Le Canard : journal humoristique, 13 mai 1917, dimanche 13 mai 1917
[" Vol.XL \u2014 No 29.= MONTREAL, 13 MAI 1917.- Cinq Centins | Humoristique \u2014 Satirique \u2014 Politique = Littéraire \u2014 Illustré \u201cLe vrai peut quelquefois n'être pas vrai sans blague \u201d \u2014 BOISL'EAU.Rédigé en Collaboration.Administration: 105 à 109 rue Ontario Est.PAYE BAPTISTE «7 Q SoucHE =~ Bu \u2014 BAPTISTE.\u2014Pas plus que I'yable, j'aime mieux sacrer mon camp avec Blondin.C'est décidé, j'm\u2019en vas dans les tranchées avec lui. 2 LE CANARD, Montréal, 13 Mai 1917.Vol.XL \u2014 No 29.Sous les Ailes \u2014 Chignole dans la Biffe \u2014Un Boche signalé.\u201cPlaquez-vous\u201d\u201d,.l\u2019aites passer.La phrase court, monotone, transmise de bouche en bouche.Is s'arrêtent de piocher, jettent leur pelle-bêche et s'incrustent dans les aivéoles.\u2014Quel est l'idiot perché sur Péchielle du parapet?\u2014Chignole, naturellement.\u2014Î1l va nous faire répérer!.Chignole, nez en l'air, mâchoires contractées, contemple Poiscau aux ailes noires qui survole les tranchées à faible hauteur.\u2014On ne lui donne donc pus la chasse?.,.Où qui sont les Nieuport?.Tout de même, il en a dans le \u201cbuffet\u201d! .\u2026 Chignole est en première ligne depuis la veille.en peu de jours! La dépêche demandant un renfort arrive au dépôt; un frisson sur l\u2019échine.Ce coup-ci.ça y est! Le magasin d\u2019habillement: tenue neuve, courroies luisantes, bidon étineclant.L'armurerie: le \u201cflingot\u201d et sa jolie aiguille à tricoter.Les préparatifs sous l'oeil des anciens, blessés inaptes, employés comme instructeurs.Ne f.pas en lair vos vivres de réservel.bande de \u201cbleuzailles™!.Quand vous n'aurez rien 4 \u201cbecqueter\u201d.vous serez bien heureux de les trouver.T'as de alcool de menthe?.N\u2019oubliez pas de la ficelle.\u2026Les adieux chez la mère Saucisson qui offre la \u201ctournée\u201d de la patronne.La revue sur le quai: Dudule s\u2019empêtre les jambes dans son grand sabre: l'émotion exagère son \u201ccra.era\u201d; on s'entasse avec des bouteilles tt des paquets qui suent.\u201cMarseillaise\u201d.Stationnement dans les gares.La \u201crégulatrice\u201d de Noisy-le-Sec; au loin, la Tour Eiffel ct le Sacré-Coeur sur un ciel étrangement calme de paix et de douceur; seule, une grille sépare de l'avenue le convoi arrété; un tramway passe, se dirigeant sur Paris; ah! les fläncries rue Lepic en remontant à \u201cLa Galette\u201d.les nuits d'été où la chaleur de la ville monte, vous enveloppe et vous grise un peu de tous ses parfums lourds!.Puis le train glisse dans |a nuit; les copains s\u2019'endorment, ronflent sur un dernier coup de \u201cpinard\u201d; la lumière du plafond dessine des ombres grimaçantes; le chapelet des heures; un grondement lointain, un inartellement sourd.le canon! \u2014Faites passer.prêts pour l'attaque à midi quinze.Les chefs de section, les caporaux se prodiguent: \u2014lLes bidons pleins d'eau., préparez les masques., deux hones par escouade pour les grenades.Chignole, assis dans sa \u201ccagna\u201d attend, le fusil entre les jambes.C\u2019est le premier assaut; il n\u2019a ni courage ni peur; pas d'enthousiasme, mais le sentiment obseur d'un grand devoir.Ça n\u2019est plus l'aviation avec l'attrait de l'exploit individuel, son chic.son escalade ailée, Désormais, fils de cette terre déchirée par le fer ennemi, il va lutter pour l\u2019arracher au ravisseur; enfoncé en elle jusqu'aux chevilles, il est le glorieux forçat rivé à son martyre.Jamais l\u2019idée de patrice n'avait germé dans son cerveau simple, impropre aux abstractions, et voilà qu\u2019elle se lève, cachant la boue ct la fange sous son manteau aux trois couleurs.La France est là, devant lui: \u2014Va, mon p'tit gars!.Tu scras brave, parce que je marcherai devant toi.Prends ma main.elle est fiévreuse, mais sa tiédeur te rappellera celle de mains chéries.Ç Regarde mes yeux.Tu les reconnais, n'est-ce pas?Ce sont ceux de ta mère, de toutes les mères, aveugles d'avoir tant pleuré.ct, puisque tu peux mourir., ch bien! sur mes lèvres séchées au vent de la bataille, viens cueillir le baiser de celle que tu aimes.\u2014Grenadiers, aux parapets!.Baïonnette.au canon!.x\" Par des amis de l'état-major, j'ai su l'emplacement du régiment de Chignole: à une soixantaine de kilomètres de Nancy.J'ai obtenu du capitaine l'autorisation d\u2019atterrir à son cantonnement de repos au retour d'un raid.Je viens d'abandonner le groupe de mes camarades, i la grande joie d'un Fokker qui, me croyant en difficultés avec mon moteur, se rue dans mon sillage.Que d'événements » UN CONTE PAR SEMAINE Heureusement, les lignes sont là; je suis surpris de l\u2019activité qui y règnes des fumées traînent sur le sol.\u2014Tu vois le vollage?\u2014J'en vois bien un., mais j'ai un clocher sur fa carte et je ne le trouve pas.\u2014C'est qu'il est par terre! .\u2026 Ce village est boinbardé; de lrèves lueurs fusent sur ses Maisons qui privées de leurs toits, sont autant de boîtes sans couvercle, Je descends en cherchant minutieusement un terrain.\u2014Méfie-toi des trous d\u2019obus.\u2014T'en fais pas!.On va se poser là-bas.hors de portée de canon.\u2026 Un vaste champ, bordé d'arbres qui déroberont l'appareil à la vue aiguë des drachens.\u2014Regarde bien., on dirait des tas.là.Je lui désigne des monticules gris, posés régulièrement.\u2014Du fumir -.sans doute.Trente mêtres., je coupe et pique.\u2014Cabre!.cabre!! Les monticules sont des moutons couchés qui, au bruit.partent dans toutes les directions.Je n'essaye même pas de \u201credresser\u201d, car je ne pourrais pas franchir le rideau d'arbres; une roue accroche un mouton, l'assomme, mais, notre vitesse étant réduite, nous amorçons seulement un \u201ccheval de bois\u201d que j'arrive à corriger.\u2014On mangera du gigot ce soir! \u201c* Tandis que mon observateur garde le Iiplan, je saute dans un camion de ravitaillement.-=Tu auras des renseignements dans la cour de la mairie.lantes\u201d y sont.La mairie est en partie effondrée; les éclats d'obus ont lahouré sa façade; l'un d'eux n'a meme laissé par ironie, que \u201cFraternité\u201d de la devise gravée au fronton du seuil.\u2014ÎIls \u201cmarmitent\u201d les marmites! clame un \u201ccuistot® cn remuant tranquillement son fricot avec une louche gigantesque.\u2014C'est Chignole.l'aviateur.que tu demandes?Je l\u2019ai vu ce matin à la corvée de soupe.mais il est remonté.Parait qu'on attaque.Midi.je te conseille d'attendre ici.Veux-tu un morceau?\u2014C\u2019est loin, la première ligne?\u2014Dans les cinq kilomètres.Si le coeur t'en dit, preuds le boyau qui conmence à l'église, mais tu seras probablement arrêté avant d'arriver.Ne dis pas que c\u2019est moi qui l'ai donné le tuyau.les \u2018\u2019rou- Les vitraux brisés sont autant de pierreries où le soleil allume des couleurs; la cloche a écrasé l'autel dans sa chute; la porte du tabernacle pend sur un gond; un christ tient par une seule main à sa croix ébréchée; on le dirait vivant.Je dépasse les abris blindés des 75; je croise des infirmiers qui, sur leur brancard recouvert d\u2019une toile.portent de la chair blessée qui se plaint.Les bruits se précisent; au-dessus de moi, c'est un hulululement continu, d\u2019une tonalité différente, suivant la nature du projectile et la tension de sa trajectoire.Vivant?.vais-je le trouver vivant?mon képi.\u2026.Je cours en trébuchant; j'ai jeté mes tempes battent; il me semble que je n\u2019arriverai jamais.Des boyaux latéraux déversent de longues files d'hommes qui montent lentement, impassibles.Je débouche dans une tranchée plus large où des postes de secours sont installés.Je questionne un aide-major.\u2014Le petit aviateur qu\u2019on nous a envoyé dernièrement?.Il attaque en ce moment.Inutile d'aller plus loin.vous ne passerez pas; c\u2019est déjà beau que vous soyez ici.Entrez dans la casemate.ils envoient des fu- sants.Vous aurez des nouvelles par les agents de liaison.Un fanal fumeux pend à la voûte établie avec des rails et des poutres entrecroisées; sur une table émaillée, des instruments brillent; dans un coin, des pansements ouverts, de I'ouate souillée; dans un autre, des chaussures, des armes, des capotes déchiquetées avec de grandes taches brunes, ça sent la sueur, l'iodoforme, l'humidité! La porte s'ouvre; tout le bruit du dehors entre dans la cave; un homme Vol.XL \u2014 No 29.LE CANARD, Montréal, 13 Mai 1917.3 POUR NE PAS EN PERDRE L\u2019HABITUDE FEES ( Q WA ) il CY.QE est amené, la figure en sang.On l'étend.lampe électrique.\u2014Ça n\u2019est rien.Du sable que l'obus, en éclatant.t'a renvoyé.\u2014Mes yeux!.mes yeux!.je ne vois plus.\u2014Je te dis que ce n\u2019est rien.en bas.à l\u2019'ambulance.Allons, mon vieux, dépêche-tai, fais de la place aux autres.11 lui tapote familièrement l'épaule.\u2014Mais je te connais.tu es de fa 11ème?Tu as dans ton escouade un bonhomme qu'on appelle Chignole?\u2014Oui.J'essaye de deviner la reponse de ce spectre dent la tête mutilée saigne.saigne.\u2014Chignole.il aurait bien pu rester dans l'aviation, parce que.\u2026.\u2014I1 est tombé?.\u2014Je crois bien qu'il cst \u201cclamsé\u201d.oh! mes yecux!.mes yeux!.C'est sûr que je verrai clair, monsieur le major?Le major braque sur lui une x * x Chignole est enseveli à mi-corps.Il vient de se réveiller: c'est le déclin du jour.I n\u2019éprouve aucune douleur; pourtant, il est très faible; un casque de plomb lui étreint le front.& VTT A UV PAT A oh De temps en temps, la \u201cPatrie\u201d se paye le plaisir d mcm mama mm = = Ail nd D Mourir:.Ça n'est pas possible.Non.non.j'ai vingt ans.vingt ans! Cependant.si cela était.li lève les yeux pour implorer une pitié dernière.En plein ciel, un ciseau qu'il reconnait plane dans l\u2019apothéose du couchant.11 réve?.C'est la fièvre?Non, ce n'est pas lui: cependant.sur sa \u201ccarlingue\u201d, il y a bien une étoile noire.Alors, ça serait Vieux Charles.c\u2019est lui! C\u2019est toil.Ah! mon vieux!.mon vieux! l.c fracas redouble.\u2014Ils n'ont donc pas fini de gueuler, ceux-là!.crie-t-il vers les canons.Puis, avec une infinie résignation, faite du sacrifice de tout son être, unecpté, béni, offert à ces ailes déjà lointaines, il se renverse doucement.Mais, avant d\u2019embrasser la terre gelée, un refrain de caf\u2019 conc\u2019 remonte aux lèvres du gamin de Paris, ct il gouaille, tandis que la mort rampe vers lui: -Bonsoir.M\u2019sieurs.lames!.Marcel NADAUD.:0: SPECIAL Prochainement: \u201cLes Mystères de Montréal\u201d, roman par Hector Berthelot, fondateur du \u201cCanard\u201d, 4 LE CANARD, Montréal, 13 Mai 1917.Vol, XL \u2014 No 29.Sarah Bernhardt est encore debout.\u201c* Connaissez-vous \u201cMoïse sauvé des Eaux\u201d?* Connaissez-vous les casques de 1°.Gagnon?* * x La Revue du National sera-t-elle la dernière de la saison?«a Hector, ne crache pas sur les pompiers de la rue Beaudry.* * * M, Pellerin connaît les vertus de l\u2019eau de Melice (Melisse).\u201c* Le Cercle Littéraire Mercier à donné, paraît-il une soirée.6x Le théâtre Chantecler nous a parlé de \u201cRepentir\u201d.C'est de l\u2019euillet.l'Octave * * * M.Eugène C.Rolland est l'unique et universel propriétaire de.la troupe Rolland, Avis aux amateurs et imprésarios, \u201c* Les propriétaires de théâtres de Québec se grouillent.Ils d'entreprendre la lutte pour ouvrir le dimanche.«x viennent Chez l'imprésario: \u2014Je vous recommande tout particulièrement ce comique homme,.sérieux.C\u2019est un x * Le Cercle La Salle (de Longueuil), avec le concours d'anciens (artistes distingués), a donné dernièrement une comédie canadienne intitulée \u201cLes Bertrand\u201d, dont l'auteur est M.L.Fortin, membre du cercle.\u201c* Les pièces à succès à New-York: \u201cThe Man who Came Back\u201d, 34ème semainc, \u201cUpstairs and Down\u201d, 37ème semaine.\u201cTurn to the Right\u201d, 37ème semaine.\u201cThe Big Show\u201d, 35è11e semaine.« \u201c+ Le soir de la première représentation de la \u201cDame aux Camélias\u201d, de Dumas fils, un feuilletoniste, rencontrant Alexandre Dumas père dans l\u2019escalier du Vaudeville, lui dit d'un air malin: \u2014Vous y êles bien pour quelque chose, Avouez-le.\u2014Darbleu! je crois Lien, répondit le spirituel romancier, c\u2019est moi qui ai fait l'auteur! vous, dans cette pièce-la?* * * Quand les répétitions ne marchaient pas à son gré, l'auteur des \u201cDeux Orplielines\u201d renversait son chapeau sur ses yeux sans mot dire.Acteurs et directeurs savaient ce que cela signifiait.Un jour où le chapeau était à son maximum d'inclination : \u2014Voyons, lui dirent les directeurs, vous n\u2019êles pas content?nous ferons tout ce qui depend de nous pour vous satisfaire.\u2014Non, voyez-vous, répondit d'Ennery, il n\u2019y a pas moyen de rien faire: le malheur, c\u2019est que chacun de vous est l'associé d\u2019un imbécile.\u201c* l'arlez.Une lettre de Québec Un des nombreux acteurs du théâtre Canadien a reçu, dit-on, une lettre ainsi conçue.Lisez, jugez et.riez.Il s\u2019agit d'un amour profond digne d\u2019un Barré, d'un Duquesne, d\u2019un Villeraie ou d'un.autre.Cherchez le nom! Monsieur, .Je puis pas comprendre pour quel raisons vous ne m'avez pas répond à \u201cAu Firmament Artistique | Potins, On-dits, Notes, Nouvelies et\u2026 Uanardas.| | Chez les Amateurs | | | Vous me demandez ma Lbiographie?.Je croyais qu\u2019on ne demandait cela qu'aux RS gens illustres et je comprends mon cher \u201cCanard\u201d que vous voulez vous payer mi tête Mais qu'importe, je vous la donne  pour rien.à Or donc, les hasards de la naissance m'ont fait voir le jour à Berne (Suisse), il y a quelques 33 ans.La même nuit on me faisait prendre le train pour Ste-Ur- sanne (Suisse), un joli, joli petit village où une nourrice plantureuse attendait cn ma personne le poupon dont des parents dénaturés voulaient se débarrasser.Emule de Lucrèce Borgia, mon paternel était un empoisonneur; je veux dire par là qu'il fabriquait de l'absinthe et il la fabriquait si bien que la France réclama ses services.Voilà comme je fis connaissance à l'âge de 8 ans avec la belle France.J'y ai fait mes études jusqu'au \u201cbac\u201d, puis à seize ans commençai à travailler tout en faisant ma \u201cphilo\u201d à mes moments de loisir.J\u2019allai passer ces examens à la malheureuse université de Louvain, en Belgique.Pendant onze ans, je fus voyageur de commerce et visitai presque tous les pays d'Europe.La maladie me ramena en Suisse et ne pouvant plus m'astreindre aux fatigques du voyage, nous décidäâmes, mon plus jeune frère et moi, de chercher fortune ailleurs.Alors que mon cadet s'installait à Londres et se créait une jolie situation, je décidais de venir voir le Canada plutôt en amateur qu'autrement.Je n\u2019y ai pas trouvé la vie trop difficile, j'y suis donc resté.Et je puis vous dire que j'aime la Suisse parce que c'est mon pays, que j'aime la France parce que j'y ai puisé le peu d'instruction que je possède et que j'aime le Canada parce c'est un pays neuf «dans lequel, avec du travail ct de l'énergie, on peut se faire une existence assez confortable.Je crois avoir payé ma dette de reconnaissance envers l'hospitalité canadienne, en essayant de faire rire et d'amuser dans mes revues, j'ai même chanté parfois la terre canadienne et je regrette qu\u2019il n'y ait pas assez de poètes canadiens qui se donnent la peine d'écrire pour les foules, avec ces mots de feu qui soulèvent l'enthousiasme et font vibrer tout un peuple.Un tel mouvement devrait étre créé par vous.mon cher \u201cCanard\u201d; en blaguant, on peut faire du hon travail et si vous pouviez seulement secouer par de l\u2019humour, la paresse de mon ami Ernest Tremblay, je serais heureux d'aller l\u2019applaudir de toutes mes forces, car il a un gros talent ce bougre-là, et c'est un crime de sa part que de n'en point user.M.PIERRE CHRISTE PIERRE CHRISTE.ma lettres.Je ne vous cré pas fiché, n'est-ce pas?Mais je trouve cela bien humoristique.Peut-être que je ne le mérites pas de vous parler, je n\u2019en doutes pas.mais peut que vous croyez que je suis une vicille filles.Voilà mon portrait, maïs vous me le remettrez.n\u2019est-ce pas?Je vous entendrais aux Boulevard Langelier cst 7 heures ce soir.N'ayez pas peur, je suis jeune, j'ai 19 ans et vous me voyez très souvent et vous me regarder toujours d'un air en voulant me parler, n'est-ce pas, je suis franche.J'ai un manteau bleu, un chapeau noir, une set de vison; j'ai les yeux noir et trés rougaunc.Toutes les semaines je vais vous entendres jouer.Je me mets dans la ran- Rés A ou B.Je vous voie bien et cela me fait beaucoup plaisir.j\u2019en jouis.La première que je vous écrit, je suis aller la porter aux contrôles.Bonsoir.:0: CANADIENS ET CANADIENNES Collaborez au \u201cCanard\u201d, Envoyez-nous des articles, des dessins, dey bons mots.Poscz-nous des questions! Faites-nous des suggestions! Le \u201cCanard\u201d est votre journal favori, aidez-nous à le rendre plus intéressant.Tous les articles, dessins, etc, doivent porter les noms ct adresse de l'expéditeur.Une enveloppe affranchic et adressée doit accompagner chaque envoi, Vol.XL \u2014 No 29.LE CANARD, Montréal, 13 Mai 1917.N 5 LE TELEPHONE.À l\u2019époque dont je vous parle, c'était dans les premiers jours de la téléphonie.Mon ami Buies était rédacteur du \u2018Pays\u201d, avec MM.Napoléon Aubin et Auguste Achintre, trois rudes plumes, comme ceux de cette date le savent.Napoléon Bienvenu, qui devait prendre plus tard la direction du \u201cNational\u201d, entrait dans la carrière.Quoique possédant des talents incontestables, et surtout une mémoire prodigicuse, il était lourd ct ne pouvait percevoir de suite la portée des choses.11 s\u2019'informa auprès de Buies de cette nouvelle invention qui devait bouleverser le monde.Celui-ci se lança dans une dissertation scientifique à perte de vue.\u2014Vous savez, Bienvenu, ce phénomène que vous constatez n\u2019a pas encore donné tous les résultats qu'on en attend.Mais, même aujourd\u2019hui, c'est un vol commis envers la Divinité; c\u2019est une parcelle du pouvoir céleste que personne ne comprend bien encore, mais, la sci nice aidant par la suite des siècles, on finira bien par découvrir le principe de cette force inconnue dont on ignorc aujourd'hui l\u2019origine.Dans l'intervalle on ne peut faire autre chose que de constater le fonctionnement de cette machine merveilleuse, Si vous voulez bien me le permettre, je vais vous faire une démonstration \u2018\u2019ad rem\u201d que vous saisirez facilement, tant elle est simple.Nous allons supposer un chien dont les pattes de devant seraient appuyées sur l\u2019un des quais à Montréal, et celles de derrière sur le quai à Longueuil.Vous marchez sur la queue de l'animal et il aboie à Montréal.Voilà ce que c\u2019est que le téléphone.\u2014Je vous demande pardon, M, Puies, il n\u2019y a pas de chien long comme çal «0° LE P'TIT TAUREAU CROISE.Un brave cultivateur demeurant dans l\u2019un des grands comtés de l'Est désirait améliorer son stock de bétail qui était devenu fort dégénéré.11 s'en alla trouver un grand éleveur des environs, Celui-ci était un Anglais qui ne parlait pas le français; Baptiste, lui, ne connaissait pas l'anglais.En revanche, tous les deux se comprenaient bien, À son arrivée l'éleveur re- cut Baptiste avec la plus grande cordialité, en lui demandant des nouvelles de sa famille, et en le félicitant sur sa bonne apparence et l\u2019état merveilleux dr sa santé.Pour répondre à cette politesse, Baptiste se confondit en remerciements, ct il finit par cette phrase: \u2014Ben, j'vas vous dire, j'su\u2019 ben content de voir l'intérét que vous m'portez, mais c'est pas ça qui m\u2019amène, \u2014\\Well, Baptiste, ail right, Speak out and let me know what you want this morning, \u2014Ben, v'la c'que c'est, mon bétail est C\u2019assez bonne race, mais depuis quelques années, il s'est détérioré, ct j'voudrais ben l'ravigoter un peu.Pour ça.y m\u2019faudrait un p'tit taureau de bonne race.\u2014Thats all you want?Why, dear man alive, there's nothing casier.Th re are plenty of them in the field yonder.You have only to pick out your choice.\u2014Ben, y en a un dans l'coin là-bas qui frait hen mon affaire, j'pense.Y m'a Tair fringant et il est ben faite.\u2014No good for you., \u2014-Pourquoi ça \u2014When | tell you he is no good, I know what I say.I do not want to cheat you.That is why I tell you the beast is no good.\u2014Encore, y a p'têt' ben moyen de savoir pourquoi.\u2014Onh! certaniy.Tt is because the animal is crossed, \u2014Ah ben! dans c'cas-là, j'en veux pasl Anecdotes et Récit un Canadiens LE BATTE-FEU A PONCE-PILATE.Dans une municipalité du Comté de Montcalm, le grand chemin du roi passait à travers une région très accidentée, où les côtes succédaient aux côtes sans interruption.Les fardiers lourdement chargés et tirés par de fort chevaux pouvaient à peine atteindre les sommets, et pour «descendre les versants c'était tout un hariat qui faisait le désespoir des charretiers et des rouliers.Les raidillons étaient tellement nombreux que des plaintes s\u2019élevèrent de tous côtés et que le conseil de comté fut saisi de l'affaire.On décida de tracer une nouvelle route dans un endroit plus favorable.ll n\u2019y avait qu\u2019une ravine peu profonde -à traverser par ce chemin.Les habitants dont les fermes bordaient l'ancienne route n'étaient pas du tout satisfaits du changement.Hs protestèrent fortement, mais rien n\u2019y fit.De là une poursuite et un procès.La cause fut entendue à Joliette.Mon ami Olaüs Thérien, alors député de Montcalm aux Communes, avait été chargé de la défense.Au cours du procès on appela un témoin passablement récalcitrant, rageur, bref dans ses paroles, et parlant plutôt avec ses bras qu\u2019avec sa lan- sue.C'était un petit homme roux.pas plus haut que ça, qui avait une ti- Enasse épaisse, deux sourcils formidables, ou pour mieux dire, un seul sourcil courant sans un arrêt d'une tempe à une autre, et coupant en deux le visage d\u2019un trait roussätre et broussailleux, large d\u2019un doigt.Lä-dessous flambaient deux yeux sombres et méchants, si bien enfouis en la cavité de leurs orbites qu\u2019on les y pût croire enfoncés à coups de poing.Une très forte moustache hérissée, des dents de loup, et au menton, des poils follets d'une couleur indécise, ressemblant furieusement à du poil de queue de vache jaune sale.Athlète trapu et ramassé, suant le poil jusque par les oreilles, il tenait un peu du gorille, dont il avait le bras long et velu, et la mâchoire à Lroyer des cailloux, et aussi du macaque toujours prêt à massacrer et à manger ensuite quiconque s\u2019en approche à bonne portée.11 rappelait ces deux types par l\u2019exiguité du crâne, la sournoiserie du coup-d'oeil, Ia cuisse courte tendant l'étoffe de la culotte.Lorsque le tour de l'avocat de la défense arriva, il examina son témoin avec méfiance.Celui-ci lui rendit sa politesse de la même manière.\u2014Vous êtes bien Baptiste Courtemanche?\u2014Oui, \u2014Savez-vous lire?\u2014Non.Les oui et les non se succédérent ainsi pendant plusieurs minutes.Enfin, Olaiis, avec le plus grand sang-froid possible, lui dit: \u2014Racontez à la cour ce que vous connaissez de la nouvelle route.\u2014J'avais attelé un ch\u2019val violent su\u2019 mon \u201cberlot\u201d new\u2019, et j'm\u2019en allais à Rawdon, tout seul dans ma voiture.Faut vous dire que quand l'eau est haute, ça forme des inondations flambantes et des incendies d'eau impossibles à contrôler; quand il neige par là-d\u2019ssus, ça fait des cahots, l'guabe m'en put, de trois pieds d\u2019bas; rendu en haut de la côte, et avant d'descendre, j'arrête mon ch\u2019val et je r'garde la route, Presqu\u2019en bas, y avait un cahot effrayant, C\u2018t\u2019égal, j'lâche ma bête en m'disant: j'passerai ben.Mon ch'val arrive i c'eahot, se jette dedans, et en essayant de remonter, y casse mon travail et y file comm\u2019 s\u2019il avait eu feu au darrière.Moé, j'tombe, et j'me défonce quasiment, J'ai sacré ane escousse, parc\u2019que j'su\u2019 pas patient et j'me sus\u2019 rendu à pied jusqu'à la première maison.a \u2014Attendez un peu, et répondez à une autre question très importante.N'est-ce pas là que Ponce-Pilate a perdu son batte-feu?\u2014Oui, ça doit doit êt\u2019 là! ça doit êt\u2019 là! ça doit êt\u2019 là! 6 LE CANARD, Montréal, 13 Mai 1917.Vol.XL \u2014 No 29, Une Page de LES DEFAITES TURQUES.\u2014 Les Anglais et les Russes ont flanqué des coups de torchon aux Tures.\u2014Avee ça ils pourront essuver leurs défaites! ** + ++.AU MARCHE.\u2014Le poisson que je vous ai pris vendredi n\u2019était pas frais.\u2014C'est de votre faute aussi, voilà quinze jours que je vous l\u2019offrais, vous -uriez dit le prendre plus tôt! * ox LOGIQUE DU PAYSAN.\u2014-Détestable votre cause! \u2014Je l\u2019savons ben, pardine, et c'est hen pour ça que j'ons besoin d'un «vocat jour tacher de la gagner.x CHEZ LES BOCHES.\u2014Vous avez déjeuné quatre fois ce matin, dans quatre restaurauts différents.Cent marks d'amende, Et ne protestez pas, ou votre autopsie prouvera que j'ai raison.x * »* LOGIQUE.\u2014C'est extraordinaire.j'ai engraissé de six livres depuis un mois! \u2014 Tiens, c\u2019est curieux, il y a justement un mois que tu as été nommé chef de bureau! x ¥ x JUSTE REPROCHE.\u2014 Pus de eraie pour le billard, patron?guère prévoyant pour un homme qui se les tranchées de eraie de la Champagnex ¥ x En vérité, monsieur, vous n'êtes ante d'etre resté dix-huit mois dans NE CONFONDONS PAS.Un homme d'affaires véreux se vante dans un salon de son honnêteté.\u2014- Moi, dit-il, J'ai toujours suivi la ligne droite.\u2014-1t veut dire le chemin le plus court, chuchote quelqu'un à sou voisin, x x ENCORE UN MOT DE VON KLUCK.Du \u201cLokal Anzeiger\u201d: \u201cFrapper la tête de nos ennemis en plein coeur (sic), voilà notre but.De l'espace à la race allemande qui ose tout pour s'enrichir!\u201d *¥ x DANS UN TRIBUNAL NEW-YORKAIS.Le juge.\u2014 Done, Patt, vous avez été ramené hier par deux policemen.\u2018att.\u2014 Oui.par deux policemen.Le juge.\u2014 Tvre, bien entendu?att.\u2014 Oui, sir.tous les deux.- #* * * CHEZ LE DOCTEUR, \u2014Tombé dans l'escalier, docteur.j'ai te nez comme une terre.ponnne de \u2014H est dommage que vous n\u2019en ayez pas cent kilos conume ça.elles sont à 65 francs.= + LE BIBELOT A LA MODE.C'est attaché par une chaînette.au poignet ou au réticule.une élégante petite boîte pouvant contenir tout au plus quatre morceaux de sucre ou quelques grammes de sucre cristallisé.Les élégantes qui vont prendre le thé chez leurs amis peuvent ainsi sucrer leur tasse sans épuiser le stock de la maison, et.nos arrière-petits- neveux auront un joli et précieux bibelot de plus à placer dans leurs éta- qères, parmi les souvenirs de la grande guerre.Mots d\u2019Esprit LAISSEZ-LE FAIRE.Un acteur fort laid était en seène et, dans le dialogue, on venait de lui adresser les mots suivants: \u2014Scigneur, vous changez de visage! ~\u2014Tant micux!.Laissez-le faire! erin un gavroche du haut d'une ga- Ho n'a rien à perdre au change! * + * lerie.DEFINITION.Du \u201cRire aux Eclats\u201d: Le tabac manque d'aumbition: 1 n'a jamais su dépasser le grade de cuporal.\u2014Ne prenons pas le seaferlati au sérieux: prendre.à la blague.il vaut cent fois mieux le * * * LE CHARBON INUTILE.Découpé dans un journal de Nice: Ch.rich.meub.gd couf.p.M.seul.chauli, n.et jour par soleil, 12, rue due Russie, 2ième étage.Chauffe nuit et jour par le soleil! C'est surteut la nuit que ça doit etre agréable! * * * APRES LA DEMISSION DE BRIAND.Entendu dans les couloirs de la Chambre: \u2014Vous voulez remplacer Briand7.Quel et votre programme?\u2014Je deviens ministre! \u2014Ce n'est pas suffisant.\u2014Vous devenez ministre aussi.\u2014Très bien.x ¥ x LOGIQUE.X.auteur dramatique, quinquagénaire mal conserve, entendait un de ses amis qui lui conseillait de se marier: \u2014l°s-tu fou?lui répondit-il.À mon âge?.ce serait insensé!.je n'ai nul goût pour les vicilles femmes, et par la même raison, les jeunes ne auraient en avoir pour moi! * * * CANDIDE REPONSE, \u2014Ah çà! Marie, pourriez-vous me dire pourquoi, chaque fois que je viens dans votre cuisine, je vous surprends à bavarder soit avec le boucher, soit avec le laitier, soit.\u2014C'est bien simple, madame.c'est parce que, avec vos chaussons, je ne vous entends pas venir, **, SURDITE INCURABLE.Une honne vieille dame qui n\u2019avait pas mis le pied dehors depuis bien des années, pour raison de santé, vient d'assister, pour sa première sortie, à une séance de cinéma.\u2014Ehf bicn, ma tante, comment avez-vous trouvé cela?lui demanda le lendemain un de ses neveux.Extrémement intéressant, mon ami, répondit-elle, mais combien je teviens sourde! Figure-toi que je n'ai pas entendu un mot de ce que disaient les acteurs! : x *« QUESTIONS DE NUANCES.La différence entre un diplomate ct une jolie femme?.Ecoutez: Lorsqu'un diplomate dit \u201coui\u201d, cela veut dire \u201cpeut-être\u201d.Lorsqu'il dit \u201cpeut-être\u201d, cela veut dire \u201cnon\u201d.Lorsqu'il dit non, alors ce n'est pas un diplomate.Cee ees see ses eas cee ves ses eee .ves #4 see Gud see see 430 450 ses 000 Lorsqu'une femme du monde dit \u201cnon\u201d, cela veut dire \u201cpeut-être\u201d.Lorsqu'elle dit \u201cpeut-être\u201d, cela veut dire \u201coui\u201d.Lorsqu'elle dit \u201coui\u201d, alors ce n'est pas une femme du monde. Vol.XL \u2014 No 29.LE CANARD, Montréal, 13 Mai 1917.s F3| MOTS D\u2019ESPRIT ILLUSTRÉES | v CHIROMANCIE cHIROCNUO MONTE cuif, Aie \u2018 3 S)O1SE RIE NA x y \u2014Tt moi aussi, j'ai le droit de connaître ma destinée! » +, et! L'apache.= V là un homme de police! J'suis fichu.QC | fe, A ERIN 3) PAY RESTS | 2-25 VAN IE =.\u20142 & il Ia \u2014\u2014 > sa \u2014Cicll nous avons été cambriolés! \u2014Hélas! et ce qu\u2019il y a de plus humiliant, c'est qu\u2019ils n'ont rien trouvé digne d'être emporté! \u2014Tu ne trouves pas que cette pauvre Simone vicillit beaucoup?se rajeunit tous les jours! sire voir M.le chef de bureau.Ta attendre une bonne demi-heure, moi, il faut que j'aie l'air d'être occupé! \u2014Mais Hon.,, il me semble plutôt qu'elle \u2014]1 y a là une per:onne très pressée qui dé- \u2014Si cette personne est très pressée, faites- \u2014 SS là de \u2014Mais toi, pourquoi ne fais-tu pas d'automobile?\u2014Mon cher, ce sont qu'on ne peut faire que lorsqu'on n'a pas le soul ces dépenses \u2014Vous n'êtes pas venu au bureau ce matin?\u2014J'ai perdu ma tante, hier soir.-\u2014Bon, pour cette fois; dorénavant, pareille chose arrivera, vous me préviendrez la veille.quand eu TPS\u201c 8 \u2018 LE CANARD, Montréal, 13 Mai 1917.Vol.XL \u2014 No 29.Le Canard \u201cCrois ou Meurs!\u201d (Phrase célèbre.) Unc voix s'élève de partout.de Kitchener (Ont.) comme de Sainte- Anne-de-la-Pucatière: Le peuple gronde.,, grogne.il murmure même tout haut.Le peuple à faim, le peuple a soif, le peuple est mal à l'aise.Aux quatre coins du pays, partout, méme daus les recoins, on entend tout le monde et les autres se plaindre de la vie chère.Tu las dis, louffh.C'est un \u201cpaye Baptiste\u201d général ct universel, Qu'est-ce que le peuple demande?Tout simplement à ne pas payer trop souvent la forte somme.Les profiteurs, les accapareurs, les trustards, les monopoleurs, les faiseurs, bref, tous les amis d'Ottawa diront: \u201cC'est le quart d'heure de Rabelais, if faut payer son écot après les années de prospérité que nous avons cues avant la guerre\u201d, Autrement dit: \u201cC\u2019est l'ère des sept vaches maigres après les sept vaches grasses\u201d.Ni.ni.fini.le temps de tuer le veau gras.C\u2019est le refrain populaire: \u201cPaye Baptiste\u201d.Oui, paye, mon vieux, paye les pots cassés.Tu l'as voulu, aussi! Ca t\u2019apprendra à te donner un gouvernement de luxe.Ça t'apprendra qu\u2019il ne faut jamais écouter les politiciens vaseux; et, en attendant que le Laurier refleutisse, paye, paye, paye.Mais, mon pauvre Baptiste, pourquoi ne.veux-tu pas payer?l\u2019ourquoi refuser de rendre à César ce qui appartient à César quand on voit même des Nationalistes payer un.tribut à Bourassa!.Pourquoi ne pas faire comme moi, qui paye jusqu'à mon tailleur \u2014 ce qui est, entre nous, le comble des combles.Non, cher Baptiste, puisqu'il faut payer, payons, et comme le Canayen est \u201cblood\u201d de nature, il doit payer en \u201cblood\u201d.Tout sc paye ici-bas, sauf la traite.Sculement, il y a un moyen d'éluder la question, comme on dit au Pa lais de Justice, Si l'on trouve que les patates sont hors de prix, si l\u2019on constate que le beurre se vend à un prix qui fait courir le petit frisson, si l\u2019on voit que le prix des oeufs donne la chair de poule, si le prix de la viande nous force & manger de la vache enragée, nous avons la suprême ressource de.\u201cne pas payer\".Oui, parfaitement! à naif lecteur, qui me lisez avec stupéfaction.Paye Baptiste, ou ne paye pas \u2014 \u201cTo be or not to be\u201d, comme a dit Hamlet dans le Shake Empire.Mais ne pas payer, me direz-vous, c\u2019est ne plus boire, ne plus manger, ne plus dormir, ne plus jouir de la vie! Et, d'ici, je te vois, her abonné.(ou lecteur au numéro) me regarder comme on regarde un villégiatureur de Saint-Jean-de-Dieu.Non, mon vieux lecteur, ne te fourvoye pas, je n'ai pas du tout l'intention de te faire prendre des vessies pour des lanternes, ni d'essayer de te convaincre que le ciel n'est pas plus pur que le fonds de l'ame de Bob Rogers, Non, je ne veux pas me payer ta binette.Si tu payes, Baptiste, c'est que tu veux bien payer, et moi, avec toute la gravité qui me caractérise, je prétends, j'affirme même que je connais un quelqu'un qui sera trop heureux de payer pour toi.Ce quelqu'un, qui désire te loger, t'habiller, te nourrir, te faire voyager, te donner de l\u2019exercice, te fournir des émotions que tu ne trouveras ni au théâtre, ni au cinéma, ni aux courses, ni aux parties de bascball et de crosse, etc.C&quelqu'un, dis-je, c'est le Gouvernement.Ce que tu dois faire pour avoir tout cela, c'est de signer un tout petit bout de papier d'enrôlement.C\u2019est simple comme l'oeuf de Christophe Colomb.Ah! tu trouves la vie trop chère?Eh bien, offre la tienne au gouvernement; il ne te manquera plus de rien, Morale: Voilà pourquoi il n\u2019est plus permis à Baptiste de se lamenter.Et si tout le monde suivait notre conseil, ce serait le paradis terrestre sur la terre et sur mer, en dépit du maire Amer Picon Médéric.Tout le monde enrôlé, il ne resterait plus rien à fouter ici, On fermerait les portes du Canada, et la population irait planter sa tente et des choux en Allemagne aux frais du gouvernement, ce qui aurait pour résultat de terminer la guerre à coup sûr et À coups de fusils.a Que pensez-vous de l'idée?Après, comme la guerre serait finie, on ferait des élections et tout le monde s'en reviendrait vivre heureux, tranquille et en paix, sous l'oeil bien- Les Echevins de Québec mettent de l\u2019eau dans leur vin Eh! oui, il parait que nos échevins vont en mettre de l\u2019eau dans leur vin.Les journaux nous annoncent cela en lettres énormes, ct la nouvelle nous arrive comme une crépe chaude sur la figure.Bigre! que ¢a surprend!,.Les voyez-vous, ces chers édiles, se décider à mettre un frein à leurs passions, se résigner à dire à leur servante: \u201cMarie, rien qu'un doigt de rouge, rempli avec de l'eau claire\u201d.et vous avalez ce mélange avec le stuïcisme de Sucrate buvant la cigue?.Moi, ça m\u2019épate, tout court: je les ai toujours connus aimant à se donner toutes les jouissances, à se procurer leurs aises, et aujourd'hui les voici qui vont se mettre à la ration et au sacrifice.Et le cause?., La guerre?.La vie chère?.Un sermon du carême dernier?.Vous n\u2019y êtes pas!.C\u2019est tout simplement notre maire qui a dit: \u201cJ'veux pas pour une lammnée miette, et j'vous sacre à la porte si vous jaspignez\u201d.Alors ça leur à fait quelque chose de se voir menacés de la sorte, car la position cest bonne après tout.Etre échevin: ça procure des billets de faveur aux théâtres; ça vous ouvre la porte des salons \u201cde la haute\u201d; ça vous apporte la considération, forcée peut-être, mais considération tout de même, de plusieurs; et ça vous permet d'aller admirer en entier des vues cinématographiques superbes qui le lendema'n sont offertes au public: \u201cCensurées\u201d., C'est pas bête!.Or tout allait comme sur des roulettes à l'Hôtel de Ville, &t tout le monde était content, lorsque, par un certain soir, on se met à parler d\u2019augmentation de salaires, d'amélioration, et que sais-je?.On passe aux chiffres et l'on constate que Québec s\u2019en va à la tFanqueroute?.Comment on serait obligé de mettre à l'encan les poteaux de nos rues, le bronze des monuments élevés à la mémoire de nos grands hommes, les carcasses des chats morts de froid l'hiver dernier, carcasses qui sèchent au soleil dans nos parcs et nos ruelles, et qui pourraient nous revenir un jour en savon parfumé?\u201cAh! non, pas ça, pas çal\u201d.s'est écrié notre maire au-dessus des voix qui clamaient très haut le pour et le contre.\u201cLt pis, si on fait ça on s\u2019en va sûr ln \u201cboum\u201d.et pis encore moi j'voudrai pas.J'sus pas Médérie, j'ai pus mon casque de première communion ni des culottes de soie, mais j'sus maire pareil, torvice!.et si vous rouspétez trop fort, j'vous flanque à la porte et j'gouverne tout seul\u201d.À ces mots les esprits se sont calmés pour queiques instants; les mains carressérent les bons fauteuils de la salle du Conteil où l\u2019on est si bien assis, les Lons fauteuils que l'on ne veut pas quitter.ct les choses sont pendantes.jusqu'à la prochaine séance.11 parait que nos échevins vont revenir à une humeur moins belliqueuse, qu'ils vont essayer de ménager un peu plus les sous de la ville, et c\u2019est pour cela quel se journaux d'hier soir nous annonçaient avec ces lettres d\u2019un pouce: \u201cLes échevins mettraient de l\u2019eau dans leur vin\u201d.Ceux de Montréal en ont-ils fait autant?.\u201c* \u201cMon pauvre ami, me confiait un type avec qui je jasais de ces chases; je ne voudrais pas pour une terre être échevin: je suis trop timide.Je ne voudrais pas même être portier à l'Hôtel de Ville, car lorsque les \u201cboss\u201d se chamaillent entre eux, j'aurais trop peur de recevoir par la tête des éclats.de leurs voix batailleuses, et ça me défigurerait\u201d.Tout de même, ce qu\u2019il y en a qui sont crainti(s!!! JEAN BART.veillant d\u2019un bon vieux Laurier libéral.I1 n'y aurait peut-être que Bourassa de malheureux, car sur quoi pour- rait-il alors ergoter?Je me le demande!.Je vous le demande! .\u2026.11 ne nous reste done plus qu\u2019une chose à faire: c\u2019est de téléphoner au lieutenant-colonel Mondin de préparer le départ puisque nous n'en attendons que le signal, \u201cAl aboard for Berlin!\u201d , Vol.XL \u2014 No 29.Le Chantecler chancelle.» x Prohibition, conscription, ., * \u201c & A has les troubleurs d'assemblée! * * * Sus aux affameurs et accapareurs! * * Xk En avant (marche) la culture intense, * + * Hindenburg u la retraite statégique fucile.x * x Allons au Coney Island de I'lle Sainte-Ilétène.* * ok L'Hon.M, Crothers est le ministre des trusts, * * * On va à la gloire comme on va a la.frousse, * * + Protester n\u2019est rien, disait Gaspard Petit.11 faut agir.x * x Le Board of Trade prépare une nouvelle gaiie, dit-on.* * * Les orangistes sont tous partis pour là guerre.Non!!! * * * H ya so buvettes de moins en ville.on ne dirait pas, + * * L'épuisement des Teutons socialistes les rend paciliques.x * x - M faudra remuer la terre pour en sortir quelque chose!!! * * * Le maire d'Ottawa est jaloux de Médéric; il parle plus fort, \u201c* A Québec on taxe les W.C.L'idée est dizne de.Québec.* * * Ne pas confondre Laurier tout court avec Sir Robert Borden.* * * En avant le recrutement pour le front, pour la terre et pour l'usine! * * * S'enrôlera qui voudra, mais le service de la terre doit primer tout autre.* * * Ce qu'il faut c'est la conscription de la main-d'ocuvre des désocuvrés, * * * Le canal Lachine est ouvert, Ne pas confondre avec celui de la Paie Georgienne.\u201c* Il y a du blé en masse.et le prix du pain augmente! Devine, si tu peux! Parle, si tu oses! x * x ; Les poilus sont là de même que les Canayens qui ont du poil ux pattes.*¥ x Montréal aura-t-il son Coney Island?Pourquoi pas?Québec a bien son exposition! x * Xx Phrase célèbre: \u201cNous l'aurons votre Rhin allemand\u201d, \u2014 Musset.Alfred de x* Du \u201cCanada\u201d, dans un conte: \u201cLe Contraste\u201d: \u201c.Combien en une phrase, sans le savoir, sans le vouloir, mais en une phrase criante, \u201cvous avez émietté ma pâtisserie sentimentale.\u201d Au trentième mois de guerrel., Gâcheurl LE CANARD, Montréal, 13 Mai 1917.9 Luce Lange es ne eg eee Le Lévis a voulu la prohibition, elle l'a entière, car son eau même est condamnée.x* La dette du Canada est de goo millions.Elle sera de dans un an.Il va bien le gouvernement Borden * * * Ils sont stupides les imbéciles qui poussent des cris fous dans les assemblées oubliques.1.300 millions + * x La ligne de Von Hindenburg zig-zag comme un pochard dans les vi- slits, x * * Est-il vrai que le maire Martin trouve que M.Rodrigue Langlois est un jeteux de sort?* * # Il faut du lait pour enfant et le lait a besoin de glace.viendrait-il an tueur d'enfants?Le trust \u2018de- * * * Qu'est-ce que le fameux, célèbre et grand général S.C.Newburn peut- il avoir à faire avec le recrutement des Canad!ens-français?x * x Cn nous écrit que M.Garceau, de Drummondville, s'enrôler malgré la bonne volonté de ses parents et amis.* x Xx Et pendant ce temps-là le gouvernement bleu d'Ottawa va chercher aux Etats-Unis cinq cents étudiants qui travailleront dans l'Ouest avec un salaire de $50 par mois plus leur pension.C\u2019est à rêver.* x Ce qui coûte le plus cher, c\u2019est c: qui ne coûte rien: un présent qu\u2019it laut en général reconnaître par un \u201cretour de bouquet\u201d plus dispendieux\u2014 un éléphant à nourrir.veut absolument x Pour $3.00 de glace on demande $13.000, c'est-à-dire 400% de bénéfice pour la compagnie.A ce compte-là, tout le monde aimerait étre \u201cThe Iceman\u201d.= =\u201c = Sept vacances existent encore au Sénat.Quatre dans Ontario, une dans la Nouvelle-IEcosse, et deux dans la Colombie-Anglaise.Inutile de dire que les candidats ne manquent pas.x* On peut dire du programme des bleus, pour le fédéral, ce que Hearst vient de dire du programme des démocrates américains: Il contient des choses bonnes et des choses originales; seulement, les bonnes ne sont pas originales et les originales ne sont pas bonnes, * * l'hrases célèbres.à jamais: \u201cViens prendre un coup.\u201d \u201cQu'est-ce que tu payes?\u201d \u201cfaites-vous servir.\u201d \u201cTu prends rien?\u201d \u201cC'est moi qui paye!\u201d \u201cC\u2019est ma traîte.\u201d Merci.une autre fois.\u201d \u201c* Petit problème fiscal soumis à Sir Geo.Foster.Nini-Patte-en-l'air, humble cocodette avant la guerre, a mis la main\u2014 st j'ose dire \u2014 sur un heureux fournisseur du gouvernement qui, ne sachant que faire de \u201cses argents\u201d, lui a loué un petit \u201cflat\u201d, l\u2019a fait meubler avec luxe, sinon avec goût, l'y a installée, parée d\u2019un collier de perles de $1,200, plus les accessoires: bref, la demoiselle, en l\u2019espace de quelques mois, a vu son actif passer de cinq piastres à $5,000.Quel impôt sera applicable en l'espèce?Impôt sur le revenue?Non, assurément; alors impôt sur les bénéfices de guerre sans doute.Qu'en dit le Ministre du Commerce? 10 LE CANARD, Montréal, 13 Mai 1917.Vol.XL \u2014 No 29.L\u2019'INDÉSIRABLE DOROTHÉE Grand Roman de Passion en onze chapitres palpitants.Les Amours d\u2019un Quinquagénaire, i Le malheur d\u2019une Epouse dyspeptique.\u2014\u2014OuU-\u2014\u2014 L\u2019espionnage d\u2019une Belle-Fille.wv Suisse assise, debout.couchée! Dorothée s'étant retirée, Aglaé parla en termes catégoriques: \u2014Si, après-demain, cette fille ne n'a pas prouvé amplement qu\u2019elle est «le nationalité helvétique, je la signale au commissaire de police! Elle ira dans un camp de concentration! M.Dupont haussa les épaules avec pitié et sortit.Deux secondes après, il se glissait dans la cuisine et Dorothée: \u2014-Vous avez des relations en Suisse?-\u2014Moi, fit Dorothée, pas du tout! \u2014AMors?poursuivit M, Dupont, atterré, vos papiers?Dorothée eut un geste d'insouciauce: \u2014Oue Monsieur se débrouille pour les trouver! Moi, je m\u2019en bats l'ocil! Après tout, c'est Monsieur qui sera compromis! L'infortané M.Dupont fit entendre un gémissement plaintif, et passa dans son bureau, le désespoir dans ame.Li, il s'empoigna le crâne à deux mains, et rétléchi profondément.Le résultat de cette laborieuse application fut que, moins de cinq mi- nuutes après, M.Dupont, vêtu magnitiquement, filait de chez lui, et gagnait pédestrement les boulevards.Comme il les arpentait d'un pas volontairement allègre, une blonde hétaïre l'accrocha au passage \u2014 au passage Verdcau, pour préciser \u2014 et lui dit, sans ambages: \u2014Ça dépend! répliqua M.Dupont, étes-vous née en Suisse, chère Madame?_ \u2014Moi?j'suis native des Batignolles! nmandes ça, mon trésor?M.Dupont s'efforça d'avoir un petit air égrillard pour répondre: \u2014ih bien, voilà.Moi, les Suissesses, j'ai un faible pour elles! \u2014J'vois c'que c\u2019est! rigola Phétaïre.T'es un gros passionné! M.Dupont étouffa un soupir énorme; je crois bien qu\u2019il l'était, passionne, Passionné de trouver, coûte que coûte, les papiers de Dorothée.Ces fameux papiers, nécessaires à la paix de son ménage.La péripatéticienne continuait: .\u2014 aut pas ten faire, mon chieuchien! Connais-tu la Puce?ben, elle est de Zurich, Ja Puce! C'est suisse, ça, Zurichc'est une bonne fille, vous allez pouvoir vous entendre! lit, s'adressant à une collègue, dont le haut talon sannait, sec.sur la dalle, elle lui demanda: - \u201cT'as pas vu la Puce, par la?\u2014 Qui qui m'demande?fit un organe rogommeux, tout près.\u2014La v\"là! déclara la première.M.Dupont s'étant retourné, se trouva nez à nez avec une personne toute ronde, coiffée d\u2019un large chapeau vert, que barrait un ruban rouge.\u2014l'ardon! dit-il, en soulevant son chapeau, c'est vous qu'on nomme nidume Ia Puce?La deuni-mondaine l'ayant affirmé, M.Dupont, galamment, proposa un boek à une terrasse voisine, puis, sur les talons de la Puce en question, on aurait pu le voir, cinq minutes après, prendre le chemin d\u2019une maison dite \u201ccube\u201d, Bientôt, M.Dupont et sa conquête se trouvèrent au seuil des joies défendues: je veux dire que la Puce avait jeté son chapeau fabuleux sur un divan outrageusement fatigué et que M.Dupont retirait sa jaquette avec une lenteur caleutée.Comme il déboutonnait son gilet, la l'uce dit, dans un sourire entendu: \u2014Je reviens tout de suite, mon loup.Et son pas résonna dans le corridor.Alors, sans perdre de temps, M.Dupont renfila sa jaquette, sautu sur le sac à main de Fhétaire\u2014lequel demandait à Mais pourquoi que tu me de- Non?Eh Et pis, la Puce, bäillait sur la table de nuit \u2014 et il fila, il fila plus vite que Joseph, car Joseph, lui, n'avait pas entôlé Mme Putiphar! Vv Le supplice du fait divers! Le soir même, au diner, Dorothée connut une minute triomphale! Mme Dupont ayant sonné pour qu'elle apportât les haricots verts, Dorothée parut, et jeta ses papiers dans l'assitte de la patronne, en disant avec assez d'insolence: \u2014Si Madame veut voir! Penchée sur les paperasses, Mme Dupont ne put constater qu\u2019une chose: Dorothée s'appelait Crotapfeld, et était née à Genève, en 1875.Sans remarquer l\u2019étrangeté de cette date qui donnait, en somme, à la jeune fille, quarante printemps bien pesés, sans s'arrêter davantage à ce que \u201cDorothée\u201d n\u2019était pas de la même écriture que \u201cCrotapfeld\u201d, Aglaé, con- vaineue, mit toute sa grâce à rendre les papiers, en disant: \u2014C\u2019est parfait, Dorothée! Je reconnais qu\u2019on vous avait calomniée! Cette bonne Mme Courge va prendre quelque chose! lt vous, ma fille, je vous augmente de cent sous par mois! \u2014Madame est trop bonne! protesta Dorothée, en ( ! À \\ » NS © ep \\ > 7/53 y + = 0 TR 2 Y A j\\ | 3} Q v WN Z pA EA iy J \u2014_\u2014 N Ra?# ES \u2014_ a | \u2014r ; Sm | ) | N ii \u2018 Sir Wilfrid Laurier est toujours là, dominant de cent coudées les chickens Borden et Bourassa.; ; | | N rae es | ON { Xen, ! ~~ cs = Vol.XL \u2014 No 29 "]
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