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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 28 octobre 1916
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1916-10, Collections de BAnQ.

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[" 40 PAGES Ur« : L*« avanfcuras d« Charlio Chaplin, pfitf* 8 40 PAGES VOL.XXVIII, NUMERO 21 MONTREAL, 28 OCTOBRE 1916 Journal Illustré Hebdomadaire Le Numéro 5 Cts MAE MURRAY Vingt ans le* cheveux blonds et les yeux bleue, A de nombreux admirateur» et cela t»e comprend. B LE SAMEDI VoL 28, No 21, Montréal, 28 Ootobre 1916 \u2022i-V - ;^i'0 \"%VV\"V Hommes Faibles, Surmenés, Epuisés, prenez courage, vous pouvez vous rétablir.La faiblesse, l\u2019amaigrissement, l\u2019épuisement ont pour cause l\u2019appauvrissement, l\u2019insuffisance ou l\u2019altération du sang, le liquide vital par excellence qui doit fournir à l'organisme les éléments nécessaires pour assurer les fonctions essentielles de la vie.Chaque fois qu\u2019il y a manque d\u2019équilibre entre les recettes nutritives et les dépenses nécessitées à la fois par la croissance du corps et le surmenage intellectuel et physique, c\u2019est la santé qui est en jeu.l'approvisionnement du sang, l\u2019essence même de la vie, qui est diminué, son renouvellement qui se fait trop lentement, sa qualité qui est altérée.Alors apparaissent les maladies de déchéance, ces faiblesses de la constitution, ces troubles de la nutrition qui en produisant une diminution de Ja vitalité générale de tous les tissus, de tous les organes, conduisent infailliblement à l\u2019amaigrissement, à l\u2019anémie, à la neurasthénie, à la débilité générale, etc.Il est donc évident que pour remonter un organisme déprimé, épuisé, affaibli, il faut d\u2019abord lui rendre le sang qu'il a dépensé, lui fournir précisément ce qui lui fait défaut : un sang riche, pur, généreux et vivifiant qui ira alimenter, renforcir, régénérer toutes les énergies fonctionnelles, permettant au malade de lutter avantageusement contre le dépérissement des forces vitales et de s\u2019affranchir des maladies qui le minent.Rien n\u2019égale, comme restaurateur du sang, le fameux Vin St-Michel Ce nectar délicieux n\u2019agit pas seulement comme stimulant des voies digestives et comme tonique-reconstituant, mais il fournit de plus au sang le fer et le phosphore, éléments indispensables à la constitution et à l\u2019évolution des globules rouges.Sous son action bienfaisante, l'appétit renaît, les couleurs reparaissent, les forces reviennent rapidement, et, avec elles, un sentiment exquis de bien-être, de vigueur et de santé.Le VIN ST-MICHEL seprend, à la dose d'un verre à vin avant les repas et chaque fois que le besoin s\u2019en fait sentir.p oc S\u2019Miexn % BOIVIN, WILSON & CIE, Limitée, (Seuls Agents).468 rue St-Paul Ouest, Montréal.EASTERN DRUG CO., Boston Mass.(Agents pour les Etats-Unis.) CF MOTS-CT \"ENCORE 164 PAGES DE TEXTE Voilà ce qu\u2019on peut se procurer en achetant la Revue Populaire pour le prix habituel de 10 cents seulement.Soixante-dix-sept articles, de nombreuses gravures et un superbe roman complet : Le fiancé de Régine, par 1 éminent auteur Paul de Garros, voilà ce que comporte le numéro de novembre.On y trouve : Un palpitant récit de combat dans les airs sur le front, récit puisé aux sources offin se hâte de le réclamer chez les Dépositaires ou chez les Editeurs-Propriétaires, Poirier, Bessette et Cie, 200 Boulevard St-Laurent, Montréal.ê FAITES COMME MOI l \"S \u2022T'étais maigre, faible, épuisée, après avoir tout essayé, j\u2019étais désespérée.Une amie vint me voir «t n< conseilla d\u2019essayer GRATIS le \u201cRftçéméraAeur Maroni\u201d.T ai suivi soin ooueeM «t ai vous faites comme moi vous eerea heureuse de constater qu\u2019au lieu d être un sujet de pitié vous ferez envie a celles qui ont une santé faible et sont dépourvues des graces naturelles.Envoyez 10c avec vos nom et adresses et vous éprouverez les joies légitimes de devenir grasses «t bien faites.Adressez-vous aujourd\u2019hui même & CIE A.MARONI, 2358 RUE ST-DENIS, Département 0, Montréal, LE SAMEDI 3 VoJ.28, No 21, Montréal, 28 Ootohre 1916 ABONNEMENT (Fondé »n 1189) (Payable d\u2019avance) Canada et\tMontréal Ebat®-Umis\tvt Europ* Un an .\t.\t$2,50\tUn an .\t.\t$3.60 Six mois .\t.\t1.25\tSix mois .\t.\t1.7 S Ues abonnés ehsunigmnt d* ilocaUté sont priés de non® donner un avis de 8 Jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant 5 jours avant de les livrer à la poste.LE SAMEDI JOURNAL ILLUSTRE HEBDOMADAIRE Organe du Foyer Doemstique PRIX DU NUMERO :\t5 Cts Entered March 23rd at the Post Office of St.Albans, Vt, as second class matter under Act of March 3rd 1879 HEURES DE BUREAU: De 8.30 a.m., à 5.46 p.m., tou® ilea jours, excepté le samedi» de 8.30 a.b., à midi.Tarif d'annonce fourni sur demande.POIRIER, BESSETTE & CIE, Tél./Main 2680,\tPropriétaires, 200, Boni.St-Lauinent,\tMontréal.h Carnet Editorial Fl\t\u2014 Pieds et Poison Ne vous récriez pas d\u2019avance! Je n\u2019ai nullement l\u2019intention de cbroniquer aujourd\u2019hui sur la faculté que certains pieds ont de signaler leur présence dix minutes avant qu\u2019on ne les aperçoive.Il y a poison et poison; celui qu\u2019on dégage et celui qu\u2019on absorbe.C\u2019est de ce dernier cas que je parlerai en démontrant comment des pieds peuvent empoisonner celui ou celle qui les possède sans, pour cela, faire sentir le moins du monde leur effet malfaisant aux voisins.Nous sommes à une époque où l\u2019on transforme volontiers, de quelques coups de pinceau, des chaussures jaunes en chaussures noires; c\u2019est économique, mais il paraît que c\u2019est là un excellent moyen pour passer de vie à trépas, du moins si l\u2019on emploie certaines teintures.Les teintures à l'aniline, spécialement, jouissent d\u2019une mauvaise réputation sous ce rapport.Cela ne surprend qu\u2019à moitié: on sait qu\u2019elles étaient surtout fabriquées en Allemagne et que dans ce pays-là on manipule le poison avec une haute maîtrise.Si ces teintures à l\u2019aniline ne sont pas faites avec tous les soins voulus, si la réaction chimique donnant naissance à la couleur noire n\u2019a pas complètement transformé l\u2019aniline et parfois la toluine qui la souille, cette teinture en séchant dégage des vapeurs qui sont de véritables poisons.En d\u2019autres termes, si vous noircissez vos chaussures avec de la camelote boche, il y a neuf chances sur dix pour que vous alliez élire domicile à la Côte-des-Neiges plus tôt que vous ne le pensiez.Le traître poison se dégagera, vous le respirerez sans vous en douter, votre face deviendra pâle, vos lèvres violettes, votre respiration pénible et votre pouls précipité.Quelques vertiges par là-dessus et puis, couic ! cela y sera.* * * Ne croyez pas que j\u2019exagère.Il y a eu de nombreux cas de semblables empoisonnements et, malheureusement, il y en aura sans doute encore.Bien des morts sont peut-être resté inexpliquées pour le même motif car l\u2019idée de se faire empoisonner par ses propres chaussures peut paraître tellement saugrenue que nombre de personnes hésiteront encore à croire que la chose est vraie.A Grenoble, en France, il y a peu d\u2019années, une personne victime d\u2019un de ces accidents avait pourtant cru prendre des précautions suffisantes.Elle avait badigeonné soigneusement ses chaussures jaunes et les avait ensuite laissé sécher pendant deux heures au grand air.Ensuite die fit une marche d\u2019un mille et demi dans le cortège d\u2019un enterrement, marche lente, sans doute, au cours de laquelle les vapeurs dégagées par les chaussures restèrent relativement confinées dans les groupes serrés des gens.Arrivée au cimetière, la personne aux chaussures teintes s\u2019affaissa, prise de vertiges, et l\u2019on dut la ramener immédiatement chez elle où vingt-quatre heures de soins attentifs suffirent à peine à la guérir.On pourrait citer cent autres incidents du même genre et tous ne se sont pas terminés aussi heureusement.La chaussure empoisonnant le pied et ensuite tout l\u2019individu, quelle revanche du soulier sur ce qui se passe habituellement! Et puis ce n\u2019est pas tout! Il paraît que les chaussures jaunes, elles aussi peuvent fort bien jouer le même tour et pour la même cause à ceux qui les possèdent.Très sérieusement, des spécialistes en la matière, nous affirment que la teinture à l\u2019aniline n\u2019a pas besoin d\u2019être noire pour vous envoyer retrouver vos ancêtres et qu\u2019une chaussure neuve, jaune, jouit également à l\u2019occasion des mêmes propriétés.A qui donc se fier maintenant, juste Ciel?En serons-nous donc: réduits à marcher pieds nus ou à vivra avec la crainte continuelle d\u2019un empoisonnement par les voies les plus rapides?* * * Après tout, au prix où est la chaussure à l\u2019heure actuelle, la mode des pieds nus ne serait déjà pas si bête.Elle serait surtout pas mal économique ce qui est un avantage important.A part celui-là, les jeunes moutards qui goûtent de temps à autre les douceurs d\u2019une fessée bien appliquée, grâce à une semelle plus ou moins pesante, ces jeunes moutards en seraient réduits à la vulgaire claque manuelle, ce qui ne serait pas pour leur déplaire.Economie aussi dans l\u2019achat continuel de produits diversement colorés et destinés à faire disparaître les cors, durillons, oeils de perdrix et autres excroissances parasitaires qui ne se décident à s\u2019en aller que pour laisser la place à d\u2019autres.Economie enfin dans l\u2019achat de bas et chaussettes pour l\u2019excellente et même raison que, si l\u2019on n\u2019a pas de pipe on n\u2019a pas besoin de tabac, si l\u2019on n'a plus de souliers on n\u2019a plus besoin de bas.Il est probable et même certain toutefois, que le souci de l\u2019é-leganee sera plus fort encore que la crainte de l\u2019empoisonnement et que nous continuerons longtemps encore à voir des chaussures «le fontes couleurs faire l\u2019objet d\u2019un commerce intensif.Au fond, ce n\u2019est pas plus mal; la peur n\u2019évite pas le danger et mieux vaut encore courir la chance d\u2019un empoisonnement possible en se chaussant que celle d\u2019un rhume certain en se déchaussant .En rhume fait souvent mourir et un empoisonnement pas toujours.\t1 Continuons donc à nous chausser comme par le passé, exhibons des souliers verts, jaunes, rouges, noirs ou dorés cela vaudra mieux que d\u2019étaler sur le trottoir des pieds d\u2019une couleur indécise, ne rappelant aucune de celles-là mais qui serait néanmoins qualifiée immédiatement.Parlons sérieusement maintenant.A ceux ou celles qui craindraient les suites fâcheuses des teintures à l\u2019aniline, il est facile d\u2019indiquer un procédé très simple qui les mettra à la\u2019bri de tout danger.Si l\u2019on emploie une teinture dont la composition est inconnue, il faut laisser les chaussures exposées à l\u2019air pendant vingt-quatre heures et de préférence au soleil ou à une chaleur douce.Dans ces conditions le séchage sera complet et les vapeurs boches on autres mises dans l\u2019impossibilité de se, développer.C\u2019est encore plus simple que de se passer de chaussures.F- de Verneuil, Un moutard qui serait lien satisfait s'il n'existait pas de chaussures. 4 LE SAMEDI VoJ.28, No 21, Montréal 28 Octobra 1916 POETE EDITEUR l'T L'éditeur prospère.\u2014 Ecrivez-vous avant ou après vos repasf Le poète, (d\u2019une voir faible).\u2014 Toujours avant, hormis que j'aie quelque chose à manger! A L'ECOLE iisasâl Ë'iaa! Ltf maître.\u2014Maintenant, Tom, dis-moi pourquoi je vais te battref Tom.\u2014 Parce que vous êtes beaucoup plus gros que moi! MENSONGE Le père.\u2014As-tu eu de la visite, et t après-midi, Gertwdef Gertrude.\u2014Oui, pa\u2019, Marguerite est venue me voir; elle vient juste de partir.Le père.\u2014Eh bien! tu diras à Marguerite qu'elle a laissé sa pipe sur le piano.A MOX FILS Je te revois.Il me semble que c'est hier.Faisant tourner les trains de ce chemin de fer Ou danser les acteurs légers de ce théâtre; Et je re vois la calme chambre aux murs bleuâtres Sur lesquels s'élançaient, par touffes, des glaïeuls; Je te revois dans l'or de ces bains de tilleul Où tu faisais nager des chats de porcelaine ; Et je revois les minuscules bas de laine, Dans lesquels se chauffaient tes pieds sortis de Veau ; Je revois dans ta main cet énorme grelot De vermeil dont ta mordillais l'anneau d'ivoire; Et je revois tes yeux, douces étoiles noires.Et, maintenant, c'est toi qui me renseignes, toi Qui me réponds lorsque je suis embarrassée! Tu ah'apportes le mot, tu me rends la pensée, Tu parles avec feu, tu juges avec goût, Et Von peut tout te demander, car tu sais tout!.Et, quand tu dis^C'est beau\u201d, et que je réponds'.\u201cOui\", De toute la ferveur de mon être ébloui, Ce n'est pas, vois-tu bien, les choses que tu cites, Ce n'est pas Euripide et ce n'est pas Tacite Qui font ainsi trembler mon coeur, mais c'est, de voir Que tout ce que j'avais de fragile savoir N'est plus rien à côté de ta mâle science, Et que le cher flambeau de ton intelligence Que j'avais allumé sur les premiers chemins Maintenant court, et vole, et me brûle les mains! Rosemonde Gérard.-r-O- QUESTION SANS REFLEXION On raconte dans un cercle qu\u2019un vieux général qui a une jambe de bois, vient de se fouler le pied.\u2014Lequel ?demande le marquis de Calino avec le plus vif intérêt.TROP DE DEPENSEE / .\"V » -S wy Le père.\u2014C\u2019est un très mauvais rapport que tu m\u2019apportes là, mon fils, Jean.\u2014Je le sais, papa, mais tu m'as dit que si je t'apportais de Vécole un rapport de première classe, tu me donnerais 25 cents, et j\u2019ai voulu t\u2019épargner cette dépense pendant la guerre.LE MORCEAU ETAIT SI PETIT! r-'.-lf\u2019V-:.La maîtresse de pension.\u2014 Comment avez-vous trouvé le steak, ce matin f Le pensionnaire.\u2014En retournant ma l\u2019iitate, madame! BONNE REPONSE Le père.\u2014Arthur! Tu as renversé la poivrière, et il faut que je te punisse par où tu as péché, en mettant du poivre sur ta langue.Arthur.\u2014Est-ce que tu me punirais de cette manière, père, si je renversais te sucrier!\u2019 THOMAS EMBETE ENCORE SES AMIS 1 Thomas.\u2014Voici un bon tour, mes amis, et un nouveau aussi : l\u2019un de vous prendra cette pomme et la mettra dans sa poche pendant que je sortirai de cet appartement.Lorsque je reviendrai, je tewherai celui qui aura la pomme.2 A lors, Thomas sortit de T appartement .Nous le prendrons cette fois-oi, dit Jules, en mettant la gomme dans sa poche.Comment lui sera-t-il possible de toucher celui qui a la pomme f qu\u2019il fit f Eh bien, U toucha \"les deux\u201d à la fois.En vous touchant tous les deux, je dois toucher celui qui a la pomme,.dit-il en riant, et fai en-.\" Cors gagné! '1%f.28, No 21, Sfantré»f, 28 Octobre ïffïf» P f 7* O CO VP5 CARNET D'UN OBSERVATEUR\tLA peu me est un etre infé- rieur.ECRIN AUX PERLES Petits faits de la vie courante Le savant linguiste Sapiens n'aime pas à être dérangé dans ses travaux.Sa servante, s'absentant pendant quelques jours, il s'est trouvé dans l'obligation de recourir aux services d'une femme de ménage qui lui a été recommandée par la concierge complaisante.Sapiens, plongé dans ses recherches scientifiques, est interrompu par Ventrée en fonctions de l'intérimaire jeune femme qui arrive en droite ligne de la campagne.\u2014Je viens demander à Monsieur comment ïl désire que son service soit fait.\u2014Je le désire dépourvu de toute prolixité verbeuse.\u2014Comment ?.\u2014Avec un minimum de prodigalités oratoires, ou mieux encore, avec élimination complète de commentaires.-Je ne saisis pas bien-, fit la servante interloquée.\u2014Je veux dire que le meilleur service s'accomplit les maxillaires joints et l'orifice buccal clos.\u2014Vous dites?.\u2014La répression sévère et systématique dê toute .velléité intempestive de discourir sera hautement appréciée par moi.\u2014C'est drôle, mais je ne eomprmds pas.\u2014L'absence intégrale, d?observations météorologiques autant qu'oisives me conviendra particulièrement.Complètement abasourdie, la femme de ménage s'esquive et descend chez les voisins.\u2014Quel drôle de client ! dit-elle.Ou c'est un fou ou un étranger.Je lui ai demandé comment il désire que son service soit fait, mais du diable si j'ai compris un mot à ses réponses.La voisine étonnée, monte avec sa protégée.\u2014La femme de ménage, dit-elle en pénétrant auprès de Sapiens, ne comprend, pas bien comment vous désirée, que votre service soit fait.____En silence, répond simplement le savant.Et U ajoute : __ Cette femme ne comprend donc pas le français?.Lequel de ces deux êtres mérite avoir le droit de votet Quand l\u2019homme est plein, sa conversation est ride.CHACUN SON POINT DE VUE hiK&tæi rao - rT'*o.; (Extraits authentiques de livres, journaux, etc.De la Patrie du 9 octobre 1916 : \u201cLe vaisseau le plus dispendieux qui ait été coulé est le \u201cStephano\u201d qui venait justement de faire une tournée à l'est «le Nantucket, quand il tomba dans les mains du sous-marin.Et le sous-marin après Va voir pogné le fourra dans sa poche.\u2014o\u2014\u2022 UNE POÉTESSE Mme Delarue-Mardrus, une poétesse qui, avec son mari, le docteur Mardrus, visita l\u2019Algérie il y a quelques années, publie des contes où abondent les bizarreries.Voici un échantillon de sa littérature qui guérirait un hypocondriaque de sa mélancolie: \u201cLa douce blonde, pliée en deux, amollie par le fou rire qui gagnait ses vertèbres et lui faisait mal aux joues, se laissa tomber enfin, et glissa sous le canapé, lieu d\u2019où l\u2019on ne devait l\u2019extraire que plus tard, presque évanouie\u201d.Avouez qu\u2019autrefois on écrivait d\u2019un autre style.Combien faudrait-il de Delarue-Mardrus pour faire la monnaie d\u2019une Georges Sand ?Mais si l'auteur de Mauprat et de Con-suelo revenait au monde, serait-elle, avec son langage simple et franc, accueillie dans les grands quotidiens où les Delarue-Mardrus ont leurs grandes et petites entrées?\u2014o\u2014 D\u2019un journal financier: \u201cLa 1 >anque de.a fait cette année des affaires magnifiques, et les dividendes seront très élevés.Cela ne surprendra personne, car tout le monde sait que oette banque a des voleurs de choix.\u201d Il y a des coquilles cruelles.\u2014Est-il désagréable cet électricien t II a T audace de me demander de lui envoyer un baiser!.\u2014Ça c\u2019est vi-ai.si c\u2019était à moi qu\u2019il ait demandé ça, j'aurais eu vite fait de lui répondre qu\u2019il pouvait bien se déranger lus-même et descendre pour le prendre.On dit que la nouvelle mode, pour les hommes, sera de porter des vêtements de la couleur de leurs cheveux.Et ceux qui sont complètement chauves?\u2014o\u2014 Quand un évènement a eu lieu, vous pouvez remarquer qu\u2019il se trouve toujours quelqu\u2019un qui se souvient de l\u2019avoir prédit.C\u2019est à tort que l\u2019on appelle un malade \u201cun patient\u201d; c\u2019est plutôt un impatient qu\u2019il faudrait dire.\tDémocrite.i-mEHs 6 LE SAMEDI Val.2$, No 21, Montréal, 28 Octobre 191® ® @ © M.¦' *S ¦ i LE SECRET DU CHATEAU DUPIN par JULIETTE M.Jules Orfila étendit une main pour prendre une bouteille qui était sur la table près de laquelle il était assis et se servit libéralement un verre de cognac.On aurait dit que c\u2019était afin de lui donner plus de courage dans ce qu\u2019il voulait entreprendre, à voir comme il l\u2019avala gloutonnement.Ayant bu son cognac tout d'un trait, il dit ensuite: \u2014Robinson, il faut que nous ayions une sorte d\u2019entente avant que je quitte votre maison.Je suis à court d\u2019argent\u2014vous entendez\u2014à court d\u2019argent\u2014et j\u2019en dois beaucoup.J\u2019ai mené une vie désordonnée à Londres, et\u2014alors, mes ressources sont épuisées.Charles Robinson ferma et mit sous clef le pupitre près duquel il était assis, et où il-écrivait lorsque son importun visiteur avait soudainement fait son apparition.\u2014Vos ressources sont épuisées! reprit-il, avec un sourire moqueur.Vous voulez dire qu\u2019il n\u2019y a plus de pigeons à plumer, qu\u2019il n\u2019y a plus de jeunes gens à dévaliser\u2014au moins, par vous, car ils doivent commencer à vous connaître!.\u2014Si vous aimez à vous exprimer de cette manière brusque et désagréable, dit Orfila, en se redressant, ce sera vite fait; vous vous rappelez que dans le passé, nous avions l\u2019habitude de régler toute discussion immédiatement.Eh bien! puisque vous m\u2019avez provoqué, j\u2019ai à vous dire qu\u2019en ce moment j\u2019ai besoin d\u2019argent, et comme vous paraissez être confortablement installé ici, je suis naturellement venu vers vous afin que vous m\u2019aidiez comme un vieil ami.\u2014Vous vous êtes mal adressé, interrompit Robinson, il y a quelques années nous fûmes associés ensemble dans une couple d\u2019aventures, mais nous n\u2019avons jamais été des amis.Vous voyez, je n\u2019ai jamais pensé que je pourrais avoir confiance en vous, Orfila, bien que j\u2019aie trouvé cela commode de travailler avec vous, quelquefois.Voici pour le passé, et maintenant pour le présent.Vous êtes venu me voir pour obtenir de l\u2019argent, croyant que j\u2019en avais à partager, parce que je vivais dans une grande maison.C\u2019est une erreur, je n\u2019en ai pas à disposer.Je suis pauvre.Il y a un mois, j'ai hérité de Dupin\u2014c\u2019est le nom de cette maison\u2014 d\u2019un parent éloigné qui avait vécu ici comme un ermite.Je fus bien désappointé en constatant qu\u2019il avait laissé si peu d\u2019argent \u2014une petite somme de quatre cents dollars\u2014qui est presque toute dépensée déjà.Ainsi, vous voyez, que même si je consentais à vous aider, je ne serais pas en mesure de le faire.\u2014Vous avez la maison et les meubles! reprit Orfila.Pourquoi ne les vendez-vous pas?\u2014La maison est si vieille, dit Robinson, que personne ne consentirait à l\u2019acheter.Comme pour les meubles, vous pouvez voir ceux qu\u2019il y a dans cet appartement, et j\u2019ai rassemblé tous les meilleurs articles ensemble pour les mettre ici.La moitié des appartements de cette maison sont tout-à-fait vides.Il faut que je fasse tout mon possible pour vendre ces quelques meubles, et m\u2019éloignêr ensuite, car je ne puis pas même me payer une servante.Une femme vient ici une fois par semaine pour faire un peu de ménage, et c\u2019est tout.Ainsi je le répète, ça ne sert à rien de venir me demander de l\u2019argent.\u2014Mais, vous avez soupé au Café Vérité, deux soirs auparavant, dit Orfila, et c\u2019est une place où les repas sont bien dispendieux ! Un homme qui n\u2019a pas d\u2019argent à disposer ne va pas à cet endroit.\u2014Avez-vous donc épié ma conduite?demanda Robinson, en colère.\u2014Non.Il m\u2019est arrivé de regarder par hasard dans la salle à dîner, parce que je cherchais une de mes connaissances.Je ne pouvais pas me permettre de dîner là, moi-même, mais je vous ai vu cependant et ce n\u2019était pas un endroit convenable pour me faire connaître de vous.Maintenant, je veux quarante dollars avant de quitter cette maison, ce soir.Ensuite je vous demanderai de me faire cadeau d'une plus grosse somme, parce que je suis certain que vous l\u2019avez\u2014ou que vous pouvez l\u2019avoir.\u2014Et si je refuse?\u2014Si vous refusez, mon ami, je serai forcé de faire connaître au public une certaine transaction dans laquelle vous avez été engagé il y a environ cinq ans, et je suis certain que la police sera très intéressée.\u2014Goujat, traître, voleur.\u2014Vous m\u2019avez jusqu\u2019ici parlé un peu trop brutalement Robinson, dit Orfila avec calme; mais appelez-moi comme vous voudrez.pourvu que vous me donniez l\u2019argent que je vous ai demandé.\u2014Vous n\u2019aurez pas un centin de moi, voleur que vous êtes ! déclara Robinson avec violence.A présent, sortez de cette maison immédiatement, ou je vous en sortirai moi-même! Tout en parlant il se leva de son siège, et lui montra la porte.Orfila se leva aussi.Les deux hommes se trouvèrent face à face, et le visage de chacun était blanc de colère.\u2014Tu\u2014vas\u2014me mettre\u2014à la porte! cria Orfila, répétant ces mots avec une lenteur accentuée.Essaye! Tu me parles comme si j\u2019étais un chien.Remets-moi l\u2019argent! Robinson ne répondit pas\u2014au moins, pas par des paroles, mais il s\u2019avança près de son ancien compagnon, et l\u2019empoignant par la gorge, il l\u2019étrangla presque.Orfila était cependant plus fort.Il parvint à se délivrer, et avec toute sa force d s\u2019élança pour donner un coup de poing à son adversaire qu'il atteignit juste entre les deux yeux.Robinson tomba lourdement; sa tête frappa le coin du garde-feu qui était en acier; il roula ensuite sur le tapis du foyer, et resta là inconscient.\u2014Le fou! Il va l\u2019avoir! murmura Orfila, qui respirait avec peine.Ça lui apprendra à me provoquer.Pendant qu\u2019il est inconscient, je vais regarder autour d\u2019ici pour voir si je ne trouverai pas quelque argent et je serai parti lorsqu\u2019il reprendra connaissance.Instinctivement, il se dirigea vers le pupitre.La clef était rest île dans la serrure, il lui fit faire un tour et il ouvrit ensuite le couvercle.I! ne put découvrir de l\u2019argent, mais il y avait une vieille feuille de parchemin toute froissée et jaunie et sur laquelle il y avait de l\u2019écriture qui attira son attention.Il se sou vint que Robinson, en le voyant entrer, s\u2019était empressé de glisser cette feuille dans une petite case.La date au haut de cette page lui fit ouvrir les yeux.C\u2019était cent ans auparavant.L\u2019écriture en dessous se lisait comme suit: \u201c Ceci est pour l\u2019information de mon héritier, qui que ce soit, parce que, comme je n\u2019ai eu aucune nouvelle de mes parents \u201c depuis plusieurs années, je ne puis pas savoir qui est mort ou qui vit.On a toujours supposé que j\u2019étais un homme pauvre, mais tel n est pas le cas.J ai une fortune, mais jo n\u2019ai aucun desii pour les richesses moi-même.L\u2019homme qui me succédera peut a'oii des idees differentes, aussi je lui laisse ces instructions.11 Dans la bibliothèque de Dupin, lequel château il habitera u »lpn toute probabilité, qu\u2019il compte trois panneaux à droite du « chasfls- Les moulures des panneaux sont sculptées alternative-^ nient de diamants et de cercles\u2014une désignation très simple, mais ceci n a pas d\u2019importance.Comptez le cinquième cercle Voi.28, No 21, MonàMaS, 28 Octobre 1918 LE SAMEDI 7 '¦ J h plancher sur le côté gauche cft troisième panneau et tournez-le.Ce n\u2019est pas nécessaire pour moi d\u2019en dire davantage.\u201d \u201c Jean Robinson.\u201d ' °^Ia re^ ce^ étrange document deux fois avant qu\u2019il lui vint a 1 idée que la richesse mentionnée sur cette feuille, pouvait encore etre en ce moment, à sa portée.Deux ^générations d\u2019héritiers de ce Jean Robinson avaient ignore 1 existence de ce testament, selon toute apparence, parce qu ils n avaient pu le découvrir.Ce fut donc Charles Robinson qui fut le premier à le trouver dans quelque renfoncement secret; et puisqu\u2019il le lisait ce soir-là, il semble évident qu\u2019il venait justement de le découvrir.L argent, les bijoux, ou ce qui constitue cette fortune, doit encore etre à la même place secrète, murmurait Orfila.Pourquoi ne pas me servir moi-même, ou au moins en prendre un peu ?Robinson est encore inconscient.Il se retourna et regarda l\u2019homme sans mouvement sur le tapis.Quelque chose le poussa à regarder de pins près, à s\u2019agenouiller près de Robinson, à toucher sa figure, à mettre une mam sur son coeur.Alors il bondit sur ses pieds avec un cri d horreur: \u201c Mort !'\u2019 cria-t-il d\u2019une voix rauque.Je n\u2019aurais jamais voulu! Je n\u2019aurais jamais voulu lui enlever sa vie! Et je ne suis pas coupable; il m\u2019a attaqué le premier.C\u2019était pour me défendre que je l\u2019ai frappé.Et ce n\u2019est pas mon poing qui l\u2019a tué; il s\u2019est tué lui-même en tombant parce que sa tête a atteint le coin du garde-feu.Non, je ne suis pas coupable.Mais lorsque le premier choc de cette terrible découverte fut passé, et qu\u2019il eut repris son sang-froid\u2014 car c\u2019était un coquin fieffé que ce Jules Orfila\u2014il réalisa que ce serait une tâche bien difficile pour lui de persuader le juge et les jurés qu\u2019il était innocent, si l\u2019affaire était mise en lumière.Tout au moins, il serait trouvé coupable d\u2019homicide involontaire, et la sentence serait commuée en un long terme d\u2019emprisonnement\u2014 peut-être un emprisonnement à vie.Il avait déjà purgé un terme de six mois dans une prison de Londres et il ne voulait pas tenter une deuxième expérience.Personne ne m\u2019a vu entrer dans cette maison, murmura-t-il.J\u2019ai bien fait attention à cela, et je prendrai autant de précaution pour que personne ne me voie sortir.C\u2019est une place isolée et la maison la plus rapprochée est à un quart de mille d\u2019ici.Il n\u2019y a pas de serviteurs ici, juste la femme qui vient laver une fois par semaine.Robinson m\u2019a dit cela lui-même.Elle ne sera pas ici avant samedi, et c\u2019est aujourd\u2019hui jeudi.Un jour entier, au moins, avant que le corps soit découvert; et si je détruis le parchemin, qui saura que cette fortune a déjà existé?Mais il ne faut pas que je compte mes poulets avant que les oeufs soient éclos.Il faut que je fasse ma perquisition d\u2019abord.Insensible, indifférent, et même avec un peu de hardiesse, Jules Orfila n\u2019était pas un homme qui hésitait lorsqu'il avait quelque chose en vue.Le fait que c\u2019était un crime qu\u2019il venait de commettre ne l\u2019affectait pas au moindre degré.Il relut les instructions de nouveau.Le troisième panneau à droite du châssis\u2014le cinquième cercle du plancher sur le côté gauche.Les panneaux de l'appartement étaient en chêne, tout noircis par l\u2019âge.Les sculptures de diamants et les cercles se dessinaient légèrement sur la moulure.Orfila saisit d\u2019une main ferme, le cercle indiqué\u2014c\u2019était comme un disque qui s\u2019avançait en saillie __et il donna un tour ferme et puissant.Le cercle de bois tourna avec plus de facilité qu\u2019il s\u2019y attendait .Il crut entendre un petit bruit sec, mais il ne vit absolument rien.Alors il lui vint à l\u2019idée de pousser de nouveau le panneau.Il oscilla tout grand ouvert sur des gonds qui criaient, et une grande armoire secrète se découvrit, sentant le moisi, et toute couverte de poussière.\u201cBien simple à trouver lorsque vous savez comment fane!\u201d i Une fortune! J\u2019ai frappé la mine enfin ! Une fortune!.se dit-il en lui-même.Il y avait une boîte avec des crampons en fer, au fond de l\u2019armoire secrète juste en face de lui.Une clef toute rouillée était dans la serrure.Malgré sa froideur, le coeur de l\u2019aventurier battait très vite, et sa main tremblait, lorsqu'il tourna la clef.Il leva le couvercle, et enleva un morceau de vieux brocart qui recouvrait le contenu.Alors il soupira d\u2019étonnement et ses yeux brillèrent de cette expression avide qui est causée par la vue des richesses.\u2014Une fortune! J\u2019ai frappé la mine enfin! Une fortune!.Une plaque en or, des diamants, des saphirs et des rubis ! Pas d\u2019argent, mais qu\u2019est-ce que cela peut bien faire?Il y a ceci qui peut être échangé pour de l\u2019argent! Il prit tout ce qu\u2019il y avait, entassant le trésor dans un sac qu\u2019il avait trouvé.Il n\u2019aurait pu en porter davantage, la plaque en or, naturellement, comptait pour beaucoup dans cette pesan-.teur, mais au point de vue de la valeur, elle n\u2019était pas la vingtième partie des bijoux.Une demi-heure plus tard, il quittait la maison, la laissant à son silencieux propriétaire.\u2014Toute chose est en sûreté, murmura-t-il.Toutes les traces de ma présence sont effacées.Maintenant je pars, et pour un nouveau début dans la vie, sous un autre nom, avec beaucoup d\u2019argent, et une apparence entièrement différente! Il me faut sacrifier ma barbe et ma moustache.Lorsque j\u2019aurai enlevé toute ma barbe, personne à Londres ne me reconnaîtra Cependant, Jules Orfila s\u2019était beaucoup trompé en supposant que personne n\u2019entrerait dans la maison avant la femme de journée.Il ne pouvait pas savoir, naturellement, que Robinson avait examiné le trésor, et qu\u2019il l\u2019avait remis au même endroit, parce qu\u2019il considérait que cette place secrète était l\u2019endroit le pins sûr, ni qu\u2019il avait été en communication avec un marchand de Londres, qui devait venir le vendredi pour voir et évaluer l\u2019or et les bijoux, en vue de les acheter.En effet, comme il était convenu avec le marchand, celui-ci arriva le vendredi matin et après avoir sonne longtemps au château Dupin, il frappa ensuite avec ses poings, et ne recevant pas de réponse, il se détermina à faire une investigation quelconque.Les rideaux étaient tous baissés, raconta-t-il plus tard, et il me semblait qu\u2019il régnait un air mystérieux autour de cette maison ! Il me semblait qu'il y avait quelque chose d étrange bien que je ne puisse m\u2019expliquer pour quelle raison j avais ce pressentiment.Apercevant alors un châssis qui était ouvert, j\u2019entrai dans la maison par cette voie.Je jetai un regard partout, et finalement j\u2019entrai dans la bibliothèque, où je découvris le corps de M.Charles Robinson étendu sur le tapis en avant du garde-feu.Je m\u2019empressai ensuite de sortir et courus prévenir la police-le détective Chenu revint avec moi au château, et en arrivant il ne put que constater la mort de Charles Robinson qui remontait déjà a plusieurs heures.Je lui expliquai donc le but de ma visite, et le détective me ait alors que le vol devait être le mobile de ce crime.Les journaux du soir consacrèrent une colonne entière à la mystérieuse tragédie du château Dupin; et Orfila, lisant ces détails, lut tort heureux de constater que personne ne soupçonnait sa visite à la maison, mais il fut bien désappointé en se rendant compte qu\u2019il ne pourrait vendre ces bijoux à un marchand ordinaire ou qu il serait obligé de les céder pour la moitié du prix à quelque revendeur de marchandises de provenance douteuse! Ce fut bien ce qui le perdit cependant, car le marchand à qui Orfila offrit ses bijoux n\u2019ayant pas une très bonne réputation était depuis quelque temps surveillé par la police, et le même jour Orfila alla lui vendre ses bijoux, le marchand fut arrêté au moment ou il les achetait, par le detective Cliénu qui reconnut en même temps Orfila dont il avait conservé une photographie US SAMEDI ?«f.29* No 21, UmOréai, 28 Oatofa» 1«« roi,' DEMANDE EN MARIAGE 1 L\u2019autre jour, je fus bien désappointé, lorsque, tout en causant arec une jeune fille, elle m'apprit que dans lu même après-midi, un jeune amoureux devait la demander en mariage.Alors, je me dis, inutile de continuer à muser, et je me sauvai virement; car en même temps, j\u2019aperçus un jeune homme qui venait vers elle; et ce devait être lui.INTERROMPUE PAR CHARLIE 2 .'nr il venait avec un air joyeux en disant: oh ! la plus bille dm jeunes filles! comme je l\u2019aime! Oh, soyez à moi, à moi, pour toujours! Et moi, entendant ceci, je me rendis vivement vers une fillette qui avait un petit carrosse dans lequel elle traînait une poupée, et lui donnai 10 cents pour quelle me le prête.3 Alors, comme le carrosse était tout près de lu belle jeune fille, son amoureux en profita pour s\u2019agenouiller dessus et faire sa déclaration a celle qu i1 aimait.\\V fli\u2019s -or>- rA/ 4 Et il parlait toujours en disant : Je t\u2019aime, sois ma femme pour toujours; mais comme vous voyez, je Tarais traîné vers une autre vieille fille qui était toute joyeuse d\u2019entendre dire de pareilles choses.5 Ri heureuse même quelle lui sauta au cou, en lui criant: \"Oui, oui, j\u2019accepte\u201d, L'autre eut tellement peur en apercevant ce vieux visage qu'il se leva aussitôt et se mit à courir à toutes jambes.j//w-\t$&rfr\\w\\\\ \\ » ttWWn ti On dit même qu'elle le poursuivit jusque dans ht lune, qui sait, elle court peut-être encore! Néanmoins, vous comprenez que Charlie, notre héros, ne manqua pas d'accoster la jeune fille, et il vous laisse à deviner la joyeuse après-midi qu\u2019il passa!.LE SECRET DU CHATEAU DUPIN (Suite des pages 6 et 7) prise lors de sa détention à la prison de X.alors qu\u2019il avait eu la barbe et les cheveux coupés, et comme il le soupçonnait coupable du meurtre de Robinson, le détective l\u2019arrêta en même temps.\u2014De quoi m\u2019accusez-vous?dit Orfila en se voyant arrêter.\u2014Il y a deux accusations contre vous, reprit, le détective.Vol de bijoux et meurtre.\u2014Vous n\u2019aurez jamais de preuve suffisante pour me condamner! dit Orfila.La mort de Robinson est le résultat d\u2019un accident.Vous pouvez dire que j\u2019aurais dû en informer la police immédiatement, ou aller chercher un médecin, mais.\u2014Ce que je dirai, vous l\u2019entendrez à votre procès, interrompit le détective.Le conseil que j\u2019ai à vous donner, c\u2019est de vous taire, parce que vous pouvez dire des choses qui seraient des preuves contre vous; et ce que vous venez de déolarer, n\u2019est-ce pas assez déjà pour vous condamner!.Des jours, des semaines se passèrent avant que l\u2019on put trouver un héritier du défunt Charles Robinson, néanmoins trois mois après on découvrit une nièce, qui gagnait sa vie péniblement, comme modiste de robes dans un quartier de Londres.Les bijoux et la plaque d\u2019or ayant été retrouvés, lui furent remis sans retard, car elle fut reconnue comme étant la plus proche parente de Charles Robinson; c\u2019est ainsi qu\u2019une jeune fille honnête et travailleuse devint heureuse, par les trésors des Robinson qui étaient restés cachés si longtemps dans le château Dupin.o . Val.28, No 21, Montreal, 28 Octobre 1916 LE SAMEDI 9 DEPUIS CINQ ANS DANS LA MEME PLACE GUILLAUME EN \u201c SOMME \u201d Un encanteur ayant besoin d\u2019un assistant, mit un avis sur la glace de son bureau.Cet avis mentionnait toutes les qualités qu\u2019il exigeait de l\u2019homme qu'il désirait engager.Beaucoup de personnes, à la recherche d\u2019une position, après avoir lu cet avis, se retiraient.Un jeune homme cependant entra et demanda à parler à l\u2019encanteur.Encanteur.\u2014C'est vous qui cherchez à rentier chez moi comme employé?Jeune homme.\u2014Non, monsieur, c\u2019est pour mon frère que je désirerais la place.Encanteur.\u2014Est-ce un jeune homme tranquille et rangé?Jeune homme.\u2014Oui, mon- Guillaume vient d\u2019arriver en Somme mais il reste prudemment à 25 milles en arrière du front.Un jour cependant il s\u2019avance jusqu\u2019à 8 milles du front sachant très bien que là encore il ne craint pas d\u2019être atteint.Cependant, le général en chef, sans doute pour le flatter, lui fait des remontrances humoristiques.que vous n\u2019avez sieur.Encanteur\u2014A-t-il une place actuellement?Jeune homme.\u2014Oui, monsieur.Encanteur.\u2014Depu i s combien de temps est-il dans cette place?Jeune homme.\u2014Depuis 5 ans.Encanteur.\u2014 Il ne se dispute pas quelquefois avec les autres employés dans la maison où il est?Jeune homme.\u2014Non, monsieur, il ne répond jamais, quoique ce soit qu\u2019on lui dise.Encanteur.\u2014 C\u2019est bien, voilà l\u2019homme qu\u2019il me faut.Et où est-ii maintenant votre frère?Jeune homme, (se levant et gagnant la porte).\u2014 Un homme tel que vous le désirez n\u2019existe pas; mon frère, il est au cimetière depuis 5 ans.ENTRE NOUVEAUX MARIES Le mari, (au retour de leur voyage de noces).\u2014 Si je ne suis pas arrivé du club à dix heures, mon amour, tu ne m\u2019attendras pas.L\u2019épouse, (avec fermeté).\u2014Non, chéri; j\u2019irai au-devant de toi.Il arriva à la maison juste à 9.45 heures.Général.\u2014 Majesté, je vois avec bonheur pas perdu votre gaîté ni votre agilité.Guillaume.\u2014\u2019Pourquoi me dites-vous cela, général?Général, (finement).\u2014C\u2019est parce que je vois que vous l\u2019intention de danser.Guillaume, (sévèrement).\u2014Je n\u2019ai pas l'intention de rire ce moment, gé-né-ral.LE MARI ECONOME avez en 1 Madame.\u2014Grande vente spéciale de rideaux de dentelle.Tu serais bien gentil de voir ça en passant.en allant à fameux rideaux., ton bureau?.Monsieur.\u2014- Correct! d'ai justement quelques petites choses à acheter et ces ventes-là valent la peine qu'on en profite.2 Monsieur.\u2014 Déjà 9 h %/\u2022\u2022\u2022 J ai juste le temps, maintenant, de voir à ces Le génie a besoin de liberté pour vivre.3 Gérant.\u2014Ces blouses ne se vendent pas! Je vais baisser leur prix.Monsieur.\u2014Tiens! justement ce qu'il faut pour ma femme.c'est pas cher.4 Cliente.\u2014Enveloppcz-moi ça! Monsieur.\u2014Eh!.excusez, madame, mais je l'avais achetée moi-même celle-là! Général, (redevenant sérieux).\u2014Je croyais puisque vous vous approchiez des balles (\u201cbals\u201d.) Guillaume, (comprenant la plaisanterie, se radoucit) \u2014 Assez plaisanté, général, je viens seulement pour assister d\u2019ici, avec ma grande lunette, à l\u2019assaut que donne en ce moment ma garde épatante, invincible.Général, (lui montrant un point à l\u2019horizon).\u2014Regardez, Majesté ! Empereur, (regardant dans sa grande lunette).\u2014Mais ils s.leur camp les cochons, moi qui les croyais épatants et qui venais pour leur distribuer des croix de fer.Général.\u2014Us le sont épatants, mais c\u2019est à reculons ! ! Empereur.\u2014Toujours battus par ces français ! Us ont certainement un géné r a 1 meilleur que vous.Général.\u2014 Majesté, c\u2019est vrai, leur général fauche (Foch) et chasse les nôtres comme des bêtes de \u201cSomme\u201d.ENTRE ISRAELITES Isaac.\u2014Abraham a parié qu\u2019aucun être vivant pourrait forger avec succès sa signature sur un chèque et le faire changer pour de l\u2019argent.Jacob.\u2014 A-t-il une signature aussi difficile à imiter?Isaac.\u2014 Non, mais il n\u2019a pas d\u2019argent à la banque.Vr.P'/ SS 5 Voix de tous côtés.\u2014A pour moi!.\u2022.Lu voilà des pas !.moi celle-ci!.Je l\u2019ai retenue avant vous!.c'est U La latte a été plutôt chaude et Mon- 7 Madame.\u2014Seigneur! Qui est-ce qui manières !.Eertuez-moi pas!.Je la lâcherai sieur n\u2019en sort pas avec les honneurs de peut bien claquer la porte de même \u2022 la guerre.Il y a perdu tous ses pa- Est-ce toi, chéri?quels, n\u2019a pas pu acheter de blouse et devra, par contre, acheter un nouvel habillement. 10 LE SAMEDI 3§lSr; : Vol.28, No 21, Montréal, 28 Octobre 1916 POURQUOI PAS t 1\u2014Tiens, charge-toi donc de ce pa-\t2\u2014En voici un autre.guet.\u2014Gratte-moi le nez, chérie; il me démange.3\u2014Excuse-moi pour un moment .Rien que le temps d'aller et revenir.4\u2014Je désire deux suspens oir s pour habits.JEANNETON Les habitants de la section du Mail accordaient leur estime aux deux enfants d\u2019une mercière.Ces adolescents avaient pour devise :\u2014Sagesse et Travail.A une mère pauvre et malade, ils donnaient un dévouement exemplaire.En besognes souvent rudes, l\u2019un et l\u2019autre se dépensaient, même pendant la nuit; ce qui, pourtant, n\u2019éloignait pas la gêne venue se fixer au foyer d\u2019où le père était parti, emporté par une maladie de poitrine.Frappant contraste, Jean était ?toujours triste et Jeanneton était toujours gaie.Même, Jeanneton accueillit, avec des propos amusants, une nouvelle criée aux carrefours de Paris: La Conscription.Levée qui allait donner, en 1798, trois cent mille soldats qui seraient portés contre la coalition.Jeanneton parla comme le sergent recruteur : \u2014Habillement neuf, sabots remplis de paille, promenades en Italie ou ailleurs, combats au son du tambour.Comme je regrette de n\u2019être pas garçon.Jean le triste, qui avait entendu les propos gais de sa soeur, dut répondre à la convocation des autorités qui organisaient le tirage au sort.Il tira dans les bas numéros et fut classé, avril venu, parmi les recrues à mettre bientôt en route.La guerre rallumée en Allemagne, le Directoire devait hâter le renforcement de l\u2019armée du Danube.et le courage qui traverse facilement les épreuves.Dubuisson père verse six cents dollars le jour du départ et une même somme à la minute où je lui remettrai le congé de son fils.Jeanneton, qui s\u2019appellera désormais Pierre Dubuisson, va accompagner Jean le désolé à cette fameuse 106e demi-brigade de bataille qui loge, maintenant^ dit-on, dans les campagnes de l\u2019Helvétie.Le 10 mai 1799, un gros contingent de Parisiens était mis en route.On l\u2019acheminait, à travers les provinces, vers Strasbourg.Jeanneton, qui portait sans gêne des vêtements d\u2019homme, divertissait son escouade.Son bras passé sous le bras de Jean, elle redisait les couplets tant de fois chantés, à l\u2019atelier: Fleur du T age Je fuis tes bords heureux.Nos conscrits, cent trente lieues faites, souvent au pas redoublé, l\u2019exercice du fusil appris en marchant, renforçaient le corps du général Soult pendant que l\u2019armée d\u2019Helvétie livrait bataille aux Autrichiens.Les voltigeurs Jean et Jeanneton recevaient le baptême du feu au pied de l\u2019Albis, une montagne, devant la Limmat, un fleuve.Leur courage les défendait contre la peur qui fait perdre la tête aux jeunes soldats.Le soir, ils s\u2019embrassaient et parlaient tout bas, avec émotion, d\u2019une bonne mère alarmée en apprenant que le duel continuait, terrible et sanglant, entre la France républicaine et l\u2019Europe monarchique.5\u2014Mais, pauvre toi! nous n'avons pas besoin de suspensoirs.\u2014Laisse-moi faire avant de te 6\u2014Je confesse, mon cher, qu\u2019à tout bien considérer, tu n\u2019es pas aussi bête que tu en as l'air.prononcer.Une mère s\u2019alarmait, Jeanne-ton l\u2019embrassait.\u2014J\u2019attends avec confiance le prochain retour parmi nous de la fée Providence.Eloignons toutes inquiétudes.Dans quelques jours, on publiera de bonnes nouvelles.Jeanneton les apportait au bout d\u2019une semaine.\u2014Notre voisin, le riche citoyen Dubuisson, doit partir à ,l\u2019armée.Faible et peureux, son père lui cherche un remplaçant.Il est maintenant trouvé.La citoyenne Jeanneton a le visage un peu hommasse, le verbe haut TOUT EST BEAU AVANT LE MARIAGE, ET APRES.COMME TOUT CHANGE ! ! ! Av an t-lt-M.\u2019O-ricbÿt ( c 7 r7\"A/T0Jle7f7^V' Vûus efcej jneri a.\\ -wo.h l e de iais au- est il prefi Correct Jourcf hv.i deconf>~ lu déco uj/>4 ï Jonc cà.toi te V Vol.28, No 21, Montréal, 28 Octobre 1916 LE SAMEDI il A LA RECHERCHE D\u2019UNE SERVANTE 1 Elle.\u2014DU donc, J os, c'est-y pas une servante qui se promène en bas sur le trottoirf Lui.\u2014On dirait ça.2 Servante.\u2014Oui madame, j\u2019avais 30 piastres par mois dans ma place et on était satisfait de moi.Madame.\u2014C\u2019est correct, Géraldine, je vous engage.3 Madame.\u2014Nous allons en visite, nous rentrerons vers dim heures.Veilles bien aux enfantsf Servante.\u2014Oui, madame.4 Monsieur, (au retour).\u2014Tout est éteint à la maison et la servante dort sûrement.Et moi qui ai oublié la clef .veur: celle de passer dans les grenadiers quand Jean Lori-dan y sera versé.C\u2019est un fier compagnon d\u2019armes que j\u2019aime comme un frère.Enfin, promus grenadiers, Jean Loridan, dit l'Intrépide, et Pierre Dubuisson, sur-n o mmé Passepartout, allaient toujours de compagnie.Du massif rocheux des grandes Alpes, ils passaient dans la région moins abrupte des Apennins.Sous la férule de Masséna, dictateur à Gênes,, ils.connurent les épreuves des marches forcées entre Sampier d\u2019Arena et Savone, la cité des oliviers, des combats nocturnes et celles de la faim qui affaiblit ou désespère le troupier.Rudement aguerris,, portant en eux l\u2019âme des héros que la modestie force à demeurer obscurs, à l\u2019égal d\u2019anciens vélites romains, leur bonne humeur consolait des camarades affaiblis ; ceux qui, ordinairem e n t, s\u2019arrêtent au bord du sentier pour songer aux détresses humaines ou pour mourir.Jeanneton brûlait soixante cartouches à Monte-Pi polo, prenait avec son peloton le refuge d\u2019un rocher.Sa baïonnette rendant infranchissable aux ennemis le seul sentier d\u2019accès, et, restés debout, sous la fusillade de deux compagnies d\u2019Autrichiens que la rage de détruire animait, la Parisienne jetait, d\u2019une voix vibrante, aux échos sonores de la val- 6 Monsieur.\u2014Les portes sont bien fermées, je vais tâcher de passer par la cave.Madame.\u2014Fais quelque chose, Jos, je suis morte de fatigue et de froid! 7 Madame.\u2014Géraldine dort comme une souche dans sa chambre! Heureusement que les enfants ne se sont pas réveillés.lée : .Que la baïonnette homicide, Au devant de vos rangs étincelante, avide, Heurte les bataillons, par le fer déchirés.Le fer, amis, le fer, il presse le carnage; C'est l'arme du Français, c'est l'arme du courage; L'arme de la victoire et l'arbitre du sort.Le fer.il boit le sang.Le sang nourrit la rage; Et la rage donne la mort.Electrisés par ces paroles, quinze hommes chargeaient un demi-bataillon et le traversaient, pour rentrer à Gênes au milieu 6 Madame.\u2014Attention à tes vêtements, Jos! Monsieur.\u2014 Oh!.garde tes conseils pour une autre occasion, hein! des acclamations.Pendant sept années, Jeanneton garda son rang dans la demi-brigade.Soult, Jourdan, Davout et Napoléon lui a dressèrent des compliments, tous mérités.Jean eut toujours, qu\u2019il plût ou qu\u2019il neigeât au long des routes suivies, son assistance.Libérée, après une entrée triomphale à Vienne, un congé d\u2019épais parchemin mis en poche, le bonnet de police fort incliné vers l\u2019oreille gauche, la femme-soldat ramenait son frère dans la bonne ville de Paris.Ils y retrouvaient une mère mise à l\u2019abri du besoin.Le citoyen Dubuisson fils reçut, non sans montre d\u2019orgueil, l\u2019état des services exceptionnels qu\u2019il n\u2019av ait point accomplis.Même, l\u2019admiration le portait, pour mieux acquitter sa reconnaissance, à épouser Jeanne-ton qui ouvrit, rue Montmartre, une boutique de modes, à l\u2019enseigne devenue célèbre sous l\u2019Empire: A la violette de Parme Cette fois, la vertu et le courage reçurent de dignes récompenses.8 Le lendemain, une autre servante.\u2014 Géraldine s'est engagée chez des bourgeois voisins des miens pour être plus proche de moi, car.c\u2019est mon amie.Elle vous renvoie cotre clef et réclame sa journée de gages.Monsieur.\u2014 Dis-lui qu'elle vienne la chercher, je la paierai avec le manche à balai! Un bambin de quatre ans, met et fait un tapage infernal; il joue La maman renonce à dompter c i ntervenir.EN FAMILLE Un officier grièvement blessé est en convalescence dans sa famille.C\u2019est un homme grand et fort ; les bandes qui entourent son front lui donnent un aspect imposant.maison sens dessus dessous à la guerre.jeune poilu et le papa doit U prend un visage sévère, et, comme ses observations n\u2019ont pas de succès, il invoque son autorité paternelle.Père.\u2014Qui est-ce qui commande ici?Le bambin ne s\u2019émot ionne pas pour si peu, et, les deux poings sur les hanches, regardant son papa bien en face, lui répond par - ce simple mot :\tr Bambin.\u2014Jof fre. LE SAMEDI Vol.28, No 21, Montréal, 28 Octobre 191® 13 PATRON GENEREUX MARI ET FEMME mpwlm, Sammy.\u2014QueUe sorte d'ouvrage fais-tu, Jimmy?Jimmy.\u2014Un bel ouvrage.Le patron perd bien souvent Vidée; U m'a flanqué à la porte trois fois la semaine dernière, et il m'a payé une semaine de salaire ehaque fois.L'épouse.\u2014Dis donc, Alfred, j\u2019ai presque honte de sortir avec ce chapeau.Il n\u2019est pas du tout à la mode.Alfred.\u2014Est-ce que ce n'est pas à Brigitte de sortir aujourd\u2019hui.L\u2019épouse.\u2014Non, ce n\u2019est pas à elle.Alfred.\u2014Alors, demande-lui donc si elle veut te prêter son chapeau?EN RECITANT LE PATER Le petit Gabriel fait sa prière devant sa maman : Arrivé à la phrase du Pater: \u201cEt pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons.\u201d il s\u2019arrête subitement: \u2014Tiens, dit-il, ça me fait penser que, ce matin, quand j\u2019ai rencontré Georges, qui m\u2019a griffé, j\u2019ai oublié de lui flanquer des giffes.Attends-moi une petite mmute.TOUS LES DEUX SURPRIS P ° O La dame, (reconnaissant son ancien domestique,).\u2014Mais quoi, vous, en prison, Gaspard T Bien, je suis surprise! \u2014Je fus surpris, moi aussi, madame, sans ça, je n\u2019strais pas icite! IL MELAIT TOUT DANS SA TETE Madame Duplan a emprunté un chaudron à son voisin.Ayant fini de s\u2019en servir, elle veut envoyer son petit garçon le lui rendre, et elle lui fait ses recommandations : Mme Duplan.\u2014 Maintenant, Gaston, tu vas aller rendre ce chaudron à notre voisin, et tâche de ne pas t\u2019amuser en route.Gaston.\u2014Qu\u2019est-ce que je lui dirai au voisin, maman ?Mme Duplan.\u2014 Tu lui diras que le chaudron est fêlé, mais qu\u2019il l\u2019est depuis longtemps.Dis-lui aussi que j\u2019espère qu\u2019il va mieux.Gaston, (arrivé chez le voisin a oublié ce qu\u2019il devait dire et se trouble).\u2014Maman m\u2019envoie vous rapporter votre chaudron, elle espère qu\u2019il va mieux, et puis, elle m\u2019a dit de vous dire que vous êtes fêlé, que c\u2019est depuis longtemps.LA SEULE DENT A NE PAS TOUCHER irrlém -4* * Le patient.\u2014Aïe, aye! Ne touchez pas à cette dent! Le dentiste.\u2014Pourquoi?Le patient.\u2014Mais, parce que c\u2019est la seule dent dans ma bouche qui me fait mal, fou que vous êtes! TOUT DE SUITE C\u2019EST PLUS SUR Dans un concert donné pour faciliter le recrutement, une jeune et charmante dame venait de chanter la chanson bien connue: \u201cVotre roi et votre pays ont besoin de vous\u201d.Un gros homme bien bâti, d\u2019environ 35 ans, s\u2019approcha d\u2019elle et d\u2019un air très gracieux, lui dit: \u2014Excusez-moi, madame, si je prends la liberté de vous adresser la parole ; mais vous venez de chanter, d\u2019une façon charmante, que vous nous remercierez, que vous nous acclamerez et que vous nous embrasserez quand nous reviendrons dans nos foyers.Comme il est plus que probable que je ne reviendrai pas, je viens vous demander si vous ne pourriez pas m\u2019embrasser tout de suite.-o- CERTIFICAT IRRESISTIBLE DANS LES CHARS Le jeune Alfred, vu l\u2019encombrement, est assis sur les genoux de son père.Arrive une jeune femme à laquelle personne ne donne son siège.Le jeune Alfred qui a appris qu\u2019il faut toujours être galant pour les dames, se lève en disant : Madame, prenez mon siège, je vous en prie.-o- Une longue importunité rend tout insupportable.Montesquieu.Prétendant.\u2014 Peut-être croyez-voua que je ne suis pas digne de la main de votre fille?Le père.\u2014Peut-être en effet.Ainsi, vous n\u2019avez pas de position, de relations sociales.Prétendant.\u2014Au contraire, monsieur, mes relations sont magnifiques.J\u2019ai déjà été refusé par les filles les plus aristocratiques.DEUX POINTS DE VUE Mme Laraignée.\u2014N\u2019as-tu pas entendu notre fille qui jouait une sélection de Wagner, ce matin?Laraignée.\u2014Est-ce que c\u2019était cela?Je pensais que c\u2019était l\u2019homme qui accorde le piano.HIP-HIP-HOVRRAUl 1 Oh! comme c\u2019est triste d'être gros! moi qui pensais pouvoir aller aua> vues ce soir et je ne puis même pas prendre mon argent qui est dans ma poche en arrière!.' /l/> \u2022 1 Il\tJ MP\t-llli o.\tWJ\t|r\t \t\t\tam\t 2 Maïs, j'ai un plan, je vais planter le chêne et vous allez voir qu\u2019il en sortira des monnaies de toutes sortes; et plus que cela, je les ferai mêms tomber dans mon chapeau.iiiBHriiiTLiiiiiiiiuiimuflmii'l'iliuiiiiiiaiiTinnifiiwiiinifqijag 3 Et c'est ce qu\u2019il fit.Il s'approcha ensuite dit guichet et acheta un beau billet de loge et rentra ensuite au théâtre où il passa une très agréable veillée. Vo) 28, No 21, Montreal, 28 Octobre 1916 LE SAMEDI euilleton du j v , (ma j» .J üll H L'AMOUR DANS LES RUINES IP^-H J\"TJLE8 IsÆ^IR'Y' RES1 MR DES PRECEDENTS CHAPITRES Deux hommes, Ragache et Renaudie, habitant Watricourt, le premier détesté, parce que méchant et brutal.le second aimé de tous, sont brouillés il mort.Tous d ux oint épousé les 2 soeurs, et sont veufs Ragache avec 2 fils, Renaudie avec 2 filles.Ragache incendie la maison de Renaudie et les 2 fillettes sont sauvées l\u2019une par Renaudie, l\u2019autre par un passant que l\u2019on ne revoit pins.linéiques années plus tard ce passant, Damaury est devenu sous-lieutenant au Maroc.Il vient en congé à Paris, amenant avec lui une amie, Césarine.Pour lui plaire, il vole une perle, dans-un bal auquel assistaient Renaudie et ses filles, qu-i, de passage il Paris, étaient les hôtes du général Ramure, l\u2019ancien colonel de Damaury.Charlotte qui a reconnu dans Damaury sou sauveur, lui fait: restituer la perle volée, et, reconnaissant devant le général son indignité, il démissionne et s'engage il la légion étrangère sons le nom de CardiHae.Plus taixl Renaudie rencontre ft Ostende Césanne et l\u2019épouse.En guerre a éclaté, Louise Renaudie aime maintenant un dis fils de Ragache et va, de nuit, lui faire ses adieux.Quelques jours plus tard Watricourt est envahi par les allemands.Renaudie ainsi que sa femme et ses fin s sont restées.Le général allemand Zirgow garde comme otages le maire, Ragaclie et Renaudie.Ragache confesse sou crime fl Renaudie et jure de se racheter il ses yeux eu faisant du mal aux allemands.En l\u2019absence de Renaudie deux officiers allemands se conduisent chez lui en sauvages.Les allemands n'ont pas plutôt établi urne nouvelle batterie qu\u2019allé est démolie par les français, prévenus par Ragache.Ils sont furieux mais nf peuvent découvrir celui qui les trahit car Ragache pour mieux les trahir, est allé trouver Zirgow, et lui a fait croire qu'il trahissait les français.Oardillan qui combat maintenant sous le commandement du général Laxmire se signale.Il est lié d'amitié avec George Ragache et tous deux s'offrent pour pénétrer dans les lignes allemandes .n mission glorieuse.Depuis quelque temps, un sa rant allemand, Cornélius Hausen\u2019, fabrique des gaz empoisonnés dans l'usine de Renaudie.Ragache s\u2019y introduit chaque nuit et se prépare fl faire sauter l'usine.Georges et Cardiilan, qui ont pu passer h travel\u2019s les lignes allemandes, ont été surpris et se sont réfugiés dans un ancien poulailler, au bout du jardin de la veuve Lévéqtf.Elle leur passe des vivres et fait prévenir Louise qui vient les voir avec Charlotte.Clotilde les a suivies et va les dénoncer, mais prévoyant la dénonciation Denise les a fait cacher sous les débris de la maison voisine qui est effondrée.Zirgow est après interroger Denise, quand on amène Ragache qui a été aussi arrêté.Ragache qui a besoin d'encore quelques heures de liberté pour faire sauter l\u2019usine il poisons, livre des 2 français pour prouver il Zirgow qu'il lui est vraiment dévoué, mais il réussit fl ,les faire saïuver de suite.Céda lui a valu la liberté et il en profite pour achever son oeuvre.L'usine saute, ensevelissant Cornélius Hauser.Les allemands n\u2019ont pas le temps d\u2019exercer de représailles, ensuite des renseignements apportés par George et Oardillan, les français attaquent et se rapprochent de Watricourt.Troisième Partie \u2014 LES USINES DE POISONS XII NUITS DE GUERRE No 12\t\u201cSuite\u201d La nuit apporta son accalmie et la fusillade se ralentit, sans cesser tout à fait.Les Français et les Allemands restaient accrochés.Les ¦canons firent entendre leur voix puissante sans arrêt.Aux premières heures de l\u2019aube, la lutte reprendrait plus â-p-re, plus acharnée, et cette fois, le village serait englobé dans la bataille.Les gens se le disaient, lorsque, furti, vemeiit ils pouvaient passer d\u2019une maison à l\u2019autre.Us préparaient les caves, y descendaient des matelas pour y coucher les enfants.Malheureusement, les provisions ma tiquaient.On vivait depuis longtemps au jour le jour, sans rien pour le lendemain.A l\u2019aube, on entendit ronfler les avions boehes et les avions français.Des eomlbats se livrèrent dans les nuages.Un appareil allemand culbuta et vint s\u2019abattre sur la place de la mairie, près de la fontaine, et prit feu.La ronde des grands oiseaux dura une heure.Par les lucarnes des greniers, les paysans suivaient ees évolutions ; les femmes tendaient vers le ciel leurs bras qui enlbauraieut et protégeaient les enfants et elles priaient, imploraient : \u2014 Venez vite ! Nous ne pouvons plus vivre ! Venez nous délivrer ! ! Les avions filèrent, leur mission remplie et 'le ciel ne fut plus habité que par des eorbeaiux criards.Toute la nuit fut remplie par le bruit des troupes de renfort qui se (massaient, se Commenté dans le No du 12 août 1911».Publié CD vertu d'un traité avec la Société des gens de lettre*.dirigeaient eu hâte vers leur poste de .combat.Roulements d\u2019autos, de chariots, de motocyclettes, de caissons, de canons, martèlement de la route par les sabots des chevaux.'Parfois, des gémissements, quand les blessés passaient.Ceux-ci, les paysans remarquèrent qu\u2019on ne les évacuait point dans les ambulances de Watricourt.On les emmenait plus loin en arrière, même les grands blessés.Et cela faisait gonfler leur coeur d\"allégresse.\u2014 C\u2019était donc que les Boches n\u2019étaient pas sûrs de conserver le village et prévoyaient la retraite ?.Pourtant jusqu\u2019à présent, aucun obus n\u2019était tombé sur Watricourt.\u2014 On ne perdra rien pour attendre.Los maisons seraient détruites et ce se- rait.par des projectiles français, .mais les gens n\u2019y pensaient même pas.Toutes les ruines, plutôt que cet escia-va.ge qui .depuis tant de mois, les faisait mourir lentement.Que le village soit, rasé jusqu\u2019à son dernier mur, et jusqu\u2019à sa dernière pierre, pourvu que dans les entassements des décombres surgisse tout à coup, et cette fois pour toujours, le drapeau français.Et il faisait à peine jour quand le premier obus tomba.Ce fut comme un signal.Les maisons encore habitées se vidèrent et les habitants descendirent 'dans les caves.La pluie de fer et de feu commençait.Denise avait, comme tout le mande, trouvé refuge dans sa cave, avec see en- 140 14 LÊ éAMEDI Vol.28, No 21, M 'iitrtol, 28 Octobre îfllO fants.Les petits n'avaient pas peur.Henri, la veille, avait tram sparte là un cheval mécanique nui faisait sa joie et il ne le quittait pas.Quant à Georges et André, ils s\u2019appliquèrent, à la lueur \u2019fameuse d\u2019un» mauvaise chandelle, à leurs- devoirs d\u2019éeoliers, leurs cahiers étalés devant eux sur une planche et ils firent leurs calculs.Pourtant Georges paraissait distrait ; à chaque instant il relevait la tête.Sa mère demanda : \u2014 A quoi penses-tu donc ?\u2014 J\u2019essay© de compter les obus qui tombent.André se mit à rire et dit : \u2014 Tu ne pourras jamais.Il y en a trop ! A la Maison-du-Tilleul, Charlotte et Louise étaient descendues, elles aussi, dans la cave où Clotilde vint les rejoindre peu après.Clotilde était pâle et nerveuse.Les deux jeunes, filles restaient calmes.Comme la maison était en dehors du village, peut-être le hasard ferait-il qu\u2019elle serait épargnée.Du reste on eût dit qu\u2019elle ,avait déjà subi les effets du bombardement.L\u2019explosion de la fabrique l'avait ébranlée, n\u2019avait pas laissé une vitre aux fenêtres, avait disloqué les portes, et gonflé la toiture qui semblait près de crever.De temps .en temps, les jeunes filles remontaient, s\u2019assuraient de ce qui se passait mais Clotilde ne les suivait pas.La bataille faisait rage autour de Wa-trieourt.Le village s'enflammait sous les obus.Par instants, une maison s\u2019effon- * drait d\u2019un seul coup, avec l'apparence de s\u2019engloutir, et une épaisse fumée se soulevait des ruines pour se mêler aux lueurs des incendies.Alors, des dessous, des têtes éperdues apparaissaient.des gens s\u2019enfuyaient dans la mitraille, longeaient les murs encore debout, hésitaient à traverser la rue, en quête d\u2019une autre cave, d\u2019un autre refuge.Ici ou là, on n\u2019était bien nulle part.Et sans cesse, les longues théories de blessés boches transportés à l\u2019arriere.La .rue principale se comblait de débris qui «\u2019exhaussaient jusqu\u2019à la hauteur des toits.Il y avait de tout parmi les pierres et les poutres : éclats d\u2019obus, fiés télégraphiques, cheminées de tôle, corniches, volets arrachés à leurs gonds, des meubles en morceaux, d\u2019autres qui semblaient intacts, une armoire à glace, ô miracle, plantée là, debout, sa porte fermée et sans une brèche : dans le miroir de la glace se reflétaient, d\u2019urne seconde vie fantomatique et irréelle ,l«s réverbérât ions des incendies ; cels ruines formaient autant de barricades que des pionniers allemands utili- saient on vup de la défense du village, car les Français se rapprochaient.Des bataillons d\u2019Allemands débandés, décimés, traversaient les champs derrière les jardins.Parfois des officiers les ralliaient.Fis n'obéissaient pas toujours ! alors les chefs firent mettre des mitrailleuses en batterie et les mitrailleuses fauchèrent les homme*.Ils s'arrêtèrent, la mort an arrière, la mort en avant, et repartirent vers la bataille.Us étaient sains sacs, sans cartouchières, sans fusils.Ils marchèrent.Les sous-officiers, revolver au poing, les poussaient ainjsi jet ne pensaient même pas à leur rendre des armes.Alors, quand les paysans qui s\u2019étalant hasardés dehors voyaient cela, ils ren-Iraient vivement et venaient dire, en se frottant les mains : \u2014 Ça va ! ça va! On ne sera plus longtemps sans entendre les nôtres ! Charlotte et Louise, en redescendant, s'aperçurent, qu\u2019elles étaient seules dans la cave.Clotilde avait quitté la maison, ne s\u2019y sentant point rassurée.Où était-elle?Les j'.\u2018unes filles ne s\u2019en inquiétèrent point.Lorsque le bombardement avait commencé, Clotilde leur avait dit : \u2014 La.maison n\u2019est pas sûre.Pourquoi ne pas chercher un refuge au presbytère ?Les caves du presbytère étaient creusées sous les ruines d\u2019une anci*?nne abbaye, dans lesquelles était la maison du curé de W atricourt.Elles avaient des voûtes très épaisses et elles étaient si vastes que les habitants restés au village auraient pu s\u2019y réunir à l\u2019aise.Déjà elles servaient d\u2019asile à beaucoup d\u2019entre eux, chassés par la fumée, par lets flammes, par l\u2019asphyxie.Là, était Olo tilde tremblante, avec les autres.Et comme sa présence était un lourd fardeau.au cbeur des jeunes filles, elles éprouvèrent un soulagement de la savoir partie.Une auto allemande, chargée de grenades à main, demandées en toute hâte pour les combattants de première ligne, s\u2019avança cahin-caha sous les obus qui tombent drus.Il faut s\u2019avancer jà travers les débris de voitures,, les barricades de décombres, les cadavres des hommes et des chevaux.L\u2019auto transporte trois mille grenades.Qu\u2019un projectile s\u2019abatte là-dessus et tout saute.L'auto suit un chemin de l\u2019enfer.dans un vacarme assourdissant.Le chauffeur est un gros garçon joufflu, effaré et rosé, dont les lunettes à branches dorées tressautent parfois dans un tic nerveux.Autour de lui, les briques dégringolent, les maisons disparaissent.De minute en minute il est frôlé parle vent dès obus .l.âuto asealade les poutres, les barricades, tous les obstacles.Il faut arriver coûte que coûte smx la ligne de feu pour ravitailler 'les 'hommes.Elle n\u2019ira pas plus loin.Un obus siffle, coupe 'la voiture en deux, tes grenades éclatent comme un volcan qui fait irruption.Tout ce qui était debout autour n\u2019existe plus.L\u2019auto a disparu, pulvérisée, et longtemps, du ciel, tombèrent des débris de gravats, des poussières.Du milieu de toutes ces 'choses un gros garçon se soulève.le chauffeur.il n\u2019a pas été atteint.Il y a souvent .de ces hasards 'à la guerre.Et comme il est très myope, qu\u2019il n\u2019y voit pas à deux pas et qu\u2019il a perdu ses lunettes, il les cherche, tâtonnant, parmi les ruines !.Ce fut ainsi toute la journée.Un peu d\u2019angoisse chez les esclaves de Watricourt.Les nôtres se lasseraient-ils ?Les Bodies avaient-ils lei temps d\u2019amener des renforts 1 Etait-ce la fin de leur misérable calvaire ?Ou allaient-ils retomber plus bas, an fond de leur grande peine ?Qui 'était vainqueur ?Les blessés innombrables passaient toujours et toujours des troupes débandées, l\u2019air de vaincues, regagnaient l\u2019arrière.Mais toujours aussi affluaient des troupes nouvelles.Watri-court était enveloppé de carnages.La nuit \u2014 la seconde \u2014 n \u2019interrompit point Ea bataille.Les Boches contre-attaquaient, Mais iis reculaient.Ce furent des piétinements, encore et des roulements, des écrasements, des hurlements, des plaintes, des râles.Parfois, pendant quelques secondes, dominant ces tumultes, la chuta d'une maison, avec son assourdissant fracas de craquements, un ciel calme, traversé de flocons 1 ilanos.Dans les caves, nous l\u2019avons dit, aucune provision.Pas même du pain ; un peu d\u2019eau seulement que les hommes se hasardaient, au péril de leur vie, à aller tirer des puits et des fontaines, dans des cruches.Les esclaves buvaient cette eau pour tromper leur faim.Mais les infants pleuraient.Alors, quelques hommes visitèrent les greniers des maisons que les obus avaient épargnées, raclèrent, balayèrent les granges, ramassant presque un à un les grains de blé qui traînaient, î»es recueillant comme des pierres précieuses.Quelques hectolitres furent ainsi recueillis que des femmes concassèrent dans des moulins â café, et avec la farine ainsi obtenue on put faire un semblant de pain.\u2014 Hl \u2014 Vol, 28, No 21, Montréal, 2g Octobre loin LE SAMËDÎ là Toute It nuit, le bombard «niant vati nun, sans répit.Au matin, avant le jour, brusquement il cessa.Quia signifiait cette accalmie ! Si les batteries françaises se taisaient, était-ce le feu des canons allemands qui les avait é-tcinitesï Ou Men, l\u2019attaque de Watricourt préparée suffisamment, le dénouement approchait-il enfin, que les pauvres esclaves appelaient de toutes leurs prières ardentes et de tout leur désespoir ?Les fusils et les mitrailleuses bientôt dominèrent.Buis, tout cela se tut.Oe fut un silence Ihorrible.Les baïonnettes travaillaient.Les gens du village n'osaient plus se montrer, mais ils se hasardaient, se haussaient jusqu\u2019aux soupiraux.Ils essayaient ainsi 'de saisir quelques détails de la lutte.Charlotte et Louise, seules dans leur ca- » ve, partageaient toutes ces angoisses.Un des derniers obus était venu s\u2019abattre sur la Maison-du-TMeufl.l\u2019avait trouée du toit jusqu\u2019au rez-de-chaussée, et n\u2019avait pas éclaté.Mais le lonig des murs, contre le jardin des balles sifflaient, ricochaient parfois sur 'les barreaux de la grille que l'explosion de l\u2019usine avait défoncée et jetée sur le sol.Des projectiles passaient en sifflant lugubrement.EM elles aussi avaient remarqué 'le silence subit des batteries.Charlotte voulait sortir.Louise l\u2019en empêcha.Et, tout a coup, Louise murmura : \u2014 Qui sait s\u2019il n\u2019est pas là, auprès de mous, dans l\u2019horrible carnage ?Elle pensait à Georges.Charlotte, au même moment se disait : \u2014 Il se bat auprès de nous !.Il rachète, à cause de moi, la faute qu il a commise autrefois.Mon Dieu, protégez-le.Ayez pitié de mon amour ! C\u2019était à Damaury qu Mlle pensait ! Mais voici qu\u2019elles ont ensemble le même cri de joie éperdue.Une joie à la quelle est mêlée pourtant de l\u2019épouvante.Dans les champs, c\u2019est toute une fourmilière de soldats gris, couleur de bouc, qui fuient en jetant leurs armes.Et des compagnies qui lèvent les bras et demandent grâce.Et, les poussant, la baïonnette aux reins, montant du vallon, surgissant sur le plateau, des Français les poursuivent.eux aussi couleur de boue.C\u2019est à peine si l\u2019on distingue par-ci, p&r-Jià un lambeau du bleu de leur unifoi me.U en vient de partout.Et les notes stridentes des clairons qui sonnent 1,'.charge semblent les animer d une ardent enthousiaste.La charge sonne partout, au nord, au sud, à l\u2019est, à.l\u2019ouest.Watricourt est entouré par la France.Les Booh as pht disparu.Ceux qui sont restés ont été faits prisonniers .Ceux qui essayent de se défendre encore son tués.En un clin d\u2019oeil le village s\u2019emplit de soldats français.Les esclaves sortent des caves.Les hommes, les femmes, les enfants, en pleurant, tendent les bras vers les sauveurs, les étreignent, les embrassent.Et à ces étreintes et à ces baisers répondent des voix joyeuses, qui réconfortent.des voix d\u2019audace et de gaieté.Mais des conseils aussi : \u2014 Rentrez chez vous.Ne bougez pas de vos caves.un peu de patience.Ce n\u2019est pas fini.C\u2019est le plus dur qui va commencer.Ils se hâtaient de mettre le village en état de défense, de tourner ces défenses contre les Allemands.Au courant de la nuit il y eut des contre-attaques.Les Boches avaient eu le temps d\u2019appeler des réserves importantes.Oe furent d\u2019effroyables luttes, dans les ténèbres que les incendies éclairaient, avec des épisodes héroïques, avec des alternatives d\u2019avance et de mecul.Parfois, devant leurs soupiraux, entre les amoncellements de cadavres, les paysans essayaient de voir, et devant leurs yeux épouvantés ils n \u2019apercevaient plus que des Allemands en masses compactes, reprenant du terrain et redevenus victo-rienx.Parfois, deux heures après, ils croyaient entendre des ordres criés par des officier?français, ils retournaient vite aux soupiraux et les Boches avaient fui.Devant eux, il n\u2019y avait plus que les uniformes de France, que l\u2019élan de la France, que le coeur de la France et sji amour pour ses enfants.Parfois, dans la mêmei heure, des poussées et des reculs les firent tomber (b s sommets de l\u2019espérance aux ni res M\u2019ses-poirs.Dans la même heure, ils se voy lient sauvés, ils se voyaient perdus.Us allaient, du rire nerveux du triomphe aux larmes de l\u2019irrémédiable défaite.C\u2019était une détresse, une angoisse f.rj brisait 'les plus forts.Leur sort dépendait de ces minutes qui s\u2019écoulaient.Lei soldat l\u2019avait bien dit.C\u2019était le plus dur qui commençait.Au malm, l\u2019aube trouble et.jaunâtre d\u2019un ciel rUiii1-gé de pluie éclaira le.champ des ¦ ¦images.les remous opiniâtres des onbat tante.des figures tear Mes.d yeux où il n\u2019y avait plus do pitié.Des blessés, qu\u2019on n\u2019avait pas M temps de relever, se traînaient hors de la 1 iM, se terraient dans quelque coin, ai i\u2019 nid le quelque abri, les uns pour y mon.: t lun quilles, pbpr y HUefr, les antres pour m panser.On en voyait qui se relevaient et qui, en trébuchant, reprenaient leurs armes.On vit des blessés allemands et dm blessés français, entassés pêle-mêle, se remettre debout pour s\u2019attaquer encore.silencieux, acharnés.On vit un drapeau français en danger.la gard e exterminée, te drapeau n tobre 1010 LE SAMEDI 23 \u2014 Veinard !.C\u2019était Simon, confident malgré lui de Ms amours.C\u2019était nm,' très beau jour du mois de Basai.Le soleil resplendissait sur la terre emplie de la joie du renouveau.Nous arvons dit que Passavant était tout-près de la voie du chemin de fer.La gare voisine n\u2019était pas éloignée de plus de trois cents mètres.Un train omnibus, arrivant de Paris, venait de s\u2019arrêter à la station et deux voyageurs seules ment en descendirent : c\u2019était Charlotte et Damaury.Elle apparut la première, mit le pied sur le quai et dans l\u2019encadrement de la portière, derrière elle, Damaury s\u2019était montré.H descendit sans aide.Snr le quai, toutefois, il prit son bras et réglant son pas sur celui de la jeune fille, il se dirigea, conduit par elle, vers la sortie.\u2014 Nous ferons le chemin à pied, dit-elle il n \u2019y a pas loin.Quelques bagages furent laissés à la gare.Plus tard, on viendrait les chercher.Et lentement, baignés par le soleil, ils s'avancèrent sur la route bMnchr.\u2014 Ainsi, dit-il, nous sommes arrivés, et je vais vivre auprès de vous.Elle serra doucement son bras.Elle souriait, heureuse.Et.ce fut toute sa réponse.Déjà il savait quelle était la famille, qui, à Passavant, l\u2019attendait.Elle lui avait tout raconté, durant les longues heures du voyage.Il connaissait Louise déjà, et il ne cacha pas à Charlotte qu\u2019il avait reçu les confidences de Georges.I! connaissait Ragache aussi.Ne l\u2019avait-il pas vu, dans le jardîu de Denise, en cette situation terrible où le père avait dû choisir entre la vie et la mort de son fils.Et où il avait choisi la mort ! Mais une crainte restait en lui, Charlotte lui avait dit qu\u2019elle avait perdu sa mère, dans sa plus jeune enfance, que Renau-die s\u2019était remarié et il avait compris à certaines restrictions, à certaines hésitations de la jeune fille, qu\u2019une1 ombre était dans cette famille.Quel accueil allait-il recevoir de cette jeune femme?Charlotte, certes était d accord avec Louise et avec Ragache et c\u2019était avec leur consentement qu\u2019elle était venue chercher le convalescent.Mais la jeune femme1 ?En tout cela, pas un mot qui lui indiquât qu\u2019il m'allait pas se trouver, peut-être devant une attitude déplaisante, qui «rit anime ?hostile.U s\u2019en ouvrit à Oharlotte.\u2014 Vous ne me parle® pas de votre bel le-mère ?Pourtant elle vit avec vous.Comment va-t-elle me recevoir ?Charlotte eut un geste brusque, suivi d\u2019un petit rire nerveux.Et dans cette simple phrase, énergiquement prononcée, Damaury devina comme une menace à l\u2019adresse de cette femme, qu\u2019il ne connaissait pas.\u2014 Je ne voudrais pas être la cause de dissentiments.j\u2019en souffrirais.\u2014 N\u2019ayez aucune crainte ! Brusquement, comme si l\u2019image de Cio-tilde ainsi évoquée lui déplaisait, la jeune fille changea la conversation.Elle rede-' vint gaie et prévenante.\u2014 Pour que vous soye'z familier tout de suite avec ce qui nous entoure, dit-e'lle avant que vous puissiez vous en rendre compte par vous-même, laissez-moi vous dépeindre le pays où nous sommes.\u201cC\u2019est une succession de vastes plateaux ondulés qui aboutissent aux grands champs de bataille de la Marne.Heureusement pour ce pays, la guerre n\u2019y a point passé.Des incursions de uhlans, paraît-il, des patrouilles qui n\u2019ont pas pu rester longtemps.Plus haut, vers Vitry, vers la F ère-Champenoise et Sommesous, et les villages malheureux des marais de Saint-Gond, jusque dans les environs de Paris, ça furent la bataille et la victoire.\u201cLa route que nous suivons est toute d oite, entre des pommiers qui déjà fleurissent, et il y a des petits bois, à gauche et à droite, tout verts, avec les cimes des chênes qui se couvrent de bourgeons plus tardifs que les autres.\u201cDe notre côté, ce n\u2019est pas, paraît-il comme dans les vastes plaines de la Champagne crayeuse!, et nous n\u2019avons presque pas de bois de sapins.Ce sont des boqueteaux, des taillis, qui descendent jusqu \u2019à la Marne.\u201cLa Marne n\u2019est pas loin.Nous irons nous promener sur sels rives, dans les près qui la bordent.Sentez-vous comme ils sentent bon, les prés ?.Il releva la tête, surpris.En dehors de lia voix douce qui l\u2019alan-guissait, il n\u2019y avait rien au monde pour lui, et quand elle cessait de parler, il s\u2019éveillait comme d\u2019un sommeil.\u2014 Oui, dit-il.on marche dans des bains d\u2019air parfumé.\u2014 C\u2019est de la menthe et de l'absinthe, et dos fleurs pleines de miel.Par ce beau jour, les abeilles bourdonnent et travaillent.Les entendez-vous ?Il avait bien envie de lui dire : \u2014 Non, je n \u2019entends que vous.Mais il n\u2019osa pas.\u2014 D\u2019ici, on aperçoit très bien Passai vaut, qui est tout au bord de la route.Oh ! ce n\u2019est pas aussi vaste que la Maison-du-Tilleul, mais on y sera bien tout de même.\u2018\u2018Et puis, comme c\u2019est à la Maison-du-Tilleul que vous avez été blessé et que vous avez perdu les yeux, vous en conser: vez sans doute un mauvais souvenir, et comme c\u2019est à Passavant que vous serez guéri, et que vous reverrez, bientôt la lumière, c\u2019eet Passavant qui vous plaira.Il secoua la tête et murmura : \u2014 Non.il y a tant d\u2019autres et chers souvenirs, là-bas, à Watricourt.Elle rougit.Pourtant il ne pouvait la voir.Et toujours ils marchaient, plus lentement, certes, qu\u2019il n\u2019eût fallu Elle1 voulait prolonger ce tête-à-tête.Elle était heureuse.«et son bonheur éclatait dans la jeunesse triomphante de son regard.Encore quelques pas.\u2014 Nous voici à la maison.Louise nous a aperçus et vient au-devant de nous.La pelouse était close par aune grille donnant sur la route.Ceille-oi n\u2019était séparée de la maison que par l\u2019accotement.Sur le sable des sentiers qui contournaient la pelouse, Damaury eutendit un léger bruissement de pas qui se rapprochaient.\u2014 C\u2019est ma soeur ! La grille s\u2019ouvrait et, une voix douce disait à l\u2019aveugle : \u2014 Soyez le bienvenu chez nous, monsieur.Vous y trouvterez une famille.Jadis, notre père vous a cherché bien longtemps, car il avait à coeur de vous témoigner sa reconnaissance.Quand il saura que vous êtes auprès de nous, il nous remerciera.Elle avait pris la main de Damaury et la serra longuement.Il dit : \u2014 J\u2019étais, au régiment, l\u2019ami et le confident de Georges.Sans doute, il vous sera doux de m\u2019entendre vous parler de lui ?.\u2014 Oui Des pas plus solides s\u2019avancèrent.C\u2019était Ragache.\u2014 Et lorsque vous parlerez de Georges à Louise, dit-il, il me sera bien permis, j\u2019espère, de venir en indiscret vous écouter.Ils entrèrent.Oharlotte conduisait toujours Damanry.\u2014 Je croyais, dit-il tout à coup, très bas, qu\u2019il y avait une troisième personne?\u2014 Madame Rcnaudie est absente et ne rentrera qu\u2019à la nuit, dit Ragache.En attendant, nous allons vous amener dans votre chambre.Il y en a une au rez-de-chaussée qui n\u2019était pas occupée.Nous vous l\u2019avons destinée, non sans raison.Elle donne sur un vestitbule.le vestibule s\u2019ouvre sur le jardin et l\u2019on y descend par cinq marches, avec une balustrade de fer.Ce sera plus commode pour vous, lorsque vous voudrez sortir seul.\u2014 Oh ! du reste, fit Charlotte, toutes 150 TA LE SAMEDI Vol.28, No 21, Montréal, 28 Octobre 1916 ces précautions n\u2019auront qu\u2019un temps.Deux ou trois semaines encore de soins et de prudence et vous serez guéri.\u201c Deux ou trois semaines, comme ce sera long, n\u2019est-ce pas ?Mais alors quelle joie ! Et comme le soleil vous paraîtra plus resplendissant, la clarté du jour plus pure, les fleurs plus vive's.la nature, plus belle.^ \u201cVotre bonheur grandira de toute la terreur que vous avez eue de me plus rien voir.\u2014 C\u2019est vrai ! Oui.,.mais avec toute \u2022 cette affection si prêcheuse et si tendre que je sens autour de moi, il me semble que, même si je devais rester aveugle, je serais quand même heureux.Que vous êtes bons, tous les trois, et.que pourrai-je jamais faire pour reconnaître tant de bonté ! Le lire de Charlotte\u2019 fusa comme un chant d\u2019oiseau, espiègle.Elle battit des mains : \u2014\u2022 Il m\u2019a sauvé la vie et il demande ce qu\u2019il peut faire pour moi ! Mais sachez donc, monsieur, qu\u2019il ne s\u2019est pas passé un jour depuis l\u2019incendie de notre maison, sans qu\u2019on ait.l\u2019un ou l\u2019autre, parlé de vous.Et elle ajouta bravement \u2014 Et quand on ne parlait, pas de vous, il y avait quelqu\u2019un encore qui y pensait.Le visage de l\u2019aveugle exprimait une joie puissante.infinie.Que l\u2019on se souvienne qu\u2019il avait passé sa vie dans la solitude, qu« les Lévadoux n\u2019avaient été pour ainsi dire qu\u2019un accident rapide dans son existence.qu\u2019il n\u2019avait jamais connu de famille, et, l\u2019on comprendra mieux la poussée de bonheur inouï qui envahissait l\u2019âme aimante du pauvre garçon.On ne pouvait, voir ses yeux, voilés par un bandeau noir, mais ce qu\u2019ils virent, c\u2019eist que ses lèvres se gonflèrent soudain, comme celles d\u2019un enfant qui va sangloter.Son coeur débordait et pendant un instant il garda la tête baissée, le front, dans sa main.Ils le regardaient, émus.Charlotte, était frémissante.Celui-là, c\u2019était son bien.Bien plus qu\u2019à n\u2019importe qui, il lui appartenait.Elle l\u2019avait sauvé de lui-même.Elle l\u2019avait arraché au suicide auquel il était résolu, pour obéir à sa propre volonté et à.l\u2019ordre de Lamure.Qui donc,, mieux qu\u2019elle, avait des droits sur cet \u2019homme ?Et l\u2019énergique regard .de l\u2019en fault volontaire' s\u2019appuyait sur Damanrv, pour l\u2019entourer d\u2019une tendresse qui avait quelque chose de maternai et aussi pour le protéger,., \u2014 Yeneiz, dit-elle, nous allons vous faire connaître votre chambre.La chambre était claire, grande et gaie.Hélas ! il ne pourrait pas en jouir encore.Qu\u2019importent à l\u2019aveugle la clarté et la gaieté de ce qui l\u2019entoure, puisqu\u2019il est emmuré dans des ténèbres- !.Guidé par Charlotte, il en fit le tour plusieurs fois.Elle prenait ses mains pour les porter sur les meubles.Elle l\u2019obligeait à toucher à tout.Et quand elle eut terminé cette éducation, elle lui dit : \u2014 Répétez, maintenant, afin que je sache si vous avez profité de mes leçons ! Seul, sans aide1, il parcourut la chambre,,de meuble en meuble.Il alla ouvrir les deux fenêtres.Les oiseaux des arbres et dies massifs voisins s\u2019égosillaient à lui souhaiter la bienvenue et,-comnie les lilas étaient en fleurs, il se trouva baigné de leur parfum violent.Alors, il tomba dans un fauteuil et il murmura : \u2014 Je suis trop heureux ! A ce moment, un e voiture s\u2019arrêta devant la grille.quelqu \u2019un descendit.Et Ragâche, simplement, n>e soupçonnant guère quel .drame terrible il déchaînait, Ra gâche prononça : \u2014 Voici madame Renaudie ! III LES PREMIERS CONTACTS Elle descendit d\u2019une victoria de vieux modèle, attelée d\u2019un vieux cheval et conduite, par un garçon de seize ans environ, réfugié de la Woëvre.Le personnel de Passa vaut se) composait de ce garçon, qui faisait fonctions de .cocher, de valet de chambre, de jardinier, aidait à la .cuisine, et d\u2019une) bonne femme que Ragaebe avait réussi, à force de prières, à engager pour le servir.Les deux soeurs, du reste, ne restaient pas inactives, es \u2019occupaient à tous les soins de la maison, pendant que Ragaebe, lui-même, trop habitué à la besogne des Champs pour vivre sans peiner, travaillait au jardin du matin au soir.Seule 'Gl'Otilde promenait par-ci par-là son ennui lourd et.le .désoeuvrement d'une existence inutile.Elle eut du reste voulu se mêler de quelque chose qu\u2019tille s\u2019y fut trouvée très empruntée.Sa Vie s\u2019était écoulée à soigner sa personne et sa beauté, dans un horizon étroit, où elle rapportait tout à elle et où les autres tenaient peu de place.Elle se levait gn général très tard, vers onze heures, et, on Pen tend ait aller et venir dans sa chambre, en chantonnant.Elle faisait la sieste, a l\u2019orientale, sur une chaise longue, après le déjeuner, en lisant quelque roman, ou en rêvassant de longues heures sur la même page, l'esprit perdu dans del lointains souvenirs.Il lui fallait un effort pour écrire.Elle s\u2019y 'condamnait, pourtant, et presque tous les jours envoyait des nouvelles à Relnau-die, dont on eoinnaissadt depuis petu l\u2019adresse, transmise par le bureau de Genève, et qui était prisonnier dan® un camp de concentration en Allemagne.Ces lettres, c \u2019était le côté sérieux de sa vie.Elle prévoyait l\u2019avenir.Et si bas qu\u2019elle fût tombée, elle avait des frissons de terreur à la pensée qu \u2019elle pourrait retomber dans une vie d\u2019aventures.Il fallait donc ménager Renaudie et 'l\u2019amour de cet homme était la seule chance pour elle, après la guerre, de vivre dans le luxe qui lui était nécessaire1.La fuite de Watricourt, après la prise du village par les Français, en la séparant .des Boches et en l\u2019éloignant de Zir-gow blessé fut un profond soulagement pour .elle, car elle échappait ainsi au terri-b\u2019e esclavage où elle était réduite : l\u2019esclavage de la trahison.Petdte Aline molle et sans resistance, elle allait au gré du velnt qui soufflait de l\u2019Allemagne, mais elle n\u2019avait pas vécu sans '1 épouvante du sort qui l\u2019eût attendue si sa trahison avait été découverte.Cette fuite de Watricourt, c\u2019était une délivrance.Non point pourtant -qu \u2019elle eût reconquis toute sa sécurité.Autour d elle, en effet, Clotilda sentait encore la haine et la suspicion.Elle vivait, dans cet intérieur, comme une étrangère, comme une ennemie.Certains jours, devant les visages hostiles des doux jeunes filles et de Ragache, elle se disait : \u2014 Hs savent.D autres fois, elle1 reprenait de l\u2019assurance.\u2014 IL ne savent pas.Peut-être s- sont-i,s douté.Mais aujourd\u2019hui, il est trop fard, je suis sauvée et rien, désormais, me viendra confirmer leurs soupçons.Elle, flottait ainsi d'une certitude à une détresse.Le silence l entourait.Jamais Louise et tomac qui ont disparu.\" L V., rue Couraye, Granville.Ainsi les Piilmile® Orientales ne nuisent jamahs à !-a «am
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