Le Peuple : journal hebdomadaire, 25 septembre 1880, samedi 25 septembre 1880
[" \u2014e71 Sd à { Ière Année.a df \u201c RE ER PE ND ET SOS or = JOURNAL HEBDOMADAIRE VE LU à CT , .MONTREAL; Samedi 285 Septembret880.ee rr Wha à Un a.cans ssco sut ans 050 carers S180 Abonnements : fC \u2014\u2014\u2014 x IL.BEA UGRAIND DIRECTEUR-PROPRIETAIRE.Bureaux : Cre» an; rae St Cabriel I.e No 3 Cts.ADMINISTRATION.LE PEUPLE.JOURNAL HEBDOMADAIRE, rad tous les samedis.Les abonnements partent du fer et-du 15 de chaque mois.ABONNEMENT : Un an.\u2026\u2026.+0.S1.50 Huit MOIS.s0\u2026000 00000000 1.00 Quatre mois.\u2026.\u2026.50 LA PATRIE Paraît tous les jours à midi et à 5 hrs du soir, Les ahonnements patent Ju ler et du 15 de chaque mois.Les frais de port sont à la charge de l'éditeur-propriétaire.L'abonnement vst invariablement payable d'avance.Nous ne faisons jamais exception à Cetto regle.ABONNEMENT.Un an.verre $4.00 Six mois.\"Trois MOIS.LE xUm&no, Î cEs:.Par le portour, à domicile, en ville, 8 CTS PAR SEMAINE, \u2019 1.60 BUBEAUX DU JOURNAL : 22 et 24 rue St Gabriel.ANNONCES: Dix cents la ligne, première insertion et cinq cents la ligne pour chaque inser- Aion subséquente.Payable d'avance.Une remise libérale sera faite pour lrs annonces à long terme, Toutes correspondances.lettres d'affaires, lettres chargées, communications, ete, devront être adressées à II.BEAUGRAND, Directeur du Prurrg et de LA PATniE, Montreal.CHRONIQUE.L'un des collaborateurs de la Patrie, l'ami Cyrnien.possède, plus que tout autre, le talent de mettre en ébulilion le flel qui, suivant Boileau, cmpoisonne Udme des divots.Dans sa dernière chronique, il à eu l'audace de trouver peu chevaleresque la conduite de ceux Qui laissant ou font diflamer leur femme sur les Jouruaux ; et le Nouveau-Monde s'en venge en accablant la Patrie d\u2019une avalanche des plus gros mots que jamais sarnt homme ait pu trouver dans lo répertoire d'un sacristain fa.che, Ce qui anime Cyrnigx, suivant le Nouveau-Monde, c\u2019est sa haine pour tout ce qui est catholique.Toujours lA mème chanson.Mais st Ceux qui prernent la défense de la pauvre dame dont if sya, \u2014catholique comme son mari bien qu'elle n\u2019en fasse pas un mélier-\u2014sont déjà excommuniés, que vaætelle donc devenir elle même, grand Dien ! Moi, j'ai toujours cru que la religion no s\u2019identifait pâs ainsi avec les gens, et qu'on pouvait différer d\u2019opinion avec un pro grammiste, voire mêmo avoir un proces avec Jui, suns se déclaror par là même un ennemi de l\u2019Eglise.Je ne veux pas être méchant pour le Nouv-au Monde ; et quoique l'auteur de l\u2019article dirigé contre CyPniEN nous donne claire ment à entendre qu\u2019il aurait assez d'esprit de religion pour laisser outrager sa femme dans les jour- naux\u2014je l\u2019eslime assez pourcroi- re qu\u2019il n\u2019en ferait rien, etsurtout qu\u2019il ne provoquerait pas ces outrages lui-méme.Que les écrivains qui ont approuvé M.Trudel d'avoir ainsi laissé souiller la réputation de celle dont il est le défenseur naturel, viennent déclarer qu\u2019ils seraient prêts à en faire autant, etla Patrie leur pardonnera, en vertu de l\u2019aphorisme qui protège les non-responsables.On nous accuse d'en vouloir à M.Trudel.\u2014Oh! que non ; si la Patrie, avait eu un autre but que celui de protester contre un acte d'immoralité publique, il lui était facile de faire comme M.Trudel, et de publier une partie du dossier de'la fameuse cause.\u2014 ses lettres surtout.Nous aurions vu alors de quel côté les rieurs se scraient rangés.Le Nouveau-Monde ferait mieux de ne pas revenir sur ce délicat sujet, car les documents sont en core là.Il n'y a là-dedans ui question de politique ni question de religion : c\u2019estune question de décence.x Qu: = L'Espagne est sauvée.ll vient de naître une petite- fille à don Francois d\u2019Assises, qui ne s'était jamais permis d'en es pérer autant.Cette future maîtresse de tou- les les Fspagnes n'a probable- meat pas plus de dents ni de che veux qu\u2019un autre moutard\u2014j'al lais dire une autre moutarde de son âge ;\u2014ce qui n'a pas empèché les nobles hidalgos de dépenser eu poudre à canon, pour saluer l'arrivée en ce monde de la nou- vellé infaute, plus d'escudos et de doublons qu'il n'en faudrait pour nourir la moitié des pau vres de Madrid pendant si> mois.Pourvu au moins qu'elle-mènmie n'en dépense pas dix fois autant pour les faire mitrailler, quand elle aura des cheveux.et sur lout des dents! L'onthousiasme.populaire n\u2019a pas été extrême : on aurait mieux aime un garçon.Est-ce parce qu'un so souvient encore de la grand'mère ?* Mais j'allais commettre une irrévérence, et je m'arrôte.Je sais |ŒU'il m\u2019on cuirait si j'avais le Malheur de porter une main sa- crilègo sur rieh de ce qui touche de près ou: non aüx divines ins- litutions monarchiques.J'ai mê- Me élé un peu loin, je l'avoue ; et j'en demande bien pardon à M.Tarte, l\u2019illustre défenseur du trône et de l'autel.Pourtant l'on me une réflexion.Le clergé espagnol a.paraît-il, salué avec joie la naissance de cette liéritière au trône de Sa Majesté catholique.Mais que devient donc le droit vin de don Carlos pendant ce temps-là ?Car enfin, je me souviens \u2014et il n\u2019y a pas tres longtemps de cela\u2014du tolle général que soulevait dans notre sainte presse cléricale la moindre allusion désobligeante à ce prétendant archi-légitime appelé à faire refleurir ies beaux Jours de l'inguisition, et qui avait jure de faire le bonheur de ses sujets en les envoyant au paradis par le chemin le plus court.Il paraît que le droitdivin, c'est comme le ciel de Tartufe.Il n\u2019est pas incompatible avec les accom modements.Pauvre don Carlos, le voilà relégué \u2018sur les corniches où son cousin de Chambord a moisi si longtemps, pendant que les grands partisans de sa légitimité pactisaient avec celle de Louis- Philippe et de Napoléon 111.II ay a que la république qui n'ait jamais pu réussir à se faire uue petite légitimité.me demande une chose, L'on sait que, suivant M.le juge Routhier, les Etats-Unis vont se couvertir au catholicisme avant longtemps.Je me demande si M.Tarte exigera des Américains une amende honorable pour leur inqualifiable révolte contre leur monarque légitime en 1775, ainsi que l'abolition de l\u2019infime système radical qui les gouverne, et leur soumission à la couronne britannique à laquelle ils appar- itennent de droit divin, Ce sera difficile d\u2019arranger les choses autrement puisqu'on ne peut pas être en mème temps catholique et républicain.L'Angleterre devrait retirer ses ambassadeurs de Washington, et y envoyer des missionnaires, \u2014 le saint ermite de la rue St Paul de Québec, par exemple.nerme!'ra ue #4 ' ktes-vous jamais allé en Franve, lecteurs ?Non ?Eh bien, si jamais vous y allez, il faut éviter plusieurs choses : .lo Ne jamais parler des élections quand elles sont trop en faveur du parhi républicain.20 Ne jamais dire que la Fran.Ce est paisible et prospère, à moins qu'ello ne soit gouvernée par.une majesté plus ou moins légitime, do Prendre bien garde de constater la touchante union qui existe entre les radicanx et lès cham- bordistes, et l\u2019ensemblo édifiant avec:lequel.ces bons Français savant battre'en braclie le gouver- netent acclamé par los \u2018quatre.| vingt-dix-neuf centièmes de leurs concitoyens, to Si vous rencontrez des prè- tres sympathisant avec les hommes qui travaillent à sauver la France de l'anarchie et de la guerre civile, et surtout qui disent que la république appuyée sur la volonté unanime de la na- lion est aussi légitime que toute autre forme de gouvernement, À propos, vous savez que l'intéressant échevm a recu une lettre de M.le com's de Foucault.La Minerve.publié un extrait, juste assez long pour faire une malice «1 pauvre diable qui a pourtant bien assez des deux Canards à ses trousses depuis bientôt deux ans.* Vous êtes, dit M.Faucault à Charles Thibault, l'un des Mon- donnez-vous bien garde d'en souffler mot, car c\u2019est la plus grave insulte qu\u2019on puisse faire à la religion.do Surtout \u2014 et cette recom- mandatioun-ci est ls plus sérieuse \u2014W\u2019allez jamais, au grand jamais, p:étendre que Victor Hugo fait de beaux vers, et que Gambetta est un grand orateur ; car alors, si l'on ne peut pas vous cou per les vivres, l'on établira un cordon sanitaire autour de vous, et seront frappés d'excommunication majeure tous cenx qui ose ront s\u2019asscoir à votre table.Ll est entendu que le seul rapport qu'un bon chrétien puisse avoir avec la république, c'est de lui emprunter de l'argent.O les principes ! .Le parti conservateur se targue d'avoir des idées larges et libéra les.De grâce, qu'il ne se laisse pas envahir par cette poignée de cafards qui ne rèvent qu\u2019à crétiniser notre population ! Les partis politiques n'ont pas plus besoin d'eux, que la religion.Ils font tort à ceux-là comme à celle ci.Allons, un acte de courage ; ils vous pèsent sur les épaules : lais- sez-les glisser.Vous verrez que ce qu\u2019ils ont fait de plus important jusqu'ici, c\u2019est de nous diviser; ou lout au moins d\u2019envenimer à l'excès des public.+, À on Une nouvelle.M.[Fréchette francaise, avertic par M.Tardi w'eile a cuntinise, [ait mander le > lauréat pour le découronner.C\u2019est l'Union des Cantons de l'Est\u2014que les farcenrs des townships appellent l\u2019Oignon des cochons de lait\u2014qui nous l'annonce.C'est bien triste, 1nais ce qui crève encore plus le cœur, c\u2019est l\u2019amère réflexion qui termine l\u2019article de l'ovacle avthabaska- villozois.Le plus désolant, pa- raît-il, c'est que, maintenant, I'Académie, trompée d\u2019une façon si atroce, ne Consentira probablement jamais à couronner nos \u201c écrivains vraiment supérieurs.\u201d Là ! pas de chance ni pour M.Toussignant, ni pour M.Tardivel.Pas momo pour Charles Thjbault ! Gost oriant, oo discussion qui ne devraient avoir d'autre raison d'être que l\u2019intérêt repart pour la France ces jonrs-ci.L'Académie vel de l\u2019inpardonnable erreur tréalais qui se sont le plus dépensés pour bien recevoir et fêter les deux Français de France.\u201d Dépensé! Ca je crois! comme disent les Belges.Seulement !e MontrSatais Charles Thibault est commu Ir muse, \u2014 sans comparaison.Il peut se dépenser énormément sans s'affaiblir.I est probable que l'écrivair n\u2019a voulu faire aucune allusion maligne ; la Minerve a cu tort de relever ce qui n'est peut-être qu'un lapsus calami.Calle-ci je l'ai entendue de mes deux oreilles : Deux Canayens venaient de passer les lignes à Rouse\u2019: Point, en route pour l\u2019Amériqur.\u2014Tiens, regarde moi donc ça, dit l\u2019un deux ; des \u2018lioux, des navaux, des concombres\u2026tiens, tiens.un petit corhon !.Mon doux, mon doux! le monde est ben partout pareil !\u2026 RariN.\u2014 pe \u2014\u2014-_\u2014 Pendez-vous | Le portrait de M.Fréchette est publié dans la France Hlus:rée du à septembre, juste l\u2019anniversaire de la république.Le Canadien ne macquera pas de trouver là une coiucidence aussi perfide qu'infernale.Le mème journal contient aussi le sonnet inédit suivant, imprimé en fac-simile : Le MAYFLOWER.Voyez-vous ce vaisseau qui plonge dans [la lame ?Ou lit ua nom de fleur sur sa poupe {sculpté.Crest le bercesu d'un p:uple au gré des Lflots porté : L'ange de l\u2019avenir le protège et l\u2019acclame ! Ceux qui le montent fuient un sol persé- {cuté, Emportant avec eux les droits sacrés da (l'âme ; Et l'on voit dang les pli ue leur,noble {oritiathme, Flotter au vent du ciel ic mot de Liberté, Ils s'en vont au désert, à sninte confian- : [ce! Pour y servir leur Dieu suivant leur cons- fcience, Sans s'incliner devant aucun vain ori- (peau.Ils sont partis: eh bien, ces preux au [froat austère, Qui cherchaieat, pour prær, un libre coin [de terre, Sur In moitio du glote ont planté leur {drapeau ! Le portrait de Fréchette, et des vers libéraux, écrits par lui, publiés en fac-simile dans un journal catholique! Le Courrier du Canda n'a plus qu'd abjurer ! LE PEUPLE Sir Geo.Cartier en faveur d'un revenue \u201ctarif.\u2014 Une opinion que les conservateurs devront accepter sans arrière-pensée c'est celle de feu Sir Geo.Etienne Cartier.Longtemps ce chef politique exer(a sur ses adeptes une influence considérable, on pourrait dire prépondérante.ll imposait ses volontés À ses partisans et commandait leur obéissance lorsqu\u2019il ne pouvait pas s\u2019attirer leur respect, O:1 vomprend que son souvenir Vive dans la mémoire des conser- valeurs et que certains clubs demandent à son ombre de les pro téger.Le ptiicipe conservateul c\u2019est la négation tandis que le principe libéral est l\u2019affirmation.Les réactior.naires sont nés pour Obéir et se suniuettte, croire sans raisonuer, «ffirmer sans prouver Rien d\u2019étonuant qu'un homme de la force de vo'o.:te de Sir Geo.Cartier ait pu les soumettre à son jong: «était chose naturelle; l'esprit couservateur le voulait ainsi.Les conservateurs ue peuvent pas nous blimer si nous démontrons que l\u2019homme qu'ils suivaient aveuglement et dont ils vénèrent la mémoire, était comme les chefs libéraux, M, Blake, M.Laurier, M, Mackenzie, contre les extrèmes en matière de politique lis-ale et en faveur d\u2019un revenue tari].Sir George Cartier comprenait que le libre-échange était inapplicable au Canada et qu\u2019un tarif protecteur était loin d'être désirable.Il voulait im poser simplement un droit fisca- ou un impôt qui répondit aux besoins du fisc en procurant un revenu au pays.L'anglais dési gne cette politique sous le nom de revenue tariff qui rend exactement la pensée.Dans un discours prononcé en 1872 Sir George Cartier disait : * Les industricls demandent des droits protecteurs.CELA EST ABSURDE., et l'on pourrait en dire autant des théories extrèmes du libre-échange.Avec la protection poussée trop loin, vous tuez votre commerce extérieur, comme cela est arrivé aux Américains Er ET IL NOUS FAUT AVOIR RECOURS AUX TAXES DIRECTES.Nous ne ferons pas une TELLE FOLIE.Nous avons adopté la politique d'imposer UN DROIT FISCAL, rT NON UN DROIT PROTEC TEUR On demande un tarif protecteur.MAIS LORSQUE VOUS PROTÉGEZ LES MANUFACTURES,VOUS LIMITEZ LA VENTE DE VOS PRODUITS A VOS NATIONAUX.Si les Etats- Unis n\u2019exportent pas davantage, c\u2019est que la protection élève trop haut les prix des effets,\u201d 0.tte rer re Le chemin de fer du St Laurent, des Basses Laurentides et du Saguenay.Ndus avons mentionné récemment les efforts louables que font quelques capitalistes de Moz:tréal \"pour relier la rive nord du St Laurent, près des Trois-Rivières, à la région du lac St Jean.Les qdébecquois d'ordinaire assez ombrageux ne voient pas le projet avec indifférence ; ils crai- ghent que notre ami, M.Boutiller,, M.P.P., ne dévance M.Adolphe Caron et le lieutenant- colonel Baby-; C'est L'Evénement-qui pousse le premier cri; il donne le premier avertissement.En cela le con- \u2018frère est dans son \u2018Fôlé,, Car, FL faut l\u2019en croire, c\u2019est L'Evènement qui aurait prévu la chute de M.Mackenzie plus d'un ah avantles élections de 1878.Seulement notre confrère oublie qu\u2019il y a des gens -qui préfèrent tomber honorablement sur la route plutôt que de rebrousser chemin, M.Boutillier fera comme M.Mac- Kenzie: il suivra le sentier du devoir et y périra s'il faut, mais Une sacrifiera ni son honneur, ni sa réputation à de mesquines considérations personnelles.Voici les observations de L'Evencment : \u2018Trois - Rivières veut nous prendre le lac St Jean.Elle a lendu ses lacets de ce côté.Utilisante chemin ds Piles, elle ga gnerait de vitesse sur nous, el je poisson serait pris lorsque nous arriverions avec nos lignes.* Déjà, il y a deux cents hommes à l'œuvre et mille piastre en banque.Un député des plus actifs, quoiqu'étranger à Trois-Ri- vières, stimule le zèle des promoteurs.Nous vonlons parler de M.Boutillier, député de Rouville, membre de la gauche, mais rempli d'idées droites et animé en particulier du désir de rattacher la cité trifluvienne aux bords ombragés du lac St Jean.Pourquoi cet intérêt ardent pour Trois-Rivières?Pourquoi cette recherche passionnée du lac St Jean?Nons l'ignorons, «à M.Benjamen Sulte lui-mème pour qui l\u2019histoire des Trois-Rivières n\u2019a point de secret, aurait quelque pcine à percer ce mystère.\u201cIl n'en reste pas moins certain que M, Boutillier est notre rival au lac St Jean et qu'il guide Trois-Rivières vers ces parages.Il bat la marche et peut-être poussera t-il la confiance jusqu\u2019à aller y attendre le premier train.\u201c Voilà notre devoir rempli.Québec est averti et sait ce qui le menace.\u201d NISATION.COLO Sa Grandeur Mgr Taschereau vient de lancer un mandement au sujet de la colonisation.Le distingué prélat, en prêtant son concours à l'œuvre éminenunent nationale de la colonisation, déplore l'émigration des canadiens aux Etats-Unis qu\u2019il attribue à deux causes principales : le luxe et l'intempérance.Citant les pa roles des pères du cinquième con cile sur l\u2019importance d'ouvrir les terres nouvelles Mgr.Tasche reau continue : * \u201c Oui, N.T.C.F., dirons nous avec ces mêmes Pères : \u201c C'est \u201c depuis qu\u2019un luxe effrené a en- \u201c* vahi nos campagnes que cette \u201c émigration a pris des propor- \u201c tions si alarmantes.On s'en- \u2018 dette outre mesure pour se \u201c procurer des toilettes extrava- \u201c* gantes, des ameublements trop \u2018\u201c riches pour les moyens dont on \u201c dispose, pour fêter des amis, \u201c pour paraitre en public avec \u2018 des équipages magnifiques ; en \u201cun mot, lorgucil de la vie, ** comme l'appelle l\u2019apôtre Saint- * Jean (I.Ep.IL.10), entrant en * conspiration infernale avec la * « concupiscence de la chair et \u201cla concupiscence des yeux, n \u2018* s'attaque avec acharnement à \u201c fortune temporelle des familles, \u201cpour arriver à la ruine éter.\u201c nelle des âmes.\u201d \u201c L\u2019'intempérance, ce vice dé- « gradant, ce vice funeste à la \u201c fortune et au repos des familles, \u201c à la santé et à la vis de ses * malheureuses victimes, ce vice \u2018\u201cenfln qu'on peut appeler avec \u2018\u201c vérité une des grandes portes \u201cde l'enfer, l\u2019intermpérance, di- * sons-nous, en appauvriseant les \u201c familles, et en diminuant l\u2019es \u201c prit de foi, pousse un certain « nombre de nos compatriotes à \u2018 aller aux Etats-Unis.\u201d L'archevéque dit ensuite gute la religion va offrir un remèdé effi- cace à tous les maux qu\u2019il vient d\u2019énumérer.Ce remède c'est la colonisation qu\u2019il veut favoriser en organisant une grande association, Voici ses paroles: * Nous établissons dans notre diocèse une société de colonisation dont la direction sera confiée à un-conseil composé d'hommes dont le zèle, le désintéressement et le patriotisme sont connus de tous.Aidé de leurs sages conseils et de la connaissance parfaite qu\u2019ils ont du territoire ct de ce vaste diocèse, nous comptons, avec l\u2019aide de Dieu, pouvoir do:.- ner à la colonisation un élan tout nouveau, et dont les fruits abou- dants réjouirout les cœurs de tous ceux qui aiment notre patrie.* Mais, N.T.C.I,; pour réussir daus cette grande entreprise, nous avous besoin de votre concours.* lo, Concours de votre zèle pour cette œuvre dont vous comprenez sans peine l'importance majeure et urgente.Notre nationalité, notre religion, et par con séquent, l\u2019avenir spirituel et tem- purel de vos enfants et de vos compatriotés, y sout profonde- ment intéressés.\u201c Nous nommons pour séia teurs de l\u2019œuvre tous le curés et supérieurs de séminaires, collèges et communautés.Ils nommeront, chacun dans sa paroisse ou son établissement, des collecteurs et.collectrices chargés de recueillir à domicile la contribution annuelle des membres, et les noms de ceux qui veulent se faire inscrire.Faites connaître cette œu- vre à ceux qui l\u2019ignorent ; excitez le zèle et la générosité de ceux qui ne paraissent pas assez portés en sa faveur ; donnez l\u2019exemple, toujours plus eflicace dans les paroles.20.Concours de votre générosité, ou pour employer âne expression plus chrétienne et plus di vine, concours de votre charité, la première, la plus excellente de toutes les vertus, sans laquelle, au lémoignage de l'apôtre St Paul (I.Cor.XTIT.19) nous ne sommes rien devant Dieu.Oui, N.T.C.F., concours de votre charité, cav il ne s'agit pas seulement d'aider à l'établissement d\u2019un certain nombre de vos enfants et de vos compatriotes, Ce qui est déjà un grand acle de charité, une aumone corporelle tres efficace, mais aussi de procurer la gloire de votre Dieu en conservant dans les sentiers de la foi un grand nombre de familles, qui sans cela, iraient ailleurs s\u2019exposer au danger de perdre la foi et de périr éternellement.\u201c Nous vous demandons chaque année la petite aumône de dix centins par personne.Cette aumône vous donnera dro.t aux fruits d\u2019une messe qui sera célébrée chaque mois pour attirer les bénédictions spirituelles et temporelles sur tous les membres de 'associalion.Vous aurez donc la bénédiction de la charité, de Dieu que vous glorifiez et du prochain que vous aidez ; la bénédiction de la foi dont vous conservez et augmentez le règne dans notre chère patrie ; la bénédiction de l\u2019espérance par la grâce et Ja miséricorde que Dieu répand sur ceux qui l\u2019aiment et le servent, et par la gloire éternelle qui récompense mème un verre d\u2019eau donné pour l'amour de Dieu.Fallutil pour cela sa- crifler quelque petite dépense, quelque plaisir, nous sommes certain que votre foi ct votre patriotisme vous feront saisir avec donheur une si belle occasion de bien mériter de l\u2019un et de l\u2019autre.«3o.Enfin, N.T.C.F., nous comptons suf le concours de tous les parents chrétiens, surtout des culivateurs, afin que vous donniez vos enfants à la colonisation ou plulôl à la patrie, à la religion, à Dieu même.« Oui, N.T.C.F., ne vous contentez pas de donner à cette bonne œuvre votre zèle, votre contri- est plus directement établie.Leplus souvent dans les familles tant soit peu nombreuses, l'hériæ tage palernel tant soit peu partagé so réduit presqu'à rien.La; colonisation vous offrefun moyen facile pour assurer leur avenir.Vos fils iront dans la forêt arroser la terre d\u2019une sueur qui la fécondera en peu d'années, 8f leur permettra de jeter bientôt là base de nopvelles familles, où vos tilles trouveront leur place à leur tour.Avec ce que vos lils auraient inutilement dépensé en voitures et en habillements de luxe, et peut-être, hélas! en dé- bauthes, vous pourrez les aider facilement à se créeren peu d\u2019années un établissement ou ils trouveront un bonheur et une aisance que l'oisiveté, le luxe et le plaisir no leur donneront cerlaine- ment jamais.L'expérience est là pour prouver que ces courageux colons, qui n'ont pas eu peur des épreuves ausquelles leur condi tion, comme toutes les autres est exposée, ont fini par se créer une position infiniment préférable sous tous les rapports à cel exil et à cet esclavage que certaines familles sont allées chercher dans les manufactures des Etats-Unis.\u201d Après d'autres considéralions sur les avantages que la nouvelle association offrira aux colons le mandement termine comme suit : ** À cès causes, el le saint nom de Dieu invoqué, nous réglons el ordonuons ce \u2018qui suit : lo Nous établissons une société de colonisation dans notre diocèse ; le Conseil d'administration sera composé de l\u2019Archevèque, président ex-officio, et de quatre membres nommés par lui, dont deux laïques et deux prêtres, \u201c20 Pour être membre de l'association, il suffira de se faire inscrire par un zélateur, et de coutribuer annuellement par dix centins pour l\u2019œuvre.+ 3o Messieurs les cutés et su périeurs des séminaires, collêges et communautés seront zélateurs ex-officio.lls nommeront des collecteurs ct coliectrices chargés de recueillir à domicile les noms et les contributions des membres.\u201c40 Tous les ans, au temps que chaque curé jugera plus opportun, une quête sera faite un dimanche ou tête d'obligation, dans toutes les églises de l\u2019archi- diocese et le produit en sera immédiatement envoyé à l'archevêché, pour y ètre à la disposition du conseil d'administration de la société.\u201c* 50.Chaque mois, une mesze sera célébrée dans la Lasilique de Québec, pour attirer les béné- diclions de Dieu sur tous les membres de l\u2019associatiôn et sur les colons qu\u2019elle assiste directement ou indirectement.Les membres défunts y auront aussi leur part.\u201c* Sera le présent mandement lu et publié au prône de toutes les églises et chapelles de paroisses et de missions où se fait l\u2019office public, le premier dimanche après sa réception et plus tard, chaque année, le dimanche qui précédera la quête ordonnée pour la société.\u201c Donné i Québec sous notre seing, le sceau de l'archidiocèse et le contre-seing de notre secre- taire, le premier septzmbre mil huit cent quatre vingt, + E.A, ARCH, DE QUEBEC.ce ec WD ++ \u2014 \u2014 L'inconstance de la fortune.Un homme qui doit faire d\u2019amères réflexions sur l'inconstance des choses humaines c'est M.James Colledge Pope, ministre la marine.M.Pope est une girouotte per fectionnée, un caméléon qui change de couleur avec la rapidité de l'éclair.Il peut rendre des points à M.Aphonse Desjar- bution annuelle ; donnez-y vos enfants, car c\u2019est pour eux qu'elle dins et damer le pion au sénateur Fabre.En 1876, M.Pope fut porté au parlement en pronant le libre- \u2018échange eL en dénonçant la pro.lection comme une absurdits, Cependant los conservaleurs, qui connaissaient leur homme, le réclamèrent, M.Pope resta sur la clôture ; il sour:t à la gauche el vola avec la.droite sur les ques lions de politique fiscale: la gi- rouetle foncliounait à merveille et sa tige semblait bien solide- meut fixée en:re les deux camps, Un jour, M.l\u2019ope, voyant le vent tourner sans cesse contre la droite, passa définitivement à gauche el caressa l'illusion d'un portefeuille dans uu prochain ministère = conservateur.Son vœu fut réstisé le {0 octobre 1878 lorsque Sir John A.Macdonald organisa son cabinet, Aux élections de 1878, M.Ligpe joua le mème jeu que dans la * Chambre des communes.\u201d Il fit des discours et pour les libre- échangistes qui sont nombreux dans l'Île du Prince Édouard et pour les protectionnistes qui voulaient arriver au pouvoir.\u2019 Suivant cet illustre économiste le national policy siguiflait libre.échange avec les Etats-Unis par- cequ\u2019il devait forcer nos voisins à adopter une politique de réciprocité commerciale avec le Ca nada.ll parla aussi fortement contre les impôts Pt promit aux \u2018insulaires une part de l'indemnité des pècheries.Ce charlatanisme trompa les électeurs, mais çe, {ut (pour peu de temps.10 Dernièrement M.Pope visitail ses électeurs qui-le-reçurent froidement.Les jourttaux conservateurs l'accueillirent par des quolibets et l'accusèreñt de népotisme.Voyant que son comté lui tournait le dos M.Pope sc rendit dans le comté de Prince qui est représenté par un libéral, l'hon.James Yeo, et un conservateur, M.Hackett.Lai] organisa un baaquel en sou honneur et invila ses nombreux parents à prendre part à la fête.Le repas eut lieu à Sunimerside, aulieu de Charlottown, la capitale de l'ile, et afin d\u2019avoir des dineurs\u2014classe géné ralement si facile à trouver-on distribua des billets gratis.Le député conservaleur du comté, M.Hackett, craignant probablement pour sa propre popularité, refusa d'assister au banquet.Les autres députés conservateurs de l'ile suivirent l\u2019exemple, ct laisscrent le ministre de la marine isolé, abandonné, au milieu de gens payés pour l\u2019entendre.Tous ces faits sont affirmés par la presse.M.Pope perdit courage.On dit qu'il ne chercha pas méme à faire bonne contenance devant l'infortune.Dans son discours il ne soullla pas mot de la protection ; il s'excusa de ne pas pouvoir accorder à l'île une part de l'indemnité des pêcheries, et il n'osa pas promettre des jours meilleurs.L'ile du Prince-LEdouard revient au parti libéral ; elle nous est même acquise, Une épreuve du scrutin envorrait à OUawa six dépulés réformistes.Nous reverrions les figures sympathiques de l\u2019hon.S.F.Perry, du Dr Mefntyre, de M.Davies.Après sa déconfture de Summerside M.Pope a repris la route d'Ottawa où il s\u2019appliquera à placer dans les bureaux du gouvernement tous ses parenls ot can + LEUPEUPLE grands et petits.Bien que le népotisme ait été la qualité dominante de M.Popu il lui reste encore, paraitil, des parents au cinquième degré à honorer aux dépens du public.\u2014\u2014\u2014\u2014\"- Un nouveau journal conservateur quine veut pas l'être.\u2014 Dire qu\u2019un nouveau journal vient de paraître à Québec c'est chose qui n\u2019étonnera personne.Ajouter qu\u2019il est corservaleur c'est presque dans l'ordre des choses, mais annoncer sans rire qu\u2019il n'est pas miuistériel c'est renversant.Le Québecquois\u2014c'est le titre de la nouvelle feuille \u2014 pense que M.Chapleau n\u2019a pas assezde ten dresse pour la Lonne ville de Champlain : toute sa politique se resume a demander des faveurs du pouvoir.Quant au Qu¢- becquois lui-même il ne deman- de rien.Peut-être pense-til que la rosée qu\u2019il attend des dieux de l'Olympe répandra sa douce fraicheur sur les journaux conscrvateurs aussi bien que sur nos bous québecquois.C'est un journal cocasse que ce Québecquois ; il nait à l'époque de l'exposition fédérale, au moment où l\u2019on expose les curiosités.Nous serions heureux de voir les organisateurs du grand concours lui offrir un endruit spécial.Il provoquerait la curiosité à côté de L'Evènement qui quelquefois s'appelle journal libéral tout cu combattant le libéralisme.Craignant que les directeurs de l'exposition n'aient pas pour Le Québecquois les attentions qu\u2019il mérite eune voulant pas priver le public d\u2019un objet aussi curieux, nous allons cucillir quelques perles dans son prospectus.On dit que le rédacteur est un M.Philippe Masson qui autrefois à publié quelques billevésées dans le Journal des Trois-Rivières.[la changé de scène : c'est déjà un grand pas.Voici le prospectus : « Notre journal, Le Québecquois, est un journal déterminément dévoué à la cause de tous les principes et de tous les intérèts conservateurs, mais irrévocablement décidé à faire une guerre acharnée à la politique antiqué- becquoise du cabinet Chapleau, et à ses allures injurieuses à l'honneur et aux droits de notre cité.\u201c* Les québecquois n'ont jamais eu à trop se féliciter de la bienveillance de tous les gouvernements passés, conservateurs ou libéraux, mms il appartenait au seul M.Chapleau de faire peser sur eux le joug du mépris le plus humiliant.\u201cLa haine que ce gouvernement professe pour la cité de Québec est tiop évidente.Les usines du chemmn da fer du nord, sur les bords de la rivière St Charles, demeurent Loujours sans emploi; les ouvriers qué- becquois, mème ceux qui, du Lout temps, ont élô les amis les plus dévoués do la cause conservatrice, voient le gouvernement leur refuser avec obstinution leur part die et légilime dans les travaux public, el, néanmoins, chaque semaine, des élrangers vien- aout du Montreal eniever à nos conritoyeuns le travail et le pain quotidious, \u2019 \u201cL\u2019injuslico existe, elle est indéniable, elle est révoltante.Oui, elle est révoltante, nous devons dovons lu dire on dépit de toules les hautes récriminations des Cing où six amis, passagèremonl \"quebocquois, de M.Chapleau.« Nous compronons que le-pre- mier ministre actucl*puisse avoir quelques tendresses pour les sions.Nous comprenons que la cité de Québec, si elle n\u2019eût pas méconnu ses propres intérêls, aurait donné son plus chaud appui à l'honnète cabinet de Bou cherville, et n\u2019aurait pas aidé le comté de Montmorency à repousser l'honorable M.Angers.Nous comprenons que l'honorable M.Angers aurait su faire respecter l'honneur de la cité et du district de Québec, et protéger efficacement leurs intérêts.Mais l\u2019honorable M.Angers aurait su aussi rendre justice à qui de droit, n'aurait pas sacriflé Montréal à l\u2019égoïsme de Québec, ni érigé la politique en on système de brigandage et de corruption.* 11 n'est plus possible, pour le parti conservateur de la cité el du district de Québec, de reconnaître encore l\u2019honorable M.Chapleau pour son chef.L'esprit de parti ne peut être poussé jusqu\u2019au point d'appuyer quand même l\u2019homme qua fail fout pour leur ruine.Soyons conservateurs, Oui, mais aussi snyons québecquois.\u201c Notre journal vient au-devant des vœux de la presque-una- nimité des vœux du parti con servateur de la cité et du district de Québec, et s'afliche particulièrement comme le représentant et l'ami déclaré de tous leurs in- térèls.\u201cIl ne faillira pas à la tâche.\u201d \u2014\u2014Æ nin L'Union des Cantons de l\u2019Est dt que la sécheresse est telle daus le district d'Arthabaska qu\u2019à certains endroits, comme Buistrode par exemple, les cultivateurs sont obligés d'aller à trois ou quatre milles de distance pour s\u2019approvisionner d'eau aux rivières.Les prairies sont brilées et la production du beurre est devenue une bien petite affaire.Naufrage de \u2018\u2018 Vera-Cruz.\u201d Quoique nous avons donné dé- J certains détails sur cette terrible catastrophe.nos lecteurs nous sauront gré de mettre sous leurs yeux le rapport fait par MA.Owen, ingémieur civil à Chester, Pennsylvanie, l\u2019un des onze survivants du désastre.Il en fait un récit très-&Émouvant.Le Vera-Cruz, a-t-il dit, est parti de New-York le mercredi 25 août, à * heures de l'après midi, sous la commandement Ju capitaine Edward Van Sice, à desti nation de Vera Cruz, Mexique, avec trente-ui passagers de cabine.{y avait aussi deux chevaux à bord.les officierset hommes d'équipage étaient au nombre de cinquante un, ce qui faisait un total de quatre-vingt-deux persou- nes pour le steamer.Onze seulement, autant qu\u2019on puisse le savoir, onl Élé sauvées La cargaison se composait de marghandises assorties très lour- des\u2014légumes en caisses, un wa gou pour un chemin de fer Mexi cain, des barils d'huile et d'acide.Ces articles étaient sur le pont.Il à plu, mercredi, jeudi et vendredi jusqu'à minuit.Le roulis était très fort, et pendant les repas il était diilicile de maintenir les plats sur la table.Cependant les passagers étaient de bonne humeur, el quoique chassés du pont par la pluie 1ls semblaient se plaire au voyage.À une heura du matin, samedi, on a entendu le capilaine dire au premier liou tenant Harris : \u2018 Je viens de re- Marquer que ls baromètre baisse rapidement, Nous allons avoir un-ouragan.\u201d Ordre fut donné de jetër par-dessus bord lo wagon, ainsi que les barils.à huiie ot les Caisses d'acides et de légumes qui étaient sur le pont.Nous avons été atteints par le cyclone à 2 beures moins 25 minutes du matin, samedi.Le steamer, frappé à bâbord avant, a presque donné à la bande.Dès ce moment, il est devenu impossible de mar chersans se tenir aux chaises, tables ou autres pièces fixes du mobilier, et tous les articles mobiles qui étaient dans le salon, ont été jetés de bâbord à tribord.Re vent soufllait du nord-est, Le soir, trois écoutilles vitrées du grand salon ont été emportées, et un volume d'eau considérabl- s\u2019est précipité dans le salon et dans les cabines.A minuit, les passagers étaient assis ou étendus sur le plancher du salon, cau sant et s'assistant les uns les autres.lls étaient encore d\u2019excellente humeur et !a conversation etait joyeuse.Le général Tor bert, chassé de sa cabine inon ne 27, cabine L'après midi, il ment saigné el services aux femmes et aux en fants.A une heure du matin, | chambre de la machine étant se elle était trop petite pour pou voir rendre aucun service.la pompe a\u2018épuisement a été mi se en jeu, et elle fonctionnait en core quand le navire a sombré Le comptable est accouru en tou te häte, de la port du capitaine prier le général Torbert de rc quérir les passagers d'aider l\u2019é à faire passer les seaux d\u2019eau Le capitaine Van Sice faisait aus tombant constamment et grande quantité entre les ponts et qu\u2019il ne nous restait qu'à dis- ge aux femmes.11 n\u2019y avait pas la moindre su rexcitation à bord.eux-mêmes étaient sérieux et raisonnables.On s'est aidé mutuellement à arranger les ceintures de sauvetage, et le général Torbert ne cessait pas de plaisanter.Cependant la tempête était terri ble.Ces vagues, ce vent et cetle pluie défient toute description.Chaque vague faisait pencher le navire, et il fallait ramper pour aller d\u2019un endroit à l\u2019autre.Ou n'y voyait pas À cent mètres de distance, ct le vent et la pluie faisait plus de bruit qu'un feu de mousqueteric.A 4 heures_et 12 minutes une lame a traversé la chambre de la machine et le salon, avec le fracas d'une batterie d'artillerie.Le: général Torber m'a amené le jeune Waltendgeâgé de neuf ans, ctm\u2019a dit qu\u2019eu- iro nous deux\u2019 nous nous chargerions de lui.Je lui ai fait observer que nous n\u2019avions guère qu\u2019un quart d'heure A vivre et qu\u2019il serait plus miséricordieux pour ce petit-garçon de le laisser couler avcc'lë'navire, mais le général'a insistéqu'il fallait:le sau- dée, est venu avec moi dans la avait êté jeté ruderment contre une table et avait reçu une blessure à la joue qui avait abondam- l'incommodait beaucoup, mais ilest resté très gai, adressant des paroles rassurantes'à l'un et à l\u2019autre en ren- dantä Loute occasion de petits che, la dragne a été lancée, mais A2?heures, le navire a embarqué une énorme lame qui a éteint les [eux et arrêté la machine.Alors quipage, sans quoi nous allions couler.Je montai aussitôt sur le pont, et peudant une heure j'aidai si partie de la chaîne, mais c'était un travail inutile, l'eau de mer en Je redescendis au salon, pour prévenir le général Torbert que le navire allait être mis en pièces tribuer dos ceintures de sauveta- Les enfants ver et il m\u2019a dit : \u201c Gardez-le près de vous jusqu'à mon retour\u201d Une minute après, \u2018une nouvelle vague inondâ le salon, et je fus séparé du petit garçon, qui avait roulé avec moi pêlamêle avec les tables et les chaises, mais il fut recueilli par quelqu\u2019un et mené à son père.Je criai au général Torbert de venir sur le pont, il me répondit qu\u2019il me rejoindrait dans un instant, et je ne l'ai pas revu vivant.Les passagers s'assemblèrent alors dans la salle au-dessus de l'escalier du sulon, pour se faire leurs adieux les unsaux autres.Jamais peut- être on a vu des passagers aussi calmes dans des circonstances aussi effrayantes.M.Alexander Wallendge me ramena son petit garçon et me dit: \u201c M.Owen, je vous donnerai 31,000 en or si vous vous chargez de mon fils et que vous le conduisiez 3 terre.\u201d Je lui répondis qu'aucun de nous probablement ne serait en vie cinq minuses après l\u2019engloutissement du steamer.Et ce qu\u2019il avait de mieux à faire c'était de se laisser couler le plus vite possible avec le petit garcon.H n\u2019y avait pas d'espoir de salut par une pareille tempête, et nous devions tous considérer nos rû- les en ce monde comme finis.Miss Sadie Fay me demanda de sa voix la plus douce de veiller sur elle, mais je lui dis, à elle et aux autres, qu\u2019il n\u2019y avait rien à faire que de rester sur le navire jusqu'à ce gn\u2019il sombrât, et ensuite de se tenir aux épaves le plus longtemps possible.Le capitaine a été vu pour la dernière fois à 4 h.12 m.Person- 1 sétant-retournée sens dessûs- dessous, Smith s\u2019est cramponné à une autre, etle général n\u2019a pas été revu vivant, je n'ai pas vu passer un seul naufragé, vivant, moribond ou mort, quine saignât de quelques blessures infligées par les fragments flottauts.En 15 minutes, la moitié étaient morts ou mourants.M.Wallendge et son fils ont passé près de moi, se tenant à des fragments différents à une dizaine de mètres de distance l\u2019un de l\u2019autre.Le père semblait abat- lu, évidemment par la pensée de son flis.Celui-ci était aussi calme que quand il jouait au salon deux jonrs avant.J'ai vu passer bien d\u2019autres passagers, dont je ne connais nas les noms.La stewardess pr1-e dans le salon eutre des purtes «des tables a été engloulie uvet ie steatder, L'eau tombait sur elle comme un Niagara.Elle pleurait et m\u2019appelait à l\u2019aide.Après avoir été roulé une demi heure d\u2019une montagne d\u2019eau à une autre, j'ai saisi une pièce du navire de 25 pieds de long et 10 de large.C'était nn des côtés de la salle à manger.A travers une des fenêtres.je voyais la té- te et les épaules d\u2019un nommé Thomas Grambeo!l.Il me demandant de le délivrer en Drisant la charpente, mais comme c\u2019était impossible je Ini ai donné une poussée, et il est venu ressortir par une autre fenètre.Nous sommes tous deux restés accrolés à cette épave pensant 24 heures, les deux tiers du temps sous l\u2019eau.Nous étions entièrement aveuglés par lesul déposé dans nos yeux.En arrivant dans le ne ne sait s\u2019il a sauté volontairement à la mer ou s\u2019il a élé emporté.Le premier lieutenant Harris, le second et un ou deux hommes d'équipage ont été tués en essayant de dégager le canot de tribord.M.Miller et les autres mécaniciens sont restés dans le steamer jusqu\u2019à son engloutissement.Le quartier-maître William O'Neal et un matelot de nom inconnu étaient encore a la roue quand le navire a sombré.Pendant la tempête, le capitaine n\u2019est jamais venu auprès des passagers el ne s\u2019est pas enquis une seuls fois de leur condition.À 6 heures du matin, le stea mer a coulé en se rompant par le milieu, et la mer a été remplie de fragments de vivres, de marchandises, bagages, etc.Dire qu'il y avait dix millions d\u2019épayes flottant ensemble cing minutes après la catastrophe serait une grande exagération et ne donnerait cependant pas une idée exacte de la situation.Hommes, femmes, enfants, chevaux, chats et rats roulaient core fondus ensemble au milieu de cette masse.Les vagues en forme de pain de sucre, avaient 50 pieds de haut et se démolissaient les unes contre les autres.Quand une vague saisissait l'un de nous, il était roulé jusqu'à sa cime, puis jeté sur la vague voisine renvoyé à la première et ainsi de suite.Après trois heures de temps les vagues ont cessé d\u2019avoir cetto forme pour prendre celle de d'a- rètes tantôt convexes et tantôt concaves.Un quart d\u2019heure apres l\u2019engloutissement, le général Torbert a été recueilli par un hom me de l'équipage, Gharles Smith.Il était très faible eLavait besoin d'aide pour se tenif>aux.épaves.Celle à laquelle il était accri &hé \u2019 ressac, lundi, à 4 heures du matin, notre radeau a été mis en pièces, et nous avons élé roulés six fois sur nous-mémesavant d remonter à la surface.Nous avons débarqué sur la ferme de M.Botefuhr, près de Daytona, comté de Volunzia, a 60 milles au sud de Sle Augustme et 12 milles au nord de Mosquito Inlet, Charles Smith, James Kelly et Masson Talbot, de l\u2019équipage du City of Vera Crus, ont débarqué près de nous, dans une espace de 5 milles les uns des autres.Charles Brandenburg et John Greenfiel, aussi de 1'équipage ont ont débarqué à Mosquite Inlet.Deux autres hommes d\u2019é quipage et deuxpassagers de noms inconnus ont débarqué à Smyrna, au sud de Mosquito Inlet.Aucune dame n\u2019a été sauvée.Les seuls sauvés connus sont trois passagers et huit hommes d\u2019équipage.Le corps du général Torbert a été retrouvé sur la plage, lundi matin, à New-Urisliätin, à 6 milles dela ferme Botefubr.Le corps était chanel, le cœwvr battait encore, el le sang coulait d'une blessure au-dessus de l\u2019œil droit.Il était évidemmént arrivé sain et sauf aux brisants, où ila dd être frappé par le fragment qui lui servait de support et étourdi.llaété découvert floïlant dans le ressac par M.Pitts, et il était noyé quand il a attoint la plage.Les règlements de quarantaine ne permettant pas ie transport de son corps dans su résidence, à Milford, avant le mois\u2019 de novembre, il a été enterré provisoirement, mercredi matin, dans la ferme Bolefuhr.11 a été recouvré en tout, jusqu'à présent, dix corps, dont trois de femmes. Eh) \"TT - he :E JEIBJUPLE LE PEUPLE MonTREAL, 25 SEPT, 1880 ma COURRIER.M.de Freycinet, premier mi nistre du gouvernement francais, a placé sa résignation entre les mains du président Grévy.Une dépèche de l\u2019aris annonce que M.Jules Ferry va j robablement lui succéder à la présidence du conseil.\u2014\u2014_ manne M.Fubre, le bel Hector, est re- para pour l'Europe samedi der- mer, chargé probablement d'une mission diplomatique quelconque.- + Le pauvre garcon aura réitss: à carotter quelques centaines du dollars à =ir John ou à M.Chu plea.cae = A propos Gu su, -wment sir la contiestation de l'élection de Charlevo.x Le Lu'herquois, le nou- Veuu journal conservateur à gur- tibus infidctium, dit: ** Aou: savons de bonne sour ve, ei Gepuis longtemps, que M.Perrenault a entièrement perdu l\u2019estimie d'un grand nombre des amis les plus sincères, les plus aidents et les inieux devoués du parti conservateur dans Charleles dépenses électorales les plus pressantes et les plus justes n'ont pas encore été payées, ni par M.Perreault, ni par ses les ont commandées voix.amis gui pour lui.* Un fail.\u2014M.Pierre Narcisse Bois, percepteur du revenu, tient maison de pension en face de l\u2019église de la Baie St Paul.De tout tenis, il a élé conservateur, et s'est consac:é au service de son parti avec le plus complet et le désintéressé dévouement.Or, durant la cabale des derniè- Perreault, Tarte et nombre d\u2019autres ont mangé et dormi pendant plusieurs jours et plusieurs nuits chez M.Bois qui n\u2019a pu encore plus res élections, MM.recevoir un seul sou pour les services qu\u2019il leur a rendus.\u201c Nous pourrions citer bien d'autres noms.+ Nous nous privons donc d\u2019offrir à M.Perreault des félicitations qui seraient des outrages Nous sevous que leurs desiss auraient pour ses propres électeurs.voulu un autre ré:uitat.\u201d \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014# \u2014\u2014\u2014 On lit dans L\u2019Electeur : \u201cAu lieu de couvrir Québecist de manufactures, la protection l'a couvert de panqueroules et de ruines commerciales.\u201cQuant & la construction des navires, st l\u2019on veut voir ce que la protection a fait pour elle, que l'on parcoure les bords de la rivière St Charles, que l'on traverse à Lévis.Partout où l\u2019on voyait, il y a quelques années, des navires en construction, on ne voil plus que des tus de copeaux noircis; le bruit et l\u2019activité d\u2019il y a trois ans ont fait place au silence et à la désolation; les charpentiers de navires, pour ue pas mourir de faim, ont élé forces de se faire cordonniers, journaliers, ou d'émigrer \u2018\u2019aux Etats-Unis.Les droits mis sur le fer, le quivre, les cordages, les voiles, en un' mot, sur toutce qui entre dans la construction des navires, se montent à 81.15 par tonneau.Coinment veul-on que la cons- traction des navires prospère, Même avec une remise de droits de 75 cents comme celle que M.Tilley a accordée pour tâcher d'empêcher la ruine de cette grande industrie de la construction des navires ?- \u2014\u2014re > 0 Comme s'il y avait un comté de Varennes! Il a voulu dire le comté dans les limites duquel Varennes est situé.Mais il ne dit pas toujours | ce qu\u2019il veut: sa plume est si trai- tresse.Et puis, M.Massue n'est pas le représentant du comté de Ver cheres.Il y réside, mais il représente Richelieu.Partir d'Ottawa pour venir nous régenler, etne pas savoir quel comté sou ami repiéserle, c'est bien du T'assé.Ca ue doutz de rien, cette en- geutve-sà; ayant affaire avec les lecteurs de la Minerve, on cou- prend cela.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 ED - G\u2014 La c.ise ministérielle en Jian: Boi rns ener terminée.Mdules Ferry est charge dela for.waiion d'u Duvaeun ministère._\u2014 - - ewe 1-1 osera nier maintenant que E-xposition de Montréal n\u2019a pas eu un snecès colgssal.50,000 personnes, hier, sur les terrains de l'exposition ! D dd On lit dans le Vucbecguois, journal conservateur : «la rumeur dit que ce n\u2019est pas M.Chapleau qui gouverne, mais que le gouvernement est aux mains de ses favoris, MM.Senécal, S.N.Cimon et Blum hart, trois bons lurons, comme vous le voy«z, lecteurs.\u201c «C'est par l'entremise de ces trois /iwnnétes spéculateurs que tout le patronage officiel s'écoule.C\u2019est par leur entremise que MM.Flynn et Pâäquet sont devenus ministres, que l\u2019Eclaireur et le Previncial ont changé de chemise, que David dit Davis et M.Morissette, tous de Mont- réal, sont venus ici usurper la place de deux québecquois, et que s'accomplissent un grang nombre d'auires infamies \u2018ue nous dénoncerons à nos lecteurs.« C\u2019est là ce que dit la rumeur, et la rumeur dit vrai.Le chemin de fer du Pacifique.All aboard ! erient les journalistes conservateurs.Leur enthousiasme les porte au Pacifique ; ils croient entendre le sifflet de la locomotive, ils voient se dérouler les prairies sans horizon du Nord-Ouest, ils apercoi vent les cimes des montagnes rocheuses.Pour nos confrères l'avenir est souriant, enchanteur même.Sir Joli A.Macdonald nous apporte la borne nouvelle que nous aurons ug chemin de fer qui ne coûtera pas un cent el (ui sera construit sans le concours de nos compatriotes.le grand chef conservateur aurait trouvé la pierre philosophale.Pour lui les secrets de la science de Cagliostro seraient superflus: 1l à opéré la transmutation des métaux.Ce n'est plus du Cuivre et du fer que l'onextrairade nos mines: c\u2019est Vor qui en sortira en abondance.Et dire que pour opérer ces merveilles Sir Jobn n'a eu qu\u2019à armer certains capitalistes anglais d\u2019une baguetle inagique dont un seul mouvement fera surgir des choses qui éblouiront Je monde entier.Pauvre peuple que l'on blague en l\u2019exploitant et en vendant l'héritage national! Nos ministres ressemblent à ces bandits qui d\u2019une main offrent unc rose et de M, Tgscé, qui est allé faire un l'autre nun stylet dans \u201ctour i Varennes, nous dit que M|le cur.\u201d Maussuc e:t le député du: comié.| 6chaffaudagei qui crodlera sousilen semblant se tenir-i Pécart, Ah les canadiens ?; ir John élève.un le souffle de Ja vérité,.car rien n'a été décidé en Angletorre ; rien de positif n'a ôté arrêté.Toute la mission des ministres canadiens se résume en deux mots: un projet.On a conçu une idée après avoir éprouvé des échecs répétés et on va maintenant chercher à appliquer cette idée.Disons de suite aux enthousiastes et aux visionnaires que Sir-John A.Macdonald n'a pas réussi à vendre son éléphant à des capitalistes anglais.Pas un banknote de la * Banque d\u2019Angleterre \u2019\u2019 ne sera consacré directe mant à li construction du chemin de fer du Pacifique.Personne n\u2019a voulu risquer des capitaux : c\u2019est chose counue ct admise mè- me parles plus fervents disciples de Sir John A.Macdonald.La vérité dans toute sa brutale réalité est loin de justifier les flontlons teudres de la presse conservatrice à la nouvelle que le premier ministre aeu un succès en Augleterre.Toutes ces nou vesles à sensation sont inventées par un seul objet: pallier la déconfiture de Sir Johu A.Macdonald.Revenir les mains vides c'était déjà vine grande humiliation pour Sir John et il fallait au moins sauver les apparences.Alors on a songé à donner le change à l\u2019o pinion publique en disant que l'on avait organisé un syndicat quelconque et que des capitalistes des Londres, de Paris et de New-York s\u2019intéressaient à nous.Nous connaissons le rôle que joueront les capitalistes: il sera purement auxiliaire comme on va le voir.Le fameux syndicat se compose de cinq canadiens.Aucun capitaliste anglais n'y figure.Les membres sont I'hon.Donald A.Smith, M.Duncan Melntyre,.M.Gec.Stephen, M.R B Augus, etun M.Hill, d'Ontario.Ce syndicat émiettra dés bons ou debentures que les banquiers de Paris, de Londres, de New York placeront sur le marché et qu'ils chercheront à vendre.Le rôle de ces banquiers sera simplement celui d'un courtier qui écoule la marchandise qu\u2019on lui met en mains.Comme toutes les opérations à la bourse la négo- citation des bons du syndicat subira les fluctuations du marché monétaire.Tl est tres possible\u2014 cela se voit tous les jours\u2014que les bons ne trouvent pas d\u2019ache- leurs, et alors.le syndicat périt, et la premiére locomolive de la grande voie ferrée va s\u2019égarer dans tes plaines de Manitoba.Voilà à quoi se résume tout le grand succès de Sir John A.Mac donald.Il n\u2019a pas réussi à obte nir des capitaux étrangers el il a été forcé de limiter ses efforts à l\u2019organisation d'un syndicat canadien suivi de banquiers étrangers qui, au lieu de nous apporter leurs millions, recevront du Canada une commission pour leur courtage.i Le projet de Sir John a été st | dédaigneusement accueilli en | Angleterre que les banquiers ont: exigé la garantie et l\u2019endossement du gouvernement canadien i pour l'intérêt sur les bons qui se- ! ront mis à la bourse.Si le syndical s\u2019effase c'est le Canada qui paiera.En un mot c'est simple- .ment le gouvernement du Cana: | da qui construit le-Pacifique-tout mi, X.im, A ALL leu d'être foremgn des Wavai\u201d leurs notre premier ministre sera) leur ange tutélaire.' Cela pourra | flatter la vanité de Sir John A.Macdonald, najs le pays n'y ga gnera rien : le Canada est condamné à payer sous uno forme ou sous une autre, et il faudra s'exécuter si nous faisons In folie de coustruire 1e Pacifique rapide ment.Bien que les ministres siz gardé le secret le plus absolu sur la nature de leurs relations avec les banguiers, on sait que ces Messieurs ont été tres prudants.Des bruits de coulisses nous fout deviner l'intrigue.Le Times de Londres vient de publier un écrit dont la signilication n'échappera à personne.Après avoir dit que le gouvernement du Canada à promis à la Colombie de cons iruire le chemin de fer du Pacifique, le grand journal de Loadres termine pair les observations suivantes : ** C'est une autre question de savoir si le Canada n'aurait pas cle sage en gardant sur ses épaules ce fardeau et en ne cherchant pas a le rejeter sur des capitalistes européens.S'ils acceptent ils le font seulement parcequ'ils vE=- SENT QUE LA DOSE A ETÉ ADOUCIE dans UNE PROPORTION QUI COUTERA TRES CHER AUN CONTRIBUABLES DU Caxana, mais un Etat vit longuement ct peut attendre longtemps des profits pourvu que tot ou tard ils arrivent pour réparer les pertes.On espere que les fonds consacrés au chemin de fer du Paci fique produiront de bons bénéfices bien que la section de la Baie du Tonnerre soit un fardeau.$ D'un autre côté il ne s'ensuit pas que ce profit écherra aux ac- tionuaires qui, comme les promoteurs de l\u2019entreprise, acceptent des terrains dont on à joliment haussé la valeur.Des actionnaires doivent compter sur les recettes des eutréprises auxquelles ils se livrent.C\u2019est peu de bonheur pour eux, lorsqu\u2019ils soupirent après les dividendes, qu\u2019un vil prophétique puisse voir des milliers de milles de chemin de fer bordés de villages.de fermes et de villes qui ont payé largement à la compagnie le terrain qu'ils occupent et qui paiènt constamment de forts montants pour le transit dont ils sont le centre.% Peut-être, en divisaut l'en treprise en sections, pourra-t-on diminuer les risques de construe- tion d\u2019un chemin de fer de plusieurs milliers de milles sur lesquels où trouvera coufondus le trafic des bords fertiles du lac Winnipeg et des plaines inconnues du nord du Lac Supérieur.\u201cMème quelques actionnaires prudents seraient peut-être uis- posés à doter les cultivateurs de Manitoba d\u2019un chemin de fer parcequ\u2019ils croieraient qu'une telle voie serait un luxe superflu pour les sauvages et les bisous, mais c\u2019est une alfaire que devront considérer les heureux possesseurs des terrains que conrédera le Canada.On peut supposer qu\u2019ils sauront arroser leur gibier d\u2019une sauce qui flattera le palais de leurs diflérents clients !\u201d \u201c Canada for canadians.\u201d Canada for canudians! lel était le cri des démagogues qui,en 1878, affirmaient que le marché canu- dien était inondé de productions des Etats-Unis.On disait que pour opposer une digne au courant qui envahissait le Ganada il fallait établir un tarif protecleur sinon prohibitif, élever une inu- raille de la Chine à la ligne qua- rante-cinquième.Comment Sir John A.Macdonald conserve-t-il-le Canada pour 3 din donnant à des capilalisles d'outre-mer les terres du Canada le granderritoire du Nord-Ouest, la terre promise des générations futures.L'homme politique qui, en présence du scrutin, promettait solennellement de faire du Canada l\u2019héritage des canadiens vend, aujourd\u2019hui, cet héritage à des spéculateurs doni tout l'amour pour notts s résutiera à empocher nos millions.Beile purspeciive pour ceux qui viendront aptès nous que de voir des étrangers et pussession de celle ricliesse donut tous ue som- wes que les depos'tares el que nous sounmes teuus de th'ansmet- tre intacte si nous écoutons la voix Ju patriotisine ! ln Amerique, vù la desnocera- tie est l'essence même des iusti- tutions, ci l\u2019oix ne «onnait ni les privilèges de vaste ni l'asservisse= ment aux vieilles idées, c'est le sol qui est notre royaume.C'est le so} que nous devous conserver si nous voulons laisser à nos enfants une couronne immortelle.- Ce principz ressort de la situa tion; il s'impose naturellement.Nous n'avons pour tout patrimoi ne que ce nouveau-monde que découvrit le génie de Colomb, el nous ne pouvons laisser que ve que 10us avons reçu.Des dynas lies, des trones, des empires, nous n'en voyons pas.On a tenté vainement d'en établir: ces monuments d'un siecle inconnu en Amérique sont tombés sous le souffle de la liberté et sous le mé pris des hommes.Nos hommes d'état canadiens commettent une faute que histoire condamnera.Non seulement ils escomptent l'avenir en donnant nos terres, mais ils nous condamnent & subir le joug le plus humiliant : le mercantilisme étranger Nous paierous le prix de notre grand chemin de fer et, après son parachevemert,il ne sera pas notre propriété.11 resteraentre les mains des constructeurs.Nous aurons payé pour une propri¢ic que d'autres exploiteront et dont ils retireront tous les profits et tous les bénéfices.Des rorservateurs seuls pou- valent faire un marché aussi anli-national.On suit les traditions de la vieille Angleterre où domine encore largement une aristocrate fondée sur le sol, sur les grandes propriétés.Espérons que l'avenir qui ap partient au parti libéral dissipera les sombres nuages que la politique du jour amoncelle sur nos têtes.Peu importe que Sic John A.Macdonald vende son pays, M.Blake ne le livrera pas, et il aura pour l'appuyer l'immense majorité du ses compalcioless C\u2019est alors que l\u2019on dira avee raison : Caiada for canadians ! \u2014- e - Discours de M.Laurier.\u2018Tous ceux qui onteu la bonno fortune d'entendre M.Laurier à Québec dimanche dornier, s'ac cordent à dire qu\u2019il a prononce dans celle occasion l'un de ses meillenrs discours.It a admirable ment traité les différentes quess tions fédérales.Un amide l'Flecteur lui a passé un résumé de cet- le improvisation que nous reproduisons avec plaisir.Voici à pou près comment l'oratenr s'est exprimé : Messieurs, \u201cJ'aprais;dà avant aujourd'hui UE a HO In B fROEUP I BE \u2014 \u2014 me présenter dovant vous pour vous rendre compte de ce que j'ai fait \u2018dans l\u2019accomplissement du mandat que vous m'avez confié ; le fdit esl que je m'étais proposé de vous rencontrer aussitôt après la session.Mais je suis fiche d\u2019a- voirä vous parler de moi\u2014J'en ai été empêché tout-à-fait, le mi-|p sérable état de ma santé a été la cause que je n'ai pu, avant ce our, venir l'emiercier une population qui a tant fait pour woi et pour mou parti, unc population qui m'a reçu avec enthousiasme, moi, inconnu, à une époque où les miens m'avaieut rejelé et où l\u2019on mo faisait une lutte aussi ardente que déloyale, .Certes, Messieurs, depuis lors, bien des chaugements se sont opérés et je suis fâché de ne plus occuper la position que J'avais dans le gouvernement, position qui m'aurait permis de rendre à cette division d'autres services encore que ceux que je suis en mesure de lui rendre dans le moment.Je vais maintenant, sans autre préambule, esquisser les principales questions qui nous ont occupés durant la dernière session, et vous jugerez vous mêmes de quel côte sont ie bon droit et les vrais intérêts du peuple.Vous n'avez pus oublié, je pré: sume, les deux élections que j'ai eu à subir ici dans Québec-Est ; \u2018vous n'avez pas mis en oubli les belles promesses que les conser- teurs vous faisaient alors On vonlait à tout prix capter votre confiance et gaguer vos suffrages, on vous racontait toutes les merveilles que devait accomplir la Protection s1 vous rameniez Sir John au timon des affaires : Notre commerce reprendrait un nouvel cssor, le cultivateur vendrait -3es produits beaucoup plus cher, la rivière St Charles serait bordée de bâtiment en construction, jusqu'âla Pointe aux lièvres, des manufactures s'élèveraient de toutes parts; bref, une ère de prospérité sans précédent renai- trait pour lepays.Voilà ce que l\u2019on disait sur tous les tous, vous savez que je n'exagère pas.Cette histoire qui était un cliché con servaleur, vous à été répétée par tous les orateurs conservaleurs, depuis la tète, M.Chapleau, jusqu\u2019à la queue, Charles T'hibeauilt ! (Rires).Eh bien! nous vivons sous ce régime qui était si gros en promesses, nous sommes gouveinés par Sir John, ce grand magicien dont la baguette devait enfanter tant de prodiges.Je vous le demande à vous tous, adversaires comme\u201damis, la prostérité est clle revenue, les cultivateurs vendent- is leurs produits plus cher ?Non.Où sont toutes ces manufactures dont la fumée devait obscurcir le beau ciel de la patrie?Enfin, voyez-vous sur les bords de la rivière St Charles ces nembreux bâtiment en construction qui devait fournir de l'ouvrage aux braves ouvriers de cette ville ?Uélas ! vous savez que depuis que ces messieurs ont reconquis le pouvoir, ils n'ont rien fait pour \u2018accomplir toutes leurs belles promesses, Le peu de travaux qui sont faits aux murs lézardées de la ville el à ses portes, travaux qui depuis deux ans ont donné du pain À un \u2018certain nombre d'ouvriers, n'ont- ils pas été ordonnés ct commencés par ce mauvais rouge, cel in- dernal grit, M.Mackenzie dont \u2018on vons a dit tant de mal ?Seulement, de son temps, ils étaient exécutés par des ouvriers compétents, car lui, qui autrefois a tenu le marteau de maçon, savait comment ces L'avaux doivent ètre faits.Aujourd\u2019hui, sous lo règne de M.Langevin, la chose est dillérente, ces travaux sont dj.rigés par un planteur de choux de Charlesbourg ot un charretiér de Québec.(Rires.) Ces messieuts sont, je suppose, de très bra: gous, mais, pour ma part, je vols avoue que j'aurais plus de con.flance dans quelques uns de ces bons ouvriers que j'apergois dê- vant moi que dans ces deux crég- | d tures politiques de M.Lapgevij bravés |] Mais il, fallait récompenser ce charrelier complaisant, bien plus propre à,conduire à destination un orateur conservateur, qu\u2019à diriger les travaux de maçonnerie ; on l'a arraché de sa calèche pour le mettre sous less murs de la ville, on lui à ôté le fouet de cocher our lui donner la truelle du macon ! Et le Canadien vous dira que M.Langevin est un homme sans pareil ! (Rires), Mais, ce n\u2019est pas là ce que le gouvernement de Sir John a fait pire; vous venez de le voir à l'œu- vre ici, je m'en vais vous montrer ce qu\u2019il a accompli à Ot- Lavwya.Aux élections de 17 septembre 1878, tout le monde à vu avec étonnement le résultat qui s\u2019est produit dans Ontario.Pour la première fois depuis le commencement de sa carrière politique, depuis 1844, Sir John s\u2019est vu en majorité dans sa province ; vous allez voir comment Ja chose est arrivée.Dans un discours pro- uoncé quelque part à Ontario, Sir John prononça aux cultivateurs de notre province sœur que, Fil revenaitau pouvoir, i imposerait un droit de 50 cents par quart sur la fleur.Or, comme dans Ontario l'on produit beau- coupde blé l\u2019on mordità cet appât qui promettait aux cult.vateurs d'Ontario \u2018un droit protecteur contre le blé et la fleur importés des Etats de l'Ouest.Sir John joua alors,\u2014et ce n\u2019était pas la première fois\u2014le rôle du diable (rires.) Vous vous rappeicz que l'Evangile nous dit que le diable voulant tenter Notre Seignenr, l'a fait monter sur une montagne très élèvée ; de là, lui montrant d'immenses plaines, il tui dit : si tu veux m'\u2019adorer, tu seras roi de ces immenses domaines.C'est récisément ce qu'a fait sir Jobnla ditaux cullivateurs d'Ontario, Si vous voulez me rendre le pouvoir en volant pour moiet mes amis, je vous accorderai une pro tection de 50 cents par corps de fleur ; ce qui vous permettra de vendre votre farine 5U cents plus cher aux pauvres de la Province de Québec où le plus grand nombre achète la fleur.Arrivé au pouvoir, Sir John n'a pas manqué d'imposer la taxe annoncée et ceux d'entre vous qui achètent le pain en savent quelque chose.On dira probablement, pour se défendre : mais il y a des conservateurs qui ont voté contre cette mesure.M.Vallée, le député de Portneuf, n\u2019a til pas proposé une motion à l'effet de faire disparaft- tre cette taxe ?Oui, sans doute, mais M.Vallée ni les autres n\u2019é- tarent pas sincères, etje m'en vais vous le démontrer.C'était afin de s'acquérir de la popularité dans dans son comté que M.Vallée a proposé cette motion qui à été perdue.Si lus conserva.leursavaient déployé autant d'énergie et d'activité pour faire dis- paraitre cette taxe qu\u2019ils en ont montré pour faire démettre M.Letellier, je puis vous aflirmer que votre pain ne serail pas tuxé aujourd'hui; par malheur, l'on s'est montré beaucoup plus courageux et ardent pour fair le mal que pour accomplir le bien.Ainsi, il reste donc acquis que les conservateurs ont voulu affamer notre Province au profit des cultivateurs d\u2019Ontaro.Un autre sujet sur lequel je dé sire altirer votre atltenlion.c'est la taxe sur le charbon.Ici, à Québecoù nous avons un long hiver, des froids fort rigoureux, nous comprenons plus que personne l'importance qu\u2019il y a pour le pauvre de se procurer les combustibles à bas prix.En effet, si le charbon se vend à Lon marché, il Sen suit que le prix du bois du pauvre ouvrier qui se, chaulfo avec du bois.Cependant, le gouvernement, toujours au nom de la protection à imposé une taxe Sur le charbon.Pourquoi ?l'ar- Ce qu\u2019il y a des mines de charbon:à lu Nouvellè Ecosse et que os mines onl pour propriélaires es amis du Dr.Tupper.1A en core, le grand.ministre, M.Lan- tombera, ce qui fera bien l'afiaire | C \u2018gevin, ce fidèle ami de notre Pro vince, a lâchement sacriflé nos intérêts.Voilà encore un des merveilleux effeis de la Protection, De crainte de ne pas réussir à vous faire creuver de faim, on veut vous faire mourir de froid en taxant le charbon.( Honte ! honte !) Ilest une autre question dont je vais maintenant vous entrete- nlr, c\u2019estla question du Pacifique.Vous savez que c\u2019est sur cet- le même question que Sir John à perdu le pouvoir en 1874, après qu\u2019il fut établi qu'il avait tout simplement vendu le contrat à Sir Hugh Allan.I! s\u2019agit de bâtir un chemin de fur qui coûtera, unie fois terminé, au moins 150 millions de piastres, telque M Blake l'a démontré à la dernière session dans un discours admirable est resté sans réponse.Nous sonunes une population de 4 mil lions, et l\u2019on veut nous mettre sous les bras une dette de 150 millions ; Vous voyez d'ici le résultat : des impôts énormes sur le peuple et finalement la taxe directe.Ce chemin doit se rendre jusqu\u2019en Colombie Anglaise, un pays qui contient 15 mille habitants.Savez - vous pourquoi ce chemin et ces dépenses 1inmenses faites pour donner un chemin de fer à la Colombie ?Je vais vous l'expliquer.Quelques années après la Confédération, Sir John constata avec effroi que sa majorité diminuait rapidement ; il fallait recruter des forces quelque part.C'est alors qu\u2019on annexa la Colombie Anglaise.On lui donna six députés, bien qu'elle ne comptât qu\u2019une population de 15 mille âmes ; on voulait se la rendre favorable, on la combla de faveurs et l\u2019on réussit admirablement- Deputs, elle a toujours été le refuge des ministres battus chez les conservateurs ; tantôt elle offre un comté à Sir I'rancis Ilincks, apres sa défaite à Brant, plus tard, après les élections du 17 septembre, elle recoit avec amour Sir John que Kkington venait de rejeter.Pour tant de zèle, 31 faut lui donner un chemin de fer, ce qui permettra à Sir John de visiter plus souvent ses électeurs.»Rires et applaudissemeuts.) Mais, on s'aperçut que ce projet gigantesque ruinerait infailliblement le payset sirJohn eut recours à un autre moyen.Il se rendit eu Angleterre avec son fidèle Achate, le Dr.Tupper, afin d'organiser une compagnie pour construire ce chemin.Les journaux conservaleurs nous agnon- cent à son de trompelle que Sir John a révssi dans sa mission, qu'une compagnie composée de puissants capitalistes est formée.Que Dieu le veuille! pour ma part je souhaite de tout mon seœur que cette nouvelle soit | vraie.Toutefois, messieurs, il ne faut pas exagérer les avantages de ces arrangements, D'après les dépè- ches, le gouvernement doit faire terminer tous les contrats déjà donnés, à un montant de 27 millions à peu près, de plus, il donne à ceite compagnie 20 millions de notre argent avecôû millions \u2018acres de terre.En somme, ce chemin nous coûtera 47 milhons de piastres ; c\u2019est toujours moins que cent cinquante millions.Ceci me rappelle une anecdote.Un brave homme passait un jour sur la rue, et au moment où il s\u2019y attendait le,moins une douche d'eau bouillante lui tombe sur la tête.Le malheureux continue son chemin, et, arrivé chez le voisin, cclui-ci lui dit: qu\u2019avez- vous dil i cette bonne femme qui vous a ainsi ébouillanté ?Je l'ai remercié, répondit l'autre.onment! veus l'avez remercié dit le voisin, mais pourquoi?Parce qu\u2019elle ne m\u2019a pas en mème temps joté la marmite sur la tète ; elle n\u2019a fait-que m'ébouillanter, et si elle eut jeté sa marmite, elle m'aurait éreinté.(Rires prolongés.) C'est\u2018 précisément ce qu'a lait.Sir John, il s\u2019est contenté de nous éhouillanter en nous faisant payer 47 millions, au Jieu de .Fr ' tr : je n\u2019ai pas une foi aveugle dans nous éreinter avec 150 millions | (Applaudissements ) Néanmoins, je vous avoue que ces prétendus arrangements.On nous dit que cette compagnie, doit construire le chemin en dix aos.Or, nous avons dans le passé une bien triste expérience, c\u2019est celle de la construction du Grand- Tronc.Des capitalistes anglais devaient construire cette voie ferrée, el le pays ue serait appelé à souscrire qu'une somme relati- vemeul petite.Cependant, vous sa- Vez,trois fois l'on à puisé dans vos Boussets pour finir ce chemin.C'est ce qui arrivera égaleznent ans lecas de cette compagnie.Au bout des dix aus, les 20 millions souscrits var |- gouvernement seront dépensés, et il faudra en voter dix autres.Ces capitalistes qui entendent bien les affaires, savent bien qu\u2019une fois commencé, il faudra bien le terminer, ce chemin-li.Et dans dix ans, il peut se passer tant Ze choses ! Cela me rappelle une autre anecdote que raconte le bon Lafontaine.Udindividn se présente un jour chez le roi et lui dit : Sire, si vous voulez me donner 10 mille louis, je vous promets de montrer à lire à votre âne et d'en faire un savant dans dix ans.Vraiment, dit le roi, eh bien ! soit, voici la somme : mais si, au bout de dix ans, tu n\u2019as pas réussi, tu me remettras mon argent et je te punirai.Ce [ut inarché conclu.Après avoir quitté le roi, un ami qui accompagnait l\u2019heureux possesseur des 10 milles louis lui dit : sais-tu que tu l'es mis une mauvaise affaire sur les bras ?tu sais fort bien que tu ne réussiras jamais à montrer âlire à Dine du roi.Imbécile, dit l\u2019autre, j'ai l'argent, etil faudra que je sois bien malheureux si, dans dix ans d\u2019ici, l\u2019un des trois du roi, de I'd nc ou demoine soitpas mort.(Rires prolongés.) Voilà aussi Messieurs, ce qui arrivera à propos de cette compagnie.Elle va d\u2019abord empocher nos 20 millions et dans dix ans, c\u2019est nous qui serons line bite, chargé d'impots et de taxes.(Appleaudissements.) J'ai déjàftrop longtemps abusé de votre patience, je termine.(Non.non, parlez, parlez.) Avant de finir je ne puis m\u2019empè- cher de vous parler d\u2019un évène- ment important qui s'est produit pendant la dernière session, je veux parler de la retraite de M, Mackeuzie comme chefdu parti libéral.Permettez-moi, Messieurs, d'offrir publiquement à cet homme distingué, à ce travailleur infatigable, à ce politicien intègre, l\u2019expression sincère de mon admiration el de ma reconnaissance pour les services qu\u2019il a rendus à son pays et à son parti.Oui, certes, M.Mackenzie est un des hommes les plus eminents du pays et, ce qui fait sa gloire, c'est qu\u2019il s'est formé luj-mème.Ila commencé humble ouvrier ma- von, el, par la seule force de son intelligence et de son énergie, il est devenu un homme d'état remarquable, ila occupé la plus belle position que le pays puisse offrir à l\u2019un de ses enfants.C'est là, Messieurs, sachons le recon naitre, la beauté des institulions démocratiques qui permettent à tout le monde d'arriver à la gloire etaux honneurs, àla condition que l'on ait du talent et que Yon soit honnète homme.M Mackenzie se retire comme chef, absolument comme ii était arrivé, sans tache et sans souillure.Ses adversaires eux-mèmes qui l\u2019ont combattu depuis vingt ans, n'ont pu s\u2019empêcher en pleine chambre et dans leur presse de rendre hommage ison honundtete son talent et son habileté.Mais, à l'instar de nos pères, nous pouvons dire: le roi est mort, vive le roi! En eflet, ca perdant M.Mackenzie le parti libéral choisit pour son chef M.Edward Blake, un homme éminemment distingué, un colosse d'intelligence, un homme enfin qui n\u2019a pas d'égal en Amérique et n\u2019a pas de supérieur en Europe.C'est un aigle à la puissante en- me verguro qui plane au-dessus des plus Hauts sommets et dont le regard peut en même temps embrasser les plus vastes horizons et apercevevoir en bas les objets les plus petits.M.Blake est en même temps un honneur pour la Chambre des Communes et une gloire pour le pays.Le parti libéral surtout, est justement or- gueilieux, car lui aussi, outre son incomparable talent, est un ca- raclere intègre.C'est là, Messieurs, une des gloires du parti libéral ; ses chefs ont toujours été à l\u2019abri des souillures qui trop souvent ont déshonoré les chefs conservateurs.En effet, qu\u2019on ouvre l\u2019histoire, et l'on verra que du premier jusqu'au dernier, depuis Papineau jusqu\u2019a Joly, tous ontélé sans peur somme sans reproches Oui, depuis Lafontaine qui ne voulait pas céder ce qu\u2019il croyait juste, jusqu'à Joly qui aimait mieux résigner que de censentir à frauder dus capitalistes qui avaient mis leur argent dans le pays.Qui ne connait la vie et l'histoire des Dorion et l'ournier, ces patriotes sincères el éclairés depuis si long temps ont travaillé courageusement au bicn de leurs compatriotes et à l'honneur de leur patrie ?Qui ne connait pas la belle et brillante carrière fournie par M.Letellier, ce vieux lutteur, cet intrépide patriote, dont le dernier acte de patriotisme a fait un marty politique ?Ah ! nos adversaires ont brisé trop vite une exis- lence précieuse pour le pays, mais ce qui nous console, nous libéraux, c\u2019est qa\u2018il a jeté une semeuce qui ne sera pas perdue et dont bientôt j'espère, nous recueillerons les fruits magnifiques (Applaudissements.) Soyons fiers, Messieurs, de nos convictions et sachons respecter celles desautres.Dans un temps où l'on voit tant d\u2019abaissement de caractère, il fait bon de se retremper au souvenir de ces grands noms du parti libéral ; il ait bon de rappeler ces souvenirs glorieux pour le parti libéral au milieu d\u2019une population qui est el restera sincèrement attachée au parli auquel je m\u2019honore d\u2019appartenir.(Appel prolongés et bravos enthousiastes.) Californie.On a célébré le 9 septembre, à San l\u2019rancisco, le trentième anniversaire de l'admission de cet Etat dans l'Union américaine.C'est.en ellet, le Ÿ septembre 1850 que le bill d'admission, vo - té au Congrès après y avoir ren contré beaucoup d'opposition de la part des Etats esclavagistes, fut enfin approuvéet signé par le président Taylor.La nouvelle de cet évènement ne parvint que le 18 octobre .1850 à San Francisco,où elle fut accueillie par une explosion d'enthousiasme qui douua lieu a des réjouissances publiques.On était alors à celte époque tlo- rissante de la Californie, où les placers versuient en abondance leurs trésors fabuleux à la foule des immigrants accourues de tous les coins du monde, appartenant à toutes les nationalités.C'est à celle agglomération d'hommes énergiques, de rudes travailleurs, que la Californie a dù alors le rapide croissement (le sa populatiion, (le sa richesse el de sa prospérité.Les habitants de Ia Californie peuvent i bon droit se glorifier des immenses progrès qui ont Été accomplis dans cette période relativement courte de trente années d'existence.Le pauvre hameau de Yerba Buena, habité autrefois par une poignée d Indiens, est devenu la grande ot belle ville deSan l'rancisco qui possède aujourd\u2019hui une population de 233,000 âmes, et qui, par son admirable situation au point do vne géographique et des avanta- goes qu'offre au commerce marl time son port au milieu d\u2019une baie immense, a été baptisée la Cité Reine du Pacifique.| + Ps a LE PEUPLE FEUILLBTON.me nee mm tae re «me wm, rman AMOUR ET LARMES PAR MARY.(Suite.) V\u2014FORCE D'AME.Que ces soupcons étaient loin de la vérité ! Lorsqu\u2019Annonciade Teçut aupits de la serre la révélation du secret de sa sœur, lu chagrin quelle ressentit fut immense ; mais il porta uniquement et généreusement sur Marie-So- phie.Ala réflexion, et mal guidée par\u2019 imagination.la pauvre femme {ourna contre elle- même l'arme qui venait de tomber entre ses mains, et travaillant sur cette parole : \u2018: Celui dont ma sœur m'a volé l'affec tion,\u201d elle vint à penser très sérieument qu\u2019Amédée avait aimé Marie, qu\u2019il l'aimait encore sans nul doute, et que le soir, où Sophie après l'avoir appelée et interrogée dans sa chambre, lui avait - dit: \u201c tu l'épouseras et tu seras lieureuse, \u201d à ce moment mème, elle prenait la résolution de sacrifier ses sentiments et d'amener Amédée au même résultat pour assurer le bonheur d\u2019Annonciade, Tout cela était absurde ; mais qu'y a-t-il de plus absurde que les déraisonnements de la passion?Un peu de réflexion eût remis à la mémoire de la petite fée, qu\u2019en quittant la chambre de Marie, ce jour mémorable qu'\u2019évoquait son alarme, elle s\u2019était expliquée au parc avec Amédée, sans que sa sœur ainée eùt communiqué avec le jeune homme.Annonciade se garda bien de se souvenir de ce qui aurait pu mitiger sa douleur, elle s'y abandonna.Sous l\u2019empire de ses désolantes pensées, elle senti: non pas décroître so: affection, mais mourir à jamais toute espérance de bonheur.C'est alors que ferma ce cœur si tendre s1 jeune, si expensif, déchiré en voyant tous les appuis lui manquer à la fois.Jalouse de sa sœur, elle se croyait forcé de l'admirer, et liée à jamais à un homme qui pensait- elle, s'était dévoué en l\u2019épousant.Vingt fois, elle fut sur le point d\u2019interpeller Marie et de lui demander la vérité ; puis elle s\u2019arrêta devant la douleur d\u2019assurer ses craintes, Alors, elle chercha déviner dans les regards, dans les paroles, dans les gestes, dans la tenue d\u2019Amédée, les sentiments de tendresse qu'il pouvait nourrir pour sa sœur ; il lui sembla qu\u2019ils étaient de nature à jnstifler ses angoisses ct sa douleur.Après avoir conduit Annoncia de au millieu du parc, où l\u2019atlen- dait une députation de jeunes filles cuargées d'interpréter les vœux des gens du village et d'offrir leurs cadeaux, après s'être soumis à l'usage qui veut qu'à la première table où s'assoient les anciens du pays, le marié trinque famillièrement avec ses bons paysans à la santé de la mariée, Cette reiue du jour, Amédée s\u2019éclipsa pour prendre le bras de Marie-Sophie et lui demander l'explication du changement subit qui s\u2019éta:t opéré dans la manière d\u2019être d\u2019Annonciade.Jls avaient ner la tête et les fit revenir au point du départ.Annonciade ouvrait la danse avec le fils du maire du village ; elle aurait bien voulu échapper À celte obligation, car ses forces décroissaient à chaque iustant, et la lutte que son cœur venait dé soutenir contre les interrogations affectueuses d'Amédée avait ache vê de Ja briser Mais que de commentaires n'aurait-on pas faits sur son compte, si elle s'était soustraite à un usage aussi ancien que le vil lage ?Cependant elle ne put aller jusqu'au bout; quand elle vit Amédée s'éloigner avec Marie- Sophie, le front chargé d'ennuis, un malaise indéfinissable sempa- ra de la jeune femme ; la jalousie fil une invasion terrible dans son âme, un cri sortit de ses lèvres.Les voisins d\u2019Annonciade la reçurent à demi-évanouie dans leurs bras, et Marie-Sophie, dont ce léger tumulte avait éveillé l'attention, revint précipitamiment vers sa sœur, laissant Amédée s'enfoncer seul dans les allées les plus solitaires du pare.Qu'\u2019as-tu 7 cria t-elle à Annonciade, la voix altérée par l\u2019inquié tude.\u2018 \u2014Remplace-moi, dit la jeune femme parlant avec effort, je suis épuisée, La pileur de son visage ct de ses lèvres, la sueur qui gerlait à la racine de ses cheveux indi- quaiert mieux que des mots la souffrance d\u2019Annonciade.Marie- Sophie la soutint tendrement, et, la voyant défaillante, la conduisit à un banc autour duquel accoururent, malheureusement confondues, les amis et \u2019es indiscrets, avides de(découvrir un secret et d\u2019épier une intime douleur.\u2014Qu'\u2019on ne s\u2019occupe pas de moi, murmurait la pauvre jeune femme intimidée par cette entourage qui la regardait curieusement ; ma sœur, je t'en prie, que chacun retourne à la fète.Marie Sophie alla vers les bons villageois : Continuez vos danses, leur dit- elle ; Annonciade éprouve un peu de fatigue, cela ne sera rien et ne doit mettre aucun obstacle à vos plaisirs.Quoi qu\u2019elle fit, la fête perdit son attrait.La présence de la mariée était indispensable à l\u2019entrain général.Sa jeunesse, sa gaîté faisafent parti du programme ; elle devait être l'âme de la journée.Bientôt des groupes se formèé- rent.Des propos de toute nature se mirent à circuler, surtout cn- tre les persomnes, dites du monde ; comme pour payer cn ingratitude la généreuse hospitalilé des châtelaines.On entendait: \u2014Ah! ma chère, qu\u2019en dites- vous ?Il est plus clair que le jour que c'est là mère qui a fait ce mariage ; la petite n\u2019y tenait pas ; elle est si jeune et si étourdie ! À présent ellé se répent, mais, comme toujours, trop tard.\u2014II parait que cette fillette a la mine si douce avait une inclination ; cela explique le mariage précipité ; on laisse circuler ses demoiselle comme elles veulent à la manière anglaise, dit-on, et puis un beaû matin on apprend qu\u2019elles ont laissé leur cœur en route, et on prend le psécepteur mariée qui se trouvo mal en dansant.on pourrait bien en augurer que le cœur n\u2019est pas très- content.\u2014Pauvre petite, disaient d\u2019autres, on l\u2019a sacrifiée ; on le voyait assez toute la journée ; elle était pâle comme une morte.\u2014Au diuver elle n'a rien mangé, et j'ai vu des larmes dans ses yeux.\u2014Comment, vous l'avez vue pleurer ?\u2014Au moins j'ai ve ses yeux humides.\u2014Monsieur Arroy l'a vue pleurer.Le propos alla grossissant comme le sccretde la l\u2018'ontaine, et, quelques heures après, les bons Argentanais rentrés chez eux ne parlaient que du désespoir d\u2019Annonciade qu\u2019on avait mariée par force.Et ceux dont on s'eutretenait si indignement s'adoraient l'un et l\u2019autre, quoique séparés du bonheur.Les deux sœurs étaient remon tées ensemble dans l'appartement.Maric-Sophie donna ses soins à Annonciade et lui prodigua mille caresse, mais elle ne lui?de manda plus.Qu'as-tu ?Elle savait trop bien que de ces paroles imprudentes et coupables était éclose cette douleur.Il lui sembla que le silence et le temps va laient mieux pour le repos de la jeune femme qu'une complète explication et quoiqu\u2019elles eussent toutes les deux la vensée toujours fixée sur le même sujet, il ne vint point à leurs lèvres.Pour la première fois depuis tant d\u2019années d\u2019étroite et chère intimité, Annonciade et Marie Sophie évitaient presque de se regarder, et se quillèrent sans avoir éclairci l'erreur déplorable qui devait jeter son ombre désolée sur la vie de la petite fée.Ce genre d explication n'a pas de lendemain ; en s'embrassant avant la nuit, les deux sœurs savaient bien que jamais plus leurs lèvres ne s\u2019ouvriraint sur les évé- nements de cette journée ; long temps Annonciade tint sa tète appuyée sur la poitrine de sa sœur, poussant de longs soupirs que Marie étouflait sous ses baisers, et ainsi s\u2019'acheva cette triste soirée si différente des espérances caressées le malin, alors que le voile des plus douces illusions enveloppait les heures à venir.Le lendemain, madame de Ribienne, inquète de *lindisposi- tion qu'avait subie Annonciade et dont elle ignorait la cause, conjura son gendre de renoncer au voyage projeté, et de laisser auprès de sa mèreet de sa sœur cette enfant chérie, qui avait besoin de soins et de repos.Amédée y consentit sans peine.Le voyage rêvé en des jours heureux, et déjà si loin, avait perdu toute sa séduction, depuis qu\u2019une inexplicable froideur était venue chlever au jeune professeur sa confianee dans l\u2019affection d\u2019Annonciade.L\u2019union seule du cœur et de lime pouvait le rendre Heureux, et soudain, sans qu'il sût quelle en était la cause, cette union lui était interdite, ce Lrésor se fermuit.Sun cœur ouvert el loyal recevait une blessure mortelle de l'invariable réponse d\u2019Annonciade à tontes les questions alfectueuses qu'il lui avait fait à peine quelques pas sous Jes| du flls pour éviter une alliance |adressées ; je n'ai rien! quand arbres, qu\u2019un bruit parti des groupes en lumière leur fit tour- plus affreuse encore.\u2014C'est bizarre, mon ami, une tout en elle dénotait une peine profonde.L'imagination d\u2019Amé- dée ss monta douloureusement, Il supposa qu'au milieu du mon de riche et titré qui l'avait entourée, elle avaitentendu quelque bläme ou reçu certain avertissement détourné dont elle gardait la cruelle atteinte.A quoi bon alors le voyage qui devait emprunter la majeure par- lio de son charme à l'accord de leurs àmes, puisque leurs âmes élaint désunies?Maintenant la solitude leur serait à charge à tous deux ; il valait mieux laisser auprès de la famille celle dans le eœur de laquelle il avait espéré la remplacer Mails quana ce projets fut soumis à la jeune femme, elle fit une sérieuse opposition.Elle insista avec une vivacité d'enfant sur l\u2019accomplissement de ce voyage, affirmant que le mouvement et la distraction la guériratent.\u2014dJe veux voir la Suisse, répé- taitelle, avec une insistance étrange dans un caractère jusque là indécis et sans volonté personnelle.\u2014 lu feras ce voyage aux vacances, disait Madame de Ribienne, dans son ignorance des causes morales qui agitaient la jeune malade.À cette époque, si Méderic est mieux, Marie-Sophie pourri vous accompagner et te prodiguer les soins maternels auxquels tu es habituée.À cette proposition qu'Amédée appuya énergiquement, Annonciade fut prise d'un îtel frisson au cœur qu\u2019elle comprit à l'ins tant qu'une séparation entre sa sœur et elle, Non point momentanée, mms continue, était indis, pensable à son repos; que les anciennes habitudes, les relations tendres et intimes avaient perdu la sécurité qui en fait tout le charme et seule leur donne du prix.Il fallait que cc voyage elt lieu, maintenant et qu\u2019ils le fissent seuls.Annonciade le répéta sur un ton qui n'admettait pas de réplique, qui blessa sa mère, aifligea profondément Marie So phie et causa de l'humeur à Amédée.Donc, ils partirent le soir.Beaucoup de larmes furent versées qui ne révélaient que bien imparfaitement les plaies dont tous ces Cæœurs étaient atteints.Annonciade se serra longtemps contre sa suvur, l'âme pleine de cris étouifés sur les lèvres.Il y avait de la douleur, de l\u2019effroi, Je la jalousie et de l'affection dans ses caresses, Elle semblait demander la vie à celle qui lui avait donné la mort.Elle observa jalousement Amédée quand il fit ses adieux à Marie-Sophie, et 1l lui sembla que tous deux étaient très-pâles, très-émus, et qu\u2019en baisant la main de sa belle-sœur le jeune homme avait tressailli.Sa seule excuse, c\u2019est qu\u2019elle regardait avec un cœur malade.Elle monta en voiture agitéo d'un tremblement nerveux en criant: \u201c Adieu, ma mère ! \u201d comme sc dit l'adieu éternel sur le lit d\u2019agonie.La pauvre jeune femme n\u2019ë- prouvait plus qu'un seul ardent désir, colni de fuir, de s'éloigner pour toujours des lieux où clle ivait connu la souffrance sous la forme la plus aigué.En voyant Amédée serrer avec une sainte affection les mains de Marie-So- phie, en Jui disant : \u201c Combien vous allez nous manquer, oh ! ma chère Marie, \u201d Annonciade se répéta intérieurement qu'\u2019ello ne suffisait pas à son mari u\u2019- elle (no lui suffirait jamais, t c'est alors que sortit à ou ! 8 son cœur cet adiou suprème qui déchirait l\u2019oreille comme un sanglot, Nous allons, pour quelque emps, les suivre dans leur voya.go et quitter Marie, non sans avoir appris aux lecteurs que le chätimont le plus cruel de sa fai- blosse fut l'éloignement de sa sœur, l'éloignement dont gle comprenait toute Ja portée mo.vale.Ce n\u2019était pas la distance, par les pays étrangers qui les séparaient, mais celle plaie creusée au cœur d\u2019Annonciade et que l'absence et la séparation pouvaient seules guérir.Marie était l'instrument malheureux, sinon coupable, de cette cruclle position : elle on accepta sais mur- Mure et sens révolte les déchi- roments.le départ de la petite fée avait amené à Rémillac une profonde solitude, elle était le bruit joyeux de la maison, elle en état le soleil.Marie-Sopie su trouva subitement en face d'un vide affreux et pendant quelques jours, un véritable cffroi s\u2019empara de son âme.La présence d'Amédée marié à sa sœur lui ren daitle triomphe facile surtout avec l'affection qu\u2019elle portait à Annonciade et le désir ardent qu\u2019elle avait de son bonleur, L'absence.au contraire, cher lecteur, vaisje me faire comprendre \u2018 l'absence, en rendant le devoir moins sensible, donnait au souvenir une douceur qui n\u2019était pas sans danger.Elle voulait rester debout ; elle voulait être courageuse, plus que cela généreuse ; elle le serait, elle le savait, elle en etait sitre, mais à quel prix ?Le soldat se bat, pensait-elle, l'homme politique mème l'Etat, le foncti- onnarre gagne le pain de la famille, le prêtre console et guérit, tous échappent aux luttes du cœur ou ne les connaissent qu'à lu surface, tandis que la femme ! demain comme hier, elle est sans appui, sans secours.Nos Ouvrages nianuels empéchent-ils une 1mage de se dresser devant la pensée inoccupée pendant le travail machinal des doigts ?Où est la force ?où est le remède ?lin Dieu, répondait une voix in.lérieure gre Marie connaissait bien et qui ne l'avait jamais Lrompee.Doniie-toi tout à Dieu, disait cette voix sainte, et l\u2019amour des créatures s'en ira, et quand tu auras trionphé de cel amour bu- main, qui te parait si fort et qui l'agite comme une feuille ramuéo par le vent, qui l\u2019abac ainsi qu\u2019ur frèle petit enfan, quand tu en auras triomphé, rien ne Le coûtera plus en ce monde, les épreuves et les sacrifices n'auront plus de prise sur un cœur qui se sera volontatrement Hroyé.Maric-Sophie avait l'âme trop pure ettroppicuse pourentretenir dans son cœur une affection im- possib'» No ionr af elle connut la vérité, elle travailla à détruire dans sa pensée l'image d\u2019Amédée, elle ne chercha jamais à se rappeler les mille souvenirs qui enchant.uient son passé et forma:ent la chaine de cet attachement puiss.nt'enraciné dans sa vie; elle s'abstint même de prononcer son nom auquel elle trouvait cette particulière douceur que l'amour communique à tout;ce qui touche à la personne aiméo ; elle fit rê- ellement tout ce qui étail en son pouvoir pour détruire un sentiment qui na devais faire quo son mallieur.Le t LÆ PEUPLE \u2014 Peu à pou, l\u2019action d\u2019une forte volonté seoondée par d\u2019incessantes prières, car j'ai dit qu'elle était d'une piété exemplaire, que la douleur vint encore fortifier, ello triompha de Ja partie sensible d\u2019ellc-méme et retrouva quelque peu de ce repos d\u2019autrefois, le plus suviable des biens Mais après ce triompho d\u2019un sontiment non pas détruil, mais seulement transfiguré, Marie Sophie connutles affmssements de l'abandon et de la solitude.Dans ce cœur d\u2019ù débordait la tendresse quelques mois avant, il ne res ta rien que le silence et le froid du tombeau.Il faut remarquer que je parle uniquement dans ce moment ci des sentiments humains.Cette douleur du vide, qui ne peut se comparer à aucune autre, sauf à la mort, l\u2019absen- «
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