Le Canard : journal humoristique, 10 juin 1917, dimanche 10 juin 1917
[" 3 Vol.XL \u2014 No 33.- MONTREAL, 10 JUIN 1917._ Cinq Centins | Humoristique \u2014 Satirique \u2014 Politique \u2014 Littéraire \u2014 Illustré \u201cLe vrai peut quelquefois n\u2019être pas vrai sans blague \u201d\u2014 BOISL\u2019EAU, Rédigé en Collaboration.Administration: 105 à 109 rue Ontario Est.\u2018 0,000 Orangistes doivent venir nous impos \\ Re S T O P ! la\" Conscripliomd ES JOURNAUX.Pe Las ; : © yf , LADEBAUCHE.\u2014 Woah Coq! Y parait que vous êtes d\u2019une humeur de vache enragée., Calmez : .vos transports, n\u2019vous faites pas d'bile, on va discuter ça tranquillement en ami.si non on va vous recevoir comme une vache qui vient mettre les pieds dans l'blé d'Inde.tas d'veaux, LE CANARD, Montréal, 10-Juin 1917.Vol.XL \u2014 No 33.2 » UN CONTE PAR SEMAINE Dans le Vent d\u2019Hiver Tout le jour, c\u2019est un grand silence.La vicille cité dort un sommeil qui ressemble au sommeil des morts.La basilique est devenue pareille à une ruine millénaire; le carillon est suspendu dans le vide et, sur les maisons éventrées, l'intarissable nature travaille à créer des jardins étranges, des jardins branlants qui, au printemps, chantent l'indomptable rerouveau.Parfois encore, mù par des caprices féroces ou des soupçons stupides, l\u2019ennemi ajoute encore quelques ruines aux ruines sans nombre.Tourtant, on vit là, dans des caves, dans des cuisines de sous-sol, et le soir, sous des espèces de velums, quelques boutiques s'allument, où des passants tacitturnes vont acheter des provisions, du tabac, des vêtements, des ustensiles \u2014 venus d'on ne sait où.La vie des hommes est aussi tenace que la vice des plantes.* \u201d * Dans une de ces caves persistaient une quinquagénaire ct un petit garçon.Au-dessus d'eux, la maïson béante.où tout avait péri.Ils ne renonçaient point; ils attendaient le jour, le jour sacré où l'hosanna retentirait dans la France lumineuse; ils se cramponnaient désespérément à la ville natale, Par ce dur hiver, ta vicille dame, la tante, fut saisie par une grippe qui lui déchirait les bronches.(I n'existait plus de charbon dans la ville bles- séc, ct un matin arriva où il restait à peine de quoi faire une journée da chaleur à la malade.Le petit Georges savait que la vie de sa tante et le feu formaient un tout indivisible.Si le feu mourait, la tante était morte.li l'avait entendu dire par le médecin tremblotant à la voisine qui venait passer une partie des heures avec la malade.11 avait douze ans, mais une terrible expérience, \u2014 toute la guerre, toute la misère humaine, toutes les vicissitudes qui fondent sur les mallheu- reux comme une portée de cobras, Et tant de craintes, tant de jours noirs l'avaient inébranlablement attaché à sa tante.11 sortit, il erra, il quémanda, \u2014 personne ne pouvait lui venir en aîde.A la fin, quelqu'un parla d'un dépôt lointain, à quinze kilomètres, où l\u2019on ponvait avoir la valeur de quelques sacs en chargeant soi-même le combustible, Il se procura une mince charrette à bras, basse; il fila dans la bise qui enveloppait sauvagement sa petite structure.Quand il parvint au dépôt, le dépôt était vide.Alors, hagard, la face bleuc ct les mains viotettes, l'enfant demeura un moment immobile devant l'hiver immense et sentit faiblir son coeur et roidir ses membres.La mort planait sur lui; il n'aurait qu'à s'asseoir sur le Lord de la route: clle ferait de lui un petit blog de glace.Mais il avait de la vaillance plein sa chétive personne, Ressaisissant 1a charrette, il marcha droit contre le grand vent du nord.et, sourdement, il suppdiait quelqu'un,non pour lui-même, mais pour sa compagne.VOULEZ-VOUS RIRE ?Si en parcourant les rues de la ville, vous ouvrez l'ocil et le bon, vous aurez l'occasion de rire aux larmes.L'autre jour, j'ai noté la manière dont certains marchands, boutiquiers.ete.font connaître en quoi ils peuvent nous être utiles.Et, sans un plus long préambule, voici: Une pctite marchande annonce ainsi qu\u2019elle vend de l'huile et des aiguilles, pour machines à coudre: \u2018\u201cOuil, écuil à vendre\u201d.Un barbier, un peu plus loin: \u201cIci on effile lcs razoirs\u201d.Quelle patience! Et voici le bouquet: Un cordonnier a fait lettrer les vitrines de son magasin de la manière suivante: Première vitrine: \u201cJos.L., Faites à ordre\u201d.Seconde vitrine: \u201cJos.L.Réparée avec soin\u201d, Mystère!1! - Est-ce une-agence matrimoniale qui annonce Joséphine Ll.qui \u201cfaite Tandis qu\u2019il avangait, un cri sc méla aux lamentations de la bise.C\u2019était là, vers la droite, dans un trou qui avait dû être creusé par un obus, quand les Boches marchaient sur Paris.Georzes avança la tête, il aperçut un vieux monsieur qui s\u2019efforçait de grimper sur la pente glissante et qui, voyant surgir une silhouette, grogna: \u2014Nom de Dieu\u2014 petit.Je me suis foulé le pied.voir du secours.Je gèlel L'enfant eut une idée, Il déroula la corde qui se trouvait dans sa charrette, il en jeta un bout au vicillard.\u2014Bonne idéc! cria celui-ci; Tiens ferme.J'arriverai.La corde était attachée à un angle de la charrette.Le petit tira; le vieux homme s\u2019évertua et, haletant, il parvint sur la route.\u2014Je n\u2019en puis plus! gémit-il.Jamais je ne pourrai gagner la maison.\u2014Montez dans la charrette, monsieur! + Le vicillard considéra le corps frêle, et hésita: \u2014Allez, monsictir, ça me réchauffera, reprit une voix résolue.Epuisé, le vieux monsieur sc laissa faire, il s\u2019affala sur Ja charrette et reprit: \u2014Tout droit, tout droit!.C'était au sud.Georges tourna son véhicule ct partit de tout son élans'aventure le réchauffait; une force nerveuse tendait ses jeunes muscles et, vingt minutes plus tard, il s\u2019arrétait devant une belle villa entourée d\u2019arbres que la neige couvrait de bizarres ct éblouissants feuillages.Un vieux jardinier, une robuste servante transportèrent l'hôinme dans une pièce où un haut feu de bûches jetait des lueurs de Saint-Jean.\u2014Tu m'as positivement sauvé la vic! affirma le vicillard étendu sur un sofa.Tout ce que tu voudras, tu l\u2019auras! Mais que diable faisais-tu sur la route?Le petit fixa ses yeux clairs sur le visage sce, dont l'âge point la vitalité.H bégaya: \u2014Je cherchais du charbon!.\u2026.\u2014Du charbon!.dans les champs! exclama le vicil homme éberlué.\u2026.Mais Georges ne s\u2019expliqua point.Une image funélre sc dressait dans son cerveau; il soupira: \u2014Sans charbon, ma tante doit mourir!., \u2014Elle aura du charbon! 11 y avait un solennel attendrissement sur le visage du grommela, avce une pointe de mysticisme: \u2014Î s'est confié au vent, à la neige, à la solitude.Et le vent, la neige, la solitude ont secouru sa faiblesse! li tâta sa cheville, avec un sourire presque gai, et exclama: \u2014Tout de mème, petit, c\u2019est une fameuse chance que je sois tombé dans le trou! Tâche de m'an\u2019éteignait vieillard; il ~ J.H.ROSNY (ainé).à ordre\u201d, se serait fait \u201créparer avec soin\u201d puir de trouver à sc reinarier?Mystèrelt! Ce n\u2019est que lorsque je me fus approché que j'aperçus les différents accessoires nécessaires à un cordonnier.1.depuis son veuvage, dans l'es- Chiers lecteurs, chères lectrices, promenez-vous, ouvrez l'oeil.J.G.PANSOEUR.:0: PROCHAINEMENT DANS LE CANARD 1° Le fameux roman \u201cdramatique\u201d du grand \u201ccomique\u201d Hector Berthelot.2° Organisation du club du \u201cCanard\u201d.3%.Concours des dessinateurs canadiens.4° Enquéte sur les cartomancicnnes, etc. + Vol: XL \u2014 No 33.LE GANARD, Montréal, 10 Juin 1917.3 UN SANG PRÉCIEUX Bien qu\u2019il fût à peine sept heures du matin, Je maréchal von Hindenburg ct le chancelier von Bethmaun-Holiwez attendaient déjà, dans une pièce contiguë à la chambre & coucher du kaiser, que le maître fût en posture de les recevoir.Les mémoires de la comtesse d'Eppinghoven nous ont, en effet, appris que la caricature du grand Frédéric n\u2019aime point à être vue dans l'aube claire des matins, c\u2019est-à-dire au saut du lit, dans toute la beauté d'un réveil où les impériales et terribles moustaches sont tout de guingois, ébouriffées ou pendant lamentablement Donc, sous aucun prétexte, il n\u2019est permis de franchir le seuil impérial avant que le kaiser ait passé par les mains de ses valets de chambre et de son moustachier, personnage aussi important que l'était autrefois le fameux moutardier du pape, de légendaire mémoire: Hindenburg, pas du tout courtisan, assure-t-on, commençait à manifester son impatience par de petits coups répétés de son large pied sur le parquet quand, tout à coup, la voix de Guillaume IL tonna furicusement dans l\u2019impressionnant silence de la chambre impériale.\u2014Mein Gott! gouailla Hindenburg, son nroustachier l'aura brûlé avec son fer.\u2014Non, souffla Bethinann, en faisant signe au yuaréchal de garder \u2014 tel Conrart \u2014 un silence prudent.« Ces mots parvinrent alors aux deux inunenses persontages abasour dis: \u2014Je te jure que je taurail.Der teufel! je me laisserais Lattre par toi, alors que depuis plus de deux ans je tiens tête à toute l'Europe!.\u2026\u2019 Non, mais, penses-tu!i.\u2014J'y suis, dit Hindenburg: l'empereur rêve, et dans son rêve il croit parler à l'Angleterre.Bethmann susurra, les yeux au ciel: \u2014Dicu punisse l'Angleterre! Le kaiser reprit: \u2014Tu m'en as trop fait!.je t'écraserai sans pitié!.D'ailleurs, la pitié, connais pas.Aussi, avec l\u2019aide de mon vieux dieu, l'unique, le vrai, j'aurai ta peau! Pas besoin d\u2019ailiés pour te régler ton compte.Tu ne me glisseras pas toujours entre les doigts.Oser t\u2019attaquer à moi, devant qui le monde entier sera un jour agenouillé! \u201c Puis, cette triomphante exclamation: Alons donc! je te disais bien que je t'aurais! \u2014Bethmann, dit Hindenburg, pas d'hésitation.L'empereur est en proic à un affreux cauchemar.Je vais l'éveiller.S'il se fache, vous êtes un trop fin diplomate pour ne pas parvenir à calmer sa colère.Et, ouvrant brusquement la porte, l'homme au mannequin de bois pénétra hardiment dans l'antre, suivi du chancelier, mais pour tout de suite s\u2019immobiliser, la main en salut, tandis que le Bethmann se courbait en arc de cercle.* ' Assis dans son lit, Ie kaiser appuyait son index sur son gilet de flaneile largement étalé.\u2014Ma foi! dit-il au maréchal, vous arrivez bien.Je viens enfin d'attraper une puce énorme qui n'a torturée toute la nuit.Tenez, débarrassez- m'en, Hindenburg s\u2019avança et prit respectueusement entre le pouce et l'index la minuscule bestiole, \u2014Qu'en dois-je faire?questionna homme aux yeux sauvages Emporté par l'habitude, Guillaume laissa tomber froidement: \u2014Faites-la fusiller! Le maréchal s\u2019inclina, s\u2019approcha de la table de nuit.déposa la victime sur fe marbre, ct posa sur clle l'ongle de son pouce énorme.Un petit claquement see se fit entendre.Puis l'exécuteur prononça: \u2014Sire, justice cst faite! 11 achevait à peine que le chancelier tirait de son portefeuille un chiffon de papier et s\u2019en servait pour ensevelir les ruines de l\u2019insecte.\u2014Comment! s\u2019écria Guillaume, vous collectionnez les puces! \u2014Non- pas, Sire.Mais, par les piqûres que celle-ci a faites à Votre Majesté, clle a maintenant dans les veines du sang des Hohenzollerni.Un si illustre sang mérite des égards.Je ne m'en séparcrai jamais.\u2014Bethmann, répliqua le Kaiser avec émotion, pour ce geste.je vous promets la couronne de France!.Vous pouvez dès maintena t introduire cette clausc .parmi lcs dix-huit cents conditions que je compte imposer à LES SPORTS AU \u201cCANARD\u201d.LA CROSSE EN 1999 L'assemblée annuelle de la Ligue de Crosse *Mondiale\u201d a eu lieu, ces jours derniers, au club-house du club Caughnawaga, rue Sherbrooke.Après l'adoption des procès-verbaux des réunions convoquées au cours du dernier siècle, on passa aux questions du jour.La ligue ayant décidé de remplacer la qualité par la quantité, pour cette année du moins, on étudia les 69 applications de différents clubs demandant leur admission dans l\u2019union.Les \u201clsquimots\u201d du Groenland, ayant demandé qu'il leur soit permis de chausser la raquette pour jouer leurs parties, on décida, vu le pr:x élevé de la ncige, de rejeter leur demande.[1 en fut de même des \u201cNorway\u201d qui voulaient se servir de skis.L'importante association des plongeurs de \u201cHawaï\u201d voulait que les parties soient jouées dans le fleuve St-Laurent.Comme l'érection d\u2019estrades aurait nui à la navigation, on rejeta cette demande.L'équipe de St-André de l'Epouvante ne peut pas faire partie de l\u2019union parce qu'elle persiste à jouer ses parties dans \u2018un champ de blé-d'Inde\u201d.La patience éphémère des Mexicains empéchera Vera-Cruz d'être représenté dans la ligue.Les \u201cEtoiles Filantes\u201d de la Terre de Feu, équipe qui fut champion pendant plusieurs années, ne fera pas partie de la ligue cette année, l'enthousiasme étant complètement gclé dans ce pays.Les autres applications furent laissées sur le tapis jusqu'à la prochaine assemblée.Tous les anciens clubs étaient représentés comme suit: National, M.Dumouchel; Cornwall, par John White; Ottawa, par Westwick; Tecumsch, par Querrie; Shamrock, par T.O'Connell; St-Lin, par Gus.Tane, et le Caughnawaga, par le président de la ligue Ivoustamisca (en français, L'Homme-au-cocur-d'or-qui-tape-dans-l'tas.) Une importante innovation sera offerte aux amateurs.la ligue ayant décidé que les Indiens de L\u2019Honune-au.ete, joucraient leurs parties d'après Îcs anciens règlements, c\u2019est-à-dire, que tous les habitants du village, entre 16 et 72 ans, en état de porter une crosse, pourrront prendre part à la joute.Une autre réunion aura lieu prochainement à laquelle \u201con dernière main à l'organisation de la ligue.Nous tiendrons nos lecteurs au courant.* * ok Une assemblée des gardiens de buts, convoquée d'urgence, a êté tenue dans la nuit de lundi à dimanche, à laquelle on a discuté des moyens à prendre pour forcer \u201cNewsy\u201d à jouer cet été.Après beaucoup de pourparlcrs, au cours desquels L'Heureux fait remarquer que \u201cNewsy\u201d ne fut récllement dangereux que pendant une couple de saisons, c\u2019est-à-dire pendant qu\u2019il jouait pour Cornwall, Hl ne voit pas pourquoi Ja \u2018Gool Minders Union\u201d s'objecterait à l'apparition de ce joueur sur le terrain; il est résolu, sur proposition de L'Heureux, secondé par Vézina, qu'une délégation fasse tes démarches nécessaires pour induire Newsy a endosser la cuirasse.Le vote donna le résultat suivant: Pour: L'Heureux, Vézina, Corbeil, Major, Moran, Benedict et Riley Hern, - Contre: Cumming, Page, Torpey ct Brennan, La direction du National a décidé de fournir des \u201cgants de dix onces\u201d aux amateurs qui combattront pour acheter leurs billets.Les bouteilles à liqueur \u201cdouce\u201d devraient être fabriquées caoutchouc.Quand verrons-nous ces fameuses clôtures de fils de fer barbelé pour protéger les spectateurs contre certains \u201cbouchers\u201d qui se déguisent en joueurs de crosse.Le club Ottawa prétend que le Shamrock Pa défait deux fois.que cette équipe est plus forte que les représentants de la Capitale.JOE VILLA.mettra la avec du parce mes ennemis.\u2014Décidément, pensa Hindenburg, ce chancelier n'est \u201cbéte mann\u201d que de nom, : Et il expectora de sa puissante poitrine sur un ton d'ophicléide: \u2014Kôlôssall.kôlôssal! LEON DE MORTAIX. 4 LE CANARD, Montréal, 10 Juin 1917.Vol.XL \u2014 No 33.| Potins, On-dits, Notes, Nouvelles et.Canards.Au Firmament Artistique \u2014__ ET \u2014\u2014 Chez les Amateurs Robi tout court.x 0% Declville ne sc fait pas de bile, \u201c* Pellerin cst l'idole dans le Nord.x * x .M.Dhavrol ne dit rien.qui ne dit mot.* * * * .\u2026 Lussier \u2018était Un peu là avec ses roses printanières.\u201c* On demande dos braves pour le théâtre de la guerre.* On annonce la prochaine disparition d'un \u201cnouveau\u201d cheveu sur la tète de l'artiste Xx x Leclaire, auteur de la revue \u201cAs-tu vu Gédéon?\u201d au Chantecler, fait de l'argent tout de même.+ Pagé vient de tomber dans le sport.11 marche sur la bécane.:.jaloux! Ah! le x + Non, M.Scheler est d'un âge à regarder la conscription d\u2019un ocil serein.» * ok M.Ernest Ouimet est à la veille de partir pour Ottawa où il ira filmer les mouvements de Bob Rogers ct la binctte de Borden.*7 x M.St-Germain est, dit-on, à la veille de prendre une importante affaire de vues.= \u201c + A l'Electra il y a encore du monde, c\u2019est ce qui n'étonne que ceux qui n'y vont pas.Sans ça.«* x Le Canadien-Français est à la veille d\u2019aller prendre un peu d'air dans les Laurentidesx On demande des nouvelles de la jolie brunette qui s\u2019informait toujours de M.(ne disons pas son nom à causc de.l'autre.) * x Xx Enfin, il paraît que le chapeau de paille dont on parle depuis quelques semaines est à la veille de paraître s'il n'a pas encore parus%a Tout de méme en avons-nous vu, revu des revues et on dit \u2014 ah! non! \u2014 Que ce n'est pas fini.«x Les artistes en disponibilité sont priés de nous communiquer leurs \u201coffres\u201d.\u201c* De Beaujour ne fait plus d\u2019obus pour combattre les Boches.Non, il cst peintre-tapisseur.Remarquez, fit-il, j'ai 14 ans de théâtre sur les épaules, moi.La peinture, c\u2019est.rigolo! a - Durant la saison estivale, le \u201cCanard\u201d publiera avec plaisir toutés les nouvelles de déplacements d'artistes ct tout ce que l'on nous communique- rà de potins, on-dits, rumcurs, blagues, etc, etc, sur Messieurs les artistes lyriques, dramatiques.On est prié de n'écrire que sur seul côté du papier.+ ~ Québec s\u2019ennuie! Québec s'ennuie de M.Julien Daoust! Québec s\u2019ennuic de M.Scheler! Québec s'ennuie de Mile Bella Ouellettc! Québec s'ennuie de M.Villeraie! xx A propos de Scheler: On a longtemps prétendu qu'il était Suisse.C\u2019est qu\u2019il a habité la Suisse pendant un très grand nombre d'années.Son père était professeur à l\u2019Université de Genève.C'était un homme trés distingué et qui eut l'honneur d\u2019être le précepteur du roi des Belges, Albert Ier, - 2 Des mots: On causait politique devant M.Filion.Naturellement comme c\u2019était dans un milieu artistique, on était très dur pour le gouvernement Borden.Le sympathique artiste intcrrompit ct, de son air le plus sérieux: \u2014I1 ne faut pas tant abimer les bleus, dit-il.Après la guerre, c'est unc belle jeunesse qui nous restera.* Une troupe d'opéra, formée des principaux artistes des grands théâtres lyriques, jouera au théâtre His Majesty's, durant la semaine du 18 juin, Deux opéras, \u201cRoméo et Juliette\u201d ct \u201cFaust\u201d, seront probablement donnés.La troupe est sous Ja direction de M.Romualdo Sapio, chef d\u2019orchestre du théâtre Royal de Covent Garden, de Londres, et du Metropolitan Opera House, de New-York, et M.Antoine de Vally, de l'Association de l'Opéra Français aux Etats-Unis ct au Canada.\u201c + * Dernièrement, on raconta l\u2019amusante histoire de la bien-aimée d\u2019un artiste connu qui, se trouvant dans un des hôtels d'Ottawa, y fit la conquête d'un jeune Américain.Pendant quelques jours (des jours de vingt-quatre heures, bien entendu) ils ne se quittèrent pas.Puis, peu à peu, on les revit séparément, ct enfin, il sembla qu\u2019ils se boudaient.Des amies questionnèrent la jeune femme.Celle-ci, furibonde, leur expliqua son irritation: \u201cCroyez-vous, il ne m\u2019a pas offert le moindre présent! Pas méme un bijou, une perle, un chèque! Mais ça ne se passera pas comme ça.Quene conscillez-vous?demanda-t-elle à l'entourage ravi.\u2014Mais, ma chère, dites-le-lui nettement.Voulez-vous qu'on s'en charge?\u201d On s'en chargea et le lendemain le jeune Américain rencontrant là dame lui murmura: \u201cJ'ai dit que l\u2019on mette votre.note d'hôtel sur mon compte\u201d.= +* \u201cFrancis\u201d Sarcey nous a déjà parlé de la scène a faire ct s'il était encore du domaine des mortels et qu\u2019il fut à Ottawa, il répèterait sans doute son célèbre mot à propos des meubles du délicieux Sévigny.Mais nous ne sommes nullement embarrassés de trouver un homme pour la pondre cette scènc, car notre Ernest national \u2014 un coq qui sait cultiver les poules \u2014 célèbre par ses revues ct sa tête cn brouissailles, est un peu là pour vous brosser un tableau cocasse de cette actualité déconcertante.Cependant, ct c\u2019est là le chiendent, Tremblay n'aime pas à se fatiguer les méninges au profit de la scène entre ses repas depuis que la traite a été circoncic.C\u2019est une manière à lui de faire payer au public la faute d'un gouvernement.Ingrat compatriote ct peu patriote d'ingrat qui refuse de faire des enfants pour le pays, et des oeuvres pour le National et le Canadien-Français! O saint Tremblay, exaucez nos voeux; faites donc ce miracle d'arséni- duc ou, torrieu, dites-nous le pourquoi de votre silencieuse inactivité.Souvenez-vous que la bouche peut aussi servir à parler autant prendre un baiser ou une chop de bière.Comprenez-vous! Voulez-vous sortir de votre torpcur?R.S.V.Pqu\u2019à Vol.XL \u2014 No 33.LE CANARD, Montréal, 10 Juin 1917._ 5 Anecdotes et Récits Canadiens DANS L'OUEST, MA CHERE.Les dames de la haute, les \u201ccélestes\u201d qui portent des chapeaux de $73.et des robes de $200, les dames instruites, c\u2019est-à-dire riches, qui baillent durant Une représentation de Shakespeare, n'assistaient qu'en très petit nombre aux \u201c\u2018mitaines\u201d le dimanche.Une information nous dit qu\u2019elles assistaient durant ce temps à des \u201cshirt-tail showers\u201d, dans des salons bleus de la rue Sherbrooke Ouest.\u2018 «0; NOUVELLE INVENTION.Un grand coutclier anglais de Sheffield vient de lancer une nouvelle fourchette à pointes en caoutchouc pour vieillards débiles et pour enfants.Cette nouvelle fourchette rend impossible tout accident.Elle cmpechera les vieillards de se piquer le nez en mangeant et les jeunes de chercher a rattraper leurs aliments dans leur estomac en les piquant directement avec leur fourchette.Nous la recommandons aux nationalistes.:0: SIR LOMER GOUIN HUMORISTE.Le premier ministre de Québec est parfois humoriste, assure-t-on, et l\u2019on cite à l'appui de cette assertion l\u2019anecdote suivante: Un fonctionnaire du nom de XXX venait de mourir.Un candidat à la place du défunt va voir Sir Lomer aux burcaux du gouvernement et lui dit: \u2014Vous avez appris, n'est-ce pas, la mort de XXX.Que diriez-vous =i je prenais sa place?\u2014Je dirais: arrangez-vous avec l'entrepreneur des pompes funèbres, lui répondit le premier ministre.:0: FA PROPOS DE L'UNIFORMITE DES LIVRES DANS LA PROVINCE DE QUEBEC.Tous les pères de famille, qui ne se soucient pas d'acheter continuellement de nouveaux livres de classe pour leurs enfants, s'intéresseront au nouvel atlas scolaire comportant des cartes composées de parties mobiles; l\u2019atlas est livré avec un peu d'étain découpé en papier de couleur et g m- mé pouvant se coller sur chaque planche au fur ct à mesure que des changements se produisent.C'est là une économie qui sera bien accueillie par ces temps de vie chère.:0: POUR LES RHUMES PARLEMENTAIRES.Rien n'est plus désagréable que d'oublier son mouchoir.Cela peut arriver à nos députés aussi bien qu\u2019au commun des mortels.Mais le gouvernement bleu veillait.Il a pris une initiative qui sera fort appréciée par ce temps de conscription.De superbes mouchoirs en fine toile de Cholet ont été achetés à l\u2019intention des membres du Parlement.Lorsque l'un des représentants du peuple aura oublié son mouchoir, il n'aura qu'à s'adresser À un huissier qui lui en remettra un aussitôt.Uri détail: cet objet utile est offert gracieusement et l'on a le-droit de ie garder.Allons, un petit scandale de plus, tout bonnement.LE PARLEMENTAIRE.Je lève mon feutre avec grâce A chacun.Qu'importe son nom, Son vrigine haute ou basse, Et que je-le connaisse ou non! l\u2019our tous ceux à qui je réponds, Je n'ai que du miel à la bouche; 11 faut, \u2014 jamais ne 'oublions, \u2014 Qu'à la fin des sessions je touche.Dans tous les cantons ou je passe Je serre des mains, \u2014 ah! fi donc! Faut-il courtiser tant de crasse! Heurcusement j'ai du savon! Les femmes offrent leurs poupons Morveux aux baisers de ma bouche, Pourquoi fcrais-je des façons?A la fin des sessions, je touche, Puis à tous je promets des places, Bureaux de postes à foison, J'assiste à des banquets fadasses Où les plats sentent le graillon; Tant pis si mon pauvre bedon Mal adapté s\u2019en effarouche! Voici ma meilleure raison: A la fin des sessions je touche.:0: TIMIDITE.Un garçon très timide, Fréquentait une jeune fille candide.Où il y a de la gène H n\u2019y a pas de plaisir.Il la fréquentait depuis le Careme, Et on eu était aux cerises.Un jour, il vint fait la demande, C'était, dit-on, un dimanche; Il entre, s\u2019asseoit sur un sofa, Son chapeau entre ses genoux, Mais de paroles, n\u2019en souffle pas.H sourit ct c\u2019est tout.La jeune fille qui tricotait des chaussons, Lui dit; comme ça: \u201cToinon ! \u201cQu'avez-vous à me dire?\u201d Le garçon, embarrassé, Se contente de la regarder ; Et continue à sourire, Puis il lui dit, d'un air nigaud : \u201cVoulez-vous ètre ma petite femme?\u201d Elle lui répond: \u201cOui, mon Toto.\u201cOh! que tu parles avec flamme.\u201cMais c\u2019est donc vrai, \u201cQue tu n'es pas muet; - \u201cEt comme moi, \u201cTu as une langue?\u201cC\u2019est la première fois - \u201cQu\u2019il m'est donné de l'entendre.\u201d J.G.PANSOEUR. \u2018DANS LES TRANCHEES, 6 .LE CANARD, Montréal, 10 Juin 1917.Vol.XL \u2014 No 33.Une Page de Mots d'Esprit | SIMPLE REMARQUE.Phénomène singulier: Quand la terre tremble, c'est nous peur.*¥ x qui avons JOUR DE SORTIE.\u2014I1 pleut, mais le vent tourne.Il fera un temps superbe demain pour aller m'enfermer dans mon bureau.L J \u201c + DANS LES TRANCHEES.\u2014C'est l\u2019entrée de notre mess.,.baissez la tête.\u2014Ali ça! vous avez done résolu la \u201cquadrature du cercle\u201d?* x * LE BON ENGRAIS.\u2014M'sieu le maire, faudrait d'engrais.lFaudrait surtout du fumier! \u2014J'ai déjà écrit au préfet pour qu\u2019il nous envoie quelques Boches.\u2026.* PRUDENCE, \u2014Ne t'emballe dong pas comme ¢a, mon vicux, fais comme moi, quand je reçois une lettre anonyme, je ne l'ouvre même pas.+ DANS LA TRANCHEE.\u2014Dis donc, ch! cuistot; il est bien dur, ton bifsteck?\u2014Tu es peut-¢tre tomhé sur un éelat d'obus! * x VICTIME DU TRICOTAGE, \u2014Ma vue se trouble.-\u2014Damel à force de tricoter, il est assez naturel que vous voyiez trente-six \u201cchandails\u201d.* x x ENTRE POILU ET PRISONNIER BOCHE.\u2014Pourquoi veux-tu renoncer à ta nationalité?\u2014Moi devenir Français, car je boirai bon vin et surtout mangerai hon pain.LJ « REFLEXIONS D'UN POILU.\u2014Voilà six mois que je suis aux fauteuils d'orchestre sur le théâtre de la guerre, moi qui n\u2019ai jamais pu me payer seulement une troisième galerie au théâtre des Batignolles.: * * LE RENSEIGNEMENT.\u2014Puisque vous étiez de l'attaque, vous devez savoir comment elle à été conduite?\u2014Non.au front, nous n'apprenons cela que plus tard.par les journaux.* x RETOUR DE PERMISSION.\u2014Je les ai vues mes quatre marraines.xante-quinze ansi., \u2014Une jolie batterie de Elles ont de soixante à soi- ff A5.* = = METIER ABSORBANT.\u2014Mon fils, dit une bonne dame à sa voisine de tramway.à un métier bien absorbant! \u2014Que fait-il donc?\u2014Du papier buvard.\u2014Sais-tu à quoi je pense?\u2014Non.\u2014Si nous devions être encore ici l'hiver prochain, je ferais installer un calorifére! IDYLLE, Pitou.\u2014 Quel cst votre petit nom?.Je veux vous offrir un souvenir et y faire graver votre initiale., Nounou, \u2014 Elvire.Fitou.\u2014 Entendu, c\u2019est donc un L qu'il faudra mettre.* * * AMENITES.Hindenburg.\u2014 Si Votre Majesté se montrait aux manifestants.Guillaume, \u2014 Vous savez, je mène une vie retirée.Vous plutôt, qui êtes si populaire.Hindenburg.\u2014 Mon devoir me rappelle au front.Guillaume.\u2014 Laissez done.On reculera aussi bien sans vous, * * ANNONCES PARISIENNES.Un honorable fruitier de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève annonce à sa clientèle: \u201cGrand arrivage d'huitres.Fournisseur de la Sorbonne et des Ministéres.Demandez notre moule politique.\u201d A la devanture d'un magasin de la rue de Bazoilles: \u2018A louer une vicille armoire avec son état civil,\u201d *.LA DIVISION DU PETIT LACUITE.Le professeur.\u2014 Voyons, petit Lacnite, supposons qu'on vous fait cadeau d'une pièce de vin de cent litres; au bout de combien de temps sera- t-elle épuisée si vous en buvez un litre par jour?\u2014Au bout de trois semaines, monsieur! \u2014Mais vous ne connaissez donc pas la division?\u2014Si, mais je connais tellement papal * REINCARNATION, ror De M.Paul Bilhaud, dans ta \u201cLiberté\u201d: Les morts boches, cuits en fabrique.Sont ensuite aux cochons donnés: Ainsi par ce moyen logique Les Boches sont réincarnés.(Je fais toutes mes exctises aux cochons.) \u201d DICTIONNAIRE AMUSANT.ox Affaires, \u2014 Tir aux pigeons, Diète.\u2014 Dans certains pays, assemblée d'hommes potitiques affamés.Grâce, \u2014 Le génie de la femme.Ironie, \u2014 La petite monnaie de la rage.Trophée, \u2014 Trop avancé.Vampire, \u2014 Le plus ennuyeux des vents.Vénus, \u2014 Déesse que les militaires préfèrent de beaucoup à sa soeur la.Diane, x SOUS LES OBUS.roe La scène se passe à Soissons où se trouvait une délégation parlementaire, La visite de l'hôpital est terminée.H ne reste plus qu\u2019à se mettre à table.Les Boches ont-ils eu vent des allées ct venues dans ces parages?Toujours est-il que le bombardement habituel redouble d'intensité, Cependant, le repas continue sans trop d'émotion jusqu'au rôti \u2014 servi, paraît-il, un peu froid, .À ce moment précis éclate un obus dans la cour de l'hôpital, Quelques dégâts sans grande importance.Des soldats s'empressent.Ils rapportent aux convives des fragments de la bombe.\u2014Tiens, ils sont encore chauds, dit ug convive, Ca nous changera du rôti. Vol.XL \u2014No 33.LE CANARD, Montréal, 10 Juin 1917.7 3| MOTS D\u2019ESPRIT ILLUSTRES |, ~ yt \u2014 ff = c'es SR .© , J .\u2014I1 faut que je t'as:omm \u2014Je me marie dans un mois, je compte sur \u2014Hélas! madame, tout est hors de prix, \u201cAttention ne tape ome! le litre vide toi pour être témoin.; ainsi la marchande a été jusqu'à me demander que Ie vin muscat ne soit pas répandul \u2018 \u2014Oui, car je n'abandonnerai jamais un ami 3 francs pour une salade.et encore celle ter dans le malheur.n\u2019en avait pas! \u2014Ah! le docteur.il dit que vous le tuez!l.\u2014A.quelle époque placez-vous les guerres \u2014Quel est le moment le plus favorable à la ven mieux, tant mieux! Il commence à de Fronde?° cueillette des pommes?.° reprendre ses sens.\u2014Au temps de David et de Goliath.\u2014Le moment où le fermier a le dos tourné.# » L \u2014On vent de m'apporter mes nouvelles \u2014Votre pauvre oncle était encore solide à \u2014Savez-vous quelle différence il y a ent.- photos, elles sont trop retouchées, j'ai f'air 82 ans.Etait-il en possession de toutes ses un lièvre et le bonheur?, d'une femme de 40 ans.~ facultés?, \u2014Ma foi uon! _.\u2014Vous auriez dû dire au photographe que \u2014Je l'ignore, on n\u2019a pas encore\u2018 ouvert le \u2014Le lièvre est quelqu:iois du râble, le bon- vous ne teniez pas à être rajeuniel!.testamentl., heur ne l\u2019est jamais.VIT IITHH FER 8 - LE CANARD, Montréal, 10 Juin 1917.® ~ Vol.XL \u2014 No 33.Le Canard On n\u2019y pense pas DES ELECTIONS Oui, c'est entendu, nous aurons des élections.de gré ou de force, il faudra que Borden en vienne là.Il est acculé au mur et comme il doit.\u201csauter\u201d, autant faire le plongeon tout de suite.C'est donc maintenant plus que jamais le temps de réfléchir aux turpitudes, aux scandales, aux fautes, aux erreurs de cette pourriture indigo qui a mis la maison à sac.C'est le temps de se demander ce qu'a fait de bon ce mauvais gouver< nement composé de mauvais garnements, En quinze ans de règne libéral, Laurier nous a donné la prospérité, et depuis ciqn ans que Borden siège à Ottawa règne la misère, la désolation, la consternation.On ne sait plus où l'on va, peut-être à la banqueroute.Ce n'est pas la guerre qui nous fait payer le pain si cher ainsi que les patates, la viande, le lait, etc.Ce sont les trusts protégés par Borden, Ro- \u201c \u2018 gers, Crothers et les autres membres de la caverne des quarante chefs bleus de la capitale.La guerre n'a pas empêché les poules de pondre, la terre de rendre, la reproduction chez les animaux, les vaches de donner du lait, le froid de produire de la glace et les cours d'eaux de nous donner du poisson.Des députés libéraux ont demandé aux \u201csinistres\u201d bleus d'Ottawa de faire quelque chose pour diminuer le coût de la vie, et la réponse donnée par un de ces faiseurs fut: \u201cSerrez-vous le ventre et sacrez-nous patience\u201d.Souvenez-vous de dix-neuf cent onze! _ En 1911, les orateurs bleus disaient au peuple: \u201cElisez un bon gouvernement qui prendra soin de vos intéréts.Hélas! vous en avez élu un qui prend soin des trusts, c\u2019est à peu près tout ce qu\u2019il peut faire de bien.Jour les trusts.En 1911, les orateurs bleus de Prusse disaient: \u201cDes travaux immenses seront faits partout\u201d.Ils n'ont fait pratiquement que finir ce qui était commencé ou mettre à exécution ce qui était déterminé par les libéraux.En 1911, vous avez pensé élire un gouvernement de purs \u201ccomme des flocons de neige\u201d; s\u2019il était pur alors, comme il a noirci depuis! En 1911 on disait: \u201cOn embarquera vos enfants sur la marine de guerre Laurier pour aller se faire éventrer sur l'océan\u201d.Maintenant il n'y a plus de danger et on achète des vaisseaux de guerre, sc servant pour cela de la loi Laurier, Ea 1911, un candidat nationaliste, devenu bleu depuis, disait et promettait: \u201cJe ferai rappeler la loi de marine Laurier\u201d.L'a-t-il fait?Ou l'ont-ils fait?11 paraît que c'est par crainte de compromettre le succès de la guerre que Borden et ses complices veulent remettre à plus tard les élections générales, Quelque chose nous dit \u2014 tout nous démontre \u2014 que la crapule politique bleue est unc béte qui recule devant le chasseur-électeur.Ceux qui veulent avoir une idée du calibre mental des satellites dont s'entoure Sir R.L.Borden, n'ont qu'à lire le discours que fit, le 9 mai, à la Chambre d'Ottawa, le ministre Crothers.Jamais On n\u2019a pu accumuler tant de stupidités dans un aussi bref discours! Et ce sont des gens de cet acabit qu\u2019on veut nous imposer de nouveau.Heureusement que le peuple en a assez et donnera prochainement un fier coup de balai dans cette crapule! Comme les bleus aiment les Canadiens-français! Ils viennent d'en donner une nouvelle preuve.Depuis déjà longtemps, M.Samuel S.Chapleau remplissait avec beavcoup de dignité les importantes fonctions de Greffier du Sénat.On vient de le mettre à la retraite pour faire place à un Anglo- Canadien, M.Blount, secrétaire de Sir R.L.Borden.Encore un Canayen dehors! Mais ce qu\u2019il y a de plus beau, c\u2019est que le gouvernement est forcé de donner une retraite de $3,500 à M.Chapleau, en plus de $5,000 à M.Blount.Par conséquent le pays aura désormais à débourser $8,500 pour des fonctions qui coûtaient auparavant $5,000 seulement, C\u2019est là la façon des bleus de pratiquer l'économie qu\u2019ils prèchent aux autres.Au lendemain du 21 septembre 1911, Ladébauche disait dans le \u201cCa- .nard; \u201cLes Canayens se sont trompés en reniant Laurier comme saint Pierre le fit pour Jésus-Christ, mais vous allez voir, bonguenne de tire- Louchons de Sorel, qu'ils vont le regretter en maudit.Ça fait cinq ans que ga dure, il faut qu'ça change.Des p'tites patates en faut plus! A mort les trustards) Guerre aux ac- Je viens de faire une découverte Qui va mettre le monde sans d'ssus d'\u2019sous: Ce n\u2019est ni l\u2019Pôle Nord ni la comète, C\u2019est ben mieux qu'ça, rassurez-vous.Avec mon true plus de déboire, C'est le Paradis ici-bas.En-l'expliquant vous allez m'croire, C'est tellement simple qu'on n\u2019y pense pas.Vous vous promenez le coeur en fête, Un glaçon dégringole du toit; Il vous fait un trou dans la tête, Vous v'là mort sans savoir pourquoi.Pour éviter le choc de cette glace, Bent mon système, le voilà: Fallait prendre le trottoir d'en face, C\u2019est tellement simple qu \u2018on n\u2019y pense pas.On cherche des gens entre mille Pour pouvoir nous administrer: Contrôleurs, échevins, dans notre ville, Sont toujours à se chamailler, Pour se débarrasser d'eux, c'est simple, Vous n'avez pas pensé à ça: Y a qu'à les mettre 3 la Longue-Pointe, C'est tellement simple qu\u2019on n\u2019y pense pas.Dans les champs que la rosée perle Révant d'amour à petits pas, Dans un sentier rempli de merles, Vous montez dans quelque chose de gras.Certainement vous sentez la rose, Voyez-vous, pour éviter ça, Fallait pas monter dans la chose, C'est tellement simple qu\u2019on n\u2019y pense pas.REINE.\u2014_\u2014\u2014\u2014 : PETITS CONSEILS AUX FUTURS CONSCRIPTIONNISTES.Les meilleurs exercices pour se former un physique apte à avoir du front.Remonter l'horloge donne de la vigueur au pouce.Engueuler Borden est très efficace pour se former pendue, Payer la traite développe l\u2019avant-bras.Promener le bébé la nuit est un exercice incomparable.Chercher sous les meubles le bouton de faux-col qui vient de rouler par terre est excellent pour acquérir de la patience.Courir après le tramway est ce qu'il y a de mieux pour se donner de la souplesse aux jambes.Lire le \u201cCanard\u201d tient l'esprit clair.Discuter avec sa belle-mère est l'exercice suprême de celui qui a l'intention d'aller causer aux Boches.d'Ontario, comme on dit au \u201cLavoir\u201d.\u2014\u2014\u2014\u2014:o: REPONSE A LA GRANDE ENQUETE DU \u201cCANARD\u201d.une langue bien Qu'est-ce qui vous ennuierait le plus d'oublier d'emporter en voyage?Eh bien voici: Ce serait la suce à mon digne fils Athanase, car j'en aurais perdu la tète (tête).J.G.PANSOEUR.capareurs! À bas les monopoles} Dehors ces sinistres amis des trusts! Et s'il le faut, à la geôle, ces messieurs, aux tuyaux de castor.Trustard est un bon commerçant Qui, vivant en marge des guerres, En profite, fait ses affaires Et s'enrichit à \u201ccent\u201d pour \u201csang\u201d. Vol.XL \u2014 No 33.LE CANARD, Montréal, 10: Juin 1917, 9 \u2014 ITURLUPINADES| @ Napoléon n\u2019est pas là.- ; , Pr Le prix des vitres monte.* .> - .* Pourquoi la conscription?*¥* x Conscription! Constipation! Indigestion! ** * Referendum ou élections.et même les deux.** x Les dentistes sont sur les dents.du Maillet.* Bob Rogers est dans le pétrin pour tout de Lon.* \u201c x \u201cEconomy is the watchword of the nation now.\u201d x * x Semons mais n\u2019employons que de la bonne graine, * x x Quelle différence y a-t-il entre \u201ccrotté\u201d et Crothers?2 = - * * Bob Rogers est à la veille de se faire passer au \u201cbob\u201d.* * * kK .H.Bourassa s\u2019en f.la conscription le laisse de côté.! xx A lire la semaine prochaine un, \u201cCanard\u201d dans les XXX.; ; #* ,( , La Croix Rouge Canadienne n\u2019a-t-elle pas fait son devoir?x ¥ x .Les zeppelins sont des points d\u2019espérance pour les Boches.* * * Et le Sénat aura \u201cdit-on\u201d un mot à dire sur la conscription, * x\" Il faut se \u201cdécrotter\u201d des teignes d'Ottawa comme Crothers.Le peuple a donné sa faveur i Borden mais pas sa confiance.x Qu'est-ce que J.H.Roberts a bien pu prendre pour son rhume?\u201c* Marcil a dit; \u201cIl faut attaquer l'opinion publique avec ses armes\u201d, ; \" : Trois hourrahs pour J.A.Descarries, le député de Jacques-Cartier.\u201c * Jack Canuek et Weekly Tatler sont deux amis des Canadiens-français.* ; * ox L'Honorable Crothers est-il toujours le Ministre des Trusts ou du Travail?* ok La loi c\u2019est la loi, mais quand elle sort du cerveau d\u2019un\\fou, c\u2019est une loi idiote.* Les ouvriers de Toronto sont contre la conscription de même que les cultivateurs de l\u2019Ouest.| vd \u201c* La barque à Borden est en train de chavirer.Quand les rats quittent un navire.* * % Henri Bourassa, après un silence de huit jours, a parlé.Il ne veut pas se laisser trop devancer par Tancrède Marsil.** = La vie est chère et le gouvernement d'Ottawa paie des salaires de famine à ses employés.Ï \u2019 wx O'Meara (Irlandais) qui poursuit M.Genest (Catholique) est un Chevalier de Colomb.autfement dit un \u201cKnight of Columbus\".\u201d Ontarid a besoin de Québec, mais Ontario est trop aveugle pour voir, trop sourd pour entendre.- $ * * \u2019 .* - .Tous les lecteurs de \u201cl'Autorité\u201d sont dans la joie, il paraît que le directeur de ce journal va leur payer la traite.* + ; .La conscription est le commencement de la fin du désastre économique, * La conscription, c\u2019est le nouveau moyen que Borden emploie pour ruiner le Canada.* * * Médéric a dit à Joffre: *J'vous frais ben visiter la Montagne, c\u2019est défendu d'y aller en totomobile\u201d.* John H.Roberts, duc de la prohibition et aqueduc de la tempérance, a perdu son dépôt dans une tonne d'eau.R.I.P.* * * On dit que Rogers est capable de tout, même d\u2019une pour avoir de l'argent.mais \u201cbonne action\u201d, * = M.Ubald Paquin s\u2019est révélé un orateur accompli qui accomplira une grande tâche.\u201c* Le Mane Thecel Phares est écrit en lettre rouges sur le firmament bleu.x .* » - \u2019 La Commission des Tramways n'a pas fini ses séances.\u201cSoeur Anne, ne vois-tu rien venir?\u201d .** On demande des nouvelles du casque de première communion de Son Honneur le Maire (Médéric) de Montréal.** x Si l'on veut établir la conscription générale universelle et uniforme pour tout le Canada, très bien.Mais si c'est une conscription \u201csélective\u201d, Québec.décline l'honneur de se soumettre.* x : Que chaque député qui a encore une lueur d'esprit dans la caboche vote contre la conscription \u2014 telle que présentée par Sir Robert Bordenet engage un député conscriptionniste à ne pas voter.111% 8 .Les places élevées de ministres sont comme les cimes des montagnes: les aigles et les reptiles peuvent seuls y atteindre.Il ne s\u2019agit pas ici de Sir Borden ni de Bob Rogers.Nos meilleurs vocux a M.le Sénateur L.O.David, Greffier de la Cité, dant on vient de célébrer le vingt-cinquième anniversaire d'entrée en fonctions dans le service municipal.\u201c+ e \u201cCanard\u201d désire voir adopter \u2014 immédiatement \u2014 une loi de nature à arrêter la spéculation sur les denrées et à réglementer la production et la distribution.Avis à M.Borden.7 * \u2019 Montréal a son Conseil Municipal \u201crotten\u201d; Québec a le sien qui I'imite.Et voild que, maintenant, Lévis se paye le luxe d\u2019avoir itou un Conseil Municipal.à la mode.* * * Le professenr Weldner, de Passau, Bavière.en présence de la rareté de plus en plus grande des vivres, recommande à ses compatriôtes de manger de l'herbe.Il déclare que le trèfle rouge et le luzerne font d'excellents plats! \u2018 \u201c* - M.Borden a profité du vendredi pour nous faire un très maigre exposé de son voyage en Angleterre.Comme il n\u2019est pas orateur et qu\u2019il hésite beaucoup.en parlant, et n\u2019a que Je même geste disgracieux de se séparer les cheveux en deux sur la tête, il n'a intéressé personne.- 10 LE CANARD, Montréal, 10 Juin 1917.Vol.XL \u2014 No 33.I æ L\u2019ŒIL DE I Ce n\u2019est pas absolument d'hier; cela remonte bien, tout compte fait, à une- bonne douzaine d'années; \u2014 allons, allons, pas de caquetterie: met- tons-en quinze et n\u2019en parlons plus! \u2014 et pourtant je me vois encore, pauvre potache maigre et anémique dont la veste façon Sainte-BDarbe faisait une gouttière dans le dos, pleurant comme un veau daus Ta salle des départs, et révolutionnant, de ma douleur bruyante, tout le personnel de la gare.Partagé entre le désespoir du retour ct la joie de me savoir quinze sous dans ma poche, je me sens encore, sous le bras, le paquet ficelé de la main maternelle, contenant des chaussettes de laine, des souliers neufs, des galoches pour l'hiver! J'entends les coups de sifflet et les volées de cloche, puis c\u2019est les pou suites affolées d'un bout à l\u2019autre de la gare, la précipitation des dernières embrassades, les bousculades et les encombrements aux portes des salles d'attente.Ma mère se tient à quatre pour contenir ses larmes, mon père me crie: \u201cNe perds pas ton billet!\u201d Quelqu'un qui passe dit: \u2014Pauvre gosse! Ah! le sale temps! les mauvais souvenirs! It comme Valles a raison d'exécrer les heures de collège! Ca n'est jamais gai, le collège; te collège de province surtout.Je suis payé pour le savoir.C'est, la plupart du temps, un vaste bâtiment, triste comme l'automne ct sale comme un peigne.Les petits commerçants de la ville en sont généralement fiers, et généralement aussi il n\u2019y a pas de quoi, On le débarbouille une fois l'an, pendant le temps des grandes vacances, ce qui fait qu'au retour des élèves il pue sur toutes les coutures là peinture fraiche et le mastic: odeur à laquelle vient se mêler l'odeur fade de l'abondance et des équivoques bouillons gras, qui monte sournoisement de la cuisine, flotte en tout temps le long des corridors et des escaliers des bahuts de province.J'ignore pourquoi, mais cette manière de retapage donne une recrudescence à la tristesse du retour.Et puis, c\u2019est comme un fait exprès, il pleut presque toujours le jour de.la rentrée.Or, je ne sais rien au monde de plus désespérant, de plus navrant, de plus lamentable qu\u2019un trou de province le soir, par une de ces pluies fines cet persistantes que le funèbre ciel d'octobre semble vomir avec la mort.Je me rappelle les trajets de la gare au collège, les rues silencicu- ses et étroites, sans un chat, éclairées d'un quinquet tous les cent mètres; les pataugeages dans la boue, entre les petits lacs qu'enclosent les pavés; les chutes d'eau débordant des gouttières et les pas gymnastiques au ras des maisons sombres, tandis que la tunique imbibée se colle de plus en plus aux épaules: âpre époque dont ma lèvre a gardé l\u2019amertume, et dont la lourde tâche de la vie n\u2019est point encore parvenue à cicatriser le souvenir! Il Interné loin des miens, en ce petit lycée de X., qui eût ressemblé à un cloître, s'il n\u2019eût l\u2019air d\u2019une caserne, j'y passai ce qu'on est convenu d'appeler le meilleur temps de l'existence: c\u2019est-à-dire ma prime jeunesse.de ma première communion à mon baccalauréat.Je touchais cinq sous le dimanche, trois sous le jeudi, et je venais à Paris trois fois l\u2019an: au Joitr de l'An, à Pâques et aux grandes vacances.11 est vrai que la prévoyance familiale m'avait pourvu d'un correspou- dant, ce qui me procurait la jouissance de franchir le seuil du lycée, le premier et le troisième dimanche de chaque mois, quand j'avais obtenu notes satisfaisantes.Dire que ces sorties de quelques heures suaient l'allégresse et le délire.mon Dicu, non} Je crois même \u2014 je puis bien me l'avouer aujourd'hui \u2014 que je m'ennuyais chez mon correspondant un petit peu plus qu'à l\u2019étude, mais enfin j'avais le plaisir de me dire que \u201cj'étais sorti\u201d ct aussi de penser.plaisir plus grand encore, que d'autres, moins favorisés, étaient restés à ma bonne chance, Le malheur des uns fait le bonheur des autres, Mon correspondant s\u2019appelait Poirotte.Ce n'était pas un bien beau nom, mais je le lui pardonnais volontiers en faveur de son hospitalité, qui des - envier_ VEAU # | était large et géuéreuse, et des innombrables distractions que je goûtais en sa société, Voici, en effet, heure par heure, l'emploi des dimanches de sortie que je passais auprès de lui: Neuf Heures et demie.\u2014 Arrivée chez M.Poirotte.Nouvelle de ma santé, de mon travail et de mes progrès.Discours de M.Poirotte sur les bienfaits de l'instruction et le résultat toujours heureux d'une discipline sagement -appliquée, Dix heures, \u2014 Promenade à la cathédrale et audition de la grand\u2019messe, aux côtés de M.l\u2019oirotte.Satisfaction de sortir un sou de ma poche et de te verser à la quête, pour le plus grand bien du Denier de Saint-Pierre.Onze heures.\u2014 Retour au domicile-de M.Puirotte.Repas frugal, généralement composé des restes du diner de la veille, mais agréablement assaisonné des multiples saillies de cet excellent homme.Plaisir de voir M.Poirotte siroter \u2018seul\u2019 une tasse de café.Deuxième discours de M.Poirotte sur les bienfaits de l'instruction et la nécessité d\u2019une sage discipline.Une heure.\u2014 Permission par M.Poirotte de regarder par la fenêtre.mitigée de la défense de cracher dans la rue.Plaisir de voir passer, se rendant en promenade, les camarades qui ne sont pas sortis, ct qui, eux, \u201cne s'amusent pas\u201d.\u2018 Deux heures, \u2014 Suite de la récréation ci-dessus.Trois heures.\u2014 Plaisir de donner un coup de brosse aux chaussures de M.Poirotte et aux miennes, et de penser que nous allons, mon correspondant et moi, aller faire un tour de boulevard, en ville, Quatre heures, \u2014 Excursion au café de l'Hôtel-de-Ville, dont M.Poirotte était le client assidu.Plaisir de voir M.Poirotte absorber quelques verres de bitter en faisant des parties de jacquet.\u2019 Cing heures.\u2014 Retour au collège.Troisième et dernier discours sur les bienfaits de l'éducation.Exhortations au bien.Séparation douloureuse.l\u2019laisir de penser que quinze jours plus tard cette petite fête renaîtra de ses cendres.= Lt c\u2019était aussi gai Jue cela toutes les fois.Ah! ce n\u2019est pas pour faire l\u2019intéressant et établir, entre mon existence d'alors et mon existence.d'aujourd'hui, d\u2019ironiques et amères comparaisons, mais j'ai goûté de bien douces heures aux côtés de M.Poirotte, de bien douces heures, en vérité! III \u2018 J'ai fait comprendre que le superflu était absolument banni des déjeuners de M.Poirotte.° Je me fais un devoir d\u2019insister sur ce point.Aussi, fus-je étrangement surpris quand, un dimanche matin, revenant de la messe, mon correspondant me dit en me pinçant l'oreille: * \u2014Jeune homme, réjouissez-vous! Vous avez été le premier en récitation classique et il ne sera pas dit que vos cfforts seront restés sans récompense .Nous allons faire une débauche.\u2014Une débauche! m'écriai-je non sans émotion.J'aavis jeté de côté un coup d'oeil sur la table, Une soupière, basse ct fermée, flottant dans une buée transparente ct légère, trônait au centre de la nappe.\u2014Oui, une débauche, reprit mon correspondant, dont un fin sourire de gourmet soulevait le coin de la lèvre.Jeune homme, mettez-vous a table et préparez-vous à une grosse surprise.J'obéis, m'installai en face de M.Poirotte, et commençai de déployer ma serviette, tandis que mon correspondant amenait doucement à lui la merveilleuse soupière.Je pensais: \u2014Eh 111 mon Dieu! que peut-il y avoir là-dedans?Et, d'avance, escomptant quelque chef-d'oeuvre culinaire, je me pourléchais les babines, quand Poirotte, enlevant brusquement le couvercle, découvrit à nies yeux navrés une tête de veau toute fumante, Or, je ne sais ce que nous nous sommes fait, la tête de veau et moi, mais nous professons, l'un pour l\u2019autre, une haine mutuelle et cordiale, Fort d'un sentiment dont je n'étais pas maître, je déclarai à M.Poi- Vol.XL \u2014 No 33.LE CANARD, Montréal, 10 Juin 1917.11 rotte que je ne me déciderais à manger de sa tête sous aucune espèce\u201d de prétexte ct à aucune espèce de sauce.Il en parut vivement surpris: \u2014Jeune homme, dit-il, vous m'étonnez; la tête de veau cst l\u2019amic de l\u2019homme.Je répondis qu\u2019elle n\u2019était pas la mienne; mais M.Poirotte, qui s\u2019y connaissait mieux que moi, m'affirma que je me trompais, et que la tête de veau, justement, se trouvait être ma plus chère et ma plus précieuse amie, chose que je n\u2019eusse jamais soupçonnée jusqu'alors.\u2014Vous ne savez pas ce qui est bon, dit-il; le tête de veau en vinaigrette est un véritable plat de gourmet, et elle était en grand honneur chez les empereurs de la décadence, Tant d'érudition m'éblouit, mais n'arriva pas à me convaincre.je hasardai timidement que je n'étais en aucune façon empereur de la décadence, mais simple élève de sixième au petit lycée de X.\u2014N'importe, reprit alors cet homme véritahlement entété; ayez confiance en ce que je vous dis; goûtez-en seulement un tout petit morceau, et nous cn recauserons ensuite, Je me sentis envahi d'un immense désespoir.\u2014M.Poirotte! m'éeriai-je.It continua: \u2014Allons! vous êtes un enfant, Il se peut que vous n\u2019aimiez pas la tête de veau, mais c'est tout simplement parce que madame votre mère ignore l'art de l'accommoder, tandis que celle-ci est excellente, tout à fait supérieure et exquise, je vous le jure.Voyons, mon ami, soyez sage et veuillez me tendre votre assiette; je vais vous servir un morceau qui passe, à juste raison, pour ce qu\u2019il y a de plus fin et de plus délicat au monde.Je me récriai, je hurlai, je pleurai; mais le.cruel M.Poirotte fut inflexible, et délicatement, du bout de sa fourchette, il déposa dans mon assiette quelque chose de noir avec un trou dedans.Je regardai.C'était l'oeil.\u2014Mangez! commanda M.Poirotte d'un ton qui ne souffrait pas de réplique.Alors je ne sais plus ce qui se passa: je devins fou, je perdis, si j'ose dire, la notion du bien et du mal, et, fermant précipitamment les yeux, j'avalai d'un seul coup l'oeil horrible du veau! x x Quand je revins à moi, j'aperçqus mon correspondant qui me regardait en souriant: \u2014Eh bien! fit-il, qu\u2019en pensez-vous?TEtait-ce vraiment si mauvais?Je demeurai un instant sans répondre, les d nts serrées.par précaution.Enfin, toute crainte d'accident étant disparue, et réfléchissant qu'aussi bien la pilule était avalée, je crus devoir être poli et ne pas blesser M.Poirotte dans des goiits ct des convicitons que je n'avais pas à discuter.\u2014Eht chi.dis-je sans me compromettre, M.Poirotte éclata de rire: \u2014Al le farceur, s'écria-t-il, voilà pour tant comment l'homme, par un entêtement absurde, en arrive à gâcher sa vie.Ah! jeune homme, jeune homme! fasse le ciel que cette leçon porte ses fruits dans l'avenir.Enfin, n\u2019en parlons plus; ce qui est fait est fait; il faut que jeunesse sc passe; c\u2019est l'âge qui amène l'expérience.Jeune homme, vous avez été le premier en récitation classique, et il est von qu'un légitime hommage immortalise en votre esprit le souvenir de ce louable succès.Vous avez, commie il convenait, apprécié le premier oeil de veau; permettez-moi de vous offrir l'autre.Et de nouveau, dans mon assiette, quelque chose de noir s'abattit; quelque chose de noir avec un trou dedans.* * * Le premier oeil.avait passé.Comment avait-il fait son compte, je n'en sais rien, mais enfin il avait passé, L'autre obtint un sort moins heureux.Par les prodiges d\u2019un courage dont je demcurerai éternellement fier, je le poussai jusqu\u2019en mon estômac; mais quand il y fut installé, il se refusa absolument à en partir.Il y resta, il y cst encore, il y sera éternellement, et c\u2019est ainsi que je puis l'offrir en holocauste aux pauvres petits Collégiens malchanceux que je voyais, ces jours derniers, promener à travers Paris leurs têtes de désespérés et leurs tuniques d'uniforme, sorties, après deux mois, de l'armoire aux vieilleries, ce pendant que ce mot: \u201cLa ren- tréel\u201d faisait vibrer à mon orcille comme un mélancolique ct lointain carillon.Georges COURTELINE.MONOLOGUE-HISTOIRE.CŒUR DE SOLDAT C'est par une journée du mois d'août.La chaleur était accablante.Là, sur le grand pavé de Paris, l'on se promenait avec joie.Que de jeunes gens et de filles étaient joyeux, De tous les côtés on voyait courir les petits gars a la tourmaline ronde dont quelques-uns allaient à la Grande Marotte, d'autres au Pont du Soupir.Enfin, c'était le bonheur.On allait entendre la musique jouée par Jes Italiens.La journée se passa.la noirceur vint et il ne restait plus dans les fau- bougs que les lumières de nuit pour les piétons qui reviennent de fétes et de plaisirs.De temps à autre on voit passer dans le calme de la nuit les gendarmes qui veillent et qui font leurs rondes.Paris était endormi.Mais non, pas encore.Une femme marche d'un pas lent; elle tient dans ses bras un fardeau, et ses yeux brillent d'une funeste flamme.Où va-t-elle par cette nuit silencieuse?Voilà le vent qui se lève, C\u2019est un tourbillon de poussière; au ciel apparait de gros nuages épais.TI tonne, il éclaire, c\u2019est la pluie qui tombe à torrents.Et cette femme marche encore avec son lourd fardeau.Elle s'arrête sur un pont.On entend les vagues de la mer qui rugit comme des serpents, La, clle écoute, elle découvre son grand châle noir; le tonnerre gronde et à la lueur des éclairs apparaît sou ce fichu un joli petit gars.C\u2019est un entant.Malgré la nuit sombre et ces nuages épais, qu'il est beau ce chérubinf Elle le presse sur son cocur et elle murmure: \u201cAdieu, mon fils, dans les cieux aie pitié de ta mère qui ne peut te garder plus longtemps; tu es né d\u2019une lâche, ct ton père c\u2019est un inconnu, un vaurien\u201d.Elle écoute; elle peut donc accomplir son crime odieux.Elle dépose son enfaut, dans le silence de la nuit, sur une des portes du pont qui s\u2019ouvriront quelques heures plus tard par le vieux pécheur surnommé Saint- Claud-, pour tomber dans cette gueuse de mer qui va l'engloutir.\u201cAdieu, mon fils\u201d, ct elle se sauve; elle s'arrête soudain, elle croit avoir entendu du bruit dans les broussailles.des pas, on marchait.Ce n'est rien, c'est le commencement d'un cauchemar.Elle rit aux éclats.Au même instant, une main se pose sur l'épaule de cette femme terrible.C'est un soldat aux gallons d'or qui lui dit: \u2018Femme, que fais-tu 1à?\"\u2014 \u2018Monsieur le soldat\u201d, reprit la femme d'une voix tremblante: \u201cPitié pour Une pauvre malheureuse!\u201d Ce soldat loyal jeta tout à coup un regard sur l'enfant et le lui montra du doigt d'un beau geste comme jadis l'Empereur Napoléon Ier: \u201cCet ange qui est là seul.\u201d Voyant son crime découvert elle blémissait, elle maudissait cet homme; elle savait bien que c'était la guillotine, la fin de sa vie.Et le brave soldat, lui, marchait d\u2019un pas lent, mais ferme, vers un ange des cieux.Tout n\u2019était pas perdu pour cette misérable.Elle avait tiré de sa blouse un long couteau et courant au sauveur de son enfant abandonné, lui enfonça dans le dos son arme meurtrier.Elle s'enfuit en criant: \u201cAh! maudite canaille de soldat français.Tu ne savais pas que je hais ma race et que j'aime ceux dont le sang est allemand.Tu l'as voulu, que ton Dieu ait pitié de ton âme\u201d, Elle cburait.Mais la victime, d'une main courageuse, avait pris son pistolet à son ceinturon et il tira à bout portant vers la criminelle qui s\u2019enfuyait.Un cri perçant se fait entendre, la femme bat l'air de ses deux bras et tombe morte.Dieu était juste.Au sommet, de la colline la cavalerie française, prévenue par ce coup de feu, s'avance; et le général voit qu'un sergent va mourir dans unc mare de sang.Il le soulève et lui demande: \u201cQue faire de cet enfant?\u201d \u2014 \u201cMon général\u201d, fit-il d'une voix entrecoupée, \u2018je vais mourir.Jurez-moi de le garder sain et sauf de tout danger, car plus tard il saura défendre vaillamment son drapeau\u2019 (Il râle.) Mon gé.né.ral, mon gé.né.ral, lais.sez- moi em.brasser.cet ange.pour qui.je vais mourir.\u201d Un officier frend l'enfant dans ses bras; il le tend vers le moribond, et lui donne sa vie, son dernier baiser en disant: \u201cCe que j'ai fait cette nuit (il montre son vaillant coeur) c\u2019est.c'est.pour la France.\u201d Un mince filet de sang coule de ses lèvres, I est mort.Le cadavre est enveloppé dans tn grand drapeau français.Ils partent soldat en emmenant un ange qui plus tard sera comme son sauveur: un loyal, Le vent scul se fait entendre dans cette nuit tragique.Dans lo lointain, c'est le clairon qui sonne; c'est la cavalerie francaise qui s\u2019en va à son poste, en attendant l'appel pour aller au feu combattre contre 'ennemi, les Allemandat ALFRED LYMAN. + 12 LE CANARD, Montréal, 10 Juin 1917.\\ Vol.XL \u2014 No 33.LA TOUX D\u2019EGLISE, dit le Dr Cartaz dans \u201cla Nature\u201d; c'était l'heure des vêpres, un abbé commençait le sermon, Je ne ferai pas injure au prédicateur en disañt qu'il n'avait pas l'éloquence d'un Bossuet ou d\u2019un Lacordaire; de plus, le bon prêtre était at- \u201cJ'étais entré l'autre jour dans une de nos vieilles églises, teint d'une extinction de voix qui rendait le débit encore plus monotone.Une des périodes de son prêche fut coupée d'une quinte de toux.Ce fut comme une traînée de poudre; de droite et de gauche, les assistants se mirent à tousser, à mouchier, c'était un vrai concert de tousseurs.Jamais je n'aurais eru trouver dans cet auditoire autant d'enrhumés et de grippés.Le sermon, comme bien on pense, fut vite terminé.\u201cVous avez dû être souveut témoin d'un spectacle semblable, de ces crises de toux, en quelque sorte générales, dans n\u2019importe quelle réunion d'hiver.Aux cours, dans les conférences, voire même au théâtre, la conta- #ion de la toux vient à se produire.\u201cJ'ai lu quelque part, il me serait difficile de me rappeler où, que dans le cours d'une épidémie de grippe à l\u2019aris au quinzième siècle, les sermons furent supprimés dans les églises, la voix des prédicateurs était couverte par les quintes de toux de l'assemblée.\u201cLa toux est plus fréquente dans les églises.Est-ce parce que le froid est plus pénétrant dans ces larges vaisseaux de nos cathédrales, que, mal- ré le chauffage (qui n'existait pas il y a cent ans), la température reste toujours, sous ces hautes voûtes, in7érieure à ce que réclament nos voies respiratoires pendant la saison d'hiver?Y a t-il des envolées subites de courant d'air glacial qui provoquent cette toux impie, \u201cungodly cough\u201d, comme l'appelle le révérend pasteur Campbell?N'est-ce pas plutôt que l'attention est moins éveillée chez les fidèles quand le prédicateur n\u2019a pas le don de vous émouvoir ct le talent d\u2019un véritable orateur?La toux serait dans ce cas un signe de lassitude, d\u2019énervement, une vraie maladie; non plus des bronches ou de la trachée, mais de l'application cérébrale.\u201cEt de fait, au théâtre, la toux ne survient par crise que lorsque la piè- cc, ou tout au moins certains passages de la pièce offrent moins d'intérêt, quand l'action est languissante; alors de tous côtés on tousse, on mouche, on wrachote.Les chuts énergiques de spectateurs agacés arrêtent pour \u2018quelques minutes ce concert désagréable qui recommence bientôt.Mais vienne une scène pathétique, un passage enlevant, les quintes de toux s\u2019ar- rétent instantanément.On raconte que Sardou, entendant le public tousser à un passage d'une de ses pièces, fit la réflexion: \u201cJe savais bien que la scène était trop longue\u201d, et il pratiqua de sages coupures.Remarquez qu'on tousse moins dans les théâtres de musique que dans les autres.\u201cIl est assez difficile d'expliquer cette apparition simultanée de la toux chez un grand nombre de spectateurs.La grippe peut être mise en cause, mais il y a aussi une part à faire à un manque de volonté.On sait que dans les sanatoritms on arrive à modifier totalement le nombre des quintes de toux chez les malades en éveillant leur attention sur l'inutilité de cette toux sèche, qui épuise inutilement, Un directeur de ces établissements, en les obligeant à pointer sur un certain carton le nombre des quintes, les a réduites de plus d'un tiers, alors que les raisonnements, les conseils ne faisaient rien.\u201cUn médecin américain, qui s\u2019est attaché à l'étude de cette toux des églises et des théâtres, croit à une irritation réflexe de l'orcille sur la gorge.L'auditeur met tous ses efforts à écouter le prédicateur ou l'acteur, et cette tension soutenue pendant un certain temps dégénère en fatigue qui provoque le réflexe guttural.Mais alors comment se fait-il que la toux n'existe pas ou fort peu dans la belle saison?L'attention est pourtant la même ct les cfforts pour entendre et suivre l'orateur identiques.J'aime mieux croire à une manifestation dont l'origine cest dans le froid et la grippe, ct la provocation dans le manque d'intérêt du spectateur ou du sermon.C'est le cas ou jamais d'offrir à votre voisin, quand il Sera pris de quinte, un des mirifiques bonbons préconisés pour arrêter les rhumes; le mieux sera peut-être de lui conseiller de rentrer chez lui pour ne déranger per- sénne\u201d : \u2019 w Petites Lectures pour Tous % EN 70 ANS.Nous trouvons dans un récent numéro du \u201cPearsons\u201d une amusante étude \u2014 due, s\u2019il vous plait, à un honorable membre de la \u201cSociété Royale de Statistique\u201d \u2014 sur ce sujet palpitant: Que peut manger, que peut boire, que peut fumer un homme durant sa vie?.Pour rendre son travail plus saisissant, l'auteur, M.Everett, y a joint de curieuses illustrations comparatives.Empruntons quelques données à son étude plus spécialement consacrée, il va sans dire, à ses compatriotes.La quantité de nourriture et de liquide absorbée par un homme en boñne santé ct doué d\u2019un bon appétit, pendant le cours d\u2019une vie assez lon- ue (soixante-dix ans), est probablement beaucoup plus grande qu\u2019on ne se l\u2019imaginerait tout d'abord.En un jour, un homme mange en moyenne une livre et demie de pain, sous la forme de pain, biscuits, pâtisserie, etc, tout ce qui, enfin, a pour élément essentiel la farine cuite au four.Pendant les dix premières années de la vie et les dix dernières, le s* - tisticien suppose que la proportion est réduite de moitié et il ne s\u2019occupe que d'un homme consommant, en moyenne, 1 livre 4 de pain chaque jour pendant soixante ans.Cela équivaut donc à 14 ou 15 tonnes de pain.Si l\u2019on imagine cette énorme quantité convertie en un seul pain, il faudrait une salle cubant au moins 380 verges pour le contenir.Quant à la pomme de terre, deux compartiments de chemin de fer pourraient à peine suffire à la renfermer.La v'ande a son tour.L'Anglais qui, régulièrement, mange une côtelette à son iunch et une demi-livre de\u2019 viande à son diner, absorbe, pendant sôn existence, une assez grande quan- ,tité de côtelettes pour que, mises à côté l\u2019une de l\u2019autre, elles puissent aller de l\u2019abbaye de Westminster à Saint-Paul, à Londres.Une des gravures montre la taille proportionnelle du boeuf qu\u2019un baby londonien aura à manger, s\u2019il vit soixante-dix ans.Une autre indique la taille relative qu'atteindrait un homme s'il ne cessait de se développer pendant ce laps de-temps.En admettant que nous mangions 1 livre ¥ de pain par jour, 1 livre de « viande, % livre de poisson, 2 livres de légumes et fruits, A livre de diverses choses, l'on arrive à un total de 5 livres 4 de nourriture solide par jour ou prèsque 1 tonne par an.En prenant cette moyenne pendant 60 ans, le poids exact de nourriture solide consommé pendant la vie est de 53 tonnes 4.° L4 pinte ou chopine de thé ou café le matin, % chopine d'eau, bière ou autre boisson au repas du midi, et peut-être 1 chopine le soir, avec une autre chopine de lait, thé ou eau de Seltz espacée durant le jour, donnent 3 chopines de liquide par jour, ou 1,095 chopines par an, et, pendant 70 ans, 76,650 chopines ou 76,700 si l'on compte les années Dbissextiles.Si nous imaginons un seau assez grand pour contenir tout ce liquide, il aurait approximativement 4 verges de haut, et plus de 2,500 fois la taille ordinaire \u2018l\u2019un seau ordinaire, L'homme absorbe donc 96 tonnes 4 de n urriture liquide et solide; et, si l'on accorde à l'homme un poids moyen de 150 livres, il absorbe donc 1,280 fois son propre poids de nourriture dans le cours de sa vie.Enfin, si l'on s'avisait de convertir cette somme de nourriture en travail mécanique, on.obtiendrait, paraît-il, un pouvoir capable d'élever 87,600,000 tonnes à un pied de haut, Quant au tabac, M.Everett fait cette supposition obligeante que son homme-type ne commence à fumer qu'à partir de sa vingtième année.Il ftumera donc pendant un demi-siècle, S'il use de cigarettes, à raison de 12 par jour, cela fait un compte de 219,000 en 50 ans.Le fumeur de cigares, qui en brûle une demi-douzaine par jour, en consomme au total la valeur d'un cigare de 4 m.88 et de o m.60 de large à l'endroit le plus épais.Ce cigare monstre pèserait quelque chose comme une tonne et nécessiterait une machine à vapeur pour créer un courant d'air lorsqu'on en approcherait le feul,.= Vol.XL \u2014 No 33.CHRONIQUE de TIZOUTE Dans la pièce cinématographique tirée du fameux roman de Gene Stratton Porter \u201crreckles\u201d, deux étoiles, jeunes et charmantes, se feront applaudir au Strand Theatre: ce sont Louise Huff et Jack Pickfordx 0% - \u201cThe_13th Chair\u201d \u2014 ou \u201cLa 13e Chaise\u201d \u2014 enchante toujours le public du 48th Strect Theatre.C'est l\u2019un des meilleurs mélodrames que l\u2019on ait donnés à New-York depuis plusieurs années.Cette pièce est due à M.Bayard Veiller, l\u2019auteur de \u201cWithin the Law\u201d, qui eut aussi tant de succès.= #« L'Opéra de Chicago a cngagé Mme Melba pour la prochaine saison.Il confirme, d'autre part, avoir engagé Mlle Marthe Chenal et M.Charles Fontaine, de l'Opéra de Paris.L'Opéra de Chicago fera dans cette ville une saison de dix semaines, à New-York de quatre semaines et à Boston de deux semaines.x *# Jane Cowl, auteur et principale interprète du \u201cLilac Time\u201d, continue à attirer un public nombreux au Harris Theatre.Ce joli roman qui s'appelle \u201cLilac Time\u201d et qui se déroule dans le nord de la France semble être assuré de la faveur du public pendant encore de nombreuses semaines.La pièce est superbement jouée par unc troupe d'élite.c .x\" Au Comedy Theatre les Washington Square Players commenceront demain la deuxième semaine de leur nouveau programme se composant de \u201cPlots and Playwrights\u201d, \u201cAnother Way Out\u201d ct \u201cPariah\u201d.Notre opinion est que ces trois pièces sont parmi les meilleures que l\u2019excellente troupe a données cette année.Ce qui veut dire beaucoup attendu que la saison des Washington Square Players a été cette annéc-ci particulièrement brillante.\".Six semaines se sont écoulées depuis que \u201cChristus\u201d a été projeté pour la première fois sur l'écran du Criterion Theatre, et cependant le public sc presse en rangs toujours plus serrés aux portes de cette jolic salle.C\u2019est que \u201cChristus\u201d, pièce religieuse sur la vie du Christ, est réellement une des pièces cinématographiques les plus intéressantes de toutes celles présentées au public new-yorkais.* Decoration Day a ouvert la saison d'été à Coney Island oi immense parc de divertissements Luna est maintenant en pleine activité.Quoique la température n\u2019ait pas été favorable jusqu'ici, un grand nombre de personnes n\u2019en ont pas moins tenu à revoir, dès le début de la saison, le fameux parc où ils se sont tant divertis au cours des étés précédents.Que de nouveautés les y attendaient, que d\u2019exclamations de surprise et de joie s'échappèrent de leurs lèvres.PR Ce voyage tout le monde peut.le faire.On n'a qu\u2019à se rendre à l\u2018Eltinge Theatre.Assis dans un fauteuil confortable, le spectateur verra défiler sous ses yeux les paysages les plus pittoresques du Céleste Empire, ses villes les plus populeuses, ses ports les plus actifs, ses mandarins les plus fameux.Même la ville interdite ouvrira ses portes au spectateur de l\u2019Eltinge: la ville interdite avec ses mystères, ses beautés ct ses terreurs.Tout ce beau voyage, cher lecteur, vous est offert pour bien peu de chose par la direction de l'Eltingc qui s\u2019est procuré les plus beaux films qu'il soit possible d'imaginer.\u201c Nous avons appris avec peine la nouvelle de la mort d\u2019Eddie Ponton, qui était bien connu dans le monde théâtral de Montréal et New-York.Je perds en lui un de mes meilleurs amis, Toujours gai, affable, c'est toujours le sourire aux lèvres qu'il.nous accueillait dans son établissement de la rue Notrc-Dame Est, connu de tout le Canada théâtral.Il était de tous les partis de plaisir, pas un \u201csleigh drive\u201d n'était complet sans lui.Toujours quelques bonnes histoires à nous communiquer, que de fois il m'a fourni d'excellents \u201ctuyaux\u201d quand j'écrivais ma chronique Hebdomadaire de \u201cTout le Monde Danse\u201d dans le \u201cCanard\u201d, il y a quelques années, C\u2019est Palmiéri qui me l\u2019avait présenté.C'est Palmiéri qui a emmené Mme Maud Evrard de Paris, qu'Eddie épousait plus tard.Et c\u2019est aussi Palmiéri qui m'a annoncé la mort de ce bon \u201cchum\u201d dont je garde-un si bon souvenir.:0: SAISON D'ETE A NEW-YORK.Guide des Théâtres.ASTOR.\u2014 \u201cHis Little Widows\u201d, d'Heywood Broun, i Opérette dont l'intrigue est fort comique.O.\u2014 \u201cYou're in Love\u201d.Opérette fort mélodieuse et pleine d'humour, assurée d'un beau succès.| .N\u2019S.\u2014 Julius Steger présente Evelyn Nesbit dans \u201cRedemption\u201d, pièce cinématographique., COHAN AND HARRIS'S.\u2014 \u201cHitchy Koo\u201d.Revuc intéressante et intime jouée par une troupe où étoiles et favorites sont nombreuses.- LE CANARD, Montréal, 10 Juin 1917, 13 \u2014Je voudrais voir M.le Député! \u2014Atfendez la période\u201délectoralc.COMEDY.\u2014 Les Washington Square Players dans \u201cPlots and Playwrights\u201d, \u201cAnother Way Out\u201d ct \u201cPariah\u201d.CORT.\u2014 \"Up Stairs and Down\u201d de M.et Mme Hatton.Une curieuse et amusante peinture de la vie frivole dans Long Island.CRITERION.\u2014 \u201cChristus\u201d, grande production cinématographique décrivant la \u201cVie du Christ\u201d.ELTINGE.\u2014 \u201cTrip Thru China\u201d, pi¢ce cinématographique sur la Chine et les Chinois.i EMPIRE.\u2014 Trois nouvelles pièces de J.M.Barrie.\u201cThe New World\u201d, \u201cOld Friends\u201d et \u201cThe Old Lady Shows Her Medals\u201d.FORTY-EIGHT STREET.\u2014 \u201cThe 13th Chair\u201d, de Bayard Veiller.Un mélodrame plein de mystère.FULTON.\u2014 \u201cPals First\u201d, comédie de Lec Wilson Dodd.L'intrigue est fort intéressante.! GAIETY.\u2014 \u201cTurn to the Right\u201d, de M.Winchell Smithpleine de joie et de moralité.GLOBE.\u2014 Laurette Taylor dans \u201cOut There\u201d, de J.Hartley Manners.Comédie dramatique en 3 actes dont l'intrigue se passe en France.HARRIS'S.\u2014 \u201cLilac Time\u201d.Comédie dramatique écrite et jouée par Jane Cowl, Sujet de guerre dont les scènes se passent non loin du front en \u2018rance.HUDSON.\u2014 \u201cOur Betters\u201d.Comédie en 3 actes de W.Somerset Maughan, fort amusante.L'auteur y prend à partic les Américaines qui ont épousé des nobles d'Europe, .LIBERTY.\u2014 \u201cThe Submarine Eye\u201d, pièce cinématographique des frères Williamson, prise au fond de la mer.Drame d'amour fort émouvant.LONGACRE.\u2014 \u201cNothing But the Truth\u201d, de M.James Montzomery.Charmante comédie, MAXINE ELLIOTT, \u2014 \u201cLove O'Mike\u201d.ney fort bien mise en scène.MOROSCO.\u2014 \u201cThe Brat\u201d.Comédic nouvelle de Maude Fulton qui y tient le premier rôle.LL .NEW AMSTERDAM ROOF, \u2014 Ziegfeld \u201cMidnight Frolic\u201d.Brillant ct long programme de vaudeville, NEW BIJOU.\u2014 \"The Knife\u201d d'Eugène Walter.Mélodrame vigoureux et émouvant.PLAYHOUSE, \u2014 \u201cThe Man Who Came Back\u201d, de J.E.Goodman.Drame fort original, PRINCESS.\u2014 \u201cOh Boy!\" La nouvelle opérette de Guy Bolton ct G.P.Wodchouse charme ct amuse l'auditoire.REPUBLIC.\u2014 \u201cPeter Ibbetson\u201d, comédie tirée du roman de Georges du Maurier, ; .RIALTO.\u2014 Cinématographe.Unc pi¢ce mexicaine, THE STRAND.\u2014 Piéce cinématographique tirée du roman \u201cFreckles\u201d.\u2014 \u201cBungalowing\u201d, nouvelle comédic.WINTER GARDEN.\u2014 \u201cPassing Show of 1917\u201d, Extravagante revue en 2 actes ct 21 tableaux.TIZOUTE.Comédie Opérette de Thomas Syd- LE CANARD Journal Humoristique Hebdomadaire, paraissant tous les dimanches.Publié et imprimé par A.-P.PIGEON, Limitée, aux Nos 105-109, rue Ontario Est, \u201cMontréal.Téléphone Bell: Est 1121.: Un an (pour le Canada), $2.00; Six mois (pour le Canada), $1.25.Un an (pour les Etats-Unis), $2.50; Six mois (pour les Etats-Unis), $1.50.Strictement payable d'avance.Lo TARIF DES ANNONCES.\u2014Contrat pour un an: 1,000 lignes, \u2018sc la ligne; 2,000 ou 3,000 lignes, 3%c la ligne; 4,000 ou 5.000 lignes, 3c la ligne; 10,000 lignes, 2c la ligne.J ; \u2019 Annonces à court terme: Première insertion, 10\u20ac la ligne, insertions subséquentes, sc la ligne, \u201cLE CANARD\u201d est vendu aux agents 48c la douzaine, payable strictement sur réception du compte.Les numéros non vendus ne sont pas retournables, Adressez toute correspondance ou envoi d'argent à \u201cLe Canard\u201d, Montréal, P.Q.: nf 14 LE CANARD, Montréal, 10 Juin 1917.Vol.XL \u2014 No 33.COUACS & COUACS M.et Mme Nicolus Romanoff (anciennement le Tzar et la Tzarime de Russie) sont en train de planter des patates dans le parc du palais de Tsarskoe.*« x x La Pologne demande un roi.Mais il est entendu que Guillaume lui donnera un.president de république, pour faire enrager le roi d\u2019Angleterre et celui d'Italic, : * * * Le drapeau français a flotté à Ottawa et la province d'Ontario n\u2019a pas dit un mot cn français contre les Canadiens-français de la province de Québec qui parlent l'anglais.\u201c* Nous lisons dans le \u201cDevoir\u201d (28 mai, page 8, 3c colonne): L'enquête à été ajournée à après-demain: d'autres témoins seront unc auto.Transportée i l'Hôpital Général, la petite victime expirait ce matin.Le coroner fera une enquête.\u201d * x * Malgré Sir Robert Borden, le peuple à encorc quelques libertés, il a dune le droit de parter \u2014 de crier même \u2014 quand le feu est à la maison.Si nous ne voulons pas \u201cpasser au feu\u201d de la conscription il faut crier et appeler nos voisins à notre secours.* * Xx De \u201cl\u2019Eclaireur de Nicc\u201d, 27 janvier, aux annonces: \u201cFenune de mobilisé cherche place dans magasin, met la main à tout.Nice ou environs.Ecrire: J., Bureau H.\"\u201d Aïe! Aïe! Vous me chatouillez, Joséphine.\u201c* Comme lan dernier, comme l'automne dernier, il y aura encore des quantités considérables de patates que le spéculateur laissera pourrir plutôt que de les vendre à des prix accessibles.Nous voudrions voir tous ces iniques exploiteurs enfermés dans de sombres cachots pendant que la populace, irritée, défoncerait leurs entre- pots pour les piller jusqu'au dernier \u201cgorlot\u201d.** x Pensées, sentences ct maximes sur lu vie économique: La vie économique est chère.\u2014 Les marchands se font payer et les bavards parlent pour rien.\u2014 Le charbon, c'est du diamant.\u2014 Sans débouchés, il n\u2019y a pas de boucherie.\u2014 Ne laissez pas la pomme de terre sous le boisscau.\u2014 Il n'est pas logique que les patissiers patissent.\u2014 Le mark seul est bon marché.* Le loyalisme est un mot que les conservateurs ont toujours à la bouche.On sait, du reste, quel parti ils en ont tiré dans le passé, et on devine quel usage ils vont en faire pendant la campagne prochaine.En réalité, le mot loyalisme a deux significations pour le parti conservateur, c\u2019est du \u201cloyalisme\u201d quand il leur est appliqué; c'est de la \u201cdéloyauté\u201d quand il cst appliqué aux libéraux.» .+.\u201c0 Canada, terre de nos aicux.\u201d est un chant d\u2019une haute envolée, mais il est trop \u201ccanayen\u201d, paraît-il; les femmes de l\u2019Ontario n'en veulent plus.Elles aiment mieux le \u2018God save the King\u201d et le \u201cRule Britannia\u201d.Grand bien leur fasse; mais les bons Canayens, les vrais Canadiens doivent exiger le vrai, véritable ct authentique chant national canayen: \u201cO Canada.\u201d \u201c* .Dans une boutique vacante de la rue Sainte-Catherine Est, on a installé une école de coiffure pour les mutilés de la guerre.Les élèves, soucieux de se faire la main, sollicitent des clients ct ont collé à la vitrine l\u2019annonce suivante: \u201cAujourd'hui, on rasc ct on coupe les cheveux gratis à tous les soldats blessés.Demain, on coupe.les embusqués!\u201d L'intention cest bonne, mais reste à savoir si ces messieurs viendront! - DANS NOS THEATRES THEATRE ARCADE.Pour faire suite a la \u201cCréation du Monde\u201d, la direction du théâtre Arcade ne pouvait choisir de plus beau spectacle que \u201cPrétre ct Martyr\u201d, lc magnifique drame en 5 actes par A, Dennery, que les amateurs de beau et bon théâtre auront l\u2019occasion d'applaudir la semaine prochaine.M.Julien Daoust, qui tiendra le rôle-titre de cette oeuvre si dramatique, l\u2019a montée avec un grand luxe de décors et de costumes, ct la distribution sera l\u2019une des plus fortes qui se puissent voir.En cffet, à côté de M.Julien Daoust, nous voyons les noms de MM.J.R, Tremblay, Valhubert, Edm.Daoust, Pellerin, Darcy Germain, Léry, Guilbert, et de Mesdames Lilianne, Stella d'Albret, Flavy d'Orange, etc.Avec de tels artistes interprétant un tel chef-d'ocuvre dramatique, lc toujours si populaire théâtre de M.Edm.Desmarteau fera certainement salle comble à chaque représentation, et l\u2019on fera bien de retenir ses billets d'avance.Le programme de vues ct de chant qui sera donné aujourd\u2019hui sera aussi des plus attrayant.Il y aura d\u2019abord \u201cL'Ennemi du Roi\u201d, grande vue en 5 parties avec I.H.Sothern dans le rôle principal.Ensuite le zème épi- side de la série \u201cBlack Cat\u201d en 2 parties suivra, puis viendra Charlie Chaplin avec une de ses meilleures comédies.I1 suffit de nommer M.Hector Pellerin et Mme Flavy d'Orange pour convaincre le public que les numéros de chant seront des meilleurs.THEATRE FAMILY.\u201cLe Monde\u201d, grand drame à sensation, version de M.J.R.Tremblay, sera l'attraction au théâtre Family, la semaine prochaine.Cette pièce sera sans aucun doute très aimée du public de Saint-Henri, car elle a été montée de façon à donner satisfaction à tous, et la distribution en est des meilleures.Nous prenons plaisir à annoncer que M.Duquesne, fc favori des dames, fera ses débuts dans \u201cLe Monde\u201d.11 est certain que cet artiste aussi modeste que distingué saura remporter de nouveaux succès, MM.Villeraie, Léo et Guilbert auront fa tâche facile pour cux de faire rire après que les situations dramatiques ct sentimentales auront fait pleurer; tous connaissent ces lurous du rire et il est certain que cette partic de la pièce ne trainera pas.Les principaux roles féminins se- tont tenus par Mme Aurore Alys ct par Mme Laviolette, MM.Boissonnière, Hervé, etc, sont aussi de cette excellente distribution.Pour aujourd\u2019hui, M.Edmond Desmarteau offre un magnifique programme de vucs et de chant.\u201cAladdin du Broadway\u201d, magnifique vue en 5 parties, vient en premier lieu.Le oème épisode de \u201cLa Voix au Téléphone\u201d vient ensuite.Charlie Chaplin dans \u201cThe Rink\u201d suivra, et son rival en gaieté, l'addy McGuire, paraîtra dans une vue en 2 parties.ll y aura aussi le premier numéro de la série \u201cBlack Cat\u201d, une comédic par Frank Daniels ct un \u201cWeekly\u201d choisi parmi les meilleurs.M.Hector Pellcrin et Mme Flavy d'Orange chanteront leurs plus belles chansons.11 suffit de nommer ces deux fameux artistes pour que tous soient assurés d'entendre ce qu\u2019il y a de mieux en fait de chant.ELECTRA.Aujourd'hui la grande attraction à ce populaire cinéma de famille est la dernière vue de la Compagnie World qui est intitulée: \u201cThe Square cal\u201d, Pour la semaine prochaine, MM.St-Germain et Mercier nous donnent une belle primeur dans \u201cThe Candy Girl\u201d, un mélodrame épatant en cinq parties de la maison Pathé, ct dans lequel la fameuse comédienne Gladys Hulette déploie toutes les ressources de son magnifique talent.Mercredi, jeudi et vendredi, un autre chef-d'ocuvre dramatique est à l\u2019affiche; \u2018Duex hommes cet une femme\u201d.Ce titre explique pour ainsi dire la pièce qui est extrêmement intéressante sous tous les rapports.Cette vue cst unc production Yvan en cing parties, et le premier rôle est tenu par James Morrisson \u2014 c\u2019est tout dire.L'excellent orchestre cest au complet tous les soirs, et comme la salle est bien aérée, c'est un véritable plaisir que d'aller à l\u2019Elcctra.Allonzo! Allonz-y.SPECIAL Prochainement: \u201cLes Mystères de Montréal\u201d, roman par Hector Berthelot, fondateur du \u201cCanard\u201d.«0: Le général Von Beringhe, kommandant des forces allemandes en Livonie, vient d'adresser à ses soldats, un ordre du jour pour les engager à manger du korbeau.Il affirme, avec raison, que la cnair du corbeau est une nourriture substantielle et abondante.Au surplus, il y a assez longtemps que, sur les champs de bataille, les corbeaux mangent du soldat allemand\u2019; il est juste que le soldat allemand prenne sa revanche. Vol.XL \u2014 No 33.LE CANARD, Montréal, 10 \u201cJuin 1917.15 MARTIN ET JOFFRE Aux dernières nouvelles, on nous dit que Son Excellente Humeur Médéric Martin, Maire, n'a pas encore été nommé Chevalier de la Légion d'Honneur.A quoi donc ç'a servi au grand Médéric d'avoir empéché le consul de suivre à pied l'auto de Joffre.A quoi, bon Dicu! Mais, si nous en croyons le \u201cCri\u201d, de tous les incidents de la visite de Joffre : Montréal, le plus cocasse est sans doute celui de l'adresse.Le maire venait de terminer la lecture du document historique qu'en lui avait préparé, il voulut ajouter quelques mots de lui.\u201cLe Maréchal Joffre, dit Médéric, nous a dit qu'on avait encore besoin des Canayens de l\u2019autre côté, Le Canada a fait tout ce qu'il était humainement possible de faire dans cette guerre.Mais, puisqu'il le faut, il'fera en- ra encore plus.\u201d On dit méme qu\u2019il ajouta: \u201cNous ferons n'importe quoi, mais tâchez que ça fiuisse parce que ç'a assez duré, c\u2019te guerre-là!\u201d Êlle désire qu'on Elle Elle LHe \u2014 :0: LE COIN DU POETE.:0: Madelon fuit, mais en fuyant l\u2019atteigne.Elle nie, mais en niant ne veut pas qu'on s'y feigne.se débat, mais se débattan., veut qu\u2019on vainque pourtant.REINE.Et la presse anglaise d'Ontario a bien mauvaise grâce de dite que, dans le Québec, nous ne faisons pas notre devoir envers l'Empire.Nous serions en droit de lui dire: impérialiste, fais les guerres de l'Empire.Quant à nous, si nous sommes moins impérialistes, c'est que le déni de nos droits et la persécution du Français nous portent à l'être moins.Médecin, guéris-toi d'abord.Si tu es ASSOCIATION CANADIENNE DES VETERANS DE LA GRANDE GUERRE SECTION FRANÇAISE Dans le but de se soutenir et de se venir en aide mutucllement, les soldats de retour du front se sont formés en association.Ils démontrent ainsi que les liens sacrés qui les unissaient dans une fraternité allant jusqu'à la mort ne pouvaient se désunirs.De retour au pays pour lequel dans un élan généreux et patriotique ils ont «tout sacrifié, ils ont besoin d'aide et de protection pour reprendre leurs rangs parmi ceux qui par leurs labeurs aident à la prospérité et à la grandeur de notre beau Canada car il ne faut pas que l\u2019on se fasse illusion, le soldat blessé, malade ou infirme pour le reste de ses jours, n'est pas prét a la sortie de 'ho- pital & prendre une occupation dont les revenus ne suffiront au soutien de sa famille.Afin de venir en aide aux familles de leurs blessés, le comité \u2018administratif a obtenu des autorités civiques lc droit de faire une quête le 9.juin prochain.Nul doute que le public montréalais leur fera hon accueil et prouvera par sa générosité qu\u2019il a à coeur le bien- être de ceux qui a Festubert, Ypres, St-Eloi, Coyrcclette, Vimy, etc., se sont couverts de gloire et ont écrits de leur sang les plus belles pages du livre d'or de l\u2019histoire du Dominion.On a donné avec une générosité digne d\u2019éloges pour les blessés Belges ou Français, que ne feriez-vous pas pour les vôtres.L'appel que l'on fait aujourd\u2019hui est en faveur d'une ocuvre qui doit tenir au coeur de tous les Canadiens, quelque ELECTRA 570 SAINTE-CATHERINE EST TOUJOURS UN PROGRAMME DE VUES DE TOUT PREMIER CHOIX.Admission, 10c, COMPRIS LA TAXE.AFTRACTIONS BRTRAORDINAIRES \u2014 3DARTICO + ® =\u201c -aPM PARC 10\u20ac SAISON D'BTE e, | M = Ouvert tous les Jours à 3 h'set s brs P.M.ATTRACYIONS ET LA BANDE DU PARC NAN ADMISSION - - - 10cts.La \u2014 Coin Ste-Catherine et Maisonneuve.Tél., Est292.E-Desmarteau,Dir-Prep.| _Jullen Danust, Dir.-Act, 5 \u2018 BET » Drame à sensation en 5 Erin\u2019 \u201cPRETRE-MARTYR actes par Denners.MM.Julien Dagust, Valhubert, Pellerin ct J.R.Tremblay et Mmes D'Albret, Flavy d'Orange ct Lilianne.; MERCREDI : Soirée d'Amateurs.DIMANCHE, 10 JUIN\u2014$100.00 donnés en cadeaux de 810.00, 88.00, 81.00 Chant par M.Hector Pellerin et Mme Flavy d'Orange.15,000 pieds de vue : Edith Storey et E.H.Sothern dans \u201cAn Enemy to the King\" en 5 parties.Chaplin dans ses comédies.Frank Daniels dans \"Himself.\" Prix : Semaine, 10-15-25c THEATRE ARCADE Dimanche, Admission Générale, 15c , 1374 RUE NQTRE-DAME OUEST, THEATRE FAMILY Til, Vistoria 1640.EDMOND DESMARTEAU, Dir.-Prop.JULIEN DAOUST, Dir -Art.\u2018 SEMAINE DU 85 Drame en5actes.Traduction de J.R.Tremblay, en JUIN \u201cLE MONDE Débuts de M.Duquesne.Vendredi : Soirée d'Amateurs DIMANCHE, 10 JUIN : $100.00 DONNES EN CADE AUX DE $10.C0, $5.00, $1.00.15,000 pieds de vues.\u2018\u2019Aladdin from Broadway\" en 5 parties, Edith Storey et Antonio Moreno.\u201cLa Voix au Téléphone\u2019 9me épisode en 2 parties.Charly Chaplin dans \u201cThe Rink\" en 2 parties.Paddy McGuire \u201clier Painted Pedigree\u2019.\u2018Frank Daniels dans \u201cCapt Jinks\" en 1 partie.1ère épisode de la série Black Cat\u201d.1 \"Weekly\" 1 partie.Chant par M.Hector Pellcrin et Mme Flavy d'Orange.FRIX : Semaine, 10c, 15c, 25c.Toute la Troupe du Family en Scène.Dimanche, 15c, 20c.ordre\u201d, sont garantis pour bien \u201cvoir de loin et de \u2018près\u2019, tracer, coudre, lire et écrire.(Yeux artificiels, N'achetez Jamais des /ed/0/5 ni aux magasinsd-loul/aire, si voustenez à vos yeux EXAMEN DES YEUX Guérison des yeux sans médicaments, opération, ni douleur.Nos \u201cverres toric\u201d nouveau style \u201cà Consultez le meilleur de Montréal Le Spécialiste BEAUMIER DE L'INSTITUT D'OPTIQUE 3 i} 144 Est.rue Ste-Catherine, §gL1q2%5k° Montréal.AVIS.\u2014Cette annonce rapportée vaut 15 sous par dollar sur tout achat en lunetlerie.Spéeialité soit la race qu\u2019ils appartiennent.Tout souscription sera reçue avec reconnaissance et pourra être adressée au bureau de l\u2019administration, Chambre 20, édifice \u201cLa Presse\u201d.10: lApprentis Demandés On demande des Apprentis-Pres- siers a I'Imprinerie A.-P.Pigeon, Limitée, 109 Ontario Est.S'adresser à M.Jos.Allard.Tél, Est 2855, Jules Pony LIBRAIRIE FRANCAISE Romans et revues en tous genres.Spécial: Illustration de Noël 1916.Publications nouvelles et revues sur la guerre.374 RUE STE-CATHERINE EST, MONTREAL.\u2018Le Sirop d\u2019Anis Gauvin POUR LES ENFANTS Est un remède de famille qui, depuis plus d\u2019un quart de siècle, a sauvé la vie à des milliers et des milliers de bébés souffrants.Il fera disparaître comme par enchantement les douleurs provenant de la dentition, de coliques ou d'indigestions, et assurera au bébé un sommeil-calme et réparateur.EN VENTE PARTOUT: 25 cents LA BOUTEILLE.Le Sirop Gauvin te (Cachets Gauvin POUR LE CONTRE LE RHUME MAL DE TETE Soulage dès la première dose et Soulagent promptement : 3 Maux de Té&t Toux, rimes Dronchites, Migraines, Névralgies \u2018Sciatique, Enrouement.et toutes les douleurs.PRIX: 26 cts la bouteille.PRIX : 25 cents la boîte. 16 Vol.XL \u2014 No 33 LE CANARD, Montréal, 10 Juin 1917 3x = ¢ > AS AN 4 SAR > ba y y a 3 A2 { (4 fl J ( i ih Wes dq \\ { NZ LE S AA ry La ED ; (4) CA EE) Has xa Uf = QD La Conscription de la Chaleur ve » a?& N\\A D J \\ A / 7 7 7 NS | AH 0 A 2 _ A A \u201c4 OU 0 lox / > 2 2 == 2° = \u2014 On devrait mobiliser le solell et I'envoyer au front pour faire fondre les boches."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.