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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 15 janvier 1916
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1916-01, Collections de BAnQ.

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[" 40 PAGES Lire: Pages 8 et 9, L\u2019Anabiose, nou velle futuriste, par Louis Roland 40 PAGES VOL.XXVH, NUMERO 32 MONTREAL, 15 JANVIER 1916 Journal Illustre Hebdomadaire 5 Cts Le Numéro Kilt' n\u2019a point senti les pierres du chemin; I/existence est, pour elle, un beau rêve sans lin.Sous la Heur du buisson, elle ignore l\u2019épine Et ne voit que le nid caché sous l\u2019aubépine. 2 LE SAMEDI Vol.27, No 32, Montréal, 15 Janvier 1916 if SOLDAT ï FRONT ; ; LE SOLDAT JOSEPH DULONG 45a DeLarocHe, Montréal.Le soldat Joseph Dulong, qui, avant la guerre, habitait au 45a rue DeLaroche, Montréal, nous écrit ce qui suit: Il n\u2019y a que quelques mois que j\u2019emploie ce merveilleux tonique et je m\u2019aperçois déjà qu\u2019il me fait beaucoup de bien.J\u2019étais épuisé par les épreuves que m\u2019imposait la \u201c vie du soldat.Maintenant que je fais usage régulier de votre tonique, je me sens beaucoup mieux et je suis certain qu\u2019avant longtemps je serai complètement rétabli.\u201d « ES NOMS No 111 Voici un certain nombre de mots auxquels il manque la première lettre.Il faut trouver les lettres (pü manquent, puis les disposer de façon à former le nom bien connu d\u2019une ville, d\u2019un fleuve ou d\u2019une contrée de ce continent on des vieux pays.Essayez et vous verrez que ce n\u2019est pas bien difficile.uverture; .avire; .oleil; .tapereur; .rmée; .'mage; .uestion; .nivers; .ilberté.Inscrivez le nom que vous aurez formé sur le coupon ci-dessous et adressez comme suit: Concours des Noms, \u201cLe Samedi\u201d, 200, Bld St-Laurent, Montréal.COUPON D'ADRESSE\u2014CONCOURS UES NOMS No 111 Réponses reçues jusqu'au LM janvier 1916 Noms à trouver .* .Nom.M., Mme ou Mlle.(Bien spécifier votre qualité) Ruo .Localité.15 janv 1916.N\u2019oubliez pas d'in ' Hr.' clairement voti a adresse.Cela est essentiel.y \t.¦¦\t¦ ¦¦\t-\u2014\t-\t- AVIS A NOS LECTEURS Nous informons notre clientèle que T Edition de L\u2019ALMANACH DU \u201c SAMEDI\u201d pour 1916 est complètement épuisée en ce qui concerne le stock que nous possédions à nos Bureaux EN CONSEQUENCE, CEUX QUI VOUDRONT SE PROCUREE OET INTERESSANT PETIT LIVRE DEVRONT S\u2019ADRESSER AUX DEPOSITAIRES qui en possèdent encore ET NON A NOS BUREAUX OU LES COMMANDES NE POURRAIENT ETRE REMPLIES. \\ ol.27, No 32, Montréal, 15 Janvier 1910 LE SAMEDI 3 ABONNEMENT (Payable d'avance) Canada et\tMontréal Etats-Unis\tet Europe Un an .$2.50\tUn an .$3.50 Six mois .1.25\tSix mois .1.76 Iæs abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de 8 jours, l\u2019empaquetage de nos sans de malle commençant 6 jours avant de les livrer à la poste.n O O Q O Fondé en 1889 LE SAMEDI JOURNAL ILLUSTRE HEBDOMADAIRE Organe du Foyer Domestique PRIX DU NUMERO : 6 Cts Entered March 23rd 1908 at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 3rd 1879.D o o 0 o HEURES DE BUREAU : De 8.30 a.m.à 6.45 p.m., tous 1er Jours, excepté le samedi, de 8.30 a.m., à midi.Tarif d'annonce fourni sur demande.POIRIER, BESSETTE & CIE, Tël.Main 2680,\tPropriétaires, 200, Boul.St-Daurent,\tMontréal.'/'s A.Carnet Editorial Messire l\u2019Hiver Pour la grande joie d\u2019un petit nombre, mais malheureusement pour la souffrance d\u2019une plus grande partie de la population, voici l\u2019hiver, le véritable hiver dans toute sa rigueur; la neige a paru se faire attendre cette année, mais, tout au moins à l\u2019heure où j \u2019écris ces lignes, elle rattrape largement le temps perdu.Le thermomètre baisse et les marchands de charbon sont dans la jubilation; ce qui fait le mal des uns fait le bien des autres.Il ne faut cependant pas calomnier la neige; c\u2019est une amie.Quand elle tombe en flocons serrés, c\u2019est du travail qu\u2019elle apporte dans les villes, des chemins qu\u2019elle construit à la campagne et de l'amusement, qu\u2019elle distribue un peu partout.Autre chose sont les froids rigoureux sans neige ou, ce qui ne vaut guère mieux, toutefois, les chutes par trop abondantes de cette manne blanche attendue d\u2019ordinaire avec tant d\u2019impatience .\u2022 * * L histoire conserve le souvenir de certains hivers d\u2019autrefois qui sont restés tristement célèbres et dont nul ne souhaite le retour.'Celui di* 1879 a été plutôt rude en France avec une température de MO degrés Farenheit au-dessous de zéro; les trains furent un peu partout immobilisés par la neige, les rivières gelèrent et la mer en fit autant dans les ports du Havre, de Cherbourg et de Brest.En 1709, toujours dans ce pays, l\u2019hiver fut terriblement long et eut des conséquences désastreuses; beaucoup de personnes moururent de froid et la culture des blés fut complètement ruinée.Cette année-lià, la misère se fit sentir dans les plus riches familles et le roi Louis XIV lui-même faillit se trouver transformé en marquis de la Bourse-Plate.Il dut vendre sa vaisselle d\u2019or pour acheter de quoi satisfaire son formidable appétit.Il en tira, dit la chronique, une somme équivalente à cent soixante mille de nas piastres d'aujourd\u2019hui, ce qui constitue un joli denier et permet de faire travailler assidûment la plus vigoureuse mâchoire.Cette année-là, la gelée fit éclater les arbres jusqu\u2019à la racine et des rochers se brisèrent, sous l'influence du froid, avec un bruit semblable celui du eainon.\u2022 \u2022 # Auparavant, en l\u2019an 1638, l'hiver avait déjà fait joliment des siennes, toujours en France, où le climat n\u2019est cependant pas rigoureux habituellement et le port de Marseille gela.En 1608, on servit du pain gelé à la table du roi Henri IV et en 1468, on débita le vin par morceaux que l\u2019on cassait à la haehr.En 1408, ce fut pire encore : il paraît que le greffier du Parlement était dans l\u2019impossibilité complète d\u2019écrire malgré le grand feu de bois allumé dans sa cheminée; l\u2019encre gelait au bec de sa plume, de trois mots en trois mots! On dt que, cette année-là, la crête des coqs et des dn'dons gela jusqu là la racine.L\u2019hver de 974 semble aivoir encore dépassé tout ceux-ci en intensité.Il étendit ses ravages sur toute l\u2019Europe et se fit sentir jusqu\u2019en Asie.Cette année-llà, le Bosphore lui-même se recouvrit de glace et l\u2019on put le traverser à pied! 11 semble qu\u2019aujourd\u2019hui les hivers soient moins rigoureux qu\u2019autrefois mais peut-être n\u2019est-ee qu\u2019une simple illusion qui provient de ce que l\u2019on est mieux armé contre le froid.Il y a quelques siècles, la plus somptueuse demeure était presque inhabitable durant les grands froids à cause des procédés rudimentaires de chauffage.On y voyait, certes, d\u2019immenses cheminées dans lesquels on brûlait d\u2019énormes troncs d\u2019arbres mais il fallait se rapprocher bien près du feu pour le sentir et l\u2019on se rôtssiait facilement les genoux tout en ayant le dos gelé.Quant aux doubles châssis et aux portes rembourrées, cela n\u2019existait même pas en imagination.Aujourd hui, portes et fenêtres sont soigneusement jointes et calfeutrées; grâce à la houille, une température élevée règne Constamment dans les appartements et de chauds vêtements, lorsqu\u2019on se risque au dehors, conservent, au corps la précieuse chaleur emmagasinée à la maison.L\u2019hiver est peut être toujours aussi rude mais on le sent moins.# * # f'eci me fait souvenir d\u2019une anecdote que l'on pourrait intituler \u201cCharité allumée par le froid et éteinte par le feu\u201d.On y trouvera, en même temps qu\u2019un superbe trait d\u2019égoïsme inconscient, une explication possible de la clémence des modernes hivers.L\u2019Hiver a ses agréments.mais tonie médaille a son revers.sasP Dans une ville populeuse, il y avait une jeune dame très riche qui aimait beaucoup là faire le bien; les larmes coulaient en abondance de ses jolis yeux au spectacle navrant de la misère et son porte-monnaie s\u2019ouvr a it alors largement, pour venir en aide aux malheureux.C'était, très bien, mais si la jeune dame avait le coeur bon, elle avait la mémoire courte et c\u2019était, en conséquence, toujours la dernière impression re-eue qui guidait sa conduite.Un jour, elle fit une visite à une pauvre famille qu on lui avait signalée comme souffrant atrocement du froid.Emue, la bonne dame se rendit en hâte auprès de ees pauvres gens et constata par elle-même que leur louis était inhabitable; on y gelait littéralement.En hâte, elle revînt chez elle et donna l\u2019ordre à un domestique de venir prendre ses ordres ,au sujet de bois et de charbon à en- .\t\u201e\tvoyer a ces malheureux, transie elle-meme par sa promenade, elle se réfugia auprès d\u2019un bon feu qui eut.tôt fait de ramener la couleur à ses joues et la souplesse dans ses membres.\u2014Combien de tonnes de charbon faut-il envoyer, madame ?demanda le domestique qui cintrait à ce moment \u2019 \u2014Bien, répondit ingénuement la douce personne, il me semble que la température s\u2019est beaucoup améliorée vous en enverrez un autre jour.Fernand de Verneuil. 4 LE SAMEDI Vol.27, No 32, Montréal, 35 Janvier 191G MIAOU!! K!WW Tit-Ri.\u2014 J'pourrais Vy avoir ma flèche, madame! Elle est dans votre jardin.Dame\u2014 Mais oui, mon petit ami, ù.quel endroit est-elle?Tit-Ri.\u2014Ben.dans l'dos d\u2019 vot' chat, j\u2019eré ben .LA PROTECTION HililmiïVTt-*?\u2014M'sieu si vous vouiez qu'on va battre un enfant, vous défendriez l'enfant! \u2014Y a pas d'doute! \u2014Correct, ça! 1 'ne; dune aire moi à la maison, y a maman qui m'attend arec la pantoufle à papa.MATIN D\u2019HIVER A LA CAMPAGNE On pousse des volets : c \u2019est l\u2019heure du réveil, Du bedeau matinal gaîment l\u2019Angélus sonne.Le soleil met déjà des reflets de vermeil Au front des grands pins verts, où le givre festonne.La nature s\u2019échauffe et quitte son sommeil, Sous le baiser du vent qui, tout bas, lui chantonne Un refrain triste et doux, au cantique pareil.L\u2019oiseau blanc veut l\u2019apprendre et l\u2019écho la fredonne.Le manteau de verglas qui couvre le vallon Etale les diamants qu\u2019apporte l\u2019aquilon; La chaumière reluit sous les lambris de glace.L\u2019oeil tourné vers le Christ qui pend à la cloison, Le paysan supplie à genoux le Dieu bon De nourrir sa famille et lui donner sa grâce.René CHARBONNEAU.- '\t¦ ¦\t.\t, j, L'IMPOSSIBLE Voisin.\u2014Où sont vos plus belles fleurs! Jardinier.\u2014Sur les paquets de y raines que j\u2019ai achetées.Seulement clics n'y sont qu\u2019en peinture.L\u2019INTELLIGENTE SERVANTE ¦\u2014Etes-vous satisfaite du nouveau poêle à gaz?\u2014Sûr\u2019 Ça fait déjà deux semaines que je l\u2019ai allumé et y ne s'est encore pas éteint depuis ce moment-là ! INUTILE DE L\u2019ASSURER LES INGENIEl X TOI RS DE THOMAS\tLES DEUX FONT LA PAIRE (Le marchand de charbon.\u2014Je dis, d\u2019abord, que je désire assurer ma cour à charbon contre le feu.Qu\u2019est-ce que ça coûterait une police d\u2019assurance de $4,000?L\u2019agent d\u2019assurance.\u2014Quel charbon est-ce?La même sorte que vous m\u2019avez envoyée dernièrement?Le marchand.\u2014Oui, c\u2019est cela.L\u2019agent.\u2014Oh, alors, je ne l'assurerais pas si j\u2019étais à votre place, il ne brûlera pas ! CROYEZ-VOUS ?Un homme embarrassé sur la conduite qu\u2019il doit tenir va trouver deux personnes de bon conseil.La première lui dit: \u201cA votre place, je n\u2019hésiterais pas, j\u2019irais rondement\u201d.La seconde lui dit: \u2018 A votre place, je n\u2019hésiterais pas, j\u2019irais carrément\u201d.Et c\u2019est absolument la même chose.Ml 1 Lu derail rc victime des tours de Thomas fut son oncle Jules.Si mus mus mettez debout sur ce morceau de papier sur l'un des bouts, et moi à l\u2019autre bout, je parie que vous ne punirez pas me toucher, dit Thomas.Insensé! répondit son.oncle.C'est impossible!.et le chut avait une grosse envie de rire.Prendtout.\u2014Combien me donnez-vous de cette montre, M.Prêtesurtout.M.Prêtesurtout, (là l\u2019enseigne des huit boules).\u2014Si vous pouvez me prouver qu\u2019elle vous appartient, légitimement, je vous en donnerai quarante piastres; si vous ne le pouvez pas, je vous en offre cinq.Prendtout, (vivement).\u2014Crachez le cinq et n\u2019en parlons plus.LUNE ROUSSE Monsieur (après le mariage).\u2014Quoi?vous n\u2019avez pas de fortune?Alors pourquoi disiez-vous toujours que vous aviez peur qu\u2019on vous épouse pour votre argent.Madame.\u2014 Et vous ne disiez vous pas que vous seriez cent fois plus heureux si je n\u2019avais pas un sou.Eh ! bien, soyez aussi heureux que vous le désiriez, je n\u2019ai pas un sou.2 Mais il y réussit facilement.L'ingénh u.r Thomas se rendit à la porte, l'ouvrit et glissa le papier en dessous.Alors, mon onde, mettez-vous debout SUT- votre bout, et je rais maintenant fermer la porte et me tenir debout sur l\u2019autre bout.A présent, ton-chez-moi, aht ah! ih! ih! Impossible, dit l\u2019oncle.isj) .jm ¦ 3 Ui ! ¦ hi ! souriait Thomas.Est-ce assez pour vous?J\u2019en ai un autre à présent.Pouvez-vous sauter sur cette boite d'allunu t-tes.si je la, mets à terre?Pouf, c\u2019est facile cela, dit l\u2019oncle.Eh bien ! mon garçon, mets ta boite, sur le plancher, et tu vus voir mon habileté.4 Mais il ne put sauter, oh! non! Parce que Thomas avait mis la boîte dans un cône Sautez par-dessus maintenant mon oncle?dit-il en riant.A 'est-ce pas que je vous m encore une fois?Et une lois encore l\u2019on-oie fut obligé d\u2019avouer qu'il s\u2019était fait battre par son neveu. Vol.27, No 32, Montreal, l5 Janvier 19i6 LE SAMEDI b UN NOBLE espagnoll a fait graver sur une pierre, qu\u2019on a ensuite montée en bague, ces mots si vieux et toujours jeunes : \u201cFemme, tes serments sont écrits sur le sable\u201d.Pour répondre à cette invective, une Espagnole a fait graver sur un bracelet ces autres mots : \u201cHomme, tes promesses s'envolent comme une fumée de cigare\u201d.A Madrid, un disciple du sage Mar-gal a fait buriner sur la culasse de sa montre en or cette autre sentence: \u201cSerments sur le sable, fumée de cigare, assaisonnements de la vie; sans quoi tout ne serait qu\u2019une sale blague\u201d.SI VOUS vivez dans la retraite, vous aurez tout le monde contre vous.Les hommes exigent qu\u2019on participe à leurs faiblesses et les femmes ne pardonnent pas qu\u2019on échappe à leur domination.CONTRE Job autrefois, le démou révolté Lui ravit ses enfants, ses biens et sa santé; Mais pour mieux l\u2019éprouver et déchirer son aine, Savez-vousee qu\u2019il fit?.Il lui laissa sa femme.LA CHERTE de la vie sera toujours un problème insoluble pour celui qui veut absolument rouler en auto quand il a tout juste le moyen de voyager en tramway.QUAND un homme promet, dans un instant d'oubli, d\u2019aimer, d\u2019honorer et de chérir sa femme pendant toute la vie, ii est désagréaiblement surpris de s'apercevoir ensuite que ce serment comprend aussi l'obligation de payer pour ses chapeaux.HELAS! il paraît à peu près impossible à une jeune fille de trouver un mari qui ait aussi belle apparence que sur les gravures de modes, qui soit amoureux comme les héros de romans et qui ait, par dessus le marché, le temps de gagner largement sa vie.UNE FEMME ne trouve sa photographie bien réussie que lorsqu\u2019elle ressemble à tous les beautés célèbres du jour et à elle en même temps.VOUS pouvez, à la rigueur, croire une jeune fille qui vous affirme qu\u2019on ne l'a jamais embrassé mais quand elle ajoute qu\u2019elle en est très contente, oh alors! ne la croyez plus! UNE des cruautés de la vie: S\u2019écrier par excès de politesse: \u201cRestez donc, je connais l'escalier\u201d et dégringoler vingt et une marches.UNE FEMME sait en dire plus long dans un seul regard qu\u2019un homme dans un long discours.SI l\u2019on en croit la quantité de serments d\u2019amour dans lesquels les hommes affirment aux femmes qu\u2019ils sont prêts a mourir pour elles, on doit en déduire que la mort paraît généralement moins redoutable que le travail.UN EXEMPLE DU CONTRAIRE L Lui.\u2014Tu seras jamais capable de garder un secret!.Elle.\u2014Jamais capable?.Bien, je rais te prouver tout de suite le contra ire: je n'ai encore dit à personne que la bague en \u201cor\" gue tu m'as achetée pour les fêtes n'est que du cuivre doré, rieur peigne!! L'HYMNE DE LA PAIX j êzuaïvl ! , ÙMBf aïs La musique est un peu trop , forte, c\u2019est pour cela qu'on n\u2019entend pas les paroles.CEUX QUI SONT TOUJOURS CONTENTS Ce torvisse de Jos Roulamort y s\u2019cré-yait pus capab' que moé parce qu'il passait sur les chiens avec son auto.Moé.avec, la mienne j\u2019ai passé pa'd\u2019sus un ch'vail.L\u2019ECRIN AUX PERLES (Extraits authentiques de livres et de journaux) De la Conquête de Plassum, par Emile Zola : \"Dix-sept heures! répondit Tronche en montrant sa bouche vide de dents\".Et huit pages plus loin : \u201cOn doit être bien à son aise, dit Tronche entre ses dents.Comme elles repoussèrent vite! Des Annales : \u201cLes exercices et les gammes au piano pourront peut-être diminuer un peu vos mains et vos pieds, s'ils sont épais et charnus\".Les pieds surtout trouveront plaisir à faire des gammes! Du Soleil : \u201cH est prévenu d'un double meurtre sur la personne de sa femme\u201d.C\u2019était donc une femme à double facet Dans la Vierge verte, de A.de Pouvourville : \u201cSa chevelure au parfum de bois jeune caressa mes joues, et je sentis sur mon front son haleine, l\u2019hateine pure et chaude d'une primevère au soleil.Elle parla d\u2019une roix muette.Mais la voix, sans doute, était embaumée de l'ha-leine du géranium à l\u2019ombre.De la Revue des Deux-Mondes : \u2014Pardon, monsieur le maréchal, dit La Tour du Pin, mais je ne vois pas de chemin tracé dans cette direction ! \u2014Vous n\u2019en voyez pas?Eh bien! en voilà un! fit Bazaine en traçant avec son ongle une raie noire sur la carte.Ce qui établit que le maréchal Bazaine devait avoir les mains plutôt sales! De Monsieur, Madame et Bébé (de Droz) : \u201cSur l\u2019honneur, je sentis une larme qui me montait à la gorge.\u201d O anatomie! De Pénélope (de MM.Fauchois et G.Fauré) : Euryctéc.\u2014Morte et farouche, Pénélope n\u2019a pas dormi.C\u2019est probable! De l'Echo de Paris : \u201cLorsque mourut sa femme, elle lui laissa une-petite fille et 3400 francs, sa part dans le legs Ohauctoard (?) Il eut bien vite tout mangé.L'enfant aussi?De la Divine Chanson, de Harry : \u201cH secoua la tête et, tirant son mouchoir, 11 en sabra s< s paupières\u201d.Arec un mouchoir?\tDEMOCRITE. « LE SAMEDI Tor.ZT, No 32, Montréal, 15 Janvier 1BBW v'V; Ki 1 Charlie est amoureux ; c'est son plus léger défaut.Décidé à épouser sa blonde, il va voir le papa après avoir fuit sa toilette des grands jours.LA PARTIE D'EQUITATION DE CHARLIE LI Le bonhomme a p pu mit et ChartL ne trouée rien de mieux, en plate as bonjour, que de lui laper un grand coup de canne sur la bedaine.3 Le vieux, en t olère, allonge à Charlie un bon coup de pied dans les reins ce gai envoie notre gaillard sauter en plein sur le dos d'un policeman \u2019 \u2022I L'homme de police fut pas mal surpris mais Charlie qui ne s'é- 5 .Et il décida de se servir de sa monture occasionnelle pour tonne jamais de rien trouva la chose toute naturelle.\tfaire une petite promenade d'agrément sous les peux des passants ahuris.râ) m 0 II poussa môme la complaisance jusqu'à conduire à l\u2019abreuvoir 7 Fatale distraction ! le polieem an-cheval profita de ce moment d'i-son cheval qui commençait à avoir suif et il profita de cet instant nattention pour lancer une ruade bien réussie qui envoya mon Charlie pour jeter un coup d'oeil incendiaire à une jolie brune qui passait.\tfaire une connaissance complète avec le contenu de l\u2019abreuvoir.LES MOTS DE ROCHEFORT PRIS SUR LE FAIT ENTRE MARSEILLAIS Paraphrasant la devise connue des Rohan, Rochefort appliquait à Villemessan, après sa rupture avec le \u201cFigaro\u201d, cette cruelle définition : Noble ne suis, Honnête ne puis, Vil me sens.A un long article que lui consacrait Pelletan et qui se terminait par un \u201cBonsoir Rochefort\u201d, le brillant polémiste répliquait: \u201cPuisqu\u2019il me dit bonsoir, je n\u2019ai plus qulà l\u2019envoyer se coucher\u201d.QUI VEUT LA FIN PREND LES MOYENS \u2014Quel est cet homme à l\u2019air bienveillant qui donne del marbres aux petits garçons?\u2014iC\u2019est un tailleur.\u2014Mais il les aime donc bien, les petits enfants?\u2014Oli non.Pas la miette ! C\u2019est tout simplement pour les inciter à user les genoux de leurs pantalons.Le patron (entrant soudainement et trouvant le garçon île bureau en train de lire).\u2014Pourquoi perjfa-tu ainsi ton temps! mon petit paresseux.Le garçon de bureau.\u2014Ce n'est pus mou temps que je pieds, monsieur, c'est bien le vôtre, plutôt! BONNE DEFENSE \u2014Donne-moi un morceau de sucre d'orge, mon Georges?Georges.\u2014-Ce n\u2019est pas du sucre d\u2019orge que j\u2019ai, c'est le mal de dents.Deux Marseillais se rencontrent sur la Cannebière.\u2014Oh mon cher, je suis le plus heureux des pères.Ma fille m\u2019a brodé un tapis de table, et les fleurs paraissent si naturelles qu\u2019on croit respirer l\u2019odeur des jasmins et des violettes!.\u2014Et moi, mon ami, c\u2019est bien plus fort! Ma lille aînée m\u2019a fait un fauteuil en tapisserie avec des guirlandes de roses, lorsque je m\u2019y assis pour la première fois, les épines m\u2019ont piqué! Et portant la main à la partie blessée: \u2014Bagasse! ça me cuit encore! CHASSEUR HABILE \u2014Papa, tu te rappelles m\u2019avoir dit que tu avais chassé des tigres dans l'Afrique Occidentale?Eh bien, le capitaine Louis m\u2019a dit qu\u2019il n\u2019y en avait pas du tout à cet endroit.\u2014Très bien, mon fils, c\u2019est bien vrai cela, puisque je les ai tous tuée. Tor.27, No 32, Montrer, 15 Janvier Ï9Î6T LE SAMEDI 7 LES GRANDES SENSATIONS £Lk mm Monter à chenil est un plaisir bien doux.à condition d'en avoir fait l'apprentissage sérieux.Le cavalier d'occasion qui s\u2019est imaginé que c'était, aussi agréable, que de monter sur les chevaux de bois a vite changé d\u2019avis.il est persuadé qu'on lui a confié une béte infernale qui a îles ressorts sous chaque patte et fait un moins du 80 miles à la minute.LA QUESTION EST LA?Uu jeune chasseur disait que le lièvre était le plus poltron des animaux.\u2014Soit, répond Cassoulet, mais je voudrais savoir ce que Vous feriez à sa place, si vous aviez ses jambes et pas de fusil.L\u2019IMPORTANCE DES PETITES INDUSTRIES Alfred.\u2014Tu vois ce bout de corde ; il vaut $50.00.Charles.\u2014C\u2019est pis que de la corde de pendu.Comment vas-tu t\u2019y prendre?Alfred.\u2014De la manière la plus simple.Je descends ma malle de Dhôtel par la fenêtre et je file moi-même ensuite.LES GRANDES SENSATIONS wlieu! que vous aviez donc l\u2019esprit routinier!.Il y avait sans doute des savants parmi vous mais chacun d\u2019eux ne songeait qu a perfectionner et non pas à trouver.Assurément, tout ce que vous voyez déjà et tout ce que vous verrez bientôt et qui vous étonnera n\u2019est en quelque sorte que le produit de transformations successives mais nous n'avons pas eu peur de sortir des sentiers battues, de nous lancer un peu dans l\u2019inconnu et de vouloir arracher a la nature des secrets qu\u2019au fond elle ne demandait pas mieux que de nous livrer.Vous avez découvert une nouvelle source de puissance?\u2014Pas le moins du monde.Nous en utilisons une que vous connaissez déjà mais nous l\u2019utilisons mieux que vous: l\u2019Electricité.\u2014Donc, il vous faut quand même un moteur ! \u2014Mais non, vous le comprendrez tout-à-l\u2019heure.A ce moment, une personne qui regardait par les hublots de 1 aéro murmura : \u201cA oici les grands Lacs!\u2019\u2019 Jean regarda lui-même.et, tout étonné aperçut à sa gauche, une large nappe d\u2019eau dont les rives paraissaient s\u2019enfuir avec une vitesse prodigieuse en arrière.Le groupe descendit une échelle de fer.t vil « 9 m .A4«ir *__% \u2014C'est le lac Supérieur, indiqua l\u2019interlocuteur de Jean; nous sommes à peu près à moitié chemin.Avec la Compagnie Bolide, nous serions déjà arrivés.\u2014Mais, ee moteur, ou ce qui le remplace?demanda Jean qui tenait à son idée.\u2014Eh bien, voilà.Vous saviez déjà à votre époque que l\u2019électricité existe en permanence dans l\u2019espace en énorme quantité.\u2014Oui, je me souviens même d\u2019avoir appris à l\u2019Université Laval que sa valeur de potentiel, sa puissance en quelque sorte, augmente au fur et à mesure qu\u2019on s\u2019élève dans l\u2019atmosphère.\u2014Al\u2019est parfait.Vous avez indiqué vous-même la solution! \u2014Comment?Je ne comprends pas.cette électricité étant en liberté complète, gomment pourrait-elle activer notre aéro?\u2014Question enfantine que celle-llà! C\u2019est comme quand vous aviez à votre disposition la puissance formidable représentée par les vagues de la mer et que vous les laissiez naïvement s\u2019écraser contre les falaises.quand vous pouviez utiliser la force illimitée de cette mer aux heures des marées et que toute cette énergie se perdait sans profit aucun.Ah! vous ne vouliez guère songer aux immenses réservoirs d\u2019énergie que vous aviez sous la main et vous passiez votre temps à vouloir perfectionner, toujours et uniquement perfectionner les inventions des autres.Cela me fait rire quand je pense à vos machines à vapeur par exemple! Aller chercher de l\u2019eau, du charbon, disposer cela dans des appareils barbares et compliqués pour produire de la vapeur dont la force est détruite en partie par de multiples frottements et engrenages!.Le rendement était ridicule! Il a été un peu amélioré dans vos moteurs à explosions mais pourquoi donc toujours cette machinerie si compliquée, intermédaire entre la force elle même et son but d\u2019application?\u2014Mais enfin.si vous voulez supprimer l\u2019intermédiaire, c\u2019est-à-dire le moteur, vous vous heurtez sûrement à une solution impossible.Vous vous mettez dans le cas d\u2019un cerveau qui pense, qui commande, mais qui n\u2019a plus à son service de membres pour exécuter les ordres reçus!.\u2014Assez jolie votre comparaison, mon cher ressuscité, mais complètement fausse et je vais vous le prouver tout de suite au moyen de votre science retardataire du 20e siècle.Vous connaissiez déjà \u2014ou croyiez connaître\u2014 l\u2019électricité ; or prenons par exemple, votre sonnerie électrique.Si un fabricant vous eût présenté un modèle dans lequel le courant aurait agi comme dans les moteurs ordinaires pour actionner un marteau à encliquetage mû par des roues dentées, vous auriez haussé les épaules car vous utilisiez déjà directement le courant sur le marteau lui-même, par attractions successives.Vous n\u2019aviez pas supprimé l\u2019intermédiaire entre le courant et le marteau mais vous l\u2019aviez réduit à un simple aimant au lieu de rouages compliqués.Eh bien, c\u2019est en somme ee que nous faisons aujourd\u2019hui: nous réduisons les intermédiaires à leur plus simple expression et nous n\u2019en avons que plus de force à notre disposition.\u2014-Vous avez alors des transformateurs que nous ignorions?\u2014Vous y voilà! Sachez\u2014ce que vous commenciez à connaître\u2014qu\u2019il existe autour du globe de formidables courants électriques dont la puissance est inouïe.les orages n\u2019en sont qu\u2019une faible et passagère manifestation.Ces courants, nous les utilisons, comme vous jadis vous vous serviez du vent pour faire tourner certains moulins.Au moyen de collecteurs d\u2019énergie et de transformateurs, nous emmagasinons au fur et à mesure de nos besoins l\u2019électricité qui sature l\u2019espace et nous prenons en quelque sorte un point d\u2019ap-pui sur les courants extérieurs comme la feuille sur le vent.Suivant not e capacité propre nous transformons une quantité plus 0\" moins grande d\u2019électricité et nous marchons plus ou moins vite en vertu de cette loi immuable que deux courants de même nom se repoussent et que deux de noms contraires s\u2019attirent.\u2014Alors votre vitesse peut donc être presque illimitée, celle de l\u2019électricité étant presque instantanée?\u2014Mais oui.Nous n\u2019avons de limite imposée que par la solidité de nos appareils et de nos véhicules mais nous devons nous ^en tenir encore jusqu\u2019ici.avec nos meilleurs modèles à une allure maxima de mille milles à l\u2019heure, néanmoins nous pouvons dire, sans exagérer, que nous voyageons littéralement sur les ailes de la foudre.\t-vi?- \u2014Et les collisions?.* \u2014Tl n y en a jamais.Elles sont impossibles en vertu même du principe connu que deux électricités de même nom se repoussent.Tous nos véhicules sont chargés \u201cnégativement\u201d or, lancés à la plus grande allure, l\u2019un contre l\u2019autre, ils sont forcés automatiquement de dévier de leur route et de s\u2019éviter.\u2014jOela me rassure! \u2014Winnipeg! annonça le mécanicien de l\u2019aéro.Chacun se disposa à la descente et Jean Lajeunesse, tout abasourdi fit comme les autres.Depuis quatre heures seulement il s\u2019était réveillé de son sommeil de dix siècles à Montréal et voici qu\u2019il avait déjà parcouru plus de 1400 milles.Rêvait-il?Etait-il éveillé?.Mais oui, il était bien éveillé puisque le vieux docteur Ma-théus était là, à ses côtés, avec sa longue barbe blanche et lui disait à l\u2019oreille: \u2014Jean, tu vas voir à Winnipeg d\u2019aussi jolies filles qu\u2019il y en avait jadis à Montréal J\u2019ai même en cette ville une très arrière petite nièce qui ressemble étonnamment à ma soeur que tu as connue; c\u2019est son portrait vivant et c\u2019est même cette ressemblance qui m\u2019avait frappée et m\u2019a permis de reconstituer son origine.Elle a vingt ans, mon cher ami, de beaux cheveux noirs et des grands yeux de velours.Mais cela ne doit pas t\u2019intéresser.tu es si timide avec les femmes.Lire dans le prochain épisode: Le Tour du Globe.-o- UNE INCONSEQUENCE TROP FREQUENTE Avant le mariage: M.écoute sa fiancée qui cause avec une de ses amies.\u2014Ah ! quel charmant babillage ! Après le mariage : \u2014Madame cause avec la même amie.Le mari haussant les épaules.\u2014Quelle pie ! bon Dieu ! Quelle pie ! le LE SAMEDI Vol.27, No 32, Montréal, 15 Janvier 1916 LE JOUR DU REPOS 1\u2014Est-ce que Jos est à la maison t \u2014Entrez clone, ça va lui faire plaisir de vous voir; c'est justement son jour de repos.2\u2014Ça va bien.Josf \u2014Excuse-moi une minute, Alex, j\u2019suis a pris friser les poils de Fido qui vient de prendre son bain.3\u2014 Attends-moi encore un instant, faut que j'iace les bottines à ma femme, t\u2019sais ben, d\u2019ees fameuses bottines qui s'iacent dans l'dos.4\u2014J'vais être à toi, t\u2019suite.Vtemps d\u2019poser une planche dans la pantry.,1 avais un mari qui sache gagner de l\u2019argent comme Barboteau, on pourrait en mettre de côté pour les vieux jours!.Ça mettrait un peu de beurre dans les maigres épinards de la vieillesse.\u201d Et patati ! Et patata! \u2014\u2022 Mon pauvre ami, fil le sous-chef, je vous plains bien ! Trois mois sans aller au bar! \u2014Cette épreuve est finie ! déclara fièrement Bilon.Ce bijou est ma libération.C\u2019est comme si j\u2019avais acheté un bâillon à ma femme.Parce 'lue je vous prie de croire que si elle continue à m\u2019embêter avec Barboteau, elle verra de quel bois je me chauffe! Et vous ferez bien!.A demain, Bilon! Je vais annoncer la bonne nouvelle aux camarades.\u2014T'en ms pas, j'ai pus qu'les patates à éplucher.\u2014t/'veux pas te troubler dans ton jour de repos.fviendrai une autre fois.quand tu travailleras.S\u2019IL AVAIT SU ! Pierre Bilon, depuis trois mois, n\u2019allait plus au bar.Au sortir du bureau il lâchait les camarades et rentrait chez lui à pied par tous les temps.Son sous-chef, qui aimait à l\u2019avoir pour partenaire, lui demanda un jour les raisons de ce lâchage.\u2014Patience, cher ami ! lui dit Bilon.J\u2019ai voulu faire des économies depuis trois mois.Sou à sou, sur mes apéros j\u2019ai acheté un modeste petit bijou à ma femme.Je vais le lui offrir ce soir.Ce sera une surprise, et dès demain vous pouvez compter sur moi comme d\u2019habitude, \u2014^Comment ! C\u2019est pour ça que depuis trois mois.\u2014C\u2019est pour ça! Ah! j\u2019en ai souffert plus que vous! \u2014Faut-il que vous aimiez votre femme, après quinze ans de ménage ! \u2014Ce n\u2019est pas ça du tout, mon ami!.C\u2019est pour qu\u2019elle me flanque la paix ! \u2014Je ne croyais pas Mme Bilon férue de bijoux au point d\u2019en exiger si impérieusement! ¦\u2014Elle n\u2019en est pas férue du tout! C\u2019est une accorte ménagère.Seulement, nous avons comme amis M.et Mme Barboteau.Barboteau est caissier chez un grand marchand de porcelaines.Un beau jour, leur situation a changé.La femme a mis des toilettes ronflantes.Les bijoux sont apparus sur ses toilettes, rares d\u2019abord, se multipliant ensuite comme s\u2019ils avaient eu une vertu prolifique.Ma femme s\u2019est sentie éclaboussée et c\u2019est à moi qu\u2019elle s\u2019en est prise: \u2018\u2018Ah! Barboteau est un malin.Ça n\u2019est pas comme toi! Comment s\u2019y prend-il?je n\u2019en sais rien! Mais il se dégrouille rudement.Oh! ce n\u2019est pas pour les bijoux, bien que je ne cracherais pas dessus si j\u2019en avais.Mais c\u2019est histoire de me dire que si Sur son palier, Bilon rencontra justement Barboteau qui se préparait à sonner.Et.Barboteau était très pâle.\u2014Tu es malade?demanda Bilon en insérant sa clef dans la serrure.\u2014Malade?Non! Seulement, il m\u2019arrive une drôle d\u2019histoire.\u2014Conte-moi ça! fit l'employé en introduisant le caissier dans sa salle à manger.\u2014Voici.Tu .sais qu\u2019il advient a certains caissiers, à tous les caissiers, pourrait-on dire, quand ils ont besoin de 5 piastres d\u2019emprunter à la.caisse.\u2014Qu\u2019est-ee que ça fait, du moment qu\u2019ils remettent?\u2014(Evidemment.C\u2019est ce que je me suis dit.Seulement, moi je n\u2019ai pas remis.(Voir suite à la page 11) 5\u2014Trouve pas Vtemps long.j'vas juste r'peindrr l\u2019planCher d'là salle à dîner et j'arrive.C\u2019EST EFFRAYANT CE QUE LES MARIS COUTENT CHER ! (¦! ,'.! ht II ÇgXmm.1\u201425 piastres ce paletot d\u2019in-térwur.c\u2019est bien ce qui ferait plaisir à Auguste t Je suis bien tentée de l'acheter.2\u2014J'ai réfléchi.voilà un corset à la mode et qui est moins cher.Je vais le prendre en place du paletot.3 Isaac.\u2014F oyez les pelles gravâtes.pour messieurs, 25 cents seulemen t ! \u2014Ron.paquctez-cn une.4 Monsieur.\u2014Tout ça pour moi, chérie?Madame.\u2014Non.pas ces vi-Inins gros paquets-la.Tiens, le beau petit que voici, c'est pour toi tout seul. Vol.27, No 82, Montreal, 15 Janvier 1916 LE SAMEDI il S\u2019IL AVAIT SU ! LE PROTECTEUR (Suite de la page 10) \u2014Tu remettras, voilà tout! \u2014Tu es bon, toi! Il faut pouvoir.Tu sais ce que c\u2019est.On ne fait pas attention.on emprunte de petites sommes.Et un beau jour, on est tout étonné soi-même de voir qu'il manque cent cinquante mille piastres dans la caisse.C\u2019est un phénomène bien connu un peu partout.\u2014'Cent cinquante mille piastres! s\u2019écria Bilan, qui crut avoir mal entendu.\u2014C\u2019est bien le chiffre.Et il n\u2019y aurait que demi-mal si mon patron ne s\u2019en était pas aperçu en vérifiant la caisse.\u2014U a mal pris la chose?\u2014Je le crois, car j\u2019ai vu dans les journaux qu\u2019il avait déposé une plainte contre moi.\u2014Sans te demander d\u2019explications d\u2019abord.\u2014Si! Mais elles ne l\u2019ont pas satisfait.Je lui ai dit comme à toi que le plus stupéfait, dans cette histoire, c\u2019était moi.Je.Je lui ai dit : ma femme a des bijoux, je vais vous les apporter.Ça sera toujours ça.Mais ma femme est déjà en fuite.Et je viens te demander.\u2014Pas les cent cinquante mille piastres ! fit Bilon effaré.\u2014Non!.Un conseil!.\u2014Mon pauvre vieux, je ne me suis jamais cas.Si je m\u2019y étais trouvé.\u2014Tu te serais tué?\u2014Non! Xe fais pas ça, surtout.\u2014-Sois tranquille!.Je n\u2019en ai pas la moindre envie.\u2014Va donc te constituer prisonnier, tout simplement.\u2014Tu crois?\u2014U'est le meilleur parti à prendre.\u2014Bon ! \u2014Et puis, ne dis pas au juge d\u2019instruction que tu nous eon- .1\u2014Elle me rend malade cette barbue qui passe desjournées entières à me bâdrer! Je ne ru is pas avoir une seule minute de paix! elle regarda le modeste bracelet en or comme s\u2019il eût été une bête immonde qu\u2019on n\u2019ose pas toucher.Et enfin elle éclata: \u2014Toi aussi?.\u2014'Comment, moi aussi?\u2014Tu veux jouer les Barboteaux?le bagne t\u2019attire?.Mais.Tu as compté sans moi, mon bonhomme ! Et je vais te montrer que je ne suis pas une Mme Barbo-teau!.je vais te remettre dans le droit chemin.Tu vas me prendre ce bijou, le rapporter au bijoutier et aller replacer l\u2019argent dans la caisse où tu l\u2019as pris.\u2014Je t\u2019assure.\u2014Et vivement!.La vision du pénitencier ne t\u2019émeut donc pas, malheureux!.Si tu ne songes pas à ton nom, songe au mien!.Elle fit pivoter Bilon et le mit à la porte, lui et son bijou.Le lendemain, au jass reconquis, Bilon disait à son sous-chef: \u2014Bon Dieu de bon Dieu! Si j\u2019avais su!.Mais quel malheur aussi qu\u2019on n\u2019ait pas arrêté cet animal de Barboteau il y a trois mois!.\u2014Evidemment!.Le malheur des uns.2\u2014Heureuse idée! Je rais me cuirasser arec cette vieille boite de fer-blanc.Ah! Tu peux venir maintenant, je t'attends! REGRETS SUPERFLUS trouvé dans ton M.Thomas B.Jeffery, de son vivant constructeur de bicycles et d\u2019automobiles, était un homme qui parlait peu.Pendant un de ses voyages un Monsieur qui se trouvait assis près de lui, attira son attention sur de grands bâtiments situés dans la ville qu\u2019ils traversaient et le petit dialogue suivant s\u2019échangea : \u2014Vous voyez ces bâtiments?dit le voyageur.Et bien, il y a dix ans j\u2019aurais pu les acheter pour sept mille piastres et maintenant ils en valent vingt mille.\u2014Aviez-vous les 7,000 piastres?\u2014Oh, non ! nais.Ça pourrait me nuire, tu crois?\u2014Peut-être ! \u2014Merci du conseil.Au revoir, Bilon.\u201cNom d\u2019une pipe! pensa ce dernier quand Barboteau l\u2019eut quitté, il y a deux façons d\u2019avoir un bijou, mais j\u2019aime mieux la mienne! C\u2019est plus long, mais c\u2019est plus sûr.\u201d Mme Bilon survint, un journal à la main, essoufflée, suffoquée.Elle ne put que proférer : \u2014-Journal!.Barboteau!.Barbote!.Emballé!.Stupéfiant!.Bijoux.Sa femme !.\u2014Je sais tout! dit Bilon.Et tu vois, poupoule, qu\u2019une honnête petite médiocrité a bien ses avantages et que mieux vaut tirer le diable par la queue que de tirer cinq ans.Tiens, je t\u2019ai apporté ça !.Et il lui remit le bijou.Mme Bilon eut.d\u2019abord l\u2019air de ne pas comprendre.Puis rLAISIRS D'HIVER \u2014Alors, répondit simplement Jeffery, ne prenez pas la peine de m\u2019en parler.ANXIEUX DE LA VERITE Pharmacien.\u2014'Ces pilules nettoient leur homme en 24 heures; elles le guérissent ou elles le tuent.Client.\u2014 -l\u2019aimerais à savoir par quoi elles commencent.ÇA PASSERA Madame A.\u2014-Je vous rapporte, le chien que vous m\u2019avez vendu l\u2019autre jour.Marchand.\u2014'Pourquoi?Madame A.\u2014 Il a mordu mon bébé, hier.Marchand, (indigné).\u2014 Ce n\u2019est rien, 1\u2014Dis doue, Jacquot, est-ce que nous ne pourons Elle comprenait parfaitement que, sans l\u2019intervention de marraine, elle serait encore d'ans ce grand jardin earré, \u2014 si laid, si triste, \u2014 entre ce grand-père qui ne lui avait adressé la parole que pour la rabrouer et cette méchante créature dont le souvenir La faisait encore frissonner d'épouvante.Et eMe en avait, \u2014 dans la bonté de son petit coeur, \u2014 voué à cette bien-ai-mée marraine une reconnaissance si grande.si grande.qu\u2019elle n\u2019essayait même pas de l\u2019exprimer: elle savait bien que c\u2019était tout à fait impossible de dire combien fort, combien gros elle l\u2019aimait, elle la chérissait, cette marraine adorée.Elle restait parfois des moments interminables, \u2014 presque des heures \u2014 à la regarder avec ses grands yeux noirs aux paupières encore un peu meurtries.à la regarder comme on regarderait une madone miraculeuse.et puis, doucement, elle allait vers elle : \u2014 Marraine, disait-elle tout bas, em-braseez-moi.Et elle défaillait presque sous la caresse dont ses pauvres joues pâles.dont son pauvre coeur surtout.avaient été si longtemps sevrés.Maintenant la nouvelle vie de Marcelle suivait son cours paisible et régulier.Le colonel de Oroixmaure n\u2019avait plue voulu mettre le pied dans cette maison de Rrnnojr chez le vieux racorni (e\u2019était le 'mot de Dominique) qui, de concert avec la mégère dont il subissait honteusement l'influence, avait si gravement manqué à toutes ses obligations, sans pailler de ses devoirs.C\u2019est chez le juge de paix du canton qu\u2019il l\u2019avait fait comparaître.Là, devant ee magistrat dont la froide sévérité déconcertait le père Thibaudier presque autant que l\u2019intimidait La colère mal contenue du colonel, le sort de Marcelle avait été réglé séance tenante.\u2014 Comme je ne veux pas même vous laisser un prétexte à calomnier mes in- tentions, avait catégoriquement déclaré M.de Croixmaure, comme ce que j\u2019ai l\u2019intention de vous reprendre aujourd\u2019hui, c\u2019est cette pauvre petite que voue martyrisiez et non pas l\u2019argent que vous lui devez, \u2014 voici mon ultimatum.Le père Thibaudier tendit l\u2019oreille.\u2014 Si vous renoncez immédiatement è tous vos droits de tutelle, \u2014 je consens, moi, le nouveau tuteur de cette enfant, k attendre jusqu\u2019à sa majorité pour le règlement de votre compte avec elle.Si vous opposez la moindre résistance, je vous certifie.et M.le juge de paix vous \u201ccertifie avec moi, que vous serez dépossédé quand même des fonctions dont vous avez abusé odieusement.Le vieux bonhomme jugea le moment venu de battre en retraite.\u2014 Eh ! vous me parlez là comme si j\u2019y tenais.à eette tutelle de malheur, M.le comte sait bien que je ne l\u2019avais acceptée qu\u2019à mon corps défendant.Et je l\u2019ai dit ausisi à Mme la comtesse : Je n\u2019y vois quasiment pas assez clair pour me conduire moi-même.Est-ce que je puis surveiller ce que les autres font dans ma maison ?.J\u2019avais confiance dans ma servante.Il faut croire que j\u2019avais tort., Après tout, ce que j\u2019en faisais, moi, c\u2019était pour épargner le bien de cette petite.pour que les gens de loi ne le galvaudent pas.\u2014 On vous le laisse.\u2014 Et les intérêts ?demanda-t-il caute-leusement.\u2014 Capital, intérêts, vous garderez tout jusqu\u2019au moment où eette jeune fille viendra vous les réclamer elle-même.Ce que je veux surtout, c\u2019est n\u2019avoir jamais affaire avec vous.\u2014 Alors, insista le père Thibaudier, c\u2019est bien entendu : capital et intérêts.M.de Croixmaure, que la colère gagnait, ne lui répondit pas directement.E se leva et s\u2019adressant au juge de paix : \u2014 Vous voyez, mon cher monsieur, il n\u2019y a plus qu\u2019à lui faire signer une renonciation en règle.Veuillez ,je vous prie, terminer cela aveic \u2019ui.Je sons pendant ce temps-là.Si je restais .je crois que je finirais par le battre.** A tout à l\u2019heure.Et il passa brusquement dans la pièee voisine, en grommelant assez haut pour que Thibaudier l\u2019entendit fort distinctement : \u2014 Vieux drôle ! XXV UNE PETITE SOEUR C\u2019est ainsi que Marcelle Thibaudier entra dans sa nouvelle existence.C est ainsi qu\u2019elle ne se rappela plus les mauvais jours de Brunoy que pour 49 Vol.27, No 32, Montréal, 15 Janvier 1916 LE SAMEDI 23 chérir davantage celle qui, deux fois, avait été son ange sauveur.Elle était très intelligente, cette petite Marcelle.Intelligente et attentive, avec ses grands yeux noirs auxquels rien n\u2019échappait.Là-bas, chez le père Thibaudier, cette détestable Oélestine lui avait méchamment, cruellement, révélé bien des choses douloureuses qu\u2019elle n\u2019avait pas bien comprises.mais qui lui avaient fait tant dr peine qu\u2019elle ne les avait ja mais oubliées.Sa maman, sa pauvre maman qu\u2019on avait enterrée dans un-grand trou au cimetière, avait été bien méchante, puisqu\u2019elle avait essayé de l\u2019emporter dans ce grand trou avec elle.Ça l\u2019étonnait beaucoup, beaucoup.et ça lui faisait encore plus de peine.Cette petite mère qui était si bonne, si tendre.qui l\u2019aimait tant.comment avait-elle pu avoir cette si vilaine.cette si abominable pensée ?.Peut-être est-ce parce qu\u2019elle l\u2019aimait trop ppur vouloir être séparée d\u2019elle.Mais alors.elle savait bien que ce serait affreux d\u2019être enterrée dans ce trou noir.Rien que cette pensée faisait fris-sonnner la pauvre Marcelle.Et elle ne comprenait pas., elle ne comprenait plus.Pas mieux qu\u2019elle ne parvenait à eom-jprendre quand cette Célestine lui parlait de son petit père et lui disait avec sa voix dure et méchante : \u2014 Tu le reverras dans un rêve, celui-là, mais pas autrement, E est bien trop content de s\u2019être débarrassé d\u2019une ver.mine comme toi.Mais enfin, de tout cela \u2014 en réfléchissant, en écoutant ce qu\u2019on d\u2019sait autour d\u2019elle, \u2014 elle avait \u2014 au milieu de bien des obscurités\u2019 \u2014 conclu une chose sûre.A sa marr'aine aidçe du colonel et de Dominique, elle devait, une première fois, de p\u2019avoir pas été emportée au cimetière; dans ce grand trou noir.A sa marraine toute seule, elle devait d\u2019avoir été sauvée de cette affreuse maison,.où elle était si malheureuse.où elle devenait si malade.Et ce fut, dès lors, une adoration passionnée de la pauvre petite pour celle à qiui elle devait toujours garder tant de reconnaissance.Oh ! certainement ele aimait aussi beaucoup le colonel.parce que, malgré son air un peu sévère, il jouait gentiment avec elle.Pas tout à fait, cependant, comme petal père jouait autrefois.Petit père jouait plus camarade avec elle., Mais il y avait \u2019\u2019ans la grosse voix un peu rude de ce grand beau soldat, tout chamarré de croix et de galons, il y avait aussi, pour Marcelle, un infini d\u2019affection, dg douceur et de bonté.Et cependant, après sa marraine \u2014 car, celle-là, elle était la première dans son coeur, la toute première, \u2014 la fillette avait presque une confusion.un remords.à s\u2019avouer que ce n\u2019était pas le colonel qui tenait la seconde place.Non.Dominique l\u2019avait prise, cette seconde place, et il la gardait.Maintenant, d\u2019ailleurs, un grand changement venait de se faire dans la vie du brave garçon.Cette fois et définitivement il avait, comme il disait, firé son temps et, ainsi qu\u2019il s\u2019y attendait bien, son colonel lui avait demandé : \u2014 Que veux-tu faire à présent ?\u2014 Vous savez bien, mon colonel, que je n\u2019ai plus de famille.plus rien Iqui me rattache au pays.Là-bas, les Prussiens ont tout brûlé.tout détruit.te misère, quoi !.La mère est morte de chagrin.Je n\u2019avais plus qu\u2019elle.Et, avec un regard presque suppliant de ses bons yeux bleus faïence : \u2014 Mon colonel m\u2019avait dit, dans le temps, que si je continuais à avoir une bonne conduite.\u2014 Alors, tu te plairais ici ?.\u2014 Si je me plairais !.Avec mon colonel.avec Mme 'a 'comtesse.avec mam\u2019selle Marcelle.\u2014\t.Je crois bien que, de nous trois, c\u2019est encore mam\u2019selle Marcelle qui t\u2019attire le plus ici, grand sournois.\u2014 Oh ! ne croyez pas ça, ne -le croyez pas, mon colonel.\u2014 Allons, faisait M.de Croixmaure en riant, nous tomberions dans l\u2019eau 'tous les deux, Marcelle et moi., dis-moi donc de quel côté tu plongerais 'd\u2019abord ?.Et je te défends de mentir.Dominique.\u2014 Je.je.Ce n\u2019est pas des questions à faire, ea, mon colonel.\u2014 Et je verrai bien tout de suite si tu mens.insistait M.de Croixmaure avec une joyeuse cruauté.\u2014 Je.Eb bien ! mon colonefl.puisque vous savez nager.je vous demanderais la permission d\u2019aller au plus pressé.et vous seriez pour le second voyage.\t1 \u2014 Eh bien ! au moins, tu le dis franchement.Et, redevenant sérieux : \u2014 Tu veux donc entrer tout à fait à mon service ?.\u2014\tEt vous serez content de moi, mon colonel.\u2014 Dans tous les cas, je sais que tu seras, toi, dévoué et fidèle.et j\u2019espère que nous resterons longtemps ensemble.\u2014 Tant que mon colonel voudra me garder.\u2014 Mou ami, dans ma maison, \u2018les bons et honnêtes serviteurs font partie de la famille.et on ne se sépare d\u2019eux que s\u2019ils en ont l\u2019envie.\u2014 Alors, mon colonel ,je sais bien où je trouverai mes invalides et où je finirai mes jours.\u2014 Auprès de Mlle Marcelle ?fit M.dé Croixmaure, qui décidément était en humeur de taquiner Dominique.\u2014 Oh ! mon colonel, comme je crois que Mille Marcelle;n\u2019a guère envie de s\u2019en aller non plus, c\u2019est toujours chez voue que je prendrai ma retraite, lorsque je ne serai plus bon à rien.Et voilà pourquoi, maintenant, ce Dominique Saunier, plus encore qu\u2019autrefois, était mêlé à la vie de la fillette, qu\u2019il avait \u2014 lui premier, lui tout seul, \u2014 arrachée à une horrible mort.Il avait à présent troqué son uniforme contre une espèce de livrée moitié civile, moitié militaire.Il avait coupé cette épaisse, cette formidable barbe rousse qui le rendait si hérissé \u2014 et Marcelle lui disait avec une conviction très sérieuse : \u2014 Vous êtes bien plus joli, Dominique.Joli tout à fait.Je vous aime bien mieux comme ça.Et \u2014 quoiqu'il fût un peu mélancolique d ai voir fait le sacrifice de sa belle barbe \u2014 il avait suffi de ce mot de \u201cla petite demoiselle\u2019\u2019 pour le ravir d\u2019aise.Il avait compris tout de suite, l\u2019honnête garçon, que, dans la nouvelle position dt Mlle Marcelle, \u2014 dans sa nouvelle situation à lui, \u2014 c\u2019en était fini des familiarités et de la camaraderie des premiers jours, avec celle qui devenait pour ainsi dire l\u2019enfant de ses maîtres.Mais quoiqu\u2019elle se cachât à présent dans une ombre discrète, son humble affection n\u2019en restait pas moins forte et vivace, \u2014 témoignée à chaque instant, à tout prétexte, par quelque attention, quel que sollicitude dont aucune n\u2019échappait à la petite Marcelle.Elle ne perdait, elle non plus, aucune occasion de mettre, par une gentillesse ou une eâlinerie, de la joie au coeur de ce colosse, qui avait des yeux clairs comme ceux d\u2019un petit enfant.\t_ .Et, vraiment, \u2014 comme avait prédit te comtesse, \u2014 il y avait à présent.dans le maison remplie de gaieté, de mouvement et de vie, \u2014 il y avait du bonheur potuf tout le monde.Il aillait y en avoir bien plus encore.Marcelle était déjà depuis* quelque*: mois rue Pierre-Charron, lorsqu\u2019un soir, la fillette couchée, \u2014 Mme de Croix-maure, qui toute la semaine avait paru, ____ non pas inquiète, mais plutôt nerveuse et troublée avec de soudains \u2018 élans de joie aussitôt réprimés,\u2014 s\u2019approcha tout doucement du colonel qui lisait tranquillement son journal au coin du feu.\u2014 Raymond.D releva la tête : \u2014 Mais, Dieu me pardonne, Hélène, \u2014 50 24 LE SAMEDI Vol.27.No 32, Montréal, 15 Janvier 1916 vous êtes toute rose.toiute émue.Comme une jeune mariée.Et, ajouta-t-il galamment, tout aussi jolie, ma chère.Du coup, les couleurs rosées de la comtesse venaient de se changer en une teinte plus ardente encore.\u2014 Mais c\u2019est vraiment de l\u2019émotion.Voyons, que voulez-vous me dire ?.Ce n\u2019est pas une mauvaise nouvelle au moins ?\u2014 Oh ! non !.\u2014 Dites vite alors.\u2014 C\u2019est tellement inattendu.tellement inespéré.\u2014 Mais quoi doue ?s\u2019écria-t-il un peu ému aussi lui-même.Et, alors se jetant à son cou, tout bas, à son oreille, elle murmura une phrase.une phrase qu\u2019elle n\u2019eut pas même v temps d\u2019achever.Déjà il la serrait follement dans ses bras.\u2014 Hélène ! \u2022 ¦.tu crois.tu es sûre ?\u2014 Sûre, fit-elle 'sn pleurant de joie.Voilà bien des jours que je me suis aperçue.Je n\u2019y croyais pas d\u2019abord.je ne pouvais pas y croire.je me figurais que c\u2019était un malaise qui allait passer.Et puis, si je t\u2019en avais parlé avant d\u2019être sûre.une déception aurait été si cruelle.tandis qu\u2019à présent.Raymond, je suis bien heureuse.Il ne répondit pas.il avait aussi les yeux pleins de larmes.\u2014 Vois-tu, lui disait-elle tout bas, c\u2019est le bon Dieu qui nous récompense déjà du bien que nous avons fait.Avec Marcelle le bonheur, tout de suite, est entré dans notre maison.\u2014 Et nous allons lui donner un beau petit frère.\u2014 C\u2019est donc un garçon que vous aimeriez, Raymond ?\u2014 Un garçon, une fille.que m\u2019importe, pourvu que ce chérubin en qui nous revivrons grandisse pour notre joie et notre orgueil !.Ah ! ma femme, ma chère femme, tu ne peux pas savoir le bonheur que tu viens de m\u2019apporter.\u2014 Je le devine en le comparant à celui que j\u2019éprouve.Oh ! ne pas être comme les antres femmes !.ne pas avoir d\u2019enfant.j\u2019étais si humiliée.si honteuse.\u2014 Pauvre chère.Comme il va f loir à présent être attentive.peureuse même.la moindre imprudence.\u2014 Je ne pense déjà qu\u2019à céda.C\u2019est que je vais être une très vieille maman.à mon âge.\u2014 Trente ans, La belle affaire !.C\u2019est moi qui vais être un papa cacochyme.Elle le regarda avec une tendresse passionnée : \u2014 Vous serez toujours, murmura-t-elle, le plus beau, le plus aimé_____ \u2014 Allons ! fit-il gaiement, je lutterai pied à pied.Mais, ajouta-t-il avec un sourire un peu mélancolique.si, pendant quelques années encore, je vous apporte l\u2019illusion de la jeunesse.cela, ma pauvre Hélène, ne m\u2019enlèvera pas les automnes qui commencent à s\u2019accumuler.A trente-cinq ans, ça se dissimule encore.mais quand, cet enfant aura dix ans.je serai du mauvais côté de la cinquantaine et mes soixante ans s\u2019approcheront à grands pas.\u2014 Toujours, répétait-eilde doucement, le plus beau et le plus aimé.\u2014 Tandis que vous, Hélène, vous serez Dieu merci, dans la plénitude de votre bel été.Ce sera mon réconfort quand j\u2019aurai la moustache blanche.Et ,dans l\u2019intimité de cette chambre tiède, au coin du feu qui se consumait lentement, ils firent, pendant de longues heures, des projets.de beaux projets pour l\u2019avenir de ce bébé.Maintenant, paresseuse et lasse, Mme de Croixmaure ne sortant plus.presque toujours couchée sur sa chaise longue.attendant, \u2014 redoutant aussi parfois, \u2014 le grand événement qui ne pouvait plus tarder.Marcelle était dans une fièvre d\u2019impatience .Elle allait avoir un petit frère.- Sa marraine allait \u2019ui faire ce beau cadeau.et la mignonne n\u2019avait pas même eu son bon petit coeur effleuré par un éclair de jalousie .Mme de Croixmaure n\u2019était-elle pas toujours aussi tendre.aussi maternelle.N\u2019aurait-on pas dit, au contraire, que pour rassurer son enfant d\u2019adoption, elle redoublait de soins et de caresses pour la pauvre petite orpheline ?.De ces enfants, d\u2019ailleurs, elle arrangeait déjà la vie.A ce nouveau venu, Marcelle ne serait-elle pas une soeur aînée ?.une protectrice tout autant qu\u2019une compagne ?.Et quand elle parlait de cela à la petite fille qui l\u2019écoutait, blottie contre elle, la regardant avec ses grands yeux noirs passionnément attentifs, \u2014 c\u2019est toujours cette protection, cette quasi-maternité qui était sa préoccupation \u2014- sa hantise.\u2014 N\u2019estsee pas, mon trésor (elle avait pris l'habitude de l\u2019appeler de ce joli nom qui est aussi une caresse), n\u2019est-ce pas, mon tr mal de temps, et il menace de disparaître.Auparavant, tant qu\u2019on n\u2019utilisait passa fourrure, on s\u2019en serait fort réjoui, étant donnés les ravages qu\u2019il cause comme nous l\u2019avons expliqué; mais à l\u2019heure actuelle sa fourrure ayant pris une réelle valeur, le Service de l\u2019Agriculture des Etats-Unis est en train de poursuivre des recherches pour tenter l\u2019élevage et la multiplication en captivité de ce mink.Le tout, sera de ne point le laisser s\u2019échapper, car les basses-cours du voisinage s\u2019eri* apercevraient bientôt. Vol.ZI, No 32, Montréal, 15 Janvier 1916 LE SAMEDI >1 GRATIS t Deux Jolis Calendriers D\u2019une différence marquée d\u2019avec lesautres calendriers et supérieurs au point de vue artistique.Les deux jeunes filles qui en consti-tuent le sujet et produit du pinceau de W.Haskell Coffin, sont si habilement reproduites en huit couleurs qu'il est difficile de les distinguer de l\u2019aquarelle originale.Veuillez bien nous permettre de vous en envoyer copie.Joignez 5c.à votre demande, pour couvrir les frais d\u2019emballage et de poste.Gouraud\u2019s Oriental Cream rend a la peau sa beauté, sa douceur et sa couleur blanche perle.En usage depuis près de trois quarts de siecle.PERD.T.BOPIUXS
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