Le samedi, 1 août 1918, samedi 10 août 1918
[" JOURNAL ILLUSTRE HEBDOMADAIRE VOL XXX, No 9 \u2014Montréal, 10 Août 1918 LE NUMERO 5 Cents 0 - - ' ' , : ' 'v m ,., -j .-.¦ ¦ : v \u2022 : | ?v ¦XL; v'.' / X'-^V ^ «us ïÀï-y-wvtââ' mm ¦ > ' v- -.v?'***1 y % if; il aü \u201c JtesÉfelsfeKlteiifillÉ Pathé Film a LE SAMEDI Vol.30, No 9, (Montréal, 10 Août 1918 0 DES MALADIES CHRONIQUES .\t,\t.depuis de longs mots, de longues années, vous avez peut-être raison de désespérer, VOUS C|UI SOlltfreZ si jusquicl vous n\u2019avez obtenu aucun soulagement.-^MAIS est-il bien vrai que vous Vous êtes peut-être du nombre de ces milliers de personnes qui eouffrent et qui se croient vouées & la mort dans quelques semaines ou quelques mois,\u2014BIEN PEU, cependant, sont les personnes malades qui ne peuvent être guéries ou dont on ne peut prolonger les jours de beaucoup lorsqu'elles sont soumises à un traitement rationnel\u2014à un traitement qui est dirigé à la racine de leur maladie.Hllûllû\tnilû\ton!+\tla\tmala/jiû qui vous mine: tuberculose ou anémie\u2014dyspepsie ou maladie du foie ou y Uollt!\t(_|Uu\tOUI l\tId.\t[Md.ld.Ulu de l\u2019intestin\u2014asthme ou bronchite chronique\u2014troubles du système gé- nito urinaire ou avarie\u2014mal de Bright, rhumatisme ou diabète\u2014maladies du poumon ou du coeur\u2014quelle que soit l\u2019affection nerveuse ou autre affection chronique qui vous mine.VOUS POUVEZ ETRE GUERI Vous pouvez être traité avec satisfaction Rappelez-vous que toutes ces maladies aiguës ou chroniques produisent une altération profonde du sang\u2014 Il faut donc attaquer le mal dans sa racine, c'est-à-dire par voie sanguine.Ho ru lie\tQlv\tAne\tà l'Institut Gaube, nous avons traité avec succès des centaines et des centaines de mala- L/fc/1J UIO\t01X\tMil o\tdes\tqui se croyaient comme vous incurables.\u2014Elles sont venues chez nous en désespoir de cause\u2014après avoir tout essayé.Chez beaucoup d'entre elles, il n\u2019a suffi que quelques semaines de traitement pour obtenir un résultat permanent.CES RESULTATS BRILLANTS Nos méthodes de traitement nous les devons à ce que jamais nous dévions de notre règle de conduite: TRAITER Tires MALADIES DANS LEURS CAUSES.sont les plus\tefficaces\u2014les plus rationnelles\u2014les plus\trapides \u2014 parce qu\u2019elles\tagissent par voie directe.\u2014Dan certains\tcas, elles produisent une véritables résurrection.VOUS QUI HESITEZ Vous\tdont\tla volonté\test\taffaiblie,\tvenez\tnous voir en toute\tconfiance; nous améliorerons votre santé,\tsans vous faire dépenser\tdes\tsommes\tfolles.\u2014Dès\tles\tpremiers jours vous\tverrez se produire chez vous une réaction bienfai- sante\u2014vous voua sentirez revivre au fur et à mesure que nous ferons disparaître les toxines qui empoisonnent votre système, vous sentirez renaître en vous les forces perdues, les douleurs disparaîtront, l\u2019appétit voua reviendra\u2014Les articulations deviendront plus souples, vous-retrouverez un sommeil réparateur\u2014Bref, nous vous rendrons la santé dans tout son épanouissement.NOUS GARANTISSONS SATISFACTION Nous ne promettons pas plus que nous puissions tenir \\/rn IO ru l! Hm ltû7 de votre £uerison lisez le,s nombreuses observations qui suivent\u2014LISEZ\u2014RELISEZ les VUUo QUI L/UUluZ témoignages de personnes qui comme vous se croyaient incurable»\u2014vous verrez combien sont efficaces nos méthodes de traitement qui agissent par vols directe_______________par le sang.Nous attaquons le mal dans sa racine.Ces témoignages nous ont été donnés spontanément\u2014En reconnaissance de ce que nous avons fait pour elles\u2014Noue leur avons rendu la santé.PI,A LE TUBERCULEUSE DU BRAS GUERIE EN 4 TRAITEMENTS M Hébert, 074a Henri-JnUen, Montréal.\u2014Il y a environ huit 11ns, U La suite d\u2019un effort, » vu apparaître sous le bran droit une bosse qui d'abord fut ouverte par un médeein traitant.Au bout de 2 ans.on déclara le patient tuberculeux, qui, alors, no pesait Plus que 188 livres, après avoir pesé près de 200 Ibs.Ia> patient sur l'avis de son médecin, lit nno cure de repos A Old Orchard et dans les lanrentide*.L'état général s\u2019ntnéllora, mais la plaie SOUS le bras demeura toujours dnDg le même état.Il y a environ quatre ans, M.Hébert vint A notre clinique et après 2 semaines de traitement, la plaie s\u2019est parfaitement cicatrisée.Aujourd\u2019hui M.Hébert se porte & merveille.CAS D'ALCOOLISME INVETERE QUE NOUS AVONS GUERI EN 8 JOURS M.Archambault, 608a DeGospé, faisait usage de bolseon enivrante depuis de nombrenses années; A un point qu'il était rendu A boire presque sans interruptions de* mois entiers.Pin» de volonté malgré les meilleures résolutions, promesses snr promesses, avec chutes aussi fréquentes.Fatalement l\u2019alcool avait tellement miné m» système nervéux qu'il n'avait même pin» la force de vouloir.Dan» «on découragement, Il cet venu frapper à notre porte nous suppliant de lui rendre, si possible, 1» volonté qui chez lui était complètement éteinte.Après lui avoir expliqué comment il était facile de déraciner cette funeste maladie U f\"1™ ù noire clinique Immédiatement, et * Jours après U quitta 1 Institut Gaube plenrant de Joie, il était guéri.Depuis M.Archambault n\u2019a jamais irrts une goutte de boisson.Aujourd'hui on lui offrirait un millier de dollars qu'U ne voudrait na approcher de see lèvres an verre 4e boisson enivrante quelconque MALADIE NERVEUSE GRAVE GUERIE EN 1 MOIS DE TRAITEMENT * Sfc-H erménégtlde, oct , 1013.An médecin directeur de l'Institut Gaube, C\u2019est pour mol un© véritable joie de vous exprimer tout© ma reeonnalssanc© pour les heureux résultats que vous avez eus dans le traitement de ma maladie.Depuis Janvier dernier, la maladie nerveuse dont j'étais atteint m\u2019avait rendu tout travail à peu près impossible.Quand Je suis venu à l\u2019Institut Gaube, Je ne pouvais même plus écrire, tant ma main droite était tremblante ©t Instable.Le moindre effort m\u2019était une corvée, et la vie dans de telles conditions me paraissait impossible Aujourd\u2019hui, après un mots de traitement à votre institution, Je me sens parfaitement bien, je me sers de ma main, mes forces sont revenues, et je suis aussi bien et dispos aue jamais.En vous donnant ces quelques signe» de satisfaction, je crois remplir un acte de gratitude, OLIYAR GODDÜ, Bt-Herménégilde, Qué.EPILEPSIE DATANT DE DEUX ANS DISPARUE APRES DEUX MOIS DE TRAITEMENT M.Hector Paquet, 1084 Chemin Crémazle, commença à avoir des attaques d\u2019épilepsie 11 y a environ 8 ans.Les attaques se firent de plus en plus fréquente» au point qu\u2019il eut jusqu\u2019A 3 attaques par jour.\u2014Un ami de la famille conseilla à la mère du malade de le faire admettre à l\u2019Institut Gaube pour traitement.Après quelques jours de traitement, les attaques se firent de plus en plus rares et deux mois suffirent pour obtenir chez le pauvre malade, une cure complète.Depuis six mois, le malade est parfaitement bien, a repris son travail «t ne manifeste plus La moindre crainte.INSTITUT GAUBE (INC.) Pour la cure des maladies chroniques TeL St-Louis 8019\t1219 RUE Bureau 9 a.m.\u2014 9 p.m - SAINT-DENI; Dr N.- W.RACIOOT, Directet Consultations gratuites AVENTURES ARRIVEES AU MARECHAL DE CAS-TELLANTE.II y a quelques années, l\u2019on faisait la petite guerre au camp de Sathonay : le maréchal de Castel-lane.de légendaire mémoire à Lyon, commandait l'armée fraternise.Deux chasseurs, appartenant aux ennemis, avaient remarqué que, la veille de l'ouverture des hostilités, le maréchal était allé examiner un chemin creux qui tournait le champ de bataille.Ils ne soufflèrent mot de leur découverte, et, de grand matin, laissant leur régiment, ils allèrent s\u2019y poster.La bataille commença, et bientôt ils virent un régiment s\u2019engager, après s\u2019étire éclairé, dans le chemin.Cachés dans les broussailles, ils le laissèrent passer sans être vus.Un quart d\u2019heure après, arrivait le maréchal à cheval, seul, venant faire exécuter son mouvement tournant.Us lui bondirait à la gorge et le déclarèrent prisonnier.Puis, lui mettant un mou-choir sur la bouche, ils l\u2019emportèrent à l\u2019état-major ennemi.Le maréchal prisonnier, la victoire était remportée.Un autre se fût peut-être fâché.Castellane, remis en liberté, le soir, fit remettre 20 dollars à chacun des deux soldats.Cn autre jour, pendant la petite guerre également, le maréchal, selon son habitude, avait quitté son état-major et était,parti seul pour se rendre compte des mouvements de troupe et de la tenue de ses soldats.En traversant un ravin, il aperçut deux fantassins tranquillement couchés à l\u2019ombre, au pied d\u2019un arbre.\u2014 Que fai tes-vous là?leur cria-t-il de sa voix la plus terrible.\u2014 Maréchal, nous faisons les morts, répondit un des soldats.\u2014 C\u2019est très bien ! reprit de Castellane, et il piqua des deux.La spirituelle réponse du troupier l\u2019avait désarmé.LEÇON DE GRAMMAIRE Toto surprend sa soeur Lili fortement occupée à croquer un sac de pralines: \u2014 Oh ! Lili, dis, donne-moi-zen.Mademoiselle Lili, (d\u2019un ton sévère).\u2014 On ne doit pas dire : Donne-moi-z-en\u201d, mais \u201cdonne-moi-n\u2019en\u201d.Toto, plein de condescendance: \u2014 Oui, aonne-moi-en. tous les jours, excepté le *t3TTarl£ d'annonce fourni sur demande.POIRIER, BESSETTE & CIE.Propriétaires, 131, rue Cadteux Tél, Est 6281.\tMontréal.HEURES DE BUREAU.Les abonnés changeant de localité sont priés de noua donner un avis de 8 Jour», l\u2019empaquetage de nos sacs de malle commençant 5 jours avant de les livrer à la poste.Un an .Six mois .Six mois ABONNEMENT (Payable d\u2019avance) Canada et Etats-Unis Montréal et Europe Entered March 23rd 1908 at the Peat Office of St.Albans.Vt , aa second class matter under Act of March 3rd 1879.LE NUMERO S CTS Fondfi en 1889 JOURNAL ILLUSTRE HEBDOMADAIRE CARNET EDITORIAL LE NUMERO 5 CTS reprise plus ardue du travail lorsque les vacances prennent fin.Et cela est aussi salutaire ià nos chers petits enfants qu'à nous-mêmes car ils peuvent, sans réserve aucune, donner libre cours à I leurs ébats sur la digue, construire là des châteaux-forts, là des tunnels dans le sable chaud qui leur brunit les mains, ou courir à la rencontre des vagues sur la grève.C'est là pour leur âge une source inépuisable d\u2019amusements, de jeux qui les distraient en les fortifiant au souffle puissant et vivifiant de l\u2019air salé.Il faut que tous les parents qui ont la grande responsabilité de leurs enfants, songent, en autant que le leur permettent leurs loisirs et l\u2019état de leur bourse, à procurer à ces mignons petits êtres ,un séjour plus ou moins long au bord de la mer.L\u2019air salin possé-\u2019 dant la propriété magique de reconstituer et de développer les poumons, siège de bien des ma1 a dies ou affections débilitantes.J\u2019ai connu, dans les grandes villes de Belgique, des enfants rachitiques'à qui on n'aurait plus donné que quelques mois à vivre, sou par sou, durant toute\tpartir vers les plages de la côte où des villas scolaires, exposées l\u2019année, même en se pri-\tà la grande brise de l\u2019océan, avaient été construites, et restaient vant souvent de l\u2019indispen-\tentretenues, par certains puissants et généreux donateurs, j\u2019ai vu, sable, afin de pouvoir, la\tdis-je, ces petits êtres revenir, brûlés par le soleil et resplendis- saison des vacances venue,\tsants de santé, après un mois ou deux passés sur les bords de se payer une villégiature à\tl\u2019immensité aqueuse.Quelle leçon de charité chrétienne ces propeu de frais dans les sta-\ttecteurs de l'enfance ont donnée, par ce beau geste désintéressé, tiens balnéaires qui four-\tà l\u2019Humanité entière et je forme le voeu ardent qu\u2019il puisse éga- millent là-bas au bord de\tlenient, sous peu, être suivi au Canada, pays merveilleux qui la mer ou de l\u2019Oséan.\tpossède tant de familles nombreuses! L\u2019imagination populaire est ainsi faite de petits riens qui peuvent poser une famille aux yeux du commun des mortels; cela donne une importance colossale, cela en impose aux voisins, aux amis, aux connaissances de pouvoir dire du bout des lèvres, dédaigneuses de ce que les autres ne sont pas à même de faire: \u201cJe vais passer la (belle saison à Ostende!\u201d CTest là une gloriole qui ne fait de tort à personne mais qui parfois fait bien du tort à la bourse car, en général, la vie luxueuse que l\u2019on mène dans ces plages d\u2019été entraîne fatalement à des dépenses sérieuses, abordables seulement pour les personnes dont l\u2019état de fortune est suffisamment florissant que pour leur permettre de ne se priver d\u2019aucun plaisir, d\u2019aucune distraction aussi coûteuse quelle soit.Ce sont.là des favorisés du sort et vouloir les imiter ou les suivre dans leurs extravagantes folies, ce serait courir à la ruine.Mieux vaut paisiblement les regarder faire sans que l\u2019envie n\u2019accompagne oe regard.* * Le train de vif dans les stations balnéaires d\u2019Europe est fort onéreux tant les distractions y sont nombreuses, mais dans celles des Etats-Unis et surtout du Canada, il me semble que les touristes sont plus réservés dans leurs dépenses; on peut aisément y trouver un petit coin pas dher où il est possible de vivre simplement eu respirant la fraîche brise du large.Et n\u2019est-ce pas là tout ce que nous désirons?Que ce soit aux Etats-Unis à Atlantic City ou à Old Orchard jgeach, comme au Canada à Murray ®ay, Tadoussac, Batiscan et autres sites pittoresques et charmants, vous dénicherez toujours un emplacement riant, le long de la côte, où vous pourrez respirer à votre aise, à pleins poumons et vous faire griller au soleil si le coeur vous en dit.Un séjour dans de telles conditions, loin du bruit ou du -brouhaha qui accompagne toutes festivités mondaines, sera pour tout le monde une cure bienfaisante d air et de repos qui réconforte et prédispose I* corps et 1 esprit a une v ¦ - : ' T \u201d\tI 'v' ' \u2018 .: ' ' , \u2022' \u2014 nr mm.- , D\u2019ailleurs ce séjour à proximité des vagues vagabondes est aussi réconfortant pour les grands que pour les petits; ils ont toute liberté et tout espace voulu pour 9e livrer à coeur joie à l\u2019exercice de leurs sports favoris: pêche, lawn-tennis, \u201cfoot ball\u201d, croquet, canotage, \u201ccamping\u201d, \u201cgolf\u201d.Tous ces sports leur procurent, au bord de la mer, un surcroît de sensations agréables qui leur plaisent parfaitement.Et puis encore l\u2019heure du bain si pittoresque, si distrayante, si émouvante parfois, quand tout le monde, en famille, va se plonger dans l\u2019onde verdâtre, 'bercé au gré des vagues qui vous prennent sournoisement et vous font parfois frissonner de peur ; n est-ce pas là 1 heure la plus Charmante et la plus bienfaisante de la journée surtout quand la température est lourde et que l\u2019on éponge sans cesse de son front la sueur si incommodante qui accable les plue résistants.Oui, certainement, ce sont là de bien bonnes heures et rien que d\u2019y penser on voudrait y être, pas vrai, amis lecteurs?C\u2019est oe que je vous soûhaite de pouvoir réaliser le plus vite possible.M.Lambert.A LA MER kjb-fJ i\t-\t- .¦ ' ¦ .Je me rappelle, lorsque je me trouvais encore en Europe, les douces sensations que l\u2019on éprouvait lorsque l\u2019on avait pris la grande décision de faire à la mer un séjour plus ou moins prolongé suivant l\u2019état des bourses de famille, et j\u2019ai connu nombre de personnes peu favorisées par Dame F ortune oui éoarenaient 4 LE SAMEDI Vol.30, .No 9, Montréal, 10 Août 1910 LA FILLE DU CONTREBANDIER Sème Episode.-Lucienne en péril.1 Après une coûte rapide de quelques instants, îe parachute de Lucienne s'ouvrit et la descente s\u2019opéra doucement.Quelques minutes plus t .rd, la jeune fille flottait sur la mer et elle apercevait à proximité la lumière d'un navire- 2 De leur côté, l\u2019aviateur et le détective étaient dans une position critique; leur appareil descendait en tourbillonnant et sans qu'il fût possible de le contrôler- Eux aussi aperçurent à quelque distance les lumières du navire.3 Le bateau dont il s'agit projeta tout-à-coup la lumière de son phare et le capitaine fut bien étonné d\u2019apercevoir quelque chose d'étrange qui traversait le jet de lumière; 1*1 observa plus attentivement et reconnut ce que c\u2019était- TAC AU TAC 4 \u201cU.n aéroplane en danger,\u201d dit-il.Aussitôt il prit ses dispositions pour le secourir et fit mettre à la imer une embarcation qui devait aller recueillir .les passagers de l\u2019aéroplane quand celui-ci arriverait en contact avec l\u2019eau.6 Lucienne était maintenue à la surface par une ceinture de sauvetage fixée au parachute qui l'avait sauvée mais la .pauvre fille n'avait pas été aperçue par le .capitaine du bateau.(A suivre) PAS D\u2019EFFORT INUTILE L\u2019adjudant, a commandé à Pitou, soldat du train des équipages, de graisser les roues de sa voiture.A peine trois minutes plus tard, l\u2019adjudant repasse et trouve Pitou philosophiquement assis et fumant sa pipe.\u2014Eh bien, et eu graissage?\u2014C\u2019est fa it, mon adjudant.\u2014Comment., déjà?En trois minutes, tu as'pü graisser tes quatre roues?\u2014Les quatre, non.C\u2019est pas la pi ine.\u2014Pourquoi ?\u2014J\u2019ai graissé les deux de devant.Celles de derrière sont bien obligées de suivre! On offre à Durapiat de prendre des billots pour un concert au profit d\u2019une oeuvre de guerre.Il répond de sa plus 'belle plume: \u201cJe suis désolé, mais des engagements antérieurs m\u2019empêchent de participer à votre oeuvre.Tenez pour certain que je serai avec vous en pensée.A quoi nouvelle réplique: \u201cA merveille.Et en quel endroit voulez-vous que soit placée Mme votre pensée ?Nous avons d\u2019excellents fauteuils à partir de $2.00.\u201d EXCELLENT PRINCIPE \u2014\u201cFaites aux autres ce que vous voudriez qu\u2019on vous fit à vous-même/\u2019 N\u2019est-ce pas un excellent principe et n\u2019y croyez-vous pas?\u2014'Mon cher, si j'y croyais, je vous offrirais à l\u2019instant même de me prêter dix dollars.L ENTREPRENEUR MECONTENT Un commerçant cause affaires avec un de ses voisins, qui exerce la douce profession d\u2019entrepreneur de pompes funèbres.Il lui fa t la plaisanterie habituelle: \u2014Ah! mon bon, vos affaires mardlient toujours comme vous voulez; vous au moins vous ne craignez .pas la morte-saison.1 va ! L\u2019entrepreneur répond en hoohanl la tête: \u2014Je ne dis pas, je ne dis pas; il y a des moments où cela va assez bien.Mais, avec tout ça, voyez-vous, on ne peut pas fonder une vraie maison.On ne possède pas ce qui peut s\u2019appeler une clientèle; on a beau se mettre en quatre pour bien servir les gens, ils ne reviennent jamais, et c\u2019est là le chiendent! 1 Je ne changerai que le numéro, pensa Jos le vagabond.Ensuite, j\u2019entrerai et volerai l'habit.PRIS A SON PROPRE PIEGE 2 Ce qu\u2019il fit sans retard.Alcide revint de la mer.Mais ce n\u2019est pas mon numéro, celui-là, dilt-iL MA S Alors Xos le Vagabond sortit de la cabane et fut reQU par le tailleur qui lui demanda le paiement.L'habit n\u2019était pas payé. Vol- 80, No \u2022, Montréal, 10 -Août 1918- LE SAMEDI 5 * ,s.*< mm j-iwà £$ÈÉfM tæsSM >'iu \u2022 o-V* \"1 r,:\u2019- rh*/.' A TAAV£RS tes CVEWfMEWTS .PAS MOYEN DE FAIRE MIEUX! tÆl \u2014Vous ne voyez donc pas clair, Rosalie ?Vous m'apportez une bottine noire et une bot-tnie jaune.\u2014J'ai bien vu, monsieur, mais l\u2019autre paire est comme ga aussi.EXISTENCE DE DIEU Entre la poire et le fromage, à l\u2019hôtel Nappey de Russey, on discutait sur l\u2019existence de Dieu.\u2014Ah ça ! Messieurs, dit un voyageur de commerce qui se trouvait parmi les convives, comment, à notre époque, s\u2019occu.pe-t-on encore de pareilles vétilles?Quant à moi, je ne me figure pas du tout cet être mystérieux qu\u2019on appelle bon Dieu.\u2014Mossieu, répliqua l\u2019un de ses voisins, j\u2019ai chez moi deux chiens de chasse, un singe, un perroquet et un âne qui sont absolument du même avis que vous.LE PETIT CADEAU Montesquieu discutait sur un fait avec un conseiller fin parlement de Bordeaux, qui avait, de l\u2019esprit, mais la tête un peu chaude.Celui-ci, à la suite de plusieurs raisonnements débités avec fougue, «lit : \u201cMonsieur le président, si cela n\u2019est pas comme je vous le dis, je vous donne ma tête, \u201d\u2014\u201cJe 1 \"accepte, répondit froidement Montesquieu, les petits «présents entretiennent l'amitié.\u201d \u2014O\u2014 La dernière question que les philosophes sont à approfondir: Quel est le pl us grand (plaisir pour une jeune fille ?S\u2019entendre louer, ou entendre mépriser une connaissance ?! ! Adkuc mb judice Vs est!! Il y a trois degrés de folie\u2014censurer les faits dont on n\u2019est pas exempt; découvrir chez les autres les défauts qu'on n\u2019aperçoit pas chez soi ; solliciter une fa-veur inutile.En amour, ou ne quitte jamais que ce qu\u2019on remplace.Il y a des sourires qui blessent comme des poignards.ÉPITAPHE D\u2019UN RENTIER ET D\u2019UN INTENDANT Ci-gît, «qui vivait de ses rentes.Et, comme il est pour tous des places différentes, Ci-gît, un peu plus bas que lui.«Celui qui vivait des rentes d\u2019autrui.On a comparé le coeur à une harpe éolienne: un souffle suffit pour la faire vibrer; elle chante de bien tristes sanglots quand la voix du malheur l\u2019anime, La plupart des choses que nous désirons à diverses époques de la vie sont complètement inutiles quand nous les obtenons.Beaucoup de gens vivent et s\u2019agitent sans rien connaître du monde où ils font du bruit, à peu «près comme les mouches volent et bourdonnent sans savoir l\u2019histoire naturelle.J\u2019COMPRENDS PAS mmm \u2014Jo veux lui apprendre Vive la Canadienne.\u2014Mais, mon ami, il est anglais!.ANAGRAMME Jeune ou vieux, qui pourrait demeurer in- [sensible, Et partant, n\u2019être pas .pour lui pris de pi- [ t ié : Cachot, é va .-ion à grand\u2019peine admissible.S\u2019il fut.vraiment coupable, il l\u2019a «bien ex- [pié.Au temps déjà lointain de la guerre d\u2019Es- [ pagne, Un nom qui, de conquête, évoque le ta- [bleau : Avec lui lia victoire, en fidèle compagne, Met un fleuron de plus à notre fier dra- [peau.Solution: Latude-Tudela.Quel mal peut-il arriver à celui qui sait que Dieu «fait tout'«et qui aime d'avance tout ce que Dieu fait.\u2014Mme Swetchine, PENSEES Encourager un ami, c\u2019est remonter la pendule de son existence.\u2014Commerson.La société est un bazar où l\u2019on trouve trop souvent l\u2019article camelote.\u2014E.Mas-sière.« Toute erreur est fondée sur une vérité dont on abuse.\u2014E.Hello.* La pruderie est une contrefaçon de la sagesse.\u2014La Bruyère.L\u2019envie est à l\u2019âme ce que la rouille est au fer: elle le ronge,\u2014X.Marmier.ê Il est peut-être plus facile d\u2019être généreux «que juste.\u2014Doudan.* En se vengeant, on se rend égal à son ennemi; en lui pardonnant, on se montre supérieur.- o- Ne fais rien dans la colère.Mettrais-tu à la voile pendant la tempête?.Fais bien, tu auras des envieux; fa's mieux, tu les confondras.Aucune personne ne reste sans visite da'ns sa vie; si ce n\u2019est pas la fortune qui frappe à sa porte, c\u2019est le collecteur.«Le succès est un monument construit sur des ruines d\u2019obstacles.Le plaisir fatigue, le repos ennuit, le travail occupe.Ce n\u2019est pas avoir de l\u2019esprit que d\u2019en avoir «mal à propos.\u2014O\u2014 L\u2019amour ne doit être que le repos -du génie.Démocrite.ET LA MODE?#.e-1'p! Papa.\u2014Qu'as-tu à pleurer, ma petite Louise?Louise.\u2014C\u2019est maman qui a mis ma robe nouvel 6 LE SAMEDI Vol.34, No I, Montréal, 14 Aott 11 1/ s» SUR LA PLAGE LA CONTRE-ATTAQUE Elle.\u2014 Tu ne m\u2019as pas encore dit ce que tu penses de mon nouveau cost ume de bain.Lui.\u2014Du moment que l\u2019image me charme, l\u2019encadrement me plaît aussi! PROGRES MODERNE PAR SYMPATHIE BONNE GASCONNADE La vieille dame (à un vagabond).\u2014Est-ce que je ne vous avais pas défendu de revenir ici?Le vagabond.\u2014 J\u2019espère que vous me pardonnerez, madame, mais c\u2019est de la faute de mon secrétaire qui a oublié de biffer votre nom de ma liste de visites.C\u2019en est assez.Je ne puis pas endurer cela, je ne saurais croire que vous êtes un ministre.Regardez votre chien ce qu\u2019il fait a mes petits pois Mme Poulin.\u2014N\u2019es-tj pas d\u2019avis que ma nouvelle toilette est tout à fait merveilleuse?IM.Poulin.\u2014Oh! oui, mais combien a-t-elle coûté?Mime Poulin.\u2014Oh! je ne pense jamais à ce que ça coûte du moment que ça te plaît.ENTENDU SUR LA RUE \u2014Avez- vous des enfants, Baptiste?\u2014'Oui, j\u2019en al deux, \u2014'Ils sont probablement mineurs?\u2014Oh! non, Ils sont encore trop Jeunes.Le soir, au retour de la ckis9e, la mère dit à Louison : \u2014Tu n\u2019as .pas mangé ta poire ! Tu as donc été malade?\u2014'Non, m'aman.Mais ma petite amie Marie ne savait pas sa leçon et on l\u2019a mise au pain sec.\u2014Eih bien! tu pouvais partager ta poire avec elle ! \u2014Oh ! non, maman, puisqu\u2019elle était punie ! Mais, pour k consoler, j\u2019ai mangé avec elle mon pain sec aussi!.UN MENSONGE JOYEUX Une maman gronde son petit, garçon parce qu\u2019il est rentré très en retard de l\u2019école.La raison de ce retard, c\u2019est qu\u2019il avait été, avec des 'pet its camarades, prendre un bain à la rivière.Maman.\u2014'Pourquoi arrives-tu si tard?Enfant\u2014Parce que je suis tombé dans l\u2019eau.Maim'an.\u2014 lui dit le supérieur; seulement il ne veut pas mordre aux sciences exactes.\u2014Cela m\u2019étonne d'autant plus, répond la digne femme, que son père est l\u2019exactitude même : depuis vingt-deux ans.U n a pas manqué une seule fois l\u2019heure de son bureau.JUSTEMENT INQUIET Le Fermier.\u2014'N\u2019ayez pas peur.-Te vous ai déjà dit qu\u2019une vache n\u2019était dangereuse que lorsqu\u2019elle a perdu son veau.Le Touriste.\u2014Eh! mais c\u2019est justement ce qui m\u2019inquiète.J\u2019ai beau chercher, je ne vois de veau nulle part.UN DROLE DE CORPS Monsieur emmène sa femme en consultation chez le docteur.A peine assise dans le cabinet (lu médecin, madame commence un interminable récit «le ses multiples maladies\u2014pour la plupart imaginaires.Au bout d\u2019un quart d\u2019heure de ce discours, le docteur interrompt doucement sa cliente en lui disant:\t, \u2014Pardonnez-moi, madame, mais mon temps est précieux.Vous m\u2019avez raconté toutes vos petites misères, mais maintenant.Monsieur, vivement, intervient: \u2014Le docteur a assez entendu ta langue; maintenant il veut la voir.DEJA FAIT \u2014J\u2019ai coupé les jambes à un Prussien, disait un mobilisé à ses camarades.\u2014Pourquoi ne lui as-tu pas coupé la tête?\u2014C\u2019était déjà fait.Le client.\u2014Qu\u2019est-ce que vous avez?U garçon.\u2014Foie et cervelle de veau, coeur de boeuf .fl client__Je ne vous demande pas une description de vos par- ticîdaSSs physiques! Je désire simplement savoir ce que vous avez à manger.AU RESTAURANT \u2014Garçon, vos huîtres ne sont pas fraîches.\u2014Dame, Monsieur, j\u2019en savais rien; je ne suis pas dedans.\u2014C\u2019est le tort que vous avez, vous y seriez 'à votre place. 8 LE SAMEDI Vol.10, No 8, Montréal, 10 Août 181* p \\e ponvn :æ a.gkehstdi* ousr ff.rj/Tiji)EmLr /OUVELLE Le soir tombaii lentement, estompant de son ombre, les êtres et les choses.Des étoiles pressées de se faire voir, mettaient sur la surface polie des choix, des petits points d\u2019or.Une douce poésie se dégageait, montant de la terre, tandis qu\u2019un vent doux apportait dans son haleine, le parfum des lleurs mêlé à une pénétrante senteur des sous bois.La lune, à son tour, apparut dans son disque d\u2019argent, jetant sur la nuit, sa clarté de rêve.cette soirée de septembre était sublime, et l\u2019on sentait que la nature encore sous les charmes de l\u2019été, était toute palpitante d'amour.Qui n\u2019a pas vécu et saisi dans toute sa plénitude, le divin qui va jusqu\u2019à Dame, quand dans la nature recueillie, vous avez prêté une oreille attentive aux chants qui berçaient votre coeur, par un .beau soir d\u2019ombre.Tous, je cru s, avons ressenti au moins une fois cette griserie berceuse, exempte de tout soucis qui nous entraîne sans souffrir, loin de la réalité et de la vie.C\u2019était par un de ces soirs, où Dieu semble plus près de nous, que deux coeurs jeunes et pleins d\u2019une sève généreuse de vie, s\u2019étaient jurés un amour éternel.Répondant aux mots d\u2019adoration prononcés par Donatien, Germaine avait doucement penché sa tête brune sur l\u2019épaule de l\u2019aimé pendantqu\u2019un doux soupir venait à ses lèvres, disant ces simples mots, rendus plus solennels encore, par le charme qui flottait autour d\u2019eux : \u2014Donatien! Donatien! toujours.je t\u2019aime.Il pressa longuement sur son coeur ses petites mains fines avec une infinie tendresse.\u2014Adorée, dit-il, tu mets !e ciel en mon coeur.car moi aussi, je t\u2019aime !.pour toujours.Us restèrent assis sur la mousse verte près des grands arbres, et longtemps encore se dirent leur amour, répétant mille fois la même chose sans se lasser jamais.Il était neuf heures quand ce même soir, Donatien prit congé de la famille de Brienne qui -avait bu le thé sur la terrasse, et rien dans ses yeux, n\u2019avait laissé deviner au regard scrutateur de la -belle-mère de Germaine, la grande joie dont il était inondé.Comme il était le familier du château et qu\u2019il avait connu Mlle de Brienne toute fillette, on ne s\u201détait pas autrement préoccupé de leur conversation à voix basse, e-t nul n\u2019avait soupçonné leur doux secret échangé dans l\u2019ombre.Malgré le charme qui émanait de toutes ces beautés sereines, Madame de Brienne, peu sensible à la poésie, prétexta que la nuit devenait fraîche, qu\u2019un rhume pouvait se contracter, et qu'elle ne voulait pas risquer d\u2019empâter l\u2019harmonie de sa voix, et donnant le s ignal, de sa démarche solennelle, rentra au château.Tout le monde la suivit, étouffant, un soupir en jetant un regard de regret à la -belle terrasse, baignée à cette heure d\u2019une clarté quasi fantastique, projetée par la lumière, d\u2019énormes lanternes chinoises suspendues aux arbres.Il aurait fait si bon, de rester là à rêver un peu !.cependant, contre mauvaise fortune bon coeur.n'est-ce pas?et le sourire sur les lèvres, mais au fond très déconfit, on se plia au caprice de la \u201cprévoyante\u201d Madame de Brienne.J\u2019ai dit que tous jetèrent un regard de regret à la terrasse qu\u2019il fallait si vite quitter, c\u2019est trop dire; car il y avait une except on.C\u2019était Germaine.Elle, n\u2019attendait que ce signal pour aller se réfugier dans sa chambre, afin de songer tout à son aise, sans contrainte, loin du regard soupçonneux de cette belle-mère, aux grands espoirs qu\u2019une voix tendre, avait fait germer en son coeur.Que lui importait maintenant cette beauté du soir, puisqu\u2019il n\u2019était plus là, pour la partager avec elle.La nuit avait passé belle, toute -peuplée de songes; et quand les rayons du soleil vinrent, a-u matin, frapper ses paupières, Germaine regretta amèrement de ne pouvoir continuer son rêve délicieux.Trois heures après-midi, le soleil préside encore au zénith dans toute sa splendeur et répand sur les petits nuages blancs, flottant autour «le lui, comme des flocons de laine, un peu de son or fluide.Je suis dans ma petite chambre, la plus isolée du château, par ironie, Madame de Brienne, ma belle-mère, avec un grand \u2018\u2018B\u201d, l\u2019a surnommée \u201cnid d\u2019aigle\u201d, mais que m\u2019importe! J\u2019aime ma petite chambre, et.ses railleries ne me préoccupent pas fort.Voulez-vous ;a connaître?ah! je suis sûre que vous l'aimerez! D\u2019abord, \u201cnid d\u2019aigle\u201d lui va bien, en secret, j\u2019ai même adopté ce petit nom qui me plaît.Elle est située tout au haut des derniers pignons de la dernière tourelle.Jolie hauteur qui dépasse de beaucoup le faîte des arbres! et je crois qu\u2019en esca\u2019adant le grand mât, je pourrais facilement décrocher la lune!.Vous êtes d\u2019accord, n\u2019est-ce pas, que le nom que j'adopte ne pouva t mieux convenir à ma petite chambre?Entrez maintenant.j\u2019entends votre exclamation.Oh! mais elle est toute rose! mais oui, croyiez-vous donc que j\u2019allais la décorer de la même couleur que la robe des \u201caigles\u201d allons donc! je n\u2019aime pas le noir.\u2014Ah ! et toute lambrissée, d\u2019or.parfaitement, j\u2019aime l\u2019illusion, et toute garn e de meubles en bois de rose sculptés; avec aux fenêtres de superbes rideaux en point d\u2019Alençon, et des peintures d\u2019art., suspendues aux murs et sur les meubles des fleurs naturelles partout! partout!.\u2014Mais oui, mais oui, puisque je.l\u2019habite! c'est un nid d\u2019aigle, que de nom seulement, car il est rose et tout parfumé.C\u2019est cela .ma chambre que j\u2019aime, c\u2019est cela chez moi, où en pensée, vous venez d\u2019entrer.Ici.-quand ma fenêtre est ouverte, comme aujourd\u2019hui, je m\u2019y accoude et j\u2019écoute le bruit de l\u2019oiseau qui s\u2019envole, de l\u2019herbe qui se froisse, de la feuille qui frissonne, de l\u2019insecte qui bourdonne, et dans ce concert du créé, montant vers le Créateur, j (deye mon âme vers Dieu, car je me sens près de lui.Ç est ici, dans mon petit nid suspendu entre ciel et terre, que j aime à me souvenir de Donatien, il me semble que je l\u2019aime mieux, et que la laideur de la vie, n\u2019a pas de prise sur mon beau rêve.Château de Brienne, 27 septembre, .1 I Cher petit journal, comme tu dois me trouver ingrate n\u2019est-oe pas t en effet, il y a si longtemps que je n\u2019ai ipas ouvert tes pages.Mais pardonne-moi, j\u2019étais si heureuse, que la folie dans laquelle je vis, m\u2019a un peu tourné la tête, à tel point que je me demande si cette griserie ne se dissipera pas un beau jour, laissant mon pauvre coeur (bien meurtri! vois-tu mon amour est si beau, si complet, que j\u2019ai peur qu\u2019il ne dure pas* -Vol- 30, Né 9, Montréal, 10 Août 1918- LE SAMEDI 8 J entends ta petite voix compatissante me demander non sans émoi, mais; a merais-tu ma pauvre Germaine?\u2014Eh! bien! oui, la franchement, je vais te le dire: j\u2019aime!.j\u2019aime, avec toute !a force de mon être, avec l\u2019é an irraisonné, du premier amour.AJij Donatien! Donatien!.\u2014jNe me gronde pas, petit journal, vois-tu, s\u2019il venait à ne plus m a mer, je sens que je serais capable d\u2019en mourir, mais comme je ne sais pas s\u2019il me trahira un jour, je ne pouvais refuser d\u2019écouter ses mots d\u2019adoration.Il paraissait si sincère, ah! non, Donatien m\u2019aime, et ne me trahira pas! D 'ailleurs, sans le savoir moi-même, mon coeur, depuis longtemps lui appartient.Ah! je l\u2019ai bien sentie là, quelle place il occupait.Puis, c\u2019est si bon l\u2019amour! c\u2019est le grand fantôme berceur, qui rend plus doux les chocs de la vie.Moi qui ai bien souffert de l\u2019isolement, puisque je n\u2019ai pas de mère, je suis avide de sentir de l\u2019affection, et vraiment je n\u2019ai pas eu le courage de repousser la sienne.Peut-être, suis-je destinée comme le papillon qui, en quête d\u2019un peu de lumière, brûle ses ailes à la flamme.Qu\u2019importe! le coeur de ta Germaine ne s\u2019appartient plus, je subirai mon destin .je l\u2019aime! Oui, petit journal ami, un grand vent doux a soufflé sur mon coeur et tout au fond, des fleurs d\u2019amour insoupçonnées ont tressailli.Tout au fond de mon coeur, des fleur* d\u2019amour, insoupçonnées, ont très sailli.ia » .¦ ¦ ¦¦ \" ' ' .¦ ¦ ¦ \" y .V-V*¦/.¦»,, .:/ : : - ; î - ' - i m g mm \u2022 ¦ ¦ \u2022 » ~~~ «K 3 i-: .¦: ¦¦ ¦ .À .\u2022.il.Un grand rayon éblouissant comme mille feux de rubis s\u2019est, levé,-éclairant ma nuit.Oui, l\u2019amour avec de grandes prunelles de flammes, veille, tout au fond de moi.Depuis que je sens, que je ne suis plus mie indifférente pour Donatien, depuis qu\u2019il a regardé avec tendresse, ce pauvre petit oiseau tremblant, toute ma vie est comme révolutionnée-, au point que j\u2019en oublie la réalité.Les Chagrina, même les coups dégriffé de la superbe Elza.\u2014 Élsa était sa belle-mère\u2014me laissent indifférente, je ne souffre plus de l\u2019isolement, puisque sa pensée remplit mes heures solitaires, ah! je suis bien heureuse!.C\u2019est lui ma raison de vivre, il est mon prince! je l\u2019adore, il est ma pensée, l\u2019air que je respire et le tout de mon existence se résume ainsi : Donatien ! Donatien !.Ah! mais que je bavarde, trouves-tu, petit journal?Vois-tu, tu es un ami si inlassable, toi seul m\u2019est dévoué et si bon 1 que toujours, c\u2019est sur ton épatée, que i aime à pencher mon front endolori ou à soul agi r mon coeur de cette trop grande ivresse, qui le rend las.Un petit mot encore, et le bab l de la Germaine cessera.c\u2019est, que je ne l\u2019ai pas dit, i! vient ce soir.qui, Donatien ?\u2014Oui.Donatien!.mon beau héros, car i! y a grand bal au château, chose étrange, ta petite Germaine y assistera.\u2014Hein! faut-il qu\u2019il m\u2019ait changée tout de même! c\u2019est à renverser le monde.Moi qui fuyais les fêtes comme une petite, \u201cdinde\u201d me vois-tu endosser l\u2019uniforme, et bravement, me mettre sous les armes, pour qui?.pour Donatien ! Je me sauve, ad i- n petit journal, je viendrai te dire mon succès de ce so r.Je crois que je mettrai ma petite robe rose, on me trouve belle ainsi, tu sais, je ne suis pas coquette, mais je tiens a lui plaire.\t_\t1 Château de Brienne, 29 septembre .Reprenons notre causerie, petit ami, je t\u2019avais promis de venir te donner des débris sur le grand bal d\u2019avant-hier, tu vois, je suis exacte et j\u2019ose croire que, cette fois, tu ne me trouveras pas ingrate.Seulement, je ne serai pas si bavarde que l\u2019autre jour! tu corrp nrends.le surlendemain d\u2019une fête comme celle-là, on n\u2019est pas 1 Sen en verve, on a ! \u2019esprit lourd et le corps las.Donc tu veux savoir?eh! bien! i \u2019ai été superbe ! un succès fou! et tu intends, j\u2019ai été\u2014sans vantardise\u2014\u2019a petite re ne de ce grand bal.Oh! comme e\u2019ies se sont vite envolées, ces heures délicieuses; heures d'enchantements rapides.*.Ah! il m\u2019était doux de parler, d\u2019agir, sous la tendresse d\u2019un regard hue je sentais posé sur moi.Oui, Donatien était là, et il parait si bien à ta -petite amie!.que je laissais mon âme errer doucement series ailes du songe-, pendant que j\u2019admirais, un peu1 trop, peut-être, le foyer lumin ux de ses prunelles d\u2019or.Ma\u2019gré toute ma bonne volonté de lutter contre cette grande ivresse, mes derniers souvenirs reviennent, en moi, s\u2019imposent à mon coeur, avec une force, une intensité qui me fait peur.Je me sens comme emporter, dans un tournoi si effarant, que j\u2019en ai le vertige, et sans force contre mon amour vainqueur, je ne pu s que répéter en cette folle inconscience : je l\u2019aime! je l\u2019aime!.E a presque toujours dansé avec moi.seulement deux fois, par politesse, il a valsé avec ses cousines, deux jolies personnes.mais je n\u2019étais pas ja\u2019ouse!.d\u2019aiPeurs, par-dessus leur épaule, i m\u2019a gratifiée d\u2019une oeillade qui me rassura.De nouveau, il fut mon cava\u2019 er.Oh! la griserie de me sentir isolée avec lui dans la grande foule, au milieu des paffums et de \u2019a musique.troublante.Hé a- ! je crois que Donatien a été trop assidu près de moi, car belle maman m\u2019en a passé, la remarque, et si le soupçon de noir cher secret n\u2019a pas traversé son esprit, je crains qu\u2019il ne soit pas \u2019o n de l'effleurer.Le comte -le Flavigny, disait-elle à mon père, ce matin au déj( uner.de sa voix ironique: \u2014-Mon cher, je trouve qu\u2019il a dansé avec el\u2019e p\u2019us souvent qu\u2019à son tour.votre Germaine a éclipsé ma gentils Irma ma bel\u2019e fauvette, d\u2019ailleurs, Germaine l\u2019a bien agréé, n'est-ce pas, mignonne, d t-elle, se tournant vers iin>;.Je coni'-nuai à boire mon chocolat, la figure obstinément enfon e dans mon ho\u2019.et ie ne répondis pas.Mon père, gentiment détourna la convcr a! 'on, heureusement! car je préparais une répon-i- foudroyante.Tan* qu\u2019à Irma, \u2019a \u201cgentil\u2019e Fauvette\u201d, elle grignottait des amandes d'un a'r pincé.Je crois qu\u2019elle n\u2019était pas contente.Le reste du déjeuner s\u2019est terminé, et la conversation roula sur -les choses banales.Madame de Brienne.nous a gracieusement mis au courant des be\u2019les toilettes qu\u2019elle voulait commander, -une robe à t raine, une mantille d\u2019opéra, un chapeau à plumes; et tout le tra-la-la.elle voulait bien ne pas faire rougir \u201cses chéries\u201d C\u2019était com ijue de la voir tout détailler, avec un sérieux imposant, et, sous un prétexte futile, je me suis vite sauvée pour ne pas pouffer de rire!.ê *.Le Comte, de Brienne.descendant d\u2019une noble famille, qui a fourni des Rois à Jérusa\u2019em, tel que Jean 1er qui fut un des plus illustres du moyen âge, habitait avec sa famille, l\u2019illustre demeure de ses aïeux.Le château de Brienne était comme son histoire, très ancien.L\u2019intérieur était, d\u2019une richesse inouïe; d\u2019un luxe raffiné, qui faisait dire un jour, à une charmante marquise qui avait un tabouret au palais royal : \u201cVraiment, Madame la Comtesse, vos salons éclipsent en splendeur, ceux delà Reine de France.\u201d\u2014(A suivre,) 10 LE SAMEDI Vol.3'0, No 9, Montréal, 10 A»Ût 1918 LES AGREMENTS DE LA VILLEGIATURE iüauüt! Apporté la, ta.fe tu rt &t qu< aul$ livres rte en fs Leen te H'tst pas (bon ici.-.» - \u2022 » C'est Carre cl, ma chert \\ j\\ pfoorte-Moi'CLus si, des fruits.Du ne peut pas en çaroi r it\\ a ricins de tes acheter en boîtes Lest correct Plainteyiant prendsf 2a Va lise qui en, dessous du Ht et remplis la.de po is, fl irres et de carottes.Chose.Z Trends la boîte qui est dans îa, eka-mfbrs de pain et remplis hz d oeu fs fra z s et dp lait.Tas Mûi/enA da.cn.eter ta.ict.! \t4 utrt \t(those Z S \"ÏTÔ- h)\tM
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.