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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 13 août 1892
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1892-08, Collections de BAnQ.

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[" VOL.IV -NO.9 MONTREAL, 13 AOUT 1892 Par Annee, $2.60 Le Numéro 6 Cts LUNE DK MIEL SOUS TENTE mM i-'W ŒS1»* N* A .i /* : WmsmmM&ià mv Retrouves en pleine viUe'ijiature rustique pur des omis inquiets upn le disparition quinze jour* BP33»: i iSÿ WtP! ÿs Ci.'il I» E\\ r~/ i wm BSB*.tijï; -, .Am mww mmk Ë'aWu V;- SVjsT - W< 4K§*Ï ssra A*or.Ts#»S59;; ¦¦Mo, ¦Vil mi.(S mm fc«a \\A\u201d- mm ÙM ! ! fi* a'Vï (Journal Hebdomadaire) fUItl.ICATION LITTÉRAIRE, HUMORISTIQUE, SCIENTIFIQUE ET SOCIALE, OH3A.ITE X)tT\tHOMESTIS'D'E.REDACTEUR: LIONEL DANSEREAU Un An, $2.50.\u2014 Six Mois, $1.25 (STRICTEMENT PAYABLE IVAVANCE) JPx-lat du Numéro.S Ceutlua.S'adresser pour Iob informations, leB abonnements et ieB annonces aux gérants, MM.Poirier, Rkssktth & Cl K, No.51(i Rue Craig, ou par lottrc h LA SOCIÉTÉ DE PUBLICATION DU \u201cSAMEDI,\u201d Montréal.MONTRÉAL, 13 AOUT 1802.C * xvir'ï] \u2018SPUf Le cœur dos hommes de* race est lo tombeau des secrets.C\u2019est avec de belles paroles qu\u2019on trompe les hommes de cœur.Le succès ne visite jamais une personne sans une invitation spèciale.Qui a vécu un seul jour après son ennemi, a goûté la plus douce des vengeances.Toute vérité scientifique est pareille a une eau limpide enfermée dans un vase terne.Le génie, si puissant qu\u2019il soit, n\u2019a pas assez de muscle pour faire mouvoir une meule.L\u2019homme le plus méprisable c\u2019est le vaniteux qui veut paraître en s\u2019attribuant ce qui est à autrui.La parole est comme la flèche, dès qu\u2019elle a été lancée aucune force humaine ne saurait la ramener.Laisse les jours se suivre avec leur cortège de peines et de plaisirs et accepte avec joie l\u2019œuvre du Destin.La vie d\u2019ici-bas est pour les fidèles comme les provisions qu\u2019emporte le voyageur et qui le mèneront jusqu\u2019au but.La femme a été tirée d\u2019une côte toute contournée, c\u2019est pourquoi sous bien des rapports, elle manque de rectitude.MOTS D\u2019EN KANTS Jîeloueau.Qu\u2019est-ce que ta grande sœur a dit quand ollo a su que j\u2019étais dans le salon A l\u2019attendre 1 Fernand.-Rien; seulement, elle a ôté une bague de son doigt et en a mis une autre.AD JARDIN ZOOLOGIQUE Un hippopotami vient de voir le jour.L\u2019ACROBATE A vingt pieds de hauteur, sur la corde installé, t\u2019aime et ferme, lançant des baisers vers la foule, L\u2019acrobate, en maillot, jongle avec une boule Au milieu des bravos d\u2019un publie affolé.Tout il coup retentit un immense toile ! Mille hommes sont debout, sombre et vivante boule L\u2019histrion maladroit sur le parquet se roule.Aux pieds des spectateurs tombé, brisé, silllé ! ( 'online des histrions il est des politiques 1 Jonglez avec nos droits, nos libertés publiques.Tant que vous serez forts, la foule applaudira.Mais le jour vient, bandits, où l\u2019esclave en colère, Vous verra d\u2019un «cil sec, brisés, rouler il terre ; Et, quand vous râlerez, sanglants, vous sifllcra.R.Meneau.SIGNIFICATIF Le boucher.\u2014Combien voulez-vous avoir de saucisBe 1 Le reporter (affamé et distrait) \u2014J\u2019en veux.j\u2019en veux trois quarts de colonne.D A M N É ! (Four le Samedi) I ALLÉGORIE C\u2019est à peine si l\u2019étudiant Franck U miser venait d'atteindre sa dix-huitième année quand un misérablo spadassin, Spartero, s\u2019offrit la satisfaction facile et lâche,\u2014sachant qu\u2019il ne pouvait se battre,\u2014de le menacer d\u2019un soufflet.Ce soufflet, Franck Hanser ne l\u2019avait pourtant pas reçu, et cependant il lui brûlait la joue comme la marque infamante au fer rouge.Aussi, la nuit qui suivit le jour de son altercation avec Spartero, fut-elle affreuse pour le malheureux jeune homme.Sa fiévreuse insomnie lui représenta toutes les humiliations infâmes, les provocations lâches qu\u2019il lui faudrait subir, tant qu\u2019il ne serait pas en âge de se battre, en mesure de tenir une épée.Dans MEILLEUR A LA LONGUE mm Le hartmj, au saumon.-\u2014Tu t\u2019en fais accroire parce qu'on te courre pendant quelques mois.Moi, je ne fais pas de bruit ; mais je dure toute l\u2019année.son désespoir impuissant, l\u2019étudiasit en vint a appeler à son aide toutes les puissances du ciel et de l\u2019enfer.Du ciel, personne ne vint à son secours, les duels ne sont pas populaires à cet endroit.Mais de l\u2019enfer, le prince lui-même accourut \u201c Tu as bien fait de m\u2019appeler, Franck Hanser, dit Satan, car moi, et moi seul, puis te donner le charme magique grâce auquel aucun duelliste, même les plus fameux do ton temps, ne sortira vivant d\u2019une rencontre avec toi.Et pour cela \u2014 vois si je suis bon prince aujourd\u2019hui ! je ne te demande pas ton âme, la seule monnaie dont pourtant je me paye, comme tu sais.Tu no seras damné que par ta faute, si tu provoques en duel qui quo ce soit, au lieu de garder ton infernale sûreté de main pour te défendre des provocations : veux tu 1 \u201d Et Franck Hanser, fasciné, accepta, sombre, le pacte infernal.II .Le lendemain, bousculé insolemment dans la rue par un officier, l\u2019étudiant s\u2019exclama \u201c brutal ! \u201d Un soufflet fut la réplique de l\u2019officier Le soir même on allait sur le terrain, le même l\u2019officier était mort.PRUDENCE JUSTIFIABLE '[ante opportune.\u2014 Allons plus au large.Julie.\u2014Pourquoi cela '! Tante opportune.\u2014Pour que les hommes nous regardent moins.Les camarades du mort ayant voulu le venger, provoquèrent successivement en duel Franck Hanser: celui-ci les tua tous.Dès lors, personne ne chercha plus querelle à l\u2019étudiant: Franck Hanser comprit alors cette triste vérité que, dans la vie, on était d\u2019autant plus susceptible qu\u2019on savait avoir moins de danger à l\u2019être.Un seul homme triomphait (au moins, en paroles) de Franck Hanser: c\u2019était le spadassin Spartero.Voyant que Franck Hanser ne le provoquait pas, il en concluait que l\u2019étudiant craignait de compromettre, avec lui Spartero, sa réputation (peut-être même, sa vie) de duel'iste toujours heureux.Et c\u2019est ainsi que l\u2019étudiant entendit une fois dans une brasserie le spadassin se vanter ainsi : \u201c Ah oui, c\u2019est du petit Hanser dont vous voulez me chanter les exploits : mais je les connais et, voulez-vous que je vous dise, c\u2019est de la chance et rien de plus qu\u2019il a.La preuve, la voulez-vous, c\u2019est que jamais il n'o-erait se battre avec moi, moi qui l\u2019ai pourtant jadis souffleté.\u201d\u2014\u201cTu en as menti, drôle, interrompit, terrible, l\u2019étudiant, et par deux fois ! tu ne m\u2019as jamais souffleté et c\u2019est moi qui te provoque maintenant.\u201d\u2014Du moment où Franck Hanser le provoquait, Spartero, avec la superstition de l\u2019Italien, se sentit perdu : mais comme il hésitait à répondre à la provocation de l\u2019étudiant, celui-ci le souffleta de son gant et de ces paroles : \u201c Mais c\u2019est toi qui n\u2019oses pas te battre avec moi, lâche I.\u201d Cette fois, Spartero ne pourrait plus reculer.Le lendemain, il allait sur le terrain, la mort dans le cœur.Dès le début de l\u2019engagement, il sentit son poignet, si souple et si solide d\u2019ordinaire, se roidir au premier contact de l\u2019épée de Franck Hanser comme sous l\u2019influence d\u2019un charme infernal : la main paralysée du spadassin ne put parer la première pointe de son adversaire, et Spartero tomba, tué comme un enfant.\u201cVengé ! \u201d s\u2019écria, en le voyant tomber, Franck Hanser avec un accent inexprimable de haine assouvie : mais l\u2019étudiant vainqueur pâlit, chancela à son tour car une voix mystérieuse lui ricanait à l\u2019oreille \u201c Damné ! \u201d Jules Bonguanil Correspondant parisien du Samedi. LE SAMEDI :i L\u2019ART DE SE DÉBARRASSER DES IMPORTUNES Dlle de Laquarantaine.\u2014Combien «liez-vous me donner de danses ce soir, capitaine?Le capitaine.\u2014Ha !.hum !.Je ne sais si je pourrai.Madame Souslevcnt m\u2019a recommandé de faire danser celles qui n\u2019ont pas de vogue.¦> \u2022/iCli ij] |1P i iTr.v î^vSiâ Peari i.0$b'M mj eu» '-SsssSr ¦ 'I H 7Æ&\u2018 Klilllll\" Ml/ , Tolo.\u2014Maman, tu n\u2019as pas mis assez «le confitures pour mon pain ?La maman.\u2014Tiens, voilà.Toto.\u2014C\u2019est «|iie, maintenant, faut que tu me donnes assez «1e pain pour mes confitures.Lit PLUS I! Il A VE DES 1! RAVES Il est «leux heures du matin.Monsieur dort profondément, mais madame semble inquiète et tremble.Elle vient justement d'entendre du bruit dans la salle à diner.Madame.\u2014 Henri ! Henri ! Monsieur (s'éveillant).\u2014Voyons, qu\u2019est-ce qu\u2019il y a encoreî Madame (has à son oreille).\u2014 Il y a des voleurs.S\u2019il n\u2019eût pas été si brave, \u2019 se serait-il évanoui ; mais doué d\u2019une force et d\u2019une énergie remarquables, seuls ses membres se mirent à trembler.Madame.\u2014 Henri ! Monsieur.\u2014Ch.chérie ! Madame.\u2014N \u2019es-tu pas pour te lever?Monsieur.\u2014Je ne pense pas.Ici on entendit le bruit de l\u2019argenterie «(u\u2019on remue.Madame.\u2014 11 on ri ! La réponse fut tout à-fait inarticulée.Madame.\u2014Est-ce «iue tu n\u2019as jamais dit que si des voleurs entraient dans ta maison tu leur donnerais du fil à retordre ?Monsieur.\u2014Ouais ! Madame.\u2014N\u2019as-tu jamais crié à «jui voulait LES INSÉPARABLES \u2022\u2018ntftsss&f i Madame Plaeed\u2019eau.\u2014.Je suppose, capitaine, quo vous aimez le canotage?Le eapitaine.\u2014A la folie.I.e fait est que moi et mou canot, nous sommes inséparables.l\u2019entendre, que si un voleur s\u2019échappait de toi impunément, il serait un homme chanceux ?Le bruit de quels volé ! J\u2019avais riposté.Etendant le bras sur la tierce découverte, j\u2019étais revenu en quarte par une feinte brusque.L î compas, rougissant la chemise, avait disparu dans la chair jusqu\u2019au cordonnet.Le caporal tendit les bras ; son œil bleu s\u2019ouvrit démesurément, une écume rouge mouilla ses lèvres et il tomba à la renverse sans dire un mot.11 était mort ! La baguette de fusil m\u2019échappa des mains, cliquetant sur les dalles.Je fis un pas en avant.\u2014Voilà de la belle besogne ! me dit sévèrement le témoin de mon abversaire ; quand on est maître d\u2019armes, on ne se bat pas ! Maître d\u2019armes, moi ! \u2014Tout s\u2019est passé loyalement, témoin ; si tu n\u2019es pa3 content, homme.Un sergent élève intervint entre les deux témoins, qui déjà ramassaient les armes pour leur compte, et les sépara.Puis, je ne sais plus ce qui se passa : le sang me montait au cerveau ; mes idées se troublaient ; je m\u2019évanouis.CONNAISSANCE A CULTIVER Bouleau.\u2014Quel plaisir as-tu île te faire suivre partout par cet original qui ne dit jamais un mot?ltoiUc.au.\u2014Il fume de si mauvais cigares ! 11 n\u2019y a pas une moustique à dix pas de lui.déclara mon je suis ton do la vieille garde transperçait de sa baïonnette.Quelques gouttes rouges tombaient d\u2019un cœur enflammé, danr lequel ou lisait: \u201cJ\u2019aiuie Joséphine ! \u2019 Et, à genoux sur la dalle, penché sur le mort, je continuais à psalmodier la lugubre prière : \u201c De profundis clamavi ad te Domine ! \u201d Un quart dlheure de plus et je devenais fou I Heureusement la porte s\u2019ouvrit.C\u2019était le commandant en second (un amputé d\u2019Egypte,) suivi d\u2019un piquet en armes.Derrière le piquet, une civière.\u2014Qu\u2019on porte le mort à l\u2019infirmerie ; vous, conscrit, suivez-moi chez le Gouverneur.Dans ce corridor étroit et infect, où l\u2019on s\u2019entassait, je cherchais des yeux une des baguettes de combat, pour la ramasser et en finir avec l\u2019atroce vision, Quatre élèves m\u2019entourèrent ; mon témoin se glissa entre eux et me murmura à l\u2019oreille : \u2014Fais bonne contenance, conscrit, sacrebleu ! tu n\u2019as rien à te reprocher ! \u2014Rien à me reprocher?11 est mort ! La civière chargée, le piquet la suivit, le fusil sous le bras gauche.On me conduisit, dans la nuit, à travers les cours blanches de neige et les coriidors noirs, jusqu\u2019au cabinet du Gouverneur.C\u2019était le général de division, baron Bellavène; un grognard, comme on appelait déjà ces vainqueurs légendaires, qui avaient planté le drapeau de la révolution aux quatre coins de l\u2019Europe coalisée.Celui-là avait laissé une jambe à Ras-tadt.Il travaillait en uniforme ; l\u2019abat-jour de la lampe laissait la vaste salle dans une demi-obscurité.La pendule sonna trois heures.\u2014Ah ! c\u2019est le conscrit, dit-il d\u2019un ton bref.Regarde-moi ! Brusquement, il releva l\u2019abat-jour et la lampe mit mon visage en pleine lumière.Quand je revins à moi, j\u2019étais seul dans le Café Turc.Seul 1 non ! Etendu contre la porte verrouillée au dehors, le caporal dormait son dernier sommeil.Oh ! la belle et martiale figure ! Comme tout à l\u2019heure, il souriait à la mort, qui le prenait à dix huit ans pour une sotte querelle d\u2019écolier.Ses yeux ouverts me faisaient peur.Je me mis à genoux pour les fermer et, me rappelant lues prières d\u2019enfants, je récitai à demi-voix le \u201c De, profondis clamavi ad le Domine ! \u201d Funèbre veille ! Le sang avait rejailli jusqu\u2019au mur, tatouant la figure d\u2019un *' kaiserlick \u201d grotesque, qu\u2019un grenadier DÉCOUVERTE ALARMANTE -Oli ! papa, 11* chien a mangé ma tante Kphraïm ! Je reconnais ses souliers. LE SAMEDI UNE BONNE IDÉE ;rolottant par la muh Mjs yÙ-1'£ T#»' Tante Catherine.\u2014Tu te souviens île mon Carlo?Quand il est mort, je l\u2019ai fait empailler.J illicite.Vrai, ça se fait cela?Que je suis contente ! Je vais demander à papa tpi\u2019il te fusse empailler quand tu mourras.L\u2019air froid de la nuit m\u2019avait rendu à moi-même.L\u2019apparition sanglante s'était effacée de ma pensée et je me voyais dans la plénitude de mon droit, devant le juge qui allait prononcer sur mou sort.\u2014Dis-moi la vérité : Tu as insulté un caporal ?\u2014Non ! \u2014Tu l\u2019as frappé 1 \u2014Non ! Je n\u2019ai pas pu.\u2014Tu l\u2019as menacé?\u2014Oui ; il m\u2019avait appelé poltron.\u2014Et tu l\u2019as tué,.avec un compas.\u2014 Oui ; mais lui aussi avait un compas.Nous nous sommes battus loyalement.\u2014Tu tirais mieux que lui.\u2014Oui, niais ce n\u2019est pas ma faute ! \u2014 Quel fige as-tu ?\u2014Seize ans ! \u2014Tu as tes parents ?\u2014Ma mère seulement.-\u2014\u2019L\u2019on père ?\u2014Tué à Austerlitz ; capitaine.\u2014Sais-tu ce qui t\u2019attend 1 \u2014Je m\u2019en doute.-\u2014-Te repens-tu, au moins 1 ¦\u2014Non, mon général.\u2014Mais, méchant drôle, c\u2019est la cour martiale ! C\u2019est le peloton d\u2019exécution ! \u2014Tant pis pour moi ! Il n\u2019avait qu\u2019à ne pas m\u2019appeler poltron ! \u2014Ali ! c\u2019est comme ça, dit le Général, en se levant et me regardant dans les yeux.11 réfléchit une minute, qui me parut un siècle, puis il appela.\u2014Capitaine, vous allez laisser cet homme auprès du caporal qu\u2019il a tué.Au jour, justice sera faite ; Il faut en finir avec cette manie du compas.* * * On m\u2019amena à l\u2019infirmerie.Le caporal reposait sur le lit funèbre, entre quatre cierges ; sur la table, au chevet, un crucifix et une soucoupe : uno branche de buis trempait dans l\u2019eau bénite.Une sœur de Saint-Vincent de Paul priait au pied du lit.Elle me montra une chaise basse à côté d'elle ; je m\u2019agenouillai en sanglotant, la tête dans mes mains.Quelles angoisses ! * * * Le jour vint, et un pâle soleil d\u2019hiver éclaira cette scène de deuil, plus lugubre à mesure qu\u2019elle se dégageait des ténèbres.Le sourire du mort n\u2019était plus qu\u2019une grimace menaçante ; derrière les paupières fermées je voyais les yeux bleus chargés d\u2019éclairs.Ah I que j\u2019aurais voulu changer les rôles : qu\u2019il fût là, lui, brûlant de remords, fièvre, sur ce prie I lieu qui écorchait mes genoux, et être, moi, à sa place, rigide et glacé sons ce linceul, sur lequel tues larmes cou laient silencieusement.Une main se posa sur mon épaule et me lit tressaillir.\u2014Mon enfant me dit doucement la sœur, il faut prendre ce bouillon.J\u2019avalai d\u2019un trait sans répondre.\u2014Et puis encore ce bordeaux.Je repoussai le verre ; il me semblait voir du sang.\u2014Allons voyons un pou de courage ! Tu as prié, tu expies , Dieu est bon, il pardonnera ! Pauvre enfant ! Tu es plus pâle que le mort ; bois, je le veux ! J\u2019avais bu et j\u2019étais debout quand le capitaine entra.\u2014Le piquet vous attend, conscrit ; il est l\u2019heure venez ! L\u2019heure ! L\u2019heure de.quoi ?Je le suivis, inconscient, sans comprendre.Devant la porte do l\u2019infirmerie, dans la grande allée, sous les arbres chargés de givre, un peloton d\u2019élèves attendaient, l\u2019arme au pied, en grande tenue.Le peloton d\u2019exécution ! J\u2019avais compris ! Alors, il se fit en moi une réaction brustpie, salutaire ; l\u2019étau qui étreignait mes tempes se desserra ; ma vue s\u2019éclaircit, la parole me revint.\u2014Tant mieux, dis-je tout haut, ce supplice va finir.Déboutonnant ma veste, je ceherchai l\u2019arbre contre lequel il fallait me placer.Une voix connue s\u2019éleva d\u2019un groupe d\u2019ofliciers, et le général lîellavène enveloppé dans son grand manteau de campagne, le chapeau rabattu jusqu\u2019aux épais sourcils que personne, à l\u2019Ecole, ne regarder sans trembler, fit doux pas vers moi.\u2014Avez vous quelque chose à demander avant l\u2019expiation.Je m\u2019étais placé face ou peloton et, du pied, j\u2019écartais la neige pour me caler sur le terrain glissant.\u2014Non, rien ! mon général.Cependant, c'était mon tour de commander l\u2019exercice ce matin.Je voudrais commander le peloton et mourir en soldat \u2014Soit! répondit brusquement le Général.Adjudant, laissez-le commander le feu.\u2014Merci, mon général.Du doigt, j\u2019arrachai le col de crin qui me serrait la gorge et, bien posé sur mes jambes, la tête haute, je criai à pleins poumons : \u2014A mon commandement ! Charge en douze temps.\u2014Au temps ! dit le Général ; c\u2019est un commandement inutile ; les armes sont chargées.11 dardait sur moi son œil fauve ; mais je n\u2019o-tais plus sensible aux impressions terrestres; je me sentais porté vers des demeures inconnues.Comme le caporal, jo souriais à la mort qui m\u2019appelait.\u2014 Apprêtez, armes! repris-je.Le cliquetis des bassinets résonna dans lo silence ; j\u2019entendais battre mon cœur.\u2014En joue ! Je fis le signe de la croix et, les yeux tournés vers ce ciol gris, où je croyais monter dans l\u2019extase do mon sacrifice, j\u2019entr\u2019ouvris ma chemise avec mes doux mains.Adieu, mère Et, tout haut, d\u2019une voix ferme : \u2014 Feu ! Une détonation, l\u2019aveuglement de la fumée de la poudre ; puis.rien ! J\u2019étais debout, sans blessure ; et cependant je distinguais les fusils abaissés, fumant encore et derrière le peloton, la haute silhouette du Général.\u2014Au temps ! vous m\u2019avez manqué ! \u2014Ah ça, méchant conscrit, as-tu fini de te moquer de nous 1 me dit la Général en se dressant devant moi.Puis adoucissant sa voix : \u201c Viens m\u2019embrasser ; tu es un gamin bigrement crâne ! De ses deux bras, il m\u2019enleva de terre avant que j\u2019aie pu revenir do ma surprise et il frotta contre mes joues sa rude moustache blanche.\u2014Oh ! mon général, lui dis-je avec une amertume sincère, il n\u2019y avait pas de balles dans les fusils ! \u2014Parbleu ! 11 t\u2019a fallu du temps pour le comprendre ! Me prends tu pour un ogre de conte de fées ! Mais c\u2019est égal, tu es un soldat ! Je no peux pas te garder à l\u2019Ecole ; tu partiras, ce soir pour la Grande Armée.Je t\u2019envoie à un colonel de mes amis, qui no te laissera pas flâner dans les bas grades.Je ne veux te retoir qu\u2019avec l\u2019épaulette.Plus de duel surtout ; c\u2019est bête et ça prend des braves dont l\u2019Empereur a besoin.On m\u2019attend pour le rapport ; adieu mon enfant.Voilà comment j\u2019ai fait, à seize ans, la campagne de Russie ; comment j\u2019ai été blessé à la Bérésina ; comment enfin, j\u2019étais sous-lieutenant six mois avant mes camarades de promotion.\u201d J KAN 1)15 VlMÆUItS.(La Revue AlyérieniU! ) MYSTÈRE EXPLIQUÉ L\u2019élève (continuellement absent île see classe»J.\u2014Puis-je vous demander un certified attestant que j\u2019ai assisté régulièrement à votre cours.Le vieux professeur distrait.\u2014Mais je ne me rappelle pas vous avoir jamais vu à mes classes.L\u2019élève.\u2014Vous devez me confondre avec un autre Je ressemble beaucoup à l'un de mes confrères qui n\u2019a jamais assisté à vos classes, et c'est de là que doit venir l\u2019erreur.Le vieux professeur.\u2014Ou doit être cola.Voici, votre certificat.LA DANSE MACABRE I\tII f/\t1 \\ Mademoiselle Lit hurt ie.\u2014Venez, ce soir,\tTout ce quil a pu y voir.me voir danser la danse des ombres. 8 LË SAMEDI M VST IG O CONSULTATION M ÉDICALÉ (Pour le Sam uni)\tLa priwnre île mirrohce.(Huile.) En attendant, .Iules César Mouton ne laissait nullement prévoir sa future grandeur au moins au point de vue intellectuel.A chaque concours, il arrivait toujours hou dernier et était constamment premier en queue.Déjà, il était en helles-letires et il n'avait fait de progrès qu'en deux matières : la géogi et la gymnastique.Par exemple, en ces deux branches, il tenait la tête de toutes les classes, mêmes supérieures à la sienne.En géographie, il ne s\u2019était pas contenté du traité de üortambert, pourtant très détaillé et que nous suivions au lycée ; il s\u2019était procuré, on ne sait comment, car elle n\u2019est pas en vente, une copie de la carte militaire et topographique de la France, qui \u201d i les hameaux, les fermes et maisons isolées, voire même de simples bornes ainsi que tous les accidents de terrain.Cette carte, la plus complète qui existe, forme à elle seule un énorme atlas de plusieurs centaines de feuilles ; elle est à l\u2019échelle d\u2019un quatre-vingt millième.Cette carte sert à l\u2019armée française en campage ou en temps de guerre.Muni de ce précieux document qu\u2019un odicier lui avait prêté, disait-il, ce qui n\u2019était vraisemblable, car cela est défendu, Mystigo connaissait la France sur le pouce et tout ce qu\u2019il y avait d\u2019important et de curieux sur le sol étranger, lui était familier.Il avait ainsi étudié de véritables minuties géographiques telles que la source, la configuration et l\u2019embouchure de véritables ruisseaux et jusqu\u2019à l\u2019existence de petits ravins; enfin, il possédait la connaissance et l\u2019orientation des plus petits sentiers qui, à travers champs ou sous bois, conduisaient à nos frontières et même au-delà.Bref, sa cervelle était une mappemonde vivante.En gymnastique, il était passé maître à tous les instruments : cordes diverses, trapèzes, anneaux, perches, échelles, poutres, barres, etc.; il maniait très habilement aussi les haltères et les mils, car nous devons dire que Mystigo était aussi fort que leste ; c\u2019était, en eflet, un véritable athlète, proportionnellement à sa petite stature : il eut fait honneur à un cirque ; aussi, avait-il été choisi comme moniteur par le professeur de gymnastique, un maréchal logis chef ou sous-ollicier des cuirassiers, qui le nommait son petit prodige.Naturellement, avec ses dispositions\tes au gymnase et la tête farcie de géographie, il devait remporter les premiers prix en ces matières.C\u2019est ce qui arrivait régulièrement depuis cinq ans.Chaque année, lors de la distribution des prix, lorsqu\u2019on annonçait géographie ou gymnastique, premier prix décerné à l\u2019élève.tout le lycée souillait alors en chœur : \u201cJules César Mouton dit Mystigo, on ne se trompait pas et la salle éclatait sous les applaudissements aussi ironiques que sincères des condisciples de notro lycéen gymnasticogé \"\t' .Une année, cependant, un éclat de rire des trois cents et quelques élèves du lycée, accueillit Mouton, lorsque pour la cinquième fois, son nom retentit comme le héros do géographie et de gymnastique.Même le pion ou maître d\u2019études préposé à la nomination des lauréats, fut gagné par ce rire homérique et il dut faire un effort pour ne pas éclater avec les élèves.Mais les proviseur du lycée, monsieur Lalonde, auteur d\u2019une table des logarythmes, homme austère et '\t\u2019 autant que savant, se leva de son fauteuil présidentiel et dit d'une voix forte : \u201c silence ! ce que vous faites là, messieurs, ajoutâ t il est incconvenant au dernier chef et indigne do bons camarades.Parce que ce jeune homme, monsieur Mouton, n\u2019a pas d'autres talents nue ceux que vous lui connaissez, s\u2019ensuit-il qu\u2019il ne pourra pas jouer son rôle dans l\u2019existence ; les plus modestes connais sauces ont leur utilité ; laissez s\u2019avancer l\u2019avenir, messieurs, et alors, probablement, reconnaîtrez vous quo vos rires d'aujourd'hui étaient injustes, qui sait si les pauvres talents, comme vous les appelez, do votre condisciple, ne lui serviront pas à sauver son existence et mieux encore, à arracher à la mort i b membre de l\u2019humanité, au profit de comme toi j ai été soldat, comme toi j\u2019ai foulé aux pieds les liens d\u2019une discipline odieuse.Aujourd\u2019hui', au lieu d\u2019obéir à des chefs imbéciles, je comimuuleii une poignée de braves j^ens (jui, sous mes ordres, font des prodiges !.Notre vie est délicieuse: elle reunit les plus doux plaisirs de la guerre et de la chasse : le riche est notre ennemi, 1 homme est notre gibier.Nous ne manquons jamais ni d or, ni de bons vins ; bref, notre existence est si ravissante, que le roi de franco, s\u2019il la connaissait, quitterait son trône pour venir la partager avec nous.Veux-tu être des nôtres ?.Denis se gratta légèrement le front.\u2014Je ne dis pas non, répliqua-t-il ensuite, \u2014 mais je vous avoue qu il y a au tableau un ombre qui me déplaît.\u2014Laquelle ?C est d etre roue tout vil si l\u2019on vous met la main dessus.Leei est un des plus petits inconvénients du métier; lapins belle rose a ses épines ; mais tu me parais oublier .pie si l\u2019on te pic liait aujourd hui, toi qui me parles, ce ne serait bien certainement pas pour te conduire à la noce !.Au tait, vous avez raison, et de la potence à la roue il n\u2019y a que la main.\u2014Tu commences à voir juste, mon lils.Voyons, réfléchis ; songe que je n adresserais pas a tout le monde la proposition que je te fais, et dis-moi si, décidément, tu l\u2019acceptes!.-Ma toi, toute reflexion taite, je dis oui.biavo ! cria le personnage a la voix ram pie :\u2014maintenant tu vas savoir à quelles conditions on peut entrer dans le corps d\u2019élite dont j\u2019ai l\u2019honneur de commander.VIII.\u2014 LA R ÉLECTION.\u2014Ali ! il y a des conditions ?\u2014demanda Denis.Pardieu ! ne penses-tu donc pas qu'il ne s'agit (pie de se présenter chez nous pour entrer.comme au moulin ?\u2014Eh bien! les conditions, voyons ?.I i iino.11 taut avoir tait ses prouves de courage.\u2014Me dispensez-vous donc des miennes ?\u2014Tu les a faites.\u2014Ah bah ! Quand ça et comment ça, s\u2019il vous plait '.\u2014Depuis (pie tu es entre nos mains, par ton attitude et par ta façon de répondre à mes questions.\u2014Fort bien.\u2014Secundo.Il est indispensable d\u2019avoir de l\u2019esprit.\u2014Et vous trouvez (pie j\u2019en ai ?.\u2014Deux fois plus qu'il n\u2019en faut pour être admis.N ous êtes bien bon ; mais a quoi diable cet esprit que vous exigez peut-il servir pour arrêter et détrousser les gens sur la \"¦rand\u2019 route ?A rien, dans ces nionients-la ou cest la bravoure et la promptitude qui tond tout; niais il est indispensable pour combiner les bons coups, pour préparer les expéditions ; enfin, pour se tirer d\u2019affaire en cas de non-réussite.Comprends-tu, maintenant ?\u2014Le mieux du monde ?\u2019tertio.Il tant jurer à l\u2019association une fidélité et un dévouement sans bornes ; il faut, si l\u2019on est pris, savoir endurer la question ordinaire et extraordinaire, monter au gibet ou se voir attaché sur la roue sans ré_\tun seul mot qui puisse porter préjudice à si s frères d\u2019armes.\u2014Je jure cette fidélité et ce dévouement sans bornes.\u2014Quarto.Il faut promettre également d\u2019obéir d'une façon passive à tous les ordres du capitaine, quelques soient ces ordres.\u2014Ce capitaine, c\u2019est vous, n\u2019est-ce lias ?\u2014Oui.\u2014M\u2019est-il permis de vous demander votre nom \u2014Je ne porte plus de nom, on m\u2019appelle tout simplement /.major.\u2014Cela suffit; je vous obéirai, major, quelle que soit la chose que vous me commandiez.\u2014Quinto.Il faut se faire une loi, les uns vis-à-vis des autres, de la plus scrupuleuse probité ; il faut ne s\u2019attribuer aux dépens de ses camarades aucune fraction du butin, si minime soit-elle.Les prises sont divisées en autant de parts, \u2014 plus trois, \u2014 qu'il y a d\u2019hommes D-D 14 LE SAMEDI duns la compagnie.Le capitaine a trois parts, le lieutenant, deux ; chacune des parts doit être parfaitement égale aux autres.\u2014Accepté.\u2014Sc.i'lo.Enfin, il faut, si quelque membre de la troupe est soupçonné de trahison, que tous se rassemblent et se constituent en tribunal pour l\u2019interroger.Si l\u2019accusé est reconnu coupable, l\u2019arrêt rendu prononcera la mort, et il devra se trouver autant d\u2019exécuteurs de la sentence qu\u2019il y aura de bras parmi nous.\u2014Ma foi, \u2014 répliqua Denis,\u2014 tout cela me semble parfaitement juste, et je jouerais très-volontiers du couteau ou du pistolet a l\u2019endroit de celui qui, par ses délations, voudrait me faire prendre ou écarteler.\u2014J)ans ce cas,\u2014 reprit le major,\u2014 nous nous entendons sur tous les points.Hermann, apporte-moi une ceinture, un poignard et des pistolets.L\u2019homme que le chef venait de nommer Hermann sortit de la petite hutte.Il y entra au bout d\u2019un instant, apportant les objets demandés.Le ma jor s\u2019approcha de notre héros.11 lui entoura les reins d\u2019une ceinture de cuir assez semblable à un ceinturon d\u2019épée.Il passa dans cette ceinture les pistolets et le poignard ; puis, se reculant de deux ou trois pas, il dit avec une sorte de solennité:\u2014 Jean Denis de Poulailler, à partir de ce moment, tu es des nôtres.Usant de mon droit de capitaine, je t\u2019admets à faire partie de la compagnie îles Chevaliers
de

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