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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 21 octobre 1911
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1911-10, Collections de BAnQ.

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[" 0 NOTRE NOUVEAU FEUILLETON: LE FANTOME DE LA MORTE.4Q VOL.XXIII, No 20 MONTREAL, 21 OCT.1911 Journal Illustré Hebdomadaire Le Numéro Sets .ri,\"# ^ CSt - S.; ; ?lJ': ¦ -\t.¦\t¦ I ¦ ¦\t'\t¦ i:H: \u2022\u2022 ' - \u2022-% : ¦ .\u2022 * % :>-\u2022 ;.â.; .* '\t\u2019 ¦\t'\t¦ J;,/' , UN AMI FIDELE 2 LE SAMEDI « XN l i % | «MM éSi ^\t^ Wl Wl \\§J| La vie au Vingtième siècle diffère à tous les points de vu ) de l\u2019existence que l\u2019on menait au bon vieux temps jadis.Nous vivons double aujourd\u2019hui, nous allons à toute vapeur, nous dépensons noire vitalité comme s\u2019il n\u2019y avait pas de limite à nos forces, comme si nos nerfs étaient d\u2019acier.La nourriture substantielle qui suffisait aux générations précédentes ne répond plus aux exigences de notre organisme.Il nous faut des toniques et des reconstituants et c\u2019est LE VIN ST-MICHEL qui nous les fournit sous la forme la plus agréable, la plus rapidement assimilable, la plus bienfaisante, sous la forme du Tonique-Reconstituant par excellence qui régénère le sang et, par lui, toute la constitution.Le VIN ST-MICHEL convient à tous les âges et aux estomacs les plus délicats.C\u2019est, à tous les points de vue, le vin des dames par excellence.Un verre avant les repas en fait un apéritif-digestif incomparable.Un verre entre les repas soutient ët développe les forces.BOIVIN, WILSON & CIE, MONTREAL Distributeurs pour le Canada et les EtatsUnis EASTERN DRUG Co., 14 Fulton St., BOSTON Depositaires pour les Etats-Unis AB li J i i; E81M r ¦ ffs in ¦ W,\u2019 >, ATTENTION au nouveau roman qui commence dans ce numéro, son intérêt dramai- \u2022 L\u2019eau est indispensable à la vie humaine; l\u2019excès dans tout ne vaut cependant rien, à preuve ce qui s\u2019est passé à Austin.Il n\u2019y a rien de si amusiant qu\u2019une pelure de banane causant la chute de quelqu\u2019un.quand elle ne se trouve pas sous notre talon.\u2014Ma seule peur, voyez-vous, ça serait de mourir un vendredi.\u2014J\u2019vous crois, ça porte malheur! \u201cGirl\u201d ou \u201cLine\u201d peuvent être synonymes; c\u2019est le cas parfois, au téléphone, lorsqu\u2019on entend la décevante réponse: \u201cLine is busy\u201d.On connaît les noces de coton, de bois, d\u2019argent, d\u2019or, etc.C\u2019est une édifiante série, mais pourquoi donc n\u2019y trouve-t-on pas les \u201cnoces de coeur\u201d?O Un homme qui dit du mal de la Femme me fait l\u2019effet d\u2019un mendiant qui critique une bank-note de mille piastres, alors qu\u2019il n\u2019en a jamais vu.Se croire au-dessus de tout le monde est une grossière erreur.Les greniers, eux aussi, sont plus élevés que les autres étages, et c\u2019est ilià qu\u2019on relègue les choses intuiles.\u2014Monsieur vous vous êtes conduit, tout à l\u2019heure, en vrai gentleman.\u2014Comment cela?\u2014Quand je suis tombé au bal en déchirant la robe de cette dame qui vient de notre côté, vous êtes le seul qui n\u2019avez pas ri., -\u2014Je crois bien! cette dame est ma femme et c\u2019est moi qui paierai la robe. a LE SAMEDI LES AVENTURES DE TRAMPINARD « n ,¦ 'r,57çr- 1 \u201cPauvre Lucas!\u201d se disait en lui-même l'incorrigible bohème; \u201cn\u2019avoir à manger que du ipain sec.Quelle vie.\u201d CHRONIQUE DE MODE La blouse de lingerie est un vêtement trop pratique, trop varié et trop facilement renouvelable pour -que la vogue puisse en diminuer.Le costume tailleur en grosse soie, en foulard, en lainage ou en toile se porte beaucoup à la campagne et il est très pratique pour le voyage et il\u2019auto; jamais on n\u2019a tant porté la jupe et la jaquette que cette année; on n\u2019a donc jamais tant porté le complément obligé de ce costume: la blouse.Les blouses ont les tons les plus imprévus; elles sont en linons rayés de toutes façons; en tissus exotiques; en gros tulle lavable, brodé; en crêpons, en grenadine de coloris violent.Les blouses de lingerie sont garnies, par devant, d\u2019un entre-deux de dentelle traversé de fins brandebourgs de fils.On en voit à plis alternés ornés de jours faits là la main.Pour le négligé du matin, les linons blancs rayés de rouge ou de bleu sont d\u2019un effet très coquet, très jeune et d\u2019une fraîcheur délicate.Une longue cravate noire flou, enroule sa note artiste autour du col souple rabattu.La blouse de marin en noir et blanc, avec la volumineuse cravate en avant, se recommande surtout pour le voyage en auto et en chemin de fer.Une fée dans son domaine, telle doit être la femme chez elle.Tout, autour d\u2019elle doit lui servir de cadre; mettre en valeur sa grâce, sa distinction, son bon goût.On reconnaît la nature de l\u2019esprit d\u2019une femme élégante aussi bien à s-a toilette d\u2019intérieur qu\u2019aux bibelots et à -l\u2019ordonnance de son \u201chome\u201d.Elle peut être vêtue chez elle de bure blanche, en délicieux moinillon, serrée à la taille par la grosse cordelière de discipline, ou bien se draper dans un péplum aux plis innombrables et harmonieux, aux lignes tanagr-éennes.Toutes les fantaisies lui sont permises pourvu qu\u2019elles soient originales et é-légantes.Si elle a un minois parisien, une mine espiègle, un nez retroussé comme celui de Ro^elane, des yeux écarquillés par la joie de vivre, son genre de beauté s\u2019accommodera des modes du dix-huitième siècle; si elles est svelte, l\u2019enveloppante simplicité des robes empire lui conférera une incomparable grâce.Le kimono japonais tentera toutes les brunes lectrices de Pierre Loti toutes les imaginations éprises d\u2019exotisme.On trouve dans tous les magasins ces jolies vêtements de mousmés si frais, si suaves et dont les impressions: sur crêpons d\u2019origine- révèlent le goût inné fies artistes qui les ont composées.Une large bande de couleur tranchante souligne souvent l\u2019encolure et les manches.2 -Mais comme il passait près d\u2019un âne, 3 Les abeilles, heureusement, reconnu-celui-ci lui lança une ruade terrible, qui rent le coupable; et, pendant qu\u2019elles s\u2019a-l\u2019envoya retomber au milieu d\u2019une ruche charnaien^ à poursuivre l\u2019âne.d\u2019abeilles.4 .l\u2019heureux Lucas avait l\u2019insigne bonheur de se régaler de leur miel! LES EXPRESSIONS BIZARRES \u2014Comment faites-vous pour avoir de Tar-gent devant vous?\u2014J\u2019en mets de côté! LA SERVANTE DU MUSICIEN \u2014Tu as changé de domestique! Tu n\u2019as plus ta négresse?\u2014'Mais non, mon vieux, tu sais bien que la noire ne vaut qu\u2019un temps.LE REVERS DE LA MEDAILLE l^onsoi^ woh$leu* imscur M.ontlév- \u2019jhOY'Ul'-* Aiomtd.U!-' ftoYisai* -Wü/15û*uv.5ai i' $>OKIK>lV niionieoy MayiutUY- La proportion que prend le patron aux yeux de ses employés quand il quitte le bureau.V7- c ~ 7u_o // 1 wm pÉl 2\tCharles.\u2014Dis-donc, Pierre.Es-tu assez habile pour te tenir sur la tête, comme\u2019nous, Pierre.\u2014Certainement ! 3\tEt tandis que Pierre s\u2019efforçait de demeurer dans cetfe position le plus longtemps pogsible, ses compagnons profitèrent de l\u2019occasion! LE SAMEDI 9 N Une Aventure Voyage o Nouvelle Dramatique îli les Æ pas, lise to# \\ Ce paysage d\u2019Auvergne était aride et désert.Devant moi, la montagne dressait ses flancs abrupts et désolés, sur lesquels aucune habitation n\u2019attachait son relief.Nul sentier ne rayait 1\u2019'épiderme du géant de granit .Une herbe rare, quelques taillis de ronces tachaient seuls, par endroits, d\u2019une teinte plus foncée, la monotonie de sa masse grisâtre.Parfois un amas de rochers au milieu desquels le bruit de mes pas éveillait un écho sonore qu\u2019ils se renvoyaient l\u2019un à l\u2019autre, comme s\u2019interrogeant, surpris de la présence d\u2019un intrus dans leur solitude.Puis, tout retombait dans un calme et puissant silence .A mesure que je m\u2019élevais, l\u2019air m\u2019arrivait plus vif, plus pur.Peu à peu, au-dessous de moi, les environs se tassaient, s'unifiaient dans une plaine lointaine.Le monde s\u2019écartait, la vie se reculait au-delà de la montagne, dont la masse grandie semblait de plus en plus s\u2019isoler superbement.Mon étonnement fut extrême, en arrivant au sommet, de rencontrer, dans ce désert, où je me croyais presque le droit d\u2019être seul, un étranger assis sur une roche.Il se tenait absorbé, la tête entre ses mains.J'en voulus aussitôt à sa présence d\u2019avoir ramené ma pensée sur la réalité d\u2019un monde auquel je ne pensais plus, d\u2019avoir rompu en moi \u20181e charme étrange et sévère qui montait de ce lieu sauvage.Cependant, l\u2019inconnu avait relevé la tête et me fixait.Soudain, il se leva et, s\u2019approchant: \u2014C\u2019e'st beau! fit-il, d\u2019un geste large, embrassant l\u2019horizon.Et, sans attendre ma réponse, il reprit : \u2014J\u2019aime ces abîmes sans fond, ces ravins escarpés, ces roches monstrueuses, jetées les unes sur les autres dans un désordre puissant qu \u2019antenne main humaine ne saurait rompre.J\u2019aime les accès difficiles qui écartent les importuns ; je me familiarise avec leur vertige et contemple sans peur leurs vides béants.Sublimes sommets où l\u2019on se sent petit et l\u2019esprit élevé , où l\u2019on oublie ses ennuis, ses rancunes, ses misères, où l\u2019on n\u2019oserait parler de luttes mesquines, de passions arides, devant.ces masses énormes crevassées dans un large rire silencieux et ironique.\u2014Vous êtes poète1?fis-je.Sans répondre, il continua: \u2014Chose étrange, ce lieu si désert réunit en ce moment plus d\u2019ê-tres humains qu\u2019il n\u2019en vit peut-être jamais à la fois.Voyez, au-dessous de nous, ces silhouettes minuscules qui gravissent les flancs de la montagne ! A nos pieds, en effet, trois hommes, que l\u2019on apercevait réduits à d\u2019infimes proportions montaient la pente escarpée, semblant suivre une piste dont ils 'cherchaient les indices en des allées et venues singulières.L\u2019étranger s\u2019était tu, toute son attention concentrée sur les in'connus dont il suivait des yeux la marche ascendante.Après un long silence, il reprit, se parlant à lui-même: \u2014\u2018Comme ils semblent petits! Ainsi, du haut de notre orgueil, nous voyons nos semblables.\u2014Monsieur, ajouta-t-il en me saisissant par le bras, ces trois êtres humains, de vos amis peut-être, vont s\u2019engager sur cette sorte de corniche qui se trouve devant eux.Voyez, le premier a déjà posé le pied sur le passage fatal.Us sont perdus.car, U\u2019 m /.Le malheureux nous précipita dans l\u2019escalier je le sais, la corniche, minée en dessous par les pluies va s\u2019écrouler sous leur poids et les précipiter dans l\u2019abîme.\u2022 \u2014Ciel! m\u2019écriai-je épouvanté, il faut les avertir! \u2014Inutile, me dit mon interlocuteur en ricanant, vous êtes dans l\u2019impossibilité de leur venir en aide.Ils ne peuvent vous apercevoir et sont trop éloignés pour que le bruit de votre voix leur parvienne.Convaincu de votre impuissance, vous ne pouvez que leur crier mentalement votre avertissement, chercher instinctivement à leur transmettre votre pensée en concentrant toute votre volonté sur votre propre désir de less sauver.Mais eux, inconscients du danger, insensibles à la force occulte de votre espoir, continuent de marcher à leur perte.Et non ! pourtant, voyez.ils rebroussent chemin.auraient-ils subi votre mystérieuse influence?Les trois étrangers, en effet, avaient tout à coup modifié leur route et venaient de disparaître derrière un énorme rocher qui les cachait à notre vue.Mon compagnon, cependant, reprenait : \u2014-Eh bien, monsieur, nos amis, nos parents qui sont morts, voient de même notre avenir, nos dangers et nos fautes.Invisible, impalpable, leur esprit nous enveloppe, cherchant à nous Impressionner, à nous signaler nos périls.Mais notre être grossier ne ressent pas leur influence.Parfois seulement, en certains états nerveux pendant lesquels l\u2019acuité de nos sens est portée à un point extrême, nous avons la vision fugitive de leur avertissement.C\u2019est là ce que nous appelons un \u201cpressentiment\u201d.\u2014Vous êtes spirite ?demandai-je.\u2014Monsieur, dit encore l\u2019incon- \u2014\u2014_____________________nu, vous plairait-il d\u2019être doué de l\u2019admirable faculté de comprendre le langage des esprits immortels qui cherchent à se manifester à nous?\u2014Sans doute ! répondis-je en riant, pensant à une plaisanterie.Mais mon bizarre compagnon reprit avec un sérieux imperturbable : \u2014Cette faculté, je puis vous la donner.Oh! ce n\u2019est pas sans un sacrifice de votre part, saierifi-ce bien léger pour un don aussi précieux.Mais, d\u2019abord, jlais-sez-moi vous dire encore ceci, et vous comprendrez la nécessité de vous soumettre à mon opération.Pourquoi nos pressentiments se présentent-ils presque toujours sous la forme de rêves?C\u2019est qu\u2019en notre état de sommeil, nos sens reposent.ne distraient pas de notre esprit la part d\u2019attention, de travail, qu\u2019il est forcé de leur accorder à l\u2019état de veille.Ah! ah! ali! Le voilà le secret! Ici, l\u2019inconnu ricana d\u2019une fa-çon étrange.A ce moment, je fus envahi par une sourde appréhension.Son attitude, peu à peu, s\u2019était modifiée.Il semblait.agité, oui, agité., fébrile même, avec dans son accent, derrière ses gestes, comme une exaspération naissante.Que voulait-il dire avec son opération?Avais-je affaire, à un magnétiseur qui voulait exercer sur moi la puissance de son fluide ?Cela me sembla probable, lorsque je vis ses yeux dilatés me fixer avec un éclat singulier, et je n\u2019en doutai plus lorsque, fouillant dans la poche de son vêtement, il en tira une longue épingle à chapeau qu\u2019il agita furieusement.\u2014Regardez, fit-il, regardez ! \u2014Oui.oui, répondis-je en reculant.je sais.on fixe la pointe de votre aiguille.je connais ça, et l\u2019on s\u2019endort.Mais je n\u2019ai nullement l\u2019intention de me prêter à vos expériences et.\u2014Ah! ah! ah! s\u2019esclaffa l\u2019insensé, l\u2019endormir!.Il pense que je vais l\u2019endormir! Non pas, cher monsieur! Endormir vos sens., peuh! C\u2019est les supprimer, monsieur, qu\u2019il faut dire, dégager votre esprit de leur servitude, et le mettre en communication avec les esprits immortels !.Epouvanté, je reculai devant ce fou dont l\u2019accès (je le voyais 10 LE SAMEDI clairement) venait de se déclarer.Mais lui s\u2019avançait toujours, brandissant son épingle.\u2014Encore un qui ne veut pas !.Ah ! ah ! Ils y tiennent tous à leurs yeux, les insensés ! Son visage était empreint d\u2019une férocité effrayante, ses yeux étaient injectés de sang, ses dents grinçaient affreusement.Je me sentis perdu.Soudain, il bondit comme une bête fauve.D\u2019une étreinte formidable, il \u2019mécrasa à terre.J\u2019essayai en vain de me dégager.Accroupi sur moi, me maintenant d\u2019une main de fer, de l\u2019autre, il lève la pointe aiguë.Je fermai les yeux.Soudain une clameur, des pas précipités.puis une violente secousse.J\u2019étais délivré du poids qui m\u2019oppressait.Je me relevai tout étourdi.A quelques pas de moi, le fou se débattait sous les efforts de trois hommes occupés à le ligotter.Ce fut vite fait.Déjà, ils l\u2019entraînaient.\u2014Vous l\u2019avez échappé belle, me dit l\u2019un d\u2019eux, comme ils me quittaient, il est fou furieux.Depuis ce matin, nous sommes à sa recherche.\u2019 \u2019 \u201cUn gardien a, je ne sais par quelle distraction, laissé la porte de sa cellule ouverte et, quand nous accourûmes pour le maîtriser, la folie décuplant ses forces, le malheureux nous précipita dans l\u2019escalier.\u201d Ils me quittèrent sur ces mots.Longtemps, je restai à la même place, sous le coup de Démotion, où m\u2019avait plongé cette aventure extraordinaire, dans ce lieu où j\u2019avais cru trouver la solitude et l\u2019oubli.Au loin, à mes pieds, dégringolant la pente de la montagne, s\u2019éloignait un groupe bizarre, au milieu duquel se débattait une silhouette gesticulante.Hâtifs, les hommes regagnaient à grands pas le lointain.la vie devinée dans l\u2019au-delà de l\u2019horizon, pressés de ramener leur capture dans la fournaise humaine.Ils arrivaient auprès de l\u2019endroit où je les avais pour la première fois aperçus.et s\u2019engageaient sur la corniche soi-disant minée, avait assuré le fou.Soudain, chose étrange.un singulier mouvement de bascule les agita., ils oscillèrent.puis, en une seconde:, disparurent dans le vide, au milieu d\u2019une avalanche de terre, de cailloux, de poussière.Et du fond de l\u2019abîme, sembla monter vers moi un ricanement fantastique et mystérieux.SOLIDES SUR LEURS JAMBES On raconte sur un loueur de voitures renommé pour la maigreur et la vieillesse de ses haridelles, l\u2019anecdote suivante.Elle est, évidemment, plus amusante qu\u2019authentique.Larosse, c\u2019est, le nom du loueur en question, ayant besoin de deux chevaux pour compléter sa cavalerie, envoya son palefrenier à un marché qui se tenait à quelques milles.Le palefrenier, convenablement stylé, fit le tour du marché et s\u2019arrêta devant un marchand qui paraissait posséder la qualité de chevaux qu\u2019il cherchait.L\u2019affaire fut rapidement conclue.Deux chevaux, à raison de $3 la pièce, passèrent aux mains du palefrenier.Il est d\u2019usage, en pareil cas, de la part du marchand, d\u2019offrir le déjeuner à l\u2019acheteur, et si celui-ci est un subalterne, de lui en verser l\u2019équivalent.Le marchand fouilla dans ses poches pour trouver les quarante sous dont il se proposait de gratifier son client, mais il n avait pas de monnaie.\u2014Je voulais vous donner 50 cents, dit-il, mais je ne les ai pas.Et il ajouta: \u201cPrenez donc un cheval à la place.\u201d Le palefrenier s\u2019empressa d\u2019accepter la proposition et s\u2019approcha des chevaux rangés côte à côte.Comme il se disposait à choisir un cheval dans le milieu de la rangée, le maquignon l\u2019arrêta: \u2014Hé! l\u2019ami, fit-il, n\u2019en retirez pas un dans le milieu.ils vont tous tomber les uns sur les autres.LA BONNE CHANSON Un voyageur qui, dans une auberge, s\u2019était fait servir à dîner, dit à son hôte, au moment de payer: \u2014Je n\u2019ai pas d\u2019argent, mais une belle voix; je vais, pour m\u2019acquitter, vous chanter une belle chanson.\u2014De l\u2019argent, Monsieur, je ne me paie pas de chansons! réplique l\u2019aubergiste.\u2014Si cependant je vous en chante une qui vous fasse plaisir, la prendrez-vous en paiement?\u2014Soit, mais il faudra qu\u2019elle me plaise ! Là-dessus, le virtuose chante plusieurs chansons, des romances, été., mais rien ne plaisait à l\u2019aubergiste.C\u2019était un parti pris.Enfin, le voyageur tira sa bourse en disant : \u2014Je vais vous en chanter une qui vous plaira, j\u2019en suis sûr : Allons, ami, ne faisons pas le sot, Ouvre ta bourse et paie ton écot.\u2014C\u2019est ça, s\u2019écria l\u2019aubergiste, voilà qui me plaît! Aussitôt le voyageur remet sa bourse dans sa poche, en disant : \u2014La chanson vous a plu.Tant mieux, vous voilà payé! POINTS CARDINAUX Le professeur s\u2019était évertué à faire comprendre à ses élèves les quatre points cardinaux.Désireux de savoir si ces explications avaient été saisies, il s\u2019adressa à Bob.Bob, surpris par cet appel, s\u2019empressa d\u2019avaler, sans la mâcher, une bouchée dont il s\u2019était promis plus de jouissance et déposa le reste de son goûter sur son pupitre.Ceci fait, il se leva : \u2014Avez-vous compris mes explications sur les quatre points cardinaux?demanda le professeur.\u2014Oui, m\u2019sieur, fit Bob avec assurance.\u2014Eh bien! si vous êtes placé de manière que l\u2019Est soit à votre droite, où se trouvera le Nord?Bob resta muet, les sourcils froncés, comme s\u2019il s\u2019absorbait dans une profonde méditation.\u2014Voyons, aida le maître, placé comme je l\u2019ai dit, l\u2019Ouest est à votre gauche.\u2014Oui, m\u2019sieur.\u2014Le Sud est derrière vous.\u2014Oui, m\u2019sieur.\u2014Et qu\u2019est-ce que vous avez devant vous?\u2014Une tablette de chocolat, fit Bob d\u2019une voix dolente.L\u2019âme supérieure regarde en face d\u2019elle et non pas au-dessus, ayant conscience qu\u2019elle est elle-même en haut.\u2014Nietzche.PILLES A MARIER Les .Mères.\u2014Alors, Mesdames, c\u2019est convenu.Nous conserverons pour cette sauterie les robes que nos filles portent aujourd\u2019hui.\u2014/Mais bien entendu, à quoi bon faire des frais., Chez une des Mères.\u2014Si toutes ces dames ont proposé cela, c\u2019est qu\u2019elles trouvent sans doute que ta robe ne te va pas bien.Aussi je vais te faire faire une autre toilette; et n\u2019en parlons à personne!.% A Les mêmes, (au bal).\u2014Crois-tu, mère, toutes ont une toilette neuve.\u2014iSi ce n\u2019est pas honteux! .Et toutes qui avaient promis de garder leurs robes.Je ne leur pardonnerai jamais ce manque de loyauté. ii ÇA VA MAL A LA MAISON \u2014 Ah! quand je songe que Georges et Emile ont tous deux demandé ma main, et que je les ai refusés, et qu\u2019ils sont devenus riches, tandis que toi, Edgard, mon époux, tu es resté pauvre comme Job! \u2014Mais c\u2019est tout naturel, chère amie.Georges et Emile sont toujours 'célibataires et n\u2019ont pas eu à payer tes robes, comme moi.ENTRE BONNES AMIES \u2014Georges m\u2019a dit hier que je suis la plus belle fille qu\u2019il ait jamais vue.\u2014Oh! il m\u2019a dit la même chose l\u2019an dernier.\u2014Oui, mais depuis un an, il doit, tu comprends, avoir bien meilleur goût !.LE SAMEDI BON CŒUR *\u2018ï w\\ m* *^4 M.Grassouillet, (à son épouse).\u2014\u201cDescends un peu de la voiture, maintenant, Fifine.Crois-tu donc que notre âne est un Hercule ! \u2019 \u2019 A QUOI CELA SERT Deux idiots entrent dans un magasin pour acheter un chapeau.On leur en montre une grande variété; ils jettent leur dévolu sur l\u2019un d\u2019eux, qui porte dans l\u2019intérieur un petit miroir, faisant fond avec la coiffe.\u2014Pourquoi faire ce miroir ?demande l\u2019un.\u2014T\u2019es bête, dit l\u2019autre, c\u2019est pour voir comment qu\u2019y va quand on l\u2019metJ.-.CHACUN SA PART \u2014Pourquoi que tu pleures?\u2014Pasque maman a donné une fessée à mon frère.\u2014Eli ben.tant pis pour lui, il n \u2019y a pas de quoi pleurer ! \u2014;Voui! Seulement papa m\u2019en a donné une ausi à moi !.VANITE CE N\u2019EST QU\u2019UN MALHEUR Il y avait un grand dîner au château des Piliers et les convives appartenaient en grande majorité au sexe barbu, dit le sexe laid.Bientôt la conversation prit une tournure malicieuse contre les dames, et l\u2019on se mit à traiter la question de savoir si \u201cla femme est vaniteuse\u201d.Mme de la Herse, une des rares dames présentes, constata l\u2019unanimité des hommes à déclarer la femme coquette et vahiteuse.Elle prit la parole : \u2014Vous êtes tous d\u2019avis, messieurs, que la femme est vaniteuse, mais qu\u2019allez-vous penser de moi quand j\u2019aurai relevé une incorrection dans la toilette de l\u2019un de vous?En effet, celui d\u2019entre vous qu\u2019on peut considérer comme le plus beau et le plus élégant, a oublié de mettre sa cravate.A ces mots, chacun des hommes présents de porter la main à son cou, avec un mouvement d\u2019ensemble d\u2019une précision militaire.\u2014Etes-vous toujours d\u2019avis, messieurs, dit la spirituelle personne en quittant la salle, qu\u2019il n\u2019y a que la femme qui soit vaniteuse?ÇA DURE LONGTEMPS! Ohampoireau va consulter son dentiste.\u2014Alors vous avez des rages de dents?demande l\u2019homme de l\u2019art.\u2014Des rages épouvantables qui me prennent toutes les cinq minutes.\u2014Et qui durent?\u2014Un quart d\u2019heure au moins.Le bourrelier de mon village acheta l\u2019autre jour le petit âne du voisin.\u2014C \u2019est une bonne bête, dit l\u2019homme.Prenez-le de confiance.Notre bourrelier le prit, mais au bout de quelques jours, il ramena le baudet en se lamentant de cette manière : \u2014Ah! c\u2019est mal! c\u2019est mal!.Vous ne m\u2019aviez pas dit que votre âne avait un grand défaut.\u2014Quel défaut?.\u2014Il ne voit que d\u2019un oeil, il est borgne!.\u2014En ce cas, vous vous trompez, dit le vendeur d\u2019un ton grave, car être sourd, être borgne, ce n\u2019est pas un défaut, c\u2019est un grand malheur !.LE RESTE Un professeur, qui aime les démonstrations pratiques, posait un jour la question suivante à ses jeunes élèves, auxquels il enseignait les fractions.\u2014Voyons, mes enfants, lequel de vous va répondre le premier.Supposez qu\u2019un pâtissier m\u2019apporte un beau gâteau.J\u2019en mange la moitié, j\u2019en donne un tiers à Jean et deux douzièmes à Pierre, que restera-t-il ?Tous les élèves se penchèrent aussitôt sur leur pupitre pour .exécuter le problème, sauf le petit Tristan qui leva le doigt.\u2014Eh bien, Tristan, fit le professeur, que restera-t-il ?\u2014L\u2019assiette, répondit Tristan.ESPERANCE DURABLE\tCE QUE PEUT FAIRE UNE PAUVRE FEMME UNE PERLE \u2014 Me refusez-vous d\u2019espérer que vous serez mienne?\u2014Moi vous refuser cela, mon ami! Mais non, je vous autorise même à l\u2019espérer jusqu\u2019à la fin de vos jours !.ÇA PEUT SE CROIRE \u2014Elle est morte de mort subite.\u2014De mort subite ! Ah bah ! Elle n\u2019y était pas sujette! C'est toujours Çcu J La.Idécil C0 Cfu'i Qui 'Uu.'t-tu p.vtn- fournit Ici Ja chun«e de lui.~Yi4Y Ipc \"s, i\tfil -tier j lutny prit !>ûiw d'un $ou Jrvur 'U c [voisin?m/SKÊ mMmsx \u2022!®WI mm \u2014Votre nouvelle servante a l\u2019air bien sage et bien tranquille.\u2014Oh! je vous crois.Elle ne dérange même pas la poussière.UN BON ORATEUR \u2014Pendant la période électorale, nous avons eu un orateur des plus remarquables.\u2014De quoi a-h-il parlé ?\u2014Ça, il ne l\u2019a pas dit.Totns! Jént Suis Jiai J lrt ¦her¦ ' Moire lait coûte hlus fcl\\ bien dirai à.Alon.continuen a.fou.r'nir le.\u2019 U jiinte$ de la.ita Tburquoi donc'! Bien T'en, veux- 3 jiintes p.ar Touy.qu i! est nteUleu-ife viisho.id-re TTLCLhlace si vousnx» l'-wgt.cfnvi autre- / jtfë retire sen te flour leur faire fie -dre leurs JiUu.es l'autre de ne ha.% venir.la Idéal Co- JE 12 1\t(Laricot est un terrible chasseur.en paroles.Un jour il vit, dans le désert, un lion affamé venir droit à lui.Laricot aurait bien voulu être ailleurs.LE SAMEDI LÀ TRANSFORMATION DU CHASSEUR 2\tMais, s\u2019il est peureux, il est cependant ingénieux.Il grimpa sur le dos de son cheval, un vieux carcan qui valait tout juste 2 5 cents.> 3\tPuis disposa ensuite sa couverture sur lui: \u2014Tiens! se dit le lion, j\u2019aurais bien cru cependant qu\u2019il y avait un homme ici et je ne vois qu\u2019un vieux chameau.RECONCILIATION Le comte Jovibeit avait lancé plusieurs épi grammes 'contre le maréchal Saiilt.Ce dernier, dans le but d*e se venger, se détourna un jour et avec ostentation du comte, et ce, aux yeux d une trentaine de personnes.\u2014M.le Maréchal, dit Joubert très calme, je constate avec plaisir que je ne suis point au nombre de vos ennemis.\u2014Pourquoi pas, Monsieur, demanda Sault.\u2014Parce que ce n\u2019est pas dans vos habitudes de tourner le dos à l\u2019ennemi ! La réconciliation eut lieu sur l\u2019heure.CEUX QUI ONT TORT Un bicycliste va donner de la roue dans le dos d\u2019un passant qu\u2019il renverse, tout en ramassant une superbe pelle.Le \u201cpédard\u201d se relève, et apostrophant la victime: \u2014Espèce d\u2019imbécile !.s\u2019écrie-t-il.Est-ce que vous ne pouvez pas regarder \u201cderrière\u201d vous?LES INCREDULES La Paysanne.\u2014Moi je ne crois pas du tout à la vaccine.Mon voisin est mort deux jours après avoir été vacciné.\u2014Comment donc est-il mort?\u2014Ecrasé par un train.DEUX BONS TIREURS \u2014D\u2019où venez-vous ce matin?demandait M.Z.à Marins Bas-gnac.\u2014D\u2019une affaire d\u2019honneur au pistolet, avec mon ami Ohigne.\u2014Eh bien! qu\u2019est-il arrivé?serait-il.mort?\u2014Il se porte à merveille ! Mais, cap-de-dious ! nous- sommes habiles tous les deux.allez! \u2014Et comment cela?\u2014Nous avons visé en même temps, et si juste, que nos deux balles se sont rencontrées à mi-route et se sont trouvées écrasées comme des pommés cuites ! ENTRE ACTEURS DE THEATRE \u2014 A ce passage de mon rôle, je me demande comment je pourrai bien faire pour avoir l\u2019air assez lugubre.\u2014Pense au 10 piastres que tu me dois !.PRESTIDIGITATION Une des dames présentes est invitée à se faire escamoter.Un gendre décide sa belle-mère à l\u2019expérience.Au moment où l\u2019opérateur fait constater à \u201cl\u2019honorable société\u201d que la daine a bel et bien disparu, le gendre s\u2019écrie vivement : \u2014Si vous le voulez bien, nous nous en tiendrons là ! QUESTION D\u2019ELEVATION \u2014Il dit que son fils s\u2019occupe d\u2019élever le niveau des races humaines.\u2014Je crois bien, c\u2019est lui qui fait monter l\u2019ascenseur dans un grand hôtel !.HONNETE PETIT GARS! \u2014Hi hi ! j\u2019ai perdu un porte-monnaie.\u2014Il y avait beaucoup d\u2019argent dedans, mon petit homme?.\u2014Oh ! je ne sais pas, m\u2019sieu, c \u2019est le vôtre que j\u2019allais prendre juste au moment où Ce grand diable qui s\u2019en va là-'bas me l\u2019a soufflé sous le nez !.UN TOUR DE CANAILLE 1 Bequembuis entend venir une automobile derrière lui.Vite, il fait placer sa famille sur toute la largeur du chemin.LES PREUVES D\u2019AMOUR Lui, (se traînant à genoux).\u2014Ah! mademoiselle, je vous, aimerai de tout mon coeur, de toute mon âme, de toute.Elle.\u2014 'Georges, quand vous me parlez ainsi, êtes-vous sérieux?Lui.\u2014Sérieux, mademoiselle ! Est-ce que j\u2019userais ainsi mon pantalon si je ne l\u2019étais pas?LES BONS COEURS Lui\u2014Quel malheur !.Encore une catastrophe !.Elle\u2014Quel bonheur !.Encore une fête de charité !.- Pi m &¦.m A 2 Pour ne pas les écraser, le chauffeur stoppe brusquement, ce qui a pour effet de projeter les voyageurs hors de la voiture.i s\u2019il eût voulu en saisir le beau sexe perfi- : de et le pousser dans les flammes.Mais non.en fait de flammes, son esprit était ailleurs ou plutôt feignait d\u2019être ailleurs.Nous avons dit qu\u2019ils avaient, Geo et : >1 lui, des conventions secrètes.Et qu\u2019ils se comprenaient sans parolas.ou du moins en attachant à leurs parole» un sens particulier.Reposant ses pincettes, M.Paul Laloy tira violemment un cordon de sonnette.L .On n\u2019 en était encore point aux boutons électriques dans le tribunal de ChâteauviL lars.Geo apnarut.\tj | -Veuillez donc, lui commanda son maître nettoyer eet intérieur de cheminée qui doit être obstrué, ça ne tire pas, et mêle** if vos bûches de fagot, afin de m\u2019obtenir un^ flamme ardente.On gèle ici et Monsieur le Docteur aura une piètre idée de no» i combustibles.4 LE SAMEDI 17 t la W H I H J H J %; : e\\ '«ï\u2019at kept® ce mal » traça pjfl les ara te] et sia xlro; ¦ '3e à® .rie I \u2019Jiélôiî» PjA ;1 liM #1 (F Geo, clignant rapidement de l\u2019oeil, s\u2019était agesnouillé sur la plaque du foyer et opérait, avec le petit balai, une sorte de ramonage très lent, très méticuleux.\u2014\tContinuons, monsieur le Docteur, approchez-vous plus près, ne vous préoccupez pas, Geo est un employé de confiance et d\u2019une discrétion éprouvée.Le médecin reprit: \u2014\tEt ayant agi distinctement, l\u2019une en dehors de 'l\u2019autre, ce qui ne veut pas dire, que ce ne fût point en même temps l\u2019une que l\u2019autre .\u2014 Je ne comprends pas très bien.-Veuillez vous résumer.\u2014.Voici : les pas féminins, exclusivement féminins et d\u2019espèce différente, ici des bottines mignonnes de dimensions quoique de confection solide, et là des semelle» sans talons, les pantoufles de pieds longs ; ici des pas rapides, d\u2019espaces variés et au besoin desi pas dè fuite, et là des pas lents, réguliers, même hésitants, lourds : donc ici des pas, des pieds de femme jeune, vive, inquiète; là les pieds d\u2019une femme agéA circonspecte, qui examine mais ne voit rien, d\u2019extraordinaire, n\u2019a pas peur.Les pas de jeune femme sont venus par la port» du fond du parc et sont aussi repartis par là ils ont stationné près du banc, près de.Jean; ceux de la vieille venaient de je ne sais où et sont repartis je ne sais où, vers-l\u2019étang de la propriété, sur sa droite, man à aucun moment ils ne se sont rapproché» de l\u2019endroit où se sont rencontrés et le lieutenant et la femme jeune.Geo ayant terminé son semblant de nettoyage, poussé aux dernières limites raisonnables, dut quitter le cabinet pour aller quérir du fagot.Le procureur s\u2019arrangea pour interrompre le récit du docteur, afin qu\u2019il n\u2019en, perdit point la suite.Se levant brusquement, il s\u2019en fut fouiller dans un tiroir et en rapporta un paquet de cigarettes orientales qu\u2019il offrit au médecin en en déchirant l\u2019enveloppe.Celui-ci remercia d\u2019un geste; il ne fumait pas.M.Paul Laloy alluma la cigarette qu\u2019il prit pour lui-même sur le le refus du docteur.Geo était était déjà rentré avec une poignée de brindilles.Il se livra à la construction d\u2019un nouvel édifice de chauffage et parut s\u2019y absorber complètement.\u2014 Vous en concluez?interrogea le procureur, en lançant une bouffée en l\u2019air.¦\u2014 Que la jeune femme et l\u2019officier estaient déjà auprès du banc aux environ» quand la personne âgée est survenue, pour les surprendre sans doute car on se promène guère de nuit en hiver pour son plaisir; elle ne doit les avoir découverts et Içs cherchait sans doute plutôt ver» l\u2019étang, cet étang qui existe sur toute la partie droite du parc et du château, mai» eux, épouvantés quand même d\u2019une inspection sur laquelle ils ne comptaient point se sont sauvés, du moins la jeune-femme s\u2019est sauvée et lui a été poussé violemment ou est tombé comme une masse, la tête en arrière sur le banc de pierre ; voilà ce qui me semble être la vérité.\u201d \u2014 Mais qu\u2019est-ce qui vous fait croire que la circulation de la jeune femme, du lieutenant et de la personne âgée a été de la même heure?\u2014 Ceci que la terre s\u2019est durcie vers onze heures quand la pleine lune, en ise levant a dissipé le brouillard et peu à peu amené la gelée ; nos acteurs du drame ont circulé auparavant sans quoi ils n\u2019eussent point laissé d\u2019empreintes visibles pas plus les jeunes que la vieille; les scènes successives se sont passées avant minuit, moment où il gela décidément et ferme j\u2019en sais quelque chose moi qui courais sur la route de Clémeries pour mon accouchement.Le procureur avait paru réfléchir.Il dit: \u2014 Plus vous vous expliquez, monsieur le Docteur, est plus j\u2019estime que vous avez bien fait de venir seulement me consulter ; il ne me semble point y avoir dans cette histoire de quoi fouetter un chat, au point de vue de poursuites criminelles j\u2019entends, car l\u2019accident de M.de Baudricourt est toujours fort regrettable; c\u2019est tout simplement une aventure galante du lieutenant qui a tourné au tragique, mais dont il serait tout le premier désolé qu\u2019on eût fait un scandale judiciaire quand, espé-rons-le, il va se guérir.\u2014 Je partagerais votre manière de voir sans ceci, que M.Jean étant en définitive chez lui et bien libre de s\u2019y entretenir a-vec qui lui convenait, n\u2019aurait point dû.être pris d\u2019une terreur qui l\u2019a foudroyé: que risquait-il, alors même que la vieil le, hostile à des rapports entre lui et la jeune femme et ayant des titres à s\u2019y opposer, fût intervenue, ce qui n\u2019a même point eu lieu; une discussion, une brouille, pas plus, voyons, voyons, un militaire de vingt-huit ans, robuste, grand seigneur riche?.Alors pourquoi cette peur terrible-, cette peur qui a fait fuir aussi la jeune femme, qui l\u2019a empêchée de lui porter secours s\u2019il y a eu lutte et que ce soit-elle qui l\u2019ait assommé en le repoussant?Pourquoi encore la vieille qui.si elle n\u2019avait point aperçu le groupe des deux jeunes gens qu\u2019elle cherchait, qu\u2019elle poursuivait, n\u2019a certainement point été sans entendre le cri déchirant de l\u2019officier se.fendant le crâne et la galopade frénétique de la jeune \u2018femme fuyant à deux cents pas d\u2019elle, car il n\u2019y a peut-être pas même deux cents pas entre l\u2019allée sablée qu\u2019a suivie la vieille et le banc de pierre, pourquoi ce témoin, enfin renseigné, n\u2019est-il point accouru afin de mettre la main su^ les coupables ou tout au moins sur ceux dont elle se défiait porter secours au blessé appeler, prévenir, dénoncer même si nous la supposons furieuse, ce blessé?Mais non, non, rien, aucunes nouvelles.C \u2019est inexplicable et terrifiant, à mon avis ! \u2014 Nous chercherons, monsieur le Docteur, nous chercherons ne brusquerons rien attendons, tout s\u2019expliquera de soi-même \u2022 tout au plus un chantage pour décider à épouser ou à forte somme.Vous m\u2019avez dit que vous étiez venu ici complètement en secret?\u2014Oui.oh oui.excepté pour Mlle Lucienne qui est dans ma voiture, en bas, rue de l\u2019Arquebuse.\u2014Qui ça, mademoiselle Lucienne?\u2014Oh, aucun danger, l\u2019aimable fille de la gardienne du château de Septfontaines, Virginie, que est cuisinière de Mme de Baudricourt depuis au moins quinze ans.Elle ma accompagné afin de remporter les médicaments que je vais lui remettre.Moi j\u2019ai des visites urgentes ici.\u2014Ah ! Quel âge ?\u2014 Vingt ou vingt-deux ans, je crois.Pas à s\u2019en inquiéter! \u2014 Quand retournerez-vous là-bas?\u2014< Dans la isoirée, après en avoir fini a-vee mes malades de Châteauvillars.\u2014Quand aurais-je l\u2019honneur de vous revoir ?\u2014 Demain, à pareille heure, si vous le voulez bien.\u2014Sauf au cas où j \u2019apprendrais quelque chose d\u2019extraordinaire, un incident grave, cas auquel je vous préviendrais sans attendre que je fusse libre.\u2014 Je vous en serais reconnaissant.Les deux hommes se séparent dans 1© vestibule.Geo les avait précédés depuis une minute, depuis l\u2019instant où il avait pressenti que le docteur ne dirait plus rien qui valût la peine d\u2019être écouté.Le procureur allait rentrer dans son cabinet en lui faisant signe de l\u2019y suivre, quand Geo le retint légèrement par une manche en lui montrant la fenêtre d\u2019un mouvement de la tête.Lui continua à arpenter la pièce en long et en large, afin d\u2019être aux écoutes et d\u2019empêcher une surprise.M.Paul Laloy se colla dans ce même an gle où Geo s\u2019était caché un peu plus tôt.Et il vit dans le cabriolet du docteur, ce que Geo voulait lui montrer.La jeune fille qui s\u2019y trouvait.La Lucienne dont avait parlé le docteur Lasalle.Le procureur eut tout de suite de l\u2019admiration dans les yeux, dans la physionomie.\u2014 Peste, un beau brin de fille ! Puis il eut un hochement de tête avec un pli de la bouche qui ajoutèrent: \u2014 Oui, mais qui n\u2019a pas l\u2019air si commode que cela! Le substitut fit du bruit dans le cabinet numéro 2\tj Et aussitôt le procureur et Geo détalèrent pour rentrer ensemble dans le cabinet numérol\t1 On entendit en même temps le tape-cul du docteur qui s\u2019en allait en cahotant sur les pavés disjointe de la vieille rue noire de l\u2019Arquebuse.Le procureur et Geo étaient rentrés dans le cabinet numéro 1.Ils attendirent pendant quelques instants afin de s\u2019assurer que le substitut ne viendrait point les déranger, puis le mai-tre dit au serviteur : \u2014Eh bien, qu\u2019en penses-tu.tof?-\u2014 De quoi, monsieur Paul?-\u2014 De ce qu\u2019a raconté le docteur?\u2014 Pour vous dire mon opinion, il faudrait tout savoir; je n\u2019ai entendu que la fin de la conversation des bribes.5 18 LE SAMEDI \u2014- Tu as pu deviner le reste?\u2014- Pas très bien, un seul détail suffit pour induire en erreur quand il est omis ou dénaturé.Si vous vouliez me répéter un peu l\u2019ensemble.Le procureur raconta ce qu\u2019il Gavait i Puis ili conclut : \u2014 Oh! ce n\u2019est pas que la devinette soit bien compliquée, les deux femmes, parbleu.c\u2019est cette demoiselle Lucienne qui n\u2019a pas froid aux yeux et sa maman Virginie.Elles se plaisent au château d* Septfontaines, surtout depuis que Mme de Baudricourt est morte ; elles y sont le» maîtresses et voudraient toujours y rester ce qui n\u2019arriverait pas si l\u2019officier se mariait, car la nouvelle châtelaine verrait de.chambre pareille à celle que nous avons aperçue.Alors la fille englue l\u2019officier, et la maman fait les gros yeux, menace au besoin.r\u2014 Sauf votre respect, monsieur Paul, je ne isuis pas de votre avis,, et je vous referai, pour mon compte, toutes les objec-' tions qu\u2019a faites à cette manière de voir M.Lasalle, lequel, a de la jugeote, par observation naturelle et par expérience du grand nombre de choses vues.Ce n\u2019est pas possible que l\u2019officier soit tombé de peur à la vue de sa cuisinière, alors même qu\u2019il eût donné un rendez-vous clandestin à la fille de la dite cuisinière, non, non, non!.Il ne s\u2019est point fendu la tête par pur accident ou congestion amenée par le froid, car alors il serait encore bien plus inexplicable que ses deux domestiques, ou au moins l\u2019une des deux, la jeune fille, le laissassent mourir sans secours, au risque d\u2019être chassées s\u2019il parvenait à se traîner au château ou de perdre tout de même leur place par changement de propriétaire, s\u2019il mourait, d\u2019être en tous cas mêlées à une vilaine histoire qui attirerait l\u2019attention sur elles infailliblement.Pour moi les deux femmes dont parle le docteur n\u2019étaient ni la-demoiselle Lucienne, ni la mère Virginie; tout au plus accorderais-j^ que la fille était Lucienne, mais alors B docteur s\u2019est trompé en croyant reconnaître un pas de femme dans les large», pieds plats de l\u2019allée où a circulé l\u2019autre, personnage; ces pas sont ceux d\u2019un homme, en pantoufles peut-être pour ne poiiû faire de bruit, d\u2019un ami secret de la bel- r le Lucienne, un rival du lieutenant.\u2014Tiens, tiens, mais cela expliquerait, en effet.Je vois où tu veux en venir.-continue.\u2014- Le gaillard, informé d\u2019une manière ou de l\u2019autre, a dû venir avant le rendez-vous, il: a fait un détour et a pris le ban^ de pierre et les jeunes gens à révéra quand il ont été réunis.Puis, à pas d» loup, il s\u2019est avancé avec une trique et.d\u2019un coup sur la nuque, a assommé 1 \u2019officier qui est tombé en arrière mais dont le blessure n\u2019a point été faite par le banc-, la jeune fille, terrifiée, prise entre deux hommes, s\u2019est enfuie.Voilà pour l\u2019hypothèse de l\u2019une au moins des deux femme» du châtau figurant dans l\u2019aventure de la nuit dernière ; et encore.encore.\u2014 Encore quoi?\u2014' Encore cela ne me satisfait-il pas.Non, cela non plus n\u2019est point la vérité! \u2014 Où @st-êlle donc? tous cas elle n\u2019eût point remporté sa mas- i sue sanglante, et on n\u2019a rien retrouvé sur a D\u2019ace en fait d\u2019instrument de crime.La cause de la chute de l\u2019officier et la, |;-t cause de la fuite d la visiteuse ce fut la | vue de l\u2019être qui arpenta l\u2019allée plus û rapprochée du château, à cent cinquante b où deux cents pas.Et voilà justement où pour moi gite le mystère, un mystère qui B-me donne la chair de poule et me fah craindre d\u2019être obligé de m\u2019allonger de fameux coups de poing sur la efeboche a-vant de le deviner.\u2022\u2014 Pourquoi?' \u2014\tParce que.voyons, monsieur Paul, réfléchissez-y trois secondes avec moi, parce qu\u2019il a fallu que ce personnage aper- d çu seulement, qui ne semble point les a-voir menacés ni mêmes vus, qui allait d\u2019un pas lent, régulier, que ce personne- £ 6 LE SAMEDI 19 ge dont eux, jeunes l\u2019un et l\u2019autre pou-; vaient se moquer de toutes manières, fût épouvantablement terrifiant pour l\u2019un et l\u2019autre.\u2014 Cétait ou l\u2019amour ou des intérêts graves qui réunissaient M.de Baudricourt et sa jeune fille ou femme, ils disposaient de peu de temps sans doute et avaient beaucoup de choses dont ils ne s\u2019étaient probablement encore point expliqués ou dont ils n\u2019avaient point définitivement convenu.Ils avaient l\u2019un pour l\u2019autre, ou de l\u2019affection ou de l\u2019estime, selon la nature de leurs relations, mais tout au moins de la sympathie polie.Or lui.un soldat, oublie tout, sa compagne, le but de la réunion, la nécessité de rentrer à la caserne, perd la tête et tombe foudroyé et elle, sans pitié, sans savoir ce qu\u2019il deviendra, abandonne son compagnon s\u2019en fuit éperdue au lieu de se serrer contre lui, de marcher avec lui contre l\u2019obstacle-.La fuite de la jeune femme qui devait être I\u2019amie, et une amie sérieuse de l\u2019officier, me déroute encore plus que sa pâmoison, à lui; c\u2019est elle qui n\u2019aurad plus dû trouver de jambes, tomber là, et lui coûte que coûte, eût dû marcher sur le personnage de l\u2019allée si ce personnage, n\u2019avait 'té pour ses yeux terrifiés, pour les yeux terrifiés de la jeune femme, pire que la mort !.Mo'ilà ! \u2014Diable ! diable !.Enfin, écoute, nous ne pouvons rien dire tant que nous n\u2019aurons point entendu à nouveau le médecin et que, surtout, tu n\u2019auras pas été.faire un ou même plusieurs tours là-bas, à Septfontaines, à Clémeries; ce que tu constateras pourrait changer ta manière de voir \u2014 Possible, possible sur certains points, mais sur la question d\u2019un mystère inouï dans cette affaire, je ne varierai pas ; au contraire, je crois que plus nous irons plus nous descendrons dans les ténèbres.Mais j\u2019allumerai ma lanterne et.r\u2014Et?\u2014Dans huit jours, dans un mois ou dans trois il faudra bien que j\u2019arrive à y voir clair ! Je vain déjà chasser ce soir et toute la nuit s\u2019il le faut ! \u2022**r- Ne te fais pas voir, ni même soupçonner ! \u2014 Ne ^raignez rien! Je serai l\u2019ombre que personne n\u2019aperçoit ni ne saisit.Je me doute bien que les yeux et les oreilles de toutes les gens de par là, coupables ou non, doivent être aux aguets, quoi qu\u2019en dise le docteur qui croit les avoir endormis.Ah, si le blessé était revenu à - lui et racontait qu\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019un accident, peut-être seraL-on plus tranquille! Mais, pour l\u2019instant, je vais être o-bligé de jouer serré et d\u2019user des grands moyens.\u2014 Fais au mieux isans compromettre notre association ! \u2014Confiance, monsieur Paul! Je ne vous promets pas que ce drame sera la grande affaire sur laquelle compte Monsieur votre père pour Arous mettre en évidence, car je croi^ qu\u2019elle restera un sombre mys tère de coeur, une de ces intrigues qui sont criminelles sans que la justice puisse trouver matière à intervenir, mais elle nous servira d'écoh en nous passionnant prodigieusement.L\u2019EPEEUVE Le treize novembre mil neuf cent quatre se trouvait être un dimanche.Mais qu\u2019il fût\u2019 dimanche cette année-là ou lundi comme l\u2019année suivante, il n\u2019en demeurait pas moins le jour que tous les calendr:ers indiquent pour la fête de saint Brice., Or c\u2019est cette fête qui avait amené, le lundi treize novembre mil neuf cent cinq une réuniop des trois intelligences du docteur Lasalle, du procureur Laloy et du chauffeur Geo dans la recherche d\u2019une sanglante énigme.Et c\u2019était encore elle qui avait amené un an plus tôt une autre réunion, celle de deux coeurs, dans la recherche d\u2019un problème joyeux, mais tout aussi difficile, le dimanche treize novembre mil neuf cent quatre : Il y a des dates fatales dans la vie ! On remarquera cependant qu\u2019il n\u2019y a-vaüt point tout à fait correspondance entre l\u2019aventure inexplicable de M.de Baudricourt dans son parc de Septfontaines et ce qui va suivre, l\u2019autre scène, car pour cela il eût fallu que le malheureux officier fût ramassé mourant le mardi ma tir1 seulement, puisque le lundi! était jour de la Saint-Brice et qu\u2019en fait le drame était de la veille.Tandis que l\u2019autre aventure, qui composera ce chapitre-ci, eut lieu dans la soirée même du dimanche treize.On verra pourquoi cette différence de vingLquatre heures en moins pour la seconde année, alors que cependant la date, du treize avait été la came précoce, absolue, des deux scènes, dramatique l\u2019une et tragique l\u2019autre, scènes qui ge trouvèrent ainsi toutes deux un dimanche.C\u2019était Luc le treize novembre mil neuf cent quatre au soir, un dimanche, dans le même parc de Septfontaines où M.de Baudricourt avait été ramassé sanglant, contre le même banc de pierre qui l\u2019avait, oui ou non, assommé que va se dérouler la première scène inconnue de tous'; et qui avait provoqué la seconde dont les cervelles des trois enquêteurs se trouvaient fort embarrassées.La Saint-Brice était la fête patronale choisie par Mme de Baudricourt parce que le treize était l\u2019anniversaire de sa naissance bien qu\u2019en réalité sa sainte fût du quinze novembre seulement, car elle se nommait fort bourgeoisement Eugénie Souchard.Et, chaque année, son fils saisissait cette occasion de se rapprocher d\u2019elle, de lui apporter un peu de gaité.de consolation dans sa solitude de veuve.N Encore plus peut-être d'exaltation dans son orgueil de mère.Car Mme de Baudricourt était très fié-re du bel officier qu\u2019était son cher Jean.Aussi celui-ci ne manquait-il point d\u2019arriver à Septfontaines en uniforme.Uniforme qu\u2019il ne quittait presque jamais du reste, fier qu\u2019il était, lui, de cette glorieuse livrée de la patrie.Livrée qui lui seyait à ravir, il faut l\u2019ajouter.Donc escorté de son brosseur, le lieutenant de dragons était arrivé chez sa mère le samedi douze, la veille de la fête, ainsi que cela se fait d\u2019ordinaire.Sa garnison de Verdun n\u2019étant datante que de soixante-quinze à quatre-vingts kilomètres, l\u2019officier s\u2019offrait, de temps à autre, de ecs courses d\u2019entrainement pour les hommes et pour les bêtes, et venait à cheval, d\u2019une traite, avec seulement une halte de quelques heures vers le milieu de l\u2019étape.Il coucha au château, ne quitta point sa mère d\u2019une minute pendant toute la journée du dimanche et remonta à cheval, le repas du soir terminé, vers les neuf heures.Son service ne lui permettait point une plus longue absence.Après un dernier baiser de Jean de Baudricourt à la châtelaine, les deux dragons disparurent au trot, l\u2019un derrière l\u2019autre, dans la nuit, une nuit au ciel voilé par une brume générale, mais point obscure, et tiède.Moins de vingt minutes plus tard, le lieutenant s\u2019arrêta court, fouilla dans ses poches et dit à son brosseur: \u2014 Sac à papier, j\u2019ai oublié quelque chose!.Marche toujours en avant, si je suis plus longtemps que je ne crois être pour te rattraper tu m\u2019attendras à la halte en te faisant allumer du feu et préparer du vin chaud.Ne t\u2019inquiète pas! Et tournant bride, il repartit au galop dans la direction du château.Le brosseur s\u2019éloigna sans se préoccuper de l\u2019incident et songeant surtout au vin chaud que son lieutenant lui avait permis d\u2019avaler à l\u2019auberge de la halte.Mais l\u2019officier ne garda point longtemps le galop, ne suivit pas longtemps la route précédemment parcourue.Il se mit à un trot allongé, silencieux et se jeta dans un chemin de côté.Puis bientôt encore, il descendit de cheval, traversa des terres labourées., se glissa dans l\u2019ombre plus épaisse que fai-naient et un long mur et de® masses profondes d\u2019arbres.Ce mur et ces arbres étaient ceux du parc de sa mère, du sien, de leur Septfontaines.Un chemin rural, se dirigeant vers un écart de Clémeries appelé Les Hautes-Maisons, passant contre le mur, permettait d\u2019accéder à une porte de piétons.Depuis l\u2019instant où i1 avait mis les pieds sur ce chemin et glissé contre les murs du parc, Jean de Baudricourt essayait de percer les ténèbres du regard, s\u2019arrêta\u2019t de temps à autre, toussait.Il avait le parc sur sa gauche.A droite, de vieux poteaux aux fils de fer rompus marquaient les limites d\u2019une prairie.Il attacha son cheval à f\u2019un deux.La porte du fond du parc n\u2019était plus qu\u2019à vingt pas.Dans sa poche il prit une clef et s\u2019avança .Ce fut alors seulement que de l\u2019angle d\u2019un des piliers de la porte, avec lequel elle fermait corps, une «mûre marcha à 7 20 sa rencontre.Il ent un ali! involontaire.Son coeur battit plus vite.Ses mains se tendirent en avant.L\u2019ombre était celle d\u2019une femme couverte d\u2019un manteau imperméable des é-paules aux talons et dont une mantille de dentelle noire enveloppait complètement la tête .Cette femme était jeune, car elle avait des mouvements souples, l\u2019allure vive, rapide ; elle avait une taille élancée, une voix timbrée mais \u2022harmonieuse, et qu\u2019elle, fit encore plus captivante qu\u2019elle ne devait être habituellement pour demander : \u2014 C\u2019est vous, Jean?.C\u2019est bien vous n\u2019est-ce pas?L\u2019officier s\u2019était précipité.\u2014 Mais oui, Charlotte, répordit-il en étouffant tout à fait la sienne, mais oui, e \u2019est moi !.Chut ! Et lui saisissant ses deux mains gantées, il les porta passionnément à ses lèvres.Puis il interrogea autour d\u2019eux et les ténèbres et le léger vent de nuit.Rien, ni bruit, ni taehes mouvantes.La clef grinça alors dans la porte, une lourde porte de bois de chêne, peinte en eouleur verte et revêtue, à la base, d\u2019une tôle protectrice, au sommet de lances en fer porte d\u2019environ deux mètres de hauteur flanquée de deux piliers, de trois, en pierre de taille moussue, large d\u2019un mètre vingt ou trente.Le jeune homme s\u2019effaça, avec un salut, pour laisser passer sa compagne.Et pendant qu\u2019il refermait soigneusement, et à clef, la porte, il dit avec une émotion continue : -\u2014C\u2019est cependant la première fois que vous mettez les pieds chez les Baudrieourt Charlotte ; hélas, pourquoi faut-il que e*5 soit dans des conditions pareilles, en gens qui se cachent, alors que je voudrais crier mon amour à la terre entière ! La jeune femme ne répondit pas.Quelque chose comme un sanglot vint à ses lèvres.Mais elle l\u2019étouffa sons son petit mouchoir brusquement tiré de la poche, quoi-qu\u2019en même temps elle avait un recul vers la porte.Elle se retournait à demi, comme si elle eût voulu s\u2019en aller.M.de Baudrieourt lui prit la-main qui ne tenait pas le mouchoir pour l\u2019arrêter dans sa fuite en arrière.Elle s\u2019arrêta tout en répondant aux paroles précédentes du jeune homme: \u2014 Je ne saurais pour l\u2019heure vous donner, Jean, une preuve plus grande de ma fai en vous ; en venant ici, à pareille heure, sur vos prières instantes et pour un grave et définitif entretien, la fille pauvre que je suis, la fille qui a besoin du respect absolu de tous pour gagner sa vie, Charlotte Vigneron risque eL sou honneur et son pain.Dieu qui - cit le fond de mon.coeur et qui sait mon m Sbranlable volonté de plutôt mourir mi.Le fois, de mille fois plutôt rompre avec vous que de faillir au devoir, Dieu me juge\tJ\u2019ai cru bien faire.\u2014 Et vous avez bien fait, Charlotte, vous allez en avoir la preuve en m\u2019écou- LE SAMEDI a tant.Venez par ici, mon amie.Tout de suite après la porte une avenue de cinquante mètres peut-être, bordée de eharmilles, conduisant à un rond-point ombragé de vieux cèdres géants.Et de ce rond-point deux allées partaient l\u2019une à droite, mais en s\u2019inclinant peu à peu jusqu\u2019à une vieille chapelle attenant au château, et l\u2019autre à gauche mais en déviant aussi le plus en plus jusqu\u2019aux bord d\u2019un étang attenant aussi au château.De la chapelle à l\u2019étang, une bien plus large allée, sablée et fleurie de corbeilles, celle-là, se déroulait en passant sous 1er?fenêtres de l\u2019habitation et rattachait l\u2019édifice aux eaux comme aux deux terminai-sons des allées descendant du rond-po\u2019nt plus élevé.En sorte que le parc formait un vaste triangle dont le sommet était le rond-point des cèdres, l\u2019avenue de charnrJles et la porte verte, les deux côtés, les allés obliques, et la base, cette principale allée qui réunissait la chapelle à l\u2019étang.L\u2019intérieur du triangle était occupé par une pelouse très épaisse, humide, en pente.Dans le centre du ronu-point, quatre de ees vieux bancs de pierre isculptée, communs à tous les parcs à la Louis XV, étaient disposés en fer à cheval.M.de Baudrieourt guida celle que l\u2019on sait maintenant être une jeîme fille vers l\u2019un des bancs de pierre, celui de l\u2019extrême droite, celui d\u2019où le château était le plus en vue, à cent cinquante ou deux cents mètres.Malgré la demi-transparence de la nuit, il s\u2019estompait, ce soir-là, à peine comme une masse lointaine dans la brume.Quant aux deux promeneurs tardifs, il était impossible de les deviner là où ils étaient, depuis non seulement 1er?fenêtres du château mais même depuis le milieu de la pelouse.Ils se tinrent dabord silencieux, assis l\u2019un contre l\u2019autre et paralysés par l\u2019émotion de cette entrevue exceptionnelle.Comme le tic-tac d\u2018une horloge aux mouvements accélérés, ils pouvaient entendre chacun les chocs sourds et rapides du coeur de l\u2019autre.Ce fut enfin de Baudrieourt qui prit la parole sur un ton tout à la fois si ému, si grave et si tendre l\u2019effroi, la pudeur et l\u2019amour de la jeune fille devaient s\u2019en trouver pleinement rassurés.Et avec cette intuition rapide et profonde des femmes, qui aiment sur tout, elle le comprit si bien qu\u2019avant que le jeune homme eut achevé la première phrase elle s\u2019était rapprochée davantage de lui, levait sur lui des yeux dans lesquels elle n\u2019essayait plus de voiler son immense affection.\u2014 Charlotte, ce que je voulais vous dire, ici, chez moi, sur ce.banc où mon vénéré père s\u2019installait autrefois avec son unique enfant, son petit Jean, pour lui raconter des histoires merveilleuses, lui apprendre les mystères de la nature, lui ouvrir les yeux sur la puissance infinie du Créateur, cela ne pouvait être que du bien, du sacré.L\u2019atmosphère d\u2019honneur familial qui nous enveloppe, qui nous baigne, est non seulement votre garantie, mais elle eut encore plus, si possible, la mienne contre moi-même.Tout ce que je dirai ici, tout ce que nous ferons, Charlotte, mon père ma mère, votre père, votre mère pourraient l\u2019entendre et le voir si les circonstances l\u2019eussent permis.Notre situation est à part et c\u2019est ce qui nous justifie dans cette incorrecte réunion.Je vous aime, Charlotte, et je vous bénis encore plus que je vous aime, parce que vous avez été dès la première heure de mon amour pour vous, vous êtes, vous resterez à jamais pour moi une sauvegarde, un encouragement, un exemple.Je n\u2019ai été à aucun moment ce qu\u2019on appelle un mauvais sujet; l\u2019éducation isèvère des miens m\u2019a défendu contre les grosses chutes mais tout de même dans ce milieu militaire qui est devenu le mien, milieu de licence, de tentation, de jeunesse exubérante, je ne restais point toujours ce que j\u2019aurais dû être, j\u2019écoutais trop souvent des voix qui pour être enchanteresses n\u2019en étaient pas nioihù perfides, je cueillais des fleurs dont le parfum dissimulait le poison.La jeune fille aimait ardemment à fond, pour la première et la dernière fo:$ de sa vie; elle avait par conséquent les farouches intransigeances d\u2019une pureté virginale, toutes les haines #d\u2019une jalousie légitime .Elle frissonna à cette allusion à dee rivales; elle se rejeta comme si les lèvres qui s\u2019étalent approchées de son idole eussent laissé sur elle le venin de reptiles.Jean comprit ce qu\u2019elle devaH souffrir, Et aussitôt il ajouta avec un dégoût a-mer, des regrets qui n\u2019étaient pas feints: \u2014- Encore une fois, Chai lotte, je vous connaissais point, j\u2019ignorais ce que c\u2019est qu\u2019aimer, aimer d\u2019amour, aimer comme vous m\u2019aimez, Charlotte; il faut pardonner à un aveugle.Àh ! de la minute où j\u2019ai lu dans vos yeux si purs, de la minute où j\u2019ai senti que votre âme loyale, généreuse avait attiré la mienne isi fort que toutes deux s\u2019étaient soudées à ne plus faire qu\u2019un seul bloc, de cette minute tout le passé s\u2019est écoulé dans la boue et je n\u2019ai plus vu pour éclairer ma route que le bon ange que vous êtes, Charlotte !.La jeune fille ne répondit que par un mot, un nom, mais la façon dont il était prononcé, ce nom, valait toutes les ré-répmses ; L\u2019officier continua: \u2014 Si l\u2019ai tenu à.cet entretien.Charlotte, c\u2019était pour qu\u2019il servit de.fiançailles entre nous; je vous veux pour femme ou bien alors je ne me marierai jamais; donc je voulais vous engager solennellement ma foi en même temps que recevoir la vôtre.C\u2019est même pour moi plus qu\u2019une question de mariage ou de non mariage, c\u2019est une question de, vie ou de mort, car sans vous je ne tiendrais plus à rien, à rien.Charlotte redressa et son buste et sa tête inclinés ; elle prit une des mains de Jean de Baudricour dans les deux siennes et lentement, posément, mais énergiquement elle dit; -\u2014 Ecoutez, Jean, écoutez!.Ne vous exaltez point : ne prononcez point de pa- S LE SAMEDI 21 e*ti a J le.h,| 111 %l sujet; ]9 ' liefeal ^tdeJ 'est y tatatj Sm rf' ïéJ po® (J 155 loi! été ri»! iégoûi I.s feinfe:| , je i oe c r connu parèï-[irate il te!.i©\" n îles définitives; voyez la vie comme elle ;t, surtout un devoir, et ne m\u2019estimez ue ce que je vaux, beaucoup, allez! Vons vez votre mère, Jean, vous avez votre îétier, vous avez votre passé de famille, 6 compromettez rien, n\u2019engagez rien dan* e que vous considérerez, bientôt peut-tre, comme une folie de jeunesse, une .ouce folie mais une folie tout de même.D\u2019un brusque élan l\u2019officier avait quit-é le banc de pierre, arrachéf sa main à cel-e de Charlotte, tt il ,se tenait, debout, immobile, à trois pas plus loin, du côté de la îelouse, serrant violemment ses tempes de jes deux mêmes mains moites encore de a pression de Charlotte.Son bonnet de police avait roulé à ter-*e.La jeune fille s\u2019élança, elle aussi, mais pour tomber prosternée à ses pieds, pour Etreindre les genoux du désespéré entre ses deux bras réunis, pour y appuyer sa tête, les genoux de celui qui se répétait à lui-même d\u2019une voix sourde: \u2014Ah, je le savais bien qu\u2019elle ne voudrait pas!.Et elle prétend qu\u2019elle m\u2019aime !.Elle m\u2019aime et elle me tue ! \u2014\tJean, mon Jean, écoute, écoute-moi jusqu\u2019au bout!.Si, je t\u2019aime, si, et c\u2019est précisément parce que je t\u2019aime que je te dois la vérité, toute la vérité! Malgré sa pudeur, malgré sa fierté, malgré une retenue si ombrageuse qu\u2019elle a-avait à peine permis, jamais, que les lèvres du jeune homme lui effleurassent la mamelle le tutoyait.Elle tutoyait comme on tutoie dans la prière, elle le tutoyait pour lui montrer combien elle lui appartenait de désir, d^ bonne volonté, de sacifice.pour toute sa vie.\u2014\tJean, écoute, tu m\u2019aimes parce que tu veux bien me trouver belle ; mais qu\u2019est-ce que la beauté, ami cher?Un accident, une fièvre et il n\u2019en resterait rien; des filles plus belles que moi.Jean, tu en trouveras tant que tu voudras !.Tu m\u2019aimes encore, Jean parce que tu sais, que mon âme est à toi, qu\u2019il n\u2019y a joint de sacrifice, même celui de te fuir, de ne plus te voir, s\u2019il le faut, le plus grand de tous,point de sacrifice dont je ne sois capables pour ton bonheur, ton honneur.Tout ce qu\u2019elle peut, tout ce qu\u2019elle vaut par le coeur, Charlotte te l\u2019a donné et ne te le reprendra jamais, quoi qu\u2019il arrive!.Oui, mais l\u2019amour n\u2019est pas tout, Jean, il y a le devoir aussi; or le devoir et l\u2019amour doivent marcher d\u2019accord pour que le bonheur s\u2019en suive.; Quand je rencontre ta mère, Jean, ta pauvre maman qui n\u2019a que toi, qui sur ta tê e adorée a placé tous ses rêves d\u2019orgueil, tous ses derniers espoirs de joie en ce monde, toutes ses consolations de veuve solitaire, je frémis de crainte, de pitié, je pleure intérieurement sur elle et sur moi.Je ne suis pas la bru de haute naissance, de famille riche qu\u2019elle souhaite, qu\u2019elle cherche, qu\u2019elle entrevoit déjà pour son Jean, non.Trouvant, dans les paroles de la jeune fille, des raisons qui semblaient, de plus en plus, devoir aboutir à un refus, à une séparation, Jean de Beaudricourt détacha les bras de Charlotte, recula et vint retom- ber assis sur le banc de pierre où il éclata en sanglots.C\u2019est toujours pénible pour tous de voir pleurer un homme, un soldat.Que devait-ce être pour celle qui l\u2019aimait profondément! Elle resta sur place comme écrasée.Et, lui parla avec de la colère, avec, presque de la méchanceté.Le chagrin le rendait brutal, injuste.\u2014\u2022 Ma mère ?Ah, ma mère ! Eh bien qu\u2019est-ce qu\u2019elle est donc, elle?La fille d\u2019un brigadier forestier, enrichi, honnêtement je veux le croire, dans le commerce de bois.Ma mère?De la fortune?Mais pourquoi en demanderait-elle aux autres?Ce qu\u2019elle avait apporté à mon père a été, et depuis la mort de celui-ci, englouti en partie dans des spéculations sur les Sociétés de crédit; elle est pauvre, ma mère ; elle vit en recluse parce quelle n\u2019a même plus la facilité de mener un train modeste.De quel droit repro-cheraH-elle à une bru de n\u2019être ni d\u2019ancienne.origine, ni riche, si cette bru a tout le reste, ce qui vaut toutes les richesses et toutes les noblesses du monde, pourquoi?.Je ,viendrai à bout de ses résistances ! Ce sont des prétextes cela ; vous voulez vous dérober pour des raisons à vous; vous ne m\u2019aünez point sans réserves!.Ah, qu\u2019ai-je faR, qu\u2019ai-je dit pour que vous me fassiez tant souffrir?Et il continua de pleurer.Peu à peu, tremblante, inondée elle-même de larmes, mais de larmes silencieuses, avançant sur ses genoux, mais tendues, jointes Charlotte se rapprocha de lui.Elle ne put d\u2019abord que murmurer, en protestations, en prières: \u2014 Oh, Jean!.Oh, Jean!.Est-ce toi qui parles?Puis elle reprit d\u2019une vo\u2019x plus ferme : \u2014 Et c\u2019est précisément parce qu\u2019elle n\u2019est plus aussi riche qu\u2019il le faudrait pour sa maison, parce qu\u2019elle s\u2019est rendue compte de ce qui avait peut-être manqué dans une union entre elle, inférieure, et M.de Baudricourt, qu\u2019elle voudra, de toutes ses forces, une épouse noble et riche, influente, au lieutenant, demain capitaine, dans dix ans colonel de Baudricourt.Etre méprisée,, répoussée, maudite par votre mère, Jean, moi qui cependant l\u2019aimerais tant, cela, non jamais ! Etre soupçonnée, sinon accusée, d\u2019avoir par une vile intrigue brisé votre avenir, consommé la ruine de la famille dont vous êtes le tout, cela, non jamais.Réfléchissez bien telle que je suis, avec des yeux de sagesse; consultez votre mère, longuement; pour cela je vous donne, j\u2019exige une année; et si dans un an votre mère m\u2019accepte sans regrets aucuns si elle estime que mon amour, mon dévouement pour tous deux compense les autres nombreuses qualités qui me manquent, alors avec une humble gratitude je me remettrai entre ses mains pour que pendant une autre année, même deux, s\u2019il le faut, elle me façonne à sa manière, elle me change en la femme quelle veut à son fils.Ecoutez-moi, Jean, calmez-vous, jugez sans folle passion, et vous verrez que j \u2019agis pour votre bonheur; s\u2019il peut y en avoir pour nous si éloignés socialement l\u2019un de l\u2019autre.Oh ne me grondez plus ! Ne doutez pas de moi, vous me déchirez le coeur ! Le jeune homme s\u2019était ressaisi.Il réfléchissait.Il appréciait.Il reconnaissait ses torts, la ferme sagesse de Charlotte qui, contrairement à ce que mille autres eussent fait à sa place dominait sa propre inclination pour lui parler devoir, raison, qui lui donnait une preuve héroïque d\u2019amour en déclarant préférer son sacrifice.à elle, à une brouille entre la mère et le fils, à un mariage que l\u2019on regretterait, qu\u2019on lui reprocherait plus tard s\u2019il n\u2019avait point été l\u2019oeuvre de volontés réfléchies, d\u2019un accord joyeux, absolu de tous trois; mère, fils.fiancée.Il saisit les deux mains de la jeune fille pour la relever Ce qu\u2019elle fit d\u2019un bond, avec ravissement.Elle l\u2019avait persuadé.Il ne pleurait plus; il ne lui en voulait pas ! Et il ne prononça que trois mots, mais trois mots dits avec une telle tendresse, une telle admiration, une telle estime qu\u2019ils équivalaient à tous les serments, à toutes les caresses, à toutes les demandes de pardon: \u2014 Charlotte, je t\u2019aime! Et de ces trois paroles qu\u2019elle n\u2019avait jamais entendues, de ces trois paroles su1\u2019 les lèvres de l\u2019aimé, de ce tutoiement qui était comme une prise de possession de son âme la jeune fille reçut un tel choc-choc délicieux, mais tout de même trou rude après les émotions précédentes, qu\u2019elle fléchit sur ses jambes.Ne pouvant que murmurer en un souffle : \u2014Ah Jean, mon Jean, merci, à toi toujours ! Elle tomba tout de son long sur la terre molle,, sur la couche de brindilles desséchées, évanouie.M.de Baudricourt, aussi terrifié que si elle eût été morte, la souleva, lia porta sur le banc, l\u2019y soutint contre lui.Quand elle reprit ses sens, quand dans une longue aspiration elle chercha l\u2019air qui manquait à sa tête reposait sur l\u2019épaule de l\u2019aimé.Mais c\u2019était une vaillante.Elle ne s\u2019y attarda point.Ce n\u2019était ni l\u2019heure, ni l\u2019endroit des caresses.Vite elle fut debout.Et il limita.\u2014 Alors, c\u2019est convenu, dit-elle, dans une année, Jean?\u2014.Dans une année Charlotte, à pareil jour, à pareille heure, ici, pour l\u2019accord définitif.\u2014 Ou pour la définitive sépération, Jean.Mais convenons bien, dans un ar le treize novembre,, jour de fête de votre chère maman, ne sera point un dimanche comme aujourd\u2019hui, mais un lundi, or vous savez que j\u2019ai bien plus facilité de m\u2019absenter le dimanche?.\u2014 Qu\u2019à cela ne tienne; il faudra toujours que je sois ici la veille de fête, le dimanche douze, alors nous nous retrouve- 9 22 rons ce dimanchë-là «ans attendre cette date exacte d\u2019aujourd\u2019hui treize.Cela s\u2019arrange même très bien,, parce, que si toutes les voies «ont aplanies, comme j\u2019en suis certain, je vous présenterai à maman le jour même où nous fêtons à la fois sa naissance et la Sainte-Eugénie, et nous ferons une double fête, celle de ma mère et la nôtre celle de nos fiançailles sous la bénédiction de maman.\u2014 Dieu vous entende, Jean! \u2014 Donc au dimanche douze novembre-mil neuf cent cinq, ici, dix heures du soir, quoi qu\u2019il arrive?\u2014 Comme je serai venu de l\u2019intérieur du château je ne vous attendrai point au dehors, la porte sera ouverte au large, arrivez directement au mieux de vos possibilités, j\u2019attendrai ici dès neuf heures et demie puisque ma mère se couche tôt et que j\u2019aurai parlé de fatigue.Les deux jeunes gens reprirent l\u2019avenue de charmille.La porte fut ouverte doucement, prudemment .Ils regardèrent, personne.Le cheval eut un piétinement de reconnaissance pour son maître, d\u2019impatience pour rejoindre le compagnon d\u2019écurie qui l\u2019avait précédé.Ils s\u2019en approchèrent.C\u2019était une jument anglaise, noire, avec une étoile blanche au front.Charlotte la connaissait comme un^ femme connait tout ce qui appartient à.l\u2019homme qu\u2019elle aime, tout ce qui l\u2019intéresse .Elle lui caressa les naseaux de isa main gantée.\t, \u2014Tu as plus de chance que moi, Miss, Helyett., murmura-t-elle, tu vas t\u2019en aller avec lui, toi ! Et cessant de la caresser avec la main, elle la baisa au front, sur son étoile blanche.Comme si elle eût voulu montrer qu\u2019elle appréciait cette faveur de la femme pour la bête, Miss-Helyett eut un court hennissement.\u2014 Plus de chance que moi aussi, ajouta en souriant le jeune homme, on l\u2019embrasse elle ! ¦\u2014 Cela viendra plus tard, Jean; vous voyez que moi aussi j\u2019augure bien de l\u2019avenir .\u2014Est-ce au moins un baiser pour faire suivre ?\u2014 Si vous le voulez ! Alors l\u2019officier saisissant la tête de sa jument posa ses lèvres sur cette même tache blanche que Charlotte avait effleurée des siennes.Ils ne pouvaient se décider au départ.Un an ! Que de choses il arrive en un an ! Ce fut encore la jeune fille qui donna l\u2019exemple du courage.Brusquement, sans rien ajouter, elle s\u2019enfuit dans le brouillard.Et de plus en plus vite.Sans doute pour que Jean n\u2019entendit point ses sanglots .Lui resta là comme pétrifié pendant dix minutes au moins.Puis il prit mélancoliquement sa jument par la bride, s\u2019en allant au pas, avec le LE SAMEDI moins de bruit possible, donnant à Charlotte le temps de disparaître, faisant en sorte qu\u2019un voyageur attardé quelconque ne les reconnût point simultanément ou même successivement.Bien qu\u2019elle fût méconnaissable sous son vêtement caoutchouté et sa mantille, et ne formât qu\u2019une grande mince et noire .Le brouillard cependant transmettait les moûidres bruits à forte distance.Et cinq autres minutes plus tard on pou vait encore entendre les sabots du cheval sur le sol durci du chemin, les sabots au pas.Puis enfin à ce pas succéda, lau loin, très au loin un bruit intermittent de galop.L\u2019officier était parti, cette fois.Alors, comme si elle n\u2019eût attendu que cela, une ombre mince et noire, plus indécise parce que le brouillard s\u2019épaississait, descendit à nouveau l\u2019avenue de rmi\u2019le, traversa le rond-point ci., dres, s\u2019y arrêta, aux écoutes.Charlotte?Pourquoi revenait-elle?A-va\u2019t-elle perdu quelque chose?M.de Baudricourt avait cependant, semblait-il bien fermé la porte.L\u2019ombre ne poussa pas plus loin sa marche, dans la demi-lumière, vers le château j elle prit l\u2019allée de gauche, l\u2019allée de l\u2019étang .Etait-ce Charlotte?Etait-ce une autre jeune fille?II DANS L\u2019OMBRE Mme de Baudricourt était une femme d\u2019environ cinquante ans.De taille au-dessus de la moyenne, très, droite, sanguine, avec une figure régulière sans être fine ni douce mais plutôt énergique, avec une désinvolture où il y avait de l\u2019aisance et de la dignité acquise» avec d\u2019épais bandeaux de cheveux blancs comme de l\u2019argent, elle tenait bien son rôle de châtelaine de Septfontaines quoique peut-être un peu trop en femme d\u2019affaires, maitresse de maison pratique, autoritaire .Elle ne valait point comme simplicité, comme générosité, ni son défunt mari, ni son fils.Parce que son argent et sa beauté l\u2019avaient fait entrer dans la noble famille de Baudricourt, elle s\u2019était toujours crue sans personnelle, de prendre des airs qu\u2019elle croyait de grande dame alors qu\u2019il» n\u2019étaient que secs.A part ce léger travers d\u2019un peu de morgue qu\u2019elle croyait nécessaire, c\u2019était une personne de jugement, de droùure et de charité .Gentilhomme campagnard qui ne savait plus de quel côté se retourner afin de garder à peu près son rang et d\u2019entretenir les bâtiment de Septfontaines, M.de Baudricourt l\u2019avait épousée, parce qu\u2019elle avait trois cent mille francs de dot, il est vrai, mais aussi parce qu\u2019elle était fort belle.L\u2019ayant rencontrée à une fête de Châ i teauviilars il en était devenu amoureu: i fou.A dix lieues à la ronde on ne pouvai ; en effet trouver une fille qui eût plus ad I 'j.; mirable prestance, plus gracieux sourire 1 k on eût dit, à la voir passer dans les allée des promenades de la petite ville, un J.L i jeune déesse.Et ce charme physique avait suffi au: yeux de M.de Baudricourt pour .justiftU.tier la mésalliance.C\u2019était l\u2019amour qui de Mlle Eugéni'ijp-V Souchard, la fille du gros père Sou ch arc l\u2019ancien forestier devenu marchand d J#.bois exploitant des forêts entières,, avai .fait Mme de Baudricourt plus que sa dot fÙ l\u2019honneur était sauf.Trente ans s\u2019étaient passés.L\u2019excellent M.de Baudricourt étai \\ mort sans s\u2019être repenti de son choix.Eugénie Souchard avait su faire bonn l;#1 figure dans le monde où elle était entrée mé ne s\u2019était jamais plainte d\u2019habiter à L ppa campagne, avait toujours mené rondemenjilji^ les affaires d\u2019intérêt de la maison, en 1 ly dominant même un peu lui-même mai.sans l\u2019humilier.\tÉBlesi Leur fils Jean était une fusion de leur s;];:?: qualités diverses, physiques et morales, Il était brun comme son père, svelh I comme sa mère, avec les beaux traits ré; Lmèt guliers de l\u2019une mais la finesse et la grâ ce de race de l\u2019autre : franc, généreux, mofcdl cleste comme M.de Baudricourt, énergi|wy?.que au besoin, travailleur, rangé comm is la châtelaine.C\u2019était surtout à l\u2019éducation, à l\u2019insjj|rir iruetion de son fils que Mme de Baudri ; court s\u2019était vouée.Il avait été le but de sa v:e, son or !.gueil, tout son amour, ce fils unique, de: I.puis son veuvage encore plus qu\u2019aupara vaut.\t[a Et la pauvre Charlotte ne ,se trompai] ; pas en supposant qu\u2019elle rêvait pour lui une fille très riche, de la plus haute so; t-ciété, parfaite.Il n\u2019y aurait jamais de parti trop béai; a pour son Jean! I j .i 'U\" Surtout depuis qu\u2019elle avait,, malgré i son intelligence prudente, fait des pertes | d\u2019argent, pertes dues bien plutôt au mal i heur des temps qu\u2019à son ambition hasar- 3 dense.\t, Aussi essayait-elle de se rattraper er *.menant une existence économique, retirée l ' elle ne faisait de frais que pour son brill q lant officier de dragons dont elle brodait b elle-même la lingerie, remplissait la bour : se.A Septfontaines, il n\u2019y avait comme do- >|A mestiques mâles qu\u2019un vieux jardinier] cocher,, le père Baptiste.Lequel ratissait les allées du parc, soi] a] gnait les espaliers, les treilles et les can 1 rés de légumes du potager, étrillait une paisible jument et lavait la victoria, por-iffu tait les lettres à la poste et allait chercher les paquets aux gares.Il n\u2019habitait même point au château i mais chez ses enfants à Clémeries, ve-Bi nant prendre son service chaque matin.Jis Virginie était depuis quinze ans la cui-l rj sinière, la femme de charge.10 LE SAMEDI 23 H.\u2019e m ieoiift ï faire lui atait ibiterJ 'b.s:| À tl'îôiiB \"'lai , 1 üt y; ® c J b, a b son I S Id' Sa fille Lucienne, la femme de chambre depirs cinq ou six ans seulement.On prenait des aides, hommes ou femmes, quand besoin était, au bourg, ou même à Châteauvillars.Voilà le théâtre.Les personnages, tant ceux dont on a déjà parlé que les nouveaux, se feront mieux connaître par leurs actes leurs paroles que par une série d\u2019explications qui alourdiraient le récit.Quinze ou vingt jours s\u2019écoulèrent après la visite faite par le lieutenant de Baudri-court à sa mère.Puis celle ci s\u2019en fut le voir à son tour dans sa garnison de Verdun, e au\u2019elle faisait quelquefois.Après Verdun elle devait, soit accompagnée de Je;-n soit seule, gagner Paris afin d\u2019y faire dc\u201e acquisitions de cadeaux pour Noël et les étrennes.En tout une dizaine de jours.Les pluie-s d\u2019automne avaient déjà trop détrempé les chemin vicinaux dont elle aurait pu se servir pour aller prendre le train à une des gares secondaires, Bonlieu, Loigny, Noncourt qui, à plus ou moins de kilomètres, entouraient Septfontaines par delà les bois.Elle préféra se servir dn la route départementale de Clémeries à Châteauvillars qu\u2019elle pouvait rejoindre à deux ou trois cents mètres du château par une petite avenue reliant Septfontaines à l\u2019écart des Hautes-Maisors.Mme de Baudricourt partit un mardi à midi.\t!\t: Elle devait monter le train de une heure vingt à Châteauvillars.être avant quatre heures à Verdun, y passer le restant de la semaine avec son fils, filer sur la capitale le lundi et être rentrée à Septfontaines, le samedi,, dans dix jours pleins, au soir, n\u2019aimant point à être hors de chez elle le dimanche.Sans être magnifique le temps était passable .Baptiste chargea la malle de sa mai-tresse et conduisit celle-ci en gare de Châteauvillars .Il rentra à la nuit seulement, ayant eu quelques provisions à faire en ville, tant pour le château que pour sa famille à lui ; détela, soupa et s\u2019en alla dès six heures.Virginie et Lucienne restaient gardiennes du logis, sans son contrôle.Et il en serait ainsi chaque nuit, pendant plus de douze heures.Car quand Madame n\u2019était pas là, n\u2019avait point besoin de lui, le bonhomme ne moisissait pas au château une fois qu\u2019on ne voyait plus clair dehors et n\u2019y arrivait qu\u2019au grand jour, à sept heures.Ouf ! Madame était partie, bien partie ! Et comme, quoi qu\u2019il arrivât, elle ne rentrerait point à pmd et préviendrait pour la voiture au moins au courrier du matin sinon la veille, on était bien tranquille .Les deux femmes, mère et fille, se mirent donc à disposer du château un peu comme d\u2019une maison leur appartenant.Elles se composèrent un repas à leur goût, sirotèrent du café et des liqueurs, puis elles sortirent, après avoir déposé Pécuelle qui contenait la pâtée de Minos, le chien de garde, auprès de sa niche, mais trop loin pour qu\u2019il pût l\u2019atteindre.Aussi le dogue flairant ce qu\u2019il attendait se mit-il à tirer sur sa chaîne, à a-boyer sans trêve.Ce qu\u2019elles souhaitaient.Il n\u2019y avait point à craindre ni qu\u2019il s\u2019endormit, ni qu\u2019un rôdeur s\u2019avisât de pénétrer aveç un pareil vacarme.Et elles s\u2019en allèrent, bras dessus bras dessous, la mère couverte d\u2019une capeline et la fille cachée isous un châle qui l\u2019en-veloppaint des cheveux aux reins.Sans hâlte elle traversèrent une sorte de place qui s\u2019étendait devant la grille du château, montèrent un peu sur la gauche, une pente bordée de noyers, gagnèrent, sur le plateau, les premières maisons de Clémeries, au bout de dix minutes.Neuf heures isonnèrent à l\u2019horloge de l\u2019église.Il y avait longtemps, en pareille saison, que les campagnards étaient dans leurs lits.Çà et là, une lueur derrière les rideaux, veilleuse de malade ou d\u2019enfant au biberon Les deux femmes, presque confondues en une seule personne, muettes, glissaient dans l\u2019obscurité.Après avoir dépassé \u2019église,, la mairie, le lavoir communal, elles ne continuèrent, point leur chemin dans la -rue principale méC se jetèrent de côté.Dans une autre qui aboutissait à la grille du cimetière.Mais elles n\u2019allèrent point jusqu\u2019à son extrémité.Vers le milieu s\u2019élevait, à droite, entre deux murs de jardin qui l\u2019isolaient, une maison toute blanche, vaste, élégante de construction moderne, avec une galerie ex ¦ i )\tn térieure.Les deux femmes disparurent, à loup, sous la galerie, s\u2019approchèrent d\u2019une, porte de bois vernie, et Virginie, après un tâtonnement de deux secondes, coula un papier sous une petite languette de cuivre .Le papier tomba dans la boite aux lettres .De qui donc D\u2019un notaire,, car malgré le peu de clarté de cette nuit de brouillard on pouvait distinguer, à deux mètres en l\u2019air, quelque chose comme un double écusson.Et la somptuosité de l\u2019habitation écartait la supposition qu\u2019elle pût appartenir à un simple huissier de campagne.Leur commission faite, cuisinière et femme de chambre repartirent, silencieusement sans hâte peureuse, comme elles étaient venues.Minos eut son écuelle, cessa de hurler, les dernières lumières s\u2019éteignirent au château.\t!\t-\t\u2019 :i ^ :f Virginie et Lucienne, elles aussi is \u2019étaient couchées sans doute.Mais dormaient-elles?Non, elles ne dormaient point.Et du lit de l\u2019une à celui de l\u2019autre, dany la chambre qu\u2019elle occupaient au rez-de-chaussée, contre la «uisine, des chuchotements se répondaient.Elles parlaient à voix basse, très basse, comme si on eût pu les entendre.\"HSrps l < Cependant elles savaient bien que personne autre qu\u2019elles ne couchait au château, qu\u2019elles y étaient seules, absolument seules.Alors-qu\u2019avaient-elles à craindre, dans leur chambre close surtout ?Bien en apparence, rien.En effet, mais voilà, les choses qu\u2019elles se communiquaient, ces deux femmes, é-taient peut-être secrets du passé, colères du présent, projets d\u2019avenir, peut-être si terriblement compromettants qu\u2019elles se faisaient peur à elles-mêmeis.Est-ce qu\u2019on sait jamais?Lucienne était jolie, très jolie, elle a-vait des amoureux connus et inconnus, des garçons hardis, fous, jaloux.Et d\u2019autant plus exaspérés dans leur curiosité que chacun d\u2019eux, en particulier se voyant superbement dédaigné par 1* demoiselle, devait brûler de savoir quel était le rival préféré.Car impossible qu\u2019il n\u2019y en eût pas uni Une fille pareille, à vingt ans.passés, très coquette, pas dévote : elle avait un fiancé mystérieux pour sûr.Dans les villages en trois heures une nouvelle court d\u2019un bout du pays à l\u2019autre.Mme de Baudricourt n\u2019était plus là: tout le monde le savait; une occasion à ne pas manquer.Et qui garantissait alors qu\u2019un téméraire ne rôdait point sous les fenêtres, n\u2019avait point percé une cloison, ne s\u2019était point caché dans un cabinet, isous un meuble ?Est-ce qu\u2019on sait jamais?Et si on les eût entendues, n\u2019importe, qui, tout eût été perdu tout ! Puisqu\u2019ils n\u2019étaient sur +erre que trois êtres, trois seulement à connaitre le fin fond des choses ! Pour la réussite i fallait un secret il fallait un secret absolu, pas la moindre apparence de complot.\"Du reste, leurs affaires ne regardaient qu\u2019elles; oh des affaires qui n\u2019étaient peut-être pas à vous faire guillottiner, mais tout de même l\u2019autre aussi, le troisième complice, que tous trois eussent préféré avaler une infusion d\u2019allumettes chimiques ou $e jeter à l\u2019eau plutôt qu\u2019elles, fussent connues.\u201cQue quelqu\u2019un mit la main sur leur pot aux roses, flairait seulement leurs .projets ténébreux, et c\u2019était leur arrêt de mort.y Mais aussi s\u2019ils réussissaient, ah, s\u2019ils réussissaient, quel triomphe! \u201cComme ils écraseraient sous leurs pied» les gars de Clémeries et même les gars de Châteauvillars ! \u201c S\u2019ils réussissaient ça serait le paradis sur la terre, comme s\u2019ils perdaient la partie, damnation, ça serait le saut dans un enfer de tous les diables.\u201cFallait réussir.\u201d Et èlles deux d\u2019abord, lui ensuite, a-vaient tout ce qu\u2019il fallait pour cela: un orgueil de chien, des ambitions effrénées, une volonté de fer, une dissimulation profonde, des haines féroces, une envie implacable, un sang-froid à toute épreuve, aucuns scrupules.La mère et la fille continuèrent donc à 11 24 LE SAMEDI chuchoter à voix très basse, comme dans un scuffle, jusqu\u2019à près de minuit.Rien ne les forçait à se lever de bonne heure.Elles émettaient des manières de voir.Elles cherchaient des combinaisons.Mais elles ne décidaient rien.Il fallait l\u2019avis de l\u2019autre, du grand chef, de celui qu\u2019elles avaient été prévenir.Et qui devait les rejoindre au cours de la nuit suivante.Qui donc?Le notaire Hudelot, ce parfait notaire, cet ami dévoué de la famille de Baudri-court dont le docteur LasalU avait dit à M.Paul Laloy qu\u2019il avait pleins pouvoirs pour administrer au nom de M.Jean.La journée du mercredi se passa dans un calme patriarcal, le temps s\u2019était mis au froid, il y eut du soleil.Le père Baptiste fendit et scia du bois sous un hangar, dans les communs composés' d\u2019écuries, granges, basse-cour, cellier, et qui se trouvaient sur la droite du château vu de face, c\u2019est-à-dire dans la partie touchant à l\u2019étang.Sous prétexte qu\u2019il avait oublié son tabac il remonta au bourg après le repas de midi.Et quoiqu\u2019elles ne fussent guère sentimentales et n\u2019y missent jamais les pieds, Virginie et Lucienne firent le tour du parc Elles commencèrent par les bords de l\u2019étang, s\u2019arrêtèrent au rond-point, parcoururent 1\u2019\u2019avenue de charmille, ouvrirent même la porte verte, dont il parait qu\u2019elles avaient une clef, pour regarder au dehors, sur le chemin rural, puis elles redescendirent du côté de la chapelle.Le tout hâtivement, avec quelques gestes brefs, deis paroles basses et rares, des yeux aux aguets, ramassant deux petits fagots de branches mortes, des pommes de pin afin de se donner une contenance.Et elles étaient à la maison bien avant le retour du père Baptiste, ''a fille avait montré à sa mère ce qui pouvait intéresser celle-ci.Dès qu\u2019il fut revenu, Lucienne alla chercher des paniers de bois préparé afin, dit-elle, d\u2019en regarnir les coffres des chambres.Ils bavardèrent, et elle l\u2019emmena à la cuisine afin de s\u2019y réchauffer avec du feu, et avec un grand bol de café au cognac offert par Virginie.\u201cOh offert à ses frais à elle, Virginie, avec l\u2019argent de poche! \u201c Ni le café, ni le sucre, ni le cognac n\u2019étaient à Madame.\u201d Le père Baptiste y crut on n\u2019y crut pas, mais il accepta la politesse telle qu\u2019on la lui faisait .Et pour ne point rester en arrière, il promit d\u2019apporter, le lendemain, un litre de kirsch de merises, fabriqué par son gendre, garde-chass ; l\u2019un propriétaire de Loigny, dans les forêt?duquel les rnéri-siers abondaient.Il eût bien invité ces dames à venir trinquer, le dimanche soir, à Clémeries, chez ses enfants, mais Madame n\u2019aimait point qu\u2019on laissât 7e château seul en son absence .Et Virginie comme Lucienne n\u2019y eussent point consenti.Désobéir à Madame?Grand Dieu, jamais ! Excepté cependant quand elles allaient déposer une lettre dans la boite du notaire Hudelot.\u201cMais cela c\u2019étaient leurs affaires.\u201cÇa ne faisait de tort à personne.\u201cEt puis, qui \u2019es avait vues, qui aurait pu jurer qu\u2019elles eusseqt quitté Septfon-taines pendant une heure?\u201d A peine le père Baptiste avait-il achevé son souper et tourné les talons, que Mi-nos était en possession de sa pâtée, et une pâtée si abondante, si succulente, qu\u2019il n\u2019en put faire la digestion qu\u2019à l\u2019aide 3\u2019ua somme profond.Et il ne songea plus guère à aboyer aux rôdeurs, à protéger Virginie et Lucienne-Lesquelles sans doute n\u2019en avaient point besoin pour cette nuit-là.Mais avaient au contraire le plus vif désir qu\u2019il ne vit n\u2019entendit rien.Sa niche, du reste, était dans la cour principale, aux abords du perron de la porte d\u2019entrée, en face de la grille extérieure .Et il y avait une autre entrée, une porte charretière en bois qui donnait accès-dans la cour des communs, porte se fermant par des verrous ntérieuns.Et de cette cour des communs par une barrière de grillage simplement poussée on pouvait gagner les bords de l\u2019étang, la barque, le réservoir au poisson, la large allée sablée, décorative, un second perron, ou plutôt les doubles marches d\u2019une terrasse qui, de ce côté, formait rez-de-chaussée pour le château et le défendait contre des débordements possibles de l\u2019étang en hiver.La porte de cett terrasse ouvrait dans, le vaste corridor qui coupait le châteauî en deux et formait vestibule pour toutes les pièces.Il y avait eu quelques heures de soleil dans le ciel bleu de la journée.Mais ce soleil succédant à des pluies avait soulevé un brouillard intense dès le crépuscule.Un brouillard glacé.Non seulement on n\u2019y voyait goutte mais on glissait à chaque pas.Quand neuf heures sonnèrent à la grosse horloge de la cuisine, Lucienne sortit par cette porté de la terrasse, en descendit les arches et gagna la barrière des communs.Elle n\u2019avait point de lanterne.Et il fallait avoir longtemps pratiqué les lieux pour ne pas dévier ou se heurter à quelque chose.Elle ouvrit à demi la barrière, traversa la cour, se dirigea vers la porte charretière en tira les verrous et la laissa en-tr\u2019ouverte.Puis elle revint isur ses pas.Mais plus déroutée qu\u2019elle ne l\u2019eût supposé par ce brouillard, à couper au couteau comme disent les campagnards elle appuya trop à droite et s\u2019en alla buter contre un banc placé sur la rive de l\u2019étang .Justement effrayée, elle n\u2019essaya point de rentrer seule et tout de suite dans la : maison.Elle retourna jusqu\u2019à la porte charretière l\u2019ouvrit davantage.Et s\u2019y abrita, de côté, à cinq ou six j mètres de l\u2019entrée, sous ce même hangar j où Baptiste avait fendu, scié et empilé dn bois.\t; Ç On ne pouvait achever de pousser\\ le bat tant de la porte et franchir le seuil sans qu\u2019elle entendit.Sa pensée première avait été d\u2019ouvrir jr simplement au personnage attendu et de le laisser ensuite se conduire seul.Mais elle avait frémi en constatant qu\u2019elle même avait failli piquer une tête dans l\u2019étang.Alors elle n\u2019avait plus voulu le -laisser pénétrer dans des lieux qu\u2019il connaissait certainement bien moins qu\u2019elle, sans l\u2019y accompagner, l\u2019y guider.A deux ils s\u2019orienteraient mieux, se sou-tiendraient, affermiraient leurs pas.C\u2019était dur d\u2019attendre à cause du froid, et parce que ne prévoyant point ce contre- i temps elle ne s\u2019était point enveloppée.Mais tant pis ! Un accident est vite ar- « rivé?\t||.¦ Et c\u2019en eût été un désastreux que, sans même se noyer, le personnage attendu prit ] un bain, se blessât, contractât une flu-il xi on de poitrine.Le mystère nécessaire en eût été com- c promis; tous les projets de la mère et de la fille en fussent demeurés sans suite i prochaine.\t: H; Or il y avait urgence.Urgence et double urgence ; urgence: | parce que l\u2019absence de Mme de Baudri- I court favorable à une entente, à des en-1 trevues, ne durerait guère, et urgence d parce que certaines mesures pour avoir:)' leur efficacité, devaient être prises tout ; de -suite.\t| L Lucienne attendit longtemps.Anxieuse, car elle s demandait d\u2019une : part ce que sa mère devait croire en ne la voyant point rentrer, et de \u2019\u2019autre si i le personnage attendu n\u2019avait point été t dans l\u2019impossibilité de marcher ou s\u2019il-a s\u2019était cassé une jambe.Non, mais le verglas l\u2019avait tout de mê-i ü me mis en retard ainsi que le brouillard.Trop de bien nuit.\t,1 Certainement qu\u2019un temps pareil était : une garantie de sécurité pour les trois complices ; il eût été difficile de les espion < ner.Mais tout de même un peu plus de lumière leur eût rendu service.Enfin Lucienne l\u2019entendit qui glissait dans la brume, qui cherchait la place exacte de la porte charretière.Elle ne fit point de bruit néanmoins, i crainte d\u2019une erreur, d\u2019une suprise.Mais elle s\u2019avança vers la porte.L\u2019arrivant, tâta dans le vide, comprit : qu\u2019il entrait par une ouverture ménagée et eut un grognement tout à la fois de satisfaction et d\u2019inquiétude.De satisfaction qu\u2019il était dans la place, s mais M\u2019inquiétude parce qu\u2019il se demandait comment il s\u2019en tirerait ensuite pour < la barrière et tour l\u2019escalier.A la nature du grognement il n\u2019y avait 12 LE SAMEDI %l 'Ux,sel urgeiJ mr atl las à douter.C\u2019était bien celui qu\u2019on attendait.Lucienne toussa donc légèrement, avan-a un bras, le saisit par la main.En même temps elle repoussait le bâtant de la porte et remettait les verrous.Pas une exclamation, pas un mot! La jeune fille et l\u2019homme qu\u2019elle con-luisait se risquèrent prudemment dans es ténèbres humides.Cette fois Lucienne se portait de plus :n plus à gauche afin d\u2019être certaine de ie point tomber dans l\u2019étang.; Elle se heurta à l\u2019angle de la maison, )alpa la portion fixe de la barrière, grat-a ses ongles contre la base de la terrasse :t n\u2019en quitta plus les pierres du mur tant pi\u2019elle\ttrébucha point contre la pre- nière marche de l\u2019escalier Ils étaient arrivés enfin! | La porte du corridor fut, elle aussi, refermée à clef, barricadée.Et une lumière apparut sortant d\u2019une, ouverture basse et de côté, c\u2019était celle d\u2019une simple bougie que tenait en main Virginie, Virginie s\u2019arrêtant, défiante, sur le seuil de sa cuisine.Ses yeux eurent un éclair de satisfaction en constatant qu\u2019il n\u2019était1; survenu an cun accident ni à sa fille ni à celui qu\u2019elle amenait.Mais aucun des trois êtres en présences ne souffla mot tant qu\u2019ls ne se furent point calfeutrés dans la cuisine.Même la bougie y fut soufflée.Et il ne resta pour les éclairer que las lueurs vacillantes du feu allumé dans l\u2019immense cheminée sous le manteau de laquelle ils s\u2019assirent.]' Avant que cette bougie s\u2019éteignit, un spectateur invisible aurait aperçu une fem me de quarante à quarante-cinq ans, crurte, épaisse, très brune, mais grisou-jnante, au front intelligent, volontaire, à la mâchoire lourde aux yeux vifs et sournois, au teint bilieux C\u2019était Virginia Lafauche, la cuisinière, la femme de charge.Une très jolie fille de vingt à vingt deux ans, très brune aussi, frisée, de taille plutôt élevée, mince, à la physionomie distinguée, aux yeux superbes, aux traits-cependant un peu communs, à la bouche qui n\u2019était souriante que par calcul, à l\u2019allure décidée, une jeune fille dont l\u2019ensemble était certainement d\u2019une créature séduisante, capable mais orgueilleuse, autoritaire, hypocrite, d\u2019une belle comédien-në égoïste.C\u2019était Lucienne, la fille de Virginie.La fille de l\u2019homme qui venait d\u2019entrer; La fille du notaire Hudelot.Il pouvait avoir, lui, une soixantaine, d\u2019années .C\u2019était un homme de haute taille, carré d\u2019épaules robuste, sanguin, à la figure complètement rasée comme un prêtre, un acteur, au nez busqué, aux yeux gris clignotants, à la chevelure épaisse et rude, pas trop blanche encore, aux lèvres minces et dédaigneuses; il était, cet homme, d\u2019intelligence subite, de caractère violent, d\u2019une fourberie profonde qu\u2019il dissimulait sous une bonhomie permanente, il a-vait des rancune tenaces.Il aimait domi- ner et il aimait jouir.Ni lui, ni Virginie n\u2019étaient de la région.Premier clerc indispensable d\u2019un notaire maladif à Reims depuis près de vingt ans, il1 y avait connu Virginie, employée dan^ l\u2019hôtel où il prenait pension.Très roublarde, celle-ci avait vite dominé le clerc de notaire malgré son autoritarisme, son astuce personnels.Et ce fut bien pis encore quand, de leur mariage secret naquit une petite fille, Lucienne.On plaça l\u2019enfant chez une nourrice campagnarde d\u2019abord puis dans un orphelinat.Hudelot, apr.ès avoir consulté, longtemps et inutilement, les listes d\u2019études à vendre, avait fini par en dénicher une toute petite qu\u2019il put acheter avec les qeulqucs bidets de mille francs à lui laissés par le jeu, la boisson et le reste.Cette étude ce fut celle de Clémeries; on verra plus loin pourquoi.Le vieux clerc de notaire en prit possession, s\u2019insinua dans l\u2019estime et l\u2019affection de M.de Beaudricourt et tint bientôt tout le pays dans ses mains avec des prêts de trois cents francs à celui-ci, cinq cents à celui-là.Indirectement, il avait fait recommander Virginie comme femme de chuge à Mme de Baudricourt; et ainsi, lui et elle, s\u2019étaient trouvés réunis sans que personne se doutât qu\u2019ils étaient mariés secrètement qu\u2019ils fussent le père et la mère d\u2019une fillettes Plus tard, bien plus tard, après que par mille flatteries et des qualités de travail, d\u2019adresse, elle eut complètement gagné la confiance de la châtelaine de Septfontai-nes, Virginie, un beau jour, s\u2019était confessée avec larmes.Et Mme de Baudricourt, naturellement, avait, pardonné, a\u2019était émue avait permis à Virginie d\u2019aller chercher son enfant, de la ramener à Septfontaine^, de l\u2019y installer.Un peu seule, aimant à s\u2019occuper de travaux à l\u2019aiguille, Mme de Baudricourt avait bientôt été enchantée de la compagnie de Lucienne, jolie, intelligente, réservée, faisant de ses do:gts tout ce qu\u2019elle voulait.Et c \u2019était ainsi que la veuve, son fils et leurs intérêts se trouvaient pris depuis plusieurs années entre d\u2019un côté l\u2019hypocrite dévouement, les habiletés du notaire Hudelot, et de l\u2019autre l\u2019hypocrite dévouement les flatteries les suses de Virginie et de Lucienne Ni la châtelaine, ni le lieutenant de dragons ne se doutaient que leur maison était minée par ces trois -tes qui creusaient des galeries souterraines destinées à la faire s\u2019écrouler à leur profit à eux.Les gens de Clémeries, qui s\u2019estimaient cependant des plus malins, n\u2019y voyaient du reste pas plus clair que les Baudricourt Les trois personnages s\u2019observaient, ne se compromettaient jamais.On croyait le notaire riche, parce qu\u2019il savait aux bons moments jeter de la poudre aux yeux, et parce que le devinant rusé, le constatant habile dans sa profession, les clients de l\u2019étude en concluaient 18 28 qu\u2019il devait aveir ramasse un magot.Il n\u2019en était rien, ainsi que les événe-Le notaire était venu avec de gros chaussons par-dessus ses souliers afin de ne point glisser, et sans manteau afin de laisser croire à sa domestique qu\u2019il n\u2019allait qu\u2019à quelques pas de chez lui.Il avait une casquette de soie à la visière rabattue sur les yeux.Et dans un coin de la bouche il mâchonnait un cigare étein ; Hudelot posait pour l\u2019homme sans façons, et plaisait aux paysans parce qu\u2019il se laissait taper sur le ventre.En réalité personne n\u2019était plus orgueilleux, plus méprisant ; mais le vulgaire aime à être trompé, il ne juge que sur les apparences.Dès que la bougie eut été soufflée par Virginie, la conversation commença.Il n\u2019y avait point à se gêner: on était en famille.Hudelot ralluma son cigare à un tison et cracha dans l\u2019âtre.\t, Puis sur un ton goguenard qu\u2019il prenait toujours avec les deux femmes comme pou garder ses distances et rire de lui-même, époux d\u2019une cuisinière et père d\u2019une femme de chambre, le notaire de Clémeries interrogea : ;\u2014 Eh bien, eh bien, quest-ee qu\u2019il y a donc de cassé ou de déniché que vous venez me relancer jusque dans ma boite, au risque de vendre la mèche?Malgré leur aplomb et leur orgueil à elles, orgueil et aplomb qui cependant notaient pas minces, les deux femmes calaient toujours en face du bonhomme.Le prestige de la situation était toujours là.Qu\u2019il fut en réalité du gibier de potence et qu\u2019au fond elles le menassent par le bout du nez, c\u2019était toujours un notaire, un monsieur ! Elle ne le tutoyaient pas.Virginie l\u2019appelait de son prénom Cy-prien.Et Lucienne lui disait; parrain.Mais il ne fallait point tout de même qu\u2019il leur marchât trop fort sur les pieds.Car elles savaient se rebiffer.Virginie répondit ; \u2014 Si nous commençons par des grogne-ries, ça ne pourra aller longtemps et cependant y a pas de temps à perdre.Est-ce qu\u2019on est des bouchées, des alouettes à miroir?.On a fait ce qu\u2019il fallait faire et proprement.Explique-lui, toi, Luc\u2019enne ; moi ça me dégoûte d\u2019être traitée comme une chienne dès les premiers mots.\u2022 \u2014 Allons, allons, toujours exagérer ! Avec ça que j\u2019ai besoin de mettre des gants avec toi; mais faut pas faire attention à mes mauvaises humeurs, tu n\u2019y es pour rien ni la gamine non plus; c\u2019est pas à vous que j\u2019en veux, c\u2019est aux obstacles.Je me doute bien, parbleu, que vous ne m\u2019avez point fait venir pour jouer aux dominos ou me chanter une romance; il doit y avoir anguille sous roche.On n\u2019en finira donc jamais !.Je vous ai à portée, je cogne sur vous, mais c\u2019œt à vous que j\u2019en veux tonnerre! '\u2022\"U?:;'!' (A Suivre)'\tVT: 26 LE SAMEDI Mme J.Juneau, 337 rue Iberville, Montréal, faible à l\u2019excès et très nerveuse, se guérit en quelques semaines par les ules Rouges Il y a des milliers et des milliers de femmes malades dont la vie est une peine continuelle, qui n\u2019hésiteraient pas à sie soigner si elles pouvaient un seul instant se rendre compte de la sensation de bien-être, du grand bonheur que 'l\u2019on éprouve à se sentir forte, reposée, calme et gaie, après avoir été longtemps faible, fatiguée, énervée et triste.Nombreuses sont Les femmes qui souffrent, se lamentent et désespèrent, ne parviennent pas à se débarrasser d\u2019une affection tenace qui empoisonne leur existence ; et, pourtant, il leur serait si facile, si aisé de se guérir; elles ont à leur disposition le remède à la fois le plus puissamment efficace, le plus simple et le plus sûr, les Pilules Rouges, dont les cures merveilleuses se comptent par milliers.Quelles preuves plus positives, plus tangibles et bien faites pour inspirer confiance que les déclarations spontanées de ces jeunes filles, de ces femmes disant leur joie d\u2019être guéries, racontant leurs souffrances passées et, avec une louable humanité, souhaitant de voir toutes celles qui souffrent se guérir comme elles.i Des femmes malades depuis dix ans, douze ans, quinze ans, disent: \u201cJe suis guérie\u201d; d\u2019autres: \u201cSi j\u2019ai échappé à la mort, c\u2019est grâce aux Pilules Rouges\u201d; des parents déclarent: \u201cElles ont sauvé ma fille\u201d, et si, de toutes ces attestations, la vérité sort lumineuse, c\u2019est que les Pilules Rouges, spécialement composées pour combattre les maladies des femmes, sont à celles-ci aussi nécessaires que le soleil, la rosée et la pluie sont indispensables à la végétation.Femmes et jeunes filles qui lisez ces lignes, vous apprécierez certainement la joie sincère ressentie par Madame Jos.Juneau, que les Pilules Rouges ont délivré d\u2019une des plus redoutables ennemies de la santé des femmes: l\u2019anémie.L \u201cJ\u2019étais, depuis près d\u2019un an, dans un état pitoyable de faiblesse.Les nerfs surtout étaient atteints.Je ne pouvais entendre aucun bruit, ni souffrir qu\u2019on me parlât fort sans trembler et éprouver des palpitations à défaillir.J\u2019avais souvent le vertige et étais alors obligée de m\u2019arrêter, de me reposer, pour ne pas perdre connaissance.Je pensai un jour aux Pilules Rouges et aussitôt je commençai à en faire usage.En peu de temps, je devins mieux, j\u2019acquis des forces et j\u2019avais à peine employé douze Mme J.JUNEÂU, 337 rue Iberville, Montréal.boîtes de pilules Rouges que j\u2019étais parfaitement guérie.Enfin, les Pilules Rouges m\u2019ont fait un si grand bien que je ne manque pas l\u2019occasion de les recommander.\u201d Mme J.JUNEAU, 337 rue Iberville, Montréal.CONSULTATIONS GRATUITES par les Médecins de la Compagnie Chimique Franco-Américaine, tous les jours, excepté le dimanche, de 9 heures du matin à 8 heures du soir, au No 274 rue Saint-Denis, Montréal.Les femmes qui ne peuvent se rendre à nos bureaux sont invitées à écrire à nos médecins.Les Pilules Rouges sont en vente chez tous les marchands de remèdes.Nous les envoyons aussi, par la poste, au Canada et aux Etats-Unis, sur réception du prix, 50c une boîte, *2.50 six boîtes.Toutes les lettres doivent être adressées: Oie Chimique Franco - Américaine 274 rue St-Denis, -\t- Montréal 3ASSE-TETE CHINOIS DU SAMEDI No 755 Egarée dans les bois Liste des concurrents : MONTREAL Ï limes I Beaudin, A Comte, J Dauphi-ais 2f, J Gilbert, P E Huot, Montpetit, J Paquette, N Poulos, P Rousseau, A mall, N W Tanguay, J Vaillanceurt, [lies G Berthiauime, B Brault, R Brunel-J Ohenard, J DJBellefeuille, C Décarie, L Desaulniers, H Desparois, C Lafon-line, R D Martin, G Préfontaine, B Saul-ier, L Sicotte, L Tessier, A Tetrault D iau, MM A Dagenais, N Gauthier, A leilleur, A Monarque, A Riopel, M.Rous-3,1, Montréal.CANADA Mlle B Cloutier, Arthabaska ; M L Me-mçon, Boucherville ; Mme B Gauthier, Ihateauguay ; M A Gu'ay, Chicoutimi ; Ille L Àudet, Coatieook ; Mme Art Sieot-e, Contrecoeur; M M A Côté, Danville ; I J E Bourque, Farnham ; M A Roy, Lac Itchemin ; Mme V Brunet, Lachine ; Mme ) Nash, Mlle W Tremblay, Ottawa ; Mme > Cloutier, Mlles G Bu'jold, E Vallières, TM J P Blouin, N Desrosiers, C R Tré-lanier, Québec; Mlle E Brochu, Riv Fa-aine; Mlle A Desjardins, Sorel; M A La-iberté, St-Anselme ; M C Côté, St-Clé-aent ; Mlle A Dion, St-Isidore ; M E On-hard, Ste-Flavie; Mlle'L Legendre, St-Javien ; Mlle R A Beaudry, St-Liguori ; Plie A Archambault, St-Lin ; Mme F X krrasin, Trois-Rivières.ETATS-UNIS Mme A Tetrault, Attleboro, Mass ; Mme 1 Poulin, Augusta, Me ; M M Theriault, ferlin, N H ; Mlles R D Dubé, C Garou, fiddeford, Me ; Mme C Rivet, Central falls, R I ; Mlle M A Daignault, Concord, 11H ; M L Gervais, Fall River, Mass ; MM .11 P Chrétien fils, A Lavoie, Franklin falls.N H; Mme L Miller, M J Miller, manrafjoiyoke, Mass; Mme H Lemire, Mlles L Demers, M A Berger, Lowell, Mass ; Mlles E Barbeau, M R Dubé, B Lemay, Manchester, N H ; Mines J Beaufort, M Fidel, îréal | p Muro, Mlles C Duhart, A Laheaud, L Robert, Nouv Orléans, La ; Mme R Maria C®jcoux, Saoo, Me; Mme M Bercier, Salem, ;pté iipïass ; Mmes O Deshaies, A Tetraut, Taft-v}2'jljville, Conn; M R Veuilleux, Waterville, u Me.Gagnants Mlles B Brault, J Obénard, M A Meilleur, Montréal ; Mme V Brunet, Lachine ; Mlle R A Beaudry, St-Liguori; Mme A Tetrault, Attleboro, Mass., Les six personnes dont les noms précèdent ont droit à 50 centins en argent.Les personnes appartenant à Montréal qui ont gagné des prix sont priées de passer à nos bureaux et les autres de nous écrire pour nous indiquer où leur envoyer.LE SAMEDI CONCOURS DES LEGENDES No 1 Parmi les réponses relatives à ce concours, très peu s\u2019adaptaient à la gravure publiée.Néanmoins, cinq d\u2019entre elles nous ont paru mérité la prime.Ce sont: MM.Alfred Roy, Lac Et chemin, Co Dorchester, Que ; Joseph Chrétien, Franklin Falls, N H ; Lord Daigle, Caron Brook, N B; Mme Jules Lelaidier, New Bedford, Mass ; Mlle R D Martin, Montréal.Ces personnes ont droit chacune à une gravure.Celles demeurant à Montréal sont priées de passer à nos bureaux et les autres de nous écrire leur adresse exacte pour le leur envoyer.-o- RECETTES ET CONSEILS Il est bon de donner certains soins aux vêtement; non pas seulement pour qu\u2019ils se conservent en meilleur état, mais encore au point de vue de l\u2019hygiène : c \u2019est ainsi que, quand on abandonne un vêtement, spécialement de laine, il faut toujours le laisser suspendu exposé à un, courant d\u2019air, ou au moins à l\u2019air frais et sec, avant que de le mettre dans une garde-robe ^ Contre les fourmis, ces bêtes sans doute fort intéressantes, mais qui infestent tout à la campagne et dévastent les jardins, on.recommande le poivre de Cayenne qu\u2019on répand sur les pa sages fréquentés par ces insectes, dans les fourmilières, dans tous les trous par où ils passent.\u2014Pour faire disparaître les piqûres d\u2019humidité sur la soie, on écrase un peu de savon jaune sur les taches, puis on met pardessus du sel de l\u2019amidon et l\u2019on expose au isoleil, après avoir fait pénétrer ces ingrédients dans l\u2019étoffe en la frottant entre les mains.Les souliers qui craquent sont une chose fort insupportable ; pour faire taire leur grincement, on se trouve généralement bien de les laisser durant 24 heures dans un récipient où l\u2019on au a versé assez d\u2019hui le de lin pour que la semelle y baigne près que dans toute son épaisseur.Pudding de chasseurs.\u2014 Une tasse de suif émietté, 1 tasse mêlasse, 1 tasse de lait, 3 tasses farine, 1 c à thé soda mêlées 1 1-2 tasse raisins 2 c.à ta oie de farine.Mêlez tous les ingrédients secs, ajoutez le lait et la mêlasse au suif, Enlevez les noyaux des raisins, coupez-les et pas-sez-les dans la farine, puis ajoutez au mélange.Faites cuire 3 heures, à la vapeur.Pournettoyer le velours, le débarrasser des taches de graisse, de la poussière, on se trouve bien de le tamponner avec du chloroforme ou de la benzine très rectifiée on étend une étoffe sous le velours, et l\u2019on ne doit pratiquer ce nettoyage que de jour et loin de toute flamme.Pour redresser ensuite U poil du velours, on tient un certain temps l\u2019endroit du tissu au-dessus d\u2019un récipient d\u2019où s\u2019élèvera de la vapeur d\u2019eau.Potage Julienne.\u2014 A une pinte de consommé, ajoutez un quart de tasse de carottes et de navets coupés m bandes minces d\u2019un demi pouce de long, cuits à l\u2019avance dans l\u2019eau bouillante salée et 2 euil-lérées à table chacun de pois verts cuits et de fèves vertes.Homard au beurre\u2014 2 lbs de homard, 2 cuillérées à table de beurre sel et poivre, jus de citron, Enlevez la chair du homard et hachez légèrement, faites fondre le beurre, ajoutez le homard, lors qu\u2019il est chaud; servez et garnissez avec les pinces du homard.Chartreuse de poulet,\u2014 Garnissez un moule, beurré légèrement, de riz cuit à la \\apeur, remplissez le centre de deux tasses de poulet cuit, coupé en dés.et assaisonné de sel, poivre, jus d\u2019oignon et jus de citron.Ajoutez un quart de tasse de miettes de biscuits, un oeuf légèrement battu et suffisamment de bouillon chaud pour l\u2019humecter.Couvrez la viande avec du riz, recouvrez le tout d\u2019un papier beurré pour éviter que l\u2019eau pénétré et faites cuire à la vapeur pendant 46 minutes.Servez sur un plat entouré d\u2019une sauce aux tomates.Choux de Bruxelles a la sauce Blanche.\u2014- Enlevez les choux sur la tige, enlevez les feuilles sèches et faites tremper 15 minutes à l\u2019eau froide.Faites cuire dans l\u2019eau bouillante salée pendant 20 minutes.Egouttez et ajoutez une tasse de sauce blanche pour chaque chopine.Potage milanais.\u2014 Mettez dans une casserole un gros morceau de beurre; quand le beurre est fondu, ajoutez du riz bien nettoyé; faites revenir; ajouiez du bouillon en quantité suffisante, des pommes de terre coupées en petits morceaux très minces, un peu de persil haché très fin, une petite pointe d\u2019ail; quand le riz est cuit, servez le potage qui ne doit pas être épais.Epaule de veau à la bourgeoise.\u2014 La mettre dans une casserole avec beurre ou huile d\u2019olive; lui faire prendre couleur sur un feu très doux; mouiller d\u2019eau, a-j outer deux feuilles de laurier et lard.Faire cuire pendant cinq heures sur un feu très doux; puis dégraisser la sauce que l\u2019on lie de fécule, et servir avec chicorée, oseille, carottes, purée de pommes de terre ou telle garniture que l\u2019on voudra, mais faites séparément.Croquettes de pommes de terre.\u2014 Faire cuire au four six belles pommes de terre les peler et écraser dans une passoire très fine ; saler, ajouter peu à peu six jaunes d\u2019oeufs cassés l\u2019un après l\u2019autre, en travaillant la pâte avec une cuillère ; battre en neige les blancs des oeufs ajouter à la pâte; prendre de cette pâte gros comme un oeuf pour chaque croquette et rouler celle-ci dans de la farine, Mettre sur le feu de la graisse de rôti ou bien du saindoux; quand cette friture est aussi bouillante que possible, y mettre les croquettes \\ dis minutes de cuisson suffisent.^ i 28 PETITES ANNONCES Dü \"SAMEDI\u201d Conditions I,\tAnnonces privées (n\u2019ayant aucun carac- tère commercial).10 cents par 30 mots ou moins, par insertion.20 cents, de 31 à 50 mots, etc.II.\tAnnonces commerciales.20 cents par 30 mots ou moins, par insertion.40 cents, de 31 à 60 mots, etc.Nous nous réservons le droit de refuser l\u2019insertion de toute annonce, et, dans pareil cas, nous retournons l\u2019argent en faisant connaître la raison du refus.Nous ne pouvons promettre l\u2019insertion qu'à tour de rôle.Initiales, prénoms, pseudonymes.Nous ne publierons pas les annonces dans lesquelles l\u2019adresse ne contiendra que des initiales, un prénom ou un nom supposé avec seulement la désignation de l\u2019endroit, tel que Montréal, Lévis, etc; ces lettres ne parvenant pas au destinataire, mais envoyées, par la poste au bureau des rebuts.^ On pourra cependant employer des initiales ou un prénom ou un nom supposé, lorsqu\u2019on fera adresser aux soins d\u2019une personne, d\u2019une maison de commerce ou d\u2019une institution désignée, ou à une boîte spéciale de bureau de poste ou à un numéro de rue.On comprendra que nous adoptons cette mesure dans l\u2019intérêt des annonceurs comme dans celui des correspondants.AVIS IMPORTANT Utilisez le coupon ci-dessous pour envoyer le montant de votre annonce.Sans coupon le tarif est double.Coupon des Petites Annonces Sous pli veuillez trouver la somme àe\tcents pour l\u2019insertion d\u2019une pe- tite annonce dans le Samedi.2 8 Octobre.__________________________ I FRANÇAIS Parisien, 22 ans, ayant importante manufacture, désire faire connaissance d\u2019une jeune fille ayant dot en rapport.Discrétion absolue.Ecrire L.Devilè'le, Poste restante Amherst, Montréal.\t3\t81 JEUNE BRUNETTE, 20 ans, désire correstp.par c.p.avec jeunes garçons du monde entier.But: se faire un ami.Mlle Alice, Ch.15, Bâtisse \u201cLa Presse\u201d, Montréal.\t3\t82 GENTIL Montréalais, brun, yeux noirs, 20 ans, échangerait corresp.avec demoiselles du monde entier.But: amitié.Gustave Drapeau, 474 Dasalle, Maisonneuve, Montréal.3 83 GENTIL 'Montréalais, châtain, yeux bruns, 20 ans, échangerait corresp.avec demoiselles du -'onde entier.But: amitié.Ovila Côté, 63 8 Desjardins-, Maisonneuve, Montréal.\t3 84 JEUNE BRUNETTE désire corresp avec messieurs du monde entier.Rép.assurée.But: 'l\u2019avenir.-Stella Lanjou, Ste-Thérèse, Co Terrebonne, AYANT PERDU son adresse, Monsieur Henri P-ellat, 4 rue Jacquemart, Romans Drôme (France), prie Mlle J.B.Smith, Montréal, de bien vouloir envoyer de nouvelles cartes.386 JEUNE FILLE châtaine, 3reux noirs-, désire corresp.avec jeunes gens distingués du monde -entier.But: faire un ami.Mlle Mélida Girard, No 10 Ste-Marguerite, St-Henri Montréal.\t3\t87 MENAGERE demandée.Canadienne française, comprenant l\u2019anglais, entre 30 et 40 ans; personne sociable.Ecrire Boîte 200, \u201cLe Samedi\u201d.388 JEUNE Demoiselle instruite, 16 printemps, -assez pianiste, très bonne famille, seul au nid, désire corresp.avec Monsieur distingué et instruit, bonne position, ne demeurant pas trop loin de Chicoutimi.C.p.sons env.si.v.'p.ou lettres et échangerait photo si vous le -désirez.Mlle Alphon-sina.Box 212, Chicoutimi.3 89 JEUNE FILLE châtaine, 19 ans, désirerait corresp.avec messieurs distingués du monde entier.But: faire connaissance.B.Lavigne, 1124a Wellington, Verdun.\t39 0 ATTENTION.Gentilles Demoiselles.Jeune homme, 24 ans, blond, yeux bleus, désire corresp.avec jeunes filles distinguées et instruites.Rép.assurée par c.p.glacées et fantaisie.J\u2019enverrai un joli cadeau à la plus aimable.But: l\u2019avenir vous le dira.Edwin LeBa-s, Free Hospital Graven-hu rst, O nt a r io.\t391 LE SAMEDI NOUVEAU CONCOURS Concours du Labyrinthe.La gravure ei-contre vous représente un labyrinthe, c\u2019est-à-dire une construction composée de divers passages enchevêtrés'.En partant du milieu, iquel est le chemin le plus court pour en -sortir?A vous de le trouver; 'rappelez-vous, toutefois, qu\u2019il ne faut pas franchir les lignes, ce serait trop facile.Indiquez le trajet d\u2019une -manière bien lisible, soit à Tencr-e ou au crayon et envoyez votre réponse.Les dix meilleures auront droit, chacune, à une 'splendide gravure.Adressez comme suit: Le Samedi, 200, Bl-v Sit-Laurent, Montréal.-Concours dv Labyrinthe.(Coupon d\u2019adresse du Concours du Labyrinthe No 1) Réponses reçues jusqu\u2019au 30 octobre 1911 Nom Rue Localité N\u2019oubliez pas de toujours mettre le nom de la ville, village ou paroisse où vous -demeurez.Cela est essentiel.SEUL, sans ami, perdu dans Montréal, un Allemand 22 ans, cherche une correspondante de 18 à 24 Allemande ou Angl-ais-e.But: faire une amie.Je répondrai à lettre sérieuse.Georges Rittmay-er, 87 Cathedral,-Montréal.\t392 DEUX jeunes 'hommes âgés respectivement de 18 -et 20 ans, bons musiciens et chantres, aimeraient corresp.avec gentilles demoiselles du monde entier.Paul Roy et Lucien Vermette, Poste -Restante rue -St-Jac-qu-e-s, Montréal.\t393 JEUNE personne désire corresp.par c.p.-avec monde -entier.Accepte tout genre.Dorilla Ornent, 113 Beau-lieu, Ville Emard, P.Q.\t394 JEUNE FILLE désire corresp.avec monde -entier, cartes glacées désirées.Paulette DeChamplain, P.O.Box 5 3, Laconia, N.PI.\t39 5 MONSIEUR distingué, professeur sur tous les instruments musicaux, désire corresp.avec demoiselle de 20 à 28 ans.But très sérieux.V.N.Box 29 3, Somersworth, N.H.\t39 6 JEUNE -Canadienne, 16 ans, désire corresp.avec jeune garçon, 15 à 19 ans, cartes glacées.But: faire connaissance.Mlle Rose M., Poste Restante.St-Henri, Montréal, P.Q.397 JEUNE FILLE blonde, 21 ans, désire corr-es-p.avec Messieurs du monde entier, anglais ou français.But: faire connaissance.Mlle Alice, 388 Seigneurs, -Montréal.\t39 8 HELLO, jeunes demoiselles de l\u2019Est, aimeriez-vous corresp.par c.p.ou lettre sous env.s.v.p.avec un vieux célibataire de l\u2019Ouest, yeux bleus, joli, sobre, distingué, 31 ans.But: la plus aimable le saura.M.Patrick Dumais, Gravelbourg, Sa-sk.HELLO, gentilles demoiselles du monde -entier, aimeriez-vous à corresp.avec un jeune homme distingué, carte glacé préféré, sous env.s.v.p Armand, jeune amoureux, 473, Colonial Ave, Montréal.\t400 JEUNE -garçon, 17 ans, désire corresp.avec demoiselles de 16 à 18 ans du monde entier par c.p.Hor-misdas Ghouinard, Couvent des Ursu-1-ines, Trois-Rivières.\t401 ARTHUR FORTIER.\u2014 Veuillez nous renvoyer copie de votre petite annonce, sans inclure le montant.414 L.DECHAMP.\u2014Veuillez nous renvoyer copie d-e votre petite annonce, sans inclure 1-e montant.\t403 HALTE-LA! Gentilles Demoiselles du monde entier, vous plairait-il de corresp.par c.p.sous env.avec jeune homme instruit et très aimable.Français et anglais.But: \u201cChilosa?\u201d Rodolphe Deschênes, 49 9 rue Cumberland, Ottawa.\t402 FRANÇAIS, Parisien, 30 ans, parlant très bien l\u2019anglais, grand et très sympathique, éducation et instruction parfaites, -épouserait jeune fille ou veuve, ayant -qualité de coeur, surtout femme d\u2019intérieur, le but étant mariage, je ne répondrais qu\u2019à lettres sérieuses et détaillé-eis.Discrétion absolue.Eugène, 33 5 rue iSan-guinet, Montréal.\t415 GENTILLE Québ-êquoise, 18 printemps, châtaine, y-eux bleus, demande à corresp.avec monde entier.Réponse à tous-.But: De vôtre?Valé'da Brouss-eau, 17 St-Malo, -St-Sauveur, Québec.\t416 FRANÇAIS, célibataire, 40 ans, bonne position, idées très larges, désire marier demoiselles ou veuves avec avoir ou bonne situation.Henri, 479 St-Denis, Montréal.\t417 JEUNE HOMME, instruit et de haute position sociale, désirerait corresp.avec demoiselles.But sérieux.Léo Lefranc, B.P.9 6, Joliette, P.Q.JEUNE HOMME brun, 20 ans, désire corresp.-par c.p.avec monde entier.Accepte tous genres.Geo Bar-num, 84a rue St-Rémi, St-Henri, Montréal.\t419 JEUNE garçon, 18 printemps, désire corresp.avec jeune demoiselle du monde entier par c.p.But: la plus aimable le saura.Willie Métivi-er, Thetford Mines, Qué.\t420 JEUNE brunette, 24 ans, désire corresp.avec Monsieur distingué.But: se faire un ami.Mlle Reina, 4 4 Bourget, St-Henri, Montréal.421 JEUNE Canadienne, 22 ans, désire corresp.avec jeune Monsieur distingué.But: se faire un ami.Mlle Anit-a, 53 Bourget, St-Henri, Montréal.\t422 JEUNE Canadienne, 21 printemps, désire échanger c.p.avec Monsieur distingué.But: se faire un ami.Mlle Yvonne, 42 Bourget, St-Henri, Montréal,\t423 JEUNE HOMME, blond, 22 bonne position, désire corresp.p, c.p.ou lettre avec jeune fine Montréal.But sérieux.Alfred 'Mal Côte 'St-Paul, rue Galt No 46, m0e réal.4! JEUNE HOMME brun, y-eux no!: de bonne famille, désire corresip.p c.p.ou lettres, avec gentilles d-emc selles.But: faire connaissance.H pondra à toutes cartes.J.Cardin, 4\u2019 Drolet, Montréal.HELLO, à vous une chance, D moisélle ou veuve de 20 à 40 an avec 'de l\u2019-argeut.Veuillez co-rres avec un -homme d\u2019affaires âgé de ¦ ans, joli châtain.But: l\u2019avenir voi dira plus.Arthur Folio, 3 60 Ste-C, thierine Est, Montréal.\t45 JEUNE HOMME, 25 ans, boni apparence, tout récemment arri\\ d\u2019Europe, dêsir-e corresp.avec jeune filles, anglais ou français.But s rieux.Corresp.sous env.Harry We seberg, 15a Hogan, Montréal.45 JEUNE FILLE, 21 ans, instruite< distinguée, désire échanger c.p.c let'rea avec Monsieur instruit.But l\u2019avenir vous 1-e dira.Rosette D\u2019; mo-ur, Winehendon Springs, Mas Box 49.\t42 JEUNE brunette, 22 ans, désii échanger c.p.avec monsieur distli gué, cartes glacées préférées.But le\" plus gentil le saura.Aurore Chr tien, Winehendon Springs, Mass, Bo 63.\t43 GENTILLE Demoiselle distingué; affectueuse et sincère, désire carres] avec gentils Messieurs -distingués « de bonne position, de 28 à 35, lettri préférée.But très sérieux.Eviter k! dinage.Anita -Granger, Poste Restai te Amherst, Montréal.\t43 DIVERS PALMISTE Medium Intuitive.Ma dame Carolus, parisienne, dit le ,paf L sé, le présent et l\u2019avenir d\u2019une pei : eu; sonne et si elle deviendra veuve 0 non.Mme Carolus, cartomancienne faisant les grands Tarots Egyptien \\ OTf qui contiennent 7 8 cartes dans L jy, jeu.Recevra à son salon de consulta tion, de 9 heures du matin à 9 heu ' *'¦ res du soir, excepté le dimanche > Prix de consultation, 25c, 50c, $ 1.0C 53 Des jardins, coin Sainte-Catherine Maisonneuve, 2 e étage.\t43 de p: I veau VOULEZ-VOUS RIRE?Demande l\u2019Oracle du Mariage, prix 10 cents Franco avec superbe catalogue d> | ment Farces, Attrapes, Monologues, Char j .sons, librairie.Adressez E.Hartman Dépt.\u20ac., 385 Ave Mont-Royal Esc R Montréal.\t42! LES LIS SANGLANTS, oeuvre iné dite d\u2019un grand romancier de Paris La trame en -est si intéressante, s captivante, que vous ne vous cou cher-ez pas- sans l\u2019avoir parcouru e?entier.Vous le relirez souvent ave un plaisir toujours nouveau.Uj chef-d\u2019oeuvre en son genre.-Magni fiqu-ement relié toile, 20c.franco Satisfaction garantie ou argent re mis.J.Bourdeau, Editeur, Cask 151, Nominingu-e, Canada.vieil rj ze 1 Saii k ht lui lat MADAME AMEDEE, Phrênologis -te, Physionomiste, Cartomancienne Palmiste, autrefois de la rue Berri vraie française parisienne, par _s; puissante mystique, soulève le voil des secrets les plus intimes de la vide chacun, elle vous indiquera la ma nière d\u2019être heureux et évitera ains bien des troubles et des ennuis.Un visite vous convaincra de sa science ^ Heures du bureau: 9 hrs a.m.,\t^ hrs p.m.Prix de consultation: $1-0° $2.00 en montant.63 années d\u2019ex périence.Ne pas faire erreur des soi disant Mme Amédée.Adresse:\t' Jeanne d\u2019Arc, Maisonneuve, 1ère pot te de la rue Ste-Catherine, LE SAMEDI 20 ! Ik Le Tailleur Fou CONTE (Suite et tin) -O\u2014 I La Sultane se mit à rire, et se tournant \u2022vers Omar: \u201cEt toi, mon fils, qu\u2019as-tu à me montrer?\u201d Il s\u2019avança avec répugnance, et, jetant la soie et les ciseaux par terre: \u201cOn m\u2019a qappris\u201d, dit-il, \u201cà conduire un cheval et à imanier l\u2019épée, à parler-plusieurs langues, Jet j\u2019ai acquis quelque habileté dans les xexercices de la guerre, mais on a cru que l\u2019art du tailleur ne méritait pas de retenir ; l\u2019attention du neveu d\u2019Elfi Bey.\u201d \u2014\u201cTrésor de mon coeur!\u201d s\u2019écria la ¦Sultane, \u201ccomment pourrait-on douter j que tu es mon fils?\u201d Puis, se tournant 9 vers son mari et ses serviteurs: \u201cNe è voyez-vous pas qui est le prince et qui est le tailleur?En vérité, ce fez .est magni.fi-) que, et je serais heureuse de connaître le ï maître qui lui a enseigné à si bien faire.\u2019 \u2019 Le Sultan resta plongé dans de profondes réflexions; il se méfiait tantôt de sa e femme, tantôt de Labakan, et commença à % croire que son obstination lui avait fait § commettre une sotte erreur ; cependant, il o luttait contre cette pensée.\u201cCette épreu-! ve a mal tourné, assurément,\u201d se dit-il, R \u201cmais je crois que j\u2019ai trouvé autre cno-9 se.\u201d Il donna ordre qu\u2019on lui amenât son I cheval le plus rapide, se jeta en selle, et [( prit 'le chemin de la forêt qui commençait :< proche de la ville.Cette forêt était, disait-a on, la demeure d\u2019une bonne fée nommée ff Adelzaïde, qui avait souvent conseillé et r réconforté les Sultans de Rustum à l\u2019heu-y re du besoin.C\u2019est vers elle que le Sultan I se hâtait.Au milieu de la forêt, il y avait | un espace libre entouré de beaux cèdres.| C\u2019était là que, suivant la tradition, de-jrl meurait la fée, et là, disait-on, on pouvait la voir souvent, car elle aimait cet en-[ droit qui, de père en fils, était honoré a e cause d\u2019elle, depuis maintes générations.Quand le Sultan y arriva, il attacha la bride de son cheval à un arbre, se plaça au milieu de l\u2019espace libre, et dit à haute i.voix: \u201cS\u2019il est vrai que mes pères ont re-' çu de toi bon conseil à l\u2019heure du besoin, écoute la prière de leur descendant et ! conseille-moi dans cette grande diffieul-\\\\ té.\u201d Il avait à peine parlé que les cèdres s\u2019ouvrirent d\u2019eux-mêmes, et qu\u2019une fem-j me voilée, revêtue de longues robes blan-' ches, s\u2019avança en disant: \u201cJe sais ce qui t\u2019amène, Sultan Saad; si ton coeur est rempli de bonne volonté, je t\u2019aiderai volontiers.Prends ces deux coffrets.Que les deux jeunes prétendants en choisissent chacun un; je sais que celui qui est ton ; fils choisira comme il convient.\u2019 \u2019 Ainsi parla la fée, et elle tendit au Sul-I tan deux petits coffrets d\u2019ivoire richement | ornés d\u2019or et d'e perles, jusque sur le couvercle, qu\u2019il essaya en vain d\u2019ouvrir.Une ! inscription en lettres de diamant y était incrustée.Le Sultan retourna au palais ; et il es-i sayait de deviner ce qu\u2019il pouvait bien y avoir dans les coffrets, car il lui avait été ! impossible de les ouvrir.Les inscriptions ne lui donnaient aucun éclaircissement, car l\u2019une disait : \u201c Honneur et Renommée,\u201d et l\u2019autre \u201cFortune et Richesses.\u201d Le Sultan pensait qu \u2019il serait très difficile de choisir d\u2019après ces deux inscriptions, car les biens qu\u2019elles promettaient lui paraissaient également désirables.Quand il fut de retour au palais, il appela la Sultane et lui dit ce qu\u2019il avait fait; et le coeur de la mère fut rempli d\u2019espoir, car elle ne pouvait s\u2019empêcher de penser que celui qui choisirait juste serait celui que, dans son coeur, elle savait être de naissance royale.On plaça deux tables devant le trône du Sultan, et sur ces deux tables le Sultan déposa les coffrets; puis il s\u2019assit et fit signe à ses esclaves d\u2019ouvrir les portes de la grande salle.La brillante assemblée des Pachas, des Emirs et des Schèiks que le Sultan avait convoqués envahit la salle.Chacun prit la place qui convenait à son rang et ils se tinrent debout contre les murs magnifiques.Quand ils eurent fait hommage au Sultan en s\u2019inclinant profondément, le Roi fit un signe de nouveau, et Labakan fut introduit.Il traversa la salle d\u2019un pas Le Sultan prit le chemin de la forêt -3» y Av fier, et, se prosternant devant le trône : \u201cQu\u2019ordonne mon seigneur et père?\u201d dit-il.Le Sultan se 'leva et répondit: \u201c Mon fils, tu vois devant toi ces deux coffrets avec leurs inscriptions ; l\u2019un d\u2019eux contient la confirmation de ta naissance ;\u2014 choisis, je ne doute pas que tu choisisses bien.\u2019 \u2019 Labakan se releva, et s\u2019approcha des coffrets; il les admira beaucoup, réfléchit longuement, et dit enfin: \u201cPère vénéré, que peut-il y avoir de plus élevé que la fortune, et pour ton fils quoi de plus noble que les richesses de ta grâce?Je choisis le coffret qui porte cette inscription : 4 \u2018 Fortune et Richesses.\u2019 \u2019 \u2014\u201cTu sauras bientôt le résultat de ton choix.Assieds-toi auprès du Pacha de Médine,\u201d dit le Sultan, en faisant signe à ses esclaves d\u2019introduire Omar.Il entra, le regard plein d\u2019une douleur tranquille, mais la démarche assurée, et on eût dit que rien ne pouvait l\u2019émouvoir.Il s\u2019inclina profondément devant le trône, et demanda au Sultan quelle était sa volonté.Le Sultan lui dit qu\u2019il devait choisir l'un des deux coffrets.Il lut attentivement les deux inscriptions, puis il dit: \u201cJ\u2019ai appris depuis peu combien la fortune est perfide, et combien vite passent les richesses; mais j\u2019ai appris en même temps que ni la perte de l\u2019une, ni la perte de l\u2019autre ne saurait affecter le coeur des braves dont l\u2019honneur dispose.S\u2019il me fallait choisir entre une couronne et l\u2019honneur avec la renommée, je choisirais ces derniers.\u201d Et il posa la main sur le coffret qui portait l\u2019inscription \u201cHonneur et Renommée.\u201d Le Sultan lui dit d\u2019attendre un moment, et il appela Labakan qui posa la main sur le coffret qu\u2019il avait choisi.Alors le Sultan donna ordre de lui apporter un vase rempli d\u2019eau tirée au puits sacré de \u201cZemzen,\u201d à la Mecque; il se lava les mains, et pria ainsi en se tournant vers l\u2019Orient: \u201cDieu de mes pères, qui a permis que depuis des centaines d\u2019années notre lignée se conserve pure et directe, montre-moi lequel de ces deux jeunes hommes est vraiment mon fils.\u201d Puis le Sultan se releva et reprit sa place sur son trône.Les spectateurs retenaient leur souffle (on aurait entendu une souris courir sur le plancher, tant le silence était grand) ; ceux qui étaient les plus éloignés tendaient le cou pour voir les coffrets.Et le Sultan dit: \u201cOuvrez les coffrets.\u201d Alors, à la grande surprise de tous, ces coffr\u2019ets, qu\u2019aucune force humaine n\u2019avait pu ouvrir, s\u2019ouvrirent d\u2019eux-mêmes, d\u2019un seul coup.Dans le coffret d\u2019Omar, il y avait une petite couronne d\u2019or et un sceptre sur un coussin de satin blanc ; et dans celui de Labakan une grande aiguille et une petite bobine de fil.Le Sultan prit la couronne et\u2014ô merveille! elle s\u2019élargit et s\u2019élargit de plus en plus jusqu\u2019à ce qu\u2019elle fût assez grande pour une tête d\u2019homme.Le Sultan posa la couronne sur la tête de son fils Omar qui s\u2019agenouilla devant lui ; puis il le prit par la main pour le relever, le baisa au front, et le fit asseoir à sa droite.Il se tourna alors vers Labakan: \u201cIl y a,\u201d dit-il, \u201cun vieux proverbe: \u201cLe cordonnier retourne toujours à sa forme.\u201d Il semble que toi, tu doives retourner à ton aiguille.Tu ne mérites rien de ma bonté; mais si quelqu\u2019un veut intercéder en ta faveur, je te ferai grâce de ta misérable vie, car je ne désire point verser le sang aujourd\u2019hui, je t\u2019engage seulement à quitter bien vite mon royaume .\u2019 \u2019 Accablé de honte et de remords, le malheureux tailleur ne savait que faire ; mais il se jeta aux pieds du prince et s\u2019écria, les larmes aux yeux : \u201cJe t\u2019ai fait du mal, mais, je t\u2019en conjure, intercède en ma faveur!\u201d Omar, qui s\u2019était tourné, tout joyeux, vers la mère qui avait reconnu son enfant, Omar regarda Labakan:\u2014\u201cFidèle à mes amis, implacable envers mes ennemis, \u201d voilà la devise de ma race,\u201d dit le prince; \u201ccependant, va-t\u2019en en paix.\u201d \u20144\u2018O mon noble fils!\u201d s\u2019écria le vieux Sultan en le prenant dans ses bras, tandis que tous les chefs se pressaient autour de lui en poussant des cris de joie.Labakan profita de l\u2019inattention générale pour se glisser hors de la salle, le coffret sous le bras.Il sortit en toute hâte du palais, alla chercher son cheval, qu\u2019il sella et partit pour Alexandrie.Tandis qu\u2019il cheminait lentement, le souvenir de sa vie de prince se confondait de plus en plus avec ses rêveries, et n\u2019eût été la boîte au couvercle de perles et de diamants, elle lui eût paru un songe.Quand il arriva à Alexandrie, il se rendit tout droit à la maison d!e son ancien maître, attacha son 80 LE SAMEDI cheval à lia porte, et entra dans l\u2019atelier.Son maître, qui ne le reconnut pas sous ses magnifiques haibits, lui fit un profond salut et lui demanda ce qu\u2019il désirait ; mais, en le regardant de plus près, il reconnut Labakan; alors il appela ses ouvriers à grands cris, et, ivre de colère, se jeta sur le pauvre Labakan qui lui avait joué un si vilain tour, le frappa avec son mètre en bois, lui enfonça des aiguilles dans la chair, le taillada à coups de ciseaux, jusqu\u2019à ce qu\u2019enfin le pauvre garçon s\u2019échappa, ses vêtements en lambeaux.Blessé et meurtri, il tomba bientôt de faiblesse, et resta étendu à terre sous le poids de sa faute et du malheur qu\u2019elle lui avait attiré.Epuisé de douleur, il s\u2019endormit, et, à son réveil, il prit la résôlution de s\u2019amender et de commencer une vie nouvelle.Il vendit son coffret à un bijoutier pour un bon prix, acheta une maison, et suspendit au-dessus de la porte cette enseigne : \u2018 \u2018 La-blakan, tailleur.\u201d Puis il s\u2019assit à sa fenêtre, prit l\u2019aiguille et le fil qu\u2019il avait trouvés dans le coffret, et se mit à raccommoder ses habits déchirés.Qu'el fut son étonnement quand il vit l\u2019aiguille lui glîser des doigts, et se mettre à coudre toute seule rapidement, si bien qu\u2019en un clin d\u2019oeil touts les coutures furent faites.En vérité tout ce que donne une bonne fée a de la valeur, et Labakan s\u2019en aperçut bien.Et l\u2019aiguille avait beau courir de plus en plus vite, le fil ne manquait jamais, car lui aussi était un don de fée.Labakan eut de nombreux clients, et sa renommée ne tarda pas à se répandre au loin.Il n\u2019avait pas besoin d\u2019ouvriers, avec une aiguille si merveilleuse.Bientôt, toute la ville se servit chez Maître Labakan,\u2014son travail était si bien fait et à si bon compte ! Seulement, de temps à autre, les gens hochaient la tête et s\u2019étonnaient devant la besogne qu\u2019il abattait sans aide, et devant la porte de son atelier toujours fermée hermétiquement.Ainsi la fortune et les richesses 'lui vinrent, et il s\u2019efforça de mériter son bonheur; et quand il entendait parler de la renommée du jeune Sultan Omar, dont la vaillance était connue partout et qui était l\u2019orgueil de son peuple, et la crainte de ses ennemis, Lia-bakah se disait: \u201cfl vaut mieux pour moi être resté tailleur, car je ne suis pas fait pour l\u2019honneur et la renommée.\u201d -o- LES MANIES DES GRANDS HOMMES Un de ces chercheurs patients et minutieux dont les préfé?-ences vont aux petits côtés, aux infiniment petits côtés des hommes et des choses s\u2019est amusé à étudier un certain nombre de grands hommes par leurs manies.Voici quelques-uns des résultats de ses recherches; Milton, pour écrire un poème, éprouvait le besoin de renverser la tête en arrière.Haydn ne composait jamais une mesure de musique s\u2019il ne portait au doigt une bague que lui av:t offerte Frédéric II.Pour exciter sa puissance imaginative et aussi pour n\u2019être pas dérangé par les domestiques, le poète anglais Mathurin se collait un pain à cacheter sur le front.Paesiello ne composait que dans ison lit en foncé dans ses couvertures.Mark Twain se couchait pour travailler.Mèzeray, pour écrire son histoire, é- prouvait le besoin d\u2019allumer une multitude de bougies, même en plein jour.C\u2019était au cours de ises promenades de botanique, par un ciel ensoleillé, que Roua seau trouvait ses pensées.Ampère travaillait debout et traçait en majuscules ]es lettres de l\u2019alphabet.-Ldte___ «5» LE REVERS DU PROGRES Il serait * musant de réunir en un recueil les petites mésaventures auxquelles donnèrent lieu toutes les inventions au début de leur mise en pratique.On connait celle du paysan qui était descendu dans un hôtel éclairé à l\u2019électri-I cité.Après la première nuit, comme le patron lui demandait s\u2019il avait bien dormi, le brave campagnard déclara; \u2014 Je n\u2019ai pu fermer Poeil de la nuit.\u2014 Vous étiez malade?\u2014 Non, mais c\u2019:est la lumière qui m\u2019a empêché de dormir.\u2014 Vous ne l\u2019avez donc pas éteinte, fit l\u2019hôte en fronçant le sourcil.\u2014 J\u2019ai bien essayé de la souffler, répondit le ru^al, mais p;as moyen.Pourquoi donc aussi pie vous la mettez en bouteille, votre électricité?LA LETTRE M ET LA MUSIQUE.Il semble qu\u2019il y ait des lettres prédestinées, la lettre M.qui est la première des deux mots \u201cmusique\u201d et \u201cmélodie\u201d, est aussi la première du plus grand nombre des compositeurs anciens et modernes.Il y a, évidemment, fort peu de gens qui ont dû s\u2019attarder à une remarque aussi minutieuse.Mais les exemples semblent donner raison à la revue en question.Voyons, en effet, les noms des musiciens : Monsigny, l\u2019auteur du Déserteur; Mé- i hul, l\u2019auteur de Joseph; Mozart, l\u2019auteur de Don Juan; Martini, l\u2019auteur de la romance Plaisir d\u2019amour; Meyerbeer, l\u2019auteur des Huguenot; Mayseder l\u2019inven-teur du métronome; Malibran, la grande cantatrice; Maillàrt, l\u2019auteur des Dragons de Villars; Mendelssohn, l\u2019auteur du Songe d\u2019une Nuit d\u2019Eté; Massé, l\u2019auteur des Noces de Jeannette; Massenet, l\u2019auteur de Manon.On pourrait encore ?muter à cette liste les noms de Mercadante, Monpou, Musard, Moschelès, Membrée, : Mermet, Messager, qui, pour être moins connus du grand public, n\u2019en sont pas moins ceux d\u2019excellents musiciens.Qu\u2019on vienne nier, après cela, que la lettre M ne scit pas la plus musicale de toutes.LeDocî te le DC iOJB^ pü TW.' CRITIQUE SUR UNE SEULE LETTRE L\u2019anecdote que voici, est attribuée à un auteur dramatique renommé.Un jeune auteur, d\u2019un talent problématique, lui remit un jour le manuscrit d\u2019une pièce en plusieurs actes, et le pria de la lire et de,l\u2019apprécier.Très complaisamment le Maitre parcourut la pièce, quoique la lecture en fût plutôt indigeste.Fidèle à sa promesse de donner son opinion, il renvoya le manuscrit à son auteur en lui faisait savoir qu\u2019il avait noté son opinion dans le texte.Fiévreusement, le jeune homme feuilleta son oeuvre, à là recherche des annotations du dramaturge, Mais il eut beau faire, toutes les pages étaient intactes et ne révélaient pas le moindre indication concernant l\u2019opinion du maitre.Très désappointé, le jeune auteur se demandait ce que ceci pouvait signifier.Il s\u2019en ouvrit à un ami, lequel, à son tour, se mit à scruter le manuscrit.Jusqu\u2019à la dernière ligne, il ne put rien découvrir non plus, et sa perplexité s\u2019accentuait à mesure qu\u2019il approchait de la fin.Soudain, son camarade l\u2019entendit s\u2019esclaffer ; \u2014 Qu \u2019y a-t-il ?.as-tu trouvé ?\u2014 Je crois qu\u2019oui, déclara l\u2019ami.Regarde ! Et du doigt il désigna le mot Fin qui terminait l\u2019ouvrage.L\u2019auteur regarda et fit alors une grimace significative.Le Maitre c\u2019était contenté de rayer du mot Fin la lettre\u201cN\u201d G\u2019était là son opinion.-1- LE MEILLEUR ECRIN POUR LES DIAMANTS On s\u2019imagine généralement que les plus, beaux écrins sont aussi les meilleurs.Un diamant, pense-t-on, ne peut guère reposer ailleurs que dans une game de velours riche ou de peluche.Eh bien, c\u2019est une erreur, et le diamam, qui est un objet de luxe, a des goûts extrêment simples et l\u2019endroit où il préfère abriter ses feux, c\u2019est.l\u2019intérieur d\u2019une pomme de terre., On a constaté, en effet, que, sous l\u2019influence de la chaleur, les diamants s \u2019écaillaient et explosaient, parfois même, ils é-clatent entre les mains des mineurs qui viennent de les découvrir.Le désastre peut être complet, et l\u2019on a vu d\u2019énormes diamants, au sortir de la mine, être réduits en poudre quasi impalpable.Pour parer à ce phénomène curieux, s mais pour eux des plus néfastes, les mar- j chauds de diamants se sont avisés de ren- j fermer les gemmes précieuses dans des pommes de terre crues, dont l\u2019intérieur 1 est toujours d\u2019une grande fraîcheur.Et c\u2019est dans ces écrins peu somptueux jj et nouveau genre que des diamants de grand prix quittent leur terre natale.Evidemment, le procédé est très simple et des plus économiques.Mais nos mon- ; daines voudraient-elle s\u2019ast\" Indre à déposer leurs diamants au fon\" d\u2019une pom- c me de terre ?Il est fort probable que non, tant la for- s ce de l\u2019habitude nuit aux innovations.C\u2019EST LE PROGRES! \u2014- T\u2019es encore saoul?\u2014 Mais tu sais bien que maintenant ou ne marche plus qu\u2019à l\u2019alcool. LE SAMEDI 31 LES PILULES INOFFJENSIVES ^r0y:yy/ Le Docteur.-\u2014Ça va-t-il mieux à présent?Le Patient.\u2014Non, docteur, ça ne va pas du tout! Le Docteur.\u2014Eh bien, cessez de prendre les pilules que je vous ai 1,1b fprdonnées! SOnt rl1 Le Patient.\u2014Mais c\u2019est >que je n\u2019en ai pas encore pris.fDS i l Le Docteur.\u2014Mais alors, sapristi, prenez-en! BIZARRERIE ila, qij Mon ami Chuque est le plus 'brave garçon du monde, mais il a ¦un singulier travers.Cela tient à ses malheurs.Chuque, en effet, a été autrefois possesseur d\u2019une très grosse a fortune, qu\u2019une catastrophe financière a engloutie jusqu\u2019au der-T.M nier sou.Actuellement il n\u2019a, pour vivre, qu\u2019un modeste emploi d\u2019aide comptable dans une importante maison de commerce.Dans * ces conditions, il est assez naturel qu\u2019il soit un peu aigri.Son travail consiste à enregistrer les valeurs de tous genres elts*- que chaque courrier apporte de tous les coins du globe.Ce qu\u2019il Hero# PassÇ journellement sur son pupitre de bank-notes, mandats-pos-èrei* billets à ordre, et autres papiers bancables et monnayables en r francs, livres, lires, pesetas, réaux, marks, roubles, piastres, rou-l! pies ou dollars, est inimaginable.De- sorte que ce pauvre hère, mal payé et n\u2019ayant pas toujours trente sous en poche, est littéralement plongé dans un intarissable pactole.Ces trésors ne le tentent pas, car il est très honnête et n\u2019a ja-s J mais eu la pensée d\u2019en distraire la moindre parcelle.Seulement, edi* H leur en veut un peu d\u2019\u2019évoquer le souvenir de son opulence évanouie.Sa mauvaise humeur à leur égard se manifeste de fa-if g on intermittente et électique.Les mandats, les billets de banque, même les chèques ordinaires - \u2014ceux dont le total ne va pas au-delà de quatre chiffres\u2014le laissent à peu près indifférent.Mais vienne un de ces orgueilleux petits rectangles à vignettes, qui représentent à eux seuls une fortune ,et se muent, aux gui-: diets des banques en volumineuses liasses de \u201cfafiots mâles\u201d, on J le voit les fixer d\u2019un oeil courroucé, comme des ennemis personnels, les froisser rageusement, les maculer de taches d\u2019encre vo-mri* : lontaires, leur infliger, en un mot, mille avanies.Evidemment, il est trop intelligent pour ne pas se rendre compte de la puérilité de tels emportements, mais c\u2019est plus fort que lui, car retenez bien ceci : I \u2018\u2018 Chaque chèque chic choque Chuque!\u201d \u2022 ! * CHEZ LE DIRECTEUR Un jeune écrivain avait été admis à soumettre son oeuvre à un directeur de théâtre.Plein d\u2019émoi, la voix fiévreuse, il lisait sa comédie, tandis que le dos au feu, les jambes allongées, l\u2019important directeur se laissait aller à une douée rêverie.La voix monotone du lecteur, telle une mélopée enfantine, le plongeait dans une douce torpeur.\tSeuls, quelques mots un peu plus accentués que les autres per- çaient le voile qui le séparait de l\u2019auteur.Il percevait, à travers le bourdonnement des lambeaux incohérents : Un personnage tuait le temps, il massacrait un morceau de piano.Un autre étouffait un bâillement.Un autre encore noyait son chagrin.Eh bien! demanda, plein d\u2019anxiété Le jeune écrivain, quand tout fut terminé, la lecture de sa joyeuse comédie, que pensez-vous de ma pièce ?Pas mal, dit le directeur, mais vraiment il y a trop de crimes dans votre drame ! LE TROISIEME S\u2019EST SAUVE Un jour\u2014il y a de ça pas très longtemps\u2014trois amis, un Français, un Anglais et un Juif conviennent de fairq ensemble le tour du monde.Arrivés en un petit pays dont le roi était réputé pour sa foi en la religion catholique, le Français déclare qu\u2019il veut faire une visite à Sa Majesté, lui présenter ses hommages et lui demander sa bénédiction, Car il faut vous dire que ce pieux monarque avait la manie\u2014inoffensive, du reste\u2014de bénir les pèlerins qui lui allaient rendre visite.\u2014Venez-vous, dit le Français à ses amis?L\u2019Anglais, par forme, et le Juif, pour ne pas se séparer de ses compagnons, décident qu\u2019ils assisteront à l\u2019audience.\u2014Ah! dit le roi, s\u2019adressant au Français, vos compatriotes me causent de bien grands chagrins; on n\u2019est plus aussi catholique qu\u2019autrefois, chez vous.Baisez quand même ma main.\u2014Et, dans votre pays, dit-il à l\u2019Anglais, on ne compte plus beaucoup de fidèles à la foi romaine.Baisez quand même mon pied.Brusquement, le Français se sentit tiré par la queue de son habit.C\u2019était le Juif qui, vert et tremblant, bégayait, en tâchant de n\u2019être pas aperçu par le roi bénisseur: \u201cI think I had better go home.\u201d CHEZ LE BIJOUTIER \u2014Nos diamants ont la même pureté, le même poids, le même éclat que les vrais, et pour que l\u2019imitation soit complète, ils sont vendus exactement le même prix.LA DOUCHE \u2014Dis-moi donc un peu, mon petit ami, crois-tu que ta soeur soit contente-'de me voir venir souvent ici?.\u2014Oh ! je crois bien.Tous lui apportez des bonbons et des fleurs.\u2014Ah! je suis heureux de la rendre heureuse.\u2014D\u2019autant plus que le petit jeune homme qu\u2019elle aime est bien content aussi, parce que ça lui évite d\u2019en acheter pour elle.BONNE REPARTIE Un enfant.\u2014C\u2019est pas ton père, ni ta mère, ça.T\u2019as été adopté.Un autre.\u2014Oui, mais c\u2019est mieux que toi.Moi, ils m\u2019ont choisi; tandis que toi, ils ont été obligés de te prendre comme t\u2019étais.LES PRESSENTIMENTS \u2014Ùroyez-vous aux pressentiments?.\u2014Oui.\u2014Eh bien ! j'ai le pressentiment que vous allez me prêter cinq piastres.\u2014Ah! mais, vous savez, je ne crois qu\u2019a mes pressentiments à moi, et celui que j\u2019ai en cette minute même est que je ne vous prêterai rien du tout !.POURQUOI IL COUCHE DEHORS \u2014Vous n\u2019avez pas de domicile, -mon pauvre homme?\u2014Oh, si! Seulement, je suis marié et il arrive assez souvent que je suis mieux dehors qu\u2019à ia maison! ÜpS fH mm yV-.; IpÉip LE SAMEDI mr 222^ HZ9 Patrons - Modes 3m 3497.\u2014Pardessus pour garçonnet de 8 à 10 ans.Matériaux: 1% verge en 54 pouces pour 10 ans.* 3 49 3.\u2014Veston pour garçon de 10 à 12 ans.Matériaux: 3 verges en 2 7 pour 12 ans.P» 3304.-\u2014(Costume complet pour garçonnet de 4 à 6 ans.Matériaux: 2 % vgs en 42 pour 4 ans.3311.\u2014(Manteau croisé pour garçonnet de 2 à 4 ans.Matériaux: 1 Vz verge en 40 pour 3 ans.te ** l'Bî» 2 227.-\u2014(Blouse pour garçonnet de 4 à 8 ans.c,5.Prix du patron 10c.Matériaux: 2% vgs en 38 pour ;j d ans.¦ 222 8.\u2014.Blouse de garçonnet de 4 à 8 ans.Matériaux: 2 % verges en 38 pouces.2229.\u20141 Blouse pour garçonnet de 4 à 8 ans.Matériaux: 2Vz verges en 38 pouces.,3408 3190.\u2014(Costume complet pour fillette de 10 à 12 ans.Matériaux: pour la jupe 3 verges en 4 8, pour le corsage 2 Vz verges en 48 pour 10 ans.M9/ 3 2 84.\u2014Tunique pour garçonnet de 4 à 6 ans.Matériaux: 2 verges en 3 8 pcs pour 4 ans.PATRONS-MODES DU \u201cSAMEDI\u2019 W Pour avoir les patrons du Samedi il est absolument nécessaire d\u2019inclure le coupon ci-dessous, il faut envoyer 10 cents par patron demandé.Un cou- pon suffit pour une commande ne dépassant pas quatre patrons, et ces patrons doivent être ceux d'un seul et même numéro du Samedi.N.B.\u2014(Des indications sur ces patrons, sont imprimées en français et en anglais.ECRIRE TRES LISIBLEMENT 32841 » j\\ ZZ2J PATRONS-MODES DU \u201cSAMEDI\u2019\u2019 I \"ï::\" ! ïoxtbea: \u2022 Age .Taille Localité REVUE POPULAIRE NUMERO D\u2019OCTOBRE lv f n POIRIER, BESSETTE & Cie, Editeurs-propriétaires, 200, Boulv.St-Laurent, Montréal./#> 1Hi; ¦wyn ' h « Nous vivons bien souvent sans nous douter des merveilles qui nous entourent.Sait-on, par exemple, que nous avons dans le corps de quoi fabriquer 9,3 00 crayons, quelques millions également d\u2019allumettes, etc., etc?A notre siècle de progrès et de jeux athlétiques, nous pensons, être les seuls, dans les pays civilisés, à \u201cfaire du sport\u2019\u2019, savons-nous que certaines peuplades sauvages pratiquent des jeux dont la hardiesse est déconcertante?Quand nous visitons un cirque nous sommes frappés par l\u2019étrangeté de certains animaux; avons-nous une idée des monstres extraordinaires qui ont peuplé la terre à ses premiers âges?Autant de chose que.\u201cLa Revue Populaire\u201d du life f mois d'Octobre vous apprendra dans de captivants articles abondamment illustrés; elle vous instruira aussi isur les différents genres de bateaux utilisés dan3 le monde entier; vous connaîtrez avec elle la vie 'de ces musiciens ambulants »qui tendent à.disparaître chaque jour; vous saurez comment 1 on fait un festin en Turquie; comment l\u2019on se marie en Grèce; ce que sont les Fakirs ces étranges prêtres Hindous.Vous y trouverez une causerie de saison sur l\u2019orignal et un article sensationnel sur le rôle des aeroplanes en temps de guerre, etc., etc.De plus vous aurez un magnifique roman fertile en émotions, un autre, plus court et humoristique, des (historiettes et des poésies d\u2019auteurs favoris.En tout 116 pages de lecture attrayantes, ornées d\u2019abondantes gravures qui font du numéro d Octobre un des .plus beaux qui aient paru.Vu .l\u2019abondance des demandes et la rapidité avec laquelle se vend la \u201cRevue Populaire\u201d il sera prudent de ne pas attendre pour s\u2019en procu rer un numéro, .'\u2022iti- Si votre dépositaire n\u2019en a plus, domandez-en un aux Bureaux des Edits-Propriétaires, Poirier Bessette & Cie., 200, Boulv.St-Laurent, Montréal.SSP Gravures extraites de la \u201cRevue Populaire \u201d, No d\u2019Octobre\"^ 8393 LE SAMEDI BUSTE ET EfANCUES Les Formes Ajustables HALL-BORCHERT PERFECTION\u201d Ces formes facilitent l\u2019ajus tement et empêchent tout désappointement et les incon vénients de l\u2019ajustement.Cette forme peut être ajustée à 50 formes et tailles diffé rentes.Le buste peut être haussé ou abaissé.Il peut être allongé ou raccourci à la taille et la forme elle-même peut être élevée ou abaissée pour correspondre à n\u2019impor te quelle longueur de jupe.Elle s\u2019ajuste très facilement, ne peut pas se déranger et dure toute une vie.Demandez la brochure illustrée contenant l\u2019asortiment complet de for mes avec les prix.Hall-Borchert Dress Form Co.of Canada Limited, 76 rue Pearl, TORONTO, Ont.Une Belle Taille au x lignes harmonieu se s, l\u2019org u e il de toute femme, élégante, vous est assur é e , Mada me ou Mademoisel le, par l\u2019u s a g e w réguli e r des etre PILULES de Tewflck Haziz, de Téhéran, Perse, $1.00 la boite; 6 boites pour $9.SOCIETE DES PRODUITS PERSANS Nouvelle Boîte Postale 2675 MONTREAL.Canada Rendez aux Cheveux ris la couleur.la souplesse, le brillant Iflft e la jeunesse avec le Restaurateur Robson In vente dans les Principales Pharmacies Préparé par The Joliette Chemical Co., Joliette, Can XjÆ.IDKISTIHSTKIE létaillêe et l\u2019avenir expliqué gratuitement, lans une étude très documentée, par la plus orte voyante du monde entier.Le présent, e passé, l\u2019avenir, rien n\u2019est caché à sa -\u2022lairvoyance.Elle dit tout, sait tout, voit out.Envoyer simplement 10 cents en timbres pour tous frais, la date de naissance, me mèche de cheveux et la qualité: Monsieur, Dame, Demoiselle.Ecrire Mme la Iruldesse Yalta, 53 Boulevard de Strasbourg, Paris, (France).Une pilule douce pour les femmes délicates.\u2014La femme la plus délicate peut entreprendre un traitement par les Pilules Végétales de Parme-lee sans craindre des consequences fâcheuses.Leur action tout en étant effective est douce et agréable.Elles ne provoquent ni douleurs, ni coliques, ainsi que peuvent en témoigner les milliers de femmes qui en ont fait usage.Conséquemment, elles sont fortement recommandées aux femmes, plus sujettes aux désordres de T appareil digestif, que les hommes, Comer des Ceriosités NOYADE IMPOSSIBLE KüS - .'WS& ¦ \"Y-1 MÜÉÉi \u2022 ¦¦ ¦ ¦ mm ém §s m v ¦\t- WËmÈ s|§gpgi| Il existe une nier dans laquelle on
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