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Titre :
La tribune
Veuillez noter qu'il manque certaines pages, parties de page ou cahiers de la version née-numérique du journal La Tribune des années 2006 à 2008.
Éditeur :
  • Sherbrooke :La tribune ltée,1910-
Contenu spécifique :
Cahier 2
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Magazine week-end, ,
  • Genre
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La tribune, 2000-05-29, Collections de BAnQ.

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[" Stlsf ISÜ üü ^ fi «1 ;ü ¦ t:-3 / f' £ £ : : mïk*- se recueillent devant son effigie.LE > Presse Canadienne Quelle curieuse destinée que celle d'un hockeyeur entré dans la légende sans l'avoir demandé et qui, une fois disparu, se voit presque consacré demi-dieu.A l'annonce de sa mort samedi soir, les fans du Rocket ont convergé vers l'aréna Maurice-Richard, au Parc olympique, et défilé devant la statue l'immortalisant en pleine montée devant un filet imaginaire.Le pèlerinage s'achevait par une visite du petit musée consacré au Rocket.Le manège s'est poursuivi hier et tout laissait croire que ce sera le cas pendant plusieurs jours.Deux adolescents silencieux, la casquette vissée à l'envers, se sont agenouillés un long moment, les mains jointes, devant le monument.Après avoir prononcé une inaudible prière, ils ont fait leur signe de croix, puis ont quitté les lieux, le visage sombre.Aucun politicien, aucun artiste, même parmi les plus adulés, n'a dans l'histoire récente eu droit à une telle vénération.Et bien qu'un fan eût drapé le bronze du Rocket d'une cape fleurdelisée, «il n'a jamais fait de politique, a rappelé un homme à sa femme.La politique, ça divise.» Vêtus de l'uniforme de la Sainte Flanelle, des petits émules du Rocket ont déposé des gerbes de fleurs aux pieds de leur héros, entre une lettre émue et un collage à l'effigie du disparu.D'autres ont légué leurs vieux bâtons de hockey.«La planète entière est en deuil», a écrit un fan.«Maurice Richard comptait pour nous», a gravé un autre adulateur endeuillé.Plus désemparé: «Au Rocket, sois heureux et veille sur moi».Apaisé: «Tes bras meurtris ont porté le flambeau.Maintenant, ils peuvent se reposer».Trop jeune pour avoir assisté aux exploits de Maurice Richard, Yves Cartier est toutefois bien conscient de la place qu'il occupe dans notre histoire.Il était donc normal qu'il fasse un détour dans le quartier pour que son fils Louis-Philippe, huit ans, partage avec lui ce moment privilégié.«Il connaît tout de Maurice, son grand-père lui a tout raconté», a confié M.Cartier.Il espéra d'ailleurs pouvoir se recueillir demain devant la dépouille du Rocket, en compagnie de son fils et de son père «qui a joué dans la ligue Mont-Royal avec Dickie Moore et Henri Richard».Venus de Longueuil en compagnie de sa femme et de son fils, Alain Guillotte entend, lui aussi, rendre un dernier hommage à son idole, «le dernier représentant d'une tradition».La tradition, c'est désormais l'affaire du musée attenant à l'aréna Maurice-Richard.Les photos dédicacées du Rocket, le bâton de son 200e but, les patins de son 325e but, un dessin animé inspiré d'un conte de Roch Carrier, «Le chandail de hockey», le répertoire de ses records, voilà autant de souvenirs qui ont eu l'heur de réconforter hier les admirateurs éplorés.«Quand j'ai entendu la nouvelle de son décès, je suis venu ouvrir la place, a confié le gérant du musée, Jacques Martineau.J'ai fermé à minuit.» Hier matin, il a ouvert les portes à 8hl5 et ne savait pas à quelle heure il rentrerait chez lui.Jamais n'a-t-il vu autant de gens affluer et.acheter.«Il va nous manquer des articles», a déclaré M.Martineau qui voyait régulièrement Maurice Richard.«J'allais lui porter des photos à auto-graphier.Il était toujours disponible pour des séances de signature.» N'empêche, il faudra plus que des produits dérivés pour préserver la mémoire du flamboyant numéro 9.Car, le Rocket disparu, c'est aussi la plus glorieuse époque de notre sport national qui s'évanouit.«Ce n'était pas pour l'argent qu'il jouait, c'était pour l'honneur, a lancé Alain Guillotte, un peu amer.Aujourd'hui, les joueurs, ce sont des hommes d'affaires.Ce ne sont pas des sacs de hockey qu'ils portent, mais des attachés-cases.» Photo PC Vincent Bourdages, âgé de 10 ans, dépose un bouquet de fleurs devant la statue de Maurice Richard érigé devant l'aréna nommé en l'honneur du plus célèbre hockeyeur québécois.Tribune CAHIER SOUVENIR http://www.latribune.qc.ca Lundi 29 mai 2000 j\tPhoto d'archives, PC QUEBEC EN DEUIL Les admirateurs du Rocket Page 2 Lundi 29 mai 2000 La Tribune 2000 ¦¦¦¦ Maurice Richard, la fierte d\u2019un peuple ms*» J,.» ?-èëf m, -, àSf : * .Simili\u2014M Photo d'archives, La Tribune Normand Dussault conserve précieusement les découpures de journaux de l'époque où il jouait aux côtés du Rocket.Il aime surtout le cliché où son célèbre coéquipier fui passe une main dans les cheveux.«Il avait de ces feintes!» Normand Dussault classera toujours le Rocket comme le meilleur marqueur de tous les temps.> Louis-Eric Allard Gilles Dubé a un souvenir bien particulier de Maurice Richard.À son premier match dans la Ligue nationale, il était réuni au sein d'un trio complété par Elmer Lach et Maurice Richard.«C'était en octobre 1949 au Forum de Montréal lors de la partie inaugurale.On avait gagné 4-0.J'avais récolté un but et une passe.Maurice avait marqué deux buts.L'autre filet avait été marqué par un autre Sherbrookois, Gerry Plamondon.» En fait, ce fut le seul but de Dubé dans la LNH, qui a aussi eu la chance de jouer quelques matchs avec Gordie Howe à Detroit.«J'ai eu la chance de jouer avec deux des plus grands de mon époque et peut-être de tous les temps», précise Dubé.Les idées sont partagées quand vient le temps de nommer le meilleur joueur de tous les temps dans la LNH.Quelques-uns estiment que c'est Richard, d'autres pensent que c'est Howe, plusieurs prétendent que c'est Wayne Gretzky alors d'autres accordent leur vote à Bobby Orr.Pour le Sherbrookois Normand Dussault, c'est Mario Lemieux qui remporte la palme suivi de Jaromir Jagr.«Mais pour marquer des buts, il n'y a pas eu meilleur que Maurice Richard», dit Dussault de son ancien coéquipier de trio.«Il avait de ces feintes! Il avait la tête à gauche et le corps à droite.Les joueurs adverses étaient confus, poursuit-il.Nous, ses coéquipiers, n'en revenions pas de le voir aller.Parfois, je lui faisais une passe et il trouvait le fond du filet même à 30 ou 35 pieds du filet.Il faisait mal paraître les gardiens.Ce gars-là a mis le hockey sur la mappe.A New York, Boston, Chicago, les gens accouraient pour venir le voir jouer.» Quel merveilleux duo aurait-il formé avec Mario Lemieux si les deux joueurs avaient joué à la même époque?«Wow! Je comprends! C'est garanti qu'ils auraient fait des malheurs.Et ils auraient coûté cher! Ils voudraient bien 15 à 20 millions $, aujourd'hui», lance Dussault en riant de bon coeur de sa remarque.En évoluant plus trois saisons et demie avec le Rocket, Normand Dussault a appris à bien connaître Maurice Richard.«On faisait des longs voyages en train.On avait le temps de se parler.Pour aller à Chicago, il fallait compter un bon 22 heures de train.Je me souviens encore très bien d'un conseil qu'il m'avait refilé à mes débuts.Il m'avait dit: 'N'aie pas peur, tu es capable de tenir ton bout.Personne n'a de revolver ou de couteau sur la glace, tu peux rentrer dans le tas'.J'étais le plus petit joueur de la ligue à 5'6\" et 150 lbs, mais je n'ai jamais eu peur», raconte Dussault.O «Il n'y avait pas un athlète plus honnête envers son sport, sa famille et ses amis» Gilles Dubé rappelle la fougue qu\u2019appréciaient les admirateurs de Richard.¦ .\u2014», fi **ÊM > Louis-Éric Allard Le mot qui revient le plus souvent dans les conservations concernant Maurice Richard est certes la détermination du Rocket.«Maurice voulait marquer des buts.Je ne connais personne qui a mis plus de détermination au jeu que lui.C'est lui qui a donné tout le sens du mot détermination.Il travaillait jusqu'à la dernière once d'énergie», raconte le Sherbrookois Normand Dussault, qui a été son coéquipier durant quatre saisons, de 1947 à 1951, avec le Canadien de Montréal.Dussault se souvient notamment de ce fameux but où Richard avait réussir à loger la rondelle par-dessus le gardien avec une seule main et deux joueurs agrippés à son dos.«On n'en revenait pas.Essayez de faire ça pour voir.Maurice ne parlait pas beaucoup.Il parlait toutefois sur la glace», lance Dussault en éclatant de rire.Gilles Dubé, un autre Sherbrookois qui a aussi eu la chance d'évoluer une demi-saison avec le Rocket en 1949, retient aussi la fougue qui caractérisait cette idole du peuple.«Maurice était un athlète combatif et honnête.Il n'y avait pas un athlète plus honnête envers son sport, sa famille et ses amis.Il prenait les choses à coeur.Ce n'était pas un homme de paille.Quand il avait quelque chose à dire, il le disait et il ne penchait pas nécessairement pour le plus fort.Si c'était le plus faible qui avait raison, il se rangeait de son côté.On parle beaucoup du joueur de hockey, mais je vais aussi garder en mémoire que Maurice Richard était un homme très honnête et un bon père de famille», souligne Dubé.Il n'est pas prêt d\u2019oublier la détermination du Rocket.«Quand il recevait une passe en zone centrale, il finissait toujours avec un lancer au filet.Au début, il se faisait souvent frapper parce qu'il se promenait tête baissée un peu comme on a vu avec Eric Lindros, il n'y pas si longtemps.Maurice ne lâchait jamais.Il revenait et fonçait au filet tel un bulldozer.» Un lecteur de Sherbrooke, Fernand Gagné, a tenu à nous téléphoner, hier midi, pour nous faire part d'une anecdote intéressante qui démontre bien que Maurice Richard n'abandonne jamais.«J'ai 73 ans et il y a environ 55 ans, j'habitais à Drummondville et j'avais assisté un match de baseball de la Ligue provinciale.Maurice Richard évoluait au champ centre et une balle avait été frappée en sa direction, il avait couru à pleine vapeur face à la clôture en ne quittant jamais la balle des yeux.Photo d'orchives, PC D'une combativité légendaire, Maurice Richard pouvait compter sur une force physique si difficile à égaler que ses adversaires devaient se mettre parfois à deux pour parvenir à l'arrêter.pas toujours de la façon la plus légale.« La balle avait franchi la clôture pour un circuit alors que Maurice Richard s'était retrouvé à pleine face dans la clô- ture.Je crois que ce souvenir démontre bien à quel point ce gars-là était déterminé, peu importe le sport qu'il pratiquait.» mammmm La Tribune .Lundi 29 mai 2000 Page 3 Maurice Richard, la fierté d un peuple ¦ü 1921 2000 mm Des passions communes Maurice Richard et Guy Lafleur proviennent du même creuset.Photo d'archives PC Guy Lafleur a surtout connu Maurice Richard, l\u2019idole de son père, lors des matchs des Légendes disputés un peu partout au Canada.C'est dans ces voyages qu\u2019il a appris à connaître le Rocket.Sur la photo, on retrouve Guy Lafleur avec Ken Hodge lors d\u2019un match des Légendes au Centre Molson en octobre dernier.m Mario Goupil Beaucoup d'amateurs de hockey l'ont peut-être oublié, mais Maurice Richard a été le tout premier entraîneur de l'histoire des Nordiques de Québec.C'était en 1972.Cette année-là, les Nordiques faisaient leur entrée dans la défunte Association mondiale de hockey et pendant leur série de matchs préparatoires, ils étaient venus croiser le fer avec les Blazers de Philadelphie, au Palais des sports de Sherbrooke.Ce match aura finalement été l'un des rares de Maurice Richard derrière le banc des Nordiques.Marius Fortier, le père des Nordiques, ne s'en souvient que trop bien.C'est lui qui était allé cogner à la porte de Maurice Richard pour lui offrir le poste.Marius Fortier a été le premier directeur général des Nordiques.Immédiatement, il s'est adjoint les services de Maurice Filion.Les deux hommes se sont alors lancés à la recherche d'un entraîneur.«Ce n'était pas évident de convaincre un candidat.L'Association mondiale de hockey faisait peur et les entraîneurs ne voulaient pas prendre la chance d'y faire le saut.On avait approché des hommes comme Claude Dolbec, Phil Goyette et Orval Tessier, mais-ils avaient tous refusé», rappelle Marius Fortier.Les Nordiques avaient beau multiplier les démarches auprès des agents de joueurs afin de les enrôler chez les Nordiques, la question qui revenaient tout de suite était la suivante: qui va coacher l'équipe?Même Marius Fortier n'en avait pas la moindre idée.C'est alors qu'il faisait route en direction de Montréal en compagnie de Maurice Filion, afin d'y rencontrer des agents de joueurs, que Marius Fortier a eu l'idée.\u2014 J'pense avoir trouvé notre homme, a-t-il lancé à Filion.\u2014 C'est qui?, de demander ce dernier.\u2014 Maurice Richard.\u2014 T'es fou raide, de répliquer Filion.En moins de deux, les hommes de hockey des Nordiques ont trouvé le numéro de téléphone du «Rocket» à sa résidence privée.Il y avait déjà 12 ans qu'il était retiré du hockey.«J'ai comme principe qu'il y a pire dans la vie que de ne pas réussir, et c'est de ne pas essayer, raconte Marius Fortier.Alors, j'ai téléphoné à Maurice.\u2014 Qu'est-ce que vous me voulez?, a demandé le Rocket à son interlocuteur qui sollicitait une rencontre sur le champ.J'ai un commercial à tourner cet après-midi.Venez me voir à la fin de l'après-midi.Ce que firent Fortier et Filion.Dès leur arrivée chez le Rocket, ils ont dévoilé le but de leur visite: «On veut que vous deveniez le coach des Nordiques.» \u2014 Mais vous êtes malades!, leur a lancé le Rocket tout de go.Ça me touche Photo La Presse, Denis Courville Maurice Richard et Bernard Geoffrion ont porté le même uniforme tricolore dans les années 50, mais une compétition a toujours existé entre les deux hommes pour le trophée Art Ross décerné au meilleur compteur.Ce titre a toujours échappé à Richard.Plusieurs années plus tard, la même rivalité animait les deux hommes, comme l'a pu constater Guy Lafleur lors du 100e anniveraire du Club Mont-Royal, le 19 avril 1999.beaucoup parce que vous êtes la première organisation qui pensez à moi pour un job d'entraîneur, mais il n'en est pas question.Pour aucune considération.Pendant que Maurice Filion poursuivait la discussion avec Maurice Richard, Marius Fortier a rejoint Lucille, l'épouse du Rocket, dans la cuisine.\u2014 Vous vous ennuyez du hockey votre mari et vous, Mme Richard?, lui a alors demandé Marius Fortier.\u2014 Oui.Et ça fait 12 ans., lui a répondu la principale intéressée.«Je pars en vacances avec Maurice pour deux semaines à la mer, à Wildwood.Faites-moi confiance; je saurai bien le convaincre.», lui a lui alors dit Lucille Richard.En fait, ce que Maurice Richard appréhendait le plus, c'était la réaction des amateurs de la Vieille Capitale.Ses fils avaient déjà été hués au Tournoi international de hockey pee wee de Québec et cela l'avait beaucoup affecté.Pour les deux hommes de hockey des Nordiques, il s'agissait du dernier obstacle à écarter de leur chemin.Aussi ont-ils décidé d'inviter le «Rocket» à venir effectuer le lancer de la première balle au match d'ouverture de l\u2019équipe de baseball professionnel de Québec, les Carnavals.Ce soir-là, du jamais vu: 5000 spectateurs avaient envahi le stade municipal pour acclamer à tout rompre le «Rocket».Ce dernier a pleuré tellement il a été touché par l'accueil qu'on lui a réservé.Dès lors, c'était dans la poche pour le tandem Filion-Fortier.Le lendemain, sur le parvis de l'Hôtel de ville de Québec, Maurice «Rocket» Richard signait officiellement son contrat comme premier entraîneur des Nordiques de Québec.Le mariage n'a toutefois pas duré très longtemps.Dès le premier voyage de l'équipe, qui disputait son match inaugural à Cleveland, Maurice Richard avait été talonné par les journalistes, ce qui l'avait profondément agacé.Même lors des haltes aux aéroports de Montréal et de Toronto, les journalistes n'en avaient que pour lui.«A un moment donné, dans la journée, Maurice m'a appelé pour me dire qu'il faisait très beau à l'extérieur et ce serait une journée idéale pour aller à la chasse au chevreuil.Tune de ses passions.Il m'a dit qu'il en avait déjà assez d'être entouré constamment de journalistes.Il m'a suggéré de me mettre à la recherche d'un nouveau coach sans plus tarder», rappelle Marius Fortier.Après le match d'ouverture des Nordiques au Colisée, soit le deuxième match de l'histoire des Nordiques, Maurice Richard annonçait officiellement son départ.«Je quitte, sinon ça va me faire mourir.», avait-t-il expliqué.C'était en 1972.Finalement, Maurice Richard sera demeuré associé au hockey jusqu'à sa mort à titre d'ambassadeur du Canadien et de.journaliste-chroniqueur pour le quotidien La Presse! O Photo La Presse, Denis Courville L\u2019ambiance était aux retrouvailles en mai 1999 lors d'un souper-bénéfice pour la tenue des Olympiques du Québec.Elmer Lach, à gauche, en a profité pour saluer Maurice Richard, sous le regard attentif de Dollar St-Laurent.Photo d'orchives PC L bB Les Canadiens de Montréal ont célébré la réunion des joueurs qui ont participé à la conquête de la coupe Stanley de 1959-1960, leur cinquième de suite, le 17 décembre 1983.Maurice Richard, l\u2019entraîneur Hector «Toe» BLake, et le gardien Jacques Plante étaient de la partie.Ils ont effectué un tour de patinoire avec la coupe, comme ils l'avaient fait 23 ans plus tôt.+ O O L'émeute du Forum ¦¦ai Maurice Richaro.la fierté d un peuple Page 6 Lundi 29 mai 2000 La Tribune ¦¦¦ Le 17 mars 1955, Maurice Richard est devenu malgré lui le symbole d\u2019un peuple en quête de reconnaissance.>¦ PC et S.Lajoie Déjà considéré comme le héros de tout un peuple, Maurice Richard a été consacré le 17 mars 1955, bien malgré lui, au rang de symbole d'un peuple en quête de reconnaissance.Plus de 40 ans après l'événement, les sociologues, historiens et autres experts s'accordent à dire que l'émeute du Forum (ou le «Richard's Riot») a marqué un grand tournant dans l'évolution de la société québécoise, éveillant la fierté nationaliste.Mais pour Maurice Richard, ce jour lui a toujours rappelé l'injustice dont il a été victime quand le président de la Ligue nationale de l'époque, Clarence Campbell, lui a imposé une suspension d'une grande sévérité, le privant des trois derniers matchs de la saison régulière et de toute la durée des séries éliminatoires.Homme de caractère, un tantinet rancunier, il n'a jamais pardonné à Campbell cette décision, annoncée la veille, visant à sanctionner son attaque sur Hal Laycoe des Bruins ainsi que sur un juge de lignes, le 13 mars, au Garden de Boston.Jusqu'à la fin de sa vie, ce souvenir l'aura troublé.Voici d'ailleurs ce que le «Rocket» avait déclaré à La Presse Canadienne, à l'occasion du 30e anniversaire de ce triste incident : «Ça me dérange encore.Certains soirs avant de m'endormir, j'y pense et j'ai des difficultés à trouver le sommeil.Je ne pourrai jamais oublier ce qui s'est passé.A mon avis, il s'agissait d'une décision injuste, car elle avait été prise en quelques heures et affectait toute mon équipe.» Cette suspension eut effectivement des conséquences désastreuses pour le Canadien mais pour Richard également.En posant un tel geste, Campbell a ruiné toutes les chances du Canadien de rejoindre ou de devancer Detroit dans la course au championnat de la Ligue nationale.Richard a toujours maintenu que la suspension avait été une erreur.Le jour des funérailles de Campbell, en 1984, il a répondu aux questions insistantes d'un journaliste désireux de savoir ce qu'il pensait de l'ancien président de la LNH : «Il a eu tort».Mais qu'est-ce qui a conduit à l'émeute du 17 mars 1955 ?Le dimanche précédent, le Canadien avait disputé un important match sur la petite patinoire du Garden de Boston.Ce soir-là, Hal Laycoe avait pour mission de surveiller Richard.Il ne restait que dix minutes à la troisième période lorsque Richard a été atteint à la tête par un coup de bâton de Laycoe, lui infligeant une coupure qui nécessita cinq points de suture.Le visage ensanglanté, Richard s'est Se .ïfSi.\tS e v MOl-lKm ' K 0*** « ' MM j&X-cjùz: - a j Ci '¦*!*> Photo PC, archives Les partisans de Maurice Richard ont exhibé leur mécontentement face à la suspension imposée à leur idole par Clarence Campbell.Quelques heures plus tard, une manifestation dégénérait en une démonstration de violence inouïe.Ou jamais vu à Montréal depuis les émeutes entourant la conscription de 1942.alors rué sur le joueur des Bruins et 1 a atteint d'une solide droite à un oeil.Non satisfait, il a ramassé un bâton et il a frappé Laycoe dans le dos.L'intervention du juge de lignes Cliff Thompson n'a contribué qu'à exciter la colère de Richard.Il Ta repoussé le long de la clôture et lui a appliqué une droite à la figure.C'est ce geste qui a soulevé Tire du président Campbell.Il faut par contre souligner que Maurice Richard n'en était pas à ses premiers démêlés avec le préfet de discipline de la LNH.En 1951, dans un hôtel de Toronto, peu après une joute contre les Maple Leafs, Maurice Richard s'en était pris à l'arbitre de la rencontre en le saisissant solidement par le collet.Richard n'avait pas accepté que l'officiel ait laissé passer des infractions commises à son endroit.Saisi de l'affaire, Campbell, sous la pression de plusieurs gouverneurs du circuit, a prononcé un verdict rapide le 16 mars, quelques heures seulement après avoir entendu la défense de Richard.Déjà que la sanction était jugée heaucoup trop sévère et que tout le monde criait à l'injustice, Campbell aurait contribué à attiser la haine de la foule, en insistant pour assister au match suivant du Canadien au Forum malgré des avis contraires.Assis à sa place habituelle, les spectateurs l'ont rapidement pris à partie, d'abord en lui criant des injures et ensuite en lui jetant des projectiles de toutes sortes.Puis, les événements se sont précipités quand un jeune homme, André Robinson, tenta de le frapper au visage.Malgré l'intervention des placiers et policiers, la confusion s'est accrue quand une bombe lacrymogène éclata tout près de l'endroit où était assis Campbell.Certaines personnes présentes lors de l'explosion de la bombe ont par la suite mentionner que ce geste avait probablement sauvé la vie du président de la ligue.Evacués à l'extérieur, les spectateurs et autres badauds exprimèrent alors leur colère en fracassant vitrines de magasins et en mettant le feu aux kiosques à journaux.On brûla même Campbell en effigie.Selon un rapport de police, on mit six heures à disperser les émeutiers et les dommages ont été évalués à plus de 100 000 dollars.Une dépêche d'époque de La Presse Canadienne a décrit la situation comme étant «la pire manifestation jamais vue à Montréal depuis les émeutes anti-conscriptionnistes de 1942 qui ont marqué la dernière guerre.» Le lendemain des événements, Maurice Richard proposa aux autorités de lancer un appel au calme.Son discours a été diffusé par les stations de radio et de télévision de la métropole.Aussitôt, la foule se calma.Ce geste exprime bien l\u2019influence qu'avait le Rocket sur ses partisans.O Le modèle de tous les marqueurs «Pour des générations d\u2019amateurs de hockey, le Rocket était LE marqueur», a commenté le commissaire Gary Bettman.> Presse canadienne Si Wayne Gretzky détient aujourd'hui la majorité des records de la Ligue nationale de hockey pour un joueur offensif, il fut une époque où ce fut l'affaire de Maurice Richard.Considéré par plusieurs comme le marqueur le plus naturel de l'histoire du hockey nord-américain, le «Rocket» détenait ou partageait plus d'une vingtaine de records de la LNH au moment où il a pris sa retraite, en 1960.Aujourd'hui, son record de six buts en prolongation en séries éliminatoires tient toujours.Ce n'est pas pour rien que la LNH a décidé, en juin 1998, de créer le trophée Maurice Richard remis au meilleur franc-tireur du circuit.«Pour des générations d\u2019amateurs de hockey, le «Rocket» était LE marqueur», a commenté le commissaire Gary Bettman en annonçant la création de ce trophée.«Un bon marqueur demeure une chose rare et il est approprié que ses succès soient reconnus avec un trophée», avait-il alors mentionné.Le record qui a procuré à Richard la plus grande fierté est certes celui d\u2019avoir marqué 50 buts en 50 matchs en 1944-45, un exploit comparable aux 60 circuits de Babe Ruth au baseball.Cette saison-là, il en profita d'abord pour pulvériser le record de Joe Malone avec son 45e but lors d'un match contre les Maple Leafs de Toronto.Puis, il marqua son 50e à Boston.A Tissue de la saison, Richard affichait une moyenne d'un but à tous les 4,69 tirs, ce qui démontre son incroyable habileté et sa précision.«Ma plus forte émotion fut de marquer mes 45e et 50e.J'étais heureux de l'avoir fait pour tous mes compatriotes Photo PC.archives Wayne Gretzky a réécrit à son tour le livre des records de la LNH, mais il a toujours démontré toute son admiration pour Maurice Richard.qui m'avaient témoigné, la saison durant, une sympathique amitié», avait confié Richard après cette saison de rêve.Richard est également devenu le plus grand marqueur de tous les temps lors de la saison 1952-53.Le 8 novembre 1952, au Forum, contre les Blackhawks de Chicago, Richard marque le 325e but de sa carrière pour briser le record détenu par Nelson Stewart.C'était dix ans, jour pour jour, après avoir enfilé son premier but dans la LNH.De cet exploit, Richard s'exclama le soir même : «Je suis fier d'être Canadien Maurice Richard: dossier Voici le dossier en carrière de Maurice Richard avec le Canadien de Montréal EQUIPE.Canadien de Mtl SAISON\tPJ\t\tB\t\t»\t!\t\tPTS\t\tMEP\t \tSC\tÉl.\tSC\tÉl.\tSC\tÉl.\t\tSC\tÉl.\tSC\tEl.1942-43\t16\t-\t5\t-\t6\t\u2014\t|\t11\t\t\t4\t 1943-44\t46\t9\t32\t12\t22\t5\t\t54\t17\t45\t10 1944-45\t50\t6\t50\t6\t23\t2\t1\t73\t8\t46\t10 1945-46\t50\t9\t27\t7\t21\t4\t\t48\t11\t50\t15 1946-47\t60\t10\t45\t6\t26\t5\t\t71\t11\t69\t44 1947-48\t53\t-\t28\t-\t25\t-\t\t53\t\u2014\t89\t- 1948-49\t59\t7\t20\t2\t18\t1\t\t38\t3\t110\t14 1949-50\t70\t5\t43\t1\t22\t1\t\t65\t2\t114\t6 1950-51\t65\t11\t42\t9\t24\t4\t1\t66\t13\t97\t13 1951-52\t11\t27\t4\t17\t2\t44\t\t6\t44\t6\t6 1952-53\t70\t12\t28.\t7\t33\t1\t1\t61\t8\t112\t2 1953-54\t70\t11\t37\t3\t30\t0\t\t67\t3\t112\t22 1954-55\t67\t10\t38\t5\t36\t9\t!\t74\t14\t125\t24 11955-56\t70\t\t38\t-\t33\t-\t\t71\t-\t89\t- 1956-57\t63\t10\t33\t8\t29.\t3\t1\t62\t11\t74\t8 1957-58\t28\t10\t15\t11\t19\t4\t\t34\t15\t28\t10 1958-59\t42\t4\t17\t0\t21\t0\t1\t38\t0\t27\t2 A59-60\t51\t8\t19\t1\t16\t3\t\t35\t4\t50\t2 Totaux\t978\t133\t544\t82\t421\t44\ti\t965\t126\t1285\t188 SC: Saison club - Él.: Éliminatoires Source: Archives LNH Michèle Lecavalier - (PC) français et de faire partie du club Canadien.Ce 325e but a été le plus difficile à compter de ma carrière et jamais je ne l'oublierai.» Mais avant de prendre sa retraite, il en a marqué bien d\u2019autres.Avec ses 544 buts, il demeure le meilleur marqueur de l'histoire du Canadien.Il détient toujours les records des séries éliminatoires de l\u2019équipe pour le nombre total de buts (82), le nombre de buts gagnants (18) et le nombre de buts en périodes supplémentaires (6).Ce dernier record en est encore un de la Ligue nationale.En carrière, il a aussi réussi à 33 reprises le «tour du chapeau».Il a fallu at- tendre le hockey de l\u2019expansion pour que ce record soit battu.Dick Irvin, l'instructeur du Canadien en 1942, avait bien raison lorsqu'il a lancé en observant Richard à son premier camp d\u2019entraînement : «Ce garçon-là est un naturel.Il ne peut que réussir.» Admis au Temple de la renommée du hockey en juin 1961, il a contribué à la conquête de huit coupes Stanley, dont cinq d'affilée.Il a également fait partie de la première équipe d\u2019étoiles à huit reprises et de la deuxième à six occasions.O Majrice Richard la fierte d un peuple ¦H La Tribune MOMMMMI Lundi 29 mai 2000 page7 1*>21 2000 La fierté d'un peuple Son style spectaculaire, tranchant avec sa personnalité mystérieuse et taciturne, en faisait le favori partout.>\u2022 Presse canadienne Maurice Richard, l'idole de tout un peuple, est mort samedi des suites d'un cancer de l'abdomen.Sa mort plonge dans le deuil toute une génération, qui l'a vénéré comme un dieu.Pendant 18 ans, le «Rocket» a soulevé les passions des amateurs du Canadien en réalisant des exploits hors du commun tout en incarnant, par son jeu et son courage, les aspirations des Canadiens français.Par sa fougue, son dynamisme, sa détermination et sa volonté d'exceller, Richard a été le plus grand joueur de sa génération et l'un des plus grands de l'histoire du hockey.Sa mort laisse dans le deuil, sa compagne Sonia Raymond, ses enfants Hu-guette, Maurice fils, Normand, André, Suzanne, Paul et Jean, plusieurs frères et soeurs dont Henri et Claude, et de nombreux petits-enfants.Sa femme Lucille \u2014 née Norchet \u2014 est décédée le 18 juillet 1994.Né à Montréal le 4 août 1921 de parents gaspésiens \u2014 Onésime et Alice Richard \u2014 Maurice Richard s'est rapidement destiné à une carrière dans le sport après s'être fait remarquer en jouant au hockey dans différents clubs.Adolescent, il lui arrivait de jouer deux matchs par soir et de livrer quatre rencontres les week-ends.Sa carrière a été jalonnée de plusieurs exploits qui ont fait les manchettes pendant près de 20 ans.Mais le «Rocket» \u2014 surnom que lui a donné son coéquipier Ray Getliffe lors d'un entraînement tellement il était rapide \u2014 a également connu des moments difficiles, qui ont presque autant marqué son illustre carrière : ses démêlées avec les dirigeants de la Ligue nationale dont le pouvoir était incarné par le président Clarence Campbell, ses suspensions dont la plus célèbre a mené à l'émeute du Forum, ses nombreuses bagarres qu\u2019il a livrées aux joueurs les plus rudes du temps, et les dizaines de blessures dont il a été victime font aussi partie de la légende du «Rocket».\"O (0 O IH ce 0) O ¦ ¦H 3 (0 2 Naissance: à Montréal, le 4 août 1921 Carrière sportive: | ¦\tMembre de l\u2019équipe ayant remporté le trophée Prince de Galles (1944, 45, 46, 47, 56, 58, 59, 60) ¦\tMembre de l\u2019équipe ayant remporté la coupe Stanley (1944, 46, 53, 56, 57, 58, 59, 60) ¦\tMembre de la première équipe d\u2019étoiles (1945, 46, 47, 48, 49, 50, 55, 56) ¦\tMembre de la deuxième équipe d\u2019étoiles (1944, 51,52, 53, 54, 57) ¦\tA remporté le trophée Hart en 1947 ¦\tReçu membre du Temple de la Renommée du hockey en juin 1961 ¦\tMembre de la célèbre «Punch Line», complétée par Elmer Lach au centre de «Toe» Blake à gauche ¦\tNommé assistant-capitaine des Canadiens en 1952-53 ¦\tOccupe le poste de capitaine des Canadiens entre 1956 et 1960.\u2014- Source: LNH\t- (PC) Photo PC, archives Maurice Richard a marqué son 600e but, saison régulière et séries éliminatoires confondues, le 26 novembre 1958 contre les Rangers de New York.Ses exploits sur la glace ont transcendé la société canadienne-française pendant près de deux décennies.Richard a paraphé son premier contrat professionnel le 29 octobre 1942, Ce fut le début d'une fulgurante carrière qui devait prendre fin le 15 septembre 1960.Durant ces 18 ans, le «Rocket» a réécrit le livre des records de la Ligue nationale.Il a été le premier joueur à inscrire 50 buts en une saison (1945), un exploit que Bernard Geoffrion a réédité en 1961.Le calendrier de la Ligue était alors de 50 matchs.Richard a aussi été le premier joueur à atteindre le plateau des 500 buts, un exploit comparable à celui qui lui avait permis de doubler Nels Stewart comme meilleur marqueur de tous les temps.Le 8 novembre 1952, il inscrivait son 325e but et confirmait ainsi son statut de grande vedette.Le célèbre numéro 9 du Canadien a terminé sa carrière avec un palmarès de 544 bufs, 421 passes, 965 points et 1285 minutes de pénalité.A cet éloquent palmarès s'ajoutent 82 buts marqués en séries éliminatoires dont plusieurs sont considérés comme des pièces d'anthologie.En séries, il a inscrit 18 buts gagnants, ainsi que six buts enregistrés en prolongation, une marque qu'il détient toujours.Il a aussi réalisé sept «tours du chapeau».huit reprises, Richard a gravé son nom sur la coupe Stanley, dont cinq fois de suite, de 1956 à 1960, année de sa retraite.Son nom apparaît également huit fois sur le trophée Prince-de-Galles remis à l'équipe ayant terminé au premier rang du classement.Il a été choisi 14 fois dans les équipes d'étoiles dont huit fois au sein de la première équipe.Il a remporté le trophée Hart \u2014 joueur par excellence \u2014 à une reprise (1947).Mais le trophée Art Ross \u2014 meilleur pointeur \u2014, auquel il tenait tant, lui a toujours échappé.Richard est arrivé chez le Canadien à une époque où l\u2019équipe battait de l\u2019aile.Lors des deux années ayant précédé l'entrée du «Rocket» dans la Ligue nationale, le Tricolore avait terminé au sixième rang.C'était la guerre et le Canadien avait perdu une partie de son public.La présence de Richard devait raviver l'équipe et la relancer vers de nouveaux succès.C'est ainsi que fut créée la fameuse «Punch Line», composée de Toe Blake à gauche, d'Elmer Lach au centre, et de Richard à droite.Les exploits de Richard ont alors fait les manchettes et pendant près de 10 ans, ces trois joueurs ont dominé la scène du hockey avec la célèbre «Production Line» des Red Wings de Detroit, formée de Ted Lindsay, Sid Abel et Gordie Howe.Richard n'a pas mis de temps à se faire un nom dans la LNH.Son style spectaculaire, qui tranchait avec sa personnalité mystérieuse et taciturne, en faisait le favori de la foule, autant à Montréal que dans les autres villes du circuit.Sa seule présence suffisait à remplir les amphithéâtres.Certains de ses exploits sont aujourd'hui légendaires.Un but marqué contre Harry Lumley après qu'il eut traîné depuis la ligne bleue le gros Earl Siebert accroché à ses épaules, son fameux combat contre le rude Bob Dill, ses huit points obtenus dans un match après qu'il eut déménagé le jour même, ses cinq buts en séries dans une victoire de 5-1 contre Toronto, ses 50 buts en 50 parties et l'offre de 125 000 $ de Connie Smythe pour ses services ne sont que quelques-uns des exemples qui illuminent la carrière de Richard.Plusieurs fois au cours de sa carrière, Richard a eu à subir les foudres des dirigeants du circuit.L\u2019accrochage et les tactiques déloyales de ses adversaires lui ont souvent fait perdre la tête.Son tempérament fougueux lui valut ainsi plusieurs suspensions et de nombreuses amendes \u2014 3000 $ au total.Mais la plus célèbre de ces suspensions lui a été imposée le 16 mars 1955.Trois jours plus tôt à Boston, Richard s'en était pris au défenseur Hal Laycoe qui l'avait atteint de son bâton, ainsi qu'au juge de lignes Cliff Thompson qui le retenait.La décision de Clarence Campbell tomba comme la foudre : Richard était suspendu pour les trois dernières parties ainsi que pour la durée des séries éliminatoires.Cette suspension eut un double effet : elle privait Richard du trophée Art Ross que devait enlever Bernard Geof-frion par un point, et elle réduisait les chances du Canadien d\u2019enlever la coupe, laquelle devait être ultimement remportée par Detroit.Si Richard fut assommé par la décision du président, le public, lui, n'accepta pas le verdict.Quand, le lendemain, Campbell prit son siège au Forum accompagnée de sa secrétaire, il y eut une rumeur grandissante dans tout le Forum.La foule ne pardonnait pas à Campbell d'avoir puni si sévèrement son idole.Une bombe lacrymogène fut alors lancée en sa direction, forçant les policiers à faire évacuer le Forum.La victoire fut octroyée aux Red Wings, qui gagnèrent le match 4-1 après seulement une période de jeu.Rue Ste-Catherine, des jeunes saisirent l'occasion pour renverser des voitures, casser des vitrines et se livrer à du pillage.Montréal n'avait pas vécu de telles scènes depuis les manifestations contre la conscription.Tout au long de sa carrière, Richard a dû composer avec les blessures.Avant même son arrivée chez le Canadien, il avait déjà subi une fracture de la cheville et une autre du poignet.Mais sa blessure la plus sérieuse est survenue durant la saison 1957-58 lorsqu'il subit une presque déchirure du tendon d'Achille.Sa carrière fut dès lors compromise.Athlète courageux, il est toutefois revenu au jeu et a aidé le Canadien à enlever la coupe Stanley.L'année suivante, il fut encore blessé, cette fois à la cheville gauche après avoir essuyé un tir de Geoffrion.Une triple fracture d'un os de la joue ternit enfin sa dernière campagne.Toutes ces blessures l\u2019ont finalement incité à prendre sa retraite en 1960.Il avait 38 ans.Pendant deux ans suivant sa retraite, il a agi comme ambassadeur de bonne entente pour le Canadien.Mais en 1965, il claquait la porte après que la nouvelle direction de l'équipe \u2014 les Molson \u2014 lui eut offert un poste de relations publiques accompagné d'une importante baisse de salaire.Durant de nombreuses années, Richard n'a pas mis les pieds au Forum, se tournant plutôt vers les affaires.Il a même dirigé les Nordiques de Québec, de l'Association mondiale, durant deux matchs.Mais sa légende n\u2019a jamais diminué comme en témoigne son voyage en Tchécoslovaquie (1959) où il fut accueilli en véritable chef d'Etat.Chez lui, sa légende n'a jamais été entachée non plus.Le «Rocket», qui était revenu chez le Canadien à titre d'«am-bassadeur», a reçu sa plus belle ovation lors de la fermeture du Forum en mars 1996.Jusqu\u2019à sa mort, Maurice Richard a continué d'incarner, comme l'écrivait Jean-Marie Pellerin il y a plusieurs années, la fierté d'un peuple qui l'admirait et qui s'était longtemps identifié à ses exploits.O Page 8\tLundi 29 mai 2000 LA TRIBUNE 1921 2000 Maurice Richard la fiertéj^u WÊÊÊÊÊÊÊÊBÊKÊHÊÊÊÊÊIKÊEk¦ «J'aimerais savoir ce que les gens pensent» NDLR: Nous publions un commentaire de Christian Roy gui était correspondant de Lu Tribune en 1996 et qui a rencontré Maurice Richard, alors parrain d\u2019honneur du Tournoi de hockey atome-pee-wee de Coaticook.Nous reprenons aussi en partie le reportage qu\u2019il avait écrit à ce moment et qui illustre bien une facette de la personnalité de Maurice Richard.Maurice «Rocket» Richard est décédé le jour de mon 35e anniversaire.À jamais, ce jour du 27 mai 2000 restera gravé dans ma mémoire.De cet homme que je n'ai pourtant jamais vu jouer, outre les parties d'anciens de la LNH, je conserverai un souvenir indélébile: à titre de correspondant pour La Tribune, j'ai eu privilège de discuter avec lui, dans le cadre d'un reportage.C'était en 1996, alors que le «Rocket» agissait comme parrain d'honneur du Tournoi de hockey atome-pee-wee de Coaticook.J'ai alors vécu une situation délicate: le jeune «journaliste», un peu admirateur, était fort intimidé de rencontrer cette lé- gende vivante.Mais dès que le jeune journaliste s'est aperçu que la légende était tout aussi embarrassée, j'ai alors opté pour une discussion «père - enfant», ou plutôt «grand-père - petit-fils», afin de faire ressortir un côté humain de ce héros.J'avais alors réalisé à quel point, sous des airs sévères, se cachait un être sensible avec un grand coeur qui pouvait s'ouvrir si on savait gagner sa confiance.J'avais aussi noté à quel point Monsieur Richard se sentait prisonnier de son immense popularité: «J'aimerais tant savoir ce que les gens pensent lorsqu'ils ne répondent pas à mes bonjours sur la rue.Je ne le sais jamais,» avait-il confié sur un ton triste.Aujourd'hui, malgré la tristesse de sa mort, je salue cet homme d'une simplicité déconcertante avec qui j'ai discuté environ 40 minutes et qui n'avait dit qu'un seul commentaire sur sa carrière de joueur: «Je demeure persuadé que si Monsieur Campbell ne m'avait pas suspendu pour les séries, en 1955, ce sont six coupes Stanley consécutives que les Canadiens auraient gagnées.» Ce qui aurait fait une coupe Stanley de plus pour Monsieur Richard.et une de moins pour un certain.Gordie Howe.Texte publié le 16 janvier 1996 L'homme est impressionnant.Intimidant même.Maurice Richard, qui, dans ses yeux, conserve encore cette flamme qui l'animait lors de ses plus beaux jours avec le bleu-blanc-rou-ge, déplore, avec une certaine tristesse dans ces mêmes yeux, que les gens craignent de l'aborder.Pourquoi?«Parce qu'ils sont gênés, répond la légende.Lorsque je marche dans la rue et que je dis bonjour aux passants, il n'y a personne qui ose me répondre.Peut-être est-ce à cause de mon visage sévère.Pourtant Maurice Richard, c'est un homme bien ordinaire.» C'est dans des moments comme ceux-là que le «Rocket», de passage à Coaticook dans le cadre du Tournoi atome-pee-wee, est victime de sa gloire.«J'aimerais savoir ce que ces gens pensent lorsqu'ils ne peuvent répondre à mes bonjours.Ce sont des journalistes comme vous qui me disent ce que les gens pensent de moi.Moi je ne le sais jamais.» Le Rocket, qui célébrera son 75e anniversaire en août prochain, adore ce qu il fait, plus particulièrement auprès des jeunes.Pourtant, malgré son air austère et sévère, c'est lui-même qui paraît le plus intimidé de tous.«J'aime faire ce que je fais et ça me plaît davantage avec les jeunes.C'est pour cela que j'ai accepté de venir à Coaticook.La journée qu'on ne me reconnaîtra plus, qu'on ne me demandera plus d'autographes, c'est à ce moment que je vais rester tranquille à la maison.» Et comment explique-t-il l'engouement des jeunes et moins jeunes à son endroit?«Je ne le sais même pas.Peut-être parce qu'ils ont vu des films, des photos de moi, qu'ils ont lu des livres à mon sujet.Leurs parents ont sûrement parlé de moi à quelques reprises.Mais allez leur demander, ils ne me le disent pas.» O Ut\thùôùo (tu* .ex7 Ut L '\u2018°\u2019*2* > \u2022.*7 -A (/ y***! U/yX'.Py \\t/ jst l4 a y , sr .V-, «TW*/* A ,, M ^ Louis-Éric Allard Le mot qui revient le plus souvent dans les conservations concernant Maurice Richard est certes la détermination du Rocket.«Maurice voulait marquer des buts.Je ne connais personne qui a mis plus de détermination au jeu que lui.C'est lui qui a donné tout le sens du mot détermination.Il travaillait jusqu'à la dernière once d'énergie», raconte le Sherbrookois Normand Dussault, qui a été son coéquipier durant quatre saisons, de 1947 à 1951, avec le Canadien de Montréal.Dussault se souvient notamment de ce fameux but où Richard avait réussir à loger la rondelle par-dessus le gardien avec une seule main et deux joueurs agrippés à son dos.«On n'en revenait pas.Essayez de faire ça pour voir.Maurice ne parlait pas beaucoup.Il parlait toutefois sur la glace», lance Dussault en éclatant de rire.Gilles Dubé, un autre Sherbrookois qui a aussi eu la chance d'évoluer une demi-saison avec le Rocket en 1949, retient aussi la fougue qui caractérisait cette idole du peuple.«Maurice était un athlète combatif et honnête.Il n'y avait pas un athlète plus honnête envers son sport, sa famille et ses amis.Il prenait les choses à coeur.Ce n'était pas un homme de paille.Quand il avait quelque chose à dire, il le disait et il ne penchait pas nécessairement pour le plus fort.Si c'était le plus faible qui avait raison, il se rangeait de son côté.On parle beaucoup du joueur de hockey, mais je vais aussi garder en mémoire que Maurice Richard était un homme très honnête et un bon père de famille», souligne Dubé.Il n'est pas prêt d\u2019oublier la détermination du Rocket.«Quand il recevait une passe en zone centrale, il finissait toujours avec un lancer au filet.Au début, il se faisait souvent frapper parce qu'il se promenait tête baissée un peu comme on a vu avec Eric Lindros, il n'y pas si longtemps.Maurice ne lâchait jamais.Il revenait et fonçait au filet tel un bulldozer.» Un lecteur de Sherbrooke, Fernand Gagné, a tenu à nous téléphoner, hier midi, pour nous faire part d'une anecdote intéressante qui démontre bien que Maurice Richard n'abandonne jamais.«J'ai 73 ans et il y a environ 55 ans, j'habitais à Drummondville et j'avais assisté un match de baseball de la Ligue provinciale.Maurice Richard évoluait au champ centre et une balle avait été frappée en sa direction, il avait couru à pleine vapeur face à la clôture en ne quittant jamais la balle des yeux.Photo d'orchives, PC D'une combativité légendaire, Maurice Richard pouvait compter sur une force physique si difficile à égaler que ses adversaires devaient se mettre parfois à deux pour parvenir à l'arrêter.pas toujours de la façon la plus légale.« La balle avait franchi la clôture pour un circuit alors que Maurice Richard s'était retrouvé à pleine face dans la clô- ture.Je crois que ce souvenir démontre bien à quel point ce gars-là était déterminé, peu importe le sport qu'il pratiquait.» mammmm La Tribune .Lundi 29 mai 2000 Page 3 Maurice Richard, la fierté d un peuple ¦ü 1921 2000 mm Des passions communes Maurice Richard et Guy Lafleur proviennent du même creuset.Photo d'archives PC Guy Lafleur a surtout connu Maurice Richard, l\u2019idole de son père, lors des matchs des Légendes disputés un peu partout au Canada.C'est dans ces voyages qu\u2019il a appris à connaître le Rocket.Sur la photo, on retrouve Guy Lafleur avec Ken Hodge lors d\u2019un match des Légendes au Centre Molson en octobre dernier.m Mario Goupil Beaucoup d'amateurs de hockey l'ont peut-être oublié, mais Maurice Richard a été le tout premier entraîneur de l'histoire des Nordiques de Québec.C'était en 1972.Cette année-là, les Nordiques faisaient leur entrée dans la défunte Association mondiale de hockey et pendant leur série de matchs préparatoires, ils étaient venus croiser le fer avec les Blazers de Philadelphie, au Palais des sports de Sherbrooke.Ce match aura finalement été l'un des rares de Maurice Richard derrière le banc des Nordiques.Marius Fortier, le père des Nordiques, ne s'en souvient que trop bien.C'est lui qui était allé cogner à la porte de Maurice Richard pour lui offrir le poste.Marius Fortier a été le premier directeur général des Nordiques.Immédiatement, il s'est adjoint les services de Maurice Filion.Les deux hommes se sont alors lancés à la recherche d'un entraîneur.«Ce n'était pas évident de convaincre un candidat.L'Association mondiale de hockey faisait peur et les entraîneurs ne voulaient pas prendre la chance d'y faire le saut.On avait approché des hommes comme Claude Dolbec, Phil Goyette et Orval Tessier, mais-ils avaient tous refusé», rappelle Marius Fortier.Les Nordiques avaient beau multiplier les démarches auprès des agents de joueurs afin de les enrôler chez les Nordiques, la question qui revenaient tout de suite était la suivante: qui va coacher l'équipe?Même Marius Fortier n'en avait pas la moindre idée.C'est alors qu'il faisait route en direction de Montréal en compagnie de Maurice Filion, afin d'y rencontrer des agents de joueurs, que Marius Fortier a eu l'idée.\u2014 J'pense avoir trouvé notre homme, a-t-il lancé à Filion.\u2014 C'est qui?, de demander ce dernier.\u2014 Maurice Richard.\u2014 T'es fou raide, de répliquer Filion.En moins de deux, les hommes de hockey des Nordiques ont trouvé le numéro de téléphone du «Rocket» à sa résidence privée.Il y avait déjà 12 ans qu'il était retiré du hockey.«J'ai comme principe qu'il y a pire dans la vie que de ne pas réussir, et c'est de ne pas essayer, raconte Marius Fortier.Alors, j'ai téléphoné à Maurice.\u2014 Qu'est-ce que vous me voulez?, a demandé le Rocket à son interlocuteur qui sollicitait une rencontre sur le champ.J'ai un commercial à tourner cet après-midi.Venez me voir à la fin de l'après-midi.Ce que firent Fortier et Filion.Dès leur arrivée chez le Rocket, ils ont dévoilé le but de leur visite: «On veut que vous deveniez le coach des Nordiques.» \u2014 Mais vous êtes malades!, leur a lancé le Rocket tout de go.Ça me touche Photo La Presse, Denis Courville Maurice Richard et Bernard Geoffrion ont porté le même uniforme tricolore dans les années 50, mais une compétition a toujours existé entre les deux hommes pour le trophée Art Ross décerné au meilleur compteur.Ce titre a toujours échappé à Richard.Plusieurs années plus tard, la même rivalité animait les deux hommes, comme l'a pu constater Guy Lafleur lors du 100e anniveraire du Club Mont-Royal, le 19 avril 1999.beaucoup parce que vous êtes la première organisation qui pensez à moi pour un job d'entraîneur, mais il n'en est pas question.Pour aucune considération.Pendant que Maurice Filion poursuivait la discussion avec Maurice Richard, Marius Fortier a rejoint Lucille, l'épouse du Rocket, dans la cuisine.\u2014 Vous vous ennuyez du hockey votre mari et vous, Mme Richard?, lui a alors demandé Marius Fortier.\u2014 Oui.Et ça fait 12 ans., lui a répondu la principale intéressée.«Je pars en vacances avec Maurice pour deux semaines à la mer, à Wildwood.Faites-moi confiance; je saurai bien le convaincre.», lui a lui alors dit Lucille Richard.En fait, ce que Maurice Richard appréhendait le plus, c'était la réaction des amateurs de la Vieille Capitale.Ses fils avaient déjà été hués au Tournoi international de hockey pee wee de Québec et cela l'avait beaucoup affecté.Pour les deux hommes de hockey des Nordiques, il s'agissait du dernier obstacle à écarter de leur chemin.Aussi ont-ils décidé d'inviter le «Rocket» à venir effectuer le lancer de la première balle au match d'ouverture de l\u2019équipe de baseball professionnel de Québec, les Carnavals.Ce soir-là, du jamais vu: 5000 spectateurs avaient envahi le stade municipal pour acclamer à tout rompre le «Rocket».Ce dernier a pleuré tellement il a été touché par l'accueil qu'on lui a réservé.Dès lors, c'était dans la poche pour le tandem Filion-Fortier.Le lendemain, sur le parvis de l'Hôtel de ville de Québec, Maurice «Rocket» Richard signait officiellement son contrat comme premier entraîneur des Nordiques de Québec.Le mariage n'a toutefois pas duré très longtemps.Dès le premier voyage de l'équipe, qui disputait son match inaugural à Cleveland, Maurice Richard avait été talonné par les journalistes, ce qui l'avait profondément agacé.Même lors des haltes aux aéroports de Montréal et de Toronto, les journalistes n'en avaient que pour lui.«A un moment donné, dans la journée, Maurice m'a appelé pour me dire qu'il faisait très beau à l'extérieur et ce serait une journée idéale pour aller à la chasse au chevreuil.Tune de ses passions.Il m'a dit qu'il en avait déjà assez d'être entouré constamment de journalistes.Il m'a suggéré de me mettre à la recherche d'un nouveau coach sans plus tarder», rappelle Marius Fortier.Après le match d'ouverture des Nordiques au Colisée, soit le deuxième match de l'histoire des Nordiques, Maurice Richard annonçait officiellement son départ.«Je quitte, sinon ça va me faire mourir.», avait-t-il expliqué.C'était en 1972.Finalement, Maurice Richard sera demeuré associé au hockey jusqu'à sa mort à titre d'ambassadeur du Canadien et de.journaliste-chroniqueur pour le quotidien La Presse! O Photo La Presse, Denis Courville L\u2019ambiance était aux retrouvailles en mai 1999 lors d'un souper-bénéfice pour la tenue des Olympiques du Québec.Elmer Lach, à gauche, en a profité pour saluer Maurice Richard, sous le regard attentif de Dollar St-Laurent.Photo d'orchives PC L bB Les Canadiens de Montréal ont célébré la réunion des joueurs qui ont participé à la conquête de la coupe Stanley de 1959-1960, leur cinquième de suite, le 17 décembre 1983.Maurice Richard, l\u2019entraîneur Hector «Toe» BLake, et le gardien Jacques Plante étaient de la partie.Ils ont effectué un tour de patinoire avec la coupe, comme ils l'avaient fait 23 ans plus tôt.+ O O L'émeute du Forum ¦¦ai Maurice Richaro.la fierté d un peuple Page 6 Lundi 29 mai 2000 La Tribune ¦¦¦ Le 17 mars 1955, Maurice Richard est devenu malgré lui le symbole d\u2019un peuple en quête de reconnaissance.>¦ PC et S.Lajoie Déjà considéré comme le héros de tout un peuple, Maurice Richard a été consacré le 17 mars 1955, bien malgré lui, au rang de symbole d'un peuple en quête de reconnaissance.Plus de 40 ans après l'événement, les sociologues, historiens et autres experts s'accordent à dire que l'émeute du Forum (ou le «Richard's Riot») a marqué un grand tournant dans l'évolution de la société québécoise, éveillant la fierté nationaliste.Mais pour Maurice Richard, ce jour lui a toujours rappelé l'injustice dont il a été victime quand le président de la Ligue nationale de l'époque, Clarence Campbell, lui a imposé une suspension d'une grande sévérité, le privant des trois derniers matchs de la saison régulière et de toute la durée des séries éliminatoires.Homme de caractère, un tantinet rancunier, il n'a jamais pardonné à Campbell cette décision, annoncée la veille, visant à sanctionner son attaque sur Hal Laycoe des Bruins ainsi que sur un juge de lignes, le 13 mars, au Garden de Boston.Jusqu'à la fin de sa vie, ce souvenir l'aura troublé.Voici d'ailleurs ce que le «Rocket» avait déclaré à La Presse Canadienne, à l'occasion du 30e anniversaire de ce triste incident : «Ça me dérange encore.Certains soirs avant de m'endormir, j'y pense et j'ai des difficultés à trouver le sommeil.Je ne pourrai jamais oublier ce qui s'est passé.A mon avis, il s'agissait d'une décision injuste, car elle avait été prise en quelques heures et affectait toute mon équipe.» Cette suspension eut effectivement des conséquences désastreuses pour le Canadien mais pour Richard également.En posant un tel geste, Campbell a ruiné toutes les chances du Canadien de rejoindre ou de devancer Detroit dans la course au championnat de la Ligue nationale.Richard a toujours maintenu que la suspension avait été une erreur.Le jour des funérailles de Campbell, en 1984, il a répondu aux questions insistantes d'un journaliste désireux de savoir ce qu'il pensait de l'ancien président de la LNH : «Il a eu tort».Mais qu'est-ce qui a conduit à l'émeute du 17 mars 1955 ?Le dimanche précédent, le Canadien avait disputé un important match sur la petite patinoire du Garden de Boston.Ce soir-là, Hal Laycoe avait pour mission de surveiller Richard.Il ne restait que dix minutes à la troisième période lorsque Richard a été atteint à la tête par un coup de bâton de Laycoe, lui infligeant une coupure qui nécessita cinq points de suture.Le visage ensanglanté, Richard s'est Se .ïfSi.\tS e v MOl-lKm ' K 0*** « ' MM j&X-cjùz: - a j Ci '¦*!*> Photo PC, archives Les partisans de Maurice Richard ont exhibé leur mécontentement face à la suspension imposée à leur idole par Clarence Campbell.Quelques heures plus tard, une manifestation dégénérait en une démonstration de violence inouïe.Ou jamais vu à Montréal depuis les émeutes entourant la conscription de 1942.alors rué sur le joueur des Bruins et 1 a atteint d'une solide droite à un oeil.Non satisfait, il a ramassé un bâton et il a frappé Laycoe dans le dos.L'intervention du juge de lignes Cliff Thompson n'a contribué qu'à exciter la colère de Richard.Il Ta repoussé le long de la clôture et lui a appliqué une droite à la figure.C'est ce geste qui a soulevé Tire du président Campbell.Il faut par contre souligner que Maurice Richard n'en était pas à ses premiers démêlés avec le préfet de discipline de la LNH.En 1951, dans un hôtel de Toronto, peu après une joute contre les Maple Leafs, Maurice Richard s'en était pris à l'arbitre de la rencontre en le saisissant solidement par le collet.Richard n'avait pas accepté que l'officiel ait laissé passer des infractions commises à son endroit.Saisi de l'affaire, Campbell, sous la pression de plusieurs gouverneurs du circuit, a prononcé un verdict rapide le 16 mars, quelques heures seulement après avoir entendu la défense de Richard.Déjà que la sanction était jugée heaucoup trop sévère et que tout le monde criait à l'injustice, Campbell aurait contribué à attiser la haine de la foule, en insistant pour assister au match suivant du Canadien au Forum malgré des avis contraires.Assis à sa place habituelle, les spectateurs l'ont rapidement pris à partie, d'abord en lui criant des injures et ensuite en lui jetant des projectiles de toutes sortes.Puis, les événements se sont précipités quand un jeune homme, André Robinson, tenta de le frapper au visage.Malgré l'intervention des placiers et policiers, la confusion s'est accrue quand une bombe lacrymogène éclata tout près de l'endroit où était assis Campbell.Certaines personnes présentes lors de l'explosion de la bombe ont par la suite mentionner que ce geste avait probablement sauvé la vie du président de la ligue.Evacués à l'extérieur, les spectateurs et autres badauds exprimèrent alors leur colère en fracassant vitrines de magasins et en mettant le feu aux kiosques à journaux.On brûla même Campbell en effigie.Selon un rapport de police, on mit six heures à disperser les émeutiers et les dommages ont été évalués à plus de 100 000 dollars.Une dépêche d'époque de La Presse Canadienne a décrit la situation comme étant «la pire manifestation jamais vue à Montréal depuis les émeutes anti-conscriptionnistes de 1942 qui ont marqué la dernière guerre.» Le lendemain des événements, Maurice Richard proposa aux autorités de lancer un appel au calme.Son discours a été diffusé par les stations de radio et de télévision de la métropole.Aussitôt, la foule se calma.Ce geste exprime bien l\u2019influence qu'avait le Rocket sur ses partisans.O Le modèle de tous les marqueurs «Pour des générations d\u2019amateurs de hockey, le Rocket était LE marqueur», a commenté le commissaire Gary Bettman.> Presse canadienne Si Wayne Gretzky détient aujourd'hui la majorité des records de la Ligue nationale de hockey pour un joueur offensif, il fut une époque où ce fut l'affaire de Maurice Richard.Considéré par plusieurs comme le marqueur le plus naturel de l'histoire du hockey nord-américain, le «Rocket» détenait ou partageait plus d'une vingtaine de records de la LNH au moment où il a pris sa retraite, en 1960.Aujourd'hui, son record de six buts en prolongation en séries éliminatoires tient toujours.Ce n'est pas pour rien que la LNH a décidé, en juin 1998, de créer le trophée Maurice Richard remis au meilleur franc-tireur du circuit.«Pour des générations d\u2019amateurs de hockey, le «Rocket» était LE marqueur», a commenté le commissaire Gary Bettman en annonçant la création de ce trophée.«Un bon marqueur demeure une chose rare et il est approprié que ses succès soient reconnus avec un trophée», avait-il alors mentionné.Le record qui a procuré à Richard la plus grande fierté est certes celui d\u2019avoir marqué 50 buts en 50 matchs en 1944-45, un exploit comparable aux 60 circuits de Babe Ruth au baseball.Cette saison-là, il en profita d'abord pour pulvériser le record de Joe Malone avec son 45e but lors d'un match contre les Maple Leafs de Toronto.Puis, il marqua son 50e à Boston.A Tissue de la saison, Richard affichait une moyenne d'un but à tous les 4,69 tirs, ce qui démontre son incroyable habileté et sa précision.«Ma plus forte émotion fut de marquer mes 45e et 50e.J'étais heureux de l'avoir fait pour tous mes compatriotes Photo PC.archives Wayne Gretzky a réécrit à son tour le livre des records de la LNH, mais il a toujours démontré toute son admiration pour Maurice Richard.qui m'avaient témoigné, la saison durant, une sympathique amitié», avait confié Richard après cette saison de rêve.Richard est également devenu le plus grand marqueur de tous les temps lors de la saison 1952-53.Le 8 novembre 1952, au Forum, contre les Blackhawks de Chicago, Richard marque le 325e but de sa carrière pour briser le record détenu par Nelson Stewart.C'était dix ans, jour pour jour, après avoir enfilé son premier but dans la LNH.De cet exploit, Richard s'exclama le soir même : «Je suis fier d'être Canadien Maurice Richard: dossier Voici le dossier en carrière de Maurice Richard avec le Canadien de Montréal EQUIPE.Canadien de Mtl SAISON\tPJ\t\tB\t\t»\t!\t\tPTS\t\tMEP\t \tSC\tÉl.\tSC\tÉl.\tSC\tÉl.\t\tSC\tÉl.\tSC\tEl.1942-43\t16\t-\t5\t-\t6\t\u2014\t|\t11\t\t\t4\t 1943-44\t46\t9\t32\t12\t22\t5\t\t54\t17\t45\t10 1944-45\t50\t6\t50\t6\t23\t2\t1\t73\t8\t46\t10 1945-46\t50\t9\t27\t7\t21\t4\t\t48\t11\t50\t15 1946-47\t60\t10\t45\t6\t26\t5\t\t71\t11\t69\t44 1947-48\t53\t-\t28\t-\t25\t-\t\t53\t\u2014\t89\t- 1948-49\t59\t7\t20\t2\t18\t1\t\t38\t3\t110\t14 1949-50\t70\t5\t43\t1\t22\t1\t\t65\t2\t114\t6 1950-51\t65\t11\t42\t9\t24\t4\t1\t66\t13\t97\t13 1951-52\t11\t27\t4\t17\t2\t44\t\t6\t44\t6\t6 1952-53\t70\t12\t28.\t7\t33\t1\t1\t61\t8\t112\t2 1953-54\t70\t11\t37\t3\t30\t0\t\t67\t3\t112\t22 1954-55\t67\t10\t38\t5\t36\t9\t!\t74\t14\t125\t24 11955-56\t70\t\t38\t-\t33\t-\t\t71\t-\t89\t- 1956-57\t63\t10\t33\t8\t29.\t3\t1\t62\t11\t74\t8 1957-58\t28\t10\t15\t11\t19\t4\t\t34\t15\t28\t10 1958-59\t42\t4\t17\t0\t21\t0\t1\t38\t0\t27\t2 A59-60\t51\t8\t19\t1\t16\t3\t\t35\t4\t50\t2 Totaux\t978\t133\t544\t82\t421\t44\ti\t965\t126\t1285\t188 SC: Saison club - Él.: Éliminatoires Source: Archives LNH Michèle Lecavalier - (PC) français et de faire partie du club Canadien.Ce 325e but a été le plus difficile à compter de ma carrière et jamais je ne l'oublierai.» Mais avant de prendre sa retraite, il en a marqué bien d\u2019autres.Avec ses 544 buts, il demeure le meilleur marqueur de l'histoire du Canadien.Il détient toujours les records des séries éliminatoires de l\u2019équipe pour le nombre total de buts (82), le nombre de buts gagnants (18) et le nombre de buts en périodes supplémentaires (6).Ce dernier record en est encore un de la Ligue nationale.En carrière, il a aussi réussi à 33 reprises le «tour du chapeau».Il a fallu at- tendre le hockey de l\u2019expansion pour que ce record soit battu.Dick Irvin, l'instructeur du Canadien en 1942, avait bien raison lorsqu'il a lancé en observant Richard à son premier camp d\u2019entraînement : «Ce garçon-là est un naturel.Il ne peut que réussir.» Admis au Temple de la renommée du hockey en juin 1961, il a contribué à la conquête de huit coupes Stanley, dont cinq d'affilée.Il a également fait partie de la première équipe d\u2019étoiles à huit reprises et de la deuxième à six occasions.O Majrice Richard la fierte d un peuple ¦H La Tribune MOMMMMI Lundi 29 mai 2000 page7 1*>21 2000 La fierté d'un peuple Son style spectaculaire, tranchant avec sa personnalité mystérieuse et taciturne, en faisait le favori partout.>\u2022 Presse canadienne Maurice Richard, l'idole de tout un peuple, est mort samedi des suites d'un cancer de l'abdomen.Sa mort plonge dans le deuil toute une génération, qui l'a vénéré comme un dieu.Pendant 18 ans, le «Rocket» a soulevé les passions des amateurs du Canadien en réalisant des exploits hors du commun tout en incarnant, par son jeu et son courage, les aspirations des Canadiens français.Par sa fougue, son dynamisme, sa détermination et sa volonté d'exceller, Richard a été le plus grand joueur de sa génération et l'un des plus grands de l'histoire du hockey.Sa mort laisse dans le deuil, sa compagne Sonia Raymond, ses enfants Hu-guette, Maurice fils, Normand, André, Suzanne, Paul et Jean, plusieurs frères et soeurs dont Henri et Claude, et de nombreux petits-enfants.Sa femme Lucille \u2014 née Norchet \u2014 est décédée le 18 juillet 1994.Né à Montréal le 4 août 1921 de parents gaspésiens \u2014 Onésime et Alice Richard \u2014 Maurice Richard s'est rapidement destiné à une carrière dans le sport après s'être fait remarquer en jouant au hockey dans différents clubs.Adolescent, il lui arrivait de jouer deux matchs par soir et de livrer quatre rencontres les week-ends.Sa carrière a été jalonnée de plusieurs exploits qui ont fait les manchettes pendant près de 20 ans.Mais le «Rocket» \u2014 surnom que lui a donné son coéquipier Ray Getliffe lors d'un entraînement tellement il était rapide \u2014 a également connu des moments difficiles, qui ont presque autant marqué son illustre carrière : ses démêlées avec les dirigeants de la Ligue nationale dont le pouvoir était incarné par le président Clarence Campbell, ses suspensions dont la plus célèbre a mené à l'émeute du Forum, ses nombreuses bagarres qu\u2019il a livrées aux joueurs les plus rudes du temps, et les dizaines de blessures dont il a été victime font aussi partie de la légende du «Rocket».\"O (0 O IH ce 0) O ¦ ¦H 3 (0 2 Naissance: à Montréal, le 4 août 1921 Carrière sportive: | ¦\tMembre de l\u2019équipe ayant remporté le trophée Prince de Galles (1944, 45, 46, 47, 56, 58, 59, 60) ¦\tMembre de l\u2019équipe ayant remporté la coupe Stanley (1944, 46, 53, 56, 57, 58, 59, 60) ¦\tMembre de la première équipe d\u2019étoiles (1945, 46, 47, 48, 49, 50, 55, 56) ¦\tMembre de la deuxième équipe d\u2019étoiles (1944, 51,52, 53, 54, 57) ¦\tA remporté le trophée Hart en 1947 ¦\tReçu membre du Temple de la Renommée du hockey en juin 1961 ¦\tMembre de la célèbre «Punch Line», complétée par Elmer Lach au centre de «Toe» Blake à gauche ¦\tNommé assistant-capitaine des Canadiens en 1952-53 ¦\tOccupe le poste de capitaine des Canadiens entre 1956 et 1960.\u2014- Source: LNH\t- (PC) Photo PC, archives Maurice Richard a marqué son 600e but, saison régulière et séries éliminatoires confondues, le 26 novembre 1958 contre les Rangers de New York.Ses exploits sur la glace ont transcendé la société canadienne-française pendant près de deux décennies.Richard a paraphé son premier contrat professionnel le 29 octobre 1942, Ce fut le début d'une fulgurante carrière qui devait prendre fin le 15 septembre 1960.Durant ces 18 ans, le «Rocket» a réécrit le livre des records de la Ligue nationale.Il a été le premier joueur à inscrire 50 buts en une saison (1945), un exploit que Bernard Geoffrion a réédité en 1961.Le calendrier de la Ligue était alors de 50 matchs.Richard a aussi été le premier joueur à atteindre le plateau des 500 buts, un exploit comparable à celui qui lui avait permis de doubler Nels Stewart comme meilleur marqueur de tous les temps.Le 8 novembre 1952, il inscrivait son 325e but et confirmait ainsi son statut de grande vedette.Le célèbre numéro 9 du Canadien a terminé sa carrière avec un palmarès de 544 bufs, 421 passes, 965 points et 1285 minutes de pénalité.A cet éloquent palmarès s'ajoutent 82 buts marqués en séries éliminatoires dont plusieurs sont considérés comme des pièces d'anthologie.En séries, il a inscrit 18 buts gagnants, ainsi que six buts enregistrés en prolongation, une marque qu'il détient toujours.Il a aussi réalisé sept «tours du chapeau».huit reprises, Richard a gravé son nom sur la coupe Stanley, dont cinq fois de suite, de 1956 à 1960, année de sa retraite.Son nom apparaît également huit fois sur le trophée Prince-de-Galles remis à l'équipe ayant terminé au premier rang du classement.Il a été choisi 14 fois dans les équipes d'étoiles dont huit fois au sein de la première équipe.Il a remporté le trophée Hart \u2014 joueur par excellence \u2014 à une reprise (1947).Mais le trophée Art Ross \u2014 meilleur pointeur \u2014, auquel il tenait tant, lui a toujours échappé.Richard est arrivé chez le Canadien à une époque où l\u2019équipe battait de l\u2019aile.Lors des deux années ayant précédé l'entrée du «Rocket» dans la Ligue nationale, le Tricolore avait terminé au sixième rang.C'était la guerre et le Canadien avait perdu une partie de son public.La présence de Richard devait raviver l'équipe et la relancer vers de nouveaux succès.C'est ainsi que fut créée la fameuse «Punch Line», composée de Toe Blake à gauche, d'Elmer Lach au centre, et de Richard à droite.Les exploits de Richard ont alors fait les manchettes et pendant près de 10 ans, ces trois joueurs ont dominé la scène du hockey avec la célèbre «Production Line» des Red Wings de Detroit, formée de Ted Lindsay, Sid Abel et Gordie Howe.Richard n'a pas mis de temps à se faire un nom dans la LNH.Son style spectaculaire, qui tranchait avec sa personnalité mystérieuse et taciturne, en faisait le favori de la foule, autant à Montréal que dans les autres villes du circuit.Sa seule présence suffisait à remplir les amphithéâtres.Certains de ses exploits sont aujourd'hui légendaires.Un but marqué contre Harry Lumley après qu'il eut traîné depuis la ligne bleue le gros Earl Siebert accroché à ses épaules, son fameux combat contre le rude Bob Dill, ses huit points obtenus dans un match après qu'il eut déménagé le jour même, ses cinq buts en séries dans une victoire de 5-1 contre Toronto, ses 50 buts en 50 parties et l'offre de 125 000 $ de Connie Smythe pour ses services ne sont que quelques-uns des exemples qui illuminent la carrière de Richard.Plusieurs fois au cours de sa carrière, Richard a eu à subir les foudres des dirigeants du circuit.L\u2019accrochage et les tactiques déloyales de ses adversaires lui ont souvent fait perdre la tête.Son tempérament fougueux lui valut ainsi plusieurs suspensions et de nombreuses amendes \u2014 3000 $ au total.Mais la plus célèbre de ces suspensions lui a été imposée le 16 mars 1955.Trois jours plus tôt à Boston, Richard s'en était pris au défenseur Hal Laycoe qui l'avait atteint de son bâton, ainsi qu'au juge de lignes Cliff Thompson qui le retenait.La décision de Clarence Campbell tomba comme la foudre : Richard était suspendu pour les trois dernières parties ainsi que pour la durée des séries éliminatoires.Cette suspension eut un double effet : elle privait Richard du trophée Art Ross que devait enlever Bernard Geof-frion par un point, et elle réduisait les chances du Canadien d\u2019enlever la coupe, laquelle devait être ultimement remportée par Detroit.Si Richard fut assommé par la décision du président, le public, lui, n'accepta pas le verdict.Quand, le lendemain, Campbell prit son siège au Forum accompagnée de sa secrétaire, il y eut une rumeur grandissante dans tout le Forum.La foule ne pardonnait pas à Campbell d'avoir puni si sévèrement son idole.Une bombe lacrymogène fut alors lancée en sa direction, forçant les policiers à faire évacuer le Forum.La victoire fut octroyée aux Red Wings, qui gagnèrent le match 4-1 après seulement une période de jeu.Rue Ste-Catherine, des jeunes saisirent l'occasion pour renverser des voitures, casser des vitrines et se livrer à du pillage.Montréal n'avait pas vécu de telles scènes depuis les manifestations contre la conscription.Tout au long de sa carrière, Richard a dû composer avec les blessures.Avant même son arrivée chez le Canadien, il avait déjà subi une fracture de la cheville et une autre du poignet.Mais sa blessure la plus sérieuse est survenue durant la saison 1957-58 lorsqu'il subit une presque déchirure du tendon d'Achille.Sa carrière fut dès lors compromise.Athlète courageux, il est toutefois revenu au jeu et a aidé le Canadien à enlever la coupe Stanley.L'année suivante, il fut encore blessé, cette fois à la cheville gauche après avoir essuyé un tir de Geoffrion.Une triple fracture d'un os de la joue ternit enfin sa dernière campagne.Toutes ces blessures l\u2019ont finalement incité à prendre sa retraite en 1960.Il avait 38 ans.Pendant deux ans suivant sa retraite, il a agi comme ambassadeur de bonne entente pour le Canadien.Mais en 1965, il claquait la porte après que la nouvelle direction de l'équipe \u2014 les Molson \u2014 lui eut offert un poste de relations publiques accompagné d'une importante baisse de salaire.Durant de nombreuses années, Richard n'a pas mis les pieds au Forum, se tournant plutôt vers les affaires.Il a même dirigé les Nordiques de Québec, de l'Association mondiale, durant deux matchs.Mais sa légende n\u2019a jamais diminué comme en témoigne son voyage en Tchécoslovaquie (1959) où il fut accueilli en véritable chef d'Etat.Chez lui, sa légende n'a jamais été entachée non plus.Le «Rocket», qui était revenu chez le Canadien à titre d'«am-bassadeur», a reçu sa plus belle ovation lors de la fermeture du Forum en mars 1996.Jusqu\u2019à sa mort, Maurice Richard a continué d'incarner, comme l'écrivait Jean-Marie Pellerin il y a plusieurs années, la fierté d'un peuple qui l'admirait et qui s'était longtemps identifié à ses exploits.O Page 8\tLundi 29 mai 2000 LA TRIBUNE 1921 2000 Maurice Richard la fiertéj^u WÊÊÊÊÊÊÊÊBÊKÊHÊÊÊÊÊIKÊEk¦ «J'aimerais savoir ce que les gens pensent» NDLR: Nous publions un commentaire de Christian Roy gui était correspondant de Lu Tribune en 1996 et qui a rencontré Maurice Richard, alors parrain d\u2019honneur du Tournoi de hockey atome-pee-wee de Coaticook.Nous reprenons aussi en partie le reportage qu\u2019il avait écrit à ce moment et qui illustre bien une facette de la personnalité de Maurice Richard.Maurice «Rocket» Richard est décédé le jour de mon 35e anniversaire.À jamais, ce jour du 27 mai 2000 restera gravé dans ma mémoire.De cet homme que je n'ai pourtant jamais vu jouer, outre les parties d'anciens de la LNH, je conserverai un souvenir indélébile: à titre de correspondant pour La Tribune, j'ai eu privilège de discuter avec lui, dans le cadre d'un reportage.C'était en 1996, alors que le «Rocket» agissait comme parrain d'honneur du Tournoi de hockey atome-pee-wee de Coaticook.J'ai alors vécu une situation délicate: le jeune «journaliste», un peu admirateur, était fort intimidé de rencontrer cette lé- gende vivante.Mais dès que le jeune journaliste s'est aperçu que la légende était tout aussi embarrassée, j'ai alors opté pour une discussion «père - enfant», ou plutôt «grand-père - petit-fils», afin de faire ressortir un côté humain de ce héros.J'avais alors réalisé à quel point, sous des airs sévères, se cachait un être sensible avec un grand coeur qui pouvait s'ouvrir si on savait gagner sa confiance.J'avais aussi noté à quel point Monsieur Richard se sentait prisonnier de son immense popularité: «J'aimerais tant savoir ce que les gens pensent lorsqu'ils ne répondent pas à mes bonjours sur la rue.Je ne le sais jamais,» avait-il confié sur un ton triste.Aujourd'hui, malgré la tristesse de sa mort, je salue cet homme d'une simplicité déconcertante avec qui j'ai discuté environ 40 minutes et qui n'avait dit qu'un seul commentaire sur sa carrière de joueur: «Je demeure persuadé que si Monsieur Campbell ne m'avait pas suspendu pour les séries, en 1955, ce sont six coupes Stanley consécutives que les Canadiens auraient gagnées.» Ce qui aurait fait une coupe Stanley de plus pour Monsieur Richard.et une de moins pour un certain.Gordie Howe.Texte publié le 16 janvier 1996 L'homme est impressionnant.Intimidant même.Maurice Richard, qui, dans ses yeux, conserve encore cette flamme qui l'animait lors de ses plus beaux jours avec le bleu-blanc-rou-ge, déplore, avec une certaine tristesse dans ces mêmes yeux, que les gens craignent de l'aborder.Pourquoi?«Parce qu'ils sont gênés, répond la légende.Lorsque je marche dans la rue et que je dis bonjour aux passants, il n'y a personne qui ose me répondre.Peut-être est-ce à cause de mon visage sévère.Pourtant Maurice Richard, c'est un homme bien ordinaire.» C'est dans des moments comme ceux-là que le «Rocket», de passage à Coaticook dans le cadre du Tournoi atome-pee-wee, est victime de sa gloire.«J'aimerais savoir ce que ces gens pensent lorsqu'ils ne peuvent répondre à mes bonjours.Ce sont des journalistes comme vous qui me disent ce que les gens pensent de moi.Moi je ne le sais jamais.» Le Rocket, qui célébrera son 75e anniversaire en août prochain, adore ce qu il fait, plus particulièrement auprès des jeunes.Pourtant, malgré son air austère et sévère, c'est lui-même qui paraît le plus intimidé de tous.«J'aime faire ce que je fais et ça me plaît davantage avec les jeunes.C'est pour cela que j'ai accepté de venir à Coaticook.La journée qu'on ne me reconnaîtra plus, qu'on ne me demandera plus d'autographes, c'est à ce moment que je vais rester tranquille à la maison.» Et comment explique-t-il l'engouement des jeunes et moins jeunes à son endroit?«Je ne le sais même pas.Peut-être parce qu'ils ont vu des films, des photos de moi, qu'ils ont lu des livres à mon sujet.Leurs parents ont sûrement parlé de moi à quelques reprises.Mais allez leur demander, ils ne me le disent pas.» O Ut\thùôùo (tu* .ex7 Ut L '\u2018°\u2019*2* > \u2022.*7 -A (/ y***! 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