Le samedi, 1 juin 1895, samedi 15 juin 1895
[" H m*s gÿss iHÉÉf?lÈSSgHS* 3» j/i'**#.rkS?§si££' MM sTÿ-^ Qf i ^ $2.50 PAR ANNEE.LE NUMERO B CT8.MONTREAL, 15 JUIN 1895 VOL.VN.-NO.2 FLEURS PRINTANIERES LE BOUQUET DE VIOLETTES f> LE SAMEDI (Journal Hebdomadaire) P UBLICA TION LITTÉRAIRE, HUMORIST IQ UE ET SOCIALE, OESC3-^.lTE I3-CT rCTX-IEEa DOMESTIQUE.REDACTEUR: LOUIS PERRON ABONNEMENT Un An, $2.50.\u2014 Six Mois, $1.25 (STRICTEMENT PAYABLE D'AVANCE) JPxriac «a.TC* KTTC*.3036.earo, B Oeutlua.S\u2019adresser pour les informations, les abonnements et les annonces à MM.Poirier, Bessette & Cie, Editeurs Propriétaires, No 516 RUE CRAIG, Montréal.MONTRÉAL, 15 JUIN 1895 LES PRIMES Dü \u201cSAMEDI\u201d Le Samedi cloture, le 8 juin, la première série des divers concours qu\u2019il a ouverts aux littérateurs, ainsi qu\u2019aux solutions de problèmes d\u2019Echecs pu Jeux d\u2019Esprit.| L\u2019empressement avec lequel le public nous a (suivi dans cette voie nous engage à y persévérer let à continuer, dans les mêmes conditions, les concours pour une nouvelle période de 3 mois.¦ Ci dessous, nous donnons la nomenclature des ¦rimes offertes à ces concours ainsi que les noms la ceux des concurrents qui ont remporté les primes.Nos félicitations bien sincères aux vainqueurs de ces tournois pacifiques ainsi qu\u2019à ceux des concurrents qui ont le plus approché du succès, Isouhaitant à ces derniers, pour le prochain concours, la récompense méritée par leurs efforts.PRIMES AUX LITTÉRATEURS lo PROSE Première prime : On bracelet argent solide.Deuxième Prime : 12 volumes à choisir dans le catalogue ci dessous.VERSIFICATION Première prime : Un bracelet argent solide.Deuxième prime : 12 volumes do.ou 1 abonnement de 1 an au Samedi.Troisième Prime : 6 volumes do.ou 1 abonnement de six mois au Samedi.PRIMES AUX SOLUTIONS D\u2019ECHECS CATALOGUE DES VOLUMES A CHOISIR AmÉdÉe Achard.La Sabotière.do\t.La Chasse royale.do\t.La Trésorière.do\t.La famille Auberine.do\t.L\u2019ombre de Ludovic.do\t.La famille Guillemot.do\t.L\u2019Eau qui dort do\t.Marcelle.do\t.Le Livre à serrure.Henri Conscience .Maître Valentin.do\t.La Jeune femme pâle.do\t.Un Sacrifice.do\t.L\u2019oncle Jean.do\t.Le Chemin de la fortune.do\t.Le Bourgmestre de Liège.do ,\t.Le Guet-Apens.Alfred de Breiiat.La cabane du Sabotier.do\t.Une femme étrange.Mme Emile de Girardin.Nouvelles.do\t.Le Lorgnon.Charles de Bernard.Le nœud Gordien.do\t.L\u2019Ecueil.H.Blaze de Bury.Les Bonshommes de cire.\u2022Ouida.Deux petits sabots.Eugène de Mirecourt.Masaniello.T.Bayley Aldrich.La Reine de Saba.A.de\tPontmartin.La\tMandarine.Paul\tPerret.La\tBague d\u2019Argent.Maxime du Camp.Les Buveurs de cendre.Edmond About.Le cas de M.Guérin.Piotre Artamor.Histoire d\u2019un bouton.Elie Berthet.Tête à l\u2019envers.do\t.Le\tPacte de famine.do .Le\tVal d\u2019Andorre.Hippolyte Audeval.Les fraudeurs.A.Devoille.Le renégat.Alix de Beer.Paul.Henry de la Madeleine.Les fonds perdus.Gustave Aymard.Les Pieds fourchus.Alexandre de Lavergne .Le Cadet de famille.RÉSULTATS DU CONCOURS OUVERT ENTRE LES LITTERATEURS 10.PROSE Première prime : Un bracelet argent solide \u2014\tEglantine.Deuxième prime : 12 volumes à choisir ou abonnement 1 an au Samedi \u2014 Laberge.2o.VERSIFICATION Première prime : Un bracelet argent solide \u2014\tDelagny.Deuxième prime : 12 volumes à choisir ou abonnement 1 an au Samedi \u2014 Louoigny.Troisième prime : 6 volumes à choisir ou abonnement 6 mois au Samedi \u2014Jean Ga Hu SOLUTIONS DES PROBLÈMES D\u2019ÉCHECS Première prime : Un bracelet argent solide.(Prime convertie, vu le partage, en deux Jeux et Table d\u2019échiquier) Ex équo \u2014 Asselin et E.Bar-celo.Deuxième prime : Montre française.\u2014 F.Weber.Troisième prime : Echiquier et jeu\u2014Ex-équo : Gringoire, Sphinx d'Ottawa et Labour donnais.ENVOIS DE PROBLÈMES POUR JEUX D\u2019ESPRIT Premième prime : Bracelet doré, \u2014Ex-équo: A.Guerette et Sphinx d'Ottawa.SCELLANT leur destinée Lui.\u2014Permettez moi de placer sur vos lèvres, le sceau de mon affection ?Elle.\u2014C\u2019est bien joli ce que vous dites là, Théophile, mais ne croyez vous pas qu\u2019il faudrait d\u2019abord le placer au troisième doigt de ma main gauche ?Deuxième prime : 6 volumes à choisir \u2014 Jean Canada.SOLUTIONS ET JEUX D\u2019ESPRIT Première prime : Une montre d\u2019argent.(Prime convertie, vu le partage, en deux montres françaises) \u2014 Ex-équo : Marguerite des Près et Rutra (56 solutions).Deuxième prime : Abonnement 1 an au Samedi \u2014 Ex-équo : E.Barcelo et SjJûnx d'Ottawa (52 solutions) Troisième prime : Un bracelet doré ou abonnement 1 an au Samedi \u2014 R.A.Morisset (50 solutions).Quatrième prime : 6 volumes à choisir ou abonnement de 6 mois au Samedi \u2014 Charlotte (45 solutions).Cinquième prime : 3 volumes au choix ou une Epinglette dorée pour dame ou homme \u2014 A.Gué-rette (42 solutions).CITATION Ceux des concurrents qui ont pu le plus grand nombre de so'utions : P.H.Hébert (40) ; Jos.Pelletier (39) ; Eig Brunet (38) ; Armandine (33) ; Primevère (32) ; Jean Canada (28) ; Marie Blanche (28).Nota.\u2014Les titulaires des Primes voudront bien venir les retirer aux bureaux du Samedi ou indiquer la voie par laquelle el'es devront leur être adressées.PREUVE DE FOLIE Première prime : Un bracelet argent solide.Deuxième prime : Une montre française) boitier nikelé, à remontoir et secondes, 4 rubis.Troisième prime : Echiquier et jeu.PRIMES AUX JEUX D\u2019ESPRITS lo.Pour les envois des meilleurs problèmes : Première prime : Un bracelet doré ou 1 abonnement de 1 an au Samedi.Deuxième prime : 6 Volumes do.au choix ou 1 abonnement de G mois au Samedi.2o.Pour le plus grand nombre de solutions : Première prime : Une montre d\u2019argent à remontoir et secondes, 4 rubis.Deuxième prime : Abonnement de 1 an au Samedi.Troisième prime : Un bracelet doré.Quatrième prime : 6 Volumes do.à choisir ou 1 abonnement de 6 mois au Samedi.Cinquième prime : 1 Epinglette dorée pour dame ou homme, ou 3 volumes à choisir.POÉSIE vs.DINER Ai Madame Basbleu.\u2014Préférer un prosaïque dîner à ma poésie \u201cFleurs fugitives\u201d.Oh ! tenez, Monsieur Bas-bleu, vous mériteriez que je vous claquasse.Monsieur Basbleu.\u2014Eh bien ! claquassez donc ! ! ! Un philosophe Japonais qui nous visitait il y a quelques jours disait : \u2014L\u2019Anglais est un fou de premier ordre, il porte un chapeau qui lui coûte $5 00, et, quand il pleut, un parapluie de $10.00 pour éviter de mouiller le chapeau.UNE TÊTE SOLIDE Un nè gre passait l\u2019autre jour sous un échafaud où se faisaient des réparations.Une brique vint lui tomber sur la tête et se brisa du coup.Sambo, très froidement, levant la tête, dit aux ouvriers : \u2014Hello ! les hommes blancs, en haut, si vous ne voulez pas briser vos briques ne me les jettez pas par ici.Petite Correspondance du \u201cSamedi \u201d Solutions justes arrivées en retard pour le No 1 : Denis St-Cyr (Lowell, Mass.) ; Mikado (Levis).A.Guerette, Maud.\u2014Reçu envoi, merci ! r LE SAMEDI Avis aux Abonnés de six mois et de l\u2019année ILLUSION D\u2019OPTIQUE Par suite de l\u2019interdit qui nous est signifié par la Poste, l\u2019envoi, dans le Samedi, de notre supplément gratuit, l\u2019Histoire Illustrée de Jeanne d\u2019Arc, nous est devenu impossible ; mais nous n\u2019en continuerons pas moins à faire parvenir régulièrement ce supplément à nos abonnés et tel que nous nous y sommes engagés.A partir de ce numéro, le supplément ne sera plus encarté dans le Samedi, il parviendra direc-ment par la poste à chacun de nos abonnés, à raison de 40 pages de texte tous les cinq numéros.Qu\u2019ils veuillent bien nous excuser d\u2019un état de chose qui n\u2019est pas amené par nous et dont nous supporterons toutes les conséquences.Aux acheteurs au numéro de la campagne Les acheteurs au numéro, pour la campagne, voudront bien également réclamer ces 40 pages tous les cinq numéros au dépôt où ils se procurent le Samedi./ m KT à B B s ¦ * .¦ ¦ - mm Gela n\u2019est pas beau mais.G\u2019est son frère qui est derrière elle.MANQUE DE CONFIANCE COMEDIE-EXPRESS EN UN ACTE Personnages : Le Ministre des Affaires Etrangères M.de Lanessan, ex-gouverneur de l\u2019Indo Chine La scène se passe à Paris, dans le cabinet du ministre, Le Ministre.\u2014Hé ! bonjour, mon cher gouverneur, voilà plusieurs mois qu\u2019on ne vous a pas vu à Paris.Qu\u2019est-ce qui nous vaut le plaisir de votre visite ?M.de Lanessan.\u2014Mais il me semble que.je suis révoqué.à moins d\u2019erreur télégraphique toutefois.Le Ministre, avec bonhomie.\u2014Non.non.c\u2019est exact.En effet, nous vous avons révoqué.Au fait, savez vous pourquoi ?M.de Lanessan.\u2014Heu !.vaguement.les journaux prétendent.Le Ministre.\u2014Les journaux exagèrent toujours.Il n\u2019y a que le Temps qui ait dit la vérité sur cette affaire-là.Vous l\u2019avez lu ?M.de Lanessan.\u2014Je n\u2019ai pas pu trouver le numéro.Le Ministre.\u2014Le Temps a dit : \u201c Le gouvernement a pris cette mesure parce qu\u2019il a jugé que M.de Lanessan avait manqué de confiance en lui.\u201d Eh bien! c\u2019est la vérité pure.Oui, mon cher gouverneur, vous nous avez fait beaucoup de peine.EN 1904 -i M.de Lanessan, gène.\u2014Oh ! Le Ministre.\u2014Voyons, il faut être raisonnable.Comment ! vous avez des documents très curieux sur l\u2019Indo-Chine, et au lieu de vous dire gentiment : \u201c Tiens ! si j\u2019en faisais cadeau à mon gouvernement, ça l\u2019intéressera peut-être,\u201d vous les donnez à un simple journaliste ?M.de Lanessan.\u2014Pouvais-je supposer que des documents sur l\u2019Indo Chine.Le Ministre.\u2014Hé ! c\u2019est surtout le procédé qui nous a froissés, ces messieurs et moi.Il n\u2019y a pas d\u2019autre mot, c\u2019est un manque absolu de confiance.M.de Lanessan.\u2014Mon cher ministre.Le Ministre.-\u2014Si encore vous ne l\u2019aviez fait qu\u2019une fois.mais, pendant des années entières, dès que vous aviez un document, vous le donniez aux journaux, et quand, au ministère, nous avions besoin de renseignements sur l\u2019Indo-Chine, nous étions obligés d\u2019acheter le Paris ! M.de Lanessan.\u2014Si j\u2019avais su.Le Ministre.\u2014Ces choses-là sont pénibles pour un gouvernement, avouez-le.M.de Lanessan.\u2014 Evidemment, parbleu ! mais du diable si.Le Ministre, ému.\u2014Ah ! vous nous avez fait bien de la peine, Lanessan.M.de Lanessan, très ému lui-même.\u2014Mon cher ministre.mon cher ami.Le Ministre.\u2014Un pareil manque de confiance.Oh ! nous qui avions toujours été si gentils avec vous ! M.de Lanessan.\u2014Eh ! Le Ministre.\u2014Vous m\u2019avez enlevé mes dernières illusions ! (Il prend la main de M.Lanessan en secouant la tête ) Enfin ! M.de Lanessan, avec élan.\u2014Je voudrais avoir mes poches pleines de documents.Ah ! je vous les donnerais tout de suite.(Avec regret.) Par malheur, il ne m\u2019en reste plus ! Parisien.ON DEMANDE DES TRAMPS 1er tramp.\u2014Où vas-tu, camarade ?2e tramp\u2014Je m\u2019en vais à Ottawa.1er tramp.\u2014Quoi faire?2e tramp.\u2014J\u2019ai vu dans le journal qu\u2019ils avaient besoin, par-là, d\u2019un tramp pour voler les poules.IL NE POUVAIT LE DIRE CARNET DU DOCTEUR ECOULEMENTS DE L\u2019OREILLE La santé n\u2019est pas un principe, c\u2019est un résultat qu\u2019en bien des circonstances nous sommes forcés d\u2019accepter tel que nous le fournissent l\u2019hérédité, la position sociale, l\u2019habitation et le milieu où le hasard nous a fait naître, La médecine et l\u2019hygiène ont précisément pour mission de nous donner les moyens, soit de prévenir l\u2019action d^j ces causes indirectes, mais très efficaces, del maladies, soit de modifier de telle façon notre organisme que celui-ci devienne capable de lutter contre leur agression,\t( Bien des gens préfèrent malheureusement s\u2019ei^ rapporter pour cette tâche aux soins de ce qu\u2019il appellent \u201c la bonne nature.\u201d Compter sur 1 nature seule pour la guérison d\u2019une maladie\u2019 c\u2019est livrer au hasard sa santé et bien souvent sa vie.Aide-toi, le Ciel t\u2019aidera.Un exemple pris dans la pratique courante vq, mettre cette vérité dans tout son jour.Beaucoup d\u2019enfants, à n\u2019importe quel âge, sont sujets à des écoulements de pus par les oreilles.D\u2019où viennent ces écoulements et quelles consé, quences peuvent-ils avoir ?Cet effort d\u2019expulsion, c\u2019est la nature qui l\u2019effectue.Tout abcès tend à mûrir, puis à s\u2019ouvrir, c\u2019est-à-dire se vider au dehors, ou ailleurs ; mais là se borne l\u2019intervention des forces naturelles.Et laisser agir la nature seule c\u2019est s\u2019exposer à des complications irrémédiables.Tout écoulement d\u2019oreille doit donc être soigné le plus tôt et le plus activement possible, afin d\u2019arriver à le faire tarir en supprimant la eau qui l\u2019entretient.Le danger n\u2019est pas dans la suppression de cet écoulement, comme certains sont portés à le croire, mais dans sa persistance ; il est aussi dans l\u2019altération putride et si fréquente de la suppuration.Les plus grands soins de propreté (injections à l\u2019eau boriquée, phéniquée) sont donc indispensables.N\u2019épargnez rien pour débarrasser vos enfants d\u2019une infirmité aussi gênante pour eux qu\u2019elle est désagréable à l\u2019adorat de leurs voisins.Docteur Ox.LE JOUR SUFFIT Employé de la Corporation.\u2014Avez-vous jamais vu une rue aussi sale que ça.Et pense-t-on qu\u2019un pauvre homme est capable de nettoyer un mille de rue comme il y a 10 ans, alors que les femmes en emportaient la moitié avec leurs jupes ?Poireau.\u2014Une fille qui était assise dans le même char que moi, aujourd\u2019hui, avait le plus joli pied que j\u2019ai jamais vu.Rouleau.\u2014Est ce que sa figure était jolie ?Boireau.\u2014Je ne puis te le dire, je ne voyais rien par-de3sus ses manches.Alphonse.\u2014Je travaillerai jour et nuit pour vous rendre heureuse, mademoiselle.Mariette (d\u2019un air rêveur).\u2014Ne faites pas cela.Travaillez toute la journée, mais restez à la maison le soir.Le comble de la vivisection : Se mettre en quatre pour un ami. LE SAMEDI T IE£ -A.EC I I O# ->v ¦Ûl b f ( 1*1 J O r'v _ V \\ ;ti ¦/r Y] ®tî- ~msr«M Lu sur l\u2019écriteau d\u2019un pauvre aveugle : Bonnes dames charitables, n'ayez pas honte de ne me donner qu'un sou.Je suis aveugle.?-r.i ,r> \\7, >7 r) Le carnet-de Champoi-reau : Général Février.Beau nom pour un fils de Mars.'y/ P't YS i Quand, le célèbre jongleur Blaggauski balançait son grand plateau chargé de vaisselle et le faisait tourner vertigineusement sur son pouce, l'auditoire trépignait de joie, acclamant l\u2019adresse merveilleuse de l\u2019artiste.II Et quand il le plaçait, à l\u2019aide cl\u2019une baguette, sur son nez ou son menton, l'enthousiasme ne connaissait ÿlus de bornes.«4J III Mais cela n\u2019était rien.Il se plaçait sur les mains en équilibre et, les jambes gracieusement levées, l'inna-movible plateau tournait, tournait toujours comme un derviche, sur son orteil.A ce moment-lcï, l\u2019assemblée déclarait qu\u2019il ne se pouvait rien voir de plus extraordinaire.Y- -A \"3^ IV Mais un jour, jour funeste, le nouveau garçon qui lui servait d'aide fut la cause, par sa maladresse, d\u2019un cataclysme où fai/lit rester le jongleur en meme temps que sa réputation.S\u2019il ri aval reçu que des pommes, encore.Madame ouvre son armoire pour y prendre un de ces fins mouchoirs qu\u2019on parfume dans les sachets.Mais elle recule aussitôt et, s\u2019adressant à sa bonne : \u2014Louise, ça empoisonne là dedans ! \u2014Madame avait dit de mettre le turbot au frais, je l\u2019ai enfermé dans l\u2019armoire à glace ! La Récolte du \u201c Samedi \u201d (.A travers les journaux Parisiens) Discours pour un mariage.M.Châtaignier, impasse de la Planchette, se mariait à Mlle Poirier, rue Copeau.Le parrain, jovial menuisier, prononça un petit discours de circonstance : [ Mes enfants, dit-il, vous voilà liés par des chênes indissolubles.Quoique peuplier aux exigences d\u2019un discours, je ne serai pas assez platane pour me taire.Je n\u2019ai plus comme vous des cheveux d\u2019ébène ; je suis un peu bouleau et ma tête Itremble, c\u2019est ainsi que plus tard il vous faudra l .être.\u201c En attendant, soyez noyer dans la joie ; vous rez du pin sur la planche, i \u201c Que votre existence soit pleine de charme sur terre et sureau.\u201c Prenez racine pour faire une souche durable eco fertile, campêche souvent la discorde et soyez du bois dont on fait les bons ménages.\u201d Calino va rendre visite à la marquise de X,.vers 10 heures du matin; la marquise le reçoit, mais, interloquée, ne peut s\u2019empêcher de lui dire : \u2014Je ne vous attendait pas si tôt, cher monsieur.\u2014C\u2019est que je comptais ne pas vous trouver chez vous, madame la marquise.Le comble de la gloutonnerie : Avaler des couleuvres.\u2014Pourquoi donc, maman, que grand-père a sur le dos une bosse comme le chameau 1 \u2014Parce qu\u2019il a été méchant étant petit.\u2014Alors, pourquoi que tu n\u2019en a pas, toi 1 \u2014Voyons, Yvonne, je t\u2019ai déjà dit qu\u2019il ne fallait jamais montrer les personnes avec le doigt ! \u2014Avec quoi, alors ?Entre Marseillais et Bordelais : Marius,\u2014Est-ce qu\u2019il coûté cher lé terrain, à Bordeaux 1 Condillac.\u2014Ah ! ne m\u2019en parlez pas, 500,000 francs le mètre carré.Marius.\u2014A Marseille, mon bon, la terre est si cher que les femmes les plus huppées commencent à en porter au lieu dé bijoutérie ! Le comble de la pitié : \u2014Consoler un saule pleurer.On joue à l\u2019écarté.Il retourne trèfle.L\u2019un des joueurs : \u2014Atout du roi.la dame.son \u201c pompier \u201d.\u2014Comment son pompier ! \u2014Evidemment.\u201c Lancelot \u201d.Gadinard, fort peu brave d\u2019ordinaire, s\u2019écriait hier au Cercle : \u2014Eh bien, moi, j\u2019ai une furieuse envie de Rengager dans le corps de Madagascar.\u2014Vous 1 \u2014Le froid me donne l\u2019envie d\u2019aller au feu.Dialogue de clowns : \u2014Pas difflcile de faire chanter ; Dreyfus, Portalis et consorts y sont parvenus sans difficulté ; mais faire danser?.Faire danser un pont, par exemple ?\u2014 Un pont ?\u2014Oui.__On met de la dynamite et on le fait sauter en l\u2019air.\u2014Non.Plus simplement.On apporte un violon, on prend l\u2019accord.et ce pont danse h.\u2014La.la.__Parfaitement.La correspondance !.\u2014Horrible ! Oh ! combien !.Un joli euphémisme imaginé par le Dr.Ox : \u2014Eh bien, docteur, lui disait l\u2019autre jour un ami chez qui il dînait, vous avez donc laissé mourir ce pauvre M.?__Peuh.ne m\u2019en parlez pas !.Cela allait .rès bien quand tout d\u2019un coup il m\u2019a interrompu, Sur le champs de manœuvres, le caporal Poil-desac à une des recrues : \u2014Fermez donc votre orifice, numéro deuss ; les courants d\u2019air intérieurs ne valent rien dans cette saison.ivrogne încor-que vous êtes LE NEZ ROUGIT A la correctionnelle : Le président.\u2014Vous êtes un rigible.C\u2019est la huitième fois amené ici.Vous devriez rougir ! L\u2019inculpé, humblement.\u2014Vous le voyez, mon président, je fais ce que je peux pour ça ; mais, jusqu\u2019à présent il n\u2019y a encore que mon nez qui rougisse.Devant le Bain Turc, deux personnes causent.L\u2019une, indiquant du doigt l\u2019établissement.\u2014Tu ne me croiras pas ; c\u2019est tout de même vraiment drôle.Depuis que mon frère est entré dans cette machine-là il est devenu.ma sœur.\u2014 11.(Il fallait comprendre masseur), mais c\u2019est égal.Horrible, n\u2019est ce pas 1 LE COSTUME LUI SUFFISAIT STATISTIQUE PEU GALANTE Un Anglais savant a calculé qu\u2019un homme, terme moyen, fait trois heures de conversation par jour, au taux de cent mots par minute, ou vingt-neuf pages in-octavo par heure ; ce qui fait que chaque individu parle la valeur de six cents pages environ par semaine, soit cinquante deux forts volumes par an1 \u2014 O révélations de la statistique !.\u201cMonsieur, lui demanda un loustic irrévérencieux, est ce que votre calcul s\u2019applique également aux femmes ?\u2014 Yes, répondit le célèbre statisticien britannique.en multipliant par dix.\u201d Voilà qui peut aller de compagnie avec la fameuse boutade de Bobèche : \u201c Quel est le mois où les femmes parlent le moins 1 \u2014Le mois de février, parce que c\u2019est le plus court \u201d Comme aussi avec la piquante repartie de ce prédicateur espagnol qui se plaignait du haut de la chaire qu\u2019on causât dans l\u2019église : \u201c Mon père, lui dit une bonne vieille, ce ne sont pas les femmes qui causent.\u2014Tant mieux, ma bonne, ce sera plus tôt fini ! \u201d 11 ! I !:;!¦! A'A W/i' 1 I lit y/ 0?Gertrude.\u2014Mais ma chère Emma, pourquoi ce costume de bicyclette.Emma.\u2014Pourquoi ! mais pour le porter.Gertrude.\u2014Mais tu n\u2019as pas de bicyclette ?Emma.\u2014Non, mais j'ai une machine à coudre. I WHBîl îjjjjjjjj; KWggBfii;; ;;cn;:iiiï ;5èiiîïîîï*»*j KgpmisiSiSlHi lo^îî:- 'âCliti ^gawiBS swa .P0 IfjîHgsSÜii SS&gi S i'a'WS ma ffc&i' Jj */,S*££SKJr:ï£-V'^3SB MÊimmsm WmU&umuutmin -^csV PHP LE SAMEL)I THÉORIE DE L\u2019ÉVOLUTION UN SOUVENIR {Pour le Samedi) Les métamorphoses d\u2019un policeman et de sa coiffure.CHRONIQUE MONDAINE LA CORBEILLE L\u2019envoi de la corbeille et la signature du contrat précédent de huit à dix jours environ la cérémonie du mariage.La corbeille est apportée le mat:n du jour où l\u2019on signe le contrat.Elle se compose de robes de satin, de velours, etc , en pièce ; de dentelles noires et blanches ; de points héréditaires, si les aïeules en ont possédé ; de bijoux modernes, de joyaux de famille ; d\u2019un manteau de loutre ; à ce fond de garde-robe, ôn ajoute une aumônière gonflée de pieces d\u2019or neuves, un ou plusieurs éventails, un livre d\u2019heures copié sur un chef-d\u2019œuvre du moyen-âge.(Il va sans dire que la corbeille peut être infiniment plus modiste, tout depend des ressources du fiancé.) Ces objets sont contenus dans une grande corbeille en vannerie artistique, doublée de satin blanc et de forme carrée, afin que les étoffes n\u2019y prennent pas de faux plis.Un gros bouquet de roses blanches ou un nœud de satin blanc s\u2019attache sur le couvercle.Lé coffre, l\u2019ancien coffre de mariage, est choisi par quelques fiancés amis de l\u2019archaïsme.On les imite de ceux du XYIe siècle.Ils sont décorés, armoriés, sculptés, peints, etc.L\u2019habitude d\u2019exposer le trousseau, la 'corbeille et les présents envoyés à la fiancée par sa parenté et ses amis \u2014 d\u2019un goût fort conte table \u2014 est complètement tombée en désuétude chez les gens qui se piquent de véritable délicatesse.Outre l\u2019étalage de la lingerie intime révoltant les pudeurs d\u2019une fiancée, il y aurait un ostentation de parvenu à étaler ainsi les splendeurs d\u2019une corbeille.Quand à l\u2019exhibition des présenls, il semblerait, en le faisant, qu\u2019on veut exciter l\u2019émulation chez les donateurs.Dans la crainte de passer pour pauvres ou avares, les vaniteux \u2014 qui seraient peut être restés indifférents à l\u2019opinion des fiancés et de leur famille \u2014 faisaient des sacrifices, pour paraître magnifiques aux yeux des gens admis à passer les cadeaux en revue.On est donc revenu, dans le monde bien élevé, à nos anciens et discrets usages, qui ont le double mérite de n\u2019offenser jamais la réserve du fiancé, et de ne pas faire soupçonner les parents du plus sot orgueil.Blanche de Savigny.jeux CRUELS ESSAI DE PROSE DECADENTE la petite sœur, désinterressée déjà de l\u2019illusion des poupées.Et comme le frère ne répond pas et, l\u2019œil fixe, se refuse à s\u2019arracher à sa vague rêverie, cette mystérieuse et tant troublante rêverie des enfants qu\u2019elle transporte en ces oubliés et lointains pays, oubliés, hélas ! de ceux qui ont trop vécu, elle insista, avec un joli et bleu regard qui implorait : \u2014Je t\u2019attraperai les mouches.Et de sa fluette et diaphane main ou courait, sous la transparence d\u2019une peau fine, l\u2019azuré lacis des bleuâtres veine?, elle cueillit, au vol, une mouche qui, eonfiem-ment, faisait sa toilette au rebord ensoleillé de la haute fenêtre.Par hautaine condescendance, et plutôt pour se débarrasser d\u2019une obstinée résistance qu\u2019il prévoyait dans sa déjà très complète connaissance des féminines exigence?, le frère, d\u2019un ongle expert, prestement décapita la tête du printanier insecte, la recevant dans un papier blanc plié en deux, que lui présentait sa sœur.Puis, glissant le tout entre les pages d\u2019un gros et fleuri missel aux naïves enluminures, il appuya un instant des deux mains sur la couverture.Il se fit dans le missel comme un petit craquement mouillé.Et quand ils le rouvrirent et décollèrent les deux feuillets de papier blanc, les deux enfants poussèrent des cris d\u2019admiration.La tête de l\u2019infortunée bestiole avait éclaté sous la pression, et les grises éclaboussures de cervelle, les roses gig'ements du sang des artérials vaisseaux brusquement rompus, le bizarre et informe pointillé des mille yeux éparpillés de la mouche, traçaient au mi-tant de la feuille, une fantaisiste et macabre silhouette aux chatoyantes et harmonieuses colorations, à l\u2019échan-cré et curieux contour, étalé sur les côtés et bizarrement allongé au milieu, avec, par le dessin, l\u2019évocation évidente, pour ces enfantines imaginations, de la multicolore et fantastique image d\u2019un papillon.Et l\u2019enthousiasmée petite sœur, des mains tapait, criant, de son encore mal timbrée voix de fillette : \u2014Encore ! encore ! SlLVIO.AGENDA UTILE (A un petit bouquet de muguet, de myosotis et de lilas qu\u2019elle m\u2019a donné et que je vais presser).O grappe de lilas que sa main a cueillie, Que tu m\u2019es doux et cher, ô petit souvenir ! Première émotion qu\u2019un lilas fait venir, Grappe d\u2019azur, comment l\u2019ai-je alors accueillie ! Toi, bleu myosotis qu\u2019un souffle fait frémir, Tu me rappelle encor sa mine recueillie.Ah ! c\u2019est en les baisant qu\u2019aujourd\u2019hui je délie Vos tiges que sa main lia sans repentir.Fleurs qui donnez l\u2019espoir à mon âme inquiète, De quelle flamme alors étiez vous l\u2019interprète ?Voulez-vous bien me dire : \u201c Elle n\u2019oubliera pas ?\u201d J\u2019ose à peine le croire et cependant j\u2019espère, Car le myosotis, le muguet, le lilas, Nous apportent l\u2019amour qui descend sur la terre.28 mai.\t__________________ Louvigny.LA SOCIÉTÉ ARTISTIQUE CANADIENNE Les demandes de scriptums abondent de toutes parts à la Société et le service de distribution de ses primes se continue avec une régularité qui fait honneur aux administrateurs et qu\u2019apprécie vivement le public.Chaque semaine les favorisés du sort se partagent les faveurs de dame fortune et tel, qui au-jourdhui n\u2019a rien gagné se voit, à un prochain tirage favorisé plus qu\u2019il ne l\u2019espérait, mais, qu\u2019on gagne ou qu\u2019on perde, le but humanitaire n\u2019en est pas moins atteint et quoique il soit certainement plus agréable d\u2019être dans la première catégorie, celui qui ne gagne rien n\u2019en a pas moins contribué à la consolidation de cette œuvre utile entre toutes, qui a pour but de maintenir, d\u2019élever même notre niveau artistique et de faire de Montréal, la véritable métropole intellectuelle du Canada.SILHOUETTES AMOUREUSES m aimez- ma je Dans la torpeur écrasante d\u2019une somnolente vesprée, auprès de la haute fenêtre ouverte toute grande sur le parc où les platanes feuillus agitent doucement avec (le ; rythme mol d\u2019une caresse, le languide éventail de leurs rameaux, deux enfants sont accoudés, l\u2019œil perdu dans une soDgerie ennuyée, regardant sans le voir, le grand et rubes-cent soleil qui là-bas se couche, vrillant de ses derniers rayons obliques l\u2019épais fouillis des en- ayez donc l\u2019obligeance d y met chevêtrées frondaisons et poudrant d\u2019or la flaves- tre une note pour ne pas me de-cente chevelure des deux bambins.\tmander la même chose tous les \u2014Fais-moi des papillons, supplie tout à coup jours et 25 fois par jour.Si vous Toussez, prenez LE BAUME RHUMAL.Elle.\u2014 O George, vous vraiment 1 George.\u2014 Certainement, chérie.Mais pourriez vous me dire où est le petit agenda que vous ai donné 1 Elle.\u2014Certainement, je l\u2019ai ici.George.\u2014Eh bien, ma chérie, Où Angélina et son fiancé regrettent amèrement d\u2019apprendre au père et aux voisins ce qui se passait entr\u2019eux à minuit, lors de leur separation.25 ets la bouteille, en vente partout 6 LÉ SAMEDI LE PORTRAIT DU PRÉSIDENT DE LA TEMPÉRANCE Un bon nettoyage avec de l\u2019alcool, cela avive la peinture, il faut que monsieur le Président se voit sous un aspect favorable.II \u2014Madame est venue voir le portrait ce matin, elle était enchantée.Elle m\u2019a dit que c\u2019était absolument vous, mais là, absolument.Entrez monsieur le Président.iiflii .\"Y1 i di III Mais l\u2019alcool avait fait le reste.BEAUCOUP DE TACT On parlait l\u2019autre soir, au cercle, des difficultés qu\u2019éprouve un gouvernement qui veut maintenir la balance entre les possesseurs et ceux qui veulent posséder à leur tour, entre les patrons et les ouvriers, entre les repus et les affamés.\u2014Oui, disait le marquis d\u2019Autun avec sa belle voix vibrante, oui, il y a certainement quelque chose à faire en faveur des malheureux et des déshérités.Quel dommage que les anarchistes, les politiciens, les meneurs viennent à chaque instant rendre notre tâche si difficile ! Les dernières grèves du Nord, à cet égard, ont été lamentables.\u2014Bah, les grèves ! s\u2019écria tout à coup le commandant Chavoye avec son organe tonitruant, moi, j\u2019en fais mon affaire.On se retourna vers le gigantesque cuirassier qui avait étalé sur la table sa large poigne, une main faite pour manier la grande latte ; et avec ses sourcils tout froncés, sa moustache en brosse, ses cheveux blancs encadrant sa figure rude, il répétait encore : \u2014J\u2019en fais mon affaire.et ça ne traîne pas, je vous prie de le croire ! \u2014J\u2019entends bien, commandant, reprit avec mélancolie le marquis d\u2019Autun.Vous chargez la foule à la tête de vos escadrons bardés de fer ; vous tombez à coups de plat de sabre sur des malheureux armés de bâtons et vous les obligez à rentrer dans leur trou.mais ça n\u2019est pas une solution.\u2014Je ne charge pas du tout.J\u2019ai un moyen bien meilleur et qui m\u2019a admirablement réussi en 1887.Beaucoup de tact.\u2014Racontez-nous ça, commandant.\u2014Volontiers, messieurs.En ce temps-là, j\u2019étais en garnison à Lille, en Flandre, quartier de la Madeleine, et j\u2019avais l\u2019honneur de commander comme capitaine le 4e escadron du 15e cuirassiers.Un matin, je traversais la place d\u2019armes, à.cheval, m\u2019amusant à faire du pas espagnol devant la patronne de notre café, Eugénie Bistrot, une brune,\u2014je ne vous dis que ça !\u2014lorsque tout à coup l\u2019adjudant Chambenoît m\u2019aperçut et me cria : \u2014Ah, mon capitaine, je viens de chez vous.Le colonel vous demande.Je me précipite vers la rue Esquermoise où demeurait mon chef, sachant par expérience qu\u2019il n\u2019aimait pas beaucoup à attendre.Vous avez connu La Borlière qui sortait de la Garde.\u2014 Aussi grand que moi, mais encore plus gros si c\u2019est possible.Quand on apportait sa cuirasse au quartier, elle ressemblait à une guérite dans laquelle on aurait pu donner des rendez-vous secrets.C\u2019était une joie de passer avec lui dans les villages.Les femmes s\u2019appelaient de porte en porte en disant : \u2014Venez donc voir ! Il y en a un en tête qui est gros, qui est gros ! !.Et La Borlière souriait, très flatté de son succès.Mais ce matin-là, il ne riait pas du tout.Il chiffonnait une dépêche qu\u2019il venait de recevoir et dès qu\u2019il m\u2019aperçut, il cria : \u2014Ah ! vous voilà, capitaine Chavoye, ça n'est pas malheureux.Je viens de recevoir un télégramme du préfet.Il paraît que ça va mal à Lens, à dix-sept kilomètres de Béthune, dans le Pas de-Calais.La grève des mineurs persiste, et demain il doit y avoir dans la soirée, au café du Commerce, une grande réunion présidée par Brouta, le fameux député radical.Bref, on craint du chambard, et l\u2019on réclame de la cavalerie.Vous allez partir immédiatement pour Lens avec un escadron carré à cent hommes.\u2014Bien, mon colonel.\u2014Il faudra beaucoup de tact, mais, en même temps, beaucoup d\u2019énergie.Pas de brutalité inutile, mais protection vigoureuse du travail.Vous comprenez ?\u2014Le tact a toujours été mon fort.Le colonel La Borlière me regarda avec une surprise peu flatteuse \u2014 évidemment, je ne sais pourquoi, il doutait de mon tact, et me dit : \u2014Heu ! heu ! Dans mon idée, je vous vois plutôt cognant ferme que manœuvrant avec diplomatie.Enfin, c\u2019est à votre tour de marcher ; faites pour le mieux.Et je partis à la tête de mes hommes, ravis de cette petite promenade.Vous savez, tout ce qui rompt la monotonie ordinaire du quartier est toujours accueilli avec joie.Précisément, il faisait un temps superbe, et l\u2019étape s\u2019accomplit dans les meilleures conditions.Nous passons par Vio-laines, et nous arrivons le lendemain soir à Lens.La ville était en complète effervescence, et, tout le long de notre chemin, nous sommes accueillis par des grondements sourds.Le poing sur la hanche, suivi de mon trompette, je descendais au pas la grande rue, avec mon escadron en colonne par quatre, et dame, ma panse, déjà fort respectable, provoquait quelques remarques envieuses \u2014Hein ! l\u2019on se nourrit bien, dans les cuirassiers ! \u2014 Encore un gros qui s\u2019engraisse de la sueur du peuple ! Moi, je répondais en riant.\u2014Que voulez-vous 1 on nous choisit comme ça.Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019on nous appelle Zes gros frères.C\u2019est égal, les sabots de nos chevaux qui résonnaient sur les pavés, les fourreaux de sabre qui s\u2019entrechoquaient contre les éperons, tout cela dans la rue peu éclairée, faisait un bruit sinistre et l\u2019on nous regardait avec une stupeur effarée, comme si nous apportions dans nos fontes la mort et la désolation.Arrivé sur la place de l\u2019Eglise, je fais ouvrir les rangs, mettre pied à terre et, sans perdre de temps, je demande immédiatement à voir le maire.\u2014Le maire, me répond une brave femme, vous ne le trouverez pas à la mairie.Il est, pour sûr, à la grande assemblée du café du Commerce, un mitingue, comme ils disent.\u2014Et où est-il ce café du Commerce 1 \u2014Là-bas, en face, mais je ne vous conseille pas d\u2019y aller, car il n\u2019aime pas beaucoup les soldats, monsieur le maire.Je regardai dans la direction indiquée par la vieille, et j\u2019aperçus en effet un café brillamment illuminé qui resplendissait comme un phare dans la nuit noire.Une inscription au dessus de la porte indiquait qu\u2019il y avait bal tous les dimanches.Evidemment le mitingue devait avoir lieu dans la salle de danse.Je descends de cheval, et tel que j\u2019étais, casqué et cuirassé, je me rends à l\u2019hôtel, escorté par une demi-douzaine de gamins qui me suivaient avec une curiosité craintive.Je pénètre non sans peine, en jouant des coudes, et comme je dépassais à peu près de la tête tous les assistants, \u2014 j\u2019ai un mètre quatre-vingt-sept, \u2014 j\u2019aperçois une foule grouillante, houleuse, et dans le fond, sur l\u2019estrade des musiciens, une table éclairée par deux lampes.C\u2019est à cette tribune improvisée que pérorait mon Brouta, les cheveux au vent, haut sur col, et sanglé dans une belle redingote noire.Il broutassait un discours très étudié, rempli de revendications impossibles, augmentation des salaires, rappel des ouvriers compromis, réduction des heures de travail, acceptation du charbon malpropre.Que sais-je ! Le discours paraissait d\u2019ailleurs médiocrement porter, et moi, debout, les bras croisés, je toisais l\u2019orateur d\u2019un air un peu goguenard, quand tout à coup, Brouta m\u2019aperçut, et sans doute, pour faire diversion, m\u2019inter-terpelle : \u2014Hé, toi, là-bas, citoyen soudard, je voudrais bien savoir ce que tu viens faire ici h \u2014Moi, je viens écouter tes bêtises et je m\u2019ennuie rudement, car c\u2019est idiot tout ce que tu nous racontes.Là-dessus, un tumulte indescriptible.Les amis de l\u2019orateur me crient : \u201c A la porte \u201d mais la majorité me crie : \u201c A la tribune, toi qui fais le malin, à la tribune ! \u201d Je ne me le fais pas dire deux fois.Je me rue vers l\u2019estrade, je grimpe les marches, et comme Brouta ne voulait pas me céder la place, je le cueille gentiment par le collet de sa belle redingote, entre le pouce et l\u2019index, et je le dépose au ERREUR EXCUSABLE Boisansoif.\u2014 Mille millions de.j\u2019 donn\u2019rais.bien.cinq piastres pour.avoir un.parapluie.par un.temps.pareil.LE BAUME RHUMAL guérit toute les affeetions de la gorge et des Poumons.-\t25 cts, en vente partent LE SAMEDI CELA FAIT TOUTE LA DIFFÉRENCE /Cüi N w CA- \\ Vû fbùk^j fl! M ^5 II Regardez tous les employés de la Cour quand le juge fait une remarque plus ou moins comique.Et deux minutes plus tard quand c'est un témoin qui s\u2019y risque.immédiatement retourné en \u201c Un discours ! Un dis- milieu des chaises, Rien n\u2019amuse la foule comme la force.Aussi l\u2019auditoire ma faveur, me crie cours ! \u201d Mes amis, leur dis-je, je ne vous parlerai pas politique, parce que la politique cela me va comme des bretelles à une langouste, mais si vous voulez, je vous chanterai une chanson qui vous amusera autrement que les tirades filandreuses du citoyen Brouta.\u2014Oui ! oui ! Une chanson ! hurle un millier de voix que couvrent celles de quelques rares protestataires.Alors, je me campe solidement devant la table, et avec cet organe spécial habitué à lancer des Ce bourgmestre aux \u201c velours \u201d hasardeux ne mesurait pas plus d\u2019un mètre cinquante cinq au-dessus du niveau de la mer, mais il avait la petitesse d\u2019esprit de ne pas souffrir qu\u2019on remarquât celle de son corps ; un jour, dans un concert de charité où il avait fait entendre devant la famille royale sa voix de basse, superbe d\u2019ailleurs, le Roi le félicita vivement, et manifesta quelque surprise Ne manquons pas de constater un si puissant organe dans un si petit lent programme, corps.L\u2019observation piqua au vif le minuscule chanteur qui se redressa, le plus possible, et répondit fièrement du haut de ses 155 centimètres : \u201c Mais, Sire, ça est pas dans les grands \u2019stami-nets que tu bois le meilleur lambic, savez-vous ! \u201d Le Roi acquiesça.THÉÂTRE ROYAL MUSIQUE ET DANSE La chaleur de l\u2019été qui nous envahit n\u2019a aucune influence sur le Théâtre Royal, car cette salle est admirablement ventilée.En outre on y trouve de l\u2019eau glacée et des éventails.Pour cette semaine, les directeurs ont de nouvelles attractions à présenter au public.Nous voyons d\u2019abord les comédiens de C.W.Williams avec leur étoile, Mlle Agnès Charcot, sujet merveilleusement sensible à l\u2019hypnotisme.Mentionnons également Al.Reeves, cobanjo : Smith et Gillen, Cléo Levine, l\u2019étincelle élec- mique et joueur de athlètes et artistes trique.C.W.Williams, le ventriloque.Les Reyvald, des Folies-Bergères de Paris, dans leurs merveilleuses créations électriques.Enfin les fameux Tableaux vivants de bronze.d\u2019aller appplaudir cet excel- Emaux et Camées PETITS CHEFS-D\u2019ŒUVRE LITTÉRAIRES DE TOUS LES PAYS ET DE TOUTES LES ÉPOQUES commandements sur le commence terrain de manœuvre, je SOUVENIRS D\u2019ÉTUDIANT J\u2019ai tâté du vin d\u2019Argenteuil Il m\u2019a fichu malade, En guerre je m\u2019en fus en balade.Une balle m\u2019a poché l\u2019œil ; Des grandeurs revenu, J\u2019aime mieux goûter la vertu De ma blonde ! !.Là dessus, chœur : voilà l\u2019auditoire qui reprend en De ma blonde ! !.Il y avait dix-huit couplets dans ce goût-là.Dès le sixième, on voulait me porter en triomphe.A la fin, en matière de conclusion, je leur criai : \u2014Maintenant, mes amis, je vous conseil d\u2019aller en tâter, vous aussi, c\u2019est-à-dire d\u2019aller ce soir retrouver vos femmes, et de retourner simplement demain à votre travail.Tout le reste, c\u2019est de la frime.Ah ! messieurs, quel succès ! Je suis sorti de la salle au milieu d\u2019une ovation indescriptible.Tout le monde voulait me serrer la main ; les femmes m\u2019embrassaient; Le lendemain, la grève était complètement finie, et moi je repartais pour Lille avec mes hommes aux cris de : \u201c Vivent les cuirassiers ! Vive l\u2019armée ! \u201d En arrivant, le colonel la Borlière m\u2019a dit : \u2014Toutes mes félicitations, mon cher Chavoye.J\u2019ai reçu une dépêche du préfet.Il paraît que vous avez montré beaucoup de tact.Marchef.VELOURS BELGES Il fut un temps, racontait hier à Bruxelles le conférencier Dustin, il fut un temps où Bruxelles ne possédait que quatre écoles primaires.Le bourgmestre d\u2019alors en parlait avec un légitime orgueil, et de moins légitimes liaisons : \u201c Nos quat\u2019 z-écoles,\u201d répétait-il avec emphase, ce qui ne laissait pas que d\u2019horripiler un conseiller municipal, puriste.Le jour où l\u2019on inaugura une cinquième école, le conseiller en question se réjouit silencieusement à l\u2019idée qu\u2019il n\u2019entendrait plus ces \u201c quat\u2019 z-écoles \u201d bourgmestrales qui l\u2019avaient rendu si malheureux.Dès la première séance, Môssieur le bourgmestre se leva et, solennel : \u201c Messieurs, nous possédons aujourd\u2019hui cinq-z-écoles.\u201d On dut emporter sur une civière le conseiller municipal.La scène se passe à la Sorbonne, le dernier salon où l\u2019on glose.Reçu bachelier de rhéto, délesté de mon bagage intellectuel, libre de soucis, j\u2019étais resté dans la salle d\u2019interrogations pour m\u2019offrir avec une insouciance \u201c suavemarimagni-fique,\u201d comme dit Lucrèce, le spectacle des grandes misères d\u2019autrui, et me délecter à voir les faces piteuses de mes condisciples.L\u2019examinateur posait à un patient de mes amis des questions tenaces et désagréables, comme on pose des sangsues.\u2014Quel était le père de Charlemagne?Et, renversé dans son fauteuil, il s\u2019étonnait d\u2019attendre la réponse.Le public ne disait mot, le can-(cre)didat affligé imitait le silence de l\u2019auditoire autour de lui rangé.Silence gros d\u2019angoisses ! La compassion m\u2019inspire; à dessein de suggérer au malheureux le nom du Pépin demandé, je saisis mon parapluie et je l\u2019agitai dans la direction du camarade en détresse.Immédiatement il répondit avec un sourire rasséréné : \u2014Le père de Char- lemagne, Monsieur, c\u2019était Louis - Philippe.Un fou rire secoua les assistants, les bornes de la fureur de l\u2019examinateur furent reculées, et le pauvre potache fut admis.à se représenter aux examens de la vante.XV NIGRA Fleur vernissée, éclose au soleil haïtien, La petite négresse arbore une toilette De toutes les couleurs, rouge feu, violette, Jaune, bleue, \u2014 et d\u2019un goût ultra-vénitien.Gants verts, chapeau grenat.Sur son nez simien, Très fière, elle relève une blanche voilette.\u2014 Des tons exaspérés l\u2019anarchie est complète Et poignarde en passant l\u2019œil du Parisien.Dan3 son-museau d\u2019ébène éclatent ses dents blanches.Si robe à chaque pas sur ses étroites hanches Glisse et remonte aves un froufrou régulier.Et l\u2019on dirait vraiment, tant sa démarche ondoie, Un petit serpent noir qu\u2019on a voulu lier, Fugace et sinueux, dans des chiffons de soie.Jules Lemaitré.ENCOURAGEANT WG ; G V » 'r a U- v V A A A A V % .Il* 1 fytyw f V- b 'G (Mi' 14WV U t -WA 'X ?\\ \\ \\ session sui- La dame.\u2014Aussitôt que vous me lâchez, je vais battre dans quelque mur, je ne pourrai jamais apprendre.\t.Le professeur.\u2014Ne vous découragez pas, madame, je l\u2019ai déjà appris a trois idiots.I LE SAMÈÎ)! COMMENT S\u2019HABILLERA LA FEMME EN 1905 pl W y mm m WpfclVo %- IghMi, I \u2018 ¦ $^-*2^\t~~o r.- !' \u2018 rffh/'l ÉfM :v;S %C:,v.-J 1 «=S*Us\\ Pour la soirée.£ Pour la ville.Pour la maison.L\u2019ORGUE DE L\u2019ABBÉ JOSEPH L'abbé l\u2019Hermite habitait depuis trois ans la petite cure perdue de Roche, sur la frontière suisse.Là ii vivait en paix, doucement béni par les paysans simples qui étaient ses ouailles.Il était doux et tolérant avec ses semblables, il tendait la main au pasteur protestant son voisin et causait avec lui comme avec le seul homme qui, en ce village, put comprendre un peu autre chose dans la nature que le rendement de la terre et dans l'existence que la vulgarité.Seulement, l\u2019abbé voulait que son église à lui, sa chère petite église blanche et modeste, fut ornée splendidement.Et il souhaitait un orgue, le bon curé ! Mais la dépense était lourde, le revenu de la fabrique si minime, si illusoire et les quelques messes envoyées de l\u2019évêché, avec la réduction prélevée par le secrétariat, se chiffraient d\u2019une manière dérisoire.Où trouver les ressources nécessaires à l\u2019achat d\u2019un orgue ?les montagnes du Jura ne cachant aucun trésor, et dans ses flots rapides le Doubs gardant bien ses paillettes d\u2019or î Cet orgue cependant devenait une obsession chez l\u2019abbé L\u2019Hermite, il rêvait mélodie et, sur sa table, près de son bréviaire, traînaient des feuilRs rayées tachées de notes blanches et noires.L\u2019être humain a toujours un idéal, c\u2019est en ce monde sans doute comme un souvenir du ciel.Or, un soir de carême, au sermon du soir, après avoir béni ses fidèles, l\u2019orateur avant de descendre de chaire reprit d\u2019un ton char gé : \u2014 Je voudrais, mes frères, pour Pâques, vous faire une surprise, priez le bon Dieu qu\u2019il m\u2019aide, je vais quitter le presbytère trois jours, adressez-vous, le cas échéant, à notre obligeant voisin, le curé de Blamont.Et il quitta l\u2019église plus tôt, ayant à faire de petits préparatifs pour le lendemain.Son voyage coûterait peu, bien peu, puisqu\u2019il avait en poche un billet d\u2019aller et retour envoyé par son frère de Paris, le journaliste.Son frère ! Toute sa famille tenait dans ce mot, toutes ses attaches terrestres étaient liées sur ce vieil ami d\u2019enfance, séparé de lui au seuil du séminaire.Le doux Joseph avait pris l\u2019âpre chemin du sacerdoce et Henri, avec son esprit brillant, ses qualités mondaines, était à Paris classé au premier rang parmi les écrivains et les orateurs.A la gare de l\u2019Est, à 6 heures du soir, le coupé d\u2019Henri L\u2019Hermite stoppait sur le boulevard de Strasbourg et le cocher recevait la petite valise jaune et si légère du voyageur.Henri après avoir fait placer son frère, sauta dans la voiture et jeta au groom ces mots : \u2014Au journal, puis à la maison.Il s\u2019était rapidement installé : \u2014Enfin, mon vieux, qu\u2019est-ce qui me vaut la joie de te voir dans notre Baby-lone, car je ne m\u2019illusionne pas au point de croire que ce soit à mon unique intention.Il disait cela, serrant Ja main de l\u2019abbé, ses beaux yeux intelligents fixés sur les prunelles noyées de son frère.\u2014Pourquoi je suis venu, répondait le prêtre ému, parce que j\u2019ai une grosse affaire, vois-tu, si grosse que maintenant que me voilà -au but, j\u2019ai peur d\u2019échouer et puis la joie de te revoir, cher aîné, après tant d\u2019années, me cause au cœur comme une souffrance qui serait une joie.Henri se mit à rire : \u2014Et que tu te reproches en temps de pénitence, allons, mon vieux camarade, prends, pour quelques jours au moins, ta part de la bonne vie que nous menons ici.Est ce que Dieu ne nous a pas mis en ce monde pour être heureux ?\u2014Non, mais pour mériter de l\u2019être.\u2014Sermonneur, tais-toi.Sais tu ce que je te ménage pour ton arrivée, d\u2019abord dîner de famille avec ma femme et ma fille et puis je t\u2019emmène à l\u2019Opéra.\u2014Moi ! tu veux plaisanter.\u2014Toi ! où est le mal, d\u2019ailleurs je prends tout sur moi, tu es mon hôte, de plus mon cadet, tu es un passionné de musique, et je vais te faire voir un sujet dans tes cordes : Le Mage de Jules Massenet, quoi de plus céleste, tu entendras une vraie bonne musique et cela te changera de la chanson du vent dans ton clocher.L\u2019abbé ne put répondre car, avant que le cheval ne fut tout à fait arrêté, Henri avait sauté sur le trottoir et disparu sous le porche de Y Alliance républicaine.Resté seul, le prêtre regarda autour de lui, la rue encombrée de voitures, de passants, de camelots.Sur la tablette de devant du coupé, s\u2019entassaient des journaux de tout format, des feuilles jetées là après un regard d\u2019Henri pour voir si \u201c son Alliance \u201d n\u2019avait rien oublié dans ses colonnes, pour relever d\u2019un trait de crayon bleu une réponse à faire, un ministre à éreinter.Henri revenait : \u201c Tu m\u2019excuses, j\u2019avais deux mots à dire.Tu lis mon journal 1 \u2014jamais.Mais poui* une fois je vais lui demander un service à ton journal.Il va me faire une réclame.\u2014Quarante francs la ligne.\u2014Tu vas raconter qu\u2019un pauvre curé de campagne a besoin d\u2019un orgue pour l\u2019honneur de son culte, pour que la divine voix du ciel s\u2019épande sur les fidèles en flots d\u2019harmonie, et qu\u2019il demande cet orgue à une âme charitable, riclm et chrétienne.\u2014Idéaliste ! fais toi-même ton annonce et on l\u2019insérera.\u2014Tout de suite ?\u2014A l\u2019instant, le numéro est composé, mais je ferai une coupure, dix lignes, je te donne dix lignes.Comprends ma générosité.Ils arrivaient, et Henri passant son bras sous celui de son frère, le guidait jusqu\u2019au premier étage d\u2019une belle maison d\u2019angle sur l\u2019avenue Montaigne où il demeurait, puis dans la chambre toute claire d\u2019une flambée de gaz.\u2014Habille-toi, dit-il, nous dînons dans cinq minutes et il faut être à l\u2019Opéra à huit heures.\u2014Réellement Henri, je n\u2019ose pas accepter.\u2014Si.Ma femme a invité dans sa loge une de ses amies, propriétaire d\u2019une grande fabrique d\u2019instruments de musique, qui sait s\u2019il n\u2019y a pas là un acheminement ii[iiiiiii';iiiiiii!iiiiiiiiiiiiiil COUPON No 29 10 coupons consécutifs, avec $1.50, pour une montre ; 10 coupons consécutifs, avec $1.50, pour un bracelet en argent solide ; 5 coupons consécutifs, avec 50 centins, pour un bracelet d\u2019une valeur de $2 ; 1 cou- | pon, avec 2 5 centins, pour une épinglette pour homme ou dame.l(IIIIIIIIIIIIUIII|ll|IIIIIIIIIU« lllllll!lllllNtllllllllllltlllilllllllllllllllll!lll!lllllll!lll!lllll \u2014 Numéro du \u2014 15 JTJIBT 1895 >\u2022>>!> » » > » > > > > > > f ''Ær-Z VOUS SAUVEREZ DE L\u2019ARGENT THEATRE ROYAL Semaine commençant lundi, le 10 Juin.Après-midi et soir.La Troupe de Comédie et Vaudeville De C.W.WILLIAM Et son étoile Mlle Agnes Charcot LES REYVALS Dans leurs créations électriques EX TE, AA I\tIE XT IR, AA I Engagement spécial du BRONZE VIVANT Tableaux, scènes de toutes sortes Admission, 10c, 20c et 30c.Sièges réservés, 10c extra.Plan de la salle visible au théâtre de 9 heures a.m.à 10 heures p.m.ARTHUR PELTIER Tailleur-Fashionable Les meilleures coupes et les dernières modes du printemps.GRAND .CHOIX .D\u2019ETOFFES .DE .SAISON 1837 Rue Ste-Catherine )> \u201c Shakespeare de Fortier Le meilleur Cigare a 5 Cents QUI A JAMAIS ETE OFFERT AU PUCLIC Société Artistique Canadienne 210 RUE SAINT-LAURENT PROCHAIN TIRAGE 19 Juin \u201995 BILLETS ENTIERS, 10 CENTS DISTRIBUTION ) Le Numéro 26,197 a gagné le prix de $1,000.du\tl\tDo\t99,538\tdo\t400.5 JUIN\t)\tDo\t37,417\tdo\t150.La liste complète des autres 2,848 prix est fournie gratuitement en s\u2019adressant au bureau de la Société.N.B.\u2014Les tirages ont lieu à la Salle Saint-Joseph, rue Ste-Catherine, à 2 heures.Le public est invité.Admission gratuite.N 890655 17 \"{ : * Y 16 LE SAMEDI 50 ANS EN USAGE ! 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