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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 19 février 1898
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1898-02, Collections de BAnQ.

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[" VOL.IX.No 38 MONTREAL, 19 FEVRIER 1898 Journal ^Hebdomadaire Illustré de 32 Pages PRIX OU NUMERO LA VIE l)K CHATEAU ¦ v Z7,y ;¦ njcs \u2022* * .: ; .: \u2022\u2018r)v Ss.'*v.i&v |»s£3*V W» ¦' j * \"*'VÇ *!*»*»* 'r.¦*£* RRB pc ïân@= i- JfJt^wyjT, .V.\" ».¦ m \u2022'SAJ Vi* %»I ÀAs Sï fci M mÆ mi r K; ¦ 'j \\ idki mm A; i -.l'KoMKNADK A PIED 2 LE SAMEDI ^o/madl (Journal Hebdomadaire) PUBLICATION LITTÉRAIRE.ARTISTIQUE ET SOCIALE 0333-AITE T3XT FOOEH DOMESTIQVE REDACTEUR: LOUIS PERRON -A-BOJsrisrBiïwiEiq-T.TTisr ^.isr.S2.50 ; Six Mois, »1.2B (Strictement payable d'avance) e «3Lu TUTiiiiimb n_ B Oentlna Tarif d'annonce\u2014 10e la ligne mesure agate.POIRIER, BESSETTE & CIE, Editeurs - Propriétaires, No 510 Rue Craio, Montréal.MONTREAL, I!) FEVRIER 1898 LA DIFFÉRENCE SON SYSTÈME SON APPRÉCIATION Bouleau.\u2014 Muzodor m\u2019allirme qu\u2019il a un système infaillible pour ne jamais perdre aux courses.-«.Comment donc parie-t-il ?Rouleau - Il ne parie paB, et giugne chaque fois.Jf Bouleau *t\u2014 Comment fait-il\u2018alors ?Rouleau.\u2014Il emprunte de l\u2019argent à ses amis.PRESQUE NEUVE La visiteuse.\u2014Quel âge as-tu, ma petite amie ; tu parais déjà une grande fille.As-tu cinq ans ?La petite.\u2014Oh ! je ne suis pas aussi vieille que ça, madame.Je suis presque neuve ! DIGNITÉ ÏUis L'artiste.\u2014Mais enfin, Marguerite, pourquoi avez-vous jeté au panier des dessins que je viens de faire et que je destinais au Samedi T Marguerite.\u2014 Ma fois, monsieur, que ça soit moi ou l\u2019éditeur qui les y jette, je crois que çi ne fait pas grand'chose ! Le prétendant.\u2014 Mon-\t__________________ sieur, j\u2019ai l\u2019honneur de vous demander la main de mademoiselle votre fille.' Le père f brutalement).\u2014Avez-vous de la fortune ?Le prétendant (dignement).\u2014Vous ne m\u2019avez pas compris, monsieur, je n\u2019ai jamais eu l\u2019idée d'acheter votre fille.IL-N\u2019EN DOUTAIT PAS ^ Le père.\u2014Souviens toi toujours, mon fils, qu\u2019il y a dans le monde une infinité de choses qui ont plus de valeur que l\u2019argent ! Le (ils.\u2014Je n\u2019m doute pas, mon cher père, et c\u2019est bien la raison pour laquelle je veux avoir beaucoup d\u2019argent afin de les acheter.I Ça, c\u2019était l'homme dans la lune avant que les hasards de la vie no lui eussent fait faire la connaissance de l\u2019éditeur du Samedi.II A présent, voyez la différence.Il reçoit cet.humoristique journal régulièrement chaque semaine et il a passé son hiver \\ chercher les casse-têtes chinois.CARACTÈRES ET PENSÉES APHORISMES SUK l\u2019aMOUIt Les vrais drames du cœur n\u2019ont pas d\u2019événements.x Aimer par le cœur, c\u2019est avoir d\u2019avance tout pardonné à ce qu\u2019on aime.x En amour, les grands malheurs et les grands bonheurs ont pour cause dos nuances de sentiment.x Un bonheur qui a passé par la jalousie est comme un joli visage qui a passé par la petite vérole ; il reste grêlé.x Les hommes ne sont jamais bons juges des qualités par lesquelles un autre homme plaît ou déplaît aux femmes.x Dix neuf fois sur vingt, pour une femme mettre son cœur au jeu de l\u2019amour, c\u2019est jouer aux cartes avec uu filou et des pièces d\u2019or contre dos pièces fausses.x Un n\u2019aime jamais comme l\u2019on est aimé, aussi l\u2019art d\u2019être heureux en amour consiste-t-il à tout donner sans rien demander.C\u2019est le mot admirable de Philinte à Williem, dans Goethe : \u201cSi je t\u2019aime, est-ce que cela to regarde ?.\u201d Paul Boum;et.UN VRAI MOYEN Un explorateur anglais s\u2019était aventuré dans les sables brûlants de l'Afrique centrale, pays do fièvres et de moustiques s\u2019il en fut.Quelqu\u2019un demandait à un jeuno nègre qui le servait, si son maître était incommodé par les innombrables bestioles qui, le soir venu, montent à l\u2019assaut des pauvres humains : \u2014Pas du tout, fait le jeune domestique.\u2014Mais comment s\u2019arrange-t-il alors ?\u2014Pas ditlicile, massa, le soi, lui pend tant whiskey qu\u2019il s\u2019endot saoul et ne sent pas li moustiques de la nuit.\u2014 Bon, mais le matin en se réveillant?\u2014Li matin/Ji moustiques y sont ai saouls qu\u2019eux ne sentent pas li.LA REVANCHE Lui (après le rejet de sa demande).\u2014C\u2019en est fait, maintenant je lie me marierai jamais.Non, jamais ! Elle.\u2014Mais vous êtes fou.Pourquoi cela ?Lui.\u2014 .Si vous me rejetez qui donc voudra me prendro.IL A CHANGÉ D\u2019oPINION Bouleau.\u2014Pavais toujours pensé, jusqu\u2019à présent, que parler ne coûtait rien.Rouleau.\u2014Et qui vous a fait changer d\u2019opinion.Bouleau.\u2014Mon avocat, qui vient de m\u2019envoyer son compte.AU CONTRAIRE Le chasseur.\u2014Dis, petit, ton chien est il bon pour les lapins ?Le petit.\u2014Oli ! non, monsieur, il est très méchant au contraire.Chaque fois qu\u2019il en vient un, il court après et l\u2019attrappe.IL S EST MAL EXPRIMÉ Sambo.Pémettez-vous à mi de mette li patins à vous?Mlle Hermine (vexée).\u2014Voulez-vous insinué, Massa Sambo, que vous mette li patins de moi su des vilains piedB de nègue comme les votes ?iyAi\u2019 l Klv ¦«©sk i1 '«RI WO.tk ' ?\t- *a A LE SAMEDI 3 UN QUI A DE LA CHANCE âMui, monsieur.Le père,\u2014Très bien; mais qu\u2019allez-vous faire pour vivre 1 Le prétendant\u2014Moi, monsieur, je vais essayer do l\u2019épouser, tout simplement.Emaux et Camées PETITS OHEES-D\u2019tKOVRE LITTÉRAIRES DE TOCS LES PAYS ET DE TOUTES LES ÉPOQUES DLVIII TOUJOUES Tout est mensonge : aime pourtant, Aime, rèvo et désire encore ; Présente ton cœur palpitant A ces blessures qu\u2019il adore.Tout est vanité ; crois toujours, Aime sans fin, désire et rêve ; Ne reste jamais sans amours, Souviens-toi que la vie est brève.De vertu, d\u2019art, enivre-toi ; Porte haut ton cœur et ta tête ; Aime la pourpre, comme un roi, Et n\u2019étant pis Dieu, sois poète ! Rêver, aimer, seul est réel ; Notre vie est l\u2019éclair qui passe, Flamboie un instant sur le ciel, Et se va perdre dans l\u2019espace.Seule la passion qui luit Illumine au moins de sa llamme Nos yeux mortels avant la nuit Eternelle, oii dispars it l\u2019âme Consume-toi donc, tout flambeau Jette en brûlant de la lumière ; Rrûle ton coeur, songe au tombeau Où tu redeviendras poussière.PrèB de nous est le trou béant ; Avant de replonger au gouffre, Fais donc flamboyer ton néant ; Aime, rêve, désire et souffre ! Henri Cazalis.INSTANTANE PARISIEN CRÉPUSCULE En bis, sur la terrasse, une atatne d\u2019Eros,\u2014 toute blanche dans le crépuscule,\u2014 a l\u2019air de grelotter sur son socle de briques, et, tout autour, tourbillonne un essaim de feuilles sèches, feuilles aux étranges froissements d\u2019étoffe qu\u2019on déchire et auxquelles parfois même on croirait uno voix : alors, dans la chambre obscure et comme tendue de toiles d\u2019araignées, j\u2019aime à aller regarder longtemps dans un vieux miroir accroché vis-à vis la fenêtre, miroir dans l\u2019eau duquel s\u2019attarde toute la lumière du jour, une vieille glace de Venise, la seule pâleur et la seule clarté de la pièce, où sont entrés maintenant tout le noir et tout l\u2019inconnu de la Nuit ; et devant ce silence et ce gris crépuscule, dans cette antique demeure, je songe à la tristesse de vieillir, de n\u2019avoir plus vingt ans, d\u2019en avoir passé trente>\tJean Lorrain.AVANT QU\u2019IL N\u2019AIT FAIT SON EFFET.Un bon habitant va chez un de nos premiers dentistes afin de se faire extraire une dent.Comme il désirait prendre le gaz, il demanda au dentiste quel en était l\u2019effet.Le dentiste.\u2014Cela vous rend tout simplement insensible à lo douleur et inconscient de tout ce qui se passe pendant votre sommeil.Le brave habitant retira son portefeuille de sa poche et le [docteur, croyant qu\u2019il voulait le payer, lui dit : \u2014Ne vous tourmentez pas, il sera temps quand votre dent sera extraite.L\u2019habitant.\u2014Ça n\u2019est pas ça ! je veux compter l\u2019argent que j\u2019ai sur moi, avant que le gaz n\u2019ait fait son effet.On fait trop de vers, la poésie on mourra.\u2014 Béranger.SON MOTTo Le docteur.\u2014Ve sont deux charmants jumeaux, monsieur lounemarié.Mr Jeunemarié (légèrement hargneux).\u2014 J\u2019aurais du my attendre.C\u2019est le motto de ma femme ça : \u201c Deux enfants, ça vit aussi bon marché qu\u2019un seul ! \u201d PAS DE PERTH AU CHANGE Le père.\u2014 V oyons, L\u201cuis, tu as oublié ( outos les bonnes résolutions que tu avais prises.C\u2019est mal cela.Louis.\u2014Nod, papa, je vais or prendre d\u2019autros encore meilleures.UN BLAGUEUR Le petif Henri.\u2014 l>is, papa, ne penses-tu pas que lo professeur Nansen est un blagueur 1 Le père (étonné).\u2014Qui te fait croiro cola 1 Le petit Henri.\u2014D ame, il parait que dans toutes ses lectures sur son voyage au Pôle Nord, il n\u2019a jamais dit un mot de Santa-Claus.Il a pourtant dû souvent le rencontrer là bas ! Il n\u2019est de si beau jour qui n\u2019amène sa nuit.\u2014(Epitaphe latine.) LA SIGNIFICATION ¦ffl i & ww I SH fill Pat.\u2014Croyez-vous aux ri ves, Callaghan?Callaghan.\u2014Oui.\ti Pal.\u2014Qu'est-ce que cela signifie quand un homme marié 'rêve qu\u2019il eBt célibataire î\t_P\tW\tu,,r-\t- fci vtim Oallaghan.-Cela signifie quejquand il se réveille il a unjgrand désapointement. 4 LE SAMEDI UN NOUVEAU TO U II : J ï à ¦i-' i mir¦ c ir ¦z./vSir- Ali, les mauvais drôles ! Un pauvre cavalier qui n\u2019avait que cette occasion (le voir sa fiancée, s\u2019était arrêté et tâcliait d\u2019utiliser son temps le mieux possible quand.I, E P A S S E ii ( Four le.Samedi ) Oil sont les rêves d\u2019or, lea rêves d'autrefois ; Oil le cœur innocent croyait à touteB choses ; Oii l\u2019amour si novice articulait \u201c je crois \" ; ( lit l\u2019on no sentait pas les épines des roses ?Où sont les rêves d\u2019or où flottait l\u2019idéal, Où dans le pur u/.ur l\u2019on poursuivait sa route, Où l\u2019on no savait pas leB tristesses du mal, Et les âpres douleurs des sanglantes déroutes?Oil sont les rêves d\u2019or, où le cœur plus léger Flottait comma un oiseau dans les matins can-Où notre âme habillée en sa fleur d\u2019oranger, |dides Etait l\u2019épouBO vierge aux regards si limpides.IlélaB, ils sont bien loin ces rêves d\u2019autrefoiB, Ues beaux rêves d\u2019antau ; accrochés i la route Se trouvent les débris de l\u2019amour, do la foi, De fout ce qn\u2019on aimait, saus révolte et sans doute.Montréal, re !'.) jnnrier ISOS, Hélas, tout est parti, balayé sans retour.Hélas, tout est parti, les rêves de jeunesse, La soif des grands combats, la soif du bel amour, Hélas, tout est parti dans un jour de détresse.Maintenant c\u2019est fini, de lutter sans repos, De résister toujours, sans jamais qu\u2019on succombe; Le rêve est bien éteint sans laisser de lambeaux, Et sans laisser un socle au-dessus de sa tombe.Comme le vont du soir en son triste sanglot, Il pleure bien souvent sa plainte monotone; A mon pauvre cœur froid, il vient parler trop haut, Dans les brumes d\u2019hiver et daus les nuits d\u2019au- |tomue.Il me redit alors, qu\u2019hélas tout doit finir, Les cantiques d'extase et les hymneB de p'ainte, Que l\u2019amour d'aujourd'hui demain est Bouvenir Comme la fleur fanée et les amours éteintes.B.DK Flandre.POUR PARVENIR Ai.iikkt, quarante cinq ans, déjà gris.Denis, trente ans et toutes scs dents de petit requin.Albert.\u2014 Oui, certainement, tu as du talent, beaucoup de talent.Denis \u2014Plus encore.Albert.\u2014Mais tu as eu aussi une grande chance, une chance phénoménale ?mais on ne fait pas 60n chemin si on n\u2019a que du talent comme tartine et rien dessus.Albert \u2014Que faut-il donc en plus ?Denis \u2014Des moyens.Albert.\u2014Quels sont-ils ! I >ENis \u2014De toutes sortes : je pourrais les résumer en ces trois mots : Ne rien négliger.Comprends-tu bien ça?Ne rien négliger.Rien.Albert.\u2014 Explique-toi.1 félaye.Denis.\u2014Si je suis au pinacle, comme je te le disais tout à l\u2019heure, c\u2019est pour m\u2019être étroitement conformé à ce programme.Ecoute-moi, mon vieil Albert ?Tu lis les journaux le matin ?Albert.\u2014Oui.Denis.\u2014Combien ?Albert.\u2014Deux.Denis \u2014Dérisoire- Moi, j\u2019en lis six.Et à mon point de vue, rien qu\u2019à mon poiut de vue personnel.Je vois s\u2019il y a un homme célèbre malade, ou mourant.Je lis les absences, les déplacements et villégiatures, les carnets mondains, les échos de théâtres, les mariages et enterrements.J\u2019aborde ici une question d\u2019ordre capital ; celle des mariages et enterrements.L\u2019homme qui veut parvenir doit aller à tous les enterrements et à tous les mariages, tous, sans exception ! Ça m\u2019a souvent bien embêté, avant, seigneur ! mais il ne m\u2019est pas arrivé une seule fois de lortir d\u2019une sacristie ou d\u2019une maison mortuaire sans m\u2019en féliciter, sans y avoir trouvé un petit grain de mil.Toutes mes bonnes aflaires, de gloire, d\u2019argent, et même d\u2019amour, se sont ébauchées et accrochées là.On y rencontre les gens nécessaires, tous les entremetteurs des deux sexes.Et j\u2019ai même remarqué une chose, tien3.les enterrements, surtout, sont une mine.Il est bien rare qu\u2019on se repente d\u2019une maison mortuaire.A moi, les services funèbres m\u2019ont fait un bien épatant ! C'est pour m\u2019être trouvé à la crémation du père de la bonne amie de mon rédacteur en chef, que j\u2019ai été décoré cette année.Je te conterai ça un jour, pendant une messe de mariage.Albert.\u2014 Et tu vas régulièrement à toutes ces cérémonies - là ?Denis.\u2014.Je me passerais plutôt de manger.Albert.\u2014Cependant, quand tu as un mariage et un enterrement pour la même heure, comment fais-tu ?Denis.\u2014.le crève des fiacres ! .deux polissons lui ont appris un tour qu\u2019il ne connaissait pas encore.A ' \u2018 François SA SURPRISE I )enis.\u2014Non.Albert.\u2014Allons donc! Tout t\u2019a servi, tout t\u2019a profité.Même tes fautes.Denis.\u2014Parce que j\u2019ai su en tirer parti.Je suis le propre artisan de ma gloire.J\u2019ai une situation énorme, en effet, je suis un des cinq premiers romanciers de ce temps-ci.Albert.\u2014Qui sont les quatre autres ?Denis.\u2014On ne sait pas au juste.Mais j\u2019ai beau être arrivé au pinacle, car j\u2019y suis, il n\u2019y a pas d\u2019erreur.Albert.\u2014Et tu y restes.Denis.\u2014.Il n\u2019est pas moins vrai qu\u2019au fond je n\u2019ai jamais eu de veine.Albert.\u2014Oh ! Denis \u2014Mais, oui.J\u2019ai dû la créer, ma veine, l\u2019apprivoiser.Albert.\u2014Finalement, tu on as eu?Denis.\u2014Grâce à mon travail.Mais je n\u2019en avais pas do naissance.J'ai tourné ma déveine en veine.Albert.\u2014Comment ça ?Denis \u2014Je veux bien te le dire, quoique tu sois mon ami et mon confrère.D'autant plus qu\u2019à cette heure,\u2014sans chercher aucunement à t\u2019être désagréable, \u2014 tu n\u2019es plus dangereux, du moins pour moi.Aubsî, jo ne te cacherai rien; pour parvenir, vois-tu, il faut deux choses.D\u2019abord ; avoir du talent.Albert.\u2014 lîeaucoup ?Denis.\u2014Pas trop.Albert.\u2014Cependant.\t, Denis.\u2014Non.Trop, ça encombre.On ne doit point charger le soldat en campagne.Du talent sans doute, un joli petit talent, facile à manier.à emporter.Une fois qu\u2019on a ça.Albert.\u2014C'est le principal ?Denis.\u2014C'est rien.Tout est à recommencer et à faire.Ça ne pèse pas lourd, le talent, aujourd\u2019hui.Tout le monde en a.Ce n\u2019est pas avec ce seul don que l\u2019on se hausse.On crève, on devient fou, raté ou ministre, / mm.w&M \\ \u2022 < l: mm L\u2019oncle Penoute, en se promenant à Montréal, vient de glisser sur la glace et de s\u2019étaler.Quelle n\u2019est pas bu surprise de bg voir l\u2019objet de l\u2019attention d\u2019une foule de polissons s\u2019écriant en chœur : \u2014 Eh, l\u2019homme ! Allez vous bientôt vous lever de lù 1 Vous ne pouvez pas aller vous asseoir autre part et laisser passer les gens ? LE SAMEDI 5 Partie interrompue Toute la famille Rouleau était autour de la table faisant une partie de pitrot, pendant que le jeune Billentoc, le fiancé de Mlle Rouleau, se mettait en mesure, aidé par le plus jeune des Rouleau, de suspendre au mur un nouveau tableau.Albert.\u2014Mais quand c\u2019est aux deux bouts de Paris ?Denis.\u2014J\u2019en sacrifie un.Que veux-tu ! Albert.\u2014Lequel ?Denis \u2014Toujours le mariage.Albert.\u2014Décidément, tu as un vrai faible pour les obsèques?Denis.\u2014D\u2019abord.Et puis, la vrai raison, c\u2019e&t celle-ci.On peut toujours, à la rigueur, se rattraper plus tard en allant à l\u2019enterrement de la personne qui se marie, tandis que m 1 celui qui est mort,., c\u2019est fini.Albert.\u2014Oai, évidemment, on ne peut plus se réserver pour son mariage.Poursuis.Tu n\u2019imagines pas comme tu m\u2019ouvres des horizons ?Denis.\u2014Avoue que tu vois la vie à présent sous son vrai jour ?.Albert.\u2014Va, va.Denis.\u2014Par ne rien négliger, j\u2019entends aussi écrire, écrire beaucoup, sans relâche.Albert.\u2014Naturellement, puisque c\u2019est ça, le métier.Denis.\u2014Tu n\u2019y est pas.Je veux dire écrire des lettres, des petits billets, des mots sur une carte de visite.Albert.\u2014A qui ?Denis.\u2014A tout le monde.Albert.\u2014 De préférence aux gens utiles, influents ?Denis.\u2014Le dernier venu est utile un jour ou l\u2019autre, à udb minute\t_____________ donnée.Personne n\u2019est négligeable.Moi, j\u2019ai passé ma vie à écrire.J\u2019ai certainement plus produit en correspondance qnotidienne qu\u2019en livres proprement dits.Mes lettres, c\u2019est mon bagage.Albert.\u2014Cependant, il y a des limites ?Denis.\u2014Non.J\u2019écris pour tout.J\u2019écris à ceux qui sont décorés, toujours la veille, et c\u2019est facile à Paris, on le sait d\u2019avance : \u201c Cher monsieur, ou cher ami, je veux être le premier, etc., etc.\u201d .l\u2019écris à ceux auxquels je vois qu\u2019il arrive quelque chose d\u2019agréable, et quoi que ce soit : nominations officielles, délégation, mission, commission, honneurs, médailles, prix académique, etc.Paf, une félicitation ! J\u2019écris également à ceux qui écopent d\u2019une façon quelconque.deuils, revers, embêtements, disgrâces.Lettres difficiles, délioates, mais il faut les faire aller à l\u2019âme du blessé.il vous en est très reconnaissant, pas pour toujours, mais pour un temps.Pendant ce petit laps de gratitude, si le bonheur veut que tu aies besoin de l\u2019individu, tu peux être presque sûr que tu le trouveras.Albert.\u2014Et si je ne le trouve pas, l\u2019individu, malgré mon billet bien senti, j\u2019ai perdu mon temps ?Denis.\u2014Non plus.Il te reste le grief.Tu as acquis le droit de lui nuire.Albert.\u2014Parfait ! Denis.\u2014.J\u2019écris à tous les critiques, à ceux qui me louent comme à .ceux qui m\u2019éreintent.Surtout à ceux-là.Albert.\u2014Us sont plus nombreux ?Denis.\u2014Quand je fais paraître un écho sur moi, je le donne toujours inexact.Albert.\u20141 ?Denis.\u2014De façon à pouvoir rectifier le lendemain.Dans un compte rendu, n\u2019importe quelle feuille de chou, il suffit qu\u2019on me nomme.j\u2019écris une lettre d\u2019une page.Abbert,\u2014Et les livreB que tu reçois ?Denis.\u2014Oh'! les livres ! J\u2019écris trois fois.| A liiert.\u2014Pour chaque ?\u201d Denis.\u2014Oui! J\u2019éci is d\u2019abord lo jour môme du paquet.\u201cJ\u2019ai reçu, merci, je vais lire !.\u201d Je laisso filer le temps moral nécessaire.Lo monsieur pense que c\u2019est une blaguo et que jo no lo lirai jamais : soudain, il reçoit une nouvelle lettre où jo lui dis : \u201c je n\u2019ai pas terminé, mais je lis ! je lis ! \u201d Et huit jours après, la dernière au Corinthien : \u201c Enfin, j\u2019ai lu.ce délicat, cet admirablo.atc., etc.\" Ces trois lettres successives, et savamment assénées sur l\u2019amour-propre do mon cher confrèro.tu n\u2019imagineB pas l\u2019ami quo jo mo fais ?C'est à forco do trouver sans rolâcho du génie à tous mes camarades qu\u2019ils me reconnaissent uncertain talent.Albert \u2014Au moins du goût ! Denis.\u2014Oui.A qui est ce que j\u2019écris encore, voyons?nom d\u2019un pistolet! J\u2019écris aux inconnus, mâles et femelles, qui me demandent \u201c deux lignes de ma main.\u201d J'écris à tous ceux qui viennent do prononcer un dhcoura, d\u2019échapper à un accident, d\u2019avoir un duol, de gagner un procès, etc.Aussi., auBsi.je suis ce qu\u2019on appelle un sympathique.Albert.\u2014 Le grand sympathique ! Denis.\u2014Ne rien négliger comporte également: sortir, aller dans lo monde, et tous les soirs, parler, tourner, pirouetter, se pencher, baiser des doigts, couler des regards, chuchoter des choses, ofi'rir son liras, dire un beau vers, un calembour, jaser peinture et morale, faire bravo à la musique, une gorgée d\u2019orangeade et paitir en beauté comme à regret.Albert.\u2014Peut on se permettre les rosseries ?Denis \u2014Il le faut.C\u2019c-st le devoir.Albert.\u2014 Rien dangereux ! Denis.\u2014Non.A condition qae ce ne soit pas dovant les hommes.Tandis qu\u2019avec les femmes il n'y a pas d\u2019inconvénients.< >n peut être cannibale.Albert.\u2014Mais c\u2019est qu\u2019elles répètent ! Denis.\u2014On les sait tellement capables d\u2019inventer que ça ne tire pas à conséquence.Je reçois anssi les journalistes, jo subis les interviewers à n\u2019importe quelle heure de la journée, sur le sujet qui lour plaît, la question chinoise ou lo cours des grains.Ma devise est : Ne pas mécontenter.Enfin, je te passe sous silence un petit jeu do platitudes courantes où je suis vraiment passé maître, je le dis sans phrases.Albert.\u2014Je te crois.Et.au point de vuo spécial de l\u2019Académie 1 Denis, grave, un doigt sur ses lèvres.\u2014Oh !.ça.mon petit, c\u2019est notre Alsace à nous autres.Albert.\u2014à\u2019 penser toujours?Denis.\u2014N'en parler jamais.Ou du moins.que le lendemain.Trotte-toi.J\u2019ai à écrire.Henri Lavkhan.LA PREMIÈRE FOIS La belle-mère de Rouleau est morte et a été enterrée la semaine dernière.Rouleau paraissait très aflêcté en suivant le corps au cimetière.____________ Rouleau.\u2014Prends courage, mon pauvreatni.il faut se faire une raison.Rouleau.\u2014Ah ! je ne peux m\u2019empêcher de penser toujours à celte pauvre femme ! Eigures-toi que c\u2019est la première fois que nous sortons ensemble sans nous quereller.Sachez qu\u2019un homme d\u2019esprit qui a trente millo livres do rente est cent fois plus riche qu\u2019un lourd repu qui possède dix-huit conts millions.(Un inconnu.) \u2014\u201c Je sauve mou roi\u201d, s\u2019écria le vieux Rouleau en jetant sa carte sur la table.Mais à ce moment préciB le jeune Billentoc venait d'enfoncer son clou (un clou de 4 pouces) dans le tuyau d'eau, et cela a jeté un certain désordre parmi les joueurs, « le samedi CHRONIQUE UNIVERSELLE ILLUSTRÉE LES TOUTUES I1TJOUX A PA1US ¦Wÿ-.\u2019.-w', teilRJ » .g lons du bijou à la mode.Le connaissez-vous, ce favori des parisiennes, pour la possession duquel elles abandonnent volontiers, bagues, bracelets, chaînes, etc , qui \u201c ont cessé de plaire \u201d 1 C\u2019ett de la tortue-bijou dont nous voulons parler ; la petite tortue indoue vivante, recouverte d\u2019une résille d\u2019or constellée de gemmes, retenue captive par une mignonne chaînette d\u2019or.Ce bijou original, proche parent des caméléons vivants qui, d\u2019Amérique, ont à peu près parcouru le monde, est la création de Templier, le grand bijoutier de la rue Royale.Regardez dans la vitrine où étincellent, sertis en diadèmes, en bracelets, on ornements multiples, pour plusieurs millions de diamants ; parmi les écrins en voici un de velours blanc où quelques minuscules tortues qu\u2019on couvrirait facilement avec un dollar en argent, semblent dormir paisiblement ; mais qu\u2019on apporte l\u2019écrin sur une table sous le scintillement de la lumière électrique et voici mes tortues qui frétillent, se trémoussent d\u2019un air engageant, semblant dire : \u201cVoyez comme nous sommes aimables et jolies ! achetez-nous, de grâce ! \u201d Si vous demandez à un savant le nom scientifique de ces charmantes créatures, il vous répondra qu\u2019elles appartiennent à l\u2019espèce des émydes et qu\u2019elles viennent en droite ligne des Indes.Si, vous intéressant plus oncore aux tortues-bijou, vous vous informez de la gène, de la douleur môme qu\u2019elles peuvent ressentir quand on les sertit ainsi de pierres précieuses, vous apprendrez avec satisfaction que la parure dont on les revet, quoique s\u2019ajustant à leur cuirasse dorsale, est UN UES BATIMENTS ANNEXES PU COLLÈGE UE AMHERST, fv- \u2022 mm ,'îw ¦fil àu-ür.montée suf platine embouti et fixé, par des griffes inoffensives, pinçant le bord externe de la carapace.Et à présent, quelle est la valeur marchande de ces petitB animaux 1 Cela dépend, mais on peut en avoir à partir de cent piastres.Quand aux frais d\u2019entretien ils sont absolument négligeables, vous devez le penser : Quelques vermiceaux et, si l\u2019on veut leur être extrêmement agréable, une fois dépouillées de leur brillante livrée, un peu de mousse humide dans un vase de verre.On voit que, quoique revêtues d\u2019une robe d\u2019or et de pierreries, les tortues indiennes se contentent de peu, tout comme Jenny l\u2019ouvrière.* * * En 1887, des personnes charitables fondaient, à Stockholm, des ouvroirs pour les enfants pauvres, afin de recueillir, les classes terminées, tous les malheureux enfants donc la rue est l\u2019habitat ordinaire.Après les avoir soustraits au danger des mauvaises rencontres, inévitables sur les trottoirs des grandes villes, les généreux fondateurs des ouvroirs voulurent compléter leur œuvre en inculquant à ces enfants le goût, l\u2019amour du travail.Le but visé a été pleinement atteint, et les enfants, non plus que les parents, connurent bientôt le chemin des ouvroirs.De 5 à 8 heures du soir, des enfants de 8 à 12 ans, admis gratuitement, s\u2019exercent aux ouvrages manuels, non pas sous la férule de sévères professeurs, mais en riant, plaisantant avec les institutrices.Afin de les encourager, on paie les enfants pour l\u2019ouvrage qu\u2019ils emportent et exécutent à la maison et c\u2019est une grande joie pour ces précoces travailleurs quand, à la fin de la semaine, ils emportent triomphalement les quelques sous qu\u2019ils ont pu gagner ainsi, et qu\u2019on les invite à placer.Beaucoup de ces ouvroirs portent, directement à la caisse d\u2019épargne et au nom des titulaires, le produit de ce travail.Le fonctionnement administratif de l\u2019ouvroir Suédois est fort simple.Un comité central dirige l\u2019œuvre qui compte, rien qu\u2019à Stockholm, dix établissements ; chacun des établissements est administré par un comité local.Les travaux varient à l\u2019extrême.Vannerie, menuiserie, couture, con- UNE SALLE UE COURS UU COLLÈGE AMHERST.l-'-F-r) 2 V .h.» Cm I *71 i.V.hou seulemeilt les enfants, maïs les patents eux-mêmes s\u2019ils le désirent, s\u2019habituant ainsi à confectionner mille objets divers et augmentant également, en s\u2019amusant, leur maigre budget.Enfants, vieillards, têtes blondes et têtes blanches, anneaux ininterrompus delà chaîne humaine, semblent, dans ces familiales assemblées, être réunis par une main intelligente, pour célébrer l\u2019hymne au travail, maître et libérateur du monde.* * * La plupart des grandes universités américaines, telles que celles de Yale ou de Cambridge, possèdent des chaires d\u2019agriculture.L\u2019Université Carnell, dans l\u2019Etat de New-York, ne s\u2019est pas contentée de ces chaires, mais a établi un véritable collège agricole, admirablement outillé et pourvu d'un vaste domaine servant de champs d\u2019expériences.Les bâtiments et le parc occupent une surface de près de 200 arpents et sont mis en communication, par un tramway électrique, avec la ville d\u2019Ithaca.Les élèves agronomes résident, soit à l'établissement même, soit en ville, soit enfin dans de charmants cottages, dénommés \u201cFraternités\u201d où ils vivent en commun, joyeusement et à bon marché.La durée des études est de trois ou quatre ans, suivant que les élèves aspirent au brevet de bachelier ou de docteur es-aciences agricoles et toutes leB matières enseignées se rapportent à l\u2019agriculture et à la zootechnie, h l\u2019art vétérinaire, à la physique, à la chimie générale et agricole, aux mathématiques et h la mécanique agricole, à la botanique, à l\u2019économie sociale et politique, à la littérature et aux langues anglaise, française ou allemande.Il y a, de plus, des cours pratiques où les élèves sont exercés au maniement des instruments et outils agricoles, ù la fabrication du beurre et du fromage, etc.Four ceux des élèves n\u2019aspirant pas aux brevets et voulant seulement suivre les cours une année ou deux, quelques mois même, il y a des cours spéciaux, théoriques et pratiques.Enfin on a organisé des cours d\u2019hiver essentiellement techniques et pratiques sur la manipulation du lait, ses préparations, la nourriture et les soins à apporter au bétail, la conduite des machines i vapeur et appareils de la laiterie ou de la fromagerie.CeB cours ne durent que trois mois, de janvier à avril.Ajoutons que tous ces cours, ouverts aux deux sexes et, principalement en ce qui a trait à la laiterie et à l\u2019élevage des volailles, sont très suivis par les jeunes filles.UN OUVROIP D ENFANTS A STOCKHOLM.Les nombreux établissements, dits collèges agricoles, répandus surtout le territoire de l\u2019Amérique, ont tous, h peu près, la même orga nisation.Ils sont richement dotés en terre, car chacun d\u2019eux jouit d\u2019un domaine agricole de 12,000 hectares; une dotation annuelle de 7\">,000 francs, des dons et des legs de généreux particuliers, des allocations des Etats etc.Le collège de Amlierst, dans le Massachusetts, dont nous donnons ci-contre deux photographies, pourra donner une idée du luxe et du confort dont jouissent ces établissements : Une salle de cours très bien comprise et un des batiments annexes construit dans le parc du collège de Amherst.Seule, la belle Ecole française d\u2019agriculture do Grignon, avec son château Louis XIII, ses ombrages séculaires et ton parc de 1100 hectares, peut être comparée aux collèges de Carnell ou d\u2019Amherst.Louis Perron.Hors la mort et les impôts, il n\u2019y a rien de certain dans le monde.Franklin.LE DRAME DE RAW DO N i l'hON JUGE I)K LOR1.M1KR, .IJUI A PRONONCÉ LA CONDAMNATION A MORT DU MEURTRIER.TOM NULTY, \u2022TROUVÉ COUPABLE DU MEURTRE DE SON FRÈRE ET DE SES TROIS SIEURS. * LE SAMEDI 0 A S U I S T r Q U K Madame Jeunemarié.\u2014Comment, avant que noua ne soyons mariés, ne diBais-tu pas que mon pluB faible désir Berait toujours une loi pour toi ?Monsieur Jeune marié.\u2014Certainement, mon amour ; mais tes désirs Bont si vigoureux et si bien constitués que je n\u2019ai pu, jusqu\u2019il présent, en trouver un de plus faible que les autres.CONTE HLEU A l\u2019heure où tout se tait, où le soleil se couche, Un bel ange, sans bruit, quitta le haut des cieux.l,o bout de son doigt roso était mis sur sa bouche, Donnant à sa personne un air mystérieux.Il ullait doucement, faisant signe aux étoiles Qui de ci, puis de là, s\u2019allumaient duns l\u2019azur, Ml, preste, il traversait les mille petits voiles Dont su dore le ciel quand il est clair et pur.Ce fut dans un vallon qu\u2019il descendit à terre : Les blés murs ondulaient sous la brise du soir, Un crapaud iBolé chantait près d\u2019une pierre Mt quelques vers luisants brilluient sur le sol noir.Dans un des champs dorés, aussitôt, le bel ange Kntru d\u2019un pas léger, souple et sileucieux, Frôlant presque au passage alouette et mésange Qui gazouillaient soudain, Be croyant près des cieux.Il cueillit un bluet, à défaut de pervenche, Mt dit, le regardant un instant dans sa main : \u201c Que ce soit la couleur et Bi pure et si franche Des grands yeux de l\u2019enfant qui va naître demain.\u2019\u2019 Puis il prit du froment dont il fit une gerbe, Mt tout en la liunt, il rebroussa chemin, Disant : \u201c Que ce soit là le symbole superbe Des cheveux de l\u2019enfant qui va naître demain.\u201d De retour dans les cieux, aux pieds de Dieu le Père, Il supplia : \u201c Seigneur, achevant mon dessein, De ta bonté divine, ah ! répands la poussière Sur le lit de l'enfant qui va naître demain.\u201d Alice Lardin' df, Musset.CAUSERIE,!) suit I,\u2019NOM.MH (Suite) L\u2019Homme depuis la création a fait de grandes et belles choses dans l\u2019univers entier ; la Femme, pour sa part, n\u2019a cessé d\u2019occuper les imaginations et les premières place du beau, dans la nature; le Vieux-Gardon, mieux que tout cela, est l\u2019idéal de la perfection, ce que Dieu lit de plus étonnant après la création do nos promiers parents.Après avoir créé tout, la terre et l\u2019eau, le soleil, la lune et les étoiles, l\u2019homme enfin, il n\u2019était pas encore satisfait ; faisons, dit-il, un certain quelque chose, à une autre ressemblance, et au lieu do terre et d\u2019eau comme pour le premier homme, ou d\u2019une certaine côte comme pour la première femme, il prit la souche de l\u2019arbre fatal et en fit le premier \u201c Vieux Gardon,\u201d alors il se reposa.Mais comme Adam et Eve, comme les mauvais anges, il a comme eux, péché, non par orgueil ou désobéissance, non, mais bien par négligence.Il avait eu mission de se chercher une femme, et ayant remis la chose à plus tard, il arriva le dernier dans l\u2019arche de Noé; tout étant appareillé, il fut contraint de tenir le gouvernail durant la longue traversée.C\u2019est pourquoi le Vieux-Gardon semble toujours être en même temps privé de quelque ciiose, malheureux et jamais content de son sort.Sa grande devise, c\u2019est la liberté de parole et d\u2019action.Une femme le gênerait dans ses petits caprices, c\u2019est si embarrassant.Une femme, ça parle toujours, un vieux garçon, rarement ! Une femme c\u2019est si coûteux, tandis que seul c\u2019est plus économique, (sans calcul), et puis il faut la traîner et se faire traîner partout, seul, au moins, l\u2019on fait à sa guise.Et ces malheureux enfants, donc ! ça pleure le jour et la nuit, pas de repos.\u2014 Ah ! non, décidément, je n\u2019ai pas les moyens, c\u2019est inutile, je ne puis pas, plus tard ! Ainsi raisonne le Vieux-Garçon, seul dans sa chambre, n\u2019ayant pour charmer son oreille que le tic-tac d\u2019une horloge poussiéreuse, sa vue, qu\u2019un beau désordre, et son goût qu\u2019une vieille pipe, objet de ses tendres complaisances ! D\u2019ordinaire, le vieux garçon cache, sous un bel extérieur, de la présomption, il est trompeur.Il aime et se plaît dans les attentions qu\u2019on lui porte, généralement, il sait que l\u2019on recherche sa compagnie, il en profite pour lancer ses traits, dont il se glorifiera ensuite.Je résume : chez les vieux garçons pas de milieu, ils sont soit parfaits ou imparfaits, nul n\u2019a de vocation ou d\u2019état, c\u2019est un mal qui souvent devient épidémique, mais à qui la faute 1 demandez le leur, vous aurez autant de réponses différentes que de sujets interrogés.(A suivre.)\tJ OH.PETIT COURS DE MORALE Le patron laitier.\u2014Vois-tu ce que je fais-là, Félix 1 Félix.\u2014Oui, patron, vous mettez de l\u2019eau dans votre lait ! Le patron laitier.\u2014Pas du tout, Félix, pas du tout.\u2022Je mets mon lait dans l\u2019eau.Félix.\u2014Dame, patron, ça se ressemble furieusement et.Le patron laitier.\u2014 Tu te trompe, Félix, c\u2019est tout b.fait le contraire.Ainsi, si quelque pratique te demandais si nous mettons de l\u2019eau dans notre lait, tu pourrais lui jurer que non.Vois tu, mon ami, il faut toujours dire la vériré.Tromper le monde c\u2019est déjà mal, mais mentir, ça serait encore pis.UNE MAUVAISE CHARGE M.Loustic (penchant chez le docteur).\u2014Ah ! monsieur, laissez moi, vous remercier, vous, auquel je dois la vie.Le médecin (étonné).\u2014La vie à moi î Mais je n\u2019ai pas le plaisir de vous connaître.M.Loustic.\u2014Ça n\u2019y fait rien.Tombé soudainement malade avant hier, ma femme esc venu vous chercher.Vous n\u2019y étiez pas.Le lendemain j\u2019étais sur pied.AIMABLE OPINION L'auteur.\u2014Alors, chère madame, ma pièce vous a plu 1 La dame.\u2014Beaucoup ! D\u2019abord, moi, les choses les plus bêtes m\u2019amusent.G0 M M E LE SOLDAT F I L I) E F E R (1) Voir numéro! 23, 25 et 28.i Le sergent instructeur.\u2014 Tête de bûche, vous ne saurez donc jamais présenter les armes correctement ! Allons, attention au commandement et faites exactement ce que voua verrez faire au soldat Filde-er.V êtes vous ?,Présentez., II -Armes I LE SAMEDI 9 ?vvfv V ,(ç S7 VI rRi& : ,r Spa?1 % f/ji y*sLÈ?r7?.k >v 'i^v-iw; î®2& A L\u2019EPREUVE Thomas, dit le Pacifique, était un gars de quinze ans, grand, fort, large d\u2019épaules et bien musclé, une sorte d\u2019hercule on herbe, avec des yeux noirs brillants sous de gros sourcils embroussaillés qui lui donnaient un air terrible.Peut-être cette apparence même, en attirant l\u2019attention sur lo contraste qui existait entre son caractère ot son extérieur, avait elle contribué à lui valoir son surnom.Il ne s\u2019en offensait point d\u2019ailleurs, pns plus que des farces de ses camarades qui, tout en appréciant sa bonté, abusaient un peu de sa patience ; tout le premier, il riait de leurs bons tours et se contentait d\u2019admirer qu\u2019on eût tant d\u2019esprit, car il était pour sa part plus intelligent que malicieux et parfaitement incapable de telles imaginations, bien qu\u2019il fût d\u2019ordinaire le premier de l\u2019école.Une chose pourtant avait le don d\u2019entamer sa bonne humour : Thomas avait une petite voisine, oh ! une voisine qui, elle, n\u2019avait pas du tout l\u2019air terrible, toute blonde, toute menue, toute rose et blanche, avec une bouche aux ooins retroussés qui semblait un peu se moquer du monde et de Thomas en particulier.Cela ne plaisait pas à Thomas ; il avait été élevé dans le respect des qualités de sa petite voisine, et il n\u2019est jamais agréable de se sentir dédaigné do ceux qu\u2019on admire.Les plaisanteries, les sourires ironiques de ses camarades ou des autres fillettes lui importaient peu, c\u2019étaient des enfantillages dont il ne bo préoccupait guère ; mais Jeanne, malgré 80s treize ans, n\u2019était plus une enfant, et Thomas tenait à son opinion.Elle avait, depuis que sa mère était morte, donné des preuves do la maturité de sa raison, en tenant le ménage, en élevant ses petits frères, avec quelle sagesse ot quelle vaillance ! Qui aurait pu croire, qu\u2019une fille aussi intelligente méprisât la douceur modeste et prit des batailleurs pour des héros ! Mais les esprits les plus excellents ont leurs faiblesses, et Jeanne ne prisait rien moins que le caractère conciliant et l\u2019humeur paisible do son voisin.Aussi, Thomas fut-il assez étonné de s\u2019entendre appeler par la jeune fille un matin qu\u2019il était occupé à saroler un carré de choux dans le jardin de ses parents.\u201c Qu\u2019y a-t-il pour vous servir ?demanda-t-il en s\u2019approchant de la haie d\u2019aubépine toute fleurie qui séparait les deux jardins.\u2014Voudriez-vous venir au muguet avec nous 1 \u201d Il se fait à Bsaumont-le-Vieux, pendant la saison des muguets, un grand commerce de ces jolies fleurettes parfumées, et, pendant les matins de mai, toute la jeunesse du pays se rend par bandes dans la forêt qui entoure le village, pour y faire de joyeuses cueillettes.\u2014\u201cJe ne vais pas au muguet cette année, dit-il ; les travaux du jardin sont en retard à cause des pluies, et mes bras sont utiles ici.\u2014C\u2019est que.j\u2019aurais voulu emmener Alice Noire! ; vous savez qu\u2019elle est retenue dans sa chambre, depuis bientôt six semaines par une mauvaise entorsp, et ça lui ferait tant plaisir de venir une fois avec nous.Maintenant elle commence à poser le pied par terre, mais elle no pourrait pas aller jusqu\u2019au bois ; alors j\u2019ai pensé.peut être consentiriez vous à la porter, vous qui êtes si fort et si complaisant.\u2014S\u2019il s\u2019agit de vous être agréable, c\u2019est différent ; je vais prévenir maman, le jardin attendra bien un jour,\u201d dit-il en jetant son sarcloir.On part habituellement vers quatre heures quand on \u201c va au muguet \u2019\u2019 ; il s\u2019agit de faire le plus de bouquets po-sib\u2019e avant l\u2019heurn de l\u2019école.Il était cinq heures déjà quand les trois enfants, la petite Noirel soutenue et souvent portée dans les bras robustes de Thomas, partirent pour le bois, aussi ne rencontrèrent ils en route que trois retardataires qui se joignirent à eux.C\u2019était trois gamins bavards, de ceux qui s\u2019égayaient le plus habituellement aux dépens du tempérament calme de Thomas ; d\u2019un\u2019ciractèro d\u2019ailleurs tout à fait opposé au sien, vantards, susceptibles, bravaches, prêts à pourfendre des montagnes.Us commencèrent leurs taquineries ordinaires, félicitèrent Alice d\u2019avoir trouvé une si parfaite monture.\u201c Une de ces montures, ajouta l\u2019aîné d\u2019un air tin, qui pouvent traverser le désert sans boire.\u2019\u2019 A l\u2019étonnement général, Thomas se fâcha de cette aimable plaisanterie.\u201c Merci de l\u2019allusion, dit-il rouge do colère ; mais restes-en là, si tu ne tiens pas absolument à te faire tirer les oreilles.\u201d Jeanne, surprise de cette révolte inattendue, s\u2019empressa de détourner l\u2019entretien : on arrivait d\u2019ailleurs à l\u2019un des endroits du bois où le muguet était le plus abondant.Alice s\u2019assit sur la mousse.L°s enfants, sans trop s\u2019éloigner les uns des autres, s\u2019étaiont dispersés au b isard de la cueillette, quand un léger cri de la jeune fille 1ns rassembla autour d\u2019elle.\u201c Dus sangliers ! regardez.regardez ! \u201d Et ollo montrait une bande de marcassins qui s\u2019ébattait à cinq cents mètres dans une clairière.\u2014C\u2019est cela qui vous a fait peur ! s\u2019écria l\u2019un des trois tranche montagnes, de pauvres petite s bêtes qui bien sûr tettent encore leur mèro ! Courons dessus, vous verrez bion qu\u2019ells auront plus peur que noua.\u2014Nous ferions mieux de nous éloigner sans faire do bruit, remarqua Thomas ; la laie ne doit pas être loin, et elle pourrait fort bien nous attaquer si elle croit que nous poursuivons ses petits \u2014Rassuretoi, ô pacifique Thomas, le sanglier n\u2019est pas un animal aussi féroce que tu sombles le croire ; j\u2019ai assisté à plusieurs battues ot.\u2014Il ne s\u2019agit pas de battues, répliqua Thomas impatienté ; nous sommes quatre enfants sans armes, et non îles chasseurs.\u2014Des armes ! il est facile de s\u2019en procurer ici : on «oupo une grosso branche et on la taille en épieu, ça vaut un fusil ! \u201d Et l\u2019étourdi joignait le geste à la parole.Thomas haussa les épaules sans répondre à cette ineptio.Alice pleurait presque : \u201cJ\u2019ai peur de rester seule ici, moi ; je no peux ni courir avec vous, ni me sauver.\u2014Je ne vous quitterai pas\", dit Thomas.Jeanne regardait avec admiration les trois gamins qui aiguisaient leurs piques d\u2019un air terrible.\u201c Oh ! ne vous privez pas d\u2019aller avec eux, di{ malicieux sourire, je resterai auprès d\u2019Alice.Ile h Thomas avec un Une bande de marcassins s\u2019ébattait dans une oluiriêre.(P.il, cul.g) \u2014Merci de votre bonne intention, ji découdre,\" répondit il trèi froidement Les trois jeune s gens couraient déià \u2019 naïve admiration de Jeanne ppur Intu cachait derrière Thomas, qui taillait à \" Vous prépartz une armef demanda de son voisin lui paraissant justifier 1rs Il la regarda sévèrement, mais il n\u2019ou les trois héros qui avaient disparu un il du taillis, fuyant à touti s jambon dov poursuivait de près.\u201cJeanne, sauvez vous, courez prévt que les trois braves détalaient do tout possédés ; étourdiment, ils se dirigeaicn ainsi lo danger vers la pauvre Alico qi auprès de Thomas comme des lié -lies, |i nouvel ennemi, tandis que ses agresseur La lutte n\u2019était pas facile : la laie éti le sont en général les fomelles de cette i c\u2019était pour lui et pour Alice sinon la torribles blessures.La bête fonçait toujours, de quelque côté qu\u2019elle attaqué idle ne se décourageait pas et ses hss.i pressés et violonts, tandis que Thomas tance, était épuisé d« fatigue ; tout à i .9, col.2).\t\t e ne désire pis\tdu t\t¦ ut me faite vers la clairièr*\t*.mec\t\"irngég par la r bravoure .\tVie\tt romblante se on four une pi\tque d\tun air agacé.Jeanne ironiq\tueiner\t,t, la conduite plus impertini\t\u2022n'e* t\taquineries.if pas le temp\ts du\tlui répond ro ; nstunt t-ce (pie tu n admets pas qu'il puisse devenir la réalité ?\u2014Lorsque M.Eugène voudra se marier, il trouvera facilement une tille d'un grand nom, beaucoup plus riche et plus jolie que moi.Lh ! oh ! voilà une bien grande modestie! répondit Maximilienne.Mais comment te vois-tu donc, ma chère Emmeline ?eh bien moi, je te trouve plus charmante que toutes les autres, et j\u2019en connais plusieurs parmi les plus jolies et les plus tières, qui sont jalouses de ta beauté, qui envient ta grâce et ta distinction.Quant à Ja richesse, nous n\u2019avons pas à en parler.Tu jugeras mal mon frère si tu lu croyais coupable de voir dans le mariage la question d\u2019argent.Là-dessus, je connais son idée et je sais ce qu\u2019il pense, beiait-elle pauvre, Eugène épousera la jeune tille qu\u2019il aimera, qui aura su lui plaire par les qualités du cœur.~> ni,iis je ne suis pas, je ne puis pas être cette jeune fille-là, dit Emmeline d\u2019une voix oppressée.\u2014Pourquoi ?Emmeline ne trouva rien à répondre.D\u2019un do ses bras Maximilienne entoura la taille svelte de son amie., M y a une chose que tu ignores, sans doute, et que je vais t apprendre, reprit-elle ; sache donc que ta mère et la mienne, M.1 amiral et mon père, désirent que tu épouses mon frère.Emmeline tressaillit.Maximilienne continua : L }\u2019 a treize ou quatorze ans, paraît-il,\u2014 tu étais bien jeune alors, \u2014 que ton oncle et mon père, en causant de leurs projets d avenir, vous ont fiancés.Eh bien, Emmeline, que penses-tu do cela ?\u2014 Je pense que ce n\u2019est pas suffisant.O est vrai.il faut quelque chose encore; mais cela existe, Emmeline, ne vois-tu pas que depuis un institut je cherche à provoquer ta confiance pour t\u2019amener à me faire un aveu ?Tu es toute tremblante, tu tiens tes yeux baissés et c\u2019est en vain que tu essayes de me cacher ton trouble ; pourquoi es-tu ainsi ?Je ne te le demande pas, je le sais.Va, il m\u2019a été facile de découvrir ton secret; je lis dans ta pensée, je vois dans ton cœur.Chère Emmeline ! je suis dans le ravissement, car, j\u2019en suis sûre, maintenant, tu aimes mon frère ! \u2014Oh ! tais toi ! s\u2019écria Emmeline avec une sorte d\u2019effroi.\u2014Ainsi, c\u2019est bien vrai, dit Maximilienne en la serrant fortement contre elle, tu l\u2019aimes ?Emmeline eut un long soupir et laissa tomber sa tête sur l\u2019épaule de son amie.\u2014Chère Emmeline, murmura mademoiselle de Coulange.i Elles restèrent un moment immobiles et silencieuses.La tête d Emmeline se redressa lentement.Alors, regardant Maximilienne avec une expression intraduisible : \u2014Tu m\u2019as tendu un piège, dit-elle, je me suis \u201ctrahie et tu as surpris mon secret, que je croyais pouvoir te cacher.Eh bien, oui, cest vrai, j aime M.Eugène.Comment cela est-il arrivé ?Je n\u2019en sais rien.Cest sans doute parce qu\u2019il est ton frère.Tu vois ma contusion, Maximilienne: ah! je t\u2019en supplie, ne dis rien, que M.Eugène, surtout ne sache jamais.Maximilienne, promets-moi .\u2014De ne rien dire à mon frère ?\u2014Oui.Mademoiselle de Coulange eut un délicieux sourire.\u2014Eugène sait que je dois aujourd\u2019hui te parler de lui, reprit-elle.Quand ce soir ou demain, il m\u2019interrogera, il faudra bien que je lui réponde, 'i u no peux pas m\u2019obliger à lui cacher la vérité, c\u2019est-à-dire à mentir.Moins réservé que toi, Eugène m\u2019a fait ses petites confidences, et il ne m\u2019a point suppliée de te cacher qu\u2019il t\u2019aime.\u2014Maximilienne, que dis-tu ?\u2014Je dis que mon ami Emmeline de Valcourt sera bientôt ma sœur.\u2014Mais c\u2019est donc vrai, Maximilienne.c\u2019est donc vrai ?\u2014Oui, inon frère t\u2019aime, il t\u2019aime depuis longtemps.\u2014 Il muime, il m\u2019aime ! murmura-t-elle, les mains appuyées sur son cœur.\u2014Voyons, est-ce que tu ne t\u2019en es pas aperçue ?demanda Maximilienne.\u2014Non.\u2014Oh ! comme ils ont de mauvais yeux, les amoureux ! fit mademoiselle de Coulange.Emmeline jeta ses bras autour du cou de son amie, et, d\u2019une voix vibrante d\u2019émotion : \u2014Ah ! que je suis heureuse ! dit-elle.\u2014Et moi aussi, je suis bien heureuse, répondit Maximilienne.\u2014C\u2019est égal, njouta gaiement mademoiselle de Coulange, je ne savuis pas que certains mots fussent si difficiles à prononcer et quon pût avoir tant de peine à faire deux heureux.Les deux jeunes filles se disposaient à revenir sur leurs pas et à se rapprocher du château lorsque soudain un bruit de voix arriva à leurs oreilles.Au bout d'un instant un bruit de pas retentit.Les jeunes filles regardaient, mais l\u2019épaisseur du taillis les empêchait de voir.Cependant il leur était facile déjuger que des hommes se rapprochaient peu à peu de l\u2019endroit où elles se trouvaient, \u2014Je me demande quels sont ces hommes, dit Maximilienne.\u2014Probablement quelques-uns de nos chasseurs, répondit Emmeline.\u2014Ces messieurs ne viennent jamais de ce côté.Après tout, nous saurons bientôt quels sont ces promeneurs ; ils ne sont plus qu\u2019à une faible distance et ils se dirigent vers nous.Attendons.Au bout d\u2019un instant, un groupe de cinq ou six hommes parut dans l\u2019allée, à environ cinquante pas des jeunes filles.Maximilienne eut un petit cri de surprise.Elle venait de reconnaître son père et son frère.Elle s\u2019élança à leur rencontre.Emmeline la suivit.Arrivé-près du groupe, qui s\u2019avançait lentement, Maximillienne poussa un cri déchirant.Son père était devant elle, pâle comme un mort, les vêtements en désordre, couvert de sang.Eugène et un de ses amis soutenaient le marquis et l\u2019aidaient à marcher.\u2014Mon père, mon bon père, qu\u2019avez-vous ?s\u2019écria-t-elle.\u2014Kassure-toi, ma tille, ce n\u2019est rien, répondit le marquis d\u2019une voix faible.\u2014Ah ! VOUS no pouvez pas me le cacher, vous êtes biessé ! \u2014Oui, mais légèrement ; je te le répète, ce n\u2019est rien, rassure-toi.\u2014Mon père, dit Eugène, voilà un banc, voulez-vous vous reposer?\u2014Oui, un instant.Ensuite j\u2019aurai assez de force pour aller jusqu\u2019au château.Eugèuo l\u2019aida à s\u2019asseoir sur le banc.Alors, Maximilienne se mit à genoux devant lui, et, le visage inondé de larmes, elle le regarda avec une tendresse inexprimable.\t° \u2014Cher père, où êtes-vous blessé ?demanda la jeune fille.\u2014A l\u2019épaule. LE SAMEDI 21 Est-ce que c\u2019est un coup de fusil ?\u2014Oui.Comment ce terrible accident vous est-il arrivé ?\u2014Je ne puis te répondre en ce moment, tu sauras cela plus tard.\u2014bouttrez-vous beaucoup, cher père.-DfePuis un \u201c8tant> j\u2019éprouve un grand soulagement; en te voyant je ne sens plus la souffrance.Ah ! chère enfant, ton regard a la meme puissance que celui de ta mère ! Mais ne reste pas ainsi, tu te fatigues ; assieds-toi là, à côté de moi.Bien.Maintenant essuie tes yeux et ne pleure plus.Je te l\u2019ai dit, ce n\u2019est rien, une de*3sang Ws&re' ^ SU1S Un P-f \u2022\t\u2022 -?\u20141!1 jè\t^\tT*\t^ ~ -e> .\t.! \\\tK-!>\t\t\t-*r t\t-i* (/\t\u2022/ r / \u2022ST\t¦y Dé.sor.mais, loin de vous im*s bons coinpa _ gnous dar -7-* '.liez - moi bien vos (O 00 LE SAMEDI LE SAMEDI 4 ?[mur mon coeur,_________ _ Aii! _ dieu k t r \u2014-\u2014 faut par _ tir adieu î vous \u2022a~~ %\u2014\u2022 que, dès mon en _ fan pci _ ne, jap.pris_ à ché .rir, Vous,dont j ai par.ta _ gé m\u2019of .fre l\u2019o.pu .len .ce Animate (A suivre) LE SAMEDI LE SAC AVAIT CREVÉ Lf.docteur.Tenez, madame Malgrée, vous ali* / lui placer aux pieds ce sac en caoutchouc dueinent rempli d\u2019eau chaude.Cela l\u2019aidera à sortir bientôt du lit, le pauvre homme,. ' i chercher s\u2019il a encore > \" h quelque rhumatisme.K' A II n\u2019en a plus.\"i La Salsepareille li H\u2019Aimr 4 ¦ë \"lient le rhumatisme ^ ainsi que toutes les rq affections qui provien- ^ j nent d'un sail\" vicié Chez la concierge : \u2014Vot\u2019 tille se marie, qu\u2019on dit 1 \u2014Mais oui.\u2014Et qui qu\u2019allé épouse ?¦ \u2014AU\u2019 épouse un juno homme qui chante dans les théâtres, un birbiton, qu\u2019a m\u2019a dit.EN TOUTES SAISONS Une bouteille de /tourne lihumai est nécessaire à la maison, pour couper net tout commencement de rhume.\t2S LISEZ LA GRANDE REVUE HEBDOMADAIRE 12 PAGES, GRAND FORMAT Publie tou'es les semaines .[Une Recette par Semaine Une abonnée.La fétidité des pieds est la suited la transpiration trop abondante.Pour atténuer, non guérir, cette si fâcheuse infirmité il faut, matin et soir, prendre un bain de pieds dans une cuve de zinc avec une poignée d\u2019oseille ou une pincée d\u2019acide oxalique, de la men the aquatique, si on en a sous la main et une poignée de sel marin, en f lisant s\u2019éteindre dans le bain, un morceau de fer rougi au feu._ Au sortir du bain, so graisser les pieds avec une pommade odorante, jusqu\u2019à ce que le corps gras ait bien pénétré dans la peau, et saupoudrer ensuite avec de la poudre d\u2019iris de Florence.On peut remplacée la décoction ci-dessus, quand on ne peut se la procurer, par un ou deux verres d'eau sédative.Mettre de la poudre d\u2019iris dans les chaussures.Tisane do salsepareille trois fois par jour avec camphre.B.DF.S.TRIO DE PROVERBES Quand !o vin est tiré il faut le boire, x L\u2019expérience est un professeur muet.x Qui veut connaître le futur, interroge le passé.Sanciio Panua.Chez le coiffeur : Deux messieurs, attendant leur tour, causent ensemble dos différents moyens employés pour évaluer la consommation de l\u2019électricité servant à l\u2019éclairage.I e garqon coiffeur, un vrai gascon, qui écoutait la conversation dit alors : \u2014Ah ! chez nous,à Montauban, nous n'en cherchons pas tant, nous mesurons l\u2019électricité comme le gaz, au mètre cube.* * * La logique de C'alino : \u2014Je suis bien aise de m\u2019appeler Calino, car si je m'appelais lîider-mann ou Richter, on supposerait que je suis Allemand ; or, comme je no le suis pas, cela me serait désagréable.Mme JOS.VINCENT.DE MONTREAL Depuis six ans souffrait des Maladies du Retour de l'Ago Ses Médecine ont été Impuissants à la Guérir Les PILULES MES du Dr CODEHHE Seules l\u2019ont Guérie en très peu de temps Tous les jours des femmes de tout âge sont rendues bien et heureuses par les Pilules Rouges du Dr Coderre LOUANGES UE TOUS Da la mèro, reconnaisFance, mon enfant a été guéri ; du médecin, je l\u2019emploie de préférence à tout autre dans ma pratique, et du patient, c\u2019est le meilleur sirop qui existe, etc., e^o.Voilà ce qu\u2019on dit du Menthol Gouyh Syrup.Le Menthol Cough Syrup est en vente partout, 25 cts la bouteille.Les femmes ont bien tort do penser,que les maladies causées par le retour de l'Age ne peu vent pas être guéries.Kilos soutirent inutile ment : elles n'ont mienne raison pour rester pâles, \"aibles, les yeux cernés, nerveuses, les mains, les pieds, les jointures, les jambes, le eo/ps enllés.est bien leur faute si elles continuent à souffrir du mal de tête, d\u2019etourdisseme n ts , d e maux d\u2019estomac, de dyspepsie, do sensations chaudes, suivis dallai blissemeuts, do uleu rs dans tous les membres, les reins, les côtés, le luis du ventre, les palpita tions du cœur, la consti pat ion, pertes blanches, irrégularités, périoa es (loulou* dises, et une in Unité de maladies qui sont particulières aux femmes.Des milliers de fois nous avons prouvé > que les l'ilules Rouges du Dr ColciTe guérissaient ces maladies.Nous publions aujour d'hui le témoignage et le portrait de Mme Jos.Vincent.Mme Vincent est, \"in* femme intelligente, t rès bien connue à Montreal, ou (die demeure depuis lit ans.Son adresse actuelle est, IU;U rue Craig.Mme Vincent est heureuse de certifier que les Pilules I longe s du Dr Coderre l\u2019ont guériede maladies qui duraient depuis six ans.Voici ce qu'elle dit: \u201c .le pense que la cause de toutes mes maladies était le retour de l'Ago, depuis (» ans j\u2019ai beaucoup soulier!, j\u2019avais toujours mal a la tète, j\u2019avais mal à l'estomac, j\u2019étais très nerveuse et ne dormais presque pins, mes reins et le coté gauche me faisaient, beaucoup souffrir, .i\u2019ét ais constipée, tous les membres me faisaient mal ; comme beaucoup de femmes avaient été guéries par les Pilules Rouges du Dr Coderre, j'ai pensé qu\u2019elles me guériraient aussi.Kn effet, elle m'ont guérie, je n\u2019en p^end plus, je (lors bien, je mange bien, mes couleurs sont revenues, toutes m »s douleurs ont complètement disparu.l\u2019ai fortement recommandé les Pilules Rouges du Dr Coderre à ma cousine, Melle Côté, de Mont réal.le suis contente de les recommander aux femmes malades, car je sais qu'elles guérissent.\" Nous ne publions jamais le témoignaged\u2019unc femme sans son con-entemont.Nous donnons toujours son adresse pour son identification, afin que celles (pii doutent peuvent aller voir ces femmes et, s\u2019assurer par elles-mêmes que c\u2019est, bien vr-u que les Pilules Doug* s du Dr Coderre guérissent .Nous n\u2019exagérons rien, eo que nous disons des Pilules Rouges du Dr Co- M (lorro est vrai.Nous agin Sims honnêtement.Nous l'i'étciulons pas ,111\u2019rl
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