Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur – Titulaire des droits impossible à localiser ou à identifier

Consulter cette déclaration

Titre :
La barre du jour
Éditeur :
  • Montréal :[La barre du jour],1965-1977
Contenu spécifique :
Novembre 1969 - Février 1970
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Nouvelle barre du jour
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

La barre du jour, 1969, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" '¦\u2022'V barre du jour - . la barre du jour Revue littéraire bimestrielle Novembre-Février 1970 COMITE DE REDACTION V Michel Beaulieu\tNicole Brossard\tJean-Yves Collette Marie-Francine Hébert Jean-Marie Poupart Roger Soublière Marcel Saint-Pierre\tBernard Tanguay\tGleason Théberge ?\ti i Secrétariat : Francine Brossard et Monique Valiquette ?Distribution : La barre du jour 665, rue Crevier, Montréal 379, Qué.?Les auteurs des textes que nous publions sont les seuls responsables des opinions qu'ils émettent.Toute reproduction interdite.?Les textes soumis à la revue seront remis sur demande s'ils sont accompagnés d'une enveloppe affranchie.?Les photographies sont de Hubert Gariépy ?Toute correspondance doit être adressée au secrétariat de : la barre du jour 665, rue Crevier, Montréal 379, Qué.?Tous droits réservés pour tous pays : textes et photos.(C) La Barre du Jour, Ottawa, 1970. 3 sommaire LA VIE PASSIONNÉE\t2 jean-yves collette EXTRAIT ET FRAGMENT\t52 nicole brossard LA CHOUETTE\t58 geneviève conte L'HEURE\t73 Eouis-philippe hébert LES INÉDITS\t79 m.st-p.DAN ROWNEY\t88 gaëtane de montreuil JEAN-YVES COLLETTE LA VIE PASSIONNÉE DE SAINTE SONIA PETROVNA 1 Le vingt trois novembre mil neuf cent soixante-six l\u2019entre le suicide et la mort un dernier souffle comme elle dit je n\u2019ai jamais rien vu d\u2019aussi drôle moi non plus lorsqu\u2019elle dit quel idiot a dit connais-toi toi-même dire qu\u2019on fait cela sans se faire prier ou il y a mensonge quand il m\u2019appartenait est à l\u2019imparfait dans la langue courante mais faux personne jamais ne m\u2019a possédé que ceci soit ma seule défense.Je glisse à pic paraît-il depuis son suicide je suis très affecté de la répétition connais-toi toi-même toujours en regard amoureux de moi qu\u2019elle pense saule pleureur pleurant sur son ombre réfléchit-elle dans son miroir.Sainte Sonia Pétrovna vit les dernières heures de sa dernière maladie la solitude l\u2019inceste remarque pertinemment mystère en trois personnes métamorphosées en deux étrangers malgré le gras de la noyade se fondre qu\u2019elle appelle beau et cogne les mots du suicide mais dans le vide hors de la réalité réelle qui fuit.Impossible mon amour comme je cite encore ces paroles de moi qu elle cite elle-même joliment d\u2019ailleurs mes sentiments envers toi ont changé qu\u2019elle répète indéfiniment comme une machine connais-toi toi-même mes sentiments envers toi ont 2 changé mes sentiments envers toi ont changé mes sentiments envers TOI ONT CHANGE MES SENTIMENTS ENVERS TOI ONT CHANGE ONT CHANGE ENVERS TOI.Elle me dit encore Pétrovna que je suis inconstant qu\u2019elle n\u2019est pas dans ma peau (j\u2019espère) constante et ne comprend ainsi qu\u2019à l\u2019habitude ne comprend rien jamais rien que l\u2019électrocution savoir qu\u2019elle n\u2019a qu\u2019à sourire électro-lithographiquement pour qu\u2019un corbeau la picore de tout coeur et s\u2019en prive aujourd\u2019hui mais demain zut les bons sentiments de moines et casser sa tête contre les murs qu\u2019elle le fasse accélère le mouvement le jour dit et l\u2019heure précise dernière étape de son horaire que l\u2019on établira scrupuleusement noirci par la teinte sale de ses yeux.2 Avant le soulagement elle parle encore copie des chansons encore avare de poésie poétique toujours je sais (les affreux petits romantiques) MES SENTIMENTS envers toi ont changé parlant de Norvège encore je ne sais où grelotte son esprit sorti de son gras il se sent perdu sûrement perdu dans la vie réelle hors du suicide et elle désemparée par l\u2019aveuglement habituel de son désir.Et taille aussi la pierre marbre autre vie qu\u2019elle dit j\u2019en ai fait une image non d\u2019elle mais je disais que de toutes façons cela ne se termine pas bien commence ou bien cela dépend de qui l\u2019on parle de Sonia ou de moi son estomac martyrisé qui s\u2019émancipe sans importance puisque l\u2019on ne parlera plus bientôt que de Sonia Pétrovna et de sa souris et moi je me lécherai les lèvres observant.3 Sonia jalouse qui aurait crû elle possédant tous les suicides tous les dieux morts toutes les absurdités imaginables Sonia Pétrovna russe par ruse est aussi jalouse jusqu\u2019à dire que je suis sculpteur ou photographe quelle affaire quand je suis un grand écrivain.3 Je n\u2019ai rien dit.Qu\u2019elle continue toujours par m\u2019appartenait à l\u2019imparfait tout difforme qu\u2019il est qu\u2019elle regrette (non l\u2019amour n\u2019existe pas mais) la possession égoïste je m\u2019en fous divagations torrentielles de sa connerie été (la saison) tant d\u2019amour que je gaspillais automne (la saison) réveil banalité qu\u2019elle dit en parlant trop mais cela se consume peut-être une fois réminiscence sûrement même on verra rira bien qui roupillera le dernier jour de supplice qu\u2019elle ne dit pas.Ça y est au bord du gouffre maintenant plus que la main une main qui tient qui tient sur le bout des doigts que sur le bout d\u2019un doigt qu\u2019elle dit encore dans un mouvement grand de pathétique concentré mais pourquoi diable (bien débuté n\u2019est-ce pas c\u2019est cela le style le signe d\u2019une grande âme qu\u2019elle dise encore) pourquoi diable a-t-il parlé d\u2019Espagne.Il n\u2019y a jamais eu que des lieux communs jamais eu que des châteaux en Espagne.A peine des châteaux tout au plus des cathédrales et le reste est maure rendu au fond du gouffre (parenthèse remarquez qu\u2019elle choisit le gouffre à la pendaison à l\u2019électro-cution parce qu\u2019encore la saoularde le gouffre est son jugement tient plus vertigineux que) mais rendu au fond du gouffre de là les réminiscences dont je vous prédisais la venue commence bêtement et sans imagination dire je t\u2019aime comme ça au bord de l\u2019accomplissement de son suicide décidément c\u2019est bête tirée partout sur ses promesses qu\u2019elle fait maintenant encore vend des assurances de compréhension pas possible il est bien temps beau temps pour construire à l\u2019automne et de mon inconstance devenue sienne me réhabiliter (décidément c\u2019est un bon mouvement mais) cela parle de difficultés auxquelles surtout ce n\u2019est pas possible dire comme ça je t\u2019aime bêtement.M aime tellement bêtement qu\u2019elle me voit triste maintenant la pauvre qui se croyait malheureuse me voit plus mal encore sa vérité ne lui a vraiment pas aidé moi qui suis le plus 4 heureux des hommes et elle insiste pour me consoler vous pouvez déjà remarquer les tendances bonne dame de saintannes-que bonnet sur la tête ou sur le pied son malheur de me voir mensongèrement triste.4 Sainte Sonia Pétrovna heureuse elle me dit révolus les temps difficiles bien content pour elle quand elle parle de sa transpiration libératrice d\u2019odeur elle dit que c\u2019est le sens du mot amour qu\u2019elle comprend enfin en transpirant enfin qu\u2019elle dit toujours.Elle a voulu m\u2019acheter deux dollars et oh les beaux jours dit merveilles mais cela n\u2019a pas marché de plus en plus horreur de cette vieille.Bon fini pour la sainte au fond du gouffre le Grand Canon peut s\u2019écrouler voilà que l\u2019heure de la libération est venue maintenant j\u2019observe et vous raconte Sonia Pétrovna jusqu\u2019à quarante cinq ans donc jusqu\u2019à quelques années après son suicide comment elle vit et s\u2019exagère continuellement comment elle s\u2019absurdise davantage et s\u2019assuicidise de plus en plus et comment le vice de toujours se répand dans les lèvres qu\u2019elle baise comment encore et finalement sa nymphomanie devient.5 Analyser vous ne trouverez que des mots et des mots et des mots et rien qui vaille outre les lettres qui les composent et dans l\u2019unité de chacune encore rien qui vaille outre leur seule existence de lettre et leur inutilité continuelle et compatible à leur état toutes étant celles de Sonia Pétrovna qu\u2019elle oppose à ma méchanceté comme dans le vide toujours car d\u2019abord son rationalisme se bat contre des élucubrations aériennes et inexis-tentes donc vides de possibilités d\u2019appuis.5 Défendre d\u2019elle ce qui n\u2019a jamais existé autrement dans le regard absurde et inutile de nymphomane d\u2019où son plaisir abject et nécessaire et nécessairement convulsif.L\u2019absurdité de son inceste qu\u2019elle veut défendre par sa manie aujourd\u2019hui de répondre par des relations positives avec le vent parce qu\u2019elle aurait trop l\u2019air de n\u2019être pas étant dans le monde située où elle pourrait se trouver être à sa place.Et la recherche de sa chose perdue en l\u2019occurence la chose (c\u2019est peut-être moi) ou seulement ce que je pense puisqu\u2019il y a une manie flagrante chez Sonia qui parallèlement à la retrouvaille de son absurdité perdue quelques secondes au moment où se rendant compte qu\u2019elle ne voulait pas me perdre (elle avait enfin un crochet en dehors de son néant habituel) et de ses dieux décomposés et retournés en poussières parallèlement la retrouvaille d\u2019un sport embarassant le vol à l\u2019étalage de la vie des autres emprisonnés mais puisque je l\u2019ai déjà dit heureusement les sièges éjectables ça n\u2019existe pas que pour les fèves sautantes mexicaines empoisonnées (dis-je) par le regard continuel et particulier de la lunette observatrice la retrouvaille accentuée de la jalousie outrancieuse qui (possession n\u2019existant plus) continue de violer avec autant d\u2019absurdité nécessaire afin que l\u2019indécence du mouvement intellectuel de Sonia horrifie.6 (ton sentencieux La manie se pose donc pour Sonia étant l\u2019essence même de sa sexualité florissante que son jeune âge modère un peu mais si peu calme retient mais temporairement (dites-vous bien que nous n\u2019en sommes pas encore à quarante cinq ans et que jusque là le supplice s\u2019allongera).Vingt ans elle a et toujours aussi monstrueuse être sans changement et sans poursuite aucune autre que son sexe perdu quelques minutes auparavant et l\u2019espionnage des natures humaines redécouvertes dans leur nudité.Espionnage à l\u2019étalage des corps qu\u2019elle dévore si lèvres il y a 6 dans Gargantua autre que la nourriture téléphonique à l\u2019oreille fétiche pour que Rabelais ne s\u2019ennuie pas de l\u2019orgie perpétuelle de la perversion.Le paysage noirci de son encre d\u2019yeux de coquilles meurtrier comme mon couteau de sable et d\u2019eau salée un bain de piano piano piano en vain elle parlait d\u2019innocence en vain car la parole se putaint dans la nuit grecque son prêche n\u2019étant que vague chimère (observation) sans relâche dans son ventre qui bientôt antécédent de plusieurs mois suivit de conséquences son ventre trop tôt s\u2019ouvrira ne désirant aucunement que l\u2019on voit le sel de la mer que son ventre s\u2019ouvre au sable chaud.7 BAIN Nature d\u2019elle en question à cause d\u2019une pincée de sel l\u2019océan déversé sur la table monstrueux pas d\u2019autres possibilités qu\u2019opé-ration monstrueuse boue vase répandue une enfant croyez-vous quel insecte est allé au creux intime d\u2019elle quel insecte qui chère dite quoi est allé au creux d\u2019elle et a déposé une boue vaseuse.BAIN Animal de lui son amant qui le nie parce qu\u2019horreur d\u2019elle et mensonge épidémique en regardant son vice en face qui le viole éternellement violente des antécédents avec son insecte elle goûte les joies de l\u2019assassin de l\u2019horreur d\u2019elle-même depuis plusieurs mois son ventre obsession continue.Comme absurde est.car dieu et Sonia Pétrovna un couteau à la main encore son ventre fermé.Foetus délivré de la maternité quelle offense à la monstrueuse charcutière de sa peau assassinée à la vue de l\u2019animal de son ventre horrifiée le couteau enfin voyez ça d\u2019ici un meurtre prémédité et malgré les précautions on l\u2019a récupéré dans l\u2019égout 7 une preuve magistrale les réfrigérateurs conservent le juge bientôt avec jury plus de chances croit-elle avec jugement et sans liberté Sonia Pétrovna prisonnière de sa peau et de sa réflexion tendue tendancieuse.Foetus dans son crâne et cauchemar et déjeuner dans son dansons à la prison déjeuner avec lait et sucre du foetus rôti pour ses pensées pour ses promenades au printemps pour le soleil le foetus ensoleillé que l\u2019on encadre et reproduit que l\u2019on retrouve encore l\u2019espace de murs entiers nouvelle décoration d\u2019intérieur dans le même esprit.Obsession foetussienne que la tête du juge et douzaine d\u2019expression d\u2019insectes fixent sa tête de foetus mort-né.Années vingt plus cinq a dit le juge sévère crime de ventre qu\u2019il a dit meurtrier du ventre inadmissible addition après le repas du foetus vingt quatre autres yeux accusation meurtre de son ventre à l\u2019ombre du couteau dans l\u2019eau salée l\u2019ombre shadow chat d\u2019eau le chat dans la poubelle après le bain d\u2019ammoniaque le bain dans le chat dans l\u2019égout le foetus divagations vous mon tableau de foetus après le bain années vingt plus cinq a dit le juge mourir plutôt que impossible suicide précède (immortel le foetus) bain chaud sur le sable chaud bain de mer contre Socrate connais-toi toi-même a dit l\u2019assassin meurtrier du foetus goûter le sel années vingt cinq .retraite .Nymphomanie contractée refoulée vingt années sable loin chaud bain de mer obsédée impossible le foetus pourquoi chaud dans la poubelle réfrigérateur jamais pouvoir tenir impossible le foetus nymphomaniaque au couteau devenu mythe con mythologique rêver de cela bains couteaux poubelles sels de la mer piano qu\u2019il dit le juge pourquoi les douzes jurés regards vingt quatre yeux accusateurs sans relâche continuant vingt années plus cinq.Insecte qu\u2019il dit le juge pourquoi en dedans de vous le manque de réactions nécessaires pianos pourquoi pourquoi piano ré- 8 elusion vingt années obsédantes de maudit foetus MAUDIT qu\u2019elle dit.Vous me faites rager ma première nuit de lit dur et de demain réveil sans sommeil précédent le piano de l\u2019observation cheveux et yeux cernés défaits sans même une cigarette chaud plutôt va donc chez le diable plutôt café laid narines sans respiration abrupties tu y penses que c\u2019est impossible de s\u2019en sortir tu as besoin de goûter le miel absent tu vas me perdre mon univers pourquoi rayer c\u2019est impossible c\u2019est ma faute mon univers con mon foetus à moi mon foetus chéri pourquoi je t\u2019ai planté mon couteau dans mon lit de prison cellule de univers ma faute plutôt démence sans vouloir donc j\u2019y pense non ma chienne de vie défaite la vie plutôt café chaud l\u2019observation donc vas chez le diable réveil sur le lit de la prison vas donc chez le diable.8 Apprendre chaque jour ma faim de corps ainsi que seins avides faim de qu\u2019on me présente une lèvre toute ronde qu\u2019on me donne une araignée une .A cause de ses lèvres seulement sans vin sans voir sans vouloir sa peau seulement la mienne autour m\u2019a faite ce que je fais vagir moi lui moi ma peau seulement autour et seulement les lèvres de sa bouche rose et bien fendue devant ses trente deux fausses mais blanches semblablement saines sa bouche et moi autour ça me fait vagir tuer et enfermer et impossible de me mourir.Lèvres qui me faitent ainsi me portent sur mon lit dur avec trois autres comme dangereuses curiosités seulement quelques heures de passées à peine un mois et déjà sans jet en moi pour mûre réflexion sur mon foetus chéri que j\u2019ai suicidé comme sa mère.Et tant j\u2019ai un chat dans le gras qui grouille sans cesse mon ennui flagrant de désirs.9 Dormir dormir dormir sans cesse si cela est possible ainsi que je le crois horriblement que cela n\u2019est encore qu\u2019un n\u2019est encore pas arrive que je ne suis pas ici et que ce n\u2019est qu\u2019un rêve qu\u2019un rêve de foetus avorté sans histoire comme tant d\u2019autres comme tous les autres non pourtant oui je veux comme tous les autres.Dormir.9 Bartok qu elle n entendait pas lui tire les oreilles de piano dans soleil inca sentir comme je suis le l\u2019envie du pénis freudien sans sublimation.Promenade sur le sable de piano blanc chaud possession de coquillages ramassés sur le sable de pianos placés dans joli sac de joncs tressés colorés et fleuris ramassés sur le piano coquillages oursin course obsession de la course sur monstre de ouvrir le sec de joncs tressés pour horreur de mon ventre et tout lâcher s\u2019ouvrir se répandre mon ventre avec mon couteau sacs de joncs tressés remplis de chimères de penser à couteau retour juge sac de joncs tressés pianos tressés remplis de têtes de foetus squelettiques qui s\u2019habillent et se bouclent de rose et de bleu ciel cri aaaaaahh ! réveil qu\u2019est-ce que tu as ou vas tu te taire la surveillance de moi s\u2019installe sur plage lit dur de cellule.Seulement ses lèvres et moi autour et un sable piano blanc et chaud seulement sa bouche bien fendue et trente deux.Chalet blanc ainsi blanc sable lointain déjà piano Bartok sur le sable blanc intense contre vous contre moi coups de marteaux meurtriers contre mon tableau noir l\u2019eau de la mer étant sable surpris du gout du sel que trouve l\u2019on goûte après bain d amour de mes de sable bain chaud de piano.10 10 Antécédents suivis de conséquents cons.Quelquefois être elle dans histoire d\u2019o volonté dêtre.QUI CHANTE FAUX DU SCHUBERT Comment nymphomanie devient mythologie.Fontaine nébuleuse houleuse m\u2019enveloppant de longues herbes mon cloître de sommeil éminente tenture matinale.11 Coups dans les reins aie lève toi une grande mince noire lointaine captive premier contact charnel dans les reins premier aie comme jalousie désir ne t\u2019enlève pas recommence le café mi-chaud recommence promenade et travail inutile la suite des reins seulement nécessaire la grande garce noire de tendresse rutilante de saccages lointains m\u2019accrocher à elle pour lui raconter mon foetus, lâche moi m\u2019accrocher lui raconter ma soif de foule entière désertique lâche moi m\u2019accrocher dire ses lèvres et notre foetus chéri mon lâche moi m\u2019accrocher lui naître ma sensation l\u2019obligeant à écouter écoute écoute l\u2019obligeant son coup dans les reins et la volonté de je veux une suite (giffles coups) je me retiens à elle sans défense aucune me retiens à je glisse ma bouche mon nez mes yeux passent dessus son creux je me presse plus fort sur elle.(la surveillance) elle s\u2019est mise à crier et jeter sur moi rien que la maîtriser être étendue par terre geindre entendre deux autres pas em-menez-là en particulière m\u2019accrocher lui dire m\u2019accrocher aux dalles lisses.11 12 Encore plus sombre que le paysage dans mon ventre ma cellule encore plus sombre plus j\u2019ai senti son mouvement lorsque ma bouche mon nez mes yeux volonté quand mes yeux se ferment moment lointain insinueux de la chair souveraine pour la suite au soleil qui s\u2019éteint un cri étouffé.Volonté toujours ne demeure que l\u2019espace d\u2019un désir aujourd\u2019hui désir dure dure à tire d\u2019ailes attire d\u2019elle mes marchands de cent pas attendant quoi attendent moi-même ne pleure pas moi-même ne pleure pas qu\u2019il.comme le sourire d\u2019un mendiant ne pleure pas.Toujours des portes fermées jamais voir devant jamais voir les autres intérieurs les charpentes mes doigts trébuchent trépassent à chaque seconde sur le fer chavirent sur les serrures les poignées de portes rondes luisantes sur les pignons mon regard se coupe ne rien voir que ma porte.Il n\u2019y a ni bas ni haut-reliefs dans ma cellule.Il n y a qu une place dans ma mosquée qu\u2019une attente pour mes lèvres qu\u2019une rivière pour mes bras qu\u2019un éventail de pierre sculptée valable après.Réapprendrai-je à m\u2019endormir.13 Epave sidérale sur nuque épaulés courbées de l\u2019esclavage en uniforme haïr la ruine de ma foule vacille enfonce encercle mes yeux enfoncent le gras dans le piano courir pour rire impossible élans hallucinatoires.Frissons dans l\u2019humidité quand tuent ma bouche mes bouches et tirent (me tenir droite) sur mes narines qui brûlent frissons dans mon cerveau semaines semaines semaines croupir sans geste et dire sans lumières prononcer une fois régénération.Qui a mis l\u2019étreinte dans ma peau qui océan m\u2019écrase ma poitri- 12 'MSi où je t\u2019ai dormi furieusement attachée à tes lèvres . ne en dentelle verticalités vibrantes devant moi la même pensée obsédante tourmentée.Route coupée noire coupée de perspectives vertes non touffes d\u2019herbes géantes et folles et grises conifères de nuits d\u2019arbres (jungle) mirage meurtri défait le jour où je t\u2019ai dormi furieusement attachée à tes lèvres et moi autour.Mes oreilles bourdonnent un cri près de la terre quand un meurtre dans un cri sur le bord de la terre ma bouche dans le gras comme si mes oreilles bourdonnent sur le rebord de mes lèvres dormir dor-r-mir-ir sur la lame d\u2019un couteau.14 Retour dans la cellule à quatre quatre trois regards sur ma gorge sur un regard dans ma gorge étouffe trois regards sur mes cuisses trois jugements coucher ma tête contre le mur sans parole un meurtre sans un cri retrouve mon foetus sans un cri retrouve mes désirs plus frénétiques retrouve mon regard toujours cinéaste de mes plages piano sourire qui s\u2019enlaidit mes oreilles qui bourdonnent.Attendre maintenant seulement attendre jusqu\u2019à la mort croire qu\u2019elle viendra quand la nuance aura la peau tendre croire qu\u2019elle viendra qu\u2019elle a compris comment désinterroger ce point d\u2019interrogation seulement attendre attendre.15 Dormir quand crédulité dormir quand cette blanche lune d\u2019hiver pénètre mes yeux le don à la lune à mes yeux se reflète sur le mur le portrait de mon foetus ensoleillé ressemble à un ange.Quelle prière je lui fais qu\u2019il n\u2019écoute pas quelle incantation quelle misère j\u2019offre mon foetus-statue sculpture à mon foetus mort.Je lui dis le vent est amoureux de ton sourire tu défis ce qui 15 est aigle dans les constellations vision aquatique de.Est.Grande colère dieu.16 Rien que la nuit lente à couler rien que l\u2019astre sur le mur rien que sa blancheur si je me retourne regarde son visage enfoui jusqu\u2019à son cou la laine grise regarde longuement la moindre malheureuse bouche sans ingénuité.Elle ne dort pas.Plusieurs passent nuits et jours sans soleil ni rivage sans que je devienne abordage sabotage je dévore ma mort morte fleur si je suis déchirée et meurtrie défaite pétale sépale silence outrage la bouche se mord je suis séchée.Encens noirceur.Subir une main sur ma bouche regard la couverture se (ne bouge pas) ses cheveux noirs pendent sa peau tremble transie la lèvre déjà (je t\u2019attendais) s\u2019affolle tendresse (je ne peux) surprise par cette douceur inconnue d\u2019elle exotique (tu as été bien longue) lui donner la fragilité qu\u2019elle m\u2019apprend impossibilité de sentinelle peureuse je.(ne bouge pas) l\u2019espace pour une recherche.L\u2019herbe rose ainsi qu\u2019une résurrection forêt criarde don éblouissement le merveilleux est-ce cela l\u2019encens des doigts visage dans la bouche de la pluie rouge incarnation de premier mouvement sous ma peau de premier mouvement sous ma croupe dans le cou cous chargés de regards premier repas déjeuner sur l\u2019herbe blanche herbe rosée première pâleur premier baiser des poitrines effleurements rivières couvertures de buée matinale première crainte une étoile humide glisse de mes bras (je reviendrai).16 17 Elle me quitte déjà toujours le jour n\u2019existe que comme attente n\u2019existe qu\u2019en longueur sourde et lente n\u2019existe qu\u2019en elle me fuit elle me viole durant le jour m\u2019aime la nuit jour passe nuageux me fait don de sa fièvre mordre pendant que je m\u2019es-seule je jour s\u2019est ciré noir la nuit religieuse chemin livide de ma peau naît devant elle le vide de ma peau meurt.Vert que je vois la musique dans ses yeux égarés vert volontaire et musclé la proue sans fléchir le parfum las l\u2019orgasme dans sa .sa pente raide et vide où se broute la transfiguration.La rumeur déjà des regards déjà une intimidation déjà des jalousies de moi jalousie du vert d\u2019elle pour moi des autres \"Vert c\u2019est toi que j\u2019aime vert vert du vent et vert des branches\u201d pas ce vert d\u2019arbres frémissant appeuré.Attaquant revenir moi la fureur verte de ma timidité revenir le geyser à boire boire la progression musclée de présence me remplit de soleils intérieurs.Me remplit de fléchissements seulement sa peau me touche comme lingerie fraîche pure seulement sa peau seulement sa main courtoise galante qui suggère propose progresse glisse s\u2019avance s\u2019aventure se retient un peu pousse encore caresse un peu le sein un peu embrasse taquine s\u2019égare revient toujours encore geyser aussi ardent ainsi que mes articulations huileuses gagnant la confiance comme mêmement son creux est puits de friandises fluides sanctifiant son genoux long comme sa jambe mince et long et fort jamais d\u2019absence pendant le jet chauve de lassitude jamais qu\u2019une explosion orange rouille mauve jamais qu\u2019un mariage.(mariage frêle en vérité mais tellement mariage tellement corbeille de fruits à point tellement frénétique est le mouvement et continuel le désir et insatisfait l\u2019appétit et saine et nécessaire l\u2019extase).Jamais qu\u2019un mariage nécessaire.17 Nécessaire la provocation sauvage de l\u2019animal charnel les appels véhéments le sillage obscur.Entrelacements mesure pudeur bleu âpre mesure exhubérante ininterruption de son maquillage le geste fleurs flammes éthé-rées de mon geste son regard de jais l\u2019humilité de mon paganisme mon gris fané ferveur rejaillissante étrange feutre de mon mari à l\u2019oppression envoûtée de moi.O appels aériens o étranges abstractions de la bête.Stupéfiante dégénération du littoral.Cesser de griser l\u2019imaginaire de nous.Glisser le reflet encore un moment boire la danse sublime le geste difficile mais sublime effusion tendre comme ballet souple comme un appel lorsque l\u2019aube .La fatigue n\u2019existe pas n\u2019existe qu\u2019une soif une impulsion éternelle un besoin un saut une bête une effusion lorsque l\u2019aube.Non encore demeure bras tendus mon sillage demeure ma femme ininterrompue depuis appels sans cesse boire blanc lorsque l\u2019aube.seule.Seule de cette solitude présente seule de cette absence au creux aux appels aux nécessités du geste mon animal de solitude.Aube maudite chimérique aube maudite de cette délivrance de l\u2019oppression constante de ma peau toujours vide.Mon vice sans confession mon oeuvre de la chair sans peintre ma domination mon domaine mon drame ma gourmandise convertie.18 Crépuscule bouffe d\u2019aube rapiéciée sans ouies sans roulades ni vagues ni serpents ni gueules de termites ni plus ni moins ni rien qui s\u2019accroupisse en moi ni cordon ombilical rouillé ni 18 gargouille dans ma bouche ouverte renversée ainsi que l\u2019envers d\u2019une cloche.- Ni clavier ni nageoire ni trompe ni glapissement.Rien qu\u2019une peau toujours vide désormais couleuvre laiteuse tortillant ses seins en haillons.Rien qu\u2019une porcelaine fêlée.Que dans ma termitière tellement l\u2019on parle de mes jambes pourtant.Résonne dentelure déracinée.Que dans ma termitière des grappes transparentes aimantes me rampent jaunies m\u2019estompent m\u2019effacent me dénudent de la présence difficile.Me désarçonnent la peau m\u2019asexuent de mon amante cuivrée amante convulsive comme le serpent de mer ma cheminée ouverte ma bouche vide de rougeur ma harpe avortée.Parler de nous en larmes de reptile monté en fièvre une symphonie d\u2019horreur nous sépare (rire).Les dalles écaillées de mes hanches apocalyptiques les reptiles en cruches de mes gémissements nudité de l\u2019anguille autour de ma voûte prunelles voûtées croupe sans ascension.O ma peau qui s\u2019illuminait de l\u2019acceptation.Le chemin du silence tracé sans retour le chemin de ma jambe coupée tracée sans retour ô l\u2019oscillation spasmodique de mes hanches au-dessus .Le chemin du silence tracé solitude sans retour tracée solitude sans retour solitu soli.19 SOLITUDE Que cela me retourne la gueule dans l\u2019arrière du temps où j\u2019étais crucifiée mes prunelles de clown débordaient ma peau de première amante.19 Histoire d\u2019amour vous dire encore mon ennui pourquoi toujours mon ennui et peut-être pile ou face l\u2019enfer des villes où l\u2019on rencontre raconte une histoire d\u2019Amour vous fatiguer à raconter commençait par histoire d\u2019amour vous n\u2019en croirez pas vos yeux mener au suicide.Pas de précision pas de problème mais un certain nombre de pores de la peau qui s\u2019ouvrent pour pile ou face FORD a-t-il été vainqueur au Mans mil neuf cents soixante-six une histoire d\u2019amour motorisée le coeur à la folie folie insinuante elle en est morte de mourir d\u2019absurdité ombilicale.Histoire d\u2019amour commençant il était une fois faire différent raconter une histoire habituelle pleine de conventions et parler malheur faute de parler bonheur mais ensuite cela arrivera sur le rebord démesuré de dieu est mort vous raconter comment le soulagement l\u2019altruisme suicidé mène au bonheur.Croiriez-vous est dieu mort quand j\u2019écris ceci que je suis souriant comme jamais petite jouissance basse et frisson de l\u2019échine par méchanceté pas bête de se faire des caresses sur le malheur des autres pourquoi elle se suicide la folle la folle de moi ouvre ta bouche je suis ma méchanceté où elle me mène ne me soustrayant pas au rythme des grandes villes méchanceté indifférente et dépersonnalisée.Il était une fois pauvre homme qui pensait il pensait dieu est mort ainsi elle commence son histoire d\u2019amour n\u2019est-ce pas elle est drôle à se tordre les ongles des orteils ou les ongles sur le front mais aussi il pensait (continue-t-elle) pas de dieu pas de vérité pas vivre découvrez vous même l\u2019absurdité de la chose ne me dites pas que clairement cela n\u2019est pas clair comme l\u2019eau boueuse de marque Evierobinet l\u2019eau vraie cela est aussi ridicule elle porte des tricots fully fashioned an que dieu est absurde et il pensait (qu\u2019elle continue) et il pensait vivre vivre sentez encore dans le commentaire sur la vie que cela a été écrit au milieu de l\u2019intense circulation de l\u2019après-midi d\u2019un fauve en montagne ronflante.20 Sentez encore que Pétrovna (cela est son nom russe) quoique qu\u2019elle soit morte dans mon beau pays c\u2019est l\u2019hiver le long de l\u2019échine du Saint-Laurent quelque part sur un drap blanc sur une table dure et haute et entourée de mains à droite le long de l\u2019échine du Saint-Laurent à gauche je n\u2019aurais jamais cru que cela puisse Sonia Pétrovna être un jour mais il pensait comme la danse est dense mais dieu est mort ici et il pensait mourir.21 (continue-t-elle) encore de la même façon la danse slave du même auteur-compositeur-interprète-mensonge (continue-t-elle) par il était une autre fois quand même elle insiste vous avez remarqué (me sentir obligé de vous demander si vous avez remarqué) et je tombe de sommeil car je pense que dormir peu de temps fatigue et reposer longtemps fatigue aussi que Sonia exagère de toutes façons mais je connais la fin ne vous inquiétez pas de toutes façons malgré le psychiatre suicidaire qui la pousse à l\u2019assassinat de dieu est mort de toute façon cela se terminera très bien.A l\u2019heure dite donc une autre fois un pauvre penseur un homme qui pensait ce que l\u2019on m\u2019a dit fait continuellement même penser au suicide c\u2019est mordre battre l\u2019échine du Saint-Laurent vieillir de quinze ans le fleuve trop jeune pour le suicide il pensait mourir amour amour il-n\u2019est-ce-pas-pensait-drôle ce drôle d\u2019homme qui pensait (continue-t-elle) toujours pensait vivre contradictoirement que la volonté du dieu vivant soit faite que je copie textuellement de son histoire d\u2019amour (m\u2019écrit-elle) pleine de convictions de dieu est mort et la vie est ab- 23 surde quelle folie croyons qu\u2019à voir ces mots dans cet ordre tellement logique pour rendre compte de sa journée et dire que la vie est tout à fait que la volonté du dieu vivant soit faite dans le ventre du mystique enfanteur.Pourquoi vous voyez cela encore les brefs mouvements du corps dans le cercueil qui nous fait croire que les échantillons extraits du catalogue des vers intérieurs ne la satisfont pas.La vérité est (continue-t-elle) par un homme qui pensait vivre qui est mort qu\u2019elle dit ça c\u2019est un monsieur dans son cercueil (que je copie textuellement dans ses lettres où elle parle de l\u2019absurde deuxième étage) en plus Sonia Pétrovna ne veut plus vivre encore elle est bête le suicide pour Marilyn ça va Sonia jamais elle porte des tricots fully fashioned made in France.La vérité est qu\u2019elle continue par un homme qui pensait vivre qui est mort (affirme-t-elle) c\u2019est le bouquet un monsieur pareil dans son lit r r r r r r r r r r r R R R RON que je copie textuellement dans ses lettres où elle me parle de l\u2019absurde deuxième étage d\u2019où vient ce bruit étrange comme un chant d\u2019un chat si l\u2019on veut chant plutôt c\u2019est une erreur de chat si l\u2019on plutôt un bruit de chat qui s\u2019appelle rrrrronronnnnnement (continue-t-elle) plus loin Pétrovna ne veut plus vivre encore être en vie ne l\u2019amuse pas elle pas comme Marilyn tout à fait elle veut dormir dans des tricots fully fashioned made in France.22 Et puis après trente six mois de paiement sa nouvelle voiture de sport payée ne pas mourir avec dettes ce n\u2019est pas gentil après trente six mois me tuer vous n\u2019êtes pas fou c\u2019est de la démence qu\u2019elle dira.Mais le premier versement n\u2019est pas fait et n\u2019a pas voulu de sa propre volonté une voiture de la tentation plein le coffre et la puissance bestiale de l\u2019animal c\u2019est terminé pour qu\u2019encore elle veuille mettre au point les préparatifs du départ bête comme 24 elle est elle parle encore anglais plutôt que chinois se croire originale cela est sa pensée même se marier dans un chantier de construction au son de pile ou face et marteau-pilon ne m\u2019en veuillez pas si je répète je tarte à la crème comme elle au son de lampes fluorescentes qui éclatent.23 Sonia prend presque peur et abandonnée est sa volonté le jeu des histoires comme le tunnel sous la Manche de son chandail c\u2019est long et indécis elle continue vous disais-je en anglais je copie ce qu\u2019elle copie dans les tragédies anglaises d\u2019un grand homme n\u2019est-ce pas qu\u2019elle est lettrée to be or not to be ça s\u2019arrête là pour le grand homme auteur tragique drôle (qu\u2019elle continue) in love.elle s\u2019arrête là pour le moment to be or not to be in love Il était une autre fois qu\u2019elle dit une autre autre autre fois (que je copie dans ses lettres textuellement) où elle me parle de l\u2019absurde (continue-t-elle) par.absurde qu\u2019elle dit elle-même dans sa logique inaltérable et suicidée.Puis elle change de style me parlant comme Sonia Pétrovna née quelque part sur l\u2019échine du Saint-Laurent me parle normalement qu\u2019elle dit me moi mon cher monsieur et qu\u2019elle est malfichue quel drôle n\u2019est-ce pas de mot que vouloir dire probablement mal fichée dans fiche pour électricité ou fer à repasser mal électrocutée ou manquer de courant alternatif ou continu dénudé de sens demander à son professeur de physique humaniste qui comprend tout ce que je ne comprends pas et perd le reste de l\u2019électricité dans la nature entière qui émancipe.24 Je me sens devenir ridicule c\u2019est pour cela que je m\u2019arrête un peu vous avez vu la nature entière qui émancipe la poésie réveille les passions qui embrouillent l\u2019esprit (ce qu\u2019il ne faut 25 pas) devant demeurer lucide jusqu\u2019au suicide pour en jouir méchamment comme je vous le disais il y a quelque temps.J\u2019avançais depuis très loin de l\u2019électricité mal fichue la pauvre Sonia dans son bain électrocutée quelle mort atroce pas même profiter de l\u2019expérience.Elle veut encore que je lui infuse de la passion qu\u2019elle est ivrogne infuse qu\u2019elle dit dans sa paresse qu\u2019elle est continue est en disant qu\u2019elle interrompt mon bonheur quel ange décidément (je le sais tu te moques de moi).A quarante-cinq ans pourquoi Sonia Pétrovna ne s\u2019est pas suicidée raison qu\u2019elle l\u2019avait fait avant avec l\u2019ordre mathématique qu\u2019on lui connait elle s\u2019est suicidée et elle ne peut refaire ou re-mourir le passé qui est bel et bien passé fou de quarante-cinq ans sur le dos mais Sonia est folle de moi peut-être la fatuité est à mes trousses mais c\u2019est possible.25 D\u2019une voix timide elle s\u2019avance elle me parle encore de philosophie (je n\u2019y comprends rien) les hommes furent toujours soumis à l\u2019esprit rationaliste de notre mère la France (sa philosophie à Sonia m\u2019ennuyait) elle absurde pendant quarante-cinq ans plus que cela si elle vit encore si elle rampe toujours jusqu\u2019au lancement de son livre en réponse à sa déformée parole dans celui-ci pour se défendre des déformations nécessaires introduites ici-bas dans ce cahier en copiant textuellement.Sonia Pétrovna d\u2019une voix timide me dit qu\u2019il est huit heures qu\u2019elle continuationne disant m\u2019ennuie m\u2019ennuie m\u2019ennuie et qu\u2019elle m\u2019embrasse l\u2019idiote (je suis méchant et j\u2019aime me venger) elle dit malheur mais elle me prend pour l\u2019ennui et la folle m\u2019embrasse j\u2019ai comme marre ou mare d\u2019eau j\u2019ai fait ma part de craindre les nouilles et les tartes à la crème et croire au Viêt-Nam américain D K L I C qui m\u2019écoeure quant à Oli- 26 vier qui vient d\u2019ouvrir un nouveau restaurant il ne me verra pas la main droite sur le bras gauche et le pied dans ma poche.Qu\u2019elle continutionne ou continuationne encore une lettre parlante (elle me parle d\u2019une écriture avec de beaux sentiments) mais ce temps est passé et pour qu\u2019il demeure qu\u2019elle oublie son suicide avant son accomplissement la chère ou la chair des filles refleurira j\u2019en ai eu marre mare d\u2019eau comme je disais dans le cerveau que ce lavage j\u2019en augmente la crotte sous mes ongles des beaux sentiments qu\u2019elle m\u2019a enlevée extirpée comme le ver solitaire qui m\u2019aimait tant et auquel je tenais si fort le monstre d\u2019amour je levais le bout du monde je l\u2019attirais vers moi et le cable je l\u2019avalais sans maux d\u2019estomac noyez-le ou non jamais ne pourrai plus vous dire la vérité que l\u2019ingénue m\u2019a volée d\u2019un brûlant amour elle a brûlée mon sens esthétique et puis elle parle de la différence de l\u2019océan entre toi et moi (qu\u2019elle dit) et creuse quand elle parle des affreux petits romantiques.La fesse droite ce que j\u2019aurais aimé les mots pour la mordre qu\u2019elle m\u2019écrit n\u2019écrit ne ni pense pas ni en français ni en mots la dinde comment elle peut faire la vie comment moi je n\u2019écris pas facilement dans une langue bâtarde du français.Mais je dirai aux excellences littéraires que je gratte mon nez sous leur nez avec mon ongle pointu et pas rongé et que je n\u2019écris pas en français mais en mots d\u2019aucune langue qu\u2019ils ne peuvent maudire les mots dits.26 Encore j\u2019en reviens à Sonia Pétrovna qui ne veut pas entendre quand je lui parle elle refuse le beau avec des sentiments malgré soi (dit-elle) on est esthétique elle n\u2019est pas folle ou non je lui mordrais la fesse gauche aussi et elle me reprocherait cela et me violerait Nietzsche (comme elle dit je ne veux pas faillir à la tâche de terminer cette lettre (qu\u2019elle dit) hélas il n\u2019y a pas de vérité est la vérité et ne veut pas s\u2019accrocher au coeur 27 des affreux petits romantiques comme elle dit dans sa lettre qu\u2019elle m\u2019embrasse je fais la grimace comme quand elle me dit qu\u2019elle a envie d\u2019aller.Sonia qui me revient encore aujourd\u2019hui mardi le vingt quatre m\u2019écrit quelquefois quand son anatomie se sent bien elle fait sa commande et fixe le lieu la date et l\u2019heure de la prochaine retrouvaille.Il me faut encore parler de pile ou face puisqu\u2019il s\u2019agit de pilules anti-concepts philosophiques de Nietzsche sur lequel elle revient toujours comme le beurre dans la poêle de la conception de la vérité vraie qui est morte dans la lettre précédente.Comme j\u2019aurais dû la recouvrir de chaux vive et du rideau mortuaire quand la première fois ses lèvres .27 Elle ne veut pas m\u2019en faire et me raconte son inceste incestueux avec l\u2019arbre de son frère dans une cour de triage à l\u2019ouest du Canada à la suite d\u2019une émotion asphyxiante produite par la fumée des locomotives voyeuses.Pour que son gras se glisse en moi j\u2019ai fait la place n\u2019est-ce pas nécessaire aussi la place pour un siège éjectable en cas d\u2019urgence qui a servi heureusement que la façon de fonctionner fonctionnait heureusement que de toute façon tout se termine bien.Son frère qui l\u2019a éteinte qu\u2019elle m\u2019écrit puritaine plutôt éléphant d\u2019elle qui a éteint son frère comme un éteignoir pour les cierges et teignes j\u2019ai envie d\u2019un mal de ventre je me rends compte maintenant que la méprise était toute puissante sur ma personne qu\u2019elle me racontasse son péché anatomique me digère encore de l\u2019intérieur de l\u2019intestin d\u2019où elle vient aujourd\u2019hui pour me parler (et je copie textuellement sa lettre du vingt-quatre aujourd\u2019hui) où elle absurde c\u2019est un répit de toutes les corruptions du plaisir l\u2019abject plaisir (jamais le bonheur) 28 et le mensonge me parle encore me fait vomir d\u2019indignation car j\u2019ai encore cela.Et maintenant elle me met sa tête dans les jambes et me demande pourquoi je serais honnête avec sa tête (si je ne déchirais pas mon maudit esprit que conserve nietzschemment sa carcasse) mais il y a ses jolies paumes chaque côté de sa bouche sur ses joues.Sa tête.et elle me reproche d\u2019abandonner le plaisir pour me frotter l\u2019humérus sur la peau du bonheur (impossible dit-elle) et garde la chair en son partage et le cerveau rationaliste comme je copie textuellement dans toujours la lettre actuelle du vingt-quatre.Elle dit encore jouer avec notre amour (mon oeil) appelle-t-elle cela pourquoi pas seulement rien puisque le cerveau rationnel aime voir l\u2019or doux de l\u2019index se promener dans la boue et oubliant on retrouve là si l\u2019on a bien visé on retrouve un sourire le sourire des belles émotions.(quelle parole) elle me dit maintenant que leur inceste (sur lequel elle revient dans la poêle) émouvait son frère et cela lui plaisait (qu\u2019elle me dit) car cela lui manquait de voir entendre l\u2019incestueux ému.28 Avec moi c\u2019est l\u2019autre elle qu\u2019elle protège non pas son corps qui s\u2019ouvre trop mais sa tête (ou son coeur s\u2019il y a lieu) qu\u2019elle étouffe et que je n\u2019approche pas pour caresser elle me noie alors dans ses lèvres de toutes sortes roses ou rouges et ses bouches d\u2019égouts (elle dit défendre cela même au risque de ne jamais se suicider).Et en attendant que je sois sa raison de vivre elle vit.29 Mais touchante toujours jusqu\u2019au bout du sexe elle termine la même lettre du vingt-quatre par d\u2019horribles sensibleries qu\u2019elle veut mon bonheur à la fois le sien.Mais encore qu\u2019elle n\u2019est pas sûre de m\u2019aimer étant donné que je suis toujours noyé dans son ventre et qu\u2019elle ne me voit horriblement jamais que barbouillé de rouge et tous les jours et ce n\u2019est pas assez pour oublier et elle ne me parle que de sa mort prochaine.J\u2019en aurais marre et je m\u2019arrêterais déjà dans cette monstrueuse orgie providentielle si je ne savais déjà ainsi que vous maintenant que de toute façon cela finira bien.Si l\u2019on regarde autour de nous par exemple la misère qui sévit dans les bureaux de la Place Ville-Marie et \"les éditeurs qui crèvent de faim faute de bons textes\u201d dans la neige blanche et sale jusqu\u2019au cou ou la constante observation de l\u2019entraînement microscopique des lointains verbiages de mon abruptissement totalittéraire et insensé l\u2019on peut croire malgré le non-sens de ces dernières paroles que probablement le monde va mal.Attachant autour de mon cou les lourdes chaînes du faux amour passionné et étranglé par sa charge elle dit encore qu\u2019elle veut me serrer et mourir de moi comme encore si c\u2019était moi qui l\u2019avait vagi quelle horreur quelle monstruosité.Me convaincre que je n\u2019aime que moi veut m\u2019allier à son pénible étirement jusqu\u2019au bord du précipice engouffrant qu\u2019elle me dit mourir encore et dire que je t\u2019aime j\u2019ai besoin de le dire que j\u2019ai besoin de ta peau ferme la peau sur mes yeux et dis moi encore si homme j\u2019étais ou vice versa si tièdement tu étais une fille qu\u2019elle dit moi une fille esclave vous voyez ça d\u2019ici comme elle dit il y aurait quelque chose entre nous que je copie textuellement comme toutes les citations.29 Ma main sur ma tête n\u2019est pas là inutilement à creuser pour une solution jaillissante que diable la main est lente dans cette recherche où peut-être le plaisir abject n\u2019existe pas mais urgence 30 avant que besoin énergique exploite sans relâche la moitié de moi qui va trop loin en elle laisser de toutes façons la main sur la tête pendant le déchirement profond dans la boue et l\u2019autre griffe sous la fesse qui bougeait sans cesse et se contractait.Elle dit aussi des paroles que je cite de sa lettre: vivre parce que mourir est trop lâche.Alors Sonia Pétrovna se promena dans la grande dépersonnalisation urbaine ma main sur ma tête tu me disais amour et tu pensais ma main sur ta fesse et tu pensais velours à mordre comme cruauté ne dépasse en rien l\u2019idiote de vous à la période anale comme vous dites trop souvent mais disons le une fois au moins disons dégueulons vulgairement comme vous le faites après vous être saoulée d\u2019étoiles alcoolisées.Elle reste là jamais pour personne mais pour elle seule à raser l\u2019asphalte avec une faux en oublie son café brésilien qu\u2019elle ne boit jamais et le vil violeur de mari qui chaque jour ou pas capable de dégueuler comme elle dit pas capable de je t\u2019aime comment croire je T\u2019AIME T\u2019AIME T\u2019AIME pas capable comme je pense maintenant dégueulasse.30 Notez bien l\u2019emploi de mots vulgaires et dégradants comme je t\u2019aime et dê gueulas se mais cela n\u2019a pas de sens et c est autrement dit des paroles inutiles.31 Elle dit maintenant comme est éclectique une tête ordure puis ordure un remord sans doute et elle ajoute dégueulons je commence à en avoir plein la panse moi aussi et je pense je dégueulons.31 Sonia Pétrovna n\u2019a plus jamais eu de ces lueurs comme j\u2019ai l\u2019os du nez rongé par sillons cela jusqu\u2019au dernier fond de mon crâne où je n\u2019ai plus de nez mais des hallucinations questionneuses comme pourquoi dire que tu veux me violer parce que ton dieu n\u2019existe plus depuis qu\u2019il est mort et que vérité qui lui était parallèle est de nouveau inexistante de par l\u2019inaccessibilité du mort.Voulez je vous raconte comment l\u2019enfer des villes est venue à l\u2019oreille de Sonia Pétrovna pourquoi elle s\u2019appelle d\u2019une façon russe c\u2019est une ruse elle n\u2019y est pas du tout dans la peau d\u2019une égale de l\u2019homme son travail aidant à cela et Pétrovna lui vient de son père américain qu\u2019on nomme Pete prononcez pète pour dire qu\u2019il éclaboussait continuellement Sophie pour Sonia qui est son nom originel et celui de sa mère qui fut vendue à l\u2019affreux américouille pour la somme de trois dollars vous dire toute sa valeur à l\u2019époque c\u2019était beaucoup a enfanté cette monstrueuse Sonia Pétrovna pour vous dire l\u2019origine de son nom.Mais elle me toujours débute par me souffrir dieu à l\u2019oreille elle dit qu\u2019il faut se poser quelque part pour ne pas poser partout ses pieds malpropres et ne pas s\u2019envoler la perfection étant néant et reste la merde (le caca) c\u2019est-à-dire la vie car l\u2019objectivité est plus absurde qu\u2019islandais et illogique subjectivement croyez que j\u2019ai pris conscience sur la main tout le savon de l\u2019enseignement sophiste sophistiqué.Donc l\u2019enfer des villes lui trotte dans jusqu\u2019à l\u2019abandon de la dernière réalité possible au bout de cinquante livres de porc cochon pour salement sentir mauvais illuminé en me parlant comme cela de l\u2019abandon total maintenant de mon tout petit garçon pour la première fois (comme elle dit) et la dernière fois une seule où elle est morte pour vrai de la jouissance du coeur un court instant j\u2019allais la croire mais voilà je ne suis pas fait pour accepter sa maudite (c\u2019est un mot à elle comme tous les mots vulgaires) existence à elle autour de mon .mourrai-je comme elle dit ou encore mourrai-je ou vivrai-je que de questions inutiles on verra bien si violée te vas ou non.32 32 Elle ne sait déjà plus quoi me dire que seulement même autour de nous il y a une île et le souffle blanc ne sort plus si dans le gras elle se baisse un peu plus bas comme dans les draps il ne reste que la fatigue à mourir de rire de marre j\u2019en ai pour répéter longtemps que Sonia me tortille encore plus les intestins et que depuis son suicide imbécilement je l\u2019ai dans la je la porte dans ma plus profonde horreur comme le sac de gras que je lui ferais manger par les narines.Elle dit que la distance ne nous fera pas nous aimer davantage et sa triomphante raison triomphe de la vérité qui n\u2019existe pas.Elle parle de distance alors nous allons partir sûrement le matin de la post-réépousation officielle mais je ne veux pas sortir mon épée pour défendre ma peau qui reste jusqu\u2019au dernier souffle mon sexe unilatéral parle aussi de rêves que j\u2019espère être son départ fou sur tout à coup quoi te dire qu\u2019elle dit encore je t\u2019aime je me moi mon j\u2019en suis rempli.33 Elle l\u2019avait prédit après son suicide c\u2019est-à-dire prédit avant pour après être quelque chose pour toi comme près de mon antithèse pour d\u2019ailleurs se serait préférable qu\u2019elle dit comme raison pour le savoir elle l\u2019aura voulu et sans jamais mourir d\u2019amour sur un nuage ni même de plaisir abject dans un lit.N\u2019existent pas ni voyage ni nuage pour Sonia Pétrovna et sa dureté garce ne se change pas qu\u2019elle qu\u2019un de beau d\u2019ailleurs serait préférable et dans ultime serait sous la nudité du ciel.Toujours pour soi (qu\u2019elle dit moralement) les autres (mon oeil) sont déjà loin ferme les yeux et l\u2019euphorie (qu\u2019elle dit) en se faisant aller se foutant de ma plus belle gueule littéraire et de ma phrase et elle dit ma satisfaction personnelle les autres déjà si loin et elle a raison aujourd\u2019hui je plaisir abject de elle à la déformer un peu beaucoup plus qu\u2019elle ne 33 l\u2019est et toujours dans la plus simple fonction adoratrice de son dieu pour être charitable car dieu est amour.(elle dit) quand j\u2019ai cessé de dieu être l\u2019esclave amoureuse du supplice de coucher avec la croix et de croire en sa miséricorde plus jamais je ne fus orgueilleusement charitable et je n\u2019y pris plaisir pour cette raison j\u2019ai plutôt dans le gras mis ma face et décider de n\u2019aimer que moi.Feindre feindre de monter au ciel plus vite que les fesses de fusées brûlées et ne me demandez rien je pourrais vous dire la vérité.Qu\u2019elle aille lui demander la vérité mais elle ne saurait jamais comment demander sachant impertinemment pas ce qu\u2019elle cherche et cela est que l\u2019incestueux a la rubéole.Maintenant deux mains sur ses fesses pour elle dit ça va mal je veux croire et dieu est illusoire comme le jeu envoûtant de l\u2019amour qui aller au parc Belmont.Dieu est l\u2019imperfection de l\u2019homme n\u2019importe lequel même l\u2019homme de l\u2019amour des dunes de sable et puis je suis peut-être (comme elle dit) en hostie de Christ (comme elle dit) et ça se termine lâchement là son avant-suicide sur la corde raide qui elle tombe de la corde et se pend ici ou ailleurs qu\u2019elle importance pourvu qu\u2019elle soit pendue n\u2019importera sommmmmmnoleusement plus son emploi du temps et plus jamais aucune modification à l\u2019horaire de la jalousie.Solitude ce qu\u2019elle est vous dites un repos vous dites une sagesse une simplicité vous dites vous jubilez vous croyez ce prêtre en chaussettes ce bouffon obscène dites puissances intérieures vous ne vous déformez pas jusqu\u2019à m\u2019abandonner votre raison sociale et me laisser avec les sottises de mon crâne fou braque comme difforme et discordant maintenant que ma nudité se fait continuelle et gémissante dans ce refuge fortifié et prisonnière de mon inconscience en collier de harpes.34 ion Ense I aisé- I it je ' mis ' es de | ire la I jamais : cher- fa mal I tant de [fection j aur des j dit) en I chement l « de la | poorw I eut pi® J aàl\u2019to' I ie sagesse I piètre ta I :ures vous I ,oo sodalî j ue com®51 ; fait to»' I ooniètt df I Comment puis-je dans ce castelet déjà de mon fanatisme ne pas penser déjà à y mourir de la luxure de ma solitude de l\u2019épuisante et symphonique raison perdue perdu le sens exact des sens fétiches devenus d\u2019une envie sournoise happante capricieuse exigeante saignante qui demande sans cesse le baume d\u2019une noire honte maintenant morte perdue sous les débris de ma conscience de je ne sais quoi décolorant la rougeur de ce cheik vicieux et délébile qui viole et glapit et circonvolutionne contortionne et bombe plus que déjà sa grosseur et son idiotie orgasmique.Comment puis-je penser me tortiller un jour dans l\u2019herbe tendre hors de ce cirque de pacotilles comment croire encore pouvoir spasmodiquement bouger l\u2019opulence de mes hanches et la rose rondeur de mes épaules ma vague nudité de sphinge dans les draperies de mousselines fraîchement absoutes de la fenêtre que chacun voit enfin de la vision du juste voyeur le trouble qui monte en mon corps quand j\u2019en sais un autre à ma recherche comment regardant la grisaille devant moi derrière à gauche droite sur et sous moi croire à des accès de soleil sur ma peau.Volonté de ainsi qu\u2019un refuge que je trouverai.En attendant l\u2019hérétique douleur de garder une jupe sur ma peau d\u2019égarer mon sexe et comment mourir de m\u2019écarter sans cesse mes luxueuses narines longueur oscillante des journées jaunâtres assises sur leur cul de fond de ciel pourpre et sur leurs talons aussi des arbres déchus tandis que leur dentelure désordonnée résonne les ongles rongent la chair moulée de la terre.Comment où prendre le sourire grimaçant de l\u2019attente de ne pas y penser qu\u2019il reste encore vingt soleils à combler avant déjà trop bientôt.Penser dire quand je tombe de mon lit je glisse et je me dire quand je tombe dans le gouffre profondément noir et profondément gouffre jusqu\u2019au fond de l\u2019eau épaisse de la nuit 35 quand j e gouffre mes griffes résignées dans le clavier de l\u2019apocalypse rongé par les punaises du latin putere puer et nasus nez tout cela m\u2019écarte des pâturages et il me pousse des callosités sur la cage thoracique force de me traîner nuede-ment sur les herbes dures prisonnières là dans mon ventre extérieur où se trouve mon lit une fosse puante une branlante et une chaise table aussi lointaine de moi que moi de l\u2019herbe et aussi absurde d\u2019y penser que de dire je marche mouche sur les murs ou je saigne ma chair avec mes yeux qui déracinent mes rêves et me perruque en gris.34 Comment dieu va humanité qui d\u2019abord ou moi je préfère la peau en bas du gouffre précipité pris battu dans la même eau grasse mourant sans geste mon sexe solitaire sans survivance de moi-même lasse sans mon fétiche-bonheur-bonbon.Sans ampleur sans alentour sans.sent le marécage et le pieux ermite que n\u2019être pas Degas nu guettant le moment de la danse je spinge et je m\u2019enroule en colonne torse en volute et sans volupté je frissonne et je cherche un mari un Jouer jamais comme enfant à la douceur de tuer l\u2019avenir pis-tolet-fusil-devenant-grenade-mitraillette-burpgun et projectant projectiles sur mes projections avenir avenantes.Je m\u2019écarte comme s\u2019ouvre un tombeau sans spasme sans convulsions la souris sort du bas du mur se frayant le chemin pour aller calvairiser sa résurrection sur pieds à cinq doigts et mains à quatre yeux plus que ronds et sa bouche pleine de narines son bec de lièvre quatre incisives saillantes presque ma soeur presque araignée sournoise velue mais lisse tandis que je me relève doucement sans frayeur et barre son chemin de retour avorte sa liberté.36 ier îei j sse Je- lé- : et *| :et les I mes 1 te la nème S vance t pieux ; danse i sans : ¦> lit f iject® y ns cote inpoi jtniiiiii oari»e ta soï ¦i«4 k«K| .les courbures de tes jambes grises m\u2019attise le coeur . ¦ Je me découvre des vibrisses.Découvre le regard de son oeil rond caressant imagine la caresse sous ma peau ayant presque \"un joujou de la vie elle-même\u2019 et frissonne déjà dans mon intérieur utérin de faire cadeau d\u2019une souris souriante à ma peau mon sommeil ma nuit indormable ma compagne ma tentation singulière celle de ma solitude mon geste sexué qui empêche la fuite de l\u2019être.Je me dé-trompe-l\u2019oeil-joujou-bonbon et trompe la réalité et ma recherche d\u2019institutions gouvernementales où l\u2019on suicide les gens et leur donne des allocations.Mon calice trop plein se renverse et je (re)deviens une vraie peau furieuse oublieuse de ma froidure réfrigérante en rai-de-coeur et me retrouve en croupe ma belle vie absurde sous le bras j\u2019ascensionne émue vers la mort aboutissante des amours en réserve sous-cutanées et rongeantes à belles dents une pomme croque rouge de mes quatre incisives de souris le temps éphémère qui m\u2019enserre me blondit m\u2019orientalise me cuivre au soleil gris grisaille du ciel de ma prison mon soleil gris brisure au mur entre elle et moi toi et moi ew and me make we à la vie à la mort ainsi qu\u2019une fièvre une éternelle cantilène.Ma coiffeuse de tendresse est venue me dire bonjour me présenter ses lettres de créances et n\u2019est plus que grise épouvante apprivoisée.Nuit opalescente qui vient à moi laiteuse et hallucinée hormis ta belle fureur hormis ta morphinomanie.Te parler à toi nuit de la danse qui me désalimente ainsi que toi mon divertissement tu débordes ma peau de toute ta race la courbure de tes jambes grises m\u2019attise le coeur prunelles en feu ainsi qu\u2019un gouffre sexué inaccompli.Tandis que je me fais monastère de toi seras ma chose en moi palpable provoquante.39 Tu me fais tanguer tant que je renverse de folie ma tête et relève mon ventre tu me refais vierge et me défais chaque jour comme un nouveau littoral dont la mer défunte projette éternelle ses muscles et ses singulières courbes.Toutefois cela n\u2019est qu\u2019impossibilité car comment puis-je bes-tialiser ce qui est déchu tellement déjà pourrais-je mais autrement .cela est bien beau mais encore que vais-je faire du vide luisant et sous-alimenté de ces veines et de leurs soeurs où le sang ne coule plus qu\u2019avec peine.Je prisonnière suis de l\u2019écoeurement effronté de moi-même et ne peux même suicider (on y revient toujours) ma croupe et mes hanches et la prose de mon creux et s\u2019élargit encore mon fanatique ascétisme et s\u2019en va dans un mouchoir tout ce qui reste de possibilité pour affronter les pendules et l\u2019amaigrissement que m\u2019impose ma funeste prison son exacte pénombre ce paysage téméraire d\u2019inexistence.Oublieuse ce mot impression en moi d\u2019avoir déjà commencé un regard par mon regard d\u2019oublieuse ne pourtant devrais oublier si mauditement facile tout ce qui précède vous savez .l\u2019occidentale tentation du bonheur me bouscule la forêt par désoeuvrement le problème du bonheur selon le regard sourissant d une sainte-nitouche-surtout-pas elle s\u2019écroulerait sûrement ma noblesse éclatantement chercheuse et plus encore se rigolerait jusqu au ruisseau où elle se fond du ruisseau noyé et deviendrait icelui et stupéfaite et dégénérante et décolorée et roide ne trouverait encore pas les pièces de petits bonheurs en or ou ne penserait même rien de cela ma tentation voilà comme souris ce bien qui est et demeurera tant qu\u2019il ne sera question que de ronger que d avancer jusqu\u2019à son trou et pouvoir y passer.Hormis cette obligation de ronger encore si trou le n\u2019a pas d\u2019issue n\u2019est même pas dupe de cela elle creusera tant que la chair sera bonne que 1 intimité ne sera troublée d\u2019aucune façon.C est ainsi qu\u2019à bien y penser le bonheur comme la souris seulement le ver solitaire qui pouvait me le procurer mais dans le ventre de celui à qui je l\u2019ai extirpé laxativement et la solitude le ver est mort de sa belle mort bien étirée.Ah jolie chimère jolie furieuse folie qui me tue ma prison sur mes déjà jolies épaules et maintenant imagent courbées sous le poids du gris et réduite de plus à l\u2019amour-souris et désir solitaire du ver qui s\u2019alimente continuellement à mes souvenirs d\u2019outrebombe chateauluisante et se crispe effrontément sur fragments obscurs qui met le feu aux joues comme un regard d\u2019enfance que je devinais déjà indécent et tenté.Je ne puis même pas me résoudre à rien espérant toujours et comment puis-je un sourire qui adoucirait courtiserait l\u2019ire de ma foule et viendrait enfin à moi chargé de soldats morts et couverts de fleurs au milieu desquels je trouverais peut-être l\u2019auguste souris qui voudrait bien de moi sans s\u2019alimenter de ma peau seulement souris errante et châtiant le froid prendrait résignée une singulière mais chaude demeure au milieu de mon monde petitement vibrant.36 Mais tout cela me mine tellement de la couluer du dessèchement que je.ce n\u2019est pas comme ce parapluie qui m\u2019interpelle en hongrois pour raconter son obscurité causé par la peau du dos drôle de carapace humide recroquevillante et je vous disais qu\u2019il voulait s\u2019expliquer avec la tempête sociale qui vient du nord de Budapest et disait a boromet fényes almava csinalod csuszok a foldon mikor sikoltsz tu me fais la peau de la pomme luisante je me glisse sur la terre quand tu hurles.L\u2019harmonie se sauve se cache dans la semelle est percée l\u2019harmonie se cache pfttt.s\u2019écrase sur la chaise pour cigarette se fume dans le cendrier cendre la cendre prend de l\u2019empire britannique est-ce que ta grand mère est morte (oui) elle avait le cancer (non elle était juive).Pourquoi passer des nuits entières à scruter son nombril puissance du soleil ce n\u2019est pas là que se cache la résurrection d\u2019Hitler bien sûr mais cela me crispe me déteste me mue ma myopie en lunettes.41 37 Suffit ce n\u2019est pas de ma faute à moi si je me perds dans la nuit qui vient me convoiter et jamais ailleurs c\u2019est pour cela que je n\u2019aime pas les femmes et que je mens actuellement disant cela et que je les subjugue n\u2019en croyez rien même que cela leur arrive à eux aussi d\u2019employer de crépitantes expressions pour me roidir me figer dans mes oppressements j\u2019allais dire qu\u2019elles se servaient de préservatifs puis-je me enfin inutile surtout qu\u2019une souris ça ne peut faire beaucoup de mal à arrondir continuellement mon dos pour voir comment elle se placerait dans mon creux j\u2019en arrive à devenir exacte demie circonférence et j\u2019abolis les idées mortifiantes qui voulaient que je la laisse s\u2019installer seule sans m\u2019occuper de son confort moi étendue toute longue en attente ouverte et devinant mais ignorante de cette nouvelle et chaude demeure .mais je me fatigue d\u2019être continuellement repliée comme cela sur sa vie surtout que maintenant elle sait où elle va et que .je me fatigue je reperds un peu le sens de ce qui se passe un peu de ce qui bouge un peu malement dans la crypte un peu de sueur sur ma tempe un peu le geste un peu l\u2019étirement ainsi que le jour ou le monstre est sorti de moi un peu cet étirement mais personne pour retenir mon bras c\u2019est \u2014 c\u2019est mon enfant qui revient en moi.enfant.c\u2019est.en moi \u2014 non \u2014 non \u2014 aaaaaahhHHH ! La souris est morte la bouche pleine le crâne et le corps écrasés à coups de à coups d\u2019horrible sentiments en moi lorsque je dans mon rêve vu ce que je voulais faire avec douleur au bas de mon ventre avec je ne sais je ne peux demeurer dans cette obscurité demander je ne.La petite lumière qui vint lentement fut le soleil.De quelque côté que l\u2019on regarde rien puisqu\u2019il n\u2019y a rien divague ma tête jamais rien que même une tasse de café ne résiste pas à ce rien et s\u2019écrase ne s\u2019écrase pas plus que sur rien s\u2019écrase à jamais jamais qui croira encore après cela que je ne fais pas que plaisanter ou de la conversation changer la course du mille mètres ou encore je ne sais quoi d\u2019aussi fou que de 42 courir pour dire que je suis bon puisque enfin je cours aussi vite que moi qui me précède ou dira que j\u2019ai voulu faire diversion divertissante ou que c\u2019est une digression associationniste et que je me sauve de la souris dans un monde ainsi je disais je me suis accoutré comme je vous disais tout à l\u2019heure d\u2019une drôle de façon ce matin une cravate et un chandail ça fait fou fou fou un monde ainsi que le cinéma américain jamais autre chose une cravate à Jerry qui penserait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019autre chose surtout quand reste ce vieux goût de café de cette digression au fond de ma bouche qui ennui ma langue folle qu\u2019il faut mâcher à la menthe pour qu\u2019elle vogue sur les lointaines plaines au coeur de l\u2019Afrique ou sur les bords du désert.Odeur chauffée à l\u2019huile de ricin de morue à la fois foie ou n\u2019est-ce pas c\u2019est l\u2019hiver ce café qui fait voguer puis renverser puis couler au fond des plaisirs de la mer pleine d\u2019eau.38 Sourire de la chaise quatre pattes devant ou derrière dépend de quel côté on regarde le piano faussé mais je me ferme d\u2019un bout à l\u2019autre du siècle de Louis XIV jusqu\u2019au milieu de l\u2019autre côté du golfe du Mexique en as-tu déjà vu une belle comme cela pas un pli pas une bosse pas même un petit chameau une vraie pièce de collection trois février mil neuf cent soixante sept.J\u2019arrête là la digression maintenant que vous êtes refroidis je donc reviendrai.39 Petite lumière disais-je c\u2019est le soleil qui me survis car le seul possible silence est celui de la survivance et la seule possible issue.S\u2019appuyer mon corps tout le regard du mur solitaire de pierre nue comme ma bouche pleine ainsi que l\u2019est de désir non {je regrette ma chérie de ne point vous avoir téléphoné plutôt plus 43 tôt que de vous dire je vous aime fai suis une maladie) élégance plissé de refus.A toute sa crue résignée devant.Je prosterne devant toi mur inaccessible mon ventre que je déracine sur tes parois je me saigne éternelle vierge que je demeure sur tes fragments impérieux.Si elle joie joliment déguisée comme vous savez l\u2019extirpeur (d\u2019enfant-mort dans le ventre des femmes) appelé médecin qui se masque de blanc pourquoi pas ma souris cachée comme cela son lièvre de bec dans le blanc et oublier à tout jamais la morsure possible et aussi même pour ses petits mignons pieds des chaussettes avec un bout de mon pauvre drap.40 Joliment oui mais quel caractère quel refus mais un peu de détermination.de me la science traité petit-con-sot-mon-tique on ne peut rien dire qui ne fut déjà dit par un ancien d\u2019avant la première mondiale guerre ou un peu plus avant le rire lautréamontien de l\u2019océan qui engloutit tout et noie souvent (à raison la plus grande force) pourquoi pas les souris mais ici à peine un petit danger à peine puisque la seule eau de Cologne est celle qui coule goutte à goutte et que de toutes façons je divague et que ma première parole voulait le fait clairement exprimé que tout est déjà né avant qu\u2019on le découvre et même déjà mort avant qu\u2019on ait le temps d\u2019y penser.Alors allez donc croire maintenant que ma petite pauvre pensée n\u2019est pas hachée ou pas hanchée des hanches ainsi qu\u2019une pièce de vingt cinq sous en vingt cinq sous toute d\u2019un siècle de terreur en cent ans de terreur la peau et des os squelettiques de Sonia n\u2019existent pas plus que n\u2019existe la brique rouge aux cheveux blonds ou n\u2019existe pas sa personne non truquées.Je ne suis pas jaloux non je la tuerais de jalousie jalouse comme toutes les nouilles établies d\u2019ailleurs si elle n\u2019avait pas existé qui selon le lieu commun l\u2019aurait inventée.44 Moi je l\u2019ai flairée comme un chien méchant sait laisser passer le postier ou le boulanger ou mordre ou le postier ou le boulanger selon le cliché très déjà employé dans les bandes dessinées de tous les temps reconnues.Tout cela pour avancer mes amours souriantes (de souris) parler de choses que je ne connais pas étant prisonnière de mon sexe enragé et tout cela pour dire que je parle avec désinvolture et que je m\u2019intellectualise un peu au détriment de ma chair et à l\u2019implaisir de ma souris qui commence à avoir faim n\u2019ayant pas manger depuis la prise de la muselière et qu\u2019il ne faut pas la faire attendre étant les circonstances données et que peut-être aussi si je n\u2019avais pas tant de conflits syndicaux à régler je m\u2019attacherais plus à notre bonheur commun et à nos chances de hurlements.Trêve de banquises intellectuelles.41 L\u2019escalier est mauve de la couleur des chouettes cela est l\u2019introduction à l\u2019amour parce que la nuit me glisse entre les.doucement.Farouche caresse qui monte animale suivant les luttes de ma jambe toi dessinant mon rêve dans les pages de la terre qui se sent dresser comme la fierté de l\u2019être qui va peut-être bientôt à la même corde que mon âme vibrer de toute la possible ponctuation de ta chair tintamarre d\u2019amour celui de la mer celui de la rue de ces deux inconnues.Aime la main qui te guide jusqu\u2019à la chaleur vivante qui relève la mèche devant tes yeux toi interminable rumeur offense moi.offense moi.Joli membre qui s\u2019étire s\u2019affole du va et vient caresse sans le vouloir tu t\u2019inanimes de joie et ne te rend compte que de l\u2019asphyxie que je te procure ma joie déliée par toi intouchable contour de ton museau ignorante de la mélodie que tu joues .choisis-tu maintenant de t\u2019assouplir après la frénésie.45 Reste ainsi que tu étais là je serre là un peu ce qui reste de toi dans ma main ravissant objet d\u2019amour résigné joli membre qui s\u2019affole du va et vient joli membre qui s\u2019affole du va et vient joli membre qui s\u2019affole du va et vient joli.joli.joli.joli.joli.va .va .va .42 Satisfaction je te trouve alors que tu tangues du large du côté et t\u2019éloignes.Te palper dans l\u2019océan vertitudinal est difficile.Amour souriant à moi encore recommencent jusqu\u2019à ce que ma femme puisse dire he\u2019s fou the noo(1) amour je souffre de vous quand j\u2019attaque votre absence je veux avant que vous ne dépérissiez pas davantage encore encore encore.Encore.Mais vous êtes morte d\u2019amour après déjà si peu.43 Je retrouve maintenant l\u2019orifice bouché et je vous y ensevelis vos soeurs viendront là vous chercher viendront là en cortège.Il ne me reste que j\u2019en ai assez de ces visages de fossoyeurs qui chaque heure grattée au fond des cercueils ouvre la trappe et du côté de la liberté regarde ces rivages de l\u2019oeil abandonné cette blancheur mortuaire et sinistre cette maigreur j\u2019en ai assez de retrouver ma solitude lorsque la trappe se referme sur moi guillotine.Où suis-je ?Voir la compacité pierreuse autour de moi ne mène nulle part et la diaphanéité de la nuit derrière des barbelés pas plus et (1) En écossais : Il est complètement ivre.46 est-ce utile de savoir où vais-je je n\u2019existe plus désormais qu\u2019ici sans nul effort pour rien.Et dire que je n\u2019existe pas et que je me morfond et dire que je n\u2019existe pas et que je m\u2019ennuie et dire que je n\u2019existe pas et que j\u2019ai tué un amour souriant.Je suis mon petit oiseau ma première neige qui fond sur le manteau des autres au printemps.44 Dedans les grandes portes larges hautes de bois de fer armature une petite porte ainsi que d\u2019autres portes s\u2019ouvre et se ferme de la même couleur brun chocolat brûlé au fer à repasser mes pantalons grillés noir que jadis je portais mais il ne s\u2019agit pas de moi s\u2019agir plutôt de ce jour d\u2019une année de grâce sanctifiante comme le sacrament (sacre d\u2019amant) de la porte qui bas à tout vent sans se soucier de la couleur des jupes des femmes grises qu\u2019on retrousse un peu partout autour de nous dans le ciel bleu calme serein moineau jaune comme le soleil qui frappe à la porte elle s\u2019ouvre et laisse sortir une ombre qui a peine à marcher mais sur le visage de laquelle une indicible et indéfinissable joie se peint et à la fois une lourdeur et une mort à bras ouvert qui semble définitivement faire partie inhérente de ce personnage de contes à faire peur aux souris.Ce personnage à la petite valise à la main et à la marche mécanique robot et aveugle semblait ne pas même avancer outre qu\u2019avec ses yeux qui partout souriait d\u2019une horrible mélancolie chargés ainsi d\u2019une accablante tristesse qu\u2019accompagnait la joie de la verdure la joie de l\u2019horizon découpé le ciel moutonneux et sans artifice faux comme de la peinture dorée des lampions des chemins de marbre et un métropolitain très moderne.Tout d\u2019une marche mortuairement lente et obsédée torturante comme puis-je comment faire directement dire comment être comment vais-je ou encore autre chose encore comment me .ou encore ou autre chose comment me déshabiller.47 Au bout d\u2019une heure de soleil désespéré avec lenteur et regard pesant de midi sous le silence enfin déjà rendue à pieds cinq cents du mur de pierres haut de chaque côté des grandes portes que de choses à voir à goûter.45 Je suis aspirée par le regard des arbres je chevauche les plantes et embrasse les fleurs tourne mes yeux renverse ma tête bleue dans le ciel rouge de pleurs de moi causé par l\u2019absence de jadis et de maintenant qui semble durer semble durer et me tue au bord de la re-naissance encore toujours le bonheur de revivre seule.Une rose est-elle une habitude .Sonia Pétrovna marchait lentement le nez en l\u2019air dans l\u2019herbe enfin jusqu\u2019aux genoux .FIN Peut-être pas.46 Etc.et ce soleil qui meurt encore meurt de sa chaleureuse ivresse de boire l\u2019eau de la terre océane et grouillante de vie à boire à boire de l\u2019eau de vie pour mourir soleil.Et maintenant tous mes ennuis sur mes bras bien tendus bien pendus au loin dans la nuit cliché dans la nuit cliché dans la nuit adieu je me soleil de soif de crayon dur comme s\u2019avance en titubant avec l\u2019aisance d\u2019un pompier-copieur et je ne sais quoi d\u2019amoureusement cornélien avec tout ce que cela veut dire et surtout ne dire rien mais n\u2019exige nullement le geste ou la mélodie de qui que ce soit car c\u2019est à pierre-fonducrâne que résonne et nulle part ailleurs que pousse la joie du foyer et les 48 renverse ma tête bleue dans le ciel rouge ii-iii verdeurs de fosses à terrer nos larmes dans cette singulière fosse où jamais personne n\u2019osa lire du Biaise de peur de tomber dedans la plus parfaite aisance et de se mettre à plaire à aux fosses-oyeuses oyez oyez (je me cache lointainement au fond d\u2019une huître et c\u2019est bien ma myopie faisant encore plus la mer fondue avec le ciel).Hier aujourd\u2019hui demain c\u2019est un peu comme on dit l\u2019autre avant celui-ci et l\u2019autre après ce même icelui je vous parle remarquez des clous que j\u2019ai plantés tout autour de mon coffre avant de me descendre joyeusement dans cette fosse dont.tout à l\u2019heure mais planté croche les clous dans le bois mou afin de rejouir du soleil qui dominicalement se trace pour moi dans le sable depuis que j\u2019ai rencontré ce mangeur de crocodiles qui est un monsieur bien méchant.Permettez-moi de me retirer monsieur à l\u2019ombre des pommiers en fleurs que je respire enfin la graisse qui en dégoûte (les pommes seront belles cette année) à plein vase de terre de cristal de France ou d\u2019ailleurs et se répand gentiment sur mes habits et les taches de son caca qui vient des vers dans les pommes.A vrai dire je suis heureuse ainsi que le tableau vert qui est aussi vert que le tableau vert puisqu\u2019il s\u2019agit du même tableau qui verdit mon visage avec l\u2019herbe que j\u2019ai cueillie lors de mon rendez-vous de maintenant avec dame nature qui est haute comme moi en verbiage de tout genre.C\u2019était pourtant sérieux et ça se termine bêtement en jolie connerie dans le grassouillet gazon.FIN La prochaine fois ça va commencer comme ça encore ainsi est marte la sainte le vingt trois février mil neuf cent soixante sept.REFIN FINALE.Jean-Yves COLLETTE 51 NICOLE BROSSARD EXTRAIT d\u2019où le passage qui s\u2019ouvre lors que le texte se trace sans motivation autre que celle de suivre à la lettre quelque temps les pistes qui suivent et précèdent à la fois le passage ouvert liaison entre les termes sans appui toute encre en surface mobile luisante lente approche du sourire par le jeu de la main qui remue au-dessus du blanc muet d\u2019où cet extrait qui n\u2019ose s\u2019abstraire tout à fait du présent qui le construit selon un mode de participation pouvant faire du moindre signe une infinité de variantes dans la distance qui sépare l\u2019un et l\u2019autre de celui qui anime le passage actuel dont faire état à la limite ramènerait l\u2019ensemble à n\u2019être plus cet objet 52 d\u2019où le changement qui s\u2019opère continuel au creux des mots les opposant sans risque cette fois-ci car le sacrifice une fois vérifié ils s\u2019écoulent produit parmi les produits ne se récupérant qu\u2019à la lumière d\u2019une autre tentative déjà comprise déjà vaine la mort du tragique celle-là même de toute littérature et des mots le reste pour la suite telle une tradition qui se perpétue fantôme émouvant temps de liaison d\u2019où le pénible de cette écriture sans désir qui se replie dans le cercle fragile des formes INSIGNIFIANTES passage étroit dans lequel l\u2019inédit n\u2019en demeure pas moins présent mais dissimulé à peine lisible tellement le texte se fait voyeur de lui-même par ce retour à l\u2019encre blanche qu\u2019il imagine et annonce différente du fait qu\u2019il la subit la forme aussi 53 d\u2019où cet impondérable de l\u2019écrit qui se suffit à lui-même le temps bref d\u2019un épisode d\u2019une action confrontant les mots et leur naissance en un manuscrit ILLISIBLE sur lequel l\u2019oeil hésite et se referme doucement acquiesçant devant l\u2019évidence de l\u2019encre blanche d\u2019où l\u2019inertie de ce texte malgré les multiples variantes possibles d\u2019où ce vide jamais comblé mais pouvant l\u2019être toute sécurité dans les lettres qui se juxtaposent les unes aux autres n\u2019ayant plus la pudeur de leur limite car celui qui rédige note le même titre cent fois et l\u2019invoque jusqu\u2019à ne plus le prononcer l\u2019efface dans la répétition l\u2019oublie et transcrit alors l\u2019ombre la certitude antérieure d\u2019où ce texte qui se dénonce et s\u2019enroule sur lui-même afin de refaire ses énergies (peau neuve \u2014 même ossature) son anonymat précaire se dénonce sans espoir de culpabilité d\u2019où la sécurité qui engendre ces mots cette phrase temporaire et sans ultimatum un mode de changement d\u2019aller et retour en suspens que rien ne peut contredire vraiment car ce qui s\u2019écrit alors s\u2019efface au même moment et seules demeurent quelques pistes que le hasard a soustraites à l\u2019effacement d\u2019où le scandale le fait accablant que rien ne motive et qui arrive scandale du blanc pris pour acquis en tant que forme ludique scandale du blanc recouvrant la mort d\u2019où cette matière secrétant son propre anéantissement épreuve sans risque stérile s\u2019interdisant même l\u2019excuse de l\u2019interrogation d\u2019où cet invisible écrivant sans partition qui ébauche le terme collectif neutre qui soit par excellence celui de l\u2019unanimité qui constitue l\u2019extrait suivant 55 FRAGMENT ainsi cette partie du texte dont la mise en oeuvre se raconte en tant que fragment que possible parmi les inévitables chemins qui se tracent à chaque fois que le point de départ est le même d\u2019où cette logique infaillible qui force les mêmes mots à s\u2019unir dans un ordre identique ainsi à ne jamais s\u2019éloigner vraiment du sens unique de toute chose d\u2019où cet éternel consentement à la mise en oeuvre ainsi l\u2019idée même de fragment exige-t-elle un texte partiel dont l\u2019essentiel n\u2019a peut-être pas à être composé étant la formule qui fait naître le reste et c\u2019est à partir de ce reste cet espace écrit que commence le fragment 56 d\u2019où cet espace conquis point par point dans un présent que la main reproduit tel quel graphique instantané de la distance qui sépare la parole de l\u2019écrit d\u2019où cette surface sur laquelle se joue la souplesse des mots cet intervalle durant lequel se précise la nécessité temporaire de ces lignes qui s\u2019avancent sans solution attentives à maintenir dans l\u2019éclairage le projet de chaque instant d\u2019où le perpétuel procès fait à l\u2019indifférence la contrepreuve que l\u2019écrit dirige et maintient à un niveau d\u2019ambiguïté inévitable les actes de graphie qui se déroulent quelque soit le détachement de celui qui écrit le dépouillement étant la matière même à cette expérience le sens de ce geste qui se déroule sans histoire fragment dérivé d\u2019une tentative stérile et dernière de situer l\u2019unanimité l\u2019évidence en dehors de la mort Nicole BROSSARD 57 GENEVIÈVE CONTE LA CHOUETTE Je resserre la boucle de l\u2019enfance qui m\u2019a poussée à tous bouts.J\u2019avais trop traîné.On ne naît pas impunément avec un mois de retard.Je fus ballottée entre deux mois, entre deux signes.Quel parti prendre ?Je naquis sous la constellation paternelle.Pour avoir refusé celle de ma mère, je naquis asphyxiée.L\u2019écorce a craqué à sept ans, avec les cauchemars.Je dus apprendre à récupérer le retard.Ils ont dit : intelligence, honneur, courage, devoir.En trois ans, il fallut donc en vivre dix, et colorer mon regard en noir de nuit pour ne plus trembler.Les paupières fermées, approchaient alors des triangles que je fixais, dont je voulais atteindre le centre, pour les définir.Je ne parvenais pas à les figer dans le son de la couleur.Si j\u2019en attrapais un bleu, je l\u2019avalais de ma rétine.Il se laissait encercler un écart de temps et j\u2019allais vomir, soûle.Al on corps se rétractait à chaque approche, oubliait de respirer pour obtenir ce que je craignais le plus.Je m\u2019enroulais autour de ma soeur, que j\u2019aggripais en pleine absence.Dans son sommeil, elle parlait.Je n\u2019écoutais pas.J\u2019avais besoin d\u2019elle pour faire mes griffes, pour me suspendre à la couleur qui allait fuir.Comme cela avait trop traîné, de malade je me fis coupable.L instinct que quelque chose crevait, me faisait dire adieu à tout chaque soir.Je dormais, les yeux fixes, grand\u2019ouverts, et je transpirais, sans geste.A.la mere vint enfin me reprendre 58 chaque nuit et écouta le puits, l\u2019homme-noir mutilé, la fenêtre surtout, immense, et son rideau de panique qui déchiraient le noir de broutille des volets fermés.Puis mon père se rapprocha doucement, quand je faisais semblant de dormir, attendant que je ne fisse plus semblant.A dix ans, je sus marcher, manger de tout et proprement, et vivre gratuitement dans notre confort arbitraire, sans cependant distinguer ce qui était drôle de ce qui ne l\u2019était pas; mais ils m\u2019appelèrent Ris-Boule-Dingue, et l\u2019image s\u2019est ancrée à travers ce que je pris pour une gageure.J\u2019entamai donc, bon pied, bon oeil, ma vie de lycéenne.Cela dura un quinquennat.Le lycée me fit un bon de sortie définitif, après cinq ans de sommeil entrecoupé de rire, tous deux insolents, fut-il dit.Sic.Depuis deux ans déjà, on me le suggérait, on me le proposait.f\u2019étais libérée, outre mesure.La décision parentale fut trop longtemps délibérée.Je partis faire une croisière, aux frais de la princesse, à Vile Maudite, sans voix.Intimidée je ne quittai pas le port, ne pénétrai pas Vile.J\u2019attendis la prochaine partance et revins de justesse à bord du Sans-Abri.Je m\u2019aperçus, une fois rentrée à la maison, que j\u2019avais oublié, là-bas, quinze ans.On est venu me rechercher.Cette fois, j\u2019ai gueulé à m\u2019en faire mal.J\u2019y perdis quelques cordes vocales et récoltai les boursouflures d\u2019aubes infernales.La décision fut enfin prise.Je pris un nouveau départ, donc.Non plus de zéro.J\u2019appris à entrer dans la moyenne et à en survivre.Ma dernière enfance a craqué.A l\u2019âge où Von acquiert les pleins droits de citoyenneté, où tout vous légitime, je me rendis compte que seuls quelques papiers attestaient mon identité.J\u2019en avais pris pour vingt ans et quelques poussières.J\u2019avais fait mon temps.Je n\u2019existais plus, sinon dans les listes de recensement.PEUT-ETRE ! 59 ECHAPPEE J\u2019ouvre la fenêtre.Il fait froid.L\u2019arbre est bien là.Là aussi, cette saloperie de chouette qui me nargue.Tu me fixes, hein ?Je n\u2019ai pas peur de toi.Je te fixe aussi et moi, j\u2019ai l\u2019avantage d\u2019avoir dormi très très longtemps.Laquelle des deux va ciller en premier ?J\u2019ai des sarcasmes au fond de mes yeux qui enveloppent tes pupilles, qui vont te noyer.Allez, cille ! Tu as triché ! Tu clignes de l\u2019oeil par boutade et je te demande de la hargne, de la rudesse.Ferme les yeux, maintenant, pour que je garde les miens fixes et raides.Ça y est ! Tu as perdu l\u2019équilibre.Je t\u2019ai endormie, chouette, et la SAGESSE est tombée de haut.Moi, je reste les yeux fixes et raides.\u2014 Cette nuit, j\u2019ai rêvé des enfants que nous aurions ensemble.Ça te fait rire ?Bon, alors, je pars en Chine saluer le fils du Soleil.Il s\u2019est fait homme ?Qu\u2019à cela ne tienne, j\u2019irai saluer son père.\u2014 Tu dis n\u2019importe quoi.\u2014 Non, je sais très bien ce que je dis.Je parle de nous et du soleil et ça te fait rire.Alors, je pars toute seule au soleil.On a fait l\u2019amour.On a fait le soleil.On a été en Chine.Je sais qu\u2019il a mis en moi le fils du Soleil et ça nous a fait rire.Nous avons fait un pacte, institué notre théorème : \u2014 Tu es A et je suis B, les deux extrémités d\u2019un même segment et tous les points entre nous ne sont que des taches de soleil, des points infiniment petits et infiniment aveuglants.D\u2019accord ?\u2014 D\u2019accord.A est sorti, a ramassé la chouette et l\u2019a ranimée.Je lui ai donné du vin chaud et caressé les plumes.Allez, chouette, ouvre l\u2019oeil et le bon ! 60 Quand j\u2019avais dix ans, on m\u2019appelait Ris-Boule-Dingue comme l\u2019un des Pieds Nickelés.J\u2019ai vieilli, mais je reste dans les mêmes sphères.Mes élèves m\u2019appellent Bille-de-Clown et, pour la directrice, je suis une Boule-de-Suif, prête à s\u2019enflammer à la moindre invective.Je suis professeur.Je suis payée pour ennuyer six heures par jour, montre en main, des moutards qui n\u2019en pensent pas moins.Je collectionne leurs perles que je mets dans des huîtres en rentrant chez moi.Je revends les huîtres, ce qui me fait faire un peu de bénéfice.La directrice de l\u2019école a plus d\u2019expérience que tout le monde.Elle le dit et je la crois.Elle ennuie mieux que tout le monde.Elle a ses adeptes parmi des professeurs chevronnés, qui commencent à lui ressembler.De jour en jour ses adeptes ennuient davantage.Il y en a même une qui a la compétence requise pour devenir directrice.Dans ma classe, j\u2019ai des élèves voués à l\u2019enseignement.Ils boivent mes paroles.Je leur crache dessus : ça fait rire les autres.Quand je suis arrivée dans la classe, la première fois, les bureaux étaient tous collés les uns aux autres.Il ne faut pas mélanger les enfants et les caricatures d\u2019enfants.En foi de quoi, j\u2019ai fait une rangée avec les enfants aux yeux couleur de printemps, et une rangée de petits adultes au regard vieux.J\u2019apprends à ceux de la deuxième rangée le vieux Français, le Latin et le Grec.A ceux de l\u2019autre rangée, j\u2019apprends à faire des pieds de nez, à chahuter, à arracher les poils du manteau de la directrice .Je m\u2019ennuie à mi-temps.Tous les jours, je suis appelée par la directrice.Elle me parle pendant près d\u2019une heure avec bonté, m\u2019offrant des conseils, me les prodigant même.Je fais tous les jours une heure supplémentaire d\u2019ennui.Pour me changer les idées, un jour, j\u2019ai sorti un jeu de cartes et, pendant qu\u2019elle me parlait, j\u2019ai fait une réussite pour savoir si, oui ou non, ses discours lui rapporteraient une augmentation.Elle n\u2019a pas aimé ça et m\u2019a demandé 61 de lui apprendre à jouer.J\u2019ai répondu qu\u2019on n\u2019était pas là pour s\u2019amuser.Je me suis levée et suis partie en claquant la porte.Depuis, quand elle m\u2019appelle à son bureau, je lui fais répondre que j\u2019ai des ennuis qui m\u2019accaparent ailleurs.Elle est jalouse, je crois.Je sens que cela va mal se terminer.3 J\u2019ai acheté une chouette empaillée et l\u2019ai ficelée en haut de l\u2019arbre.A n\u2019aime pas ça.Il veut que je l\u2019enlève et que je remette l\u2019autre en liberté.J\u2019ai dit que je voulais bien à condition qu\u2019on l\u2019empaille.Il s\u2019est mis en colère mais n\u2019a pas bougé.Je suis sûre qu\u2019A se moque pas mal des chouettes et ça m\u2019exaspère.Le fils du Soleil brûle mon ventre.Je suis en transpiration constante.Quand A vient en moi, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il me prend un peu de feu.Mes viscères sont le brasier d\u2019un enfant qui met mon corps en cendres.Le segment AB est l\u2019axe de l\u2019ellipse du monde.Quand A se fond en moi, jaillissent des millions d\u2019étincelles dont le crépitement couvre le hululement de la chouette sournoise.J\u2019ai mis la chouette dans une cage et mon mouchoir par dessus.Cette saloperie de bestiole a déchiqueté mon mouchoir pour en faire un nid.Autre chose maintenant ! La directrice est au bout du fil : \u2014 Ne quittez pas .Je reviens avec mon jeu de cartes.Je m\u2019installe prudemment et reprends l\u2019écoute : \u2014 Pardon ?Comment ?Hmm ?Je suis renvoyée ?Certainement pas, Madame la directrice.Pourquoi ?Parce que vous ne pouvez pas, chère Madame la directrice.Pourquoi ?62 Très chère Madame la directrice, je vous annonce que cette fois, vous l\u2019aurez votre augmentation.C\u2019est écrit sur ma table.Il faut chasser l\u2019ennui.Par conséquent, je raccroche.Je sens que les cheveux teints de cette chère vieille peau de directrice sont en train de tourner au violet.Et vlan dans les cheveux ! Prends toujours ça, même si pas compris dans tes avantages sociaux.Le Musée du Louvre est un centre d\u2019intérêt public.Mes élèves étant excellent public, j\u2019ai pensé que ça les intéresserait beaucoup de s\u2019y promener.Evidemment ! Evidemment ! La Joconde y a laissé quelques dents, la Vénus de Milo le peu de bras qui lui restait, la Victoire de Samothrace a perdu la tête.Nous nous sommes follement amusés en ressuscitant les Jeux (faciles, j\u2019en conviens) de l\u2019Antiquité.Pour cette fois, j\u2019ai majoré le prix des huîtres perlières.J\u2019en déduis que cette chère vieille peau de Madame la directrice n\u2019est pas très bon public.Le collège a été épuré sans pitié par l\u2019Assemblée des vieilles douairières chevrotantes, formant la Cour de l\u2019école.Elles n\u2019ont gardé que les petits adultes trop propres, jamais chiffonnés, au cerveau liquide et fluide.Les autres, trop fragiles pour ne pas s\u2019endormir dès qu\u2019assis sur les bancs, ont été renvoyés dans leurs familles.Je suis rentrée chez moi pour goûter les délectations du chômage.A n\u2019était pas là et la chouette, prônant en haut de l\u2019arbre, surveillait tendrement sa progéniture.4 Le petit ne bougeait déjà plus.Tout s\u2019écroulait.Et cette saloperie de chouette attendait l\u2019éclosion de ses oisillons.Je suis partie.Pourquoi A avait-il rendu la liberté à ma rivale, à notre oiseau de malheur ?Je suis partie. J\u2019ai déniché la chouette et j\u2019ai mis les oeufs dans les chapeaux des mendiants.Qu\u2019en faire ?demandaient-ils.\u2014 Des omelettes de sagesse ! J\u2019aurais pu rire, mais je n\u2019en avais pas envie.La pilule était trop amère.Sans compter que si je l\u2019avais prise un peu plus tôt, j\u2019aurais gagné du temps.Il m\u2019a fallu me débarrasser du petit mort que je trimballais, qui commençait à m\u2019empoisonner le sang et l\u2019existence.Ils m\u2019ont retiré le fruit de ma \"faute\u201d.La faute à qui ?ai-je rétorqué.Leur morale n\u2019avait pas de réponse prête, et le temps qu\u2019ils trouvent une phrase adéquate, je dormais.Quelques heures après, l\u2019hôpital m\u2019ouvrait grande sa porte de sortie et me glissait, avec une mimique d\u2019étrangleur, la note dans la main.Ça tombait bien.A justement devait se torturer pour me trouver un cadeau pour mon anniversaire.Je glissai la note dans une enveloppe et signai d\u2019une clé de Sol suivie d\u2019un point d\u2019interrogation.J\u2019apprenais le code de la fuite dans l\u2019incognito.Quand ma première savate eut un trou, je trainai l\u2019autre chez une amie qui me reçut avec tant de gentillesse que je faillis manger.Depuis quand es-tu partie ?Je lui répondis que ça datait du début de mes chaussures.Elle, qui était si méticuleuse, en conclut que ça devait faire un drôle de bail.En foi de quoi, elle me donna une autre paire de chaussures, que je me promis de lui rendre au centuple, dans le derrière .J\u2019avalai les dernières huîtres qui me restaient, jetant l\u2019argent des perles par la fenêtre.J\u2019ai laissé traîner les coquilles pour l\u2019imprimeur en mal d\u2019inspiration.5 Un type est venu s\u2019asseoir à côté de moi, au Jardin des Tuiles.Ç\u2019aurait pu être idyllique, mais quand il vit ma tête de catastrophe, il oublia le printemps.Il me demanda si j\u2019avais faim.Mon orgueil, fatigué, ne fit qu\u2019un quart de tour et je lui fis remarquer, aigrement, essayant du moins, que je n\u2019avais 64 pas une tête à avoir faim.Il paraît que si, répondit-il.Il avait l\u2019air sincère.Je ne saurais pas dire si ses intentions étaient aussi pures que le beurre des tartines, étant donné que j\u2019ai embrassé l\u2019oreiller de toute la force de mes poings fermés, sitôt levée de table.Trop honnête pour être poli, je l\u2019entendis sacrer le lendemain matin quand, tâtonnant pour arrêter son réveil, il ouvrit le robinet de la baignoire.Ça ressemblait tellement à une mauvaise comédie américaine que je me mis à rire sous-oreiller.\u2014 Tu vas travailler ?\u2014 Non, mais au bout de quatre heures dans une baignoire, j\u2019attrape des courbatures.Alors, j\u2019ai mis le réveil pour me lever avant.\u2014 Tu as l\u2019habitude ?Pas de réponse.Ça me rappela Saint-Exupéry mais je ne me sentais pas en forme pour dessiner des moutons.\u2014 Tu es un drôle de type.Viens te coucher.Il ne se fit pas prier deux fois et se faufila sous les couvertures où il s\u2019endormit sans berceuse.Ayant repris en main l\u2019oreiller, je repartis de plus belle dans mon sommeil confortable.Je me réveillai avant lui, surprise de trouver à côté de moi ce type, qui dormait aussi tranquille que le Dormeur du Val.Pensant que depuis la veille je m\u2019étais un peu trop bourrée de clichés littéraires, et que ça ne nourrissait pas autant qu\u2019on voudrait nous le faire croire, j\u2019enjambai l\u2019ensommeillé pour aller préparer un petit cordial, en tout bien tout honneur, comme il se doit.Monsieur a remué.Espérant un réveil qui ne me laisserait pas seule dans ce chantier d\u2019affaires posées au gré des jours, j\u2019épiai.Tintin ! Monsieur récupérait l\u2019oreiller.On a vite fait le tour de ces chambres malingres des sixièmes étages parisiens.Mais, au fait, mon hôte devait avoir une arrière-famille bourgeoise puisque la baignoire m\u2019offrait un espoir de propreté pour la journée.Je me pris très vite pour une affiche publicitaire, n\u2019ayant jamais eu autant de mousse sur le corps, ni aussi longtemps.65 Le corps propre et sec, l\u2019estomac chauffé par un rapide café, synonyme des jours de richesse, j\u2019allais aux nouvelles.Monsieur attendait.\u2014 Tu as de la chance .Il se dressa : \u2014 Laquelle ?Presque un cri d\u2019espoir.\u2014 d\u2019attendre encore quelque chose.Un des risques du confort est de boire du café trop chaud.\u2014 Pour Monsieur, ce sera un crème, par conséquent.\u2014 Et s\u2019il ne reste qu\u2019une mouche, elle est pour moi.\u2014 Hein ?Depuis une demi-heure, l\u2019insecte tournait autour de moi.\u2014 Evidemment, ce n\u2019est pas très poétique.Certains sont obsédés par des araignées, des bêtes-à-mort.Moi, mes mascottes s\u2019imposent et je ne les choisis pas.Tranquillement, il fumait la cigarette du condamné à me supporter.\u2014 Qui es-tu ?Ça y est ! Voilà la facture : \u2014 Intrigué ?\u2014 Non.Poli, seulement.La politesse, le confort, c\u2019en était trop.Mes chaussures ne pouvaient en supporter davantage.Je partis donc.6 Quand on pleure, on dit maman.Une fois de moins, je n\u2019ai pas pleuré.Pour pleurer, il faut une raison.Or, je nageais dans la plus parfaite incohérence.Et puis, je n\u2019allais pas m\u2019éterniser sur ce coin de boulevard.Tant pis pour l\u2019accident, je ne serais pas témoin.Je ne savais ni l\u2019heure, ni le jour.Donc, je n\u2019avais pas vu le camion écraser l\u2019enfant, trop fauchée pour que l\u2019on me donnât l\u2019heure ou le jour.Et surtout, il faut battre la semelle tant qu\u2019il en reste.66 Après avoir fait trois tours du pâté de maisons, je m\u2019orientai dans une nouvelle direction.Le petit pédéraste qui m\u2019embaucha, me considérait comme un ange de douceur.L\u2019imbécile ! A chaque nouvelle crise de narcissisme, je le traitais de petit polisson.Il en était tout attendri, lui qu\u2019on ne traitait jamais en quoi que ce soit.Son autorité se manifestait par un bavardage ronronnant, accompagné de brèves rougeurs et de clins d\u2019oeil complices .Au bout de peu de jours, j\u2019attrapai des tics et dans la crainte de n\u2019en pas réchapper, je lui appris qu\u2019il existait aussi des anges déchus.De son assurance-vie, je fis un chapeau de gendarme.Le dernier gendarme qu\u2019il avait connu.Il ne devait pas avoir connu beaucoup de gens pour s\u2019émouvoir à ce point.Je lui fis grâce de la suite et retournai illico mon chapeau pour en faire un petit bateau qui, s\u2019il n\u2019est pas noyé, doit encore flotter sur un coin de Seine, à moins, et j\u2019en doute, qu\u2019il n\u2019ait passé la rampe.Quand je le quittai, il fut surpris que quelqu\u2019un qui ne lui avait rien promis, ne tint pas à lui.Lui, Oui justement Lui, qui croyait avoir résolu le problème du sexe des anges et, de ce fait, pensait que, croix-de-bois, croix-de-fer, il n\u2019irait pas en enfer.Comment j\u2019arrivai dans cette église ?Ça, mystère sans traduction ! Le Père Divin jouait à cache-cache avec moi, depuis des Moi et des Moi.Je le priai poliment de tous les vouloir absoudre, jusqu\u2019au dernier, et qu\u2019on n\u2019en parle plus ! Manifestement, ou il se faisait vieux, ou il n\u2019écoutait pas.Je me mis à gueuler des Pater Noster longs comme un jour sans pain frais.Naturellement, On m\u2019envoya un serviteur, qui après avoir tendu l\u2019oreille droite, fit volte-face et me montra l\u2019autre.Encore un qui tentait de se convaincre : \u2014 Oui, mon enfant.\u2014 Vous n\u2019avez pas le trac, vous ! \u2014 Je sens que vous souffrez, mon enfant.67 Certainement, son imagination ne devait pas l\u2019empêcher de dormir.De toutes façons, c\u2019était raté pour la journée.S\u2019il ne veut pas les absoudre, qu\u2019il leur donne au moins l\u2019absoute.Et j\u2019écrirai FIN, FIN, FIN ! 7 Sans savoir pourquoi, la vieillesse m\u2019a frôlée d\u2019un cheveu blanc.Ça m\u2019a fait râler.Déjà ?Même si j\u2019avais du mal à respirer, je n\u2019étais pas encore asthmatique, à preuve les kilomètres qui s\u2019accumulaient dans mes varices.Mauvaise circulation, sans doute ! Plus tard, quand je serai riche, je prendrai l\u2019autoroute à péage.Je revins donc à mes premières enfances, celles des jardins publics, des allumettes-bateaux dans le ruisseau, des nids invisibles, des chats perchés ou blessés.Je jouai des après-midi entiers avec des petits, plutôt avec leurs cerceaux.Je leur apprenais à s\u2019en servir.Ça ne durait que le temps de l\u2019allée.Au retour, ils n\u2019étaient plus dupes et reprenaient leurs jouets.Je repensais à l\u2019enfant raté que j\u2019avais porté le temps d\u2019un espoir.S\u2019il avait vécu, je me serais acheté tellement de jouets .Mais le petit m\u2019avait refusé son enfance.Futé ! Et si, si.Comme disait Kipling, Rudyard (1865-1936), je crois, avec des si.Tous les familiers de la jungle connaissent la suite.Eh ! bien, s\u2019il y arrive \u2014 et j\u2019en doute, étant donné qu\u2019il gît dans un endroit très retiré \u2014 qu\u2019il se la boive, sa Dive Bouteille ! Moi, j\u2019ai assez soupé.Merci quand même ! Il n\u2019y a que les mauvaises intentions qui comptent.Les bonnes sont des excuses.Je pense trop, beaucoup trop.Je repense du vécu ou du \"?\u201d qui m\u2019en a tout l\u2019air.Satanée rengaine.Je me suis rejetée au foyer parental où je récupérai de justesse une marionnette qui penchait vers la poubelle.Je bus pas mal d\u2019eau-de-vie, ce qui empesta quelque peu le retour de papa-maman.Ils m\u2019ont acceptée à moitié-soûle et ont hébergé la petite fille.Ils ne connaissaient ni le cheveu blanc, ni les 68 varices.Ils ne virent que la lycéenne aux yeux cernés et vert-de-gris.Ils ont soigné, décrotté, restauré.Ça ne partait pas.Ils comprirent que le débarquement n\u2019était qu\u2019une escale.J\u2019étais quand même arrivée à bon port.A la bonne heure ! Papa-maman s\u2019inquiète.Papa-maman travaille et rentre vite le soir et m\u2019entoure.Papa-maman ne laisse pas faire, mais ne dit rien.Papa-maman, si j\u2019étais un peu moins votre fille, je vous le dirais que je suis fichue.Mais papa-maman a de vrais cheveux blancs et une tendresse qui a trop peur, trop vieille de moi aussi.Papa-maman veut vite savoir la suite.Et s\u2019il n\u2019y en avait pas ?Mais c\u2019est idiot.Ça n\u2019arrive pas à son enfant, ces histoires-là.Alors, je leur invente des projets en couleur, auxquels je les mêle tant et si bien qu\u2019ils ne comprennent plus rien et reprennent un peu confiance.Mon euphorie a jailli tellement fort, que ma bouche en a gardé une ride.J\u2019ai choyé les cheveux blancs de papa-maman, ai épilé le mien.Je leur ai souhaité une bonne année-bonne santé.Pour moi, c\u2019était à reprendre bon an-mal an.Quand je franchis la porte de secours à rebours, papa-maman avait encore sa perruque de fête.Petit papa, c\u2019est aujourd\u2019hui ta fête Petite mère, toi qui m\u2019as tant bercée .ETC.Le tout-petit de papa-maman en a marre.A vos marres, prêts ?Partez ! Et certains se demandent encore pourquoi. 9 Papa-maman était rassuré.J\u2019étais reposée.J\u2019ai installé mes quartiers d\u2019hiver dans un sous-sol aux cafards.Décidément la société travaillait trop, du chapeau, en oubliait les délicatesses du corps et se livrait à des gestes que les nuits trop courtes n\u2019avaient pas autorisés.Paris est grand, immense et moi j\u2019attendais que l\u2019on vint me chercher dans le garage à tiroirs-dossiers de chaises en tube d\u2019acier.Mais personne ne vint.J\u2019attendis pendant une éternité de faux travail, censurant mon corps et mon cerveau.Cinquante femmes-termites faisaient du trop plein, et l\u2019homme ne venait que pour vider ce qui rampait sur le carrelage, provenant des toilettes qui transpiraient leur surplus d\u2019activité.Une chaise-tube m\u2019était assignée, recouverte d\u2019un siège à ressort, sur lequel je m\u2019élançais, comme d\u2019un tremplin, pour atteindre la couche d\u2019oxygène que mangeaient les bougies.Il fallait échapper aux gaz montant peu à peu, mémoires des parfums de femmes séchées avant que d\u2019être lavées, des bourrelets de crasse recouverte au compresseur odorant à cent sous.La société pour laquelle nous travaillions était au bord de la faillite, protégeant mal sa réputation derrière des bâtiments datant de la fin du siècle dernier.Nous étions parquées au sous-sol, constituant la réserve de gaz naturel, alimentant les patrons du troisième étage en chauffage et en éclairage.Quand le rendement, au bout de plusieurs mois, devint excellent, ils nous encerclèrent d\u2019électricité, supprimant les bougies, pour éviter toute explosion.Nous produisions de l\u2019ammoniaque, sans force.L\u2019homme avait refusé de revenir aux machineries.\"Tant pis, avait-il dit, pour les rouages.Qu\u2019ils s\u2019encrassent ou se rouillent ! J\u2019ai déjà un poumon atteint et je ne veux pas cracher l\u2019autre.\u201d Nous collions nos bouches au béton, mais celui-ci était armé et repoussait l\u2019air qui voulait s\u2019infiltrer.Nous ne bougions plus, secouées seulement à espaces réguliers, par les rames du métro, dont les ondes s\u2019imprimaient aux tubes d\u2019acier et aux ressorts pourris des chaises-dossiers.70 Un jour, je fus appelée à la direction.Pour sortir du garage, il me fallut passer par une meurtrière étroite.La première bouffée d\u2019air me fit hurler.Mes poumons chiquèrent une matière jaunâtre et fétide, puis quand le va-et-vient oxygène-gaz carbonique eut repris son cours primitif, je m\u2019aperçus que mes yeux aussi avaient été bouffés par les émanations de l\u2019infra-bâtiment.\u2014 Je viens de recevoir une communication téléphonique pour vous.Je ne répondis pas.\u2014 Je vous rappelle que les communications personnelles sont interdites.J\u2019eus un sourire cassé, soutenu par mes muscles ankylosés.Je ne demandai pas qui avait appelé.Je dis simplement : Je m\u2019en fous.Je sortis, me trompant volontairement de porte, après avoir essuyé quelques voies sans issue, et me retrouvai dans la rue.La rue, l\u2019air.Peu importaient le nom et le lieu de la Rue.Je n\u2019y voyais plus rien.10 J\u2019écrivis à A, au moment de l\u2019ultime panique.Une boule de feu qui se cavale dans le front sautant de sourcil à sourcil jusqu\u2019à ce que les yeux soient à fleur de paupière, que les narines palpitent fiévreuses, que la bouche s\u2019entrouve à cette musique.Et le reste du corps est absent.Une présence de temps en temps qui se manifeste par des crampes, des chahuts de bagarre, des asphyxies de souvenirs.Une enfance mort-née, que l\u2019on croit ressusciter par la seule fixation d\u2019une image qui virevolte dans un esprit en transpiration.Une salive charriant les hoquets du désir de marcher la tête en bas, plus près de la terre, enfouie dans une herbe qui sente l\u2019herbe.71 Pourquoi tout ça ?Pourquoi ?Pourquoi pas de \"ICI\u201d, jamais de porte ouverte, de plaisir lisse ?Pourquoi ce manque de foi, cette comédie d\u2019espoir ?Pourquoi cette faim qui n\u2019a jamais faim ?Pourquoi cette fuite compromise par l\u2019erreur même du Ici et du Là ?Pourquoi cette main mise sur un champ de lieux communs ?Pourquoi aimer, aimer ce qui n\u2019est pas, ce qui n\u2019est plus ?Pourquoi perdre pied devant ce qui sera ?Pourquoi cette étoile de honte qui bloque nos cellules ?Pourquoi tant de Pourquoi ?Il y a un passé qui ne doit pas conserver de trace.Il y a une vie de merde, de cafouillages et de RIRE, malgré tout, qu\u2019il faut planter en terrain pas trop meuble.Il faut rompre avec les contrats de toute nature et plonger nu dans le Vide d\u2019une pseudo-aventure qui, peut-être, nous fera prendre corps.Je sais tout ça.Pourquoi, malgré la force, la volonté de reniements, de ratures, cet espoir de rompre un silence de FOLIE ?Pourquoi cette machination de la littérature, cette complaisance des Postes, qui charrient le courrier de morts à inconnus.Pourquoi tant de temps pour comprendre qu\u2019il nous faut lutter avec le silence, avec l\u2019amour ?Pourquoi, surtout, cet auto-da-fé adressé à un interlocuteur indéterminé ?Pourquoi une bouche pleine de mots à cracher pour tenter de faire une brèche dans la nullité ?Je sais que de toutes façons cette lettre te parviendra.Peu importe le réceptionniste.Peu importe qu\u2019elle soit ouverte et lue.On apprend aussi à se passer de réponse.Geneviève CONTE 72 LOUIS-PHILIPPE HÉBERT L\u2019HEURE A cette ligne de papier blanc, au loin tantôt, venant s\u2019éterniser au seuil de la machine qui la perfore, le noir éblouit par les trous, donner comme point de départ : l\u2019heure, celle-là même qui attend sur le cadran au fond des chiffres romains.Choisir, déjà entendre qu\u2019elle nous revient, qu\u2019elle descend l\u2019escalier de fer, ses jupes couvrant le colimaçon, sa peau de pores tendres en contact avec la carapace métallique, les plis bombés \u2014 la peau aussi, nue \u2014 par les boursouflures rugueuses, comme la corne glissant sur le liquide mou qui l\u2019habite, elle-même gélatineuse hérissant deux tentacules, deux \"yeux\u201d, engloutie pour choisir entre les douze parties uniformes, sans savoir si elle, la petite aiguille flasque en conjonction avec la grande, indiquera l\u2019arrêt de toutes choses hors de ce rectangle où s\u2019échelonnent les lettres, chacune poussant sur l\u2019autre jusqu\u2019à la chute.Le cadran d\u2019une horloge antique, balancier immobile, on pourrait voir d\u2019ici les corps blêmes des malades disposés en désordre sur les lits blancs, bien découpés, et le plancher de tuiles noires, les visages ternes surveillant le moment ultime où une garde enrubannée viendra la remettre en marche, et le cadran faire tourner autour du moteur dissimulé les chiffres qui se succèdent, mouvement imperceptible : il faut fermer les paupières un instant pour comprendre qu\u2019il est déjà trop tard.Cacher de la main d\u2019encre les striures qui encombrent cette page.Eliminer d\u2019un seul verbe les secondes qui la polluent au futur et au passé.D\u2019abord le passé, sans doute.Bref, le cadavre \u2014 mort, pour- 73 tant il répète une phrase invraisemblable \u2014 en vivisection, établir une pause de sang (et de coeur qui le chasse et le retient).Telle semble être la hauteur démesurée du balcon où elle, nue, habillée, atterrit sur l\u2019amas du corps : poitrine gyroscopique, pointes rouges vers le Nord, elle étend son livre sur les yeux, et les protège ainsi du soleil qui fond, ses pieds \u2014 peut-on ici parler de ce noeud d\u2019orteils sans rire ?\u2014 érigés sur la rampe, dont seule la couleur de chair morne les distingue du treillis de fer, ses pieds, si elle n\u2019y prend garde, ils se rapprochent de la tête et glissent dans l\u2019infini de la rue.A-t-elle mis ses cheveux qu\u2019elle doit alors mimer un réveil brusque contre le ciment, et les pousuivre dans leur chute.C\u2019est un dortoir dans un hôpital.On la retire du lit; les draps s\u2019accrochent à toutes les parties du corps (douze, chacune marquée d\u2019un signe différent, apparue l\u2019une après l\u2019autre, dans l\u2019ordre, douze); on la libère; les douze membres rêvent à nu.Dès lors, on l\u2019examine : elle vautrée dans le divan d\u2019un chiffre; des animaux familiers, le poil ras comme des fruits, là c\u2019est une pêche avec deux oreilles, ici un ananas qui rebondit, se dandinant d\u2019une patte aux trois autres; au milieu des cris hystériques, elle bue par un liquide rouge, par ses lèvres en fait, malgré les dents qui comblent sa bouche; une jambe flottante qui appelle en vain un ventre; elle captive au jeu de sa bouche, croquant ses dents.Déjà, une foule de marcheurs \u2014 de la chaux s\u2019échappe de leur vêtement : des médecins qui ont les mains libres, entoure les débris de cheveux taches de peaux rapes.Une ambulance la prend au passage; une rougeur balaie les murs de la ruelle, et le balcon une fois; la sirène huhule.Elle veut déterminer rapidement la gravité du cauchemar.Elle veut en connaître la durée exacte : elle regarde sa montre.Elle attend une voix.Elle écoute.Elle attend.Elle dit : Qui parle ?La voix continue, continue.Dans la cui-s*ne ses lèvres voyagent ainsi sur sa joue qu\u2019on la retrouve dans une autre piece de la maison verte \u2014 rien de vraiment déplacé : la nappe toujours sur la table, les chaises droites toujours dessous, un renflement juteux au centre de l\u2019assiette, toujours, \u2014 un renflement juteux, est-ce le doigt qui titille son clitoris ?et aussitôt : ce choc de muscles saillants entortillés dans le sang \u2014 toujours puisque nul personnage extérieur n\u2019est entré, couvert d\u2019un drap blanc, (dans une vieille histoire, der- 74 rière son cou, une parabole mouillée, oui, dans la sueur de la nuque, c\u2019est un fantôme bleuâtre, une mémoire d\u2019un parent happé au coin de la rue par un accident mortel \u2014 tué instantanément, alors, malgré le vertige éblouissant, une dégringolade du haut du plus haut balcon, le douzième peut-être, laisser voir, vertical, un long espace blanc : \u2014 y placer tous les chiffres demeure impossible, n\u2019en choisir qu\u2019un pour fixer l\u2019heure précise du phénomène, de la disparition subite du corps, de l\u2019évaporation de l\u2019âme, de l\u2019arrivée du fantôme, \u2014 apparu sur le coup de midi, non, pas si simple \u2014, le fantôme, le plancher et toutes les lattes de bois craqueraient sous ses pas volatiles; ici, plutôt une ombre lumineuse), nul personnage issu d\u2019un rêve rouge, un livre sous le bras, la main dedans, les caractères tombent en miettes dans la reliure, nul étranger, l\u2019étrange oeil vague, ne s\u2019est assis ou laissé asseoir dans un fauteuil où il se respire \u2014 elle, elle s\u2019attend \u2014 une voix continue \u2014 sa bague s\u2019éteint la première et une page suit, puis les pieds arrachés au tapis, et avant l\u2019invisible, qui, le ventre à travers la chemise de toile sur le ventre nue d\u2019elle en éveil, la pointe des seins cherchant la peau humide, mais s\u2019irritant sur les boutons de plastique froid; elle, nue, habillée-nue, en fait ce devrait être une chaleur de soleil tenue par une voix qui sera celle d\u2019une femme éclatant, en bas, debout sur un balcon inférieur ou : le téléphone grugé par la sonnerie.Elle demeurera ainsi allongée, dans l\u2019air, défiant toute gravité.La lourdeur brûlante du vent l\u2019enfonce dans ses paupières, elle hésite ses pensées.Elle se retire : appuyée sur la paroi interne du crâne, sur un lit grouillant et rouge, l\u2019écart des jambes béant (la lumière pénètre par les narines, la rejoint au centre et l\u2019empoigne dans les cuisses), elle se rappelle son passé de limace à l\u2019intérieur, gluante, de la coque, les rayons de soleil effectuant une spirale jusqu\u2019à elle baignée dans son corps.Elle décroche.Elle décroche mille fois le récepteur.Une oreille s\u2019ouvre, l\u2019autre se ferme.Durant l\u2019attente d\u2019un déclic \u2014 couteau à cran d\u2019arrêt plongé dans le cadavre écarlate \u2014, elle compte ses doigts, ses orteils, ses cheveux; tout-à-l\u2019heure, dehors elle soustrayait au vent tous ses orifices : son sexe, sa bouche, même ses pores \u2014 débordant de salives.Les antennes jaillies, elle peut dire qu\u2019elle écoute maintenant, plus qu\u2019elle n\u2019attend.Sur le cadran de 75 l\u2019appareil téléphonique \u2014 il n\u2019est donc pas dû au hasard \u2014, elle retrouve les chiffres nécessaires à ses opérations, et les lettres correspondantes.Elle écoute.Près du lobe, elle distingue dans le murmure des bureaux, malgré les clavigraphes ou les horloges déchaînées, ici c\u2019est la frénésie des années mil-neuf-cent .et de son ancien travail qui terminait ses doigts de claquements, hirsutes au bout du fil, dans le membre de plastique bleu-pâle, une voix, pas plus que l\u2019odeur d\u2019une voix cependant, une voix ralentie, trop pour qu\u2019elle puisse en relier les syllabes.Elle dit : qui parle ?La voix continue.Elle pense, et cela dure le temps de couvrir de sa main son sein, qu\u2019elle va se meurtrir en un bond, que toutes ses paroles vont refluer en elle, que le livre va la quitter, peut-être même rester accroché au garde-fou.Sa montre se brisera la première.Les os sailliront hors du corps.Alors c\u2019est une page qui se détache, une vieille photographie : au fond, \u2014 et pourtant appuyé sur le ou les observateurs figés, et sur les personnages (il est difficile de les dénombrer) secondaires, en minuscules statues de couleurs et de points infimes qui les composent : on désirerait de cette neige qu\u2019elle se glace dans une forme précise, et familière \u2014 le soleil, à 1 arrière-plan, qui se couche ou se lève dans un même mouvement arrêté; les murs de briques argentées d\u2019une ville centrale jaunis par les deux temps, celui saisi sur le papier, celui qui l\u2019éloigne dans le passé; les balcons tracent l\u2019ombre, qui, elle, dessine un chiffre, sur les échelles de fer noir; puis, au regard qui s attarde sur un balcon, les autres vides, surplombent la et les rues en progression géométrique, une femme nue, étendue sur un chaise pliante, mais vêtue de son double par un effet de mauvaise imprimerie, son double lui-même instable, près de s abattre sur le ciment, retenu par un rond lumineux qui le perce.filigrane.Peau de chair tendre au vent mou.Un livre ouvert sur ses cuisses ruisselantes.Les lettres du livre s emmaillent.Plus loin, l\u2019enseigne-néon d\u2019un hôpital.L\u2019ambulance s\u2019apprête à démarrer.Plus près, dans le portique de 1 appartement, un appareil téléphonique bleuâtre (sous cet éclairage : bleu-ciel), juste avant la cuisine et son activité devinée par la fenêtre.On entend la sonnerie lancinante.Plus bas, les écritures roses d\u2019un accident.Le cadavre saigne.Tout ceci retrouvé dans une photographie floue \u2014 on pourrait aussi bien 76 voir un escargot dans sa verdure, un escargot immobile qui s\u2019avance, un escargot où le temps se retire et s\u2019englue \u2014, maintenant la photographie hors d\u2019usage (une carte postale, l\u2019endos déjà gribouillé, illisible, le timbre oblitéré) glissée dans un livre pour en retenir la page et son numéro.Mais le vent la précipite vers le sol, tandis que nue elle répète : qui parle ?Que la voix continue.Elle pense, et cela dure le temps de couvrir de la main son sein, à dire simplement, le sein enflammé, à prononcer : non, monsieur ou mademoiselle ,nous n\u2019avons pas besoin de vos services hospitaliers, pas à cette heure précise, ce que nous exigeons c\u2019est.Mais entendra-t-on de l\u2019autre côté ?Et quel mot vivant, végétal au moins, réclamer avec insistance ?De l\u2019autre côté, elle, secrétaire dans un important bureau de New York, avant de copier à la dactylo un texte insignifiant mais expliquant en termes voilés son renvoi pour impudeur, elle s\u2019informe auprès de la personne à qui elle doit l\u2019adresser, de son nom exact.L\u2019autre ne répond pas, ne semble pas l\u2019entendre.Alors elle bascule à l\u2019autre bout du fil.Dans le vide.Et si, en heurtant le sol, son sexe la retournait, cette fois complètement nue, sans doute, à vif ?Elle étire ses paupières.La vapeur de son double l\u2019envahit.L\u2019alourdit.Avec ses dents, elle affile un crayon, le plonge dans la salive, et barbouille le blanc rectangle des yeux.Elle aveugle le reflet qui la poursuit.Elle ouvre, du même geste, sur le balcon, au-dessus de la ville, une chaise pliante; les lumières de caoutchouc attachées au fer la reçoivent, elle se demande quelle parcelle qui la soutient maintenant, a été touchée la première.Elle hésite.Elle oublie le livre qui voltige.Tout-à-l\u2019heu.re, ses ongles, suivant le regard sur les caractères, la harcelaient, et le vernis pourpre la précédait par dix lueurs successives devant le miroir, avant de bousculer le vide.N\u2019était-ce pas un bel après-midi d\u2019été ?Les mouches vibraient dans la cervelle.La rue chauffait son odeur.Dans la cuisine, et les plantes tropicales, feuilles énormes et poussiéreuses, les lits blanchis, pots de terre humide çà et là, suspendu au mur : un \"Big Ben\u201d (il s\u2019agit d\u2019une autre ville que la précédente, les balcons intérieurs, le même brouillard cependant) peint sur velours noir, collé derrière un papier-tenture, motifs : hiéroglyphes, sur le carrelage de tuiles blanches et noires, l\u2019échiquier, puis brusquement une jeune fille, au pubis humecté, don- 77 nera des phrases à un magnétophone qui les compte et les en-ligne; en attente de la solution (le chiffre total) elle fera les cent pas.Elle pourra entendre ses chaussures craquer, et l\u2019appareil aussi, mais elle n\u2019en tient pas compte.Sauf qu\u2019un moment ce bruit excède celui, familier, de l\u2019horloge.Interruption du tic-tac.Quand, après une attention soutenue, elle percevra enfin un gong, il est trop tard pour déterminer s\u2019il marquait l\u2019heure, la commençait ou l\u2019achevait.La jeune fille, elle, s\u2019approche et s\u2019éloigne de la miniature pour saisir l\u2019instant où le peintre avait mis la dernière touche à son ouvrage de précision en ajoutant d\u2019un coup de pinceau furtif les aiguilles.Elle lui cria quelques mots.Mais elle, perdue dans son temps, se rappelle qu\u2019à minuit les dents du vampire s\u2019aiguisent et qu\u2019elles rôdent à la recherche d\u2019une victime (les vêtements en lambeaux offrant douze parties moites du corps) au sang frais; que la nuit pouvait déjà être bien avancée, qu\u2019elle dormait seule au froid qu\u2019à son réveil, les bras et les jambes vides, la tête ne répondrait plus aux lèvres, qu\u2019elle était condamnée à geler sur place.Elle, nue, vêtue de sa barque à la dérive sur un lac de papier noir où la lune s\u2019émiette en cubes, ou peut-être déjà sous un lac, des mots pleins les poumons .Qui parle ?Aucune réponse, seule une voix étirée à l\u2019infini de la rue, partant du tympan, roulant dans l\u2019oreille et striant le fil jusqu\u2019à un autre édifice, une autre chambre, un corps dans une conque cliquetante où la voix se mêle au sang.En équilibre près de la lèvre, les dentelures au soleil, le sein rong, rouge, dodu, elle-même sur une chaise, immobile, et sur ses yeux le livre, elle, nue, du feu dans toutes les pores.Et une voix dans le récepteur téléphonique, qui continue à répéter inlassable et lente : quelle heure est-il ?Louis-Philippe HEBERT 78 CHRONOLOGIE de la vie de Gaëtane de Montreuil 1867 \u2014 Le 22 janvier, Alarie-Geor glana Bélanger naît à Québec.Elle est la fille cadette de Joseph-Ambroise Bélanger et de Bérénice Montreuil.Les autres enfants de la famille sont : Edwidge, Ambroise, Zéphirin et Victoria.Plus tard, elle écrira sous le nom de sa mère.Ceci explique son pseudonyme Gaëtane de Montreuil, mais aucunement sa \"noblesse\u201d car, elle appartenait par ses ancêtres maternels à une vieille famille terrienne, Sédilot (dit Aiontreuil) venue de Alontreuil (Picardie) au Canada vers le milieu du XVIIième siècle.1877 \u2014 Mort de son père.1885 \u2014 Elle obtient son diplôme d\u2019Ecole Normale à 18 ans.1889 \u2014 Sa mère meurt et lui laisse un petit héritage.C\u2019est ainsi qu\u2019elle pourra jusqu\u2019en 1898 tenir un salon littéraire et faire plusieurs voyages au Nouveau-Brunswick et aux Etats-Unis.A cette époque la famille Bélanger s\u2019était acquise une fortune impressionnante et, de plus, s\u2019était solidement établie dans les divers milieux politiques.Le salon de Gaëtane fut donc recherché.1895 \u2014 Gaëtane livre ses premiers articles à la revue Le Coin à\tdu feu que dirige Madame Dandurand et au Monde il- 1899\tlustré.Par le biais de ces périodiques, elle se fait con- ncntre de la direction de La Presse qui est à la recherche d\u2019une personne en mesure de diriger la page féminine et littéraire.1898 \u2014 Du 23 juin au 25 août, elle est correspodante à La Presse et titre sa colonne : Comme au coin du feu.Elle négocie de nouvelles ententes, déménage à Montréal et fonde la page Pour vous Mesdames le 5 novembre 1898.79 1897 \u2014 Dès le 7 janvier, elle ajoute à sa chronique un courrier du coeur.1901\t\u2014A la suite de nombreuses critiques au sujet de ses con- cours littéraires et d\u2019une mésentente sérieuse avec la direction de La Presse, Gaëtane quitte le journal pour aller s\u2019établir à New York (du 19 janvier au 1er juin 1901).Le premier juin, elle reprend la direction de sa page féminine à La Presse.Désormais, elle titrera Entre nous Mesdames.1902\t\u2014 Le 12 mai, elle épouse le peintre-poète Charles GUI (1871-1918), alors professeur à l\u2019Ecole normale Jacques-Cartier.1903\t\u2014 Elle quitte La Presse le 28 mars pour donner naissance à un premier enfant qui meurt quelques jours plus tard.1904\t\u2014 Le 7 décembre, elle donne naissance à un second enfant, Roger-Charles (décédé en octobre 1969).A cette époque son époux élabore ses premiers projets littéraires d\u2019envergure : Le Saint-Laurent, en particulier.1905\t\u2014 Elle collabore au Journal de Françoise et commence la à rédaction de son roman : Fleur des ondes.1907 1908\t\u2014 A l\u2019automne, Charles GUI s\u2019éprend de Juliette Boyer.U fait avec elle un voyage.C\u2019est de cette époque que les premières difficultés sérieuses naissent entre lui et Gaëtane.1912\t\u2014 Au printemps, Gaëtane publie à compte d\u2019auteur à la Cie d\u2019imprimerie commerciale de Québec, son roman Fleur des ondes.La même année, elle subit une intervention chirurgicale majeure à la suite de laquelle son mari l\u2019abandonne.1913\t\u2014 Elle fonde, en octobre, la revue Pour vous Mesdames.1914\t\u2014 Elle vend les droits de sa revue et quitte Montréal avec son fils pour aller vivre en Californie où elle enseigne le français et collabore, semble-t-il, au quotidien de San Bernardino.1916\t\u2014 Elle est de retour à Montréal, et l\u2019on publie de ses poèmes dans le Bien-Public de Trois-Rivières.1917\t\u2014 Elle fait brièvement partie de la rédaction du Pays- Laurentien, puis dès le premier décembre de la même année, elle passe à la rédaction du Passe-Temps, revue 80 musicale et littéraire.Elle demeurera à cette revue jusqu?au 13 décembre 1919.Elle signe sous le nom de Clémentia.Entre temps, son mari meurt de l\u2019influenza et, à l\u2019occasion de ce décès, elle reprend la rédaction de son journal intime qu\u2019il lui avait fait détruire.1921 \u2014Elle collabore brièvement au journal de Gonzalve De-saulniers, Le Pays.1924 \u2014 A la suite de la réédition de Fleur des ondes, elle fait intenter des poursuites aux Presses de l\u2019Action sociale Etée, qui ont tiré et vendu à leur propre compte des exemplaires du dit roman.La meme année, elle publie à compte d\u2019auteur un recueil de contes et nouvelles intitulé Coeur de Rose et Fleur de Sang.1923 \u2014 Après maintes démarches et pressions politiques, la direction de La Presse, journal libéral on le sait, la reprend à son service le 30 mars.Oswald Mayrand la congédiera un an plus tard.1926 \u2014 Elle fait désormais partie de la rédaction de la revue Mon Magazine (d\u2019allégeance conservatrice).Elle dirigera cette dernière jusqu\u2019à sa disparition en 1932.La maison Beauchemin lui achète deux recueils de contes et nouvelles : La Vengeance d\u2019une morte et Noël vécu, recueils qui sont extraits de Coeur de Rose et Fleur de Sang.Beauchemin publiera également un autre recueil de pièces intitulées Causeries.Il s\u2019agit en effet d\u2019un certain nombre d\u2019articles déjà publiés dans Le Passe-Temps sous la signature de Clémentia.Elle publie aussi son premier recueil de poèmes, Les Rêves morts, en 1926, mais cette édition fut ultérieurement détruite (moins deux exemplaires).Le recueil sera réédité en 1928.1930 \u2014 Son fils, ayant touché une partie de la fortune des grands parents, Gill-Sénécal, elle fait un voyage en Floride.Grâce à cet héritage, elle est un moment tirée de la misère extrême dans laquelle elle croupissait depuis plusieurs années.A cette époque, elle fonde la société : Union des gens de chez-nous, organisme qui devait s\u2019occuper de la colonisation du nord québécois.Accusant le régime Taschereau d\u2019être à l\u2019origine de la faillite de sa société, Ga'ètane lui livre une lutte acharnée en appuyant le mouvement de Madame Cas grain.Elle milite désormais dans les rangs du parti conservateur.81 1937\u2014 Elle collabore un moment au journal de jean-Charles Harvey : Le Jour.1939 \u2014 Elle termine la rédaction de son roman: Children of Destiny.Toutefois, ce roman, partiellement autobiographique, est refusé par la maison McMillan.Elle le traduit et tente de le faire imprimer chez Thêrien et fils.1946 \u2014 Enfin, le 20 mai son roman traduit en français paraît aux presses du Devoir.Elle refuse de payer les frais d\u2019impression car, dit-elle, il y a trop de coquilles.Le Devoir la trcâne devant les tribunaux et elle est condamnée, mais comme elle est pauvre, les procédures ne sont pas poussées plus loin.1931 \u2014Le 26 juin, on la trouve sans vie dans son appartement de la rue Henri-Julien.Elle était morte depuis déjà plusieurs jours.Malgré une vie active et une influence remarquable sur son milieu, peu de journaux de langue française firent état de sa mort.Seuls, quelques périodiques de langue anglaise, par ironie du sort, tentèrent de la tirer de l\u2019oubli où elle était tombée.(1) La présente chronologie, tout comme les diverses indications et le texte inédit qui suivent, sont extraits des Oeuvres complètes de Gaëtane de Montreuil que M.Réginal Hamel a colligés d\u2019après les manuscrits.Ces textes furent annotés, classés et réunis en six volumes dactylographiés (1961-69).L\u2019inédit que nous présentons ici est extrait du Volume IV (page 651 à 661) de cette édition.82 Ê% ?mÆm riADEdOlbLLLt BELANGE.R 6» GaïTANC OtHoNT^ttlIU W 4 ¦¦ ' \\ ¦ Gaétane de Montreuil ¦ ' ZïL atom IHHi Il est un aspect de la littérature que l\u2019on nomme \"littérature féminine\u201d et que l\u2019on associe généralement à \"la presse du coeur\u201d afin de la mieux reléguer aux oubliettes.Et si quelques galants, tels Me Georges Bellerive (dans Brèves apologies de nos auteurs féminins, Ed.Garneau, Québec, 1920, 137 pages) ou Camille Roy (dans son Manuel d\u2019histoire de la littérature canadienne de langue française) renouvellent quelquefois le souvenir de ces dames par de gracieuses déclarations, personne ne s\u2019entend pour reconnaître ouvertement l\u2019importance sociologique ou même l\u2019influence réelle de cette \"presse féminine\u201d sur la vie quotidienne du milieu québécois.Cette \"littérature\u201d, c\u2019est pourtant à travers elle que se trace le cheminement des premières gestations du féminisme québécois comme d\u2019une certaine forme de journalisme.Gaëtane de Montreuil fut l\u2019une des premières québécoises avec madame Dandurand à s\u2019adonner au journalisme, et il serait faux de prétendre, comme on l\u2019a déjà fait, que depuis Arthur Buies, il n\u2019y a pas eu dans l\u2019histoire de nos lettres d\u2019écrivain qui se soit consacré à la chronique car, entre 1896 et 1932, Gaëtane de Montreuil, sous divers pseudonymes, publia plus de cinq cents articles que nous ne saurions honnêtement classer en dehors de ce genre littéraire.Cette québécoise pour le moins excentrique fut la première à tenir ici ce qu\u2019il est désormais convenu d\u2019appeler \"un courrier du coeur\u201d où elle tentait de répondre tant bien que mal aux diverses questions se rapportant au sexe faible.Elle est donc, lorsqu\u2019on la situe dans le contexte chronologique de nos lettres, à l\u2019origine d\u2019une véritable tradition qui se perpétuera jusqu\u2019à nos jours sous la plume de Colette, de Jovette, de Jeanette et de Madame X.Devant à la fois tenir en haleine son public lecteur et satisfaire aux exigences économiques des divers journaux qui l\u2019employèrent, elle dut lutter journellement pour se tailler une place dans le milieu journalistique de l\u2019époque.Aussi, la voit-on, dans sa correspondance et ses diverses chroniques, nier peu à peu sa féminité et tâcher de se faire accepter de ses confrères, comme de la bourgeoisie montréalaise.S\u2019il y a la flamme d\u2019une féministe chez cette excentrique, il y a aussi la volonté sou- 85 terraine de cacher, sous le pompeux titre de de Montreuil, les antécédents d\u2019une Georgiana Bélanger qui, sortant du bas de la ville de Québec, parvint en s\u2019affublant d\u2019\"ancêtres nobles\u201d à prendre au piège la haute société, à tenir pendant plus de dix ans un salon littéraire pour beaux esprits et filles bien dotées tout en parvenant à s\u2019immiscer au sein des strates sociales les plus diverses, allant de celles fréquentées par le président du Canadien Pacifique et les Ladies de la Société Aberdeen, à celle hantée par la bohème de l\u2019Ecole littéraire de Montréal.Derrière cette mondaine brillante et cette journaliste de carrière, il y a une femme de lettres dont l\u2019habileté fut aussi remarquable que celle de Jovette Bernier, mais dont la vie fut aussi difficile qu\u2019amère.Il suffit au lecteur de consulter la brève chronologie de Gaëtane de Montreuil pour deviner que la souffrance et la solitude devaient fortement teinter son oeuvre littéraire.Entre 1898 et 1946, elle créa plus de 250 personnages; écrivit plus de 50 contes et nouvelles qu\u2019elle publia ici et là, soit en recueils, soit dans divers périodiques; ébaucha une oeuvre poétique d\u2019une style laborieux et dont la presque totalité demeure inédite; écrivit trois romans, dont l\u2019un, Fleur des ondes, de nature historique, fut adapté et porté à la scène, et dont les deux autres, rédigés dans la plus belle tradition mélodramatique du roman populaire canadien, font de Gaëtane un écrivain qui, certes, si l\u2019on ajoute encore à cela ses divers écrits journalistiques, son journal intime et sa correspondance, fut productive, mais dont l\u2019oeuvre, tout compte fait, et malgré bon nombre d\u2019exceptions, est quelque peu décevante.Mais, s\u2019il en va ainsi de cette oeuvre que notre jugement entérine, il n\u2019en demeure pas moins que dans le contexte de notre histoire littéraire, elle y est remarquable par plus d\u2019un point.Et sans vouloir faire une analyse psychanalytique, ni tomber dans le psychologisme littéraire, il est néanmoins intéressant d\u2019observer que, dans son oeuvre, les traits qu\u2019elle donne à ses personnages sont autant de variantes de son monde intérieur qu\u2019ils peuvent être de variantes de l\u2019interprétation qu\u2019elle fit, par exemple, de notre histoire, ou encore du milieu social où elle vécut.Ces interprétations, bien que basées sur de vives 86 observations de son entourage, n\u2019en sont pas moins, malgré la sensibilité qui les filtre, des indices révélateurs, pour la sociologie proprement dite comme pour la sociologie littéraire, d\u2019un milieu et, croyons-nous, d\u2019une certaine manière de voir intimement liée à la vie comme au caractère de Gaëtane de Montreuil.A travers toute son oeuvre romanesque, et sous les traits de ses personnages comme de ses descriptions, \"nous sommes toujours en présence d\u2019une facette de l\u2019âme de Gaëtane se complaisant d\u2019une façon morbide dans la souffrance et la mort; elle ne sait imaginer un héros ou une héroïne vraiment heureuse.Ses personnages sont d\u2019autant plus malheureux qu\u2019ils sont modelés sur la société québécoise; d\u2019autant plus heureux qu\u2019ils appartiennent à un ailleurs géographique et chronologique\u201d.Cette remarque de M.Réginald Hamel, si elle tend à faire de cette oeuvre romanesque, le reflet d\u2019un milieu comme celui d\u2019un auteur, réintègre néanmoins cette oeuvre à l\u2019intérieur d\u2019une certaine tradition littéraire qui, pour avoir des racines très anciennes, est encore vivace.C\u2019est, sans contredit, dans cette tradition souterraine que s\u2019inscrit l\u2019oeuvre de Gaëtane de Montreuil.De ses romans, il y en a un, Le Fichu rose qui est demeuré inédit et qui, pourtant, méritait plus que les autres d\u2019être publié.Mais il y a aussi Fleur des Ondes, dont nous avons déjà parlé, et Destinée.D\u2019abord écrit en anglais vers 1930 sous le titre Children of Destiny ou Dan Roivney, ce roman, dont nous n\u2019avons pu retrouver que quelques extraits, fut traduit et publié aux Presses populaires du Devoir en 1946, mais les divers manuscrits que nous en avons retrouvés portent des titres différents, tels Enfants de la misère ou Fleur et malheur, et présentent également des variantes importantes.C\u2019est une version de ce roman, réduite à une nouvelle, que nous reproduisons ici sous le titre de Dan Rowney.Cette nouvelle, on le verra à sa lecture, si elle représente surtout un intérêt historique, n\u2019en est pas moins, par son héros, la version masculinisée d\u2019une certaine Aurore, dont le misérable miracle apparaît encore comme la consécration d\u2019une certaine littérature de seconde zone comme d\u2019un certain sourire.M.St-P. DAN ROWNEY (NOUVELLE) Daniel Rowney était l\u2019un de ces petits malheureux sans famille, qui passe du berceau sans mère au dortoir de l\u2019orphelinat.A douze ans, il avait été amené de Londres à Montréal, avec un contingent d\u2019autres abandonnés comme lui, que des associations, dites charitables, enlèvent à leur pays pour les déverser dans le nôtre.Et selon la coutume de ses protecteurs, on l\u2019avait immédiatement confié, après son arrivée, à un fermier peu éloigné de la ville, qui avait besoin d\u2019un aide.Comme le marché était avantageux pour le paysan, il l\u2019accepta avec empressement, parce que son avarice y trouvait son compte et que son humeur détestable lui rendait le choix des employés difficile : celui qu\u2019on lui offrait était trop jeune pour se révolter contre les abus, semblait-il, et ses services ne coûteraient que le gîte et le couvert.Le campagnard, Eloi Brillon, était un Belge, avare, veuf et vivait avec sa soeur célibataire, qui dirigeait la maison avec une rigoureuse économie et une intransigeante propreté, et Daniel dont la vieille fille abrégea immédiatement le nom en Dan : on économisait même sur les mots à ce foyer rustique \u2014 Dan dut cumuler l\u2019emploi de bonne à tout faire, de garçon d\u2019écurie ou de ferme.Les tâches s\u2019ajoutaient aux tâches.Mlle Célanire, longue sèche, les cheveux tirés aux tempes et ramassés derrière la tête en un chignon serré, les yeux sévères derrière ses lunettes formidables, manquait d\u2019attirance et donnait immédiatement l\u2019impression de son caractère hargneux et autoritaire.Elle aimait à commander, et les ordres s\u2019entassaient les uns sur les autres, pêle-mêle, avec une telle vélocité que l\u2019exécution en de- 88 venait difficile à une personne expérimentée.Et le malheureux enfant qu\u2019on lui amenait n\u2019avait nulle connaissance des devoirs nombreux qui lui étaient subitement imposés.Naturellement, Célanire n\u2019avait pas la patience des longues explications; de sorte que, dès le début, les reproches succédèrent aux commandements et les réprimandes aux simples indications.Et parce que la grincheuse n\u2019avait jamais la satisfaction de remporter la victoire du dernier mot, dans ses nombreux et bruyants conflits avec son frère, elle se dédommageait de ses défaites en faisant retomber sur le jeune serviteur tout le poids de sa rancoeur et de sa mauvaise humeur.L\u2019endurance et la soumission du petit c\u2019était son triomphe.Comme il n\u2019osait jamais se défendre contre ses injustices et ses récriminations, sans cause le plus souvent, Célanire se persuadait de plus en plus qu\u2019elle avait toujours raison, et la vie devenait de plus en plus intolérable pour son souffre-douleur, qui mal nourri et à peine vêtu était en plus systématiquement tenu à l\u2019écart des enfants de son âge par ses maîtres prudents dont il faisait si bien l\u2019affaire à bon marché.Ils craignaient que par quelques confidences à des camarades, il pût éveiller la sympathie d\u2019une personne charitable qui aurait l\u2019idée de faire à ce pauvre un sort moins misérable.Mais ce que n\u2019avaient pu faire les compagnons dont on l\u2019avait tenu éloigné, l\u2019isolement et l\u2019ennui l\u2019accomplirent plus sûrement que n\u2019aurait pu le faire le plus hardi des jeunes conseillers.Dan résolut de fuir ce toit inhospitalier, où nul ne l\u2019avait aimé et dont il ne conserverait que de mauvais souvenirs.Un beau soir de mai, profitant de l\u2019absence de ses maîtres, il partit n\u2019emportant rien des pauvres haillons qui composaient sa garde-robe et sans un sou dans ses poches; sa prévoyance s\u2019étant arrêtée à un quignon de pain qu\u2019il avait gardé de son repas du midi.Et ce fut ainsi sommairement muni pour le voyage que notre jeune aventurier s\u2019engagea sur la route qui devait le conduire vers l\u2019inconnu.Il allait sans crainte et sans regret : le passé ne lui ayant rien donné que des épreuves, il se disait que l\u2019avenir ne pouvait pas être plus cruel : au moins, il serait libre.Et de se sentir ainsi seul, de ne plus entendre la voix acariâtre de Mlle Célanire ou celle plus redoutable encore de son frère, le 89 maître cruel qui soulignait souvent ses recommandations d\u2019un coup de la main ou du pied, le gamin ressentait une exultation qu\u2019il n\u2019avait jamais connue; il se mit à courir en fredonnant un air de son pays, qui lui revint soudainement à la mémoire, comme un jet lumineux qui traversait sa nuit.Quand il se sentit las et qu\u2019il se crut assez éloigné de la maison de ses ava-ricieux employeurs, il s\u2019assit sous un arbre et s\u2019endormit.Vers le matin, il fut réveillé par la voix d\u2019un homme qui chantonnait une complainte monotone, en se laissant bercer au pas lent de son cheval attelé à une charette, où il n\u2019y avait qu\u2019une botte de foin.Le conducteur tenait nonchalamment les guides; assis à l\u2019avant, les pieds ballants, il semblait peu pressé dans sa sortie matinale : son regard plongeait au loin, il avait l\u2019air de mesurer la campagne, de la caresser presque.Evidemment il aimait la terre et la terre le lui rendait, sans doute, en richesses et en contentement.En passant, le campagnard jeta un regard indifférent sur le jeune voyageur, comme s\u2019il eût été partie du paysage; mais l\u2019apparence de bonhommie qui rayonnait sur le visage de cet homme inspira une subite confiance à Dan, qui, sans préambule, s\u2019approcha et demanda : \"Voulez-vous m\u2019emmener, j\u2019ai long de chemin à faire et je suis fatigué.\u201d \"Viens, monte en arrière.Tu peux te coucher sur le foin, à condition de n\u2019y pas faire de mauvais rêve, car ma jument est délicate sur son fourage.\u201d \"Cela l\u2019empêcherait-il de le manger, si je dormais sur son foin, elle est donc bien scrupuleuse, votre bête.\u201d Le paysan se mit à rire : \"On ne peut jamais dire avec une esquimaude comme ça, mais elle aime son foin sec.A part ça, une demi-heure de bonne humeur, l\u2019instant d\u2019après se tordant dans le harnais, une ruade ici, une ruade là, comme si elle avait le diable au corps.C\u2019est une femelle, c\u2019est tout dire.\u201d Et l\u2019homme se mit à songer, comme si cette implication du sexe eût expliqué pour lui des tragédies plus grandes que les frasques de Jabote.Le petit garçon répliqua, sympathique aux ennuis de son compagnon : \"C\u2019est pas commode une jument comme ça; elle peut vous causer des avaries.\u201d 90 \u2014\t\"Ah ! des avaries, mon garçon, il n\u2019y a qu\u2019à s\u2019accoutumer à les endurer; on trouve toujours du dédommagement quelque part.Même Jabote me fait plaisir des fois; tu vois, sur la charrette elle est bonne fille, sage comme un petit agneau; mais faut pas lui montrer une voiture de promenade.Ça la met en démon.Ça prouve qu\u2019elle a de l\u2019esprit : elle se dit que la charette ça va seulement du champ à la grange, mais le buggy ça peut vous mener au diable vert.Tu vois qu\u2019elle a bien ses qualités; et puis faut pas en dire du mal parce que je veux la vendre, et tu ne sais pas ça, toi, mais une jument à vendre c\u2019est comme une fille à marier : il faut parler rien que de ses qualités.Si ça se trouve qu\u2019elle ait des défauts après que le marché est conclu, c\u2019est bien dommage pour celui qui se fait attraper; mais on a bien trop d\u2019occasions de s\u2019apitoyer sur soi-même pour prodiguer sa pitié à celui-ci, celui-là.Mais tu peux dormir en paix garçon, si ma folle prend l\u2019épouvante, elle peut compter qu\u2019elle m\u2019emportera avec elle; j\u2019suis pas lâcheur dans des occasions comme ça.J\u2019t\u2019éveillerai quand on sera rendu où je vas, parce que j\u2019ai pas l\u2019intention de t\u2019adopter; j\u2019ai pas de filles à marier dans l\u2019avenir, et des garçons j\u2019en ai en veux-tu en via.\u201d Mais Daniel n\u2019écoutait plus.Etendu sur le foin, il s\u2019était rendormi.Le paysan alluma sa pipe et l\u2019équipage continua à sa lente allure.Une demi-heure plus tard, l\u2019arrêt de la voiture éveilla notre jeune ami qui remercia le brave homme avec effusion et continua sa route à pied, bien décidé, cette fois, à trouver un autre emploi que celui de garçon de ferme; sa triste expérience lui avait fait prendre la vie des champs en horreur; dans son imagination, il donnait une exacte ressemblance à tous les fermiers, qu\u2019il croyait voir pareils à celui qu\u2019il venait de quitter.A l\u2019entrée d\u2019un village dont il ne savait pas même le nom, il aperçut un homme à figure rubiconde et bon enfant debout devant la porte de sa maison.\u2014\t\"Je cherche de l\u2019ouvrage, pouvez-vous m\u2019employer\u201d demanda l\u2019enfant, enhardi par l\u2019air avenant du personnage.91 \"Tu arrives à propos, j\u2019ai justement besoin d\u2019un garçon honnête et pas ivrogne.Tu me parais assez jeune pour ne pas avoir appris tous les vices encore.\u201d \u2014 \"Je suis honnête, je vous le jure et je n\u2019ai jamais goûté à l\u2019alcool.\u201d \"Je te crois, mais ce qu\u2019il faudra surtout, ça sera de ne pas commencer.\u201d \"C\u2019est le premier verre qui coûte; après ça s\u2019avale si vite qu\u2019on est saoul avant de s\u2019apercevoir qu\u2019on a bu.\u201d \"Ici, continua l\u2019homme, c\u2019est surtout de la patience qu\u2019il faut\u201d.\"Je n\u2019en manque pas, monsieur, j\u2019ai eu bien des occasions de m\u2019y exercer depuis que je suis dans le monde.\u201d \"Tu semblés avancé pour ton âge, ça sera utile.\u201d Se tournant vers le côté de la maison et regardant au fond de la cour, où une femme était occupée à arroser des fleurs, il cria : \"Mélanie, vlà le nouveau domestique, et si tu viens me bavasser que celui-là pu le whisky ça demandera des explications.\u201d \"Va, dit-il à l\u2019enfant, elle a le verbe haut mais elle ne tape pas.Pas vrai, Mélanie ?\u201d La ménagère ne répondit que par un haussement d\u2019épaules et donna immédiatement des ordres au nouveau venu.Le patron débonnaire de l\u2019orphelin était tout simplement le cabaretier de la place.Une nouvelle vie commençait ce jour-là pour le jeune émigré.Vie d\u2019activité et de labeur encore; mais on ne le battait plus, il était nourri convenablement et vêtu décemment.Là s\u2019arrêtait les soins et l\u2019attention de ses patrons.Quand la besogne était accomplie au goût de dame Mélanie, le petit serviteur était libre d\u2019employer ses loisirs comme il l\u2019entendait.Parce qu\u2019il travaillait comme un homme, on le traitait comme tel; nulle direction morale n\u2019intervenait dans ses incartades de gamin; et de se sentir subitement la bride sur le cou, Dan prenait quelquefois des allures d\u2019indépendance qui allaient jusqu\u2019à l\u2019effronterie.Si quelqu\u2019un s\u2019avisait de rapporter au cabaretier, les frasques sans importance mais à tendances néfastes du \"ptit Anglais\u201d, l\u2019homme sans malice aveuli par l\u2019alcool, se contentait 92 de répondre, en croyant avoir beaucoup d\u2019esprit : \"C\u2019est mon garçon, mais c\u2019est pas mon fils.\u201d Le genre d\u2019existence qu\u2019il avait mené depuis son arrivée en Canada, avait vieilli notre héros au-delà de son âge, et quand sa tâche était remplie, à la fin de la journée, au lieu d\u2019aller se mêler aux jeux des jeunes, il venait généralement s\u2019asseoir dans le bar et écoutait sans que personne n\u2019y vit rien à redire, les propos des clients, qui naturellement, n\u2019étaient pas de la meilleure classe.Et c\u2019est dans ce milieu peu propice à l\u2019éducation de l\u2019enfance que le pauvret atteignit sa seizième année.A cet âge il était devenu robuste, assez intelligent, quoique sans nulle culture et apparemment sans vice.Mais asservi à l\u2019obéissance servile dès son entrée dans la vie, son énergie étouffée par la crainte, n\u2019avait pu se développer normalement; il avait parfois des poussées d\u2019audace inconsidérée, depuis qu\u2019il redoutait moins les coups, mais ses résolutions étaient sans persistance.C\u2019était une âme fruste, que personne n\u2019avait jamais essayé de comprendre, et dont les ambitions sans but déterminé, allaient à l\u2019aventure, comme une feuille poussée par le vent, une épave à la merci de qui la daignerait recueillir.Un dimanche matin, il était à la porte de l\u2019église regardant les gens qui sortaient en se hâtant vers leurs voitures car il commençait à pleuvoir, lorsqu\u2019il vit apparaître sur le seuil Mlle Cédulie Lavertu, vieille demoiselle accompagnée de sa jeune nièce Célestine.En voyant tomber la pluie, la vieille demoiselle s\u2019apprêtait à retrousser le bas de ses jupes pour se rendre à l\u2019endroit où était attaché son cheval.Le jeune Anglais \u2014 c\u2019est ainsi que tout le monde l\u2019appelait dans la paroisse \u2014 se hâta de se diriger vers ces dames et leur dit : \"Attendez ici, je vais aller chercher votre voiture.\u201d \u2014 \"Vous êtes bien gentil, répondit Mlle Lavertu, je suis chaussée légèrement, ma nièce aussi; qui aurait pu prévoir cet orage avec le beau soleil qui brillait quand nous sommes parties.\u201d Quelques minutes plus tard, le jeune homme remettait les guides aux mains de Célestine, qui les prit en rougissant et sourit au petit étranger, en lui disant merci. \"Il est poli ce jeune Anglais\u201d, commenta Mlle Lavertu quand la voiture se fut remise en marche.\"Quel dommage qu\u2019il soit en un si mauvais milieu.Une auberge est une triste école pour un garçon de cet âge.\u201d \u2014\t\"Il n\u2019a pas l\u2019air méchant,\u201d répondit la nièce, \"avez-vous remarqué comme il a des yeux doux.\u201d La tante sans plus s\u2019intéresser à la remarque de sa nièce changea de sujet.Quelques semaines plus tard, Mlle Lavertu revenant du village, laissa sans s\u2019en apercevoir tomber sa bourse qui alla choir sur l\u2019herbe à côté du trottoir.Rentrée chez elle, la soigneuse femme était occupée à brosser sa mante et son manteau, lorsqu\u2019elle constata la disparition de sa fortune.Tandis qu\u2019elle se livrait à des recherches élaborées autour de sa chambre, quelqu\u2019un frappa à la porte.Ce fut Célestine qui ouvrit.En apercevant le jeune homme elle fut tellement surprise que ne sachant que dire elle se tourna vers l\u2019intérieur de la maison et cria : \"Ma tante, c\u2019est le jeune Anglais,\u201d avant que celui-ci eut le temps de s\u2019expliquer.Mlle Cédulie mit la tête hors de sa chambre et demanda d\u2019un ton impatient: \"Qu\u2019est-ce qu\u2019il veut le jeune Anglais.\u201d Pour couper court aux explications, celui-ci montra la bourse au bout de ses doigts et dit: \"J\u2019ai trouvé ça au bord de la route et comme il y a une enveloppe adressée à votre nom à l\u2019intérieur, j\u2019ai pensé que c\u2019était à vous et je vous l\u2019apporte.\u201d \u2014\t\"Ah ! Seigneur, oui c\u2019est à moi; je viens seulement de m\u2019en apercevoir et je me demandais où je pouvais bien l\u2019avoir perdu.\u201d La demoiselle était si contente d\u2019avoir retrouvé sa bourse qu\u2019elle invita le jeune homme à entrer prendre un verre de bière d\u2019épinette qu\u2019elle avait fabriquée elle-même.Après cela, quand les deux femmes rencontraient le jeune homme elles le saluaient aimablement; même lorsque Célestine était seule sur la route, parfois le brave garçon marchait auprès d\u2019elle en l\u2019écoutant lui raconter ses ambitions d\u2019avenir.Car Célestine avait des ambitions, elle voulait s\u2019en aller en ville 94 afin de suivre des leçons spéciales et prendre un emploi dans un bureau d\u2019affaires.Daniel écoutait songeur.(Ce qui suit correspond à une variante) (sic).persistante, c\u2019était une âme fruste, que personne n\u2019avait jamais cherché à comprendre, et dont les ambitions, sans but déterminé, allaient à l\u2019aventure, comme une feuille poussée par le vent; une épave à la merci de qui la daignerait recueillir.Un jour qu\u2019il était dans l\u2019auberge à faire le nettoyage, un client généreux lui dit : \"Viens prendre un coup, Dan, c\u2019est moi qui paie.Tu es un homme, maintenant; à ton âge je faisais déjà chantier et je gagnais gros d\u2019argent.\u201d L\u2019adolescent regarda son patron, comme pour lui demander son avis.Celui-ci, sans répondre, versa un verre de cognac et le plaça devant lui.Daniel l\u2019avala d\u2019un trait, ainsi qu\u2019il le voyait faire à celui qui l\u2019avait invité.C\u2019était un garçon de vingt ans, Gérome Coindon, qui émiettait en orgies le salaire qu\u2019il avait gagné au dur travail de bûcheron durant l\u2019hiver dans les forêts, d\u2019où il était revenu depuis peu de temps, car on était aux premiers jours du printemps.L\u2019invitation et la vantardise de Gérome avaient produit un effet séducteur sur l\u2019adolescent, et comme l\u2019aubergiste trouvait profit aux largesses du voyageur, il laissa sans protester son jeune employé s\u2019accoutumer à boire.Après quelques semaines de camaraderie avec ce nouvel ami, Daniel n\u2019était déjà plus le serviteur modèle des années passées, il avait mérité de sévères remontrances de Mme Mé-lanie et s\u2019en était moqué ouvertement, au grand étonnement et au scandale de la bonne créature.Il devenait indolent et sans beaucoup d\u2019attention à son travail.Hélas ! le premier geste d\u2019amitié qui s\u2019était tendu vers lui l\u2019avait enivré.Plusieurs fois durant l\u2019été, on le vit en compagnie de son dangereux ami, titubant et parlant haut le langage de la dégradation, imitant le compagnon qui l\u2019introduisait dans la vie en le faisant entrer par les bas fonds.Quand l\u2019automne fut revenu, les deux jeunes gens partirent ensemble pour les chantiers.95 Mme Padoue dut se résigner à gourmander de nouveaux domestiques qui souvent réussirent à lui faire regretter la douceur endurante des meilleurs jours de Daniel.Valets jeunes et vieux ne faisaient que passer dans la maison, et se sauvaient étourdis par l\u2019avalanche des ordres multiples que la patronne tonitruait du matin au soir.Ces changements nombreux firent oublier à la dame les torts de l\u2019absent, et quand il reparut, au printemps, plus robuste, plus arrogant, mais le gousset bien garni, elle le reçut comme un enfant prodigue, dont on constate les torts mais qu\u2019on n\u2019a pas cessé d\u2019aimer.Tout l\u2019été, il fit tant bien que mal le service, en échange du gîte et du couvert, mais avec des allures d\u2019indépendance qu\u2019on n\u2019osait plus lui reprocher.Quand il en avait la fantaisie, il entrait dans la buvette et jetait une pièce de monnaie sur le comptoir, en imitant l\u2019insouciance des buveurs consommés.C\u2019était sa manière de se donner de l\u2019importance, il n\u2019en connaissait pas d\u2019autre.A l\u2019automne, il avait dissipé tout son avoir et repartit pour la forêt.Tout l\u2019hiver il peina avec des hommes plus âgés que lui qui n\u2019étaient pas des compagnons de premiers choix pour un garçon de cet âge.S\u2019il se fit des muscles solides au maniement de la hache et de la cognée, dans l\u2019air sain de la forêt, le manque de distraction après sa journée de travail, lorsqu\u2019étendu sur sa couchette, il entendait les hommes parler des amusments qu\u2019ils entendaient retrouver en ville à leur retour, lui donna l\u2019idée d\u2019aller vivre à Montréal.Le village lui semblait subitement trop petit pour ses ambitions.Et dès le début du printemps, on pouvait le voir descendre du train à la gare Viger et se diriger en hésitant dans la rue Craig.Il ne connaissait pas la ville, n\u2019ayant fait qu\u2019y passer, lorsqu\u2019il était arrivé larmoyant avec d\u2019autres petits malheureux comme lui, et parmi lesquels se trouvait son frère plus âgé, que lui d\u2019un an et dont il avait perdu la trace, depuis que le paysan Brillon l\u2019avait emmené à son triste foyer, où il avait passé une si lamentable période de sa vie.96 Comme il allait apparemment sans but, regardant à droite et à gauche, cherchant vainement un visage de connaissance, il entra dans un restaurant et s\u2019assit seul à une table.Sa solitude ne dura pas longtemps, bientôt deux hommes à l\u2019air dégagé prirent, sans invitation, place auprès de lui : \"Excusez-nous, dit l\u2019un d\u2019eux d\u2019un ton aimable, vous êtes seul, et nous aussi; c\u2019est plus amusant de boire et manger en compagnie que tout seul avec soi-même; si vous pensez comme moi, on peut se tenir compagnie mutuellement.\u201d Sans méfiance et heureux de trouver quelques distractions, après la monotonie d\u2019un long hiver dans le bois notre jeune ami accepta avec empressement les avances des étrangers, qui semblaient comme lui à la recherche d\u2019amusements.Quand ils eurent mangé copieusement, les nouveaux venus proposèrent de finir l\u2019après-midi au théâtre.C\u2019était un plaisir depuis longtemps rêvé par le jeune bûcheron; et d\u2019y aller avec de si agréables compagnons rendait la chose plus tentante encore.Les trois nouveaux amis partirent ensemble, mais en chemin, l\u2019un des étrangers se montra poli au point d\u2019inviter Dan à entrer un peu se désaltérer avant que d\u2019aller s\u2019enfermer dans la salle du théâtre.Cela parut charmant au pauvre naïf qui se garda bien de refuser.Les trois hommes entrèrent ensemble, mais quand notre jeune héros sortit une heure plus tard, il était seul; ses faux amis avaient fui et son argent aussi .De plus, il était violemment malade, et ne sachant où se diriger, il alla s\u2019asseoir au parc Viger, en attendant de reprendre son équilibre.Mais il n\u2019en eut pas le temps, un homme de police le voyant tituber et s\u2019affaler sur un banc, s\u2019en vint immédiatement lui mettre la main au col et, le rudoyant, se disposa à l\u2019emmener.Comme le malheureux essayait de l\u2019expliquer, le policier devint brutal et commença à maltraiter plus qu\u2019il ne convenait cet inoffensif adolescent.Un jeune homme bien mis et d\u2019apparence distingué, qui passait, se permit de faire remarquer au représentant de la loi qu\u2019il n\u2019était pas nécessaire de malmener ainsi un misérable sans défense. Tandis qu\u2019il parlait au policier, guère disposé à recevoir une leçon, si bien méritée qu\u2019elle fût, le nouveau venu regardait attentivement l\u2019ivrogne, et tout à coup s\u2019approchant, il dit, en mettant son visage tout près du sien : \"Daniel, Daniel, n\u2019est-ce pas toi, mon frère, que je retrouve.\u201d L\u2019interpellé, levant la tête fit un mouvement pour se jeter dans les bras de celui qui l\u2019appelait son frère : \"Eldred, fit-il subitement dégrisé; ah ! enfin, te voilà.\u201d Le policier peu enclin à se laisser attendrir par les démonstrations sentimentales, secoua brusquement le malheureux Dan et dit à Eldred : \"Si c\u2019est ton frère, ce gars-là, je te félicite pas; et si tu veux le retrouver, tu viendras le chercher en Cour, demain; moi je lâche jamais ce que je tiens et je va pas commencer ici pour te faire plaisir; décole ou je t\u2019emmène avec lui.\u201d Le brave jeune homme ne s\u2019attarda pas à discuter avec cette brute; silencieusement, le coeur gonflé de chagrin, il suivit son frère que le policier bousculait en le traînant vers la rue Notre-Dame et les cellules.Il se rendit chez le chef de police et après quelques explications, il ressortit avec Daniel, qui semblait presqu\u2019étourdi de tout ce qui venait de lui arriver, depuis quelques heures.Mais le bonheur d\u2019avoir retrouvé son frère lui faisait oublier tous les désagréments qui s\u2019étaient succédés si rapidement à son entrée dans la ville.Eldred tenant son frère par le bras, l\u2019emmena à sa chambre, et tout en marchant auprès de lui se fit raconter les incidents de sa vie, depuis le jour de leur séparation.Il était ému aux larmes en apprenant la misérable existence de Daniel : \"Ah ! j\u2019ai été plus heureux que toi; le maître à qui l\u2019on m\u2019avait confié était un homme au coeur généreux, qui m\u2019a traité comme son fils; il avait une grande ferme à laquelle il s\u2019intéressait de loin, en la confiant à un fermier qui était aussi un brave homme.Après quelques mois, il voulut intéresser plus directement le propriétaire à mon sort, et celui-ci m\u2019enleva de la terre pour m\u2019envoyer à l\u2019école.Depuis deux ans j\u2019occupe une situation qui me permet de vivre convenablement à mes dépens; et je t\u2019ai cherché partout.Je t\u2019ai demandé chez le paysan où l\u2019on t\u2019avait placé, lors de notre arrivée en ce pays, mais, soit 98 ignorance ou mauvais vouloir, on ne m\u2019a donné que le décourageant renseignement que tu avais quitté la place, sans laisser d\u2019adresse.Et j\u2019avais perdu là toute trace, mais je n\u2019étais pas découragé et je songeais aux moyens à prendre pour te retrouver lorsque tu es venu tomber dans mes bras.\u201d \"Et dans ceux de la police, malheureusement, ajouta tristement Daniel.\u201d \u2014 \"Oublions ce mauvais moment, reprit son frère, je veux te faire une vie nouvelle qui te fera oublier tout ce passé triste.\u201d Quelques jours plus tard, ayant eu maintes occasions de constater combien l\u2019éducation de son frère avait été négligée, Eldred lui proposa de suivre les leçons d\u2019un professeur, qui l\u2019avait aidé lui-même.Et depuis ce jour, Dan entra dans une nouvelle voie, et s\u2019appliqua si bien que l\u2019année suivante il était en état d\u2019occuper un emploi honorable qu\u2019il put obtenir par l\u2019intervention de son frère.Maintenant Daniel est un citoyen honnête et respecté de tous ceux qui le connaissent.Les deux frères sont mariés et ont donné au Canada de belles familles.Cette histoire finit ici.Ceux qui chercheront dans le petit drame sans éclat des sensations violentes, comme dans les romans d\u2019amour, où chaque action est exprimée par des mots caressants et soulignée de gestes excitants, seront déçus; il ne comporte qu\u2019une grande leçon, un exemple de ce que peut accomplir la bonté, même tardive, dans une âme où le flot des circonstances avilissantes a noyé les bonnes dispositions innées.Et c\u2019est à cause de cela que l\u2019histoire de Dan méritait d\u2019être écrite.Gaëtane de MONTREUIL 99 objet poétique conçu, rédigé et réalisé par Roger Soublière 665, rue Crevier, Montréal 379, Qué.En vente partout au prix de $3.95 L\u2019AATI-CAA Les Editions Pro-Con et illustré par Marcel Saint-Pierre Vient de paraître Veuillez m'abonner à partir du numéro Vous trouverez ci-joint un paiement de .6 numéros : $10.00(1 an)\tà l'étranger : $12.00 LA BARRE RL JOLR BULLETIN D\u2019ABONNEMENT À LA BARRE DU JOUR, 665, rue Crevier, Montréal 379, Qué. VIENT DE PARAITRE FL VR CM suite érotique de MARIE FRANCINE HÉBERT distribution exclusive : LA BARRE DU JOUR 665, RUE CREVIER, MONTREAL 379, QUE.Vient de paraître CHARMES DE IA MMR poésies de MICHEL BEAULIEU En vente partout au prix de $2.00 Les Editions du Jour 1651, rue Saint-Denis, Montréal, Qué.101 COMPLÉTEZ VOTRE COLLECTION .Numéro 1\t$0.50 Poésies de Michel Beaulieu, Nicole Brossard, Roland Giguère, Alain Horic, Guy Robert, Marcel Saint-Pierre, Claude Savoie et Roger Soublière.Proses de Réjean-Jacques Duchesne et d'André Major.Inédiis de Charles Gill (poésies).Numéro 2\t$0.75 Poésies d'André Berthiaume, Pierre Bertrand, Nicole Brossard, Juan Garcia, Gatien Lapointe, Yvan Mornard, Robert Nadeau, François Piazza, Marcel Saint-Pierre et Gemma Tremblay.Proses de Roch Carrier, Jacques Renaud, Claude Savoie et Roger Soublière.Inédits d'Arthur de Bussières (poésies).Numéros 3-4-5 (Théâtre-Québec)\t$1.50\tNum P sees d'André Berthiaume et Jacques Languirand.Etude de Jean Stafford.Témoignages d'André Berthiaume, Guy Dufresne, Claude Gauvreau, Gilles Gasse, Eloi de Grandmont, Roger B.Huard, Claude Jasmin, Yerri Kempf, Claude Levac, Jacques Perron, François Piazza, Jean-Robert Rémillard, Jean-Guy Sabourin et Denys Saint-Denis.Inédiis de Louis-Joseph Guesnel (L'Anglomanie).Chronologie des pièces de théâtre québécoises jouées à la Société Radio-Canada de 1950 à décembre 1965.Numéro 6\t$0.75 Poésies d'André Cassagne, Paul Chamberland, Jean-Guy Charbon-neau, Antoine Claudel, Raoul Duguay et Michel Van Schendel.Proses de Ciaude Bélisle, Paul Bracque, Nicole Brossard, Jean-Yves Théberge et Michel Tremblay.Inédits d'Albert Lozeau (correspondance).102 Numéro 7 $0.75 Poésies de Michel Beaulieu, Louis-Philippe Hébert et Luc Racine.Prose d'Yvan Mornard.Pièce de Michel Vaïs.Etude d'Ulric Aylwin sur l'oeuvre d'Anne Hébert.Inédits de Louis-Joseph Doucet (poésies).Numéro 8\t$0.75 Poésies d'Yves Préfontaine et de Jean-Michel Valiquette.Proses de Maurice Comtois et Jean-Yves Théberge.Pièce de Michel Dufour.Etudes de Robert Barberis, Michel Beaulieu et Claude Dansereau.Inédits de Nérée Beauchemin (poésies).Numéro 9\t$1.00 Poésies de Pierre Bertrand, Nicole Brossard, Marcel Saint-Pierre, Jean Stafford, France Théorêt et Gemma Tremblay.Proses de Maurice Comtois, Jean-Marc Labbé et Roger Soublière.Inédits de Charles Hamel (prose).Numéro 10 (Proses)\t$1.00 Textes de Claude Bertrand, Nicole Brossard, Jean-Yves Collette, Jacques Ferron, Claude Gauvreau, Laurent Girouard et Marcel Saint-Pierre.Inédits de Jean-Charles Doyon (poésies).Numéros 11-12-13 (Connaissance de Giguère)\tEpuisé Etudes d'Ulric Aylwin, Claude Bertrand, André Brochu, Paul Cham-berland.Renée Cimon, François Gagnon, Marcel Saint-Pierre, Jean Stafford.Témoignages de Michel Beaulieu, Léon Bellefleur, Claude Gauvreau, Gilles Hénault, Paul-Marie Lapointe, Gilles Marcotte, Gaston Miron et Alfred Pellan.Textes de Roland Giguère.Bibliographie de Roland Giguère par Renée Cimon.Numéro 14 (Poésies)\t$1.00 Textes de Michel Beaulieu, Pierre Bertrand, Nicole Brossard, Yves-Gabriel Brunet, Jean-Yves Collette, Raoul Duguay, Claude Haef-fely, Zéro Legel, Roger Soublière, France Théorêt et Michel Van Schendel.Etude de Claude Bertrand.Inédits de Jean-Charles Harvey (prose).103 $1.00 Numéro 15 (Un poète nous est mort) Poésies et proses de Jean-Michel Valiquette.Etudes de Claude Bertrand et Marcel Saint-Pierre.Autres textes de Roger Soublière et Monique Valiquette.Numéro 16\tEpuisé Poésies de Nicole Brassard, Paul Chamberiand et Jean-Yves Collette.Etudes de Claude Bertrand et Gilles Houde.Inédits d'Emile Nelligan (poésies).Numéros 17-18-19-20 (Les Automatistes)\t$5.00 Projections libérantes de Paul-Emile Borduas.L'Epopée automatiste par Claude Gauvreau.Etudes de Michel Beaulieu, Claude Bertrand, André-G.Bourassa, Marcel Fournier, François Gagnon, Philippe Flaeck, Alain Richard, Jean Stafford, Bernard Teyssèdre et France Théorêt.Poésies de Rémi-Paul Forgues, Claude Gauvreau, Gilles Hénault et Paul-Marie Lapointe.Numéro 21\t$2.00 Poésies de Miichel Beaulieu et Bernard Tanguay.Proses de Gérard Bessette et Janek Sinoé.Etudes de Gilles Houde.Inédits de Saint-Denys-Garneau (poésies).Numéros 22-23\t$2.50 Poésies de Nicole Brassard.Proses de Louis-Philippe Hébert, Jean-Yves Collette et Geneviève Conte.Inédits de Gaëtane de Montreuil (prose).N.B.Il reste encore une douzaine de collections complètes.Prix : $100.00 LA BARRE DU JOUR 665, RUE CREVIER, MONTREAL 379, QUE.104 études françaises Revue consacrée aux lettres françaises et canadiennes-françaises Dans chaque numéro : des articles, notes et documents originaux, comptes rendus, écrits par des spécialistes canadiens et étrangers ainsi que des textes de création.ÉTUDES FRANÇAISES paraît 4 fois l\u2019an : en février, mai, août (numéro spécial) et novembre.L'abonnement: $5.00; le numéro: $1.50 Spécimen gratuit sur demande au Service de publicité des Presses de l\u2019Université de Montréal.EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE OU CHEZ L\u2019ÉDITËUR L Les Presses de l'Université de Montréal Case postale 6128, Montréal 101, Canada 105 anthropolitique \u2014 mass media, politique, communication Y.Hussereau : Sociétés informationnelles, mass media, anthropolitiques.P.Guimond : Cinq ou six idées sur la chanson d'aujourd'hui.S.Proulx et Y.Hussereau : La Femme et la publicité.G.Fortin : Mass media et développement.P.Chamberland : Triomphe de la communication.Note critique : M.Fournier, \u201cLa Vida\" d\u2019O.Lewis : \u201cLa culture de pauvreté\".Document : E.Morin, \u201cQue faire ?\u201d 2027, rue Edouard-Montpetit, App.8, Montréal Abonnement: $6.00 (4 numéros) \u2014 $1.75 le numéro 106 ; \"&-C.4 mmm É ' i LES BRANCHES Les branches s\u2019ouvrent très mauves alentour des présences du solaire, et l'envol épars des pierres se pressent, quand les ondes vives sur les accablés ô printemps, allument le silence voûté, le seul chemin des êtres noirs et l\u2019argile qu\u2019effleure le bleu germinant.Ah ! l\u2019escarpement contre l\u2019amour .Mais l\u2019arbre prévient la torture de notre sang exacerbé, ondule le dôme bruissant de verdoiement, car de la faim virulente s'échappe la mort.Fernand Ouellette Ce poème fait partie d\u2019une nouvelle série de poèmes canadiens présentés par la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON La vie passionnée de sainte Sonia Petrovni de Jean Yves Collette La chouette de Geneviève Conte Extrait et fragment de Nicole Brossard Un texte inédit de Gaétane de Montreuil .1 t $2-50 "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.