Le samedi, 1 juillet 1918, samedi 13 juillet 1918
[" JOURNAL ILLUSTRE HEBDOMADAIRE VOL XXX, No 5 \u2014Montréal, 13 Juillet 1918 fîj \u2022\t; tSjfpSIl \u2022 » ¦ -.s æ ?v,.T \u2022 ¦ ' wmm \u2018t * V\u2019^BP : \u2019\u2019 A WSKj ~,V; ms ¦ i s ® ipiii§ MSI ; ; \u2019¦ ! ., ; L?:'\u2019^VV;:v'L; J^y < \u2022\u2022 c- « iras - mm «SæüiH ¦ flH» :>-r^ ¦; * -v;:>- f ;*V.: i L a LE SAMEDI Vo®, 30, Nio 5, Montréal, 13 Juillet 1318 \t |nnx;iiii\t^ _ I\t\u2014 Incorporé \u2014 institut\tbanne 1219, st-Dems \t1 ^*\u2019**™,W*P\tTel.St-Louis 8019 POUR LA CURE DES MALADIES CHRONIQUES Maladies du système digestif \u2014 maladies du système nerveux \u2014 catarrhe \u2014 maladies de la peau \u2014 maladies des voies urinaires \u2014 cancer \u2014\u2018 rhumatisme \u2014 maladies du sang ulcères, etc- LES METHQDES EN USAGE A L\u2019INSTITUT GAUBE OPERENT DE VERITABLES RESURRECTIONS, PARCE QU\u2019ELLES AGISSENT SUR LE SANG, ELLES ATTAQUENT LE MAL A SA RACINE.LE SANG, C\u2019EST LA VIE TOUTE MALADIE AIGUE OU CHRONIQUE EST ACCOMPAGNEE D\u2019UNE ALTERATION PRIMITIVE OU SECONDAIRE DU SANG.Les personnes maladives, faibles ou délicates qui ont épuisé tous les moyens de guérisons et qui finissent par se rendre incurables, penseront tout autrement, lorsqu'elles seront soumises aux méthodes de traitement de l\u2019Institut Gaube.A l\u2019Institut Gaube, nous traitons avec des méthodes qui agissent directement sur le sang, c\u2019est ce qui explique les résultats merveilleux que nous obtenons.Aussi nos malades, dont la plupart étaient des cas désespérés, sont ravis de nos traitements.Notre succès est d\u2019autant plus remarquable que presque tous les malades qui viennent suivre nos traitements ne les emploient qu\u2019après avoir essayé sans résultats la plupart des remèdes ou autres modes de traitement.Nous avons la catégorie des malades les plus difficiles à guérir, puisque leur affection déjà ancienne est restée rebelle aux traitements les plus variés.Cela démontre clairement la supériorité des méthodes de l\u2019Institut Gaube, puisqu\u2019elles réussissent souvent où tant d\u2019autres ont été impuissantes.ALCOOLISME MORPHINE COCAINE L'alcoolisme \u2014 l\u2019habitude des drogues \u2014 sont de véritables maladies qui se traitent mieux que la plupart des autres maladies nerveuses.à l\u2019Institut Gaube on fait disparaître torn\tTROIS ()\tn S talement le goût de l\u2019alcool ou des dro- \u2019 IIIWILl J J \\ KJ gues_\u2014|_e traitement qu\u2019on y fait subir aux patients ne rend aucunement malade\u2014est absolument inoffensif et les clients qui ont pris cette cure dans les trois dernières années n\u2019ont que des éloges à faire sur l'efficacité dé cette méthode.NE SOYEZ PAS DECOU RAGES\u2014SONGEZ A L\u2019ARGENT QUE VOUS PERDEZ PENDANT QUE VOUS ETES UN AUTRE QUE VOUS-MEME.SONGEZ A TOUS LES ENNUIS DE FAMILLE QUE L\u2019ALCOOL OU LES DROGUES OCCASIONNENT.Quand un homme voit ses forces décliner, son énergie disparaître, sa volonté faiblir\u2014il n\u2019a souvent qu\u2019un pas à faire pour se trouver au bas de l\u2019échelle.Ne faites pas ce pas-là.Sacrifiez trois jours et retrempez-vous en suivant un traitement rationnel qui en a guéri des centaines.VENEZ, NOUS VOUS LE PROUVERONS- Cures Remarquables Obtenues A l'Institut Gaube, Incorporé MALADE NEURASTHENIQUE QUI ENGRAISSE DE 22 LIVRES APRES UN MOIS ET DEMI DE TRAITEMENT.Montréal, 12 novembre 1913.Au médecin directeur de l\u2019Institut Gaube, Mon cher docteur.Il est pour mol un plaisir de voua témoigner la plus sincère reconnaissance pour les heureux résultats que vous avez eus en mon cas.Je souffrais de neurasthénie profonde, au point que je ne pouvais travailler; aujourd\u2019hui je puis vaquer à mes occupât ions et depuis que j\u2019ai suivi vos traitements à l\u2019Institut Gaube, j\u2019ai engraissé de 22 livres; utn mois et demi a suffi pour obtenir ces brillants résultats.Votre patiente (reconnaissante.Mme G.F., 216A rue Fabre, Montréal.Montréal, juillet 1914.Au médecin directeur de l\u2019Institut Gaube, Mon cher docteur, C'est avec un vif sentiment de reconnaissance que je vous donne ce certificat, attestant ma guérison.Il y a deux ans, j\u2019eus un petit bouton sur le nez, qui finit par s\u2019ulcérer.Comme il ne guérissait pas, je demandai les service* d\u2019un médecin, qui après diagnostic posé, cautérisa cette plaie à cinq o\\i eix reprises différentes.Cependant, ça allait de mal en pis.Alors, sur l\u2019avis de plusieurs amis, je fis mon entrée à l\u2019Institut Gaube.Les traitements que j'en ai reçus ont amené la guérison de cet ulcère dévorant; aujourd\u2019hui, la cicatrice est parfaite et je me sens très bien.Je dois vous remercier aussi, à cette occasion^ de la courtoisie avec laquelle vous m\u2019avez toujours reçu chez vous.HENRI CARDINAL, Typographe.828 rue Berrl, Montréal.CURE RADICALE D'ULCERES DATANT DE SV2 ANS.Observation 24 6.\u2014/Monsieur Alphonse Bouchard, Sault-au-Récoilet\u2014Plaies multiples aux jambes depuis 8% ans.Il y a environ -un an, le malade était tellement souffrant que le travail était devenu pour lui 4 peu près Impossible\u2014onguents, pommades, lotions, etc., etc.\u2014touis les moyens de guérison semblaient avoir été épuisés.Il y a environ huit mois, M.Bouchard vint à l\u2019Institut Gaube et, après quelques semaines de traitement, tous les ulcères ont parfaitement guéri et depuis sa guérison, M.Bouchard n\u2019a pas perdu une heure de travail.AUTRE CAS DIFFICILE OU LES METHODES DE L\u2019INSTITUT GAUBE ONT EU DE BRILLANTS RESULTATS.Observation 531.\u2014iM.Hébert, 974a, Henri-Julien, Montréal, Il fut eurprls un bon jour de voir appara'tre sous le bras droit une bosse qui, d\u2019abord, fut ouverte par un médecin traitant.Au bout de deux ans, on déclara le patient tuberculeux, qui, alors, ne pesait plue que 152 livres, après avoir pesé près de 200 livres.Le patient, euir l\u2019avis de son médecin, fit une cure de repos à Old Orchard et dans les Lauren-tides.L\u2019état général s\u2019améliora, mais la plaie sous le bras demeurait toujours dans le même état\u2014tantôt elle semblait vouloir guérir, mai®, espérance vaine, ce n\u2019était que pour recommencer.Il y a environ deux mois et demi, monsieur Hébert vint à notre clinique et, après deux semaine® de traitement, la plala a\"est parfaitement cicatrisée, et aujourd\u2019hui monsieur Hébert se porte à merveille.ULCERES DE IA JAMBE GUERIS APRES ONZE ANNEES DE SOUFFRANCE Malade âgée de 53 ans, portant à la jambe deux gros ulcère®.Le fond des ulcères est rose et suinte peu.Ses bords sont taillés à pic, la peau présente une teinte cuivrée autour des deux lésions.L'état de la malade laisse à désirer.Elle est sujette a de grandes lassitude®.Le 2 août, après avoir été examinée, la malade reçoit sa première injection.Le 6 août, utn des ulcères est complètement guéri, et le 12, il y a guérison complète des deux ulcères.L\u2019état général est remarquablement amélioré.Après une cinquième piqûre, la malade est complètement guérie.Tous renseignements fournis avec courtoisie par le directeur de l\u2019Institution.Consultations d© 10 heures a.in.à 9 heures p.m.Dimanche sur rendez-vous.PROFITEZ DE NOTRE VENTE .ANNUELLE\t~ Nous vous offrons aujourd'hui une occasion ©xceptloan©ll«.d\u2019acheter un des meilleurs gramophones au monde, 4 un prix excessivement bas.Le gramophone que nous illustrons ci-contre, est de la fameuse marque \"\u2018Sylvan\".C'est un véritable morceau artistique, qui sera un ornement à ajouter à votre mobilier ©t ce qui est encore plus important, sa musique qui est de® plus magnifiques, donne un plaisir indiscutable, à toute personne qui l'entend.Le GRAMOPHONE est fait en acajou d\u2019un riche rouge sombre et est frotté ©t fini à la malm H est pourvu d'un couvercle gracieusement fait et a une apparence vraiment artistique.En outre, il est construit d'un matériel très recherché.Son devant est omé d\u2019un grillage recouvert d\u2019une jolie pièce de soie.La dimension de ce gramophone, est de 18 pouces de largeur par 20 pouces de profondeur et 13 % pouces de hauteur.Il est pourvu d\u2019un moteur exceptionnellement puissant, qui peut jouer trois disques de 10 pouces sur un seul montage et qui peut être remonté en même temps qu\u2019il joue.Le reproducteur est grand et du genre universel, c\u2019est-à-dire qu'il peut jouer les records de toutes les marques, tels que Victor, Columbia, Fathé, Emerson, etc.Tous les endroits visibles sont très bien nickelé.®.Il possède aussi un régulateur qui permet de jouer vite ou tranquillement.Il a aussi deux petits plats pour déposer les aiguille®, neuves ou usagées.Dans les magasins, un gramophone de cette qualité se vend environ $50.00, mais nous vous l'enverrons chez vous pour $27.45; en outre nous donnerons avec chaque gramophone comme CADEAU un beau rasoir valant $5.00 ou un \"rasoir de Sûreté\", au choix de l'acheteur.Sou venez -vous qu'une heureuse disposition fait la moitié du succès dans toutes entreprises, et il n\u2019y a rien d\u2019aussi beau que la musique bien exécutée pour guérir les nerfs agités et rendre une personne de bonne humeur.Aussi si vous voulez que le bonheur et la gaieté entrent dans votre foyer, introduisez-y de la musique» et si vos moyens ne vous permettent pas d\u2019acheter un piano ordinaire ou automatique, achetez un de nos gramophones, qui est vraiment merveilleux et qui joue admirablement bien.Aohetez-le aussi vite que nous les vendons maintenant à des prix réduits en considération do la valeur et de T utilité du cadeau.Considérez notre offre attentivement et prenez-en avantage parc© que jamais une telle occasion vous sera offerte.PAN-AMERICAN EXPORTERS, 1152 Milwaukee Ave-,\tDept 144,\tChicago, III.*,1 - -\u2014.-n -A-IMZ-A-SSEIZ JDes TI3SSOES Vous partez pour vos vacances ou pour un pique-nique et à votre retour, vous dites à votre famille, parents ou amis, les beaux endroits que vous avez visités, et les villes et les manufactures que vous avez admirées durant votre promenade ; vous parlez des personnes rencontrées avec lesquelle® vous avez passé des heures agréables, mais vous ne pouvez montrer à ceux qui vous écoutent les choses et les êtres dont vous parlez.Parce que vous n'avez pas de photographies et ceci parce que vous n\u2019aviez pas apporté de caméra, avec vous.Probablement que vous ne réalisez pas, dans le moment, quel grand trésor constituent les photographies, et peut-être ne le corn prendre z -v ou.s qu'après que plusieurs années seront écoulées, alors qua vous vous rappellerez les Incident® variés de votre vie, alors que vous voudrez faire appel à vos souvenirs; c'est en ce moment que vous seriez content de payer m'importe quel prix pour avoir le portrait de celui-ci ou celui-là.Mais alors il sera Impossible, car il sera trop tard.Si vous voulez conserver pour toujours la ressemblance de personnes chères, des ville® et des environ® où voua avez passé votre vie, vous devez commencer aujourd'hui à vous en occu-,\t,,\t,\tP^r- Achetez-vous un caméra et quand vous allez quelque part, apportez-1© toujours avec vous, et quand vous voyez quelque chose de plaisant à la vu© ou à votre âme, prenez-en la photographie et die cette manière vous amasserez de véritables trésors.Aussi dans le but d© vous faciliter 4 tou® l\u2019acquisition d© belles et durables pho tographies, nous vous faisans ce Jour une proposition inusitée, parce que nous vous offrons les meilleurs caméras au monde de la fameuse marque \"SENECA\" marque universellement chantée, à des prix fabuleusement bas ©t en addition, noua vous donnerons comme PRESENTS, de® accessoires de valeur pour le Caméra, Faites votre choix parmi ces offre®: (1)\tCaméra Scout, faisant de® photos do 2H x 314 pouce®, pesant 16 once® au© nous enverrons pour seulement .\u2019$8 45 (2)\tCaméra militaire pour poche® de veston, prenant de® photos de'2% x Zvl p-Tuce® et pesant seulement 8 onces que noua vous envoyons pour\t$14 95 (3)\tCamera Seneca, donnant des photographies 2*4 x 3*4 pouces, 'pesant *26u àn ces, que nous vous enverrons pour ., ,\t$18 75 (4)\tSeneca Chief, faisant des photo® d© 2% x 4 H, pesant 24 onces qûê ' nous voua expédierons pour .\t.\t, \"*« ne Nous avons aussi un assortiment de Caméras plu® coûteux dons\u2019 notre magasin *et nous serons très heureux de vous envoyer les renseignements désirés.Les Caméras ci-dessus décrits ont déjà leur réputation faite; les photographies qu\u2019ils donnent sont bonnes» belle® et durable», ©n même temps qu\u2019elles sont claires fines et définie®.Au moyen de ce» Caméras vous pouvez prendre les plu® belles photos non seulement à l\u2019extérieur mai® aussi à l\u2019intérieur de votre maison Leur mise en opération est tellement simple ©t facile que même un petit enfant neuf prendre de bonne® photo®.\t^ Avec chaque Caméra nous vous envoyons un livret imprimé sur la photographie vous disant exactement comment faire de la photographie et en plus nous donnerons absolument GRATIS, comme présent®, un rouleau de films pouvant s\u2019adapter au Ta méra et une caisse en 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HEURES Da BUREAU De 8.30 a.m,, & 5.45 p.m tous les jours, excepte le samedi, de 8,30 a.m., a midi.Fondé en 1889 t&VMrlt d\u2019annonce fourni eu* demande.JOURNAL ILLUSTRE HEBDOMADAIRE ered (March 28rd 19&8 at the Boat Office of St.Albans, Vt ag second class matter under Act of March 3rd 1879.f4Tilvill ABONNEMENT (Payable 4\u2019avance) Canada et Etats-Unis Un an.$2.60 Six tmols .1.26 iMontréal et Europe Un an.,.$3.50 Six mois .,.\t1.76 Les abonnés changeant Pour faire beaucoup de carambolages au billard, il faut en faire ptar bandes.^Le jour tombe toujours lorsque la nuit vient; cela s\u2019explique:\u2014il n\u2019y voit plus clair et.patatras! '^Les ehfants turcs courent tête nue jusqu\u2019à l\u2019âge de 12 ans, époque à laquelle on leur donne des calottes.^Dire d\u2019une personne qu\u2019elle a un coeur d\u2019or, ce n\u2019est pas dire qu\u2019elle a le coeur tendre, l\u2019or étant un métal dur.LE!S FEMMES pen- \u2014Les femmes doivent aux hommes leurs défauts, leurs travers et leur coquetterie même.(Mme Gottio.) \u2014Les femmes ont, en général, plus de caprices que de chants, et plus de goûts que de passions.(Sanial Dubay.) \u2014Les femmes se perdent par la sensibilité; elles se sauvent par la coquetterie.(Me A sais.) \u2014La femme est l\u2019amie naturelle de l\u2019homme et toute autre amitié est faible ou suspecte auprès de celle-là.(De DonaldJ \u2014'Une bonne femme, un bon livre et une bonne cheminée, voilà de quoi faire le bonheur d\u2019un homme : mais celui-ci a le livre, celui-là la cheminée, un troisième la femme, et c\u2019est ce qui fait qu\u2019il y a si peu de gens heureux ici-bas.Elle.\u2014Demain, mon cher, c'est le vingtième anniversaire de notre mariage.Si tu voulais pour l\u2019occasion, nous tuerons nos deux poules?Lui.\u2014Pourquoi les tuer?Elles ne sont pas responsables de notre mariage.Alors pourquoi expieraient-elles la faute que nous avons commise, il y a vingt ans.\u2022^Parler, c\u2019est dépenser; écouter, c\u2019est acquérir.\"^Tl y a dans la jalousie plus d\u2019amour-propre que d\u2019amour.^L\u2019esprit sans jugement est un flambeau dans la main d\u2019un fou.¦^11 est d\u2019une grande âme de se venger des injures par des bienfaits.^Rendons le Then pour le mal; les injures sont les ra sons de ceux qui ont tort.^On doit tout pardonner aux autres plutôt que de se passer la moindre faute à soi-même.Le talent le plus rare et le plus nécessaire,, c\u2019est de savoir parler à temps et se taire à propos.¦^11 y a quelquefois beaucoup d'esprit à n\u2019en pas montrer et surtout à ne pas paraître s\u2019apercevoir que les autres en manquent.PROVERBES L\u2019oeil du maître n\u2019engraisse pas moins le terroir que le cheval.La mauvaise, herbe croît, toujours assez.Tandis que le joug (la charrue) va, que la quenouille aille.Pais la terre est bonne, plus elle produit de mauvaises 'herbes.La semence mise en terre de lionne heure manque rarement, mais toujours quand elle y est mise trop tard.Sème de l ionne heure et taille tard, tu auras du pain et du vin.LES BIZARRERIES DE LA LANGUE FRANÇAISE QUELQUES COQUILLES Mortier, s.m.\u2014^Désigne un produit qui sert à bâtir les maisons en temps de paix et un instrument qui sert à les démolir temps de guerre.UNE PERLE Entre Sannois et Argenteuil, sur le pont du chemin de fer, on lit un critean ainsi conçu: Défense aux animaux non accompagnés de passer sur ce pont.Sans commentaires.\u2014o\u2014 Ecriteau déchiffré sur la route de Montpellier 'à Lodève, près du lieu dit \u2018Ta Bmllade\u201d: Descente rapide et dangereuse.En cas de mort, allez chercher du secours à Samt-Pavl.\u2014Un honorable fruitier de la rue die la Montagne-Sainte-Genev i ève annonce à sa clientèle : Grand arrivage d\u2019huîtres.Fournisseur de la Sorbonne et des Ministères.Demandes notre monde politique.\u2014A la devanture d\u2019un magasin de la rue d® Bazeilles: A huer une vieille amtdire mec son état çi/cil.CE N'ETAIT PAS NOUVEAU Le comble de l\u2019amour conjugal! Tousser pour sa femme quand elle est enrhumée.\u201cJ\u2019ai fait le tour du monde, disait un matelot Irlandais, et je puis garantir qu\u2019i !i est aussi plat que cette table.\u201d Agésilas.\u2014 On demandait à Agésilas quelle était la plus grande vertu,, de la justice ou de la vaillance.\u2014Si tous les hommes étaient justes, répondit-il, ils n\u2019auraient pas'besoin d\u2019être vaillants.Un Espagnol disait d\u2019un petit homme qui avait un grand nez: \u2014-C'est un homme collé à un nez.' Lui»\u2014Est-ce toi que j\u2019ai embrassée, hier soir, au théâtre?Elle»\u2014Vers quelle heures, mon cher?En voici une bonne : John Jones reçut l\u2019autre jour six chemises neuves.Il s\u2019agissait de les marquer; alors, il écrivit John Junes sur l\u2019une des chemises et sur l\u2019autre il mit \u201cditto\u201d!! Democritb. 6 Vol.30, No 5, Montréal, lâ Juillet 191S LE SAMEDI LA REVANCHE DE L\u2019AMERICAIN Doux so\u2019dais américains entrent dans une pâtisserie\u2014la seènej se passe en province-\u2014 et consomment sur place des gâteaux.Puis r \u2014'Combien.\u2014$4.00, fait la pâtissière.Ils paient, et sortent, le-sourcil froncé.Mais le lendemain, ils reviennent.Ils ne sont plus deux, ils sont vingt, et dans ces vingt bouches largement ouvertes les gâteaux s\u2019engloutissent.C\u2019est à frémir.Après quoi, ils sortent.La marchande rappelle le dernier.\u2014Et payer?\u2014Payé hier, répond-il placidement.Et il s\u2019en va .ON N\u2019EST JAMAIS CONTENT Godiche.\u2014'Vous avez raison, la plupart des gens se font de la hile parce que quelque chose leur manque; mais j'en connais qui \u201cse Pilent\u201d aussi à cause de ce qu\u2019ils ont.Godichon.\u2014Vrai?Et qu\u2019est-ce qu\u2019ils peuvent bien avoir, ceux- là; ?Godiche.\u2014Rien ! AU THEATRE Un nommé Lescaut., rég sseur d\u2019un théâtre, était très aimé élu public, qu\u2019il amusait par ses bons mots.Un soir, ayant à annoncer le remplacement dune actrice devenue subitement indisposée, en traversant le théâtre, comme il était très myope;, il n\u2019apecrçut pas un escabeau, le heurta du pied, et s\u2019étendit de tout son long sur les planches.Il se releva sous les rires et les applaudissements des spectateurs, et s\u2019approchant de la rampe, il dit très gravement: \u2014Mesdames et Messieurs, vous venez de voir quelque chose de bien extraordinaire: la chute de Lescauut sur la scène.CONSOLATION Mme Pipelet (larmoyante).\u2014Mon pauvre homme! Le voilà défunt, maintenant ! C\u2019était un si brave homme, marne Micbu, si vous saviez! Et qui s\u2019inquiétait de tout! Ainsi t'nez, l\u2019matin même du jour qu'il est mort, il se d\u2019mandait si l\u2019charbon allait encore augmenter! Mme Michu (essayant de la consoler).\u2014 Comme vous dites, mame Pipelet, c\u2019est bien triste 1 Mais- ne vous désolez pas.Votre pauv\u2019 défunt est bi< n tranquille maintenant.Vous pouvez êt\u2019 sûre que là où il est, il n\u2019s\u2018occupe plus du prix du charbon, allez.L\u2019ACTIVITE EN PAYS SEC Scène d\u2019actualité en Ontario ms Je.rcsa iic riviere.i i f ut>cr ¦ dont le H d est.ISHifro-nt' Clu.b P'tiUfiière.mattuv iWvtlîe j ?cti tc- Trotiz 1æ Tcnd-t Alt thSx I y-m£û.u.(3i>uy Ife Vi vAlts se thés ihytouS ! es i f points du AAtrrC | ?,kn 11 WHIÎ.K DRUCS mlKK 'ket'Uaqt CWltd COCKTAIt fa c uni on luttons deux fois jaurjouf , D«ît.r GwlLut | h fai 1x boissonl JâU& mette! jctla ici.M /Mon /tfxx Prends une dotqét de 14.X Al.le.te.vieille étoffe kjbotJSflït ! Ctyif p li3ns,sojf p-Je'cedet mmm lKPV'iP'î mmk i He'dXhS il mmrtfeeM 'mm LA REPONSE DU MARMITON On sait que Louis XI s\u2019habillait toujours si simplement qu'à moins de le connaître, il était difficile de le prendre pour le roi.Un jour, il entra dans une cuisine du château de Plessis-les-Tours.et vit un marmiton qui, en chantonnant, tournait la broche : \u2014Tu es donc bien satisfait de ton sort?demanda-t-il.\u2014Certes.\u2014'D\u2019où es-tu?\u2014Du Berry.\u2014iQui es-tu?\u2014Etienne, marmiton, pour vous servir., \u2014Et combien gagnes-tu?\u2014Autant que le roi.\u2014Ah ! ah! fit Louis en souriant, et que gagné donc le roi ?\u2014Ses dépens.et moi les miens.Cette réponse fit bien rire le roi qui, se prenant d\u2019affection pour le jeune homme, se l\u2019attacha et en fit son valet de chambre.ORGUEIL D\u2019ENFANT Bob a du caractère et ne veut jamais s\u2019avouer embarrassé.L\u2019autre jour, à Trouvil-le, comme un de ses petits camarades lui demandait de réciter la fable Le Loup^ et l'Agneau, Bob s arrête court au troisième vers: \u2014Ti ne sais pas la suite ! lui dit d\u2019un ton moqueur une petite fille.\u2014J0h ! si, je le sais.Mais je veux bien qu\u2019on me le dise tout de même.¦-~-0r-;-«~ ¦ Les roues de carrosses furent introduites en France, en 1555. Vol 30, No t, Montréal.13 Juillet 1918.LE SAMEDI 7 DEMANDE EN MARIAGE -JW^i tnSUite faxs-lm uni.CQ,Tl%$L Y hoSt-Ucl la.Question' avay-it ficelle puisse deVi utr le, \u2022motif de toc y'is ite.tzzm Clarisse, Je tiens te demander d'être a.moi.mWuu mmi w&ÊM&k mm 31 LfSk n*mr W3 il rnsM ^B\u2019eêËtilTe^o nt re -moi Mn peu* comment un jeune homme doit Mi rc.\tdt>m>ld£.r une r/m.dame en manajt 2 J)u tout, C'iSt de 2d prendre f>a*r surprise ûju heu.de lui'faire de longues declarations) d'amour.Q DD Louison, c'est (LUSsi Facile out de sol&r un a.veuf le Mprclte tomme ceir directement /ers ta | Claude des Que tu entres04c salon J) on.aptien ne.(Je ras tenter l'exheriônce.$sept iSte doit SJ Connaître puisqu'il d déjà.* h s, ' C J s* S\\ n X *> / T1 a t ~)\"*\u2022*'i wîr«î 000 Jin route pour la.grande, offe nsvve le res t/ ira -\u2014=-\u2014Tstout seul , été fia.ne e a, xene.I3a.nd.it! Comment osei-/ous m'm-s u leer de cette ma x i ère, pdSSez.-moi la par le g,-^ pico lu pant.('OMM&nt foïit-j eux autres ?TRES A JEUN L\u2019ESPRIT DU MAL \u2014Ma chère, je suis surpris que tu me blâmes d\u2019être entré saoul hier soir.Ne suis-je pas resté une heuire debout, après mon arrivée, m\u2019occupant à lire les journaux et à fumer?\u2014Sans doute, et sais-tu ce que tu 'as fumé.C\u2019est un de mes papiers à Mser.LE PORTRAIT DU ROI Le roi Christian de Danemark' était extrêmement populaire.U aimait se promener seul par les rues de Copenhague, s'arrêtant aux devantures des magasins et causant- familièrement avec Il avait horreur des paresseux et n a.mait pas les mendiants, à moins qu\u2019ils ne fussent digne de pitié.\t.Un vieux bonhomme, pauvrement vêtu, l aborda un jour tout tremManL-^e ^ yous voufle!63 ]uj demanda le roi apitoyé.\u2014Sire, je voudrais.je voudrais votre portrait, __Mon portrait?Mais je n\u2019en ai pas sur moi.__gj Votre Majesté cherchait dans son porte-monnaie, elle en trouverait certainement un.Au square Viger un petit garçon qui semblait éprouver une grande souffrance était assis sur un banc.\u2014Es-tu malade?lui demanda un passant, \u2014Non.\u2014As-tu perdu quelque chose?\u2014Je n\u2019ai jamais eu rien à perdre.\u2014Alors, qu\u2019est-ce que tu as?\u2014Je suis assis sur une guêpe.¦\u2014-Mon Dieu! Mais pourquoi ne te lèves-tu pas?\u2014C\u2019est parce que je me dis que je lui fais peut-être autant de mal qu\u2019elle m\u2019en fait! IL REVAIT \u2014Dis-donc, compère, disait un Canayen à son compagnon de lit, dis-donc, dors-tu?\u2014Dam ! si je n\u2019dormais pas, quoiqu\u2019tu me voudrais?\u2014Qu \u2019tu me prêtes ton cheval pour aller à Montréal.\u2014Ah ben! compère, j\u2019dors.\u2014'Bah! tu n\u2019dbrs pas, puisque tu m\u2019eanses.\u2014Ah ! n \u2019fais pas attenl ion, c\u2019est que j\u2019rêve. 8 LE SAMEDI Voit.30, No 5, Montréal, 13 Juillet IMS \\Ç^LL.NQVVGLLt ' ST A/T(MCNTAIE LES T^LTSlVC^TsTS IF.A.Ir£ IsÆ.3I.-AIM BESPIT J\u2019ai connu, il y a bien des années, un jeune homme du nom tie Jean Lachance, dont la veine extraordinaire était légendaire dans le monde qu\u2019il avait l\u2019habitude de fréquenter; c\u2019était un privilégié du sort et comme la bonne fortune continuait à 1m sourire inlassablement, tout le monde s\u2019imaginait qu\u2019il la devait à son nom .prédestiné.\u2019Seulement, il est à remarquer que la fortune est parfois aussi aveugle que la Justice et quelle distribue souvent ses dons à ceux qui ne les méritent guère; c\u2019était le cas pour le héros de cette hi-to re, car il avait une passion terrible qui mène à bien des choses lorsqu\u2019on ne peut y mettre un frein, en un mot, c\u2019était un joueur effréné.Ce qui le perdait plus encore, c\u2019est qu\u2019il s\u2019imaginait réellement que ce privilège momentané lui appartenait à tout jamai.q, car tout êe réalisait comme il le désirait.Cependant, il n\u2019avait révélé à personne le secret imaginaire de sa chance exceptionnelle.Une patte de lapin, sorte de talisman, provenant d\u2019un de ces mammifères rongeurs qu\u2019il avait élevé tout exprès pour s'approprier ce porte-bonheur aux vertus magiques\u2014si nous ajoutons foi aux croyances populaires \u2014 précieusement enfoui dans la poche intérieure gauche de son veston, objet dont il ne se serait pas départi pour un empire; en outre, dans son gousset, dissimulé parmi la menue monnaie qu\u2019il possédait toujours en quantité, grâce è sa veine au jeu,, un sou de 1813, qui avait, d\u2019après lui, le pouvoir surnaturel de toujours faire tourner les dés ou les cartes en sa faveur.Croyez-vous que ce soit tout?Pas encor©, une pierre, minée dans son mil eu, par lia gouttelette d\u2019eau tombant silencieusement durant des jours et des jours, qu\u2019il u\\ait ramassée au bord d\u2019une rivière, échouée lamentablement parmi le gravier, constituait également pour lui une relique aux vertus magiques; un immense fer à cheval, tout rouillé, suspendu à la lête de son lit, devait lui procurer un bonheur éternel et un petit os de poulet auquel les anglais donnent la dénomination de \u201cwishbone\u201d on \u201cos porte-bonheur\u201d, qui devait, d'après sa croyance, lui faciliter la recherche de l\u2019élue de son coeur, constituaient tout un assemblage de porte-veine, dont la possession lui assurait invariablement la réalisation de tous ses voeux et de tous ses désirs.Il en était parfaitement convaincu et n\u2019en démordait pas.Je suppose que vous avez déjà tous fait, durant vos vacances, un séjour plus ou moins prolongé à St-Hilaire, site paisible de villégiature par excellence.Le village, peu populeux et peu étendu, qui côtoie la rivière Richelieu et qui se trouve disséminé et blotti dans les anfractuosités des versants de la ma jestuetuse montagne qui surplombe toute la vallée, est un lieu de villégiature enchanteur où les étrangers reçoivent l\u2019hospitalité la plus large et la plus généreuse.Dans ce charmant village, la famille Lacoste vivait en parfaite communauté d\u2019idées, entretenant des relations fort courtoises avec tous les habitants.Le père, âgé de 46 ans, bâti comme un hercule, était le meilleur homme que l'on puisse imaginer mais très rigide sur les principes de loyauté et d\u2019honnêteté.La mère, bonne paysanne à la mine ouverte et joviale, avait un culte tout particulier pour son mari qu\u2019elle adorait et pour ses trois enfants, un petit garçon de quinze ans et' deux jeunes filles respectivement âgées de dix-sept et dix-neuf ans, qu\u2019elle entourait sans cesse de soins vigilants.L\u2019aînée de ces j< unes filles portait le doux nom de Marguerite et toute la grâce de sa délicate personne respirait la simplicité, emblème de cette Heur si chère aux amoureux.Elle était jolie délicieusement.Ses magnifiques cheveux châtains, naturellement ondulés, lui donnaient, quand elle les dénouait, l\u2019aspect d\u2019une nymphe; ses yeux noirs au regard franc et langoureux, surmontés de cils touffus qui leur donnaient comme une sorte d\u2019ombrage velouté; son- sourire adorable qui se dessinait radieux sur ses lèvres purpurines quand elle éprouvait de la joie; sa voix douce et harmonieuse; tous ces riens, dont la nature l\u2019avait comblée, ïut-tirail invariablement l\u2019admiration respectueuse de tons ceux qui l'approchaient.Jama\u2019s elle ne sortait seule et ancun prétendant n\u2019avait encore, au village, osé lui adresser la parole, d\u2019ailleurs le père veillait jalousement sur ce trésor caché, bien décidé qu\u2019il était, de ne le confier qu\u2019à un jeune homme dont les qualités exceptionnelles seraient pour lui un gage du bonheur futur de sa chère enfant.$ Là en étaient les choses lorsque notre Jean Lachance, le jeune éphèbe aux talismans, vint, un beau jour de juin, rendre visite à sa tante qui habitait St-Hilaire, embarrassé d\u2019nne volumineuse valise et de tous ses talismans qu\u2019il n\u2019avait pas voulu laisser à la ville de crainte que la veine lui devienne infidèle.Après les embrassades qui sont partout de rigueur, il se joignit bientôt à >un groupe d\u2019amis qui bavardaient près de l'église et, tout en causant, son regard fut attiré, bien invo\u2019ontairement, par l\u2019apparition soudaine Mc Marguerite qui rentrait chez elle apres une promenade faite en compagnie de sa mère.En passant près des jeunes gens, elle leva les yeux sur eux et remarqua peut-être le héros de celle histoire, mais rien dans sa contenance, ni dans sa physionomie ne put permettre de supposer qu\u2019elle avait attaché une plus grande importance à ce monsieur de la ville qui la regardait a/vec tant d\u2019insistance.Notre jeune homme, lui, avait ressenti, à la vue de la jeune fille, une commotion qui Élllgl ®g| sfiÂ^ y fcj fs M s Uü&t lisse© mm! Lieu charmant de villégiature* Vol.30.No '5, Montréal, 1» Juillet 1918.LE SAMEDI 9 l\u2019avait tout bouleversé et il resta tout songeur longtemps après que la gracieuse et charmante silhouette eût réintégré le domicile paternel.Oe qui est assez curieux cependant c\u2019est que dès que celle-ci eût enlevé son chapeau, elle se mit à la recherche de son jélï»e frèr® et l\u2019ayant trouvé, lui dit, à voix basse, de s\u2019informer discrètement du nom du jeune étranger arrivé récemment au village.Le lendemain matin Jean Lachance demanda à sa tante l\u2019autorisation de fa re une promenade en chaloupe et celle-ci lui ayant été accordée, il descendit en chantant au bord delà rivière et en un clin d\u2019œil lança sa barque au large.En passant en vue d\u2019un débarcadère qui précédait une maison coquettement bâtie sur un éperon de la montagne, quelles ne furent pas sa surprise et sa joie en apercevant son apparition de la veille laque 1 h semblait, en compagnie de sa soeur et de son frérot, suivre attentivement le mouvement de la barque.Jean, sans plus réfléchir, accosta rapidement et les invita tous à partager L\u2019hospitalité que l\u2019embarcation pouvait offrir aisément.\u2014Allons-y\u201d, s\u2019écria la plus jeune des demoiselles, el son frère ajouta en sautant dans la chaloupe: \u201cMoi j\u2019embarque,si vous ne me suivez pas.tant jus!\u201d Marguerite enfin se décida et dit : \u201cJ\u2019accepte, mais à la condition formelle que nous ne nous éloignerons pas trop d'ici\u201d et elle sauta à son tour, légère et joyeuse, dans l\u2019embarcation laquel\u2019e s éloigna rapidement sous l\u2019action de la force robuste de Jean.Quelle délicieuse promenade ce fût et comme le coeur de Jean Lachance souffrit de sa timidité, car, la fascination attractive de la beauté de Marguerite 'e rendait encore moins entreprenant et ce n\u2019était qu\u2019à la dérobée, quand elle tournait la tête vers la ri\\e, qu\u2019il osait regarder la jeune Idle laquelle voyait, avec un plaisir grandissant, l\u2019embarras pitoyable de notre jeune homme.Et la promenade s\u2019acheva abisi sans qu'ils se fussent adressé la parole, mais il semblait cependant que leurs coeurs s\u2019étalent compris.Avant de se quitter la soeur de Marguerite invita franchement Jean à lies accompagner, en famil\u2019e, le lendemain, à un pique-nique dans la montagne, mais celui-ci délicieusement impressionné.n\u2019osait répondre et ce ne fut qu\u2019au bout d\u2019un long instant qu\u2019il pût articuler: \u2019\u2018Je vous accompagnerai avec plais r à ce pique-nique, si Mademoisel\u2019e Marguerite consent à m\u2019y inviter\u201d.\u201cDans ce cas.je vous invite volontiers\u201d, répondit cel\u2019e-ci en baissant les yeux.De retour à la maison paternelle, la soeur de Marguerite s\u2019empressa de raconter à sa mère la jolie promenade qu\u2019ils venaient de faire en compagnie du jeune étranger et les projets formés pour e lendemain.Le père .prêta t une curieuse attention à ce réc t et quand il fut terminé, il s\u2019écria: \u201cVous en avez du toupet d\u2019aller vous balader avec un jeunei homme que vous ne connaissez pas.Si ce freluquet a l'effronterie de se présenter ici, je vais lui donner une leçon dont il se souviendra\u201d.Notre Jean Lachance ava t durant ce temps, continué sa promenade le coeur rempli de joie à la pensée que son \u201cwish-bone\u201d lui avait enfin fait trouver la femme idéale qu\u2019il cherchait depuis si longtemps.Le lendemain après-midi, soigneusement habillé, il se d rigea, joyeux, et le coeur remp'i d\u2019espoir, vers la demeure de celle dont le souvenir lui était resté si vivace et si cher; tout ému il agita la sonnette et attendit, le coeur battant bien fort, qu\u2019on vienne lui ouvrir.\u2014Mademoiselle Marguerite est-elle ici.dit-il, en s\u2019efforçant, de sourire le plus gentiment possib'c.\u2014Cela ne te regarde pas.espèce de ma1 appris, répondu le père de Marguerite d'une voix courroucée.Qu\u2019il ne te prenne jamais plus l\u2019envie de roder autour de ma maison et si tu oses te représenter chez moi tu auras mon pied quelque part.\u201d \u2014Que me reprochez-vous, M.Lacoste, vous ne me connaissez pas\u201d, articula Jean, tout penaud.\u2014Ah! tu t\u2019imagines que je ne te connais pas! Eh! bien, c\u2019est ce qui te trompe, je te connais comme je connais d\u2019ailleurs tous les jeunes frais de la ville qui viennent se .balader à 'a campagne pour conter fleurette aux jeunes filles.Quant à toi, mon cher,, je sais depus longtemps que tu fréquentes à Montréal une bande de désoeuvrés; que tu dépenses plus que tu ne gagnes chez ton patron.Je ne dis pas que tu le voles.ni que tu finiras par le voler.Mais.\t,\t.___.Monsieur, je ne vous donne pas le droit de m insu.ter ainsi.J\u2019ai aimé votre jeune fille spontanément et je suis sérieux.\u2014 4h' tu es sérieux!.C\u2019est ce qu\u2019il va falloir que tu me prouves Celui qtii viendra voir ma fille devra fournir des preuves de son travail et me présenter des références dhonnetete.D\u2019ailleurs, je la sais trop intelligente que pour écouter un jeune homme qui ne serait pas à même, par sa conduite irréprochable et par sa situation enviable, de lui assurer pour 1 avenir le bonheur qu\u2019elle mérite à tous les points de vue.je suppose que vous avez dit a Marguerite tout le mal que vous .pensez de moi?Si oui, veuillez m\u2019accorder la faveur ultime de lui adresser quelques mots.\u2014Attends une minute, dit h père.Et il appe\u2019a sa fille, puis lui dit: \u2014Marguerite, ce jeune homme veut te parler.Dis-liui bien que tu ne désires pas entrer en relations avec un jeune homme que tu ne connais pas.\u201d \u2014Monsieur, dit la jeune fille, je crc.> qu\u2019il vaut mieux, pour vous et pour moi, que nous ne nous revoyons plus.Après mûre réflexion, j'en suis arrivée à cette grave décision; d\u2019ailleurs nous nous connaissons à peine, nous n\u2019aurons donc pas à souffrir de celte séparation ni l\u2019un ni l\u2019autre.\u2014Puisque c\u2019est à votre décis\u2019on, Marguerite,, je la respecterai ne désirant, malgré la tristesse\u2019 que j\u2019éprouverai, contrarier en rien vos idées et vos aspirations.J\u2019obéirai donc à vot re désir lequel, quoiqu\u2019il arrive, sera toujours un ordre pour moi.Et, comme il l\u2019avait promis, il se relira sans ren ajouter, profondément mortifié de l\u2019accueil peu courtois du bonhomme Lacoste.Il rentra chez su tante, fit sa valise sur le champ et évitant les quest mns de la bonne femme, ahurie, d\u2019un départ si brusque, courut prendre son train à la station et ré ntégra Montréal en bougonnant contre le mauvais sort qui commençait à lui faire la ni-que.La foi qu\u2019il avait toujours eue en l\u2019infaillibilité de ses ta-1 smans, fut sérieusement amoindrie par cette mésaventure.Il avait encore dix longs jours de vacances à dépenser et au lieu de se remettre immédiate-ment au travail afin de dissipi î- le I riste souvenir de son aventure ma heureuse, il se lan-< t à corp- perdu dans le tourbillon des folies du jeu; il y dissipa tout l \u2019argent qu\u2019il avai peu blement épargné et force In\u2019 fut, au bout de trois jours, de réinté-geer la maison de commerce où il était em-p'oyé.Une triste récep-ilori l\u2019y attendai .Mis au courant obligeamment de la vie de pata.chon qu'il avait menée, le patron le fit appeler à son bureau et lui apprit qu\u2019 1 avait décidé, après mûres réflexions et pour des motifs uN tra-spéciaux.de réduire son salaire.\u201cIl m\u2019est revenu que vous ét iez un joueur invétéré et je veux vous guérir de cette funeste habitude, lui dit son patron, en ne vous don- Espèce de mal appris, qu'il ne te prenne plus mint p US Comme Salni-envie de roder autour de ma maison.\tj.@ que le strict néces- saire pour vivre convenablement ; lorsque vous vous serez corrigé, nous reoauserons.Si c.la ne vous convient pas, vous pouvez passer à la caisse, on vous remettra ce qui vous reste dû.\u201d Blessé dans son amour-propre et non encore assagi par les désillusions mult;ples que' le jeu lui avait réservées récemment, Jean Lachance se rebiffa contre la décision pr se par son patron et il quitta, fort en colère, la maison de commerce, avec une semaine de salaire en poche.Il décida aussitôt de risquer son pécule au jeu afin de l\u2019augmenter dans de sérieuses proportions.Il avait toujours confiance, malgré les .pertes récentes qu\u2019il avait éprouvées et la sévère leçon qu\u2019il vena t de recevoir, en la chance que ses talismans devaient certainement continuer à lui accorder.Quand il, rentra chez lui, le soir, il lui restait en poche, quo\u2019que menue monnaie et son \u201cwish bone\u201d.Pris d'une co\u2019ère subite; il réunit à la hâte tous les porte-veine et les lança par sa fenêtre.K.se lamenta alors sur son triste sort et regretta amèrement, de ne pas avoir accepté l\u2019offre de réduction de salaire faite la veille par son patron.Mais il n\u2019y avait pas à revenr sur ce sujet et il s\u2019agissait maintenant de se démener pour trouver une autre m tuation.\t(A suivre) 10 LE SAMEDI Vol.90, No £, Montréal, 13 Juillet 1918 LA FEMME COMMANDE, L\u2019HOMME OBEIT MÏôks penser dûs va.çt£nÛS d rs l es Lia.u f ér tidcs I tù,yio>il Allons %u.bord de.a.yrier baissons %ne viitt dt »iû>i-.finie en «décider.Tète, no as allons da'its les Taa rent id&s Tille, no as allons a lÆ \u2019Jnt'r.Tête ! je lion nous allons nia La.k rend i es Ce 7i est TAS juste.La.biecz a.touche' t o n.Soulier.Qu'inbo rte prt Tvlie r ekivad poior moi.tes dent meilleurs des t rois decide rôYi.f Tite /Je encore t Hoias allons o.kx Laurent idôS TjC dtxb^CJ S'ôh mïlt.tT J'ai deux cfie ^hvjX sur trois cost decide TêtTfJe.jaejne e~n core.Tiens irpn s dcnvc cuct, La u.re n i ides Ça Corn joie pas cette.dtrniere Ok vas-sa passer tes 'vacances/ Mathurin/ o ItL , oner l toi s décidera COURTISANS Un prince donnait un grand bal.Les invités arrivaient et venaient saluer le prince, se courbant jusqu\u2019à terre,et plus bas encore si c\u2019eût été possible.Le prince causait avec un de ses intimes.\u2014Oh ! qu \u2019ils sont ennuyeux, tous ces gens qui viennent nous déranger avec leurs sa bits, grommelait l\u2019ami ; pas moyen de dire deux mots en suivant.Si vous leur tourniez le dos.\u2014A.quoi bon?répondit le prince.Us salueraient plus profon-démem encore! CE QU\u2019ELLE VOULAlt DIRE Monsieur, de son cabinet, entend la voix de la femme de chambre qui.dans une pièce voisine, s\u2019exclame: \u2014Ah! Zut.elle marchera quand ça lui fera plaisir! \u2014Vous parlez de la Roumanie?.sursaute Monsieur.\u2014Non, monsieur.c\u2019est de la pendule.FACETIES DU LANGAGE Fait-divers extrait d\u2019un journal: \u201cLa misère avait poussé Laurent G., ancien, capitaine, à mtio-clier\u201d.Nous nous permettrons seulement de demander si, en .pareille circonstance, il y a vraiment là un péché.UN TOMBEAU MOBILE Le Canadien errant (à un ami).\u2014Mon pauvre compagnon, hélas! a été tué là-bas, dans le Nord-Ouest! L\u2019ami.\u2014Où est son tombeau?Le Canadien errant.\u2014Je ne pourrais dire où il est maintenant, parce que, vois-tu, il change de place de temps en temps.L ami (surpris).\u2014Comment?Veux-tu dire que sa tombe est mobile?Le Canadien errant.\u2014Certainement, car le pauvre a un tombeau vivant: il a été tué et mangé par lin ours! Vol.30, No 5, Montréal, 13 Juillet 1918.LE SAMEDI 11 COMME SON PERE La visiteuse de lia iSt-Vdncent de Paul, (à l\u2019épouse du vagabond).\u2014 Oh! quel gentil petit enfant vous avez! L'épouse du vagabond.\u2014Oh ! oui, 11 a tout hérité de son père.Son pauvre père a toujours sorti de prison avant son temps à cause de sa gentillesse.ETRE OU NE PAS ETRE X.morigène son fils qui est posa\u2018tie de lu rage du théâtre: \u2014Misérable, s'écrie-t-il furieux.tu veux déshonorer mon nom sur les planches ! \u2014Moi.père?je jouerai sous un faux nom.\u2014C\u2019est ça, et si tu réussis, personne ne saura que je suis ton père ! IL A DBS DISPOSITIONS Avocat.\u2014Alors tu penses sérieusement à te fa re avocat quand tu seras grand, Toto?Toto.\u2014Oui, monsieur : mon oncle Jacques dit que je devrais devenir avocat.Avocat,\u2014Vraiment.Et pourquoi ?Parce que tu es intelligent et éveillé?Toto.\u2014Non, monsieur; parce que je pose tant de questions ridicules.EN CONSEQUENCE 1ère vois ne.\u2014Ton mari est-il aussi d(> l\u2019avis «que les baisers transmettent des germes de maladie?2èime voisine.\u2014'Non!.il prétend que l\u2019argent en transmet davantage.aussi il n\u2019en donne pas gros!.CE QU\u2019ELLE LUI AVAIT DIT La mère.\u2014 Ce n\u2019était pas bien, mon petit, de prendre ainsi te.(part de ta petite soeur.Jacquet.-\u2014Alors pourquoi m\u2019as-ta dit que je devais toujours prendre la part de ma petite soeur.PLUS JEUNE QUE SON FILS Un incident très amusant s\u2019est produit l\u2019autre jour au cours d\u2019un procès.Une dame ayant été appelée comme témoin le juge lui demande son âge.\u2014J\u2019ai eu vingt-cinq ans en août dernier, répondit-elle.Le témoin suivant, un jeune homme, accuse l\u2019âge de vingt-sept ans.\u2014Etes-vous apparenté à la dame qui vient de donner son témoignage ?\u2014Je suis son fils.\u2014Mon Dieu ! dit le juge en souriant, votre mère a dû se marier bien jeune! C\u2019EST CONSOLANT M.Flémard.\u2014Le docteur m\u2019a dit, chère, que si je continue à travailler à cette allure pour m\u2019enrichir, je serais un homme fini à 50 ans! Mme Flémard.\u2014T\u2019occupe pas de ce qu\u2019il dit et te fit\u2019s pas de bile.Sam, d\u2019ici Là nous en aurons et tu pourras prendre un long repos ensuite !.L\u2019EXERCICE CREE L\u2019HABITUDE .\u2019 ' ¦ -.¦*- \u2018 I De retour du frunt, le lieutenant Tinouche oublie qu'il ne conduit pas un \"\u2018chai- blindé\u201d.LA RAISON ! \u2014Puis-je vous demander qu\u2019est-ce qui se passe dans votre village, aujourd\u2019hui ?demandait l\u2019étranger.\u2014On célèbre l\u2019anniversaire de naissance de la plus vieille personne du village.Elle a 101 ans, aujourd\u2019hui.\u2014Et d tes-moi.s\u2019il vous plaît, pourquoi le petit homme qui se tient à ses côtés, a-t-il une contenance aussi triste dans une circonstance aussi joyeuse?\u2014Ce petit homme, Monsieur, est le seul petit-fils de la jubilaire.Il a tenu la vie de cette dernière assurée depuis trente ans.UN CONSEIL! Le père, distrait.\u2014Ma fille n\u2019a pas de talent pour la musique,, et grâce à sa pratique constante., elle persiste à continuer à être une nuisance à la famille.Que me conseilleriez-vous de faire?Le conseil de la famille.\u2014Mariez-là à quelqu\u2019un d'une autre famille.UN BON METIER Le bon bourgeois\u2014 Tenez, mon jeune homme, voici vingt-cinq cts.Mais, au lieu de vivre de cette façon, pourquoi n'apprenez-vous pas un métier?Le vagabond\u2014Je le ferais bien, monsieur, si j\u2019en connaissais un meilleur que le mien.UN MOT DE MA RK TW AI N Le lieu de promenade de prédilection du célèbre humoriste américain Mark Twa'n était.un petit cimetière qu\u2019une sim-pie haie entourait de verdure .Un beau jour.Mark Twain avisa un groupe de messieurs qui d'scutaient.en contournant à grandes enjambées le champ de repos.\u2014Que faites-vous là?leur demanda-t-il.\u2014'Cette ha e, répondit l\u2019un d\u2019eux, n\u2019est pas une clôture suffisante.Nous venons prendre des mesures pour é\u2019ever un mur autour de ce cimetière.\u2014Un mur?A quoi bon?Ceux qui sont dedans n'ont pas envie d\u2019en sortir, et ceux qui sont dehors ne demandent pas à y en-t rer.STRATEGIE Madame.\u2014 Nous devons un dîner aux Durand et un aux Dubois, de les invite en les prévenant qu'ils se rencontreront chez nous.Mons\u2019eur.\u2014 Mais ils sont brouillés à morl i Madame.\u2014 Justement : ils refuseront.et nous aurons fait nos deux poiitesses.FIERTE \u2014iMads, tirez Jonc, bon sang ! Pourquoi ne tirez-vous pas?\u2014Pourquoi.tiens, par amour-propre, parbleu .parce que sd je le ratais passant aussi près de moi je serais trop vexé. LE SAMEDI Vol.30.No '3.Montréal, 13 Juillet lâlS 12 CHARLIE CHAPLIN CONTINUE SES FRASQUES 1 Charlie Chaplin vient d'accepter une position .comme \u201cbell-hoy\" dans un hôtel fashionable de la ville.A son iposte, comme toujours, il ne ¦manque pas à son devoir.Il est même un réveil-matin qui fait trop de zèle.4 En effet, dans lia chambre de toilette, on riche sport qui s'apprêtait à prendre son bain se ressentit lui aussi de l\u2019aventure.Avant d'avoir pu enlever ses vêtements, notre homme fit un sérieux plongeon.: Aussi le père Machin en visite -de repos à Montréal, ne l'entend pas ainsi.Dès le lendemain de son arrivée à Montréal, le bonhomme Machin ne se gêne pas pour administrer une ruade bien conditionnée à Charlie.6 'C\u2019est alors que Charlie Chaplin réalisant sa bévue, décida do quitter l\u2019endroit pendant que les pensionnaires irrités, lui lançaient tout ce qui tombait sous leurs mains, spécialement leurs chaussures.3 La secousse fut tellement forte que notre aventurier Chaplin fut traversé duns la porte voisine sans avoir le temps de dire un seul mot.Malheureux! Quelle rencontre U fit! 6 A bout de fatigues, 'Charlie succomba'sotts les coups et fait bientôt entouré de chaussures, jusqu'au cou.C'est alors qu'il conçut une idée dont il a i i spécialité.t.ô-t\u2014r w/fjt .Ætm Kl smci 7 Après avoir aligné les chaussures de tous ees adversaires, il versa forte quantité de matière chimique à propriétés irritantes.S Quelques instants après leur lever, les hôtes sentirent les effets de cette poudre mystérieuse, et pendant qu'ils se torturaient sur le plancher de la salle d\u2019attente, Charlie s\u2019amusait, entouré de deux jolies tilles de table.TOUTOU Monsieur ahuri du vi\u2019ain Toutou, objet d\u2019adoration de sa vénérable épouse, décida de s\u2019en débarrasser.Un jour, il conduit Toutou à la promenade, mais.bien entendu ! il re\\ i ut sans l\u2019agréable bête.Madame est désolée, et annonce dans le journal qu\u2019elle donnera une récompense à celui qui lui ramènera son chien.Le lendemain, un étranger sonne à la porte.Monsieur, ouvrant, voit, ô horreur, Toutou dans les bras de l\u2019étranger ! L'étranger.\u2014Je viens chercher ma récompense car.\u2014-Chut! fit Mons\u2019eur, qui regarda vers la cuisine d\u2019un air inquiet.\u2014Voici cinq piastres.file avec, et n\u2019oub ie pas Toutou.L\u2019ELEVE Un maître de culture physique demande à un de ses jeunes élèves : \u2014Maintenant, garçon, peux-tu me dire quelle est la force capable de fa i re marcher le peuple dans la rue.Il fut bien surpris, et la haute classe bien amusée de la réponse inattendue du jeune garçon: \u2018La force policière, Monsieur.\u2019\u2019 UNE PETITE CHANCE!\t£ Elle.\u2014Et m\u2019aimeras-tu toujours, toute la vie?Lui.\u2014Oui, oui.je le pense.Mais tu me permettras bien d\u2019arrêter pour les repas, je suppose? Vol.JO, No S, Montréal, L3 Juillet 1918.LE SAMEDI 13 .%r A FEUILLETON Du SAMEDI CCBITE TT A TVrOTT-R.GRAND ROMAN D\u2019AVENTURES HISTORIQUES Par PAUL FEVAL Fils 1ère Partie \u2014 Les Mignons du Roi i LE CHEVALIER D\u2019ESCORTE Le 30 mars 1577, vers les six heures du soir, la route qui conduisait alors de l\u2019her-mitage de Meudon à Paris, en passant par le village de Vaugirard, était suivie par trois groupes de voyageurs qui semblaient n\u2019avoir entre eux aucun lien.Le premier de ces groupes se composait de quatre personnes à cheval ainsi disposées: en tête un vieil écuyer, au milieu deux dames, en queue une suivante.Comme celles dont il conduisait la marche, l\u2019écuyer Cortansio \u2014 un homme de soixante ans d\u2019âge, pour le moins, \u2014 était couvert du haut en bas d\u2019une épaisse couche de poussière, preuve que le voyage, s\u2019il touchait à son terme, avait été commencé depuis de nombreux jours.Des deux dames allant côte à côte derrière ce peu redoutable défenseur, l\u2019une se tenait droite et imposante sur sa selle, rehaussant encore, s'il est possible, la majesté d\u2019un buste aux admirables proportions; l\u2019autre, sans être plus petite, n\u2019avait pas le même port altier.C\u2019était Mme la marquise de Villeneuve-Marsan et sa fille Solange.Quinze jours plus tôt, miss Huming, \u2014 la suivante qui formait l\u2019arrière-garde, \u2014 s\u2019était présentée au château de Bonaguil, situé près de Villeneveu-d\u2019Agen, et avait communiqué à la marquise un message de la reine-mère.Cet ordre, car tout désir exprimé par Catherine constituait un mandat impératif, levait l\u2019exil de la châtelaine et lui mandait d\u2019avoir à revenir à Paris.Obéissante, Mme de Villeneuve-Marsan avait immédiatement fait ses adieux au triste domaine de Bonaguil, où une injuste \u2022Publie en vertu d'un traité avec le Société des Gene de Lettre*.animosité de cour la tenait enfermée depuis dix ans; puis, accompagnée de Solange et de miss Huming, et sous la garde parfaitement dérisoire du vieux Cortansio, elle avait entrepris ce long et pénible voyage.Certes, si elle se fût doutée de ce qu'était en réalité miss Huming, une des plus célèbres et des plus tapageuses beautés de l\u2019Escadron volant de Catherine de Médi-cis, elle se fût bien gardée d\u2019autoriser aucun rapprochement entre sa fille et la belle Anglaise messagère de la reine-mère.Peut-être même se fût-elle abstenue de répondre à la faveur royale.Car, expédiée par de telles mains, cette faveur eut semblé friser l\u2019insulte.Mais, au fond de sa retraite de Bonaguil, ses oreilles n\u2019avaient pu percevoir aucun son des bruits scandaleux de la cour.Aussi, était-elle partie le coeur gonflé d\u2019espoir, sa rentrée en grâce, sans qu\u2019elle l\u2019eût sollicitée, lui permettant d\u2019espérer une ère de prospérité nouvelle et surtout, surtout, la libération du marquis de Villeneuve-Marsan, son mari, qui, en même temps qu\u2019elle était exilée dans ses terres, avait été enfermé, lui, au donjon du château de Vincennes.Et il y avait dix ans de cela! dix ans qu\u2019elle n\u2019avait vu son Jacques.dix ans! Solange n\u2019avait alors que cinq ou six ans.Maintenant, mise en présence du marquis, reconnaîtrait-elle son père seulement?.A quatre ou cinq cents pas en arrière de cette petite calvacade, venait le second groupe, formé par deux cavaliers.L\u2019un, le maître sans aucun doute, était un beau jeune homme de vingt ans au plus.Il était habillé d\u2019un costume où se mariaient le gros drap et le cuir, vêtement solide et admirablement conditionné pour courir les aventures hasardeuses.Une grande rapière, dont la coquille d\u2019acier bruni se terminait en croisette, pendait à son côté et battait sur le flanc de son coursier de race arabe, espèce chevaline alors presque inconnue en Europe.Une toque de feutre coquettement chiffonnée et sur laquelle, en guise de plume, était piquée une branche de gui fleuri, se posait un peu à la diable sur la chevelure soyeuse et bouclée de ce jeune gentilhomme et descendait bas sur le front, sans parvenir pourtant à dissimuler l\u2019éclair de son regard noir.Eclair, il faut bien l\u2019avouer, qui jaillissait toujours en avant, dans la direction des amazones poudreuses portées par les deux dames de Villeneuve-Marsan.\u2014 Mort diable! cria-t-il soudain en se retournant sur sa selle pour voir son compagnon dont la bête, un nu1'et aux longues oreilles, n\u2019avançait qu'avec une sage lenteur; as-tu juré de me faire faillir au devoir que je me suis imposé, hé! Matraque ! Le nommé Matraque, un gros et court paysan gascon à tournure de Sancho Lança et sans doute, doué, comme son immortel devancier, d'une forte dose de suffisance et de philosophie, se contenta de riposter, sans chercher le moins du monde à activer la marche de son singulier porteur: \u2014 Un devoir?* Ah! ah! et lequel donc, monsieur le chevalier?.\u2014 Celui d escorter ces dames.\u2014 Oh ! oh ! une escorte qui semble acceptée avec plus de contrariété que de plaisir ! \u2014 .et de les protéger jusqu\u2019au bout, acheva le jeune homme.\u2014Eh bien, m\u2019est avis que ce bout-là n est pas loin, monsieur le chevalier, puisque voici devant vous, sur la gauche, les murs de la Maladrerie qui est présentement 1 hôpital des Petites-Maisons.\u2014Et ces .petites maisons?.\u2014Indiquent le voisinage de Saint-Sul-pice et du faubourg qui entoure l\u2019abbaye de Saint-Germain !.\u201cL\u2019hôtel de Villeneuve n'est plus quasi qu\u2019à la d stance de ma taupinière agenai-se au chateau de Bonaguil.Ces dames 1 14 LE SAMEDI Vol.30, No 5, Montréal.12 Juillet 1918 sont autant dire arrivées, monsieur le chevalier.\u201cEt bien contentes, sûrement, ajouta-t-il pour lui seul', d'échapper à un chevalier d\u2019escorte qui, sans leur assentiment, leur impose sa présence continuelle depuis près de quinze grands jours!\u201d Le jeune 'homme n\u2019avait rien saisi de cet impertinent, aparté.\u2014N\u2018importe, dit-il, ia nuit tombe; le moment serait bien choisi pour une attaque.Vois-donc ces vignes à gauche.\u2014Les vignes des Chartreux?\u2014Ne dirait-on pas qu\u2019elles bougent?Matraque s\u2019arrêta, ébalr, regarda son maître, puis éclata de rire: \u2014Ma parole! s\u2019écria-t-il, si je ne vous savais brave et fendant tout autant qu\u2019un quelqu\u2019un sortant d\u2019une table ronde, comme on dit, je penserais que vous avez la frousse, monsieur le chevalier!.\u2014Et tu n\u2019aurais pas tort, imbécile, fit, ce dernier riant aussi.Ma s - i j\u2019ai peur, ce n\u2019est po nt pour moi, crois-le bien.\u2014C'est pour mam\u2019ze\u2019le So\u2019ange, peut-être bien?\u2014Tais-toi ! ceci ne te regarde en rien.D\u2019ailleurs, sais-je moim me?\u201c¦Quoi qu\u2019il en soit, ajouta le jeune homme sur un ton de commandement, je vais gagner au pied ; fais en sorte de me suivre et de ne plus me retarder, ou je me verrai obligé de revenir te caresser les côtes avec mon fourreau.\u201d Ayant dit, il lança son arabe.Matraque haussa les épaules et, flatta l\u2019encolure de son âne croisé.»,se disposant à n\u2019en faire qu\u2019à sa tête, lorsque, soudain, à son tour, il crut voir onduler les échalas plantés le long de l\u2019enclos des Chartreux.Alors, affolé de se trouver seul et peut-être en danger, le pac tique écuyer, qui n\u2019était pas un rodomont, lui, ô dieu non\u2019 se hâta de pousser en avant, moins par obéissance que pour se mettre sous la protection de son maître.Encore enfoncé dans les cultures, du côté do Vaugirard, arrivait sur la route le troisième groupe de voyageurs, le donner.Celui-là se composait de deux honnêtes et'francs lurons pour lesquels !a route ne paraissait pas assez large, ben qu\u2019ils allassent à pied en se tenant, par le bras.Cette précaution, loin de leur être favorable, dinrmiait au contraire 3a stabilité bien précaire de chacun deux.L\u2019un était un archer de la prévôté, l\u2019autre une sorte de demi-bourgeois mal dégrossi.Ces d\u2019gnes marcheurs, amis de fraîche date, s\u2019étaient rencontrés devant un broc d'hypocra- dans une taverne de Vaugirard., dont le patron avait convié ses connaissances au baptême de son héritier»V Pour montrer tout L\u2019intérêt qu\u2019ils prenaient à cet b< ureux événement, l\u2019archer et le bourgeois n'avaient pu moins faire que d\u2019ingurgiter un nombre respectable d'écuellées du vin ionique.Si bien que, parfaitement éméchés, ils cherchaient à regagner le quartier de l\u2019U-n versité en zigzaguant sur ce chemin qui aboutissait à la porte Saint-Germain et à celle de Buci.Tout en dessinant des lignes brisées avec leurs épaisses semelles, les folichons buveurs ne s\u2019arrêtaient de caqueter que pour entonner à pleine voix des refrains à la mode.Dans leur louvoyant sillage, mais à une d stance de plusieurs pas, pour éviter les heurts possibles de ces outres animées, marchait une jeune fille, une fillette plutôt, qui devait apparten\u2019r à leur compagnie, mais ne se mêlait en rien à leur conversation et ne mariait pas sa voix à la leur lorsqu h's chantaient, De mignons sabots claquetant dans la poussière chaussaient les petons menus de cette enfant., dont le costum< bizarre éta t ce.'tui des petites païennes de la Bohême.En effet, son vêtement, drapé à la façon orientale, laissait à nu ses bras aussi b1 en que le bas de ses jambes et se composait uniquement d\u2019étoffes soyeuses, bien que fatiguées, aux couleurs criardes.On est accoutumé à reconnaître les filles d\u2019Egypte à leur teint bronzé et à la noirceur de leurs cheveux.Eh bien, celle-ci vous eût abusé à première vue.Elle ne possédait en rien ces signes distinctifs de sa race, car au milieu d\u2019une petite figure à la peau fine et laiteuse bri aient deux prunelles du plus bel azur, et la richesse opulente de sa chevelure blonde, cascadait en 1 berté tout le long de son dos pour venir battre ses mollets bien plus bas que la bordure de sa jupe.Alors, à quoi reconnaissait-on en elle la bohémienne?Pardieu! à son costume, d\u2019abord, puis ensuite à l\u2019amulette qui pendait à son cou.comme à celui de toute fille du diable qui so respecte.Bien s ngulière, cette amulette! Elle se composait en tout et pour tout d\u2019un minuscule stylet de plomb relié par un cordonnet à une feuille d\u2019ivoire poli.Comme vous le voyez, ce n\u2019était pas trop méchant.Pourtant, il fallait à notre fillette une certaine dose d\u2019audace pour porter à découvert ces innocents petits objets, car, en l\u2019an de grâce 1577, tout afli-quet incompréhensible, pour peu qu\u2019il eût tournure de fét\u2019che païen, pouvait fort bien mener son propriétaire soit au pilori dos Halles, soit même à Mont faucon.Donc, nos voyageurs, poursuivant leur route dans l\u2019ordre initial, les quatre chevaux île la marquise de Villeneuve-Marsan aI\u2019iiient atteindre les premières ma sons voisines de Saint-Sv id pi ce, Matraque et son maître venaient de dépasser le mur de clôture de l\u2019hôpital des Petites-Maisons, et nos trois piétons, menant grandi tapage, approchaient de la fourche où s'embrancha t le chemin particulier menant de l\u2019ancienne Maladrerie à lia porte Saint-Miche1.\u2014Enfin, disait la marquise, dont, le voile restait obstinément baissé, nous approchons du but, ma fille.Dès demain, il nous faudra faire diligence pour obtenir une audience de Sa Majesté.Solange paraissait distraite, et bien des fois, sa mère l\u2019avait surprise faisant une demi-volte sur sa selle pour inspecter du regard a route parcourue.La jeune fille demanda : \u2014Ah ! madame, vous voulez me mener à la cour?\u2014A la cour, non, bien (pie vous ayez di'o.t, par votre nom, à un tabouret près de la reine; mais c'est le roi qu\u2019il nous faut voir! \u2014Le roi! pourquoi donc?\u2014Tour nous jeter à ses pieds, Solange, et lui demander justice! \u2014Just i ce ?\u2014Oubliez-vous votre père, ma fille?.Ne songez-vous pas à la torture qu\u2019endure si injustement et depuis si longtemps le noble prisonnier de Vincennes?\u2014C\u2019est vrai, madame, veuillez me .pardonner.A travers son voile, la marquise la considéra longuement.\u2014 Celle-là est brune, murmura-t-elle tout bas; celle-là me ressemble de visage.Aura-t-elle mon coeur?.\u2018L\u2019autre devait rester blonde; elleavait déjà le limpide regard de mon Jacques ! C'éta t une vivante réduction de son père.\u201cPourquoi faut-il que vous me l\u2019ayez retirée, mou Dieu?.N\u2019ai-je pas assez souffert?.Ne la reverrai-je jamais?.\u201c\u2019Ghislaine, ma petite Ghislaine, où es-tu?\u201d Refoulant le sanglot qui voulait monter de sa poitrine à ses lèvres, Ta courageuse femme reprit au bout d\u2019un instant: \u2014 Pourquoi vous retournez-vous sang cesse, ma tille?Le rouge monta au visage de Solange, avant-coureur du gros mensonge qu\u2019elle allait commettre.Elle dit, en effet: \u2014Je voulais voir si miss Huming com-tinuait à nous suivre.\u2014(Ne sera t-ce pas .plutôt dans Pinten-1 ion de reconnaître si ce jeune cavalier qui nous poursuit depuis notre départ est toujours proche?\u2014Oh ! madame! \u2014Eh ! où serait le mal, je vous h demande?.Cet obstiné suiveur est de miné Toi.30, No 6, Montreal, 113 Juillet 1818.15 avenante et hardie, je dois le reconnaître.Et jo ne vous cacherai pas que, si notre voyage s\u2019est passé sans incident fâcheux, nous le devons beaucoup moins à l\u2019escorte du pauvre vieux Cortansio qu\u2019à celle de ce cavalier mystérieux.Solange eut un sourire et la colorffl ion de son visage s\u2019accentua.La marquise n\u2019avait ainsi parlé que par ruse maternelle, aussi continua-t-elle à observer sa fille, en-dessous.Elle remarqua l\u2019incarnat nouveau et pensa : \u201cJe m\u2019en doutais.Ce jeune gent i Ihom-me, qui vient de traverser à notre suite un bon tiers du royaume, doit avoir un autre objectif que celui de contempler la croupe de nos montures.Il n\u2019est mystérieux que pour moi.Solange lie connaît!.'' Au loin, les voix animées des deux piétons psalmodiaient une guisarde qui commençait à être à la mode et allait bientôt devenir le cirant de ralliement des ligueurs.La dernière phrase s\u2019acheva dans un cri de terreur poussé par les deux ivrognes.\u2014A l\u2019aide, bons chrétiens! \u2014Au rufian!.Au meurtre! Bien que ces appels vinssent d\u2019assez loin en arrière, Cortansio et les trois dames s\u2019étaient instinctivement repliés les uns sur les autres et, pâles d\u2019épouvante, n\u2019osaient plus ni avancer, ni reculer.De fait, il faisait maintenant nuit noire.On ne pouvait absolument rien distinguer, mais Tore i île percevait distinctement.sur la droite devers le vignoble des Chartreux, le bruit effrayant de la lutte que l\u2019archer et son ami le bourgeois devaient soutenir contre une bande de malandrins.(Et cette bande semblait être formidable, si l'on pouvait s'en rapporter au bruit mené par elle et aux nombreux noms de coupeurs de bourse lancés par la voix du capitaine, un certain Courmantel, appelant à la rescousse ses bandits.Comme !;i marquise, Solange et leurs gens, on doit bien penser que Matraque et son maître s\u2019étaient également arrêtés court aux premiers cris de détresse.\u2014jQue t\u2019avais-je dit?murmura le jeune homme; j\u2019avais cru voir remuer derrière lies éch alas ! \u2014Moi aussi, avoua le rustique Matraque, dont les dents s\u2019entre-choquaient.Et, se signant, il ajouta: \u2014C\u2019est Satan qui fait des siennes, les chenapans de Courmantel ont une détestable réputation.J\u2019espère que monsieur le chevalier n\u2019a point l\u2019intention d'aller se fourrer dans cet enfer?\u2014Je le devrais peut-être.mais il n y a que 'des hommes en danger, et je me dois aux dames ! \u2014A la bonne heure !.monsieur le che- LE SAMEDI valier, c\u2019est une sage décision ! D\u2019ailleurs, je m\u2019engage à dire un bout de pater pour les défunts, s'il y en a.Et, se bouchant les oreilles: \u2014 Eloignons-nous, monsieur le chevalier.Puisque je leur promets une prière, ils pourraient bien mettre une sourdine à leurs lamentations, ces braillards-là !.Ma parolÿ, faire tant de bruit pour mourir, c\u2019est indécent! Les appels continuaient, en effet, ainsi que le bruit de lutte.Soudain, le chevalier dressa l\u2019oreille.Une nouvelle voix venait de lancer un cri inarticulé, et, cette fois, c\u2019était une voix de femme.Ce fut comme un coup d\u2019éperon pour notre escorteur, qu , en un instant, sembla transfiguré.\u2014Attends-moi ! commanda-t-il.Je reviens ! Eit, piquant des deux, il lança son arabe droit devant lui.La nuit les eut bientôt dévorés tous deux.Matraque, le bon gros écuyer, désolé de la tournure que prenait l'incident, abandonna la bride pour lever ses mains vers le ciel : \u2014Quel enragé! se.lamenta-t-il.C\u2019est un volcan, ce paro ssien-là ! Et pas moyen de lui résister, pas même le temps de placer un mot.Il vous donnerait de son estoc dans le gos'er ou dans le ventre.Puis, s\u2019apercevant que son mulet broutait l\u2019herbe de l'a bordure du chemin: \u2014 A propos, reprit-il, voilà qui va diablement retarder l'heure du souper! j\u2019y vais! Il se tut pour écouter.Les bruits de lulte viennent de s\u2019éteindre, et de coupeur de routes criait justement : \u2014Victoire à Courmantel ! Vous avez bien t ravaillé, mes pet ts agneaux ! Je suis content de toi.la Bourrique, «le toi aussi Gingembre; quant à Cabiiilot et à Pique-Misère, c\u2019était agréable de les voir besogner.Pas un mot! Chacun aura sa part de butin ! \u2014Cinq!.Us sont cinq! grommela le Gascon après avoir laborieusement compté.Si M.le chevalier les dévore tous.et ma foi je l'en crois capable.quel estomac !.Toujours courant, le coursier arabe, aux environs du carrefour de la Croix-Rouge, était venu donner du poitrail dans la monture du vieux Cortansio, qui s'était héroïquement porté à l\u2019arrière-garde.Ce heurt eût infailliblement eu pour immédiat résultat de culbuter les deux cavaliers, sans la présence d\u2019esprit du jeune homme, qui entoura de son bras L'a taille du vieillard et le retint à temps.\u2014Madame, dit-il ensuite en soulevant son feut.re.bien que l\u2019opacité des ténèbres rendit ce geste de politesse parfaitement \u2014 3 \u2014 superflu, il serait peut-être bon de commander un temps de galop jusqu\u2019à votre hôtel.\u2014Qui êtes-vous, monsieur ?interrogea Mme de Villeneuve-Marsan en cherchant, mais bien inutilement, à voir le visage de son interlocuteur.\u2014On me nomme Bernard d\u2019Arma, madame, et l\u2019on me dit chevalier.\u2014Ne seriez-vous point ce cavalier qui nous fait escorte depuis Sauveterre-la-Lémance?\u2014Si fait, madame la marquise ; sans mauvaise intention, je vous prie d\u2019en être assurée, et je veux ne point regretter mon importunité si ma présence a suffi à vous tranquilliser jusqu\u2019à cette heure.\u2014Elle a du moins eu ce résultat de donner à réfléchir aux gens mal intentionnés, qui se sont tenus à l\u2019écart.\u2014De vous i entendre dire, ma récompense est supérieure au service rendu.\u2014 Quelle affreuse sarabande mène-t-on là-bas, chevalier?\u2014C\u2019est précisément ce qui me pousse à vous prier de vous hâter, madame la marquise.Eloignez-vous du danger.moi j y vais!\tVr\"ïl \u2014Vous allez nous quitter?\u2014C'est mon devoir.On attaque une femme!\tIV j Alors s\u2019inch ruant sur sa selle, de l\u2019arçon de laquelle il décrocha un morceau de bo's (résineux, U planta celui-ci dans la main de Cortansio, en même temps qu\u2019un briquet, et dit en faisant volter son arabe: \u2014'Voici pour éclairer votre marche.Mes hommages, madame la marquise, je ne s ms qu\u2019un pauvre chevalier errant et me dois aux opprimés.C'est l\u2019usage! Quand la résine, enfin allumée, éclaira le petit peloton, Mme de Villeneuve-Marsan ne put que constater l\u2019animation du visage le Solange.Quant au chevalier d\u2019Arma, il était déjà loin.II UN EXCENTRIQUE AVENTURIER Revenant sur ses pas avec la même vélocité qu\u2019il avait mise à aller prendre congé de ses protégées obligées, le fougueux jeune homme passa à une allure d\u2019ouragan près de son écuyer, dont les réflexions étaient pleines d\u2019amertume, \u2014(Suis-moi, Lui cria-t-il sans ralentir ; au galop si tu peux! Puis il s\u2019engagea dans les terres labourées.Matraque le suivit tout aussitôt.\u2014 Malepte! se disait-il.M.le chevalier me semble être de mauvais poil ! C\u2019est signe d'orage!.De quelle capilotade vais-je être le témoin forcé?Malgré sa mauvaise humeur, il activait k LE SAMEDI Val.30, No fi, Montréal, 13 Juillet 1918 16 l\u2019alFiire de son pacifique destrier, de façon à ne pas être par trop distancé par son maître.En quelques foulées, l\u2019arabe fut sur les premiers échalas de l'a vigne des Chartreux.De Ce coin, si animé tout à l\u2019heure, aucun bruit ne s\u2019élevait plus.\u2014\u2018Halte! si vous tenez quelque peu à votre peau ! cria tout à coup une voix sonore.Comme bien on pense, cet ordre n\u2019était po'nt fait pour arrêter notre bouillant chevalier.Pourtant, si casse-cou qu\u2019il parût être, il fut forcé de paraître y obéir pour ne pas empaler son arabe sur les pieux piqués en terre et qui formaient une redoutable barricade de chevaux de fr.se, impossib\u2019e à éviter dans l\u2019obscurité.\u2014 A vos postes, camarades de la petite Filambe! reprit l\u2019organe impétueux de l\u2019invisible chef des malandrins, s\u2019adressant aux gens de sa bande, non moins bien dissimulés que lui-même dans les ténèbres.\u2014Ils 9ont cinq ! souffla Matraque à l\u2019o-reil\u2019e du jeune homme en le rejoignant.\u2014Eh bien1! garde Djaoulia et allume pour me montrer cette racaille, répondit celui-ci en mettant pied à terre et en dégainant.Djaoulia, c'était la monture rapide du ohevalier.Ce nom de Djaoulia ne pouvant être porté par un étalon, nous saurons désormais que l\u2019arabe était une cavale du désert.Bernard fit un pas en avant en ajoutant: \u2014Tiens bien les bêtes, pendant que j\u2019administrerai une raclée aux drôles en leur frottant les côtes du plat de ma rapière ! Il est à croire que le fameux Courman-tel avait l\u2019ouïe fine, car il s\u2019écr'a sur un ton moins crâne : \u2014Bas les armes, ou la mort ! Et à ses gens : \u2014Pique-Misère, Cabillot, Gingembre, la Bourrique et tous les autres, rassemblement!.Si ce jeune gentilhomme fait mine de charger, à vos couteaux, mes agneaux, et tous à la fois! Person® ne répondit, mais il se fit dans le v gnoble un grand bruit de feu lies mortes.Evidemment, celles-ci devaient être foulées par la troupe nombreuse s\u2019assemblant autour de son chef.\u2014Au repos, mes camarades.Attendons ! Les feuilles cessèrent de bruire sous les pieds.Le chevalier d\u2019Arma attendait que 'a torche voulût bien s\u2019allumer pour éclairer ceux qu\u2019il s\u2019apprêtait à châtier et ceux surtout qu\u2019il venait délivrer ou venger.Ma s le silex s\u2019obstinait à ne produire aucune étincelle.Enfin, il en jaillit une et la scène fut illuminée soudain, mettant en pleine lumiè- re deux corps immobiles étendus à terre, puis, près d\u2019eux, la gigantesque stature du célèbre aventurier Couimantei, appuyé sur le canon d\u2019un vieux mousquet à rouet, puis, encore, en arrère-plan, ses hommes silencieux ©t immobiles.Cette vision n\u2019eut que la durée de l\u2019éclair, car le bandit n\u2019avait pas encore eu le temps de prévoir l\u2019attaque que déjà l\u2019impétueux Bernard, franchissant d\u2019un bond de panthère la distance qui l\u2019en sépara it, le tenu t renversé sous son genou, la pointe de son épée appuyée au noeud de la gorge du vaincu.\u2014Je me rends! hoqueta le géant, \u2014'Atoi, Matraque; ficelle-moi ce misérable.En un instant, la chose fut faite, et même très proprement, par l\u2019écuyer gascon qui devait en avoir l\u2019habitude.Puis l'on s\u2019occupa des deux victimes, qui n\u2019éta'ent autres que le serni-bourgeois, grand buveur d\u2019hypocras.revenant d'un baptême à Vaugirard, et la petite bohémienne aux longs cheveux blonds.L\u2019archer de la prévôté n\u2019était point là; sans doute avait-il pu prendre le large.Tandis que Matraque s\u2019occupait de l\u2019homme, après avoir p\u2019anté sa torche sur un pieu, son maître se penchait sur le corps de la jeune fille.La vue de ce charmant visage aux paupières closes lui fit passer un éblouissement devant les yeux.\u2014'Pas possible, murmura-t-il en se penchant de plus en plus.pas possible!.Si je ne venais de la quitter, je cro rais être devant celle qui a enchaîné mon coeur volage, devant Solange.Mais celle-ci est blonde autant que Solange est brune.Ce n\u2019est, pas une demoiselle, c\u2019est une pauvre fi !e de la Bohême, son cost urne en fait foi.Quelle étrange ressemb anee pourtant! S'arrachant à sa contemplation, il se hâta de faire revenir au sentiment la fillette, (pii n\u2019était qu\u2019évanou e et ne portait aucune trace de blessure.En s\u2019ouvrant, les yeux de l\u2019enfant se fixèrent tout d'abord sur le beau visage du chevalier penché vers le sien et ses prunelles d\u2019azur s\u2019irradièrent.\u2014'Vous n\u2019êtes pas blessée, petite?Vous sentez-vous mieux?Les saphirs limpides des deux prunelles s\u2019illuminèrent de nouveau, puis la fillette se redressa, mais sans ouvrir la bouche pour répondre.\u2014'N\u2019ayez plus peur, pauvre enfant, je suis un ami, vous êtes sauvée.Tou jours même silence.Désespérant de pouvoir obtenir une explication de cette singulière jeune fille dont la ressemblance avec celle qu\u2019il aimait venait de faire vibrer son ooeur, Bernard d\u2019Arma se retourna vers son écuyer, demandant : \u2014/Ton homme serait-il mort?\u2014(Mort î Oh 1 que nom point comme l\u2019entend M.le chevalier, répondit Matraque en hochant la tête.S\u2019il est quasiment défunt, c\u2019est rapport à l\u2019ivresse.Le v\u2019ià rond à faire envie et g\u2019ougloutant mieux qu\u2019une cuve à vinailLe.Vrai, c\u2019est tout plein beau, un ivrogne ! \u2014Veux-tu te taire! Effectivement, sans plus de mal que la petite (bohémienne qui s\u2019était évanouie de peur, l\u2019honnête bourgeois, lui, avait dû chosir le moment précis où il entrait en codision avec les bandits pour s'étendre sur le sol et s\u2019endormir du sommeil du juste.Matraque lui avant pincé assez rudement le lobe de l\u2019oreille, il se redressa et voulut æ remettre à crier; mais, voyant la fi lettç debout entre leurs deux sauveurs, et constatant que le principal agresseur était chargé de liens, il osa dire avec une remarquable impudence: \u2014'Parbleu, monsieur, s'il y a enquête, vous pourrez déclarer sans rien farder qu attaqué par trente chenapans bien armés Pierre Mirot, porte-clefs juré du donjon de Vincennes, a mis la bande en déroute et capturé son capitane, L écuyer, ébahi par tant d\u2019aplomb, écouta it, bouche 'béante, cette extraordinaire vantardise.Le chevalier souriait; il demanda: \u2014Cet héroïque Pierre Mirot, où donc est-il ?\u2014Devant vous.C\u2019est moi! \u2014Ah ! ah !.Et vous êtes geôlier, dites-vous.au château de Vincennes?Pierre Mirot s\u2019inclina, déclarant modestement : \u2014Pour ce poste dangereux, vous devez le penser, il fallait un homme sobre, vigilant, courageux.\u2014Par exemple! s\u2019écria Matraque indigné.vous êtes sobre, vous?.\u2014-Plus qu \u2019un chameau ! \u2014Brave?\u2014Je viens de le prouver! \u2014Ce qui ne vous manque pas non plus, bonhomme, c \u2019est le toupet ! \u2014Un gardien doit avoir toutes les qua-1 tés! Bernard dlArma s\u2019amusait fort de l\u2019irritation de son écuyer, qui, hâbleur comme tout Méridional, ne pouvait admettre les étrangères vantardises.Mais il importait de mettre fin à ce colloque sans utilité ; aussi demanda-fc-ll à son tour en montrant d« la main la jeune fille qui avait semblé ne rien entendre et continuait -\u2014 était-ce innocence ou cynisme?\u2014à le fixer de ses grands yeux chargés d*un tendre fluide : \u2014Cette enfant était-elle avec vous?\u2014Certes! répondit Pierre Mirot, Glo-rlette est ma fille.\u2014 4 Vol.», No fi.Ifemtré»}, 13 Juillet 1918.LE SAMEDI 17 \u2014Giorette! répéta mentalement le chevalier, oh I l\u2019adorabe nom.et comme il va bien à cette jeune et glorieuse beauté.Bast! à quoi vais-je penser?.La fille d\u2019un tortureur.C\u2019est dommage! \u2014 Nous revenions d\u2019un baptême, poursuivait le bavard porte-clefs ; Gloriette était marraine et j\u2019avais dû l\u2019accompagner pour dire oe qu\u2019elle avait à dire.car el\u2019e est muette.\u2014 Muette! s\u2019écria douloureusement le jeune homme en donnant un coup d\u2019oeil attendri à la pauvre créature; elle serait muette?\u2014Depuis que je la connais.Mais un de mes prisonniers, un savant, lui ayant appris à lire et à écrire, à l\u2019aide des breloques qu\u2019elle porte au cou, Gfloriette peut se faire comprendre par des gens instruits.Le chevalier secoua la tristesse qui s\u2019était emparée de lui à l\u2019annonce de l\u2019affreuse infirmité de la petite bohémienne.Que se passait-il en lui?Il n\u2019aurait su l\u2019expliquer.Toujours est-il que, à part Solange de Villeneuve-Marsan à laquelle il avait tacitement voué sa vie, aucune femme n\u2019avait jamais produit sur son âme une impression comparable à celle qu\u2019y gravait,, à cette heure, la seule vue de la petite muette.Poussé par un sentiment où l\u2019admiration le disputait à la pitié, il fit un pas vers Gloriette, et, tirant son feutre, sur le ton respectueux qu\u2019il eût pu prendre avec une noble dame, il prononça : \u2014Mademoiselle, notre rencontre m\u2019a ap.porté tout à la fois plaisir et peine: plaisir d\u2019avoir pu vous être utile, si peu que ce soit; .peine de vous savoir affligée si lourdement à un âge où la vie devrait vous montrer tout un brillant mirage d\u2019avenir.\u201cDieu, qui vous a placée sur mon chemin) a dû le faire avec intention.Pour lui, les distances sociales n\u2019existent plus.Voulez-vous être mon amie ?\u201d Les yeux de l\u2019enfant s\u2019illuminèrent; elle saisit son stylet de plomb et écrivit ce seul mot sur la feuille d'ivoire: \u201cOui!\u201d Mais le jeune homme, trouvant sans doute que ce n\u2019était pas assez, poursuivit: \u2014Voulez-vous être ma soeur?¦De nouveau le stylet courut sur l\u2019ivoire et le chevalier, se enchant, put lire, tracé d\u2019une petite écriture ferme: \u2018 \u2018Oui !.Votre soeur ! \u2019 \u2019 \u2014Eh bien ! petite fille, dit gaiement le chevalier, .puisqu\u2019il va falloir nous séparer, venez embrasser votre frère Bernard?Ah! jamais effusion de famil'e ne fut plus tendre.D\u2019un élan spontané, Gloriette noua ses deux bras au cou du jeune homme, et le chevalier ne parvint à se dégager de 1 é- treinte qu\u2019après avoir reçu et rendu un long baiser.Un instant après, le courageux P erre Mi rot, entraînant sa fille, regagnait le chemin conduisant à la porte Saint-Michel.Durant la conversation, le prisonnier n\u2019avait pas dit un mot, pas esquissé un mouvement.\u2014Qu\u2019allons-nous faire de celui-ci?pensa tout haut le chevalier.\u2014 Le pendre ! proposa Matraque.\u2014Oh! oh! gémit Courmantel en entendant Attention, vous autres! \u2014A cet ordre bzarre, les feuilles mortes, silencieuses depuis la défaite du malandrin, se reprirent à valser derrière les échalas, avec un entrain nouveau.L\u2019écuyer en eut les sangs retournés.\u2014Malheur, monsieur le chevalier, vous avez oublié de capturer toute la bande! cria-t-il en faisant un saut en arrière.Puis il resta sur place, le regard fixé, médusé par le spectacle qu\u2019il avait sous les yeux.\u2014Ah! ça, c\u2019est fort Voyez donc, monsieur le chevalier, les coquins ne se sont point éparpillés, ils restent là, depuis un quart d'heure, sans 'bouger.V\u2019ià qui me semble ébahissant ! Et c\u2019était ébahissant en effet Pas un de ces bandits ne s\u2019était écarté; pas un n\u2019avait eu l\u2019intelligence de mettre à profit la récente diversion, soit pour fuir, soit pour tenter de délivrer le chef.L\u2019immobilité de ces hommes tenait du miracle.'Leurs pieds devaient s'agiter, puisque les feuilles se froissaient, mais leur buste ne subissait aucune oscillation.C\u2019était si prodigieux que Bernard ne pouvait en croire le témoignage de ses veux.\u2014Allons, coquins, se décida-t-il à crier, jetez vos armes et avancez ! Aucun ne bougea, aucun ne répondit.\u2014Corps diable ! obéissez ou je vous charge ! Même résultat.\u2014La discipline ! osa dire le prisonnier.Mes agneaux n\u2019obéissent qu\u2019à ma voix.\u2014Alors, je vais leur en fa re écouter une autre ! Se jetant à corps perdu sur les impassibles brigands, d\u2019un revers de son épée le chevalier en coucha deux sur le terrain.\u2014Dable! hurla-t-il, après s\u2019être penché sur ses victimes, quelle est cette mascarade ?Et, revenant vers son écuyer, interdit : \u2014Ce que tu prenais pour des ennemis, ce sont des échalas drapés de loques, ni plus ni moins.\u2014 Ah ! dame, murmura tristement le vaincu, ça ne coûte pas cher à nourr r et ça ne se révolte jamais.Le chevalier ne put s'empêcher de rire à l\u2019audition de cette philosophique ré- \u2014 B \u2014 flexion, et il vint examiner de près celui qu\u2019il avait pris sans le voir.C\u2019était un grand diable d\u2019une quarantaine d\u2019années, à la charpente osseuse, au visage amaigri par les privations.Une ¦barbe inculte s\u2019embroussaillait sur sa poitrine, cherchant à donner à sa phys\u2019ono-m'e un aspect féroce, mais n\u2019y parvenant pas.Au demeurant, de toute évidence, le terrible aventurier, dont, la reputation'allait loin, devait être un mal voulant des plus inoffensifs.Il ne possédait même pas de quoi se défendre, puisque sa seule arme n\u2019était qu\u2019un s mulacre de mousquet grossièrement imité.Sur l\u2019ordre de son maître, Matraque défit les I iens du prisonnier, qui put se lever.Alors eut lieu ce peu banal interrogatoire: \u2014Votre nom?demanda Bernard d\u2019Arma.\u2014'Baron Courmantel.\u2014'Vous êtes de noblesse?\u2014Un peu, par ma femme; elle s\u2019appelait Baron.\u2014Et vous avez ajouté son nom au vôtre?\u2014Je l\u2019ai fait passer devant par galanterie.\u2014De sort© que vous êtes simplement le sieur Courmantfcel ?\u2014En partie.\u2014Comment cel a ?\u2014Voyez-vous, mons eur le chevalier, je n\u2019étais pas construit pour détrousser les voyageurs.J\u2019étais un honnête maître de pointe, dans le temps.A cette époque, je me nommais Mante1 tout court.Mais la fatalité avait placé ma salle sur le chemin de Montfaucon, el, chaque fois qu\u2019un gibier de gibet passait devant ma porte, les gamins ne manquaient jama s de venir me crier: \u201cMantel, tu seras pendu haut et \u201ccourt, comme lui ; tu seras pendu haut et \u201ccourt, Mantel!\u201d \u2014De \u2019à votre nom actuel?\u2014Hélas! de \u2019à aussi ma chute.\u2014Mais votre bande?Courmantel regarda son interlocuteur avec surprise, et,, comprenant que la question était posée arec une entière bonne foi, que son \u201ctruc\u201d, b\u2019en qu\u2019en partie éventé, avait encore bonne apparence, il déclara, non sans emphase: \u2014Ma bande, c\u2019est moi! \u2014Ah! par exemple, intervint Matraque peu disposé à souffrir de nouvelles gasconnades, alors.Gingembre, Cabillot, la Bourrique et Pique-Misère, qu\u2019en faites-vous?\u2014Votre maître vient d\u2019en faucher deux, mon ami.Les autres sont aussi débonnaires: ce sont des échalas couverts de haillons.pour servir d\u2019épouvantails.\u2014Impossible ! Ne les avons-nous pas entendus piétiner les feuilles? J 8 \u2014Ici, Grain-de-Raison ! cria le singulier 'bandit.Ce cri fit surgir de l'ombre un grand chien barbet qui, sans sa fourrure gr's poussière, eût paru squelettique.Il fit le four des deux étrangers en remuant la queue et vint frotter son humide museau aux rotules saillantes dé Courmantel.- \u2014Mon unique compagnon, présenta ce dernier, le seul bon souvenir que m\u2019ait \u2019aisée madame mon épouse, une gourgandine assoiffée de luxe.Le métier de coupeur de route ne nourrit pas son homme et, sans cet intelligent animal, je serais déjà mort de faim.Dans notre association, c\u2019est Grain-de-Raison qui est chargé d'imiter le bruit produit par une troupe en marche.\u2014Ma foi, avoua Matraque après avoir été inspecter les épouvantails, une si grande ingéniosité méritait plus de chance, l\u2019ami.Tout bas tombé qu\u2019il était.Courmantel tenait excessivement aux titres pompeux, ignorés de l\u2019armorial de France, mais bien conquis par lui au cours de son aventureuse existence.Aussi se redressa-t-il pour dire: \u2014Veuillez ne point l\u2019oublier.; je suis baron.\u2014Par votre femme?.je sais! pouffa Matraque en se tenant les côtes.\u2014 .et de noblesse! \u2014 Noblesse de cape et de corde, c\u2019est entendu ! \u2014Allons, coupa le chevalier en s\u2019arrachant.à sa songerie, laisse à ce pauvre diab'e sa gentilhommerie de misère, puisqu\u2019il semble y tenr.Il est moins à redouter qu\u2019à plaindre.\u2014Ef vous avez peut-être l\u2019intention de lui faire grâce, monsieur le clïéva\u2019ier?\u2014Oui, je ne voudrais pas'avoir à marquer d\u2019une pierre noire le soir de notre arrivée à Paris, le soir où j\u2019ai eu le bonheur de parler à la mère de Mlle Solange de Villeneuve-Marsan et de rencontrer O o.ri et le.\u2014Mlle Solange.Gloriette, répéta le gros écuyer avec admiration; l\u2019une et l\u2019autre vous tiennent déjà ?.Deux à la fois, ma-zette !.Ah! monsieur le cheval er, vous ne vous corrigerez'pas, je V crains.Ici.comme au pays, vous serez toujours la coqueluche fies dames: le beau, l\u2019irrésist'hle Coeur l'Amour.y \u2014Coeur-d \u2019Amour ! hurla ! nés aurait subi le même sort.Bernard sourit.\u2014 Un oubli, un simple oubli, fit-il, on ne pense pas à tout.Passons à la seconde raison?\u2014 Il eût enlevé la petite bohémienne ! \u2014 Hem! c\u2019est encore juste!.Décidément, je baisse.Et la troisième?\u2014 Grain-de-Raison se fût fait un vif plaisir de lui planter ses crocs dans les molds.Avec vous, il s\u2019est abstenu.bien mieux, il a remué sa queue.Ça c\u2019est capital ! \u2014 Capital ! répéta Matraque mis en joie; capital au possible; Monsieur le chevalier ne pourra en disconvenir.\u2014 Je vous félicite de votre perspicacité, baron, reprit le jeune homme, et, puisque j'ai négligé de me conduire assez cavalièrement pour avoir droit à un second so-briquet, qu\u2019il n\u2019en soit plus question, séparons-nous.\u2014 Monsieur le chevalier, prononça gravement Courmantel, vous avez devant vous un homme qui va se rendre directement à la rivière si vous n\u2019agréez ses services.\u2014 Corbleu! voilà qui passe la plaisanterie.Vous déraisonnez, je crois.\u2014 Pardonnez-moi d\u2019insister.Votre bonne action de ce soir m\u2019a ouvert les yeux sur ma propre déchéance.Cette déchéance n\u2019est pas complète, il est encore temps d'y remédier.Refuserez-vous d\u2019achever ce que vous avez si bien commencé?Bernard était en selle.\u2014 Mon garçon, dit-il, nous n'allons probablement pas fréquenter le même monde.\u2014 Grain-de-Raison est autant au-dessous de moi que je puis être au-dessous de vous, monsieur le chevalier, et pourtant la bonne bête m'est utile.Laissez-moi vous prouver ma reconnaissance comme lui me prouve la sienne.\u2014 Mais vous seriez dupe, mon pauvre baron, mon pécule est modeste et, à part mon cheval et mon épée, toute ma fortune tiendrait dans la main.\u2014 Je ne demande rien quant à présent.Plus tard, lorsque vous serez grand seigneur, \u2014 et vous le deviendrez avant qu\u2019il soit longtemps, ce n\u2019est pas douteux, \u2014 vous reconnaîtrez comme vous l'entendrez le dévouement d\u2019un bandit devenu honnête homme, grâce à vous, d\u2019un obligé discret, peu encombrant, mais toujours prêt à se présenter au premier appel.\u201cVous ignorez Pari-, monsieur le chevalier; de loin, de bas, d\u2019où vous voudrez, moi qui ai dû en apprendre tous ses mystères, je vous mettrai en garde contre les traquenards de la ville et les mensonges dé la cour.\u2014- Matraque, dit le chevalier se décidant soudain, prends le baron Courmantel en croupe et marchez devant ; il nous con- duira vers l\u2019hôtel de Villeneuve-Marsan; il doit bien le connaître.9 Courmantel poussa un soupir, courut à la 'igné, réunit en un tour de main les quelques fripes qui figuraient sa bande et composaient son avoir, puis il revint prestement et se-hissa au poste qui venait de lui être indiqué.Alors, le coursier à la queue de mulot reprit par les terres labourées, vers Saint-Sulpice, suivi de près par la jument de Bernard et accompagné par.les jappements joyeux de Grain-de-Raison, qui ne savait à laquelle des deux montures accorder la préférence.En route, notre chevalier se fit donner des explications sur l\u2019emplacement de l\u2019hôtel, sur ses dispositions extérieures et sur son voisinage.Puis, lorsqu\u2019il eut appris tout ce qu\u2019il lui importait de savoir; d\u2019une pression sur le more, il retint son arabe de façon à rester un peu en arrière et à pouvoir réfléchir à ce qu'il allait entreprendre pour revoir Solange.Car il ne pensait qu\u2019à elle seule, il en eût fait le serment.Pourtant, chaque fois qu\u2019il fermait ses paupières pour fixer de mémoire les traits de Mlle de Villeneuve-Marsan, chose é-trange, entre sa pensée et l\u2019image désirée par lui, un autre visage moins altier venait s'interposer.Il voulait le chasser, revenir à son aimée.Impossible: la vision blonde de Gloriet-te troublait la netteté de la vision brune de Solange.III LA MAISON DS MIGNONNES Tout au bout du faubourg qui s-'était construit autour de l\u2019abbaye de Saint-Martin-hors-les-murs, se dressaient, en face l\u2019une de l\u2019autre, sur la berge de la Seine, regardant la Porte-Neuve, à peu près dans le quadrilatère formé aujourd\u2019hui par h quai Voltaire, les rues de Beaune, de Verneuil et des Saints-Pères, se dressaient, disons-nous, deux constructions de formes bien différentes et que leur voisinage rendait encore plus marquantes.La première, celle qui se tro i vait en contact immédiat avec la promenade du Préaux-Clercs, affectaiv par son architecture mauresque l\u2019aspect bien connu des Délidés and a louses.Sa façade ornée d\u2019une colonnade cintrée et surbaissée avait vue, par ses six arceaux, sur le palais des Tuileries.A l\u2019intérieur, les appartements, meublés de divans, de tabourets et de nattes, dans le goût oriental tournaient autour d\u2019une cour intérieure plantée en jardin et aboutissaient à l\u2019arrière-façade, n\u2019abritant que deux grands salons luxueusement tapissés, dont les fenêtres s\u2019ouvraient partie sur la cour plantée, partie sous une toiture en auvent terminant la construction, et destinée- à garer les chaises à porteurs ou les montures de la clientèle qui se donnait rendez-vous en ce lieu.Les écoliers de l\u2019Université, pour se moquer des moeurs italiennes affichées par le roi et ses favoris, avaient baptisé ce rendez-vous: la Mahon , «No «5, Montréal, 13 Juillet 1918 catholique que de nom.J'ai bien fait de rester ici.Dans la pièce si bien surveillée par Fex-eheval er d\u2019escorte des dames de Ville-neuve-Marsan l\u2019entente allait enfin sé conclure.Catherine de Médicis n\u2019avait point l\u2019habitude de voir discuter ses ordres et, bien que de pu s l\u2019avènement de Henri III, son fils préféré, eMe eût perdu beaucoup de son ancienne puissance, elle en gardait encore assez pour faire agir ses sé;des et mener à bien, du fond de la retraite qu-'el'e s\u2019imposait, ses multiples et secrets desseins.\u2014Seigneur lieutenant, dit le géant apoplectique, le, métier de questionneur n\u2019empêche pas un homme d\u2019être honnête; j\u2019ai toujours apporté beaucoup de scrupu\u2019e dans mes fonctions et personne ne peut me reprocher d\u2019avoir jamais agi de mon propre chef; mais du moment où il s\u2019agit du service de Mme Catherine.\u2014Et du bien de l\u2019Etat, mon bonhomme.\u2014Et du reste de l\u2019Etat.Parlez.Je suis à vos ordres.Gaspard Mouvette sourit.\u2014Tu deviens raisonnable et je t\u2019en félicite, fit-il.Ta résistance pouvait te conduire sur la claie que tu connais bien pour y avoir fait gazouiller tes nombreux clients.Voyons, tu sais tenir un marteau, des pinces, un trident?.Tous les outils de ton métier portent des noms affriolants et sont également bons pour tuer.Peaunoire eut un sursaut et ses genoux fléchirent.\u2014Serais-tu indisposé! s\u2019intéressa ironiquement l\u2019agent de la reine mère.\u2014Je ne suis pas un assassin ! \u2014E'h ! qui te parle de le devenir?.Alors, à ce compte, et puisque c\u2019est Madame Catherine qui ordonne.Ma dame Catherine serait donc meurtrière! Sous l\u2019auvent, en écoutant, traiter ces abominations avec un sans-gêne gouailleur.Coeur-d\u2019Amour était devenu d\u2019une pâleur de cire.Avait-il donc crainte?Oh ! non, c\u2019était, lia colère, une fureur blanche qui figeait son sang, contractait ses lèvres, enflammait ses yeux, agitait tout son corps do secousses fiévreuses.Pourtant, il ne bougeait pas.parce qu\u2019il se disait, tout erl tourmentant de ses do:\tmeurs, itp&ration, ni douleur.Nos 'verre, toric\u201d.noftrvsau style à ordre, sont garantis Pour bien voir de 'loin et
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