qui Chante.Lequet est lequel?* * A l'Odéon de Hull, La Petite Chocolaticre, 18, 19 et 20 février.Par La guerre a remis à la mode les chansons patriotiques.Rappelons à cet égard la fortune d\u2019une chanson célèbre, \u201cEn revenant de la Revue\u201d, composée par Garnier et Delormel, et créée par Paulus, et qui rapporta en moins de deux ans, 300,000 francs à leurs auteurs.Garnier ct Delormelencouragés par le succès, composèrent ensuite lc non moins connu \u201cPère la Victoire\u201d.* * * M.Julien Daoust nous donne toujours des pièces qui ne sont pas comme les autres, mais qui valent les autres.* * * Canadiens-français, faites-vous un devoir d'encourager nos théâtres français au lieu de patronner les scènes anglaises.PR Quelle est l'actrice la plus populaire de Montréal?A nos lecteurs de répondre.* « .Au Chantecler, ¢a marche en scie ronde.Il y a une population de 81,800 Canadiens-français à Québec, et pas un seul théâtre français! * M.Renault ne fait plus des le mots qu\u2019en habit de gala.jeux AAA NOS ARTISTES M.Petit-Jean, du théâtre Arcade.THEATRE NATIONAL C\u2019est demain soir qu'auront lieu aux \u201cSoirées Françaises\u201d les débuts a Montréal de Mlle Andrée Méry, une artiste de grand talent, pensionnaire du théâtre de l'Odéon de Paris, et qui venue en Amérique pour donner à New-York quelques représentations qui furent du reste triomphales a, heureusement pour ous, cédé aux pressantes sollicitations de M.Dhavrol et consenti à retarder son retour en France pour venir faire la connaissance de ses \u201cCousins du Canada\u201d, comme elle l'écrit si aimablement.Mlle Andrée Méry ne restera que deux semaines parmi nous.La semaine prochaine, nous pourrons l\u2019applaudir dans \u201cLes Marionnettes\u201d, la délicieuse comédie en 4 actes de Pierre Wolff.Quant à la seconde semaine, ce sera très certainement, affirme M.Dhavrol, une pièce qui fera sensation à Montréal.Signalons aussi la rentrée de M.Charles Schauten, de retour d\u2019un engagement à New-York, et qui à partir de demain reprendra sa place au milieu de ses camarades des \u2018Soirées Francaises\u201d.Ajoutons enfin que \u201cLes Marionnettes\u201d qui furent déjà jouées ici avec un éclatant succès, ont été montées cette fois avec \u2018un soin tout particulier et tune mise en scène spéciale.MM.Scheler, Filion, Pelletier.Girardin, Valhubert, Godeau, Dauriac, St-Pierre, et Mmes Robert, Kosta.Devoyod, Demons ct Manthar font aussi partie de la distribution des \u201cMarionnettes\u201d qui vont certainement faire courir tout Montréal au théâtre National.Les admirateurs d\u2019Audran, le déti- cieux compositeur de Miss Helycttdu Grand Mogol, de la Mascotte, ctc.vont pouvoir s'en donner i coeur joie la semaine prochaine avec le merveilleux régal artistique que nous offre le théâtre Canadien-Français.\u201cLa Cigale et la Fourmi\u201d cest en effet remplie de cette sève musicale dont la saveur est toute spéciale à Audran.\u201cLa Cigale et la Fourmi\", avec son livret si comique par instant ct si mélancolique par endroit, constitue un véritable chef-d'oeuvre, et la troupe d'Armand Rohi contient tous les éléments pour en faire un triomphe de plus à l'actif de notre théâtre d'opérette.En effet, Simonne Rivière, Beaumont, DeBraine.Du- La semaine * prochaine le \u201cCanard\u201d publiera un .article .accompagné d\u2019une caricature qui fera rire tous les raquetteurs de Montréal.buisson, Noggi, Gaston Rudolf, Pellerin, Descart, Desmarteau, Darcy, Delville, etc.vont pouvoir donner toute la mesure de leur talent dans \u201cLa Cigale ct la Fourmi\u201d qui est une de ces rares pièces qui n\u2019a que de beaux rôles.Ses différents tableaux qui nous promènent dans cette Belgique si éprouvée aujourd'hui et si joyeuse alors, constituent chacun de véritables bijoux, jolis, gracieux.riants ct délicats.Au deuxième acte, cinquième tableau, à la fête donnée par le Duc de Fayensberg, Armand Robi, par une coquetteric de mise en scéne, a voulu nous donner des tableaux vivants qui seront de charmantes reconstitutions de la mythologie grecque et qui seront du plus attrayant effet dans leur grâce délicate ct coquette.La Kermesse flamande de la Place des Echevins à Bruges, au premier acte.sera ni plus ni moins qu'un tableau de Té- -Riers, ct qui rappellera nn peu sous une autre forme le second tableau des Saltimbanques.Le réve du troi- siéme acte avec sa double vision dans la neige, aura certainement droit à toute notre admiration.Ce qui fait qu'avec \u201cLa Cigale ct Ja Fourmi\u201d, nous serons non seulement fascinés par f\u2019adorable musique, mais encore aurons-nous cet émerveillement des yeux que Robi nous a toujours donné lorsqu\u2019il nous l'a promis.\u201cLa Cigale et la Fourmi\u201d sera certainement un des plus gros événe- ments de nos théâtres.cette année.Tél.Est Les commandes sont rem- 2855 plies à 4 semaines d'avis.JULES PONY LIBRAIRIE FRANÇAISE Publications et journaux français.\u2014 Un grand choix de livres en tous genres, \u2014 Revues modes et broderies Spécial: \u201cLe Miroir\u201d, le meilleur illustré sur la guerre 374 rue \u201cte-Catherine Est MONTREAL.Vol.XXXIX \u2014 No 18.La Marguerite Chanson a danser UNE JEUNE FILLE (s\u2019avangant) Où est la Marguerite?Oh gai! oh gai! oh gait Où est la Marguerite?Oh gai, franc cavalier! (Les fillettes entourent la Marguerite et soulèvent sa robe au-dessus de sa tête.) Elle est dans son château, Oh gail etc.LA JEUNE FILLE Ne pourrait-on la voir, Oh gail etc.LES AUTRES Les murs en sont trop hauts, Oh gail etc.LA JEUNE FILLE J'en abattrai une pierre, Oh gail etc.(Elle emmène une des fillettes qui gardent la Marguerite.) LES AUTRES Une pierre ne suffit pas, Oh gai! etc.LA JEUNE FILLE J'en abattrai deux pierres, Oh gai! etc.(Elle emmène une autre fillette.) LES AUTRES Deux pierres ne suffisent pas, Oh gai! etc.LA JEUNE FILLE J'en abattrai trois pierres, Oh gail etc.(Elle emmène encore une fillette et l'on continue ainsi jusqu\u2019à ce que la Marguerite reste toute seule voilée par sa robe.) LA JEUNE FILLE (sans chanter) Qu'est-ce qu\u2019il y a là-dedans?LA MARGUERITE Un petit paquet de linge à blanchir.LA JEUNE FILLE Je vais chercher mon petit couteau pour la couper.Maison à Louer AU CENTRE, 382 St-Christophe, près de Montigny, 6 pièces, système de chauffage, bain avec eau chaude, gaz, etc.S'adresser 4 Jos.Allard, 36a rue Bréboeuf.Tel, St-Louis 6081.Votre Médécin vous presorira Le Nouveau Spécifique des Mala- ( dies de Poitrines SIROP GAUVIN Pour le Rhume Coimpaséd'Eucalyptol, Menthoi, Chlorodyne, Bromoforme, Gomine d'Hpinette et Cerisier Sauvage.Ce nouveau spécitique com rend les mé dicaments reconnus par la Profession Médicale comme étant les plus actifs et les plus efficaces dans le traitement des Maladies de la Corge, des Bronchiteset des Poumons\u2014Toux, Enrovement, Rhume, Bronchite, Grippe, COQUELUCHE, 11 vous guérira, En Vente Partout : 260 la Bouteille J A.E.GAUVIN, Pharmacion-Cht- mis 860, rue Ste-Cathorine Est, MONTREAL, Canada. Vol.XXXIX \u2014 No 18.\u2014Oh! m'man, don.,, ses gorre jambes louchent! UN ARE SRE.> 3 J ee Æ we { lo oh £7 \u2014Pardon, je ne suis pas ce que vous pensez.\u2014C'est justement ce que je pensais.\u2014Alors, votre mari est invalide.\u2014Non, il a perdu quelques membres à la guerre, mais grâce à Conrad Martin, il est rafistolé.\u2014Comment, Conrad Martin?\u2014Oni.\u2026.36-38 rue Craig Est, MONTREAL, où l'on trouve toujours un assortiment de bandages herniaires, appareils orthopédiques, membres artificiels, supports, bas élastiques, etc.LE CANARD, Montréal, 27 Février 1916.A Québec on a encore parlé du Boulevard St-Joseph .si cher 3 M.Valliéres.\u2014 \u2014Ayez pitié d'un p'tit zozeau qui tete encore sa mere.\u2014Un ocuf, cc n'est pas un boeuf pour un veuf.\u2014Moi, je crois aux revenants.\u2014Et moi.à ceux qui ne reviennent pas.comme mon mari. LE CANARD, Montréal, 37 Février 1916.- AU TEL J'vas vous conter eun\u2019 drôl' d'histoire.Hier dimanch\u2019 qu\u2019on faisait rien, J'm\u2019en étais allé sur la foire Histoir\u2019 de voir., des comédiens.Y avait des manèg's magnifiques De ch'vaux d'bois., des pa.na.ma.ras! Et des baraqu\u2019s.et des boutiques! Ah dam\u2019, ça.y en avait.des tas! Voyons.que j'dis, quoi que j'vas faire?Dans qué\u2019 baraqu\u2019 que j'vas rentrer?J'irais ben partout!,., la misère C\u2019est que j'veux pas trop dépenser!.\u2026.Si j'allais à la ménag'rie?Ar! non., ça coût\u2019 dans les vingt sous!.Pour voir des bêt's., jamais d'la viel!.J'n'en vois déji ben assez chez nous!.J'me d\u2019'mandais donc comme cun\u2019 vieille bete C\u2019que j'allais faire de mon poignon.\u2026.Quand v'là qu\u2019 j'aperçois sur la fête Eun\u2019 baraqu\u2019.comme cun\u2019 p'tit\u2019 maison!,., Alle était d'apparence modeste.Tout\u2019 seul\u2019 dans un coin renfoncé.Et su\u2019 la port\u2019, jaun' comme tout l\u2019 reste, Yavait d'écrit: \u201cW, C1 Tiens.que j\u2019 me dis.c\u2019est épatant!,., V'Ià tout d' même eun\u2019 ben drôle d'affaire! Y a qué\u2019qu\u2019 chos\u2019 là-d\u2019ssous., surément.\u2026.D'vant tout\u2019s les aut's c'est un tonnerre De tambours, gross\u2019 caisse et pistons! Ici gna rien!.juste.ej\u2019 me doute Qu'on doit y voir queuchos\u2019 de bont.\u2026.Après tout.j'risque rien! En route! «x La bonne femme assis\u2019 d'vant cun\u2019 table, Ousqu'all\u2019 empilait des journaux, Avait l'air, ma foi, ben conv'nable! J'y dis, en enl\u2019vant mon chapeau: \u201cMadam\u2019, ça n'est pas que je sois chichc, Mais.,, combien donc qu\u2019 faut vous donner?.,.Vous savez ben., on n\u2019est pas riche! Si c\u2019est trop cher.j\u2019 peux pas rentrer!\u201d V'Ià la bonn\u2019 femm\u2019 qui s\u2019 met à rire.\u201cTrois sous!., et on pai\u2019 qu\u2019en sortant!\u201d \u201cCôté des homm'\u2019s.Entrez maint'nant!\u201d Pis all\u2019 se retourne cet j' l\u2019entends m° dire: Trois sous?.,, que j'dis.c'est pas une somme Dans les autr\u2019s théâtr's., c\u2019est ruineux.J' menfil donc.dans l\u2019 \u201ccôté des hommes\u201d Par un p'tit couloir ténébreux., Ensuite j' pousse un\u2019 petit\u2019 porte.J' vois un banc! ct d'dans., un trou rond.\u201cSapristi, que j\u2019 fais, le diable l'emporte, Son p'tit théâtre.l' n\u2019 sent pas bon!.\u201d Moi, j\u2019 m\u2019assieds su\u2019 l\u2019 banc sans méfiance.J' me mets à lire, en attendant Que la r'présenfation commence, Les bouts d' journaux qu\u2019étaient su\u2019 I\u2019 banc! ., Au bout d\u2019une heur\u2019., j' me dis: \u201cTout de même Ça va done jamais commencer?A\u2019 veut que j'y couche dans son système! Ca va finir par m'asphyxier!,.\u201d R'buté, je m' lève pour prendre la fuite.Quand v'Ià que j'aperçois près du rond Chos\u201d que j'avais pas vue toute de suite.Comm\u2019 qui dirait,., un gros bouton! J\u2019 me dis: \u201cC'te cuvette en faïence, C'bouton-là, nom de nom d\u2019un chien, I's serv'nt si qu\u2019ils sont là, que j\u2019 pense, Seul\u2019ment, dame, à quoi?j'en sais rienl.Tout à coup, j' me dis: \u201cAlle est bonne, C'est c\u2019 qui s\u2019appell\u2019nt un \u201ctéréphone.\u2026.\u201d Attends.j\u2019 m'en vas crier dans l\u2019trou!l.\u201d J'approch\u2019 ma tête de l\u2019ouverture, J\u2019 tir\u2019 le bouton et j'erie: \u201cAllo!\u201d Mais au mêm\u2019 coup.en plein\u2019 figure, V\"Ià ben qu\u2019 ça m'en envoi\u2019.de J\u2019eaul\u2026.\u201cAh! ben ça, que j'dis, alle est forte.\u201d Æj' flanqu\u2019 deux grands coups d'pied dans l\u2019banc Et j'pars faisant claquer la porte.Ben sûr que j'étais pas content! En r\u2019passant d'vant la vieill\u2019 bonne femme A\u2019 m°\u2019 dit: \u201cBen vous y avez mis l' tempsi.J' croyais qu\u2019 vous aviez rendu l'âme, Ça été.mais difficil\u2019'ment! \u2014Ah! ça, que j\u2019 dis, soyez-en sûre, Tenez, v'là tout de même vôs trois sous!.\u2026, Seul\u2019ment vot\u2019 truc, ej\u2019 vous assure, Que j'y ai ben rien compris du tout!\u201d ANDRE CHENAL.Vol.XXXIX \u2014 No 18.EPHONE \u2014Quand la guerre finira, je n'aurai pas plus de mari que j'en ai maintenant! \u2014Vous avez tort.\u2014Bourassa, c'est un maudit.\u2014Mademoiselle, je vous respecte.S ; .\u2014Non, c\u2019est un nationaliste.\u2014Tout est fini entre nous, garde mon enfant.ct je Vol.XXXIX \u2014 No 18.LE CANARD, Montréal, 27 Février 1916.9 Cadeblag-Zeitung Le seul journal relié par fil spécial avec le vieux Dieu allemand.SARAARAS Dieu le Père est réservé à l\u2019usage xclusif du Kaiser.UN FAIT INOUI Notre Correspondant de Calais a assisté au Conseil des Alliés On se rappelle que, le 6 décembre dernier, les Alliés ont réuni, à Calais, un grand Conseil de Ministres et de Généraux.Que s'est-il passé, au cours de cette séance historique?Nul n\u2019a pu le dire.Etant donnée la saison, le secret n\u2019a pas transpire.Or, notre Correspondant de Calaisl'honorable Herr Schweinkopf, vient d'arriver à Berlin, après un voyage mouvementé à travers la Hollande, la Norvège, la Suède et le Danemark.Et les premiers mots de notre rédacteur, en pénétrant dans les bureaux du \u201cTadeblag\u201d furent ceux-ci: -Hoch! j'ai assisté au grand conseil des Alliés! Toute la rédaction demeura stupéfaite \u2014 ct, faut-il le dire?\u2014 incrédule.Sans se permettre de souffler, l'honorable Herr Schweinkopf nous fournit les preuves irréfutables.\u2014la! dit-il.tandis que ministres et généraux prenaient place autour de la table, je m'étais glissé dans un placard.Mon coeur sautait dans mon gilet de flanelle! J'allais donc surprendre les secrets de nos ennemis! Par le trou de la serrure, je distinguais parfaitement le général Joffre, bedonnant et bon enfant, et.\u2014Quelles furent ses paroles?s\u2019écria la Rédaction, haletante.\u2026.Herr Schweinkopf poursuivit : \u2014Ce fut lui, précisément, qui parla le premier.Il avait une carte étalée devant lui.Sir Edward Grey lui répondit, cependant que le général Porro taguinait sa moustache.\u2014Tartcifle! que disaient-ils?rugit, de nouveau, la Rédaction pantelante.Herr Schweinkopf fit un geste, et continua: \u2014Il'y cut un moment où le général Galliéni sc dressa tout d'une pièce et se mit à arpenter la salle à grands pas.l\u2019uis, le général Gilinsky parla à son tour.La Rédaction n'en pouvait plus.\u2014Qu\u2019ont-ils dit, Mein Gott! Qu'ont- ils dit?Alors, ayant soupiré, notre malheureux correspondant avoua: \u2014Hélas! Comment voulez-vous que je le sache?Ils s\u2019exprimaient en français, et je n\u2019en sais pas un traître mot} \u2018 QUOTIDIEN HEBDOMADAIRE PUBLIÉ par L\u2019AGENCE WOLF BUREAUX: KOLOSSAL-KANARD STRASSE, BERLIN Et l'honorable Herr Schweinkopf s'enfouit la tête dans ses mains, tandis que toute lu Rédaction poussait des cris de déception.Ainsi, malgré l'extrême plaisir que nous aurions eu à offrir à nos lecteurs la primeur de cette séance inoubliable, nous devons nous en priver.Et pourquoi?Parce que les Alliés ont parlé français \u2014 au lieu de s'exprimer en allemand \u2014 comme tout le monde! K.KHADOIT.:0: MOBILISATION FEMININE.Hoch! Hoch! Hoch! à victoire est à nous! Glorifions notre Dieu allemand davoir si hautement inspiré notre glorieux Kaiser et son très intelligent et très obéissant état-major! Nos pouvons, dès maintenant, confirmer à nos lecteurs notre information parue, hier, en dernière heure, dans notre numéro spécial et ayant trait au service militaire obligatoire des femmies.Ceci n\u2019est plus qu\u2019une question de jours ! A la demande de notre confrère, le \u201cLokal Anzciger\u201d, et de toute la presse hongroise, les femmes de seize à vingt- deux ans vont être astreintes 4 une année de service qu\u2019elles feront, suivant leurs aptitudes, dans les usines métallurgiques, les services administratifs ou les exploitations agricoles.Ceci est bien, mais ce n\u2019est pas assez ! Pourquoi ne pas envoyer les femmes dans les tranchées?Est-ce que nos mé- res et nos filles ne sont pas toutes désignées pour nous protéger.D'abord cela offrirait de nombreux avantages: 1° Tandis que nos ennemis s'occuperaient de nos tendres Gretchens (ces innocentes victimes de leur barbarie!) nous pourrions, retranchés un peu en arrière, les auéantir avec nos mitrailleuses, Nous serions sûr de la victoire car ces imbéciles de Français refuseraient certainement de tirer sur nos femmes.Ce serait la bataille sans risques! ° En admettant méme que les Français se résignent à se servir de leur fusils ,est-ce que tous, depuis le Kaiser jusqu\u2019au prince d'Eulenbourg, nous ne préférons pas sacrifier dix femmes plutôt qu\u2019un homme! Est-ce que depuis le grand Frédéric, soldats et civils ne font pas notre orgueil et notre joie?Nous devons donc tout tenter pour sauver de la mort ces âmes-soeurs qui eurent pour nous de si rares complaisances | 2 Notre vérité, rien que notre vérité.Exigez la marque : \u2018Made in Germany.\" VARA Service d'espionnage; unique au monde.Or, pour arriver à ce résultat, nous n'avons qu\u2019un moyen, Mettre les femmes à leur place! Hatons-nous done d'incorporer gelles-ci, sans limite d'âge ! Seules, les moins laides et les plus robustes obtiendront des dispenses ct devront se consacrer \u201csans répit\u201d à l'oeuvre de repopulation.Leurs collaborateurs seront choisis parmi un certain nombre de patriotes volontaires.Ils devront s\u2019'employer sans relâche à la création de la classe 1933.La date & laquelle fonctionneront les conseils de révision n'est pas encore fixée; à ce sujet des paroles aigre-dou- ces ont méme été échangées entre l'empereur et deux de ses fils.Le Kaiser se ant aux goûts spéciaux du prince Eitel, l'avait désigné pour présider l'un des conseils.Or, Son Altesse a énergiquement refusé, C\u2019est alors que son frère, le Kronprinz a réclamé de prendre sa place, mais l'Empereur ne le veux à aucun prix! Que Dieu envoie à cette noble famille paix et tranquiflité! Deutschland über alles! KROIDHEFFER.:0: SOI-DISANT SUCCES DE L\u2019EMPRUNT La presse alliée ne tarit pas des éloges les plus dithyrambiques sur l'Emprunt français, et se flatte de constater que l'étranger souserit des millions à cet emprunt.Naturellement, elle ne manque pas d'insinuer que lors de son dernier emprunt, l'Allemagne t'a pas reçu : mark de l'étranger! La vérité est que l'emprunt français n'inspire aucune espèce de confiance à l'étranger; et si l'étranger veut bien y apporter tout de meme sa contribution, c'est uniquement par pitié! \u2014Pauvre France! disent les épargnants neutres.celle s'est laissée entraîner dans une guerre fatale par la perfide Angleterre! Efforçons-nous d\u2019adoucir ses derniers moments.Et cette pitié est si vraie, si générale, que l'Allemagne, elle-même, est toute disposée à apporter sa part de fonds à l'emprunt français, si notre chevaleresque ennemie veut bien consentir à une petite paix séparée.Herr GANZ.UNE ORGANISATION MODELE.New-York (dépêche de notre espion particulier.) J'ai eu le plaisir de visiter, hier, les bureaux de la \u201cGermankomplott\u2019geselschaft*.On peut affirmer hardiment que c\u2019est un modèle d'organisation, avec installation de T.S.TF.iil spéciale de Berlin, périscope, etc, etc.Les voyageurs de komplots, les placiers en attentats s\u2019y rendent chaque matin, à 9 heures, prendre les ordres pour la journée.Ensuite, ils descendent au magasin, où, sur un bon de l'administrateur-délégué, on leur remet la quantité de dynamite, de bombes ou de cartouches nécessaire à leur tournée.Le règlement des attentats a lieu une fois par semaine, le samedi.Chaque placier se présente et fait son petit compte à la caisse, il déclare alors: \u201cVous me devez une usine en Pennsylvanie, deux paquebots anglais et un pont au Canada.\u201d Tout de suite, le caissier établit le compte en consultant le petit tarif qu\u2019it a sous les yeux: Usines : Explosion simple .150 D\u2014 avec blessés .150 D\u2014 avec morts .223 D.Paquebots : Incendie à quai .50D\u2014 au cours de la traversée .200 D.Munitions détruites: le kilogr.2 mks Chemins de fer Pont sauté .40D.Déraillement simple .80 D\u2014 ave troupes, .150 D\u2014 avec matériel .250 D.Suppléments : Propos germanophiles, le mot.1 mk \u2014 grève d'usine, l'heure .20 D.On le voit, la \u201cGermankomplott\u2019ge- selschaft\u201d a été organisée avec cette scrupuleuse méthode qui fait honneur à la kulture.Aussi, les résultats sont-ils magnifiques: on ne compte plus les victimes.11 convient d'y associer le gouvernement américain, qui, par sa bienveillante neutralité, facilite singulièrement la tâche.Von HARNACK. TO LE CANARD, Montréal, 27 Février 1916.1 La Sagesse des Nations affirme qu'il n'y a pas de sots métiers \u2014 je m'incline; \u2014 mais il y en a, qui donc en doute?de répugnants et de considérablement sales, ct la liste en serait longue.Pour aujourd'hui, contentons-nous de citer la noble confrérie des usuriers, confrérie qui existe encore, bien qu'on en dise, et qui continuera son petit commerce tant que la terre tournera.Axiome: Tout usurier est juif ou mérite de l'être.Lazarc-Esaii Schull \u2018était, lui, bel et bien; et son nom et son nez l\u2019indiquaient avec surabondance, Oh! il n'était pas plus canaille que ses confrères, maïs il l'était autant, Il prè- tait à cinq cents pour cent, sur bonnes garanties, et payait moitié argent et moitié marchandises.Ce n'était plus, comme aux (temps romantiques, des chameaux empaillés ou des crocodiles en Las âge qu'il livrait à ses clients; loin de cela; vieux jeu, vicilles lunes; mais il vous rétrocédait, en due forme, des prairies dans le Nicaragua ou des icebergs en balade, dans les environs du bane de Terre-Neuve, avec les phoques compris, cotés à tant la paire; et, ma foi! il avait peut-être bien raison, puis- qu'il trouvait des amateurs.Tout est relatif, en ce bas monde, Ce gnome, laid et féroce avait \u2014 par on ne sait quel mystère \u2014 une fille très belle, qui répondait au nom délicieux de Zénobie.Quand les juives sont belles, elles sont admirables.Zénobie rappelait, dans sa plus idéale perfection, le type primitif des femmes orientales qui s\u2019en allaient jadis, aux époques bibliques, pieds nus, sous les palmiers, dans la poussière d'or, puiser l\u2019eau des fontaines dans le décor ardent de la Judée perdue.Rien qu'il aimit sa fille presque autant qu\u2019il s'aimait lui-meme, le trafiquant d'argent n\u2019hésitait pas cependant à s\u2019en servir comme d'un appoint vainqueur, dans les marchés difficiles, auprès des emprunteurs exaspérés qui résistaient encore à ses étranglements.Au moment suraigu de la discussion, lP jeune fille apparaissait, souriait, faissi.autour d'elle de la lumière, et le client surpris, charmé, ébloui, ne se défendait plus, Puis quand tout était signé, Zénobie s\u2019en allait comme elle était venue, Le tour était joué.Il Un matin d'hiver, Thibaut Cascadérac, beau Gascon de trente ans, vint frapper à la porte d'Esaû.Le juif ouvrit lui-même ct fit la révérence, \u2014Quel bon vent vous amène, sei- \u2018gneur?\u2014Toujours le même, Israël, vent de la guigne, bise de misère, ouragan d\u2019amertume, rafale de tristesse, trombe de désespoir \u2014 mais vous êtes le port; écrivez ce mot-là comme vous voudrez, circoncis.\u2014Entrez, entrez, mon gentilhomme, Puis, quand Thibaut fut assis dans 29 FEVRIER l'obseur petit cabinet d'affaires, le juif, placé à contre-jour, et clignotant de l'ocil malgré tout, murmura : \u2014Voyons, aujourd'hui, ce que désirez.\u2014Cinquante mille, répliqua négligemment Cascadérac.Esaü Schull répondit: \u2014 C\u2019est beaucoup pour vous, à présent \u2014 mais cependant laissez-moi réfléchir ct consulter ttes casiers.\u2014l'aites, mais vite.En bonne vérité, l'usurier n'avait qu\u2019un médiocre besoin de feuilleter les paquets de notes et de fiches qu\u2019il remuait à cette heure.Il savait par coeur la condition exacte de chacun de ses habituels clients, et Cascadérac étajt certainement le premier de ceux-là, Dix, vingt marchés avaient été, depuis cinq uns, traités, conclus, entre les deux compères; jadis, Thibault était \u201cune affaire merveilleuse\u201d; fils de grande famille, neveu d'oncles et de tantes à héritage, filleul de vieilles gens sans descendance ; \u2014 Mais, peu à peu, il avait tout escompté, par avance, à la boutique de Lazare- Esai; pour lui, surtout, le père avait joué de sa fille; Zénobie était intervenue, le sourire à ses lèvres rouges, découvrant ses dents blanches, dans toutes les combinaisons Schull et Cascadérac.\u2014 plus souvent même, peut-être, qu'il n\u2019eût été nécessaire; mais de cela, le juif ne s\u2019en doutait guère; ne soupçonnant pas les surprises du coeur, pour cette bonne raison qu'il n\u2019avait pas de coeur.Zénobie et Thibaut s\u2019entendaient donc mieux que ne pensait le diable, ce parrain naturel de tout bon usurier, Non, actuellement, Thibaut ne valait plus cinquante milles mais il fallait pourtant le ménager, car ses connaissances étaient nombreuses et riches, et belles à cultiver, grasses à exploiter; il avait déjà \u2014 et que de fois! \u2014 adressé à Schull de bons garçons de sa trempe qui se laissaient dépouiller gaiement, gruger congrüment, et remerciaient encore à la sortie, \u2014 ravis de l\u2019or sonnant dans leurs poches après quinze jours de \u201ctire la langue, si tu as soif\u201d.Et le juif cherchait une façon de dire oui, sans que cela lui coûtât rien, Il trouva brusquement, car son honnête cervelle était machinée comme un sous- sol de théâtre féerique, et des trucs en surgissaient d'une pièce, au moindre appel du désir machiniste.Lazare Esaü sourit, puis parla: \u2014Monsieur Thibaut, vous êtes pour moi une trop vieille connaissance.\u2014Hélas!.\u2014.Je vous dois trop.\u2014.Hum! grogna Thibaut, je croyais le contraire.n'importe, allezl.\u2014J'ai pour vous trop d'estime pour vous refuser le petit service que vous me demandez présentement.Mais, entre nous, vous n'êtes plus solvable \u2014 du moins tant que vos oncles, tantes, parrain, marraine, s'obstineront & vivre.donc, c\u2019est simplement par égards que je traite aujourd'hui.\u2014Ce qui .veut vous dire, Shylock, qu'il vous faut six livres de viande au lien d\u2019une.\u2014Vous comprenez tout à demi mot; quelle admirable intelligence.en vérité, je n\u2019en connais pas de comparable au monde.\u2014Merci, merci, passons aux chiffres.Malgré sa grande habitude et son adorable cynisme, le juif hésitait cette fois, tant c'était énorme; il eut recours à l'ordinaire stratagème ;il sonna.Zénobie parut.\u2014Monsieur Thibaut ! \u2014 Mademoiselle Zénobie ! Ils se serrèrent la main, franchement, en braves enfants qu'ils étaient tous les deux; ct, dans cette poignée de main loyale, chacun passait un petit billet à l'autre ,et cela si vite et si adroitement, que le plus grand jaloux n\u2019y aurait rien surpris.\u2014Voici mes conditions: dix mille comptant, \u2018 \u2014Oh! \u2014Quarante mille représentés par une terre dans le Morbihan, dans la pres- qu'ile \u2014 terre superbe, pas un arbre On peut y fait tout ce que l'on veut ; n'est-ce pas, Zénobie?\u2014Oui, papa.\u2014Lazare-Esaü Schull, répondit gravement Cascadérac, par tes ancêtres, tu abuses; \u2014 mettons quinze mille comptant, et je signe.À quand l'échéance?à quand l'échéance?\u2014Comme toujours, à un quinze mille, c\u2019est trop.pas.\u2014Douze mille à un an.Oui, ou non, Israël?\u2014Soit.parce que c'est vous!i.Voici du papier timbré \u2014 libellez l\u2019acte de votre écriture: c\u2019est plus correct.\u2014Je le veux ainsi, Judas! répliqua Cascadérac avec un infernal sourire.Puis consultant de l'oeil un almanach- bloc qui marquait la date du jour: 29 février 1888, \u2014 il annonça tout haut ce qu'il écrivait: \u201cAu 29 février prochain, je paierai a M.Esaii Schull 1a somme de cinquante mille francs, valeur en compte.\u201d Et il signa.\u2014Parfait, dit le juif, escamotant le papier.Va-t'en, Zénobie.Zénobie disparut, après un long regard; Thibaut tirait sa moustache diaboliquement.\u2014Voici douze billets bleus, puis vos titres de propriété pour Ia terre de \u201cBi- nious-les-Sables\u201d.Plaignez-vous, à présent.Et que comptez-vous faire de cette fortune?\u2014Avec votre argent je veux enlever une jeune fille qui m'aime ct que j'aime, et dont le père me dégoûte \u2014 voilà, cigare d\u2019un sou! Et, Thibault, billets et titres empochés, sortit gaillardement en sifflant les \u201cPioupious d'Auvergne.\u201d \u2014Imbécile ! cria Esaü, quand la porte fut refermée.Il jubilait; if avait tort.La main vengeresse de la Providence s\u2019appesantissait sur sa coupable échine.III Le même soir, en rentrant chez lui, Schull, qui n\u2019avait pour servante que sa an.Mais je ne puis Vol.XXXIX \u2014 No 18.fille, trouva le foyer éteint, la maison vide, H appela: \u201cZénobie!\u201d Rien ne répondit.lurieux il grimpa au second, ouvrit la porte d'une petite chambre \u2014 personne; mais sur une table, une lettre.11 l'ouvrit avec un frisson, et voici ce qu'il lut : \u2018Papa, j'en ai assez d'être ta bonne, et de t\u2019aider à voler le monde.Je pars \u2014 très loin \u2014 avec M.Cascaydérac et ton argent de ce matin.tu sais, les douze mille.On se brûle à jouer avec le feu.J'aime, à présent.Bonne nuit.\u201czr \u2014Anathème! hurla le Juif; mais il ne déchira pas ses habits, étant fort économe Trois jours, il resta, sombre, enfermé, solitaire; puis, peu à peu, il se consola, à feuilleter, une par une, ses deux milles créances.À la dernière, il s'arréta pensif ; c'était celle de Cascadérac.[1 la contemplait mélancoliquement ; elle Ini coûtait cher \u2014 si gros encore que fût le bénéfice futur.Soudain, il verdit; \u201c29 février., le 29 février prochain, halbutia-t-il.Mais c'est dans quatre ans! Au voleur!\u201d Profitant de l'année Dbissextile, Thi- Laut s'était généreusement accordé du temps pour rembourser sa dette.Alors, Lazare-Esaii Schull baissa la tête \u2014 ct pleura de Ia bile, Les malheurs s\u2019en viennent par série.Un mois plus tard, il lut dans un journal officiel qu\u2019une nouvelle voie de chemin de fer allait être établie en Bretagne.Sur son tracé direct se trouvait la terre de \u201cBinious-les-Sables\u201d, qui désormais valait deux cent mille francs; l'Etat l\u2019achetait.Ce fut le coup de grâce.Le Juif eut Ja jaunisse, liquida ses biens, partit pour Stamboul.A présent, il est Turc.\u201cLe Canard\u201d publiera une semaine ou l'autre un numéro \u201ctragique\u201d qui sera \u2014 cela va sans dire \u2014 du plus\u2019 haut comique.THEATRE Canadien - Français Direction: A, ROBI Semaine du 28 février 1916 Opérette en 3 actes d\u2019Edmond Audran Gaston Rudolf, Simonne Rivière, Hector Pellerin, André Descarts et toute la troupe.Tous les dimanctes, excellent programme de vues et intermèdes par ies chanteurs de la troupe. Vol.XXXIX \u2014 No 18.LE CANARD, Montréal, 27 Février 1916.La Correspondance de Guillaume II \u201cAu sultan des iles Comores.\u201cA toi qui régne sur les \u201cSix Comores\u201d; à toi dont le nombre brille (1) comme une lampe à incandescence de soixante-douze bougies parmi les sectateurs du Prophète; à toi qui possèdes la prudence du serpent, la force du lion, l'harmonie de l'ophicléide et la subtilité du placier en savons de Marseille; à toi qui mérites de couler des jours heureux dans cette vallée de larmes ct d'¢- tre récompensé durant toute l\u2019éternité par les plus divines extases du Séjour des Elus; à toi, mon féal cousin, Salat.\u201cPuissent le parfum de la fleur du lotus et les senteurs embaumées de l\u2019huile de palme chatouiller agréablement tes narines, tandis que \u2018es voluptueux accords de la tsangcarapatartufiangong- sulipatambambou (2) charmeront tes oreilles nacrées comme la coquille uu yangtsétiang (3).\u201cTel le soleil glissant sur les hauts sommets des montagnes de Mohéli, l'ile enchantée, pour s\u2019abimer ensuite dans les vallons ombreux d'Anjouan et de Mayotte, tel, moi, supréme empereur d'Occident, représentant de Jéhovah, de Vishnou, de feu Napoléon et des frères Manesmann sur la terre; je m\u2019avance vers toi, pour te faire connaître la pen- séc de mes pensées ct la volonté de mes volontés.\u201cEtends les bras vers le ponant et les pieds vers lc septentrion, pousse par trois fois le cri triomphal de la girafe adulte décorée de la croix de fer ct prononce les fortes paroles du transocéanien : \u201c\u2014 Gongpatangboranguroubachibeïnamancolipostabarababarabang! (1).\u201cEt prends immédiatement les dispositions nécessaires pour mettre à ma disposition cent trente mille hommes de troupes bien équipées, vingt-huit millions de cartouches, quatre-vingt douze mille mitrailleuses, six cent trois canons de quatre cent vingt, sept douzaines d'aéroplanes ct quelques brancardiers par dessus le marche.\u201cFais débarquer nuitamment cette force sur la berge du canal Saint-Mar- tin, entre la rue de Tolbiac ct I'Arc-de- Triomphe.\u201cDonne des ordres très sévères pour que soit impitoyablement massacré tout ce qui se trouvera sur son passage.\u201cEt tu te seras acquis des droits éternels 3 ma reconnaissance.\u201cSous réserves des nécessités ultérieures, bien entendu.\u201d (1) La méme équivoque n'existe pas en langue comorc, où \u201cnombril\u201d se dit exactement: tubangnapangcoloforutata- patapangbangbang.(2) Espèce de violon à trois tympans sur lequel on joue de la flûte.(3) Crustacé = hérissodactyle = des grandes profondeurs de l\u2019océan indien.(4) Néologisme intraduisible, (Note de l'auteur.) CHARADES 171 l\u2019arfois l'industriel qui vit de mon premier, S\u2019enrichit sans pudeur en faisant mon entier Et prend en Belgique mon dernier.172 Si l'on traite un ami je suis le mets notable, Lit, cuit a point, il peut me trouver délectable.- Mon premier le voilà.Quand la vague soulève une mer agitée.Elle est par certain mot justement figurée, Je dépeins mon deux là.Mon tout, un collet rond, est aussi salle ronde, Et temple de Vesta connu dans l'ancien monde, C'est mon entier cela.173 Mon premier, en un sens, est bien loin d'ètre un mal.Mais Dieu! Que de soucis quand il est capital.Trois heures de séance au Sénat, à la Chambre, Et se lève mon deux.Faire faire antichambre Par caprice et sans cause est au moins singulier Lt manière d'agir contraire à mon dernier.EXPLICATION DES CHARADES PARUES LA SEMAINE DERNIERE 168.Anc-thon (hanncton), - 160.Epigramme.170.A.I.D.(Haydéc).poéte Prés Van Horne MAISON A VENDR SIX LOGEMENTS 4 pièces chacun.Améliorations modernes.Chambre de Bain, W.-C., Cave cimentée, Fixtures Electriques, Bouilloires à eau chaude, Ete.Prix, $11,000.Peu de comptant requis.S\u2019adresser au Journal Ces Unions Ouvrières sont invitées \u201cLE BULLETIN\u201d 109 Ontario Est.TRAVAIL SUPERIEUR A l'Imprimerle du \u2018\u2018Bulletin\u2019\u2019 on y exécute,à très bref délai, toutes sortes de travaux en fait d\u2019impressions.SPECIALITE: ouvrage de Luxe AUSSI Circulaires, Affiches, Pamphlets, Catalogues, Btcvous êtes pressé, vous voulez un bon travail vous cherchez de l'originalité.VENEZ NOUS VOIR \u201cLe Bulletin\u2019 Dept.des Impressions 105-109 Rue ONTARIO Est.Angle Ave Hotel-de-Ville.TELEPHONE EST 1/2! Les Ouvrières sont invitées 12 LE CANARD, Montréal, 27 Février 1916.Vol.XXXIX \u2014 No 18.Aht Bilodeau! All les Russes! * LS [ Et la prohibition! Marie Kaspulaire!! * .\".Et Gaspard Petit?! \u201c.* Mais.il y a Bourassas 0» * L.A la pointe.pointue.*.Mais, et ce canal de la Baie G.! * + + Les Alliés sont unis pour la victoire.N'est-ce pas, Armand (Lavergne)?+ ° ® Madame, avez-vous sorti votre chapeau de Van dernier?° * ° M.de Limbourg n'est pas un fromage mais un pédicure.» * * M.Cousineau et Sir rygniée et le géant.Qu'est-ce qu'une répartie?Tout bonnement une insulte en habit noir.+ ° * La gazette m-tropolitaine est bien exactement ce qu\u2019elle devrait être.Lower: le *.Tu parles d'une revue humoristique! » s 0» Le 75 marche assez bien, mais le 1a sold, * ° * M.Blondin à quarante-un ans et il n'est pas encore au front, » * ° Quelle différence y a-t-il entre un autour et un aigle allemand?* + * Quand la guerre va piano ne va guère.° .» piano.le Le Sénat est la Chambre des Pairs canayens, et mème des gands-pêres.+ * M.Martin est un homme a tw faire.°.On dit que la flotte de Von Tirpitz est à Sorcl.° ° ° \u201cL'administration est pourrie\u201d.\u2014 Médéric.M.Dourassa n'est pas Horace ct M.Lavergne ne sera jamais Caton.+ .La \u201cnouvelle note\u201d américaine est une vicille scie, + .° Le chantier municipal est sur \u201cla bum\u201d, * + + Les bleus sont bons à dénigrer et à crier, mais là finit leur puissance., .\u201cL'Idée\u201d est une très bonne idée, mais ce n\u2019est pas encore le \u201cCanard\u201d.+ ° .M.Bourassa ne nous parle plus des \u201csous-nègres\u201d de l'Empiree .® Mais que fait donc Armand Lavergne?* x 0» C'est décidé, la \u201cPresse\u201d reste Ia \u201cPresse\u201d.» .0» Quelle différence y a-t-il entre Jnles Fournier et M.John H.Roberts?* * * Henri Bourassa n'est pas un lypé- maniaque.+a On nue peut pas contenter tout | monde et certains ¢chevins, \u2014 Sir Lomer.* Sir Wilfrid Laurier, Canadiens, {rè- res, n'oubliez pas ce nom: il est unique dans l\u2019Histoire du Canada.°°.habit du soldat allemand est de couleur invisible.Avant longtemps.te soldat lui-même sera invisible.* Phrase pour servir aux poésies de Monsieur des Caries: \u201cUn jour naquit un fromage.Le lendemain il Gla\u201d.* * * Peut-être fera-t-on un peu de lumière sur les schemes des fournitures de guerre.6 * » \u2014 paraît que l'Allemagne veut pacifier.\u2014Hum! il ne faut pis s'y fier.* * Si vous n'avez pas encore loué.louez votre propriétaire, ça le flacte ra.Le Sénateur Choquette doit.dit-on, prendre la direction de l'\u201clEvening Telegram\u201d, de Toronto.Messieurs, prenez garde à vos dames, car \u2018\u2019chemise-culotte\u201d sera à la mode l\u2019an prochain.URLUPINADES Les Boches d'Ontario ne sont pas des Poches.Mais les Boches de Quebec.oui, parafaitement, de Québec, sont.,, moches.* ° * Montréal se flatte d'avoir Marie Kaspulaire et Québec peut se vanter de posséder une Espagnole qui a nom Corinne Cabana., Sicotte.+ ° Quand les morceaux sont bons, on peut faire quelque chose de bien.Vingt bons valent donc mieux que trente-un mauvais.° ° M.Bourassa ne dit pas ses discours; il ne les lit pas.ne les improvise pas.il.il.if.il les .distille! .° .On dit que le culte du nationalisme assure la longévité des bleus et le triomphe des orangistes.Etrange, quatre fois étrange! *.l'ensée ultra profonde à la disposi: tion des soldats d'Asselin et de B#r- ré: \u201cPlus le fantassin est chargé.moins il aime le pas de charge\u201d.Au 65e, école du soldat: \u2014On commande feu à volonté.Que faites-vous?\u2014Je cherche mes allumettes.° » ° Le \u201cStandard\u201d, en janvier, publia une très belle caricature.Elle représentait l'Italie.l\u2019Angleterre, la France et la Russie, Il y à des gens qui sont aveugles, fous vu saouts.M.Cousineau, la doublure bleue de M.Borden, oublie que l'expropriation du Boulevard St-Joseph a été demandée par M.Vallières.un bleu! .ee -+e En France il y a le Franc-Tireur.en Angleterre on trouve du French- Canadian in the soup, ct en Allemagne le Franc-Filecur se voit un peu partout ct même plus foin.° .Quel est le nationaliste.je vous 1- demande, qui refusera de se convertir au conservatisme, s\u2019il lui est vraiment démontré que la doctrine toris- te a des vertus.conservatrices?+ ° + La \u201cPresse\u201d drôle: \u201cMontréal ne peut pas plus raisonnablement s'opposer à l'annexion dr Maisonneuve qu'il ne peut renier le nom de son fondateur.\u201d Quoi qu\u2019un dise, quoi qu'on fasse, Québec est à la tête de la Confédération.\u201c+ « Le kaiser souffre, parait-il, de \u201czell- bewabentzuenduat\u201d, maladie micus conte en Germanie sous le nom de \u201cLildegewegentzuendung\u201d.Qui soutiendra que ces gens-là ne sout pus des barbares?° .Le Canada est maitre dans sa maison.Nous ne sommes pas les sujets \u2018 du peuple anglais, mais du roi de la Grande-Bretagne.Georges V est le roi du Canada de la même manière qu\u2019il est le roi de l'Angleterre.* * * Nous voulons des juges.\u2014 Les avocats.Nous voulons des juges.\u2014 Les plaideurs.Nous voulons des juges.\u2014 Les Juges qui ne peuvent pas tout faire à la fois et tout le temps.* * ° L'Allemagne danse devant le Luffet! La danse des milliards qui s\u2019en vont en fumée! La danse des tetes de mort et des ventres creux! La danse des Ardents et la\u2019 danse de saint Gui! Par ordre de l'empereur.sautez, comtesses! Sautez, baronnes! Sautez gaiment les travestis! Ah! ce qu'on s'amuse à Berlin! \" Les grands journaux vont-ils déjà dénoncé le scrutin ouvert dont on se sert pour faire voter la prohibition?Si le scrutin ouvert n\u2019est pas bon pour élire les députés et les ministres du gouvernement, si on l'a aboli comme contraire à la herté du suffrage.pourquoi le laisse-t-on encore pratiquer pour faire décréter.sous Voeil menagant des apotres prohibitionnistes, la suppression d'un commerce légitime?*.Au record \u2014 peu enviable \u2014 de la sénilité et de la décrépitude, le sinistre gâteux l\u2018rançois-Joseph en join: un autre, celui d\u2019être le plus titré des chefs d'Iétat.I est, en effet, une fois empereur.neuf fois rois.une fois archidue, une fois grand prince, quatre fois mer- grave, cing fois comte princier, deux fois prince et vingt-sept fois comte ou seigneur.A ces titres, il vient d'ajouter celu\u2019 de grand voivode de Serbie.Mais celui-là n\u2019est que temporaire.Il faudra qu\u2019il le rende ct sans doute quelques autres en méme temps."]
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