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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 20 janvier 1894
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1894-01, Collections de BAnQ.

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[" VOL.V.-IMO.33 MONTREAL, 20 JANVIER 1894 PAR ANNEE, $2.50 LE NUMERO 5 CTS ! MS '!, miVi-i ij \u2022 if :;«i mm 'f te';'.v^iptllf ;f 1 f .S St 111! üüiimiirii'l lil I -Ms Si* H P\" - SsttÔ# mm :'îi:i,jlifÙgPl .\"i'aniHmjH ¦rALSi mMmjj mv m ¦^ IVvf'W 1 IJgmnmmM ¦Kl * ^ v>- '\t.¦: -S\u2018 m s! -j Sttitiw 1S s5»>3 mil ! ¦r'SSi mi H' UN HIVER CHARMANT.5 4 2 LE SAMEDI (Journal Hebdomadaire) PUBLICATION LITTÉRAIRE, HUMORISTIQUE SCIENTIFIQUE ET SOCIALE, ©3E3Q-.A.3tfIE IDTT aFOTTEnS DOMESTIQUE.REDACTEUR: LIONEL DANSEREAU Un An, $2.50.\u2014 Six Mois, $1.25 (STRICTEMENT PAYABLE D\u2019AYANCE) dix jXTnmiero, 6 Oeatins.S\u2019adresser pour les informations, les abonnements et les annonces aux gérants, MM.Dansereau, Belleau & Cie, No.516 Rue Craig, ou par lettre à LA SOCIÉTÉ DE PUBLICATION DU \u201cSAMEDI,\u201d Montréal.MONTRÉAL, 20 JANVIER 1894 en»»» ÏPitl ¦> Vr\t: Travail est le masculin de capital.La raison n\u2019es1; pas plus la sagesse que la rime n\u2019est la poésie.Un barbier-coiffeur a beau exceller dans son art, il n\u2019a pas le droit de donner un savon à sa femme.Il est vrai que les femmes sont bien meilleures que les hommes ; mais elles en sont profondément affligées.Il n\u2019y a rien qui donne du ressort à un homme comme une épingle plantée dans un fauteuil la pointe en l\u2019air.\u201c Tenez, isait un monsieur courroucé à l\u2019und de ces fléaux de la rue qui estropient tout le monde, voici votre parapluie, que je viens de me trouver dans l\u2019œil.\u201d \u201cTiens, disait Caouin qui voulait décrire fidèlement la vitesse d\u2019un train, je ne te ments pas, nous allions si vite que les poteaux de télégraphe avaient l\u2019air d\u2019un peigne fin.\u201d Il n\u2019y pas de règle absolue sur les résultats du régime donné à la première enfance.Ainsi, un politicien bien connu, célèbre surtout par la longueur de ses discours, a été élevé au lait condensé.Qui ose dire que la femme ne sait pas garder un secret ?Au contraire, nous ne connaissons pas une seule femme qui ait trahi un secret.C\u2019est la malheureuse à qui elle l\u2019a confié qui a tout divulgué.\u201c Maman, disait le jeune Alfred, ce n\u2019est pas par malice que j\u2019ai mangé tout le gâteau sans en donner à Alice ; c\u2019est toi qui m\u2019avais recommandé, en partant, de toujours prendre la part de ma sœur.\u201d Extrait d\u2019une lettre de mademoiselle Violette à son amie Claire de Lune, de l\u2019Opéra : \u201c Je dois aller ce matin chez le régisseur du Théâtre Royal pour un engagement : veux-tu me prêter ta mère 1 \u201d La nouvelle loi criminelle qui permet au juge d\u2019interroger le prisonnier est tout à fait logique.Puisque la justice est toujours armée de son glaive, il est juste qu\u2019elle incite les accusés à se couper.Est-ce que l\u2019évangile ne fait pis un passe-droit quand il dit que la main gauche doit toujours ignorer ce que fait la main droite ?Pourquoi la main droite n\u2019est elle pas soumise à la même obligation ?Un jeune homme des townships prétend faire mieux que le Dr Tanner, qui a été quarante jours sans manger ; il va passer soixante jours sans travailler.Il prétend être sûr de réussir, si le patron ne le surveille pas de trop près.Défiez-vous de la théorie que la propriété foncière est un excellent placement et qu\u2019elle augmente de prix avec le temps.On vient de constater que la terre se retire de deux pouces par année, en sorte que votre propriété diminue constamment de superficie.LE PIED DANS LES PLATS » La dame.\u2014PourquoFn\u2019as-tu pas ciré les chaussures de monsieur, ce matin ?Smith.\u2014Je croyais l\u2019avoir fait.Alors la paire que j\u2019ai cirée, c\u2019est donc à vous ?LE DRAGON ET LE THÉ AU LAIT {Fable pour les lecteurs du Samedi) Un dragon peint dans une tasse Qui servait aux partis de thé, Etait ébloui par la grâce D\u2019une séduisante beauté.Mais, par un cruel persiflage, La chance qu\u2019il pouvait avoir De contempler ce doux visage Justement l\u2019empêchait de voir.\u201c Thé, disait-il, ardent liquide, \u201c C\u2019est ce vilain lait qui te perd : \u201c Le lait n\u2019est qu\u2019un voile perfide, \u201c Comme le sait tout dragon vert.\u201d Aussi dans ce cœur couperose Fumaient mille brûlants regrets, Au contact de la lèvre rose Qui sirotait à petits traits.Mais, un matin, la porcelaine S\u2019ébrècha dans un accident.\u201c Bon, dit le dragon, quelle aubaine ! \u201c Me voilà donc indépendant ! \u201cJe resterai chaud par moi-même \u201c Sans avoir de thé dans les yeux ; \u201c Et j\u2019aurai le bonheur suprême \u201c D\u2019aimer sans ce voile odieux.\u201d On voit que ce dragon bonace N\u2019avait jamais sorti beaucoup ; Car tout Céladon à sa place Aurait bien vu venir le coup.On le jeta dans les vidanges.MORALE Conseil à une débutante dans le monde : Ne croyez rien de ce que vous entendez et ne croyez que la moitié de ce que vous voyez.\u201c Il s\u2019est trop laissé absorber par ses affaires \u201d disait-on, en guise d\u2019oraison funèbre, d\u2019un pauvre brasseur qui s\u2019était noyé dans une cuve de malt.Un juge de paix que la Gazette Officielle vient de rendre heureux a cru devoir saluer ses justiciables par un petit discours : \u201c Soyez sûrs, messieurs, dit-il, que je rendrai justice sans préférence, faveur ou affection.De fait, tant que je serai sur ce banc je ne serai jamais partial ou impartial.\u201d Nul n\u2019a de bonheur sans mélanges.Le Samedi.COMMENT ON SE SALUE EN AMÉRIQUE A Philadelphie : How is your health ?A Boston : Good day.A New-York: Good morning.A Pittsburg : G\u2019 morn\u2019n.A Chicago : How are you 1 A Denver : Howdy 1 A Sioux City : Who\u2019re you married to, now ?A Mobile : Gode evenin\u2019 sah.A Cincinnati : Great Scott, is it you again 1 A Ottawa : Prenez-vous quelque chose?A Québec : Venez-vous au carnaval 1 A Montréal : Quand re partez-vous 1 THÉORIE CONTRAIRE AUX FAITS I\t\u2022 7\t¦ -\t; ¦\tII Le propriétaire exalté.\u2014Je vous dis que ce qui nous tue\tU aine des enfants ( interrompant la démonstration ).\u2014Papa, veux-tu nous c\u2019est le défaut de production.\tenvoyer au Parc Sohmer, cet après-midi ?mm i?£S3 LE SAMEDI 3 1 HACHIS LE DERNIER GENRE La dame de la maison, engageant une servante.\u2014Mais\tLa coijfure de Brigitte.j\u2019insiste pour que vous serviez la table, coiffée.Brigitte.\u2014 Très bien, madame, j\u2019ai ce qu\u2019il faut.I w¥:t| \u2022 'V /y .b mm.r>- '«pu jc ài A.V 1 üS®//j mm* i :-sr Les dernières découvertes scientifiques nous permettent d'affirmer que toutes les maladies sont causées par la présence d\u2019un microbe.Du reste, il n'en saurait être autrement, puisque toute la matière est composée de microbes.Il y a des millions d'animalcules dans une goutte d\u2019eau.L\u2019air que nous respirons n'est qu\u2019un assemblage de microbes invisibles à l\u2019œil nu.La matière inerte elle-même se compose de mollé-cules toujours en mouvement.Or donc, chaque maladie est déterminée par la prépondérance, à un moment donné, d\u2019un certain microbe sur les autres.C\u2019est ainsi que les médecins expliquent maintenant les rhumes.Ces microbes flottent dans l\u2019air comme leurs confrères.Quand la peau humaine est à l\u2019état normal, les pores qu\u2019elle contient sont trop fermés pour qu\u2019ils puissent y entrer.Il nous faut donc pour prendre le rhume certaines prédispositions, c\u2019est à-dire, l\u2019ouverture des pores de la peau.C\u2019est ce qui arrive dans toute transpiration.Vous marchez vite, par exemple : vous avez chaud : voilà les pores ouverts.Vous vous arrêtez dans un milieu habité par les microbes du rhume ; ils ont, par votre arrêt, le temps de pénétrer dans ces pores ouverts.Vous appellerez cela : refroidissement.C\u2019est tout simplement l\u2019effet causé par cette visite inattendue.N\u2019oubliez pas que les microbes recherchent la chaleur ; c\u2019est pourquoi les chambres trop chauffées sont réputées malsaines.Règle générale : la température du corps étant plus chaude qu\u2019aucune température extérieure, tous les microbes s\u2019y précipitent.Tant mieux si les microbes sains prennent la première place.Il est assez curieux que tous les grands steamers se construisent par paires.Nous avons en 1875 le Britannic et le Germanic.Puis viennent V Arizona et Y Alaska.En 1881, nous voyons le Servia et le City of Rome, qui, en 1883, sont éclipsés par VAmerica et Y Oregon.En 1884, la palme est donnée à YUmbria et à Y Etruria.Mais voilà que le City of Paris et le City of New-York balaient tout devant eux, jusqu\u2019au moment où le Majestic et le Teutonic les supplantent.On croyait le dernier mot dit sur la navigation océanique, quand le Campania et le Lucania sont urriyés sur la sçène, Il est bon d\u2019être prudent sur sa diète ; mais il faut se garer contre les préjugés.Ainsi, combien de personnes savent que les glaces (Yice cream) et la salade de chou cru sont absolument faciles à digérer ?Et, cependant, rien de plus vrai : les estomacs les plus faibles peuvent s\u2019y risquer.A propos de table, voici quelques conseils qui peuvent être utiles.Dans un jive o\u2019clock tea, si vous offrez du pain, la croûte doit en être absolument enlevée.Si vous manquez de sommeil, mangez une bonne salade de laitue.Vous vous repentirez vite d\u2019avoir mangé trop de radis.D\u2019A-OCOMODEMEITT _ La dame de céans, courroucée.\u2014Marie, que de fois vous\t(Le lendemain soir.) cuisine^'*^Ue ^ ^ V0U^S ^as vo*r\tce monc^e dans votre\tMarie.\u2014Madame voit que je lui ai obéi ; je ne les recevrai plus que dans le salon maintenant.* ïv-: i ¦ : m îy * f * « 11b ÂN.V.mm t fü w Tous ceux qui mêlent à leurs gateaux de l\u2019ananas râpé s\u2019applaudissent du résultat.LES DANGERS D\u2019UN FAUX NOM Un gentleman qui a l\u2019anxiété peinte sur la figure, aborde l\u2019autre jour le docteur Séverin Lachapelle, le directeur médical de l\u2019Institut Keely pour les iné-briés.\u2014J\u2019ai grand besoin de voir le Dr Keely, lui dit-il ; va-t\u2019il venir bientôt à Montréal ?\u2014 Pas que je ne sache; mais, en son absence si je puis vous être utile, à votre service.\u2014Je vais vous conter mon cas.Je suis allé suivre le traitement du Dr Keely près de Chicago ; mais comme j\u2019avais honte, je n\u2019ai pas donné mon vrai nom.Est ce que ça fait une différence ?\u2014En quoi donc ?\u2014Sur le malheur de boire.Comme j\u2019ai été guéri sous un autre nom, est-ce que je ne suis pas exposé à me saouler sous mon nom véritable?\u2014Non, non, soyez tranquille ; vous ne vous enivrerez plus.\u2014Ah ! oui ; je comprends, si ça m\u2019arrive, ça sera l\u2019autre ; ça ne sera pas moi.Merci, docteur. .i -LE SAMEDI EST-CE UN DIVORCE A L\u2019HORIZON ?v ^\t\\ A.TJ~I à iï Un drame de famille qui se prépare, sans doute ! \\Monsieur aux genoux de sa cuisinière, et madame qui écoute ! II LA SURPRISE RENVERSÉE Merci, mon Dieu ! Ce n\u2019est pas une catastrophe.La cuisinière daigne rester un.mois de plus ! Colinard était un excellent garçon, honnête jusque dans la pointe de ses clous ; car il avait fait fortune dans la quincaillerie.Il ne lui manquait qu\u2019une chose : cet entre gens, ce dégourdi qui font passer leurs protégés pour des hommes d\u2019esprit.De fait, Colinard était naïf jusqu\u2019au ridicule ; et bien qu\u2019il n\u2019eut pas d\u2019ennemis, ses amis ne rataient jamais une occasion de lui monter une fumisterie.Or, un jour, Colinard annonça son intention de liquider et d\u2019aller manger ses rentes à la Nouvelle-Orléans, où il avait des parents.L\u2019occasion était trop belle pour ne pas lui organiser un adieu de première classe.Ses connaissances ouvrirent donc une liste de souscription pour lui offrir une montre en or.Au fond, ce devait être une de ces montres en cuivre qui se vendent partout pour deux ou trois dollars.Mais l\u2019agrément de la chose, c\u2019est qu\u2019elle devait être présentée par le Maire avec une pompe dont le Département du feu n\u2019aurait pas trouvé l\u2019égale ; et le bijou était censé coûter trois cents dollars.Les préparatifs se firent avec beaucoup de retentissement, et Colinard était tenu au courant du succès de la souscription.De fait, on avait organisé un comité de présentation, présidé par le Maire et tout se faisait d\u2019après les règles officielles en pareils cas.Le grand jour arrivé, on se rendit à la gare et, avant le départ du train, le Maire lut à Colinard une adresse enthousiaste et lui donna la fameuse montre.Colinard rayonnait de plaisir et tout l\u2019auditoire crevait d\u2019un rire plus ou moins étouffé.Qu\u2019importe se disaient ces farceurs, quand il découvrira le tour, il aura franchi la frontière ! Toute la journée et tout le lendemain, ce fut l\u2019histoire de la rue, et ce qu\u2019on s\u2019amusa pendant quarante-huit heures aux dépens de Colinard î Mais le troisième jour, il se produisit un incident qui ressembla beaucoup à une froide pluie de Novembre.En effet, le Maire reçut du bijoutier la facture suivante : \u201c Pour la montre en or, 18 carats, et quatorze rubis, présentée à M.Colinard.$300.00.\u201d Voici tout simplement ce qui s\u2019était passé.Un ami avait averti Colinard de la farce qu\u2019on lui montait et, celui-ci, plus futé qu\u2019on ne l\u2019aurait cru, au lieu de s\u2019en fâcher eut bien le soin de n\u2019en pas ouvrir la bouche ; mais il alla chez le bijoutier, la veille de la présentation, comme délégué du comité chargé de choisir une montre de première valeur.Après avoir trouvé ce qui lui convenait, il la remit au marchand, en ajoutant le plus naturellement du monde : \u201c Celle ci fera ; veuillez l\u2019envoyer demain matin au maire.\u201d Naturellement, personne n\u2019avait pris la peine d\u2019ouvrir la boîte et c\u2019est ainsi que Colinard partit avec un superbe chronomètre.C\u2019est par simple discrétion que nous ne donnons pas le nom de la ville où la chose s\u2019est passée.LE CIDRE DE JACQUIN Jacquin est un riche fermier qui vit non loin de Montréal.Il passe pour avoir le meilleur cidre du pays ; mais il a la réputation de n\u2019en faire boire à personne.Un jour, ses voisins se mettent dans la tête de forcer la consigne et de se faire régaler par Jacquin.Us arrivent trois ou quatre chez le bonhomme sous prétexte de lui acheter un cheval ; et d\u2019offre en offre, les deux parties semblaient arriver à une entente.Soudain, comme par parenthèse, l\u2019un des visiteurs lui dit : \u2014Mais, monsieur Jacquin, on dit que vous avez un secret pour faire le cidre ; est-il bien vrai que vous le faites meilleur que nous 1 \u2014Si c\u2019est vrai ! reprend le père Jacquin en se regourmant, je vous crois.Et s\u2019adressant à sa meilleure moitié : \u2014Eemme, apporte-moi donc un verre de cidre ! Tous de se regarder avec satisfaction.Enfin, la perspective de faire un bon marché allait triompher de la mesquinerie du vieux ! Le cidre arrive ; le bonhomme l\u2019avale d\u2019un trait et leur passant le verre vide.\u2014Sentez-moi cet arôme, leur dit-il d\u2019un air satisfait.ZÈLE APOSTOLIQUE u, r VERTU NÉGATIVE X>, Le père G-arlebeu, le plus riche rentier de son village, est resté plus jeune que son âge et les convenances l\u2019exigeraient.Il joue encore le poker, vide fréquemment le petit verre et passe volontiers les nuits blanches à s\u2019amuser.Mais il ne manque jamais la messe.Il y était encore dimanche dernier, à la suite d\u2019un parti d\u2019huîtres des plus orageux, où la caraffe avait eu forte affaire.Naturellement, le sermon l\u2019endormit, mais d\u2019un sommeil de plomb qui ne le lâcha pas de toute la messe.Puis, les fidèles se dispersèrent et les cierges s\u2019éteignirent ; mais Garlebeu tenait bon dans le coin de son banc, quand le bedeau l\u2019aperçoit.\u2014M.Garlebeu, dit-il, l\u2019église est vide.\u2014Hein ! dit-il en se frottant les yeux, encore vide ?Je vais la remplir.ENCORE TROP FACILE Tfiv Gorgenpente.\u2014Moi, j\u2019adore la mer.Sacapoil.\u2014Toi?Tu es toujours malade à crever, à bord !\t~ Gorgenpente.\u2014N\u2019empêche pas qu\u2019on ne peut pas boire de son eau.C\u2019est bien consolant.Jean-Baptiste va faire visite à son nouveau fermier.Celui-ci, qui est écossais, le reçoit avec la plus grande politesse et lui joue naturellement un air de cornemuse.\u2014C\u2019est très difficile à jouer, cet instrument, lui dit l\u2019écossais avec orgueil, lorsqu\u2019il a terminé son morceau.\u2014C\u2019est malheureux que ce ne soit pas impossible, reprend Jean-Baptiste. LÉ SAMEDI 5 LES MERCENAIRES S\u2019il est vrai qu\u2019un crime soit crime, Si l\u2019homme a reçu quelque loi, S\u2019il est un ordre légitime, S\u2019il est un honneur, une foi ; Si tant de maximes sacrées, Par les ancêtres révérées, Ne forment pas un code vaiD, Et si des fortunes coupables N\u2019ont pu les effacer des tables Où les grava le doigt divin ; Si l\u2019éclat des choses infâmes N\u2019a pas éteint, victorieux, La conscience dans nos âmes Et la lumière dans nos yeux ; Si la justice enfin se lève, Si ce grand flambeau, si ce glaive Pénètre enfin dans les tripots; Si des corrupteurs de la terre Sa terrible splendeur éclaire Et les œuvres et les suppôts : Qu\u2019adviendra-t-il de vous, nos maîtres, Politiques fous et pervers, Traîtres qui vous livrez aux traîtres, Propres auteurs de vos revers?Antiques races apauvries, Jeunes races déjà taries, Sur les peuples fardeaux pesants ; S lie et velours, demain guenilli, Pillards attendant qu\u2019on vous pille, Troupes d\u2019insensés malfaisants ! Quel trait, se demande le monde, L\u2019emporte de chaque côté, Ou la stupidité profonde, Ou la profonde improbité ?En tous lieux des ignominies ; Partout assaut de félonies, Et partout de fangeux chemins ! Le cœur rongé de vœux arides, Ils ont au front d\u2019ignobles rides, D\u2019ignobles armes dans les mains ! Lorsque tout peuple et tout royaume Palpite et se dissout d\u2019effroi, Quand le monde demande un homme, Aucun d\u2019eux ne dira : C\u2019est moi ! Bassement le régent d\u2019empire, Avec de vils bandits conspire Pour abattre la royauté.Se trouvent-ils deux face à face : L\u2019un s\u2019avilit par son audace, Et l\u2019autre par sa lâcheté.Dans les séditions traîtresses, On les verra toujours mêlés ; Pour surprendre les forteresses, Ils fabriquent de fausses clés.Tel fait sa main sur sa famille, Tel qui veut livrer son pupille, L\u2019endort d\u2019un appui déloyal ; Les forts rusent contre les faibles, Et les lions avec les aigles Se font pourvoyeurs du chacal.Les voyant à pareilles tâches, L\u2019esprit plonge dans la stupeur : Quel fond produit ces forfaits lâches ?Est-ce l\u2019audace, est-ce la peur?Devant une œuvre scélérate, Parfois hésite le pirate, Rendant encore hommage au droit.Incertain son honneur diffère, Et l\u2019acte honteux qu\u2019il faut faire, Il en chargera quelque roi.UN PASSE-DROIT ! / 7 / \\W/k Wa.y ^ t'ü'* V /*à Æle.\u2014Après tout, c\u2019est inexplicable, ces inégalités de la chance.Lui.\u2014Oui, c\u2019est vrai.Elle.\u2014Prends les mariages.Pourquoi y en a-t-il qui sont heureux et d\u2019autres qui ne le sont pas ?Dans le même ménage, les deux conjoints n\u2019ont pas le même sort.Ainsi, nous-mêmes ! Tu m\u2019as eue, n\u2019est-ce pas ?Eh bien ! moi, je n\u2019ai toujours eu que toi ?Par respect pour sa fausse épée, Le bandit jette au loin le gant ; Le roi, la main enveloppée, Fait les offices du brigand.Le roi tient les armes impures, Le roi ment, écrit des brochures, Ourdit avec les gazettiers.Le bandit en aurait vergogne, Et tandis que le roi besogne, Il attend sur ses étriers.Nos temps que la sagesse éclaire, A force de recherche et d\u2019art, Ont créé le roi mercenaire, Fils de la ruse ou du hasard.Agent tout-puissant et servile, Hier par la discorde civile Dressé sur un trône d\u2019airain, Il n\u2019a ni sujet ni royaume ; 11 gouverne pour ce fantôme Qu\u2019on nomme Peuple Souverain.Fantôme et maître véritable, A la fois monstre et fiction, Géant vainqueur, nain pitoyable Qu'on nomme aussi YOpinion.C\u2019est là le maître ! Son caprice Seul est la loi, seul la justice ; La règle est l\u2019erreur qui lui plaît.Tremblant, l\u2019orgueilleux mercenaire' Suit les chefs de ce populaire ; Et comme ils ordonnent, il fait.Point de bassesse conseillée Qu\u2019il ne puisse accomplir demain ; Point de main rapace et souillée Qu\u2019il ne reçoive dans sa main.Dans l\u2019obstacle qu\u2019elle rencontre, Si cette cohorte lui montre Au cœur du peuple un vœu vainqueur, Sans avoir à dompter son âme, Hélas! et sans entendre un blâme, 11 dit : J,arracherai le cœur ! Alors, alors, race chrétienne, O vrai peuple qui n\u2019est plus roi ! Dans ton sein la lèpre païenne Renaît, grandit, s\u2019attache à toi.Sur ton front comme un anathème, Rongeant la trace du baptême, Elle en éteint la majesté: Tu n\u2019as plus cette flamme fière, Le don de ton Christ, la lumière Qui guide vers la liberté.L\u2019homme ne lave plus sa tache Au sang par le Christ épanché ; Soudain à sa chaîne on rattache Ce vieil esclave du péché.O mystère plein d\u2019épouvante ! Dans sa servitude, il se vante : Le jour, dit-il, viendra d\u2019oser : Enfin j\u2019ai vu Dieu disparaître ! Je n\u2019ai plus désormais de maître Que ma main ne puisse écraser.Et le jour vient.Malgré le glaive Et l\u2019ergastule aux murs étroits, Le terrible géant se lève, Il met la main sur ses faux rois.De ses douieurs et de sa honte, En un instant il fait le compte, Il rend les maux qu\u2019il a soufferts ; Puis, lourd de sang et de rapines, Il s\u2019endort parmi les ruines.Et se réveille dans les fers.Le crime au crime ainsi ramène ; Le cercle affreux ne rompt jamais.Que deviendrait l\u2019espèce humaine, Dieu bon, si tu n\u2019intervenais ! Dans un plus cruel esclavage, L\u2019homme, de plus en plus sauvage, Gémirait sous ton ciel sacré ; Et la faim, éternelle entrave, L\u2019étoufferait, encore esclave, Le dernier maître dévoré.Mais ton Eglise est immortelle, Les jours de l\u2019erreur sont bornés.Ton pontife sous sa tutèle Reprend les peuples pardonnés : Par sa main puissante et féconde, Tu briseras le sceptre immonde, Tu répandras la vérité ; A la place des mercenaires, Aux peuples tu rendras des pères, Tu referas l\u2019humanité ! Louis Veuillot.LES RESSOURCES DE LA SCIENCE n\u2018 A m 3 Lolotte.\u2014Mon cousin m\u2019a donné ce petit oiseau.Je voudrais en avoir bien soin,Jsi je savais ce qu\u2019il mange ! Le vieux professeur, distrait.\u2014Attends que je lui ouvre la fale ; je pourrai te le dire facilement.Et pourquoi ces choses cyniques, Ce feu, cet excès dans l\u2019horreur?Que veulent-ils, ces politiques Inassouvis de déshonneur?Jadis, même flétri du vice, Un roi gardait quelque justice, Gardait au moins quelque fierté ; Il n\u2019escroquait pas la victoire, Et couvrait d\u2019un rayon de gloire Jusques à son iniquité.Le roi vaincu, faisant encore Respecter sa pourpre en lambeaux, Prenait la palme qui décore Comme des trônes les tombeaux.Ferme sur sa terre occupée, De son dernier tronçon d\u2019épée II faisait un dernier rempart ; Il épuisait toute ressource, Et ne gardait rien dans sa bourse Pour aller vivre quelque part.Mais dans ce roi fier et fidèle, Alors un peuple entier vivait ; Pour le maintenir, un saint zèle Du même élan se soulevait.Sa couronne des ans fleurie, C\u2019était le lien de la patrie, Dieu l\u2019avait mise sur ce front ; I Toute conquête était mal sûre ; ) D\u2019un roi de force ou d\u2019aventure On ne subissait pas l\u2019affront.SIGNE FATAL \u2022r'J Un \\ ?» La jolie caissière.\u2014Patron je vous demande un congé pour recruter ma santé.Le patron.\u2014Qu\u2019est-ce qui vous porte à croire que vous êtes malade ?La jolie caissière.\u2014Je m\u2019aperçois que les clients commencent à contrôler la monnaie de change. g LÈ SAMËDi umm > > < UN HOMME AVËËTi EN VAUT DEUX ( Minuit.) Une voix d\u2019homme du haut de l\u2019escalier.\u2014Est-ce que ce jeune homme est encore là ?Hélène (hésitant).\u2014Quoi ?.a.non.papa.La voix.\u2014En tout cas, monte-moi mes bottes qui sont à la porte.Le jeune homme.\u2014J\u2019y pense, mademoiselle; pendant que vous allez être là-haut, il va être le temps de m\u2019en aller, n\u2019est-ce pas ?Bonsoir ?LE CARNET DU SAMEDI Il est probable que Madame Jane Hading reviendra à Montreal dans le courant de Février prochain, si, toutefois, la compagnie qui l\u2019accompagne est suffisamment garantie de ses frais pour les cinq représentations à donner à la salle de l\u2019Académie ; car c\u2019est à l\u2019Académie et non au Théâtre français, comme quelques journaux en ont donné la nouvelle, que ces representations seraient données.Le prix des places sera notable ment diminué afin d\u2019en faciliter l\u2019accès au public de toutes classes.Comme Jean Coquelin retourne à Paris et qu\u2019il n\u2019est pas bien certain que Coquelin père puisse revenir à Montréal, il est probable que la compagnie s'adjoindrait Mounet Sully, ce qui permettrait d\u2019aborder un programme absolument différent des précédents.On nous fait espérer si la collaboration du célèbre artiste était assurée, LE GOUT DE LA BONNE CUISINE Ruy-Blas et Ernani.Ces ques* tions complexes, subordonnées comme on le voit, à beaucoup d\u2019inconvénues, seront vraisem-blement résolues la semaine prochaine, et il est presque superflu d\u2019ajouter que mes lecteurs et lectrices, s\u2019intéressant au théâtre, en seront immédiatement informés.* * * Une brune de trente-cinq ans m edemande \u201c ce qui se portera cet hiver comme toilette de soirée et ce quelle pourrait bien innover d\u2019élégant et de fantaisiste pour un grand bal auquel elle doit participer le mois prochain.\u201d Et d\u2019abord ce qui se portera : Beaucoup de gazes, chère madame, mais au lieu d\u2019être unies de teintes, on les portera changeantes, genre Loïe Fuller, la gracieuse danseuse qui a initié le monde à la danse serpentine.Il ne reste qu\u2019à choisir, \u2014 à la lumière, ceci est important\u2014les couleurs les plus seyantes au teint.Les crépons et les gazes seront les tissus préférés pour les jeunes filles.Deux -\u2014 sortes, fort jolies, font fureur à Paris en ce moment : le Chrysanthème gaufré et le Wangora, tout côtelé.On les peut prendre dans les même teintes claires ; en blanc, rose pâle, corail, ciel, maïs, Nil et lilas.Pour une femme moins jeune, maintenant que tout est \u201c à la Russe,\u2014rien n\u2019est plus charmant que le jaune et noir \u201d.Une de mes bonnes amies parisiennes, tout à fait dans le \u201c mouvement \u201d me parle d\u2019une délicieuse toilette de bal en surah jaune impérial, ainsi compose : Jupe à demi-traîne, bien enveloppante devant et sur les hanches, entièrement doublée d\u2019une soie légère ornée d\u2019une balayeuse assortie dans le bas.Comme ornement, un simple volant, assez haut, en mousseline de soie noire indéplis- DRAME SUR LE TRAMWAY Une femme bien mise, tenant par la main un enfant de deux ans, signale du coin de la rue McGill et Notre Dame au tramway de s\u2019arrêter.Il y a déjà foule à bord et l\u2019escalade est difficile.A ce moment arrive un vieux monsieur qui, autant pour épargner une perte de temps que pour répondre à sa bonne nature prend le bébé dans ses bras pendant que la dame se hisse de son mieux et se fraie un passage à travers la foule; puis la voiture électrique reprend sa course.Au bout d\u2019un quart d\u2019heure, sur l\u2019Avenue Mont Royal, un cri de desespoir stupéfie les passagers : \u2014Conducteur, arrêtez, arrêtez ! \u2014Quoi .donc 1 Yous a-t\u2019on volé, madame?\u2014Non ; mais j\u2019ai oublié mon bébé à l\u2019autre bout de la ville.Je vous en prie, retournez.Grand émoi et force quolibets dans la foule, quand on voit entrer en riant le vieux monsieur qui, resté sur la plateforme extérieure, s\u2019était amusé à jouer avec l\u2019enfant qu\u2019il avait gardé jusque-là dans ses bras.Yoilà une de ces distractions qui n\u2019arrivent que la première fois dans la vie d\u2019une femme.PLAISIR INATTENDU Le voisin (entrant précipitamment).\u2014Vite, l\u2019ami ! Le feu est à votre maison ! Le nouveau locataire.\u2014Qu\u2019elle brûle ! Ce sera la première fois qu\u2019elle m\u2019aura donné un peu de chaleur.LES ANNONCES AUfPOUCE sable, retenu tout autour au bas de la jupe par un étroit galon\t_____ de jais fin.\t~ Corsage, grand décolleté, d\u2019une Un jeune cultivateur entre, l\u2019autre jour, au seule pièce, formant le dos ; fron- bureau de La Presse pour faire insérer quelques cé devant et rentré dans la jupe ; lignes nécrologiques sur son vieux père.celle-ci, liserée si finement du\t^\t, .\t,\t,\t, ,\t\u2019\t,\t.\t\u2014Combien demandez-vous pour publier quel- haut que le corsage et sa jupe\t,\t^ semblent être tout d\u2019une pièce.que chose sur mon pere ?Pour orner le décolleté, une ber-\t\u2014Cela dépend, répond le commis, qui avait sa the, en mousseline de soie noire règle en main pour mesurer l\u2019epace, nous prenons indéplissable, rattaché au creux un ^cu cju p0Uce> C\u2019est trop cher pour mes Le secrétaire du roi Totum.\u2014Oh ! roi des rois ! Les journaux nous annoncent que le gouvernement des Etats-Unis va remplacer ses ministres par des ambassadeurs.Le roi Totum.\u2014Prends ta plus belle feuille de papier et écris : \u201c Illustre Président, mon frère, envoyez-nous un ambassadeur.Notre royal appétit est houillé des maigres missionnaires que vous nous envoyez.\u201d de la poitrine par un bijou de strass.Manche formée de deux ballons.Au cou, collier de jais fin à barrettes de strass.Dans les cheveux, un chou de velour, jaune surmonté d\u2019une belle aigrette colonel noire.Ceci doit être merveilleux, surtout \u201c pour une brune, ma chère correspondante \u201d, et pas banalassurément.\u2014Yinguienne moyens ! Papa avait six pieds quatre pouces.COSTUME PRIMITIF On prend facilement un conseil ; mais on l\u2019essaie rarement.La dame (à un missionnaire qui arrive du fond de VAfrique).\u2014Et le roi de ces barbares, de quoi est-il vêtu ?Le missionnaire.\u2014Hum !.Il est vêtu d\u2019une certaine autorité ; et encore, pas beaucoup. LË SAMËDl 1 On apprend tous les jours (Au restaurant.) Romain Graind'orge.\u2014Hein ! Pas permis de se faire la barbe ici ?Mais alors, pourquoi m\u2019apporter cette mousse de savon ?Le garçon.\u2014 C\u2019est une Charlotte Russe, monsieur.LES MAINS VIDES L\u2019oncle Louis.\u2014 Sommes-nous en brouille, Toto ; tu ne m\u2019embrasses pas chaleureusement comme ces jours passés ! Toto.\u2014Ce n\u2019est pas nécessaire, maintenant ; il n\u2019y a plus d\u2019étrennes dans vos poches.QUEEN\u2019S THEATRE \u201c lady Windermere\u2019s fan \u201d Cette comédie d\u2019Oscar Wilde qui a eu tant de succès à Londres, New-York, Philadelphie, Chicago et Boston, sera donnée au Queen\u2019s la semaine prochaine.La compagnie qui est sous la direction de Charles Frohman, comprend : Virginia Harned ; Evelyn Campbell ; Mrs E.J.Phillips ; Frank Gilmore ; Howell Hauvell ; J.G Laville ; Herbert Eyling ; E.S.Aheles ; Charles Jehlinger ; H.Bennett; et les demoiselles Jackson; Stan-nard ; Henderson ; Gray et Schuman.La semaine suivante, Bessie Bonehill tiendra l\u2019affiche dans une charmante comédie nautique et musicale : \u201cPlaymates \u201d.C\u2019est une pièce si gentille et qui a eu tant de isuccès à Londres, que nul doute elle obtiendra salle comble à toutes ses représentations à Montréal.Avis aux amateurs.THEATRE ROYAL \u201cSOUTH BEFORE THE WAR \u201d Le Théâtre Royal n\u2019aura pas à se plaindre de son public ; il y avait foule énorme, cette semaine aux représentations de \u201c South Before the War \u201d.Que dire de cette représentation, si ce n\u2019est qu\u2019elle est toute une nouveauté pour les Montréalais.Une cinquantaine de chantres, chanteuses, danseurs et danseuses choisis parmi l\u2019élite des musiciens de couleur du sud des Etats Unis, en a fait les frais.Jamais voix plus justes, mieux timbrées, plus sonores n\u2019ont été entendues ici.Les mélodies des plantations ont été rendues en quatuors ou solos avec une précision, une richesse de tonalité parfaites.Les danseurs et les danseuses surpassent l\u2019imitation qui nous en est souvent donnée.Deux ou trois des jeunes danseuses au teint d\u2019ébène ont émerveillé les spectateurs.Les scènes de la cueillette du coton, du chargement du coton, du \u201c Camp meeting \u201d sur l\u2019Ile aux Grenouilles offrent le plus piquant intérêt.Sur l\u2019Ile aux Grenouilles a paru le fameux homme grenouille, l\u2019un des plus extraordinaires contor-tionnistes du jour.Au premier acte un très joli passage où un \u201c Oncle Torn \u201d quelconque revient parmi les siens.L\u2019acteur qui tient ce rôle est un grand acteur.Il rend l\u2019émotion avec un sentiment profond de la vérité.Le spectacle vaut certainement la peine d\u2019être vu ; rien de semblable en ce genre n\u2019a encore été donné à Montréal, rien d\u2019aussi caractéristique et d\u2019aussi amusant.MYSTÈRE EXPLIQUÉ Jules.\u2014On dit que Lucien a une mémoire prodigieuse, et qu\u2019il peut retenir n\u2019importe quoi.Rodolphe.\u2014 Tout s\u2019explique ; je ne pouvais pas m\u2019imaginer pourquoi il ne me rapportait pas mon parapluie.CES VANTARDS \u2014Tu connais l\u2019accident dont ce pauvre Bombast a été la victime.Il m\u2019annonce qu\u2019il lui est passé un carrosse à deux chevaux sur le corps.\u2014Si c\u2019est lui qui le dit, je parie que c\u2019était un simple tombereau.Il est si vantard.DU SOIN DE LA CHEVELURE RH» mm mm Le coiffeur (flairant un champoing).\u2014Ce que vous avez de poussière dans les cheveux ! Sans/açon (qui a le contrat pour l\u2019arrosage des rues).\u2014Mettez-y de l\u2019eau pour l\u2019abattre.LA VALEUR EST DANS L\u2019AGE Le mari (père de cinq filles à marier).\u2014Viens au salon ; un de mes anciens amis désire épouser l\u2019une de nos filles.C\u2019est un marchand de vins.La femme.\u2014Tant mieux ! Il va choisir la plus vieille marque, je suppose.MAUDITE ! par Emile Richèbourg Est un magnifique volume de 244 nages, illustré, et tout le monde peut le lire.Notre plume est incapable de faire l\u2019éloge que mérite ce livre, dont la morale ne laisse rien à désirer ; qu\u2019il nous suffise de dire qu\u2019il a fait verser des larmes à ceux qui l\u2019ont lu et lorsque le Monde l\u2019a publié on a vu augmenter sa circulation et la foule envahir ses bureaux pour avoir le feuilleton.Après que quelques centaines de copies de cet ouvrage eurent été imprimées sur des feuilles volantes, qui ont été vendues en un clin d\u2019œil, des miliers de personnes se rendaient encore dans les bureaux du Monde et offraient une piastre pour avoir une de ces copies.Malheureusement le nombre en était épuisé.Cet ouvrage est sans contredit le plus beau roman qui existe et se vend $2.50 en France.Nous espérons donc qu\u2019on s\u2019empressera de se le procurer pour la modique somme de 40 cts en s\u2019adressant à nos bureaux, personnellement ou par lettre.Dansereau, Belleau & Cie, 516 rue Craig.LE VERRE TROMPEUR DANS LES BUFFETS DE CHEMINS DE FER «ta I L\u2019apparence du sandwich sous verre.II Ce qu\u2019il est en réalité.8088 H i Le monsieur sonne, mais la dame est à ses cuves.IV ! ! ! PINCÉE DE CONSEILS POUR BLANCHIR LE LINGE SANS DÉTÉRIORATION Une excellente pratique pour laver le linge se répand rapidement en Allemagne.On dissout 2 lbs de savon dans trois gallons d\u2019eau chaude.On y ajoute une cueillerée à table d\u2019amoniaque liquide et une cueillerée de théré-bentine.On y fait tremper le linge, sans qu\u2019on soit obligé de le frotter.Ce système ne le brûle pas et le met très blanc.POUR DESSALER LE POISSON Tenez la peau du poisson en dessus.Quand le sel fond, il s\u2019en va au fond de l\u2019eau.Si la peau est endessous, le sel s\u2019y arrêtera naturellement quand il aura passé à travers la chair du poisson et ne pourra pas en sortir.POUR RÉCHAUFFER PROMPTEMENT Quand vous voulez faire chauffer un liquide promptement, ne laissez pas la cueiller dans le vase, car alors la chaleur s\u2019échappe par le métal qui est un excellent conducteur.POUR DÉGRAISSER LE PAPIER PEINT Délayez de la glaise, lavez le papier et laissez sécher.La glaise sèche s\u2019enlève ensuite aisément.Si vous n\u2019avez pas réussi du premier coup recommencez.EN CAS DE CHUTE Ne laissez jamais dormir un enfant une heure ou deux après une chûte ; c\u2019est très mauvais signe et très dangereux.POUR FAIRE ALLONGER LES CILS Il faut, tous les mois, en tailler l\u2019extrémité.Au bout de quelques années, ils seront très longs.LË SAMEDI UNE VISITE A LA CAMPAGNE ni Ho ! de la visite ! f Hésitation).\u2014Un mendiant peut-être.\u2014Voilà !\t\u2014Ce bon monsieur de Laforte Poigne ! Avez-vous dû sonner plus d\u2019une fois ?J\u2019étais absorbée dans mon Lamartine, voyez-vous ! UTILITÉ DES DÉCHETS DE CELERI ^Ne jetez pas les feuilles et les déchets de céleri.Lavez-les et faites les sécher doucement dans le fourneau.Vous les utiliserez avec avantage pour vos potages et vos sauces, auxquels ils donnent beaucoup de fumet.LE RHUME DE CERVEAU Dans une publication toute récente, M.le docteur Onimus, une des célébrités médicales du littoral de la Méditerranée, affirme que \u201c de tous \u201c les moyens pour guérir le rhume de cerveau, \u201c aucun ne vaut l\u2019emploi du jus de citron \u201d.Voici comment il faut s\u2019en servir : On met dans une cuiller, ou mieux dans le Excellente annonce pour dentiste Ici, l'on pose des dents.creux de sa main, le jus de citron pur et on le renifle.Il faut que le jus de citron vienne jusque dans l\u2019arrière-gorge.Au premier instant, on éprouve une sensation \u201c assez vive\u201d à la partie supérieure des fosses nasales.C\u2019est ce qu\u2019il faut ! On éternue une ou deux fois, on se mouche fortement .Et l\u2019on redouble séance tenante.Il paraît avéré que le rhume de cerveau ne résiste pas à deux séances de reniflement secundum artum.POUR DÉGRAISSER DES ÉTOFFES NOIRES Mettez un peu d\u2019amoniaque dans du café noir pas trop fort et frottez-en avec une flanelle les parties tachées.L\u2019IMPORTANCE D\u2019UN CAHIER DE NOTES Elle.\u2014Ce rêve heureux doit finir ; il nous faut briser notre engagement.Lui.\u2014Pourquoi donc, chérie ?Elle.\u2014En relisant mon journal, j\u2019ai découvert que nous avions déjà été fiancés il y a deux ans.Ce serait de la bigamie.FORMULE POUR S\u2019INVITER A DINER.J\u2019irais Exprès, Ce soir, Te voir, Selon Que ton Gousset Pourrait Payer Diner Succinet, Mais sain ! LE SAMEDI 6 Le père de la mariée.\u2014Mon gendre, c\u2019est un auge que je vous confie ; prornettez-moi de bien avoir soin d elle, n\u2019est-ce pas ?\t___________________________________ LAISSANT^L\u2019AILE MATERNELLE Æjrj mm mM W .à'.II fW}7 //////\" \\/& \\ Deux vieux camarades qui ne détaxent pas vus depuis longtemps, II sortaient du restaurant coijfés comme on ne les avait pas vus depuis longtemps.\u201c Maftre Mulot, veux-tu que je te fasse \u201cSeigneur céans, écuyer ou baron?\u201cJ\u2019attacherai moi-même l\u2019éperon.\u201cTu prendras nom Mulot de Bonne-Face ; III ou l\u2019on voit que la fée voulut rendre a mulot et A MULOTTE LA JEUNESSE \u201c L\u2019homme se prend aux ruses qu\u2019il machine, \u201c Et je préfère encor ne rien changer.\u201cBon bûcheron n\u2019a son fagot léger, \u201c Et les ans lourds, qui me courbent l\u2019échine, \u201cEt tu pourras porter en mon honneur \u201c Le champ d\u2019azur de mon blason de Fée : \u201c Dragon d\u2019argent et colombe coiffée.\u201cEt si, sur ce, quelque beau raisonneur \u201c Vi nt à gloser, il l\u2019ira dire à Rome ! \u2014Je suis certain, belle Dame, à vous voir, \u201c Que vous avez magnifique pouvoir \u201c Et ne voulez vous rire d\u2019un pauvre homme.\u201cMais, voyez-vous, honneurs sont dangereux.\u201cL\u2019autre semaine, en notre voisinage, \u201c Un vieux Seigneur, à peu près de mon âge, \u201c Fut bien occis aux croix du chemin creux.\u201c Il fut, pourtant, charitable en sa vie, \u201c De bon esprit comme de bon aloi.\u201c Je ne pourrais, en mon nouvel emploi, \u201c .Non mieux que lui me garder de l\u2019envie.Quoiqu\u2019un peu sotte en toute cette affaire, La bonne Fée eut le cœur de chercher Quel autre don le pourrait bien toucher Et quel grand bien elle lui pourrait faire : Et, tout à coup, elle lui demanda : \u201cAimes-tu bien ta femme?\u2014Il n\u2019est, pardienne ! \u201c Bonne besogne encore que la sienne.\u2014Et l\u2019as-tu bien toujours aimée ?\u2014Oui-dà ! \u201cJe m\u2019en souviens, elle était de votre âge, \u201c C\u2019était le mois qui suivit la moisson : \u201cTl se peut bien alors qu\u2019un bon garçon \u201c Fasse sa cour sans manquer à l\u2019ouvrage.\u201c Et, sans avoir le teint que vous avez, \u201c Elle était bonne et belle à sa manière, \u201c Et fraîche ainsi qu\u2019une fleur printanière.\u201c Bref, en deux mois nous étions arrivés \u201c M\u2019ont plu comme un fagot à fagoter, \u201c Et bien qu\u2019encor la charge soit pesante, \u201c Je crois qu\u2019avec Mulotte, ici présente, \u201c Nous viendrons bien à bout de la porter.\u201c Votre bonté passe en tout mon envie, \u201c Et, pour ma part, j\u2019ai le sens trop étroit \u201c Pour être induit à tenter par surcroît \u201c Le sort chanceux d\u2019une seconde vie.\u201d Le conteur dit que l\u2019on ne poussa pas Et que la Fée était bonne personne.\u201cChacun\u201d dit-elle \u201cà sa mode en raisonne, \u201cAmi Mulot.Vous êtes, en tout cas, \u201c De braves gens.Le reste vous regarde\u201d.Puis honorant Mulot, comme il voulait, Elle trempa du pain bis dans du lait, Et but avec les bons vieux.Dieu les garde ! \u201cJe suis rustique et j\u2019ai le bras plus fort \u201c Qu\u2019il ne convient pour tenir la rapière.\u201c Et sans compter que mon cousin Gros-Pierre \u201c Se gausserait, certe, et n\u2019aurait pas tort.\u201d \u201c (Nous connaissant déjà de longue date) \u201cA nous aimer.Si bien que les voisins \u201c En me voyant ramener ses poussins, \u201cFendre le bois et lui porter sa jatte, DANS UN DILEMNE \u2014Si je n\u2019ôte'pas les\u201cperroquets, je suis défrisé, sans compter que ça me fait mal ; si je les ôte, je suis dévoré, et ça me fera mal aussi.Il i m ^ -y' \"fi/l -> /J/ WA JW âmmm.lyÈm.r W ^ ;« & \u201c Disaient :\u2014A quand la noce et le repas ?JJ \u201c Quoique la chose encor ne fût pas faite, \u201c Car les parents sont toujours de la fête, \u201cEt cependant ils ne se trompaient pas.\u201cJ\u2019étais un gars de quelque économie, \u201c Et je sus bien, le jour qu\u2019il en fut temps, \u201c Aller quérir vingt bons sous d\u2019or comptants \" Pour les bailler aux parents de ma mie.\u201c Et depuis, dam ! j\u2019ai semé le bon blé, \u201c Et nous avons vécu toujours ensemble.\u201cN\u2019est-ce pas tout vous dire, ce me semble ?\u201c Le temps, ainsi que l\u2019eau coule, a coulé.\u201d \u2014Maître Mulot,\u201d lui dit la bonne Fée, (Et dans l\u2019instant, le vent de renouveau Qui remplit l\u2019air vous eût pris le cerveau, Comme un parfum de lilas par bouffée.) \u201c Maître Mulot, veux-tu redevenir \u201cJeune, et revivre une jeunesse telle \u201c Avec Mulotte?Et Mulotte veut-elle \u201c En même temps que Mulot rajeunir?\u201cParle, Mulot, et parle aussi, Mulotte; \u201c Car jusqu\u2019ici tu n'as beaucoup parlé, \u201c Et Fée ou femme, en notre démêlé, \u201cN\u2019eût pas manqué de porter la culotte.\u201d Mulotte, ainsi qu\u2019elle eût fait à vingt ans, Baissa les yeux ; car, pouf femme soumise, Parler devant son homme n\u2019est de mise : L\u2019exemple est bon aux femmes de tout temps.Et Mulot dit : \u201cSi ma pensée est nette, \u201c Respect gardé, pourtant je ne sais point \u201c Vous satisfaire encor sur ce point \u201cNon plus que faire une réponse honnête ; \u201c Excusez-en, Madame, un vieux barbon.\u201cVivre deux fois est-il un avantage, \u201c Et si je fais peau neuve en mon grand âge, \u201c Serai-je bien Mulot pour tout de bon ?Robert de Bonnières.L\u2019amitié pardonne quand on le lui demande; l\u2019amour quand la circonstance le demande.INVITATION A LA VALSE m?, ¦ m mm ZW /> mm lulii! l! VÏM.émêi Marianne.\u2014Oui, madame, aussitôt que j\u2019ai pu le faire, j'ai pris la peine de partir de chez nous pour vous remercier, en personne, des belles étrennes que vous m\u2019aviez données, aux Rois, l\u2019année dernière.562272^01701 199999999 1È SÀMËDÎ il PAS AUSSI ARTISTIQUE, MAÏS PLUS COMMODE sement de la Nature, avec tout ie ^\trp.sneet nui est du au vrai, a la chose J respect qui est dû au vrai, à la chose créée ; mais est-ce respecter la Nature que de la déformer, la ridiculiser, la travestir misérablement.A QUELQUE CHOSE MALHEUR EST BON LES INCONVÉNIENTS DU TALENT C'est ainsi que le grand poète Marlartine 'portait autrefois sa chevelure.Mais U est maintenant marié.Du Pinceau.\u2014 Ton tableau La Tempête de Neige est un triomphe de l\u2019art.Il est d\u2019un réalisme, d\u2019une vérité ! De Lapalette.\u2014C\u2019est donc ça ! Pendant que j\u2019étais absent, l\u2019autre jour, un monsieur est venu l\u2019examiner, et je suppose que la vue de ce tableau l\u2019a gelé, car il est parti avec mon paletot.EXPLICATIONS INUTILES L'oncle Louis.\u2014 Tu es bien gai, ce matin, Adolphe ?Le jeune Adolphe.\u2014Oui, j\u2019ai mal aux oreilles.L\u2019oncle Louis.\u2014Ça n\u2019a pas coutume de procurer autant de plaisir.Lejeune Adolphe.\u2014Maman m\u2019y a mis du coton.Ça fait que je ne l\u2019entends pas quand elle me défend quelque chose.EXCEPTION JUSTIFIABLE FANATISME MUNICIPAL Eodepartout.\u2014 J\u2019apprends que tu cherches une situation.Passecarreau.\u2014 Oui, si je puis obtenir celle que j\u2019ai en vue.Je vais profiter des élections municipales pour me la faire accorder.Eodepartout.\u2014 Qu\u2019est-ce que c\u2019est donc ?Passecarreau.\u2014Tu sais comme il y a de la poussière, l\u2019été ! Eh bien ! Je vais me faire nommer pour balayer le réservoir de l\u2019aqueduc tous les matins.On n\u2019a jamais pensé à le faire jusqu\u2019à ce jour.CE QUE LA MODE RÉSERVE Tout pronostic certain est encore impossible, mais il est permis d\u2019étudier le mouvement et les tendances.Voyonsles un peu.Les jupes seront courtes, et peu à peu, sans doute, deviendront très courtes.Les dernieres faites sont absolument rondes, taillées de façon à donner près de quinze pieds de tour, avec un ourlé ferme, renforcé d\u2019un rien de crinoline.Les tailles s\u2019allongent et beaucoup de choses font prévoir un retour à la ligne en long, plus gracieuse certainement que celle en large, à laquelle nous ne nous sommes pas habitués, mais seulement résignés.Il n\u2019y a pas la moindre illusion à se faire : jamais une héroïne de roman ne sera vêtue par l\u2019imagination d\u2019un artiste, avec les odieuses manches à gigot, les jupes en entonnoir renversé et les pèlerines enfonçantes que la fantaisie des couturières nous a imposées.Egalement, aux adorables chevelures ondées succèdent des tignasses ébouriffées, cachant les oreilles, fort mal portées d\u2019ailleurs, imitées des peintures décadentes et incohérentes.L\u2019Art veut l\u2019embellis- Le magistrat.\u2014 Maintenant, prisonnier, dites-moi comment vous avez pu enlever un coffre-fort si lourd pour pouvoir l\u2019ouvrir plus facilement chez vous ?Le prisonnier.\u2014 Votre Honneur, ça ne servirait à rien que je vous donnasse des détails ; vous ne pourriez pas l\u2019apprendre d\u2019une fois ; et veus n\u2019aurez pas la patience de pratiquer assez longtemps pour maîtriser la question.Le bon curé.\u2014Chers jeunes gens, soyez donc sages.Un bon jeune homme ne devrait jamais aller dans un endroit où il ne peut pas amener sa sœur.Une voix dans Vauditoire.\u2014Si fait, monsieur le curé, nous pouvons visiter des*places oùj\u2019notre sœur ne doit pas venir ?-r^fJ Le bon curé \u2014Où donc ?La voix.\u2014Chez le barbier, monsieur le curé.UN COUP MANQUÉ MÉMOIRE INGRATE Charles.\u2014 J\u2019apprends que vous montez la Dame aux Camélias pour Pâques.Edouard.\u2014Oui ; mademoiselle Lin-court remplit le rôle de Camille.Charles.\u2014 Comment joue-t-elle ?Edouard.\u2014Assez bien ; mais elle n\u2019a-pas de mémoire.Elle a besoin du souffleur même pour son dernier soupir sur la scène.raw '/¦ÊÊmÊMr- Madame Barrabarre.\u2014Ne penses-tu pas que tu devrais te coucher ?Monsieur Barrabarre (retour du club, 2 a.m.J\u2014Une minute, chère ; je consulte la carte de l\u2019Afrique.Madame Barrabarre.\u2014Tu n\u2019y trouveras rien, ce soir ; tu es dans les patrons de mon journal de mode.\t__ LES MALHEURS DU CHIFFRE 13 TOUS LES LUXES SE PAIENT h Jiïfirm mm Le docteur Sangrado.\u2014Vous me faites demander?Vous êtes donc malade, monsieur Sambo?Monsieur Horatius Sambo.- - Non, je suis très bien, merci ; mais vous êtes le seul dans le village qui m\u2019appelez monsieur.Ça fait du bien de s\u2019entendre appeler monsieur de temps en temps.Combien vous dois-je, docteur ?\t- CONCESSION RAISONNABLE Monsieur Vertgalant.\u2014 Vraiment, mademoiselle de Laquarantaine, tous les jours vous prenez une beauté nouvelle.Mademoiselle de Laquarantaine.\u2014Monsieur 1e flatteur, vous exagérez.Monsieur Vertgalant.\u2014Eh bien ! Pour rester rigoureusement dans le vrai, disons tous les deux jours.PHYSIOLOGIE DE L\u2019ÉTEENUMENT D\u2019après Aristote, éternuer entre minuit et midi est bon pour la santé ; mais de midi à minuit, c\u2019est mauvais.Les superstitieux prétendent qu\u2019éternuer trois nuits de suite est signe de mortalité ou de malheur dans la maison.Les Ecossais ont une règle fixe à ce sujet : Lundi, l\u2019éternument vous annonce un danger ; Mardi, c\u2019est un baiser qui vient d\u2019un étranger ; Mercredi, vous devrez recevoir une lettre ; Jeudi n\u2019a partout que du meilleur à promettre ; Vendredi, c\u2019est le jour qui prédit du chagrin ; Samedi, vous verrez votre amoureux demain ; Dimanche, sauvez-vous, courez à perdre haleine; Car le diable vous veut pour toute la semaine.Edouard.\u2014Mon bon, j\u2019ai été refusé par treize jeunes filles.Charles.\u2014Treize?Chiffre fatal ! Edouard.\u2014Fatal! A qui le dis tu ?La treizième est revenue sur sa décision et m\u2019a accepté il y a dix ans.NE FAITES PAS A AUTRUI, Etc.Charles Sansfaçon.\u2014Lorsque je ferai le choix d\u2019une épouse, vous pouvez être sûr que je serai difficile sur l\u2019article de la beauté Miss Caustique.\u2014Mais si elle est dans les mêmes dispositions que vous, est-ce qu\u2019il n\u2019y aura pas un petit dérangement dans vos plans?HUM ! Boncœur.\u2014 Tournedos est peut-être froid, égoïste ; mais c\u2019est un excellent chrétien.Cynique.\u2014Chrétien ! 11 est trop raide, trop empesé, trop d\u2019une pièce.S\u2019il veut aller au ciel, il aura besoin de passer plusieurs années dans l\u2019autre place pour se faire dégeler. 12 PAS DAKS LA MÊME LIGNE D\u2019IDÉES M EXERCICE VIOLENT Le nouveau missionnaire.\u2014 Et comment avez-vous trouvé mon prédécesseur ?A-t-il fait une belle entrée ?Le roi des Cannibales.\u2014Non ; il était trop dur pour une entrée ; nous bavons fait bouillir.L\u2019ÉTIQUETTE DES DINERS On commence à prendre la coutume à propos du gateau des Rois d\u2019envoyer un présent à la \u201c Reine \u201d, quand on a eu l\u2019honneur d\u2019être choisi par elle pour Roi.Cela remplace les philippines aujourd'hui très discréditées.Il va sans dire que les gentlemen se bornent à un paquet de fleurs ou à un sac de bonbons quand ils n\u2019ont pas l\u2019autorisation de.mieux faire; quelques uns sachant que nos jeunes femmes trouvent qu\u2019on abuse un peu de la rose et du marron glacé, se sont ingéniés à être moins banals : ils ont risqué le livre nouveau, le coupon de théâtre, la publication musicale ou l\u2019album \u201c qui vient de paraître \u201d enfin le jouet pour le \u201c petit Dauphin \u201d 1 enfant envers qui toute maman permet toujours qu\u2019on soit galant.On est devenu extrêmement dépensier, en notre époque où soi-disant cependant l\u2019argent est cher ! En effet, jamais on n\u2019a tant fait de présents, à toutes les occasions où jadis \u2014 un jadis ancien de moins de vingt ans, en somme ! \u2014 on n\u2019envoyait absolument que ses félicitations.Cadeaux de naissance, avant le cadeau de baptême, premières communions qui ressemblent à des mariages par l\u2019exposition des dons reçus, fêtes, anniversaires, Sainte-Catherine et Saint-Nicolas, Pâques et Noël, les quinze ans de celle-ci, les dix-huit ans de celui-là, les fiançailles, les noces de bois, les noces d\u2019argent, les noces d\u2019or, et trop rarement hélas ! \u2014 car c\u2019est si touchant ! \u2014 les noces de diamant, puis enfin la triste minute des dernieres palmes, celles qui vont se faner sur une tombe.Toutes les décorations de table sont basses ; les corbeilles sont presque des planches, fleurs et fruits mêlés ; on fait aussi beaucoup de tapis tout en roses, sans queues, et encore des rivières de violettes ou autres espèces, posées à même sur la nappe, avec quelques touffes aux extrémités, soit nouées d\u2019un ruban, soit relevées des graines de corail du poivrier, \u2014 très en vogue.ces jours-ci.Demain sans doute, cela sera aufre chose.On ornemente aussi la suspension ; tantôt on fait courir des guirlandes, de celle-ci à des candélabres d\u2019argent ou de vieux saxe ; tantôt on entrelace ses branches de verdure de saison.Le soir de Noël, on en a fait de très caractéristiques, en sapin givré mélangé de mandarines toutes petites.La pièce d\u2019étoffe, dite : chemin de table, tend un peu à disparaître.Les menus redeviennent simples.U y a tendance aussi à réglementer un peu LE SAMEDI l\u2019heure du dîner, qui devient réellement trop tardive; le prince de Galles a, paraît-il donné le signal chez lui en Angleterre, et arrêté que le repas du soir, qui tournait au souper, serait servi à sept heures.On affirme que non seulement il a pensé à son agrément et à sa commodité, mais qu\u2019il a aussi songé aux fatigues que les vpfiles prolongées infligeaient à la domesticité.Si vraiment ce souci l\u2019a hante, on ne saurait trop le féliciter.Quant aux menus qui se mangent, ah ! ceux-là, ils se raffinent de plus en plus.L\u2019art culinaire a été en décadence, affirme t on, en ces dernières années ; mais les expositions spéciales, organisées partout, à Paris, en province lui ont redonné un élan vigoureux.Ce n\u2019est pas par le nombre de plats, mais par leur excellence que nos agapes mondaines se distinguent \u2014 En revanche, l\u2019on boit peu.Bacchus est un dieu fini.Les estomacs et.^ les teints de nos belles mondaines ont reconnu que le régime de l\u2019eau pure était le meilleur de tous.\u2014 Donc, aimables amphitryons, rattrapez - vous sur la qualité, puisque la con-\t- sommation baisse ; servez du nectar, et les plus et curieux: Faire une Philippine et dire- bonjour sages les plus coquettes, apres s\u2019être abreuvées du Philippine, lorsque la jeune fille avec laquelle on un \u201c dmVfd\u201d d Ch™ rePa^termineront celui cr par vient de partager une amande double commence ré«;J?\u2019g de Chateau-Yquem sans la moindre à la manger, est, je crois, un usage général, non résistance \u2014 Ajoutons que beaucoup réglemen- seulement en Touraine, mais en Bretagne, en tent leur boisson dans le but de rester sveltes, et Flandre, etc\t& î I Le masseur.\u2014Comment se fait-il que vous ayez le bras droit plus développé que le bras gauche ?Le baigneur.\u2014C est moi qui dépèce à la pension.qu\u2019elles vous seront profondément santés, si vous faites un régal du question.reconnais-\u201c doigt \u201d en PHILIPPINE C est une forme de jeu pour réclamer du co-pargeant une discrétion, c\u2019est-à-dire un petit cadeau (allemand vielliebchen, bien-aimée, altéré en Philippchen, d\u2019où Philippine).\tE.M.-\tLe mot ne vient pas de Touraine, mais d\u2019Alle- On dit aussi Philippino.Est ce que ce mot ne njaSne> et je crois pas qu\u2019on en puisse trouver endroit naa lino mnfo 737,«7^\t/m.d\u2019exemnle en Fra.noo avant.1\tn\u2019oot-\t___ viendrait pas des mots Philo pæna (Taxe amoureuse')'?On lit dans Y Intermediaire des chercheurs MODESTIE INTEMPESTIVE fi iitm Lui.\u2014 Mademoiselle, j\u2019adore danser avec vous ; vous etes la seule femme dont le pas convienne au mien.Elle.\u2014Pas possible ! Et moi qui danse si gauchement ! d\u2019exemple pn France avant 1850.C\u2019est une forme francisée de l'allemand Viel liebehen, très cher ; prononcez : Phil-libbihenne.J\u2019écris par à peu près, la prononciation allemande du ch ne pouvant se traduire en français.Pour le reste, voyez le Dictionnaire historique d'argot de Lorédan Larchey.X.\u2014Ce jeu n\u2019est pas inconnu en France, mais il se pratique surtout en Allemagne.Aussi, est-ce à l\u2019Allemagne qu\u2019il faut demander compte de sa signification.Il y a, en allemand, un mot qui se prononce presque absolument de même que notre Philippine.C\u2019est Vielliebchen, qui veut dire beaucoup aimé, et qui fait allusion à l\u2019union des amandes dans la meme coquille, à ces deux parties d\u2019un même tout qui avaient toujours vécu dans une union trop parfaite pour ne pas se conserver dans 1 éloignement un tendre souvenir.Ainsi, quand un Allemand dit à un autre : Gus-ten Morgen, Vielliebchen, bonjour, bien aimé, il est le premier à lui rappeler leur étroite affection, et, si ce bonjour est dit sur le ton de reprocehe, il signifie : vous êtes un ingrat qui ne pensez plus à moi et que je surprends en flagrant délit d\u2019indifférence ou d\u2019oubli.Nous 1 avons dit, le mot Nielliebchen est devenu Philippchen à cause de la prononciation.La méprise a commencé en Allemagne même, où l\u2019on dit le plus souvent : Guten Morgen, Philippchen, bonjour petit Philippe ; nous avons suivi cet exemple.(Rozan, Petites ignorances de la conversation,.P- L)\tP- Risteliiuber.L\u2019amande double, partagée entre deux convives de sexe différent, est en quelque sorte l\u2019engagement d un pari.L\u2019enjeu, s\u2019il n'est pas convenu d avance, est une discrétion.Le gagnant est le-premier des parieurs qui, à la première rencontre,, salue l\u2019autre des mots : \u201c Bonjour Philippine.\u201d U y aurait peut-être lieu de rapprocher cet-usage de celui des Valentines (Angleterre.)j Geo» LE SAMEDI 13 RÉFLEXION PHILOSOPHIQUE Pi fEN
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