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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 24 novembre 1900
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1900-11, Collections de BAnQ.

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CAUSERIE U est vrai, comme le faisait observer un journal ou plutôt un câblogramme, quo l\u2019imbroglio chinois a pris une apparence comique, très rapprochée du bouffi).Il no manque cependant pas de penseurs qui s\u2019inquiètent toujours de l\u2019invasion possible de l\u2019Europe par les Chinois, par immigration pacifique.L\u2019un d\u2019eux, M.G.Hubert, dit que s\u2019ils y restaient 50 ans, il serait presque impossible de les en déloger.En ce court espace de temps ils auraient trouver lo moyen d\u2019accaparer tout le gros commerce et une gratido partie do la richesse publique.C\u2019est une hypothèse, bien que le tempérament chinois soit apte à supporter tous les climats.Mais, dit M.Hubert, remarquez ce qui s\u2019est passé ailleurs.Au Tonkin, lo Chinois se croit chez lui, considère presque les Français comme des intrus, s\u2019est introduit dans tout, est devmu le gro- propriétaire financier, méprise et triche l\u2019annamite, qui le craint d\u2019ailleurs.Nos gens do la Colombie Anglaise en savent quelque chose.Dans lo Tonkin, continue plus loin M.Hubert, le Chinois est relativement paisible, d\u2019abord parce que son intérêt l\u2019y invite et aussi parce que nous avons à notre disposition des moyens coercitifs pour l\u2019y contraindre en cas de besoin ; cependant, à l\u2019intérieur du pays et dans les hautes régions, sos tendances s\u2019exercent à régner en maître partout et à s'affranchir do notro influence.Ce sont les bandes chinoises, régulières ou irrégulières, qui ont tant retardé la pacification du Tonkin.Les chefs pirates qui ont décimé si longtemps les villages et dont les noms resteront dans l\u2019histoire de notre colonie, sont presque tous chinois.Pendant de longues années, la région comprise entre lo Delta et la frontière do Chine, et en particulier celle du chemin de fer, a été troublée par des rebelles chinois ; ils brûlaient les villages, faisaient des razzias do bestiaux, capturaient les femmes, et dévalisaient les convois, choisissant do préférence ceux où so trouvaient du numéraire ou des munitions ; leur audace alla un jour jusqu\u2019à faire dérailler un train de chemin do fer.A partir de ce jour, dos mosures énergiques furent prises contre tous les Chinois en général que l\u2019on contraignit à venir se présenter périodiquement à la polico française munis d\u2019une carte d\u2019identité et à payer un EXCUSABLE Lui.\u2014Mais, qu\u2019as-tu à pleurer de la sorte 1 Elle.\u2014Je pense à notre jour de mariage, il y a déjà des années.Lui.\u2014Je ne puis te blâmer.Quand j\u2019y pense, moi aussi je me sens porté à pleurer.SA PARTIE Le juijc.\u2014Etes-vous lo défendeur 1 L\u2019accuse' \u2014Non, Votre Honnour.J\u2019ai un avocat pour faire la défense.Moi, je suis celui qui a volé les marchandises.MOINS INDISCRETS La jolie fille.\u2014Comment se fait-il que les vieux garçons disent de si horribles choses 1 Les hommes mariés ne parlent pas ainsi.Le célibataire endurci\u2014Non.Nous disons seulement ce que pensent les hommes mariés.\t» SA PREUVE Le père de la demoiselle.\u2014Non, vous n\u2019êtes pas l\u2019homme que je veux pour gendre.Mais je parie que vous n\u2019avez jamais gagné trente sous par voire propre effort.Lejeune homme (vivement).\u2014Ah ! vous m\u2019avez mal jugé.Alice vient de me parier trente sous que je n\u2019oserais pas me présenter ici pour vous demander sa main.Cemme vous voyez, j\u2019ai gagné.II Le petit.\u2014Ça y est.t\"'i i i n~rrr 1\u2014:\u2014'\u2014r\u2014 LjumWlW'i* ft e oo y i9°° - g e Samedi=Noel_^_i2oo_ Notre grand numéro de Noël est on pleino préparation, et déjà nous pouvons assurer que non reniement il surpassera ceux d;s années dernières, mais que cette supériorité sera telle, qu en vendant ce numéro à vingt-cinq ou cinquante cents, ce ne serait pas excessif.Ce Numéro Comptera 60 Pages.On y trouvera des illustrations en couleurs et autres nombreuses et d'oxécutîon absolument arti-iique, de- articles écrits spécialement pour crtto publication et.W commencement d'un GRAND FEUILLETON destiné au plu- grand succès et choisi entre cent.Bref, ce numéro qui ne coûtera que cinq cents -era bienvenu partout, nous en sommes convaincu.Aussi consei lous-nous aux agents de ne pas negl'ger de nous faire parvenir le plus lût.pos-ible leurs ordres pour le SAMEDI-NOEL, afin do ne pa- 8e trouver do court comme l\u2019an dernier. LE SAMEDI :j IL N\u2019Y A PLUS D\u2019ENFANTS Toto.\u2014Je me demande pourquoi ce dude nous regarde tant ?Débette.\u2014C\u2019est le beau de ma sœur et il nous regarde pour apprendre à faire l\u2019amour.I6y MOSAÏQUE Un ménage de bons bourgeois est allé l\u2019autre jour au commissariat do police de l\u2019Exposition de Paris pour réclamer un porte-monnaie perdu.Derrière oux se tenait un gamin d\u2019une douzaine d\u2019années, on tricot, cas-quetto déformée, vrai type de gavroche parisien.Les provinciaux s\u2019étendaient sur la description do leur porte-monnaie.Le mari prétendait qu\u2019il était rouge et la femme alKrniait qu\u2019il était noir.Enfin, sur la déclaration qu\u2019il y avait dedans un mandat-poste de six francs portant leur nom et onze francs en menue monnaie, l\u2019objet fut découvert au milieu d\u2019un tas d\u2019autres.En réalité, il était rouge-brun ; de là la discussion qui recommença entre le mari et la femme qui prétendaient tous deux avoir raison.Us partirent en offrant trois francs de récompense pour la \u201c brave personne \u201d qui avait trouvé le porte-monnaie.Pendant ce temps, le gavroche ne bougeait pas, Quand, enfin, les provinciaux se furent retires et que le commissaire lui demanda ce quil voulait, il s\u2019avança tranquillement et, étendant la main vers le bureau, il y déposa un papier en disant : \u2014Yoilà ! Le commissaire déplia le papier.C\u2019était un billet do banque do mille francs.\u2014J ai trouve ça, reprit le gamin, en me \u201c baladant \u201d dans la classe 89.J\u2019ai regardé a droite et a gauche.Il n\u2019y avait personne.Alors, je me suis dit : Faut aller porter çà au \u201c quart d\u2019œil \u2019 et me v\u2019Ia.Le commissaire loin de s\u2019ofiusquer de l\u2019épithète faubourienne par laquelle on le désignait, fit des compliments au brave gamin sur son honnêteté.L\u2019autre haussa les épaules et répondit : \u2014Si ç aurait été une piece de dix sous, probable que je vous l\u2019aurais pas rapportée.Mais un billet de mille, c\u2019est sacré.Seulement vous me ferez un mot, pas vrai.Ça me servira pour entrer on apprentissage.* * * Chasseur et photographe.Dans sa récente expédition au pôle Nord, le duc des Abruzz.ps portait a la chasse un kodak et son fusil.L\u2019animal, ours ou phoque, n\u2019était tiré au commandement du prince qu\u2019après avoir servi de cible à l\u2019objectif de l\u2019appareil photographique.Le chef de cuisine du duc des Abruzzes n\u2019a vu du pôle Nord que ce qui concernait sa profession.Il apprécie le froid comme un excellent moyen de conserver la viande fraîche.Il pense que l\u2019ours blanc devrait entrer pour nne très large part dans l\u2019alimentation des peuples européens.I l fait peu de cas du chien comme comostible.Le brave homme a passé son son temps à lutter contre les marins, qui prétendaient faire sécher leurs vetements dans sa cuisine.Un jour qu\u2019il était absorbé par la préparation d un plat important, un intrus se présente et secoue ses pieds chargés de neige.Sans lever le nez, maître-coq lui crio : \u2014Tâche de me balayer toi-même tout cela.' _ Sans mot dire, le marin procède au nettoyage de la cuisine.Cette do-cilité*surprend le onisinier, qui regarde plus attentivement, reconnaît son altesse et lui arracho des mains le balai.Le duc des Abruzzes lui dit avec bonhomie : \u2014Laisse - moi finir, puisque j\u2019ai commencé.+ + * Les oies de Tou\u2019ouso.Toulouse est célèbre, comme Home, pour son Capitole et ses oios.Comme la cité antique, elle témoigne à ces volatiles une touchanto sollicitude et veille avec un soin jaloux à leur conservation.Mais, tandis quo les Romains gardaient dans un enclos sacré ces bêtes entourées do la reconnaissance ot du respect public, les Toulousains préfèrent h s conserver à l\u2019état de confits.11 résulte do là des différences notables dans la condition faite aux palmipèdes concitoyens de Clémence Isauro.Leur vio, d\u2019abord, est beaucoup plus courte qu\u2019olle l\u2019était à Rome, car leurs maîtres les tuent dès qu\u2019ils les jugent à point.Elle est,en outre,mieux remplie ; leurs maîtres, en effet, n\u2019épargnent rien pour assurer à ces bêtes, qu\u2019attend une mort prématurée, les joies matérielles do l\u2019existence.Non contents do donner à ces victimes dévouées une alimentation aussi saino qu\u2019abondante, ils prennent eux-mêmes le soin do les nourrir ot leur zèle so pousso jusqu\u2019à les gaver.A l\u2019aide d\u2019un entonnoir spécial, ils introduisent dans lo jabot de l\u2019oie du mais blanc non concassé ; puis ils versent de l\u2019eau ; ensuite, avec une baguette, ils \u201c dament \u201d lo mélange ; enfin, ils recommencent jusqu\u2019à complète satiété.Après trente jours de co régime, la patiente est couverte d\u2019une graisse si épaisse que son fanon touche torro quand ello marcho.C\u2019est alors qu\u2019on la tue : son maître la dépèce, porto le foie au marché de Toulouse, et, moyennant un prix qui varie de 2 fr.50, lo cède à un charcutier ou à un restaurateur qui en confectionne une terrine truffée.Lo reste du cadavre, découpé en morceaux, est mis sur un feu vif, additionné de sol ; on lo place ensuite dans une boîte soigneusement, closo et le voilà transformé en confit.L\u2019excès de graisse est employé comme bourre.Mais les industrieux Toulousains tirent eneoro de leurs oies beaucoup d\u2019autres profits ; trois fois par an, en mai, en juillet, on septembre, la bête vivante est plumée avec précaution ; elle donne ainsi par an, 1100 grammes do plumo et 75 grammes do duvet ; quand elle est, morte, on lui coupo les ailes et l\u2019on on fabrique des plumeaux ; on la dépouille do sa peau dont on fait, à l\u2019usage des femmes, une élégante et moelleuse fourrure.Et, comme l\u2019oie porte un nom qui n\u2019est pas harmonieux, ello a cette suprême tristesse de penser que, dans les magasins, sa fourrure sera appelée \u201c peau de cygne \u201d.PA,S POUR TOUJOURS Maman.\u2014 Berthe, qu\u2019as - tu fait de ta poupée ?Bertha.\u2014Je l\u2019ai perdue, maman.Maman.\u2014Quoi! encore?Bertha.\u2014Oh ! mais cette fois je sais où ello est.Je l\u2019ai perdue pour avoir le plaisir de la retrouver.PAS CHANGÉE Flore (en confidence) \u2014Sais-tu, ma chère, que j\u2019ai vingt-six ans aujourd\u2019hui.Laure.\u2014Quoi ! Encore ?PAS DANS LE MOMENT Bouleau.\u2014 Connaissez - vous les dernières nouvelles?Rouleau.\u2014 Non, ma femme est absente.PAS TOUJOURS La maîtresse de pension.\u2014Le fort devrait toujours aider lo faible.Le pensionnaire.\u2014Mais, dites-moi, que peut ce bourre en faveur do ce thé ?Omnibus.RÉFLEXION DE BOB / '¦à Dob (apercevant un nain (piipasse).\u2014Oh ! petite mère, regarde doue co pauvre petit gardon comme il est déjà vieux ! 4 LE SAMEDI C O M M E N T J\u2019AI T U É U N S A N G L T E li Rendez - vous ïkifiS ! < 11 L, lilflriMM PiilJ CHHSSCURi iiP fm1 Je vais vous raconter comment, la semaine dernière, j\u2019ai tué un sanglier \u2014Je traversais la forêt de (Jatine lorsju\u2019à.deux pas devant moi se drosse un énorme sanglier ;.ai «Us SECDÈTE SYMPATHIE Chacun (le nous va son chemin.Et nous nous connaissons à peine.Ainsi sa main, sa chère main, N'effleurera jamais la mienne.Et pourtant son co ur et mon aeur Visiblement battent ensemble.Le même sentiment vainqueur Fait que lorsque je tremble II tremble.Mes (jeux brillants cherchent ses t/eu.c.Je me dis tout bas (o Jolie !) \u201cComme il est beau!\" Lui, tout joi/en.c Se dit alors : \u2018 \u2018 Qu'elle est jolie ! \u201d Et voilà tout.Et nous passons, Indifférents en apparence, 'Landis que, des mêmes J'rissons, Naît en nous la meme souffrance.Chacun des deux, au fond de soi, Sent que sa tendresse est connue ; Mais chacun .se fait une loi De la plus stricte retenue.Et nous suivons notre chemin, Semblant nous remarquer à peine.\u2014 Je partirai sans (pie sa main Ifêlas! ait (fleuré la mienne!.Anükka Lkx.LE MYOPE ET L\u2019AVEUGLE Jo suis myopo, il (Était aveugle.Nos deux carrière», dissemblables dans le fond, furent parallèles dans l\u2019espace : on va voir comment.Nous habitions tous les deux, il y a quelque dix ans, lo passage du Commerce, au quartier Latin, un coin du vieux Paris.Jo logeais dans un hôtel garni ou j\u2019étudiais le Droit; lui était assis en plein air sur une chaise, et vendant la bonne aventure doux sous.J\u2019inscrivais sur des papiers do notes les principaux cas où un homme peut perdre sa fortune par frais do procédure, plaidoiries et dépens ; lui, livrait au passant le petit panier rose, vert ou bleu sur lequel chacun peut apprendre comment la fortune, ou, du moins, une honnête aisance couronnera ses efforts Moi, myope, je me courbais sur les arides problèmes de la jurisprudence, sur les petitesses et les arguties des Codes ; lui, aveugle, vendait lo secret des astres : ceux qui naissent sons ce signe/.il prédisait l\u2019avenir.Je ressemblais à Cujas, lui à Homère.J\u2019allais déjeuner, au coin du passage, dans uno taverne sombre comme un Rembrandt ; lui, dehors, mangeait fier et grave, sa soupe posée sur ses genoux ; il était on plein air ; moi, horriblement vieux jeu.Il avait un autre avantage sur moi, cet aveugle : il était assis juste sous la Botte du, Ciel.Oui, la Boîte du Ciel ! uno superbe boîte en chêne, peinte en jaune, sur le haut do laquelle bâillait une ouverture, tandis que, devant s\u2019étalait en bleu l\u2019inscription: Boite du Ciel.Combien do fois les habitués du passage, pauvres étudiants, que leurs vêtements mal coupés, leurs chapeaux province éloignaient des centres lumineux où fréquente la gommeuse jeunesse des Ecoles; combien de fois certains bohèmes, derniers hérit ées de Murgor, promenant sous des couvre-chefs trop vastes des cheveux trop longs et des pipes trop courtes, se sont arrêtés devant ces syllabes hallucinantes: Boîte du Ciel! Malheureusement, tout à côté, sur uno pancarte, près d\u2019une porto basse on lisait : \u201c Lo journal Le Ciel est à l\u2019ontresol.\u201d Funeste dégringolade ! -X- * * Et néanmoins cos mots quasi cabalistiques, étincelant au-dessus delà tête hypnotisée de l\u2019aveugle, semblaient lui accorder une mystique protection, dont j\u2019étais jaloux.Aux heures où ce sentiment bas et vil me saisissait j\u2019accumulais en ma faveur tous les arguments qui pouvaient me convaincre de nia supériorité sur ce misérable.Je possédais une redingote ot un chapeau, il n\u2019avait qu\u2019une casquette de soie et une blouse bleue défraîchie ; je voyais le soleil, mal sans doute à cause non seulement do ma myopie, mais grâce à la hauteur des maisons ; lui, restait plongé dans la nuit.Quoi encore ; il n\u2019avait pas de parapluie \u2014 moi non plus, il est vrai, niais je pouvais me garer de Diverses en m\u2019abritant sous une porte cochère, lui, demeurait impassible à découvert, et la Boîte du Ciel ne le protégeait pas contre les célestes ondées, surtout en cette voie étroite où les gouttières se cotisent, où les toits surplombant se mettent en tontine i «U,\t64: MM/m/irJS III .en moins do temps qu\u2019il n\u2019en faut pour le raconter, je saisis mon fusil.pour verser de là-haut comme une nappe leurs Niagaras coalisés, tandis que les ruisseaux gonflés changent la chaussée en torrent tumultueux.Je souriais.Vaines bravades ! je sentais, au fond, que ce jeune homme pâle, aux yeux blancs, immobile comme un sphinx, portait sur sa face le sceau de la Victoire.Je travaillais ferme pour rattraper sur la route de la fortune ce concurrent.\u201c Oui, disais-je, le labeur forcené rétablira l\u2019équilibre.Je ne gagne point encore ma vie, mais grâce à mes fortes études, je la gagnerai sûrement.\u201d Et je m\u2019enfermais, usant mes yeux myopes sous la lampe du pio-cheur.Une ambition me venait, à la fin : êtro employé dans un ministère ! Perspective ! Un matin d\u2019hiver, après avoir épuisé ma veine dans une étude approfondie de de la comptabilité en partie double, je sortis prendre l\u2019air dans le passage.L\u2019aveugle n\u2019était point à son posto Le lendemain ni les jours suivants, il no reparut pas.Quelque chose se brisait dans lo paralléisme de nos doux existences.Le myope était seul ! Aussi, triste, j\u2019errai.Des camarades obligeants m\u2019indiquèrent bien un aveugle qui travaillait sous une porte cochère du boulevard Saint-Michel ; mais hélas ! il était affreusement nègre, coiffé d\u2019une casquette brodée, et jouait sur l\u2019accordéon d\u2019indescriptibles bamboulas ; un autre, mené par un îeune garçon, chantait, tout lo long de la rue Monsieur le-Prince, co refrain navrant on une telle bouche : Une nuit d\u2019orgie Pour moi n\u2019est qu\u2019un jeu ! Tl avait la voix fausse.Ce n\u2019étaient point là des aveugles vrais, comme l\u2019autre ; ils n\u2019avaient pas la foi.Quand je rentrai, la Boîte du Ciel me sembla plus vide, plus muette que jamais, et je demandai de tellos consolations au travail que bientôt j\u2019eus l\u2019honneur d\u2019être promu à la dignité de surnuméraire dans un bureau de Finances.Dès lors, pour me rendre au palais du Louvre où m\u2019appelaient mes nouvelles fonctions, je traversais le pont des Arts.Là, oui, là, marchant d\u2019un bout à l\u2019autre, en se guidant d\u2019un bâton dont il semblait faucher l\u2019asphalte, mon Aveugle vendait sa bonne aventure, deux sous.Mais combien changé ! En mieux 1 Plus do casquette de soie, plus de blouse bleue ! un chapeau de paille décent, quoique racorni, un veston usé, mais propre, un gilet orné de tous ses boutons.Ah ! il m\u2019avait devancé sur la route des honneurs.Désormais, il servait 1 V LE SAMEDI 5 sa marchandise cabalistique à des professeurs, à des sénateurs, à dos académiciens ; il semblait toucher avec un bâton les portes de la gloire, cet aveugle ! Moi, myope enragé d\u2019envie, humble surnuméraire, je me mis aussitôt à écrire (les poèmes, fl frayait avec l'Institut comme l\u2019eût fait Homère lui-même ! lîast ! s\u2019il ressemblait au divin vieillard par le cécité, je lui ressemblerais, moi, par l\u2019hoxa \u2022 être ! Quatre ans s\u2019écoulèrent pendant cette lutte âpre, ignorée Quand cet adversaire bizarre changea son bâton primitif contre une canne à bec de corbin \u2014 quelque cadeau!\u2014j\u2019achetai un parapluie superbe; il eut, un foulard rouge, je m\u2019en payai un blanc.La myopie et la cécité, comme deux sœurs ennemies, combattaient d\u2019arrache-pied.Seulement la myopie était trop nemeuse, tandis que la cécité demeurait impassible.L\u2019avenir est-il donc dévolu aux hommes froids 1 Un jour, mon adversaire disparut du Pont des Arts.Avait-il déjà fortune faite'! Jenosa-ais.Mais nul aveugle ne vint remplacer cet irremplaçable Napoléon aux yeux blancs.* * * Vers quel parage parisien l\u2019avait emporté son ambition?La mienne, m\u2019ayant fait négliger mes devoirs bureaucratiques, me lança dans la littérature : sur l\u2019aile de l\u2019omnibus BatignollesClichy-Odéon, j\u2019osai enlin affronter le boulevard, cirque immence où courent affolés, les vaudevilles et les poèmes épiques, les chroniques et les drames, les romans et les traits d\u2019esprit, cabriolant les uns sur les autres, so heurtaut dans une inextricable mêlée, sautant des poches des uns dans les bras des autres, et séga- COMMENT J\u2019AI TUÉ UN SANGLIER \u2014 (Suite et,fin) IV U JXbSj'N **» .et au moment où la bête fuiieuse va fondre sur moi,,.yant parmi les théâtres, journaux et librairies, pour, de là, s\u2019épaudre sur le monde, ravageant les cervelles de la province et de l\u2019étranger.Une cohue, n\u2019est-ce pas ?Encore compliquée par les foules qui assiègent la station des omnibus, par les crieurs ou abot/eurs dos nouvelles, par les ramasseurs de bouts do cigares, les marchandes do violettes et tout l'et coïtera.Là, soigneur 1 là ! près du passage de l\u2019Opéra, debout, le chef couvert d un chapeau melon, les épaulés et le bustes moulés dans une bonne redingote, portant, suspendue au cou, une boîte élégante où rutilaient ses petit s papiers bleus et verts, avec l\u2019air digne d\u2019un gentleman qui connaît tout le prix de la tenue, mon aveugle m\u2019avait encore devancé.V .je lui envoie une balle entre les deux yeux.Médor, mon chien, faillit être derate par la bête !.A?fi llfj mm rf A Bü MBS mm Durant plusieurs années, tandis que, bousculé, haletant, jo portais do-ci de là le papier blanc couvert de mes pattes de mouche, lui, héros impavide, il clamait: \u201c Lu bonne aventure, deux sous.\u201d A ses pieds traînaient dos culs-de-jetto ; des manchets erraient, mendiant quelques centimes; dos borgnes, des boiteux, des ataxiques allaient et venaient : il no les soupçonnait pas, perdu dans la nuit do son rêve peuplé d\u2019imaginaires étoiles que lui seul connaissait.Par une mystérieuse attraction, les décimes allaient vers lui comme vers un aimant; il attirait le billon; un jour môme, le ramasseur do bouts cigares, très misanthrope pourtant et rébarbatif, prit un des petits paniers bleus et ve-sa son obole dans la boîte.C\u2019était déjà un aveugle arrivé ! il n\u2019avait pas trente ans.On le sentait bienveillant et hautain, généreux et distingué ; sûr de lui, sans souci d\u2019aucune concurrence, il pouvait se donner le luxe de sourire ; pas même cela, il restait froid.Il m\u2019écrasait de sa supériorité.Malheur aux myopes ! Sans doute, il allait se borner enfin : amasser la dot de sa suuir, caser son jeune frère et, plus tard, se retirer dans quoique banlieue, vers Noisy-lo Sec ou le Grand Montrouge, à l\u2019ombre des usines, dans l\u2019air sain dus hau ts-fourreaux.Certes oui, il l\u2019a conquise aujourd\u2019hui, la petite cabane rustique aux volots verts, le carré de jardin où poussent les tessons do bouteille ; sans doute, il est exact a payer sos termes ! Mais ce n\u2019est pas impunément qu on a travaillé dix ans dans la bonne aventure ; il a poursuivi cette carrière si bien menée jusque-là, et l\u2019on peut le voir, le dimanche profitant do l\u2019invasion des Parisiens, canotiers et flâneurs ; il est assis dans une carriole traînée par un petit âne que guide un jeune garçon, le petit frère apparaminent, et il offre, énigmatiquement raide du haut do son char do triomphe, les petits papiers bleus, rouges ou verts ; \u201c Demandez la bonne aventure, deux sous ! \u201d * * * Ah ! Boîte du Ciel, belle l\u2019.oîto qui rutilait, qui rutile peut-être encore dans le passage du Commerce, j\u2019ai bien souvent songé à toi en voyant quelle heureuse inspiration, quelle merveilleuse chance tu as insufflées à mon aveugle, monsieur Bonaventure.Quant a moi, ayant suivi, parallèlement, lo même chemin quo moi : do la lli\\e ( iaudio au boulevard, et du Boulevard a la fraîche campagne de la banlieue, je n\u2019ai, hélas ! ni voiture ni âne.Host vrai que, au lieu d\u2019etre aveugle, je suis simplement myope : ce n\u2019est pas une carrière, coin, c\u2019est une infirmité.Lu [Mi (Joudkau.LE TEMPS OPPORTUN Le patient.\u2014Docteur, jo veux vous payer vos honoraires avant d\u2019être parfaitement guéri.Le médecin.\u2014Aucune raison spéciale.Le patient.\u2014Vous savez combien il en coûto do payer uno paire do chaussures après qu\u2019elle est hors d\u2019usage.GASCONNADE AM K RI CAT NE L\u2019Anglais.\u2014Vous avez des édifices bien élevés à Chicago.L'Américain.\u2014Oui, j\u2019en connais dont le toit resto couvert de neige toute l\u2019année.DÉRAISONNABLE Elle.\u2014Tu es lo moins raisonnable des hommes.Lad.\u2014Comment cela 1 Elle.\u2014Tu dis toujours comme moi quand tu sais qu\u2019il me plairait tant de discuter un peu.BON CONSEIL N\u2019accordez votre confiance à personne et n\u2019en mottez que très peu on vous-même.POUR OUVRIR SON APPETIT Le nègre (près d'une basse-cour).\u2014C\u2019est épatant l\u2019effet qu\u2019a sur moi le chant des coqs.Dans mon opinion, c\u2019est le meilleur des apéritifs.A \u2022\u2022T\u2019épongeai la sueur qui coulait de mon Iront et, tranquillement, suivi do Méuor qui gambadait, je rentrai chez moi. 6 LE SAMEDI LA NOUVELLE BONNE I Monsieur.\u2014C\u2019est compris?quand vous aurez fini chambre et, vous jetterez tout ee qu\u2019il y a par terre.le corridor, vous ferez nia CHRONIQUE province de Québec de son épouse qui Tl nous arrive rarement d\u2019ouvrir un journal de la sans trouver les portraits d\u2019un Canadien-Français et vient de célébrer leurs noces d\u2019or.Et l\u2019on ne manque jamais de lire une copieuse liste d\u2019enfants, de petits-enfants, d\u2019arrière petits-enfants, etc.En France le fait constitue presque un événement.Ou en est a parler de la \u201c criso du mariage\u201d comme on le fait de la banqueroute do la science.M.Félix üuquesnel consacrait, il y a encore pou do temps, un article magistral à la question.Pourquoi, se demande-t-il, cette diminution attristante dans le nombre des mariages ?Quelles sont les causes ?Il cite, d\u2019abord, la loi du divorce.11 est certain que l\u2019appréhension du divorce rend méfiant, surtout du côté féminin.On se dit, avec une certaine raison, que parmi les jeunes gons, où so recrutent los jeunes maris, beaucoup manquent de sons\t___ moral ; que, pour eux, le mariage n\u2019est, le plus souvent, qu\u2019une balte, parfois aussi une affaire plus ou moins fructueuse, et rien autre clioso.Aussi il y a fatalement une crainte do provisoire, \u2014 puisqu\u2019il y a possibilité de se \u201cdéchaîner\u201d,\u2014 alors qu\u2019autrefois, les liens étaient indissolubles, ce qui était la garantie d\u2019une situation définitive et irrévocable.D'autre part, l\u2019éducation qu\u2019on donne aux femmes se virilise de plus en plus, et amène, en elles, des habitudes d\u2019indépendance qu\u2019elles abandonnent ensuito difficilement,\t\u2014 et qui leur rendent toute contrainte odieuse.En Angleterre et plus encore aux Etats-Unis, les idées de célibat commencent à so répandre, plus qu\u2019il ne convient, et cela nous gagne, par imitation : \u201c A quoi bon nous marier ?\u2014 diront certaines jeunes filles.\u2014 Le mariage est une loterie chanceuse, où il y a pou de bons numéros.Nous sommes heureuses, coinm nous sommes ; pourquoi courir des risques, et nous embarrasser d\u2019un homme 1\u201d mérite et qu\u2019elle doit avoir.Les idées d\u2019émancipation le touchent peu.Il a même une formule assez singulière, pour exprimer son sentiment intime à l\u2019endroit du sexe féminin.Il concède aux femmes le droit aux arts ; il les admet comme musiciennes, peintres ou sculpteurs ; mais en dehors des arts, il ne leur accorde, dit-il, que les quatre K.\u2014 Si vous voulez savoir ce que c\u2019est que les quatre K je vais vous le dire : C\u2019est Kirche (l\u2019église), \u2014\tKilche (la cuisine), \u2014 Kinder (les enfants), \u2014 enfin Kleider (les vêtements).\u2014 Maintenant, il faut, en convenir, il y a là, sous une forme brève et plaisante, toute une profession de foi qui semble indiquer qu\u2019il leur abandonne le gouvernement du ménage, car, en somme, l\u2019église, les enfants, la cuisine, les vêtements, cela ressemble bien à ce qu\u2019au moyen âge on appelait le droit au \u201csceptre de famille\u201d.Le remède au mal, je ne le vois guère, conclut M.Duquesne!, que dans une révolution intellectuelle, un changement dans les idées.Je ne crois pas aux remèdes empiriques, que proposent quelques économistes essoufilés, comme par exemple l\u2019impôt sur les célibataires.Le tarif de cet impôt ne sera jamais suffisant pour contraindre les gens non mariés à prendre femme, et il me paraît, d\u2019ailleurs, que s\u2019il en était ainsi, des mariages contractés sous la seule crainte d\u2019un impôt à acquitter n\u2019auraient guère que la chance d\u2019un bonheur accidentel et très relatif.Le mariage ou l\u2019amonde ! \u2014 comme les brigands disent : La bourse ou la vie-serait un moyen médiocre de restaurer l\u2019institution matri- moniale.Le député, en la cervello do qui est née cette théorie saugrenue, fera bien do rengainer son fâcheux projet de loi, car on ne s\u2019imagine pas des des amoureux attiédis cherchant à réchauffer leur passion en se disant mutuellement : Songeons au dégrèvement ! ! La vérité est-, je crois, tout autre ; qui dit \u201c crise \u201d dit mal momentané, accès, aigu, dont la durée est limitée, et c\u2019est le cas, ou jamais ; il y a toujours une heure, un moment, où la vérité reprend ses droits, où le sens commun retrouve son équilibre, où l\u2019homme revient, de lui-même, à sa foi, et suit la route que lui ont tracée l\u2019instinct de sa nature et la volonté divine.Du plus grand désordre, naît souvent l\u2019ordre le plus grand, et l\u2019heure est, peut-être, plus proche qu\u2019on ne croit d\u2019un apaisement, dans les idées, d\u2019une mode-tie plus prudente, dans -\tles convoitises, d\u2019un retour salubre aux conditions de l\u2019équilibre nécessaire et de la logique sociale.Or, la loi humaine et divine, c\u2019est la perpétuation de \u201cla famille\u201d qui est la pierre d\u2019assise de la \u201cPatrie\u201d, c\u2019est cette affection vive, cette solidarité étroite qui unissent, de génération en génération, vertus destructives d\u2019égoïsme, créatrices de dévouement et de générosité.Le mariage et la famille, c\u2019est encore, à tout prendre, ce qu\u2019on a trouvé de meilleur et de mieux, et c\u2019est un granit que rien ne saurait entamer.Ceux qui voudront y \u2014\tmordre s\u2019y casseront les dents ; \u2014 comme le serpent de la fable, alors qu\u2019il voulut croquer la lime.\u2014 Je ne sais si les coups de marteau qu\u2019y frapperont les affolés en feront voler la poussière de quelques éclats, mais le bloc, en dépit de tous les efforts, restera, quand même, immuable et indestructible ! Kodak.MÉMOIRE DE FRAIS La lionne.\u2014Ce ménage est joliment fatigant.Là bas, il faut bien le dire, les exercices du corps y jouent un rôle trop considérable ; il on résulte que l\u2019esprit se masculinise, et aussi la forme corporello ; le cœur se dessèche, tandis que le système musculaire se développe ; la poitrine s\u2019atrophie d\u2019elle-même, comme si elle se sentait devenir inutile et sans vocation naturelle ; les hanches se rétrécissent ; peu à peu la transformation s\u2019ébauche ; si elle no s\u2019achève pas, c\u2019est parce que la nature s\u2019y oppose.Ces êtres no deviennent pas des hommes, \u2014 à leur grand regret peut être, \u2014 mais ce ne sont plus guère des femmes.On ne pourra faire assurément des avocates, des doctoresses en médecine, que sais-je encore ! voire des militaires, comme dans je ne sais quelle province américaine ; quant à des épouses, ou des mères, il faut y renoncer.Los doctrines féministes dont on a mené grand train, et qui semblent, aujourd\u2019hui, entrer dans uno période plus calme, ont troublé, continue M.Duquosnel, bion des esprits, et détruit, on réalité, beaucoup d\u2019équilibre.Il est, pourtant, si simple de laisser los choses comme elles sont, dans l\u2019ordre do logique éprouvé par tant do siècles.Rien n\u2019est plus facile, en somme, quo d\u2019améliorer lo sort do la femme, d'augmenter même son indépendance, sans pour cola, l\u2019éloigner de sa vocation naturelle.Je no prétends pas qu\u2019il faille rabaisser son rôle, bien au contraire; le temps do la sorvitude est passé, et je crois qu\u2019il faut se montrer plus libéral, vis-à-vis d\u2019elle, que l'empereur Napoléon 1er, qui ne voulait admettre que la \u201c faiseuse d\u2019enfants \u201d et qui répondait à Mme de Staël, lui demandant quelle était la femme qu\u2019il préférait: \u201c\u2014Celle qui fait le plus d'enfants ! \u201d 11 est vrai quo l\u2019empereur faisait une toile consommation humaine sur les champs do bataille que, peut-être bion, en répondant ainsi, il se plaçait à un point de vue trop personnel.L\u2019omporeur d\u2019Allemagne, Guillaume 11, sans avoir des idées aussi absolues, no souible pas, lui non plus, accorder à la femme la situation qu\u2019elle Le client.\u2014Votre compte est exorbitant.Il y a plusieurs items que je ne comprends pas.L'avocat.\u2014Je suis bien prêt à vous les expliquer, mais chaque explication vous coûtera deux dollars.LITTÉRATURE ADMINISTRATIVE Voici la réponse authentique du maire de L.à un juge d\u2019instruction qui lui demandait des renseignements sur les antécédents d\u2019un de ses administrés : \u2014Quant à ses antécédants, ils sont tous décédés, en décédant sans laisser aucun doute sur leur moralité antécédente.Monsieur.\u2014 Ah ! ça, mais qu\u2019est-ce que vous avez fait de mes meubles ?La honne.\u2014J\u2019ai fait ce que monsieur m\u2019a dit : j\u2019ai jeté tout ce qu\u2019il y avait par terre. LE SAMEDI 7 DANS LE NORD LE RÉSULTAT d\u2019üNE JOURNÉE DE l'ÊCIlE.AL.Arthur Buies prétendait, dans une do ses admirables études sur notro Nord bas-canadien, que ce que l\u2019on ignorait de notre pays dépassait en étendue et peut-être en richesse \u2014 naturelle\u2014ce que l\u2019on en connaissait.Cetto prétention est moins paradoxale qu\u2019on est tenté de le penser.C\u2019est bien l\u2019opinion de ceux qui ont eu la bonne fortune de diriger leurs pas vers une certaine région de notre nord ouest provincial et de jeter l\u2019hameçon dans un ou quelques-uns des lacs si beaux et si poissonneux de ce chapelet de nappes d\u2019eau que la carte indique sous des noms qui sont comme des lettres fermées pour le commun des mortels.Il y a quelques semaines MM.F.Poirier et J.Bessette, éditeurs du Samedi, M.W.Reeves, marchand, et M.T.A.Cardinal, entrepreneur, ont poussé une poime vers cette région lointaine et privilégiée.L\u2019abondance de leur pèche est bien démontrée par la vignette publiée ci-dessus, laquelle', pourtant, ne nous fait voir que le résultat d\u2019une seule journée.Le poisson pris est le brochet des lacs, un type spécial de cette famille, très puissant, dans l\u2019eau et exquis sur la table.Il atteint quelquefois des dimensions étonnâmes.Il est en ce moment fortement question do former un puissant club qui contrôlera ces lacs, en fera régulariser et protéger la pêche établira sur les lieux différents éléments do conforts si chers aux amateurs do pêche.COURRIER FEMININ La mode de l\u2019ameublement ne cliango pas aussi vite que colle de la toilette, probablement parce qu\u2019elle ne s\u2019exhibe pas à l\u2019extérieur.Néanmoins, tous les dix ans environ, un mouvement s\u2019opère, qui transforme petit à petit les meubles, les tentures et tous les objets qui nous entourent.La mode actuelle se manifeste sur trois points différents.D\u2019abord, elle est plus que jamais ennemie de la symétrie, et amie du \u201c dépareillé \u201d ; secondement, elle est portée vers l\u2019adoption des choses pratiques; enfin, la tendance esté l'ameublement clair.L\u2019unité dans l\u2019ameublement n\u2019existe plus quo dans les meubles de style.La mode actuelle est amie du dépareillé En effet, tous les objets qui composent uue pièce, principalement un salon, peuvent être uniques, sans pendant, et cela, sans que l\u2019aspect d\u2019ensemble nuise à l\u2019harmonie.Au contraire, chaque objet, meuble ou tenture, n\u2019en paraît que plus précieux.Comme les meubles ne sont pas assortis, on les place au gré de la fantaisie ou plutôt do façon que les uns fassent valoir les autres, les plus lourds séparés par do plus légers, les plus grands, hospitaliers, ménageant les plus petits ; ceux-ci se trouvant le plus so vent les plus plaisants, mais aussi les plus grêles et les plus fragiles.On y voit donc d\u2019énormes sofas aux dossiers recouverts d\u2019écharpes, bourrés de coussins, et qui peuvent recevoir de front plusieurs personnes, tandis que do coquettes mais llui-ttos chaises aux dossiers ajourés et aux sièges étroits semblent par trop délicates, étriquées et effaroucheraient une personne de forte corpulence.Il y a donc ainsi pour tous les goûts, pour tous les genres do visitours, et meme pour toutes les tailles.Certains petits bancs, plLnts, chaises basses, ne semblent-ils pas des sièges pour visiteurs enfants?Je dirai plus, certains poufs-miniatures, ressemblant plutôt à des socles qu\u2019à des sièges, ne paraissent-ils pas faits pour recevoir des toutous bien élevés, ou des poupées bien sages?Tous ces objets, choisis en vue de satisfaire toutes les éventualités, font du salon parisien moderne une sorte de déballage que seuls le goût et l\u2019adresse de la femme rendent harmonieux et ordonné.\u201c Le salon moderne actuel, disait une femme mondaine réputée pour son esprit, est un bazar universel.Ou y trouve \u201c de tout \u201d, et si, par hasard, un objet lui manque que réclame l\u2019amateur, on lo lui procure dans les vingt-quatre heures.\u201d Ainsi, tout co qui avait son pendant comme les vases, sa paire comme les lampes, est désormais composé d\u2019objets dépareillés.Le second point à observer dans lo salon moderne est qu\u2019il est ami des choses pratiques.Vous plaît-il d\u2019y installer, comme dans un boudoir, votre corbeille à ouvrage avec tous ses accessoires, d\u2019y avoir à portée de la main, une fois installée dans votre fauteuil, votre bibliothèque portative ou votre petit bureau de travail, ou encore une table chargée îles gâteries du goûter ou du thé do live o\u2019clock ?Vous n\u2019avez point besoin pour cela do changer do pièco ou do vous déranger.Vous pouvez lire, écrire, coudre, boire et manger dans votre salon suivant votre désir, et sans quo l\u2019on puisse s\u2019étonner de voir, présents dans la pièce \u201ccérémonieuse\u201d do l\u2019appar-uient, les objets réservés autrefois pour lo boudoir.Lo salon est devenu la pièco de concentration.Enfin, lo salon moderne est clair.Etant donné que l\u2019on fait do son salon ce que l\u2019on veut, les pièces unicolores sont très rares.Autrefois, on avait un salon rouge ou un salon vieil or, et tentures, rideaux, objets mêmes étaient choisis en vue do la nuance du fond.Aujouid\u2019hui, on s\u2019applique d\u2019abord à égayer les pièces et à les éclaircir, non seulement d\u2019immenses lampes au bec do fort calibre, qui envoient leurs puissants rayons dans toutes les directions; mais encore on veut que les rayons tombent sur des parties lumineuses qui renvoient ces rayons.Le blanc, le crème, la nuance or lo jaune pâle, lo roso, lo mauve, le bleu gris et le vert d\u2019eau sont des tons choisis à l\u2019heure actuelle et très appréciés.Certains salons sont tendus d\u2019étoffes ivoire tombant sur dos lambris de même ton.Le tapis est pâle aussi, crème, souffre, vert pâle, avec îles dessins frais et clairs.Souvent les sièges sont laqués blanc ou ivoire, recouverts do velours Liberty ou de tapisseries délicates et fraîches, toujours de couleurs claires.Les cadres eux-mêmes sont souvent do bois sculpté, laqué blanc, ou d\u2019un blond à dessins plutôt légers que massifs, et souvent en bois ajouré.Les abat-jour les plus nouveaux sont fabriqués avec dos pétales do Meurs, et tandis que les anciennes carcasses étaient de forme ombrelle, pagode tonquinoise, jupe de dansouse, etc., les plus nouvelles imitent do préférence une lleur quelconque.Les pétales sont colles do la Heur quo représente la ferme.Enfin, en certains points, elle apparaît tout entière reconstituée : telles ces constructions enfantines composées des détails séparés et du modèle édifié.Et dans ce cadre, ainsi combiné et préparé qu\u2019il paraît peu apprêté ; dans cetto atmosphère chaude d\u2019une pièco déjà habitée, il semble au visiteur, même dans le tête-à tête, qu\u2019il est très entouré.L\u2019effort est moins grand pour la causerie.La maîtresse do maison lo sait bien.Et c\u2019est pourquoi elle mot aussi ses meubles en \u201cvisite\u201d.Ello approcho les plus hospitaliers, écarte ceux qui no disent rien, avancent ceux qui parlent tout seuls.Il en est qui disent de si jolies choses et qui ont tant d\u2019esprit !.N XX.V\u2019LAN ! Mme Josué.\u2014No parle pas comtno un insensé, mon ami.A t\u2019ontondrei les gens pourraient croire que c\u2019est moi qui t\u2019ai demandé do m\u2019épouser, et Dieu sait que je n\u2019ai jamais couru après toi une seule minuto du ma vie, seulement.M.Joxué.\u2014Je ne veux pas dire que tu as couru après moi, Mélinda, mais cela ne prouve rien.La trappe no court pas après la souris non plus, mais la souris s\u2019y laisse bien prendre quand\t- nlôme'\tUNE GROSSE ENTREPRISE IL S\u2019EN SERVAIT La maman (au déjeuner).\u2014Tu dois toujours te servir do ta serviette, Georges.Georyus.\u2014Je m\u2019en sers, maman.Je m\u2019en sers pour attacher lo chien au pied de la table.MÊME CHOSE Nick.\u2014 Un secret et une cuisinière sont deux choses qui se ressemblent beaucoup Nack.\u2014De quelle manière ?Nick.\u2014 Les femmes trouvent l\u2019un et l\u2019autre très difficile à garder.C\u2019ÉTAIT LOUCHE lloidean.\u2014 Pourquoi avez-vous brisé votre engagement avec Mario ?Mouleau.\u2014 Son père m\u2019a offert do me prêter l\u2019argent nécossairo pour payer le mariage.Elle.\u2014Jo voudrais quo tu mo lisses une promesse.Lui.\u2014Qu\u2019eat-co, chérie ?Elle.\u2014 C\u2019est que ai jamais après notro mariage ton amour ao refroidit, tu no me liâttras pas. H LE SAMEDI LA CLEF DES SONGES jyw* K^-y.-yZ \u2022\t'
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