Le droit, 24 mars 2007, Supplément 2
[" ¦rsas-!-: 800-276-0161 plus qu\u2019une un 1^1 modèle CAHIER SPECIAL - 10 ANS DEJA! WJ r.- uivt Mon [H r- .JS * «- ¦eDroit cyberpresse.ca Le samedi 24 mars 2007 LE DROIT, OTTAWA-GATINEAU, ÉDITION WEEK-END 24 ET 25 MARS 2007 B2 ITI émorable combat! 10 ANS DÉJÀ LONGUE VIE À L'HÔPITAL MONTFORT ! 613 562-8219 info@action-logement.ca acTION-LOGEMENt L\u2019hon.Mauril Bélanger C.P., député Ottawa-Vanier Je tiens encore une fois à féliciter tous les citoyens et citoyennes qui ont levé leur bouclier pour défendre notre Hôpital.Pouvoir se faire soigner dans sa langue est une question d'équité, de dignité, d'efficacité et d'économie.Le réseau f rancophone de santé en Ontario français et ailleurs au Canada émane en grande partie de l\u2019énergie déployée pour sauver notre hôpital.Longue vie à Montfort! COLLINE PARLEMENTAIRE\tCIRCONSCRIPTION\t 925 Edifice de la Confédération\t504-168, rue Charlotte\t Chambre des communes\tOttawa (Ontario)\t K1A 0A6\tKIN 8K6\t Tél.: 613 992-4766\tTél.: 613 947-7961\t Téléc.: 613 992-6448\tTéléc.: 613 947-7963\t466125 465795 Service en français de santé mentale pour enfants, jeunes et familles Centre psychosocial POUR ENFANTS ET FAMIUES O\u2019OTTAWA 613 789-2240 150, chemein Montréal, Ottawa wwwxentrepsychosocialxa French Cuisine française Service de Traiteur Plats cuisinés Boulangerie Pâtisserie Repas d\u2019affaires complet à partir de 11,25$ 613 842-9904 lagourmandise.com 15% d\u2019escompte pour les entreprises culturelles à but non lucratif.Déplacer des montagnes Jacques Pronovost jpronavasl@ledroil.Gom Éditeur Plus de 10 000 personnes mobilisées pour affirmer leur solidarité, cinq années de lutte tenace, le recours aux tribunaux pour faire reconnaître des droits inaliénables: le combat pour la survie de l'hôpital Montfort d\u2019Ottawa n'est pas qu'une victoire en bout de parcours, c'est aussi un modèle, la référence parfaite d'une lutte contre ce qui est inacceptable.Elle l'est pour les francophones d'Ontario qui y ont retrouvé la force de leurs racines et ont ravivé la flamme de l'engagement.Elle est aussi un modèle pour tous ces autres cas où l'on tente d'imposer des décisions administratives illégitimes en bafouant les droits des minorités, ou tout simplement les mique particulière d'un journal fondé par ceux-ci pour la défense de leurs droits, même s\u2019il dessert aussi désormais une très large clientèle de francophones du Québec, de l'autre côté de la rivière des Outaouais.La commémoration, dix ans plus tard, de cette lutte et de cette victoire encore si fraîche dans la mémoire des Franco-Ontariens impose le rythme, oblige à se concentrer rapidement sur cette problématique propre au Droit, le seul journal de tous les quotidiens du Canada à vivre aussi intensément cette dynamique; elle nous baigne immédiatement dans cette responsabilité incroyable partagée par toutes les équipes du Droit depuis sa fondation en 1913.Plus encore, la lecture rapide tion mais surtout leur passion transcendent les mots.Celle-ci s'incarne aussi dans les propos de Michel Gratton.Nous y découvrons de plus la passion journalistique partagée par son frère Denis et celle, ô combien vigoureuse, de l'éditeur d'alors et toujours collaborateur au journal Le Droit, Pierre Bergeron.Pierre aura su mettre Le Droit au service du droit, de la logique et de l'histoire d'une communauté qui a fait naître ce journal en des circonstances analogues.Seule la passion, commune, partagée, orientée vers un même but, peut ainsi déplacer des montagnes.Montfort en est un symbole extraordinairement puissant et toujours vivant.Le célébrer ainsi aux Archives LE DROIT Montfort Moallc/j Pour un éditeur arrivant à peine à la barre du journal Le Droit, l'évocation, toujours aussi passionnée dix ans plus tard, de la crise Montfort, constitue une initiation puissante à la réalité du milieu francophone de la région.droits humains.Ce triomphe est aussi et avant tout celui des personnes qui ont cru en la justesse de leurs revendications et qui n\u2019ont pas hésité à se tenir debout pour les faire valoir.Dix ans plus tard, alors que l\u2019hôpital Montfort s\u2019agrandit et que les artisans de cette réussite s'apprêtent à se rappeler les heures douloureuses d'incertitude qu'ils ont vécues, mais plus encore les moments exaltants de leur victoire, cet épisode important de l'histoire récente des Franco-Ontariens devient aussi, pour un éditeur arrivant à peine à la barre du journal Le Droit, une initiation puissante.Elle nous fait rapidement saisir toute l'importance du fait français dans l'Est ontarien et la dyna- des deux cahiers spéciaux produits par Le Droit en 1997 et en 2002, auquel s'ajoute celui-ci, permet de vivre en différé les émotions des gens qui ont été de toutes ces heures de combat.Ce sont de véritables pièces d'anthologie, une richesse historique.Tous, au Québec, nous connaissions déjà madame Gisèle Lalon-de, le porte-étendard de cette bataille épique, un symbole, sinon une icône consacrée à la grandeur du pays.Nous connaissions moins les Ronald Caza, Gérald Savoie, Jacques Blouin, Michelle de Courville Nicol, Jean-Robert Gauthier, Mauril Bélanger, Roger Bernard, Marc Cousineau et tous ces autres qui ont tenu si haut ce flambeau.Leurs actions, leur détermina- cinq ans est aussi une grande œuvre d'éducation pour tous ceux qui viennent vivre et partager cette vitalité linguistique, sociale et humaine d'une région appelée à accueillir régulièrement des gens de partout, anglo-phones du reste du Canada, francophones des autres provinces, francophones et anglophones de tous les coins du Québec, citoyens du monde aussi.Merci Ainsi vous nous faites partager votre fierté, nous faites comprendre la force de vos racines et la détermination à faire reconnaître vos droits, une détermination qui traverse le temps.L'énergie qui s'en dégage est un modèle de vie. ITI émorable combat! 10 ANS DÉJÀ Grandir sans perdre son âme Montfort ÇyUZifllf/V, tn^riiÿls MjlAalJimtu! ïMÏÏfUB mSH Montfort El ?m O H ¦EEBBaBgasgPTi\u2019B CONSTRUCTION KHHH © Ontar PMk.MBmi Ci erre m V ollaboration spéciale pallanl@ledroil.Gom Jusqu'en 1997, ceux et celles qui suivaient la saga de l'hôpital Montfort auraient sans doute hésité à parier sur l'avenir du centre hospitalier franco-ontarien.Mais le ralliement historique de la communauté - voire du Canada français tout entier - a créé un bouclier populaire et la décision historique de la Cour divisionnaire, confirmée en 2001 par la Cour d'appel de l'Ontario, a affirmé le droit constitutionnel de l'Hôpital à survivre et à se développer comme outil essentiel de la société franco-ontarienne.Montfort avait déjà dans ses cartons des projets en vue d\u2019un hôpital de plus grande envergure.Alors quand la victoire a finalement été acquise en décembre 2001, l\u2019hôpital Montfort était prêt à rencontrer les représentants du ministère ontarien de la Santé pour tourner la page et entreprendre une phase de développement.«Nous sommes allés chercher une base budgétaire beaucoup plus adéquate qui incluait pour la première fois notre mission d\u2019enseignement, poursuit M.Savoie.C\u2019est à cette époque-là, en travaillant avec les fonctionnaires du ministère, que nous avons pondu notre vision d\u2019un nouveau Montfort agrandi.» Expansion Trois ans plus tard, en juillet 2005, le gouvernement McGuin-ty annonçait officiellement une expansion majeure de l\u2019hôpital Montfort.Présentement en construction, ce projet de 250 millions $, doit plus que doubler la superficie de l\u2019hôpital - de 300 000 à 750 000 pieds carrés.«Le plus grand défi à l\u2019époque, c\u2019était d\u2019éviter l\u2019implosion, explique Gérald Savoie, directeur général de l\u2019hôpital Montfort.Si les médecins quittent, tout le monde suit.Or il y avait des hôpitaux qui offraient des bonis (jusqu\u2019à 5000$!) pour essayer d\u2019attirer notre personnel.Certains employés recevaient de 10 à 20 demandes par jour.En plus, nous recevions en moyenne 40 % moins de financement que les hôpitaux comparables en Ontario.Quand nous sommes allés devant les tribunaux il y avait eu un roulement de personnel de 85 % alors que le roulement normal aurait dû être de 5 à 10 %.Malgré tout, les médecins étaient restés ! » Pourtant, même aux heures les plus sombres, la direction de La superficie de l'hôpital Montfort doit passer de 300000 à 750000 pieds carrés.« Nous devons être performants.Nous devons faire mieux qu'ailleurs.Nous sommes condamnés à l'excellence.» - Gérald Savoie, directeur général de l'hôpital Montfort.blera de 12 à 24 résidents par année, devenant du fait même l\u2019un des plus importants au pays.L'âme de Montfort La croissance physique, humaine et technologique de Montfort n\u2019a pas changé son âme, cependant.L\u2019institution continuera de jouer son rôle de défenseur et de promoteur de la langue française.Grâce au jugement de 2001, dit M.Savoie «tout ce qui pourrait avoir un effet sur la capacité de Montfort d\u2019offrir des services en français, de continuer à travailler en français, de communiquer et de penser en français, est écarté.Dorénavant, quand l\u2019Ontario investira des dollars en santé, on devra mettre en place des services en français et non des services bilingues.Ça, c\u2019est tout un changement.» Le plus important, ce n\u2019est donc pas le chantier de construction en cours, mais ce que l\u2019hôpital offrira au public à l\u2019intérieur des nouveaux murs.Avant de prendre une décision finale à ce sujet, les cadres et médecins ont entrepris d\u2019examiner les meilleures pratiques au Canada, aux États-Unis et ailleurs pour que, tout en conservant ses valeurs culturelles et communautaires, l\u2019hôpital Montfort soit aussi l\u2019un des plus per- formants.«Nous voulons offrir à la communauté un service cinq étoiles», dit M.Savoie.L\u2019ouverture récente d\u2019une nouvelle clinique de réadaptation cardiaque et d\u2019une clinique du diabète s\u2019inscrit dans cet objectif.La Défense nationale La location à la Défense nationale de quatre étages de l\u2019aile Est de l\u2019Hôpital ne mettra pas en danger les autres missions de Montfort, assure M.Savoie.Le ministère de la Défense a en effet accepté d\u2019y concentrer ses professionnels de la santé francophones et bilingues.Les quatre étages réservés à la Défense serviront à traiter les jeunes militaires en service actif, et non les anciens combattants.Le personnel du ministère et des Forces canadiennes assumera cette mission.Le personnel et les patients militaires auront accès aux autres services de Montfort, cliniques et académiques.«Nous avons un cœur, une âme, des valeurs, conclut M.Savoie.Quand nous avons une institution unique en son genre, protégée par la Constitution, nous avons le devoir de ne pas la mettre à risque.Nous devons être performants.Nous devons faire mieux qu\u2019ailleurs.Nous sommes condamnés à l\u2019excellence.» Montfort disposera également de près de 300 lits de soins aigus et ses ressources humaines passeront de 950 à un minimum de 1500 employés.De plus, l\u2019hôpital franco-ontarien accueillera tous les ans 500 étudiants dans 36 disciplines différentes, et le programme de résidence en médecine familiale dou- QUATRIÈME SALLE FOURTH STAGE ie& v&Üttéfr ôeMefr.J-xfr rv&iM&tAMf tâi&yCCfcl x.*\u2019¦ ' h *7\"\t^ *'T* ~* ' \" \u2014j~~À ri ^ i»-11 -Æ r :x -\t: ' %r;'\tS» m \u2019 \"**^1 * W; La Quatrième Salle, fier partenaire du talent franco-ontarien.* CENTRE NATIONAL DES ARTS NATTONAL ARTS CENTRE www.nac-cna.ca 465867 LE DROIT, OTTAWA-GATINEAU, ÉDITION WEEK-END 24 ET 25 MARS 2007 LE DROIT, OTTAWA-GATINEAU, ÉDITION WEEK-END 24 ET 25 MARS 2007 ITI émorable combat! 10 ANS DÉJÀ Le jugement Montfort : des ret B4 \u2022 Marché By 33, George (près de Sussex), Ottawa 613 241-6999 \u2022 Village Place Cartier 425, boul.Saint-Joseph, Gatineau 819 595-2414 Félicitations à toute l\u2019équipe de SOS Montfort pour leur appui inconditionnel à la cause francophone en soins de santé et meilleurs voeux en ce 10e anniversaire! Merci à tous les bénévoles qui mettent tout leur coeur pour assurer la survie de notre centre hospitalier.JEAN-MARC LALONDE député de Glengarry-Prescott-Russell Tél.: 613 446-4010 Librairie du soleil Fier d\u2019offrir le plus grand choix de livres en français de la région de la capitale nationale Littérature et fonds général adulte Littérature et documentaires jeunesse Dictionnaires et ouvrages spécialisés Publications gouvernementales Service de recherche et de commandes spéciales Service aux collectivités Soutien pédagogique aux écoles Matériel scolaire Papeterie fine et idées-cadeaux Jeux et casse-têtes DVD et logiciels La victoire de SOS Montfort dans le jugement de la Cour d'appel de l'Ontario rendu le 7 décembre 2001 a déjà, et aura bien davantage au cours des prochaines années, un impact positif fondamental sur les droits des communautés minoritaires de langue officielle au pays, insiste Me Ronald Caza, le principal plaideur de cette cause.spéciale mnm Attablé dans un restaurant vietnamien du quartier chinois d\u2019Ottawa rempli à craquer à l\u2019heure du lunch, Ronald Caza feuillette intensément une brique de sept centimètres d\u2019épaisseur préparée au cours des semaines précédentes par les jeunes associés du cabinet d\u2019avocats Heenan Blaikie, dont il est un des principaux partenaires.« Regarde.On a invoqué le jugement Montfort dans 30 décisions importantes de tribunaux d\u2019un bout à l\u2019autre du pays, dont deux décisions de la Cour suprême du Canada dans le domaine des droits linguistiques», martèle-1-il, s\u2019arrêtant de temps en temps pour marquer un chapitre du document au crayon-feutre.Ronald Caza, bien sûr, fut l\u2019avocat de SOS Montfort devant la Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario, en 2001, dont le jugement devait annuler l\u2019intention du gouvernement ontarien de mettre en œuvre la recommandation de sa Commission de restructuration des services de santé, en 1997, de fermer l\u2019hôpital Montfort, dans l\u2019est d\u2019Ottawa, le seul hôpital universitaire de langue française en Ontario.Ce jugement historique, souligne le plaideur originaire de Chelmsford, dans le nord de l\u2019Ontario, est en voie de devenir un outil juridique de première importance, non seulement pour les Franco-Ontariens mais pour toutes les minorités linguistiques au pays.En effet.Moins de six ans après avoir été rendu, le jugement Lalonde c.Ontario - Commission de restructuration des services de santé (2001), comme il est désigné dans les milieux juridiques, est déjà à l\u2019origine d\u2019une jurisprudence substantielle.Partout au pays Parmi les causes les plus récentes à l\u2019avoir cité, pour la défense, notons l\u2019action intentée l\u2019automne dernier contre la Ville d\u2019Ottawa par l\u2019organisme Canadians for Language Fairness (CLF) qui prétendait que les politiques d\u2019embauche et de bilinguisme de la Ville d\u2019Ottawa sont illégales parce qu\u2019elles exigent parfois la connaissance du français.CLF a, on le sait, été déboutée.Les plaideurs ont également cité ce jugement dans la cause Raîche c.Canada (Procureur général), au Nouveau-Brunswick, en 2005.La cour avait cassé une décision de réaménager la carte électorale fédérale en déplaçant des localités francophones d\u2019une circonscription francophone à une circonscription anglophone.Les francophones des Territoires du Nord-Ouest l\u2019ont également utilisé dans une poursuite contre le gouvernement fédéral en 2006, comme les Acadiens du Nouveau-Brunswick dans deux ou trois autres causes ainsi que des groupes francophones, entre autres, de l\u2019Ontario, de Colombie-Britannique et du Nunavut.Me Caza souligne également les décisions Edwidge Casimir et Mario Charlebois de la Cour suprême du Canada, dans lesquelles le jugement Montfort fut invoqué.La première touchait à l\u2019admissibilité à l\u2019école anglaise au Québec pour des élèves ayant fréquenté les programmes d\u2019immersion française en Ontario, où la demanderesse a obtenu gain de cause.La cause Charlebois, cependant, ne fut qu\u2019une bien maigre victoire pour la communauté acadienne alors que le plus haut tribunal du pays, tout en reconnaissant certains éléments de la demande, rejetait l\u2019argument qu\u2019au Nouveau-Brunswick les municipalités devaient être bilingues parce qu\u2019elles sont, comme ailleurs au Canada, des créatures de la province.(Le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue au pays.) Modification CONSTITUTIONNELLE Marc Cousineau, un plaideur de la cause Montfort au côté de Me Caza, croit lui aussi que la décision de la Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario a eu des retombées beaucoup plus étendues que cel- le de prévenir la fermeture d\u2019un hôpital.«C\u2019est la décision linguistique la plus importante de l\u2019histoire», lance le juriste, alors professeur à la Faculté de droit de l\u2019Université d\u2019Ottawa, aujourd\u2019hui (à la demi retraite) conseiller expert en matière de droit constitutionnel à l\u2019étude Nelligan O\u2019Brien Payne, à Ottawa.«On a, en quelque sorte, modifié la Constitution du Canada pour donner une protection constitutionnelle aux institutions de la communauté; avec la décision Montfort, la communauté a pu invoquer avec succès des droits [.] qui étaient limités à l\u2019article 23 de la Charte (droits en éducation)», insis-te-t-il.Principes constitutionnels « NON ÉCRITS » «Lors de la Confédération, poursuit-il, il était très clair que les deux communautés (française et anglaise) devaient coexister.Or, ce jugement est une reconnaissance formelle des principes fondateurs de la Constitution, à savoir que les deux communautés fondatrices peuvent coexister partout au pays».(Avec les Premières nations, précise-t-il).Ronald Caza et Marc Cousineau s\u2019entendent pour attribuer en grande partie cette victoire à la reconnaissance, par le tribunal, des «principes constitutionnels non écrits», une notion qui, depuis la deuxième Grande Guerre, prend une place de plus en plus grande dans les milieux juridiques du monde occidental.Cela signifie, en gros, que même si un droit constitutionnel ITI émorable combat! 10 ANS DÉJÀ ombées juridiques inestimables n\u2019est écrit nulle part, comme celui des Franco-Ontariens en matière de soins de santé, cela ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019existe pas, et les tribunaux, tout com- me les gouvernements, sont obligés d\u2019en tenir compte.Le 1er décembre 2005, la juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverly McLachlin, déclarait qu\u2019« il existe des normes de justice d\u2019un caractère si fondamental qu\u2019elles font partie de la structure juridique de gouvernance et doivent être iimni' li fl-'ffl Archives LE DROIT Ronald Caza fut l'avocat de SOS Montfort devant la Cour d'appel de l'Ontario, en 2001.soutenues par les tribunaux -qu\u2019elles soient ou non exprimées dans des textes constitutionnels».Pensait-elle à Montfort en prononçant ces paroles à titre d\u2019invitée du prestigieux Lord Cooke Lecture à Wellington, en Nouvelle-Zélande ?Vraisemblablement, car selon Ronald Caza, «c\u2019était la première fois au Canada, dans la cause Montfort, qu\u2019on les invoquait».Cadeau suprême Mme McLachlin faisait partie du panel de juges de la Cour suprême qui avait statué, en 1998, lors du Renvoi sur la sécession du Québec, que «la Constitution n\u2019est pas uniquement un texte écrit.Elle englobe tout le système des règles et principes qui régissent l\u2019exercice du pouvoir constitutionnel.[.] Il faut faire un examen plus approfondi des principes sous-jacents qui animent l\u2019ensemble de notre Constitution, dont le fédéralisme, la démocratie, le constitutionnalisme et la primauté du droit, ainsi que le respect des minorités.» Dans cette opinion, le tribunal écrivait encore : «Il serait impossible de concevoir notre structure constitutionnelle sans (les principes non écrits) (qui) ne sont pas simplement descriptifs [.] (mais) aussi investis d\u2019une force normative puissante et lient à la fois les tribunaux et les gouvernements ».« Ce renvoi fut un cadeau du ciel à l\u2019égard des principes constitutionnels non écrits et, en conséquence, à l\u2019égard de notre cause », renchérit Me Caza.10 ANS Par ailleurs, Ronald Caza estime que ce n\u2019est pas avant une dizaine d\u2019années encore que l\u2019impact de ce jugement sera pleinement ressenti dans les milieux juridiques.«La jurisprudence vient à peine de commencer, au Canada, sur les principes non écrits, dit-il.Jusqu\u2019ici, chaque fois qu\u2019une partie a soulevé (en cour) la question des principes non écrits, on s\u2019est référé à Montfort car c\u2019était la première fois qu\u2019on appliquait (cette notion) de façon concrète ; la Cour d\u2019appel les a énoncés, et on réitère.» «Les principes non écrits sont dans leur enfance et ça prend des décennies pour développer du droit constitutionnel.Mais on voit que l\u2019on a déjà commencé, partout au Canada, à utiliser la décision de Montfort pour soutenir ses positions», conclut-il avec satisfaction.t raWié des m'WiefS pool la reconnais311\t^ tfarts 3PPW« La Clté\ttend\tMontfort, Cétéb.ons ce dixième annive collège meilleU*e^»«j collégiale www.lacitecollegiale.com 613 742-2483 ou sans frais 1 800 267-2483 B5 LE DROIT, OTTAWA-GATINEAU, ÉDITION WEEK-END 24 ET 25 MARS 2007 LE DROIT, OTTAWA-GATINEAU, ÉDITION WEEK-END 24 ET 25 MARS 2007 ITI émorable combat! 10 ANS DÉJÀ Une décision de justice sans équivoque Adrien Cantin acantin@ledroit.com Ironiquement, la cause Mont-fort ne fut pas la source intaris- sable de mandats et, conséquemment, de gros sous, qu'on aurait pu imaginer, pour les avocats spécialisés dans les droits linguistiques des minorités.Des avocats tel que Ronald Caza.« Certains me disent parfois : \u201cMon Dieu, après la cause Mont-fort, avec un tel précédent, t'as dû avoir plein de nouveaux dos- Borden Ladner Gervais s.r.l offre ses meilleurs voeux à l\u2019Hôpital Montfort à l\u2019occasion du 10e anniversaire de SOS Montfort BORDEN LADNER GERVAIS D'ABORD, LE SERVICE.www.blgcanada.com siers\u201d.Or, la réalité est qu\u2019il n\u2019y en pas eu autant qu\u2019on pense, pour la simple raison que le jugement de la Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario est tellement solide et tellement bien écrit que ce n\u2019est souvent plus nécessaire d\u2019aller devant les tribunaux pour faire valoir ses droits», dit-il avec un large sourire.« Je ne peux pas vous dire, poursuit-il, à quel point je n\u2019ai souvent qu\u2019à envoyer un simple avis juridique (invoquant le jugement Montfort) qu\u2019un client peut faire suivre à un organisme gouvernemental, ou une simple mise en demeure, pour que le litige soit vite réglé.Dans bien des situations, les minorités linguistiques de partout au Canada peuvent désormais obtenir sans se battre, certaines institutions ou certains services.» « Avec la décision Montfort, indique son collègue Marc Cousineau, la communauté a pu invoquer ces principes avec succès.Cela peut lui éviter d\u2019aller en cour chaque fois qu\u2019une question de droit linguistique est soulevée et éviter d\u2019autres cauchemars de procès comme Montfort ».MONTFORT] ARCHIVES LE DROIT Ronald Caza CALGARY MONTRÉAL OTTAWA TORONTO VANCOUVER RÉGION DE WATERLOO Borden Ladner Gervais s.r.l.Avocats ¦ Agents de brevets et de marques de commerce Bravo à Montfort EP 'jawipjR; f\t* L'équipe de Bel Air Lexus est fier de souligner l'excellence des services de santé offerts par l'Hôpital Montfort.Bel-Air Lexus Toyota 440, chemin McArthur 613 741.3270 B6 ITI HOPITAL MONTFORT Spécialiste en formules d'ordinateurs SUPÉRIEURE Æ.SUPÉRIEURE BUSINESS FORMS INC.- FORMULES D'AFFAIRES INC.SERVICES D'IMPRIMERIE \u2022\tImprimerie commerciale \u2022\tFormules d'affaires en format continu, laser et en liasses \u2022\tDécalques en vinyle \u2022\tBroderie et sérigraphie sur chandail \u2022\tArticles promotionnels \u2022\tÉtiquettes en format continu et laser \u2022\tComposition et montage 1467 RUE NORTHDALE, OTTAWA, ONTARIO Kl B 4G7 TEL 613 746-4848 TÉLÉC : 613 741-9277 COURRIEL: superiorbf@rogers.com V ITI émorable combat! ANS 10 DEJA C'était hier que l'Ontario tremblait Imaginez si les Franco-Ontariens avaient baissé les bras, il y a dix ans.Imaginez.Il n\u2019y aurait plus d\u2019hôpital Mont-fort.Il serait fermé.Peut-être même démoli.Qui sait ce que le gouvernement ontarien aurait fait de cet édifice si le mouvement SOS Montfort ne lui avait pas tenu tête.Parce qu\u2019aux yeux du gouvernement Harris, cet hôpital n\u2019était que « de la brique et du mortier».Imaginez si la communauté franco-ontarienne ne s\u2019était pas rangée fièrement et financièrement derrière ce mouvement populaire dirigé par Gisèle Lalon-de.Il n\u2019y aurait plus d\u2019hôpital Mont-fort.Et le deuil collectif des Franco-Ontariens aurait été dévastateur et il se serait probablement perpétué pour des générations.On ne parlerait pas de célébrations aujourd\u2019hui, on parlerait ration «du jour où ils ont fermé notre hôpital».Mais le 22 mars 1997, quand 10000 Franco-Ontariens se sont entassés dans le Centre municipal d\u2019Ottawa pour crier haut et fort: «Montfort fermé, JAMAIS !», c\u2019est tout un pays qui nous a entendus.C\u2019est toute une province qui a tremblé.C\u2019est tout un mouvement qui a pris vie.Du jamais vu.Et contre vents et marées, on a gagné.Déjà dix ans.C\u2019est comme si c\u2019était hier.C\u2019est cliché, ce que je viens d\u2019écrire, je le sais, mais c\u2019est vrai.C\u2019est comme si c\u2019était hier.C\u2019est comme si c\u2019était hier que les journalistes se bousculaient autour du directeur général de l\u2019hôpital Montfort, Gérald Savoie, pour recueillir ses commentaires sur l\u2019annonce de la fermeture de son hôpital.Dépité et complètement sonné par cette annonce inattendue, M.Savoie avait simplement dit: «Le seul espoir que nous avons de renverser cette décision se trouve au niveau de la population.Les francophones vont-ils accepter la fermeture de l\u2019hôpital Montfort?Ici à l\u2019hôpital, nous avons tout fait pour démontrer au gouvernement ontarien notre rôle important et indispensable dans la communauté.C\u2019est maintenant au tour de la population de se faire entendre.» Message reçu, M.Savoie.C\u2019est comme si c\u2019était hier que Le Droit titrait «SOS Montfort».Un mouvement populaire créé le même jour s\u2019appropriait ce titre pour en faire le sien.C\u2019est comme si c\u2019était hier que j\u2019apercevais mon frère aîné, Michel, présent à la toute première conférence de presse de SOS Montfort.«Mais que fais-tu ici?lui avais-je demandé, lui qui avait accroché sa plume de journaliste depuis quelques années.-\tOn a retenu mes services pour assurer les communications et les relations avec les médias pour SOS Montfort.-\tCrois-tu que le gouvernement renversera sa décision?-\tIl ferait mieux.-\tSinon.?-\tSinon, on va amener ça à l\u2019échelle nationale.-\tT\u2019es fou?Comment comptes-tu faire ça?-\tJust watch me.Un peu moins d\u2019un mois plus tard, le 22 mars 1997, le « Grand ralliement Montfort» était diffusé d\u2019un océan à l\u2019autre sur les ondes de RDI.Le 22 mars 1997.Déjà 10 ans.C\u2019est comme si c\u2019était hier.La foule survoltée, les discours enflammés, les jeunes Franco-Ontariens qui dansaient et qui criaient leur fierté, la vague de milliers de drapeaux verts et blancs, l\u2019entrée en scène triomphale de Gisèle Lalon-de et du Sénateur Jean-Robert Gauthier, les autobus bondés de gens venus de tout l\u2019Ontario qui se succédaient à la porte du Centre municipal.C\u2019était l\u2019euphorie.Une douce et magnifique euphorie.Je revois encore le député fédéral d\u2019Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger, seul sur le plancher du Centre municipal, contemplant avec ravissement la foule en délire.«Ça va M.Bélanger?lui avais-je demandé.-\tÇa n\u2019a jamais été mieux Denis.Et sais-tu, je n\u2019ai jamais été aussi Cet hôpital n'était que « de la brique et du mortier » pour le gouvernement Harris.En nombre, la population l'a convaincu du contraire.fier de ma vie d\u2019être Franco-Ontarien.- Moi non plus, M.Bélanger.Moi non plus.» Le 22 mars 1997.Une journée pour fêter et célébrer.pour ne jamais oublier.Jamais.Denis Gratton : 613 562-7531 dgratton@ledroit.com ^\t^ * u service de Montfort Publi-reportage 24 heures \u2022 7 jours par semaine \u2022 613 744-3333 depuis plus de 20 ans \u2019une génération à l\u2019autre, depuis maintenant 60 ans, le public d\u2019Ottawa et des environs continue d\u2019apprécier l\u2019excellent service de Capital Taxi, une entreprise bien de chez nous.À l\u2019Hôpital Montfort, Capital Taxi dessert le personnel, les patients et les visiteurs en exclusivité depuis plus de 20 ans ! Les clients et clientes moins jeunes qui se souviennent de l\u2019industrie du taxi des années 50 et 60, alors que Capital Taxi gagnait en popularité, ne cessent de s\u2019émerveiller devant les progrès technologiques des dernières années.Le crépitement de la voix du répartiteur à la radio et les vieux taximètres manuels ont cédé la place à des systèmes informatisés de pointe y compris le positionnement SPG.« Reconnaissant que l\u2019industrie du taxi devait améliorer ses services, Capital Taxi s\u2019est transformée en une compagnie de service de taxi de classe mondiale », affirme Marc-André Way, directeur général de l\u2019entreprise sexagénaire.La flotte de plus de 200 véhicules de Capital Taxi utilise désormais la meilleure technologie satellite pour offrir à ses clients et clientes des services plus rapides et plus efficaces, des transactions financières plus commodes et plus sûres ainsi qu\u2019un système d\u2019information pour les passagers avec cartes, routes et autres informations utiles.Cette modernisation très élaborée inclut une station de répartition à la fine pointe de la technologie, liée par satellite à une flotte de voitures équipée d\u2019un puissant ordinateur et système de positionnement global (SPG).Cet investissement apporte des améliorations dramatiques dans toutes les facettes du taxi.Capital Taxi offre maintenant au public un service de répartition plus rapide, plus précis et silencieux, dont le principal effet est d\u2019améliorer considérablement le temps de réponse et le confort des passagers.D\u2019autre part, une base de données très élaborée permet une inscription par appels plus rapide, plus précise et plus efficace, particulièrement durant les heures de pointe.« Notre système de renseignements pour les conducteurs est conçu pour les aider à toujours fournir un service encore plus professionnel.», ajoute M.Way.L\u2019équipement à la fine pointe permet également d\u2019assurer un traitement plus sûr et plus commode pour les cartes de crédit et de débit.Capital Taxi a aussi la capacité de suivre la trace de ses véhicules avec précision en cas d\u2019urgence.Au moment où l\u2019Hôpital Montfort connaît une importante phase d\u2019expansion, Capital Taxi se dit fière de desservir le centre hospitalier franco-ontarien et affirme son intention de continuer de croître avec lui.CAPITAL tarn B7 LE DROIT, OTTAWA-GATINEAU, ÉDITION WEEK-END 24 ET 25 MARS 2007 LE DROIT, OTTAWA-GATINEAU, ÉDITION WEEK-END 24 ET 25 MARS 2007 ITI émorable combat! 10 ANS DÉJÀ L'inébranlable mât du drapeau SOS Montfort Il y a dix ans, Gisèle Lalonde avait promis à son mari de ne pas prendre «une autre job».La cause de l'hôpital Mont-fort aura eu raison de sa promesse.Droit Championne improbable d'un bras de fer politique et linguistique, la porte-parole de SOS Montfort, Gisèle Lalonde, aura réussi, par sa ténacité, à forcer la main de l'ancien gouvernement de Mike Harris, qui en 2002, annonçait qu'il renonçait à faire fermer le seul hôpital francophone de l'Ontario.Celle qui fut la porte-parole de SOS Montfort tout au long de la lutte pour empêcher la fermeture du seul hôpital francophone en Ontario, a eu un grand choc le 24 février 1997 lorsqu\u2019elle a ouvert son téléviseur au retour de vacances en Floride.«J\u2019étais arrivée le matin même et en écoutant les nouvelles, en début de soirée, j\u2019ai appris que la Commission de restructuration des services de santé de l\u2019Ontario proposait de fermer l\u2019hôpital Montfort.Ça m\u2019a abasourdie.» «Le soir même, poursuit-elle, une personne de l\u2019Association canadienne-française de l\u2019Ontario m\u2019appelait pour me parler de la situation.Je savais que Mike Harris (alors premier ministre de l\u2019Ontario) ne changerait pas d\u2019idée.Je venais de terminer une tournée de l\u2019Ontario avec la commission «Qui fait quoi?» (sur la révision du mandat du gouvernement et des municipalités) et je connaissais bien la façon de faire de M.Harris.Je savais que ce serait très difficile mais j\u2019avais confiance en moi», se souvient Mme Lalonde.Dès le 25 février, les administrateurs de la Fondation de Fhô-pital Montfort se réunissaient d\u2019urgence et ils ont invité différentes personnalités de la communauté francophone à entrer dans la lutte.«En partant pour la réunion, mon mari m\u2019a dit : Je ne veux pas que tu prennes une autre job.Je lui ai répondu : Mais non, voyons ! », raconte Gisèle Lalonde dans un grand éclat de rire.Lors de cette réunion, les participants se sont entendus sur la tenue d\u2019un grand ralliement des Franco-Ontariens.Pour avoir un impact, ce ralliement devait être le plus grand de l\u2019histoire de la francophonie ontarienne, croyaient alors les organisateurs.«On a pensé faire cela au centre Corel (ancien nom de la Place Banque Scotia) mais il n\u2019était pas disponible.Quelqu\u2019un a suggéré le Centre municipal et Favocat Ronald Caza a immédiatement téléphoné pour le réserver.Puis, le député fédéral d\u2019Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger, a suggéré que je sois nommée porte-parole de SOS Montfort et j\u2019ai accepté à la condition qu\u2019on me laisse faire cela à ma manière.Je ne voulais pas de patron».«Fermé?Jamais!» Dès le lendemain, en conférence de presse, Mme Lalonde a lancé son célèbre cri de ralliement «Montfort fermé?Jamais!» Ce cri est resté bien ancré dans la mémoire collective.Mais une fois de retour à la maison, Gisèle Lalonde s\u2019est sentie bien seule pour mener la lutte.Elle s\u2019est tournée vers l\u2019ancien journaliste Michel Gratton qui a accepté de l\u2019appuyer «pour un mois».il est resté tout au long de la campagne de sauvegarde de l\u2019hôpital.«Une fois la poussière retombée, on se demandait comment on arriverait à attirer 10000 personnes au Centre municipal.Heureusement, un mini ralliement a attiré 700 personnes à Embrun, une semaine après Fannonce de la commission, alors je sentais qu\u2019on avait de bonnes chances de succès.On en a parlé partout, sur toutes les tribunes».Le mouvement de résistance a pris de l\u2019ampleur au fil des jours.Le Droit a fait circuler une péti- tion.On a fait le tour des entreprises afin de recueillir de Far-gent pour payer la location du Centre municipal.Même les curés en ont parlé en chaire et invité les fidèles à participer au grand ralliement du 22 mars 1997.LE « PETIT PAIN » «La salle était pleine.C\u2019était excitant et ce fut un grand choc de voir tous ces gens.J\u2019étais sur-voltée.Nous étions tous tannés de nous laisser manger la laine sur le dos.Lorsque j\u2019étais jeune, mon père prononçait souvent la fameuse phrase \u201cOn est nés pour un petit pain\u201d, mais moi, je n\u2019y ai jamais cru».La lutte pour la survie de FHô-pital s\u2019est alors transportée devant les tribunaux : elle a duré cinq ans.En février 2002, trois ministres de Fancien gouvernement de Mike Harris sont venus à Fhôpital Montfort annoncer que le gouvernement renonçait à poursuivre la lutte et qu\u2019il acceptait finalement de garder Fhôpital ouvert.«C\u2019était la première fois que les francophones battaient le plus puissant gouvernement provincial au Canada».Honneurs La lutte pour Fhôpital Montfort a eu un tel impact que Gisèle Lalonde en ressent encore les effets, dix ans plus tard.Elle a reçu plusieurs honneurs dont FOrdre du Canada, la Légion d\u2019honneur de la France, la Médaille du gouvernement du Québec et FOrdre de FOntario.Et on a même nommé une école d\u2019Ottawa en son honneur.SOS Haïti De plus, on fait appel à elle pour soutenir différentes causes et elle a bien du mal à refuser mais elle ne peut pas tout accepter.Elle est présidente de SOS Haïti, un mouvement mis sur pied pour aider les victimes de Fouragan qui a ravagé ce pays en 2005.«À 73 ans, j\u2019ai encore de l\u2019énergie mais je dois tout de même faire attention au surmenage.Il y a des gens qui pensent que je peux tout faire.Il y a quelques années, on m\u2019a même demandé d\u2019embarquer dans la lutte pour sauver le zoo de Québec» lance-t-elle en riant.Université d'Ottawa I L'Université d'Ottawa félicite l'Hôpital Montfort, une grande institution au service de la communauté francophone et un partenaire privilégié.u Ottawa L\u2019Université canadienne Canada\u2019s university www.u Ottawa .ca '\u2022 v i mmm ?àSSàu ^ - ¦ Plus de 4000 billets déià vendus I 465977 , Du 7 juillet au 18 août prochains.;iÀ \\ i événement culturel l\u2019été 2007 ! En 2007, L\u2019écho d\u2019un peuple vous offre tant de nouvelles choses à découvrir : culture, artisanat, gastronomie, histoire et divertissements pour toute la famille.Et un mégaspectacle, présenté au crépuscule et mettant en k scène 250 comédiens, 2 700 costumes, des décors stupéfiants, des éclairages électrisants et une bande sonore à vous couper le souffle.En ce dixième anniversaire du grand ralliement pour sauver l\u2019hôpital Montfort, L\u2019écho d\u2019un peuple joint sa voix à tous ceux et celles qui ont à cœur de souligner ce pas important dans l\u2019affirmation des droits des Francophones.Réservez sans tarder ! 1 888 313-ECHO www.echodunpeuple.ca r« -(-CONSEIL DES | ÉCOLES CATHOLIQUES I DE LANGUE FRANÇAISE I DU CENTRE-EST A TÉLÉVISION conseil i Théâtre [|g] Desjardins I&?v | Conseil scolaire de district catholique GQsétS) de l'Est ontarien RDcE Ontario XEROX Présenté par L\u2019écho d\u2019an peuple Inc.B9 LE DROIT, OTTAWA-GATINEAU, ÉDITION WEEK-END 24 ER 25 MARS 2007 LE DROIT, OTTAWA-GATINEAU, ÉDITION WEEK-END 24 ET 25 MARS 2007 B10 Fiers d'appuyer Montfort, une institution essentielle pour la vitalité et la croissance de la communauté franco-ontarienne Heenan Blaikie Nous offrons une gamme complète de services juridiques et de solutions d'affaires à des clients de tous les secteurs de l'industrie.Heenan Blaikie - Ottawa 613 236.1668 Heenan Blaikie srl \u2022 Avocats | Agents de brevets et de marques de commerce \u2022 Ottawa Montrea Toronto Vancouver Quebec Calgary Sherbrooke Trois-Rivieres Victoria \u2022 www.beenanblaikie.com ASSEMBLEE DE LA FRANCOPHONIE DE L'ONTARIO L'ASSEMBLEE DE LA FRANCOPHONIE DE L'ONTARIO (AFO) est fière de souligner le 10e anniversaire du grand ralliement historique pour la sauvegarde de l'Hôpital Montfort 10 ans déjà et vous voilà en plein essor! Pour tant d efforts, de solidarité et de ténacité, Merci! www.afo.franco.ca ITI émorable combat! 10 ANS DÉJÀ La victoire tonitruante Plus le temps passe, plus tous les souvenirs se confondent dans une seule image.Michel Gratton collaboration spéciale Une image floue.Comme un mirage.Comme des milliers de fantômes dont on ne sait s\u2019ils sont venus du passé, du présent ou de l\u2019avenir.Une foule sans visage qui ressemble plus à un océan.Mouvant, vivant, puissant.Un murmure distant, mais tou- midi, pour défendre un hôpital ce n\u2019était rien de moins que de la folie.J\u2019avais partagé ces sentiments avec la grande Gisèle Lalonde dès les premiers jours de mon implication.Mais c\u2019était une belle folie.Si, par miracle, on réussissait?Tout changerait.J\u2019en étais convaincu.Un échec, par contre, aurait été catastrophique.Pour moi, pour Montfort, pour la cause et, j\u2019en suis tout aussi persuadé, pour la communauté franco-ontarienne.On ne s\u2019en remettrait pas.Jamais.ne faut pas l\u2019oublier, de tous les Canadiens tout simplement empreints de justice sociale.Le génie d\u2019organiser un ralliement n\u2019est pas venu de moi.C\u2019était la lubie de Gisèle Lalonde et de la poignée de Francophones indignés qui se sont rassemblés à Montfort au lendemain de l\u2019annonce de la fermeture pour décider comment combattre cette décision injuste, injustifiée et injustifiable.La décision était déjà prise quand je me suis pointé à SOS Montfort.J\u2019avais tout simplement à faire ma part pour réus- ¦ ¦ / ARCHIVES Convié - par Gisèle Lalonde en personne - à épauler les organisateurs de SOS Montfort aux communications, l'ancien journaliste Michel Gratton s'est, le 22 mars 1997, réconcilié avec «son peuple», les Franco-Ontariens.jours là.Menaçant.Comme un orage qui gronde dans le lointain, dans l\u2019inconnu.Cinq ans d\u2019une lutte de tous les instants.Cinq années de plus de changements renversants.Dix ans.Et, pourtant, je reviens tou-jours au même endroit, au même moment, comme si ma Terre s\u2019était arrêtée de tourner ce jour-là.Le 22 mars 1997, c\u2019est tout mon univers qui a changé.Tout ce que j\u2019avais pu croire avant de quij\u2019étais, d\u2019où je venais, où j\u2019allais.Où était ma place, quel était mon rôle, ma mission, dans ce court laps de temps qu\u2019on appelle «la vie».Un moment magique Toutes les réponses me sont venues en avalanche alors que je me berçais dans cette douce marée de 10000 exaltés.Alors que je baignais parmi les miens dans un moment magique pour tous ceux et celles qui étaient là.Un moment que j\u2019attendais depuis toujours.La communion des âmes.Le sentiment de ne plus jamais être seul.De faire partie de quelque chose de beaucoup plus gros, beaucoup plus important.Un peuple est venu au monde ce jour-là.Mon peuple.Et je me suis réconcilié avec mon peuple.Enfin.Il m\u2019aura fallu plus de 40 ans pour y arriver.Je sais qu\u2019il y avait alors en moi, surtout au cours des jours qui ont précédé ce moment, des inquiétudes stratégiques.Comme défi, remplir un stade de 10000 places, un samedi après- Que constituerait un échec ?Parmi nous, les avis variaient.Certains prétendaient qu\u2019une foule de 5000 à 7000 personnes serait suffisante pour crier victoire.Je n\u2019étais pas du groupe.Cinq mille personnes signifiaient un stade à moitié vide.2000 de plus, cela laissait encore trop de sièges vacants.Nous aurions pu proclamer le succès de notre ralliement, mais les commentateurs auraient été partagés.Le gouvernement qui fermait Montfort l\u2019aurait balayé du revers de la main: Tout simplement une autre manifestation d\u2019un autre «groupe d\u2019intérêt».Je n\u2019ai jamais pensé que de simplement remplir le Centre municipal inciterait le gouvernement de l\u2019époque à changer d\u2019idée sur la fermeture de Montfort.Ce n\u2019était selon moi qu\u2019un début vers le chemin de notre victoire.Mais ce premier pas était absolument essentiel si l\u2019on souhaitait que nos adversaires et, assurément, nos propres partisans nous prennent au sérieux.Sur la scène nationale De plus, j\u2019étais aussi convaincu que la seule façon de gagner la lutte de Montfort était d\u2019amener la cause sur la scène nationale.En Ontario, face à un gouvernement fortement majoritaire qui s\u2019était bâti une réputation de ne jamais céder sous les pressions, le combat était de loin trop inégal.Si la cause prenait une ampleur nationale, cependant, nous pourrions bénéficier du poids énorme du Québec, des Francophones minoritaires et, il sir.en trois semaines.Ce serait les trois semaines les plus démentielles de ma vie.Mais, tout au long desquelles je ne cessais de m\u2019étonner de la profondeur de l\u2019engagement de cette communauté qui était la mienne, mais que je connaissais fort mal.La contagion Plus nous approchions du 22 mars, plus je ressentais dans nos gens un sentiment d\u2019extrême confiance face à la lutte.Cette petite voix qui nous répète : « On ne se laissera pas faire ! » Monfort était devenu contagieux.Épidémique.Mais ce n\u2019est que deux jours avant le ralliement que j\u2019ai finalement commencé à croire que nous allions peut-être réussir l\u2019impossible, quand plus de 1500 jeunes étudiants se sont massés sur les terrains de Montfort pour faire une chaîne humaine autour de l\u2019Hôpital.Je les ai vus venir de loin.Il y a eu d\u2019abord cet autobus scolaire tellement bondé qu\u2019on brisait assurément toutes les normes de sécurité.On m\u2019avait dit que les étudiants viendraient à pied de l\u2019école Samuel Genest et de La Cité collégiale, deux institutions situées relativement près de Montfort.Quand j\u2019ai demandé à un des étudiants de l\u2019autobus s\u2019ils étaient de Samuel Genest, il m\u2019a regardé comme si j\u2019arrivais d\u2019une autre planète en répondant: «Non.Nous sommes de De La Salle.» Deux autres autobus.J\u2019ai demandé s\u2019ils étaient aussi de De ITI émorable combat! 10 ANS DÉJÀ d'un orage qui gronde La Salle.Mêmes regards.Non.Ils provenaient de Louis Riel et d\u2019André-Laurendeau.Ils étaient déjà plus de 200 et je ne comprenais plus rien.Et puis, du haut du promontoire de Montfort, j\u2019ai vu l\u2019une des scènes les plus enivrantes de ma vie.Une véritable armée de marcheurs, menés par un front de drapeaux franco-ontariens.J\u2019avais les larmes aux yeux.Et je me suis retourné pour voir au deuxième étage de Montfort des infirmières qui pleuraient à chaudes larmes.Là, j\u2019ai cru.J\u2019ai téléphoné à Gisèle Lalonde qui était sur la Colline parlementaire occupée à recevoir l\u2019Ordre de la Pléiade.Je lui ai dit simplement : « On va les avoir, nos 10000.» Il nous restait 48 heures.Mais l\u2019angoisse que j\u2019ai ressentie tout de même jusqu\u2019à la dernière minute était fondée sur beaucoup plus que de simples considérations stratégiques.Depuis le tout premier jour, où j\u2019avais vu, à mon grand étonnement, ma communauté se lever pour combattre, je me disais que dans ce malheur, la francophonie ontarienne s\u2019était fait servir la plus grande chance de son histoire.Complexes MINORITAIRES Nous avions, dans la crise de Montfort, l\u2019occasion de prouver plus que jamais de quoi nous étions faits.L\u2019occasion de secouer les complexes minoritaires et les compromis qu\u2019ils nous forcent à faire.L\u2019occasion de faire un pas de géant vers notre véritable affirmation, le pas que les Québécois et les Acadiens avaient déjà fait.Mais, tout ça passait par l\u2019entonnoir du 22 mars.En écrivant le discours qu\u2019allait prononcer Gisèle Lalonde au ralliement, j\u2019avais commencé par la phrase: «Vous avez tenu votre rendez-vous avec l\u2019histoire ! » Ce n\u2019était pas que de la rhétorique enflammée pour moi.C\u2019était exactement ce que je pensais.Et quand Gisèle l\u2019a dit aux 10000 personnes réunies, c\u2019était en quelque sorte mes remerciements à l\u2019endroit de tous ces gens de mon peuple d\u2019avoir soudainement donné un sens à ma vie.De toutes les victoires que nous avons eues depuis - et Dieu sait qu\u2019il y en a - la plus importante est qu\u2019en ce 22 mars 1997, nous avons changé le cours de l\u2019histoire.Notre histoire.Nous avons changé pour toujours la perception que les autres avaient de nous, mais surtout, la perception que nous avions de nous-mêmes.C\u2019est ça le véritable cadeau que nous avons fait aux générations passées, présentes et à venir.La victoire qu\u2019il nous reste à gagner c\u2019est de ne jamais, jamais, oublier.ARCHIVES Le sentiment que notre impossible défi - rallier 10000 personnes à notre cause - était à deux doigts de se réaliser, nous ne l'avons eu que deux jours avant.Lorsque plus de 1 500 jeunes étudiants se sont massés sur les terrains de Montfort pour faire une chaîne humaine autour de l'Hôpital.Des jeunes de Samuel Genest et de La Cité collégiale, bien sûr, mais pas seulement.Cette jeune énergie déboulée en autobus venait de l'école De La Salle.De Louis Riel.D'André-Laurendeau.Et de combien d'autres.?repco- Agence de représentation média Planification et ventes publicitaires nationales pour la presse francophone.1.866.411.7486 .où de vraies personnes vous répondent! Jk Montfort Ail fait partie de notre histoire, f ^ souvenons-nous-en! Le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques, fier éditeur de MONTFORT La lutte d\u2019un peuple En vente à 19,95 $ à la Librairie du Centre, dans toute bonne librairie ou sur Internet : www.librairieducentre.com CFORP et Librairie du Centre 435, rue Donald, Ottawa Tél.CFORP : 613 747-8000 Tél.librairie: 613 747-1553 ibrairie A.Michel Gratton la unie run peuple Montfort.c\u2019est la francophonie en santé! 466071 465779 LE DROIT, OTTAWA-GATINEAU, ÉDITION WEEK-END 24 ET 25 MARS 2007 LE DROIT, OTTAWA-GATINEAU, ÉDITION WEEK-END 24 ET 25 MARS 2007 d^fUut^nt mua oAAiae, itfiauc&fi/tôueA, t\u2019aecèA à dee AoiuA de Aauté de qualité dauA mûie touque, ta touque qui anticuie et véhicule me fieuAéeA,
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.