Le Canard : journal humoristique, 21 octobre 1917, dimanche 21 octobre 1917
[" Vol.XL \u2014 No 52 MONTREAL, 21 OCTOBRE 1917 Cinq Centins \u2014 N W sx» N < NEA Æ S S N so AN ' nl @4 S NET ( QA / de À =A [ J N \u201c= 0 IN t Y 22 A \\ = Li Zz: \u2014 - L 4 | 2 Gi AN Cr en 5 2:2 Ct = 2 pe == 2 Humoristique \u2014 Satirique \u2014 Politique \u2014 Littéraire \u2014 Illustré \u201cLe vrai peut quelquefois n'être pas vrai sans blague \u201d \u2014 BOISL'EAU.Rédigé en Collaboration.Administration: 105 à 109 rue Ontario Est.CAE \\W RY) NS Ju É A Z| Ÿ 4 4 ; A \\ 5 - = / - AS 24) LY.= ey - CS 3 NS gs CU, Vso 10 À 2 RY ¢1 2) if dl = > pT 3 & 4 7 Li en se -\u2014 A XX n 7 = 9 Zz Æ J O Py) 7 / À Ze 7 N.R 24 A 7 MONEY: = © 4) N 7 pe f=, = \u2014\u2014 pe Ny RY 7 ss \u2014 Pt a) Axa face à \u2014_\u2014 \u2014 Ny = 1) Le célèbre Cirque Borden & Co.dans sa représentation à travers le pays 2 LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.Vol.XL \u2014 No 52.UN CONTE PAR SEMAINE LE POINT D'HONNEUR L'adresse de M.de Courmal se composait de tant de lettres et de chiffres que lui-même, au début, avait dû l\u2019écrire \u2018sur son carnet de route.Dans la suite, il était arrivé à en tracer presque sans hésitation les signes un peu cabalistiques pour un profane: car M.de Courmal, auxiliaire récupéré de la classe quatorze, servait au front à moins de cinquante kilomètres des lignes et non dans un bureau de l\u2019intérieur.Modeste, d'ailleurs, il ne manquait pas, lorsqu\u2019il arrivait à Paris pour ses sept jours, d'arborer un uniforme neuf, des bottes jaunes à lacets et une canne de dandy, goûtant une âpre joie à s'entendre traiter dans le métro, aux heures de cohue, d\u2019embusqué, lui qui venait de là-bas!.Toujours correct, cédant sa place aux vieilles ou jeunes dames, aux blessés, il était de ceux qui ne transigent pas avec les principes.Pouvant, comme tant d\u2019autres, invoquer le moratorium, il se faisait un scrupule de payer régulièrement ses termes et n\u2019usait point dans le privé du langage des camps.Pour lui le vin n\u2019était pas du \u201cpinard\u201d, son appartement une \u201ccagna\u201d, les soldats des \u201cpoilus\u201d, et il s\u2019âbstenait, pour exprimer que son interlocuteur allait un peu loin, de s\u2019écrier: \u201cTu bous- \u2018cules le pot de fleurs\u201d, \u201ctu cisailles le barbelé\u201d, toutes expressions imagées sans doute, mais dont un galant hômme peut fort bien se dispenser.Aussi respectueux de la discipline que des usages, acceptant comme le plus élémentaire des devoirs l\u2019humilité de son grade et la modestie de ses fonctions, obtempérant de bonne grâce à l'invitation d\u2019un garde républicain lui enjoignant de présenter son titre de permission, il avait donné le plus bel exemple de soumission aux instructions de l\u2019autorité un soir que des zeppelins avaient été signalés sur Paris.Au premier coup de sirène, son appartement s\u2019était trouvé plongé dans une obscurité totale et, tandis que les habitants de l'immeuble se mettaient aux fenêtres, aux balcons, lui seul était descendu à la cave, non pour obéir au souci de sa préservation, mais pour exécuter à la lettre les consignes du gouvernement en cas d'alerte.Du reste, il n\u2019avait point tiré vanité de cet acte et s\u2019était abstenu d\u2019y faire allusion lors de son retour au front.~ Or, un jour que, son service fini, il prenait le frais sur la grande place, quelqu\u2019un lui frappa l\u2019épaule.Il se retourna vivement, soucieux déjà de savoir s\u2019il ne commettait pas quelque action contraire aux usages de la guerre.Un fantassin boueux lui tendait la main avec un bon sourire.\u2014Eh bien, mon vieux! Tu ne me reconnais pas?Il s\u2019excusa.Cette barbe rude, ce visage bronzé sous le casque n\u2019évoquaient en lui aucun souvenir.Mais son regard s'étant posé sur les manches de son interlocuteur, il y vit un galon de sergent et tout aussitôt rectifia la position.\u2014Diable ! Je suis donc tellement changé?Ferraud, Louis Ferraud ! Il salua : \u2014Pardon, sergent.Je vous reconnais, en effet.\u2014Sergent! Vous! En voilà des histoires! Veux-tu me tutoyer ! Sans quitter le garde à vous, M.de Courmal répondit : \u2014C'est impossible, sergent, tout à fait impossible.\u2014Tu me fais rigoler! Veux-tu m'appeler \u201cmon vieux\u201d, tout de suite, ou je te flanque quatre jours! ~Punissez-moi si vous voulez, sergent, mais je ne puis m'adresser à vous en d\u2019autres termes.Vous êtes sous-officier, je suis simple soldat.\u2014Eh bien, mon vieux, si ça t\u2019impressionne, ne regarde pas mes galons et viens boire un verre.J'ai repéré, au bout de la place, un petit bistro où l\u2019on doit trouver tout ce qu'il y a de supérieur en fait d'apéritifs.Je descends au repos; ça me fera plaisir de bavarder assis sur une chaise, comme un monsieur.Mais M.de Courmal, hochant la tête, répondit : \u2014Dans notre situation, sergent, c\u2019est une chose tout à fait impossible ; je dirai mieux, incorrecte.\u2014Ah ça! murmura le sergent, est-ce que, par hasard, en dehors du service, tu n'aurais pas le droit d'entrer dans un café?M, de Courmal aurait pu mentir, invoquer le prétexte d\u2019une consigne, Il préféra la vérité.\u2014 Puisque vous avez bien vouiu, pour un instant, oublier la différence de grade, permettez-moi de m\u2019étonner de votre insistance, et de vous rappeler les raisons pour lesquelles votre proposition \u2014 flatteuse en d\u2019autres temps \u2014 ne saurait aujourd'hui m\u2019agréer.La dernière fois que nous nous sommes rencontrés était, si j'ai bonne mémoire, le 29 juillet 1914.Nous sortions du cercle.Une discussion s\u2019éleva à propos d\u2019une jeune actrice de l\u2019Olympia et.\u2026 = \u2014Ah! que c\u2019est rigolo! Ah! que c\u2019est rigolo, c\u2019est ma foi vrai! Je n\u2019y pensais plus! Oui! hein! Nous avons échangé des cartes! Eh bien, nous en avions une santé ! \u2014Nous devions nous battre le surlendemain.Mais le surlendemain, c\u2019était la mobilisation, et vous partiez.\u2019Érois années ont passé.Nous n\u2019en sommes pas moins deux adversaires appelés à nous rencontrer sur le terrain.La guerre a moratorié cette dette, elle ne l\u2019a point acquittée, et au lendemain de la signature de la paix, je me tiendrai à vos ordres.Voilà pourquoi, monsieur, vous le comprendrez maintenant, j'en suis convaincu, je ne puis, pour le moment, m \u2018asseoir à votre table, Plus tard, la quercile vidée.\u2026 \u2014Mon Dieu, dit le sergent, votre scrupule est parfaitement honorable et je vous en félicite.Certes, nous ne saurions nous dispenser de donner à cette querelle la suite qu\u2019elle comporte; mais le duel n\u2019est, après tout, qu\u2019une formalité ; les quelques gouttes de sang qu'on se tire \u2014 quand on les tire \u2014 sont symboliques, tout au plus, et ce qui importe surtout pour amener une réconciliation entre gens tels que nous, c\u2019est d\u2019avoir affronté le danger d\u2019une rencontre.C\u2019est aussi votre avis ?\u2014Parfaitement.\u2014 Alors, comme je tiens à faire disparaître au plus tôt ce nuage et, d'autre part, comme la guerre menace de durer longtemps, faites-moi donc l'honneur, dès que cela vous sera possible, de rendre visite à mes camarades dans la tranchée.Je me tiendrai à l\u2019écart, ainsi qu\u2019il convient entre gens du monde, exactement comme pendant les préparatifs d\u2019un duel.Il est vraisemblable que nous serons marmités, et je crois que, après une heure ou deux de cet exercice, rien ne s\u2019opposera à ce que nous nous serrions la main.\u2014C'\u2019est fort bien, articula assez difficilement M.de Courmal, mais si mon capitaine me refuse l'autorisation?.\u2014Eh bien, répondit le plus simplement du monde le sergent, vous passerez outre.Que diable, on ne vous condamnera - \u2018pas comme déserteur parce que vous avez voulu voir le feu! MAURICE LEVEL. Vol.XL \u2014 No 52.LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.3 ~ Une Page de Mots d\u2019Esprit | METIERS IDENTIQUES.Le juge interroge un escroc fameux : \u2014Bref, vous avez passé votre vie à mettre les gens dedans.\u2014Croyez-vous, monsieur le juge, que vous ayez jamais fait autre chose?- «*a DEPUTES ET VACANCES.\u2014Papa !.papa! \u2014Hein?.Quoi?\u2014Des électeurs qui te demandent.\u2014Dis-leur que je suis sur le front.x* SON SEUL DESIR.Jean Hiroux a été condamné à mort.Son avocat s\u2019efforce de le réconforter.\u2014Prenez patience, mon ami, exhorte le \u201ccher maître\u201d.Sovez courageux, ne perdez pas la tête!.\u2019 \u2014C\u2019est bien tout ce que je demande.murmure Jean Hiroux.* x 7 x A LA FRONTIERE.L'officier boche.\u2014 Monsieur Lénine?Lénine.\u2014 Lui-même ! L'officier boche.\u2014 J'ai ordre de vous mener par train spécial jusqu\u2019au front de Riga et de vous rendre les mêmes honneurs qu\u2019à un général allemand.*** L\u2019EXCUSE.Un poilu a\u2019trop mété Ia bouteille: ça lui arrive assez souvent.Un copain lui explique combien il est honteux de se mettre dans de tels états.Mais l'autre de répondre : \u2014Mon vieux, j'te vas dire, c\u2019est pas ma faute.Tu comprends ! La \u201cbiture\u201d (l'habitude) c\u2019est un\u2019 seconde nature.\u201c* LES TEMPS SONT\" CHANGES.Du \u201cSketch\u201d, journal humoristique anglais : Le dessin représente une dame et sa petite fille, la première portant une robe très courte, la seconde une jupe qui l\u2019est beaucoup moins.Et celle-ci s\u2019écrie : \u2014 Maman! quand donc serai-je assez grande pour porter une robe courte ?* * * EN EMBUSCADE, Du \u201cKlaxon\u201d, journal du front : .Deux poilus et un caporal sont en sentinelle dans un petit poste avancé ; le sergent et la section sont à quelques pas derrière.Deux coups de feu éclatent.Le sergent s\u2019avance en rampant jusqu'aux sentinelles, et s'adressant à l\u2019oreille du poilu le plus rapproché.\u2014Sur quoi tirez-vous?lui dit-il, Et le poilu répond à voix basse: \u2014Sur l\u2019ordre du caporal, sergent.DANS LA TRANCHEE.\u2014Dis donc, vieux, ma bourgeoise me demande si les chaussettes qu\u2019elle m\u2019a envoyées il y a six mois sont encore en bon état.\u2014Comme si nous avions le temps d'y aller voir! * * SIMPLES QUESTIONS.De I\u2019 \u201cEcho des Guitonnes\u201d : \u2014DPourquoi donne-t-on de simples chaussettes aux soldats alors que des animaux, les mulets, par exemple, portent des bâts?.\u2014 Pourquoi dit-on qu\u2019un bruit transpire alors qu'il n'a pas encore couru?.\u2014Pourquoi dit-on d\u2019un oculiste très occupé qu\u2019il est toujours sur les \u201cdents\u201d, et d\u2019un dentiste qui ne se fait pas payer qu\u2019il travaille \u201cà l\u2019oeil\u201d\u201d ?*.UN PEU D'HISTOIRE, A tort ou à raison, on raconte que lorsque Napoléon III était enfant, une négresse, discuse de bonne aventure, consultée par sa mère, lui dit: -\u2014Cet enfant est appelé aux plus grandes destinées, mais il devra se défier de la lettre S, qui jouera un grand rôle dans son existence.En récapitulant la vie de Napoléon III, on trouve effectivement que la lettre S revient à tout moment.C\u2019est par elle qu\u2019il a commencé, à \u201cStrasbourg\u201d.Puis sont venus \u201cSébastopol\u201d, \u201cSolférino\u201d, \u201cSadowa\u201d.Et c\u2019est à \u201cSedan\u201d qu\u2019il a fini.« * L'ESPRIT SUR LA PLAGE.Un Parisien, qui ne se baigne pas, adresse des compliments à quelques jolies baigneuses et trouve des comparaisons, d\u2019ailleurs assez banales, pour vanter leurs qualités de nageuses.Une des dames présentes, de très forte corpulence, qui a été oubliée dans la distribution, l\u2019interpelle avec quelque aigreur : \u2014Eh bien, vous ne me dites rien?Je ne compte pas pour vous?\u2014Oh! si fait!.je ne suis pas éloigné de croire ce que certains prétendent que, lorsque vous vous plongez dans la mer, c\u2019est vous qui faites la marée.\u2014On exagère, répond en minaudant la grosse dame, flattée de ce qu\u2019elle prend pour un compliment.* \u2014Tu n\u2019a pas vu mon manchon ?\u2014Je croyais que tu l'avais sur la tête! Tr 4 LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.Vol.XL \u2014 No 52, INDISCRETIONS ET POTINS = LE DUC.Son Excellence le Duc le Devonshire a un revenu de soixante millions par année, Aussi faut-il autre chose que le luxe de Rideau Hall et des appartements du Gouverneur à la Citadelle pour l'épater.Mais ce serait une erreur de croire que tout lui échappe et que sous son air de \u201cj\u2019m\u2019enfoutiste\u201d il n'observe pas tout ce qui se passe autour de lui.La réception du Duc à la gare du C.P.R.a été d'une froideur ! Et d\u2019abord pourquoi nos ministres et nos échevins n\u2019y étaient-ils pas.Sir Lomer n'avait que deux collègues avec lui, M.Taschereau et M.Mitchell.Le trésorier provincial était coiffé d'un simple melon et c\u2019est ce qui fit dire à un cocher : \u2014\u201cÇa doit être son messager.\u201d Après les serrements de mains ordinaires, sur le quai de la gare.un petit cortège se forma dans l'ordre suivant: Le général Fages et son état-major.Les aides de camp du Duc, celui de Sir Evariste, notre impayable major Pelletier, le chef T'rudel, puis: Le Duc et Sir Evariste.Sir Lomer et la Duchesse.Lady Gouin et Mme Taschereau.Le Maire et Lady Maud.Le sénateur Landry et Lady Dorothy.M.Taschercau et Lady Rachel.M.Mitchell et Lady Ann\u2014\u201cDe quoi est-il ministre, celui-ci?\u201d demanda un des aides-de- camp du duc au major Pelletier, qui lui déclinait les titres de tous les personnages québecois qui suivaient.\u2014\u201c What?\u201d cria le major Pelletier, ahuri d'entendre un officier anglais parler français, \u2014\u201cWhat is that gentleman\u2019s portfolio?\u201d répéta en anglais l\u2019aide- de-camp, en montrant du doigt le chef Trudel\u2014\u201cPolice, police !\u201d répondit le major Pelletier.Le chef.le ministre de la police, avait planté à tous les vingt pieds dans la côte du Palais, quelques-uns de ses plus beaux agents, Ils portaient leurs flamboyants uniformes.Au pied de la côte, le chauffeur du duc demanda : \u2014\u201cShall I go up the hill?\u201d Son Excellence se pencha et aperçut les agents : \u2014*\u201cOh non!\" s\u2019¢cria le Duc, \u201cil n\u2019y a que des \u201cpolicemen\u201d côté-là.prenons une rue où il y a du monde.\u201d Et la limousine ducale fila vers la rue St-Joseph.* x + \u2014\u201cMais qui avait empêché les autres ministres et les échevins d\u2019é- tre à l'arrivée du Duc?\u201d demanderez-vous.\u2014\u201cPersonne\u2014\"Quoi, alors?\u201d Nous ne garantissons pas l'authenticité de ce détail mais on affirme que personne ne voulait y aller parce qu\u2019on avait peur d\u2019y être vu : \u2014\u201cQuel mal y a-t-il à être vu en compagnie du Duc?\u201d demandait un échevin, qui ne comprenait pas très bien.\u2014\u201cMats, malheureux\u201d, s'écria son collègue du conseil, \u201c que nous sommes pour la conscription.\u201d Non seulement les ministres, mais les citoyens étaient rares à l\u2019arrivée du Duc, il y en avait à peu près deux cents autour de la gare.de ce on va dire Heureusement on avait sauvé la situation en augmentant la garde d'honneur.ll y avait plus de soldats que de civils.x Xx * Le lendemain, le Duc se balladait dans nos rues avec deux aides-de- camp, qui avaient laissé leurs uniformes Kkhaki de côté.ls passaient devant la Basilique quand ils aperçurent une foule, massée devant la porte de l'hôtel de ville.et une centaine de soldats.\u2014\"T'iens, ma garde d'honneur\u201d, dit Son Excellence, en apercevant les pioupious de la citadelle.Est-ce qu\u2019on m'attend à l\u2019hôtel-de-ville ?\u201d Le duc n\u2019a peut-être pas eu de réponse encore à cette question.Empressons-nous de la lui donner : C'était bien la Garde d'honneur de l\u2019arrivée du Duc qui était devant l\u2019hôtel de ville et la foule de quatre à cinq cents personnes qui était là assistait à un grand évènement : un mariage pour le cinéma.- On avait prêté les soldats qui sont chargés de défendre Québec\u2014en cas d'attaque\u2014pour une comédie, ll parait qu\u2019ils ont joué leur rôle avec un succès! On les verra bientot sur l'écran, :0: DISCRETION.Labarbe est venu de Fouilly-les-Oies s\u2019installer à Paris chez des cousins, le temps de visiter la capitale, Au bout de quinze jours, ses hôtes commencent à trouver que son séjour se prolonge un peu trop: la vie est chère, Labarbe est sans gène.Ils voudraient bien le, faire partir sans le froisser.À cet effet, ils lui demandent un beau jour : \u2014Dites donc, Labarbe, votre femme et vos enfants doivent commencer à s\u2019ennuyer de ne pas vous voir?\u2014C\u2019est vrai, vous avez raison.Je vais leur dire de venir me retrouver, 10: LA PLUS GRANDE BETISE.Le neveu va visiter son oncle ct tante pour leur annoncer son prochain mariage ct les vieux parents se permettent de critiquer.\u2014Ecoute, mon garçon, dit l'oncle, la plus grande bêtise qu\u2019un homme puisse faire, c'est de marier la fille d\u2019un autre.\u2014Aussi, dit la tante, moi, je te conseille de marier une autre fille plutot.Pantaléon CASIMIR.LE SIROP GAUVIN \"2 E RHUME Est composé des meilleurs remèdes pour les maladies de la gorge, des prpriches et des poumons.Prenez-en au premier symptôme du mal, car un RHUME, si Jeger qu'il vous paraisse, prépare le terrain aux germes de la CONSOMPTIO Qu'il s'agisse d\u2019une affection récente ou ancienne, vous vous guérirez avec le SIROP ] RHUME.Prix : 25e Ia bouteille, Buérirez GAUVIN pour le Le Sirop d\u2019Anis Gauvin Les Cachets Gauvin pour les Enfants pour le Mal de Tête soul t et gué t Soulage coliques, douleurs de la \" agent ot quérissen dentition, indigestion, diarrhée, et igh Maux de Tête, Migraines, assure au bébé un sommeil naturel.1 ; pe Névralgies, et toutes les douleurs, PRIX: 25 cents Ia bouteille, PRIX: 28 cents 1a boîte. Vol.XL \u2014 No 52.LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.5 IL Imaginez-vous demander à sa mère en plein souper de baptéme: \u201cMaman, comment qu'on sait si c'est un garçon ou une fille\u201d, et la mé- re de répondre impassiblement : \u201cC\u2019est par le nom, mon enfant\u201d.* * * \u2014Maman, n'en achète plus de bébés, on en à assez, pourtant j\u2019aime ça à cause des dragées.* * * Un expert, ou arbitre, aime qu'un compte soit assez élevé, surchar- g¢, si vous voulez, pour lui donner l'air d'être impartial en le réduisant.Donc, ete.\u201d ets Pris à l'improviste avec une chemise de quelques jours et dont les poignets ne sont point aussi blancs qu'ils devraient l'étre, \u2018\u2019tournez-les à l'envers\u201d.J'ai souvent fait cela, ça m'a réussi on ne peut mieux, Il en est de même du col, on peut cn rabattre les pointes saillantes à rebours ou cn dedans.Ç'a l'air alors du collet, faux-col d'un clérical, et c'est loin d'être laid.x * x Quand le papier manque ou qu'on a oublié son calepin, on peut bien écrire ses notes sur ses poignets de chemise, mais \u201cque votre femme ne vous voie pas faire\u201d.* * * \u201cComment on trompe un Commissaire, un Ministre peu futé des travaux publics\u201d: Ajoute 40% à ton compte, charge 5 à 10 centins de plus sur les charretiers\u2014je te les ôterai, tu t'en plaindras, il me fera venir, tu tiendras ton bout, moi le mien, tu m'insulteras et fera mine d'6- ter ton habit pour me frapper.Le ministre croyant à ma sincérité, te dira qu'il lui faut en passer par le témoignage de ses officiers.Ce soir, nous prendrons quelque chose ensemble et partagerons les 40 pour cent.* * * \u201cDire la vérité à un homme sans l'insulter\u201d: Ce beurre-là est \u201cin- mangeable\u201d\u2014vous faites du bon beurre\u2014jamais vous ne me ferez croire que c'est de votre beurre, c'est du beurre que vous vendez pour un autre, * kx * \u201cL\u2019Hélice du vapeur cst trop petite pour son corps\u201d: voyez la queue de la baleine en rapport avec sa taille\u2014aussi fait-elle 50 cilles à l'heure pendant que le vapeur n\u2019en fait que 25.* * + \u201cLe vendeur peut vous dire, sans mentir, quelquefois, qu'il vous laisse ses effets au prix coûtant ou au-dessous\u201d; et en effet il y a toujours à ajouter son temps dévoué à marchander, acheter ces effets, le coût de les transporter chez lui, les pertes qu'il peut y faire par leur dessèchement, dépérissement, rapetissement par évaporation \u2014 puis ses anxiétés, ses inquiétudes valent bien quelque chose.* * * \u201cFaute d\u2019un habit \u201cà queuc\u201d pour une soirée, on peut replier en- dessous ou en-dedans les pans d\u2019un surtout.* \u201c x Ecrire anonymement à un maire, comme on en a eu un, de s\u2019exempter de \u201cse moucher avec ses doigts\u201d.Il a failli cependant l'oublier lors de la réception de la princesse Louise.Nos Petits Sermons du Dimanche \u2014 = Voyez comment une femme tient, comment elle porte son paquet \u201cpour qu'on n'ait pas l'air de la prendre pour une servante\u201d.» * * C\u2019est rendre service à un homme que de lui dire tout bas qu\u2019il a \u201cun bouton d'ouvert\u201d, une saleté sur sa chemise, sa moustache.* * * Il y a des mots inévitables que l'on rend plus indélicats en cherchant à les éviter, comme lorsque dans les couvents, on fait dire, au lieu de la 17ème lettre de l'alphabet \u201clettre indécente\u201d.Peut-être aussi Dieu ne veut-il point d\u2019une semblable pruderie puisqu'il y a dans les Saints Livres des mots auxquels l'on chercherait en vain des substituts et que dans les \u201cMerry Wives of Windsor\u201d Shakespeare a été impuissant à le faire.\u201c* On ne saurait se soustraire entièrement à une \u201callusion aux nécessités de notre pauvre économie animale\u201d.Il serait absurde par exemple pour exprimer ce que fait le chien 100 fois par jour, d'employer un mot plus recherché, Cependant la femme en parlant de ses enfants a trouvé des mots singulièrement expressifs sans blesser les oreilles : l'enfant est mouillé\u2014il est sale: expression qui peut toujours laisser croire qu\u2019il s\u2019agit seulement d\u2019une saleté de vêtements, de figure\u2014et l'expression \u2018\u2019faire sa toilette, chambre de toilette\u201d a bien sa raison d\u2019être, puisque quand on l'y fait, on élimine du coup tout ce qu'on a de sale.\u201c* Je chancelle, je trébuche, je tombe enfin sans avoir l'air de m'être fait mal\u2014\u201cne paraissez pas vous apercevoir de ma gaucherie\u201d, .\u2018Madame est-elle à la maison?\u2014Oui, monsieur, mais \u201celle est inmontrable (textuel, sa maîtresse lui ayant dit, s\u2019il vient quelqu'un je ne me montre point, vous savez quoi dire).x * a \u201cQue de petits mensonges on est\u201d appelé à, \u201cforcé de dire\u201d, pour ainsi parler.Peut-être dans ce cas doit-on appeler ça des menteries ; et qui sait si ce dernier mot lui-même, n'est pas trop fort.Un individu arrive, il a une faim d'enragé, vous êtes à table\u2014il n'ose vous déranger : merci, j'ai diné, et il faut le dire pour mettre les gens à leur aise.x x \u201cEssence d\u2019une plus longue prière\u201d: \u201cMon Dieu, guidez tous mes sens dans les voies de la droiture\u201d, ajoutez si vous le voulez, ou pour être certain que votre invocation telle que formulée, contient bien tout ce que vous voulez dire ou demander ainsi d'un seul trait: \u201cMes pas pour que je n'aille point au mal ; mes yeux, ma langue, mon ouie, mes mains, pour que je ne les voie point, ne le dise point, ne l\u2019entende point, ne le fasse point ; mon esprit, enfin, pour que je n\u2019y pense point.*.\u201cConversez quelquefois avec vos servantes\u201d, vos domestiques, con- sultez-les même sur certains points qu\u2019ils peuvent être censés savoir mieux que vous\u2014vous les empêcherez ainsi de ressentir aussi vivement, l\u2019infériorité, l\u2019humiliant de leur position.\u2019 Se prévaloir du bruit d\u2019une voiture qui passe, feindre une toux, un éternuement \u201cpour dissimuler un\u201d hoquet, un \u201cbruit désagréable, inévitable\u201d, - 1 6 LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.LES SPORTS DU \u201cCANARD\u201d.APRES LA SAISON La saison de crosse étant terminée, nous pouvons nous permettre quelques considérations sur les principaux événements qui se sont déroulés pendant les courses (trois) du championnat; ou plutét non, parlons, si vous le voulez bien, de l'avenir du jeu national.Du train dont vont les choses (et les joueurs), il n\u2019y aurait rien d'étonnant que les dépêches suivantes nous parviennent pendant les saisons prochaines: Ottawa.\u2014 Joe Gumbble, le joueur d'attaque des Sénateurs, a été remercié de ses services.Quoiqu'il donne un bon coup de poing, il a la ma- choire trop faible.Cornwall.\u2014 Le club local ayant refusé de faire peser ses joueurs à 3 heures, la partie fut accordée au Shamrock par défaut.Toronto.\u2014 La \u201craison\u201d pour laquelle le Tecumseh n\u2019a pas perdu une seule joute depuis le 1er juillet, c'est que le grand chef Charlie (pas Chaplin) a découvert une vraie étoile dans la personne du june Phloof.Il a une belle \u201cshot\u201d de chaque gant?un uppercut capable \u201cd\u2019emplir\u201d n'importe quel adversaire, et il encaisse très bien.Les règles du Marquis de Queensberry, adoptées par la N.L.U,, lui aident aussi beaucoup.Ottawa.\u2014 Le gouvernement fédéral à voté le bill Goof en troisième lecture, aujourd'hui, limitant les parties de crosse à 6 rondes ct à 4 morsures par joueur.Les coups de pieds au visage sont aussi \u201cbarrés\u201d.Club-House du Shamrock.\u2014 Les champions ont protesté la partie de samedi dernier.Devant la Commission de la Boxe, ils jurent que leurs adversaires avaient du plomb dans leurs bâtons, et qu\u2019ils s'étaient fait \u201ceffiler\u201d les dents, et de plus ils portaient des chaussures avec des \u201ccrampons\u201d de 3 pouces.Terrain du National.\u2014 Un examen aux rayons X de la main de Gus.Lavictoire oblige le National à engager un nouveau joueur de défense dans la catégorie des poids moyens.Gus.s\u2019est blessé en rencontrant la tête du gardien des buts dans la rencontre de samedi contre Cornwall., Cornwall, \u2014 Afin d'éviter les actes de cannibalisme des dernières parties, la direction du club a engagé 122 vendeurs de patates frites pour fournir les joueurs.Winnipeg.\u2014 Les \u201cMarteaux\u201d, champions des prairies, sont partis pour Montréal, où ils rencontreront les habitants pour la coupe Minto.Joe Hall, le fameux \u201cchecker\u201d, a perfectionné un nouveau \u201cbody\u201d qu\u2019il expérimentera sur Lalonde, Il se dit certain de démolir Newsy dès le premier quart.Terrain de Maisonneuve.\u2014 Au plus fort de la mélée, les \u201cbuveurs de solcil\u201d passaient à travers la clôture de fils de fer barbelés et envahirent le \u201cno man\u2019s land\u201d, tandis que des tranchées du côté nord, les bouteilles de ginger ale volaient comme une nuée d\u2019oiseaux.Les joueurs sc repliérent en désordre du côté du club-house.Ottawa.\u2014 L'attaque de Gauthier contre Tess Willard, qui agissait comme arbitre, alors que le premier terrassa le second d'un uppercut à la mâchoire, est cause de beaucoup de commentaires de la part des amateurs locaux.JOE VILLA.:0: UN RECORD D'OPTIMISME.\u2014Puisque nous parlons d\u2019optimisme, dit Duval, je vous raconterai une petite histoire amusante à propos de mon ami Dubois.Dans la petite ville qu\u2019il habite, on a organisé une tombola dont le + gros lot est une automobile.Dubois a pris un billet, au prix de cinquante centimes et, en ce moment, il construit un garage.\u2014Pas mal, mais il y a mieux, dit Dupont, cela me rappelle une histoire de Durand.Durand, qui est un pauvre diable, va quelquefois prendre un copieux souper aux huîtres dans un des plus beaux restaurants de la ville.Bien entendu, il n\u2019a pas un sou en poche, mais il compte, chaque fois, pour payer l\u2019addition, sur la perle qu\u2019il pourrait avoir la chance de découvrir dans les huîtres qu\u2019on lui sert.Vol.XL \u2014 No 52.Quelle différence y a-t-il MEDERIC MARTIN, Maire de Montréal ET UNE TOMATE Le \u201cCanard\u201d publiera la semaine prochaine les micilleures réponses que nos lecteurs nous enverront.A LA MAISON BLANCHE.Un de nos confrères américains, faisant allusion aux habitudes strictement ascétiques du président Wilson, qui ne boit jamais que de l\u2019eau, et a banni toute boisson alcoolisée de la Maison Blanche, rapportait cette amusante anecdote.Quelques mois avant la guerre, le prince Henri de Prusse, frère du kaiser, visita Washington et alla offrir ses hommages au président.Celui-ci, désireux de lui manifester sa sympathie en lui montrant qu'il était au fait des usages et traditions allemandes, l'invita, pour le lendemain, à une \u201cfête de bière\u201d, une de ces beuveries germaniques consacrées par la coutume.Le prince accepta : il viendrait donc demain, à la présidence, en compagnie d\u2019une dizaine de Boches triés sur le volet.Le Dr Wilson songea alors qu'il fallait se procurer de la bière: c\u2019était facile.Mais une chose manquait à la Maison Blanche, à savoir ces grands pots de grés qui sont de rigueur dans les franches lippées teutonnes.\u2014Qu'à cela ne tienne, suggéra un secrétaire.Il faut en emprunter dans un hôtel voisin, tenu par un certain Ernest Gerstenberg, qui est Allemand.Ainsi fit-on.Le prince arriva le lendemain, et la réception com- menga.Le prince Henri vida d'abord son verre à larges traits, et le leva pour prononcer un toast.Or, en considérant le fond du pot, il remarqua avec stupeur ces mots qui y étaient gravés: \u201cVolé à Ernest Gerstenberg\u201d.(Moyen de précaution contre les chapardeurs.) \u2018Tous les convives boches en firent autant et regardèrent le président avec surprise, Naturellement, celui-ci fut très amusé par cette découverte ; en termes précis, il expliqua comment ces \u201cgrés\u201d étaient entrés à la Maison Blanche.Et il ajouta, avec un fin sourire, que l'hôtelier boche devait bien connaître ses compatriotes, qui constituaient toute sa clientèle, pour avoir recours à de telles précautions.Et voilà qui mit les rieurs de son côté.HH UN OUBLI.Un Anglais déjeune au restaurant.Son repas fini, il demande I'addition, qu\u2019il paye sans laisser de pourboire.Le garçon qui l\u2019a servi réclame.\u2014Pardon, monsieur, vous oubliez de payer le garçon.\u2014Aoh! Le gâçon?.Mais je n\u2019ai pas mangé du gâçon. Vol.XL \u2014 No 52.LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.7 33) MOTS D'ESPRIT ILLUSTRÉS | & vo 2 Es = \\ = \u2014Nôtre bonne était voleuse, et tu lui donnes un excellent certificat.\u2014\"apas, laisse-moi de i ' j jeune homm d ; .I < scendre, tu as dit l'autre jour qu'un ne 1 e devai oujours céder sa \u2014Oh! mais je ne Veux pas être la seule à avoir place aux dames T y \u2019 i 1 i ) à ! Jan rom vat tow) 27 1 3 i d A en tramway.Je vai ffr cle trompée ! y J so ir la mienne à cette dame.\u2014C'est v ; ire?, an .\u2014Tu es toujours à la dernière mode; où donc t votre nouveau focataire?.le pauvre garçon, il ne pourra même pas nourrir ses punaises.t'hahilles-tu?pos Mais tout simplement dans la chambre à coucher.DOMESTIQUES MODERNES \u2014Vous voulez épouser ma fille, c'est très bien, \u2014C'est vous, Baptiste, qui avez coupé ce journal ?\u2014Avez-vous de bons certificats ?\u2014Oui, monsieur, c\u2019étaient des articles qui émet- \u2014Mon certificat d'études, madame, et méme mon mais quelle est votre situation?Qu'est-ce que vous gagnez \u2014Je gagne à être connu.taient des opinions susceptibles de fausser l'esprit | brevet supérieur ! de monsieur. LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.Vol.XL \u2014 No 52.Le Canard PISSENLITS Dédié à Sévigny Blondin et Al.Le Canard n\u2019est pourtant pas un journal scientifique.Le Canard n\u2019a pas l'habitude d\u2019être trop sérieux.Le Canard croit, cependant, que c'est son devoir (pas celui à Bourassa) de fournir des munitions scientifiques, littéraires ct morales à ses lecteurs afin de développer leurs facultés intellectuelles, Voilà donc la raison d'être de nos articles raison.ables.Aujourd'hui nous parlerons du Pissenlit.C\u2019est, dit-on un sujet de botanique cher à certains ministres indigos.\u201c* ; 11 peut paraître étrange en cette saison, de parler des pissenlits, alors que ces composés ont depuis longtemps semé leurs graines \u2018\u2019à tout vent\u201d.+ Etrange si l'on veut! ils ont encore de l'actualité: il en reste qui sont en fleurs.Tout de en tous points de la même espèce, de la même famille.Les nationalistes ne\u2018disent pas non et les conservateurs disent oui.Quant i moi, je ne jugerais de rien, mais je crois que le pissenlit est un peu comme les chiens.Qu'ils sont heureux les chiens ils pissent dans la rue et la police \u201cn\u2019leu fait rien\u201d (dit la chanson.) Nous avons remarqué des pissenlits un peu partout, ces dernièrs temps de coalition, le long de la route de Montréal à Ottawa,\u2014il en reste qui sont en fleurs, Nous en avons vus aussi dans Québec même, la ville extra dry.Ils sont du même beau jaune de toujours\u2014(comme les orangistes d\u2019Ontario).Et les pissenlits portent des faux-cols verts irlandais.D'où viennent-ils ?Où vont-ils ?Sais pas !\u2014vous ?Mais ils ont l\u2019air en retard, contemporains des arbres roses, rouges, jaunes, etc.Les pissenlits, depuis qu\u2019ils sont, n\u2019ont toujours rencontré que le mépris.Quel beau Beckmann s'avise jamais de se fleurir d'un pissenlit ?Pensez donc, un pissenlit à la boutonnière!.Vous ne voyez pas ça! \u2014Pourquoi ?\u2014Ahl! non! \u2014Pourquoi pas ?\u2014C'\u2019est si laid! \u2014Pas plus laid que la \u201cpensée\u201d à qui vous ne pensez pas.On prétend à Ottawa qu'ils n\u2019ont pas de beauté, qu\u2019ils n'ont aucun parfum.Et cette espèce de violette qui ne sent rien?Vous l'admettez, pourtant ! Les hommes sont drôles! Loin de moi là pensée que je me distingue du commun.\u201cTout le premier, je n'irais jamais me flanquer un pissenlit sur la poitrine\u201d, nous disait un de nos reporters, On est ainsi fait, et c\u2019est bête ! Nous venons de lire les \u201cVisions Gaspésiennes\u201d de Blanche Lamontagne, un petit volume de vers, et le premier de l\u2019auteur.La dernière pièce du recueil a pour titre: \u201cLes Pissenlits\u201d.Mademoiselle Lamontagne, en six tercets, raconte la pauvre vie des pauvres fleurs jaunes.Ils naissent vite, le printemps, \u201cquand la terre est bien chaude\u201d, \u201caprès un peu de pluie\u201d.Dès ce moment commencent la série de leurs malheurs : \u201cet le gai laboureur\u201d, et \u201cla femme qui va, fredonnant sa chanson\u201d, \u201csous leurs pas lourds, les broient.\u201d \u201cNulle main ne les \u201d « cueille\u201d, \u201cleur couleur est bannie des bouquets\u201d.\u201cEt chaque faulx qui vient les prend dans sa moisson.\u201d - Si ce n\u2019était tomber dans le vieux ressassé, nous dirions que la vie des pissenlits est celle des hommes, pleine de souffrances et de pleurs.Mais c\u2019est usé comme Eureka.Oh! si les pissenlits ne se cultivaient qu\u2019en serre et se payaient une petite quinzaine de dollars les douze, tout le monde voudrait en avoir, qui pour son salon, qui pour sa fiancée, qui pour son digne frontispice.RAYMOND.s0: A PROPOS DU PAIN.Impossible, malgré le cabinet de coalition, de nous mettre d'accord sur quoi que ce soit.A divers grands savants, thérapeutes illustres ct princes de la science, cette question a été posée : \u2014Le pain archicomplet que nous mangeons actuellement est-il hygiénique ou dangereux pour l'organisme ?Ces messieurs sont tous d'esprit rassis (comme le pain) ; après réflexion, ils ont donné les avis les plus contradictoires, Premier savant.\u2014 Si ce pain n\u2019existait pas, il faudrait l'inventer.Deuxième savant.\u2014 Tous n\u2019en mourront pas, mais beaucoup en auront la colique.Troisième savant.\u2014 Le pain blanc d\u2019avant-guerre était meilleur.Quatrième savant.\u2014 Si la guerre ne finissait jamais, ce serait \u2014 à cause du pain \u2014 un grand bienfait pour l\u2019estomac des défenseurs du droit et de la civilisation.Allez donc vous y reconnaître! L'un dit blanc, l\u2019autre dit noir, ou, tout au moins, gris foncé.Mais qu\u2019importe, après tout, que le pain archi-complet soit bon ou mauvais pour le petit estomac de M.Huntel ou de Mme \u2019Tl'artempion ?La seule question est celle-ci : \u2014Est-il nécessaire à la défense nationale que nous mangions du pain?Si oui, rien à dire.c\u2019est la guerre! Croyez-vous qu\u2019un éclat d\u2019obus n\u2019est pas plus indigeste encore qu\u2019un éclat de pain de M.Hanna ?Il y a cependant pas mal de gens qui ont digéré ce genre de pain.Ces gaillards-là avaient de l'estomac.Il en faut en temps de guerre.«0: \u201c PLUS DE NEUTRALITE.Pour peu que la guerre dure encore trois ou quatre ans, il n\u2019y aura plus de neutralité possible.La musique de la guerre est si entrainan- te que les plus récalcitrants devront entrer dans la danse.La neutralité est devenue un fardeau.C'était vrai, en tout cas, pour cette jeune personne qui, confessant sa faute, disait à sa mère: \u2014Je l'ai perdue, maman!.\u2026.\u2014Qu'est-ce que tu as perdue, petite malheureuse ?\u2014J'ai perdu.ma neutralité ! Cet euphémisme est assez exact.À partir du moment où nous perdons notre innocence, nous cessons d'être neutres.C'est la guerre, une guerre de positions.Pour les uns, elle dure toute la vie.Les autres se décident, sur le tard, à désarmer.Ce sont les plus sages.~ :0: LA VIE CHÈRE.-Comment, nourrice, mais c\u2019est effrayant de me demander trois cents francs par mois.\u2014Madame sait bien que tout a augmenté, surtout le lait, et de plus Madame est sûre d\u2019en avoir tous les jours. Vol.XL \u2014 No 52, LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.9 Le dompteur Hanna est-il dompté ?\u201c* Jos.Rainville va se sacrifier pour les conservateurs, at A Toronto le maire Church sévit contre les laitiers.A Montréal il y a Médéric.PA Le Dr Dorion de Québec et de l\u2019 \u201cAction Catholique\u201d ne prend pas un coup parce qu\u2019il n\u2019en est pas capable.*.Malgré tous les efforts des tories pour détacher les libéraux de langue anglaise du vieux chef, ceux-ci lui restent fidèles ! Borden n\u2019a pas de chance! * La classe ouvrière, à son récent congrès, s'est de nouveau prononcée contre la mesure de conscription.C'est un avant-goiit de ce qui attend les conservateurs à l'élection prochaine.* x % Méme en cachant les scandales sous les plis du drapeau ct en mettant les vols à l\u2019abri du patriotisme, les bleus ne pourront pas gagner leur élection.\u201c* L'état de service du gouvernement Borden: gaspillage dans les dépenses de guerre, extravagance sans égale, incompétence outrée, vols manifestes ! Quel joli rcord! + * x Il faut \u201cpenser sa parole avant d'exprimer sa pensée\u201d ct, que l\u2019on y fasse attention : on verra que même pour une prière mentale il y a un mouvement de la langue tout imperceptible qu'il soit au premier abord.* Les sauveurs d\u2019empire, comme Flavelle, Graham et Sifton, ont retiré de la guerre ct des titres et des millions.| Il n\u2019est pas étonnant qu\u2019ils traitent de mauvais patriotes ceux qui .s'opposent à ce que leur bonne fortune continue.+ \u201cWin the War!\u201d c\u2019est là la devise des Sifton, Flavelle, MacKenzie et Mann, Atholstan et White.Pourtant ils semblent moins se soucier de gagner la guerre que de la faire durer le plus longtemps possible à leur avantage.* * * C\u2019est le patriotisme qui demeure le faux prétexte de tout le branle- bas gouvernemental des torys.Le patriotisme tory se mesure au bacon de Flavelle, aux chevaux de Sifton, à la baronnie Graham et aux millions du C.N.R.* \u201c * Biffe ou ajoute des noms à ta fantaisie, Borden, il reste encore assez d\u2019honnêtes gens au pays pour te renvoyer exercer ton métier d\u2019avocat peu brillant, dans ta petite ville d\u2019Halifax \u2014 où malgré tous tes efforts, tu cours le risque de ne pas recueillir unc bien grosse majorité ! Z| TURLUPINADES] Malgré toutes ses lois passées dans le but de gagner les élections, Borden a une frousse extraordinaire de faire face à l'électorat! Nous comprenons ça\u2014après s'être moqué du peuple, avoir commis tous les excès, permis tous les vols, Borden a raison de craindre la vindicte populaire.\u201c* Les conditions dans lesquelles se fera la prochaine élection la rendront absolument inconstitutionnelle.Nous avons déjà entendu parler de fraudes dans les élections, mais la prochaine élection sera \u201clégalement\u201d frauduleuse.Tous les moyens sont bons pour les forbans d\u2019Ottawa! \u201c*.L'oeuvre du gouvernement Borden se complète: ne pouvant éviter les élections, il les a préparées de son mieux.Il a fait adopter la conscription, afin de soulever les préjugés ; le bill du C.N.R.afin d'avoir des fonds électoraux ; et le bill de la franchise afin de faire voter ceux qu\u2019il croit favorables à la politique.PR Sous le régime Borden, la province de Québec a été méconnue, dépouillée, honnie, De la représentation a laquelle nous avons droit dans le cabinet fé- \u2018déral, il ne nous reste qu\u2019un titulaire actif, et c\u2019est le déplorable Sévigny.«% x Ni en Australie, ni en Afrique du Sud, ni aux Indes, on n\u2019a jugé déloyaux ceux qui ont préconisé le service volontaire comme le meilleur moyen de participation.Mais le Canada, gouverné par les requins de Toronto, suit une autre politique ; et pour la maintenir, M.Borden et ses amis sont prêts à voler l'élection, en manipulant le vote populaire à son gré.*.Pendant que l\u2019on foule aux pieds les droits populaires les plus sacrés, la maladministration et le gaspillage continuent de régner à Ottawa, Nos finances sont dans un état précaire ; notre crédit s'affaiblit chaque mois ; et s'il n\u2019y a bientôt un changement de régime, nous marchons vers la banqueroute invoquée par M.Meighen dahs un moment d\u2019exaltation jingoiste, * Comme chef du gouvernement autocrate et corrompu d'Ottawa, Robert Borden est responsable de tous les vols au détriment du gouvernement qui ont été commis sous son administration, En vertu de la loi électorale nouvelle, méme les cuisiniers chinois à l'emploi de l\u2019armée, ont droit de vote.Par contre, des citoyens canadiens naturalisés depuis quinze ans, se voient refuser ce même droit! Vantons, après cela, les libertés dont on peut jouir au Canada.\u201c.L\u2019hypocrisic est une fleur qui s\u2019épanouit luxurieusement à Montréal.Les soirées d'opéra que nous avons eues la semaine dernière nous l\u2019ont de nouveau démontré, Nous avons vu là de ces dames décolletées presque jusqu\u2019au nombril d\u2019un côté et pas loin du croupion de l'autre.Et ce qui rend le fait un peu piquant, c'est que, comme l'a crié un loustic qui logeait au paradis, la jeunesse catholique était très bien représentée.\u2014 a A 10 LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.Vol.XL \u2014 No 52.Conte Cinématographique LE THEATRE A NEW-YORK (Du correspondant new-yorkais du \u201cCanard\u201d.) Nous sommes au cinéma.On lit sur l\u2019écran.Il y avait une fois un charbonnier qui vendait du charbon.C'était un honnête Auvergnat qui mettait juste les pierres qu\u2019il fallait dans sa marchandise pour que ses sacs de cinquante kilos pesassent à peu près le poids.Mais la guerre arriva et la pénurie de charbon commença à se faire sentir.Il faisait très froid.Ici une succession de projections représentant des scènes variées.La neige tombe.Des passants emmitouflés se hâtent.Des infortunés grelottent, accroupis devant leur cheminée au fond de laquelle brûle un morceau de bougie.D'autres restent couchés, enfouis sous des édredons.La glace monte en stalactites le long des fontaines.On fit la queue à la porte du charbonnier.L'écran représente des files d'acheteurs munis de récipients divers.Une ménagère avec son filet, une cuisinière avec une bassine, une bonne avec un seau, une dame avec un sac à main, un avocat avec sa serviette, une jeune fille avec un carton, une vieille avec un cabas, un cocher avec son chapeau, etc., etc.Parce que le charbonnier ne donnait que trés peu de charbon 2 Ia fois et pas a tout le monde.Ici, quelques scènes prises sur le vif.Un monsieur, bien poliment, le chapeau à la main, présente au charbonnier une lettre d'introduction.Une dame très chic l\u2019embrasse sur-les deux joues.Une mère de famille pousse vers lui ses deux enfants vêtus de leurs beaux habits; pendant que la petite fille lui offre un bouquet, le petit garçon récite un compliment.Enfin, de nombreux quémandeurs se traînent à ses genoux.Ceux qui avaient le bonheur d\u2019être servis emportaient le précieux combustible.Les uns avec tendresse, film approprié.Les autres avec joie, film approprié.Ou encore avec âpreté, film approprié.Avec respect, film approprié.Avec attendrissement, film approprié.Avec reconnaissance, film approprié.Cependant le charbonnier s\u2019enrichissait, devenait gros et gras.Le film représente le charbonnier devenu gros et gras.L'hiver passa, vint l'été.Le charbonnier, qui n\u2019avait plus rien à faire, passait son temps à dormir en attendant l\u2019hiver suivant.Maintenant qu\u2019on n\u2019avait plus besoin de lui, on le craignait moins, Aussi, quelques acheteurs audacieux étaient-ils venus lui reprocher d\u2019avoir trouvé trop de pierres dans leur charbon, ce à quoi il avait répondu : \u201cFouchtra, que le poids de chon charbon y était et que les pierres, c'était en plushe !\u201d Alors il arriva ceci.Comme les acheteurs étaient honnêtes, ils vinrent lui rapporter ces pierres qui étaient en \u201cplushe\u201d, et comme le charbonnier, dormant toujours, ne leur répondait plus, ils les entassèrent devant sa porte.Cet exemple de probité se gagna.Chacun rapporta les pierres trouvées dans son charbon.Le tas s\u2019éleva bientôt au-dessus de la boutique, gagna le premier étage, puis le second, submergea la maison.On voit sur l\u2019écran la maison disparaître peu à peu sous une avalanche de pierres qui arrivent à former une immense pyramide.Cette pyramide finit par atteindre la hauteur de la grande pyramide d'Egypte.Peut-être que, dans quelques milliers d'années, nos descendants, \u201cMisalliance\u201d, la désopilante comédie de Bernard Shaw que M.William Faversham offre au Broadhurst Theatre, se trouve incontestablement être le gros succès de la saison.I! cest généralement admis que \u201cMisalliance\u201d est la comédie fa plus hilarante que le célèbre auteur dramatique anglais ait jamais écrite.Au Broadhurst elle est d\u2019autant plus pétillante d\u2019esprit et de verve comique qu\u2019elle est interprétée par une excellente troupe.* * *-~ \u201cA Tailor-Made Man\u201d, la comédie de M.Harry James Smith qui entre dans sa sixième semaine au Cohan and Harris Theatre, est destinée à tenir l'affiche pendant toute la saison, si l'on en juge d\u2019après l'enthousiasme du public.* * * On en a suffisamment dit sur le succès de \u201cThe Land of the Free\u201d, qui entre, au 48th Street Theatre, dans sa troisième semaine, pour que le public puisse être certain de la popularité de l'oeuvre de Fannie Hurst et Harriet Ford.: \u201c* Au Comedy Theatre les fameux Washington Square Players entrent dans la quatrième semaine de la comédie bouffe en trois actes de Lawrence Langner, \u201cThe Family Exit\u201d.Nous avons déjà dit que cette pièce est remarquable de verve satirique et de drôleries un peu réalistes, * \u201d * \u201cSaturday to Monday\u201d, la spirituelle comédie de M.William Hurlbut, continue à attirer au Bijou un public considérable.Il faut dire que M.Winthrop Ames ne négligea rien pour faire de cette pièce un gros succès.x * Xk L'étrange comédic de Mlle Claire Kunmor remporte au Hudson un succès légitime.Mlle Billie Burke s\u2019y distingue notamment.Cette excellen- ite artiste est toujours favorite auprès du public et le rôle qu\u2019elle tient dans \u201cThe Rescuing Angel\u201d lui vaut un nouveau succès, x* \u201cTiger Rose\u201d, la puissante comédie de William Mack, que M.David Belasco a si superbement montée au Lyceum Theatre, est si bien interprétée, qu'on oublie en y assistant que c\u2019est un mélodrame qui se déroule sous nos yeux ct qu\u2019on a l'illusion d'être témoins de scènes de la vie réelle.xx Les lecteurs et les amis du \u201cCanard\u201d qui se trouveraient à être à New- York dans la semaine du 12 novembre prochain, sont invités à assister à la grande \u201ctombola\u201d donnée par l'Association Démocratique des Canadiens et Français, au No 423, 47ème Ruc Ouest, où ils seront certains de passer une agréable soirée.\u2018\u201cTombola\u2019\u201d ici a la même signification que \u201cpow-wow\u201d au Canada, On y fumera le calumet de paix pendant que nos ennemis seront scalpés, et le correspondant du \u201cCanard\u201d, qui est le secrétaire-adjoint de cette association, \u201ccilera\u201d les danses.Swing your partner.\u201c* J'ai assisté la semaine dernière à un \u201cBal Primitif\u201d donné par la grande bohème de Washington Square, qui est le Quartier Latin de New-York.Des belles femmes, de beaux costumes très \u201cprimitifs\u201d, des modèles d\u2019ale- tiers très \u201cOhé, ohé\u201d, tout nous faisait rappeler nos belles soirées du Bal Tabarin.Mon compagnon qui était Emiliano Renaud le virtuose bien connu, dont le goût artistique ne peut pas être mis en doute, m'a déclaré que c\u2019était la fête la plus \u201c Boul\u2019 Mich\u201d qu\u2019il ait jamais vue en Amérique.Nous avons été admis sur présentation de mon coupe-file de journaliste et je remercie la direction pour les marques de courtoisie dont nous avons été l'objet pendant la soirée.s\u2019ils font des fouilles archéologiques, découvriront au centre de cet amas de pierres les restes du charbonnier qu\u2019ils prendront pour un Ramsès de notre époque.Ils ne se tromperont guère.En cette année 1917, le charbonnier fut le Roi et\u2018même le Despote tout puissant devant qui chacun dut s\u2019incliner.Elie RELCY. Vol.XL \u2014 No 52, LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.11 EE \u2014 \u2014 \u2014 \u2014_\u2014\u2014\u2014 2 Au Firmament Artistique JA \u2014 ET \u2014\u2014 ; MAES SE | = D S Chez les Amateurs Potins, On-dits, Notes, Nouvelles et.Canards.BING! BANG! BESOUF'! Grande bévue à deux étages et quinze portraits, ler Etage Le décor très nature représente la scène de l'Arcade pendant la répi- tition, Villeraie (estomaqué) Ma mère! Oh! ma mère Jane Roll Dieu d'Israël! Qu'avez-vous ?Villeraie Ma mreë! Oh! ma mère Petit-Jean (accourant) Veni, Vadi.Le malheureux n\u2019a pu digèrer l\u2019anachronisme de Valeur vite un médecin, il devisse son billard.Villeraie (ralant) Je meurs c\u2019est horrible.Hélas quoique bien né Je n\u2019atteins pas Léon, le nombril de Réné (Il casse sa pipe.) (Changement à vue d'oeil par Hervé Tétrault, 23 minutes chronomètre en main.) Le décor représente le Pont de Québec.Roberval (contemplant) Splendide.Merveilleux.\u2018Thibault (bafouillant pour la 1ère fois de sa vie.) Salo.Sale au cou.Sale au sol.non je veux dire Colossal (Ils admirent avec a/lmiration ce chef-d\u2019ocuvre admirable.) La Voix d\u2019Hector (au loin) Youppe youppe sur la rivière Vous ne m'attendez guère 10 minutes d'intermission pour le changement de Descart.#2 * 2iéme Etage I'Ile aux Peanuts (Les deux pécheurs taquinent la barbotte.) .Emile Larose (en bébitte) Pétard de Sorel, de 25 tonnerre, de vieille boites à saucisses de nom chien de queuc en trompette, de vieilles paires de bottines à s\u2019en foutre 200 coups dans le postérieur.Léo Qu'y a-t-il?As-tu pris un loup marin?Emile Larose J'étais en communication avec un achigan, la ligne est coupée.40,000,000 de vieux sapristi, de 36,000 milliasse de vieille carcasse de Kaiser, de bon sang de sale fumier de machin, de croupion de mulatresse (La seine tombe a l'eau .avec le flacon de gin) Enfer et damnation! (11 se donne un coup de pied sur occiput et se trépanne) Changement à longue-vue Les quatre scènes suivantes se passent ou l\u2019on veux ou ailleur.(Les principales scènes extraites de \u201cMa-Tu-Vu\u201d de notre revuiste futuriste Germain.) Le Talent.Qu'on perd Les gaz asphysiants.Comme air Première Scéne a faire.Deuxiéme Scène à venir.Troisième Scène.ux Quatrième Epilogue.qui sera interpréter dans quelques mois, par l\u2019auteur méme en khaki \u201cSomewhere in France\u201d.Portrait Final (Le décor représente le Broadway a New-York.) Mallet (Le bras gauche derrière le dos (à la Bonaparte) l'index de la main droite sur la tempe) J'y suis J'y reste Apothéose (Feu de bengale, spot à l\u2019as.Une pluie de confettis aux couleurs multicolores tombe sur l'artiste pendant que les serpentins l'encercle d'une auréole masjestueuse.) Le rideau baisse faute de négatif.Bonsoir .ALMER x ¥* x Réponse à un lecteur: Non, M.Girardin (Jacques Squire) n\u2019est pas anémique.Il aurait plutôt besoin de pilules päles pour personnes .roses.* x Scheler ne s\u2019en fait pas de.bile.\u201cge } + * * * Filion est un anti, * * * Mme Dione est une éléve de Sarah Bernhardt.* x Les amaeutrs demandent au Canadien de mettre à l\u2019affiche l\u2019Arlésienne de Daudet.HH ELECTRA.Après le grand succès de \u201cFaux Prétexte\u201d et de \u201cGolden Idiot\u201d, 1a direction de l'Electra nous donne ces jours-ci une vue à sensation intitulée: \u201cLe Silence de l'Epousc\u201d, un cinq rouleaux de la Cie Mutual.Cette vue est interprétée par une des plus fortes troupes de cette compagnie et le principal rôle féminin est tenu par Gail Kane.Inutile d'ajouter que ce film est de toute beauté ct sera fort apprécié des connaisseurs qui sont les habitués du théâtre de MM.St-Germain et Mercier.Lundi et mardi, la direction a mis à l'affiche \u2014 pour la première fois à Montréal \u2014 un film épatant intitulé: \u201cEscroqueric Romanesque\u201d, qui ne manquera pas de recueillir les suffrages de tous.C\u2019est Gladys Hulette, l'actrice renommée, qui tiendra le principal rôle.C\u2019est, hâtons-nous d'ajouter, son plus grand ct plus récent triomphe.Voilà cncore une autre série qui commence et la foule continuera à se porter à toutes les représentations de la semaine prochaine, Le prix est de 10 cents, la taxe incluse.Le dimanche, c\u2019est 15 cents (net) comme dans tous les théâtres de première classe. 12 LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.Vol.XL \u2014 No 52.HISTOIRE BETE C'était au printemps, après les grandes élections de l'automne 1911, dans la cave des superbes écuries de Daillargeon naquit de la chatte à Gaspard et du chat à Marie Caspulaire, sur un moelleux lit de fines herbes, réchauffé par un tas de fumier voisin, une famille plus nombreuse que les doigts de la main, plus assortie en couleurs que Madame la Pimbéche de la rue Ste-Catherine, plus maladive qu'une famille de Boches se nourrisant du pain KK.Aussi le père ne manqua pas de faire d\u2019amers reproches à la pauvre mère, qui se dévouait à faire la toilette de ses petits afin de les rendre aussi beaux que possible.Lorsqu'elle entendit la voix courroucée de son cher \u201cMatou\u201d, elle laissa là son ouvrage et se précipitant à quatre pattes à ses pieds, elle le regarda avec des yeux suppliants.\u201cComment, dit le père, tu oses implorer mon pardon, femme de rien, sur une famille de 9 garçons et de 3 filles il y en a dix qui font pitié à voir ; c'est ainsi que tu me payes des nuits sans sommeil que j'ai passées à attendre que ton maitre Gaspard te laisse sortir, des fatigues que je me suis données pour aller avec toi causer d'amour dans les cours de la rue Cadieux.Que de quarts de vidanges on a fouillés ensemble, que de coups de pieds j'ai attrapés pour te sauver du danger, que de fois je t'ai amenée au marché afin de changer ton menu habituel, que de rats j'ai dû partager avec toi pour t\u2019empêcher de mourir de faim, que de fois pendant les jours froids de l\u2019hiver je t'ai réchauffée de mon amour, que de chats j'ai égorgés lorsqu'ils s\u2019approchaient de toi ; c\u2019est parce que je t'aimais que j'ai fait tout cela, c\u2019est parce que je croyais que tu étais l'être qu'il me fallait pour perpétuer ma race.Et, c'est ainsi que tu me récompenses, c\u2019est ainsi que tu sais reconnaître les bontés que j'ai eues pour toi.Ame vile ! que tu n'essaies pas de m\u2019attendrir, je vais t'exterminer avec les tiens jusqu'au dernier.Alors la mère regardant les deux'seuls enfants valides de sa famille: Mousseux et Moussette.Le premier aux poils noirs comme l\u2019ébène, aux beaux grands yeux verts, aux muscles saillants malgré son jeune âge, semblait être tout un rassemblement de force ct de courage, la dernière blanche comme la neige, aux poils longs et soyeux, ah! la jolie petite bête, tout était admirable en elle.La mère était là admirant ses deux chers petits qui à cause de leur beauté semblaient être étrangers aux dix autres décharnés et infirmes.\"Tout à coup clle se souvint des menaces de son mari, alors rassemblant son courage elle saisit ses deux jolis enfants et s'enfuit pendant que le père commençait son oeuvre de mort sur les dix autres, Un an après, une scène non moins pénible se déroulait dans les bas- fonds de la dompe de Verdun.Mousseux ct Moussette pleuraient à chaudes larmes devant la dépouille mortelle de leur mère morte la veille d\u2019une indigestion de moineau.Après l'enterrement auquel ils durent procéder sans aucune aide des étrangers, Mousseux regarda Moussette et lui dit: \u201cComme tu es jolie, comme je t'aime, al! si tu n'étais pas ma, petite soeur, conume je t'épouserais vite, jamais j'en aimerai d'autre autant que toi, pour moi il n\u2019y a plus de bonheur sur la terre, c'est décidé; demain je n\u2019existerai plus, adieu Moussette !\u201d Mais celle-ci le regardant tendrement lui dit: \u201cComment peux-tu me croire si ingrate, tu sais bien qu'il m'est impossible de te survivre, que ferais-je seule sans famille, sans amis, sur la terre?Comme nous avons vécu ensemble, mourrons ensemble\u201d.\u2014 \u2018lu es digne et courageuse\u201d, lui dit son frère, ct ils s\u2019embrassèrent tendrement, Quelques minutes après on eut pu voir ces deux charmants enfants que la fatalité avait découragés, se diriger vers la grève.Après s'être attaché chacun une pierre à la queue, ils se précipitèrent dans le fleuve et le majestueux St-Laurent comptait deux victimes de plus à son effectif, Voici comment moururent les derniers rejetons de cette pauvre famille, - Voilà pourquoi Gaspard et Marie portent un deuil éternel.Comme l\u2019homme qui de sa naissance à sa mort aime toujour, Les chats ont aussi leurs troubles d'amour.l\u2019antaléon CASIMIR.\u2014 CANADIENS ET CANADIENNES Zollaborez au \u201cCanard\u201d.Envoyez-nous des articles, des dessins, des bons mots.Posez-nous des questions! Faites-nous des sugpestions! Le \u201cCanard\u201d est votre journal favori, aidez-nous à le rendre plus intérescant.Tous les articles, dessins, etc, doivent porter les noms et adresse de l'expéditeur.Une enveloppe affranchie et adressée doit «ccompagner \u201chaque envoi.10: EN BOCHIE.\u2014Ça, c'est épatant!.ça sent le gibier dans ta marmite ?\u2014J\u2019pense bien, c'est un moineau au macaroni.:0: L\u2019EXCEPTION.\u2014La bouche des canons, c\u2019est la seule pour laquelle on ne rationne pas la nourriture! \u2014Ah! : .pristi, j'ai oublié mes lunettes, je ne peux pas lire la carte.Qu'est-ce que je prendrais bien?\u2014Monsieur pourrait prendre des lentilles.L\u2014Qu'\u2019il sache que je trichais au jeu, ça se peut bien, mais comment diable a-t-il pu deviner qu\u2019on vient de me flanquer à la porte du cercle? Vol.XL \u2014 No 52.LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.13 Courrier des Trois-Rivières COMME D'HABITUDE AU \u201cCOIN FLAMBANT\u201d Le \u201cCoin Flambant\u201d est très animé de ce temps-ci, on y parle que de conscription, tous les \u201cflambeux\u201d en ont peur comme la peste.Oh!! on a hâte de les voir en action bientôt.Nous donnons iciquelques cas par lesquels plusieurs croient se faire exempter.RICHARD: Lui est prêt à faire pour s'en exempter, même à acheter son tabac au \u2018Coin Flambant\u201d comme provision d'outre-mer.JOS: Lui se préten:! trop pansu pour partir, d'ailleurs il est à _ la tête d'une grosse \u2019bissenesse\u201d (nous les marchands).ARMAND: À notre point de vue, il est trop \u201cRagot\u201d pour être admis dans les forces canadiennes, MEDERIC: Il souffre d'une \u201cFixture\u201d (festule) depuis plusieurs années, Evidemment tu vas y aller pareil mon m.(Jos) JOSE: Les \u201cCore Makers\u201d sont exemptds, FRISE: Moé¢ j'suis trop \u201cBarbotte\u201d j'v vas en yatch.grain, t'cs trop court, tu vas venir avec moé.HEBERT: L™Américain\u201d a plusieurs maladies de marques à son crédit et d'ailleurs il est fait d' \u201cEpices\u201d.; ZEPH: C'est regrettable mais les \u201cLarniques\u201d seront placés au premier rang afin qu'ils puissent mieux voir les Boches.Tit- JULES: (le.pansu) Ne partira pas lui car il est à organiser des parties de \u2018\u2019bananes\u201d.CONRAD: (le Ténor) se propose d'organiser des concerts dans les tranchées, mais il s\u2019est bien promis cette fois-ci de ne pas s\u2019y rendre en \u201cFord\u201d, 3 cause du haut coit de la gasoline.GEORGES : (Le Wayagamack) souffre d'une bronchite de ce temps- ci, il préfère s'enrôler que de souffrir comme ça.Oh! que c\u2019est regrettable ! ! (Corset) s\u2019enrole sous peu (se marie) mais pour l'intérêt national, espérons qu'il sera exempté car cela contribuera au bonheur du futur foyer.TIT LOUP: Lui ça ne le fatigue pas car il joue toujours dans la machine et d'ailleurs il est marié.Notre sympathique \u201c Déric\u201d dit: \u201cJ'irai me faire examiner quand ce sera le temps, el je partirai dans le temps comme dans le temps.La guerre va finir dans trois mois, moé je partirai quand la paix sera conclue.(Membre du \u201ccoin flambant\u201d) Toi, fais ta collection, tu es trop jeune pour partir, une fois dans ta vie, tâche de gagner ton salaire.Moé, j'en profite avant de partir, j'vas à Montreal à l'Opéra, s'il vous plait.Oh! que c\u2019était beau ! ! (le petit) a été à Montréal une journée et le lendemain on le voyait assis sur les bancs de la salle d'attente du Viger à \u201csucer\u201d des oranges en attendant le train.Oh! qu\u2019il faisait pitié! ! LEO: (le gelé) Moi, j'ai mal au pied, j'ai les \u201cFrank Foot\u201d.ANGER: Lui a hâte que tout soit fini, ça ne le fait pas maigrir, \u201c** CHARLIE : ALBERIC: HENRI D.: HENRI G.: JOSEPH : ARMAND: La semaine prochaine, nous donnerons quelques cas d'exemptions qui intéresseront certainement les jeunes gens du \u201cCoin\u201d, nous donnerons aussi une description des différentes *\u2018Binettes\u201d qui se verront au \u201cCoin Flambant\u201d.\u2019 , ECHOS MONDAINS Jeudi dernier, Mademoiselle Alice Bolder, de Montréal était en promenade aux \u2018Trois-Rivières, On organise une grande soirée à l\u2019occasion, de sa visite qui était si inattendue.Ses nombreux amis, lui préparèrent une surprise qui l\u2019a fort intéressée.l\u2019armi les invités on remarqua M.H.R.de La Pointe-du- Lac, qui intéresse beaucoup les invités pas ses jeux comiques; Mademoiselle Bolder en fut tellement éprise qu\u2019avant son départ, elle lui témoigna d'intimes affections (mariage à l'horizon) à la fin de la soirée, on servit aux invités un goûter très bien préparé par les amies de Mademoiselle Bolder.Parmi les méts succulents on remarquait : la créme aux pommes, les bananes farcies, charlotte russe, croquettes bananifiées, pain d'épices, bananes capottées, gâteaux, etc, etc.Les organisateurs de la soirée méritent des félicitations, des nombreux invités, car ceux-ci furent très charmés de leur franche cordialité, *.* Notre ami Conrad Langlois est à organiser un concert qui aura lieu le 25 octobre prochain, lequel nous croyons sera un succès monstre comme celui de l'an dernier., *,* Messieurs Joseph Lamothe et Armand Godin ont passé quelques jours à Montréal, M.Godin, lui, s\u2019est procuré des oranges en quantité, (vous savez pourquoi?) M.Lamothe, lui, est revenu cassé.* Xx * Les rumeurs circulent de ces temps-ci que M.Georges Hébert doit se fiancer, nous le trouvons bien brave, mais tout de même nous lui offrons nos félicitations.LIBRAIRIE FRANÇAISE JULES PONY 374 RUE STE-CATHERINE EST, MONTREAL.Prix des revues et journaux français adressés par poste: Panorama de la Guerre, La Guerre de 1914, par G.Hanotaux, La Guerre du Droit, Je Sais Tout, 27 cents.Lectures pour tous, Ligez-moi, Bleu et Rouge, 17 cents.Annales, Le Miroir, J'ai Vu, Sur le Vif, 8 cents, Jeunesse Illustrée, Les Belles Images, Illustré National, Semaine de Suzette et Petit Journal, 4 cents.La Croix d'Honneur, Cri-cri, Petit Illustré, Intrépide, L\u2019Epatant, 3 cts.Grand choix de romans à 12 cts, 18 cts, 30 cts et 85 cts.Toute commande est payable en donnant l\u2019ordre.LE CANARD Journal Humoristique Hebdomadaire, paraissant tous les dimanches.Publié et imprimé par A.-P.PIGEON, Limitée, aux Nos 105-109, rue Ontario Est, Montréal.Téléphone Bell: Est 1121.Un an (pour le Canada), $2.00; Six mois (pour le Canada), $1.25.Un an (pour les Etats-Unis), $2.50; Six mois (pour les Etats-Unis), $1.50.Strictement payable d'avance.TARIF DES ANNONCES.\u2014Contrat pour un an: 1,000 lignes, sc la ligne; 2,000 ou 3,000 lignes, 3%c la ligne; 4,000 ou 5,000 lignes, 3c la ligne; 10,000 lignes, 2c la ligne., Annonces à court terme: Première insertion, 10c la ligne, insertions subséquentes, 5c la ligne.\u201cLE CANARD\u201d est vendu aux agents 48c la douzaine, payable strictement sur réception du compte.Les numéros non vendus ne sont pas retournables.Adressez toute correspondance ou envoi d'argent.à Montréal, P.Q.\u201cLe Canard\u201d, 14 LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.Vol.XL \u2014 No 52.DANS NOS THEATRES THEATRE NATIONAL FRANÇAIS.C\u2019est avec le plus grand plaisir que nous allons revoir la vaillaute troupe d\u2019opérctte du Théâtre National à partir du lundi 22 octobre; elle nous revient plus brillante ct plus alerte que jamais de Québec où elle a cueilli de gros succès; nous la reverrons.avec joie car certes il n\u2019a pas été donné depuis de nombreuses années à Montréal de voir une troupe aussi homogène; il est vrai que tout est à l'unisson au Théâtre National, artistes, choeurs, orchestre; tout contribue au succès qui a accucilli cette troupe au début de la saison et qui va certainement pour le plus grand plaisir de tous nous distraire à nouveau.La pièce de rentrée est \u201cLe Sire de Vergy\u201d, opérette en 3 actes, musique de Claude Terasse; il n\u2019est pas nécessaire de faire connaître au public ce grand compositeur; le succès de toutes ses opérettes suffit à le classer; le livret est de De Flers ct Caillevet; nous pensons que l'on peut ajouter la même chose pour eux ct s\u2019il existe deux auteurs qui sont sympathiques et qui ont triomphé dans toutes leurs oeuvres, ce sont bien ces deux habiles Parisiens qui ont semé dans le livret du \u201cSire de Vergy\" l'esprit à profusion et y ont dépensé toute la gaieté possible qu'une telle collaboration peut amcner.M.Harmant, le joyeux comique que toute la population montréalaise connaît depuis de nombreuses années fera sa rentrée au Théâtre National dans cette pièce; il revient directement du front; il y a quelques jours seulement et la direction du Théâtre National, soucieuse, malgré la difficulté de recruter des artistes à l'heure actuelle, l'a immédiatement engagé; il va trouver un rôle tout à sa convenance et certes les amateurs de franche gaité vont sc réjouir de son retour.Toute la troupe du Théâtre National au grand complet sera de la distribution; cela nous promet donc une interprétation parfaite du \u201cSire de Vergy\"; c\u2019est unc ocuvre complètement nouvelle et qui par son apparition à Montréal va certainement être accueillie avec la plus grande faveur auprès du public; si nous ajoutons des décors neufs et Unc mise en scène conforme au livret de la création, nous sommes certains que cette pièce va remporter un gros succès pour la troupe d\u2019opérette du Théâtre National lundi prochain.THEATRE CANADIEN-FRANÇAIS.Représentation de l'Alliance Artistique: \u201cPour Vivre Heureux\u201d, comédie en 3 actes par MM.André Rivoire et Yves-Myrande.Voilà une délicieuse, une amusante, une exquisc comédie.La collaboration du délicat poète André Rivoire et du fantaisiste Yves- Myrande, a produit unc oeuvre pleine de finesse et de sentimentalité.Ils ont voulu démontrer que pour vivre heureux il faut vivre caché, c\u2019est-à-dire que l'homme seul est sage et peut vivre heureux qui s\u2019évade de la foule, abandonne toute ambition, coule paisiblement ses jours parmi les champs en compagnie de sa femme qui l'aime selon la nature, \u201cune chaumière et un coeur\u201d, ct cultive avec assiduité son jardin intellectuel, artistique, moral et sentimental.L'ocuvre de MM.Rivoire et Mirande est un conte philosophique et satirique.Ils ne sont pas éloignés de prouver que l'homme est né bon et que la société le déprave au moins lorsqu'il fait de la peinture.Quant à la femme, on ne sait pas.C\u2019est le hasard qui décide tout, ct on y perd souvent son latin.Sombre pessimiste, Yves-Mirande et André Rivoire toutefois l'ont éclairé par la spirituelle fantaisie de leur dialogue.Ils l'ont égayé par le comique macabre de leur intrigue et la fantaisie de leurs personnages.Le sujet de \u201cPour Vivre Heureux\u201d est des plüs amusant; il est inspiré \u2018incidents historiques.Il est arrivé plus d'une fois que la mort d'un personnage notoire fut annoncée prématurément dans les journaux; et ces enterrés par persuasion ont pu se rendre un compte exact de leur valeur comme sujets d'articles nécrologiques.Certains ont peut-être éprouvé de cruelles déceptions.D'autres au contraire ont enregistré une plus-value inespérée.C'est le cas du héros de la nouvelle comédie dont le succès à la création fut étourdissant, Cette pièce charmante oii s'allient des qualités de deux talents si différents sera interprétée par MM.Scheler, Cauvin, Valhubert, Mallet, Pelletier, Godeau, Girardin, Gury, Coutlée, et Mesdames Demons, Robert, Noggi, Thiery, Berthy.La mise en scène nous apportera des surprises surtout par la fraîcheur et son originalité.Enfin, l'oeuvre elle-même sera pour tous les spectateurs un délicieux répit après les pièces fortes et charpentées que nous avons entendues depuis quelques semaines, L'Alliance Artistique va retrouver là les bravos nombreux qui accucillirent \u201cFrère Jacques\u201d il y a quelques semaines.Aujourd'hui, vucs animées de tout premier ordre.A L\u2019ARCADE.Pour satisfaire au désir de centaines de citoyens qui en ont fait la demande, la direction du théâtre Arcade a décidé de donner en représentation la semaine prochaine, \u201cGeneviéve de Brabant\u201d, cette magnifique pièce théâtrale dont la mise en scène est l'oeuvre de M.julien Daoust, notre excellent concitoyen ct artiste.\u201cGencviève de Brabant\u201d a déjà été donné en spectacle dans la métropole ct on se rappelle encore le succès presque sans pré- cédent qui couronna la pièce.À l'Arcade, la semaine prochaine, les artistes, sous I'habile direction de M.Léon Petit-Jcan, se promettent de faire encore mieux si possible.Les décors, qui sont en cours de préparation sous la direction d\u2019un artiste-peintre, scront de toute beauté, de méme que les costumes qui seront les plus beaux que possèdent la maison Ponton.Mille Liliane, dont la réputation comme artiste canadienne-française est fortement établie, prendra le rôle-titre de la pièce.Aujourd'hui, dimanche, l\u2019Arcade offrira un programme des plus attrayants, Il comporte douze numéros de vaudeville amateur, un épisode chacun des séries \u201cLe Sentier de la Bataille\u201d et \u201cLa Bague Fatale\u201d, une des comédies de Chaplin, une vue spéciale en 5 parties de Anita Stewart dans \u201cUn Pari d\u2019Un Million\u201d, du chant par le populaire Oscar Valade, ct enfin, la surprise du propriétaire, M.Desmarteau, qui fait que deux dans la journée 24 personnes s'en retournent chez celles plus riches que lorsqu'elles étaient entrées au théâtre Arcade.THEATRE FAMILY.Ce populaire théâtre marche toujours de succès en succès grâce à l'habile direction de M.Elzéar Daoust, l\u2019administrateur général, et de M.Julien Daoust, le directeur artistique dont l'éloge n'est plus à faire.Ce succès est dû au choix judicieux des spectacles, à l'excellence de la troupe, et, di- sons-le aussi, au confort qui règne partout dans ce théâtre, un des plus beaux et des plus luxueux de Montréal.Le drame qui est à l'affiche la semaine prochaine sera l\u2019un des plus grands succès de la saison, c'est \u201cUne Cause Célèbre\u201d, chef-d'ocuvre de Dennery à qui l\u2019on doit tant de belles pièces, C\u2019est l'histoire d\u2019un innocent injustement accusé ct condamné pour un meurtre qu\u2019un autre a commis.Et pour mettre le comble à cette situation tragique, c\u2019est sur le témoignage de sa propre fille qu'il est condamné.À la fin, l'innocence est reconnue.Au milieu de ces scènes se déroule une idylle d'amour, ct la partie comique n\u2019est pas non plus oubliée.Autour de M.Julien Daoust dans le rôle principal de Jean Renaud, nous aurons l\u2019occasion d\u2019applaudir MM.Darcy, Léo, Dubuisson, Germain, Ed.Daoust, Lefrançois, Leurion, Wilbrod, Mmes Laviolette, Stella d\u2019Albret, Lussicr, Darclès, Ella, Lebrun, etc.De nouveaux et magnifiques décors ont été peints pour la circonstance, aussi de jolis costumes.Aujourd'hui, programme spécial de vues.\u201cThe Girl who could not grow up\u201d avec Margaritta Fisher; Charlic Chaplin, \u201cTwenty minutes of love\u201d; chant par Mme Darclès et M.Germain, ainsi que plusieurs autres vues choisies parmi les plus belles.THEATRE CHANTECLERC, Encore une primeurc la semaine prochaine au Chanteclere avee le splendide drame de Fernand Meynet intitulé: \u201cLes Survivants du Pôle Nord\u201d.Ce grand drame est un véritable chef-d'oeuvre de l'art renfermant les plus hautes envolées dramatiques.En voici une courte analyse: ; Gormiond, explorateur, quitte la France pour le Pôle Nord.Son beau- frère, de Tréval, convoitant sa fortune, de connivence avec le télégraphiste du navire, décide ce dernier à tuer Gormond une fois au Pôle Nord.Nous voici dans les mers glaciales, le télégraphiste veut exécuter son plan infâme, mais au moment où il va frapper Gormond, il tombe lui-même tué par un matclot, Onésime.Cependant le second du navire, craignant la débâcle, lève soudainement l'ancre, et les deux malheureux sont abandonnés sur les glaces.Cinq ans se sont passés; de Tréval s\u2019est emparé de la fortune de son beau-frère.Mais soudain une lettre lui arrive lui annonçait que Gormond a été sauvé ct qu'il sera bientôt de re tour.De Tréval le reçoit sans que personne le sachc, et en profite pour tuer son malheureux beau-frère.Un nommé Gerbault cependant a été témoin de ce crime, mais des circonstan- cs terribles l'empêchent pour l'instant de le dévoiler.En même temps que Gdrmond, Onésime aussi est revenu; il se rend au châtea* de Tréval, ce dernier craignant la découverte de son crime, accuse le matelot de la mort de Gormond.Gerbault voyant qu\u2019un innocent va être condamné, avoue tout malgré les menaces de Tréval.On arrête enfin le misérable, on l'enferme, il tente de s'évader, mais au même moment parait Onésime qui l\u2019étend raide mort à ses pieds.Voilà une faible analyse de ce beaz drame où les effets pathétiques et comiques sont de la plus haute envolée. Vol.XL \u2014 No 52.LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.15 THEATRE ARCADE Coin Ste-Catherine et Maisonneuve.Tél, EST 292.E.DESMARTEAU, Dir.-Prop.LEON PETITJEAN, Dir.-Artistique.T SEMAINE DU te 9 Drame en 5 actes par 22 OCTOBRE 1917 GENEVIEVE DE BRABANT Julien Daoust, L'EXCELLENTE ASTISTE MLLE LILIANE DANS LE ROLE DE \"\u201cGENEVIEVE\", et toute la troupe del'Aroade \u2014 20 Artistes en scéne.DECORS NOUVEAUX\u2014COSTUMES SOMPTUEUX\u2014EFFETS ELECTRIQUES 1 EN PREPARATION t \u201cCARMEN\" DIMANCHE, 21 OCTOBRE\u2014Melle ANITA STEWART dans \u201cA MILLION BID\", magnifique drame en 5 parties.CHARLIE CHAPLIN dans ses comédies.Concours d'amateurs, 12 numéros Après-midi et soir.$100.00 en prix de $10.00, $5.00 et $1.00 distribués I'aprés:mlidi et le soir.OSCAR VALADE dans son répertoire.DIMANCHE, ADMISSION CENERALE 15 CENTS EXAMEN DES YEUX Guérison des yeux sans médicaments, opération, ai douleur.Nos \u201cverres toric\u201d nouveau style \u201cà ordre\u201d, sont antis pour bien \u201cvoir de loin et de près\u201d, tracer, coudre, lire et écrire.Consultez le meilleur de Montréal Le Spécialiste BEAUMIER DE L'INSTITUT D'OPTIQUE 144 Est, rue Ste-Catherine, §3i042%23% Montréal.AVIS.\u2014Cette annonce rapportée vaut 16 sous par dollar sur tout achat en lunetterie.Spécialité Yeux artificiofs.N'achetez Jamais des pediers nl aux magasins Joptachate si vous terie.Séc yeux \u2014 A 1274 St.Denis.Tél, St-Louls 7274 Théâtre Chanteclerc \"hs fees ie\u2019 SEMAINE DU 22 OCTOBRE \u201cLES SURVIVANTS DU POLE NORD\u201d Grand drame en sept tableaux de Fernand Meynet, Monterot ot Dnmaisne.PRINCIPAUX TABLEAUX Un drame sur la banquise Ce bon Casse-Gueule La revanche de la conscience 1, très dr tique, très lque, le chef-d'oeuvre des mélodrames DEVEINE.Le poète.\u2014 Je vivrai toujours méconnu, Le prix du sang L\u2019ami.\u2014 Ne désespère pas: un beau matin, tu te réveilleras célè- L'assassinat Ln lettre inattendue Le justicier bre.Drame Le poète.\u2014 Mais non! J'ai si peu de veine que ce matin-là mon réveille-matin ne fonctionnera pas.\u2014 \u2014 \u2014 THEATRE FAMILLY.pAOUsT mat i Vicc de 610 Siercans Une Cause Célèbre ee D'Ennery 5 actes, M.Jullen Daoust dans Jean Renaud \u2014 Supporté par toute Ia Troupe du Family.Vendredi:Sotrée d'\u2019Amateurs.Dimanche, 21 Oct:Grande représentation de vues et de chant THEATRE THEATRE CANADIEN-FRANÇAIS SUPERIEUR National Français Semaine du 22 Octobre 1917.Unions Unions SEMAINE DU 22 OCTOBRE L'ALLIANCE ARTISTIQUE A l\u2019Imprimerle du \u2018\u201c\u201cBalletin\u2019\u2019 Pour la première fois à Montréal dans on y exécute, à très bref délai, toutes sortes de travaux en mpres- LE SIRE DE VERGY || | POUR YIYRE HEUREUX || Oweréres M cons 7 ouvrières Caude Ferasse, fret de de Fleurs ot Dimanche\u2014Vues Animées.sont SPECIALITE: eu DEBUTS DE M.HARMANT | Ouvrage de Luxe TOUTE LA TROUPE tn SCENE at.: ar ercre eu ® invitées AUSSI A | E [ ECTR A Circulaires, Affiches, Pam- Inoitées = = TOUJOURS UN phlets, Catalogues, Btc.PARC _SOHMER || \"ROGRAMME DE vues NE.: DE TOUT PREMIER CHOIX.vous cherchez de l'originalité.OUVERT TOUS LES DIMANCHES co vis one AXE.venir VENEZ NOUS VOIR venir ° 66 2 2299 Vaudeville ot ws | Le Bulletin [Ç Attractions Heures de bureau.Tél.Est 2418 Dept.des Impressions now ° ® 9a5 Extraordinaires.105-100 Rue ONTARIO Est.DOCTEUR J.-E.BOIVIN voir Angle Ave Hotel-de-Ville.La Bande du Parc.30 Artistes.Chirurgien-Dentiste TELEPHONE EST 1121 3 et 8 Hrs P.M.Admission, 10e.Gradué des Universités de Baltimore et New-York 101 rue ST-DENIS (entre Lagauchetiére et Dorchester) Apprentis Demandés CUNION (-/| LABEL) On demande des Apprentis-Pres- Spécialités : siers à l'Imprimerie A.-P.Pigeon, Li- p : mitée, 109 Ontario Est.S'adresser i Ponts en or el couronnes M.Jos.Allard.: MONTREAL Coa eR : LA LIGNE HINDENBURG.\u2014Alors, votre ligne est brisée, feld-maréchal?.\u2014Hélas| oui, c'est pas de veine, au moment de l'ouverture de la pêche! Vol.XL \u2014 No 52 16 LE CANARD, Montréal, 21 Octobre 1917.hes S + NS N N A 0 S N ANN Jo f / te \u2018 = ) \\ N \\ N ui 1 J) 3 \\ \\ S = ne) =, Z A [F/ \u2014 \u201cAl DV ZW \\ = LE 2 CE = Cd \u2014\u2014 = Za Z x: | AE until A L\u2019HOTEL DE VILLE = \u2014 NER Nn \u2014\u2014\u2014 Zi PE REAL eV DE \\ = = 3 pe an | | | => Pow, | - = - = = pe) (Coy , => \"ans \u2014 \u2014 a_\u2014_\u2014 - anand = \u2014 > 2 RL Le Bureau de Contrôle est à la recherche de ses défenseurs.\u201d~ "]
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