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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 2 décembre 1893
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1893-12, Collections de BAnQ.

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[" PAR ANNEE, $2.50 MONTREAL, 2 DECEMBRE 1893 NO.26 VOL V LE NUMERO 5 CTS )rte-crayon, nu «¦SSI MESSAGER ELOQUENT ymr\\ WmM wm « :r^ ssssss « «ü V' S'XNO\\\\\\ \\\\\\ H N$Çi5ÿ?^; pdKi : off , ïfi* O.limier XMU itim^ iffai asm xaiiuw: u^i > «iij 3KQ~) pj (pi Mmi w* ¦»~T~riiu i.\u2019âüwÿ), LE SAMEDI LA LEÇON D\u2019ANATOMIE DE GRAND\u2019MÈRE A TOTOTE 1 a connais déjà bien notre humaine structure, La forme de nos os, leur diverse nature : Les os longs, les os plats ; tu ne confondrais pas L\u2019occipital avec le pariétal, le tas J)es petits os d\u2019oreille, étrier, puis l\u2019enclume, Ni le lenticulaire.Déjà ton front s\u2019embrume : Ne parlons du thorax, ni des longs os des bras Et des jambes,\u2014fémurs, péronés et tibias,\u2014 Ni des mains, ni des pieds,\u2014calcanéum, phalanges; Lu sais tous les nommer.Les organes étranges Que nous possédons tous,\u2014poumon, éponge à l\u2019air, Où rougit notre sang, vivifiant la chair ; Le foie et l\u2019estomac ; la poche biliaire Pour la digestion ; la glande salivaire Ou pancréas ; le cœur.Enfin, nous y voilà ! De que je vœux t\u2019apprendre est tout justement là.Jusqu\u2019ici tu croyais que ce gros muscle cœur, Où l\u2019on place l\u2019amour, ce héros, ce vainqueur De notre humanité, est chez nous tous le même ?Non pas, mou chérubin ; plus ou moins chacun aime ; Mais voici l\u2019étonnant : la grand\u2019mère en a deux ?Le muscle se dédouble en devenant plus vieux : C est donc un ecre à part, une vieille grand mère, Que Dieu fit tout exprès pour adorer sur terre Ses angelots;\u2014deux cœurs, faits comme deux bons nids : Ln petit, pour les grands, un grand pour les petits ! Jane Blanchon.toujours la même histoire Le patron.\u2014Voilà l\u2019idéal du restaurant ! Entrons ici.Je me rappelle il y a quinze ans, qu\u2019on m\u2019a servi ici un poulet tendre à fondre dans la bouche.Le commis (après le repas).\u2014Bien sûr, monsieur, que celui-ci doit être le frère jumeau du poulet dont vous parliez.UN DIPLOMATE Lustucru.\u2014Tu as su ce qui est arrivé à notre ami Tournevite 1 Après avoir dansé huit valses de suite, il est mort d\u2019une attaque d\u2019apoplexie.Le Poussif (J=3t= lV, \u2014p 'n ¦-/*>.\t\u2022 J ! I y i f / ifI /\u2022 14 \\v h % Y , Vf 5V V; m \u2022l ) i; V 1/ m \\ W N/ (Au restaurant) Le premier client (très pressé).-Pardon, monsieur, mais ce garçon est à moi.Le second client.\u2014Je ne doute pas que ce soit votre garçon ; mais il est mon traiter.épouvanté, et, fermant les yeux, répondit avec un bel accent convaincu et sincère, qu\u2019on sentait venir du fond de sa conscience : \u2014Oh ! monseigneur ! pouvez-vous supposer 1 Jamais ! Jamais ! Jamais je n\u2019ai mangé de chair humaine.je prenais seulement les pommes de terre qui était autour ! UN MOT DE TROP Monsieur revient d\u2019un dîner avec une humeur massacrante.Et madame lui demande : Elle.\u2014Comment t\u2019es tu amusé 1 Lui.\u2014Pas du topt.Elle.\u2014Qu\u2019est-ce qui faisait défaut ?La volaille ?Lui.\u2014Oui, trop vieille.SOUVENT L\u2019HOMME VARIE ETC.Elle.\u2014Et le veau ?Lui.\u2014Trop jeune Elle.\u2014Et le potagç ?Lui.\u2014Trop maigre.Elle.\u2014Et le mouton Lui.\u2014Trop gras.Elle.\u2014Et le claret ?Lui.\u2014Trop pauvre.Elle \u2014Et la pâtisserie 1 Lui.\u2014Trop riche.Elle.\u2014 Et Lui.\u2014Trop molle.Elle.\u2014Et les gâteaux ?Lui.\u2014Trop durs.Elle.\u2014Et les cigares ?Lui.\u2014Trop forts.Elle \u2014Et le cafe ?Trop faible.Et le champagne Trop sucré.Et ton humeur ?Trop amère, f r lu û/Jiy c\u2019est a-dire, .tiens, chère, n\u2019en parlons plus Mais -il était trop tard, et madame se retira contente d\u2019avoir rempli son de- voir Monsieur Tonnerre de Brest, à la pêche.\u2014Faut repeupler nos rivières.Deux heures que ça n\u2019a pas mordu Monsieur Tonnerre de Brest, chea, lui.\u2014Toujours en retard à la cuisine ! Est-ce que j\u2019ai le temps d\u2019attendre, moi 1 12 LE SAMEDI CHIMÈRES Entre l\u2019espérance et le doute, Poussés dans un sens différent, Les hommes poursuivent leur route, Comme l\u2019éternel Juif-Errant.Un pouvoir terrible les presse ; Pénétrés d\u2019aiguillons subtils, Fatalement l\u2019âme en détresse, Us marchent sans cesse; où vont-ils?Sacrifiant la proie à l\u2019ombre, Us vont en évitant leur sort ; Cherchant des chimères sans nombre Et n\u2019atteignant rien que la mort.Tel homme, oubliant tout au monde, Prend le bonheur pour un métal, Et dans son ardeur furibonde Livre la chasse au capital.Celui-ci, dans une fumée Trouvant des charmes souverains, Voudrait, grâce à sa renommée, Etonner ses contemporains.Celui-là veut parler en maître Aux esclaves qu\u2019il fait mouvoir, Et croit augmenter son bien-être En agrandissant son pouvoir.L\u2019un, sans y découvrir la lie, Vide la coupe du plaisir, S\u2019enivrant jusqu\u2019à la folie Et jusqu\u2019à lasser le désir.Un autre avec sollicitude Ouvre les trésors de son cœur, Ignorant que l\u2019ingratitude [queur.Les foule aux pieds d\u2019un air mo- Le bonheur des âmes d'élite Est dans leur générosité, Comblant l\u2019amitié parasite Qui fuit devant l\u2019adversité.U faut se garder de l\u2019épreuve, Lorsqu\u2019on veut garder l\u2019amitié : Une amitié sincère et neuve Dure une année.ou la moitié.A caresser quelque chimère Qui de nous ne s\u2019est abîmé ?Et quel fils aim ra sa mère Comme lui-même en fut aimé?Oh ! combien de fois dans le vide Notre cœur n\u2019a-t-il pas vibré ?Est-il pour notre cœur avide Un amour bien équilibré ?Chimères ! tout n\u2019est que chimères ! Rien n\u2019est réel que le néant ! Chimères, les jours éphémères Que Dieu nous donne en nous créant! Chaque illusion tombe, tombe, Comme les feuilles sous le vent ! De l\u2019homme en deçà de la tombe II reste un cadavre vivant.Dans ce monde il est dérisoire De rêver un bonheur parfait.Le plaisir le moins illusoire Est dans le seul bien que l\u2019on fait.Achille Magnier.UN TOUR DE CHIEN iiùîii \\ i/.pëïï ¦*\u2019^5 s/'À 4 PN-,1 wm, \\ m 7 v* /jJ //, *' W/ IsiïM ÉM I\t(Au restaurant)\tII Le ventriloque à son chien.\u2014Eh ! bien, Carlo, avec quoi dé-jeunes-tu ce matin ?III Un des habitués du restaurant.\u2014Ah ! par exemple ! un chien qui parle ! L\u2019ami ! Combien pour ce chien ?Yt fu 'Jzm v Tn ' H g^' ![01/ v~- a- {/Ai mmmm Carlo, (par Ventremise du ventriloque).\u2014Je suis fatigué du beef steak.Fais-moi venir un chat bien saignant.Je le préfère vivant.Le ventriloque.-T>e\\xx cents dollars.Et si je le vends, ce n\u2019est que parceque ma chienne vient [d\u2019avoir cinq petits de lui.ror/'ù- ! \\ mm ! , Ml mm gglg L\u2019habitué.\u2014C\u2019est cher !.Enfin ; voilà.\tLe chien sous le bras de l\u2019acheteur.\u2014Tu m\u2019as vendu, mon maître ! Je ne parlerai plus, jamais, jamais, jamais, jamais ! c \u201cJ vu Le ventriloque.\u2014Eh ! bien ! Je bois à la bêtise humaine.PINCÉE DE CONSEILS Tout le monde soit que les fleurs tropicales voyagent très bien l\u2019hiver, enveloppées avec du papier de soie, dans des paniers à claire voie en canne de Provence.L\u2019été, on les expédie par colis postal ou par la poste, dans des boîtes de bois.Mais il faut prendre la précaution de tremper ces boîtes dans l\u2019eau une heure avant d\u2019y placer les fleurs ; autrement, celles-ci céderaient leur humidité au bois sec en voyageant et arriveraient fanées.MOYEN DE PRODUIRE DE LA GLACE INSTANTANÉMENT Prenez un verre de montre et touchez, avec la partie convexe, de l\u2019eau placée dans un vase quelconque, de manière qu\u2019une goutte reste suspendue au verre; versez ensuite goutte à goutte de l\u2019éther dans le verre de montre lui-même en soufflant légèrement.L\u2019évaporation rapide de l\u2019éther rendra le verre si froid que la goutte d\u2019eau, encore adhérente, sera congelée.COLLE POUR PAIRE ADHÉRER DU PAPIER SUR DE LA TOLE Mélanger du plâtre avec de la colle forte jusqu\u2019à la formation du mélange bien homogène.On étend avec une brosse un peu rude et on obtient ainsi l\u2019adhérence non seulement du papier fort, mais même du carton sur de la tôle de fer ou sur du marbre.NETTOYAGE DES LAMPES A PETROLE A l\u2019approche de l\u2019hiver, nos lecteurs nous sauront peut être gré de leur donner une recette pour nettoyer convenablement les lampes à pétrole.On prépare un lait de chaux léger, avec de la chaux éteinte et de l\u2019eau.Avec ce lait de chaux, on lave la lampe qu\u2019il s\u2019agit de nettoyer, ou le vase ayant contenu du pétrole que l\u2019on veut rendre à un autre usage.Le lait de chaux et le pétrole forment une émulsion, c\u2019est-à-dire se combinent en une sorte de savon.Si l\u2019on veut obtenir une plus grande netteté et enlever jusqu\u2019à la moindre trace d\u2019odeur, on lave une seconde fois les vases avec du lait de chaux, dans lequel on a mélangé une petite quantité de chlorure de chaux.Le chauffage du lait de chaux rend l\u2019opération plus rapide.POUR PRÉSERVER LES BORDS DES TAPIS D\u2019eS-CALIER Le coupant des tapis d\u2019escalier s\u2019use d\u2019ordinaire avec le reste, à cause du frottement des pieds.Le tapis en trè3 peu de temps devient ainsi malpropre ; il faut le remplacer par un tapis neuf ou le restaurer tant bien que mal.Pour empêcher cela, il n\u2019y a qu\u2019à coller des morceaux de papier gris sur le tranchant de la marche avant d\u2019étendre le tapis.Le frottement du tapis sera ainsi amoindri considérablement, et, le tapis durera deux ou trois fois plus que dans les circonstances ordinaires.NOUVELLE ADRESSE En police correctionnelle : \u2014Prévenu, votre domicile 1 \u2014Poste restant^ mon président. LE SAMEDI 13 SON PARFUM EST EXQUIS m Madame Jeunemariée.\u2014Excusez-moi, monsieur Smith, mais auriez-vous l\u2019obligeance de me dire quel est le cigare que vous fumez?Son parfum est exquis, tandis que ceux que fume mon mari empestent la maison.Monsieur Smith.\u2014C\u2019est le cigare \u201cNectar\u201d, madame.FEUILLETON DU SAMEDI LE ROI DES GUEUX TROISIÈME PARTIE LA MAISON DE PILATE VI AVENTURES DE BOBAZON ( Suite ) Des femmes moins robustes que Brigida, mais aussi mal peignées et dans le plus simple appareil, se penchèrent au dehors et agitèrent, qui leurs jupons, qui leurs coiffes, qui la toile de leurs matelas, l\u2019enthousiasme était sincère.\u2014Au saint Esteban ! criait-on de toutes parts, au saint Esteban d\u2019Antequerre roi des gueux, maître de la Grandesse, prince de l\u2019Eldorado ! La bannière, qui portait d\u2019un côté l\u2019image du grand Gafreclado (lépreux), le Charlemagne de la monarchie gueusante, tout entourée de flammes, présentait, de l\u2019autre, le portrait d\u2019un homme barbu couronné de feuillage, au-dessous duquel on lisait, brodé en or, le nom de saint Esteban.Evidemment la procession se faisait en l\u2019honneur de ce puissant personnage.\u2014Matalon, mon cousin, dit Bobazon pre-'nant tout à coup un parti décisif, as-tu voulu jouer un méchant tour à l\u2019homme qui t\u2019a bercé sur ses genoux, là-bas, dans notre chère Estramaclure ?\u2014J\u2019ai voulu faire ton bonheur, cousin, répliqua Escaramujo ; mais, du moment que tu refuses, je ne peux plus rien pour toi.Ici nous n\u2019avons ni parents, ni amis, ni frères ni pères., .c\u2019est la grande famille qui nous tient lieu de tout cela.au saint Esteban ! au saint Esteban ! Ce fut le signal d\u2019un hurlement unanime.La procession entourait déjà nos deux cousins d\u2019Estramadure et faisait un tel tapage, que le jeune Escaramujo, délicat et efféminé, se boucha les oreilles.Bobazon, au contraire, se mit du premier coup au diapason commun.Il lança son chapeau en l\u2019air et cria comme un sourd : \u2014Au saint Esteban ! mes dignes amis, au saint Esteban ! \u2014Qui est ce rustre ?demandaient les nouveaux venus.\u2014Mes chers seigneurs, répondit Bobazon, tandis que le galant Escaramujo le contemplait tout ébahi, vous voyez en moi un candidat à la gueuserie.Je viens pour cet objet du fin fond de l\u2019Estramadure ; et mon jeune cousin que voilà m\u2019a promis qu\u2019en considération de cette fête solennelle on me recevrait gratis, moi pauvre homme, qui n\u2019ai ni sou ni maille pour payer ma bienvenue.Voilà trois ans que j\u2019amasse, maravédis à maravédis, une petite somme pour faire le voyage de Séville et me joindre à votre illustre association.Je voudrais avoir tous les trésors du monde pour vous les offrir.Ayez égard au respect que je vous dois et à la sincère vocation qui m\u2019a fait quitter mon pays, ma famille, tout ce que j\u2019aimais, pour entrer, en si bas grade qu\u2019on veuille me conférer, dans votre vénérable confrérie ! \u2014Comment ! effronté compère ! commença Escaramujo.Les autres disaient : \u2014Il parle bien, l\u2019estremino 1 Bobazon venait d\u2019apercevoir dans la foule Gabacho, plus ivre que jamais, et sa forte compagne Brigida.\u2014Là-bas, dans nos montagnes, reprit-il, la gloire de votre confrérie a pénétré.Le grand Galefado nous est connu, ainsi que le saint Esteban et bien d\u2019autres.L\u2019un de vous ne s\u2019appelle-t-il point Gabacho, et n\u2019a-t-il point uni son sort à une incomparable dame qui a nom Brigida ?\u2014Je te prends sous ma protection, étranger ! dit le faux aveugle.\u2014Puisque tu es le cousin de notre ami Escaramujo.commença en même temps Brigida.\u2014Si tu souffles mot, murmura Bobazon à l\u2019oreille du séducteur qui faisait mine de protester,\u2014je raconte comme tu sais bien sauter par les fenêtres ! Les guitares grincèrent, la bannière s\u2019agita.\u2014Un mot encore, reprit Bobazon.Quelqu\u2019un ici se connaît il en chevaux ?Voilà deux bêtes fatiguées par un long voyage, n\u2019es-ce pas ?Eh bien ! voyez comme elles se tiennent après cent lieues faites en trois traites par des chemins d\u2019enfer ! C\u2019est le pur sang des montagnes, aussi vrai qu\u2019il fait jour à midi.Je les amène des pays au-delà du Tage parce que l\u2019intendant des écuries royales veut croiser les races d\u2019Estramadure avec la race andalouse.Si j\u2019avais su seulement mon chemin dans Séville, j\u2019aurais trois cents douros d\u2019argent dans mon escarcelle.C\u2019est réglé ; l\u2019intendant l\u2019a promis.Mes amis, mes nouveaux frères, je vais vous faire connaître dès cette première heure l\u2019étendue de mon désintéressement : ne pouvant vous offrir en totalité cette somme qui est le pain de ma nombreuse famille, je veux cependant payer ma bienvenue parmi pour vous comme si j\u2019étais le füs d\u2019un roi.L\u2019affaire est d\u2019or, je vous en préviens.Cotisez-vous, rassemblez mille réaux, prix que j\u2019ai déboursé pour les deux bêtes, je vous les céderai de bon cœur.\u2014Oh ! oh ! fit-on avec défiance, mille réaux ! \u2014Et demain, continua Bobazon, quand elles seront reposées, vous les conduirez à l\u2019intendant, qui vous comptera trois cents douros ou six fois votre déboursé, je vous le jure sur l\u2019espoir de mon salut éternel.\u2014Pour le coup, tu es hardi coquin ! gronda Escaramujo.\u2014La paix, Matalon, ou gare au mari ! fit tout bas notre Bobazon.Puis à l\u2019oreille de Brigida : \u2014Un coup d\u2019épaule, senora, pour le cousin du gentil Escaramujo ! \u2014Saint Barnabé ! s\u2019écria aussitôt l\u2019énorme femme, manquerons-nous l\u2019occasion ?Je me connais en bidets, moi qui allait de foire en foire.Gabacho, mon homme, mets un douro, tu gagneras en proportion du bénifice de la vente.\u2014Un douro ! fit l\u2019aveugle avec dédain ; j\u2019ai bu ce matin du vin qui coûte son pesant d\u2019or.Je suis l\u2019ami du duc ! Quand mon gousset sera vide, ne sais-je pas le chemin de la maison de Pilate ?Bobazon tendit son chapeau.\u2014Le seigneur Gabacho pour deux onces d\u2019or, dit il : l\u2019intendant des écuries lui en rendra douze.Gagnez de l\u2019argent, mes amis, pendant que l\u2019occasion y est.Six mille réaux pour mille ! Au chapeau ceux qui veulent participer à une bonne aubaine ! VII LA GRANDESSE L\u2019argent ne manquait pas dans cette foule déguenillée ; l\u2019avidité abondait.Les réaux tombèrent comme une pluie dans le chapeau de l\u2019heureux Bobazon.\u2014Oh ! que mon cœur est gai ! disait-il ; je procure du bénifîce à mes bons frères ! La procession cependant continuait de descendre la tuelle.La ruelle donnait sur un assez vaste champ, poudreux et coupé de fondrières où croupissaient trois ou quatre mares.Une ville entière de masures hétéroclites entourait ce forum de la gueuserie, où grouillait la grande famille des mendiants andalous.L\u2019entrée de la ruelle, qui débouchait sur la place, était fermée par une barrière de bois, en vertu du privilège royal de 1427, qui permettait à la confrérie de se clore et de poser des sentinelles armées à la porte de son quartier.De l\u2019autre côté de la place, une rue plus large, mais tortueuse et d\u2019aspect misérable, était également terminée par une barrière flanquée de deux petites tours en torchis, défendues par un fosssé que traversait un pont-levis.Il n\u2019y avait point d\u2019eau dans le fossé, où des broussailles formaient un précipice de verdure.Le pont-levis était fixé à la rive par des crampons de fer à demeure.Les deux tourelles s\u2019en allaient en ruines, et les sentinelles n\u2019avaient pas été placées en faction depuis cent ans ; mais le droit existait : nul rescrit nouveau n\u2019avait rapporté le privilège royal.On calculait que la cité des gueux proprement dite pouvait contenir de douze à quinze cents familles, mais nombre de ménages de mendiants logaient au dehors, et c\u2019était tout le quartier environnant qui portait le nom de Grandesse.Le Packers (pot-au-feu), comme on appelait cette place, était un quartier général et un endroit officiel de réunion.Il n\u2019était nullement défendu par les statuts aux membres de la confrérie d\u2019habiter les autres portions de la ville.Mais, sinon par devoir, du moins par convenance et habitude, tous les gueux de Séville venaient prendre là leurs recréations et leurs repas.Un hangar fort spacieux, qui portait aussi un nom culinaire, Gaspacho, occupait tout le côté méridional de la place et s\u2019entourait littéralement de cuisines installées dans des trous à fleur de sol, auxquelles deux ou trois planches supportées par des pieux servaient de toits.Le gaspacho, mets éminemment national, et tout aussi triomphant que la alla-podrida 14 LE SAMEDI elle-même, est une sorte de salade composée d\u2019oignons comme base, de vinaigre ou de vin de lait caillé, de safran, de moutarde, de poivre, de sel et de bien d\u2019autres choses.Un aimable cavalier qui a mangé du gas-pacho peut se passer de parfums pendant plusieurs semaines.C\u2019est du gaspacho que partaient ces bonnes odeurs de victuailles qui avaient enflé les narines gourmandes de notre Bobazon.Au moment où la procession débouchait sur le Puchero, la place entière était splendidement pavoisée de lambeaux multicolores de benderoles déguenillées et de bannières qui, .toutes, rendaient honneur au saint Esteban.Tout le long du hangar et des principales demeures, on voyait des chandelles collées à la muraille et toutes prêtes pour l\u2019illumination du soir.Partout flottaient les bannières des differentes paroisses, car la gueuserie de Séville se divisait ainsi, selon les habitudes de chacun de ses membres, en groupes qui portaient le nom de chapelles ou des églises spécialement exploitées par eux.Les enfants et les femmes abondaient.Il y avait, ma foi ! de belles filles, drôlement accoutrées, et des chérubins souriants dans cette foule où dominait la laideur.On dansait en plusieurs endroits de la place.Personne n\u2019ignore qu\u2019en Espagne la danse est un spectacle bien plus qu\u2019un jeu.Les seguedilles, les zapateados, les manche-gas et les jotas allaient leur train, suivant la nationalité des exécutants, qui tournaient, qui bondissaient, qui se posaient avec un zèle extrême.Cela n\u2019était pas beau, mais un civilisé eût été franchement étonné de ces ardeurs sauvages.La-danse a ses férocités.Sous le hangar enfin, presque toutes les tables étaient servies et bien entourées de convives qui causaient gravement et buvaient à la santé du roi des gueux.C\u2019était en effet la bienvenue du roi des gueux, saint Esteban.Ce Dieu faisait ces loisirs à ses fidèles.Dès le matin, les préparatifs de la fête, avaient mis tout en émoi dans la Grandesse.Les cabaretiers et les marchands de potage avaient placé au-devant de leurs boutiques des écriteaux annonçant qu\u2019on pouvait boire et manger gratis.Nul n\u2019avait vu le roi depuis la veille au soir.La maison qu\u2019il habitait, un peu plus grande que les autres, et située à l\u2019extrémité la plus occidentale du Puchero, restait close.Personne n\u2019aurait su dire qui avaient transmis ses ordres, car il ne paraissait point avoir d\u2019affidés particuliers parmi les gueux, mais le fait existait : les largesses étaient faites, le vin coulait, l\u2019huile frémissait dans la poêle, la viande fumait et pétillait sur le gril.Bobazon, le nouveau frère, arriva jusqu\u2019à Gaspacho, escorté par la procession reconnaissante et par de nombreux fainéants dont elle s\u2019était grossie en chemin.Les deux chevaux étaient déjà au pouvoir des gueux, qui admiraient de bonne foi ces échantillons du pur sang de la montagne.En échange, Bobazon avait les mille réaux dans son gousset.Escaramujo désormais contemplait son cousin avec un étonnement mêlé de respect.Cette façon de payer sa bienvenue en levant un impôt sur l\u2019ensemble de ces maigres escarcelles prouvait assurément un génie extraordinaire.Bobazon n\u2019en était pas plus fier.Heureux d\u2019avoir procuré à l\u2019association cette excellente affaire, il allait d\u2019un air bonhomme, songeant à bien dîner, et se demandant par quelle industrie il se procurerait la clef des champs au dessert.Escaramujo le suivait comme_un chien, disant à tout le monde : \u201c C\u2019est mon cousin ! \u201d Il joua des mains et des coudes pour lui faire une place à la grande table d\u2019honneur qui occupait le centre du Gaspacho.\u2014Jeune étourneau, lui dit Bobazon d\u2019un ton protecteur, tu mériterais d\u2019être tancé pour avoir voulu railler un homme de ma sorte, mais les souvenirs de famille sont chers à mon cœur.Je te promets un demi-cent .de réaux pour ta discrétion, et je ne dirai rien au mari de cette femme moustachue qui a une faiblesse pour toi.La grande table était fort bien entourée ; tous les pères conscrits de la gueuserie et tous les jeunes tribuns à qui leurs talents précoces avaient conquis une grande importance, étaient là rassemblés.Nous eussions retrouvé là l\u2019élite de nos amis du perron de Saint-Ildefonse : le centenaire Picaros, Gen-gibre, le maître des ulcères ; Domingo, nègre habile ; le muet Raspadillo, Moscatel, compatriote du saint Esteban ; l\u2019éloquent et noble Manoël Palabras, et enfin Caparrosa, l\u2019orgueil de la confrérie, soit par sa tenue de souffreteux, soit par sa valeur d\u2019homme politique.Gabacho, chancelant sur ses jambes avinées répondit du nouvel arrivant, qui était le bienfaiteur de l\u2019association.Les deux chevaux curieux et précieux dont il avait fait hommage à la confrérie étaient en sûreté sous le hangar, où ils mangeaient enfin à leur aise après un si long jeûne.\u2014O mes amis, dit le sage Picaros, ce que vient de nous apprendre notre frère Caparrosa est grave et doit nous faire réfléchir.Mous vivons dans un malheureux temps et les règles de notre ordre nous oblige de rester en dehors de toutes ces agitations et de toutes ces violences.Nous avons d\u2019ailleurs un chef.\u2014Je n\u2019ai pas achevé, interrompit Caparrosa d\u2019un air sombre.\u2014Parle ! parle ! Caparrosa, fit-on de toutes parts.Bobazon avait déjà la bouche pleine, mais il ne perdait pas une parole de tout ce qui se disait autour de lui.Comme il vit que Caparrosa fixait sur lui ses regard défiants, il lui adressa un sourire amical, sans discontinuer le zélé travail de ses mâchoires.Caparrosa ne fut point désarmé.\u2014Nous ne connaissons pas ceffii-ci, dit-il entre haut et bas.\u2014Celui-ci te connaît, mon fils, répliqua Bobazon doucement ; celui-ci pourrait te dire combien de réaux tu as reçus ce main, dans la salle basse de l\u2019hôtellerie de Saint-Jean-Baptiste.\u2014Un espion ! gronda le jeune gueux qui fronça le sourcil, tandis que l\u2019assistance de-venait attentive.\u2014Non pas ! mais un gaillard qui en sait plus long que toi, mon fils, et qui pourrait gagner le pain de ses vieux jours à révéler seulement ce qu\u2019il a pu apprendre par hasard.Tu parles du comte-duc.pourrais-tu dire où est présentement sa fille ?\u2014Sa fille ! répéta Caparrosa.\u2014Bien, bien, mon garçon ! Je vois que tu n\u2019est pas ferré sur les évènements du jour.Va à l\u2019école si tu veux : les petits enfants t\u2019apprendront la devise qui est autour de l\u2019écusson aux trois éperons d\u2019or.On échangea des regards tout autour de la table.Nous connaissons déjà l\u2019art que possédait Bobazon de parler les langues qui lui étaient inconnues.Il tirait parti de tout.\u2014Le fait est, dit Raspadillo, que la fille unique du comte-duc a été enlevée aujourd\u2019hui, à l\u2019heure de la sieste, dans la propre litière de son père, portée par deux gitanos que nous connaissons tous : Ismaël et Soliman.\u2014Pour le comte de qui, mon frère ?reprit Bobazon avec triomphe.Si j\u2019étais ue espion, comme le dit ce joli garçon que je porterais à bout de bras autour des ramparts de la ville, combien penses-tu que le saint-office me payerait ma journée ?Et le ministre combien ?Ah ! ah ! vous ne voulez pas parler devant moi ! On conte chez nous l\u2019histoire de cette chandelle qui se cacha sous l\u2019éteignoir, par crainte de la jalousie du soleil.Lst-ce le sou de cuivre qui a peur d\u2019être volé par la pièce d\u2019or ?Je mange et je bois, mes frères.A bon entendeur, salut ! Ai-je l\u2019air d\u2019un homme qui tombe de la lune ?Vous avez un chef, quelqu\u2019un d\u2019entre vous a dit cela.Moi, j\u2019ajoute: Votre chef a peut-être des serviteurs.\u2014C\u2019est l\u2019homme du saint Esteban ! murmura le sage Picaros, qui prit aussitôt une tenue respectueuse.Le mot courut de bouche en bouche.Gabacho secoua la tête et grommela entre ses dents : \u2014Je ne l\u2019ai pourtant pas vu à la maison de Pilate.Bobazon remit de nouvelles provisions sur son assiette, après quoi il but un large coup.\u2014On vous prie de parler, l\u2019ami, poursuivit-il en s\u2019adressant à Caparrosa d\u2019un ton péremptoire.\u2014Vous-même, répliqua celui-ci, n\u2019avez-vous rien à nous dire de la part de celui que vous servez ?\u2014Oh ! oh ! se récria Bobazon, qui eut un rire mystérieux, je sers quelqu\u2019un à ce qu\u2019il paraît.Qui dit maître dit libre, ou je ne sais plus causer en espagnol.S\u2019il se cache, c\u2019est qu\u2019il ne veut pas qu\u2019on le voie.Buvez, mes frères ! Il mettait à profit, avec une adresse infinie toutes les paroles, tous les demi-mots qu\u2019il avait pu saisir à la volée depuis son entrée dans l\u2019enceinte de la Grandesse.\u2014Eloignez les enfants et les femmes ! commanda Caparrosa.\u2014Mille onces d\u2019or à qui retrouvera la fille de Guzman, qui est perdue, put dire Mara-vedi avant d\u2019être poussé hors du Gaspacho ; on crie cela autour de l\u2019Alcazar ! Toutes les femmes s\u2019approchent dès qu\u2019on parle de les éloigner.Elle arrivèrent autour de la table comme un flux.Il y eut une bataille.On ne peut pas dire que la force resta du côté de la barbe, car ici la barbe appartenait aux deux sexes, mais ces dames, violemment refoulées, allèrent maudire et danser ailleurs.Quand l\u2019aristocratie de la gueuserie fut isolée suffisamment, Caparrosa reprit avec gravité ; \u2014Qui que vous soyez, mon frère, expliquez-vous ; nous vous écoutons.Il n\u2019y avait pas là une paire d\u2019oreilles qui ne fût avidement ouverte.Bobazon eut pour la seconde fois un sourire énigmatique et moqueur.\u2014Mille onces d\u2019or, commança-t-il en baissant la voix, à qui retrouvera la fille de Guzman, qui est perdue.On crie cela autour de l\u2019Alcazar.Si je voulais.\u2014Si vous vouliez.fit Caparrosa, dont l\u2019œil cave lança un éclair.Et tous se dirent les uns aux autres : S\u2019il voulait.Ceux-là sont crédules entre tous qui vivent de supercherie et de mensonges.Bobazon laissa la cupidité passionnée se peindre sur tous les visages, puis il reprit en baissant la voix, comme s\u2019il eût parlé seulement pour lui-même : \u2014Mais l\u2019arrêt prononcé doit s\u2019accomplir ! \u2014Quel arrêt ?murmura-t-on autour de la table.En vérité, ils n\u2019osaient plus interroger tout haut.Ce nouveau venu dépassait les assistants de toute la tête. LE SAMEDI 15 Il fit mine de chasser tout à coup son rêve, et reprit : \u2014Elle est noire, n\u2019est-ce pas, la litière cle-Son Excellence le comte-duc ?\u2014Toute noire.\u2014Je suis étranger, mes frères.Il m\u2019est permis de vous demander si, dans Séville, les ministres du roi ont coutume de se faire porter par des jeunes filles ?\u2014Il sait tout ! gronda Caparrosa.\u2014Il sait ce que vous ne savez pas, mes frères.Les morts vont et viennent dans votre ville.Avant de servir à l\u2019enlèvement de la fille de Guzman, la litière de Guzman a porte' un fantôme.J\u2019ai vu deux anges aux longs cheveux tenir les brancards, et j\u2019ai vu la face livide du spectre.\u2014C\u2019était enfin un corps mort que la litière contenait quand elle est rentrée à l\u2019Alcazar, murmura Caparrosa.Il sait tout ! \u2014J\u2019étais présent, ajouta Gengibre : le corps du pauvre Echadiz, qui fut pendu, voilà quatre jours, pour avoir mal parlé du comte-duc.\u2014Et que diable tout cela veut-il dire ?s\u2019écria Nestor Picaros, perdant plante et patience au milieu de ce bourbier d\u2019énigmes.\u2014Cela veut dire, répliqua un nouvel arrivant, Mazapan le paralytique qui accourait à grands pas incertains et avinés, cela veut dire qu\u2019Esteban d\u2019Antequerre a enfin découvert le vrai nom de sa noble famille.Il avait été enlevé par des pirates de Tanger dans sa toute petite enfance,.un jour qu\u2019il jouait à la fossette sur le bord de la mer, de l\u2019autre côté de Xerez.Demandez à cet ivrogne de Gabacho, qui vient de déjeuner avec moi à la table du duc de Medina-Celi ! \u2014Ce malheureux est ivre ! dit Caparrosa avec dédain.Bobazon était déjà tout oreilles.\u2014Toi, Mazapan ! fit-on de toutes parts, tu as déjà déjeuné à la table du bon duc ?\u2014Et toi aussi, Gabacho ?\u2014Ce n\u2019est pas moi qui ai trahi le secret, prononça ce dernier avec gravité.Pensez-vous qu\u2019un homme tel que moi soit déplacé à la table d\u2019un grand d\u2019Espagne ?Mazapan saisit le flacon.\u2014Voilà un duc ! balbutia-t-il ; il m\u2019a demandé des nouvelles de l\u2019Infante.L\u2019infante était la Brigida de Mazapan.\u2014Et quel vin ! reprit le faux aveugle avec attendrissement.Il a demandé aussi des nouvelles de Brigida.où est-elle la Brigida ?Ce n\u2019est pas moi qui ai trahi le secret ! Il voulut boire mais il avait trop bien employer son temps, sa main lâcha son verre ; Mazapan le poussa rudement et l\u2019envoya dormir sous la table.Il prit sa place ; avant de s\u2019endormir lui-même du lourd sommeil de l\u2019ivresse, il dit avec emphase : \u2014Soyons discrets, cela vaut de l\u2019or.Le duc de Medina-Celi est Esteban d\u2019Antequerre.VIII AUX ARMES ! Bobazon ne connaissait ni le duc de Medina-Celi ni Esteban d\u2019Antequerre ; Bobazon était tout uniment un fils obéissant, qui suivait les conseils de son père.Il marchait avec un sang-froid héroïque dans ce sentier tout semé de brouissailles où le hasard l\u2019avait jeté.Il écoutait, il observait il plaidait le faux pour savoir le vrai, selon l\u2019expression proverbiale.Il tâchait, en un mot, de savoir pour vendre de suite sa science.Sa vocation, nous l\u2019avons dit, était de battre monnaie par tous moyens et à tout prix.La conspiration se promenait aujourd\u2019hui dans Séville à visage découvert.Dix fois, de- puis le matin, Bobazon l\u2019avait rencontrée.Son tort était de penser qu\u2019on pût gagner de l\u2019argent à vendre une conspiration si naïve et si bonne fille.Son tort était de ne point savoir que, derrière ces conspirations qui passaient, il y a presque toujours d\u2019autres conpirations,\u2014les vraies,\u2014marchent dans l\u2019ombre, celles-là, résolues, voilées, muettes.Nous le trouvons déjà bien assez habile pour un balourd du fin fond de l\u2019Estrama-dure.Laissons le se faire aux bonnes habitudes des villes, et sans doute il acquerra de l\u2019usage.Sa force était dans son imperturbable faculté de mentir.Parmi les honnêtes gens, la franchise est la meilleure et la plus sûre de toutes les diplomaties.A Séville, sous Philippe le Grand, chez les gueux et aussi ailleurs, le mensonge était une valeur.Bobazon trompait par intinct, comme les autres boivent, mangent ou respirent ; il ajoutait à ce talent naturel la bonne et belle pesanteur, la gaucherie, la simplicité de cet âge d\u2019or qui continue de florir dans les campagnes ; il couronnait le tout par un égoïsme villageois robuste, ample épais, c\u2019était un gaillard bien armé.L\u2019assemblée des gueux était montée à un certain diapason.Il y avait agitation parmi les hôtes de la Grandesse, d\u2019ordinaire si paisibles et si prudents.Bien des dames-jeannes avaient été vidées.Depuis quelques semaines, d\u2019ailleurs, le vent soufflait aux aventures.Nous avons vu, sur le parvis de Saint-Ilde-fonse, l\u2019élite de la confrérie barrer le passage aux alguazils et protéger la fuite de de Men-doze conduit par le marquis de Pescaire.Le grand Gafedado eût blâmé cela.Il est certain, en outre, que, depuis la veille, Séville tout entière était dans un courant de bizarres évènements.Les nouvelles les plus incroyables allaient et venaient ; le pouls de la cité battait la fièvre.Les gueux participaient à ce trouble de la santé politique ; ils avaient de plus leur fièvre particulière : la menace d\u2019expulsion suspendue sur leurs têtes et leurs franchises abolies ; ce n\u2019était pas l\u2019envie de se révolter qui leur manquait ; ils eussent voulu seulement se révolter à couvert et faire une gueurre où l\u2019on ne fût point obliger de se battre.Malgré leur exitation et malgré l\u2019habitude qu\u2019ils prenaient, bien malgré eux, de ne plus s\u2019étonner de rien, les paroles de Mazapan produisirent sur eux un effet extraordinaire.\u2014Le duc de Medina-Celi est Esteban d\u2019Antequerre ! avait dit la paralytique.Chacun savait que Mazapan, Gabacho et d\u2019autres qui n\u2019étaient point encore revenus avaient été mandés, ce matin, dans la maison de Pilate, \u2014O mes frères ! s\u2019écria le premier Picaros ; dans tout le cours de ma longue carrière, je n\u2019ai rien vu de pareil.\u2014Que croire ?commença Caparrosa.Notre Bobazon l\u2019interrompit d\u2019un geste fier, et dit avec son sourire le plus important : \u2014Vous aurez bien d\u2019autres surprises avant qu\u2019il soit peu, mes maîtres.Moi, je savais cela depuis longtemps.Mangez et buvez : nul ne peut dire si nous ne faisons pas ici notre dernier repas.Escaramujo commençait à prendre de l\u2019orgueil en songeant que ce remarquable personnage était son pays et son cousin.Du reste, Bobazon prêchait d\u2019exemple.Il avalait les morceaux en double et caressait à chaque instant son verre.Ce n\u2019est pas qu\u2019il fût sans inquiétude, il sentait parfaitement qu\u2019autour de lui s\u2019agitaient des menaces dont il n\u2019avait point le secret, mais la position qu\u2019il prenait le met- tait à l\u2019abri des vulgaires surveillances, et il espérait, en payant d\u2019effronterie, franchir aisément la barrière qui le séparait de sa liberté.\u2014Si Medina-Celi est Esteban d\u2019Antequerre, reprit-il la bouche pleine, Esteban d\u2019Antequerre est Medina-Celi.comprenez-vous cela ?\u2014Pas le moins du monde, répliqua Picaros, ou que le ciel me punisse ! \u2014C\u2019est pourtant bien simple, fit Escaramujo qui éprouvait le besoin de soutenir son illustre parent à tout hasard.[A continuer.) MAUDITE ! pir Emile Rtchebourg Est un magnifique volume de 244 nages, illustré, et tout le monde peut le lire.Notre plume est incapable de faire l\u2019éloge que mérite ce livre, dont la morale ne laisse rien à désirer ; qu\u2019il nous suffise de dire qu\u2019il a fait verser des larmes à ceux qui l\u2019ont lu et lorsque le Moxde l\u2019a publié on a vu augmenter sa circulation et la foule envahir ses bureaux pour avoir le feuilleton.Après que quelques centaines de copies de cet ouvrage eurent été imprimées sur des feuilles volantes, qui ont été vendues en un clin d\u2019œil, des miliers de personnes se rendaient encore dans les bureaux du Monde et offraient une piastre pour avoir une de ces copies.Malheureusement le nombre en était épuisé.Cet ouvrage est sans contredit le plus beau roman qui existe et se vend $2.50 en France.Nous espérons donc qu\u2019on s\u2019empressera de se le procurer pour la modique somme de 40 cts en s\u2019adressant à nos bureaux, personnellement ou par lettre.\tDansereau Belleau & Cie 516 rue Craig.THEATRE-ROYAL Semaine commençant lundi, le 27 Novembre, Après - Midi et Soir.Willard et William Newell Les seuls acteurs jumeaux du monde entier \u2014\u2022 DANS \u2014 Le naufrage du steamer.La catastrophe de l\u2019engin \u201cPilot.\u201d Admission, 10c, 20c et 30c.Sièges réservés, 10c extra.Le plan du théâtre visible au théâtre même de 9 a.m.à 10 p.m.Semaine suivante: MILLER ET FIELDS.QUEER\u2019S - THEATRE Semaine commençant lundi, le 4 décembre.Xi\u2019 Enfant Prodigue Pièce musicale sans paroles, par Carre et Fils ; musique de André Wormser.Cette pièce a produit une grande sensation à Paris, Boston et New-York.La troupe entière vient de Paris.Semaine commençant le 11 décembre.JOHN DREW DANS SON GRAND SUCCÈS The Masked Ball Prix : 25c, 50c, 75c.et $1.00.Sièges en vente au Théâtre, à la New-York Piano Co., chez Sheppard et aux hôtels. 16 LE SAMEDI Filiili: it lis Lm; COMPOSÉES BECOUTEETES DE SUCEE, Pour la guérison certaine de toutes Affections bilieuses, Torpeur du Foie, Maux de Tête, Indigestions, Etourdissements.Et de tous les.malaises causés par le mauvais fonctionnement de l\u2019estomac.Ces pilules sont fortement recommandées, comme un des plus sûrs et plus efficaces remèdes contre les maladies plus haut mentionnées.Elles ne contiennent pas de mercure ni aucune de ces préparations.Tout en étant un puissant purgatif, pouvant être administré dans n\u2019importe quel cas, elles ne contiennent aucune de ces substances délétères qui pour- J raient les rendre préjudiciables à la santé des I enfants ou des personnes âgees.\u2014 IE_ McGALE PHARMACIEN 2123 RUE NOTRE - DAME MONTREAL.Nouveau métal pour palais ; extra léger nouveau procédé pour blanchir et extraire les dents sans douleur.A.S.K.BROSSE AU, L.D.S.25 av.94\tNo.7 Rue St-Laurent Montreal.IMPRIMERIE Dansereaii, Belleau & Cie, 516 RUE CRAIG MONTREAL Nous exécutons, à bien bon marché, toute espèce d\u2019ouvrages, tels que : Circulaires, Livres, Brochures, Pamphlets, A ffiches, Programmes, Cartes de visite, Cartes d\u2019affaires Entêtes de comptes, Pancartes, Annonces d\u2019encan, Etiquettes, Blancs de toutes sortes, etc.Commandes Promptement Exécutées, Caractères de Luxe.A meilleur marché que partout ailleurs.J.Gr.-A.C3î-3E3Kr3aÆ£^3^.TEX Chirurgien-Dentiste 20 Rue St.Laurent, Montreal.Extraction de dents sans douleur par l\u2019électricité et par anesthésie.Dents posées avec ou sans palais d\u2019aprôs les procédés les plus nouveaux.Heures de bureau de 9 a.m.à 6 p.m.Tel.Bell 2818.1 an 17 juin COMBIEN Y A-T-IL D\u2019E dans les 5 premiers chap, de l\u2019évangile de St.Marc ?COMPTEZ ET VOYEZ SERONT PAYÉS AUX abonnés du Household Circle qui auront trouvé I! 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