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Titre :
Le Canard : journal humoristique
Journal hebdomadaire humoristique et satirique qui a connu un vif succès en son temps. [...]

Le premier numéro de ce journal fondé par Hector Berthelot - qui en est aussi le principal rédacteur - paraît le 6 octobre 1877. Le succès est immédiat, comme en témoigne le tirage, qui passe du simple au décuple au cours des deux premiers mois. Berthelot n'est pas précisément un néophyte : il a été auparavant collaborateur à La Scie de Québec, une feuille humoristique, et reporter au Bien public de Montréal avant de passer à La Minerve, qu'il quitte en 1878, Le Canard lui demandant trop de travail.

Cet hebdomadaire humoristique changera plusieurs fois de titre. En août 1879, Berthelot cède son journal à Honoré Beaugrand pour fonder, le 23, Le Vrai Canard. Il le remplace, le 12 novembre 1881, par Le Grognard afin que le public ne confonde plus Le Vrai Canard et Le Canard, qui ne cesse de publier des âneries et des insultes qu'on ne manque pas, à son grand déplaisir, de lui attribuer. Des difficultés financières le forcent toutefois à se départir de son journal le 8 mars 1884. Le 25 septembre 1886, Le Violon est rebaptisé Le Grognard.

Quant au Canard, que Ladébauche (un personnage inventé par Berthelot) a popularisé, il continue son chemin avec son nouveau propriétaire, Honoré Beaugrand.

En 1888, Le Violon disparaît pour faire place à Passepartout jusqu'en 1893. En 1893, Berthelot reprend Le Canard, qui a cessé sa publication depuis le 24 septembre 1887. Le petit journal revient au titre premier, Le Canard, avec A.-P. Pigeon comme administrateur.

Le journal contient des textes et des chroniques féroces de satire politique, ainsi que des caricatures, des dessins humoristiques et des bandes dessinées, légendées pour la plupart, sous la plume de Berthelot lui-même ou sous celle d'Henri Julien (qui signe parfois Octavo ou Crincrin), d'Albert-Samuel Brodeur ou d'Arthur Racey.

En dépit de sa disparition en 1936, Le Canard ne cesse de fasciner les éditeurs. À preuve, ces trois tentatives de le relancer : une première a lieu le 21 septembre 1957 et indique une 85e année d'existence; une seconde, en date de mai 1973, fait mention de 96 ans d'existence et affiche l'épithète « québécois »; une dernière et éphémère reprise a lieu en 1976.

À noter que cet hebdomadaire est l'un des premiers journaux humoristiques à se doter d'une presse à vapeur et à publier des illustrations en couleur.

Il était tiré à 500 exemplaires en octobre 1877, à 10 000 en décembre 1877, à 15 000 en mars 1879, à 8 500 en 1910 et à 45 000 en 1933.

Principaux collaborateurs : Hector Berthelot, Henri Julien, Arthur Racey et Albert-Samuel Brodeur.

Sources

« Les journaux satiriques du XIXe siècle », Bibliothèque et Archives Canada,

http://www.collectionscanada.gc.ca/comics/027002-7100-f.html.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1975, vol. 2, p. 257-259.

BOIVIN, Aurélien, « Berthelot, Hector », Dictionnaire biographique du Canada,

[en ligne]

TASSÉ, Henriette, La vie humoristique d'Hector Berthelot, Montréal, Éditions Albert Lévesque, 1934, p. 51-62.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1893-
Contenu spécifique :
dimanche 16 décembre 1917
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Passepartout (Sorel, Québec)
  • Successeur :
  • Canard québécois
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Références

Le Canard : journal humoristique, 1917-12-16, Collections de BAnQ.

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[" Vol.XLI \u2014 No 7.oe MONTREAL, 16 DECEMBRE 1917._ Cinq Centins | Humoristique \u2014 Satirique \u2014 Politique \u2014 Littéraire \u2014 Illustré \u201cLe vrai peut quelquefois n'être pas vrai sans blague \u201d \u2014 BOISL\u2019EAU.Rédigé en Collaboration.Administration: 105 à 109 rue Ontario Est.NERON - BORDEN (2 9, \u201c iy A LES ( Ve A 22) | BAN ro GD ) MIE TL OT 1x Allons, conscrits, avant de partir pour la gloire, votez pour la mienne. 2 LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.Vol.XLI \u2014 No 7.UN CONTE PAR SEMAINE UN SOIR Une seule fampe, avec un abat-jour épais, éclairait le salon où, chaque soir, depuis vingt ans bientôt, M.de Lambret faisait la partie de Mme d\u2019Arrens.Etant très vieux, ils n\u2019avaient besoin, ni de grande lumière pour sc voir, ni de paroles pour évoquer leurs souvenirs.Un mot, souvent venu au même instant à leur pensée ou sur leurs lèvres, faisait revivre toute une époque; un meuble, sur qui leurs regards se posaient, éveillait une histoire d'autrefois qu\u2019achevait de raconter le silence; et comme si quelque accord tacite les eût unis, jamais l\u2019'Un ne demandait à l'autre: \u201cA quoi pensez-vous?\u201d Le présent n'ayant plus de charmes, l'avenir leur étant mesuré, ils pro- mensient leur mémoire fidèle dans le passé.M.de Lambret, qui avait été marin, parlait de ses lointaines aventures, des semaines vécues entre le cicl et l\u2019eau, des pays où l\u2019on traîne, parmi l\u2019ardeur des soleils éclatants ou la grisaille des ciels de neige, la nostalgie du petit solcil et des petites neiges de chez soi.D'innombrables pagodes, des temples roses ct dorés, des meubles où la nacre emprisonne l'arc-en-ciel, des dieux étranges, de bronze, d'or et d'ivoire, des murs de papier, des sié- ges de Lambou hantaient ses récits.Pourtant, de ses innombrables voyages, il n'avait rien rapporté; sa maison retrouvée, après sa retraite ct la mort de ses parents, était demeurée telle qu\u2019au jour de son enfance; il accrochait sa canne où il accrochait jadis son cerceau; le pas de sa servante glissait sur le tapis où, tout petit, il sc traînait le long des jupes de sa mère.Chez Mme d'Arrens, non plus, rien ne s'était modifié.Avcc une grâce vicillotte, elle s'asseyait dans les fauteuils où sa grâce de jeunc fille s'était plus.Autour d'eux, la vie semblait s'être arrêtée, et très vieux ils goûtaient la douceur de ce calme et de leur amitié discrète, En voyant la fenêtre de Mme d'Arreus éclairée, les gens de la ville disaient: \u2014Les amoureux sont là.- Ils n\u2019ignoraient point qu'on parlait ainsi, mais feignaient de n\u2019en rien savoir car, si tendre que fut leur intimité, une gén~ un peu mystéricuse y flottait, et quand, sur le coup de onze heures, ayant rangé les jeux et enfermé les marques, M.dc Lambret s\u2019en allait par les rues désertes, malgré lc tendre sourire de l'au-revoir et la caresse du baise-main, il se retournait parfois, avec la tentation de revenir sur ses pas, de dire d'autres mots ou d\u2019entendre une phrase que lui-même n\u2019osait jamais prononcer.Cependant que Mme d\u2019Arrens, suivant son ombre entre les rideaux écartés, se souvenait de tant de soirs où jadis clle l'avait regardé partir ainsi, du temps qu\u2019ils étaient jeunes, et qu\u2019elle attendait, elle aussi, la petite phrase qui porte en elle tout le destin.Alors, elle se déshabillait lentement, et, comparant dans le miroir sa figure fanée, ses épaules fragiles, ses bras jaunis et ses mains un peu défor- inées au pastel qui, près du lit, répétait l'histoire de ses vingt ans, elle son- gcait qu'il cût fait bon vivre à deux côte à côte, et traverser les mains unies ce long chemin.Ils s\u2019étaient aimés, elle en était sûre, ils s\u2019aimaient encore, elle n\u2019en doutait pas.Mais, entre ces deux amours, quel nuage avait passé?Pourquoi, lorsqu'ils étaient riches de tant d'avenir, ne lui avait-il pas dit: \u201cSoyez ma femme\u201d?Pourquoi était-il parti au loin, sans un aveu?Et pourquoi elle-même, à son premier retour, n\u2019avait-elle pas su, par timidité peut-être, ct peut-être aussi par orgucil, l'obliger à parler?Ses idées sur ce point n'avaient pas varié; une femme était passée entre eux, et l\u2019ombre de ce semblant d'amour avait voilé leur amour véritable, un moment.Ensuite, lui n'avait plus osé reparaître; elle n'avait pas voulu pardonner, et la tristesse de leurs existences venait de cc roman sans lendemain.Elle songeait à tout cela cn se glissant dans son lit solitaire; elle y songeait aussi en regardant, à lu dérobée, son vicil ami poser ses cartes ou tisonner le feu, ou lire de sa voix encore belle les journaux de Paris, ou les pages d'un roman préféré.Or, un soir, parce qu'il pleuvait, parce que les premiers jours d'automne mettaient une langueur sur la ville, parce que le bois humide chantait, ou simplement parce qu\u2019elle était envahie par trop de souvenirs, Mme d\u2019Arrens, ayant écouté d'une oreille distraite les nouvelles du jour, releva ses cartes sans hâte et par deux fois se trompa en annonçant un cent d'as.M.de Lambret lui en adressa poliment la remarque; elle assura que la lampe éclairait mal et qu'elle avait froid.11 proposa d'interrompre le jeu et de se rapprocher de la flamme.Elle accepta, et penchés vers les büches ils se regardèrent en silence.Dix heures sonnèrent; il fit un mouvement pour se lever.Elle dit: \u2014Pas encore, Tenez, puisque les cartes ne m'amusent pas aujourd'hui, lisons.Prenez un livre, voulez-vous?\u2014Lequel?.\u2014N\u2019importc.Un vieux livre, Lien oublié, un ami délaissé.ils ont du Lon, parfois.Cherchez dans la bibliothèque, tout en haut.Parmi ceux que j'aimais quand j'étais jeune.au hasard.H en prit un dont la reliure sentait le vieux papier, les fleurs sèches et Int le titre: \u201cLa petite Dorrit\u201d, de Dickens.\u2014C'\u2019est drôle! Ce livre, je vous 'avais prêté, je me souviens! sourit Mme d'Arrens.Il inclina la tête, mais commie il s'upprétait à tourner la couverture, le livre s'ouvrit de lui-même et une enveloppe apparut entre les pages, une enveloppe jaunie qui portait ces seuls mots: \u2018\u201cMarie-Rose\u201d.M.de Lambret hésita imperceptiblement: \u2014Ehi bien, mon ami?Eh bien?.dit Mme d'Arrens.T1 lui tendit la lettre et murmura: \u2014Cce que je trouve.Elle la prit, lut la suscription et réfléchit : \u2014Qu\u2019est-ce que c\u2019est?.Qu'\u2019est-ce que cela peut bien être?.Il gurdait le livre sur ses genoux sans parler.Elle ouvrit l'enveloppe, amusée de ce retour vers le passé, puis son sourire trembla, elle pencha le papier sous la lampe et lut d'une voix faible et qui semblait venir d'aussi loin que les mots: \u201c10 novembre 1865.Je m'embarque demain; mais avant de partir je veux vous dire que je vous aime., Jean de Lambret,\u201d Elle balbutia: \u201cOh! mon Dicu!., Oh! mon Dicul.I dit: \u2014Vous ne l'aviez donc pas trouvée?\u2014Jamais.murmura-t-clle.I1 reprit sa lettre et pleura; clle, penchiée sur lui répétait; \u2014Si j'avais sul.Si j'avais sul.MAURICE LEVEL.«0: LE PETIT SINGE AU VICTROLA, Choisissant dans la députation l'ame de valet la plus servile coiffée d'une belle tête de linotte, ils ont cnivré d'honneurs le triste sire et l'ont hissé aux postes les plus élevés où trébuchent si vite les médiocrités.En deux temps ct trois mesures, l'ilote fut affolé à souhait, au gré des impressarios.Et aujourd'hui quand les fanatiques reprennent en choeur la marotte de 1 race inférieure, ils montrent du doigt la belle tête: \u2014Voyez, disent-ils, ce pantin qui danse sur toutes les cordes, qui prête le flanc sur toutes les questions, qui n\u2019ouvre la bouche aux Communes que pour dire des sornettes avec une solennelle crânerie: Vous avez là une idée adéquate du dégénéré de Québec! \u2014C'était, vous le comprendrez, assez humiliant pour notre race, mais on a voulu y ajouter.Poussant le burlesque jusqu\u2019à la cruauté, on a monté le petit coup des meubles et on a fait danser le petit singe canayen aux accords du Victrola! UN DES ORATEURS DE ST-ANSELME. Vol.XLI \u2014 No 7.LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.3 NOUVELLE COLERE HENRL\u2014Dire, que je suis obligé de conseiller & mes gens de voter pour lui.LADÉBAUCHE.\u2014Ça t'en bouche.hein ?A DRUMMONDVILLE CE QUI SE PASSE \u201cLE SOIR\", Jos.s\u2019fait aider par l'pctit gas de Jos.pour arroser son patinoir.**.Vincent a hâte au 8 janvier pour mettre son habillemen: neuf! * * * Norbert a \u201cvice-présidé\u201d l'exemption de Blanchard.* + = Le dentiste a deux coqs sur lc coeur.» \"BE Robert siège à la Cour de Circuit de 10 lieures am.i 4 heures p.m.et de 8 heures à minuit il fait la \u201ccour\u201d au 4éme rang.* * * Sévère balance, mais il lui faut du fromage.* * * Il est dans l'intérêt national que Paul fasse du beurre et pis c'est cn même temps un moyen d'existence.* \u201c+.Au Cercle, J.Albert pourrait bien fermer sa g.le quand l'heure du concours est arrivée.La saison d'embouteillage de liqueurs douces étant finic, Chs-Edouard s\u2019en va travailler de nuit à la poudrière.FOURRE PARTOUT.:0: \u201cCONSTANT\u201d.Un correspondant qui signe \u201cConstant\u201d nous envoic un compte-rendu spécial de \u201cpar chez cux\u201d, mais comme il oublie de nous faire connaître son identité nous ne pouvons publier son manuscrit, vu la règle invariable adoptée par tous les journaux de ne point publier les écrits d'auteurs inconnus.Si \u201cConstant\u201d veut bien enlever son masque, nous publierons son communiqué dans notre prochain numéro.10: EN RETARD.Les protestants canonisent facilement tous leurs morts.A la mort d'un grand personnage, la famille fit tracer sur la porte de la maison mortuaire un avis de décès ainsi conçu: \u201cSir Spurgeon cst parti pour le ciel ce matin à onze heurcs\u201d.Un malin écrivit au-dessous: \u201cQuatre heures du soir; Spurgeon pas encore arrivé, Saint Pierre très inquiet\u201d.10: MARI HABILE.\u2014Ta femme casse-t-elle encore beaucoup de vaisselle?\u2014Elle n\u2019en casse presque plus; j'ai appris à la saisir au vol. 4 LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.Vol; XLI\u2014 No 7.\u2014\u2014 LES MYSTERES DE MONTREAL Roman de Mœurs \u2014 Par feu Hector Berthelot, fondateur du \u201cCanard\u201d Enregistré conformément à l\u2019acte du Parlement du Canada, en décembre, mil huit cent quatre-vingt dix-huit, par A.-P.Pigeon, au bureau du Ministre de l'Agriculture, à Ottawa.(Suite) ., VUE A dix heures moins cing, Cléophas entendit les bottes ferrées d'une dizaine de policemen résonnant sur les dalles du passage extérieur.l'homme de réserve ouvrit avec fracas la porte grillée qui fermait l'entrée de la chambre des cellules pendant que le sergent Dreyfus disposait ses hommes en une double haie, depuis l\u2019entrée cles cellules jusqu\u2019à la porte de la Cour du Recorder.Le sergent cria: \u2018Tout le monde est sur le pont, all aboard! Lafleur, faites-les avancer, Les dames les premières.Le défilé commença.Deux ou trois vicilles Irlandaises en hail- luns, trois ou quatre vagabondes formèrent la première partie.Le contingent des hommes était beaucoup plus considérable.Il y en avait de toutes les nationalités.La plupart étaient sales et dépénaillés, portant sur leurs figures l\u2019empreinte des vices qui les avaient conduits devant le magistrat.Plusieurs d\u2019entr\u2019eux étaient de vieilles connaissances du recorder et saluaient avec familiarité les constables formant la haie.Les prisonniers furent placés sous la garde d'un policeman daus une petite chambre attenante à la salle dès séances de la Cour.Ts n'avaient que trois ou quatre pas à faire pour se trouver sur la sellette des accusés.: En entrant dans le dépôt deg prisonniers, Cléophas fut tout étonné d\u2019y rencontrer son rival Bénoni.Celui-ci était son voisin sur le banc des accusés.\u2014Comment! vous êtes ici! dit Cléophas.\u2014Beau dommage! J'ai été pincé pendant le déjeuner.être \u201cmine\u201d pour agir en déformeur comme vous avez fait.\u2014Vous avez menti! \u2014Vous avez senti! Ici le constable de garde crut qu\u2019il était temps d'intervenir.\u2014 Silence vous autres! Si je vous entends dire encore un mot, je donne ma déposition et vous en aurez pour six mois.Les deux ennemis se tournèrent le dos ct ne desserrèrent pas les dents.A dix heures juste une voix sonore retentit dans l\u2019enceinte de la Cour et fut entendue par les prisonniers.Faut L\u2019huissier.C'était l'huissier audiencier de la Cour, le sergent Nelson, qui criait: \u201cHats off!\u201d \\ Son Honneur venait de prendre son siège avec la liste des prisonniers.M.Ibottson, le greffier, était à son poste avec les clossiers des accusés, .Le sergent St-Pierre, assis près de la boite aux témoins, devait enregistrer pour la police les condammations ou les acquittements prononcés par le tribunal.Les avocats en petite tenue et les reporters des grands journaux écrivaient sur une table placée au-dessous du siège du greffier.Cinq ou six prisonniers accusés d'ivresse simple subirent leur pro- tès d\u2019une manière extra-sommiaire et furent condamnés à $1 ou huit jours.1] était dix heures et demie.Le recorder d'une voix olympienne appela Cléophas Plouf et Dénoni Vaillancourt, Le recorder d'une voix olympienne.Les deux prisonniers se levèrent et furent conduits devant la Cour.Les accusés s\u2019arrétèrent devant une portière haute de quatre pieds ct fermée à clé.C\u2019était là où ils devaient se tenir pendant le procès.Un policeman était placé à côté d'eux pour les empêcher de commettre des inconvenances devant le tribunal, Le recorder prit la parole : Vous êtes accusés tous deux de vous être battus.Que plaidez-vous à cela?Coupable ou non coupable ?Bénoni \u2014 Vous dites que j'étais saoûl! C\u2019est pas le cas! Cléophas \u2014 Moi, saoûl, pas la torrieuse de miette ! Le Recorder \u2014 Etes-vous coupables ou non coupables ?Cléophas \u2014 Pas coupable comme de juste.Bénoni \u2014 Pas coupable itou.Le Greffier \u2014 Constables parlant le français, approchez pour vous faire assermenter.Une dizaine de policemen se levérent et s'approchèrent de la boite aux témoins.Le sergent St-Pierre leur tendit la bible.Chacun mit la main droite dessus.Ie groupe ressemblait alors à une roue dont le livre notr semblait être le moyeu.L'assermentation des constables se fait en gros.La formule du serment est récitée une fois par le greffier et chacun baise la bible à tour de rôle.Le greffier appela le premier témoin le constable Bellebobine.| Les yeux de Cléophas étaient fixés sur les malcommodes qui pre- laient serments lorsqu\u2019il lui monta au nez une forte odeur de vieille tonne.C'était I'avocat Jules Piton qui venait lui dire quelques mots: Mets ma Vol.XLI \u2014 No 7.LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.5 \u2014Soyez sans crainte, Votre femme, Monsieur Sansfaçon, Madame Sansfaçon et sa fille.Avez-vous d'autre chose à me communiquer avant que le procès aille plus loin ?\u2014Non, L'avocat alla reprendre son siège et se mit à crayonner quelques notes sur un carnet gras qu\u2019il venait de tirer de sa poche.Cléophas se tourna du côté ces spectateurs et se mordit la lèvre en songeant à la piteuse mine qu'il devait avoir devant sa bien-aiméc.Le constable Bellebôbine commença sa déposition : Votre Honneur, vers quatre heures ce matin, j'étais sur mon quart, dans la rue Visitation, près de la rue Sherbrooke.J\u2019entendis du train dans une ruelle.J'arrivai et je vis les deux prisonniers qui se battaient.J'ai réussi à poigner Cléophas Plouf, mais l'autre m'échappa.Comme je le connaissais bien, j'ai pris un warrant cc matin et j'ai été l'arrêter chez lui.Cléophas a résisté tant qu'il a pu et j'ai eu mille misères à le conduire à la station.Les prisonniers étaient tous deux ivres.Vaillancourt est bien connu de la police.il passe son temps à lofer autour des marchés ou dans le Jardin Viger.Quant à l\u2019autre prisonnier, c'est ä première fois que je le vois.~ .Piton se leva et conupenga a transquestionner le témoin.Domaine jurez-vous positivement que le prisonnier était ivre lorsque vous l'avez arrêté?\u2014Oui, je le jure.Il avait de la peine à marcher.\u2014N'était-ce pas à cause (es coups qu\u2019il avait reçus dans la bataille?\u2014Non, c'était pas ça.\u2014Vous pouvez vous retirer.\u2014Votre Honneur je prouverai le contraire dans ma défense.Le sergent de la station de la rue Ontario donna sa déposition.Il dit qu'il pensait que le prisonnier Cléophas était tue peu en boisson.M.Piton appela alors les témoins de la défense, Le premier qui entra dans la boîte fut le père Sansfaçon.Il déposa comme suit : \u2014Je m'appelle de Salles Sansfaçon, je suis charretier.Mon stand est au coin de la rue St-Paul et Bonsecours.Je connais les deux prisonniers.Bénoni Vaillancourt n\u2019était pas saoûl ce matin.Je ne puis pas dire qu\u2019il est de la tempérance.Je sais qu\u2019il ne crache pas dedans.Lors du feu chez moi, il n\u2019avait rien pris.Bénoni qui n'avait pas d'avocat cru qu'il était temps de poser une question au témoin.\u2014Dites donc, monsieur Sansfaçon, est-ce que je suis un lôfeur, comme a dit l'homme de police?Le recorder \u2014 Taisez-vous, vous n'avez pas le droit de parler.Scholastique entra à son tour dans la boîte aux témoins.Elle dit : Je m'appelle Scholastique Beauparlant.Je suis la femme du prisonnier, monsieur Cléophas Plouf.Un cri déchirant, parti du banc des témoins, jeta l\u2019émoi dans la Cour, et interrompit les procédés de la justice.Ursule, en apprenant que Cléophas, son sauveur, était marié, venait de tomber en syncope.Le sergent Nelson courut vers elle.I! détacha les gorgettes de son chapeau et se mit à lui taper dans lu paume des mains, tout en disant à un constable de courir chercher un verre d\u2019eau dans le bureau du greffier.Lorsque le désordre, causé par l\u2019évanouissement d'Ursule fut calmé, Son Honneur, après avoir ouï le plaidoyer de M.Piton, prit la parole: \u2014Prisonniers, dit-il, ce n'est pas la première fois que vous pa- - raissez devant la Cour.Vous, Cléophas Plouf, vous méritez une sentence sévère.Il y a qu\u2019un autre animal dans la ville qui se met dans le même état où vous avez été trouvé la nuit dernière, ça c\u2019est un cochon.Pendant que vous étiez ivre vous avez troublé la paix en vous battant avec votre ami.Je vous condamne à $5 ou un mois.Emmenez-les.Les deux prisonniers furent reconduits dans la chambre d\u2019attente.La sentence qui venait de les frapper avait opére un rapprochement entre les deux ennemis.Ils causèrent ensemble du résultat de leur procès.Bénoni prit la parole le premier.Le vieux a été dur pour nous autres, 11 me semble qu'il aurait pu nous donner $1 ou huit jours.- \u2014C\u2019est ce maudit constable qui a juré trop fort.mets la main sur Bellebôbine, je lui casse le troufignon.\u2014On descend tout de même chez Payette.On n\u2019a pas c'te tôle.\u2014Fais en pas de cas.\u2014C\u2019est le skelly que je trouve pas ragoûtant.Casser de la pierre il parait que ça force pas.La conversation des deux condamnés fut interrompue p ar l'entrée du sergent Dreyfus, qui appela Cléophas Plouf.Avancez par ici, Plouf, votre femme va payer votre amende.Cléophas suivit l'officier qui le conduisit devant le comptoir dans le greffe du Recorder.Scholastique était là.Elle venait de payer l\u2019amende de son époux perfide.Le greffier lui avait donner un reçu qui lui permettait de- faire remettre son mari en liberté.Scholastique se tourna et en voyant Cléophas : \u2014Tiens, c\u2019est toi! Eh visage d'homme sans coeur! J'ai payé ton amende.Que vas-tu faire à présent?Je suppose que tu vas continuer à lôfer.\u2014Scholastique, répondit Cléophas touché par la générosité de sa femme.Scholastique, je vois que je me suis mal conduit .Scholastique, je t\u2019écouterai.Je travaillerai à n'importe quoi pour faire vivre notre famille.Je te I'assure, ma grande conscience du bon Dieu! \u2014Je t'ai pardonné encore une fois, Cléophas.Tu vas venir rester avec ta famille.J'ai loué une maison dans la rue Campeau et je gagne Si jamais je L'homme au chapeau de castor gris.déjà assez d'argent pour faire vivre nos huit enfants.je vas en journée et je lave pour plusieurs maisons de la rue Sainte-Catherine.Hourra, viens-tu?J'ai hâte d'arriver, les enfants sont à la maison.Les deux époux réconciliiés se dirigeaient vers la porte du greffe lorsqu\u2019ils virent sur un banc une jeune fille voilé qui poussa un soupir ct s\u2019exclama : \u2014O Cléophas! ' Scholastique pâlit et se mordit la lèvre.Cléophas eut une espèce d\u2019éblouissement et dut appuyer une main sur le comptoir pour ne pas tomber.C'était Ursule qui disait un dernier adieu à son sauveur.Elle releva son voile et laissa voir à Scholastique les ravages hor- 6 LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.ribles de la picotte sur sa figure.Scholastique en la voyant serra le bras de son époux et lui souffla à l\u2019oreille : \u2014Viens, mon ami, si tu m'aimes réellement, tu ne parleras jamais à cette peau-là.Cléophas maîtrisa son émotion du mieux qu\u2019il put.Il tourna le dos à Ursule et sortit du soubassement de l'Hôtel-de-Ville au moment où les prisonniers montaient dans la voiture de la Corporation pour se rendre à l'Hôtel Payette.Scholastique et Cléophas se rendirent dans leur logement sur la rue Campeau.Cléophas reprit courage et se mit en quête d\u2019ouvrage.N alla trouver l\u2019échevin Thibault qui lui fit obtenir de l\u2019emploi temporaire dans le bureau de santé.Fin du prologue * xk ABREGE DU PROLOGUE Avant de nouer l'intrigue principale de notre roman, nous donnons aujourd\u2019hui à nos lecteurs un sommaire des principaux événe- ments du prologue.Bénoni, un jeune cordonnier du faubourg Québec, est amoureux dr Mademoiselle Ursule Sansfaçon, fille d\u2019un vieux charretier de la stand de la rue St-Paul, prs de l\u2019église Bonsccours, Il a un rival dans la personne de Cléophas, un conducteur de petits chars.Celui-ci voit ses hommages repoussés par Ursule qui aime le cordonnier d'amour tendre.Le démon de la jalousie s'empare du coeur de Cléophas qui fait de vains efforts pour supplanter son odieux rival.L'amour de Bénoni subit une épreuve des plus cruelle ; son amante est frappée de la petite vérole.Malgré les soins du plus savant médecin de Montréal, la pauvre jeune fille est défigurée par les ravages de I'horrible maladie.Un grain de picotte se développe dans l\u2019oeil d\u2019Ursule et elle reste borgne pour le restant de ses jours.L'amour de Bénoni ne faiblit pas.La perte de la beauté physique de son idole ne détruit pas son idéal.Cléophas néglige son devoir dans le service des petits chars et perd sa place.Un incendie éclate dans la résidence du père Sansfaçon.Cléophas, au péril de ses jours, sauve Ursule qui allait périr dans les flammes.Celle-ci jure qu\u2019elle n\u2019épousera pas d'autre homme que son sauveur.Embarras de Cléophas qui est marié et père de huit enfants tous des jumeaux.Scholastique, la femme de Cléophas, qui vivait séparé de son mari depuis longtemps et qui s\u2019était retirée chez son père à la campagne, revient à Montréal.Elle retrouve Cléophas et lui fait des reproches amers parce qu\u2019il passe son temps à \u201cbommer\u201d et qu\u2019il prive sa famille des choses nécessaires à la vie.Cléophas et Bénoni se rencontrent et se battent en duel à coups de poings.Cléophas est vaincu.Les deux duellistes sont arrêtés par la police et condamnés par le recorder chacun à $5 ou un mois.Bénoni va passer un mois à l'Hôtel Payette.Pendant le procès des duellistes ,Ursule qui est présente en Cour, entend la déposition de Scholastique.En apprenant que Cléophas est marié elle s\u2019évanouit en pleine cour, Le père Sansfaçon, après l\u2019incendie, continue à rouler comme charretier et gagne sa vie le plus honnêtement qu\u2019il peut.(à suivre.) Oyez Oyez Oyez NOËL Sans NUMÉRO SPÉCIAL du \u201cCanard\u201d serait un Noël pas complet.Voilà pourquoi dimanche prochain, \u201cLe Canard\u201d offrira à ses lecteurs \u2014 sans augmentation de prix \u2014un gros numéro rempli de gravures inédites\u2014articles d'actualités \u2014 nouvelles \u2014 rubriques \u2014 pages spéciales \u2014 contes âëne pas dormir debout.Bref, un char de sel, de poivre, de choses grasses.a faire rougir un policeman et une jeune fille à l'âme aussi pure que celle de notre rédacteur en chef.Retenez votre numéro d'avance ! Retenez-en deux plutôt qu'un, et par deux fois au lieu d\u2019une, pour ne pas manquer ce Canard - là.Q 4 Vol.XLI \u2014 No 7.coe Vol.XLI \u2014 No 7.LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.a 2 3| MOTS D\u2019ESPRIT ILLUSTRES | 4 ~~ , .PEER FC .\\ \u2018 1 i ME \\ ?tent, a \u2014\\ A 2 oA v TS Rf CFE À All si j'avais des ailes, nous nous envolerions.Tiens et ce peigne dans le potage?Ce serait moins dur! Par ordre de Borden, il faut le manger.Eh bien, monsieur, vous ne montez pas, qu\u2019est-ce Vous m'aviez promis une chambre avec une vue que vous cherchez donc?superbe, L'ascenseur, ais, monsieur, il y a une admirable vue de la Ne regarde pas, Bordent ne le veut pas.côte d'azur accrochée au mur !.\u2026 À = ss .> SSD SMa ~ PA re, \u2019 TF NY a \u2014x $ We \u2014 \u201cON Wty .La vie est trop chère pour vote Bord règne sais vraiment pas ce qu'a ce sale fusil.C\u2019est la seconde fois depuis le matin qu\u2019il me joue le av è voter pour Borden, méme tour, LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.Vol: XLI \u2014 No 7.NN Le Canard Lune Rousse L\u2019heure est grave! Encore quelques heures, et nous serons peut-être réduits à l\u2019esclavage ?Non! Non! Cent fois non! - Comment, nous irons voter pour la désunion Borden qui nous a enlevé toutes nos libertés les plus chéres pour lesquelles nos péres ont versé généreusement leur sang?Les fous qui nous gouvernent sans mandat, encouragés dans leur délire par la chute ct la trahison de quelques libéraux anglais, seraient libérés de l\u2019opprobre par le vote populaire ?Jamais! Au grand jamais! Non, il faut nettoyer l\u2019écurie d\u2019Ottawa.Il faut désinfecter la caverne des quarante voleurs.Il faut empêcher le chancre unioniste d'atteindre le pays.Dehors les \u201cWin-the-War\u201d ! Le Canadien-français qui votera contre l,aurier sera considéré comme un traître, un imbécile et un lâche.Qui voudra se suicider, Qui voudra vendre ses frères.EN 1911 Qu'est-il arrivé en 1911?Vingt-deux nationalistes ont été élus sur ce programme alléchant.Mais rendus à Ottawa, voyant M.Borden maître des places et des grosses prébendes, ils se sont tous mis dans le grand mouvement vers la crèche, et nous avons eu, grâce à ce concubinage honteux, un gouvernement de voleurs et de sinistres farceurs comme le Canada n\u2019en avait jamais encore fait l'expérience.Encore une fois, nous voici dans la lutte.Et comme le disait \u2018\u201cl\u2019Action Catholique\u201d de Québec, \u201cil n\u2019y a qu\u2019une chose qui s\u2019impose à l\u2019heure actuelle: voter contre la conscription! Or, Laurier est contre la conscription, tous les députés libéraux sortants sont contre la conscription.Leurs preuves sont faites, ils ont été à la peine, ils doivent de nouveau être à l'honneur de retourner en parlement pour soutenir leur vaillant chef Sir Wilfrid qui a consacré sa vie à opposer tout ce qui ressemble à la coercition ct qui, dans cette affaire de la conscription, a aimé mieux voir son parti scindé en deux, plutôt que de se soumettre à une loi inique qui viole toutes les libertés du peuple.Pourquoi le peuple de ce pays iraît-il confier son avenir politique à des gens qui l\u2019ont trompé, d'abord, et volé ct exploité ensuite?Pourquoi les électeurs de Québec commettraient-ils la même erreur de 1911 qui leur a été si fatale, vu que leurs votes égarés sur certains candidats anti-Borden ct anti-Laurier, ont été la cause que Borden est monté au pouvoir avec tous les résultats que l'on sait ?Laurier est contre la conscription, même si ses amis les libéraux d\u2019Ontario le désertent,4Lrestera logique, en s\u2019y opposant de toutes ses forces, ct si les Anglais libéraux l\u2019abandonnent, Laurier restera au poste d'honneur avec les Français de Québec et les Anglais des Provinces Maritimes, et se battra pour enrayer cette crise de folie qui menace de ruine complète le Canada tout entier.Oui, il n\u2019y a que Laurier qui puisse sauver le pays de cette vague débordante de fanatisme et de folie jingo qui veut paralyser tous les efforts du Canada vers ses destinées futures ; seul, avec un certain nombre de libéraux solides, il peut tenir tête à l\u2019avalanche, et après la guerre le pays tout entier comprendra que le sauveur, c\u2019est lui ! .On s\u2019était querellé toute la matinée Et l\u2019on était resté, le soir, un peu boudeur ; Comme deux étrangers, devant la cheminée, Le diable dans l\u2019esprit, la rage dans le coeur! I'ristement s\u2019achevait cette longue journée, I.es tisons consumés mesuraient leur chaleur, Lorsque le chant joyeux d\u2019une voix fortunée Monta du cour voisin comme un écho vainqueur ! Et Madame cut un mot pour marquer sa colère : Ce chanteur est heureux, dit-elle, en sa galère, Car s\u2019il lui manque tout, il ne lui manque rien! Et Monsieur, lentement, d\u2019une voix trés railleuse : Il chante avec bonheur une ronde joycuse, \u201cT1 n\u2019est pas marié\u201d, ma chère, on le voit bien ! UN QUEBECOIS.Simples Réflexions Nos lecteurs ont appris les incidents qui ont marqué l'assemblée politique que M.Sévigny avait convoquée à St-Anselme.La foule a refusé d\u2019entendre le jeune ministre, et ceux de ses amis qui ont voulu manifester en sa faveur en sont sortis éclopés.M.Sévigny, lui-même, aurait reçu des coups s\u2019il n\u2019avait eu quelques amis personnels, adversaires politiques, pour l\u2019arracher à la colère du peuple.A Westmount-Saint-Henri, M.Sévigny n\u2019a pu prononcer son discours qu\u2019au milieu des interruptions, des quolibets ct du désordre le plus complet.Le peuple refuse d'entendre les explications que M.Sévigny voudrait donner de sa conduite politique.On lui supprime la liberté de parole.Tout fait prévoir qu\u2019il sera battu dans Westmount et écrasé dans Dorchester.Et tout ceci est spontané, n\u2019est le résultat d'aucune organisation, et se fait malgré la volonté de ses adversaires.Ces scènes de désordre sont sans doute déplorables, mais les circonstances les justifient dans une certaine mesure.Pour passer des lois qui violaient brutalement les libertés populaires; pour imposer des décrets absolument contraires aux intérêts du pays, ceux qui se présentent aujourd'hui devant leurs concitoyens pour être jugés, ont joué du bâillon.Et pour empêcher la juste critique des lois odieuses, ils ont forgé les pénalités les plus lourdes, les sanctions les plus rigoureuses.Il ne faut pas s'étonner que le peuple, quand son tour est venu de parler, parle fort, et joue du bâton.Le peuple est patient; sa colère est lente à monter, mais quand elle éclate, surtout dans des circonstances comme celles-ci où les intérêts les plus précieux sont en jeu, ceux qui l'ont provoquée ont tout à craindre, HH Les journaux tories de l'Ontario sont furieux contre les gens de Kitchener qui ont empêché sir Robert Borden de parler.Ils demandent au gouvernement de changer de nouveau le nom de la ville et de l'appeler Berlin, comine auparavant.= x % M.Sévigny est allé & Québec, la semaine derniére, \u201cL'Evénement\u201d ne nous a pas annoncé sa visite pour prévenir ses amis.Sera-ce que son cercle d'amis et d'admirateurs a tellement rétréci qu'il n\u2019est plus nécessaire de les prévenir de son passage en ville par la vole des journaux. Vol-XLI \u2014 No 7.LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.| TURLUPINADES| Ë | Win-dehors ! L'heure est grave! Laurier c\u2019est Laurier! Borden serait-il incurable ?* * * La conscription est une farce.** x Cahin-Cahan dans Maisonneuve.* \u201c & Tout pour le champion Laurier! * Flavelle, Davis, Borden, Sévigny ! x \u201c * Que disaient les nationalistes en 1911 ?* x =x Laurier ou Borden?Le géant ou le nain?* = 80%, de bénéfice pour les amis de Borden.* * La poutre d\u2019Ontario et la paille * * de Québec.* » Borden c\u2019est l\u2019Empire! Laurier c\u2019est le Canada! * * % Mangez-vous de l'agneau?Mangez-vous du veau?= \u201c =x .Si Laurier est battu, il faudra que le Canadien agisse ! * * *« , .Votez contre les conservateurs qui s\u2019engraissent de la guerre.* ; Le \u201cslacker\u201d est un légume qui pousse sur le pavé de Toronto.\u2026 .L'administration Borden a été la plus inique et la plus scandaleuse de toute notre histoire politique.* s .M.Blondin s\u2019est sauvé et il n\u2019a pas voté sur la question de la prolongation.# * * Souvenez-vous des quinze années de prospérité du gouvernement Laurier! * * La coalition (l\u2019Union) ne fera pas oublier au peuple les vols de guerre, les millions d'Allison (ami de Rogers), le brigandage du C.N.R,, et les fraudes de la loi électorale.° »# .Quand on pense qu'il se tient encore des assemblées anti-conscrip- tionnistes au coeur même de Toronto, ce soi-disant boulevard du patriotisme intégral, concentré et de la plus farouche loyauté ! » Le \u201cCanard\u201d l'avait prévu depuis longtemps, l'argent du C.N.Ret de l\u2019Union party allait commencer une oeuvre de désagrégation dans Québec.Déjà des émissaires sont au travail.Des cabaleurs sont À la tâche.Calomnies, mensonges, promesses, etc, mais tout marche à l'unisson.Et lundi c\u2019est l'Aiglon.alors toute critique arrête, vues dramatiques.Nous traduisons d\u2019un journal anglais qui nous est tombé sous la main : \u201cA vendre.\u2014 Matou dressé, un an, fait le beau, donne la patte, plante le casse-cou, et, au commandement, saute à la figure.Prix: 200 louis.S\u2019adresser à MM.Thornton, Whitechapel, London.\u201d Nous suggérons une souscription nationale pour l'offrir à notre Sévigny, ça lui vaudra mieux qu\u2019un chien de garde.* $s = L\u2019 \u201cEvénement\u201d, la semaine dernière, publiait une fable-express dans laquelle l\u2019auteur, qui s\u2019était servi du mot \u201cBulgare\u201d, a cru devoir donner, dans un renvoi, la définition suivante : (*) Bulgare, animal très curieux du genre mammifère, moitié vache, moitié cochon.N'est-ce pas que cette définition s'applique parfaitement à certains ministres que l\u2019 \u201cEvénement\u201d protège et défend ?* La conception de la conscription chez les vampires qui profitent de la guerre: 1.Les pauvres et les nécessiteux au front pour défendre le droit, la liberté et la civilisation.2.Les profiteurs pratiques en Canada pour gagner beaucoup des argents en sauvant l\u2019Empire.Ça c\u2019est de la démocratie qui est née d\u2019un croisement de la ploutocratie et du vénal \u201ccolonial\u201d.Cela a produit le profiteur et l\u2019affameur.* * =x Le contréleur des vivres conseille aux Canadiens de manger plus de poisson, 5 ' Est-ce pour ménager le bacon, le jambon et autres viandes qui pourrissent dans les entrepôts de Flavelle Limited, de la Wm.Davies Company et d\u2019autres compagnies accaparatrices que les banques sustentent ?Pour faire croire à la rareté, tous ces vautours du commerce préfèrent laisser pourrir les produits, tandis que le peuple est affamé.* x *x N\u2019allons donc pas, de coeur-joie, pour le plaisir d\u2019avancer les petites affaires de certains candidats à la façon-indépendante de 1911, compromettre l\u2019avenir de notre race dans cette \u2018lutte qui s'annonce terrible et sans quartier.On va se ruer sur Laurier, comme une meute affamée se rue sur la curée ! On emploiera tous les moyens pour le détruire parce que l'on sait qu\u2019il est le seul capable de barrer le chemin aux profiteurs de la guerre, alors, irions-nous, nous, ses concitoyens, favoriser des candidats qui diraient : \u201cOn est contre Laurier\u201d.Ce serait faire le jeu des bleus et surtout de Bob Rogers.= * +* Le baron Shaughnessy, que Borden a essayé de faire entrer dans son cabinet, a prononcé les paroles suivantes à un diner qui a été donné en son honneur : \u201cJe ne veux pas dire que le gouvernement actuel est incapable, malhonnête ou malintentionné ; je ne veux pas dire que ses membres ont fait des erreurs impardonnables.Je ne veux rien dire de cela.Mais : voici ce que je veux dire et que je dis: Le gouvernement actuel a volé $75,000,000 au peuple canadien.\u201d Et il a été applaudi, Et si ce n\u2019était que cela, encore, ça serait presque rien, \u2014 | ta same see â rm ee arr 3 nO, JB TE 10 LE CANARD), Montréal, 16 Décembre 1917.Vol.XLI\u2014No 7.INDISCRETIONS ET POTINS LES VERITABLES ELECTEURS DE SEVIGNY.M.Sévigny n'oubliera sûrement pas de se faire mettre sur la liste de ceux qui ont le plus pressant besoin de votes de soldats.Et c'est ça qui va être beau sc faire élire par des Anglais d'Angleterre, des étrangers au pays qui ne savent même pas où se trouve le Canada! : 0: ATTICUS ET SEVIGNY.Atticus, un ancien, donna un jour $30,000 à Pamélon, rhéteur célèbre, - pour le plaisir qu'il eut à l\u2019entendre prononcer trois discours.Combien douncrait-il aujourd\u2019hui pour entendre Albert, l'honorable Sévigny, parler de la conscription?«0: DISQUES FAVORIS DE SEVIGNY.Hourrah pour Borden, gigue.Vive la conscription, Two-Step.11 est parti mon soldat, par Ballantyne, solo de musique à gueule.J'ai des bocufs dans ma tabatière, romance.Je bats les \u201crecords\u201d, autobiographie musicale.:O: SEVIGNY ENCADRE.Des journaux ont signalé que le ministre Sévigny avait pour compagnons à St-Anselme le journaliste Chassé, de l\u2019\u201cEvénement\u201d, ct l'avocat Félix Desrochers, de Montréal.Cadre ct chromo se valaientl «0: LA VERMINE DE DORCHESTER.(Service d\u2019outre-tombe.\u2014Spécial pour le \u201cCanard\u201d.) Cher M.le \u201cCanard\u201d, patron de ce comté, Où vos nombreux amis sont en majorité, Opposez-vous au mal avant qu'il s\u2019enracine, Et de vos fiers couacs éloignez la vermine.LORD DORCHESTER.10: LE PETIT SEVIGNY.Lec maitre d'école.\u2014 Pourquoi, petit Sévigny, ne brossez-vous pas un peu vos cheveux?.Le petit Sévigny.\u2014 Je n\u2019ai pas de brosse, monsieur.Le maître.\u2014 Alors, prenez la brosse de votre père.Le petit Sévigny.\u2014 Il n\u2019a pas de brosse, monsieur, Le maître.\u2014 Pas de brosse?., Et avec quoi se brosse-t-il les cheveux?Le petit Sévigny.\u2014 Monsieur, il n\u2019a pas de cheveux! «0: SEVIGNY N'A PAS DE CHANCE.M.Sévigny les meubles n'a pas encore eu l'avantage de faire entendre sa belle voix aux électeurs de \\WVestmount-Saint-Henri.Récllement, il n\u2019a pas de chance cet si cela continue, je me demande par qui il sera élu dans ses deux comtés, par le vote des soldats je suppose.En ce cas, il n'aura qu\u2019à bien se tenir après son élection.Aucun doute que tous les unionistes qui seront élus par le vote des soldats vont faire piètre figure à la Chambre où ils seront la risée de leurs collègues.FISTON.SEVIGNY ET TOUTE LA CLIQUE.Grand politique, ou capitaine, Ou scigneur de même tonneau, 11 ne faut pas dire: Fontaine, Je ne boirai pas de ton cau.Non, jamais sur rien ne se fonde Que sur le sable des discours; Non, jamais n\u2019est pas de ce monde, Non plus, d\u2019ailleurs, que oui, toujours.Nul besoin n'est d\u2019avoir l'étoffe D'un maître ès-spéculation, Ou, simplement, d'un philosophe, Pour en avoir la notion, Non, jamais à rien ne s'applique; Et, vous, forgeurs de faux serments, Sévigny ct toute ta clique, Vous l\u2019apprendrez à vos dépens.DOC.10: AVIS A SEVIGNY.Les députés de demain, ceux qui comme Sévigny sollicitent aujourd\u2019hui le suffrage populaire, doivent tirer profit de cette rude leçon que le peuple donne à ceux qui l\u2019ont trahi, à ceux qui ont indignement manqué à leurs promesses, Ils devront se rappeler qu\u2019en face du péril qui nous menace les attaches de partis ne sont que des considérations secondaires que l'électorat oubliera jusqu\u2019à ce que des jours plus sercins se lèvent sur le Canada.:0: WESTMOUNT-SAINT-HENRI.Inutile d'en dire bien long, M.À.Leduc, le candidat de Laurier, est un négociant trop avantageusement apprécié pour son scns pratique des affaires, pour ses principes honnêtes, pour sa bienveillance et son urbanité envers tous pour avoir besoin qu\u2019on le rappelle ici.C'est un représentant du commerce et de l\u2019industrie et il a sa place toute marquée à Ottawa.Quant à Sévigny les meubles, plus on en parle, plus ça pue, c'est déjà un cadavre! Autour de ce cadavre, il y a un tas de combinaisons smaipropres pour le faire revivre.Electeurs, votez tous en bloc, car la machine va marcher dans Saint-Henri! :0: SEVIGNY CRIE VENGEANCE, Le cri de vengeance qu\u2019a laissé échapper M.Sévigny, dimanche, ct sa menacc d'être élu malgré eux, a révolté ses électeurs, et M.Sévigny peut se tenir pour dit que lors même que la horde des soldats étrangers à notre pays, par une habile ct canaille manipulation des votes d'outre-mer, l'éliraient député de Dorchester, le 17 décembre prochain, étouffant la voix populaire des vrais électeurs du comté, M.Sévigny peut se le tenir pour dit: Dorchester nc lui permettra jamais plus de le représenter à Ottawa.On ne veut plus de lui, coûte que coûte.Et M.Sévigny a cu l\u2019idée, bien atténuée, cependant, dimanche, qu\u2019il ne fait pas toujours bon d'affronter la colère populaire.Qu'il se le tienne pour dit.:0: Il est rumeur que M.Cahan doit tenir prochainement une assemblée politique ici et qu\u2019il serait accompagné de l\u2019honorable Albert Sévigny, et que tous deux auraient un phonographe pour enregistrer leur discours au cas où il n\u2019y aurait aucune assistance, Voi.XLI \u2014 No 7.LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.roms \u2014\u2014\u2014 > | © > 7 < = ZA =F 7 Sp Es Rd a 2 =F Ef - A Ces) { 7 RR S Re NA \u2014 SSN LE LL ~ 2 = oe dT Au Firmament Artistique \u2014\u2014 ET \u2014 Chez les Amateurs Potins, On-dits, Notes, Nouvelles et.Canards.ACROSTICHE.Reprendre auprès de toi mon rêve inachevé, Oublier dans tes bras les laideurs de la vie, Boire à la coupe d'or de l\u2019amour partagé, Entendre encor ta voix adorable et chérie, Répéter que ton coeur pour moi n\u2019est pas changé, Tel est le fol espoir de mon âme flétrie.CLEMENCIA, :0: ÉCHOS DE ST-HYACINTHE.Raoul en brouille avec Yvonne, quel désastre ! * * Nopold reçoit ses amis chez sa future.* * André n\u2019aime pas les farceurs.* * + Tit-Mours veille seul avec, quel chanceux ! * T'it-Louis n'aime pas le froid.TIT-GUST.:0: LETTRE OUVERTE À MON AMI \u201cDODOPHE\"\u201d.St-Henri, 11 décembre 1917.Mon cher \u201cDodophe\u201d, En vérité, quel commerce fais-tu de ce temps-ci?Je crois, ma foi, que tu t\u2019égares pas mal de tes idées.car tu prends les miennes, je veux parler de la composition si \u201cmerveilleuse\u201d que tu te sers dans la fabrication de tes \u201cPotins\u201d ou \u201cCanards\u201d comme tu l'entendras.Il me semble, mon cher \u201cDodophe\u201d, que tu n\u2019as pas besoin de te servir de mon style, vu que tu l\u2019as déjà critiqué.Tâche donc d\u2019apprendre du nouveau ou plutôt si tu ne peux en trouver dans les livres, ferme-toi, de grâce! Si tu tiens en réalité à te faire chroniqueur, sors de tes gonds et n\u2019emploic pas des mots ou pour mieux dire un genre \u201cplat\u201d comme tu prétendais que le mien était.Si le chapeau te va, porte-le, ou sinon passe-le à ton voisin.LUCIEN.:0: \u201cPiger Rosc\u201d, la nouvelle pièce du Lyceum, est bien canadienne, la scène se passant au Nord-Ouest, et les principaux personnages étant le curé Thibault, Pierre L'Abbé, Georges Landry, etc.* * * La beauté parisienne, Simone D\u2019Herlys, fera partic de la distribution de \u201cMiss 1917\u201d au Century Theatre.* +* M.Orphée Langevin, le baryton canadien, vient d\u2019être nommé par les autorités militoires de Washington, instructeur de chant au Pelham Bay Camp, près de New-York, où 10,000 militaires s\u2019entrainent en ce moment.* * Avez-vous vu l\u2019artiste à la vaste houppelande ?En fait de revues.y a mieux, mais c\u2019est mioins cher.* * * Le Tivoli, cinéma de New-York, contient 2,500 sièges.+ * * M.Louis Vérande, un copain du \u201cCanard\u201d, est directeur de la troupe d'opéra de Chicago.* .a .- * Robi sera à Québec bientôt.* : x = Phrase célèbre : \u201cJ\u2019y suis, j\u2019y reste\u201d.\u2014 Becman.* * * Delcourt a parfois des envolées d\u2019hypodrome, mais larry est là.» » * Valmorin n\u2019a plus peur de la police, * * x A Ahuntsic.\u2014 Läche-moi, v\u2019là Lefebvre! * * * Lefebvre est très fort amateur, mais il est trop fort en muscles.* .* * Prochainement, \u201cLa Femme X.\u201d par le Cercle Lefebvre.Delcourt joue tous les rôles.Bravo ! , .x ¥ x Qu\u2019est devenu G.Merrill et sa troupe?x i, ! | Melle Duval, de Limoilou, était \u2018de passage à la salle Ste-Brigide | | dernièrement.; | * * Au Chanteclerc: \u201cCa, c'est une bonne!\u201d » | * = Au Canadien: \u201cÇa, c\u2019est correct !\u201d * * A l\u2019Arcade: \u201cDans les pétaques !\u201d * * * Au Family: \u201cC\u2019est la meilleure !\u201d * + Phrases célèbres \u2014Dis à Pagé que je ne l\u2019oublie pas! (Gosselin) \u2014Moi non plus! (Pagé) Total: Onze piastres et demie.* * * Gauthier prend des annonces pour la revue.» Gaby sort avec Gauthier, - + *.Candide alias le Patriote, comment va l'eccur?Ils sont froids dans le Nord (les coeurs), pas vrai, Candeur?Ti-Louis, lui, met ses claques pour y aller.Comment ça fait de fois que tu y attrapes le rhum, ex-indépendant?x\u201c * + Jos., veux-tu watcher?Quand elle va au cl., le jeudi, disait Tirick à: | notre étoile Jos.As pas peur y en a un autre.«%e N'oublic pas que les Lord Tennyson se vendent 6 cents maintenant, ils.sont trop verts, dit le renard.fume donc les Derby's cheap, for the cheapest guy.f * «\u201c Alex.,, Alex,,, futur ex-président du C., tu me fatigues, rt A Lee er pr ee wo all \u2014\u2014m \u2014 12 LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.Vol.XLI \u2014 No 7.Courrier des Trois-Rivières (Comme d'habitude au \u201cCoin Flambant\u201d.) CHRONIQUE TRIFLUVIENNE.Le \u201cCanard\u201d est devenu très populaire aux \"Trois-Rivières, Ce n\u2019est pas que ses lauriers nous empêchent de dormir.nous constatons seulement un fait.Chaque livraison qui nous arrive de cet intéressant bipède, c\u2019est comme une pierre jetée sur un nid de guêpes.Quel bourdonnement! ous les jeunes frais, habitués du \u201cCoin Flambant\u201d, sauteurs de comptoirs, rouds-de-cuir, petits comptables qui se croient banquiers, petits employés pleins de prétention et dont les habits ne ; sont pas encore tout payés chez le tailleur ; tout ce petit monde-là s\u2019arrache le \u201cCanard\u201d ct cherche à se reconnaître dans les silhouettes qui y sont dessinées.\u2019l'outes les linottes et les perruches de la classe B et C de notre société ont fait entendre une piaillerie qui n\u2019était rien moins | que cacophonc.\u201cAs-tu vu Cyprienne?Ah! ma chère, c\u2019est Némèse qui doit être en diable, nous espérons qu\u2019il ne sentira plus le petit lait, [Vas pas besoin de parler des autres, toi, Gabrielle, Je t'assure que Bertha n\u2019était pas d\u2019équerre ce matin, elle ne comprend pas que son médecin | vétérinaire, qui est instruit comme tout et qui parle dans les \u201ctarmes\u201d, | n\u2019ait pas répondu à ce fou de \u201cCanard\u201d.\u201d Et les conversations allaient de ce train-là.En un mot, le \u201cCanard\u201d a de ce temps-ci un succès épatant.boeuf, me souffletait, pardon, ine soufflait encore hier Conrad, qui s\u2019y connait en grand, c\u2019pas, Conrad ?Le \u201cSet\u201d, notre \u201cset\u201d que l\u2019on prononce avec la bouche en derrière de poule, suivant le tempérament et les prétentions d\u2019un chacun, se propose une foule d\u2019amusements pour cet hiver.On dansera.c\u2019est cer- \u201c, tain, nous espérons cependant que \u2019l'i-Fred ne s\u2019embarrassera pas dans les tapis, et que B.L.ne scra pas assez excitée par la présence de son cavalier pour renverser son café sur les nappes ; puis On rira beaucoup, parlera peu, on mangera beaucoup, suera beaucoup, on dépensera peu : d\u2019esprit, on fera des jeux de conséquence, ou même sans conséquence.j et puis, bonsoir, au revoir, à demain, tâche donc de me téléphoner.qu\u2019il est gentil! qu\u2019il est fin! je pense.mais pour le sûr ! Et le lendemain recommencent les mêmes miaulements exclamatoires: \u201cAh! ma chère, qu\u2019on a eu du fun.my gracious!.As-tu pu dormir, toi?\u2014 Non, j'ai pensé tout le temps à lui.En dansant il me serrait un peu fort.ct tu comprends.une jeune fille aime cela sc faire serrer.mais on le laisse pas voir.tout de même ça m'a empêché de dormir.Qu'il s'exprime donc bien! Qu'il est délicat! Oh! my! que F.P.fait A donc bien les choses! Ca ¢a regoit! Mmm.Et l\u2019on viendra dire à Montréal qu\u2019il n\u2019y a pas de fun aux Trois- Rivières et que la jeunesse n\u2019est pas intelligente ! CN.\u2014 \u2014\u2014 = Semen IRIN grrr \u2014-\u20140; COMPLEMENT AUX SILHOUETTES TRIFLUVIENNES.: JOS.L.\u2014 Profil léonien, grandeur au-dessus de la normale, chan- Îge de chaussons plusieurs fois par année, ct de temps en temps dit des hoses très drôles.: C.J.H.\u2014 En impose beaucoup par son visage napoléonien, tou- Yours rasé de frais, par ses brillants achetés chez Woolworth, par le pli mpeccable de ses pantalons et la craque irréprochable de sa chevelure, {imagine être la coqueluche de toutes les jeunes filles.J.A.V.M, \u2014 Six pouces de jambes et le derrière tout de suite.ttrape le rhume facilement.PAUL L.\u2014Gros garçon, joufflu, cheveux un peu carotte, très ti- Mmide ,excellent caractère.À soutenu autrefois des discussions très ser- Fées pour savoir lequel des deux instruments, où le ruine-babines, où accordéon qui peut donner la note la plus haute.WILFRID R.\u2014 Caractère incolore, voix mugissante et cathar- reuse.Voudrait être Saucier, mais finira par être crieur public.Ne fréquente aucune jeune fille, préfère celles dont les cavaliers sont absents.CYPRIENNE.\u2014 Je ne sais pas s\u2019il y a bien des jeunes filles qui ont commencé plusieurs fois leur trousseau, BERTHA.\u2014 Au dire des médecins vétérinaires, elle passe pour gaie et assez aimable ,un peu prétentieuse cependant.GABRIELLE.\u2014 Arrête-toi donc, Némèse.Dieu, qu'il est tannant! Si tu ne me faisais pas tant rire, va! - JEANNE G.\u2014 Aime à répéter ces vers de Corneille : \u201c.dans les ames bien nées, \u201cL\u2019innocence n\u2019attend pas le nombre des années.\u201d \\ YVONNE M.\u2014 À fait des recherches nombreuses sur les terres de la Couronne pour trouver de la graine de cavalier.Elle n\u2019en a pas trouvé.\u201cLE CORRESPONDANT\u201d.\u2014 Journal répandant une colique causée par le succès du \u201cCanard\u201d.Alfred C.et C.J.H.sont chargés de le biberonner.Ce petit lait finira par tuer l\u2019enfant.Il paraît idiot, ct l\u2019on nous dit qu\u2019il tient cela de famille.Toutefois, la Faculté le recommande fortement comme un excellent spécifique contre les hémorroi- des.À bientôt, chers lecteurs.G.RASE, :0: PERLES.Si vous aviez vu Pierre L.dimanche au Cercle Laviolette avec le Canard\u201d en mains on aurait dit qui était un agent recruteur.Pa Lorsque quelqu\u2019un entrait, son premier mot était : \u201cCanard\u201d?\u201cAs-tu vu le * x x Parole célébre de Jean-Baptiste: \u201cEtes-vous quatre?» * * + .On dit que les trois apôtres, Pierre, Fred.et Jean, ont fait l'acquisition d\u2019un nouveau disciple dans la personne d\u2019Auguste.Il est même allé au Cap samedi soir.Oui, un beau temps pour voyager, hein ?.Les Trifluviens étaient bien représentés à la soirée du Cap mardi soir.Jean, Pierre, Auguste, Fred, Willie J., Roméo S., lui, avait beaucoup d'intérêt à y assister.* \u201c* Henri D.est allé à Montréal vendredi, pour affaires personnelles, car vous savez, ces choses-là, c\u2019est toujours personnelles.* \u2018 \u201c * .Jean-Baptiste L., le garçon aux quatrz filles, a reçu un téléphone de Shawinigan Falls, samedi, mais comme il était dans les parages du Cap, il n\u2019a pu répondre à ce message.Ça t'apprendra, mon grand voleur de portrait, à être chez vous à l\u2019heure des repas au moins.! * .Et 4 On dit que Fred.est allé veiller lundi soir.ben chanceux, toi.Est-ce vrai?es * * Melle Alice R.disait à quelqu'un: \u201cSi vous ne venez pas, on ne pourra pas rire\u201d.* * Jean, Pierre, Auguste, Fred., où allez-vous veiller dimanche prochain ?* x * Pourquoi ne pas emmener Henri D.avec vous?Vous savez qu\u2019il déclame! re 2 \u2019 * * + Le téléphone a sonné souvent au Cap lundi dans la journée.Et Vol.XLI\u2014 No 7.LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917, 13 LE THEATRE A NEW-YORK (Du \u2018correspondant new-yorkais du \u201cCanard\u201d.) Une des actrices françaises les plus populaires de New-York est sans contredit Melle Irène Bordoni, l'étoile de la grande revue fantaisiste \u201cHitchy-Koo\u201d qui vient de terminer une longue et fructueuse saison au 44th Street Theatre.Melle Bordoni, qui n\u2019est pas une inconnue pour les amateurs de théâtre montréalais, s\u2019est créé ici, par son talent et sa grande beauté, une réputation des plus enviables sur la scène américaine, après avoir laissé le théâtre français où elle avait gagné des lauriers bien mérités.Ayant manifesté à un ami le désir d'aller entendre de nouveau la charmante actrice française, avant son départ de New-York pour remplir un engagement de vingt-deux semaines dans les principales villes américaines, je recevais, le lendemain, l\u2019'aimable billet suivant : \u201cMonsieur P.m'a fait part de votre demande.Je vous remercie inille fois et vous envoie un paquet de photos à choisir.Si deux places, cette semaine, peuvent vous être agréables, je me ferai-un plaisir de vous les offrir.Par la même occasion, vous viendrez dans ma loge et je serai ravie de vous remercier de vive voix.Encore merci cordialement.Votre, Irène Bordoni.\u201d It était difficile de décliner une si charmante invitation, d'autant plus qu\u2019elle me procurait le plaisir de revoir un des succès les mieux établis du Broadway qu\u2019il quitte en plein triomphe.Sil était besoin de prouver que la revue de M.Raymond Hitchock est une des plus originales qu\u2019on ait eues sur le Broadway, il suffirait de dire que cette revue commence .par le dernier acte, après un prologue très comique que débite l\u2019acteur versatile qu'est Hitchock, qui joue le rôle de compère.La première scène qui Se passe à la place d'eau espagnole San Sebastian, est de toute beauté.Melle Bordoni y joue ie rôle de Claire de Bouillon, une cocotte, et quelle cocotte ! Pendant qu\u2019on prépare les divers autres tableaux de cette revue, M.Hitchock vient souvent devant le rideau faire rire ses auditeurs en nous chantant quelques chansons à succès, dont une qui cut une très grande vogue et qu'on a entendu chanter souvent dans les théâtres de Montréal: \u201cWhen you are all dressed up and no place to go\u201d, que le comédien chante en l\u2019entrecoupant de saillies en français.Ainsi, d'après lui, l'auteur de la guerre c\u2019est le kaiser, parce quit était \u201ctout habillé et n\u2019avait aucune place à aller\u201d.Un autre comédien qui seconde bien le compère est M.Léon Errol, qui s\u2019était taillé un immense succès la saison dernière dans \u201cThe Century Girl\u201d, Ce comédien est impayable dans la scène de l'atelier de photographie.Après avoir été fort admirée dans les rôles de Melle Fifi ct de la mardi donc?«Fx Jean a fait le \u201cflush\u201d après la soirée, il a payé la traite avec des \u201cchips\u201d.\u201c* * te .* Pierre et Jean ont donné une exhibition de danses.C'était magnifique.Quand on pense que la blonde d'Henri [.est venue dimanche, et qu\u2019il n\u2019a seulemeht pas été lui rendre visite.Grand briseur de coeurs, va! C.TU VRAI.:0: \"Trois-Rivières, 3 décembre 1917.As-tu mangé de la morue ce midi, Zeph?; \u201cŸ.Est-ce toi, Joseph M.qui t\u2019efforces d'eufourcher Pégase aux ailes d'azur pour faire le bouffon?Est-ce toi qui laisses déborder sur le \u201cCanard\u201d les flots tumultueux de tes sottises?Tu l'as dit, tu es un innocent (qui est coupable de nombreuses foiies).de, Mariée de 1860, Mlle Bordini vient donner des leçons de chant dans \u2018une école, où j'aurais bien voulu apprendre mon a.b.c.Portant des toiles les plus ravissantes, d\u2019un style le plus dernier cri, la célèbre étoile parisienne chanta une série de chansons françaises qui souleva l\u2019enthousiasme de l'assistance.La dernière surtout fut fort goûtée.C\u2019est \u201cOver There\u201d le chant patriotique en vogue que Mlle Bordoni a traduit et dont voici un couplet, qu'elle m'a dicté dans sa loge, pour les lecteurs du \u201cCanard\u201d : John, prends ton fusil, ton fusil, Prends-le, mon ami, mon ami, Entends-les nous appeler Chaqu\u2019 fille de la liberté!.Va vit\u2019 droit là-bas, Sans retard, allons, pars.Rends ton pèr\u2019 fier d'avoir cu un tel fieu : Heureuse sera ta fiancée De t\u2019savoir dans les tranchées, REFRAIN.Viens là-bas, viens là-bas, Où l\u2019on se bat, En vrai gars, en soldats, Embarqu\u2019 vite sans tarder, Rien ne peut t\u2019arrêter, Entends-tu l\u2019canon tonner?.Viens là-bas, viens là-bas!.\u2026.Tu verras quelle nouba, mon p'tit gars, Tu seras là, nous n\u2019en doutons pas, Et tu nous reviendras Qu\u2019avec la Victoire, n'est-ce pas!.Avec cette chanson, Melle Bordoni soulève des tonnerres d'applaudissements à chaque représentation.Chanter en français en plein Broadway, c'est faire de la bonne propagande pour les Alliés, et lorsqu\u2019il s\u2019agit de faire aimer la France, Melle Bordoni, dont le patriotisme a été mis à l'épreuve en maintes circonstances, chantait il n\u2019y a pas encore longtemps cette chanson patriotique devant plus de 4,000 officiers et soldats, la crème de l\u2019armée de l'oncle Sam, au camp militaire - de Plattsburg, N.Y.Avant de venir en Amérique, Melle Bordoni jouait au \u2019L'héâtre des Capucins, à Paris, où elle était quand M.Dillingham l'a engagée pour venir à New-York jouer un rôle important dans \u201cMiss Information\u201d dont Elsie Janis était l'étoile.A Montréal, Melle Bordoni a joué dans \u201cMon Homme\u201d avec beaucoup de succès.Les imprésarios de la troupe sont MM.Hitchock et Goetz, qui vont faire jouer unc autre revue bientôt, au Fulton Theatre, autrefois les Folies-Bergères.Le directeur de la publicité de cette entreprise théâtrale est M.Karl Kitchen, l'humoriste bien connu du \u201cNew York World\u201d, Mais prends garde, Pégase est rétif et il faut se méfier des animaux qu'on ne connaît pas; tu ferais bien mieux d'enfourcher le superbe \u201cveau\u201d que tu as fait lors de la visite de Francis; ce serait plus prudent et la bête.irait bien mieux avec le cavalier.(Qui se ressemble se rassemble!) > * Eh! Zeph! Où vas-tu avec tes guêtres et ton chapeau neuf?\u201c+ Epitre au Zeph (Joseph M.): Sur la terre, il y a de doctes écrivains; Mais, mon cher Zeph, de nos savants contemporains, Prétends-tu posséder, cette prose féconde Qui les rend glorieux aux yeux de tout le monde?Et le plus grand de tes voeux N'est-il pas d'acquérir leur grande renommée, Pour qu'il soit dit de toi, ce qui sera dit d'eux: \u201cIl a combattu par la plume et par l'épée?\" * : Mon pauvre Zeph, restreins tes ambitions, Un cerveau détraqué a seul ces ambitions.G.de VINAY.A A Spiro 0 an LA ASOD oh me STN rn ee \u2014\u2014 a r\u2014 A A ++ GAR win + Gm 14 LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.Vol.XLI\u2014 No 7.DANS NOS THEATRES THEATRE NATIONAL FRANCAIS (Troupe Becman) Le programme que nous présente M, Edgar Beeman pour la semaine du 17 décembre ne le cédera en rien à celui des autres semaines, si l\u2019on en juge par les deux brillants spectacles que cette sympathique troupe va nous donner.H n'est pas utile, pensons-nous, de rappeler le succès toujours croissant que la troupe Edgar Beeman obtient au Théatre National-Français; il est vrai que l'immense succès qui l'a accucillie en ce moment est pleinement justifiée, car rarement nous aurons une occasion de voir à Montréal deux artistes de la \u2018valeur de M.Edgar Becman et de Madame Gilda Darthy et entourés par une compagnie d'acteurs aussi choisis.Si l\u2019on ajoute le choix heureux des pièces, une mise en scène superbe et enfin le cachet qui ressort de chacune des différentes représentations, l'on peut expliquer la vogue dont cette troupe jouit à juste titre.J CL.Lors de son dernier séjour à Montréal, M.Edgar Becman avait été sollicité de donner quelques représentations supplémentaires de \u201cLa Flambée\u201d, mais le manque de temps l'avait forcé à ajourner cette demande; aujourd\u2019hui, pour le plus grand plaisir de très nombreuses personnes, nous voyons à l'affiche lundi, mardi et mercredi prochains, une reprise de cette pièce qui a obtenu à Montréal un succès vraiment triomphal.11 est vrai qu\u2019on peut difficilement trouvert oeuvre plus puissante, d'un intérêt plus palpitant et avec quelle distribution ! L'interprétation sera la mème que la dernière fois, et bien des habitués seront heureux de pouvoir à nouveau applaudir cette pièce dont la réalité est si intense ct qui peut ctre considérée comme un véritable chef-d'oeuvre, Jeudi, vendredi ct samedi prochains, cédant à la demande de nombreux abonnés, M.Edgar Becman donnera \u201cLa Dame aux Camélias\u201d.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019insister sur cette pièce dont la réputation est mondiale et qui, à chacune de ces apparitions sur l\u2019affiche ici à Montréal, a suscité un grand sujet de curiosité tant à cause de la pièce elle-même que pour la qualité des inter- prêtes qui l\u2019ont jouée ici au Théâtre National; les amateurs de beau théâtre heureusement si nombreux à Montréal, verront M.Edgar Becman jouant le rôle du fils \u201cDuval\u201d, et Madame Gilda Darthy, celui de \u201cMarguerite Gauthier\u201d ; le reste de l'interprétation a été distribuée avec le plus grand soin et M.Becman a présidé lui-même à la mise en scène et aux dernières répétitions.Nous avons donc une brillante semaine en perspective et certes, le public apprécie l'immense travail qui cest nécessité pour arriver à de tels résultats, aussi est-il heureux par sa nombreuse assistance d\u2019encourager les efforts qui sont faits pour donner de tels spectacles.Les billets retenus en location pour les matinées avant une heure, ct pour les soirées avant sept heures.Passé ces heures, ils seront vendus immédiatement.Matinées tous les jours, excepté lundi et vendredi.La direction du Théatre National informe le public que par suite d'arrangements spéciaux, les résultats des élections seront transmis par fil spécial, lundi soir, et communiqués aussitôt aux spectateurs.THEATRE CANADIEN-FRANÇAIS (Représentation de l'Alllance Artistique) Rentrée de Madame Germain Vhéry dans \u201cL\u2019Aiglon\u201d, pièce en 6 actes.de M, Edmond Rostand L'Alliance Artistique vient de faire un coup de maître: c\u2019est d'engager Madame Germaine Vhéry, l'éminente artiste qui a fait pendant des années les plus beaux jours du Théâtre National, Depuis le commencement de cette saison bon nombre de spectateurs, amateurs de belles comédies avaient demandé de faire revenir cette délicieuse comédienne, mais jusqu'alors on n'avait pas accédé à leur désir.Il a fallu la persuasion des directeurs de l'Alliance pour décider Madame Vhéry a quitter la France ct à venir apporter à ses camarades l'appui de son sir talent; enfin tout est bien qui finit bien et voilà notre belle artiste de nouveau parmi nous.Une habitude excellente qui existe dans tous les grands théâtres, c\u2019est de faire rentrer une artiste dans un des rôles où clie a eu le plus de succès.L'Allance Artistique se devait de ne pas se dérober à cet usage, et c'est dans \u201cL'Aiglon\u201d, l'ocuvre magistrale de M.Edmond Rostand, que nous reverrons pour la première fois Madame Germaine Vhéry.Tout le monde a encore en mémoire la façon superbe avec laquelle elle enlève le rôle si long et si écrasant du duc de Reichstadt, l'envolée, le lyrisme et les accents profonds avec laquelle elle scande les superbes alexandrins.Personne mieux.qu'elle n\u2019a rendu plus populaire et plus vivant ce personnage qui touche presque à la légende.Personne n'a traduit avec une émotion plus intense l'odyssée du fils de Napoléon, et on peut dire sans être taxé d\u2019exagération qu'elle ne joue pas son personnage mais qu\u2019elle le vit.C\u2019est cette sincérité communicative qui donne à son interprétation ce charme prenant que tout le monde a subit.La semaine du 17 décembre sera une véritable semaine de gala pour le Théâtre Canadien-Français, car les innombrables admirateurs de Madame Vhéry se feront une joie de venir applaudir son retour.D'ailleurs, la direction, en prévision de cette affluence, a décidé de faire deux matinées supplémentaires.1 y en aura donc pour tous les jours, sauf le lundi., Eten passant, annonçons que le lundi étant le 17 décembre, jour des élections, les directeurs du Canadien-Français se sont assurés les services d'un employé du télégraphe ct d'un fil spécial pour en recevoir les résultats, et à chaque entracte, on communiquera au public les nouvelles passionnantes qui arriveront.Voilà une attention dont nous devons savoir gré aux administrateurs de notre omédie Française.La distribution de \u201cL\u2019Aiglon\u201d est des meilleures, Toute l'Alliance Artistique en fait partie: M.Filion jouera \u201cFlambeau\u201d; M.Scheler, \u201cMetternich\u201d; M, Val.Le directeur de prison \u2014 Je viens vous rendre votre liberté, votre temps est terminé ct vous pouvez partir.Votre femme vous attend.Le prisonnier \u2014 Mon Dieu, mon Dieu.et c'est ça que vous appelez me rendre la liberté?hubert, l\u2019 \u201cAttaché Français et l\u2019\u201cEmpereur Frantz\u201d; M.Pelletier, \u201cMarmont\u201d et le \u201cTailleur\u201d; M.Godeau, le \u201cSergent de Sedlinsky\"; M.Girardin, \u201cGentz\u201d et d'\u201cOstranle\u201d; M.Gauvin, d\u2019 \u201cObénans\u201d et \u201cProkesch\u201d; M.Guy, \u201cTiburce de Lorget\u201d ct le \u201cGénéral Hartmans\u201d; M.Coutlée.\u201cBombelles\u201d et le \u201cDocteur\u201d: M.Grimard, \u201cPont Corlev\u201d et le \u201cPolicier\u201d; M.Boivin, \u201cThalberg\u201d, etc.Madame Devoyod jouera \u201cMarie-Louise\u201d: Madame Demons, 1a \u201cComtesse Camerata\u201d: Madame Ribert, I' \u201cArchiduchesse\u201d ; Madame Noggi, \u201cThérése de Lorget\u201d; Mademoiselle Thiéry, \u201cFanny Essler\u201d: Madame R.Harmant, la \u201cScarampi\u201d, etc.Tous les décors seront neufs, M, Godeau, le régisseur général de I'Alliance Artistique qui a déjà monté plusieurs fois la pièce nous a prévenu qu\u2019il voulait cette fois-ci faire mieux encore que ce qu'il avait fait jadis, or nous savons qu\u2019il ne promet que ce qu\u2019il peut tenir.Nous enrégistrerons, c'est certain, un gros succès, la semaine prochaine, avec \u201cL\u2019Aiglon\u201d au Canadien-Français.THEATRE CHANTECLERC Vu l'immense succès remporté par la désopilante revue: \u201cÇa c\u2019est une bonne\u201d, la direction a décidé de 1a jouer encore pour la semaine prochaine.Un tableau sera ajouté concernant la défense de notre langue et nos droits, que veut détruire par la force une poirnée de fanatiques de l'Ontario.M.Descart chantera en plus le grand succès: \u201cThe bit Hit\u201d Teanne D'Arc.et la splendide valse: \u201cLes serments de femmes\u201d; on v verra aussi le célèbre maniaque possédé de la manie des chansons et qui, à chadue moment de la pièce, nous apparaît soudain, dans la salle, par le trou du souffleur.descendant des frises, par la coulisse, et vient nous chanter son refrain.Mademoiselle J.Bélivean, dont tous se rappellent les grands succès remnartés dans les revnes an Chanteclere.et qui, pour cause de maladie, n\u2019a nu Tover la semaine dernière, jouera la semaine prochaine le rôle comique \u201cD'Tsaîda\u201d, épouse Jéæitime, et en juste noce, de \u201cM, Odilon Laviolette\u201d (M.Hamel).\u201cLa Presse\u201d vous offre auiourd'hui leurs portraits pris sur le zine lors de leur mariage à Sainte-Arathe.C\u2019est dance dire mon s'amusera ferme la semaine prochaine au Chanteclerc.et tous feraïent bien de retenir leurs billets d'avance, Lundi soir, nous donnerons le résultat des élections A travers le Dominion, ELECTRA Pour les fêtes de Noël la direction de l'Electra s'est surpassée ct un programme très varié, très intéressant \u2014 naturellement \u2014 ct, inutile de le dire, absolument inédit a été préparé pour le plus grand plaisir des nombreux clients qui font de l'Electra le cinéma favori de la partie Est, L'espace nous fait défaut pour énumérer ici toutes les vues qui seront à l'affiche la semaine prochaine à l\u2019Electra.Disons seulement que pour dimanche, June Elvidge sera applaudie ainsi que Montagu Love ct Arthur Ashley, dans un film extraordinaire intitulé: \u201cThe Guardian\u201d \u2014 le gardien.\u2014 Cette vue très recommançable \u2014 ct naturellement, le \u201cCanard\u201d qui est un amateur pas pour rire, la recommande hautement \u2014 et souhaité que tous ses amis iront en foule.dimanche, à l\u2019Electra.S.\u2014 Et toute la semaine prochaine, itou.Quelle différence y a-t-il entre Borden et | Votre Belle-Mère \u201cLe Canard\u201d publiera les meilleures réponses. Vol, XLI \u2014 No 7.LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.15 Coin Ste-Catherino et Maisonneuve A R C A D BE Edm.Desmarteaux, Dir.-Prop.Léon Petitjean, Dir.-Artistique.W.Villeraie, Régisseur.Téléphone, Est 292 SEMAINE DU 17 DECEMBRE 1917 Dans les Pétaques 2me SEMAINE DU CRAND SUCCES Hector Pellerin dans un grand role.Nouveau Tableau, \u2018Les Veillées Canadiennes\u2018?MER: REDI- SOIREE D'AMATEURS.VENDREDI\u2014SOIREEE DE GALA.Pianos se Décembre SPECIAL Charlle Chaplin plus beau programme d \u2018\u201cUn Fils des M tous les théâtres de Montréal.5 parties Kagnes | dans 2,000 pds de comédie et Lundi, * 7 Décembre Antonio Moreno et Belle Rapport complet des Elec-: Bruce dans les premiers Oscar Valade tions par fil direct.rôles.Vue magnifique.dans son répertoire.Pearl White dans le \"Subterfuge\" Carroll Holliway d \u201c re 18ème épisode de \"La Bague Fatale.\u201d rors.\u201d* 14e épi de du sentier dela Batabtier N'OUBLIEZ-PAS !- Venez à l'Arcade lundi soir pour les rapports de l'élection.Le théatre sera ouvert toute la nuit si nécessaire.DIMANCHE, Admission Générale.1 8c RHUME.Prix : 25c la bouteille.Le Sirop d\u2019Anis Gauvin pour les Enfants Soulage coliques, douleurs de la dentition, indigestion, diarrhée, et assure au bébé un sommeil naturel.9 PRIX: 285 cents la bouteille, Le SIROP GAUVIN L\" RHUME Est composé des meilleurs remèdes pour les maladies de la poumons.Prenez-en au premier symptôme du mal,« ar un paraisse, prépare le terrain aux germes de la CONAOMPTION Qu'il s'agisse d\u2019une affection récente ou ancienne, vous vous guérirez a rec le BIROP GAUV orge, des bronches et des HUME, si léger qu'il vous pour le Les Cachets Gauvin pour le Mal de Tête soulagent et guérissent promptement Maux de Téte, Migraines, Névralgies, et toutes les douleurs.PRIX: 26 cents la boîte.Théâtre Chanteclerc \u2018hs fémecagéo: From \u201cSEMAINE DU 17 DTCEMBRE o CA C'T'UNE BONNE\u201d Revue d'Actualité en Six Tableaux de Palmi & Ri.Principaux Tableaux La Défense de nos Droits.Le Jardin en Fleurs.Odilon et Isaida.Ti Sir Wilfrid et la Conscription.La Chanson de Jeanne d'Arc {eros suce 5 Tes sente Fermes.Le Chanteur Maniaque.Le Drame Tragico-Comique.\u2026 la Commère : Mde Bella Ouellette.Le Compère : M.Descart.Odilon ; M.Hamel.Isaida : Mile Juliette Béliveau.Tipit Déluré : Palmiéri.Ou Fun.DuRire.DU PLAISIR .Tout le Monde se Tord EXAMEN dre, lire et écrire.\u201cTHEATRE National Français SEMAINE DU 17 DECEMBRE TROUPE EDCAR BECMAN Lundi, Mardi, Mercredi, \u201cLA FLAMBÉE\u201d Vaudeville et Attractions Pièce en trois actes, de H.Kestameakers Jeudi, Vendredi, Samedi : \u201c La Dame aux Caméllas \u201d Pièce en5 actes de A.Dumas.Fils.Matinée tous les jours excepté lundi et vendredi.La Bande du Parc.3 et 8 Hrs P.M.PARC SOHMER OUVERT TOUS LES DIMANCHES Extraordinaires.30 Artistes.Admission, 100.SPECIALTY FILM THEATRE CANADIEN-FRANCAIS \u2014 IMPORT Limited.Semaine du 17 Décembre 1917.L'ALLIANCE ARTISTIQUE présente \u201c L\u2019AIGLON \u201d Pièce en six actes de Monsieur Edmond Rostand Dimanche\u2014Vues Animées.Série d\u2019Etoiles on 4 Rouleaux de Pathé Heures de bureau.Tél.Est 2418 945s DOCTEUR J.-E.BOIVIN Chirurgien-Dentiste dans laquelle nous verrons en vedette \u201cAn Amazine Mystery\u201d La Série d\u2019Etoiles dans L'Amour ot Haine Gradué des Universités de Baltimore et New-York 101 rue ST-DENIS (entre Lagauchetiére et Dorchester) Spécialités : Ponts en or et couronnes MONTREAL Perils et Thrills, Featorine DORIS KENYON Samedi et Dimanche Surveillez la Fameuse \u201cThs Hidden Hand\u201d au Crystal Palace Théâtre Guérison des yeux sans médicaments, opération, ni douleur.Nos \u201cverres toric\u201d nouveau atyle \u201cà ordre\u201d, sont garantis pour bien \u201cvoir de loin et de près\u201d, tracer, cou- Consultez le meilleur da Montréal Le Spécialiste BEAUMIER } DE L'INSTITUT D'OPTIQUE 144 Est.rue Ste-Catherine, S245415R52 Montréal.DES YEUX AVIS.\u2014Cett nonce rapportée vaut 15 sous par dollar gur tout achat en lunetterle.Spécialité Yeux artificiels.\u2018achetez Jamais des Acd/ers ni aux magasins à-fous-/faire, sl vous tenez À vos yeux \u2014 LIBRAIRIE FRANÇAISE JULES PONY 374 RUE STE-CATHERINE EST, MONTREAL.Prix des revues et journaux français adressés par poste: Panorama de la Guerre, La Guerre de 1914, par G.Hanotaux, La Guerre du Droit, Je Sais Tout, 27 cents.Lectures pour tous, Lisez-moi, Bleu et Rouge, 17 cents.Annales, Le Miroir, J'ai Vu, Sur le Vif, 8 cents.Jeunesse Illustrée, Les Belles Suzette et Petit Journal, 4 cents.Images, Illustré National, Semaine de La Croix d'Honneur, Cri-cri, Petit Illustré, Intrépide, L\u2019Epatant, 3 cts.Grand choix de romans à 12 cts, 18 cts, 30 cts et 85 cts.Toute commande est payable en donnant l'ordre.LE CANA RD Journal Humoristique Hebdomadaire, paraissant tous les dimanches.Publié et imprimé par A.-P.PIGEON, Limitée, aux Nos 105-109, rue Ontario Est, Montréal.Téléphone Bell: Est 1121.Un an (pour le Canada), $2.00; Six mois (pour le Canada), $1.25.Un an (pour les Etats-Unis).$2.50; Six mois (pour les Etats-Unis), $1.50.Strictement payable d'avance.TARIF DES ANNONCES.\u2014Contrat pour un an: 1,000 lignes, ligne; 2.000 ou 3,000 lignes, 3%c la 10,000 lignes, 2c la ligne.Annonces à court terme: Première insertion, roc la ligne, subséquentes, sc la ligne.sc la ligne; 4,000 ou 5,000 lignes, 3c la ligne; insertions \u201cLE CANARD\u201d est vendu aux agents 48c la douzaine, payable strictement sur réception du compte.Les numéros non vendus ne sont pas retournables.Adressez toute correspondance ou envoi Montréal.P.Qd'argent à \u201cLe Canard\u201d, ELECTRA 570 SAINTE-CATHERINE EST TOUJOURS UN PROGRAMME DE VUES DE TOUT PREMIER CHOIX.Admission semaine, 10) La Taxe Dimanche seulement, [5c J Comprise.A _l'Enseigne Moderne J.A.R.DEGUIRE Peintre d'Enscignes Commerciales Enscignes sur Coton, Placards, Bulletins, Lettrage sur Yitres, Pancartes, c.Travail artistique de premidre classe, à des prix modérés.930 rue St-André, Montréal.shea ne 16 LE CANARD, Montréal, 16 Décembre 1917.Vol.XLI\u2014 No 7 y NG N C \\Z NZ À = I] \\ \\ a A LU, 2 4 4 ps > | i 7 7 7 7 7 a A 3 ps Ca A 2 7 % A J ol NW Q 2 2.S 1] » G 4 N St A 7 0 Lu CA 5 N A y 71 Pp = Gy À QUA 2 IC \\ 4 | | CA.2 au a: NX ANA av py ZL PEN 7 | S LA ui À \\- J 4 i ANY 42 0 a } i J Ta = = \u2014_\u2014 =\u2014 \u2014\u2014 \u2014 \u2014 \u2014_\u2014 \u2014 \u2014\u2014 = E57 \u2014\u2014 \u2014\u2014 EN N=) SAS Si tu n'fermes pes ta gueule, j'vais to mettre mon poing entre l'arbre et.l'écosse.\u2026 ais."]
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