Le samedi, 1 mai 1896, samedi 16 mai 1896
[" VOL.VII.-No 50\tMONTREAL, 16 MAI 1896\t$2.50 parannee.Le Numéro 5 cts LE DIABLE AU 19me SIÈCLE o B * iiillll fllfi i||f §: W Mllli \u202211 lîinîw* BUH \u2022 * n loî afint WESSbtLA SATAN OU LUCIFER, SOUS SES FORMES LES PLUS USITÉES D\u2019APPARITION.-( Voir la 2me page.) 2 LE SAMEDI Jk$a/msdi/ (Journal Hebdomadaire) PUBLICATION LITTÉRAIRE, ARTISTIQUE ET SOCIALE 0ŒSGr.A.:£TE JD'CT POTEE DOIÆESI'IQTT'IE REDACTEUR: AUGUSTE MARION -A-BoiriTEiiÆEiTa: = TTnsr .A.it, S2.50 - Si^c Mois, $1.25 (Strictement payable d'avance) Friae du Numero, 5 Centiua Tarif d\u2019annonce \u2014 10c la ligne, mesure agate.POIRIER, BESSETTE & CIE, Editeurs - Propriétaires,] No 516 Rue Craig, Montréal MONTRÉAL, 16 MAE 1896 BULLETIN POLITIQUE 'XSïïrBH'M Portrait de Vélecteur qui se croit incapable de faire un bon candidat et un excellent député, Notes et Impressions^ L\u2019étude est la vie de l\u2019esprit.\u2014Proud\u2019hon.x L\u2019homme n\u2019est homme que par la réflexion.\u2014Inconnu.x Le fanatisme est fils de l\u2019ignorance et de l\u2019orgueil.\u2014Proud\u2019hon.x La paresse marche lentement, aussi la pauvreté ne tarde t-elle jamais à l\u2019atteindre.\u2014Proverbe Russe.x On avale à pleines gorgées le mensonge qui nous flatte et on boit goutte à goutte la vérité qui nous est amère.\u2014J.J.Rousseau.x L\u2019expérience, en politique et en guerre, comme en amour, est une chose qii coûte terriblement cher et qui ne sert à rien.\u2014Jules Claretie.x C'est une des singularités de ma mémoire que je me souvienne du texte des paroles moins que de leur accent, et de cet accent moins que de la nuance d\u2019âme que j\u2019ai cru deviner par derrière, comme je me souviens de la couleur des yeux moins que de leur regard et de la ligne d\u2019une bouche moins que de son sourire.\u2014Philosophe.A PROPOS DE LA FÊTE DES ARBRES \u2014Avez-vous célébré cette année la fête des arbres dans votre village 1 \u2014Oh, oui.Nous avons eu plusieurs discours, du chant et des récitations.Nous avons passé une journée des plus agréables ?\u2014Combien avez-vous planté d\u2019arbres 1 \u2014Des arbres ! mais nous n\u2019en avons pas plantés.CONSTITUTION ET CONSTITUTION Les questions que les examinateurs posent, ne sont pas toujours interprétées de la même manière par le3 élèves, ce qui souvent donne lieu à des réponses plus ou moins saugrenues.Témoin l\u2019incident suivant : Un célèbre professeur demandait un jour à ses élèves\" quelle sorte de constitution avait léguée aux Romains Servius Tullius ?\u2019 ^ Quel ne fut pas son ahurissement de recevoir d\u2019un des élèves la réponse suivante : \u2014La constitution de Servius'Tullius qu\u2019il avait héritée de ses^chers parents, était excellente, mais grâce à ses excès et à une vie de débauches, il mourut jeune.Le Diable au 19me Siècle ou LA FRANC-MAÇONNERIE LUCIFÉRIENNE Révélations complètes sur le satanisme moderne, le spiritisme, le palladisme, le magnétisme occulte, les médiums lucifériens, la magie de la Rose-Croix, les possessions démoniaques, les précurseurs de l\u2019Ante Christ.RÉCIT D\u2019UN TÉMOIN HPar le ZDocte-uir\tiT iIB Nombreuses Gravures Tel est le titre d\u2019une série d\u2019études illustrées dont le Samedi va commencer la publication dans son prochain numéro.Au moment où sur tous le3 points du globe se produisent de3 faits extraordinaires, de nature à dérouter la science et à ébranler la foi ; au lendemain du jour où, dans des séances publiques ou privées, à Montréal, on a vu des adeptes de l\u2019occultisme, du spiritisme et de l\u2019hypnotisme produire par de simples passes la catalepsie chez leurs sujets, en douer d\u2019autres du pouvoir de la devination, et chez une troisième classe enfin .provoquer des manifestations apparemment sataniques ; à la veille des tourmentes politiques qui vont secouer maint pays d'Europe et d\u2019Amérique, y compris le Canada, c\u2019est rendre service au public, croyons-nous, de lui reveler le caractère du plus puissant agent de tous ces phénomènes, la franc-maçonnerie luciférienne ou le satanisme moderne.Ce n\u2019est pas, nous l\u2019avouons bien candidement, sans de grandes hésitations que nous nous sommes décidé à entreprendre cette terrifiante publication.Peut être même aurait-elle eu sa place naturelle dans un autre journal plutôt que dans le nôtre ; il ne s\u2019en est trouvé aucun qui put ou qui voulut lui prêter sa publicité.Plutôt que d\u2019en laisser perdre les stupéfiantes révélations nous avons préféré modifier quelque peu le caractère de notre journal et, l\u2019adapter au nouveau rôle qui lui est dévolu, celui d\u2019éclairer le public sur le plus terrible danger qu\u2019ait jamais couru la société humaine.C\u2019est à cette seule fin \u2014éclairer les lecteurs, et par eux nous l\u2019espérons, la nation tout entière \u2014 que nous l\u2019augmenterons dès notre prochain numéro de quatre pages additionnelles, consacrées toutes quatre aux récits presque incroyables du docteur Bataille.De cette façon nous n\u2019aurons diminué en rien les attractions qu\u2019il ofire chaque semaine au cercle de la famille, et pour ceux là qui craindraient de mettre sous les yeux des enfants ou de personnes trop nerveuses, des pages comme celle qui est au frontispice du présent numéro, rien ne sera plus facile que de les enlever et de les détruire, au besoin, pour ne pas les laisser traîner.Un dernier mot : les études du docteur Bataille sur le diable au 19ème siècle sont des plus orthodoxes et ne contiennent aucune proposition de dogme ou de morale qui soit condamnée par l\u2019Eglise.Comme par la fulgurance de leurs tableaux elles sont de nature à frapper vivement les imaginations et à les mettre en travail, sur des phénomènes d\u2019observation personnelle de quelque analogie, elles alterneront dans le Samedi avec des études légères, propres à reposer l\u2019esprit.Les lecteurs n\u2019auront pas trop de quinze jours pour en digérer et assimiler les terribles enseignements.DEVINETTE \u2014Où est donc passé le garçon de billard ?wWn R V/fyi H 'Æm- \"X'&P'?'/'' ' wm mtÈa Mm M,?:â Wmtœ ¦f-^S ' ¦ ®&ski tX: S\\ '¦ïîm «vœæsIlHNH r?-ï.\u2022: LE SAMEDI idon de r la fui-les ima-ervation m avec ECHOS DES MODES PARISIENNES Paris, 2 mai.La floraison des toilettes marche avec la saison des fleurs, aussi les chapeaux commencent ils à offrir l\u2019aspect de parterres.Le parfum seul leur manque car l\u2019imitation est parfaite et jamais, on peut le dire, l\u2019art de la fleuriste n\u2019a atteint un tel degré de perfection dans l\u2019imitation de la nature.Le feuillage teinté de \u2019a manière la plus délicate, est monté sur des tiges de caoutchouc flexible qu\u2019agite la moindre brise, ce qui ajoute à l\u2019illusion.Le tulle qu\u2019on assortit à la nuance des fleurs fait merveille sur toutes ces jolies pailles qui, cette saison, sont d\u2019une élégance innée.Deux\u2019jolis chapeaux.Des deux dont j\u2019inclus le dessin dans la présente, celui de gauche, le chapeau Lakmé, mérite plus particulièrement d\u2019être signalé.C\u2019est tout ce qu\u2019il y a de plus élégant et de la dernière nouveauté.La forme, en paille ouvragée et souple sied à tous les visages.La passe, légèrement rélevée devant, est ornée d\u2019un nœud en très large ruban Pompadour, aux tons très doux et de deux touffes de muguets, L9 bord entièrement relevé derrière, laisse voir un joli cache-peigne formé de fleurs effeuillées posées de chaque côté.La ruban qui le compose de plusieurs coloris très délicats et s\u2019harmonisant bien, se fait sur fond paille ou rose.Quant aux toilettes, si la forme reste gracieuse, bien ornée, les garnitures qu\u2019on y ajoute sont de nature à ne pas occasionner de dépenses.Cette saison, la mousseline, la tarlatane et la gaze en font les principaux frais.Ces tissus légers se prêtent à mille combinaisons faciles, dont la plus usitée est la ruche double ou triple, en tarlatane découpée à l\u2019emporte-pièce, et posée au milieu, sur l\u2019ourlet ou encore sur les lès d\u2019une jupe que l\u2019on veut rafraîchir.Le corsage est recouvert de gaze ou de tarlatane, avec ruche autour du décolleté.Nous avons vu ainsi arrangée une robe en satin bleu pâle, dont chaque lé était orné d\u2019une ruche en tarlatane bleue découpée, même ruche, mais très volumineuse, au bas de la jupe.Ruche sur le corsage formant bretelles, et manches ballon également en tarlatane, serrées par un bracelet de satin bleu pâle.En cette voie d\u2019économie, nous pouvons citer encore les corsages et les vestes, d\u2019une étoffe différente des jupes, qui vont embellir nos toilettes de mai.Au cou une cravate de dentslle, avec pans tombant sur la poitrine, leur donne un charme nouveau et élégant.La mode se passionne pour les jolies fantaisies en cols, cravates et jabots, en mousseline, tulle et crêpe, qui entourent le cou d\u2019un nuage doux et vaporeux.On est plus que jamais à ces froufrous de gaze ainsi que de dentelle qui, par leurs diflérents genres de déooration, permettent la transformation d\u2019un corsage et lui donnent l\u2019attrait de la nouveauté.Le triomphe, qui semble être cette année dévolu au taffetas glacé, embrasse aussi dans ses faveurs la soie pékinée, et particulièrement en blanc et en noir.On fait des combinaisons superbes comme ornement en en mélangeant le satin uni et le strass, ce dernier remplace le jais, et la vogue de cette ravissante mais coûteuse broderie sera certainement grande cette saison.On perle ainsi en strass les manches d\u2019un corsage, rien de plus ravissant que le scintillement d\u2019étincelles fulgurantes quand la lumière se joue sur ces brillantes perles, on dirait des diamants, et toutes les femmes élégantes tiendront à s\u2019en parer.Je cite en ce genre une robe en pékine noir et blanc, au bas de la jupe, - ruche en satin noir.Corsage en satin uni avec gilet de satin blanc pailleté de strass.Manches également perlées de strass.Cette jolie nouveauté en broderie va tenir une grande place dans ornements de toilette.Le seul reproche qu\u2019on puisse lui faire, c est prix élevé qui ne le rendra pas accessible à toutes.Mais c\u2019est justement ce manque de banalité qui lui permettra de soutenir sa réputation d\u2019élégance.Dans les tissus qui figurent en première ligne pour faire le costume tailleur si pratique, si commode, pour les excursions et voyages, noos nos son citerons la côte cheval, la cheviotte et même le classique cachemire.Tout cela n\u2019est certainement pis nouveau, mais ce3 étoiles durables et solides remplacent avantageusement les crépons de toutes sortes qui n\u2019ont aucune durée.Dans les étoffes courantes employées cet été pour toilette habillée et de cérémonie, signalons l\u2019étamine à raies crépoanées de couleurs différentes, ou ton sur ton, qui fait de ravissantes robes aux jeunes filles, puis la soie glacée, genre Pompadour, et beaucoup de tissus façonnés laine et soie.Comme on le'voit par ce grand choix d\u2019étoffes, nou3 aurons toute facilité de nous faire belles.La belle saison, en réclamant de fraîches et coquettes toilettes, exige pour qu\u2019elles soient irréprochables des chaussures soignées et dans le goût du jour.Ce que la mode édite dans ses nouveautés pour 1 été se ressent de la prédilection très marquée de no3 toilettes pour les nuances claires ; souliers et coquettes bottines, chaussures de luxe et de promenade, empruntent à la teinte or pâle son grand cachet de distinction, bien différente en cela des couleurs chocolat, rouge brique, dont la vogue est déjà passée et qui ne se verront plus que dans les chaussures d\u2019usage journalier et bon marché.\tYicomtesse d\u2019Aulnay.LES CONSÉQUENCES DU HOME RULE \u2014Je n\u2019ose, dit un échevin New-Yorkais, songjr à ce qui arriverait ici dans notre bonne ville de New-York, si l\u2019Angleterre accordait le] Home Rule à l\u2019Irlande.\u2014Quoi donc 1 dit un de ses amis, as-tu peur qu\u2019il n\u2019éclate une révolution ici?\u2014Non, reprit l\u2019échevin tranquillement, je ne redoute pas une révolutiou, mais vingt-quatre heures après, il n\u2019y aurait plus un] seul policeman dans New-York, Jolie toilette en canevas, d'aprè3 un dessin de Mme L.A.Houde, modiste, 1588 Ste-Catherine.Faites le savoir : BAUME RHUMAL, le meilleur remède contre les affections de la Gorge et des Poumons / LE SAMEDI ONE HISTOIRE DE BANANES EN CINQ TABLEAUX Z- i î ï ?L\\h y- ii Cueillette des Journaux Français (Faite spécialement pour les lecteurs du Samedi) \u2014Comment osez vous nier ! l\u2019agent vous a surpris les mains dans les poches du plaignant, \u2014Dame, par le froid qu\u2019il fait, où voulez-vous que je les mette1?Toto entre à la cuisine.\u2014Catherine, faites-moi voir votre langue.\u2014Et pourquoi voulez vous voir ma langue, petit curieux ?\u2014C\u2019est que maman a dit comme ça, que vous aviez une langue de vipère.et je voudrais voir comment c\u2019est fait.* * * En Cour d\u2019assises : Le président.\u2014Comment avez-vous été tuer cette pauvre femme pour deux francs ?L\u2019accusé.\u2014Qu\u2019est ce que vous voulez, mon président, quarante sous d\u2019un côté, quarante sous de l\u2019autre.\u2014Bob, pourquoi avez-vous donné à votre sœur la plus petite de vos deux oranges ?Je vous avais dit de la laisser choisir.-\u2014C\u2019est ce que j\u2019ai fait, petite mère.Je lui ai dit qu\u2019elle n\u2019en aurait pas du tout si elle ne prenait pas la plus petite et elle a fait son choix tout de suite.* * * Au buffet de la gare, pendant que carillonne la cloche du départ : \u2014 Comment ! garçon, vous me comptez 75 centimes pour ma serviette ! \u2014Mais, Monsieur, vous vous en êtes tant servi qu\u2019il va falloir la donner au blanchissage.* * * \u2014Calino ! Pourquoi lisez-vous les annonces de mariage ?\u2014Je veux savoir s\u2019il s\u2019est marié plus d\u2019hommes que de femmes.* * * Etre bureaucrates : \u2014Croiriez-vous que chez nous, maintenant, les absences pour cause de maladie font l\u2019objet d\u2019une retenue à la fin du mois ! \u2014Par exemple ! \u2014Alors, vous comprenez, on y regarde à deux fois avant d\u2019être malade.Un réserviste, appelé pour accomplir sa période d\u2019instruction, se rend à la gare de l\u2019Est et présentant sa feuille de route au guichet, demande un billet pour Nancy.\u2014Quelle classe ?dit l\u2019employé.\u2014Farceur ! répond le réserviste, comme si vous ne saviez pas comme moi que c\u2019est la classe 88 qui fait ses 28 jours ! Le docteur Z.est toujours distrait.L\u2019autre jour, sa bonne entre en coup de vent dans son cabinet, la figure horriblement contractée ! \u2014Monsieur ! Monsieur ! je viens d\u2019avaler une épingle.\u2014Tenez, lui dit le docteur, en voilà une autre.et laissez-moi tranquille.* * * Réflexion d\u2019un observateur : Les personnes qui pleurent souvent ne pleurent pas longtemps ; les personnes qui pleurent longtemps ne pleurent pas souvent.Le docteur Calinaux est pppelé auprès d\u2019une nouvelle cliente, remariée après divorce.__Vous avez des enfants, Madame ?lui demande-t-il.\u2014Oui, docteur, deux petites filles qui sont jumelles.\u2014Da même lit, peut-être 1 * * * Le savant.\u2014Moi je connais à peu près tous les microbes existant jusqu\u2019à ce jour.L\u2019ami.\u2014Pardon, mon cher, je ne vous ai pas présenté ma belle mère.Un cordonnier, qui avait la funeste habitude de boire, s\u2019en va chercher fortune en Amérique.Arrivé au Havre, il télégraphie à sa femme : \u2014M\u2019embarque ce soir sur navire de 500 tonneaux.Réponse de la femme : \u2014Si la travérsée est longue, ça ne te suffira pas.* * * Entre chanteurs : Le bariton.\u2014Mon cher, ma voix est si étendue que l\u2019on m\u2019entend encore un quart d\u2019heure après que j\u2019ai chanté.Le ténor.\u2014Moi, mon cher, bien plus fort, en m\u2019entend un quart d'heure avant que j\u2019aie ouvert la bouche.* * * Chez le coiffeur.Un lycéen, qui vient de se faire couper le3 cheveux, demande timidement au figaro : \u2014 Croyez-vous que j\u2019aurai une belle barbe ?__111 \u2014Mon père en avait une très belle.Eh, le coifîeur, quelque peu embarrassé : \u2014 Je crois plutôt que vous tiendrez de Mme voire mère.Monsieur, Madame et Bébé se promènent.Il pleut.\u2014Maman, dit Bébé, v\u2019ia qu\u2019il pleut, ouvre donc ton pépin ! \u2014Monsieur Bébé, je vous défends d\u2019employer des mots d\u2019argot ; on dit \u201c parapluie.\u201d \u2014Bien, maman.Ou rentre à la maison.Papa fait réciter sa leçon à Bébé : \u2014 Quel fut le père de Charlemagne ?Et bébé : \u2014Parapluie-le-bref, papa ! /À\u2019 11 Cri du cœur ! Une jeune femme se tord en pleurant, sur le boulevard ; on distingue, à travers ses sanglots : \u2014 J\u2019ai perdu l\u2019enfant ! £\\\t\u2014Votre enfant?\u2014Mais non, Monsieur ; s\u2019il était à moi, cela me serait bien égal.h \\ w / iv Epitaphe cueillie dans un cimetière : Ci-Gît Mme X.MA FEMME Elle a beaucoup souffert.Mais ce n\u2019est rien à côté de ce que j'ai enduré ! * * * Lui.\u2014 C\u2019est vraiment une femme prodigieuse.Elle.\u2014Pratique t elle la loi ou la médecine ?Lui.\u2014 Non pas.Elle sait faire la cuisine./ O- Au sortir d\u2019une audition musicale d\u2019un auteur à la mode ; \u201c Et dire que ce fa se croit ad mi ré ! \u201d Histoire refaite pour les lecteurs du Samedi d\u2019après les indications fournies à la police par la victime. LE SAMEDI o LA DIFFÉRENCE .y \"¦\t.¦*V, \u2018V v-Wy / 's ^ /*.- -V.'i \u2022 'r.vr \u2018¦% r«t ^ *é>' J/ v- 5%, ;\u2022\u20196,000 par semaine.A la distribution du 29 avril dernier, M.T.E.Barbeau, pharmacien coin des rues Ste-Catherine et St Charles Barrommée, a gagné le gros lot de $1,500.- BAUME RHUMAL e LE SAMEDI A QUELQUE CHOSE MALHEUR EST BON La sécheresse gui nous est arrivée tout à coup, au lendemain de la fonte des neiges, a eu pour effet de disjoindre et de tordre les différentes travées des trottoirs de bois qu il y a du côté de St-Laurent.U IP CAUSERIE Voilà revenue la belle saison avec son gai soleil, son mouvement commercial et sa luxuriante végétation D'autre3 diront la sérénité du ciel, la paix de3 champs ou l\u2019activité fiévreuse des villes ; moi, je ne songe qu\u2019à la reprise des exercices athlétiques en plein air.O temps ! où les pouvoirs publics, qu\u2019ils fussent de Sparte ou d\u2019Athènes couronnaient les vainqueurs des jeux olympiques et leur dressaient des statues sur les places publiques.Ce fut l\u2019âge des Socrate et des Platon, des Phidias et des Praxytèle, des Lycurgue et des Solon ; l\u2019âge des grandes conceptions philosophiques, des grandes exécutions artistiques, des grands monuments législatifs, des grandes victoires libératrices.Et ce fut pour s\u2019être inspirée de la tradition grecque, que Rome étendit son empire jusqu\u2019aux derniers confins du monde connu et légua à la postérité, avec ses constructions de marbre qu\u2019on a dit éternelles, les noms tout aussi durables de ses législateurs, de ses philosophes, de ses artistes et de ses guerriers.A Dieu ne plaise, toutefois, que nous ne revoyions jamais les siècles d\u2019oppression et d\u2019esclavage que furent en même temps ceux des proconsuls et des Césars, mais s\u2019ils doivent jamais revenir ce n\u2019est certes pas la devise du mens sana in corpore sano, qui les ramènera sur la terre.Le spectacle du paganisme antique peut\t__________ de prime abord détourner de l\u2019athlétisme, mais le christianisme est là avec ses tournois et ses croisades pour nous y ramener victorieusement.Qu\u2019eut produit la scholastique du moyen âge ou, plutôt, quelle action aurait-elle exercée sur l\u2019Europe si elle n\u2019avait eu à son service la chevalerie, ce sacerdoce des armes \u2014 l\u2019évangélisation par le glaive, a dit un poète.Et qu\u2019a été la chevalerie, sinon l\u2019opothéose de la force intelligente, qui sera toujours, quoi qu\u2019en puissent dire et penser les arbitromanes de tout pay3, la suprême sanction du droit ici-bas.Non, assurément, \"athlétisme n\u2019est pas un retour au paganisme ; le christianisme ne le condamne pas, non plus que le catholicisme, pour spécifier encore mieux.J\u2019oserais même dire : ici moins qu\u2019ailleurs.Quelle est en efiet la position apparente de nos compatriotes et co-reli-gionnaires du Canada vis-à-vis du groupe anglo saxon et protestant implanté en cette Nouvelle France depuis plus d\u2019un siècle ?Celle d\u2019une minorité en face d\u2019une majorité ; celle d\u2019une population simple de goûts en face d\u2019une population ambitieuse et fortement éprise des richesses ; celle d'un esprit modeste à l\u2019excès en face d\u2019un esprit quelque peu arrogant.Pourquoi ne pas dire toute la vérité, si blessante qu\u2019elle puisse être pour notre amour-propre national ! La position apparente des Canadiens-français vis-à-vis de l\u2019élément anglo-saxon est celle d\u2019une race conquise devant son vainqueur.Eh ! bien, pour ma part, cette quadruple infériorisation, cet aquatre-pattissement pourrais-je dire, me révolte et m\u2019exaspère.Elle est contraire aux données éthnologiques, contraire aux principes économiques, contraire aux doctrines morales, contraire à la vérité historique.Comme race se développant d\u2019elle-même, sous l\u2019opération des lois de la famille, nous ne sommes'pas et ne devons pas être une minorité au Canada ; au point de vue des goûts et des aspirations, nous ne sommes et ne devons être inférieurs aux peuples les plus ambitieux ; sous le rapport de la noblesse d\u2019extraction nous ne sommes et ne devons nous montrer inférieurs à quiconque sur ce continent.Et quant au titre de peuple conquis, les ignorants seuls y peuvent souscrire ; j\u2019en atteste le traité de Paris qui a eédê le C mada à l\u2019Angleterre et le souvenir de la fdernière bataille sous les murs de Québec, qui fut une victoire des Français sur les Anglais.Trêve donc à ce dicton stupide autant que chronique qui veut que l\u2019athlétisme au Canada soit bon, rien que pour les Anglais et les protestants.Il est bon pour tous ; il l\u2019est surtout pour nous, Canadiens-français et catholiques, qui croyons en lad ouble mission nationale et religieuse de notre race sur cette terre d\u2019Amérique, mission qui ne s\u2019accomplira pas sans que la force soit mise en jeu, l\u2019un de ces jours, comme la sanction nécessaire d\u2019unMroit incontestable mais non incontesté.Dans cet ordre d\u2019idées l\u2019on ne peut qu\u2019applaudir à l\u2019impulsion que le collège Ste-Marie et le Mont St-Louis sont en voie d\u2019imprimer à l\u2019athlétisme, parmi leurs élèves respectifs.Pour, assez connu, qu\u2019il soit à Montréal l\u2019exemple donné l\u2019an passé par l\u2019Hon.M.Chapleau, mérite encore d\u2019êtreTemis en lumière.Non content de donner son patronage au club \u201c L9 National \u201d, M.Chapleau offrit même une coupe superbe à la jeunesse Montréalaise, comme enjeu d\u2019un tournoi de crosse.Relisons, à ce propos \u2014 cela vaudra mieux que tout ce que j\u2019en pourrais dire moi-même \u2014 la paraphrase que faisait du sentiment du donateur celui de nos confrères qui à cette époque, comme du reste encore aujourd\u2019hui, était le mieux placé pour connaître toute sa pensée.\u201c Le trophée Chapleau c\u2019est la protestation vibrante de l\u2019esprit supé-\u201c rieur contre cette stupide indifférence des classes réputées instruites, à \u201c l\u2019égard du développement des facultés physiques ; c\u2019est la protestation \u201c plus vive encore du patriote ardent qui se désole de voir ses compa-\u201c triote3 négliger l\u2019athlétisme quand les races qui les entourent lui \u201c empruntent la conception nette, la fermeté de propos, l\u2019ambition, l\u2019énergie \u201c le courage et l\u2019assurance qui les distinguent toutes, plus les unes que les \u201c autres, dans les différentes poursuites de l\u2019activité sociale ; c\u2019est la \u201c promesse tacite pour l\u2019avenir, par le chef de l\u2019exécutif, d\u2019une faveur plus \u201c grande que eelle dont l\u2019athlétisme a joui \u201c dans le passé, auprès des pouvoirs pu-\u201c blics ; c\u2019est l\u2019exemple donné par le roi à \u201c tous ceux qui sont en état de faire quel-\u201c que chose par eux-mêmes, à ceux-là sur-\u201c tout qui, forts de leur position prépon-\u201c dérante dans la société, pourraient si \u201c facilement entraîner leurs concitoyens \u201c dans les voies du progrès matériel et \u201c moral.\u201d Il n\u2019était là question qu\u2019au figuré, de II Passe un brave bourgeois qui toute sa vie a rêvé de faire fortune avec des inventions mais ré a jamais rien inventé.En mettant le pied sur le bout de l'un de ces berceaux il perd Véquilibre et tombe à plat ventre sur le berceau suivant.l\u2019exemple donné par le roi ; j'en veux citer un qui soit vrai dans toute la force du terme et ce sera mon dernier mot pour aujourd\u2019hui.La famille royale en Grèce s\u2019intéresse beaucoup aux sports athlétiques ; elle a assisté à la plupart des épreuves des jeux olympiques donnés récemment à Athènes, sur le modèle de ceux de l\u2019antiquité.L\u2019une de ces épreuves s\u2019appelait la course de Marathon ; elle valut au vainqueur \u2014 un jeune villageois du nom de Loys \u2014 d\u2019être escorté tout le long du stade par ___________ le prince héritier de la couronne qui donnait lui-même le signal des acclamations, et c\u2019est littéralement dans les bras du roi qu\u2019est tombé l\u2019athlète victorieux en arrivant au terme de sa course.A.Marion.Il est facile d\u2019avouer qu\u2019on a tort, quand on sait que l\u2019on sera loué pour avoir fait preuve de courage moral./ .Jk b/ 1 III Du coup ou plutôt du contrecoup le bonhomme se retrouve debout, sans autre avarie qu'un aplatissement à son chapeau, ce dont se console facilement à la pensée de l'argent qu'il va faire en prenant v/n brevet d'invention pour les trottoirs-parachutes de St-Laurent.____________________________________________ ._______________________________________________ \t le samedi MODES MASCULINES Les petits crevés de Londres / ont mis à la mode les pantalons m retroussés du bas.\t)Ê\\ Ceux de New-Yorlc, pour ne pas rester en arrière dans les voies de Vinnovation ne sortent plus maintenant que les manches retroussées.Emaux et Camées PETITS CHEFS - D\u2019ŒUVRE LITTÉRAIRES DE TOÜS LES PAYS ET DE TOUTES LES ÉPOQUES 63ème LE SANG DES DOSES On a cueilli, clans un beau songe émerveillé, Un radieux bouquet de roses printannières, Que des belles d\u2019aurore, aux exquises manières Des temps évanouis, fleur à fleur ont pillé.En songe on a cueilli des roses printanières.Des gouttes de rosée ingénûment tremblaient Au cœur à peine ouvert de chacune, et semblaient Pour les belles d\u2019aurore, aux exquises manières.L\u2019animer d\u2019un joli regard émerveillé.On a fait un bouquet de roses printanières : Des belles qui passaient, fleur à fleur, l\u2019ont pillé, Puis, en des nonchaloirs cruels d\u2019orientales, Bien vite, elles en ont arraché les pétales Et souriaient en les voyant saigner un peu.Le Poète pieux a recueilli des roses.Le sang, qu\u2019ont oublié les belles à leur jeu, Afin d\u2019en composer des vers un peu moroses Sans doute, et défaillant, mais plus qu\u2019il n\u2019a voulu, D\u2019un parfum de regret du songe révolu.Edouard Dubus.MOTS HISTORIQUES (Pour le Samedi^ Des mots historiques, il n\u2019y a rien de tel pour résumer une situation dans le passé et en faire comprendre l\u2019enseignement pour l\u2019avenir.En ce moment les partis politiques, au Canada, se défendent à qui mieux mieux d\u2019être l\u2019auteur du désarroi général qui existe dans les affaires.C\u2019est un peu la situation de 1886, alors que deux partis rivaux au Oon-sel de Ville de Montréal se reprochaient mutuellement d\u2019être la cause des ravages que faisait la picote.Le même mot historique qui a tranché le débat de 1886, peut régler celui de 1896.Le voici dans toute sa pureté, dans tout son éclat, dans toute sa fulgurance de diamant de la couronne céleste : \u201c Le premier coq qui chante, c\u2019est elle qu\u2019a pond,\u201d Un Fonctionnaire Municipal.PREUVE IRRÉFRAGABLE Un homme à plaindre est ce pauvre X.Comme bien d\u2019autres, il y a une quinze de jours il s\u2019est rendu à une assemblée publique pour entendre l\u2019un de nos plus grands orateurs.La soirée terminée, en compagnie de quelques amis intimes, il entre au restaurant et l\u2019enthousiasme aidant,^ les rasades se succédèrent avec un entrain sans pareil.Bref, notre ami s oublia un peu dans les circonstances, c\u2019était presque excusable, mais sa chère moitié ne fut pas de cet avis.Le lendemain matin, à son réveil, elle lui dit un peu rudement : \u2014Tu es arrivé ivre-mort ce matin 1 \u2014Tu te trompes, ma chère; je ne m\u2019en suis pas aperçu.Je le pense bien; mais tout le monde ici s\u2019en est aperçu.N\u2019as-tu pas essayé d\u2019ouvrir la double porte avec ta clef de nuit 1 \u2014Oh ! par exemple ! Tu as escaladé le perron à quatre pattes ; après avoir ouvert la porte, tu as demandé si c\u2019était bien ici que tu demeurais.Te rappelles tu au moins cela ?\u2014Quelle bonne blague ! Ln entrant dans ta chambre, tu as fait un faux pas et tu as failli tomber à la renverse.Pas un mot de vrai dans ce que tu me chantes.; Tu as essayé ensuite d\u2019accrocher ton chapeau sur le mur.Tu avais pris une mouche pour un clou.\u2014Voyons, ma femme, tu veux rire sans doute.; Puis tu t\u2019es mis à genoux et tu as caressé ce gros lévrier, qui est peint sur le tapis de la cheminée.Tu lui as prodigué les noms les plus tendres.\u2014Je te dis que tu inventes tout cela pour me taquiner, Tu m\u2019as ensuite donné cinq billets de $10.00 chaque pour m\u2019acheter une robe et regarde, les voici.\u2014Décidément je commence à croire que je n\u2019avais pas la tête à moi.Et tu as dit à ma pauvre chère maman, en l\u2019embrassant : \u201c petite mère, tu vas passer l\u2019été avec nous, il le faut absolument.\u201d \u2014Oui, mon gendre, répondit la pauvre chère maman, ce sont exactement tes paroles et pour te faire plaisir, j\u2019ai accepté.\u2014Comment, j\u2019ai dit cela, moi ! Triple sot, en ce cas j\u2019étais bien ivre, ivre mort, Morale : Quand vous avez une belle-mère à la maison, n\u2019allez pas aux assemblées politiques.NOUVELLE MANIÈRE DE CALCULER Le professeur.\u2014En quelle année a eu lieu la bataille de Waterloo 1 L'élève.\u2014Je ne sais pas.Le professeur.\u2014C\u2019est pourtant bien simple si vous vous donniez la peine de cultiver un peu le calcul artificiel.Voyons : Point de départ, les douze apôtres.Ajoutez à douze la moitié de ce nombre et vous avez dix-huit.Multipliez par 100 et cela vous donnera 1800.Retournez aux douze apôtres.Ajoutez à douze le quart de ce nombre ; résultat quinze, que vous ajouterez aux chiffres déjà obtenus et vous avez 1815, l\u2019année de la grande bataille.C'est simple comme bonjour, si vous suivez mon système; rien de plus facile, pour se rappeler les dates.Chronique Théâtrale Le Théâtre Royal avec \u201c Fatherland \u201d nous transporte cette semaine en plein Tyrol.Rien ne manque à l\u2019illusion, depuis les régions montagneuses jusqu\u2019à ces danses et ces chants auxquels le Tyrol a attaché son nom.Le principal acteur M, Gardner est secondé par une troupe de premier ordre.A propos du Royal constatons que de3 attractions de première classe vont seules tenir l\u2019affiche maintenant pour le reste de la saison.C\u2019est une innovation dont MM.Sparrow & Jacobs n\u2019auront qu\u2019à se féliciter; le Royal sera en effet le seul théâtre où les amateurs de beaux spectacles pourront aller d\u2019ici aux grandes chaleurs de juillet.Pour tous les autres la saison est virtuellement finie.DEVINETTE Contre les Rhumes obstinés, la Coqueluehe, l\u2019Asthme, le Croup, ete,, ete., Donnez le BAUME RHUMAL < - V ¦ n Melle Corinne.\u2014Tiens! petit porte-panier, çi t\u2019apprendra à dire à maman, qu\u2019Arthur m\u2019a embrassée ! LÈ SAMEDI LA VENGEANCE DU PETIT FRÈRE ii Le petit frère.\u2014Ta me paieras ça, va ! Tu verras ! Oui, 11 le verras bien ! Hi ! hi ! hi !.Ill Bon ! voilà son éventail de satia blanc, je m\u2019en vais le lui arranger comme il faut.BALLADE PRINTANIÈRE (Pour le Samedi) Chantons, muse, le renouveau Qui vient avec les hirondelles, Chantons les roses, parlons haut ! Poussons des cris, aimons les belles ! Les ors du seleil sont si belles ! Nos regards s\u2019en enivreront ; Chantons, les fleurs sont immortelles La muse et l\u2019amour revivront ! Les nids auront un chant nouveau Et les cœurs des amours nouvelles ; Chacun aura ce qu\u2019il lui faut : Des muguets et des immortelles, Des yeux comme des étincelles ; Des flammes se découvriront Bruyantes comme des crecelles ; La muse et l\u2019amour revivront ! A M.Enry L EL.L\u2019on dira l\u2019amour plus qu\u2019il vaut Chez trop de vieilles demoiselles ; L\u2019amour ne faisant pas défaut Les reprendra dans ses ficelles ; Les amants avec leurs beaux zèles Sur toutes fleurs se porteront Pour raconter leurs bagatelles ; La muse et l\u2019amour revivront ! ENVOI Prince, l\u2019amour aura des ailes ; Mais, bien des cœurs se briseront Aux doux baisers des demoiselles : La muse et l\u2019amour revivront.Jean Ga-Hü.LE PERROQUET CONTE GRAMMATICALO ETHNOGRAPHIQUE \u2014N\u2019oubliez pas, monsieur, continua le bric-à-brae, que le perroquet fait partie du lot.Parfaitement, le perroquet ! Et avec son perchoir, bien entendu ! Comme je haussais de nouveau les épaules, il reprit, énumérant les objets et les désignant du doigt, après une moue de lippe qui essayait de m\u2019inciter à l\u2019admiration ! \u2014\tUn lot conséquent, monsieur, on peut le dire I De quoi satisfaire un amateur ! L\u2019herbier ! La collection de coquillages ! L\u2019album de minéra logie ! Les six volumes d\u2019écritures inédites ! Et, enfin, le perroquet, avec son perchoir ! \u2014Mais, répliquai-je, n\u2019insistez donc pas ! Je n\u2019ai que faire de tout ça, encore une fois.\u2014Comment ! s\u2019exclama-t-il d\u2019un air d\u2019étonnement fort bien joué.Comment ! Pas même du perroquet ?\u2014\tSurtout du perroquet; \u2014Ah ! fit-il, c\u2019est dommage, vraiment dommage ! Un animal si curieux, si rare ! D\u2019une espèce !.Et l\u2019unique de son espèce, on peut le dire ! Quant à moi, monsieur, vous me croirez si vous voulez, mais je n\u2019en ai jamais vu un pareil, jamais de ma vie.\u2014Eh bien, moi non plus, par exemple ! * * * C\u2019était, en effet, le plus extraordinaire perroquet, non seulement qu\u2019eussent rencontré mes regards, mais que pût rêver mon imagination, tant il était vieux, laid, maigre, chauve, pelé, déplumé, terne, morne, incolore, informe, piteux, marmiteux, miteux, minable, lamentable, invraisemblable, asthmatique, fantomatique, étique et problématique.Sans une sorte de toux, qui, de temps en temps, le secouait, il aurait paru empaillé.Un très ancien empaillé, tout mangé des vers, et dont, à chaque secousse, tombait et s\u2019envolait un peu de poudre sépulcrale ! Un de ses yeux aussi, que l\u2019accès d\u2019asthme le forçait à entr\u2019ouvrir, gardait quelque apparence de vivre.Une vague étincelle s\u2019y allumait alors, dans une prunelle couleur de vitre dépolie.L\u2019autre œil crevé, desséché, n\u2019était qu\u2019un trou noir.Entre les quintes, l\u2019immobilité demeurait absolue.Le spectre devenait une momie.\u2014Il sera définitivement mort ce soir, dis-je au bric-à-brac.\u2014Oh ! que non, monsieur, me répondit-il.Voilà des ans et des ans, à ma connaissance, qu\u2019il dure comme ça.En tout cas, pour ce qui est de moi, pendant ces quinze dernières années, je ne l\u2019ai jamais vu autrement.Et défunt son maître assurait qu\u2019il l\u2019avait aussi toujours vu du pareil au même.Et le pauvre homme a trépassé quasi centenaire.Ainsi vous jugez ! C\u2019est de lui, le défunt, que me vient tout ce fourbi, acheté à sa vente après décès.Un lot conséquent, n\u2019est-ce pas, monsieur ! Et le bric-à-brac recommença l\u2019énumération des objets, qu\u2019il termina cette fois par un : \u2014Vingt cinq francs le tout! Oui, monsieur, je vous laisse le lot pour vingt-cinq francs.Et je dis bien le lot entier, y compris le perroquet avec son perchoir.* * * En réalité, dans tout ce fourbi, comme il disait, je ne trouvais vraiment pas grand\u2019chose à ma convenance.L\u2019herbier, la collection de coquillages et l\u2019album de minéralogie était de misérables brocantailles faites de pièces et morceaux dépareillés.Du perroquet funèbre et pulvérulent, j\u2019avais plutôt horreur.Ce qui m\u2019intéressait un peu, très peu d\u2019ailleurs, c\u2019était le tas de paperasses manuscrites.Ec encore ! Personnellement, non, certes.Mais j\u2019avais pensé que peut-être elles auraient quelque attrait pour un de mes amis, le Basque et basquisant Trincent Ytzirgayn.C\u2019étaient cinq gros paquets ficelés et un énorme cartable ouvert.Or, en feuilletant des pages prises au hasard dans le cartablp, j\u2019avais reconnu qu\u2019il y était-traité précisément des matières chères à Vincent Ytzirgayn, c\u2019est-à dire de linguistique et d\u2019ethnographie basquaises ; l\u2019écriture était, d\u2019ailleurs, gribouillée et presque illisible.Mais sans doute le cartable contenait seulement des notes et des brouillons.En revanche, les cinq gros gros paquets semblaient être l\u2019ouvrage mis au net.Sur les chemises de papier rouge étaient soigneusement moulés en belles rondes des titres significatifs.Racines.Nom, Verbe, Prefixes et Suffixes.Agglutination.S\u2019agissait il d\u2019un travail original, où n\u2019était-ce là qu\u2019un ramassis de seconde main.Je n\u2019étais point, pour en décider, assez fort en eekualdunac.Mais Ytzirgayn le saurait bien, lui, et, en tous cas, j\u2019étais sûr de lui faire plaisir en lui envoyant ce volumineux dossier à dépouiller.Je montrai les paperasses d\u2019un geste dédaigneux et détaché, et dis au bric-à-brac : \u2014Ça tout seul, qu\u2019est ce que vous en voulez?\u2014Ah ! ah ! s\u2019écria-t-il, vous êtes amateur de manuscrits donc?Et connaisseur, ça se voit 1 Des manuscrits très précieux et très rares, monsieur ! Le défunt en faisait le plus grand cas.Il a passé sa vie entière à les rédiger.Il disait.\u2014Combien en voulez-vous ?interrompis je, agacé par le boniment qui allait partir.Cette hâte que je montrais d\u2019en finir parut sans doute au bric-à-brac DEVINETTE cïUç' cCoa&i- -a i/\t\u2022 v LE SAMEDI LA VENGEANCE DU PETIT FRÈRE \u2014 Suite 9 5Ô1 «I IV Et il peignit dessus, avec de la peinture noire, quelque chose d\u2019informe.O -*\u2022 * ?Melle Corinne.\u2014Arthur salon, vite mon éventail ! est là qui m\u2019attend au c0& 4- & astucieux la manifestation d\u2019un désir violent qu-il pouvait exploiter.Il me répondit : \u2014Je ne disloque pas le lot, monsieur.C\u2019est vingt-cinq francs le lot, monsieur.C'est vingt-cinq francs le tout, mon dernier prix ! Au plus juste ! Et il me sembla joindre à son astuce une facétieuse ironie, en ajoutant encore : \u2014Y compris le perroquet, avec son perchoir, bien entendu.* * * Mais pas du tout, vraiment, ce n\u2019était pas de l\u2019ironie.Je fus obligé de me l\u2019avouer quand, après avoir reçu les vingt-cinq francs dont il ne voulut rien rabattre, il reprit : \u2014Alors, vous ne le prenez pas, voyons, le perroquet.\u2014Eh non ! répliquai-je impatienté.Combien de fois faut-il vous le dire 1 Ni le perroquet, ni\t___________ l\u2019herbier, ni la.\u2014Oh ! fit-il, le reste, ça m\u2019est égal.Ça ne vaut pas un clou, j\u2019en conviens.Mais lui, monsieur, lui, le perroquet, je vous assure que vous devriez le prendre.Tout en emballant les cinq paquets et le cartable dans un large papier jaune, qu\u2019il pliait et dépliait pour faire durer le temps, le bric-à-brac continuait : VI M.Arthur.\u2014Que vous êtes belle ce soir.Vénus n\u2019avait pas de plus beaux cheveux, ni de plus beaux yeux, ni de plus belle.\t_\t.j 4- VII Melle Corinne (jouant de l\u2019éventail).qu\u2019est-ce qui vous prend donc ?1 papiers, imagine-toi, une mine d\u2019arguments pour ma théorie ! Des preuves\u2019 certaines ! L\u2019auteur a établi les rapports que je cherche entre les branches linguistiques et ethnologiques d\u2019Amérique et d\u2019Europe.La vieille langue des Atlantes, la langue mère, qu\u2019on crut morte, elle vit encore.Les manuscrits en font foi.Mais je t\u2019expliquerai ça en route.Où est le perroquet dont les manuscrits invoquent le témoignage ! Où est-il 1 Allons le chercher, Il me le faut.En voiture, il me déshurlubia, en m\u2019expliquant sa folie.L\u2019auteur des manuscrits tenait ce perroquet d\u2019un matelot qui l\u2019avait rapporté du Mexique, avec des tablettes, en aztèque.Les tablettes, lues, affirmaient la généalogie de l\u2019oiseau, descendant des oiseaux prêtres, conservateurs de la langue sacrée ! __________ \u2014La langue des Atlantes, mon cher, oui, la langue morte des Atlantes.Et il la parle, il la parle, ce perroquet de trois cents ans, fils et petit-fils de perroquets semblables.Il la parle, te dis-je, Où est-il 1 Nous étions arrivés chez le bric-à-brac.A la devanture, j\u2019aperçus le perchoir.-\u2014Et lui, lui ?demandai-je, anxieux, pris par la fièvre de mon ami.\u2014Le perropuet 1 monsieur, répondit le bonhomme Mais .\t,\tEh bien ! il ne man- \u2014Il est vieux et vilain, je ne dis pas.Mais sa vieillesse est une curio-\tgeait pour cinq sous de viande cuite par jour le perroquet.Et toutes les Ah ! songez qu\u2019il a peut-être plusieurs siècles, cet animal-là.Parfai-\tnuits il baragouinait que le diable en aurait pris les armes.sité tement, plusieurs siècles ! Défunt son maître prétendait, paraît-il \u2014Vous m\u2019embêtez avec votre perroquet.Je n\u2019en veux pas.Je n\u2019en voudrais pas quand vous me paieriez pour le prendre.Là, est ce compris 1 Eu j\u2019achevai moi-même l\u2019emballage des manuscrits, pour me sauver au plus vite.Mais le bric-à-brac me retint encore par le bras et dit : \u2014Tenez, monsieur, emportez-le, avec son perchoir, et je vous rends cinq à bras-le-corps pour l\u2019en empêcher.C\u2019est pour ça que vous vouliez me le coller, hein \u2014Dame, oui, je peux vous le dire à présent, monsieur.Et c\u2019est pour ça aussi que, finalement, je l\u2019ai tué.\u2014Tué ! Vous l\u2019avez tué ! s\u2019écria Vincent Ytzirgayn.Je crus qu\u2019il allait sauter à la gorge du bric-à-brac.Je dus le prendre francs.\u2014Ah ! ça, m\u2019écriai-je, il vous embarrasse donc bien, ce perroquet ?\u2014Mais non, mais non, fit-il tout penaud.-\u2014Alors, pourquoi tenez-vous tant à me le coller 1 \u2014Parce que.parce que vous avez une figure qui me revient, l\u2019air d\u2019un client qui s\u2019y connaît, d\u2019un amateur, quoi ! Et je voudrais vous faire profiter d\u2019une.d\u2019une bonne occasion.Je lui éclatai de rire au nez et m\u2019enfuis, après lui avoir jeté un adieu : \u2014Eh bien ! gardez-le pour vous, mon bonhomme, et avec son perchoir, bien entendu.* * * La dernière lettre que m\u2019avait écrite mon ami Vincent Ytzirgayn était datée de Madère.Il y était allé étudier la population autochtone, en qui, prétend-il, subsiste ou doit subsister un reste de la race préhistorique des Atlantes.Cette race est aussi, à son estime, représentée par certaines peuplades américaines et par les Basques.Il a là-dessus des hypothèses et des théories extrêmement curieuses, qui peut-être feraient sourire des savants, mais qui enchantent les poètes comme des contes de fées.C\u2019est à Madère que je lui expédiai les cinq gros paquets ficelés et le cartable plein de notes.Non sans y avoir moi-même jeté un coup d\u2019œil ! Mais j\u2019avoue que j\u2019avais été vite rebuté par le gribouillis damné de l\u2019écriture, vraiment trop indéchiffrable.Je reçus en réponse, deux mois plus tard, la dépêche suivante : \u201c Etais en excursion montagne.Pourquoi pas perroquet avec papiers ?Perroquet indispensable.Où est-il 1 Je reviens.\u201d Je voyageais moi-même à ce moment très loin de Paris.Le temps que la dépêche me fut transmise par une lettre, qui courut à ma suite près \u2014Assassin ! clamait-ii.Puis, en sanglotant : \u2014Le perroquet sacré ! Le descendant des oiseaux prêtres ! Le dernier des Atlantes ! Je le calmai de mon mieux.Le bric-à-brac me faisait, par derrière, signe que le pauvre homme était fou, sans doute.Je lui répliquais à la muette, par le regard, de ne pas le contrarier.\u2014Et, demanda Vincent Ytzirgayn, enfin apaisé un peu, mais les yeux pleins de larmes, et a t-il parlé en mourant 1 \u2014Oui, monsieur.\u2014Vous rappelez-vous les mots qu\u2019il a prononcés ?\u2014Il n\u2019en a prononcé qu\u2019un, monsieur.\u2014Couic ! rEAX RlCHEPIN.CAFE FIN DE SIECLE Il existe à Berlin, au Spittelmarket, un café où les garçons et le Trint-geld sont supprimés.Le long des murs de la salle sont placés de?automates sur chacun desquels on lit ce qu\u2019ils ont dans le ventre : de la bière, du café, du thé, etc.On prend un verre, on le présente à l\u2019automate et, en même temps on introduit une pièce de pfennig dans une rainure ad hoc.Aussitôt fait, aussitôt servi.;\tj IL S\u2019EN ÉTAIT APERÇU Un vrai Cockney,\u2014Je vous dit qu\u2019il n\u2019y a pas de place au monde comme Londres ; vous pouvez y avoir tout ce que vous pouvez souhaiter d\u2019une semaine, le temps de rentrer à Paris, et je trouvai mon ami Vin- dans le plus court délai, cent Ytzirgayn qui m\u2019y avait précédé, et qui m\u2019attendait chez moi depuis\tUn étranger.\u2014Oui.Je me suis aperçu que depuis mon arrivée ici, le deux jours, fou d\u2019impatience.\tclimat a changé de température quatre fois par jour.Son premier mot, son premier cri, en me voyant, fut : \u2014Où est le perroquet ?\tCONFUSION DANGEREUSE 1 Puis, sans me laisser même répondre : \u2014Ah ! mon ami, quelle trouvaille ! Quelle fortune ! Quelle.Ces N\u2019écrivez jamais à une femme mariée.Correspondant et co-respondant ne diffèrent que par une lettre.Le BAUME RHUMAL est en vente dans toutes les Pharmacies et Epiceries, 25e la bouteille à s i I I i i / * ±=^±==f=±=^ ris >-v-s- « -v-s- i FINALE :e^=i \u2022v-s\u2014s- A»ri i Miarrm \u2022r m, jv«iar:; i «r jinri mir ml >- (\tjr=\t\t¦.-\t\t1\tta\t¦ff-\"' -¦\t i»\t\t\tf: \t.l^f77-\u2014*=#=\tL^i:jï \t'i - -àzS\u2019\t~ fr\tŸ ^ r\u2014 g\u2014\t\t9\t9\t\t\t\tp ¦¦ f -\t-~T-f-f\t \\ y * .J.\u2014 t~.ff.\u2014\td\tL\t\tv ¦¦¦¦* \t\t\t\u2022\t T\t\t(P\t0\t - =3\t\t \t.=\tvb»-L.-\u2014» - ¦\t\t-\tJT\t^-.-.-J\t \t\t\t\u2014 \t«1\t ?*\t\t\t-¦]¦ ->¦¦¦¦ t- \t\t#\ti®- \t»\u2014»\u2014\t==È .1\t¦ t £\tn ?«\tn-\tI* - ar\tir\t\t\ty\u2014\t9 \t«1\t\t\t\t' lr'\" * ' 1'\t LE S V R > n, j j # Jt £ IB\u2019W*I IIICÜI fit»; rw:ji:i.Ife\u2019VS.I «ir.» ran üfl*: IM!I BiCyj r%n: awj 'wmxM:.t±: =\t-Jz=f==t= 1-\u2014 -1\t-TJ _ ___1,1/- \u2022' , -N-' -i-\t.7' S % % II # * #- i=±±= LE SAMEDI 12 LE SAMEDI UNE FABLE EN DEUX TABLEAUX Morale : Défiez-vous de ces individus de qui on dit dans le monde que ce sont des huîtres.Gardez-vous bien surtout de goûter l\u2019esprit qu'ils pourraient faire voir dans un bâillement intellectuel, car d'aise ils vous embrasseraient et vous feraient mal.REVOLTES Ah ! toujours, toujours aimer, Aimer, aimer sans relâche.Vivre d\u2019amour comme un lâche, Et d\u2019amour se consumer ; Misère ! \u2014 O cœur idolâtre, Aveugle, sourd, et têtu, Quand donc te lasseras-tu De battre ?Ah ! penser, toujours penser, Jour et nuit penser sans trêve Voir la fin de chaque rêve, Et puis le recommencer ; Penser à toute minute, Supplice ! \u2014 O cerveau têtu Dis-moi, quand cesseras-tu La lutte ?Ah ! vivre, vivre toujours La même vie inféconde, Et, seconde par seconde, Vivre des jours et des jours ! \u2014 O corps qui marche et qui souffre, Aveugle, sourd, et têtu, Jamais ne trouveras-tu Le gouffre ?René Marie-Lefebvre.CHRONIQUE PARISIENNE BLAGUE SUR BLAGUE Paris, 1 mai 1896.Je blague, tu blagues, il blague, nous blaguons, ils ou elles blaguent.Pour le moment, ce verbe, autrefois extrait de la langue verte, maintenant accepté par l\u2019Académie française, est celui dont on se sert le plus dans notre grand Paris.Que ne blague-t-on pas ?Qui n\u2019est pas blagué ?La blague est devenue notre pain quotidien.Si, par impossible, un décret des deux Chambres entreprenait de supprimer la blague, ou l\u2019on ferait des barricades ou deux millions de Parisiens, pour le moins, s\u2019échapperaient de nos murs pour aller émigrer â Marseille.Eh bien, non, n\u2019allons pas commettre cet impair de quitter cet immense laboratoire de quolibets où la moquerie aristophanesque se respire avec l\u2019air ambiant.Après tout, ce train de raillerie et de vétilles comiques est celui qui amuse le plus le pâle troupeau des hommes au milieu des embêtements de la civilisation.Faut-il donc lui faire grise mine ?Une bonne blague du jour, c\u2019est celle qui concerne la circulaire de M.Godefroy Cavaignac à propos du respect que le supérieur de l\u2019armée doit à son inférieur, chose toute nouvelle et qui n\u2019a pas manqué d\u2019estomaquer profondément le monde bigarré de nos jolis troupiers.Songez donc ! Depuis Pharamond jusqu\u2019à nos jours, il était dit que les gradés devaient toujours recommander aux simples pioupious de se distancer, et voilà qu\u2019on recommande a cet élément-là le principe de l\u2019égalité, et voilà qu\u2019on dit au capitaine : \u2014Tu parleras poliment au soldat d\u2019un sou ! Peut-être est-ce très beau, mais c\u2019est très nouveau aussi, et dans l\u2019armée, en haut comme en bas, croyez bien qu\u2019ils en sont tous ahuris.Gertainement aucun d\u2019eux ne s\u2019attendait à ça.Survient, par bonheur, la Muse joyeuse du théâtre, cette fille d\u2019Aristophane qui se met à babiller, je veux dire à blaguer sur l\u2019incident.Ainsi que je viens d\u2019avoir l\u2019honneur de vous le dire, le ministre de la guerre a, par une circulaire, recommandé aux sous-officiers instructeurs d\u2019être plus polis avec les soldats qu\u2019ils exercent.Cette prescription peut avoir ses inconvénients ; il serait facile de tourner là-dessus un couplet dont le dernier vers serait aiguisé à point, mais coutentons-nous de la prose.Le sergent arrive, suivi de Dumanet : \u2014Haltez ! crie le sergent.\u2014Haltez?demande le compère.Qu\u2019est ce que cela veut dire ?\u2014C\u2019est pour obéir au ministre.Il ne veut plus qu\u2019on tutoie les soldats.Je ne dis plus \u201c halte ! \u201d mais \u201c haltez ! \u201d Le compère approuve naturellement : \u2014Attention, répond le sergent, fixez ! portez armes.Et s\u2019approchant du soldat : \u2014 Seriez-vous assez bon pour me permettre de vous faire observer.»., »vec votre permission., que vos deux talons ne sont pas sur la même ligne ?La leçon se continue ainsi, le sergent ravalant à chaque exercice les o-ros mots dont il a l\u2019habitude et multipliant les politesses, Dumanet levant les épaules.Le compere est dans 1 admiration ; il fait ses compliments au sergent :\t, __Je ne suis pas encore très au courant de ce langage, lui répond sergent.Mais j\u2019ai dit qu\u2019on m\u2019achète le manuel du beau parler à l\u2019usage du monde chic.\t.\t.Le langage chic de 1896?Justement, voilà un commis du libraire qu* apporte le manuel en question.C\u2019est le Dictionnaire du boulevard, le Lexique des locutions qu\u2019on emploie dans les pièces nouvelles en vogue,, par exemple Amants et Viveurs et les Tenailles.Le sergent 1 ouvre et il lit : \u2014Fous-moi le camp, bougre, et plus vite que ça ! Il interroge ensuite l\u2019œil du compère.\u2014Ça, c\u2019est le langage de la bonne compagnie d\u2019à présent ?- \u2014Mais oui, répond le compère.Le sergent se tourne alors du côté de Dumanet, le simple pioupiou, et d\u2019une voix de tonnerre : \u2014Ah ben, alors, mon cochon, nous allons rire ! Et il lance les commandements avec force jurons, et l\u2019autre obéit tout de suite, sans broncher.Cette scène-là, c\u2019est de la bonne blague, de la blague parisienne.Maxime Parr.PAS AUSSI SOT QU\u2019IL EN AVAIT L\u2019AIR Un jeune homme de la campagne se présente l\u2019autre jour au bureau du télégraphe pour annoncer à ses parents et amis qu\u2019il était arrivé sans* encombre à Montréal.Il s\u2019informe s\u2019il peut communiquer directement avec son village natal et si cela prendrait du temps.La jeune fille crut qu\u2019elle pouvait prendre des grand airs et répondit d\u2019un ton sec : \u201c Je ne suis pas payée pour répondre à des questions aussi sottes.\u201d Imaginez son dépit quand l\u2019adolescent lui tendit le message suivant pour être transmis à l\u2019instant même.\u201cArrivé sain et sauf.Les filles d\u2019ici sont très laides et d\u2019humeur massacrante.\u201d MADAME NE REÇOIT PAS La servante (à une visiteuse).\u2014Ma maîtresse est tombée malade hier-soir.Elle ne reçoit personne.La visiteuse.\u2014Allez dire à madame que c\u2019est sa couturière qui est en-bas.La servante (revenant).\u2014Donnez-vous la peine de monter, mademoiselle ; madame vous attend avec impatience.Chaque année acroît la popularité du Pectoral-Cerise d\u2019Ayer.Recom-mandé pour toutes les affections des poumons.AMÉNITÉS CONJUGALES ( il m SSÉSi Ijl i:!'!:!' ;; l:I!i ii.¦ r.u Vj I |;i : .¦ '! l s .ilwm , H\" Tïtfui!', ,!1\t; -IT ./A.v \u2018 ! ! I i ! ! HUli'i\u2019i.lU or uni ¦ K-Jw il te?f.jy h I ! Lè M^ ^ .ift w mSî! Mme iSa^esse.\u2014Joseph, le docteur t\u2019avait dit de ne rien prendre qui t\u2019était contraire.M.Sagesse.\u2014Bien ! si j\u2019avais toujours suivi cette recommandation où serais-tu? LE SAMEDI 13 DEVINETTE t '«\u2022 Ce-» ! ! h- iSTT l -Un honime est là à genoux, la tête renversée en arrière.Le voyez-vous ?Curiosités Scientifiques et Historiques (Recueillies spécialement pour le Samedi) _ Legentes JUDAÏQUES.\u2014On prétendait jadis qu\u2019il y avait en Judée une # rivière, dite Sabatigue^ qui coulait six jours de la semaine et tarissait le septème.L\u2019historien Josèphe dans son livre des guerres judaïques, affirme que l\u2019empereur Titus fut témoin occulaire de cette merveille naturelle \u2022 mais il va de soi que les géographes modernes ne signa'ent rien de semblable dans ces régions.Mauvais ménage.\u2014Autrefois, à Zurich, en Suisse, il était d\u2019usn^e d\u2019enfermer dans une tour sur le lac, pendant quinze jours, le mari < t la femme qui demandaient le divorce pour incompatibilité d'humeur.Ils n\u2019avaient qu\u2019une seule chambre, un seul lit de repos, une seule chais\", un seul couteau, etc.De sorte que pour s\u2019asseoir, manger, dormir, ils dépendaient absolument de leur complaisance réciproque; et il était rare, dit-on, qu\u2019ils ne fussent pas reconciliés avant les quinze jours.Les allumettes.\u2014On sait qu\u2019en notre pays ainsi qu\u2019en Angleterre et aux Etats-Unis les allumettes se font à la machine.En France on les fabrique encore à la main.Mais le gouvernement qui a le monopole de cette importante industrie parle d\u2019adopter la fabrication mécanique.Cette révolution industrielle n\u2019est pas sans causer quelque agitation.Singulier baromètre.\u2014M.Bonnigal, vétérinaire à Vendôme, en France, possède une jument qui a la propriété, au moins fort rare, de lui servir de baromètre : une jument-baromètre, cela est original ! Cette bête boite en allant contre le vent ou en entrant dans une vallée remplie de brouillard.Quand elle boite dans d\u2019autres conditions, on peut être sûr que la pluie menace ; d\u2019autre part, si, aussitôt après la pluie, la boiterie tarde à se manifester en face du vent, on peut prévoir le retour du beau temps.La chose s\u2019explique par ce qu\u2019on nomme une boiterie intermittente résultant de lésions artérielles ; mais elle n\u2019en est pas moins curieuse dans ses résultats.Les caoutchoucs.\u2014Les vêtements en caoutchouc ou caoutchoutés, bien mouillés, puis séchés très vite, deviennent raides comme les anciens tabliers de sapeurs.Les cochers leur rendent leur souplesse en les suspendant dans une écurie sous l\u2019action des vapeurs ammoniacales qui se dégagent perpétuellement dans ces locaux ; mais il en subsiste une senteur qui ne rappelle que vaguement les produits à la mode des parfumeries.On peut remplacer ce système par un lavage à l\u2019eau chaude, répété deux ou trois fois, avec de l\u2019eau légèrement ammoniacale, suivi d\u2019un séchage sur la corde en plein air.Le résultat n\u2019est complet que lorsqu\u2019on a affaire à des vêtements caoutchoutés de trè3 bonne qualité.Les autres conservent une certaine raideur.Le lait d\u2019anesse.\u2014Il y a longtemps que le lait d\u2019ânesse, comme le lait de chèvre, sert à l\u2019alimentation.L\u2019exploitation de l\u2019ânesse laitière était en honneur chez les peuples anciens, Grecs et Romains, et, pendant le moyen âge, on usait du lait d\u2019ânesse pour le traitement de certaines affections.Le lait d\u2019ânesse a été vulgarisé en France par un médecin juif qui, mandé à Paris, près de François Ier, ne lui conseilla autre chose que du lait d\u2019ânesse qui lui réussit très bien.La mode s\u2019en répandit, et, plus tard, un malade plaisant crut devoir exprimer sa reconnaissance par le quatrain suivant : Par sa bonté, par sa substance, D\u2019une ânesse le lait m\u2019a rendu la santé, Et je dois plus, en cette circonstance, Aux ânes qu\u2019à la Faculté.La falsification des perles.\u2014Quelque extension qu\u2019ait prise la fabrication des perles depuis le début de ce siècle les femmes des Pharaons elles-mêmes, s\u2019il faut en croire une Revue polonaise à laquelle nous empruntons ces intéressants détails, n\u2019auraient pu jurer de l\u2019authenticité des perles qu\u2019elles portaient.Les Arabes de l\u2019antiquité, qui recueillaient l\u2019huître perlière sur la por- tion immergée des côtes de la mer Rouge,\u2018pratiquaient couramment, pour rendre plus lucrative leur profession, si périlleuse il est vra-', quelque chose qui n était pas positivement de la falsification, mais qui correspondait bien à ce que 1 argot commercial moderne appelle du \u2018 truquage\u201d Ils savaient que la perle est une sécrétion morbide.A l\u2019aide d\u2019une pointe métallique, ils blessaient les mollusques, et ceux-ci sécrétaient en conséquence une sorte de pus qui bientôt se solidifiait à l\u2019air en des globules ressemblant si etonnammant aux perles naturelles, que la plupart des plient11^\u2019 meme 68 PlUS méfiantes et les Plus compétentes, s\u2019y trom- Les Chinois se livrent à la même fabrication depuis un temps immémorial.\tr Avec les Vénitiens, nous abordons la falsification proprement dite Ils remplissaient d une infime goutelette de mercure des globuhs de verre coloré, et le tour était joué., }lr\\h0n Reuter que la France a surpassé Venise dans l\u2019art de cette falsification, depuis le dix-septième siècle.Un jour, un certain Jacquin, patenôtrier de son état, autrement dit fabricant de chapelets, se promenant dans son jardin, fut frappé d\u2019apercevoir un miroitement irisé en un certain point de la surface du bassin qui ornait une allée.Il examina le phénomène, et constata qu\u2019il était causé par le groupement d\u2019écailles perdues par les petits poissons dont le bassin était peuplé.Il recueillit les parcelles nacrées, et après maints tâtonnements parvint à en composer une sorte de vernis qu\u2019il appela essence d Orient,\u201d et qui donnait aux globules de verre que l\u2019en en imprégnait l\u2019apparence de perles de la plus belle eau.Telle est l\u2019origine de la fabrication des fausses perles de prix, dites perles françaises.La main gauche.\u2014Moïse recommanda, dans les cérémonies religieuses, 1 emploi de la Main droite.Numa Pompilius suivit cette tradition.Le3 Sabins,, au contraire, donnaient la prééminence à la Main gauche.Les Germains, les Celtes, préféraient aussi le côté gauche.L-s Druides cueillaient la verveine de Ja main gauche et ils faisaient de gauche à droite le tour de leurs autels et des chênes sacrés.Aujourd\u2019hui, la Main droite a si universellement prévalu que la Main gauche, n est qu un auxiliaire souvent inhabile de la Main droite.A PROPOS DE NOTES La Suede est un pays ideal pour les malades : les médecins n\u2019envoient jamais de notes.Us se fient à leurs patients d\u2019apprécier à leur valeur les soins rendus.Hum, quelle différence avec les nôtres ! PAS SINCÈRE Quand une jeune personne se vante qu\u2019elle coiffera la Sainte Catherine soyez convaincu que le jour des noces n\u2019est pas loin.Nulle autre préparation ne répond aux besoins d\u2019un système affaibli, comme la Salsepareille d\u2019Ayer.LE JEU DE WHIST mm mm K mm Deux clubmen sont à causer : Le plus jeune.\u2014 Croirais-tu qu\u2019avec treize atouts en main, au whist, je n\u2019ai pu faire qu\u2019une levée 1 Le plus vieux.\u2014 Allons donc ! Le plus jeune.\u2014Comme je te le dis.Mon partenaire attaqua avec un as, je le coupai avec un atout, et du diable si j\u2019ai jamais compris pourquoi, les joueurs m\u2019ont sacré dehors par la fenêtre avant que j\u2019eusse pu jouer une autre carte.Agence BAUME RHUMAL aux Etats-Unis : G.Mortimer & Co, 24 Central Wharf, Boston, Mass.4 14 LE SAMEDI FEUILLETON DU SAMEDI COMMENCÉ DANS LE NUMÉRO DU b AVRIL : LE SECRET DU SQUELETTE Par Georges Pradel PREMIÈRE PARTIE FETJIL O R II II\u2014 la charmeuse \u2014 Suite Mes excuses, fit-il, toutes mes excuses ! si vous saviez ! les affai-J\u2019ai été retenu à l\u2019ambassade, pardonnez moi ! Je ne sais.\u2014Je le sais, mais je ne vous perds pas de vue.Je vous suis même, avec infiniment d\u2019intérêt.Vous êtes Pigman O res réellement, mon cher n des produits les plus curieux de notre civilisation actuelle.\u2014Méchante ! méchante baronne ! Moi qui ! Si vous aviez voulu ! Nous aurions fait de si grandes choses ! Dans les yeux de Mme de Gunka brilla un éclair de fureur.Elle le réprima aussitôt par un effort de volonté.\u2014Faites-moi grâce de vos fadeurs, bornez-vous à me faire connaître le but de votre visite.Je n\u2019ai pas de temps à perdre.\u2014Méchante ! Méchante baronne ! réellement, il n\u2019y avait pas moyen de l\u2019amadouer, de l\u2019adoucir ! Pigman Frantz, à son grand regret, dut se résoudre à mettre un terme à sa galanterie, et aborder le motif pratique de sa visite.Il fouilla dans la poche énorme de sa redingote et, ouvrant un portefeuille, y prit un bordereau sur lequel un certain nombre de notes étaient inscrites.Mme de Gunka le reçut, elle jeta un regard sur le total, et sa jolie bouche eut une moue railleuse, qu\u2019accompagna un hochement de tête.\u2014Comment donc1! moh cher ; Pigman ! permettez-moi V de vous faire mon compliment ! Mais vous devenez de plus en plus cher.Vous élevez de plus en plus vos prix, Pigman ! La chose était lancée en pleine face, et d\u2019un ton tellement méprisant, que cette fois Pigman Frantz se rébiffa.| \u2014Mais, baronne, répliqua-] t-il d\u2019un ton aigre, vous ne vous rendez pas compte certainement du detail des notes, il y a énormément de courses, de renseignements obtenus, de chiffres.On ne ménage pas sa peine.Je vous le jure.\u2014Oh 1 mon cher ! reprit-elle de plus en plus méprisante, c\u2019est dans votre intérêt; j\u2019ai peur qu\u2019à force de tirer sur la corde, vous ne la brisiez.-vu*\t.fj?Obéissant aux coups réitérés, l\u2019oncle Philémon avait fini par ouvrir.Ce fut au tour de Pigman d O avoir un mauvais sourire.\u2014Rassurez-vous baronne,\u2014 dit-il du bout des lèvres, avec un clignement d\u2019œil, \u2014 je sais trop de choses pour que l\u2019on se prive jamais de mes services et que l\u2019on me remercie ! \u2014Rien n\u2019y manque ! gronda Mme de Gunka,\u2014 il est complet.Et tout haut elle ajouta:\u2014 Je vais viser votre note.Mais Pigman n\u2019avait point terminé sa riposte.En réserve, il tenait une véritable flèche du Parthe.\u2014Vous trouvez ma note très élevée, baronne, fit-il d\u2019un ton dégagé, mais je parierais que vous ne faites aucune observation touchant celles que Walter Handel vous présente.Frantz Pigman ne la regardait pas, et il continuait : \u2014Que voulez-vous, baronne, nous servons tous deux la même cause.mais pas par les mêmes moyens.Je ne fais rien sauter, moi !.Je ne brûle rien !.Au nom de Walter Handel, une légère rougeur avait pointé aux joues de Mme de Gunka.Mais elle se mordit les lèvres pour ne point répondre.Elle s\u2019était assise au bureau, et sur le bordereau traça un certain nombre de signes hiéroglyphiques.Cela tait, elle tendit le papier, sans se retourner, à Pigman, en lui disant : \u2014Dépêchez-vous, vous savez que les bureaux d\u2019Angerlack ferment à cinq heures, la caisse surtout, et si vous ne faites point diligence, vous ne serez point payé aujourd\u2019hui.Frantz Pigman eut un sourire aigre doux.\u2014Oh ! fit-il, le baron est meilleur que vous, chère Madame.Angerlack est un véritable ami.Il m\u2019ouvrirait sa porte à toute heure, et ce n\u2019est pas lui qui me recevrait avec toutes les duretés dont vous venez de m\u2019accabler.Il sait tous les services que je rends à notre cause.et il les fait entrer en ligne de compte.\u2014C\u2019est bien, répliqua Mme de Gunka d\u2019un ton sec, le baron Angerlack fait ce qu\u2019il veut.Quant à moi.Pigman lui coupa la parole.\u2014Baronne, voulez-vous que je vous parle franchement?Eh bien ! vous avez tort.Vous pouviez faire de moi un ami, et à nous deux.\u2014Oui, c\u2019est entendu, nous aurions pu faire de grandes choses, vous l\u2019avez dit.\u2014Au lieu de moi, vous avez préféré Handel.et vous avez eu tort, c\u2019est un perfide, un jour ou l\u2019autre vous verrez, il vous jouera un mauvais tour.La colère de Mme de Gunka éclata.D\u2019un geste, elle désigna la porte à Pigman.Mais celui-ci ne se déconcerta point pour si peu.\u2014Ne vous fâchez point, baronne, répéta-t-il, ne vous fâchez point,\u2014vous êtes cent fois plus jolie ! irrésistible ! Merci, à vous revoir ! ah ! un mot ! j\u2019espère qu\u2019à ma prochaine visite, je vous trouverai de plus riante humeur.Et toujours souriant, toujours saluant il gagna la porte au moment où la femme de chambre la rouvrait pour annoncer un nouveau visiteur à sa maîtresse.\u2014M.Flavien Mauroy, fit la camériste.\u2014Dans le salon, répliqua vivement la baronne, faites entrer au salon, je vais recevoir M.Mauroy à l\u2019instant même.Et suivant Pigman qui, à la sortie du boudoir, traversait la pièce de réception, elle s\u2019avança les deux mains tendues au devant de Flavien.Pigman s\u2019était arrêté.Il saluait le journaliste.\u2014Mon cher confrère ! enchanté ! heureux hasard ! Comment donc ! A la fin il fut obligé de battre en retraite.Flavien, sans lui répondre, lai avait brusquement tourné le dos.\u2014Chère baronne, fit brusquement Pigman, sur porte, je baise vos belles mains ! \u2014Que vous êtes aimable, commença Mme de Gunka, en désignant de la main un siège au visiteur.Yrai, je suis enchantée de vous voir.ÜLi le 15 LE SAMEDI D\u2019un mouvement de tête Mauroy désignait la porte qui venait de se refermer sur Frantz Pigman.Comment se fait-il que vous receviez ça ?demanda-t-il en accompagnant ses paroles d\u2019une grimace méprisante.La baronne s arma de son plus gracieux sourire.-Vous aussi ! s ecria-t-elle en jouant la surprise, vous voilà vous aussi après ce malheureux Pigman ! Mais ce n\u2019est réellement pas charitable 1 Mais soyez donc généreux ! Mais quel grief sérieux avez-vous donc contre lui ?\u2014Moi ! répliqua froidement Mauroy ! je n\u2019ai rien à reprocher à cet individu, je vous le jure.Je sais de source certaine que c\u2019est un espion.double.à la fois français et allemand.ce drôle cumule le mouchardisme.et cela me suffit pour luj refuser la main lorsqu\u2019il s\u2019avise de la tendre vers moi.Et je ne comprends pas, je le répète, comment vous pouvez recevoir un pareil singe ! La baronne eut un éclat de rire forcé.\u2014Ah ! fit-elle, voilà pourtant comment on écrit l\u2019histoire ! Pigman un espion ! Pigman un mouchard ! un mouchard double même ! il cumule, d\u2019après vous ! Mais c\u2019est de la folie pure.Nous voyons des espions partout maintenant ! \u2014Mais c'est que partout il y en a Madame, partout, de tous les côtés.Ils se glissent dans nos maisons, dans nos familles !.Ils se faufilent autour de nous, ils espionnent nos écrits, nos actes et jusqu\u2019à nos pensées ! Les Pigman fourmillent ! soyez en convaincue ! \u2014Allons bon ! Voilà votre dada enfourché.Mais moi aussi ! malheureux ! Je suis une espionne !.On vous l\u2019a dit ! On vous l\u2019a répété !.On vous l\u2019a prouvé ! Flavien Mauroy haussa les épaules.\u2014Si je le croyais, je ne serais pas ici, je vous le jure.Je vous crois légère, inconsidérée, recevant un tas de gens.très mêlés, tels que les Pigman, contre lesquels je voudrais vous défendre.Mais quant à vous mêler à une œuvre infâme ! Non, baronne ! je vous en crois incapable, et ma présence ici en est la meilleure preuve.Le visage de Mme de Gunka prit une expression émue.Elle tendit la main à Mauroy.\u2014Merci ! dit-elle d\u2019une voix qui tremblait légèrement, merci, de ne point croire à des calomnies absurdes que l\u2019on débite sur mon compte.Et maintenant, comment se fait-il que vous arriviez chez moi, à cette heure-ci, car je ne vous attendais, je vous l\u2019avoue, qu\u2019à, sept heures et demie pour dîner.Car je compte toujours sur vous n\u2019est-ce pas ?\u2014Hélas non, baronne ! je viens malheureusement vous prévenir que je ne puis me rendre ce soir à votre aimable invitation.\u2014Et pourquoi cela ?\u2014Parce que dans deux heures, je roulerai en railway pour l\u2019Angleterre.Vous me voyez très triste, baronne ! Je suis excessivement inquiet d\u2019un de mes amis, que j\u2019aime de tout mon cœur.Vous le connaissez très bien, du reste, et je suis même certain que vous avez pour lui une sympathie sérieuse J\u2019en serais même un peu jaloux, si.Mme de Gunka avait eu un mouvement nerveux.\u2014Je ne sais ce que vous voulez dire, fit-elle d\u2019une voix mal assurée.\u2014Léo Lafressange est parti pour l\u2019Angleterre, il y a trois jours, et nous ne savons pas ce qu\u2019il est devenu.La jeune femme ne put retenir une exclamation de surprise.Et elle répondit, en accompagnant ses paroles d\u2019un éclat de rire un peu forcé : \u2014Que me racontez-vous là, mon cher Mauroy, M.Lafressange est parti pour l\u2019Angleterre, et il s\u2019est égaré en route ! Flavien ne partagea point l\u2019hilarité de la baronne.\u2022\u2014Je vous jure que dans mon inquiétude il n\u2019y a rien de risible.Il est parti pour l\u2019Angleterre, envoyé par notre journal le Courrier des Deux-Mordes.\u2014Mais pourquoi ?Dans quel but ?\u2014Ah ça ! s\u2019écria Flavien qui ne prenait même plus la peine de dissimuler son impatience, mais vous ne lisez donc pas les journaux ?Mais vous ne savez donc rien de ce qui se passe ?\u2014Les journaux ! mais je ne fais que cela, mon cher Mauroy, ma matinée se passe à en dévorer une douzaine mais je n\u2019ai rien vu, depuis plusieurs jours, qui ait pu motiver le départ de M.Lafres-sange.\u2014Et Melcombe ! la grève de Melcombe ?Vous n\u2019avez pas lu le compte rendu de l\u2019émeute, l\u2019incendie de plusieurs fabriques de porcelaine ?Vous n\u2019avez jamais rien vu de tout cela ?\u2014Je vous demande pardon, mais je ne croyais pas que 1 affaire fut assez importante pour motiver l\u2019envoi d\u2019un journaliste français.\u2014Elle a paru telle à notre directeur.Malheureusement, c\u2019est Léo qui est parti, c\u2019est lui qui a empoigné la corvée, et Dieu sait si je me le reproche aujourd\u2019hui.\u2014Et pourquoi ?Grand Dieu ! Je vous en prie Mon cher Mauroy, vous parlez en énigmes, expliquez-vous.Flavien poussa un soupir.\u2014C\u2019est ma faute, reprit-il, c\u2019est la faute de ma paresse.Le pation m eût certainement envoyé a Melcombe, parce que j\u2019ai un peu suivi le mouvement des grèves, et, qu\u2019ensuite, je parle anglais \u2014Eh bien ! pourquoi n\u2019êtes pas parti, \u2014Parce que j\u2019ai horreur des voyages, de toute agitation, de tout travail.Parce que je suis avant tout un égoïste, et que je suispeut-etre cause qu à 1 heure qu il est, mon pauvre Lafressange a été écharpé ! englobé dans la catastrophe ! Que sais-je ?\u2014Vous vous exagérez tout! M.Lafressange est peut-être, à l\u2019heure qu\u2019il est, tout simplement sur une plage anglaise.Flavien arrêta la baronne du geste.\u2014Vous ne connaissez pas Lafressange, Madame, c\u2019est avant tout un consciencieux.Nous avons reçu de lui une dépêche et un article.Le train dans lequel il se trouvait a été arrêté, sur la côte de Rochester à Melcombe, par une explosion de dynamite.Il a expédie une dépêche après avoir échappé à cette première catastrophe.Ensuite il a écrit un article qn\u2019il nous a adressé quelques heures après ! Après plus rien ! On a expé'dié télégrammes sur télégrammes, nous nous sommes adressées à la police anglaise.Rien ! Rien ! Et ce qui me désole et me cause les plus violentes inquiétudes, c\u2019est que ce malheureux Lafressange ne dit pas dix mots d\u2019anglais, et que très certainement il n\u2019en comprend pas quinze Mme de Gunka était devenue très pâle.\u2014Vous vous exagérez le danger, répondit-elle, M.Lafressange n\u2019a envoyé ni seconde dépêche, ni second article.et il a profité de ce qu\u2019il se trouvait en Angleterre pour se rendre sur l\u2019une des jolies plages et s\u2019y reposer tout au moins.Flavien secoua la tête.\u2014Ça ne ressemble en rien à Léo, répondit-il.Moi j\u2019aurais pu agir ainsi.Tout planter là, pour aller courir sur le sable, au frais, au bord de la mer.Mais Lafressange aurait plutôt envoyé dix dépêches par jour et expédié trois articles.Vous ne le connaissez pas ! Pour moi, j\u2019ai l\u2019intime conviction, j\u2019ai le pressentiment qu\u2019-il lui est arrivé quelque chose.\u2014J\u2019espère que vous vous trompez, et vous verrez que les événements, dans la suite, se chargeront de me donner raison.Enfin, ce que je vois de plus clair là-dedans, c\u2019est que vous n\u2019ansisterez pas à mon dîner.Mme de Gunka réfléchit un instant.\u2014Miséricorde !.s\u2019écria-t-elle, nous allons être treize à table !.c\u2019est matériellement impossible !.Mais où trouver un convive qui puisse vous remplacer ?Flavien Mauroy eut un sourire ! \u2014Envoyez un mot à votre Pigman, il acceptera, vous pouvez en être certaine.Mme de Gunka prit un air sérieux.\u2014C\u2019est mal, ce que vous dites-là.Je reçois Pigman de temps à autre, parce que je n\u2019y vois aucun inconvénient.Il a toujours une nouvelle dans une poche et dans l\u2019autre une loge de théâtre.Mais vous avez dîné plus d\u2019une fois chez moi et vous ne l\u2019avez pas compté au nombre de mes convives.\u2014Dieu merci, répliqua Mauroy, car certainement je ne me serais pas assis à la même table que lui.\u2014Oh ! mon cher, que vous êtes puriste, s\u2019écria Mme de Gunka.\u2014Que voulez-vous, baronne, je suis, non pas puriste comme vous le dites, mais profondément dégoûté de certaines impuretés ; je connais le passé de ce Monsieur, et je ne tiens pas à y mêler mon présent.Je me suis même permis de vous témoigner mon étonnement en le voyant chez vous.J\u2019ai même eu le mauvais gout de revenir à ce sujet en faisant une plaisanterie déplacée, pardonnez-moi et n\u2019en parlons plus.\u2014Eh ! parlons en, au contraire !.j\u2019éprouve le besoin de m\u2019excuser, je suis seule dans la vie !.Hongroise.Mariée à un officier français qui m\u2019a plantée là ; ma foi j\u2019ai ouvert un salon cosmopolite, après avoir repris mon nom et mon titre de famille.-Je demande a voir des physionomies intéressantes, à m\u2019entourer d individus non ennuyeux.Voilà mon excuse.Et si, de temps à autre, vous rencontrez un Pigman chez moi, il faut me le pardonner, mon cher Mauroy, parce qu\u2019à côté de ces points noirs, vous voyez chez moi les plus intelligents, les plus spirituels de vos compatriotes.\u2014Mais baronne, je n\u2019ai point le droit de m\u2019eriger en censeur, je me suis permis de donner mon opinion sur le Pigman, voila tout, maintenant, revenons à mon brave Lafressange.Je pars tout à l\u2019heure pour l\u2019Angleterre, à sa recherche, Et à moins qu il ne soit enterré, je saurai bien le retrouver, je vous le jure.Seulement mon directeur, Jacquemain, n\u2019a guère de relations en Angleterre.Moi-même je ne sais à qui m\u2019adresser, à ous qui connaissez 1 univers entier, baronne, vous ne pourriez pas me donner une lettre d introduction pour quelqu\u2019un.un bonhomme influent, qui puisse me faire ouvrir certaines portes, me faciliter mes recherches.Les Anglais sont très formalistes, mais une fois que 1 on a été, pour employer l\u2019idiome, \u201c introduit régulièrement avec eux \u201d ça marche comme sur des roulettes.(A suivre.) Le BAUME R H U M A L est le Roi (les Guérisseurs 16 LE SAMEDI FEUILLETON DU SAMEDI CRIME D'ÔRGÈRES Par Louis Léxang TROISIÈME PARTIE L E FAUSSAIRE VIII \u2014 CONCLUSION (Suite) Albert Lequesne arriva à Raismes le lendemain dans la soirée.Il faisait un froid de loup et la traversée en voiture du massif montagneux des Aubrées, sur une route légèrement poudrée de neige, avait été particulièrement pénible Il avertit le régisseur de l\u2019arrivée prochaine de ses maîtres et demanda une chambre où il se confina exclusivement.A la nuit tombante, un exprès venu du bourg où pénétrait le télégraphe apporta une dépêche.Elle était de Moreau et disait : \u201c Le mariage a eu lieu ce matin.Le général y assistait.Les époux sont partis en voyage, peux pas dire combien heureux.On a trouvé le petit vieux pendu.Drôle d\u2019idée qu\u2019il a eue là.Les journaux en parlent.Suis allé à l\u2019ambassade des Etats-Unis et l\u2019on m\u2019a remis un carnet de chèques.Somme considérable.Pourquoi ?Sais pas.Peux pas croire que ce soit pour moi, malgré l\u2019assurance formelle de l\u2019ambassadeur.Moreau millionnaire ! Voyez vous pas ?Du coup je lâche la chaufournerie de papa.En attendant, je pars en congé de trois mois.\u201d Ce télégramme satisfit complètement Albert Lequesne.\u2014Tout est fini ! murmura-t-il.Mon coeur ne désire plus rien.Le lendemain soir seulement arrivèrent Olivier de Raismes et Félicienne, accompagnés de Charlaud, et de quelques domestiques Albert ne se montra pas.Après la nuit, les deux frères se rencontrèrent.Us restèrent l\u2019un en face de l\u2019autre, mornes, osant à peine échanger un regard.Il y avait quelque chose de tragique, d\u2019inavoué encore qui se dressait entre eux, infranchissable barrière.Us échangèrent à peine quelques mots.\u2014Félicia Hilson ?interrogea Olivier presque à voix basse.\u2014C\u2019est la même créature que Georgette Lacassagne, répondit Albert de même.Un souffle d\u2019horreur passa sur les deux vieillards et les courba irrésistiblement.\u2014Sachant cela nous ne pouvons plus vivre, reprit Olivier.\u2014Non.\u2014Et.elle ! \u2014Elle non plus.\u2014Comment ferons-nous ?\u2014J\u2019y ai pensé.\u2014Ail ! Ce fut tout.Après un long silence : \u2014II faut faire atteler les deux meilleurs chevaux du château à un tilbury reprit Albert.Puis vous la ferez venir.Olivier d\u2019un pas automatique sortit pour donner les ordres nécessaires.U revint silencieusement s\u2019asseoir à côté de son frère.Félicienne ne tarda pas à entrer.Ce n\u2019était plus la coquette, capricieuse, indolente créature que nos lecteurs connaissent.En trois jours, elle avait vieilli de dix ans.Longtemps elle avait résisté aux injonctions de son mari qui vouait l\u2019emmener à Raismes.II avait fallu lui dire que son frère était mort : que son fils était atteint de folie, que la police allait venir faire des recherches dans la maison, l\u2019interroger sans doute.Alors, toutes ses résistances étaient tombées d\u2019un seul coup, et prise de peur, ne songeant qu\u2019à elle dans ce lâche égoïsme qui avait été la règle de toute sa vie, elle avait demandé elle-même à partir.Quand elle se trouva tout à coup en présence des deux frères, Olivier et Albert réunis, la malheureuse joignit les mains et cria : \u2014-Mon Dieu ! Grâce ! Grâce ! Albert lui désigna un siège : \u2014Asseyez vous, madame.Et surtout, point de larmes et point de cris.L\u2019explication que nous devons avoir ensemble séra brève.Félicienne subjuguée, elle, qui tour à tour avait fait de ces hommes un esclave soumis, obéit à l\u2019ordre d\u2019Albert.\u2014Je ne vous demande qu\u2019une seule réponse, continua celui ci.Gomment vous, une mère, avez-vous pu jeter votre enfant, votre fils, sur le bord de la Couze, et l\u2019abandonner par cette nuit glacée de janvier, dont vous avez dû garder le souvenir, madame ?\u2014Hélas! répondis-elle balbutiante, la poursuite m\u2019avait affolée.Je suis tombée.Je ne savais plus ce que je faisais.Puis, il y avait sur l\u2019autre rive, mon frère Georges.c\u2019est-à-dire Frank.mon Georges.qui m\u2019appelait, impatient.J\u2019ai perdu la.tête.Je suis montée.dans la barque.sans savoir.Oh ! oui cest abominable ce que j\u2019ai fait là.Mon pauvre enfant ! \u2014Madame, n\u2019invoquez pas cet être dont vous vous êtes si peu souciée ! Vous emportiez l\u2019argent et cela vous suffisait ! Atterrée par le ton menaçant d\u2019Albert, Félicienne ne trouvait plus rien à répondre.Une longue minute de silence s\u2019ensuivit.\u2014Une seule question, moi aussi, fit Olivier.Comment, sachant que vous étiez la femme de mon frère, avez-vous pu devenir la mienne ?\u2014Mon Dieu ! mon Dieu ! Je ne savais pas.Vous ne portiez plus votre vrai nom.Quand j\u2019ai découvert que vous vous appeliez Albert, je me suis révoltée.Je ne voulais plus.Vous savez bien que je ne voulais plus.C\u2019est Frank qui m\u2019a forcée.\u2014 Et il a suffi de la volonté de ce misérable pour vous faire consentir à cette horrible union qui fait que nous sommes là vivants devant vous, les deux frères, vos deux maris, madame ! \u2014Pitié ! mon Dieu ! Je croyais qu\u2019il ne reviendrait plus jamais.qu\u2019il était mort !.'\u2014Ce sont des crimes qu\u2019il faut expier, madame, reprit lentement Olivier, que nous expierons nous-mêmes, quoique vous en soyez seuls conpables, votre misérable frère et vous, non moins misérable.Ce Georges Lacassagne, ce Frank Hilson a été puni.\u2014Ciel ! s\u2019écria Félicienne avec épouvante, c\u2019est vous qui l\u2019avez tué.C\u2019est moi qui ai fait justice.Ces paroles étaient dites avec une impassibilité si redoutable que la malheureuse se mit à sangloter : Ne me tuez pas ?Ne me tuez pas ! \u2014Rassurez-vous, dit Albert en se levant, nous ne voulons pas vous tuer.Mais nous avons décidé que vous feriez pénitence et que vous iriez demander à Dieu le pardon de vos fautes, de vos crimes, dans une maison de prière.\u2014Oui, interrompit-elle avec ardeur, oui, je veux prier.demander pardon au ciel.\u2014Nous avons choisi le couvent de Notre-Dame-de-la-Miséricorde.\u2014Oui, là-haut, dans la montagne, je le veux.j\u2019irai.\u2014Nous avons résolu de vous y conduire aujourd\u2019nui à l\u2019instant même.\u2014Ah ! fit-elle inquiète.Mais la peur quelle avait de la mort suffisait pour lui faire accepter toutes les solutions et elle fit signe quelle était résignée à partir.Dix minutes plus tard elle montait dans un tilbury attelé de deux chevaux magnifiques.Albert tenait les rênes en main ; son frère prit place près de Félicienne.\u2014Vous vous méfierez, s\u2019il vous plaît, monsieur, dit le cocher, les chevaux n\u2019ont pas sorti depuis quelques jours, et ils pourraient s\u2019emporter.Albert fit signe de la main qu\u2019il ne craignait rien.Un pâle soleil décrivait un orbe rétréci au bas du ciel.La légère couche de neige tombée quelques jours auparavant se fondait lentement.Tenus par une main solide, les chevaux filaient à grande allure sur la route qui s\u2019en allait en courbes molles vers la vallée des Aubrées.Pas un mot ne fut prononcé.La brusque découpure de la vallée apparaissait déjà, pleine de brume.La route arrivait en ligne droite jusqu\u2019à la crête du plateau, à deux cents verges au-dessus du niveau du torrent, puis faisait un coude brusque pour s\u2019accrocher au flanc de la montagne et effectuer sa lente descente jusqu\u2019au fond du thalweg.Albert Lequesne cingla soudain son attelage d\u2019un vigoureux coup de fouet.Les chevaux bondirent en avant.Fouaillés de nouveau ils se précipitèrent avec une vitesse folle, vertigineuse.\u2014J\u2019ai peur !.J\u2019ai peur !.cria Félicienne.\u2014L\u2019abîme ! l\u2019abîme ! continua-t-elle a vec une terreur folle.Nous allons tomber dans l\u2019abîme.Non, je ne veux pas.je ne veux pas.Grâce !.pitié.à l\u2019aide !.au secours !.Bourreaux !.bourreaux.assassins !.Ses cris étaient si aigus, ses sanglots si déchirants, qu\u2019Albert en fut remué jusqu\u2019aux moelles.Le doute entra dans son âme et la cruauté de cette exécution et de ce double suicide lui apparut monstrueuse.U se dressa d\u2019un seul mouvement, et la main sur l\u2019épaule de son frère : Albert ! nous n\u2019avons pas le droit !.Dieu ne nous pardonnerait pas.(A suivre) \t\t LE SAMEDI r \\ V C.H, Hutchings, La Migraine GUÉRIE RADICALEMENT EN PRENANT Les Pilules d\u2019Ayer \u201cJe fus pendant longtemps sujet aux migraines.Elles étaient ordinairement accompagnées de douleurs aiguës dans les tempes, d\u2019une sensation de trop plein et de sensibilité dans un œil, de mauvais goût dans la bouche, la langue chargée, les mains et les pieds froids et des maux de cœur.J\u2019ai essayé un grand nombre de remèdes recommandés pour cette maladie; mais ce n\u2019est qu\u2019après Avoir commencé à prendre des Pilules d\u2019Ayer que j\u2019ai ressenti un soulagement com-l'h'h Une seule boîte de ces pilules m\u2019a suffi et je suis maintenant débarrassé de maux de tête, et bien portant.\u201d \u2014C.H.Hutchings, East Auburn, Me.Les Pilules d\u2019Ayer Ont obtenu une Médaille à l\u2019Expcsi-tion Colombienne.Jja Salsepareille d}A.yer est la meilleure\u2022 'VindeVial PHOSPHATE DE CHAUX, VIANDE ET QUINA Tonique puissant pour guérir ; \u2022 ANÉMIE, CHLOROSE, PHTHISIE ÉPUISEMENT NERVEUX Aliment Indijpetiible dani le» ÇE0IS3AiîCE3 DIFFICILES, Longues convalescences et tout état de langueur caractérisé par la perte de l\u2019appétit et des forces.J.VIA I,, - Chimiste.- Lyon, France.¦ ÉCHANTILLONS GRATUITS ENVOYÉS AUX MÉDECINS.S'Adresser à.C.ALFRED CHOUILLOU,\t^ Agent Général pour le Canada, MONTREAL.Æ ¦ - - LISEZ a LE GRAND JOURNAL 17 ECHECS PROBLÈMES D\u2019ÉCHECS ET JEUX D\u2019ESPRIT PROBLÈME No 59.Par M.H.A.Wood noirs MAUDIT TAILLEUR BLANCS Les blancs jouent et font mat en trois coupa.des Problèmes et Jeux d\u2019Esprit DU NUMÉRO 48.ÉGHEGS Solution du problème No 57 Blancs 1\t\u2014D 4 T 2\t\u2014 Suivant le cas Noirs 1\t\u2014 N\u2019importe où 2\t\u2014 Echec et mat Ont trouvé les solutions du No 46.ECHECS (Problème No 56) M.Nondum (Montréal ; Sphnix (Ottawa).Le comble de la sensibilité : \u2014Ne pas vouloir frotter une allumette de peur qu\u2019elle ne soutire.* * * Où trouve-t-on le meilleur alcool ?\u2014 Chez les somnambules parce qu\u2019ils ont l\u2019esprit devin.Nos lecteurs, jeunes ou vieux, ne devraient pas manquer de lire l\u2019annonce de Thos Slater en notre 17ème pa^e.A PROPOS DE MEUBLES Rien que ça de trop court mon pantalon.J aurais bien dû aller chez M.Duhamel, 1680 rue St-Denis.Ce n\u2019est pas lui qui m\u2019aurait équipé de cette façon-là.Ayez donc un cocher ! L\u2019autre jour X descend dans la cour au moment où l\u2019on rentrait du foin dans ses écuries ; Il avise son cocher.\u2014Baptiste ! \u2014Monsieur 1 \u2014 Ce foin ne vaut; rien.\u2014 C\u2019est toujours le même.\u2014C\u2019est possible, mais c\u2019est que l\u2019autre ne valait rien non plus.Pourtant, les chevaux le mangent.\u2014Qu\u2019est-ce que ça prouve 1 Alors, B iptiste levant les épaules: \u2014Du moment où Monsieur s\u2019y connaît mieux qu\u2019eux.* * * Lu sur la porte d\u2019un marchand de vin : Fermé pour cause de baptême.* * % Spuare Mirabeau, entre nourrices alsaciennes : \u2014Barle t-il técha un beu,fotre pépé 1 \u2014Mais foui ! Il dit très pien \u201c maman \u201d et \u201c baba.\u201d Tous devraient lire l\u2019annonce de Thos Slater sur la 17ème page du présent numéro.La Fontaine de Jonvenee RETROUVÉE Les vieillards rajeunissent.Les faibles reprennent leurs forces et La force vitale est restaurée.L\u2019espérance renait partout et La vie vous apparaît sous des horizons nou- [veaux.Avez vous mené une vie régulière ?Le besoin de forces nouvelles se fait- il sentir Voulez-vous vous rajeunir ?Envoyez-moi votre adresse et je vous écrirai personnellement, vous indiquant le moyen par lequel je me suis rajeuni.C\u2019est un remède efficace et simple.THOMAS SLATER, Boite 1444, Kalamazoo, Envoyez timbre pour réponse.Mich.U.S.LE STYLE NEW-YORKAIS W * A* S / Elle.\u2014N\u2019est-ce pas que vous arrivez de New-York ?Lui \u2014Qu\u2019est-ce qui vous fait croire cela ?Elle.\u2014Je crois reconnaître dans votre habit neuf, la coupe des plus grandes maisons du Broadway.Lui.\u2014 C\u2019est bien du Broadway, en effet, mais du Broadway Tailoring House, de Montréal, 240 rue St-Laurent.99 s A A\" yk, a.Modes Fashionables.LIBÉRAL-CONSERVATEUR DE MONTRÉAL Le mieux renseigné sur les brûlantes questions politiques du jour.\u201c LE MONDE \u201d s\u2019adresse à toutes les classes bien pensantes, et en raison de la supériorité de sa clientèle de lecteurs, il est Un Medium d\u2019Annonce hors ligne NOUVELLE ADRESSE NO 75 RUE ST-JACQUES Entre \u201c La Presse \u201d et \u201c La Patrie \u201d \u201c\"WW1 I CHAPEAUX, MANTEAUX FOURRURES en tous genres HOLES, COLLETS, Etc./ Le tout fait sur commande \u2014 Réparations Soignées LE REMEZ-VOUS DE L\u2019ÉLÉSANCE ET DU BON COUT e sont les Salons de Madame.\u2014Et comme ça, vous vous en allez ! La servante \u2014Oui, je ne travaille, moi, que dans des maisons de première classe.Madame.\u2014Qu\u2019eDtendez-vous par là?La servante.\u2014J\u2019entends des maisons qui n\u2019ont que des meubles acheté \\ chez T.E.et A.Mart.N,1 924 rue Notre-Dame.Mmc Ls A.HOUDE, jr.No 1588 Rue Ste-Catherine, Montreal LA MAISON HOUDE EST LA SEULE DE CE GENRE AU CANADA.7752 18 LE SAMEDI Champagne Couvert 0) w
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.