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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 15 juillet 1911
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1911-07, Collections de BAnQ.

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[" 40 Pages LIRE: FAUT-IL PROSCRIRE LE BAISER?par F.,I \u2019¦ 2 Le bon professeur avait eu le nez si bien retroussé qu\u2019il dut, pendant 15 jours y accrocher une patate pour le remettre droit.Ce n\u2019était (pas tirés joli.DONNEZ-LUI UNE CHANGE! \"T* C\u2014^ \u2014iEih bien! waiter et cet oeuf, il n\u2019arrive pas vite! \u2014Monsieur a demandé un oeuf très frais, je crois?\u2014Oui.\u2014Attendez encore un petit instant, la poule est après le (pondre! VOYEZ-VOUS CE VIEUX SINGE! La jolie demoiselle.\u2014J\u2019aiime passionnément la imer.Je voudrais être l\u2019épouse d\u2019un capf taine de vaisseau.Le vieux loup de mer.\u2014Tiens! mais dites donc, je ferais bien votre affaire! L\u2019ESPIEGLE ROSETTE 1 ^¦/(/k rs çÇ /y a.3 Rapidement elle dessina une figure effrayante sur le mur, elle ise dépêchait car les gamins n\u2019allaient pas tarder à arriver 2 Mais Rosette courait bien, cependant, sachant qu\u2019elle se rait bientôt rattrapée, elle eut une idée pour se débarrasser des poursuivants.4 Rosette plaça ensuite son ipot de sirop de façon à former une bouche à son bonhomme.L\u2019effet fut tel que nos deuxga mins s\u2019enfuirent épouvantés.1 Rosette était allée cher cher du sirop chez l\u2019épicier deux (mauvais gamins l\u2019attendaient au dehors pour s\u2019emparer du sirop, et le-manger. LE SAMEDI 5 COUPS PITON Beaucoup de gens se croient habiles parce qu\u2019ils ne connaissent pas leur ignorance.\u2014Maman, un conte, c\u2019est une histoire pas vraie qui commence ainsi: \u201c Il était une fois.\u201d -\u2014Ça commence aussi quelquefois comme ceci: \u201cMa chérie, j\u2019ai été retenu très tard hier soir à mon office.\u201d 11 y a des gens qui savent fort bien qu\u2019il y a une différence entre l\u2019argent des autres et le leur; cependant ils ne s\u2019en souviennent plus s\u2019ils deviennent financiers.(Les hommes sont comme les animaux: les gros mangent les petits et les petits piquent les gros.Le trait distinctif d\u2019un régime de liberté, c\u2019est ce que c\u2019est celui sous lequel il faut interdire le plus de choses.' Si vous ne pouvez pas récompenser un service rendu, a dit Franklin, soyez-en au moins reconnaissant.iN\u2019importunons pas les autres par nos conseils, instruisons.les plutôt par nos exemples.Quand un ami dans la \u201cdêche\u201d vous raconte qu\u2019il attend un héritage, méfiez-vous, il va sûrement vous demander de lui prêter un petit cinq piastres.Le chien.\u2014Ah, par exemple! Ça me fait plaisir de voir que l\u2019on commence à donner aussi une muselière au.\\J hommes! Il y a des sourires qui blessent comme des poignards.Les chagrins nous viennent souvent de ceux que nous aimons le mieux.Temps pommelé pomme ridée et femme fardée ne sont pas de longue durée.Il ne faut pas attendre la soif pour tirer l\u2019eau du puits.Si un plus grand nombre d\u2019hommes songeaient au lendemain, il y aurait moins de veuves et d\u2019orphelins pour faire l\u2019apprentissage de la pauvreté.Il y a des choses dans la vie qui peuvent être évaluées par dollars et par cents ; le bonheur de la famille est au-dessus de toute estimation.Une preuve de la supériorité de l\u2019homme sur les animaux, c\u2019est qu\u2019il prend son bain à l\u2019endroit convenable tandis que les mouches, par exemple, choisissent immanquablement pour cela la cuillerée de potage que vous portez à la bouche.i!i!l \u2014Je vous ai invité à dîner.\u2014Vous êtes charmante.\u2014A titre provisoire.oui, si l\u2019on est 13, vous resterez pour faire 14.Une civilisation dans laquelle toute puissance est donnée aux fortunes mal faites verra de terribles aventures, a dit Louis Veuil-lot.'Ces enrichis, qui sont à la fois des maîtres par leur fortune et des bannis par leurs moeurs veulent être 'honorés et ne font rien pour l\u2019être.Les charbonniers sont moins généreux que les musiciens; ils ne donnent jamais une mesure pour rien.Il ne serait pas nécessaire de mettre un fanal à l\u2019arrière des automobiles; l\u2019odeur qu\u2019elles dégagent parfois suffirait bien à indiquer leur passage.Il y a plus de mérite à se laisser \u201cbosser\u201d par sa femme qu\u2019à vouloir être soi-même le maître; ce n\u2019est pas par la violence que les martyrs ont conquis la palme.Tout est relatif; un imbécile passe pour un homme d\u2019esprit si ceux qui l\u2019écoutent sont encore plus bêtes que lui.Si les femmes feront volontiers, dans un magasin, l\u2019acquisition d\u2019un objet, parce qu\u2019il a peu de valeur, cela ne veut pas dire qu\u2019elles agiront de même pour choisir un mari.Il est plus facile de faire mille promesses que d\u2019en tenir seulement une.\u2014Je vois dans le journal que les hommes et les femmes sont toujours après se demander ce que sera la nouvelle mode.\u2014Eh bien! nous, nous n\u2019avons pas cet ennui-là, au moins! (Mon ami Zidor, que j\u2019ai rencontré ce matin sur la rue iStiLaurent, me racontait que sa bélle-mère avait une bien bonne langue; ce que le farceur n\u2019a pas ajouté c\u2019est que c\u2019était une langue de boeuf qu\u2019elle venait d\u2019acheter pour le dîner.On dit que c\u2019est l\u2019amour qui fait tourner le monde.C\u2019est peut-être pour cela que la plu-, part des amoureux sont plus ou moins étourdis.On dit qu\u2019un jeune homme, de retour dans son pays, trouva sa bonne amie mariée avec un autre et qu\u2019il la tua pour cela.Il y a tout de même des gens qui ont une singulière façon de célébrer la bonne chance qui leur arrive.Une femme en dit parfois davantage dans un seul regard qu\u2019un homme dans un livre entier.Avec de l\u2019imagination on fait beaucoup de choses, sauf cependant de payer ses dettes avec.b Q uu \u2014Allons, bon! Voilà le bourgeois qui a un revolver aussi! Mais alors, les chances ne sont plus égales! r- LE SAMÉDÎ QUE NE PERAIT-ON POUR ELUE?¥- \t\t \tcbr\t \t(\u2014.\t ÉÈÜÿ iS KjT\t\t \t\t O 55 5, ?1 1 Le tramp.\u2014Ayez pitié d\u2019un pauvre malheureux qui n\u2019a tWnHWuJe l\u2019ainée.\u2014C\u2019est impossible ce que tu dis là, murmura la pauvre enfant avec une telle angoisse que Germaine en fui suffoquée.\u2014 Impossible! Tu n\u2019as donc plus confiance en moi?Oh! il pouvait bien rester où il était.C\u2019était la première fobs que tu me brusques.Aimée lui entoura le cou de ses bras.¦\u2014 Pardonne-moi.je m\u2019attendais si peu!.pourquoi maman ne m\u2019a-t-elle pas prévenue?.Papa ne tsait donc rien?.\u2014 Papa doit savoir, répondit Germaine, absolument convaincue.Oh! oui, papa doit savoir !.mais toi toi !.c \u2019est différent!.c\u2019est pour t\u2019éviter de l\u2019émotion, de la gêne, c\u2019est pour bien faire que.maman agit ainsi.Je t\u2019en conjure, mon Aimée chérie, combats ton trouble.tu es blanche à mourir.Fais des 'efforts afin que maman ne comprenne pas que je t\u2019ai mise au courant.Aimée passa sa main sur son front comme pour en chasser une pénible pensée.\u2014 Sois tranquille, assura-t-elle résolument, rien ne paraîtra.Tu as bien fait de m\u2019avertir: je t\u2019en sais gré.\u2014 Tu ne m\u2019en veux plus.\u2014Non.\u2014Pas du tout?\u2014 Pas du tout.\u2014 Tu m\u2019as fait si grand\u2019peur quand je t\u2019ai vu pâlir !.\u2014- Ne nous attardons pas, dit Aimée', prends ces assiettes et ouvre la porte D\u2019un choc de pensées, l\u2019ainée avait deviné la trame du complot.Au Peu de perdre son temps à gémir elle se composa une figure, assura sa marche, et, avec l\u2019aide de Germaine, compléta la table pendant que Léon et le jeune Viriville se grisaient de ses allées tet venues.Aimée put sourire.Elle versa le thé, le servit et donna à son père des regards d\u2019ineffable tendresse qui disaient clairement: \u2014 Va, je suis à toi!.Ils ne nous sépareront pas ?.Les conservations s\u2019animèrent: l\u2019aisance commençait à régner C.hagny seul persistait dans un silence et une préoccupation qui furent remarquées .\u2014 Que p c ut avoir?se demandait Léon, pendant de ViriiCle père se disait que l\u2019ami de la maison serait contre eux.\u2014 Docteur, persifla madame de Beauvoir vous avec l\u2019air fatigué; je gage que vous n ) vous êtes pas ménagé ce matin,, et qu\u2019au lieu de rester tranquillement à Ber-timau, vous avez été donner quelque consultation.Avec cette chaleur !.dans un pays où le blanc des routes aveugle et brûle.\u2014Vous avez raison madame, je n\u2019ai pas jugé à propos de refuser mes services ce matin plutôt qu\u2019un autre jour; le devoir n\u2019a pas d\u2019heure: il commence avec la vie et finit avec elle .\u2014Avez-vous été loin, docteur?\u2014 Pas très loin, madame.\u2014Ça vous a pris toute la matinée ?.\u2014 A peu près.\u2014 Vous voulez donc mourir à la tâche?.Nous n\u2019arriverons donc pas à vous convaincre qu\u2019à votre âge, vous devriez abandonner la carrière et n\u2019avoir d\u2019autre souci que de vous laisser dorloter par vos parents et amis.\u2019.\u2014 C\u2019est votre idée, madame», ce n\u2019est pas la mienne.\u2014 Je ferai tant que j.\u2019arriverai à vous persuader !.Le docteur leva ses yeux elfignitants sur la femme de Beauvoir.\u2014 Vous, me persuader?.De quoi?.- Son regard était si perçant qu\u2019elle se sentit gênée.Elle répondit pourtant toujours souriante : \u2014 De ne plus être médecin.je reviens à mon idée; N\u2019avoir pas eu, ce matin, l \u2019énergie de refuser vos services.C\u2019était loin?\u2014 Pas très loin vous ai-je déjà répondu chère madame.L\u2019épithète prit une si drôle de tournure sur les lèvPes de Chagny, que Mme de Beauvoir comprit qu\u2019elle ferait bien de ne pas asticoter plus longtemps celui dont elle connaissait la bonté mais, aussi l\u2019originalité, et elle se tourna vers les Viriville.\u2014 Notre bon ami\u201e expliqua-t-elle) est l\u2019homme le plus discret que l\u2019on puisse trouver.Non-seulement il n\u2019y pas moyen de lui arracher l!e plus petit mot sur ses malades', mais on ignore même jusqu\u2019à leur nom.\u2014 Madame, Interrompit l>e docteur, pour couper court au compliments qu\u2019il sentait prêts à lui arriver, vous me feriez plaisir en parlant à d\u2019autre que moi; les silhouettes encadrées de barbe et de cheveux blancs; ne sont pas celles qui, dans une société doivent devenir le point de mire; il y a ici trop de jeunesse pour que je ne demande pas grâce.EsMu de mon a-vis, Aimée ?\u2014Vous savez bien que je veux tout ce que vous voulez, docteur.\u2014 Ma bonne petite enfant, ne t\u2019engage pas» de cette façon-là.Tout ce que je veux?.Tout ce que je veux!.Chagny n\u2019en dit pas plus long et Léon lui en sut gré : il sentait que sous des dehors courtois; le terrain devenait celui d\u2019une guerre ouverte et il tremblait que la rondeur de langage de son oncle peinât celle, qu\u2019il aimait.C\u2019est qu\u2019il souffrait le brave Chagny et que lui-même ne s,e renda'f pars compte si c\u2019était l\u2019orgueil ou la tendresse qui s« trouvait blessé en lui .\u2014 Ces mesieurs n\u2019habitent pas, la Sologne, demanda-t-il à brûle-pourpoint,?\u2014La Touraine.\u2014 C\u2019est un beau paysj dit-on, car je n\u2019y ai jama,\u2018n mis les pieds.La ville ou la campagne?\u2014 Six mois, la ville.six mois la campagne.\u2014 Un grand avantage sur nous.\u2019 je veux dire sur moi qui, suis un fieffé cam-pîagnard.\u2014Oh!\u2019., oh!.protestèrent toutes les voix pendant que Léon et Aimée se lancèrent un coup d\u2019oeil.\u2014 Eh ! mails, que voulez-vous^ il y a, des choses qu\u2019on ne peut pas nier.Ou les mains, sont blanches ou elles sont, tannées .Diable, ça se voit!.\u2014 Docteur, dit de Beauvoir, vous auriez un hôtel au milieu des Champs-Elysées et vous le pourriez si vous le vouliez, que vos pauvres mains n\u2019en seraient pats moins hâlées qu\u2019elles ne le sont parce que, à Paris comme à Bertinau, je vous défierais de vous reposer exclusivement sur votre jardinier pour la taille et les écussons de vos rosiers .\t\u201d ( \u2019 ¦.La pjartîe sensible était touchée.La figure de Chagny s \u2019épanouit et la conservation partit à fond de train sur l\u2019horticulture .L\u2019heure passa; la théière se vida, les assiettes de petits fours aussi.Chagny comprit que les Viriville n\u2019abandonneraient pas la place les premiers, il pria Léon d\u2019aller donner l\u2019ordre d\u2019atteler.\u2014 Ne vous dérangez pas) monsieur, insista madame de Beauvoir en pressant un 29 î«\t'I bouton électrique.La femme de chambre se présenta.\u2014 Qu\u2019on attelle Séroplioj commanda-t-elle, dans la jubilation d\u2019un départ qui allait permettre aux Yiriville ide s\u2019expliquer.Chagny parut se recueillir un instant, puis il se leva et tout le monde en fit autant.Toute l\u2019énergie qui restait dans, ison corps légèrement voûté par l\u2019usage de la voiture le redressa subitement.Droit comme un i il marcha devant madame de Beauvoir, lui tendit la main, et dit,, en appuyant sur chaque syllable, de façon qu\u2019il n\u2019y ait aucun*3 méprise: \u2014 Chère madame, vous me.permettrez de ne pas partir sans vous avoir fait, la communication qui m\u2019amenait ici aujourd\u2019hui.Puisque nous somme en famille, permettez-moi de vous faire part du prochain mariage de Léon avec mademoiselle Blanche Laffrey, fille unique d\u2019un filateur de Lille.Mon neveu est ravi d\u2019avoir fait amplement votre connaissance; il aura souvent l\u2019honneur de vous voir, car je couche Bertinau sur le contrat .Ce fut une vraie panique.Léon pensa que son oncle devenait fou.Il le regarda d\u2019un air hébété pendant que le jeune Virilie respirait bruyamment.Aimée crut, défaillir.Elle affecta pourtant un grand calme sur lequel Léon ne ee méprit pas.Ce qu\u2019apprenait Mme de Beauvoir était si loin de ce qu\u2019elle avait prévu;, le coup était si direct, son jeu tombait si brusquement que toute son énergie de femme autoritaire ne suffit pias à vaincre son dépit.Son sourire devint amer, ses yeux fuyants, et elle eut de la peine ' balbutier : \u2014 Mes compliments, docteur !.Chagny était satisfait.\u2014 Viens, mon enfant, viens, Léon, dit-il au jeune homme après avoir salué de Vi riville .M.de Beauvoir ets'is filles accompagnèrent à leur voiture l\u2019oncle et le neveu.Madame de Beauvoir resta au salon.\u2014 Je ne comprends rien à ce qui se puasse murmura Léon à Aimée dans le vestibule : Je vous reverrai avant, mon départ, j\u2019aurai des explications avec mon on cle.N\u2019ajoutez pas foi à la communication qu\u2019il a faite; j\u2019en ignore même le premier mot.XII L\u2019ONCLE ET LE NEVEU i \\ ! ~~ Quand Chagny et Lentral eurent dépassé les dernières maisons du bourg, les mains du docteur tombèrent sur ses genoux et il partit d\u2019un éclat, de rire qui stupéfia d\u2019autant plus Léon que celui-ci était loin d\u2019être gai.Il lui tardait d\u2019arriver à travers champs afin d-e, demander*, sans témoin*, la clef de l\u2019énigme, La bruyante gaité de son oncle, qu\u2019il n\u2019avait jamais vu se départir de son cal* m SAMEDI me, figeait en lui toutes les questions.Que signifiait cette subite explosion de joie qui faisait tressauter sur le coussin de la voiture le corps du docteur ?\u2014 Mon oncle !.balbutia timidement Léon.;\u2014 Eh bien, tu ne ris pas toi?.Tu le peux, ça eu vaut la peitne !.Quand je ne serais arrivé à soixante-cinq ans que pour me joi er d\u2019une femme, comme je viens de le faire je n\u2019aurais pas perdu mon temps.\u2014 Vous1 jouer d\u2019une femme?.\u2014 Parbleu !.Ris, donc, puisque tu es le héros et la cause de tout mon esprit!.Léon commençait de s\u2019effrayer et son inquiétude passait dans ses yeux.-\u2014Ne crains rien.Je isuisi sain d\u2019esprit!.Va, Léon, elle a, voulu nous faire un piod de nez, j\u2019ai été plus leste qu\u2019elle!.\u2014 Madame de Beauvoir!.Vous parlez de madame de Beauvoir?.\u2014 Quelle autre personne pourrait me causer semblable hilarité ?.\u2014 Je ne comprends pas, tout, mon oncle.\u2014 Est-ce possible?.Et ta perspicacité?.\u2014 Elle m\u2019abandonne; j\u2019avoue que je ne saisis pas !.\u2014 Vraiment, tu n\u2019as, pas compris que.les pieds ch >ussés de jolis souliers vernis sont des pieds qui voyagent en vue du coeur d\u2019Aimée ?\u2014 J\u2019accorde que j\u2019ai saisi cela.\u2014 Ah!.aussi,, cela m\u2019étonnait!.\u2014 Tu trouves1 naturel qu\u2019on nous ait engagés, un pareil jour,, afin de nous rendre témoins1 des premiers battements de.ce plastron brillant?.Si encore c\u2019était pour nous demander notre avis,!.Je l\u2019ai, le mien d\u2019avis, car, j\u2019ai observé!.Nous ne devons pas attendre cet honneur, nous avons, eu de la circonstance tout ce que nous devons en tirer : de succulents gâteaux, ma foi, et du non moins bon thé!.Les jour est joué! bien joué!.Je suis content !.Léon, le vieux docteur Chagny est digne d\u2019avoir pour neveu l\u2019attaché de Gresse !.Toute l\u2019exaltation du vieillard heurtait le calme de Léon qui réfléchissait.\u2014 Vous pensez que madame de Beauvoir était, prévenue de l\u2019arrivée de ees messieurs pour aujourd\u2019hui?.\u2014 Non seulement, du jour, mais de l\u2019heure.\u2014 Oh!.\u2014 J\u2019en mettrais ma main au feu, mon petit ! \u2014 Alors, dans la maison, tout le monde était renseigné.hasarda Léon tristement.\u2014C\u2019est ce qui aurait dû être, mais.mais.s\u2019il nous était permis de tjirer l\u2019affaire au clair, tu verrais qu\u2019elle seule était dans le secret.Léon pensa un instant.\u2014 D\u2019après, cela, le ménage de Beauvoir n\u2019est, donc pas un ménage où règne la plus parfaite entente?\u2014 Je ne dis pas cela*, Léon, répondit Chagny qui regrettait presque d\u2019avoir donné à sous-entendre la réalité, mais, mon enfant, tu es jeune et tu ne connais pas les dessous de la vie.Farceur! tu penses que le masque n'est de rigueur 80 qu \u2019en carnaval !.\t\u2022 \u2022\u2014 Oh ! non, mon oncle.Chagny donna un coup de fouet au cheval qui dormait sur ses jambes, et il continua.: \u2014 Vois-tu, mon enfant pour se faire une juste idée de beaucoup de choses, il faut avoiîr assisté à leur formation; il faut les voir venir de loin afin de pouvoir les juger.et je l\u2019ai jugée, vertueuse celle-là, et j\u2019ai mis dans cette heureuse journée un fameux buttoir dans les jambes de madame de Beauvoir.\u2014 De grâce, mon oncle, expliquez-vous.\u2014 Tu le veux?\u2014Pourquoi pas,! \u2014 Eh bien, voilà.Ça va peut-être t\u2019amuser, le Parisien.A la fin, tu me donneras raison.Tout d\u2019abord, partons de l\u2019idée que madame de Beauvoir attendait les Tourangeaux.\u2014 et elle les attendait, car elle ne se serait pas mise en gi grands frais pour nous.\u2014 Elle avait dû penser.tu sais, Léon, une mère voit les choses de loin.\u2014 je ne lui aurais tout de même pas cru tant de perspicacité \u2014 enfin.oui.elle a supposé, sans peut-être, que si je te présentais, toi pas vilain garçon.bien planté.-\u2014- Mon oncle !.\u2014 Instruit.bien élevé.\u2014 Mon oncle !.\u2014 Et ma foi, avec une prunelle caressante et un avenir «e personne ne contestera.elle avait dû penser que nous a-vions.Là, Chagny respira plus longuement, puis, continua : \u2014 .Des vues sur Aimée.Léon écoutait attentivement, l\u2019oeil sur les grappes dorées, des genêts qui bordaient la route.\u2014 Et alors pour nous briser tout espoir», elle s\u2019est dit qu\u2019il était prudent de nous barrer la route en noué* coupant l\u2019her be sous le pied de façon que, nous, ne nous embarquions pas sur la pente des, doux espoirs .Tout ça se lisait dans son excité, dans son émoustillement, dans tout elle-même.jamais, non jamais, je ne l\u2019aurais cru capable de tant, de démonstrations, \u201cla\u201d Claudia !.Il mit dans l\u2019épithète un tel ton de mépris que Léon exclama de nouveau : \u2014 Mon oncle !.\u2014Léon, cette femme-là m\u2019a déplu!.No\u2019us avoir engagés à une pareille représentation!.Oh! Oh! mademoiselle Larcher, c\u2019est la fin qui couronne l\u2019oeuvre et c\u2019est Chagny qui vous l\u2019a bâillée.Il n\u2019aime pas à se laisser rouler.Il n\u2019y avait rien, très bien, mais enfin, il aurait pu y avoir quelquei chose.c\u2019était dans, la mesure du possible, n\u2019est-ce pas Léon?.Le neveu tearda un profond isjllence.L\u2019oncle continua: \u2014Il ne me restait donc qu\u2019un parti à prendre], lui dire carrément que jamais idée pareille n\u2019avait germé dans, notre cerveau!.Ça été fait, hein, carrément, sans balbutier.Nous aurions eu l\u2019air un peu trop nigauds par ma foi !.cette soi-disant fiancée?.Je serais joliment embarrassé s\u2019il fallait retrouver le nom !.Ce que l'amour-propre froissé donne à'es- LE SAMEDI 17 prit Léon.Eh bien), franchement ç,a s\u2019appelle-t-il un tour bien joué?.Léon ne répondit pas.\u2014 Me désapprouves-tu?.Si le jeunes homme n\u2019avait pas craint de mécontenter Chagny peut-être aurait-il parlé à coeur ouvert, mais, il le voyait si satisfait de sa prouesse qu\u2019il hésita à le blâmer.\u2014 Eh bien ?.redemanda l\u2019oncle.\u2014Je ne désapprouve pas.Seulement, cette demoiselle Blanche.j\u2019aurais préféré.\u2014 Quoi?\u2014 Autre chose.\u2014 Quoi encore?\u2014 Tout ce que vous auriez voulu excepté une demoiselle Blanche ou Rorse.\u2014 Mais enfin, quoji ?(\u2014Je n\u2019en sais rien moi-même.j\u2019avoue que je ne suis pas à votre hauteur.Te^ nez, j\u2019aurais laissé couler l\u2019eau.Chagny tse redressa.\u2014Tu aurais laissé supposer que tu venais faire la cour à Aimée et que tu amep tais d\u2019être supplanté par des Viri ville de Tours, de Chinon ou de Loches?.Ahl non !.tout ce que tu voudras, Léon), mais p(as çà !.Tu n \u2019en es pas là,, mon ami, mais, quand ton coeur parlera, tu t\u2019arrangeras de façon à enlever la place d\u2019assaut, tu entends !.\u2014 Ça ne doit pas être si facile que dire.\u2014 Je n\u2019ai pas à te donner leçon là-dessus .Ça arrivera sans, que tu t\u2019en doutes.Ne joue pas au modeste.tu te connais, et je ne veux pas que tu sois comparé à un autre !.je ne veux pas que tu aies un rival! Je veux, qu\u2019à l\u2019heure venue, pas encore!.pas encore!.tu sois, aimé pour toi.pour tes qualités.pour ton talent .\u2014Je comprendrais, mon oncle, que vous vous soyez expliqué.comme vous l\u2019avez fait) à madame de Beauvoir seule, mais, devant tout le monde!.Et si mademoiselle Aimée vous a deviné?.\u2014 Aimée?.Impossible!.Elle n\u2019avait pas même l\u2019air de penser que ce garçon était là pour elle.Vraiment, je crois qu\u2019elle te regardait davantage que lui !.Si Chagny avait su le bonheur qu\u2019il procurait à Léon par cette courte phrase, il se serait gardé d\u2019en chasser la douce ber-cerie.Il était si loin Je Denser que Léon aimait, que, sous l\u2019empare de son excitation fébrile, il continua en répondant à ses pensées: \u2014 Ces petites-là méritent un bonheur complet; des natures droites, franches, dépourvues de l\u2019ombre même, de la fourberie .des enfants que j\u2019ai vu élever.que j\u2019ai suivies comme par la main.Là- dedans, j\u2019ai été médecin, ami, avocat !.Quand, enfants elles voulaient obtenir une faveur quelconque), c\u2019est moi qui servais d\u2019intermédiaire.Dieu du ciel1! il y en a eu des heures ennuyeuses de supprimées, grâce à Chagny !.Elles me lé rendent, car elles m\u2019aiment bien, ces bonnes petites.!., \u2014 De qui parlez-vous, mon oncle?\u2014 Eh! mais toujours de ces: enfants, Aimée et Germaine, parbleu !.Il ne faudrait pas que la mère croie mener Ajtmée comme elle le voudra!.Aimée saura vouloir!.Je découvre en elite, depuis quelque temps, une ténacité qu\u2019elle n\u2019avait pas autrefois.Dame!.vingt-deux ans !.\u2014Mademoiselle Aimée a ving-deux ans % \u2014 Oui, Léon, oui, depuis le vingt-sept mai|, et, entre parenthèses, je n\u2019ai jamais vu un bonheur pareil à celui de Beauvoir à la naissance de sa fille.\u2014 Que- pensez-vous de M.de Beauvoir?i\u2014 C\u2019est la crème des hommes: Aimée lui ressemble.Elle a son coeur doublé de plus d\u2019énergie.Tout cela exaltait Léon et le mettait dans une plus grande anxiété encore.Devait-il s\u2019ouvrir à son oncle?.L\u2019heure lui paraissait décisive.Plus il se élisait qu\u2019il devait parler,, plus son hésitation .1 'levenait grande.Sfii Chagny avait le rêve qui faisait battre le coeur de l\u2019inné à supposer que lui-même, avait caressé le rêve qui 'faisait battre le coeur de l\u2019interne, rien n\u2019eut été plus facile.C\u2019était le contraire, puisqu\u2019il avajt manoeuvré de fa çon à enlever toute lueur d\u2019idée à madame de Beauvoir plus même., il avait dit à Léon: \u201cPas encore», tu n\u2019en el3 pas encore là !.Faudrait-il donc qu\u2019un voyage, entrepris le coeur battant de joie s\u2019achevât dans la plus morne tristesse?.Il fallut pourtant la revoir; il le lui a-vait promis,, sans réfléchir à la difficulté de l\u2019entrepris,e qui lui apparaissait à cette heure : comment arriver à elle sans l\u2019assistance de son oncle ?.Léon s\u2019en voulut de son atermoiement Il résolut), lui dont le maxime étant de de jouer des coudes, pour aller droit au but; de parler, quoi que pût dire et penser le vieillard.D\u2019une voix qui, malgré des efforts, révélait la lassitude B demanda : \u2014Pensez-vous que M.Virivilïe ait chan ce d\u2019être agréé?\u2014 Agréé.agréé?.Tant de choses sont à considérer dan,3 un mariage, qu\u2019il est difficile de se prononcer avant que rien n\u2019ait été discuté.En tous casi, l\u2019entrain de madame de Beauvoir fait supposer qu\u2019elle fera tout ce qui dépjendra d\u2019elle pour arriver à un résultat affirmatif.\u2014Pensez-vous ?\u2014 Je le crois.\u2014 C\u2019est déjà une voix pour Virivile.M.de Beauvoir tombera-t-il dans le panneau ?\u2014Il réfléchira avec câline, c\u2019est dans sa nature.Il me semble aussi1 qu\u2019il n\u2019influencera pa® sa fille.\u2014Puisque vous connaissez les, goûts de mademoiselle Aimée, croyez-vous que le physique du jeune amoureux lui avait plu ?.\u2014 Que dire!.Nos traités psychologiques nous, montrent la jeune fille comme une créature si étrange, si nerveuse», si inexplicable, qu\u2019il est très difficile de se prononcer.Cet aimable: citadin peut laisser Aimée absolument indifférente à son premier voyage, puis, l\u2019idée de le revoir, l\u2019habitude que sa pensée prendra d\u2019aller vers lui peuvent l'a préparer à un doux sentiment.C\u2019est si, tendre), une 31 jeune fille qu\u2019on n\u2019ose pas s» prononcer sur elle.Explique un peu pourquoi de jolies femmes s\u2019éprennent de, laiderons.Ça se voit, il n\u2019y a pas à discuter!.L\u2019attraction des contrastes!.L\u2019amour ne se commande pas.C\u2019est quelque chose qui nait au moment où l\u2019on y pense le moins, sens qu on ait rien fait pour cela.Léon n\u2019arrivait pas à son son but.Les raisonnements: philosophiques n\u2019étaient pas chose qui l\u2019intéressaient; il n\u2019avait qu\u2019à prendre le premier bouquiijn de sa bibliothèque et il trouverait des chapitres entiers sur la théorie de son oncle.Il résolut d\u2019en finir.\u2014Alors* repfrit-il, il ne vous est pas possible de prévoir l\u2019impression du visiteur sur la principale intéressée ?.Sans le vouloir, il mit tant d\u2019émotion dans la demande que Chagny se raidissant contre l\u2019amollissement de lui-même se retourna brusquement vers son neveu.\u2014 Eh! mais!.tu me dils cela d\u2019un drôle de ton, Léon !.Le jeune homme évita le regard scrutateur.Un silence plein de question suivit.\u2014 Puisqu\u2019elle m\u2019est venue,, à moi, l\u2019idée, il n\u2019y a aucun motif pour qu\u2019il ne 1 \u2019apt pas- eu, lui !.triple sot que je suis! Le docteur questionna : \u2022\u2014 Est-ce que.la réponse.d\u2019Aimée.t\u2019intéresserait?.\u2014 Mon Dieu !.pas pjlus que ça !.Sa voix devenue basse et hésitante en apprit plus long à Chagny que toutes les phrases qu \u2019il eut pu entendre.Le vieillard se troubla.\u2014 Léon), mon enfant !.U faut avoir confiance en moi!.Je, remplace ton père qui est trop loin pour être juge.Est-ce que.ton coeur.est-ce qu\u2019Aimée?.\u2014Je vous comprends, mon oncle, ne terminez pas.\u2014 Mais alors, mon petit j\u2019ai dû te faire souffrir.Ma prouesse, ça été un coup de massue sur la tête !.Dis-moi : vas-tu l\u2019aimer ou en es-tu déjà réellement épris!.Par le fait», rien de devrait m\u2019étonner!.Je suis même.c\u2019est égal: Je n\u2019aurais pas voulu que cela marchât aussi vite.Léon ne se possédait plus.Brusquement, il se< tourna vers son oncle et dit : \u2014 Vous y pensiez donc comme moi, vous caressiez l\u2019idée?Que ne me l\u2019avez-vous dit plus tôt!.Voilà une demi-heure qu\u2019involontairement, vous me torturez .\u2014 Et +u me blâmes de ma façon de relancer cette chipie!.Tu n\u2019y as pas a-jouté foi à la jeune Blanche, au moins.Dis-moi que tu n\u2019y as pas cru et je serai content!.Mon pauvre enfant, qui est-ce qui se serait ima; iné.Ah ! sorcière !.les avoir amenés sous nos yeux !.Tu vois, Léon, ça concorde avec ce que je te disais: l\u2019amour arrive au moment où on y pense le moins.Chagny était si troublé' que ses idées allaient à hue et à dia.\u2014Je ne vous ai pas pri-s très au sérieux, mon oncle, et même à parler franchement, je n\u2019ai rien compris à ce que j\u2019appelai: une boutade.mais vous n\u2019au- 18 LE SAMEDI riez pas dû.à cause d\u2019elle.\u2014 D\u2019elle?.\u2014 De mademoiselle Aimée.\u2014Qu \u2019est-ce qu ; cela peut faire à cette isuave enfant?.Je suppose que tu lui as caché tes sentiments.Léon se tut.\u2014Tu lui as dit ?.murmura d\u2019une voix étouffée Chagny dont les lèvres blanchissaient .Tu lui as dit ?.\u2014 Dit?.Cela dépend comment vous comprenez l\u2019aveu.\u2014 Tu lui as, donné à comprendre ?.L\u2019interne eut envie de nier, mais un mensonge lui répugnait il répondit: *\u2014 Oui.mon oncle.\u2014 Et c\u2019est toi qui auras porté un coup à cette petite !.Bile est dans le cas de penser que \u2019\u2019ai disposé de ta main et ton coeur à ton insu !.Et je suis son bourreau!.Non.Elle n\u2019a pas dû saisir la chose.C\u2019était D\\s embrouillé pour tous, pour tous, excepté pour cette péronelie.-Léon, il faudra que nous revoyions cette enfant avant ton départ.Il y a obligation morale à lui apprendre que je ne connais aucun filateur à Lille.\u2014- C\u2019est ce cae nous aurons de mieux à faire, mon oncle, s\u2019empressa d\u2019accepter le jeune homme.Demain.un arrêt de quelques minutes à Pierrefitte.\u2014 Entendu, mon enfant entendu !.Tous deux se plongèrent dans leurs pensées.\u2014 Et maintenant! mon oncles, franchement, pensez-vous qu\u2019Aimée fasse bon accueil à M.Yi ri ville.\u2014Pensez-vous ?.Pensez-vous ?.Ma foi, je fais des voeux pour que la chère petite reste de marbre en sa présence.Je voudrais bien qu\u2019elle reporte sur toi.l\u2019affection qu\u2019elle a pour moi.\u2014 Ça ne me suffirait pas, mon onolev objecta le jeune homme dont le coeur s\u2019épanouissait, j\u2019ai l\u2019égoisme de m\u2019attendre à davantage.\u2014 Quant à ça, mon enfant,, c\u2019est affaire qui vous regardera; ce serait le commencement.Tenons-nous bien, Léon; tu connais l\u2019ennemie.\u2014 Madame de Beauvoir.\u2014 C\u2019est cela même, la grande Claudia!.'.Ils étaient dans la cour de Bertimau.\u2022 \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022.# \u2022 Quand les Viriville eurent pris congé des de Beauvoir, le père et la mère d\u2019Aimée revinrent au salon et s\u2019entretinrent, de la demande faite.En tout, M.de Beauvoir fut de l\u2019avis de sa femme.\u2014Si vous le voulez; ma chère amie, proposa-t-il, nous pourrions communiquer le but de la visite de ces messieurs à Aimée.A quoi bon retarder?Que notre enfant soit informée un peu plus tôt ou un peu plus tard,, il faudra toujours en venir là.Son mari allait au-devant de ses désirs tout était pour le mieux.Elle cacha sa joie.Aimée ne pouvait être que satisfaite; la position était belle; les affaires marcheraient rondement,!.Aimée se marierait avant Léon Lentral, elle en répondait!.La jeune fille arriva.\u2014 Tu es peut-être loin de tel douter.K' mon enfant, que ces messieurs ont entrepris le voyage de Pierrefitte pour.afin .de demander ta main, dit madame de Beauvoir avec une hâte qui trahissait son désir d\u2019arriver au but \u2014 Ah!.Aimée regarda son père qui affecta de ne pas parler.\u2014 Oui.Ton père et moi trouvons la situation magnifique.C\u2019est ce qu\u2019on appelle un brillant parti.Comme fortune, cela nous va .nos espérances', sont même dépassées.Il ne s\u2019agit que de te communiquer la chose.Je sais que nos goûts: seront les tiens.Encore est-il bon que tu parles toi-même afin que nous n\u2019ayons pas l\u2019air de t\u2019influencer.Quoi qu\u2019il advienne, tu ne seras pais en droit de nous faire,, plus tard, de® reproches.Comment le trouves-tu?.\u2014 Très bien,, maman.Mme de Beauvoir jubilait.Son mari parut surpris.\u2014 Le contraire m\u2019eut étonnée, reprit la jeune femme en étalant de plus en plus sa satisfaction.Il est le plus intéressant des jeunes gens que nous connaissions .\t, L\u2019affection d\u2019Aimée pour Léon se trouva blessée de la comparaison.\u2014 Intéressant?Que veux-tu dire?\u2014 Qu\u2019il est intéressant, nullement poseur.\u2014 Oh! si, il l\u2019est.La mèr : évita le regard de sa fille.\u2014 Tu trouves?\u2014 Certainement .\u2014 Tu juges mal sa tenue, Aimée.Ce n\u2019est pas de la pose qn\u2019il étale: c\u2019est une gêne occasionnée par l\u2019émotion, par la crainte de te déplaire.C\u2019est assez naturel.Etre amoureux n \u2019est pas aussi facile que tu crois.Un être qui sent que tous mouvements sont épiés peut éprouver une retenue qu\u2019il est facile de dénaturer.Cette contrainte n\u2019existera plus à sa prochaine visite, j\u2019en suis sûre.\u2022\u2014Doit-il donc revenir?demanda Aimée avec une nuance de trouble.\u2014 J\u2019espère que tu ne veux pas te rendre à la mairie et à l\u2019église sans avoir vu au moins plusieurs fois celui avec lequel tu dois vivre.Il faut que vous étudiez vos goûts, vos caractères;: cela ne peut avoir lieu qu\u2019au moyen d\u2019entrevues où vous vous montrerez ce que vous êtes.\u2014 Est-ce qu\u2019il m\u2019aimerait déjà, ce monsieur?\u2022\u2014 Aimer?.Donne-lui le temps!.Il demande ta main, c\u2019est déjà une preuv* que tu ne lui déplaL pasi l\u2019amour viendra 'plus tard.\u2014 Ci est très drôle, murmura la jeune fille comme sç parlant à elle-même.Alors,, on se marie d\u2019abord, et on tâche de s\u2019entendre ensuite!.Mme de Beauvoir était déconcertée de la tranquillité de sa fille.Elle s\u2019attendait à une explosion de demandes sur le candidat: Aimée apprenait la nouvelle comme Ai le prétendant eût été le dixième.Pensant qu\u2019il était bon de ne rien précipiter, Mme de Beauvoir ajouta: \u2014 Tu réfléchiras à la communication; je te répète que ton père et moi sommes enchantés d\u2019une proposition que,, à plusieurs points, de vue, nous ne retrouverons jamais.Habiter l'a vil-l'e et la campagne n\u2019est pas à dédaigner!.Monsieur Viriville a son père et sa mère, mais vous n\u2019aurez pas l\u2019entrave de beaux-parents, puisqu\u2019il postsède à lui, dès, le jour de son mariage, une superbe habitation.Aimée parut se recueillir.Sous la quiétude apparente de sa mère, elle devinait un état nerveux prêt à se pro duire.\u2014 Youdrais-tu me dire maman quelle est la chose qui doit primer dans la détermination d\u2019une jeune fille qui accepte le titre de fiancéo?Madame de Beauvoir eut une seconde d\u2019hésitation.\u2014Primer !.Primer !.Il est évident que l\u2019appréciation des parents doit marcher en première ligne.\u2014 Et ensuite?\u2014 Il faut évidemment que le prétendant ne déplaise pas à la principale intéressée; maiSj, de là ne viendra pas l\u2019obstacle, puisque tu le trouves très, bien, as-tu avoué en commençant.\u2014Je ne me rétracte pas,.Il est, en effet, très bien, mais le physique me parait question secondaire.Il faut que le coeur parle.\u2014 Cela viendra.Nous prierons monsieur Viriville de revenir la semaine proprochaine.\u2014< Dans ce.cas, c\u2019est une acceptation!.,\u2014Nullement, Nous expliquerons.ton père dira que tu hésites .que tu voudrais le revoir.Comme tu ignorais le but de leur visite, tes yeux étaient des yeux d\u2019indifférente.Ils comprendront.Ce sont des hommes intelligents.\u2014 Non, qu\u2019il ne revienne pas!.dit brusquement Aimée.\u2014 Es-tu folle?.fulmina madame de Beauvoir.Il reviendra!.Je l\u2019en prierai; !.-\u2014 Mais, alors, il était inutile de demander mon avis.Il fallait lui écrire sans me consulter.La jeune femme se tourna vers son mari.\u2014 Vous voyez bien qu\u2019elle ne raisonne pas.Dites-lui donc, que monsieur Viriville est le jeune homme qui nous convient.\u2014 Je ne puis rien ajouter à ce que vous avez déjà dit.Aimée connaît, votre appréciation.Quant à son idée personnelle, elle en est libre; je ne l\u2019influencerai en rien.\u2014Vous ne l\u2019influencerez pas, soit!.rnaisi, au moins, conseillez-lui exigez qu\u2019elle revoie ce jeune homme!.\u2014 A quoi bon subir !5.a présence:, si nous ne devons pas être unis, répondit Aimée elle-même.\u2014 Encore une fopis, qu\u2019en peux-tu savoir?.Vas-tu te mettre en travers de la destinée?.Que lui reproches-tu?\u2014 Rien: je ne le yonnais pas.\u2014 Apprends à le connaître.\u2014Le mariage ne me sourit pas.\u2014Elle est folle! Vous voyez bien qu\u2019elle est folle!.exclama madame de Beauvoir en .se tournant vers son mari.A vingt-deux ans|, le mariage ne lui sourit 32 LE SAMEDI 10 pas.En vérité,, j\u2019étais loin de m\u2019attendre, à apprendre que mes filles,' allaient choisir entre le célibat et la vie monastique.Tu veux être nonne?.\u2014Pas davantage.Mon désir est de rester comme je suis; nous verrons plus tard.\u2014 Est-ce que tu t\u2019imagines! que monsieur Viriville va se morfondre en soupirs pendant des années entières?.Ma chère, d\u2019autres comme toi, ont fait les sottes, et elles se sont mordu lel3 doigts toute la vie d\u2019avoir accepté, dans une heure de dépit, ce qui *»\u2019était digne ni d\u2019elles ni de leur situation.Un silence gros d\u2019orage plana sur les trois têtes.Exaltée, madame de Beauvoir trouvant que l'a question ne se tranchait pas assez vite, continua: \u2014Il faut dire que dans la circonstance présente, les rôles sont renversés; car, mon enfant, monsieur Viriville a plus que toi, mais il passe là-dessus : C\u2019est un homme délicat !.De Beauvoir se raidit sur son siège.Aimée p'âlit.Elle devinait que la flèche était lancée contre son père.Sa résolution héroïque s\u2019ancrait de plus en plus en elle .Sans s\u2019en douter, madame de Beauvoir manoeuvrait contre elle-même.\u2014Je reconnais qu\u2019il s\u2019est facilement épris!, dit-elle.Pour cela je le plains.La jeune femme éclata d\u2019un rire ironique .\u2014Voyez-vous ça!.De la pjtié!.de la compassion pour un personnage qui la vaut dix fois !.Vas-tu faire la précore?.En véritéi.je ne sait3 ce qui flotte dans l\u2019air de cette maison!.J\u2019ai seule le sens pratique et le cerveau équilibré.J\u2019ai beau remonter dans la lignée de mes ancêtres, je n\u2019y trouve que des têtes saines et ses jugements rassis.Tous leurs actes en font foi !.La réussite de leurs entreprises en est une preuve palpable! D\u2019où a-t-elle pu tirer cette ifaussebé de vue et ce raisonnement borné?.Aurais-tu trouvé, là-bas, à travers les monts du Dauphiné quelque prince charmant qui t\u2019aurait ensorcelée?.On le croirait à la placidité avec laquelle tu acceptes ma communication.L\u2019image de Léon dans la gare de Gon-eelin, puis sous la charmille avant l\u2019arrivée des Viriville, passa devant les yeux d\u2019Aimée.L\u2019émotion ne dura pas, car elle sentait le regard de son père rivé sur elle.Il ne fallait pas qu\u2019il connut l\u2019immensité de son sacrifice.\u2014Je crois que vous pouvez vous dispenser de semblables suppositions, balbutia de Beauvoir.Les personnes que nous avons vues n\u2019ont pris; aucun intérêt à notre existence.Elles ont passé.nous sommes partis.rien n\u2019est resté entre nous !.Sait-on, sait-on jamais avec un pareil entourage?.Vous vous entendriez tous deux cela ne me surprendrait pas !.De Beauvoir détourna les yeux de sa fille dans la crainte d\u2019une fausse interprétation de la part de la mère.Il faisait des efforts inouïs pour ne pas répliquer, afin de ne pas rendre Aimée témoin d\u2019une discussion aigüe .\u2014Vous ne me supposerez pas capable d\u2019user d\u2019influence.1 albutia de Beauvoir, puisque je ne vous ai pas quittée.\u2014 Je ne comprends pas ce que tu veux dire maman.Nous entendre papa et moi?.Pourquoi?.Va c\u2019est beaucoup de mots pour un petit résultat.Monsieur de Viriville ne se doute pas du mauvais sang que tu te fais pour lui et de l\u2019obligation qu\u2019il te devra.Tu serais donc bien heureuse de l\u2019avoir pour gendre?.Jamais* jusqu\u2019ici, tu n\u2019as insisté comme tu le fais}, quand un jeune homme a demandé ma main.\u2014 Je serais doublement heureuse si) aujourd\u2019hui, je pouvais me dire que j\u2019ai élevé des enfants, que je me suis sacrifiée pour elles que j\u2019ai vécu de la vie la plus monotone et la plus stupide pour avoir le droit de m\u2019attendr à une abnégation de leur part.Certes, il en est beaucoup qu* accepteraient, les yeux fermés, ce que je te propose.Le coeur d\u2019Aimée se tordit.-Je regrette, dit-elle tristement, que tu te sois impesée toute cette série de luttes.J\u2019aime à croire que tes souffrances n\u2019ont pas été aussi vives que tu veux le dire.Dans tous les cas, c \u2019est la première discussion que nous avons ensemble ; je désire que ce soit la dernière.Je suis fâchée d\u2019en être la cause involontaire.Tu peux recevoir monsieur Viriville autant de fois que tu le voudras.Les sourcils de Beauvoir se rapprochaient pendant que la figure de sia femme s\u2019illuminait.\u2014.mais, continua Aimée, je ne changerai pas d\u2019avis.\u2014 Eh bien ! dit la jeune femme en se levant, il reviendra et nous verrons qui, de mO|i.ou de toi) aura le dessous.Mme de Beauvoir passa la soirée à é-ehafauder des plans.Ses rêves consolidaient mal; elle pressentait qu\u2019elle aurait plu!3 de difficultés qu\u2019elle n\u2019avait supposé, et le pli amer de ses lèvres témoignait de son dépit caché.\u2014Djeu ! que la plupart des femmes sont bêtes!.se disait-elle.Et c\u2019est ma fille qui va grossir le nombre de ces stupides qui demandent à l\u2019amour leur décision?.La belle avance d\u2019avoir un coeur qui bat à en faire perdre haleine devant un mus-calin qui n \u2019a pas seulement à vous offrir un piédestal solide.Heureusement que je isius là pour l\u2019empêcher d\u2019abandonner un piarti que nous ne devons pas lâcher.J\u2019espère avoir dans les jours qui ise préparent la ténacité de mon brave et digne père!.Ma fille me traitera de desposte, mais quand plus tardj, elle trônera au mi-h\u2019eu d\u2019une foule forcée de reconnaître la distance qui existera entre elle et ses valets., elle pourra dire; \u201cG\u2019est à ma mère seule que je dois ce que je suis.\u201d C\u2019est- ainsi qu\u2019elle calmait .ses légitimes appréhensions, ne doutant pas que \u2018Gout finirait par s\u2019arranger\u201d au gré de ses désirs.Oui à force de ménager les rencontres, reprenait-elle après de longs silences j\u2019aurai gain de cause.mon amabilité, à moi compensera des premières froj-,\t33 deurs de ma fille Conquiert-on un coeur d\u2019emblée?.Malgré son assurance d\u2019elle-même, elle éprouvait un accès de rage froide en pensant que la vie ;se chargeait de mettre une sourdine à ses projets, et son sommeil fut rempli de cauchemars.Quand elle se réveilla le lendemain- elle était d\u2019une humeur massacrante .Rien ne marchait au gré de sa fantaisie.Elle commandait, décommandait, parlait fort, montait descendait, en un mot faisait du bruit avec une telle exubérance que chacun l\u2019évitait.Elle étajit encore dans cet état nerveux quand le propriétaire de Bertimau et Léon Lentral arrivèrent devant la maison des de Beauvoir que leurs pensées n\u2019avaient pas quittés depuis la veille.L\u2019oncle et le neuveu se composaient une figure.Chagny était dominé par L'idée de s\u2019assurer qu\u2019Aimée ne lui en voulait pas.Léon avait hâte d\u2019apprendre l\u2019impression produite par son rival et il faisait, des voeux ardents pour trouver le moyen de dire un mot, un seul, à Aimée.Peu s\u2019en fallut qu\u2019il manquât son coup, car, pendant leur visite qui ne fut pas très longue, madame de Beauvoir ne les quitta pas une minute Elle-même faisait tous les frais de la conversation.Chagny découvrit dans cette fièvre le jeu des nerf?de la jeune femme.Léon ne comprit pasi.Il était si absorbé par la vue d\u2019Aimée sur le visage de l quelle il aurait voulu lire une réponse à son interrogation muette, il craignait tellement de partir sans le mot réconfortant qu\u2019il était venu chercher, que son cerveau restait fermé idée qui ne fût pas Aimée elle-même.Chagny consulta sa montre.Mon enfant, dit-il à Léon, tu n\u2019as paa de temps à perdre.Il est bon que tu partes.-\u2014Croyez-vous?\t; \u2014 Oui, Séripho n\u2019a plus des jarrets de jeune cheval.Avec une lenteur qui disait son regret, Léon se leva.\u2014Nous n\u2019aurons pas sans doute le plaisir de nous voir très souvent.maintenant.d'it madame de Beauvoir.Ce n\u2019est sûrement pas de ce côté que vous trouverez vos pas !.\u2014 Oh !.oh !.protesta Chagny avec précipitation, j\u2019espère bien ne pas être a-bandonné complètement.Les questions d\u2019avenir demandent de la prudence.On ne les bâcl'e pas à la vape)ur.Qui va piano va sano.chère madame !.Très doucement Léon glissait du côté d\u2019Aimée qui sentait le nouvement.Heureusement pour eux, un fermier se trouva dans le jardin quand tous sortirent du salon et monsieur de Beauvoir interrompit la marche pour lui parler.Léon n'avait qu\u2019à précipiter ses phrases : le temps pressait.'\u2014 N\u2019ajoutez pas foi à ce qu\u2019a lancé mon oncle, hier, je vous conterai tout un jour, dit-il, en cherchant à lire sur le visage de la jeune filie ce que son trouble l\u2019empêchait d\u2019y découvrir depuis son arrivée,\t?\\ 20 Elle esquissa un sourire.\u2014 C\u2019était un fiancé, n\u2019est-ce pas! \u2014 Oui.\u2014 Vous plait-il?Elle leva sur lui des yeux étonnés.\u2014 De grâce, madame de Beauvoir va nous suivre: donnerez-vous suite à la demande?\u2014 Oh ! non ! Merci !.monosyl'laba Léon, j\u2019emporte réponse et j\u2019en vivrai !.!\tXIII AIMEE A SON AMIE '! I f Madame de Beauvoir fit comme elle a-vait dit et les Viriville vinrent plusieurs fois.Entre chaque visite, la mère et la fille avaient de pénibles discussions, mais ni l\u2019une ni l\u2019autre ne se soumettait et rien ne faisait prévoir laquel des deux capitulerait.De Beauvoir s\u2019inquiétait de la tournure aigre-douce que prenaient parfois1 ces débats.Il connaissait sa femme; il savait qu\u2019elle ne fléchirait pas et ses inquiétudes augmentaient.Une autre pensée venant à la rescousse ne contribuait pas à calmer ses craintes : M.Viriville déplaisait-il réellement à Aimée comme elle le disait, ou cachait-elle, sous cette réponse, l\u2019héroique sacrifice du dévouement filial.Cette idée le torturait .\u2014 Ma chère petite) dit-il un jour, je voudrais que tu aies en moi une grande confiance et que tu m\u2019ouvre ton coeur.Pourquoi ne donnes-tu pas suite à la proposition qui t\u2019est faite?La question embarassa Aimée- Elle ne répondit pas tout d\u2019abord, mais après quelques minutes de réflexion : \u2014 Père, doit-on se marier sans amour, demanda-t-elle soudain?Ce fut lui qui hésita à se prononcer.\u2014 Sois-franc, continua-t-elle^ aussi franc que je vais l\u2019être moi-même.Dis-moi si une union où ne président que des conventions mathématiques, peut être un© union où deux coeurs se fondent, se comprennent marchent confiants l\u2019un en l\u2019autre.Je ne sais pas grand\u2019chose de la vie dans ce doux nid où vous avez isu é-carter de moi tout ce qui aurait pu être un sujet de peines, mais je crois avoir une assez nette notion de la vie de famille pour croire qu\u2019il est impossible de se supporter quand la lueur d\u2019affection n\u2019illumine pas la route.Père, qu\u2019en penses-tu?De Beauvoir regrettait presque d\u2019avoir ouvert le feu de la discussion.Aimée ne le quittait pas dis yeux afin de tirer de la moindre hésitation.\u2014 Ma chère petite, murmura-t-il d\u2019une voix très basse, il ne faudrait pas que ton imagination et ton coeur neufs exagèrent les difficultés ou les joies.Les vies les plus heureuses ne sont pas exemptes de peines : le devoir se place souvent LE SAMEDI dans un chemin rude à monter.Là seulement, je veux dire dans l\u2019accomplissement du devoir, mon enfant est le ' rai boni eur.\u2014 Je suis convaincue de ce que tu me disÿ, père mais- je trouve que tu me parles d\u2019une façon trop générale, précisons, si tu veux, Il est question q« moi, n\u2019est-ce pas?\u2014 Oui, mon enfant.f\u2014 Oui, mon enfant.De moi qui dois être heureuse ou malheureuse .\u2014 Malheureuse !.Toi ?.Ah ! ne dis pas cela; je parerai les coups; je me -irai en travers de la fatalité, interrompit de Beauvoir en s\u2019animant.\u2014 Eh bien, père, dans la circonstance que nous traversons, je voudrais, moi qui suis l\u2019intéressée ne prendre que toi pour modèle.C \u2019est pour cela que, en commençant, je te demandais d\u2019être très franc.Les paupières de Beauvoir s\u2019agitèrent et son coeur battit violemment.Quelle question embarrassante allait lui poser sa fille?.Devait-il, lui condamner sa femme qui était sa mère à elle?\u2022\u2014 Père, maman a-t-elle été ton premier amour ?.Il se recueillit, puis, très doucement, comme pour s/e bien rendre compte de chaque mot, il dit d\u2019un voix résignée: \u2014 Je te répondrais affirmativement que tu ne me croirais pas, ma fille.Quand je me suis marié, je touchais à la trentaine et, de vingt à trente ans, un homme a le temps d\u2019étayer des rêves.\u2014 Les tiens ont dû être grands, forts: tu as un généreux coeur.Etais-tu payé de retour ?.,\t\u2014 Pourquoi retourner tant de pages?demanda-t-il tristement.Le passé est le passé.A quoi te servira de savoir que j\u2019ai aimé ausisi loyalement aussi honnêtement qu\u2019on puisse aimer, et que cet a-mour.sous le coup d\u2019une horrible réalité, n\u2019a pas eu le résultat que j\u2019avais caressé !.Il pâlissait.Sa voix était défaillante.Aimé® s\u2019approcha de lui et lui entoura le coü de ses deux bras.\u2014Ce n\u2019est point pour te torturer, croisle, que je te demande tout cela, c\u2019est pour m\u2019unir plus intimement â toi.Père, tu as dû beaucoup souffrir, je le comprends aujourd\u2019hui que je sais.Elle se ravisa et dit : Aujourd\u2019hui que je me rends compte de ce que doit être un sentiment vrai.Elle comprenait qu\u2019elle touchait une blessure; aussi, très doucement, à voix presque basse, pour qu\u2019il n\u2019y eût aucun heurt, elle questionna.\u2014Ne se reprent-on pas de détourner les yeux de ce que l\u2019on chérit!.N\u2019as-tu jamais eu de regrets ?.Aimée !.De grâce !.ta mère a de grandes qualités, dit-;l avec un effort visible.Je sais cela.mais.vos coeurs é-taient-ils deux coeurs faits pour se comprendre ?.Père adoré.Dis-moi.l\u2019as-tu jamais revue?k chaque mot n\u2019en donnait pasi moins une expression brutal© qui décollait une à une des chairs déchirées de son coeur malade.Il répondit par la phrase que la Darnel en bleu lui avâjt murmurée un mois aupa« i.ravant.\t« \u2014\tQu\u2019importe, puisque nous ne devions*.118 ' rien avoir de commun ensemble.Les soufrances du pauvre homme étai- 1 ent visibles : ses yeux se cernaient et ses.|ï lèvres s\u2019amincissaient.\u2014Quand on a aimé, père, et que pour | un motif quelconque on renonce à l\u2019être \\) chéri, peut-on, lorsque des relations ami- : cales lient les deux familles, revoir la créa j: ture aimée sans d\u2019horribles souffrances?| Le mieux, dans ce terrible cas est de j| ne pas tergiverser.Il faut soi-même, ma qi chère petite, avoir l\u2019énergie de rompre j et d\u2019éviter toute rencontre.Aimée,, c\u2019est | U atroce.oui., atroce., il semble qu\u2019on ; défaille et qu\u2019un vide immense se creuse à | vos pieds.mais c \u2019est le devoir !.Une sainte femme m\u2019a donnée ce doulou- la bénis I Iîr\u2018 reux conseil que j\u2019ai suivi : chaque jour.Aimée se tut.\u2022\u2014 Et tu as consenti à ne plus, la revoir ?| demanda-t-elle encore très honteuse del tant oser.\u2014 Oui, mon enfant.\u2014Mais le souvenir, père.le souvenir| est plus fort que la volonté.Il me semble, que) par moments.longtemps apfrès.1 il peut encore revivre avec une telle force que l\u2019image aimée doit se placer devant nous pour nous rappeler les heures où, confiants, l\u2019on croyait à la possibilité d\u2019une union.Que doit-ce être, père, si le souvenir fidèle assaille l\u2019âme quand on n\u2019est pas heureux., quand on est lié.quand on ne peut plus tendre la main.quand on ne peut pas même donner une caresse !.De Beauvoir était hébété.Pour ne pas crier sa douleur il se raidissait contre toute l\u2019oppression qui le soulevait.\u2014 Mon enfant chérie, on se cramponne à la vie en détournant les yeux du passé pour ne regarder q l\u2019avenir.Il y eut un grand silence .De Beauvoir avait besoin de repos et Aimée ne savait à laquelle de ses pensées s\u2019arrêter.Elle poussa un long soupir comme lassée de ses premiers pas dans la vie,, elle embrassa son p>ère et lui dit: \u2014 Père adoré, je t\u2019aime comme on aime l\u2019auteur de ses jours, et je te vénère comme on vénère un martyr !.Il voulut parler; l\u2019émotion l\u2019en empê-cha.\t\u2022 j ¦ \u2014 Alors, ouvrant ses bras», il rendit les caresses de son enfant sans pouvoir prononcer un seul mot.Aimée n\u2019était pas satisfaite: quelque chose manquait à ses renseignements.Quoi?Imi JCCfD 1 î ai \u2022 t\u2019inn 34 LE SAMEDI 11 -Elle ne savait pas, mais elle sentait que tout ce qu\u2019elle venait d\u2019entendre formait pour un chaos dans lequel même, à tête reposées elle ne débrouillerait rien.Un scrupule intime qui était l\u2019arrière-fond de son âme lui commandait de faire le silence sur les amertumes de la vie du chef de famille, mais un poin4, restait à é-claircir.Sans se rendre compte de l\u2019épreuve secrète qu\u2019elle occasionnait, sans se douter que de l\u2019époque évoquée datait la mélancolie inguérissable qu\u2019elle avait toujours vue chez son père, Aimée avec l\u2019âpre ténacité et la quiétude de celui qui ne comprend pas le mal qu\u2019il cause, demanda : \u2014 Quand tu t\u2019es marié* père, aimais-tu maman?\t, \u2014 Quelle idée !.Comment peux-tu eu douter?.\u2014 Tu l\u2019aimais.répéta-t-elle doucement comme une finale de berceuse' qui endort un enfant.D\u2019une voix qu\u2019il s\u2019efforçait d\u2019assurer, de Beauvoir affirma : \u2014 Certainement .Toujours comme dans un rêve, Aimée questionna : \u2014 Te le rendait-elle?Il cacha l\u2019émotion que lui causait »s
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