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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 29 juillet 1922
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1922-07, Collections de BAnQ.

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SasS Si& >.-.- ; S < KJRNAL ILLUSTRE LIRE NOTRE ROMAN! «LOINTAINE REVANCHE\u201d 10 cents LE NUMERO VOL XXXIV, No 8 \u2014 Montréal, 29 juillet 1922 ïiyonng pariouf WK/M MSm «HALIFAX ^QW é tS£tfapZZ*ertff.WM.CQW *C TÜWTOO W1 CO>«r\\OjOWj| -'&co wm QojÿjifzyHùcA T5owicOivwM.oow * co.'M-DftW*Cfl«tTO^Vg VERS les ' ANTILLES & / L ANiERIQ UE DUS UO mûrie a point /Débordante de rie, elle galvanise ténergie du corps contre la détaillant mm 3SS ÿsm WmÊm mm ¦¦¦¦¦B ¦¦B mm ,ÛI«J mtttttttatmmtatttmattmtÊittÈaaùtÊaatmattaattatÊÊÊ Vol.34, No 8, Montréal, 29 juillet 1922 ïol.34, No 8, Montréal, 29 juillet 1922 LE SAMEDI n* tac' : T, 1 ¦ LUX pour les fins tissus Si vous avez quelque chose de particulièrement joli et délicat, et que vous ne tenez pas à envoyer avec le lavage régulier, vous pouvez le laver sans inisère, en un clin d\u2019oeil, avec du Lux.Grâce à notre procédé exclusif de fabrication, les fines et blanches paillettes satinées du Lux se dissolvent en le disant pour se réduire en une mousse riche, pleine de bulles, aussi inoffensive pour les étoffes fines que l\u2019eau pure elle-même.Le Lux n\u2019a pas son pareil pour laver le linge fin.Il ne se vend qu'en paquets fermés\u2014 à l\u2019épreuve de la poussière I LEVER BROTHERS LIMITED Toronto 228F 3 Un Monsieur indique gratuitement à toute personne souffrant de Rhumatisme, douleurs de reins, un remède nouveau l\u2019a guéri lui-même en peu de temps.Gela est la conséquence d\u2019un voeu.Ecrire boîte 66, Station N, Montréal» qui Wltl LU * Rafraîchit et Cicatrise les Brûlures, etc.Envoyez 2c.pour échantillon ou 10c.pour grand tube d\u2019essai.THE MENTHOLATUM COMPANY rue Lewis, Bridgeburg, Ont.CONCOURS PROJETS D\u2019AVENIR Entre boursiers : \u2014Que penses-tu gagner à la fin de ce mois?\u2014La frontière.\t(Le Furet.) TROP DE PRESOMPTION \u2019 % Ronne.\u2014Voyons Jacques, soyez sage et dormez.Rappelez-vous, qu\u2019il y a un ange très doux qui veille sur vous.\u2014Jacques.\u2014Allons, ne vous croyez pas tant que cela.(J.G.B.) DU MEME AVIS Rose.\u2014Edmond .dit que j\u2019ai la plus belle bouche qu'il n\u2019a jamais vue.Emile.\u2014Oui, je le crois, aussi, je mettrai la mienne contre la vôtre n\u2019importe quand.\t(J.G.B.) REPOS DOMINICAL Un Juif était tombé dans un puits.Un chrétien, pour l\u2019en tirer, alla chercher une échelle.\u2014Non, non, répondit le Juif, je n\u2019ai garde de monter sur ton éidhelle; c\u2019est aujourd\u2019hui le jour de sabbat.Il resta donc enfoncé dans l\u2019eau jusqu\u2019au menton; et le lendemain matin le chrétien vint savoir comment il se trouvait d\u2019une nuit si fraîlehe.\u2014L'échelle! lui cria le Juif, au nom de Dieu, rapporte f échelle! \u2014Le ciel m\u2019en préserve! répondit le chrétien, ne sais-tu pas que c\u2019est aujourd\u2019hui dimanche?Tête du Juif i\t\u2022 (A.G.) ENTRE FINANCIERS Un vendeur d\u2019actions entre chez un boursier et lui demande : \u2014Combien valent vos actions ?\u2014Rien, pour le moment.\u2014Et plus tard?.\u2014'Plus tard.elles vaudront cinq ans de prison.(Le Furet.) TOUR DE VITESSE L\u2019Américain.\u2014Chez nous les chars vont tellement vite que lorsqu\u2019on est dedans les poteaux de télégraphe ressemblent à une clôture.Le Canadien.\u2014Mord bleu! c\u2019est rien ça, chez nous lorsqu\u2019on se promène dans les chars et qu\u2019on passe devant un champ de pois et 4 côté d\u2019un lac, on passe si vite qu\u2019on dirait que c\u2019est de la soupe au pois.\t(Manche de Hache.) MALADIE INCONNUE Un jeune homme, après un long séjour dans les chantiers revient chez sa vieille mère en se plaignant d\u2019une maladie étrange qui le faisait souffrir horriblement.Sa mère s\u2019empressa de faire venir le médecin qui déclare que la maladie est très grave: c\u2019est, dit-il, \u201cle péritoine qui est crevé, et les intestins s\u2019échappent pas là\u201d.La voisine curieuse d\u2019avoir des nouvelles se hâte d\u2019aller voir la mère du malade, et s\u2019informe de la maladie du patient.C\u2019est une maladie bien grave, répond la mère, c\u2019est le \u201cPère Antoine qu\u2019il a de .crevé, et les Philistins passent tous par là.\u201d (L.A.Raison.) Dema-ndez le livre gratuit donnant de* reuse ign«-meiîts complète au sujet de la CRISES préparai! o n Trench wiilvertsellement réputée contre l\u2019épilepsie et les oonrvulliskxnjs Slmjple ùraitetnæat domestique.Blue de trente «uns de succès.Témoignages de toute® les parties du monde, plus de 1,000 en un «n.Ecrivez irnmédia.bernent à TRENCH\u2019S REMEDIES LIMITED.2807 St Jaunies\u2019 Cha/mbers, 79 Adelaide St, B.Toronto, Ontario.(Découpée œcï) V UNE BELLE TAILLE aux ligues harmonieuses l'orgueil de toute tara m © @®t fiessu r é ©, Madam® ou M a d e m oiselie, par î\u2019iu\u20192se,g.e régulier dee .-\u2022*?famepse® PILULES PERSANES de Tawflsk Hazis» de Téhéran» Perse, $1.00 la boîte ; 0 boîtes pour $5.#8, La Société des Produits Persans Agent: Pharmacie Modèle de Goyer 180-est, rue Ste-Catherine, Montréal N.B.\u2014 Quand vous envoyez de T argent faites remise par mandat-poste et faites recommander (enrégistr&r) votre lettre.Chemin de Ber du Grand Tronc MONTREAL, TORONTO, HAMILTON Double voie sur tout le réseau.Le train de nuit quittant la station Bo-naventure chaque jour à 11 heures offre aux voyageurs un .service excessivement soigné entre Montréal, Toronto et Hamilton ; il arrive à Toronto à 7.30 a.m.et â Hamilton à 9.03 a.m.Pour le retour, le départ de Hamilton a lieu chaque jour à 9.10 p.m.; de Toronto â 11.00 p.m et le train arrive à Montréal 'à 730 a.m.chaque jour.Wagons-salons et wagons-lits entre Montréal, Toronto et Hamilton sans changement; compartiments pour réunions et pour passagers entre Montréal et Toronto Un des agréments particuliers de ce service consiste dans les wagons-lits (avec lavaibos à chaque extrémité) entre Montréal et Toronto, réservés pour hommes seulement Pour retenir ses places et pour informations plus détaillées, s\u2019adresser au Canadien National \u2014 office pour la vente des billets du Grand Tronc, 230, rue SainLJaoques.Main 3620, 15c LE NUMERO DANS TOUS LES DEPOTS UN ASTRONOME La dame.\u2014 Il n\u2019y a pas beaucoup d\u2019étoiles au ciel ce soir; le ciel est tout bleu.Le monsieur.\u2014 Oui, madame, il n\u2019ÿ a pas une tache.Le ciel ressemble à un habit qu\u2019on reçoit de chez Déchaux, il est net et propre, car vous savez que Déchaux frs, 197-est rue Ste-Catherine, entre Sanguinet et iSteiElizabeth et à 710-est, rue Ste-Ca-therine, entre Pu net et Visitation sont les meilleurs teinturiers et nettoyeurs au monde.(Demandez le catalogue gratuit à Tune des deux adresses.) . LE SAMEDI Vol, 34, No 8, Montréal, 29 juillet 192 LA VERITE Le magistrat (au constable).\u2014 Vous n\u2019avez vu aucun individu passer dans les alentours la nuit dernière?Le constable.\u2014 Non, son honneur.Je n\u2019ai vu qu\u2019un homme et je lui ai demandé ce qu\u2019il faisait là, alors il m\u2019a répondu qu\u2019il avait l\u2019intention d\u2019ouvrir un magasin de bijouteries dans les environs.Le magistrat.\u2014 Que lui avez-vous répondu?Le constable.\u2014Je lui ai souhaité bonne chance.Le magistrat.\u2014 Il l\u2019a eue.Il est entré dans un magasin et a volé pour plusieurs milliers de dollars de bijoux.Le constable (consterné).\u2014 Eh bien, son honneur, cet homme était peut-être un voleur, mais ce n\u2019était sûrement pas un menteur.DEVINETTE OHiBZ L\u2019ARTISTE , I.!; L\u2019artiste.\u2014 Croyez-vous être capable de garder la même position durant une heure de temps?Le modèle.\u2014 Oui, monsieur.L\u2019artiste.\u2014 Vous en êtes certain?Le modèle.\u2014 J\u2019ai déjà gardé la même position durant trois heures.LE JEUNE HOMME TIMIDE Joseph.\u2014Mademoiselle, est-ce que je pourrais vous embrasser.Lucienne.\u2014Mais certainement, allez-y.Joseph.\u2014Oh, je demandais cela pour rire.LA LEÇON Le professeur.\u2014 Le x:uir vient de la vache, la laine du mouton.Avec la laine on fait du drap et avec le drap on fait des habits.Maintenant, Marcel, peux-tu me dire avec quoi est fait ton habit?Marcel.\u2014 Avec le vieil habit de papa.APRES L\u2019ACCIDENT -Quelles sont les femmes les plus légères?-Les femmes de Liège, (Belgique).DANS LE MENAGE \u2014Oui, mon cher, j\u2019étais tellement défiguré que je ne me suis reconnu que par le timbre de ma voix.\u2014Tu l\u2019as fait.\u2014Je no l\u2019ai pas fait.\u2014Oui, tu l\u2019as fait.-\u2014Non, je ne l\u2019ai pas fait.-\u2014Eh bien, un de nous deux est un affreux menteur.Mais il y a quelque chose qui me retient pour dire qui c\u2019est.\u2014Oui, la modestie.POURQUOI IL VEUT VENDRE \u2014Pourquoi voulez-vous me vendre votre cheval si bon marché?\u2014Simplement parce que la semaine dernière il a tué ma femme d\u2019une ruade, maintenant que je suis veuf, je n\u2019en ai plus besoin.u - l'j-h irir/r\u2019iLi APPARTEMENTS MODERNES 1 ^ i Te/\u201d y > \u2022 Vf; h - \u20141 m an T/; \u2014\tIl paraît que ça va mal dans le ménage de Rosette et de 'Pierre?\u2014\tOui, depuis qu\u2019ils sont rendus dans leur nouvel appartement cela ne va plus dans le ménage.\u2014\tMais pourquoi?\u2014\tLeur appartement est tellement étroit que Pierre ne peut pas se croiser les jambes sans donner un coup de pied à sa femme.SOUVENT Èrnest.\u2014 Charles prétend qu\u2019il est né pour commander.Lucien.\u2014Oui, il y en a beaucoup qui sont nés pour commander mais qui doivent tout de même céder sous le commandement de leur femme.OUI, SI.Estelle\u2014Penses-tu qu\u2019il est bon qu\u2019une jeune fille se marie jeune?Denise.\u2014 Si elle veut devenir veuve jeune, c\u2019est indispensable.RENSEIGNEMENT -Combien y a-t-il de mille d\u2019ici au prochain village?-Trois milles à pieds.-Et en auto?LE MOYEN \u2014Comment pourrais-je empêcher ma cheminée de fumer ?\u2014Donne lüi un des cigares que tu viens de m\u2019offrir.LEiS BONS PETITS GARÇONS A T 353 \\/ r 1.\t\u201cTu vois le 'bon petit Jean s\u2019instruit en lisant son Samedi ; les enfants studieux sont toujours récompensés\u201d, dit Pierre à Marcel.2.\tMais Marcel ne pensait pas ainsi, aussi pour faire une blague à Jean, il sauta sur l\u2019autre bout de la planche où se trouvait Jean.3.\tImmédiatement Jean fut précipité sur le mur où il put atteindre les branches du pommier et manger d\u2019excellentes pomm°s.Les enfants studieux sont toujours récompensés. N Vol.34, No 8, Montréal, 29 juillet 1922 LE SAMEDI 5 N E 1 !eM| U ] # batin', fait j|| >' Mais] quoi eti! ipa, ss pré-l i poiiîl y ew lot m nais H snie è\\ ne, ABONNEMENT AVIS (Payable d\u2019avajiœ) Excepté Montréal et banlieue ABONNES NOS Un an .Six mots .Trois mois Heures de bureau 8.30 à S.30 iiiiiihiiiüiiii iiiiiuiiiiiiiiiiniii :nnmumiimnt:innnnni.\u2022*mni.ni; ih idi\"¦iiiiiiiiii.)iiiiliii;iiii-Miiitiiiiii;iiiiiiiiH0ii:».iiiiiiiiiiiii:iniiHinitii»ii;iinH;i»ni.iiii»mii>uiiiiiHHiniiii»iViiinriimi\u2018i.niinii»»'nidimiiniiim:inliiMi.H7i.' iiiiiuiiin;iiiimiiiniiiiiiniiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiniir- .niniiiiimiii.ii'ininniiiiiiii.iiniint iHMniiM.iHiiiiiiiiiiiiMiii»itHniiuiMii»;u»iiiirnüw't:7i7iri»iiiiniiiiiiiciiTïïiiiiniiiitiiiitM»m»»»,iluH»»i:iit:n»iMr.V: ;iiiiii[iuiiiniiiiiiiiiniiiiniiiiiiiiiiiiiii|iniiiiiiiMiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii;iiiiiiii);iiiiiiiinii; ,iiiiiii:iiiiiiiiimmniiiiiiiii.iiiiiiiiiini:ii|iiiii|ii: iiiiiiiiiiiiimiiiiniiiiiiiiiiiiiiiîiuiinini; MIIMIHIIIIIIIII- 11 h : : 11111 ¦ ; 111111 n m n 11111111111 n i \u2022 n i r Les abonnés chan-greant de localité \u2022ont priés de nous donner un avis de 8 Jours, r empaquetage de nos sacs de maille commençant E Jours avant de les livrer & la poat».Le earned!: 8.30\t& midi.10 eu LE NUMERO\t10 cts LE NUMERO 3k'$cm&Ai> (Fondé en 1889) POIRIER, BESSETTE & CIE, Propriétaire* 129-131-133 rue Cadieux, Montréal.\tTel Bell Est 6281 Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879.'ilj Carnet M_ Editorial LA PASSION DES LIVRES Ce chroniqueur est bien injuste et bien méchant «qui vient d\u2019écrire quelque part que du bibliomane au bibliophile, il n\u2019y a que la différence du sot au sage.Il se montre impitoyable pour des gens très doux et de commerce agréable qui appartiennent 4 l\u2019une des branches les plus intéressan- tes de l\u2019immense famille des collectionneurs.Le bibliomane, comme chacun sait à peu près, est cette personne qui a la passion des livres pour eux-mêmes, pour leur rareté, leur impression, leur reliure, mais peu ou pas du tout pour les sujets et matières qu\u2019ils traitent.Le bibliophile, au contraire, recherche les livres pour leur utilité intrinsèque.Le contenant l\u2019intéresse sans doute un peu, mais jamais au détriment du contenu.C\u2019est ce qui le distingue du bibliomane.Le bibliomane ne lit pas, c\u2019est son trait caractéristique.Sa folie (un auteur bien-pensant ayant dit dans sa froide sagesse que la bibliomanie la plus relevée et la plus auguste n\u2019est pas exempte de folie), son excentricité, non certes sa sottise, tous les hommes étant un peu fous sans être tous sots, consiste à vouloir étager sur les tablettes de sa bibliothèque ou dans les tiroirs de ses meubles les livres les plus rares et les plus somptueux, incunables, vieux maroquins, petits fers, éditions originales des classiques, etc.Ces livres qu\u2019il amasse ainsi en grand nombre ou un à un avec ses maigres économies, le bibliomane en caresse la peau de chagrin amoureusement et pour qu\u2019elle se garde douce l\u2019habille de liseuses gaufrées.Le bibliomane recherche les livres-rares, ce qui est déjà une marque de distinction et de délicatesse.Les livres communs qu\u2019aime le vulgaire ne l\u2019intéressent pas.Le bibliomane peut être un excentrique ou un demi-fou, mais non un sot.Il n\u2019est pas plus excentrique ni pins fou même que tous les autres collectionneurs du monde.Et de tous les collectionneurs, étant le plus cultivé et le plus délicat, il nous semble mériter, non du dédain, mais une certaine considération.On respecte les philatélistes ou collectionneurs de timbres-poste, les collectionneurs de médailles, de pipes, de clochettes, de couteaux, de blagues, de pots à tabac et même de cuvettes de cabinet, et l\u2019on se moque du bouquiniste.Le bibliomane a sa manie.Geux qui n\u2019ont pas sur terre une petite manie, une toquade, ou ce que l\u2019on appelle un violon d Ingres, c\u2019est-à-dire une préoccupation tout à fait étrangère à son métier ou sa profession, doivent rudement s\u2019ennuyer.Sans doute vaut-il mieux se montrer véritablement sage, être un bibliomane modéré et un bibliophile extrémiste, mais pourquoi tenir pour des sots de braves gens qui ne peuvent se distraire de la monotonie de l\u2019existence autrement qu en fourrant leur nez et leurs mains dans les boîtes et les étalages des bouquinistes ?Personne n\u2019a mieux défendu les bibliomanes du rigorisme des chroniqueurs que M.Bergeret dont nous citons quelques extraits d un excellent article qu\u2019il écrivit sur eux : \u201cJ\u2019ai connu beaucoup de bibliomanes dans ma vie, et je suis certain que l\u2019amour des livres rend la vie supportable à un certain nombre de pérsonnes bien nées.On n\u2019est heureux pour les livres que si l\u2019on aime à les caresser.Aimer les livres pour leur utilité, est-ce aimer, cela ?Aime-t-on quand on aime sans désintéressement?Non! vous êtes sans flamme et sans joie, et vous ne connaîtrez jamais les délices de promener des doigts tremblants sur les grains délicieux du maroquin.Une promenade sur les quai» (à Paris), d\u2019étalage en étalage, n\u2019offre aucun danger: les très vieux bouquins ne troublent ni le coeur ni la raison.Les bibliomanes sont de ces hommes qui veulent fourrer l\u2019univers dans une armoire.Tel est le rêve de tout collectionneur.Et comme ce rêve est irréalisable, les vrais collectionneurs ont dans le bonheur des tristesses infinies.Ils savent bien qu\u2019ils ne pourront jamais mettre la terre sous clef, dans une vitrine.De là leur mélancolie profonde.Mais le bibliomane n\u2019est pas libre, et c\u2019est aussi pourquoi il est malheureux, étant esclave de ses collections.Je confesse que le goût des bonnes éditions et des belles reliures est un goût d\u2019honnête homme.Confessons encore qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019amour sans fétichisme et rendons cette justice aux amoureux du vieux papier noirci, qu\u2019ils sont aussi fous que les autres amoureux.\u201d Parle-t-on des sots avec des mots aussi tendres, aussi délicats?Leur manifeste-t-on pareille sympathie?Non, décidément, il faut à tout prix que notre intransigeant chro-niquer en prenne son parti, les excentriques bibliomanes ne sont pas des sots.'*\"\u2022 -\tJean LIMOGES.N.B.\u2014Nous ajoutons pour ceux que cette question intéresse que la plupart des exemplaires de l\u2019édition originale de \u201cMaria Chapdelaine \u201d, imprimée à Montréal, en 1916 par la maison Lefebvre et illustrée par le peintre Suzor-Côté, ont été achetés l\u2019an dernier par le chansonnier Lucien Boyer.Ce dernier ne vit là-dedans qu\u2019une excellente affaire.Ces exemplaires seront vendus très cher en France.| j I HB8BBB EIBI 8jÉÉ|æl|l .¦ jjj|j||g| WÊÊÊËÊ m&m ' sbÊKÊÈmÊSmBm sm - : ¦ u%ra$£«SSsfifSsSiss |Éiëg&g§g s^ÉrliiK i, SMI .¦ igligfsi 8S111SI1 000$ WM raSEPBl , .I $11111 ins ,\u2022 p ggpp mm fësÊète* .KM ÜP ¦¦ ¦ V\u2019\u2019: ¦SaM^sSïiESSSÎSg .UK'S Ü£gg@g in PŒlP SSteïii ®§g® KëSSft \u2022f^S' ;;¦' >Vyt\u2019 #Æ3S HÜ**S £jWl; W^.r mwH&$ LE SAMEDI Vol.34, No 8, Montréal, 29 juillet 1922 LE PORTRAIT DE GINETTE 9 \"~ .' ¦ Nouvelle Sentimentale par Louis T^oland.Quand le portrait fut terminé, son ma I.\u2014 L\u2019ORPHELINE ANDRE Mauduit posa ses pinceaux d\u2019un air las puis il se laissa tomber dans un large fauteuil en poussant un soupir de découragement.\u2014\t\u201cEncore tes idées noires qui te reprennent, mon pauvre André!\u201d dit doucement une voix qui partait d\u2019un angle du vaste atelier.Le jeune homme eut un sourire contraint où se lisait une profonde amertume.Il se tourna à demi sur son siège dans la direction d\u2019où partait la voix et ses traits se détendirent.\u2014\tNon, ma chère maman, dit-il, je me fais au contraire une raison; j\u2019ai l\u2019intention d\u2019abandonner définitivement un art pour lequel je ne me sens pas l\u2019inspiration suffisante.J\u2019aurais pourtant bien voulu réussir, poursuivit-il après un silence; il me semblait parfois que mes pinceaux devaient me conduire à la gloire, à la fortune, G était pour moi plus qu une illusion, c\u2019était comme un pressentiment, mais, hélas, je me trompais!.rîage avec Ginette était décidé.\u2014 La fortune!.la gloire!.reprit la vieille maman; pourquoi les désirer tant! Il y a d\u2019autres bonheurs plus réels dans la vie!.\u2014 Peut-être, mais c\u2019est surtout pour toi que je voudrais réussir, gagner beaucoup d\u2019argent.Je voudrais te faire une vieillesse très douce à toi que la vie a si durement éprouvée.\u2014 J\u2019ai eu ma large part de souffrances, c\u2019est vrai.Ton père mourant à la fleur de l\u2019âge, en pleine activité, les revers de fortune qui ont suivi.Mais enfin nous ne sommes pas dans la misère et le peu qui nous reste suffit à nous assurer un confortable dont se contenteraient bien des gens.Mais.à propos, ri me semble que Ginette tarde bien à rentrer ! Comme si ces mots eussent eu le don de faire rentrer celle que Mme Mauduit venait d\u2019appeler Ginette, la porte s\u2019ouvrit et une jeune fille parut, exquise de grâce et de fraîcheur en sa simple toilette, un peu essouffée d\u2019avoir monté les escaliers, mais de la gaîté plein les yeux. LE SAMEDI 7 ¦ ¦ wttêpÉHk WtàÈm ?¥sM ' \\ .; HH» sw # -;,>\u2022 ,.v - ëtet.U 34, No 8, Montréal, 29 juillet 1922 Son arrivée fut comme un- rayon de soleil dans la maison et acheva de dérider André.Légère comme un oiseau, elle courut à Mme Mauduit qu\u2019elle embrassa avec effusion puis elle vint à André qu\u2019elle regarda en souriant.Elle lui posa les mains sur les épaules.\u2014 C\u2019est tout ce que tu trouves à me dire quand je rentre?fit-elle avec une petite moue amusante.Voyons embrasse-moi donc?Le jeune homme obéit, à la fois charmé et comme en proie à une gêne subite; il était devenu très rouge.Mme Mauduit regardait les deux jeunes gens avec une ineffable douceur.Ginette n\u2019était pas la fille de Mme Mauduit.Seize années auparavant, une catastrophe avait mis en émoi toute la région; deux trains s\u2019étaient télescopés et l\u2019horrible choc avait fait de nombreuses victimes.Au milieu des débris et près du cadavre méconnaissable d\u2019une femme, on avait trouvé une jolie petite fillette qui paraissait avoir à peu près deux ans; par miracle, elle n\u2019avait pas même une écorchure.Il avait été impossible de savoir qui die était; le corps de la présumée maman était affreusement mutilé et l\u2019on n\u2019avait pu retrouver aucuns papiers d\u2019identité.Les blessés avaient été recueillis dans diverses familles et la fillette avait été transportée chez Mme Mauduit qui s\u2019était vivement intéressé à la petite orpheline.Elle s\u2019y attacha rapidement et, quand on lui proposa de placer l\u2019enfant dans un orphelinat, elle n\u2019y voulut point consentir.André avait alors huit ans ; lui aussi avait pris la petite fille en amitié et à un tel point que la séparation lui eût été plus pénible encore qu\u2019à Mme Mauduit.Ce fut donc chose décidée.Ginette \u2014 on l\u2019avait appelée ainsi \u2014 demeura chez sa protectrice et elle y grandit, heureuse, choyée par sa nouvelle maman, idolâtrée comme une soeur chérie par André.Seize années passèrent.André avait maintenant vingt-quatre ans et, insensiblement, la fraternelle affection qu\u2019il avait vouée à Ginette s\u2019était changée en un sentiment plus profond.Le désir qu\u2019il avait de réussir dans la carrière artistique qu\u2019il avait choisie était donc stimulé, non seulement comme il le disait, par le désir de procurer une heureuse vieillesse à sa mère mais aussi par celui de pouvoir faire la vie large à Ginette quand elle serait sa femme.Hélas, le succès se faisait attendre! Bien que les tableaux d\u2019André fussent des oeuvres de véritable talent, ils ne se vendaient pas.Son nom était inconnu des amateurs et demeurerait longtemps encore, peut-être toujours dans l\u2019ombre.Voilà ce qui désespérait le brave garçon car son rêve d\u2019amour lui semblait s\u2019éloigner à chaque échec subi.Mme Mauduit voyait clair dans le coeur de son fils et dans celui de sa fille adoptive.Elle résolut d\u2019intervenir d\u2019une manière discrète pour leur faire avouer leur mutuel amour.\u2014\tVois-tu, dit-elle un jour à André, si tu manques d\u2019inspiration, ce n\u2019est pas ta faute ; jusqu\u2019ici tu n\u2019as peint que des sujets qui te laissaient indifférent, il te faut l\u2019enthousiasme qui poétise l\u2019oeuvre.On peint comme l\u2019on écrit, surtout avec son coeur.A ta place, je sais bien quel sujet je choisirais.Je suis sûre qu\u2019alors un chef-d\u2019oeuvre naîtrait sous tes pinceaux.\u2014\tQuel sujet?demanda le jeune homme avec un peu d\u2019émotion involontaire dans la voix.\u2014\tGinette tout simplement.André ne répondit pas.Il se plongea dans une profonde rêverie qüe sa mere respecta et dont elle parut même satisfaite.Le lendemain, André commençait le portrait de la jeune fille.Les séances de pose durèrent une quinzaine de jours seulement mais ces deux semaines de tête-à-tête presque continuel avancèrent singulièrment les affaires d\u2019André.Quand le portrait fut terminé, son mariage avec Ginette était décidé.Mme Mauduit avait eu raison de dire que le jeune artiste ferait un chef-d oeuvre cette fois-ci.Le portrait, frappant de ressemblance était dune délicatesse de touche qui n\u2019eût pas désavouée un Maître.André était doublement fier de son œuvre ; pour la satisfaction qu\u2019elle lui donnait comme exécution et surtout pour l\u2019aveu qu\u2019elle lui avait fait faire insensiblement à Ginette au cours de l\u2019intimité des séances de pose.L œuvre était admirable mais ce n\u2019était pas encore celle-là qui enrichirait 1 artiste, disait André en souriant car il ne la vendrait à aucun prix, même Pour une fortune.La Destinée se joue bien souvent de nos projets.Le tableau devait être vendu un jour pour bien peu de chose et cette vente devait avoir des conséquences inattendues pour les deux jeunes gens.Deux mois plus tard, André et Ginette se marièrent.Le bonheur parut s\u2019être fixé définitivement dans leur calme demeure mais toute joie est instable ici-bas.Qui croit arrêter le bonheur au passage a la douce folie de l\u2019enfant qui s\u2019imagine pouvoir retenir entre ses doigts le rayon de soleil qui charme ses yeux.La santé de Mme Mauduit était devenue chancelante; une maladie de foie s\u2019était déclarée et malgré les soins les plus dévoués, l'état de la bonne vieille maman s\u2019aggravait de jour en jour.André fit appel aux meilleurs médecins, il dépensa sans compter, espérant toujours une amélioration mais le mal devait être le plus fort.Un an ne s\u2019était pas écoulé depuis le mariage des deux jeunes gens, qu\u2019ils conduisaient au cimetière celle qui avait été si bonne pour eux.Il ri eut plus la force de réagir, malgré les encouragements de sa r\u2019sV\tdouce compagne.Ginette en ressentit un profond chagrin mais elle dut se dominer pour ne pas affecter davantage André que la mort de sa mère avait ébranlé jusqu\u2019au fond de l\u2019être.Un indéfinissable et noir pressentiment l\u2019envahissait; il lui semblait que ce deuil était le commencement de malheurs que rien ne pourrait conjurer.La maladie de Mme Mauduit avait coûté gros ; le peu d\u2019argent qui restait à la maison s\u2019envola dans des spéculations hasardées et, brusquement, ce fut la gêne dans le ménage.André ne pouvait compter sur son art pour vivre et puis il n\u2019avait plus de goût à ses pinceaux; ses ébauches demeuraient inachevés et les maigres commandes qu\u2019il avait eues quelquefois ne s\u2019étaient pas renouvelées.Le découragement le prit, tenace et accablant; il n\u2019eut pas la force de réagir malgré les encouragements de sa douce compagne; tout d\u2019ailleurs (suite à la page 32) J 4 PENDANT DES MOIS IL NE PUT RIEN PRENDRE DE SOUDE Un IVIontréalais déclare que les maux d\u2019estomac le firent souffrir au point de ne plus être qu\u2019une ruine physique et nerveuse.\u2014 Une fois de plus le Tanlac démontre sa valeur.\u201cCe fut pour moi un jour trois fois heureux que celui où j\u2019achetai du Tanlac, car il a fait de moi un autre homme\u201d, déclare Monsieur Arthur Mouette, 165a rue Sainte-Elisabeth, à Montréal.\u201cJ\u2019avais si peu d\u2019appétit que j\u2019avais presque la sensation de la faim.Le peu que je mangeais me fermentait dans h estomac, Il en résultait des gaz qui me causaient une horrible sensation d\u2019oppression et des douleurs très violentes.Pendant des mois il me fut impossible de prendre quoi que ce fut de solide.On comprend que dans ces conditions je devins très faible et très maigre.Je devins si nerveux que je ne compte plus les nuits pendant lesquelles je ne pus fermer l\u2019oeil un seul instant.Je cherchais avec angoisse quelque chose qui pût me procurer un soulagement quelconque.\u201cSix bouteilles de Tanlac suffirent à me débarrasser complètement de mes maux.Je mange maintenant de tout ce qui me plaît et jamais la digestion ne me cause le moindre ennui.Je ne saurais recommander trop chaleureusement le Tanlac.On trouve du Tanlac dans toutes les bonnes pharmacies.La Hernie Guérie par le» PLAPAO-BADS ADHESIF DS STUART signifie que tous poures jeter au loin les bandages douloureux parce ftrille sont faits pour guérir et non Meule* ment pour retenir la hernie.Mais s\u2019adaptant justement ils sont aussi un facteur important pour retenir des hernie» qui ne \u2022e peurent retenir par iee bandages.PAS DE BOUCLES, COURROIES OU DI RESSORTS.Doux comme le relours, facile à appliquer, pas dispendieux.Action continue jour et nuit.Obtint prend prie fc Pari» 'it médaiUe d\u2019or à Rome.Nous prouvons nos avancés en tous 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Elizabeth de Hongrie est la sainte des reines.Sa fête se célèbre le 9 juillet.* ÿ * En 1713, la France cédait à l\u2019Angleterre, l\u2019Acadie, Terre-Neuve et la baie d\u2019Hudson.# * * Le fléau du choléra asiatique fit son apparition au Canada en 1832 et en 1836.Les deux fois il fit plus de 1,000 victimes.ï\tÿ 1885 a été surnommé au Canada l\u2019année de la grande picole.* * ÿ La grippe espagnole fit son apparition en 1918.Les victimes dans Montréal même se chiffrent par milliers.¥ ¥ ¥ Par le traité de Versailles de 1783, l\u2019Angleterre reconnut l\u2019indépendance des Etats-Unis, et le Canada perdit le lac Champlain et les montagnes environnantes.¥ * ¥ Le traité de Riswick, en 1697, mit une trêve aux hostilités entre la France et l\u2019Angleterre, assura le territoire de la Baie d\u2019Hudson à la France et, à l\u2019Angleterre ses possessions du golfe.Le gui que l\u2019on voit accroché aux électroliers à Noël pousse sur les peupliers, les pommiers, les poiriers, les til-leurs et les chênes.On peut en donner aux vaches laitières, il exerce une influence favorable sur la richesse du lait.¥ # ¥ On a pas vu de loups en Ecosse depuis 1 680 et en Irlande depuis 1710.¥ ¥ ¥ Le traité de Saint-Germain-en-Laye annulait la conquête de Kerth qui s\u2019était emparé du Canada.Ce traité date de 1632.¥ ¥ ¥ C\u2019est en 1763 que la France céda le Canada à l\u2019Angleterre.¥ ¥ ¥ Le traité d\u2019Aix-la-Chapelle termina la grande guerre de la succession d\u2019Autriche.¥ ¥ ¥ La nicotine, le jus de tabac, tient son nom de Jean Nicot qui introduisit cette plante en France.¥ ¥ ¥ La ville de Los Angeles a été fondée par Felipe de Neve, en 1 781.¥ ¥ ¥ Les chemins de fer nationaux ont eu un déficit de $16,092,901.76 durant l\u2019année dernière.¥ ¥ ¥ Depuis trois ans les chemins de fer nationaux ont reçu 1 63 nouvelles locomotives, 375 voitures pour passagers et 8,450 voitures à marchandises.A la fin du dernier exercise les chemins de fer nationaux avaient 1,973 locomotives et 88,478 wagons de tout genre.¥ ¥ ¥ Le monde entier consomme actuellement par année 600,000 tonnes de soufre natif et 900,000 tonnes de soufre de pyrite.¥ ¥ ¥ On tire de la banane, du vin, de la farine, du sucre, de l\u2019alcool, de l\u2019eau- de-vie et du vinaigre.¥ ¥ ¥ Il existe au Japon un crabe géant qui mesure jusqu\u2019à dix-huit pieds de longueur.4P ¥\t¥ Le nom calomel était jadis donné au chloride de mercure.IL Y A SIX MOIS r PERSONNE NE CROIRAIT A MB VOIR SI BIEN, QU\u2019IL Y A SIX MOPS JE POUVAIS A PEINE MARCHER.été impossible pendant des mois.J\u2019ai dé pris six bouteilles de Carnol et je contim à en prendre.Je pèse aujourd\u2019hui pl que je n\u2019ai jamais pesé dans ma vie.dors comme un enfant.Je ne me fatig1 pas sans raison et mon teint est au« clair et mes joues aussi roses que ce; d\u2019une jeune fille.Je bénis le jour où j; connu Carnol.\u201d Mme K., de Toronto.Le Cornai est en vente chez votre phi macien.Si vous pouvez affirmer en toi conscience, après l\u2019avoir essayé, qu\u2019il vous a fait aucun bien, renvoyez la bc teille vide au pharmacien, et il vous rem tra votre argent.\t3-1 Horlick\u2019 < Lait Malte pour Bébés Meilleur que le lait de vache.Une ce* binaison de lait riche et grains malt GRATIS! 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Yol.34, îTo 8, Montreal, 29 juillet 1G22 LE SAMEDI ETUDES D\u2019EXPRESSIONS ARCHITECTURALES Heureux.v.Suspect.r^i\\ /Si\\ Innocent.CHANGEMENT L\u2019avocat.\u2014Qu'est-ce que vous demandez, monsieur.Le monsieur\u2014Monsieur, j\u2019ai fait baptiser mon fils sous les noms de Lloyd George; eh bien, je voudrais faire changer ses noms, mes opinions ont complètement changé depuis quelque temps sur Lloyd George.REPONSE A TOUT o © K .*©¦ y sip® Le grand-père.\u2014 Sais-tu où les petits enfants vont lorsqu\u2019ils ont compté des mensonges?Le petit-fils.\u2014 Oui, grand-papa, ils vont là où tu as voulu envoyer papa la semaine dernière lorsqu\u2019il t\u2019a uit, de te mêler de tes affaires parce que tu voulais me corriger.\t_\t* POUR DIRE EN SOIREE SUR UN BANC Par Jean Rschepin J\u2019étais sur un banc, bien tranquille Quand arrivent deux sergents de ville Qui me réveillent disant brutalement: \u201cQu\u2019est-ce que vous faites là sur ce banc?., Je dormais, je faisais un rêve Dont je suis encore émerveillé Mais j\u2019obéis, je m\u2019en va, je me lève, Pourquoi m\u2019avez-vous réveillé?Je me voyais, tout petit, dans la rue, Un régiment revenait de la revue Et je le suivais, par les faubourgs, Tout ravi du bruit des tambours.Oh, de voir le drapeau de la Patrie, De sang et de poudre souillé, Ça me rendait l\u2019âme toute attendrie, Pourquoi m\u2019avez-vous réveillé?Je me voyais en apprentissage^ Commençant à gagner mon pain, Et je me disais: Allons.Courage, Trime dur, faut pas que ta mère ait faim.C\u2019est à ton tour de prendre la place.Et quand j\u2019avais bien travaillé, Elle me disait: \u201cViens que je t\u2019embrasse\u201d, Pourquoi m\u2019avez-vous réveillé?Plus tard, je me suis mis jèn ménage, J\u2019eus une femme, deux beaux enfants, Un coeur vaillant, jamais de chômage, Et le sourire de ces innocents.Je voyais leur mère, jolie, aimante, Qui sur la porte entrebâillée, (?) Me grisait d\u2019une odeur troublante, Pourquoi m\u2019avez-vous réveillé?Puis je voyais, chose épouvantable, La misère s\u2019abattre au logis: Ma femme mourir, misérable, Mes deux enfants, ingrats, partis.Pas un des deux ne fut honnête, Et je voyais, l\u2019oeil de larmes mouillé, Le dernier, place de la Pioquette, Ah, merci de m\u2019avoir réveillé.Vous me chassez de ce banc, vous autres.G\u2019est bon.vous faites votre devoir.Heureusement il en reste d'autres, Où je pourrai m\u2019endormir, le soir, Je suis sans parents, je suis sans asile, Je suis sans enfants, je suis sans amours.Oh, qu\u2019on me laisse sur un banc tranquille, Un soir m\u2019endormir pour toujours.Jean RICHEPIN. !.E SAMEDI Vol.34, îlo 8, Montréal, 29 juillet 1922 12 r ~\\ PRENDRE OB QU\u2019ELLE VEUT AU MAGASIN \u2014 Gomment as-tu aimé la grande vue des \u201cDeux Orphelines\u201d?\u2014Je ne savais pas qu\u2019ils avaient les vues animées en ce temps-là.LE SAMEDI SOIR Le monsieur (qui est attaqué sur la rue).\u2014Voici toute ma paye, avez-vous l\u2019intention de me l\u2019enlever?Lé voleur.\u2014 Oui, au complet.Le monsieur.\u2014Alors voulez-vous me tirer une balle de revolver dans ma casquette.Gomme cela ma femme me croira peut-être lorsque je lui dirai que je n\u2019ai plus un sou de ma paye.Le père.\u2014 Crovez-vous, jeune homme, que vous pourrez donner à ma fille tout ce qu\u2019elle voudra avoir?iter.1.»» |vy.,;;;ï::v.ïwî:î:« llèSUB jmm luiiiaiiml »«!!!!!« Mniimî! pli pi il m \u2022mu I'».;;:::»\u2019 lllii 1 Ilimia»:::::! Le jeune homme.\u2014 Mais oui, monsieur, car elle m\u2019a dit que tout ce qu\u2019elle désirait avoir, c\u2019était moi.Le patron.\u2014Pourquoi ne travaillez-vous pas comme votre ami, remarquez-le, jamais il ne regarde l\u2019heure à la pendule .L\u2019employé.\u2014Oui, je vais fai.re comme lui, je vais m\u2019acheter une montre bracelet.AU RESTAURANT Deux marins discutent sur la viande qu\u2019ils mangent.\u2014Je te dis que c\u2019est du cochon.\u2014 Je te dis que c\u2019est du boeuf.-\u2014Mais non, c\u2019est du cochon.-\u2014C\u2019est du boeuf.Après tout, j\u2019aime autant que tu aies raison, car j\u2019aime mieux le boeuf que le cochon.\u2019mm LES THEATRES DE CAMPAGNE \u2014Comment est l\u2019accoustique dans votre théâtre?\u2014Uh monseiur, je vais vous dire, je ne sais même pas si nous en avons, on s\u2019est fait voler beaucoup de choses dernièrement.UN HEROS Adèle.\u2014Alors tu prétends que l\u2019on a curé ton général et qu\u2019il n\u2019a.jamais été en danger durant la guerre .Ernest.\u2014Ce n\u2019est pas tout à fait exact, un jour pendant une tempête électrique il s\u2019est servi du téléphone.A 1/HOTEL UN QUESTIONNAIRE Adolph?.\u2014 Maman, pourquoi papa est-il chauve?La maman \u2014 Parce que ton père est un 6avant, il pense tellement.Adolphe.\u2014 Et toi, maman, pourquoi as-tu tant de cheveux?La maman.\u2014 Parce que.veux-tu t\u2019en aller étudier tes i-.çons ! Le garçon.\u2014 Mons\u2019eur, il y a un voleur dans la salle de billard! Le propriétaire.\u2014 Laissez-le là durant une heure et après, vous lui prendrez un dollar et demi pour «on heure.LES MALHEURS -\u2014C\u2019est la première fois que je vous rencontre depuis la mort de monsieur votre mari.Oh ! ce fut une bien grande perte pour vous, n\u2019est-ce pas?\u2014Oui, madame, ce fut une bien grande perte, et comme un malheur n\u2019arrive jamais seul, imaginez-vous que ce matin j\u2019ai perdu mes gants.SON SECRET Jeannette.\u2014 Oh.Arthur ; Pierrette m'a conté un secret et elle m\u2019a fait jurer de ne le répéter à personne, même pas à toi.Arthur\u2014Eh bien, dépêches-toi, car je suis en retard pour mon bureau.AU TELEPHONE «if, m ' y mm SgKrl 2 *\"*à 6 »f)1 Wniisîsii s:r,:s! AJ Î/ÎÎ Îf' l k 1 Vf Jrifi» \u2022\u2022\u2022*¦;*ISiZlSf a MÈÊËim WÈSm fJW Le maître de la maison.\u2014- Hallo! Envoyez cinq ou six agents de police, il y a un voleur dans la maison.LES ASSURANCES \u2014Je voudrais me faire assurer.-\u2014Contre le feu ou sur la vie?-\u2014Les deux, j\u2019ai une jambe de bois.UN HOMME DISTRAIT Un monsieur distrait entre chez lui à trois heures du matin.Il entend marcher à l\u2019étage au-dessus, \u2014-Qui est là, demande-t-il anxi eux ?-\u2014Personne, répond un voleur qui s\u2019est blotti sous un lit en entendant la porte s\u2019ouvrir.-\u2014Tiens, c'est bizarre, j\u2019aurais juré qu\u2019il y avait quelqu\u2019un dans la maison, reprend le monsieur distrait.Et tranquillement, après s\u2019être déshabillé, il se met au lit et s\u2019endort du sommeil du juste. î7~W%: ^\u2018VXv' sé%&îi &&& r/5vj l|r -\t> V*>^r?> yé*î»< ^¦-J: VAa ï^.T .w ¦i'jsrte 0ïiÆ1 .m ¦A\" I1 \u2019« Die 12.\u201cGomme je tr r*-mere\u2019-, mou dit la maman au bon P\u2019ft Jean.\u2019 ho bliera jamais ta borne action que tu vier-s de faire aujourd\u2019hui. Pol.34, No 8, Montréal, 29 juillet 1922 LE SAMEDI » 1 l J iPSt Jtij «4 A & vn f J m Je p J*; JS \u2018à w- i\\ GRAND ROMAN SENSÀTIONEL LOINTAINE REVANCHE par DANIEL LESUEUR 4 (Suite) PREMIERE PARTIE XII RESUME DES PRECEDENTS CHAPITRES devons une joyeuse bienvenue à ce héros Le renard au piège Elle perdait ses facultés d\u2019examen en roulant trop les exercer.Plus son attention s'attachait à Roger, moins elle se ; en tait capable de dominer le séduction ju\u2019il exerçait sur elle.Il ne s\u2019en aperçut pas.Depuis que an coeur s\u2019était arraché si douloureu-lement de Juliette jusqu\u2019au jour où il \u2019avait donné à Lucie, le jeune Bertelin l\u2019avait ni recherché ni rencontré les iventures de galanterie.Toutes ces orces il les avait consacrées à l\u2019oeuvre uture, à la direction de cette usine de I\t7 Sézenac où il souhaitait accomplir des progrès industriels et sociaux dont la méditation le passionnait.Rien ne Parait corrompu.Il conservait son res-iect de la femme, son respect de faneur, sa candeur d\u2019autrefois.Les larges anciennes de Juliette, celles qu\u2019elle avait mêlées aux siennes, celles aussi qu\u2019il n\u2019avait pas vues, que sa pauvre amoureuse venait de verser dans leur nid désert, demeuraient en lui comme une 'osée purificatrice.Il n\u2019y pensait pas sans mélancolie, sans remords.Aujourd\u2019hui, pour la.seconde fois, il aimait d\u2019une façon plus complète, et, croyait-il pour toujours.Ge n\u2019était pas en ce moment que les oeillades d\u2019une Jeanine si belle et si provocante fût-elle, auraient le pouvoir de le troubler.Un domestique venait d\u2019apporter une autre coupe afin de remplacer celle que Vauthier avait brisée.L\u2019armateur la fît remplir et se leva.\u2014Mes chers amis, dit-il, vous me Povez profondément ému des marques Rattachement et d\u2019estime que vous avez bien voulu m\u2019accorder.Vos paroles surtout, mon cher président ont pénétré jusqu\u2019à mon âme.Je dois me défendre contre des éloges trop flatteurs.En accomplissant ma tâche, en améliorant uotre industrie, je n\u2019ai fait que remplir taion devoir.Mais parmi tous vos compliments, il y en a qui me sont particulièrement doux, et que je ne saurais re- idc m ^\u2019v/n truité avec la Société des Gens Commncé dans le numéro du 8 jvàUt 1922.Claude Ramerie, ouvrier mécanicien, vient le soir des fiançailles de MUe Lucie Vauthier, fille du riche armateur Paul Vauthier, avec Roger Bertelin, rôder aux alentours de la demeure de M.Vauthier.Il tient par la main sa petite fille qui s'endort de lassitude.Après avoir longtemps regardé d\u2019un air sombre la fête chez ces heureux, il se décide de faire parvenir à Roger un billet qui contient une menace pour son bonheur.Ramerie, ce paria du bonheur, commence son oeuvre de vengeance à laquelle il veut se vouer.Il écrit des lettres anonymes, multiplie les avertissements mystérieux et jette Vangoisse et Vépouvante dans le coeur de son ennemi.Le public \u2014 lors de l\u2019élection de Chabrial dont Vauthier se porte garant grâce à la menace de Jeannine qui connaît son secret par le carnet contenant la confession du criminel Muriae et volé à Ramerie sur la coquette Lucie \u2014 se soulève contre Vauthier grâce aux accusations vagues que Claude fit insérer dans les journaux.fuser.Ge sont ceux qui s\u2019adressent à ma fille.Ge que vous avez dit de sa beauté, de sa bonté, les voeux formés pour elle, voilà de quoi je vous remercie par-dessus tout.Si dans ce qui se rapporte à moi il n\u2019y a pas trop d\u2019indulgence amicale, si j\u2019ai mérité, au cours de ma longue carrière, quelque récompense, je l\u2019ai reçue au delà de ce qui m\u2019était dû.La voici: cette enfant.Il s\u2019interrompit.Sa voix s\u2019étranglait.On lui fit une ovation, à lui et à la ravissante Lucie, dont les joues rougissantes, les yeux humides révélaient la délicieuse confusion.Qui se fût douté de l\u2019angoisse contenue dans cette touchante_ effusion paternelle?Paul Vauthier n\u2019avait dans sa sèche nature qu\u2019une place tendre et profonde : son affection pour sa fille.La voyant si souriante, épanouie comme une fleur dans cette heure suave de l\u2019existence, destinée en apparence à une rare félicité le malheureux mesurait l\u2019abîme où, dès demain peut-être, il l\u2019entraînerait avec lui.Son crime.oui, son crime se dressait sur cette table jonchée d\u2019oeillets, d\u2019iris, couverte de toutes les délicatesses du luxe, entre lui et son enfant ! Et voilà pourquoi l\u2019armateur venait de trahir un trouble où ses convives n\u2019avaient vu qu\u2019un excès d\u2019attendrissement paternel.Toutefois, il n\u2019avait pas terminé son toast.Un devoir lui restait à accomplir.Il s\u2019en souvint, rassembla son énergie, se redressa : \u2014Pardonnez-moi, mes amis, dit-il d\u2019une voix altérée, qui se raffermit peu à peu.Mes sentiments trop personnels ne doivent pas me faire oublier une pensée qui est la première dans vos coeurs à tous et surtout dans le mien.En votre nom, au nom de notre active cité, nous de l\u2019industrie française avec qui j\u2019ai l\u2019honneur de m'allier par le mariage de nos deux enfants.Vous savez tous ce que signifie le nom de Jacques Bertelin.Une salve de bravos l\u2019interrompit.\u2014Applaudissez-le, ce nom, reprit l\u2019armateur.C\u2019est celui d\u2019un des plus grands travailleurs du monde, d\u2019un créateur, d\u2019un inventeur, qui, après avoir été Partisan de sa propre personnalité, après s\u2019être fait lui-même, seul, sans protection, sans direction, a fondé la principale usine d\u2019Europe pour la fabrication des moteurs électriques, A la tête d\u2019un peuple, laborieux, qui lui doit l\u2019aisance et la sécurité, le directeur de Sézenao exerce la plus noble des puissances.En Amérique, où l\u2019on décerne une sorte de \u2022couronne à ces conquérants pacifiques, en Amérique, où il y a le roi du pétrole, le roi de l\u2019or, le roi des chemins de fer, notre ami Jacques Bertelin serait le roi des dynamos.Mes amis, buvons à son long règne! L\u2019enthousiasme, \u2014 un enthousiasme de Méridionaux, ce qui n\u2019est pas peu \u2022dire,\u2014se déchaîna dans les salons de la villa sous les fines constellations des girandoles électriques.Les invités les plus \u2018marquants se levaient pour aller choquer leur verre contre celui de M.Bertelin.L\u2019usinier de Sézenac, debout, remerciait par un balancement continu de la tête, qui, faisant onduler sa vaste crinière grise, lui donnait plus que jamais l\u2019apparence d\u2019un lion vieilli.Il dit d\u2019une voix sourde, au son de laquelle on fit silence, mais sans qu\u2019elle portât distinctement au delà de ses voisins immédiats: \u2014Il manque quelque chose à cette belle fête.A Sézenac, nous aurions eu au moins une députation de nos ouvriers.\u2014Les miens auront de quoi se réjouir le jour de la noce, répliqua vivement l\u2019annateur.\u2014De quoi se réjouir ?.grommela presque le vieux Bertelin, avec cette rugueuse élocution de paysan qu\u2019il avait gardée.G\u2019est parmi nous qu\u2019ils devraient se réjouir.J\u2019espère bien les voir tous le jour du mariage.Cette remarque jeta un froid.D\u2019ailleurs le moment de la séparation était venu.L'aube se levait sur la mer.Les voitures des invités attendaient pour les reconduire à Marseille.Tout le monde y monta, et les rires de la jeunesse se 16 LE SAMEDI mêlèrent un instant, le long de la Corniche, à la voix profonde des flots.XIII Du fond de l\u2019ombre Le lendemain, dans eette villa qui 'gardait le désordre de la fête, et autour de laquelle les arbres n\u2019étaient pas encore dépouillés des lanternes vénitiennes, semblables à d'énormes oranges mûres, une scène tranquille et terrible se passait.Face à face étaient Paul Vauthier et Jeannine Chabrial.Tous deux se tenaient assis dans le cabinet de travail de b armateur.Cette pièce ne donnait pas sur la mer, mais sur le jardin montueux qui, en arrière, éta-geait ses puissantes verdures, mêlées de fleurs, \u2014 toute la splendide végétation méditerranéenne.La vaste croisée était ouverte.La caresse de l\u2019air et des parfums entrait, frôlait sans les apaiser les plus redoutables passions humaines.\u2014Vous ne me connaissiez pas, disait Jeannine.Cette nuit, vous avez découvert en moi une créature que vous ignoriez.C'est la vrai.Mais ^croyez-moi, elle vaut mieux pour vous que l\u2019autre.La haine ouverte, avec laquelle l'on peut s\u2019entendre, est moins dangereuse que l\u2019amour qui ment.\u2014Soit, répliqua Yauthier en essayant de garder son masque d\u2019homme d'affaires, impassible, indéchiffrable.Vous ne m\u2019avez jamais aimé.Vous me haïssez aujourd'hui.Que voulez-vous de moi ?\u2014Je vais d\u2019abord vous dire ce que je peux contre vous.\u2014J\u2019écoute.\t\u2014 \u2014J\u2019ai la preuve, et une preuve valable en justice, que Muriac, obéissant à vos ordres, a mis le feu à la \u201cCoquette-Lucie\u201d.Si fort qu'il fût, le criminel eut un tressaillement, jeta autour de lui un.regard effaré comme si les murailles eussent pu entendre.Mais, par une tension extraordinaire d'énergie il redevint presque aussitôt maître de lui-même.\u2014Je ne discuterai pas l\u2019accusation, dittil.Quelle soit vraie ou fausse, je suppose que cela ne vous importe pas, du moment que vous croyez posséder les moyens de me perdre.tout au moins de me compromettre.Dites-moi donc tout de suite ce que vous entendez par une preuve valable en justice.Mme Chabrial tira de sa poche un porte-cartes en maroquin chiffré d'or, l\u2019ouvrit, sortit un feuillet de papier, commença de lire : r>';(\u2014Pardon, fit l\u2019armateur.Qu\u2019est-ce que cela?\u2014Vous allez le savoir.\u2014Que démontreraient, des lignes écrites!?On peut les inventer, y compris leur signature.*f\\i+\u2014Invente-t-on ceci?demanda Jeannine.\tt Elle lut: \u201cMoi soussigné, Léon Muriac, commissaire de marine, confesse avoir allu- mé l\u2019incendie qui vient de détruire la \u201cCoquette-Lucie\u201d dans sa route de Messine à Marseille.\u201cJ\u2019ai agi ainsi par une convention formelle avec Paul Vauthier, armateur, propriétaire du navire, qui voulait toucher la prime d'assurance afin d\u2019éviter la faillite qui le menace.\u201cJe devais recevoir le dixième de cette prime.\u201cLa Coquette-Lucie\u2019\u2019 avait été assurée comme rapportant un chargement considérable de vins fins de Sicile.Mais, toujours de connivence avec Paul Vauthier, je n'avais embarqué à Messine que des bouteilles et des barils d\u2019eau pure.\u201cMes précautions étaient prises pour que l\u2019accident se produisit à un moment et dans les.parages où le sauvetage serait facile.\u201cLa fatalité les a déjouées.\u201c Perdu en mer, dans un canot où la plupart de mes compagnons de route ont péri,.prêt à mourir moi-même, j\u2019avoue mon crime, et je dénonce mon complice à la justice humaine, pour qu'il expie, si c\u2019est possible, comme j\u2019expie moi-même en ce moment.\ti \u201cJe suis un misérable et je demande pardon à Dieu et aux hommes.\u201cLéon MURIAC\u201d.Vauthier demeurait attentif, résolu à entendre jusqu'au bout, pesant en lui-même tous les mots que Jeannine scandait avec lenteur et netteté.Cette lecture lui sembla plus effroya-* ble qu'il ne s\u2019y attendait.Le caractère de cette confession, la précision des détails, le foudroyèrent.Sa physionomie s\u2019altéra.Un tremblement secoua ses mains, qu\u2019il retira de son bureau pour les cacher entre ses genoux.Pourtant sa lucidité, sa volonté ne l'abandonnèrent pas.L\u2019homme capable de concerter un forfait tel que celui dont F accusait la voix du mort ne devait pas se laisser terrasser facilement par une femme.Elle avait encore les yeux attachés à la dernière phrase, quand farmateur, par une détente de muscles pareille à celle d'un fauve, se jeta sur elle et lui arracha le papier.La belle Jeannine se leva, très calme, frottant de la main gauche son poignet .droit, meurtri et qu'elle examina après avoir détaché les boutons de son gant.-\u2014Voilà qui est un peu brutal, murmura-t-elle.Son calme déconcerta Vauthier.Il demeurait devant elle, interdit, son ricanement de triomphe fondu en un sourire niais.-\u2014Voyons, reprit-elle avec 1a.pitié indulgente qu\u2019on a pour un enfant trop impétueux, ce n\u2019est pas digne de votre bon sens.A mon tour je ne vous reconnais pas.Ou vous avez une bien pauvre idée de la finesse des femmes.Prenez-vous ce chiffon de papier pour autre chose qu\u2019une copie?\u2014Où est l\u2019original?\\ .Vcl.34, ho 0, Montreal, 29 juillet 1922 \u2014Pensez-vous que je vais vous le dire ?\u2014Enfin.est-ce une lettre?.A-t-on trouvé cela sur le cadavre de Muriac ?Ou dans une bouteille, à la mer?Gomment Pavez-vous recueilli?Il se reprit, ajouta : \u2014Ou fabriqué?\u2014Oui, c\u2019est le système de défense que vous entrevoyez déjà, répliqua Mme Chabrial.Il ne vous servira de rien, mon cher.Même si vous niez T authenticité du document, \u2014 ce qui sera difficile avec l\u2019expertise d'écriture\u2014-même si; vous supposez une calomnie de Muriac -\u2014qui semblera bien invraisemblable,\u2014 il y a là des données qu\u2019il ne vous sera pas facile de démentir.L\u2019instruction cherchera à Messine les marchands qui I vous ont vendu les vins.Elle trouvera peut-être les hommes de peine qui ont embarqué les barils d\u2019eau.\u2014Et si on les trouve, ces marchands de vin?demanda Vauthier en plongeant hardiment son regard dans les yeux de Jeannine.\u2014Oh! mon cher.Non, vous me faites trop d\u2019honneur.Je n'ai pas tant d\u2019imagination.Abandonnez l\u2019idée que j\u2019ai composé cette histoire, et que vous me déconcerterez par vos dénégations.-\u2014Je l'abandonne.Mais me direz-vous comment cette confession est entre vos mains ?\u2014Cela, oui, je puis vous le dire.Je l\u2019ai trouvée sur un des naufragés du canot que nous avons rencontré avec la \u201cVille-de-Tunis\u201d.\u2014Un vivant.ou un mort?demanda en haletant l\u2019armateur.\u2014Un mort.Rassurez-vous, Jeannine avait préparé ce mensonge; Pour vendre le carnet à Vauthier le prix qu'elle souhaitait, il fallait que celui-ci la crut seule maîtresse de la révélation \u2014Quelqu\u2019un d\u2019autre a-t-il .vu ce écrit?poursuivit le criminel, mo Maintenant qu\u2019il acceptait taeitemen P accusation, il ne composait plus soi visage.La terreur y apparaissait en pli leur, en ressauts nerveux, en regard éperdus.\u2014Personne au monde, que moi, n\u2019i lu ces lignes, depuis le dernier soupir d celui oui les détenait.\u2014Comment est-ce possible?\u2022\u2014Nous étions plusieurs femmes bord, qui donnions nos soins à ces mal heureux.Je me trouvais seule auprès d mourant, lorsque, d'un geste suprême, m\u2019a désigné la poche de sa veste, où jù trouvé la carnet.* \u2014Un carnet?\u2014Oui, un calepin grossier, contenu! outre la confession, des notes insign: fiantes.\u2014Qui était l\u2019homme?\u2014Je n'en sais rien.\u2014On a dû reconstituer son LTentit \u2014Peut-être.Mais il serait plus pri dent de ne pas faire de recherches à ¦ sujet.Paul Vauthier retomba sur son sièf avec accablement. Nf! lilt as r ire, «àj enid rle (fill pélal ,VB I 0 |.o j it eil rep w w f f ?® tA (0#1 m Vol.34» Uo 8, Montreal, 29 juillet 1922 Jeannine, demeurée debout devant lui depuis qu\u2019il s\u2019était violemment saisi du papier, s\u2019inclina légèrement, la main appuyée à la table, et contempla son ancien ami aVec un sourire cruel.Un instant de silence entre ces deux êtres.Puis l\u2019homme prononça d'une voix sourde sans relever le front: ___Que voulez-vous de moi?i ____Oh! peu de chose, réellement, dit Jeannine avec ironie, avec un accent conciliateur.Sur ce mot l\u2019armateur redressa son visage, dont la peau apparaissait maintenant grisâtre, presque de la nuance de ses corrects favoris.-\u2014Voici, continua Madame Ghabrial.Mon mari est un petit ingénieur à votre service.\u201cC\u2019est urie situation que j\u2019ai considérée, en l\u2019épousant, comme provisoire.Mon intention était de l'en tirer le plus promptement possible.Je ne savais pas ¦ encore de quelle façon.Le hasard me la procure, et c\u2019est vous qui m\u2019y servirez.- Une circonscription électorale est vacante dans les Bouches-du-Rhône, le député étant mort.Edouard Ghabrial le remplacera.Votre argent et votre influence imposeront sa candidature.Il faut que cela réussisse.Vous n\u2019y aurez pas de difficulté.Arrangez-vous.Le jour où mon mari sera nommé, je vous remettrai le carnet qui contient la confession de Muriac.Ensuite, je n'aurai plus besoin de vous.Une fois Edouard ! à Paris avec son mandat, je me charge de l'avenir.Elle se tut.Vauthier réfléchissait.\u2014Les frais d\u2019une élection, ajouta Jeannine, sont une misère à côté des quinze cent-mille francs à deux millions que vous toucherez de la Compagnie d\u2019assurances.\u201cRendez-moi cette justice que je ne suis pas exigeante.-\u2014J'accepte, dit simplement Vauthier.\u2014Vous savez qu'il n\u2019y a pas de temps à perdre.\u2014Je vais me mettre en campagne tout de suite.Que votre mari pose sa candidature, s\u2019assure un comité électoral.En tout ce qu\u2019il fera, en tout ce qu'il promettra, je serai derrière lui.Il usera suivant ses besoins de mes relations et ue ma bourse.\u2014Vous connaissez la.situation politique de cette circonscription?demanda Jeannine.Assez bien.Oui.\u2014Quelle opinion faut-il que prenne Edouard.Vauthier regarda cette femme avec admiration.Bien qu\u2019il sentît sur sa nuque la récente emprise de ses griffes, il ne la jugea vraiment redoutable qu!après cette question si tranquillement posée.\u2014Je croyais Ghabrial un garçon plein de scrupules, observa-t-il.\u2014N\u2019est-il pas mon mari?fit-elle avec une intonation diabolique.Vauthier eut le sourire des hyènes quand, les coins retroussés de leur gueule découvrent leurs crocs.LE SAMEDI \u2014Décidément, vous aviez raison.J\u2019aurais dû vous épouser, dit-il.\u2014Vous ne seriez pas où vous êtes.Vous n\u2019auriez pas commis un crime qui demandait un complice.Voilà où était la faute.A ces atroces paroles, une pensée aiguë déchira l\u2019armateur.Une telle mère à ma Lucie! Non, c'était déjà au-dessus de mes forces quand je ne voyais en elle qu\u2019une intrigante.Mais ce monstre!.Plutôt l\u2019avoir pour adversaire.Je puis être un coupable, un damné.Mais je respecte mon enfant.A cette minute, et comme si le cri de la conscience paternelle eût évoqué le bon ange, la porte s\u2019ouvrit et Lucie parut.D\u2019une grâce fraîche et comme fleurie dans sa claire toilette matinale, avec ses yeux purs, son teint délicat et ses cheveux blonds, la jeune fille avança vers son père et son ancienne institutrice.\u2014Je ne vous dérange pas?demanda-t-elle.\u2014Du tout, ma mignonne, dit Jeannine.Que vous êtes jolie, ce matin ! On ne dirait pas que vous avez dansé toute la nuit.\u2014Mais vous aussi, madame, vous avez beaucoup dansé.\u2014Oh! moi, je n'ai pas le droit de me fatiguer.Je dois posséder la force des gens qui ont leur existence à créer s\u2019ils veulent en jouir.Pour vous, ce n\u2019est pas la même chose.Fille d\u2019un puissant de ce monde, vous serez demain la femme d'un puissant encore.Si le vieux Bertelin est le roi de son industrie, comme disait votre père, le jeune Bertelin en sera l\u2019empereur.Le ton de ces paroles troubla Lucie.Tendre et sensible à l\u2019excès, trop facilement impressionnée par la personnalité des autres, douée d'intuition pour les mouvements d\u2019âme, qu'elle percevait sans se les expliquer, elle pressentit de l\u2019envie, presque de l\u2019animosité chez Jeannine.C\u2019était plus que cela encore.C\u2019était de la haine qui commençait, qui allait s\u2019envenimer et grandir.Lucie n\u2019était-elle pas la fiancée de Roger Bertelin?Et Roger Bertelin n\u2019était-il pas le premier homme qui eût éveillé chez Jeannine les symptômes, encore confus, de la passion?La vue de cette enfant, mêlait sans que Mme Ghabrial sût pourquoi, une amertume à la victoire qu\u2019elle venait de remporter.Edouard sera, député, pensait-elle en quittant le père et la fille.C\u2019est quelque chose.Que d\u2019efforts ensuite !.Tandis que cette petite niaise aura pour mari un Roger Bertelin! Elle ne saura pas le conseiller.Bah!.même pas le comprendre.Si j\u2019étais la femme de cet homme-là, je marcherais sur l\u2019humanité.Où ne le mènerais-je pas?Et qu\u2019il serait doux d\u2019être belle avec l\u2019éclat d'une incomparable fortune! Ce ne fut pas chose facile d\u2019amener Edouard Ghabrial à solliciter un mandat de député.Malgré la puissance toujours grandissante que sa femme exer- \\1 çait sur lui, elle eut un instant de véritable inquiétude.Certes, elle arriverait à ses fins.Il céderait.Gomment lui résisterait-il?.Mais une telle répugnance, la défiance où il était de lui-même, son manque d'aplomb, pouvaient le laisser aller trop au-dessus de son rôle.La marionnette fait des gestes que lui dicte une main invisible: encore faut-il que dans son petit corps de chiffon, un morceaux de bois ou des fils de fer la soutiennent, Jeannine pria Vauthier d\u2019entreprendre l'ingénieur, de lui montrer l\u2019occasion unique, le coup de fortune que serait une semblable élection.L\u2019armateur devait persuader Chabrial que lui,Vauthier, ainsi que tout les constructeurs de la Méditerranée, avaient un intérêt direct à ce qu\u2019il représentât au Parlement les intérêts de la région.Un organe leur manquait à la chambre.Il fallait amener le gouvernement à une protection efficace de leur indust/ie pour lutter contre la concurrence étrangère.Sans cette précaution, Ghabrial, malgré sa naïveté, sa foi aveugle en son patron et en sa femme, se fût étonné devant la générosité extraordinaire du premier et la brusque décision de la seconde.Cependant b intervention providentielle et inattendue de Vauthier faillit tout perdre par des raisons morales auxquelles Jeannine était loin de s\u2019attendre.\u2014Quoi! dit Ghabrial à sa femme, j\u2019accepterais un service tellement important, offert avec une telle magnanimité, de cet homme-là même dont je viens de trahir la confiance.-\u2014-Trahir sa confiance!.Parce que tu as vendu son sabot cent mille francs de moins qu\u2019il ne s'y attendait.Tu l\u2019as empêché de commettre une filouterie, voilà tout.Ge méchant navire ne tiendra pas longtemps en mer.7\u2014C\u2019est un beau bateau, je le connais.\u2014Ne m\u2019as-tu pas dit que les dernières constructions de Vauthier ne valent pas les anciennes, qu'il camelote, emploie des matériaux inférieurs?\u2014Depuis quelque temps, il m\u2019a semblé remarquer.\u2014Eh bien, tu as agi eu honnête homme quand tu t\u2019es opposé à une majoration de la marchandise.\u2014Et les cinquante mille francs que j\u2019ai touché?.\u2014La belle affaire!.Jeannine prenait cela sur un ton léger, enveloppant tout de ses sourires, mettait ses belles mains au cou de son mari, ses yeux au fond des yeux qu\u2019elle grisait.\u2014Ne l\u2019as-tu pas fait pour moi, parce que tu m'aimes ?Regrettes-tu la joie que tu m\u2019as donnée?.Oh! vois-tu, je tenais moins à l\u2019argent qu\u2019à cette preuve de tendresse envers ta Nine.La conscience de l\u2019homme s\u2019endormait tant que Tensorceleuse le tenait sous le charme, puis, à d\u2019autres moments, une révolte le soulevait.Un jour il faillit tout.avouer à son pa~ Iron. 18 Vol.34, ÏTo 8, Montréal, 29 juillet 1922 Celui-ci l\u2019avait accompagné dans sa tournée électorale.Vatithier, non content des influences dont il disposait, payait de sa personne.Dans les réunions publiques il prenait quelquefois la parole.Très au courant des véritables intérêts du pays et de toutes les questions économiques,\u2019 il avait des arguments pratiques et clairs qui impressionnaient les esprits simples et satisfaisaient les plus cultivés.\u2014Messieurs, disait-il, la candidature de notre ami Edouard Chabrial n'est pas une candidature politique.C'est une candidature d\u2019affaires.Voilà pourquoi nous vous la recommandons.La politique est le poison de la France.Notre chère nation s\u2019intoxique avec des mots et des idées.Les affaires, au contraire, \u2014et, par affaires, je n\u2019entends pas la spéculation, mais l\u2019industrie et le commerce,\u2014 les affaires sont la nourriture dont elle subsiste.Nous avons beaucoup de politiciens à la Chambre, nous avons peu de représentants capables de s\u2019astreindre à la tache aride et modeste-qui s\u2019impose au délégué d\u2019une population sincèrement républicaine et résolument travailleuse.Ce ne sont pas les lois qui font le bonheur et la prospérité d\u2019un peuple.Même excellentes, quelle vertu auraient-elles?Ne sont-elles pas de simples organisations de forces?Et qu\u2019organiseraient-elles là où les forces n\u2019existeraient \\ pas?Les forces vives d\u2019une nation gisent dans la conscience de tous, dans l\u2019initiative, dans l\u2019activité de tous.Le député qui se souciera d\u2019éclairer cette conscience, de développer cette initiative, de donner des aliments à cette activité, fera une oeuvre plus saine qu\u2019en s\u2019occupant à modifier nos institutions.Edouard Chabrial sera cet homme.Républicain, il l\u2019est de tout son coeur.Mais toute sa profession de foi tient dans ce mot.Il ne vous servira pas de tirades sur telle ou telle nuance de parti.Il vous entretiendra sur les ressources magnifiques de cette contrée et cherchera avec vqusle moyen de les multiplier encore; sur vos aptitudes industrielles et sur Lessor que vous pouvez lui donner.1 Par lui, vous serez défendus dans vos véritables intérêts qu'il connaît bien, instruits sur les concurrences étrangères, et doués des armes nécessaires pour lutter avec ces concurrences.Telles sont lys, préoccupations qu'il portera à la Çbqmbre.qu\u2019il introduira surtout dans leSiCommissions d\u2019enquête.Ce n\u2019est pas à la tribune et par des discours retentissants qu'un député travaille pour ses électeurs.La politique générale est une belle chose.Mais les efforts et les progrès accomplis par les bonnes volontés particulières ou collectives des producteurs en toutes les branches, voilà ce qui fai Lia grandeur et la richesse d\u2019un pays! .rjÿpilà ce qu'il faut développer, encourager, faciliter, défendre! Un ingénieur, qui a dirigé mes chantiers, qui s\u2019est familiarisé avec toutes les questions industrielles et ouvrières de cette région,voilà LE SAMEDI l\u2019homme qu'il vous faut, mes amis.Votez pour Edouard Chabrial ! Et sachez que je me solidarise avec cet honnête homme dont j\u2019ai éprouvé la loyauté, le dévouement, dont j\u2019ai pu apprécier la science.Je me prive avec peine de sa collaboration pour vous en faire profiter.Mais des facultés si nobles ne doivent pas servir à un seul.Et je les cède à l\u2019intérêt supérieur de mon pays, croyant accomplir ainsi le plus patriotique des sa-orifices.A la fin d\u2019un tel discours, Chabrial avait les larmes aux yeux.Sa physionomie ouverte, sincère, les quelques paroles sobres et émues qu\u2019il ajoutait, lui gagnaient tous les coeurs.Ce que l\u2019assurance hautaine de Vauthier, sa dialectique habile, sa renommée de grand industriel et le prestige de sa richesse obtenaient dans l'opinion publique, se doublait immédiatement par la sympathie qu\u2019inspirait son protégé.La modestie de Chabrial,\u2014qui lui eût fait du tort s'il eût mené sa campagne tout seul, car elle aurait paru un symptôme d\u2019infériorité, d\u2019impuissance, \u2014 tournait en sa faveur, après que l\u2019autorité de son puissant pa-patron, avait établi non seulement se mérites, mais la solidité de sa candidature, et la valeur de ses répondants.Paul Vauthier ne représentait pas un appui personnel et isolé.Dès qu\u2019il se remuait pour quelque chose, il entraînait avec lui une foule de gens, ses alliés ou ses obligés, et ceux qui souhaitaient de devenir l\u2019un ou l\u2019autre.Ce qu\u2019il vantait le plus haut, c'était l\u2019honnêteté de Chabrial.Gela mettait l\u2019ingénieur au supplice.Un soir, bouleversé par un succès plus marqué que tous les autres, par une espèce d\u2019ovation où le modeste petit ingénieur avait cru sentir un avant-goût de la popularité, le candidat' ne put s\u2019empêcher de dire à sen patron: -\u2014Ah ! monsieur Vauthier, quand je vois ce que vous faites pour moi, j\u2019éprouve un regret cruel de ne pas vous avoir mieux servi.\u2014Mieux servi ?répéta l\u2019armateur.J\u2019ai été toujours parfaitement satisfait de vous.Ce que je dis publiquement, je le pense.Vous avez été pour moi, Cha-hrial, le plus consciencieux, le plus intelligent des collaborateurs.\u2014Cependant, monsieur.-\u2014Quoi donc?\u2014Ma.mission à Alexandrie n\u2019a pas réussi comme vous le souhaitiez.Si Jeannine eût été là, de quel regard n'aurait-elle pas foudoyé son mari! Mais elle ne se trouvait pas dans ce canton perdu où les exigences de la campagne électorale avaient conduit les deux hommes.Et le pauvre Edouard, loin de sa présence, ne pouvait plus supporter le fardeau d\u2019indélicatesse que la confiance et le dévouement de leur dupe aggravaient si lourdement.\u2014Monsieur Vauthier, j\u2019ai un vrai remords.,.\u2014Et de quoi donc mon ami?\u2014Ce navire.\u2014Vous ne l\u2019avez pas vendu le prix que j\u2019en demandais.Que voulez-vous?J\u2019étais trop pressé.J\u2019avais une échéance.Je vous avais donné pleins pouvoirs pour traiter, à la condition de ne pas descendre au-dessous de cinq cent mille francs.Vous §.vez rempli votre mission.C\u2019est ma faute si je n\u2019ai pas voulu attendre.-\u2014Ah! pourquoi m\u2019avez-vous pris comme intermédiaire?L'entraînement.\u2014Oui.vous vous êtes peut-être un peu laissé rouler, dit vivement l\u2019armateur.Tout à coup, il venait d\u2019apercevoir un trouble inaccoutumé dans l\u2019attitude de Chabrial.\u2014Oh! oh! pensait-il.Puis une réflexion l\u2019éclaira.\u201c Parbleu, Jeannine était avec lui.Je ne me méfiais pas de Jeannine en ce moment.\u201d Rapidement, il fit son calcul.Rien à gagner par un aveu de Chabrial.Le remboursement?Quelques milliers de francs de.plus ou de moins ne l\u2019occupaient guère dans la bataille qu\u2019il livrait pour son honneur, pour sa fortune et pour l\u2019avenir de Lucie.Et si Chabrial avouait, quelle complication gênante ! Que penserait, que ferait Jeannine ?Lui-même, comment poursuivre son rôle?.\u2014Voyons, reprit-il, avant que l\u2019ingénieur eût ouvert de nouveau îa bouche, entre nous, d\u2019où viendraient vos scrupules?, Vous ne pouviez croire que le bateau valait davantage.On demande plus pour* avoir le juste prix.Et la preuve, c\u2019est que si vous m\u2019aviez apporté une plus forte somme, je vous aurais trouvé si malin que je vous aurais laissé le surplus.Parole d\u2019honneur ! J\u2019étais si sûr de mon affaire, que, pour la satisfaction de ma perspicacité, j\u2019avais parié cela contre moi-même à votre profit.* j \u2014-Mais alors?.balbutia encore l\u2019ingénieur.\t: V.\u2014Mon cher Chabrial, interrompit Vauthier, d\u2019un ton qui ne permetttait plus de réplique, que ce soit assez, je vous en prie.Je ne veux plus entendre parler de cette affaire.A cause de l\u2019extrême urgence des démarches électorales, le mariage de Lucie et de Roger avait été reculé de quelques semaines.Les deux Bertelin, le père et le fils avaient profité de ce retard pour retourner à Sézenac, surveiller les embellissements de l\u2019habitation et de l\u2019usine, qui devaient rendre cette rude cité du travail plus accueillante'pour la jeune épousée.Sézenac, à proprement parler, n\u2019est pas un bourg ayant sa physionomie locale, mais une immense installation industrielle.La seule beauté du pays consiste dans les ombrages séculaires du parc au milieu duquel s\u2019élève la fabrique.Ancien domaine seigneurial, dont les derniers vestiges architecturaux se trouvent englobés dçms les constructions nouvelles \u2014demeure directoriale et ateliers\u2014Sézenac conserve la splendeur de ses fu« 19 Vol.34, Bo 8, Montréal, 29 juillet 1922 taies, ses avenues d\u2019ormes de plusieurs kilomètres et les haliers sauvages parmi lesquels se dresse la royale majesté des vieux chéries.\u201c Ces verdures dédommageront Lucie' des grisâtres perspectives de la cité ouvrière, pensait Roger.Entre le bien qu\u2019elle fera d\u2019un côté et les retraites de rêve qui l\u2019enchanteront de l\u2019autre, je la connais, elle sera heureuse.Et puis, je l\u2019aimerai tant F' Il-oubliait le billet anonyme de la soirée de ses fiançailles.Un coup de foudre vint le lui rappeler.Son père le fit ; chercher un matin dans le laboratoire où Roger se livrait à des poursuites scientifiques.Le vieillard, dont l'expression de physionomie était extraordinaire, lui tendit un journal.n;|\t\u2014Lis ceci, mon fils.v Le jeune homme jeta d\u2019abord un coup d\u2019oeil au titre de la feuille imprimée: :rry m SSÎil :jifi del lelij \\M IV m Its] de 11 oiej le 11 H iiiel 'Pi de?5 frf .ijm A \u201cLAVANT - GARDE MARSEILLAISE\u201d .1 .___Ah ! dit-il, c\u2019est l'organe le plus acharné contre la candidature Chabrial.\u2014-Et contre ton futur beau-père, par conséquent, fit observer Jacque Bertelin.Jacques parcourut l\u2019entrefilet suivant: \u201cQue les républicains fervents se convoient.Nous ne verrons pas se prolonges le scandale d\u2019une candidature de réaction, soutenue par une coalition d'accapareurs, contre le candidat du peuple.\u201cLes patrons auraient trop beau jeu s\u2019ils pouvaient installer à la Chambre le docile instrument de leur tyrannie.L\u2019in- - jgénieur obscur, vendu à leurs intérêts, et ; qu\u2019ils nous présentent, Suivant leur expression, comme un \u201c candidat d\u2019affaires\u2019', ne poussera pas\u2019 jusqu'au bout la j sienne.v\tr* \u2022 \u201cSon principal appui et garant devra désormais réserver son5\u2019éloquence pour répondre & une imputation des plus graves.Nous reproduisons sous toute réserves les bruits qui courent et auxquels, pour nbthe part, nous nous refusons à croire.Tl paraîtrait qué l\u2019incendie de la \u201c Coquette-Lucie \u201d, cette catastrophe dont le monde entier s\u2019émut, et qui coûta de nombreuses vies humaines, ne serait nas l\u2019effet d\u2019un accident.\u201cAprès enquête, la Compagnie d\u2019assurances \u201cLa Maritime\u201d, refuserait de payer la prime énorme que réclame l'armateur, et serait même sur le point de déposer une plainte au parquet.: \u201cOr, cet armateur, on le sait, n\u2019est autre que M.Paul Vau!hier, le dieu tutélaire de la candidature Ghabrial.\u201d ¦\u2014Quelle ignoble calomnie ! s\u2019écria j Roger en posant le journal.\u2014Une calomnie?.murmura le vieux Bertelin.Certes.Voilà les armes de la politique électorale.Pourquoi diable un j homme comme Vauthier s\u2019est-il brusquement décidé à descendre dans un champ clos où l\u2019on reçoit à la face une telle boue?-\u2014C\u2019est pour le bien de cette région méditerranéenne, où les braillards et les socialistes égarent la population.LE SAMEDI Le vieux Bertelin regarda son fils d\u2019un air narquois.\u2014Comment, mon père ! Douteriez-vous de la loyauté de M.Vauthier?\u2014Je n\u2019ai aucune 'raison pour douter de sa loyauté.Mais je le sais un homme habile, intéressé, que les souffrances d\u2019autrui ne gênent guère.Alors, quand je le vois se lancer tout à coup dans la politique, pousser cet individu à lui, je tâche de deviner quel est son intérêt, mais je ne doute pas qu\u2019il en ait un.\u2014Moi, je ne cherche pas, déclara sèchement Roger.C\u2019est le père de ma fiancée.Je le respecte.\u2014Je regrette.commença le vieux Bertelin non moins sèchement.\u2014Que regrettez-vous ?.s\u2019écria son fils presque en bondissant.Mon mariage ?.\u2014Allons, allons, reprit le vieillard ¦avec un sourire adouci, ne t\u2019emporte pas.Nous n\u2019en sommes pas là.Je regrette que le père de ta fiancée ait adopté une ligne de conduite si inattendue.Il fit une pause, puis, mettant la main ¦sur 1\u2019 \u201cAvant-Garde Marseillaise \u201d : \u2014Et dont voici les premiers résultats.Roger crut sentir l\u2019impression de son père plus pénible que celui-ci ne se souciait de la montrer.Lui-même dut s\u2019avouer son propre malaise.Les menaces de la lettre anonyme revinrent à sa mémoire.Quel réel danger couvait sous ¦ces indices ?Mon Dieu ! pourvu que Lucie n\u2019eût jamais connaissance de ce ¦qu\u2019osait insinuer la haine! À Sézènac, dans ce coin reculé de la Drôme, la tranquillité s\u2019établit de nouveau.Rien\u2019d\u2019alarmant, n\u2019y parvint dé quelques jours.Il n\u2019en était pas de même dans le bouillonnement de la région marseillaise.' L\u2019entrefilet de 1\u2019 \u201cAvant-Garde\u201d y avait causé une émotion indescriptible.Les journalistes coururent s\u2019informer aux bureaux de la Compagnie d'assurances \u201cLa Maritime\u201d.Là, on fut muet.\u2019 Ce mutisme même fut commenté.Chaque reporter interpréta suivant sa fantaisie la réponse brève \u201c'un commis, le geste évasif d'un administrateur, la mauvaise humeur d\u2019un garçon.Des bruits contradictoires circulèrent.On s\u2019empressa d\u2019accréditer les plus dramatiques.M.Paul Vauthier s\u2019étant obstinément refusé à toute interview, un journal affirma qu\u2019il était en fuite.Pour démentir cette imputation, l\u2019armateur se monfra dans une importante réunion contradictoire où son protégé devait prendre la parole.Quand en le vit sur F estrade, rassemblée devint houleuse.Les professions de foi des divers candidats à la députation excitèrent peu d\u2019intérêt au prix de la seule présence de cet homme, qui se tenait impassible, le visage empreint de sa morgue accoutumée.Comment se comporterait-il si d\u2019accusation était maintenue?Qu\u2019y avait-il d\u2019exact dans les soi-disant poursuites dont il allait être l\u2019objet ?Son silence irritait.On voulait une explication.Dès que Chabrial commença mon discours, des clameurs l\u2019interrompirent : \u2014La \u201cCoquette-Lucie\u201d!.Expliquez-vous là-dessus!.Que Vauthier se justifie! A bas les incendiaires!.Comme l\u2019orateur insistait, un peu pâle, mais soutenu par la volonté de ne pas admettre que son patron eût à se disculper, ses adversaires, et même les indifférents, mus par la férocité inconsciente des foules, se mirent à hurler sur l\u2019air des \u201cLampions\u201d: \u201cIn-cen-diaire!.In-cen-diaire! In-cen-diaire !.\u201d Paul Vauthier se leva.\u2014Monsieur le président, voulez-vous me donner la parole?Un \u201cah!\u201d de satisfaction s\u2019échappa des poitrines.Tout le monde sedut.\u2014Messieurs, dit l\u2019armateur avec une dignité qui impressionna, vous n\u2019attendez pas que je repousse l\u2019abominable accusation qu\u2019une presse sans scrupule a osé porter \u2019 contre moi.Toute période électorale donne lieu, hélas! à de lamentables polémiques.Dans ma longue carrière, je n\u2019en ai pas encore vu de cette catégorie.Il m\u2019est douloureux de penser que c\u2019est dans ma ville, parmi, mes compatriotes les plus proches, dans cette Provence ardente mais habituellement généreuse, qu\u2019auront été employées de telles armes.Au nom de votre propre conscience, écartez-les.N\u2019exploitez pas, pour des intérêts de parti, l\u2019angoisse des naufragés poussés à la mer par les flammes, l\u2019épouvante sans nom de ces malheureuses victimes, les râles des agonisants, l\u2019éternelle horreur de ceux qui survivent !.Un silence presque solennel suivit cette allocution.Vauthier restait debout, très droit, l\u2019air calme et fort, comme sûr de la suggestion qu\u2019il exerçait.Dompté, le public allait applaudir.Tout à coup, au fond de la salle, une voix cria, d\u2019un accent qui donna le frisson : \u2014Réponds lui donc, Muriac!.Lève-toi et réponds-lui! A ce nom de Muriac, un soubresaut visible secoua Vauthier des pieds à là tête.Ses yeux se dilatèrent.II scruta un instant le fourmillement des têtes avec un regard égaré.Quel spectre.ou quel ressuscité plus effrayant qu'un spectre, allait surgir du mystère de cette foule?.Toutes ces faces humaines lui donnèrent le vqrtige.Il leva les bras comme pour se garantir d\u2019un péril ou repousser une apparition, puis il vacilla, s\u2019effondra parmi ses voisins de l\u2019estrade, qui s\u2019empressèrent autour de lui.Le lendemain, des journaux sérieux, qui jusqu\u2019à présent n\u2019avaient pas tenu compte de bruits en apparence invraisemblables, commencèrent à déclarer qu\u2019une enquête s'imposait.Vauthier, après les avoir lus, envoya sa voiture chercher Mme Chabrial en toute hâte.De nouveau les deux complices abordèrent le terrible sujet qu'ils n'avaient' ¦pas évoqué entre eux, même par une aK\u2019 lusion, depuis leur alliance. 20 LE SAMEDI v \u2014Vous m\u2019avez trompé, dit l\u2019armateur.\u201cAh ! vous êtes une femme habile ! Vous avez voulu vous servir de moi pendant que j\u2019étais-encore une valeur sociale.Mais vous n\u2019étiez pas seule à posséder votre secret.Vous avez préféré l'exploiter d\u2019abord, que de me prévenir du danger.Il la foudroyait d\u2019un regard si chargé de fureur qu\u2019elle trembla.Vauthier, calme jusqu'ici par l'habitude d\u2019une incroyable domination sur lui-même, s\u2019emporta tout à coup : -\u2014-Misérable, misérable créature! grinça-t-il.Tout ce que tu savais, pourquoi ne me F as-tu pas dit?.J\u2019aurais payé tes avertissements le prix que tu aurais voulu.Mais il t\u2019en coûtera cher.Je vais briser ton mari, le jeter au fumier.Quelle force ne fallut-il point à Jeannine pour ne pas considérer la partie comme perdue ! Elle savait Claude Ra-merie à Marseille.Elle l\u2019avait reconnu la veille dans cette réunion politique, où elle s'était glissée sous un costume très simple, une voilette épaisse sur le visage, ses beaux yeux cachés sous les enroulements du tulle.Elle avait vu l\u2019homme.Elle l'avait entendu crier: \u2014Muriac, réponds-lui!.Elle s\u2019était mêlée au groupe dont il fut entouré aussitôt et qui l'accablait de questions.\u2014Que savez-vous?Pourquoi l\u2019avez-vous interpellé?.Comment ce nom de Muriac lui a-t-il produit tant d\u2019effet?Et elle avait observé Ramerie, tandis qu\u2019il répondait en haussant les épaules.\u2014Est-ce que je sais?Je me suis payé sa g.Voilà tout.Un patron, ça mérite toujours qu'on F embête, Muriac c\u2019était s-on homme de confiance sur la \u201cCoquette-Lucie\u201d.Il devait connaître des choses.Je l\u2019ai nommé à tout hasard.Ça m\u2019a eu l\u2019air de tomber à pic.Jeannine avait quitté la salle derrière l\u2019ouvrier.Des camarades avaient emmené celui-ci chez un marchand de vins.Elle avait attendu, seule, dans la hideuse petite rue noire, pourchassée par des sollicitations d\u2019ivrognes, comme la plus abandonnée des malheureuses, elle, cette altière et dédaigneuse beauté.Elle guettait sa sortie, elle voulait savoir où il demeurait.Une heure après elle avait encore suivi Claude, et elle l'avait vu entrer à l\u2019hôtel des Grandes Indes.Donc, elle possédait deux certitudes : célle de mouvoir rencontrer l\u2019homme, lui parler, l'acheter peut-être ; celle aussi que, pour le moment, il se contentait d\u2019effrayer de loin son ennemi, sans l\u2019attaquer encore en face.Le silence volontaire, après le cri accusateur, les réponses évasives, l\u2019air de niaiseries voulue.le lui garantissaient.Elle soutint avec une froide audace ràttaaue furieuse de Vauthier.f \u2014Vous vous perdez, lui dit-elle.Ne voyez-vous pas que ce sont des subter^ fuges employés par la Compagnie d\u2019assurances et par vos ennemis politiques?L\u2019une veut sauver sa prime, vous amener à composition.Les autres.je n\u2019ai pas besoin de vous apprendre que les pires calomnies sont bien venues auprès d\u2019eux.Voyons, si ces gens-là détenaient la moindre indication utilisable, ne Fauraîent-ils pas criée sur les toits ?N\u2019auraient-ils pas saisi la justice de l'affaire ?Les rumeurs qui vous effraient sont celles qui circulent toujours après les catastrophes.Mais la preuve, l\u2019unique preuve, je vous jure que je la possède, et que je suis seule à la posséder.\u2014Parmi tous ceux qui ont échappé, observa Vauthier, dont la violence tombait, peut-être quelqu\u2019un soupçonne-il?Le criminel cessait d'employer, avec celle qui savait, les phrases ambiguës qui jusque-là le préservaient de l\u2019aveu formel.\u2014Ce Muriac, ajouta-t-il, avec une angoisse, où se dissipait toute sa colère, est-il mort ?Etes-vous bien certaine qu\u2019il est mort?\u2014Absolument.N'étiez-vous pas fou hier soir de croire qu\u2019il allait se dresser devant vous.Tomber en syncope !.Et par peur d\u2019un fantôme! A-t-on idée de ça! \u2014Si vous saviez qu'elle est ma vie, murmura-1-il.L\u2019armateur apprit alors à Jeannine ce qu\u2019elle ignorait.Rresque chaque jour il recevait des avertissements sous une forme ou sous une autre.C\u2019était le perfide entrefilet du journal, l'interruption saisissante de la réunion publique.Ç\u2019é-tait aussi un billet jeté dans sa voiture, le mot d\u2019un mendiant qui fuyait après avoir accepté son aumône, la malédiction qu'une main inconnue traçait durant la nuit sur le mur de ses chantiers.Du fond de l\u2019ombre, son crime surgissait, errait autour de lui, suspendait sur sa tête un châtiment qu\u2019il ne pouvait prévoir.\u2014Comprenez-vous, dit-il, qu\u2019hier soir, enfin, ma force de .résistance ait cédé pendant un instant?Si ce n\u2019était pas pour ma fille, je crois que j\u2019abandonnerais la lutte.-\u2014Et c\u2019est parce que cette lutte devient plus difficile que vous pensez à \u2022 vous séparer de moi ?de moi, votre alliée ?\u2014Vous me haiissez, Jeannine.\u2014Oui, je vous hais.Vos souffrances ne me déplaisent qu\u2019en ce qu\u2019elles compromettent mon intérêt.Mais je suis liée à vous par un lien plus fort que la tendresse.Pour que j\u2019arrive à ce que je désire, ne faut-il pas que votre influence, que votre réputation demeurent intactes, avant le succès d'Edouard nomme après ?Après aussi, entendez-vous ?Mais, regardez-moi donc ! Suis-je la créature maladroite et imbécile contre laquelle vous vous emportiez tout à l\u2019heure.\u2014Ab ! gémit-il, aidez-moi.;.Sauvez ma fille!.A nette évocation, une pâleur mauvaise envahit le visage de Jeannine jusqu\u2019aux lèvres.Quelle tentation de per-.Vcl.34, To 8, Montréal, 29 juillet 1922 dre la fille avec le père, d\u2019empêcher le mariage de Lucie ! L\u2019image de Roger passa devant ses yeux.Mais la passion dominante l\u2019emporta.Il s'en fallait maintenant de si peu que Chabrial ne fût élu! \u2014Soyez tranquille, dit-elle à Vauthier.Ce qui vous menace me menace moi-même.J\u2019ai peut-être le moyen de vous en délivrer tous les deux.Mais, au nom du ciel, gardez votre sang-froid, quoi qu'il arrive ! Ne vous évanouissez plus comme une femme.XIV\tj Le guet-apens Dans la salle commune de l\u2019hôtel des Grandes Indes, à ce moment presque déserte, Claude Ramerie, accoudé à une table, réfléchissait.Les événements de la veille se peignaient à sa pensée.Il revoyait le décor du café-concert loué pour la réunion publique, la foule pleine de rumeurs, l\u2019estrade où siégeait Vauthier.Il entendait l\u2019armateur affirmer son innocence, il l\u2019apercevait gourmé d\u2019orgueil et comme masqué de dédain.Alors, tout à coup, l\u2019horrible canot de détresse, les scènes de démence et d\u2019agonie lui apparaissaient.Juliette lentement torturée par la faim.Sa Juliette enlevée ^pour jamais à ses baisers.\u201eUn mouvement furieux le soulevait: il clamait le nom de Muriac.Et, devant l\u2019assistance stupé-hli faite, Vauthier chancelait comme sous le choc d\u2019une arme invisible.Lui, Claude Ramerie, il avait cette puissance de faire pâlir et défaillir un tel homme.Il tenait dans sa main ce coeur gonflé de crimes secrets, et il n'avait qu\u2019à crisper les doigts pour le faire hurler de douleûr.Pour un être du caractère de Claude cette sorte de vengeance était la plus féj ¦ conde en âpres satisfactions.Ce simple ouvrier portait une âme èmpreinh y d'un singulier et sombre génie.Il avai le goût de Faction personnelle.La conscience de sa force inférieure s\u2019accompa gnait d\u2019orgueil.lia seule passion tendre qu\u2019il eû éprouvée, forte de toute la force de sentiments uniques, d\u2019abord déçue, pui rongée d\u2019un doute inguérissable, et en fin si cruellement brisée, devenait ui ferment d\u2019exaltation pour les élément imaginatifs, mélancoliques et volontai res de sa nature.Il eût sohaité mene j jusqu\u2019au bout, à lui seul, et par de moyens inattendus, l\u2019oeuvre du châti ment.Rien ne lui répugnait comme l'idé d\u2019accomplir une délation.Aussi ne s\u2019é tait-il adressé encore directement ni la justice ni à la Compagnie d\u2019assurancf i Il avait simplement fait parvenir à celle ci un avis anonyme, lui conseillant de n rien payer sans enquête, et formulé dar les termes capables de provoquer toi les soupçons.Que la Compagnie, ur fois avertie, cherchât sans trouver, tai LE SAMEDI Vol.34, Bo 8, Montréal, 29 juillet 1922 mieux! Il ne se presserait pas de l\u2019aider.L\u2019important était qu\u2019elle ne livrât pas les fonds.7 L\u2019effet de cette lettre anonyme, Glande ne le connaissait pas.Le directeur de la Compagnie l'avait communiqué confidentiellement au procureur de la République.\u2014Un chantage de quelque ouvrier congédié, avait dit le magistrat.Cependant, tout en conseillant le silence, le chef du parquet de Marseille avait commencé une sourde enquête.Si bien machiné que soit un crime compliqué comme celui dont il s\u2019agissait, si effacées qu'en soient les préparations et les traces, on en retrouve au moins quelque chose '\u2018dans l\u2019air\u201d.Au cours de leurs recherches parallèles la Compagnie et la justice rencontrèrent des indications extrêmement vagues et faibles, mais suffifisantes pour les maintenir en \u2018éveil.Ce fut lorsque l\u2019entrefilet de 1T \u201cAvant-Garde\u201d parut.Le conseil d'administration de la Compagnie d\u2019assurances \u201cLa Maritime-\u2019 ne voulut jamais convenir qu\u2019il l\u2019avait inspiré.Pourtant l\u2019employé subalterne, auteur supposé de l\u2019indiscrétion, monta bientôt en grade dans les bureaux.Si, à ce moment, Claude Ramerie eût apporté son témoignage, on l\u2019eût accueilli dans une disposition très favorable à sa sincérité.Il ne s\u2019en doutait pas.La perspective de se voir traité d'imposteur en présentant sans aucune preuve un invraisemblable récit, ajoutait à sa farouche répugnance pour les basses :e» oeuvres de la délation.Il préférait son rôle de justicier mystérieux, de semeur d\u2019épouvante.Pour le servir dans les combinaisons .Ml* 11\t.les plus, propres à effarer Vauthier, ¦®| Claude avait un instrument discret et efi docile.MC;était ce Granger, mis à la porte des chantiers par 1',armateur, et auquel, par la bonne volonté de la mère eCi;.Estléyoÿj, il avait procuré du travail,.sur le port, .\t.\t.\t-\t.Claude l\u2019avait nourri pendant quel-(Diffl ques jours et lui avait .donné des pièces Il blanches pour ses mioches.L\u2019homme il lui était, dévoué corps et âme.Surtout jP lorsqu'il s'agissait de jouer des tours à son ancien patron.Sans le-mettre commit plètement dans son secret, Ramerie le for» faisait agir.A eux deux, il se multipliaient, jusqu\u2019à donner à Yauthier l\u2019idée le,i|| Que les spectres de ses victimes s\u2019incar-fjÿlr naient sous d\u2019insaisissables apparences || pour le hanter de-menaces obscures, yff\tJustement, comme Claude rêvait, la R\t7\t7 jjg» tête entre les mains, son camarade lui |frappa sur l'épaule.\u2014Me voilàr dit Granger.\u2014Ah! c'est toi, fit l\u2019autre en tressait- ,'i liant.' \u2014Oui.' - __ _________________ \u2014Tu y as été?Tu l\u2019as vu?\u2014Non, il n'a pus quitté sa villa ce I matin.-\t\u2014Alors ?\u2014Alors, je n\u2019ai pas pu, comme tu me l\u2019avais dit, lui faire tenir ton billet par W KSI un gosse de la rue à qui j\u2019aurais donné deux sous.Pourquoi ne veux-tu pas le mettre à la poste?\u2014C\u2019est mon affaire.\u2014Voilà ton papier.Je ne sais pas ce que tu racontais dedans.Mais j\u2019y en ai fait une autre de blague, à notre bonhomme.\u2014Quoi donc?\u2014En rôdant devant chez lui, j\u2019ai aperçu le bord d\u2019un journal qui dépassait un peu dans sa boîte aux lettres.J'ai tiré l\u2019imprimé, je l'ai glissé hors de sa bande, j\u2019ai écrit trois mots en marge du premier article, et puis j\u2019ai remis le tout en mouillant un peu le timbre qui a parfaitement bien repris.Youp.renfoncé dans la boîte.Je veux être pendu s\u2019il devine d\u2019où celle-là lui tombe, par exemple.\u2014Qu\u2019as-tu écrit?\u2014Les mots que tu m\u2019as recommandé de lui souffler à l\u2019oreille, un soir, dans la foule, comme il sortait du théâtre.\u2014Lesquels?\u2014\u201cMuriac a parlé\u201d.J\u2019avais envie d\u2019ajouter ce que tu m\u2019a fait écrire sur son mur: \u201cLes morts crient du fond de la mer.\u201d Mais j\u2019avais peur de n\u2019avoir pas le temps.Puis ça vaut mieux.Les plus courtes plaisanteries sont les meilleures.Claude se taisait.\u2014Tu ne dis rien, mon copain.J\u2019ai t\u2019y bien fait?\u2014Parfaitement.\u2014-Ah ! bien, reprit Granger, paraît que les paroles coûtent cher aujourd'hui.Tu manques d\u2019expansion, camarade.Voudrai s-tu au moins me dire quelque chose ?.\u2014-Quoi donc ?\u2014Dans tg pensée, c\u2019est-il le père Vauthier qui a flanqué le feu à la \u201cCoquette-Lucie\u201d?\u2014Quanti tu le saurais, à quoi ça pourrait-il te servir.\u2014Ça me servirait, reprit Granger d'un air.embarrassé, que je le tiendrais pour une fameuse\u2019canaille et que ça m\u2019ôterai!, pour de bon le goût de rentrer chez lui.\u2014-Rentrer chez lui ! s\u2019écria Claude, qui, cette fois, sortit du rêve où il s\u2019absorbait.Tu parles de rentrer chez lui?Ce fut au tour de son interlocuteur de garder le silence.Il tournait sa casquette dans ses mains très rouge,.en détournant les yeux.A la fin, il balbutia : \u2014Tu m\u2019as trouvé du travail sur le port, camarade.Tu m\u2019as rendu un vrai sendee.Mais ce n\u2019est pas une place fixe, cette machine-là.Quand j\u2019étais chez Vauthier.la femme et les petits avaient du pain pour le lendemain aussi bien que pour la veille.\u2014Il t\u2019a jeté dehors, Vauthier.avec un coup de stick sur les doigts, si j'ai la vue nette et la mémoire bonne.\u2014C'est vrai.Mais il y a maintenant autre chose que tu ne sais pas.J'aime mieux être franc avec toi, Ramerie.Même si je ne rapplique pas dans sa boîte, je n'en suis plus pour le tracasser, le patron.Mon truc du journal, ce ma- 21 tin.eh bien! c\u2019est la dernière fois.Faut que tu le comprennes sans m\u2019en vouloir.Claude regarda l'ouvrier jusqu\u2019au fond des yeux.\u2014Bon sang! murmura-t-il, si je savais que tu m\u2019as trahi!.\u2014Oh! c\u2019est mal de croire ça, camarade! Retire ce mot-là, ou j\u2019étoufferais d'avoir mangé ta gamelle.Si nous n\u2019avons pas crevé, les miens, et moi, à qui le devons-nous?.A toi, n'est-ce pas?Son accent vibrait de sincérité.\u2014Mais enfin?.demanda Claude.\u2014Voilà.C\u2019est les femmes qui ont tout fait.Je ne m\u2019en doutais pas, parole d\u2019honneur! Ma bourgeoise est allée trouver Mamzelle Vauthier.Qu'est-ce que tu veux?Elle ne vivait plus à cause de sa marmaille.Elle me bramait toujours que je n\u2019aurais jamais une place comme celle que j\u2019ai perdue.Pour un peu, elle aurait cru que je ne faisais pas ce qu\u2019y fallait pour y rentrer, elle m\u2019aurait traité de feignant.Ah! ces paroissiennes-là, quand elles se sont fichu une idée dans la tête.\u2014Laisse les femmes tranquilles, fit Ramerie.-\u2014Soit, on n'y trouchera plus.Tant y a que celle-ci est allée pleurnicher auprès de Mam zelle Lucie.Dieu me pardonne, je crois qu\u2019elle lui a trimballé sa tiaulée d\u2019enfants, dont le dernier est à la mamelle.-\u2014Et Mlle Vauthier a intercédé pour toi auprès de son père?\u2014Comme la bonne Vierge auprès de son enfant, reprit Granger d\u2019un ton qui voulait être gouailleur, mais où l\u2019émotion perça malgré lui.Et si on n\u2019avait fait que me rendre ma place ! Mais la demoiselle s\u2019est amenée dans notre taudis, et.\u2014R y eut un mouvement de déglutition dans sa gorge qui se serrait un peu\u2014et.elle y a' lait des miracles.\u2014Je l\u2019ai vue, Mlle Vauthier, dit fta-merie d\u2019un air songeur.Je l'ai vue un matin, à cheval, à côté de son père.-\u2014N'est-ce pas qu\u2019elle est belle, et qu\u2019elle porte la bonté sur sa figure?-\u2014Il y en a d\u2019autres, fit Claude, belles et bonnes comme elle.Du moins il y en avait une autre.; jf » , ) \u2014Surtout, reprit Granger, qui n'avait pas compris, surtout depuis que sa jjè-core d'institutrice n\u2019est plus avec elle.Ah! elle a été pour nous comme un ange du bon Dieu, vois-tu, mon copain.Aussi malgré la reconnaissance que je te dôip.-\u2014Ne parle donc pas de reconnaissance.Tu es libre.Rentre chez Vauthier, puisqu\u2019il consent à te reprendre.\u2014Tu ne m'en veux pas ?demanda Granger.\u2014Pourquoi .t\u2019en voudrais-je?Ces mots furent prononcés avec une froideur que Ramerie corrigea aussitôt.\u2014Non, certes, je ne t\u2019en veux pas, déclara-t-il, comme une réflexion soudaine.Tu as bien fait de me parler de cette jeune fille.Tu as bien fait.L'ouvrier parisien sembla retomber dans une rêverie profonde. 22 LE SAMEDI \u2014Drôle de corps, pensait Granger.On ne sait jamais à quoi s\u2019en tenir avec lui.Quel dommage qu\u2019un gaillard si serviable ait le cerveau un peu fêlé! Ma foi, j\u2019aime autant ne plus trop me mêler à toutes ses manigances.Il se leva.\u2014Dis donc, mon copain, sans adieu, n\u2019est-ce pas?\u2014Au revoir, dit machinalement Ra-merie, dont la pensée était Ipin.Il se retrouvait seul depuis deux minutes à peine, lorsqu\u2019un aboiement partant tout près de lui dans un nuage de fumée lui fit retourner la tête.\u2014M'sieu Ramerie, disait Mme Estié-vou, c\u2019est une dame qui vous demande.\u2014Une dame! répéta-t-il stupéfait.\u2014Oui, et épatante encore, certifia la patronne.\u2014Papa, papa! cria la voix joyeuse de Sylvaine.Viens vite.Viens dans le bureau de maman Bstiévou.Lorsque Claude entendait sa fille donner la douce appellation de \u201cmaman\u201d à ce qui lui faisait l\u2019effet d\u2019un vieux matelot en jupons, il éprouvait une crispation douloureuse.Mais cela valait mieux, pensait-il.La révolte éprouvée le détachait davantage de Sylvaine.Depuis qu\u2019il avait cru constater une ressemblance entre cette enfant et Roger Bertelin, il accueillait avec une cruelle satisfaction tout ce qui paraissait élargir l\u2019abîme entre hile et lui.Ne parlant presque jamais à la pauvre petite, comment eût-il soupçonné l\u2019isolement de ce coeur puéril et l\u2019asile de tendresse trouvé chez la maternelle Estiévou, sous la rude écorce féminine qui, pour lui, contrastait si monstrueusement avec la grâce inoubliable de Juliette.\u2014Papa, expliquait la fillette, tu ne sais pas.C'est la jolie dame.La dame du bateau, rappelle-foi.Regarde ce qu\u2019elle m'a apporté.Elle soulevait avec peine une poupée magnifique.Claude vit briller de larges yeux d\u2019émail, onduler une chevelure blonde sur une robe de soie rose.\u201cLa dame du bateau.\u201d Il tremblait presque.Ce mot ne lui rappelait que la \u201cCoquette-Lucie\u201d.Quand il fut dans le bureau, il se ressaisit vite.Il reconnut la passagère de la \u201cVille-de-Tunis\u201d, et cette rencontre ne lui causa rien d\u2019autre qu\u2019une légère surprise.La belle Jeannine se tenait debout dans la sombre caverne de l\u2019ogresse, \u2014 ou du moins dans ce qui paraissait tel à Sylvaine aux jours de ses lointaines terreurs.\u2014Elle tamponnait tfti fin mouchoir devant son visage pour éviter à son nez et à ses yeux les âcres picotements de la fumée de tabac.\u2014Excusez, madame, excusez, répétait la patronne de l\u2019hôtel, en dissimulant sa pipe derrière son dos.Dame, ça n\u2019est pas ici le palais de Longchamp.Cet édifice, dont s\u2019enorgueillit Marseille.semblait à Mme Estiévou le dernier mot des splendeurs terrestre.Elle Croyait que jadis les rois y avaient habité.\u2014Mon pauvre monsieur Ramerie !.murmura Jeannine, qui saisit la main de l\u2019ouvrier dans un élan plein de grâce.\u2014Madame.balbutia-t-il, involontairement remué.Comment se rappelait-elle son nom, son malheur?Etait-il possible qu\u2019elle lui eût gardé tant de sympathie?S\u2019il avait su que la mémoire de la dame venait de se rafraîchir dans son carnet !.le carnet qu\u2019il croyait volé par Loaguern.pour lequel il aurait donné la moitié de son sang! \u2014Oh ! mon brave ami, reprit Mme Chabrial, les larmes aux yeux, je suis heureuse de vous retrouver, ainsi que votre chère petite.(Elle caressa les cheveux de Sylvaine).Les circonstances où je vous ai connu ne quittent pas ma pensée.Je vois toujours cette adorable jeune femme quand on l\u2019a montée hors du canot.Cette phrase inattendue bouleversa Claude.Depuis trop de jours son âme se tendait dans la haine.Il s'abattit sur un siège, secoué de sanglots.Mme Estiévou emmena Sylvaine et laissa le père seul avec la visiteuse.Celle-ci prodigua au veuf les plus suaves paroles.Afin de mieux dissoudre, sa volonté, elle l\u2019attendrissait avec des descriptions de la morte, des souvenirs précis, de ces détails dont l'évocation produit un effet déchirant sur ceux qui survivent.La curiosité qui, sur la \u201cVille-de-Tunis\u201d, avait tenu Jeannine attentive à toute la funèbre mise en scène du sauvetage des naufragés, puis de l\u2019ensevelissement de Juliette, la servait aujourd\u2019hui.Si Claude eût alors été capable d\u2019observer la froide limpidité des yeux verts, il fût resté plus insensible aux larmes qui les mouillaient à présent, Mais il crut que cette femme avait réellement pleuré sur le pâle trésor de son amour, i ll bégaya :\t;\t: \u2014Vous avez vu comme elle était belle!.Ah! madame, quand vous parlez, il me semble qu\u2019elle est devant moi.Pardon.pardon.Je suis plus faible qu\u2019un enfant.Elle lui dit: \u2014Laissez.Ne contenez pas votre chagrin.Vous pleurez avec une amie.Il releva sa mâle figure.La vivacité de l'émotion s\u2019y calmait.\u2014Vous êtes bonne, madame, je vous remercie.\u2014Votre deuil est affreux, dit-elle.Je comprends que vous fassiez tout pour échapper à une pareille torture.Ah! peu d\u2019hommes savent aimer et regretter comme vous.\u2014Que je fasse tout ?.répéta-t-il surpris par ce mot, \u2014Oui.Ce n\u2019est pas moi qui vous blâmerai.Et cependant,.Il la.regardait, troublé.\u2014Pour vous autres, hommes, la politique est la plus forte diversion.\u2014Je ne m\u2019occupe pas de politique.\u2014Oh! monsieur Ramené, manquez-vous de confiance en moi?Vol.34, ¥0 8, Montréal, 29 juillet 1922 ¦\u2014comment, madame ; \u2014Vous étiez hier à cette réunion.C\u2019est votre interruption qui a causé le tumulte sur lequel on-a levé la séance.Ce qui, entre parenthèses, a empêché mon mari de prononcer son discours.\u2014Eh! oui.Monsieur Chabrial.Vous ne l\u2019ignorez pas est le candidat de la gauche modératrice.\u2014G\u2019est vrai, vous êtes Mme Chabrial.Elle ne comprit pas d'où venait l\u2019intonation surprise.Chez Claude une association d'idées se faisait, dont il s\u2019étonnait de n\u2019avoir pas été frappé.Dans sa sourde campagne contre Vauthier, il n\u2019avait guère tenu compte de ce qu\u2019y perdrait le \u201ccandidat de la gauche modératrice\u201d.Encore moins songeait-il que la jolie passagère de la \u201cVille-de-Tunis\u201d pâtirait de ses attaques.Le souvenir de Mme Chabrial s\u2019était effacé sous des préoccupations absorbantes.Et tout à l\u2019heure, dans le saisissement de cette visite, nul rapport ne lui était ap- rf ' paru entre elle et celui qu'il poursuivait de sa haine.Il distinguait mieux maintenant.Son attendrissement disparut.Une méfiance le mit en garde.\u2014Mon Dieu, je ne vous en veux pas, : disait Jeannine .puisque me voilà ici.\u2014Mais, s\u2019écria Claude, je n\u2019ai yien fait contre M.Chabrial.-\u2014Vous répandez des calomnies contre M.Vauthier, qui soutient sa candi- dature.Une espèce de voile sombre tomba sur la physionomie de Claude.Mme Chabrial en fut effrayée.\u2014Pourquoi dites-vous, demanda-t-il, que je répands des calomnies contre M.Vauthier ?Qu\u2019 en savez-vous ?: \u2014Je vous ai reconnu, quand vous avez crié hier soir.\u2014Ah! : pii m&dm&z Il la regarda d\u2019une façon si intense qu\u2019elle dut détourner les yeux.au \u201cJe ne le prendrai pas aussj; facilement que Vauthier, se dit la belle Jeannine devant ces ^prunelles chargées d\u2019énergie, de réflexion, de méfiance.\u2014Vous saviez déjà que je demeurais ici?questionna Claude.\u2014Mais.(Elle hésita, n\u2019avant pas eu de temps de calculer la nécessité du mensonge).Oui, je m'étais informée, on m\u2019avait dit.\u2014C'est M.Vauthier qui vous envoie?\u2014Y pensez-vous?Si M.Vauthier connaissait votre existence, votre attitude, il vous briserait comme un verre, mon pauvre garçon.Non, c\u2019est pour vous, dans votre intérêt, que je suis venue ici.L\u2019expression de Claude deyenait près- nj que terrible.\u2014Voyons, reprit-elle avec une pénétrante douceur.Vous avez beaucoup souffert.Vous êtes profondément à plaindre.Vous avez aussi une enfant qu\u2019il faut préserver autant que possible des duretés du sort* Que puis-je faire pour vous ?.pour elle ?.Mon cher monsieur Ramerie.écoutez-moi, croyez-j i moi.Laissez adoucir l\u2019amertume qui vous emplit le coeur.Ayez confiance er d Pol.34, Ho 8, Montréal, 29 juillet 1922 une pitié de femme.Rappelez-vous ;jue j\u2019ai donné le dernier baiser de soeur i votre ange envolé, à votre Juliette morte.__Taisez-vous, madame!.cria Clau- ie en bondissant.\u2014.Devenez-vous fou ?dit-elle avec salme, en se levant à son tour.Il l\u2019examinait, non pas subjugué, mais jiterdit.Elle gardait un charme tranquille, un air de sécurité, comme si cette force mâle n\u2019eût rien pu contre une si gracieuse faiblesse.Le soupçon qui venait de le traverser s\u2019évanouit dans son cerveau d\u2019homme, sur lequel, malgré lui, agissait la séduc-,ion.Non, sans doute, elle n\u2019était pas 3omplice.Elle ne vernit pas le cor-\u2022ompre ou l\u2019acheter au bénéfice de son mnemi, comme il l\u2019avait cru dans une ntuition foudroyante.Mais, en admet-ant qu\u2019elle fut sincère, il ne pouvait plus iccepter sa sympathie puisqu\u2019elle se faisait solidaire de Vauthier.\u2014Madame, j\u2019ai failli répondre à votre denveillance par une insulte.Vous voyez [ue je suis un être dont il ne faut pas uoiser le chemin.Je vous sais gré de ms intentions, et plus encore de vos lar-nes.Lorsqu\u2019elles m\u2019ont ému, j\u2019ignorais [ui vous étiez.Je vous en prie, retirez-mus.Nous ne pouvons avoir rien de lommun ensemble.\u2014Réfléchissez, Ramerie.Songez quelle irotection vous refusez pour votre fille.\u2014Oh! ma fille.Il eut un pâle sourire, quelle ne s\u2019ex-diqua pas.Jeannine avait trop de perspicacité >our ne pas comprendre qu\u2019elle n\u2019ob-iendrait rien de cet homme.Toutefois, \u2019intérêt et le raisonnement n\u2019ayant pas irise sur lui, elle voulut l\u2019envelopper l\u2019un rayonnement câlin qui désarmât ant soit peu se résolution.\u2014Donnez-moi la main, dit-elle.Quit-ons-nous amis.Si jamais vos prévenions qué-je ne puis croire sérieuses, \u2019effaçaiend.n\u2019oubliez pas que Jeannine lhabrial ne demande qu'à vous être uti-e, à vous et à votre enfant.\u2014Merci, madame, répondit sèchement \u2019ouvrier.C\u2019était la première fois qu\u2019un homme gardait à ce point son sang-froid près de a belle Jeannine.Elle en eut un dépit éminin.Pendant un instant le martial 'isage, aux traits fins et nerveux, aux \u2019eux admirables, la hanta.\u2014Il faudra donc te briser, mon bon-iomme, pensa-t-elle.Quel dommage!.Elle eut un singulier sourire.\u2014Il est de la même race, dit-elle.C\u2019est à Roger Bertelin qu\u2019elle venait !e songer.Ce rapprochement ne mandait pas de justesse.Tl y avait une pâ-eur identique d\u2019énergie, une inflexibi-ité de caractère semblable, et presque me ressemblance physique, entre ces éux hommes.Mme Ghabrial, en quittant Claude, percha Syl vaine et Mme Estiévou.lenseignée par une servante, elle monta LE SAMEDI un étage et frappa à la chambre de la patronne.\u2014Entrez! cria une voix qui semblait sortir de la niche d\u2019un bouledogue.Jeannine pénétra dans la plus étrange retraite qui jamais ait abrité une créature du beau sexe\u2014si tant est que cette définition puisse s\u2019appliquer à Mme Es-tiévou.Le lit était composé de deux parties, dont l\u2019une, de la forme dit \u201cà nacelle \u2019, était en acajou plaqué et dont l\u2019autre était la poupe d\u2019un bateau.Près du plafond, s\u2019accrochait le rideau, fait d\u2019une vieille voile rougeâtre et rapiécée, qui tombait d\u2019une de ces figures de sirènes que les pêcheurs font sculpter à la proue de leurs embarcations.Aux murs des filets étaient suspendus comme des tapisseries rares.Des effets de mousse, un râtelier de pipes, figuraient les plus précieux ornements de ce séjour.\u2014Dame! ça n\u2019est pas le palais de Longchamp, constata Mme Estiévou en remarquant l\u2019air abasourdi de sa visiteuse.Celle-ci déclara: \u2014Comment donc! C\u2019est tout à fait gentil.\u2014Dites pas ça, madame.Je sais bien que tout ça est très laid.Mais j\u2019ai dormi dans ce bateau-là, sous cette voile, dit-elle en désignant l\u2019épave avec ce que j\u2019aimais le plus au monde, mon mari à côté de moi et mon petit gars entre les genoux.Y a des nuits où je me figure que la mer nous berce.Dans la figure de terre cuite, les yeux noirs s\u2019emplirent d\u2019un rêve qui les illumina de beauté.Sylvaine, qui déhabillait sa poupée dans un coin, vint à Jeannine: \u2014Madame, papa a pleuré quand vous lui avez parlé de maman.C\u2019est qu\u2019il vous aime bien.Moi, quand je lui parle d\u2019elle, il prend un air qui me fait peur.Peut-être qu\u2019il pleurera maintenant.Oh! je serai bien contente.\u2014Contente que ton père pleure?demanda la jeune femme d\u2019un air distrait! -\u2014Oui, parce qu\u2019alors je pourrai l\u2019embrasser.Sans s\u2019arrêter à la signification poignante de ce mot d\u2019enfant, Mme Gha-brial dit à la patronne : \u2014Votre hôtel m\u2019a l\u2019air très bien tenu, madame.Ce sont des ouvriers qui le fréquentent.\u2014Bien sûr, aboya la Marseillaise, ce ne sont pas des princes du Congo.Ayant lu ce titre sur une réclame, elle croyait exprimer la plus haute noblesse du monde.\u2014Des ouvriers comme M.Ramerie ?\u2014-Dieu merci, non.\u2014Ça n\u2019est pas un bon pensionnaire ?\u2014Que si.Mais c\u2019est un Parisien.Impossible de rendre l\u2019accent de supériorité dédaigneuse qui souligna ce mot.\u2014Vous n\u2019aimez pas les gens de Paris?\u2014'C\u2019est des ruminants, dit Mme Estiévou.\u2014Des ruminants ?23 \u2014Oui, des personnes qui ruminent, qui pensent, quoi!.Ce qu\u2019il doit remuer d\u2019idées dans sa tête, celui-là! Il en oublie quasiment qu'il a une fille.Elle allongea le menton dans la direction de Sylvaine, qui n\u2019écoutait plus absorbée par sa poupée.\u2014Ah! reprit la patronne, ça serait à se faire enterrer tout de suite si on ne recevait que des clients de cet acabit.\u2014Vos Méridionaux sont autrement gais, n\u2019est-ce pas, ma brave femme?\u2014Gais, je vous crois.Un peu tapageurs, même.Et puis, ça a la tête près du bonnet.\u2014On se dispute?.\u2014On se bat aussi, quelquefois.Mais ça n\u2019est jamais sérieux.A moins que ces damnés Italiens ne s'en mêlent.\u2014Ah! fit Jeannine subitement intéressée, vous logez des Italiens.\u2014Je n\u2019en loge pas.Ils sont trop mauvais coucheurs.Et puis ça discréditerait ma maison.Mais on ne peut pas demander la nationalité de tous les gens qui viennent manger de ma soupe au poisson.\u2014Et.ils sont querelleurs?questionna Jeannine, avec une lueur dans ses prunelles d\u2019émeraude.\u2014Comme des chats sauvages.Ah! ils ont vite fait de jouer du couteau.\u2014Ce sont des ouvriers habiles, déclara Mme Ohabrial d'un air entendu.\u2014Si on veut.\u2014En avez-vous en ce moment dans votre clientèle?\u2014Plus que ça ne me convient.\u2014Qu\u2019est-ce qu\u2019ils font.\u2014Un peu de tout.Y a des maçons, des portefaix, est-ce que je sais, quoi ?Deux peintres aussi; des barbouilleurs que je voudrais voir au diable! \u2014Des peintres de quoi?\u2014Des peintres qui font des enseignes, lis voulaient me colorier la devanture de l\u2019hôtel.Mais ils sont hargneux comme des crabes, ces paroissiens-là.\u2014Justement j\u2019ai des travaux de peinture à faire exécuter chez moi.Vous devriez bien me les envoyer, Mme Estiévou.\u2014Ah! ma pauvre bonne dame, j\u2019aimerais mieux vous envoyer la peste.\u2014Mais non, je vous en serais bien reconnaissante, c\u2019est très pressé.\u2014Pourquoi n'emploieriez-vous pas plutôt des Français?\u2014Ils prennent plus cher.\u2014Comme vous voudrez, dit la mère Estiévou, devenue tout à coup de glace, autant que peut l\u2019être une Provençale.Allons, viens-tu, Sylvaine?Il est l\u2019heure pour mon court-bouillon.Vous m'excusez, madame, je suis là qui cause.C\u2019est pas sur le bout de ma langue que se fera mon court-bouillon.Cette vérité incontestable sous-entendait le mépris de Mme Estiévou pour le manque de patriotisme de sa visiteuse.Toutes trois descendirent.Mme Cha-brial, sur le pas de la porte, embrassa la petite Sylvaine comme si cette enfant lui eût été précieuse depuis sa naissance: 24 LE SAMEDI VoL 34, ÏTo 8, Montréal, 29 juillet 1922 \u2014Je reviendrai te voir, ma mignonne, assura-t-elle.Un frou-frou de soie.La belle robe disparut.\u2014Si ça ne fait pas pitié! dit Mme Es-tiévou à l\u2019enfant, tout en rallumant sa pipe.Pour économiser quelques sous, donner de l\u2019ouvrage à des Italiens!.A quoi ça sert-il qu\u2019y ait des Alpes, alors?Si le bùn Dieu les a faites, c\u2019est pour nous garder de la vermine, cependant.Et puis on se plaindrait quand y aura un mauvais coup donné à l\u2019hôtel des Grandes Indes 1 Je ne peux pourtant pas' attacher ces gaillards-là, qui ne rêvent que plaies et bosses.Deux jours après la visite de Jeannine à Claude, l'armateur Yauthier recevait la lettre suivante: \u201cVous, Paul Yauthier, que nous avons condamné pour votre crime devant un tribunal composé d\u2019êtres à l\u2019agonie dont les râles dictaient votre sentence, écoutez quelle circonstance atténuante adoucira votre châtiment.\u201cVous* avez une fille.Elle est bonne.Elle fait le bien.Elle porte la joie dans les pauvres logis où les mères pleurent d'angoisse et où les petits enfants n\u2019ont pas le nécessaire.On ne veut pas P entraîner dans votre ruine, l\u2019écraser dans votre honte.\u201cFaites-vous justice à vous-même avant qu\u2019éclate le scandale de votre infamie.A ce prix on vous épargnera la cour d\u2019assises et le bagne.On ne dénoncera pas ce qui s\u2019est passé à bord de la \u201cCoquette-Lucie\u2019?dans la nuit d\u2019abomination et d\u2019épouvante.\u201cRenoncez à recueillir les bénéfices de votre forfait.;Osez mourir puisque vous avez tué.On,amnistiera votre mémoire.Votre enfant ne saura jamais quel monstre elle appelait son père.Ainsi vous la préservez d'un enfer dans le présent.\u201cSi vous voulez Ja garantir du malheur dans l\u2019avenir,; ne la mariez pas à Roger Rertelin.\u201cLE JUSTICIER.\u201d Quand l'armateur eut achevé de parcourir ces lignes, il se leva en chancelant, s\u2019approcha de la croisée de son cabinet de travail.Parmi les verdures de jardin, entre les hauts camélias en fleurs, il vit passer l'image de la beauté et du bonheur humains.Lucie marchait lentement au bras de son fiancé.Mais, déjà, ce bonheur portait une ombre.Le mâle visage et le gracieux front paraissaient également graves.Si le père eût entendu leur conversation, il eût tremblé plus encore, comme à un écho de cette lettre terrible qu'il tenait à la main.Lucie disait à Roger : \u2014Mon ami.votre générosité essaie en vain de me donner le change.Vous ne pouvez pas nier l\u2019existence de cette cabale monstrueuse.Je sais que des misérables, dans un but politique, attentent à l\u2019honneur de mon père.Mes lèvres ne proféreront pas la calomnie sans nom qu'ils s\u2019efforcent de répondre.Ah! quel abîme que la méchanceté humaine! Elle s\u2019interrompit, comme suffoquée.\u2014Ma bien-aimée, ne parlons pas de cela, je vous en conjure, supplia le jeune homme.Vous voilà toute pâle.Vous vous faites un mal qui me déchire.\u2014Je dois aller jusqu\u2019au bout.\u2014Que voulez-vous me dire ?Gela, pour nous, entre nous, doit être comme n\u2019existant pas.\u2014Non, Roger, non.Elle secoua la tête.\u2014Ne m\u2019empêchez pas de remplir mon devoir.A cause de cette malheureuse candidature Ghabrial, que mon père a si extraordinairement prise à coeur, notre mariage s\u2019est trouvé reculé.Mais enfin rétention a lieu d'ici quelques jours.Le succès est presque certain, malgré les indignes menées de nos adversaires.Nous pourrions donc penser à nous-même.Cependant, votre père demande maintenant un autre délai.-\u2014Oh! pouvez-vous croire qu\u2019il y ait un rapport!.Je vous ai raconté la création de nouveaux ateliers à Sézenac.Elle l\u2019interrompit d'un geste, le regarda profondément de ses beaux yeux purs.Il se détourna en rougissant.\u2014Pas d'équivoque entre nous, dit-elle.Que nous servirait de manquer de franchise?Nous n\u2019avons rien à nous cacher.Votre père doute de l\u2019honneur du mien, qui est le plus noble, le plus scrupuleux des hommes.Victime d\u2019une machination odieuse, Paul Yauthier verra promptement tomber une accusation dont le mépris public fera justice.Attendons - que ses calomniateurs soient cnn fond us.châtiés comme ils le méri-jtent.Jusque-là, Roger, je vous rends votre parole.\t, .y \u2014Je ne la reprends pas ! s\u2019écria-t-il avec vivacité.\ty.-v.\t' 1 >;\u2022\u2022 yj Elle lui tendit la main.\t; \u2014Merci.Je comptais sur volfé.coeur.Je prévoyais une'telle réponse.Mais ma .résolution est inébranlable.Je n'aceep-ierai pas votré nom avant que soit établie l'honorabilité absolue de celui que je porte.-\u2014M.Yauthier, demanda le jeune Ber-telin, songe-t-il à intenter un procès en diffamation?.-\u2014Je l\u2019y engage de toute ma force, répondit, Lucie.Il est d'une fierté si haute qu\u2019il s\u2019y refuse, trouvant au-dessous de lui de se justifier.Puis il assure qu\u2019au point de vue du droit ses lâches ennemis sont inattaquables.Rien de précis n\u2019a été imprimé dans les journaux.Cependant., mon père a beau me les cacher, j\u2019en ai surpris qui contenaient plus que des insinuations.Ah! si j'étais un homme, je n'aurais pas tant de patience.Elle eut un petit air d\u2019audace qui contrastait avec la douceur de sa physionomie.Roger la trouva charmante, oublia les inquiétudes qui lui tenaillaient le coeur.Ne venait-il pas, cependant, juste avant cette visite à la villa Yauthier,.de recevoir un télégramme ainsi conçu: \u201cScandale augmente.Sais positive^ ment que Compagnie va déposer plainte au Parquet.Te.supplie revenir à Sé-.zenac.\u201cTON PERE.\u201d \u2014Qhère Lucie, murmura-t-il en lui prenant la main, vous êtes ma fiancée - quoi que vous puissiez dire.Il y a une chose qui reste au-dessus de la méchanceté des hommes, de leurs intrigues,, de leurs oeuvres néfastes, c'est mon amour pour vous.\u2014Croyez-vous ?dit-elle, tandis que toute sa frêle personne semblait fondre de nouveau en une faiblesse câline de fillette, alors j\u2019accetpe votre amour.\u2014Ma chérie !.Il l\u2019enveloppa de ses bras, posa les lèvres contre les blonds cheveux.Elle s\u2019appuya, languissante et toute pâle sur son épaule.Ce fut une minute d\u2019émotion divine.Mais tout à coup la jeune fille se ressaisit, et, avec une énergie inattendue : \u2014Pourtant, Roger, je vous le jure.je ne serai pas votre femme avant que mon père ait triomphé de l\u2019abominablé épreuve.Je lui dois en ce moment toute ma tendresse.Et je vous dois, à vous, son honneur intact.Laissez-moi m'acquitter de ces deux dettes-là, mon ami, Nous serons heureux après.Ils revinrent vers la maison.Comme ils tournaient un massif, elle poussa soudain une sorte de gémissement, et se cramponna, comme défaillante, au bras du jeune homme.\u2014Qu'avez-vous, demanda-t-il, anxieux \u2014Rien.ce n\u2019est rien.\u2014Votre pied a tourné ?, \u2014-Non.,, c'est-à-dire oui.Ce n\u2019es rien.Rentrons.Elle venait cUapercevoir, derrière le ri clean soulevé du cabinet de travail, un face blafarde,où le regard, paterne?d\u2019habitude souriant et tendnp prenai pour se fixer, sur elle, une expressio qu\u2019elle n\u2019avait jamais vue, f effarante exj pression qui rend intolérables à.voir le?prunelles des suppliciés.La lettre que Paul Vauthier venait d recevoir marqua pour quelques jours I fin des mystérieuses menaces dont il éta poursuivi.Cette coïncidence, au lieu cl le rassurer, l'affola davantage.Il y me surait la froide volonté de ceux qui me ditaient sa perte, et combien leur supra me sentence était irrévocable.A présent, Jeannine, cette adversaii dont il se savait haï, devenait sa conf dente.Il lui découvrait le désarroi c son âme, la déroute de son orgueil.Toi en le raillant, elle s'inquiétait des harcc Jantes menées de ses persécuteurs.L\u2019ii térêt de cette ambitieuse était trop étro tement associé au sien pour qu\u2019il lui lai; sût ignorer les manifestations qui surgiraient du fond de l'ombre.D\u2019ailleurs, il fallait au misérable i appui moral, uen pitié,\u2014cet appui fût-plus cuisant qu\u2019une barre de fer rouf sous une main défaillante, cette pif débordât-elle en flots de mépris.Si r* LE SAMEDI 25 Vol.34,\t8> Montréal, 29 juillet 1922 sislante que soit l'énergie d\u2019un homme, elle se détraque dans le sentiment de la culpabilité, dans l\u2019effroi du juste châtiment.Nul être ne fait longtemps face au destin, quand il voit dans ce destin le spectre de son propre crime.Donc, Mme Chabrial eut connaissance de la'dernière épître de celui qui s'intitulait \u201cle Justicier\u201d.__Je le connais le justicier, pensa-t- elle.Je crois avoir trouvé le moyen de il mettre ses arrêts en défaut.Pourvu que Il ce vieil imbécile de Paul Vauthier n\u2019o-sj béisse pas à l'aimable sommation de suicide avant l\u2019élection d\u2019Edouard.________Mon Dieu, lui disait l'armateur, saisi vez-vous que cet infernal anonyme a raison.Je suis perdu.Le procureur de la p£i- République m\u2019a fait appeler pour aviser, __c\u2019est sa phrase,\u2014aux moyens de don- I ner satisfaction à l'opinion publique, que des bruits fâcheux ont émue.C\u2019est une enquête déguisée.Le mandat d\u2019amener suivra.Je ne veux pas voir le visage de ma fdle après une telle catastrophe.Grands dieux!.Et son mariage qui serait rompu.Ce jeune homme qu'elle I aime.\u2014Ce jeune homme doit lui être fatal, d\u2019après l\u2019oracle, fit remarquer Jeannine en ricanant.\u2014Vous pouvez rire, malheureuse !.J cria le vieillard.O mon enfant!.ma Lucie! Que penser, que faire?.Quelle lueur m\u2019éclairera dans de pareilles ténèbres ?.\u2014Vous devenez dramatique, dit La cruelle femme.Jadis vous étiez plus insensible quand je maudissais en pleurant votre déshonorant amour et que je vous \"suppliais de me sauver en m épousant.\u2014Jeahniue, pardonhe-moi.Aide- moi! \u2014Assurez l\u2019élection de mon mari.Le lendemain jlu jour où il sera député, je vous ap7>()rferai peut-être la délivrance.\u2014-Qu!6i?.Le carnet?Mais ce carnet dont tu t\u2019es emparée n'était qu\u2019une arme parmi tout un arsenal où puisent des mains inconnues.\u2014Ces mains-là, que direz-vous si je les rends incapables de vous nuire?\u2014-Jeannine!.Tu connais mes ennemis ?\u2014Ça se pourrait.Mais ne me tutoyez i11*' pas, vieil insensé ! Me rappeler que je vous ai appartenu sans profit, c\u2019est me ai'- donner envie de vous pousser à P abîme.\u2014Madame, je serai votre esclave.Otez-moi l\u2019étreinte effrayant de ce cau-chemar.Je vous servirai à genoux.Il se prosternait.Jeannine le laissait faire.Puis, avec une grimace de dégoût, elle lui arrachait la main qu\u2019il essayait humblement de baiser.\u2014Allons, reprenait-elle, accomplissez pour Edouard un dernier effort.Profitez ;pdi du répit que vous laissent vos accusateurs.Les réunions ne sont plus troublées.On ne lit plus d\u2019injures griffonnées en travers de nos affiches.Le bé-fis.Vj W électoral semble reprendre sur vos talons son piétinement de troupeau.C'étaient les citoyens groupés pour le libre exercice du suffrage universel que l\u2019insolente créature traitait de \u201cbétail électoral\u201d.Elle tenait des propos de ce genre à son mari.Cela scandalisait le pauvre Edouard, qui parlait du noble élan des masses, des aspirations, des travailleurs, et qui commençait à prendre son mandat au sérieux.Un beau jour, tandis qu\u2019il courait la campagne, poursuivant sa propagande, répandant les bienfaits et les promesses grâce à la bourse et aux influences de Vauthier, on vit arriver deux ouvriers d\u2019assez mauvaies mine dans la maison qu\u2019il habitait sur un des larges boulevards ombragés de platanes qui aboutissent à la Corniche.-\u2014Nous venons pour des travaux de peinture, déclarèrent-ils.La femme de chambre, peu rassurée, allait les éconduire, mais Mme Chabrial, apparaissant à une croisée, laissa tomber gracieusement ces mots: \u2014Faites entres ces braves gens.Je sais pourquoi ils viennent.Je vais descendre.Elle descendit, en effet, et quelques instants plus tard, les voisins s\u2019étonnèrent de voir décrocher les volets de l\u2019habitation, dont la fraîche peinture grise ne paraissait pas réclamer le lavage et le badigeonnage auxquels ils furent aussitôt soumis.On se fût étonné plus encore si l\u2019on avait pu constater la sollicitude de la maîtresse de maison pour les badigeon-neurs à mines de vauriens, qui lui répondaient en zézayant avec le plus fort accent piémo niais.\u2014-Mes braves garçons, leur disait-elle, mon mari sera bien content de ce que j\u2019ai eu l'occasion de vous employer, lui qui veuf être député pour soutenir l\u2019intérêt des étrangers en France.\u2014Dépouté, répétaient les gars.Le signor va être dépouté?\u2014Mais oui.C\u2019est M.Chabrial.Edouard Chabrial, vous savez bien.Ça ne vous intéresse pas ?.Vous n\u2019allez pas dans les réunions politiques?\u2014Ah! si.si, des fois.Ils clignèrent de l\u2019oeil l\u2019un à l\u2019autre.v\u2014-Comment?demanda Jeannine, surprise.\u2014Quand y a un petit coup 'de brosse à donner, dit un des chenapans avec un mauvais sourire, y a des patrons qui nous embauchent.L\u2019autre se hâta d'ajouter: \u2014On ne fait pas de mal.On bouscule un peu les braillards.Et puis on applaudit.\u201cSanta Madonna\u201d, on n\u2019économise pas la peau de ses -pattes.\u2014Ah! reprü-elle, je vous aurais bien engagés pour la dernière réunion.Vous auriez aidé à mettre dehors un vilain individu, dont l'indignation du public a fait justice.-\t\u2014Un vilain \u201cindividu\u201d?.\u2014Oui, un Parisien, un homme dangereux, envoyé par un parti qui veut interdire le séjour de la France à tous les étrangers non naturalisés, défendre aux patrons de leur donner du travail.Vous pensez s\u2019il est grassement payé pour soulever ici les ouvriers contre la candidature de mon mari! \u2014\u201cDiavolo\u201d ! \u2014\u201cCorpo di Dio!\u201d Il veut neus empêcher de manger, celui-là.-\u2014Plus que cela.Vous faire expulser si ceux qu'il sert arrivent au pouvoir.\u2014Et \u201cperque?\u201d \u2014Il est l\u2019agent d\u2019une ligue qui a trouvé ce moyen-là pour se rendre populaire.\u201cLa France aux Français\u201d, tel est le mot d\u2019ordre.Tandis que M.Chabrial a pour devise: \u201cLa France à l\u2019Humanité !\u201d -\u2014Vivat pour le \u201csignor\u201d Chabrial ! \u2014En attendant, je tremble pour lui, à cause des menées de ce mouchard.\u2014On le \u201cmoucera\u201d, ce mouçard-là\u201d, si on le rencontre, \u201cper Bacco!\u201d \u2014Oh! comment le rencontreriez-vous?Marseille est grand.Il prend tantôt un déguisement, tantôt un autre, pour se rendre à la circonscription de mon mari, pénétrer dans ses réunions où M.Chabrial doit parler.-\u2014La \u201csignora\u201d sait-elle son nom?\u2014Je sais un de ceux dont il s\u2019affuble: Claude Ramerie.\u2014Ramerie ! s\u2019exclamèrent les deux peintres, qui, d'étonnement, renversèrent leur pot de couleur.\u2014Vous le connaissez?\u2014Si nous le connaissons!.E sempre bene!\u201d \u2014Il habite notre hôtel.\u2014'Pas possible! s'écria Jeannine, qui feignit la stupéfaction.\u2014Comme nous vous le disons, \u201csignora \u201d.\u2014Est-ce bien le même ?Un grand brun, mince, avec des moustaches, assez beau garçon.-\u2014Beau pour une Française peut-être, dit l\u2019un d\u2019eux malicieusement.\u2014Brun avec des \u201cmoustaces\u201d, répétait l\u2019autre, \u201cbene, bene\u201d.\u2014Voilà donc, cria le premier, le secret de sa drôle de conduite.\u2014Un travailleur qui ne travaille jamais.\u2014Parbleu ! ses damnés Parisiens le nourrissent.\u2014Il a toujours Pair de conspirer.\u2014Il sort sans jamais dire où il va ni d\u2019où il revient.\u2014Il glisse des lettres mystérieuses dans des boîtes aux lettres toujours différentes, Paolo l\u2019a suivi.Il le sait, \u2014Et cette canaille-là voudrait du mal aux Italiens! -\u2014Dame! fit Jeannine, il ne doit pas vous traiter avec beaucoup d'amitié.A moins que ce ne soit pour cacher son jeu.\u2014\u201c Gacer \u201d son \u201czou!.\u201d Il ne le \u201ccace\u201d guère, le bandit! Il nous regarde avec un air qui nous a déjà donné envie de lui frotter les oreilles.\u2014As-tu remarqué, Paolo, qu'il parle italien ?\u2014Si, si, Domenico.\u2014Naturellement, dit Jeannine.Ici, en Provence, sa mission politique doit s\u2019exercer contre les Italiens.On a donc LE SAMEDI 26 Vol, 34, Ho 8, Montréal, 29 juillet 1922 choisi un agent qui pût vous comprendre, vous observer., \u2014On lui fera observer quelque \u201cçose\u201d qu\u2019il n\u2019ira pas raconter ensuite, \u201cper Bacco !\u201d -\u2014\u201cGorpo di diavolo !\u201d quand les camarades vont savoir ce qu'est ce particulier-là! -\u2014Pas de violence, surtout.mes amis!.s'écria Jeannine affectant une subite inquitude.non pas de non, signora si- \u2014Oh violence.\u2014Nous emploierons la douceur, gnura\u201d, une grande douceur.Jeannine elle-même frissonna quand elle surprit le coup d\u2019oeil des noires prunelles dans les faces jaunâtres que la haine blêmissait.\u2014Quand on pense, reprit-elle, que de bons ouvriers comme vous n\u2019auraient pas de travail, parce qu\u2019ils sont nés de l'autre, côté des Alpes.Les hommes ne sont-ils pas tous frères?\u2014\u201cEspulser\u201d, marmotta l\u2019un d\u2019eux.On nous fera \u201c espulser.\u201d Gela surtout les frappait.Ayant quitté leur pays pour des raisons qu\u2019ils ne se souciaient pas de dire, les gaillards ne tenaient guère à y rentrer.\u2014Oh ! quant à cela, déclara Mme Chabrial, votre affaire serait claire si les gens qui ont ce Glande Ramerie à leur solde obtenaient l\u2019élection de leur candidat.Mais, que voulez-vous?.M.Clia-brial, qui s'intéresse tant à vos compatriotes, est trop honnête pour employer les moyens Iorlceux de ses adversaires.Il est si consciencieux ! Il me disait encore l\u2019autre jour : \u201cSurtout, pour ce travail de peinture, ne prends que des Italiens.Et paye-les pus compter, les braves garçons.Ils me demandent jamais assez cher.Ils n\u2019on! pas les prétentions des Marseillais, et^encore moins celles des.Parisiens.J\u2019en ferai venir quelques-uns quand je serai dans la capitale.\u2014A Paris?.répétèrent les Piémon-tais émerveillés.-\u2014-Oui, à Paris.Vous aimeriez y aller?\u2014Si nous aimerions.\u201cSanta Madonna! \u201d \u2014Eh bien!.Ah! mais, pour cela, il faudrait me promettre une chose.-\u2014Quoi donc, signora?\u2014Vous ne ferez pas d'esclandre à votre hôtel, chez la bonne mère Estiévou.Il ne faudra pas répéter à vos camarades ce que vous savez de ce gredin de Ramerie.Ils n\u2019ont pas le sang calme, vos compatriotes, et si jamais ils ont un motif de se fâcher, ma foi, je les connais que c'est bien aujourd\u2019hui.\u2014Oh! nos amis, ils soqj tous très paisibles tort à fait comme nous, cîit un des Italiens en :iernani.\u2014Vous comprenez cet homme a beau ferrailler cm Ire vous.C'est de la port Heurs La loi le protège.r'\"s -ns dans les gorges de i dans les maquis de la Corse Pi-hj r\u2014 R n è M ue.: 1\\' U ¦ m, -fh r>rï Ej .i - .eus faisons- de la besogne, : Viens j dit Paolo* avec une grimace équivoque, nous la faisons toujours sans bruit et proprement.\u2014Que voulez-vous dire?\u2014Rien \u201csignora\u201d.Je vous faisais admirer notre ouvrage.\u2014Ah j c\u2019est différent, J\u2019avais compris.Enfin, j'ai votre promesse d\u2019être sages.;\u2014Oh ! \u201c sazes., sazes \u201d comme des images, zézayèrent les Italiens.Ils échangèrent le même coup d'oeil que tout à l'heure.Jeannine eut une sensation de froid au visage, avec une soudaine faiblesse qui lui fit plier un peu les .genoux.Elle rentra dans la maison.Le lendemain\u2014fût-ce pitié, en prévision de ce qui pouvait survenir ?fût-ce par un calcul tellement profond qu\u2019il méritait une sinistre gloire' à ce Mar-chiavel féminin\u2014Mme Chabrial se rendit à l\u2019hôtel des \u201cGrandes Indes\u201d pour emmener Sylvaine.Elle spéculait sur l\u2019absence habituelle de Claude.Le hasard servit son projet.\u2014Gonfiez-moi l\u2019enfant, dit-elle à Mme Estiévou.Je la ramènerai demain.Vous savez qui je suis.Vous avez vu l'émotion de son père quand je lui ai parlé de sa pauvre femme.Je veux la distraire un peu cette petite.Elle est habillée comme une' grand\u2019mère, cette mignonne.Un homme seul ne sait pas ce qui convient à une fillette.\u2014Oh ! maman Tiévou, laissez-moi sortir avec la belle dame! supplia.Sylvaine en d\u2019irrésistibles câlineries.Elle a;été si bonne pour moi sur le bateau! Mme Estiévou fit entendre un aboiement qui n'avait - rien (Pappiybàjeur.Pourtant elle n\u2019avait aucune raison sérieuse de s\u2019opposer aux libéralités'de la \u2018Jbélle dame\u201d envers sa petite protégée.Son instinct seul la mettait en méfiance.Mais l\u2019instinct ne fournit point djarguments.-\u2014Que ça ne te tourne pas la tête, au ¦moins, dit-elle à Sylvaine^ tu ne .vas revenir pour mépriser ta vieille maman Tiévou.L\u2019enfant, dont un grand coeur gonflait déjà la frêle poitrine, la regarda de toute la lumière veloutée de ses prunelles bleues.Puis elle prit entre ses petits bras la tête qui s\u2019inclinait vers- elle, le chignon rude, le madras rouge, cette bizarre incarnation de ce qu\u2019elle connaissait de meilleur sur la terre, et elle l'embrassa de toute sa force en lui disant : -\u2014Maman Tiévou, tu ne sais donc pas comme je t\u2019aime?\u2014Allens, va donc, gamine, Madame t\u2019attend, dit l\u2019étrange femme, qui la repoussa pour ne pas lui montrer une larme pointante au coin de ses yeux.\u201cAllons bon\u201d, se dit-elle, en passant le revers de sa main sur ses paupières, quand la voiture ernmePa Mme Chabrial et l\u2019enfant \u201cVTà une goutte d\u2019eau de mer qui me remonte, Y a pourtant beau jour que je n\u2019en ai avalé.\u201d Le lendemain, comme la nuit tombait Claude sortit de l\u2019hôtel des \u201cGrandes Indes Il contourna le port de la Joliette gagna la Corniche, suivit le bord de la mer.C\u2019était le même chemin que le soir de la célébration des fiançailles et il marchait vers le même but.C\u2019était aussi le même temps splendide, le même clair de\\lune sur la mer.Claude reconnaissait le décor, mais il ne retrouvait pas dans son coeur la frénésie de vengeance qui le soulevait deux mois auparavant, Le récit de Granger, l'image de Lucie agissaient en lui comme le calmant qui endort la douleur aiguë d\u2019un malade.Certes, il ne faisait pas grâce au meurtrier de Juliette.Mais, à côté; de cet homme si profondément haï, il ne pouvait plus s\u2019empêcher d'apercevoir l\u2019innocente figure d\u2019une jeune fille.\u201cElle ôtait notre bon ange.Elle a! fait des miracles chez nous.\u201d disait la voix émue de Granger.Une vision apparaissait : la gracieuse amazone au visage si blanc, aux cheveux si blonds, que son père avait saluée d\u2019ur geste de respect, comme si le vieillard scélérat eyt subi la domination de cette pureté.Claude se rappela -son émotior secrète, l'espèce de gêne qu\u2019il avai éprouvée en voyant,.près de celui qu\u2019il condamnait cette créature de douceur dont la grâce parlait comme une intercession.\u201cElle est la providence des'malheureux.Je lui laisserai le pouvoir de faire le bien, songea-t-il.S\u2019accoudant à un pan de rocher qu: surplombait la grève, il se remémora le: termes du billet qu\u2019il allait glisser dan; là boîte de la villa Yautïiier.jj \u201cSauvez votre fille! Demain il ser; trop tard.La Compagnie d\u2019assurances < déposé une plainte au Parquet.: \"Si vous disparaissez le^ témoin qu \u201ca:vu\u201d Murine: exécuter sonu-crime, ni parlera pas.L\u2019accusation tortrberS\u2019, fau te de preuves.Si vous refuséz U expia lion volontaire, il faudra bien que la lu mière soit faite, et que le châtiment vou frappe.\u201cSongez à la ruine et à l\u2019opprobre qu accableront votre enfant.\u201cSur la mémoire d,e la créature adoré dont je venge la mort, je jure que je vou dis la vérité.\u201cLE JUSTICIER.\u201d \u2014C\u2019est la dernière chance que je h donne, se dit Claude.Pourvu qu\u2019iPn me contraigne pas à l\u2019horrible tâche d martyriser une femme.Il continua de marcher sur la chaiis sée presque déserte.A plusieurs repri ses, des bruits de pas et de voix, aussif étouffés, lui parvinrent, comme si plu sieurs promeneurs se maintenaient tob jours à la même distance derrière lu Il tournait aussitôt la tête.Mais il r vit rien distinctement.La route de , Corniche circule entre des villas et d( blocs de roches plus ou moins considc râbles.Taillée à même le granit, el roi.34, So 8, Montréal, 29 juillet 1922 LE SAMEDI 27 .\u2019encaisse parfois complètement.La vive clarté de la lune rendait plus intenses les bmbres qui la traversait ou la recourraient avec une irrégularité parfois bresque fantastique.____Bah! se dit Claude, ce sont des promeneurs.Des amoureux peut-être, qui.dennenfc échanger des baisers et des serpents sous les étoiles.I II'soupira.Son regard se tourna vers a mer.Elle reposait là-bas, sa Juliette, sous la masse insondable de ces flots.Un sanglot monta de son coeur désolé.11 lie pensa plus qu\u2019on pouvait le suivre, \u2019observer peut-être.Quant à un danger plus grave, l\u2019idée ne lui en était mène pas venue.Il n\u2019avait pas d\u2019autre ar-ne sur lui que son couteau de poche.Lorsqu\u2019il ^parvint à la villa Vauthier, in groupe de cinq hommes, qui taraient pas cessé de marcher à une cen-aine de mètres derrière lui depuis Mireille, s\u2019arrêta dans un angle obscur.\u2014Voyez, chuchota l'un d\u2019eux en ita-jien.Est-ce assez clair?Il porte une lettre, en se cachant, aq patron de M.phabrial.C\u2019esJ quelque trahison à l\u2019é-'ard de ce brave homme, qui veut dévêtir député pour se faire notre protecteur.\u2014C\u2019est peut-être des menaces pour luthier lui-même, dit un autre en touffant également sa voix.Nous de-ons taper sur tous ses ennemis, à Vau-heir.C\u2019est le seul armateur qui emploie es Italiens.I L\u2019observation était exacte.Mais ce ont ces hommes ne pouvaient se douer, c\u2019est que ce patron leur donnait de ouvrage dans le seul but de payer plus arement la prime due aux accidents du (\u2022avail, que la loi française ne garantit as aux étrangers.! \u2014Si nous avions été malins, reprit fomenico, nous n\u2019aurions pas attendu ne la jolie dame nous prévienne.C\u2019est ar un hasard inouï qu'elle nous a jus-ement paîrlé de ce gredin.N'aurions-ous pas dû nous en défier depuis long-emps?\u2014Un gaillard qui se disait ouvrier et ni vivait de ses rentes.\u2014Il empestait la police et 1\u2019espionage.\u2014Et puis, comment savait-il n-otre mgue?L\u2019idée que ce personnage aux allures uspectes avait pu chercher du travail ans leur pays comme ils en cherchaient ans le sien, ne venait pas à ces esprits dossiers et prévenus.\u2014Ah! crapule, il t\u2019en coûtera de vou-3ir .jouer des tours à des Italiens! \u2014Italia fara da.se.\u2014-Doleé, dolcissimol.Le voilà qui evient de ce côté.Claude, en effet, après avoir glissé sa dtre, reprenait lentement le chemin de i ville.Des réflexions infinies s\u2019enchaî-aient dans sa tête.gp\u2019il reste à Vauthier, pensait-il, un fcstige de sentiments élevés, une ombre e scrupule ce grand criminel compren-^a qu\u2019il n\u2019a plus qu\u2019à mourir.Même ü doutait de la véracité de mes avertis- sements, Ijx vue ajuste de son forfait et des conséquences qu\u2019il en peut attendre, pour lui, pour son enfant, lui imposera l\u2019expiation volontaire.Sa fille souffrira, certes, de le perdre.Mais si déchirante que soit sa douleur, elle ne connaîtra pas le supplice bien pire du déhonneur paternel.D\u2019ailleurs, je la préserverai peut-être aussi d\u2019un autre malheur: celui d'épouser ce Roger Bertelin, ce séducteur de femme, ce fat lâche et sensuel, que j\u2019ai condamné comme l\u2019autre, et qui devra subir, l\u2019heure venue, son destin.Ce Roger.Il l\u2019abandonnera sans doute aussi facilement que jadis il abandonna Juliette.Il ne voudra pas plus pour femme d\u2019une orpheline laissée dans une situation douteuse qu\u2019il n\u2019a voulu jadis de la modeste ouvrière.La pauvre Lucie pleurera.Mais, au prix de telles larmes, dont l\u2019adoucissement est possible, je l\u2019aurai préservée d\u2019une éternelle honte et d\u2019un éternel désespoir.Elle fera le bien.Elle aime à le faire.Son chagrin s\u2019effacera tandis qu\u2019elle guérira ceux des autres.De nouveau la vision de la jeune fille s\u2019évoqua dans la mémoire de Claude.Il trouvait une douceur à sentir s\u2019incliner sa vengeance devant cette figure de grâce et de bonté.Ses pieds avançaient machinalement sur la route, tandis que son être intérieur se détendait, se rafraîchissait à cette contemplation.Tout à coup\u2014ce fut si soudain que la conscience des choses, la nécessité de la résistance ne lui vinrent pas sur-le-champ\u2014des ombres se détachèrent d\u2019un pan d\u2019ombre plus noir.Elles fondirent sur lui.Des figures de haine, des gestes de menaces l'entourèrent.Puis, à sa tempe, un coup violent, une douleur affreuse.La cruelle sensation le galvanisa.Ses bras se tendirent comme des ressorts d\u2019acier.Doué d\u2019nne force peu ordinaire et qui, dans l\u2019impulsion défensive, se dé-, eupla, Claude rejeta de d.roite et de gauche deux de ses agresseurs.Il bondit en arrière.Son corps se ramassa, ses poings crispés protégèrent sa figure, prêts à se lancer comme des massues à la face de celui qui oserait s\u2019avancer.Son attitude parut redoutable à ses adversaires.Chacun d\u2019eux, isolément, se sentait moins fort que lui.Chacun songeait au mauvais coup à risquer et dont le nombre des camarades, qui assurait la victoire finale, ne le 'préserverait pas.\u2014Le revolver., murmura l\u2019un d\u2019eux.-\u2014Au dernier moment.Ça fait du bruit, haleta un autre.L\u2019éclair d\u2019un couteau brilla sous la lune.Des mains se levaient, armés de coup-de-poing américains.Mais il fallait s'approcher.\u2014Lâches !.cria Claude.Vous êtes cinq ou six contre moi.Que me voulez-vous ?Parlez.Il y \"a peut-être moyen de s\u2019entendre.Sa voix, que la contraction de sa gorge faisait rauque, résonna étrangement à son oreille, dans l'espace tout bruissant du murmure de la mer.Pas de réponse.L'accent italien les eût trahis plus tard, s\u2019il réchappait.Soudain, une clameur gutturale.Ensemble ils foncèrent en avant.Les poings de Claude se projetèrent en une détente terrible.Sous l\u2019un, il sentit de la chair et des os qui cédaient fracassés, dans un effondrement.Mais l\u2019Çutre fit flèche dans le vide.Son élan même le désarma.Des bras le ceinturèrent.Un de ses poignets craqua, tordu, dans une épouvantable douleur.Sous un choc, il crut que son front se fendait.Mais comme il sentait son être se dissoudre,'-parmi Péclatement de ses nerfs, l\u2019éblouissement de ses -prunelles aveuglées, le roulement de foudre emplissait son cerveau, il perçut, comme si elles se vrillaient dans ses moelles à vif, ces paroles, que prononça l\u2019un des bourreaux: \u2014Tiens rossard!.Tu n'en porteras plus des lettres anonymes.Finis, les billets doux à Vauthier.Ce fut le dernier mot qui frappa son oreille.Il perdit la notion de son martyre, sombra jusqu\u2019au fond de l\u2019angoisse.dans une défaillance d\u2019agonie.\u2014Je crois qu'il a son compte, dit un des bandits en se penchant sur son corps inerte.Si résolus dans l\u2019oeuvre de haine ils demeurèrent pourtant comme saisis de stupeur devant cette forme abattue, qui gisait sous la lune, parmi la blancheur du chemin.La fine tête virile apparaissait méconnaissable, le front ouvert, la face souillée de sang.\u2014Presto, fit une voix étranglée, enlevons ce qu\u2019il a dans ses poches.Il n\u2019est guère connu à Marseille.Jusqu\u2019à ce qu\u2019on ait fait les recherches.\u2014Mais nous n\u2019allons pas le laisser là, dit un autre.\u2014Si on le faisait basculer dans la mer proposa un troisième.L\u2019action immédiate suivit.Ils eurent vite fait à eux tous, de soulever le corps, de le porter jusqu\u2019au parapet de roche, peu élevé en cet endroit, et de le hisser sur la crête.Un coup d'épaule précipita leur victime de l\u2019autre côté.Sans s\u2019arrêter à suivre ce qu\u2019il adviendrait de sa chute, si, à cet endroit, l\u2019eau montait jusqu\u2019aux rochers ou bien s'il se trouvait quelque minuscule plage de sable comme il en existe par centaines le long de cette côte les meurtriers prirent la fuite.La calme nuit, d\u2019ombre et d\u2019argent, reprit possession de la route déserte.Les vastes lames pailletées de lueurs vinrent sans cesse, l\u2019une après l\u2019autre, se déchirer avec un bruit soyeux contre leur barrière de granit.Nul ne put dire si, durant les lente-s heures qui s\u2019écoulèrent jusqu\u2019à l\u2019aurore, un doux spectre de femme ne surgit pas hors des flots, échappé du lointain cercueil, pour venir baigner d\u2019écume fraîche, au bord de cette mer gémissante, le front sanglant de celui dont elle fut tant aimée. 28 LE SAMEDI xv L\u2019expiation Mme Chabrial se tenait assise dans son petit salon.Une quantité de journaux s'étalaient sur un guéridon à côté d\u2019elle, inondaient ses genoux, glissaient jusqu'à terre sur le tapis.Elle les parcourait les uns après les autres, cherchant avant tout les articles intitulés: \u201c l'Election des Bouche-du-Rhôme Car le sort de son mari se décidait le lendemain.Ses yeux allaient ensuite à la rubrique des \u201cFaits-divers\".Un moment elle tressaillit.Elle venait d\u2019apercevoir ce titre d\u2019aliéna: \u201cEncore les ouvriers italiens.\u2014 Une rixe sanglante.\u201d On racontait une querelle dans une grande fabrique de charronnage.Des journaliers avaient tapé sur des camarades qui venaient d\u2019accepter une diminution de salaires.La question de nationalité aggravait l'incident.La belle Jeannine replia la feuille imprimée, tandis que ses sourcils se fronçaient de déception.Un coup fut frappé à la porte.La' femme de chambre entra, tenant par la main la petite Sylvaine.\u2014Nous venons montrer à Madame comme nous sommes belle.La fillette portait une fraîche robe de batiste écrue, sur laquelle se nouait une ceinture de faille noire.Des fins souliers chaussaient ses pieds mignons.Ses beaux cheveux, dont la blondeur d\u2019enfance tournait au châtain doré de sa mère déroulaient leurs anneaux à peine libérés de papillotes.Une boucle, fixée par un mince ruban, formait une coque au-dessus du front.Ainsi vêtue, avec une coquetterie simple qui seyait à son deuil, à sa situation, à son âge et témoignait d\u2019un bon goût féminin chez sa protectrice, la jolie enfant était délicieuse.Sa joie, sa fierté puériles, adoucies par la timidité, éclataient dans ses yeux, si larges pour son visage menu.Les grandes prunelles bleues semblaient dilatées par le ravissement.\u2014Tu es contente ?demanda Mme Chabrial.-\u2014Oui, madame.Sa voix hésitante resta suspendue, comme si elle avait médité de dire quelque chose et qu\u2019elle n\u2019osât plus.\u2014Qu est-ce qui te manque?\u2014je voudrais aller me faire voir à madame Tiévou.\u2014Tu iras plus fard.Les purs yeux enfantins se voilèrent.\u2014Eh bien! qu\u2019est-ce que c'est?dit doucement Jeannine.On va pleurer?.\u2014Non, madame, fit la petite avec un effort.-\u2014Viens ici.Vous pouvez aller, Louise, dit Mme Chabrial en congédiant la femme de chambre.Elle jeta les journaux, prit l'enfant sur ses genoux, la 'Câlina.\u2014N'es-tu.pas bien auprès de moi?demanda-i-eRe.\u2022\u2014Si, madame.\u2014Tu ne voudrais pas y rester?\u2014Oh! non, madame.\u2014Pourquoi donc?\u2014Parce que papa est un ouvrier, dit la petite.-\u2014Qu'est-ce que cela fait?-\u2014Je ne sais pas.Les enfants ont de ces réponses, qui expriment toute la profondeur de leurs intuitions, mais que leur ignorance est incapable de développer.Depuis vingt-quatre heures, Sylvaine se trouvait dans cette maison, et déjà elle concevait vaguement les inégalités sociales.Promenée l\u2019après-midi dans les magasin par sa protectrice, elle était restée le soir entre les mains des bonnes.Le ton cassant dont Jeannine parlait à ces femmes Pavait choquée.Si son père était là, on lui commanderait peut-être aussi rudement.Les gracieusetés de cette belle dame pour elle lui semblaient urne chose agréable, mais anormale.Elle pressentait le caprice, trop innocente pour deviner le calcul.Quelque chose l\u2019oppressait.Elle n'aurait pas pu dire quoi.\u2014Mais si ton père est un ouvrier, reprit Jeannine, ta mère était fine et jolie comme une dame.L'enfant ne dit rien, repliée brusquement sur elle-même dans la sauvagerie de sa souffrance, sentant que personne ne lui parlerait de sa mère avec la ferveur dont son petit coeur demeurait plein.\u2014Voyons, reprit Mme Chabrial, avec un sourire et une caresse, je te rappelle pourtant mieux ta maman que ne peut le faire Mme Esjjévou.\u2014Non, madame, déclara Sylvaine.L\u2019emphase de cette assurance, aussi bien que sa bizarrerie, donna presque envie, de rire à Jeannine.\u2014Elle n\u2019est pas jolie, la madame Es-tiévüu.Elle a une voix de portefaix et elle sent furieusement le tabac.C\u2019était une badinerie, que la dédaigneuse jeune femme jugeait sans conséquence.La fillette la prit au tragique.Elle fondit en larmes, glissa hors des bras qui la retenaient.\u2014Oh ! madame, laissez-moi partir.Laissez-moi retourner chez maman Tiévou.Je trouverai mon chemin toute seule.\u2014-Petite sotte! cria Jeannine en colère.Mais elle se contint.\u2014Allons, ne pleure pas/ On t'y reconduira ce soir, chez ton Estiévou.Voyons, essuie-moi tout ça.dit-elle en lui tamponnant le visage avec son mouchoir.A-t-on idée d'une petite nigaudinette qui ne sait pas ce que c\u2019est qu\u2019une plaisanterie! Pleure-t-on quand on a une si belle robe?\u2014Ce soir ?On m\u2019y reconduira ce soir?.répéta Sylvaine, qui n\u2019avait entendu que ce mot.-\u2014Je te le promets.Seulement tu vas être gentille?\u2014Oui, madame.\u2014Veux-tu jouer avec moi?\u2014Oh ! oui, madame.Vcl.34, TTo 8, Montréal, 29 juillet 1922 -\u2014A quoi?dit Jeannine, qui avait sou idée.Tiens, à nous raconter les histoires.Chacune à son tour.\u2014Je n\u2019en sais pas.-\u2014Mais si.Tu verras.D\u2019ailleurs, je vais commencer.Elle lui résuma le conte d\u2019Ali-Baba et des quarante voleurs.Sylvaine oublia son chagrin.\u2014C\u2019est à toi maintenant.Qu\u2019est-ce que tu vas me raconter?\u2014Le Petit Chaperon rouge.\u2014Ce n'est pas bien neuf.Dis-moi plutôt ce que tu te rappelles de l\u2019incendie.\u2014Quel incendie?\u2014Celui de votre navire.Tu sais bien, la \u201cCoquette-Lucie\u201d?\u2014C\u2019est pas une histoire ça, dit Sylvaine gravement.\u2014N\u2019importe, tu me feras plaisir.\u2014Ce n'est pas de jeu, persista la petite fille.Elle éprouvait un trouble, se refusait A-à réveiller ses souvenirs d\u2019ép ou varie] r* Jeannine lui posa des questions.\u2014Si tu me réponds gentiment, lui dit-elle, je te donnerai un châle de soie pou»à Mme Estiévou.Te rappelles-tu M.Mu-riac ?\u2014Uui.il faisai t rire toute le monde., à \u2014Quand cela?\u2014Sur le grand bateau, avant qu\u2019il ji ; ait le feu.Pas sur le petit bateau où ut on avait faim.\u2014Non, n\u2019est-ce pas?On ne riait plus sur le petit bateau.\u2014Moi, j\u2019ai ri, une fois.Papa m'f mis la main sur la bouche.Il était fâché \u2014Pourquoi riais-tu?\u2014-Parce qu\u2019un monsieur a commencé >i de chanter si drôlement.Mais, presquf / tout de suite, il s\u2019est jeté à la iper.\u2014As-tu vu M.Muriac écrirp quelqin ; chose s ur le carnet de ton papa?\u2014Non.\t: .M.\u2014Tu ne sais pas s\u2019il a écrit de lui même ou si quelqu\u2019un l'a forcé?\u2014Non.Je demanderai à papa.j jiL \u2014Quand tu le reverras, dit Jeannin k avec un cruel sourire.\u2014Papa n\u2019aime pas qu\u2019on lui parle d M.Muriac.Il m\u2019a grondé quand l\u2019ai di que je l\u2019ai vu tout noir.Tout de mêm je n\u2019oserai peut-être pas lui demander \u2014Qu\u2019est-ce que tu veux dire, tou noir ?-\u2014Oui.sa figuré.Il avait les yeu retournés, comme ça.dit Sylvaine en es savant de révulser ses prunelles de fleui \u2014et la langue sortie comme ça.Elle tirait sa petite langue rose, se rai dissait, la tête rentrée dans les épaule: imitant inconsciemment la physionomi d\u2019une homme étranglé.\u2014Oh! dit Jeannine, avec une excla mation profonde.; Tu en es sûre?\u2014Ah ! oui, oui.Dans l\u2019affirmation énergique de l\u2019en fant passait l'horreur de l\u2019inoubliabi image.\u2014Et.Ecoute bien, reprit Jeannin en baissant la voix involontairemen LE SAMEDI rol.34, Ho 8, Montréal, 29 juillet 1922 '29 Alij line 1 11 - I m rsisiii .::: ' - n?naill Papâ! 1 était Ï \u2022j (0101 Là Fl ict mer.| jï\u2019avaU-il pas quelque chose autour du ou ?__Oui.Un foulard noué, par exem- lle ?\u2014Non.on.Elle prolongeait la syllable avec incer-itude.Ses beaux yeux d\u2019enfant, devenus fixes, regardaient intensément quel-[ue chose qu\u2019ils étaient seuls à voir.Des lé tails s'évoquaient, que son petit cer-eau, jadis affaibli _par le jeûne, avait Enregistrés sans en prendre conscience, ¦t qui maintenant surgissaient, comme ur un cliché què l\u2019on développe.\u2014Oh !\tsi.chuchota-t-elle.une :orde.\u2014Une corde?répéta Jeannine, hale-antc.\u2014Oui, autour de son cou.uné cor-le.une grosse corde.\u2014Ah! tu es un amour! cria Mme Cha-irial, en l'embrassant avec une explo-ion de rire nerveux.Tu es un bijou.in trésor.Je te donnerai tout ce que tu oudras ! \u2014Il l\u2019a donc étranglé après avoir ob-enu sa confession! se disait-elle.Je le iens, ce misérable Raine rie.Même s\u2019il ehappe aux Italiens, je le mettrai hors \u2019état de nuire.A son tour, il recevra les avertissements qui lui apprendront à >,rider sa langue.\u2014-Est-ce que nous avons fini de jouer, nadame?demanda Sylvaine en la voyant ilencieuse.Mme Chabrial, sans lui répondre, la considéra longuement.\u2014Cette enfant, songeait-elle, est la neilleure arme contre lui.Je l\u2019ai, je ne a lâcherai pas.Soit qu'il l\u2019aime, soit pfil craigne ce qu'elle peut révéler, il mporte qu\u2019elle reste à ma disposition.\u2014Madame, reprit le petite, que, sous ;et âpre examen, un malaise gagnait, pst-ce que je peux aller mettre mon chapeau ?n J \u2014Ton chapeau, pourquoi?fit l'autre comme sortant d'un rêve.\u2014Pour retourner chez maman Estié-vou.Jeannine haussa les épaules.\u2014Attends, dit-elle.Se levant, elle sonna sa femme de chambre.\u2014Louise, ordonna-t-elle, habillez cette petite pour sortir, puis vous reviendrez me parler, toute seule, entendez-vous ?Elle s\u2019assit devant son bureau, écrivit rapidement : \u201c Ma chère Lucie, \u201cJe vous envoie en dépôt, pour quelques heures seulement, une petite orpheline à qui je m'intéresse.\u201cSi mon mari est élu demain, j'emmènerai cette fillette à Paris.Sinon, nous aurons à aviser, votre père et moi.Car peut-être associerai-je M.Vauthier à la bonne oeuvre que j\u2019entreprends.\u201cVous savez si bien prendre les enfants que vous consolerez celle-ci.Elle pleurera sans doute en vous parlant de son père et d'une certaine maman Estié-vou.Calmez-la par de bonnes paroles, car il importe qu\u2019elle ignore pour le moment la situation où elle se trouve, et que je vous expliquerai.(A ma-façon, murmura Jeannine en à-part.) \u201cM.Vauthier doit être auprès de M.Chabrial.Je compte les rejoindre tous deux sur le champ de bataille.\u201cGardez ma petite protégée jusqu'à la solution définitive.Je ne puis m'occuper d\u2019elle, puisque je vais m'absenter de Marseille.\u201cJe vous remercie en vous embrassant affectueusement.\u201cJEANNINE.\u201d \u2014Louise,' dit Mme Chabrial en écrivant l\u2019adresse,\u2014car la femme de chambre était rentrée et attendait,\u2014vous allez conduire la petite à la villa Vauthier.Prenez le tram, et ne parlez à personne en route.Vous remettrez ce billet à Mlle Lucie et vous lui laisserez l\u2019enfant.Si, en chemin, la gamine demande où vous allez, dites qu'on va retrouver madame Estiévou.\u2014Madame.comment ?.Madame Asseyez-vous ?répéta la camériste avec une gravité sournoise.\u2014Si vous voulez.Allons, faites vite, commanda Mme Chabrial, d\u2019un ton qui n'admettait pas la plaisanterie.\u2014Oui, murmura-t-elle, une fois seule, je crois que l\u2019asile est sûr.Chez les Vauthier !.Son père, s'il vit encore, n'ira pas la chercher là!.Elle se perdit dans ses réflexions.\u2014Ai-je intérêt à mettre le vieux renard dans le secret de tout ceci?Edouard sera nommé demain, c\u2019est à peu près sûr.J\u2019ai atteint mon but.Mais tout cela ne sera-t-il pas compromis si Vauthier se laisse pincer aussitôt après ou s'il se suicide bêtement, ce qui équivaudrait à un aveu.Cette élection étant son oeuvre, une invalidation pourrait suivre,\u2014tout au moins une suspicion qui maintiendrait Edouard dans les bas-fonds du Parlement.Or, je veux qu\u2019il soit bientôt ministre.Ou je ne suis pas la belle Jeannine.Pour que Vauthier se défende, ne vaut-il pas mieux qu\u2019il soit au courant de tout?D'un autre côté, pour le garder à ma merci, ne dois-je pas rester seule maîtresse de sa perte ou de son salut?.Elle n\u2019avait pas résolu cette question, lorsqu\u2019un tintement de sonnette là fit regarder dans le jardin, vers l'avenue.Mme Estiévou poussait la.grille d'entrée, qu\u2019un ressort venait d\u2019ouvrir, et s'avançait vers le perron.\u2014Bon! pensa Jeannine, l\u2019oiseau est envolée, ma vieille toc-toc.Ma fois, il était temps.\t\u2018 (A suivre) g 4*4 /À ¦\\jbf I -5* Æ -X'Vf ® GRATIS - POUR VOUS, MESDAMES! - GRATIS Embellissez votre poitrine en 25 jours, grâce au Réformateur Myrriam Dubreuil Approuvé par les meilleurs médecins du monde, des hôpitaux, etc.Les chairs se raffermissent 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comme suit: \u201cLe Samedi , 131, rue (l adieux, Montréal, Canada (Département spécial).\t_____ AVIS TRES IMPORTANT\u2014Plusieurs de nos correspondants se plaignent que leurs cancans ne paraissent pas dans nos colonnes.A cela nous répéterons ce que nous avons déjà dit ailleurs, que, sous aucun prétexte nous ne publierons des cancans pouvant froisser, blesser ou meme causer une peine quelconque à la personne visée.Pourquoi vouloir essayer de se servir de nos colonnes pour satisfaire des rancunes personnelles où la calomnie et la médisance tiennent la première place.Pourquoi ne parler que des malheurs, des infirmités ou des tares des gens; alors que ce serait si simple de mentionner les choses heureuses, les joies, les évènements intéressants qui leur arrivent.Il est aussi facile d'écrire des blagues et de faire des plaisanteries fines et susceptible« de plaire eux personnes visées que de composer des ordures ou des choses pouvant causer de la peine et des malheurs; si vous dites du bien des gens, vous serez complimenté et les personnes visées seront les premières à apprécier votre esprit.Ces pages de cancans sont faites dans le but d'amuser et rien autre chose.Que nos correspondants daignent en prendre note.\"^MONTREAL \u2014 STE-OUNEGONDE~ Marie-Louise a jeté sa passion de vieille fille sur un petit chien noir.BOULEVARD ST-DENIS Adrienne occupe toujours la pensée de son cher Edmond, môme quand il joue à la balle-au-camp TET RA U LTV I LIE Marie-Rose, on.va être obligé de faire venir l\u2019exécuteur porteur des ciseaux destinés à couper les mauvaises langues.POINTE ST-OHARLES Résina aime bien à rire des autres, mais 'elle rit avec si peu d\u2019esprit qu\u2019on la prend en pitié et dès qu\u2019elle a tourné le dos c\u2019est d\u2019elle qu\u2019on rit.Georges et Alice, mariez-vous ou bien lâchez-vous.AMOS Les garçons d\u2019Amos ne sont pas contents parce qu\u2019il y a trop d\u2019autos, ils n\u2019ont plus de chance d\u2019avoir des blondes, elles préfèrent les parties d\u2019auto.AUGUSTA,' Me Panmélia, laisse-toi donc pousser avant de penser aux garçons.Adrienne A., quand tes palettes de cheveux auront des petits tu m\u2019en donneras pour conserver la race BUCKINGHAM Albert et Hennas aiment cela venir à Buckingham.R.P.qui pensait avoir F.quand.il voudrait est maintenant bien désappointé.Il dit avec, tristesse : vouloir et pouvoir c\u2019est pas la même chose.Jeanne S.serait charmante si elle~n\u2019a-vait pas cet air timide.BAGOTVILLE Eugénie P., tu es un peu trop difficile, tu sais le proverbe dit: Qui choisit prend pire.Fernande, quel numéro de fil prends-tu pour te plisser le bec?Antoinette A., si tu savais comme J.-E.M.chante bien ; il ne cesse de m\u2019en parler.Edgar B., ris moins fort, tu fais peur aux corneilles.Louis-Phi lippe, quand tu marches tu me fais rappeler la chanson : En roulant ma boule.Une tartine de sirop est offerte à celui qui trouvera une blonde â Louis.Joseph B., mâches-tu de la gomme que les mâchoires te marchent tout le temps comme les roues d\u2019une Ford?Romuald C., ne sois pas si fier, n\u2019oublie pas tes amis d\u2019enfance.Lucienne dit qu\u2019elle n\u2019aime pas les garçons, mais elle serait bien contente d\u2019en avoir un comme ami.Augustine P.dit qu\u2019il n\u2019y a pas de garçons ici pour elle ; il faut croire qu\u2019elle n\u2019ouvre pas les yeux.A certains garçons :\u2014'Soyez charitables, oe noircissez pas la réputation des autres.Antoinette T.dit qu\u2019elle garde son coeur pour elle-même.B M., tu fais des victimes partout où tu passes avec tes beaux yeux bruns charmeurs.Antoine dit que quand il voit Simonne son coeur s\u2019élance comme un bélier dans une porte de grange.Paul-Edmond dit que c\u2019est bien commode d\u2019avoir une auto pour pouvoir avoir des amies.G.-iE.M.dit qu\u2019il est en amour avec la plus jolie fille de Bagotville.On dit que E.P.est la plus jolie et la plus charmante des filles de Bagotville.Eugénie, as-tu déjà songé qu\u2019un garçon qui regarde bien tes jolies yeux en chanteurs ne peut y résister?Arthur P., comment aimerais-tu à m\u2019avoir pour blonde?Antoinette T., quand on rit des autres on autorise ceux-ci à faire pareil de soi.lien ri-Louis, on ne croyait pas que tu étais si bon boxeur.II.P.dit : \u201cAh, Mélina, que je t\u2019aime !\u201d et elle répond\u201cEt moi de mê-ê-ê-me.\u201d BROUGTON STATION Laurette D., à qui la belle voix, le beau petit coeur et le beau trésor?A Alfred, sans ¦ doute.Philippe L.paraît charmé des jeunes filles de Leeds, vu ses fréquentes visites.Il y a des personnes qui se mêlent beaucoup plus des affaires des autres que des leurs.Odilon L.a étrenné un bel habit dernièrement.Jeanne D., cher petit coeur sucré que tout le monde aime ! East Brougton Lauréat, l\u2019aimes-tu bien ta blonde?Yvonne quand elle rencontre Lauréat son coeur soupire et quand elle ne le rencontre pas elle a le coeur en peine.BEAUMONT, Alta A.\tB., quand vas-tu ôter ton manteau gris et ton chapeau?Diana dit qu\u2019elle donnera une récompense à celui qui lui trouvera un cavalier.Lucien promet une grosse récompense à celui qui lui trouvera une autre fille.E.D.se mord les doigts en disant : Que c\u2019est donc triste de ne pas trouver de cavalier.Thérèse, Lucien voudrait que tu lui fasses des beaux yeux.François, Jeanne ne te trouve pas amoureux.Thomas fait des beaux yeux à T.B.Rose-Anna dit que les garçons de Beaumont ne l\u2019occupent guère, ses amours sont bien plus loin.Thomas, ne cours pas deux' lièvres à la fois car tu vas les perdre tons les deux.OAUSAPSCAL Albert, lorsque tu prêteras ta voiture à T.L.â l\u2019avenir, tu tâcheras de l\u2019avertir de revenir de suite.C.M.est L.P.trouvent que leurs nouvelles blondes sont plus'aimables que leurs, anciennes.Ph.R., as-tu eu bien du plaisir dans ta descente d\u2019Albertville?A.G., la petite T.L.a le tour de faire manger de l\u2019avoine, hein?Anita C.trouve que les cavaliers sont rares et se recommande pour qu\u2019on lui en présente un.OOATIOOOK Armand dit que sa blonde est bien belle.C\u2019est beau d\u2019être amoureux,.on trouve beau tout ce qu\u2019on aime.Armànde et Alice s\u2019en font beaucoup -accroire mais personne n\u2019en attrape d\u2019in-dîgestion.Aimé B., comment vont les amours avec P.?Sont-elles toujours pareilles?CAP-DE-LA-MADELEINE Marie D.se croit la plus belle des filles du Gap; c\u2019est un peu exagéré, hein?CONTRECOEUR Samuel et Marie-Anne forment un couple charmant, beaucoup les admirent et les envient.Samuel L., comment as-tu aimé ta veillée de samedi soir, il y a deux semaines?Henri P., ne te fais donc pas tant frapper les talons quand tu marches.On dirait d\u2019un tremblement de terre.Tit-Louis J.se trouve plus élégant avec son lorgnon, principalement le dimanche.Pit B., aimes-tu encore à aller à Ste-Théodosie en pantalon blanc?Paul H., quand il fait des tours de voiture il aime à faire tenir son chapeau.OOOHRANE, Ont.Anne-Marie M., ne porte pas tes robes si courtes! On annonce pour le 36 juillet le mariage d\u2019Alphonse et de sa blonde.A.B., tâche donc de sortir avec les garçons de ton âge et non pas avec les vieux garçons.Jeannette voudrait bien avoir R.pour cavalier mais elle n\u2019en est pas capable.Roberte se recommande pour se trouver un cavalier.CAPLAIN, Ont.Aurore, ne fais pas trop ta fière si tu veux avoir celui que tu désires.Marie-Anne, est-il vrai que tu dois te marier?Dépêche-toi, la taxe des vieilles filles s\u2019en vient.COBALT, Ont.Y.G.est un beau petit garçon que j\u2019aimerais bien avoir pour cavalier.A.B., comment vont les amours avec B.\tD.?Jos.G., dépêche-toi â te marier, j\u2019ai hâte de danser.A.D.serait bien mieux si elle ne paraissait pas si excitée sur la rue.A.S.aimerait bien avoir G.B.comme cavalier mais elle n\u2019a pas de chance.A.G.aime beaucoup son petit cavalier de Liskeard mais c\u2019est encore son auto qu\u2019elle préfère.Marie-Jeanne, est-ce que tu fais une exposition sur ton perron, â tons les soirs pour voir passer les garçons?Hormisdas R., dépêche-toi à te marier si tu ne veux pas rester vieux garçon.Adhemard S., comment gros aimes-tu Clarisse*?Emile, dis-moi le numéro du fil dont tu te sers.pour te plisser le bec?Elise, comment vont tes amours avec Jos.?Alice, quand ton habit rouge aura des petits tu me garderas le plus gros.Béatrice, à qui les belles pattes fines?Georgina, comment vont tes amours de ce temps-ci avec Josaphat?Ahsolon, ne ris pas si fort, on dirait quand tu ris qu\u2019on entend un moulin à vent EAST ANGUS Henri N.s\u2019en fait-il assez accroire depuis qu\u2019il porte' de grands pantalons ! EDMONTON, Alta Hélène est comme le thé : il faut l\u2019ébouillanter pour savoir ses qualités.A.-M.S., avec ses airs pincés a l\u2019air de dire: Oa beauté.c\u2019est moi! Albert et Edith, lâchez-vous ou bien mariez-vous.T.T., si je savais te plaire comme je sais t\u2019aimer, il n\u2019y aurait rien sur la terre, pour nous séparer.Annette P., tiens-toi donc pas tant le nez en l\u2019air, tu vas bientôt t'accrocher dans les nuages.GIFFARD Coq, Bedeau, Poules pas de plumes, telles srmt les chansons ennuyantes qui sont chantées par plusieurs garçons.P.P., ne fais pas ton frais quand tu passes en bicyclette, parce qu\u2019on dit qu\u2019elle n'est pas â toi.Armand est le fameux parleur qui fait rire ceux qui pleurent et pleurer ceux qui rient.Trois beaux vieux garçons à vendre â des prix raisonnables.50 cents comptant et la balance tout de suite.Il y a des dames qui se mêlent beaucoup plus des affaires des autres que des leurs.On va acheter des ciseaux spéciaux pour couper les langues qui parlent trop mal des autres.On a vu le club Parent se faire battre par le Jeune Loyola de Giffaüd par 8 â 1.Armand a été satisfait de son stock de menteries pour 1922 et il les a vendues avec bénéfice.J.-A.L., ce que tu es chic avec ton habit corsé ! A.B., un beau pétard ! Vite, jeunes gens, voyez-y ! A.C., tu ressembles à un biscuit au soda dans une soupe au lait.Lucien P.s\u2019est laissé pousser une moustache pour faire une brosse à plancher.Marie-Louise et Emilien, n\u2019oubliez pas qu\u2019il va y avoir un concours de neiz.Une belle prime sera donnée an plus beau.Tit-Blanc et sa blonde, mariez-vous ou bien lâchez-vous.G.-E.B., on m\u2019a dit que tu avais une job d\u2019inspecteur, est-ce vrai?Marie-Louise s\u2019achète beaucoup de poudre afin de passer pour belle fille.A.-M.P.aime tellement les garçons que chaque fois qu\u2019elle en voit son coeur palpite bien fort.Lucien a le meilleur record pour pren* dre des chutes en bicyclette.O\u2019est un record comme un autre.B.\tD.marche en tire-bouchon quand elle voit les garçons étrangers.Lucien R., le meilleur joueur de croquet.Ou va lancer un défi pour le jeu de croquet.Une seule partie sera jouée pour i un enjeu de $100 contre Oucien R.et Aug.P.On espère que les meilleurs joueurs se présenteront.JONQUIERE Le jeu de tennis â Léopold est prêt, seulement n\u2019oubliez pas vos raquettes.Henri B.a laissé A.B.Mes compliments.Alberta, laisse-moi donc Léopold, il n\u2019est pas de ton âge.Jeunes gens de Jonquière, ayez pitié de M.T., elle s\u2019ennuie toute seule.La poudre coûte cher ; Marie et Alice prennent de la chaux.Léonie et Justin s\u2019aiment à la folie.Je crois que ça va finir par un mariage.Honoré G., arrose-toi un peu avant d\u2019aller voir les filles?Rose-Blanche dit que quand elle voit II.G.son coeur bat bien foil.Cécile promet de donner deux patates crues à ceux qui lui feront avoir un cavalier.C.\tD., si tu raccourcis encore tes robes il n\u2019y en aura plus.Regarde les cahiers de mode, tu verras qu\u2019elles rallongent au lieu de raccourcir.Lauretta P., aurais-tu la bonté de ne pas rire si fort sur la rue pour qu\u2019on puisse entendre les criards des autos?Marie-Jeanne L., graisse-toi les jambes avec de la graisse de rôti pour te les faire engraisser.Adrien a l\u2019air d\u2019un chat échaudé.Honoré dit que sans filles il ne peut pas vivre.Rose-Blanche, quand ta robe jaune aura des petits brûle les tous pour en détruire la race.Simonne tombe dans le baril de farine tous les jours depuis qu\u2019Adrien la regarde.Philippe, pourquoi regardes-tu par-dessus tes lunettes?Est-ce pour les ménager ou bien si c'est pour mieux voir les pétards de Jonquière?Léonie, veux-tu savoir'ta grandeur?Mesure-toi avec la corde â linge.Berthe a tout perdu ses cavaliers avec de la poudre.Blanche B.passe ses veillées à courir après la lune, elle croit que c\u2019est une galette.Alida B., à qui le beau teint?Les amours de Honoré sont comme un élastique bien étiré, toujours prêt à cas-ser.\t\u2022 ' # Une belle brune de Kenogaimi monte souvent.Est-ce pour toi, Honoré?I/AGHEVEOTI ERE Louis, vas-tu encore voir Céeile?Henri est malade d\u2019avoir mangé de l\u2019avoine.P., ne fais pas tant ton frais avec ton Brisco de seconde main.B., laisse-toi allonger avant de faire ton frais.Oscar, les filles de St-Marc sont-elles belles?Phil, se tient la tête si haute qu\u2019il viendra àprendre des chocs sur les fils électriques.\t-\tJ* Tit-Pit, arrose-toi un peu pour te faire grandir.\tL, Laura, si?tu continues tu vas payer la taxe d.es vieilles\tfilles.\tj Paul, à quand ton mariage avec Lauraî Alexina se mord les pouces en disant: Que c\u2019est donc triste de rester vieille fille» Olive a les joues rouges mais ce n\u2019est pas naturel.\t« Samuel a bien bâte d\u2019être marié pout aller rester au troisième rang.Lucien, promène-toi pas tant en machine avec ta blonde.Olive, combien payes-tu -pour te fairs plisser le bec?Jean-Baptiste dit qu\u2019il préfère une bicycle â un tricycle.Emilien, comment vont -les amours?Adrien, les amours vont-elles toujouri bien?LEEDS STATION G.P., tu serais mieux d\u2019emporter te® m lit ehez L.Yvonne P, qui va lentement va bl.34, ïfo 8, Montréal, 29 juillet 1922 LE SAMEDI 3t .MS» q p et Y P., changez donc votre excision poor du savoir-vivre.Y P., comment aimes-tu tes marches au-air de lune avec ton cavalier?\u2019Germaine se croit aimée de tous _ les ircons mais personne en a d\u2019indigestion.Cécile D., il va falloir élargir les trot-irs pour que tu passes.Rose D., tu as des belles toilettes de ce mps-ci ?Hormisdaa D.dit que ça coûte trop cher mariage, il aime mieux rester garçon-Alice L.aime ça aller en auto.Odilon T., aux noces les tartes.La fille dTDast-B rough ton qui vient ici \u2022mr montrer ses toilettes devrait mettre prix sur ses robes elle n\u2019aurait pas la ¦ine de Je dire à tout le monde.Alfred» H., à qui la belle petite noire?Midas, je suppose.Yvonne P., si tu continues à raccourcir s robes les manufactures vont être obliges de rallonger leurs bas.LA TUQUE Alberta, si tu élargissais tes jupes, mnd tu serais obligé de courir tu pour-is le faire plus aisément.Marguerite V.a peur de rester vieille le ; aidez-lui à trouver un cavalier.Les demoiselles G.ont hâte que l\u2019été it passé pour reprendre avec leurs an-eus cavaliers.Mariette, à quand ton mariage avec Al-rt?Lydia est un beau petit pétard mais pas sé à approcher.Harry, Mariette te paye-t-elle bien cher mr l\u2019attendre le soir au coin des rues.M.I,., si tu continues à raccourcir tes bfs du haut et du bas tu auras assez une verge d\u2019étoffe pour te faire un cosine.Marguerite, tâche de t\u2019exciter un peu pins, tu seras plus charmante.iFleurette B., à qui le petit coeur?Est-à Eddie?Marguerite, est-ce vrai que tu as con-is le coeur de Henri?On dit que les demoiselles B.préfèrent k garçons de Grand-Mère à ceux d\u2019ici.Rosa, qu\u2019attends-tu pour te marier?;tends-tu de payer la taxe de vieille lev LEGAL, Al ta Jeanne M., prends-tu ton fard dans le ios ou au magasin de 15 cents?P.G.aime trop filles, c\u2019est peut-être ur ça qu\u2019il ne grandit pas.Arthur, n\u2019use pas les trottoirs à te promer avec ta blonde.S.B.se pliante pour les garçons, mais s un en a d\u2019indigestion.Louis B., dépêche-toi de te marier si ne veux pas rester vieux garçon.Rosa, est-ce l\u2019ennni qui te fait mai-ir?Adélard, attends-tu que le mariage soit 2 cents pour te marier ?Marguerite L., beau petit coeur à N., îst-ce pas?Jeanne M., j\u2019ai peur quand tu marches e tu t\u2019accroches le ne® dans les nuages.Rosario, ta brunette te fait-elle manger l\u2019avoine souvent?Patrick est chanceux en amour, toutes i jeunes filles courent après.Elles le éfèrent à Rodolph Valentino, car lui au )ins, elles peuvent le voir.Z.C.dit que la vie sans garçon c\u2019est rame du vinaigre sans cornichon.E.St-O., quand il voit Gertrude il est rame un lapin qui sent le trèfle.Stelle avec son nez en l\u2019air essaye de uvemer l\u2019univers.Anna S.prend tellement de marches \u2019elle en a des cors aux pieds.S.B.aime tellement Eugène que le eur lui grossit de deux pouces à chaque s qu\u2019elle le voit.Irène, quand elle rencontre des garçons e ne sait plus quelle contenance tenir.Régina, comment gros aimes-tu ton ca-lier?Jos.O., ne fais pas tant de grands ges-; quand tu iras chez Arm.D.S., tiens-toi le corps plus mou quand danses.Alb.R.va jouer du violon en soirée As ça ne paye pas ses dépenses.Jeanne P., fais pas tant ta fraîche and tu sors avec un garçon.G.AI.a le coeur rempli de flirt.MANIWAKI Ronaid J., si tu continues à marcher ;nez en l\u2019air tu vas finir par faire la cul-Je par en amère.Annie L.et Irèpe JT., apprenez à rire vous-mêmes avanfede r-'re des antres, ¦fos.R.se laisse pousser le uez pour en re un poignard.Gloyd L., le champ'or.des Emîmes J défonce les portes ouvertes avec ses mgs de fer.I°s.G., dis donc, \u2022pourquoi es-tu si soii-Fe\u2022 ¦ \u2022 \u2022 Si ton coeur est libre il y a une uë rougette qui pense à toi.A&nie L.fait peur aux dindes avec ses \u2019îveux roux.P., à qui les belies pattes?Ioleen C.dit qu\u2019elle suit la mode de Paris pour se coiffer.Jos.P\u201e ne fais pas tant ton frais parce que tu portes des grands pantalons.Ronald J.court après la.-lune car il croit que c\u2019est une galette.Jos.L,, as-tu honte de ta Ford?A.B.et J.L.disent que c\u2019est bien ennuyant à Maniwaki et qu\u2019elles partiront bientôt pour les Ettats.Jos.J., ta moustache attire les mites! Jos.P., ta Ford a besoin de peinture.Elle commence à être gommante.Donald et Florence font un très beau couple, c\u2019est un plaisir de les voir quand ils se rencontrent sur la.côte.Antoine C., si tu veux une blonde fais-t\u2019en venir une de chez Simpson.Rose-Anna est très contente depuis qu\u2019Ambroise est revenu.L.F., situ ne peux pas avoir un garçon pour cavalier fais-t\u2019en venir un de chez Eaton.Maria a l\u2019air bien excité quand elle passe près des garçons.On dirait que Annie est la plus importante du village.Rita C.aime les garçons à la folie comme une puce à l\u2019agonie.Adélaïde se mord les pouces en disant: Que c\u2019est donc difficile de se trouver un cavalier.Aurore, comment aimes-tu ton petit Arthur d\u2019Ottawa?Lina, est-ce vrai que -lorsqu\u2019on va en auto bien souvent on oublie comment bien marcher ?MASSON Bernadette, est-ce que les amours sont finies avec E.L.?Irène, quand ta robe rose aura des petits tu m\u2019en garderas un beau.Irène G., à qui les belles pattes?Marie-Jeanne est jolie avec sa belle tête frisée.Jeannette, combien as-tu de douzaines d\u2019anneaux après ta robe jaune?S.F., comment prends-tu de verges d\u2019étoffe pour te faire une robe?Marie-Louise, combien as-tu payé pour la brouette que tu as louée à l\u2019examen pour emporter tes prix?Roméo, si tu te mariais avec C.tu serais certain d\u2019avoir un héritage de bicyclette.Roméo C., je crois que tes poches sont percées parce qu\u2019elles sont toujours vides.Jean P.et Peter B.courent après la lune.Ils croient que c\u2019est unegalette.Lovina L.s\u2019est fait venir un ami de chez Eaton.MAILLARDVILLE, C.A.Charles B.prétend être aimé de toutes les filles mais pas une n\u2019a encore eu d\u2019indigestion.Pitou B., ne vas donc pas si vite avec ton auto, ta blonde a peur d\u2019embarquer.George P.dit qu\u2019il a oublié toutes ses amours avec Eugénie.Pierre B., as-tu reçu ton stock de men-teries pour 1922.Dora B.veut forcer la municipalité à élargir les trottoirs car elle prétend qu\u2019ils son trop étroits pour elle.George B., beau pétard à double chassis.George P.est un gentil garçon, il y a une fîlile qui l\u2019aime beaucoup mais elle n\u2019ose pas le lui dire.NORMANDIN Alice, Tu as beau te friser tu ne pourras pas passer pour la plus belle fille de Normandin.M.-Anne s\u2019ennuie beaucoup depuis qu\u2019elle a perdu son cavalier.Console-toi, les cavaliers ne manquent pas, tu en trouveras un autre assez facilement.NORTH BAY, Ont L.L.se dit américain, il dit être né à Cook\u2019s Mills, Ohio.\u2018\u2018Voyons, Arthur G., ne me fais donc pas dommage en faisant des clins d\u2019œil & mon petit ange !\u201d disait Georges.Henri R., comment aimes-tu Marie-Rose?P.B., nous disait : En avant les brave ! Sauvons-nous, voilà les filles ! Nous savons maintenant, George C-, pourquoi tu pars le samedi pour ne revenir que le mardi soir.Marguerite R., comment aimes-tu ton cavalier?George C., di-s-nous donc quelque chose pour rire.G.B., où as-tu veillé le jeudi 6, je t\u2019ai vu?A.R., est-ce vrai que tu as une penture du coeur détaraudée?Voyous, R.V., plante-toi, tu vas laisser passer i\u2019âge du mariage, tu le regretteras plus tard.P.L., à qui 1rs belles pattes?Est-ce â A.R.ou à Tit-Sut?On se demande pourquoi il y a tant de vieilles filles à North Bay.Est-ce la faute des garçons ou des filles?Wilfrid et tes amis, tâchez donc de prendre une bonne auto pour aller à Cor-beil.Une vieille Ford ça n\u2019est pas unes joli pour aller voir les demoiselle*» Avez-vous déjà goûté du véritable thé vert ?fi ary 947 P est «ne véritable révélation pour ceux qui ont cru jusqu\u2019ici que les seuls thés verts étaient les \u201cthés du Japon\u201d ou les \u2018\u2018thés verts de Chine.\u201d Sa saveur est exquise\u2014ne provient que des feuilles de thé de premier choix fraîchement préparées.Sur réception d\u2019une carte postale nous en expédierons avec plaisir un échantillon.Salada.Montreal.H.R., je te prends par les pieds si to vas encore à Veroer.A.R.dit qu\u2019il attend d\u2019avoir un char pour sortir P.L H.L.si tu montais sur les poteaux pour chanter le coq ça te conviendrait mieux.M.B.dit que les garçons sont trop jolis pour elle.R.C., attends-tu la prochaine vente pour te marier?L.D.court après la lune eomme si c\u2019était une galette.G.\tL.dit qu\u2019elle pratique la musique pour pouvoir avoir son diplôme pour jouer le phonographe.R.I., sors donc pour qu\u2019on te voit un peu ; si tu ne sors pas tu ne trouveras pas.H.\tR., A.R., J.C.et A.G.quand vous monterez à la danse en bant, tâchez donc de vous choisir un temps pour ne pas avoir de malchance.NEW BEDFORD, Mass.Laurette D.a bien attrapé l\u2019apparence des garçons en dansant sur le théâtre de laLincoln School.Marie-Roso R.est une jolie fille.Albina C.aime bien sôn cavalier depuis qu\u2019elle sort avec.Laurette a un oeil sur le petit garçon qui travaille dans une certaine pharmacie.NASHUA, N.H.W.B., regarde-la pas tant en dessous du nez.H.L.annonce son mariage pour la semaine des trois jeudis.E.R.est en amour avec A.L.comme une puce â l\u2019agonie., Une récompense à celui qui trouvera un cavalier à B.M.B.B.aime les tours d\u2019auto.J.F., combien as-tu usé do poudre cette année?Est-ce que ça te coûte bien cher?R.\tC.aime bien les beaux petits garçons.S.\tS.et N.D., à quand le mariage?Yvonne croit que la ville lui appartient quand elle a sa robe neuve POINTE-GATINEAU Yvonne aime tellement à courir qu\u2019au dernier pique-nique elle a fait trois fois le tour du terrain sans arrêter.Ce que c\u2019est que l\u2019entraînement ! B.B.porte ses robes courtes pour paraître plus jeune.Léonie et Louisa, ne vous excitez pas tant quand il ya un pique-nique.Ernest mangeait la jalousie à pleine bouchée quand elle a passé.Rosa et Rhéa, pourquoi avez-vous refusé de servir au pique-nique?Juliette et Aline ont vendu beaucoup de petits rubans au pique-nique.J.T., combien uses-tu de paires de bottines à courir après Bob et Léo?Jos.G.mange de l\u2019avoine les yeux fermés.René, enlève donc ta petite brosse à dents, je t\u2019aimerai mieux.Xavier, as-tu peur des filles?Y.St-J., combien ton Ford avait-il de roues mardi soir?E.T.attention aux coups de vent parce qu\u2019ils vont t\u2019emporter Edmond ne reconnaît plus ses amis quand il sort avec Irène.PORT-AU-PERSEL Anmandine B., à qui le beau pétard?Ahna C., prends sur toi quand tu vois Lorenzo ! Eva C., qu'as-tu fait de ton cavalier?Louisa B., quand attends-tu L.T.?Bernadette C., as-tu déjà compté tes voyages que tu fais au Port-au-Persi! ?Annette B.et Jeanne C.que fout vos cavaliers de La Malbaie, ils ne descendent pas souvent?Bernadette et Alma, avez-vous pris bien des photographies lors ù, votre \\oyage au Cap-Sau mon ?Lorenzo C., quand vas-tu nous faire des noces?Annette et J.C., quels cavaliers vous êtes-vous fait à Chicoutimi dans votre voyage?A.C., tu as le toupet en l\u2019air depuis «ne ta es & Port-an-PenuI.Onésime, ne fais pas tant ton frais avec les filles de St-Siméon.Joseph G., comment digères-tu l\u2019avoine que Lorenzo t\u2019a fait manger?Paul-Emile, on nous dit que tu as toujours ta blonde mais on te voit pas souvent avec elle.K.H.méprise les filles du Port-au-Persil, mais c\u2019est de dépit pai-ce qu\u2019il ne peut en avoir une.A.C., après avoir trouvé les garçons du Port-au-Persil trop lents tu es obligée d\u2019en prendre un pour te faire un cavalier.Henri A., les amours sont-elles cassées avec ta blonde?Prends garde, tu connais le proverbe qui dit : Qui choisit prend pire.W.M., fais attention, l\u2019avoine n\u2019est pas chère et elle n\u2019est pas rare.J.G., pourquoi ne vas-tu plus chez ta blonde?J.C., comment aimes-tu ton nouvel hôtel?E.C., à qui les beaux yeux?PRICE M.-Louise, mon coeur, tu te couches trop tard.Alphonse m\u2019a dit qu\u2019il n\u2019est pas capable de rencontrer une jolie fille sans que ses lèvres s\u2019agitent.Faiblesse du coeur, dit le docteur.Yv.dit: \u201cC\u2019est bon les tours d\u2019Over-land !\u201d Il a été perdu aux environs de la rue Matane un gentil cavalier ; vous le reconnaîtrez à son air désenchanté.Récompense à qui le remettra à Alice éplorée.Y.D.trouve que son cavalier tarde à faire la grande demande.Voyons Alphonse, un gros coup de coeur ! Arthur, mes sympathies pour ton bel esprit ! M.-Anne et Antoine, mariez-vous ou lâchez-vous.RIMOÜSKI Emile et Joseph vont cou courir pour le prix de vieux garçon.Régina., arrose-toi pour te fake grandir.Irené, vite, marie-toi si tu ne Veux pas payer la taxe de vieux garçon.Germaine, comment as-tu envoyé de coupons de poudre pour ta bague de fiançailles avec René?Alice et Bertha, quand elles sont avec leurs cavaliers elles me rappellent la fable du lion et du moucheron où la mouche l\u2019emporte.Un gros accident est arrivé dimanche matin : Lucienne est tombée dans un quart de farine.Eveline, ne reste pas trop au soleil car tes joues vont déteindre.ROBERTSON Jeanne D., plante-toi si tu ne veux pas rester vieille fille.Gertrude dit qu\u2019elle préfère G.L.de Thetford aux garçons de Robertson.U.Y., tu marches comme un lapin dans dans le trèfle.SHAWINIGAN Jeannette L.se recommande pour W trouver un cavalier.Joseph est épatant depuis qu\u2019il porte des doubles'châssis ; ça lui va à ravir.SHERBROOKE Clarisse voudrait bien avoir Arsène pou* cavalier mais il n\u2019a pas l'air de s\u2019en douter, il ne fait pas attention à elle.Cécile C., quand on rit des autres on ne doit pas s'étonner que les autres fassent pareil de vous ST-CESAIRE Qui c\u2019est qui conduit le mieux une auts par ici?\u2014 C\u2019est Césanne.ST-PASCAL Nous regrettons beaucoup le départ ét Mlles R.B.et E.B.Armand P.et Charles P.sont deux sportsmen.F L., si tu es 'tanné du rasoir prend# donc la hache.Ida H., un tout petit peu de poudr* ce sera parfait.Gérard D., on dirait que ton chapes» change un peu de teint.ÜL IL tâche d\u2019aller voir les filles! 32 LE SAMEDI Yol.34, No 8, Montréal, 29 jnilL r LE PORTRAIT DE GINETTE (suite de la page 7) semblait conspirer pour l\u2019abattre.Il avait cherché de l\u2019ouvrage, un travail quelconque pourvu qu\u2019il y gagnât quelques sous en attendant des jours meilleurs, mais en vain.La fatalité s\u2019acharnait contre lui.Un dernier échec le terrassa.Il se coucha un jour avec un violent malaise et le docteur appelé diagnostiqua immédiatement une fièvre cérébrale.Cette fois, c\u2019était bien la hideuse misère qui entrait au foyer jadis si heureux.Pour soigner son bien-aimé et tenter de le sauver, Ginette sacrifia tous les bijoux et les chers objets qu\u2019elle aimait tant; puis ce Lit le tour des meubles qui n\u2019était pas indispensables et enfin le nécessaire lui-même y passa.Quand André fut en convalescence, il ne restait plus rien de 1 ancienne aisance et l\u2019humble maisonnette elle-même venait d\u2019être vendue.Les semaines qui suivirent furent lamentables de tristesse puis un jour, qunad André fut rdevenu assez fort, on put voir les deux pauvres gens quitter pour une destination inconnue les lieux où ils avaient formé tant de beaux projets.Un peu d\u2019argent, juste de quoi subsister pendant quelques semaines, un humble sac de voyage bien peu rempli, voilà tout ce qui leur restait.Le beau tableau lui-même, le portrait de Ginette qu\u2019André n\u2019aurait pas donné pour une fortune, avait été englouti dans le naufrage.II.\u2014 L\u2019EVOCATION DU PASSE Deux années s\u2019étaient écoulées depuis les évènements que nous venons de raconter et, dans la( petite ville où avait demeuré la famille Mauduii, on avait à peu près oublié André et Ginette.D ailleurs on ne savait pas ce qu\u2019ils étaient devenus, jamais on n\u2019avait eu de leurs nouvelles et l\u2019égoïsme humain qui triomphe de tout même des meilleurs souvenirs les avait effacés de la conversation, sinon de la mémoire de ceux qui les avaient connus.Le beau portrait de Ginette était bien loin lui aussi, maintenant.Des mains du marchand ignorant ou sans scrupules qui 1 avait acheté en premier lieu pour une somme dérisoire, il était passé dans celles d un vieux collectionneur qui mourait subitement deux mois plus tard.Il fut racheté, en bloc avec d\u2019autres tableaux, par un autre marchand de curiosités qui ,du premier coup d\u2019ceil estima pouvoir en tirer un bon prix.Il l\u2019envoya à l\u2019un de ses magasins, dans une ville populaire et là, le fit exposer en bonne place dans la vitrine.Les amateurs furent assez nombreux Liais le vieux grigou les faisait fuir avec le prix qu\u2019il demandait de cetté toile.Un jour un passant s\u2019arrêta brusquement devant la vitrine.C\u2019était un'homme d\u2019unè cinquantaine d\u2019années et dont la mine soignée, riche même attira l\u2019attention du vieux marchand.L\u2019inconnu fixait avidement le tableau et paraissait violemment ému.\t\u201c Le vieux trafiquant se frotta les mains.\u2014\tVoici un bon gibier pour moi, ou je me trompe fort, murmura-t-il.En effet, le gibier pénétra dans le magasin.Coupant court aux formules de politesse obséquieuse du marchand; il demanda d\u2019une voix brève et un peu tremblante: \u2014\tOù avez-vous eu ceci?\u2014\tC\u2019est un tableau de Maître, mon digne monsieur, j\u2019en ai déjà refusé des prix fous.\u2014\tJe ne vous demande pas cela, coupa l\u2019étranger que cette réponse indirecte impatientait.Je vous demande d\u2019où sort ce tableau.\u2014\tJe l\u2019ai eu au décès d\u2019un riche amateur et je l\u2019ai payée.\u2014Quel était cet amateur?Son nom?Où demeurait-il ?La voix de l\u2019inconnu se faisait plus impatiente et le marchand pressentit quelque mystère dont il pourrait avantageusement tirer parti.Il donna les renseignements demandés que l\u2019homme nota soigneusement.\u2014\tCombien, votre tableau?Le viel Harpagon l\u2019avait payé cinquante dollars.\u2014\tJe l\u2019ai payé deux mille dollars, dit-il, et vous comprenez que mes frais de déplacement, le bénéfice légitime quoique modeste que je demande.\u2014\tSuffit.Voilà trois mille dollars.Faites envoyer le tableau immédiatement à cette adresse.Le marchand fut littéralement médusé.Il s\u2019attendait à une protestation indignée de l\u2019acheteur et voilà que, sans discussion, on lui donnait mille dollars de plus que le prix demandé! K P \u2014\tTriple idiot que je suis, grommela-t-il, j\u2019ai eu affaire à un vieux fou et je n\u2019ai pas su en profiter.A la façon dont il vojis claque l\u2019argent au nez, j\u2019aurais pu lui demander dix mille dollars, ïl les aurait crachés! Une demi-heure plus tard, un commissionnaire apportait, soigneusement emballé, le fameux portrait de Ginette à l\u2019Hôtel Continental où était descendu pour quelques jours un voyageur de marque, M.Lebrey, celui-là même qui venait d\u2019acheter le tableau.Avec une hâte fébrile, M.Lebrey débarrassa le colis de son enveloppe (m?et il contempla de nouveau le portrait comme il l\u2019avait fait devant la vitrine du marchand.Il était extrêmement agité; il s\u2019approchait, se penchait, s\u2019éloignait en murmurant: \u2014\tQuel est ce mystère?Comment se fait-il que ce portrait existe et pourquoi était-il chez ce marchand?Pourvu que l\u2019amateur auquel il a été acheté ait laissé quelque famille qui puisse me renseigner.Le soir même il partait pour la ville d\u2019où provenait le tableau.Hélas, c\u2019était une déception qui l\u2019attendait; personne ne put le renseigner.Il n\u2019abandonna pas la partie pour cela et il mit tout en oeuvre, détectives, agences privées pour connaître la provenance de son acquisition.Ses efforts furent enfin récompensés.Cela prit plusieurs semaines et lui coûta pas mal d\u2019argent mais enfin il remonta jusqu\u2019aux origines, c\u2019est-à-dire à la petite ville où avait demeuré Mme Mauduit et ses enfants.Il y partit sans tarder.Ce fut, cette fois pour apprendre la mort de la bonne vieille dame et le départ des deux enfants pour une destination inconnue.Tout était à recommencer.Avec tristesse il reprit le chemin de la gare.Dans le compartiment où il monta, il lia connaissànce, de façon banale use avec un grand jeune homme au visage intelligent et qui paraissait, comme lui, fortement préoccupé.Au hasard de la conversation, le compagnon de M.Lebrey se laissa aller aux confidences.\u2014\tCe qui rn\u2019a rendu un peu sombre, dit-il, c\u2019est que je viens de revoir en passant une petite ville où j\u2019ai connu bien du bonheur et de la souffrance.Si cela ne vous ennuie pas trop, je vais vous raconter mon histoire, il me semble que de nie confier un peu cela me soulagera.Aux premiers mots, M.Lebrey l\u2019interrompit brusquement.\u2014\tVous venez, lui dit-il, de parler d\u2019une dame Mauduit.Vous étiez parent avce elle?\u2014\tC\u2019était ma mère.\u2014\tAlors, votre nom à vous, c\u2019est André Mauduit?\t1 WfTPr' F \u2014\tCertainement, répondit le jeune homme étonné.\u2014\tEh bien, je bénis le hasard qui me fait vous rencontrer car vous m expliquerez peut-être une énigme à laquelle je ne puis rien comprendre.J ai fait récemment l\u2019acquisition d\u2019une peinture signée de votre nom et qui représente ma femme telle qu\u2019elle était au début de notre mariage.\u2014\tVotre femme! Pas du tout, c\u2019est le portrait de la mienne.de Ginette.\tal > il fallut de longs instant aux deux hommes pour se comprendre puis tout s\u2019expliqua clairement à leurs yeux.Une vingtaine d années auparavant, M.Lebrey était allé en Amérique pour des opérations industrielles sur lesquelles il fondait grand espoir.Sa femme et sa petite fillettes devaient venir le rejoindre quelques mois plus ^tard quand elles furent victimes d\u2019un accident de chemin de fer dont il n eut connaissance que longtemps après.II avait su que sa femme avait été broyée dans la collision mais que la petite fille avait été sauvée.Toutefois il n avait jamais pu savoir ce qu\u2019elle était devenue.Et voilà qu\u2019il avait par hasard trouvé cette peinture que lui avait tant rappelé la pauvre morte par sa ressemblance.\u2014 Voyez, du reste, conclut-il en montrant à André une petite miniaturf très artistique.\u2014Mais c\u2019est Ginette! s\u2019exclama le jeune homme.\u2014 C\u2019était ma chère compagne, reprit M.Lebrey tandis qu\u2019une grossi larme roulait sur sa joue.A la nouvelle de l\u2019affreux accident, j\u2019ai ét< désemparé puis pour oublier, je me suis acharné dans le travail et les affai res.Comme par compensation ou plutôt par ironie, le ^destin me favorisa dix ans plus tard j\u2019étais plusieurs fois millionnaire.Cette fortune me pesait à venir jusqu\u2019à ce jour mari maintenant je suis heureux de la passed?puisque grâce à elle je vais donner à ma fille le bonheur que j\u2019aurais tan voulu donner à sa mère.T (suite au bas de la page 33) aî j 34, Ko 8, Montréal, 29 juillet 1922 LE SAMEDI 33 TRENTE-TROIS PRIX EN ARGENT TOUS LES TROIS MOIS 15.00 à la meilleure histoire UNE PARENTE COMPLIQUEE AVIS IMPORTANT Parmi les nombreuses historiettes que nous recevons journellement pour le CONCOURS il y en a une certaine quantité qui ne sont pas dans le genre de ce que nous demandons.Nous le répétons instamment, ce que nous voulons ce sont des BONNES BLAGUES, mais des blagues n offensant pas la morale pouvant se raconter en famille.Egalement nous n\u2019insérerons pas celles qui mettent en jeu des prêtres, bedeaux, etc.Il n en manque pas d autres, envoyez-nous-les ; les prix en valent la peine\u2022 Ecrivez bien lisiblement, à l\u2019encre et d\u2019un seul côté du papier.Le Concours est permanent, c\u2019est-à-dire qu\u2019il fonctionnera d\u2019un bout de l\u2019année à l\u2019autre.Il y aura TRENTE-TROIS PRIX EN ARGENT tous les trois mois.1er prix\t\t$15.00\t6ième prix \t $2.00 2ième prix \t\t1000\t7ième prix \t 2.00 3ième prix \t\t5.00\t8ième prix \t 2.00 4ième prix \t\t2.00\tet vingt-cinq (25) autres 5ième prix \t\t2.00\tprix de un dollar ($1).Nous demandons des histoires courtes et amusantes, des bonnes farces, mais des farces honnêtes.Envoyez comme suit: LE SAMEDI, 131 rue Cadieux, Montréal (Concours d\u2019histoires) *-O -« CELLE QUI EST HABITEE Une femme demandait à un astronome si la lune était habitée.L\u2019astronome répondit: Je connais une lune toujours habitée par une homme et une femme.La femme: Et le nom, monsieur?-v \u2014La lune de miel.C\u2019EST PAS CROYABLE Un Gascon et un Marseillait discutaient: Le Gascon.\u2014Derrière chez nous5 il y a une rivière telle -nient peuplée de poissons, que l\u2019on n\u2019a que la peine d\u2019ouvrir les fenêtres de la maison, et les poissons sautent dans les chambres.Le Marseillais.\u2014Près de chez mon père, il y a un lac tellement poissonneux, qu\u2019il n\u2019v a pas une seul goutte d\u2019eau c\u2019est rien que du poisson.\t(Petroski.) L.E PORTRAIT DE GINETTE (suite et fin) Le lendemain de cette providentielle rencontre, Ginette était dans les bras de son père, de ce père qu elle p\u2019ava't pas connu.M.Lebrey apprit dans tous ses détails l\u2019accident et ses su.tes, l\u2019adoption de Mme Mauduit, le dévouement de \u2019a bonne dame, sa mort puis la misère des deux enfants.Anjovrd\u2019hu?André s'est remis à la peinture mais pour simple occupation d\u2019agrémert.Il a toutefois fait un nouveau chef-d œuvre digne du premier-, le portrait de l\u2019excellent père de Ginette et il parle du troisième qu\u2019il fera bientôt relui du bébé que l\u2019on attend avec impatience dans cette famille où le bonheur est revenu.Je me suis marié â une veuve, qui avait de son premier mari une grande fille, dont mon père épousa, mon père devint ainsi mon gendre, tandis que ma belle-fille devint ma belle-mère, puisqu\u2019elle avait épousé mon père.Bientôt ma femme eut un fils qui fut le fils de la mère de la femme de mon père et en même temps mon oncle, puisqu\u2019il était le frère de ma belle-mère.Voilà donc mon propre fils qui devient mon oncle.La femme de mon père elle aussi eut un garçon qui fut à la fois mon demi-frère et mon petit fils, vu qu\u2019il était le fils de la fille de ma femme.Bref, ma femme se trouve être ma grand\u2019mère, car elle était la mère de la femme de mon père.Moi je n\u2019étais pas seulement le mari de ma femme, mais j\u2019étais aussi son petit-fils, et comme le mari de la grand\u2019mère d\u2019une personne qui s\u2019appelle grand\u2019mère s\u2019appelle aussi grand\u2019père de celle-ci, il arriva que je devins mon propre grand\u2019père.FLEUR DE MAL JUSTE SENTENCE Un homme est traduit devant la cour de police pou?avoir maltraité un chien et aux questions que lui posait le juge il répondit : -\u2014Votre Honneur, mon auto était en panne et comme je voulais me rendre au prochain garage, j\u2019ai attelé un chien St-Bernard pour me tirer.Le juge.\u2014Quelle sorte d\u2019auto avez-vous ?L\u2019accusé.\u2014Une Ford Votre Honneur.Le juge.\u2014Alors je vous condamne à $10.00 et les frais pour avoir attaché une boîte de ferblanc à la queue d'un chien.*\tTITINE CONSEIL TRES UTILE -\u2014Qu\u2019est-ce qu\u2019il faut prendre, monsieur l\u2019agent, pour arriver rue St-Denis d\u2019ici un quart d\u2019heure?\u2014Faut prendre vos jambe-s à votre cou, mon enfant.vu qu\u2019y a trois quarts d'heure de chemin.(Rosée Comique) LE VOYAGE DE FOIN Il y avait une fois un homme et son garçon qui allaient livrer un voyage de foin à un docteur de f endroit, où ils demeuraient, pendant le trajet v-oilà que le voyage verse sens dessus dessous et le jeune garçon accourut tout à la hâte chez le docteur et lui dit: on a versé avec le voyage qu'on vous emmenait, pourriez-vous pas venir nous aider un peu.Attend un peu dit le docteur, je n\u2019ai pas déjeuné encore, j\u2019arrive d\u2019une course, toi non plus je suppose, vient déjeuner avec moi, nous mangerons du bon jambon, il hésitait lin peu, mais finalement, il se décida.Pendant le déjeuner il avait toujours l'air inquiet et triste, toujours, aussitôt que le déjeuner fut fini, il dit, dépêchez-vous docteur, je suis inquiet de mon père; quoi ton père, et bien oui, il est en-des-sous du voyage.Inutile de vous dire si le docteur en faisait des enjambées.\tFLEU R BLANCHE. 84 LE SAMEDI VoL 34, lo 8, Montréal, 29 juillet iQg Q là -k gggagagawrtnmtfBfflgis ~ÆD A ff\u2014 o 00^>\u2018 JOLIE BRUNETTE AUX YEUX ENJOLEURS.\u2014R.Germaine.22 mai, aime beaucoup la société et les parties de plaisir sans toutefois en abuser, esprit un peu romanesque heureusement compensé par de réelles qualités de coeur.x LYS DE LA VALLEE.\u2014R.Je suis très contente de savoir que votre état s'améliore.Certes, oui, je vous aime bien et je suis par conséquent sensible à tout ce qui vous concerne.Bon courage et confiance eu l\u2019avenir.JE L\u2019AIME FOLLEMENT.\u2014R.Sonia, 2S mars.Nature affectueuse et à laquelle on peut se fier; aime à rendre service aux autres.Aura quelques petites déceptions mais ne doit pas perdre courage car elle sera heureuse en ménage.BEAU LAC,\u2014R.Il est probable que l\u2019amie dent vous me parlez n\u2019a pas une affection bleu solide pour vous ; à votre place, je me montrerais aussi indépendante qu\u2019elle.Pour votre ami de \u2022Montréal, puisque vous reconnaissez vous-même que vous ne le considérez pas beaucoup, pourquoi vouloir correspondre avec lui?Cela me semble bien hors de propos.VOTRE AMIE QUI, ETC.\u2014R.Votre rêve signifie que vous ferez probablement un voyage d\u2019ici peu et que vous aurez quelques légers ennuis ruais x il n\u2019y aura rien de grave.FEMME MALHEUREUSE.\u2014R.La jalousie est un mal bien difficile à guérir, soyez patiente et réservée, c\u2019est encore ce qu\u2019il y a de mieux ; quant à votre rêve, n'eu parlons pas, dites, cela sera beaucoup mieux ! FLEUR FANEE.\u2014R.Pour se faire aimer de quelqu\u2019un, la meilleure manière c'est encore d\u2019aimer soi-même et si l\u2019on, s\u2019aperçoit que l\u2019on perd sou temps, eh bien, croyez-moi.il est plus sage d\u2019y renoncer- JEANNE DES SAPEES\u2014R.Adrienne, 2 juillet.Un peu craintive, caractère sensible, aime les voyages et aura probablement l\u2019occasion de satisfaire ses goûts dans l\u2019avenir.FLEURETTE\u2014 R.Félix, 30 octobre.Intelligent, aime le jeu, un peu volage, néanmoins foncièrement bon et toujours prêt à rendre service.L\u2019AMANTE DU ZEPHR.\u2014R.Très simple l'explication de votre rêve qui dénote quelle était la préoccupation de votre esprit.Vous avez le désir de faire la paix avec votre ami et, ma foi, c\u2019est sayis doute ce qu'il y a de mieux.AURORE BOREALE.\u2014R.Pas rassurants vos rêves.Si l'on en croit l'oracle, cela irait bien mal pour vous.Heureusement que, comme tout le monde.les oracles se trompent souvent, MENDIANTE D\u2019AMOUR.\u2014R.Lucienne, 22 juillet.Aime^le plaisir et les' réunion; mondaines, tn peu de pétulance fie caractère à réprimer.Fortu-ua, le LA Facilement confiante ce qui procure parfois des désillusions, doit plus écouter que parler; ben coeur; du bonheur en perspective.MLLE M.LEVESQUE.120 Third St, Auburn, Maine, demande si quelque lectrice peut lui procurer les mots de la chanson \"Tco yeux, tes jolis yeux.\u201d BAIGNEUSE.\u2014R.Caractère impulsif, rapide dans ses décisions, un peu de coquetterie mais bien placée, légèrement Lui,'; \u2022 ncIauU' mais cependant susceptible de grand dévouement à JL Vÿ1\u2014w'*\u2014 .sL a.*\u2014* Ce courrier est ouvert gratuitement à tous et à fouies.J'y réponse si aux questions d'intérêt général, c'est-à-dire que je demande aux correspondantes et aux correspondants d'éviter', autant que possible, de poser des questions banalet ou des questions auxquelles seules les spécialistes s'intéresseraient.Il sera répondu aux demandes dans la quinzaine qui suivra leur réception ci d'après leur ordre d'arrivée.Prière le ne poser qu'une ou deux questions à la fois et de ne pcs demands?re réponse directe, le courrier ayant lieu par lu voie du journal.\tMANON 1 / V- LALON LA PETITE CURIEUSE.\u2014 R.D'après les influences qui vour£=»t*~ gissent, vous avez une .sensibilité qui vous cause parfois des ehagfins sans motifs sérieux.Coeur aimant et fidèle, aimant l'intérieur, de la mémoire sans effort et le goût de la lecture.Bienvenue au Courrier,, petite Lalon.PAIN SUCRE.\u2014¦ R.Tempérament artistique, aime la musique et la poésie.Se laisse abattre trop facilement.A lo sens de l'harmonie.CANCAN.-R.Dé la finesse de caractère mais un peu d'indécision; fait parfois des projets qui.demeurent à l\u2019état de projets.Beaucoup de facilités pour s'instruire.S EN OR IT A.\u2014R.Blanche._27 octobre.S'enthousiasme facilement-; ne commit pas assez la valeur de l'argent sans toutefois être prodigue.Doit se méfier'\"'des faux amis.TILLEUL.\u2014 R.Vous aurez encore quelques légers ennuis-mais le plus dur est passé -et d\u2019ici peu de mois votre situation subira un grand changement en mieux.Peut-être même plus tôt encore.Courage.KAKISKOFF.\u2014R.Oui, vous retournerez un jour dans votre pays mais la date en est encore bien lointaine et d\u2019ici l;k des évènements importants surgiront dans votre vie.SOI BISE.\u2014- R.François, 15 août 1880.Vous avez eu des revers ou tout lau moiqgj- des ennuis, assez sérieux, entre adirés la trahison d'une peésoiire - que vous aimiez mais il vauD mieux manger son pain noir le premier; l\u2019avenir vous sera beaucoup plus favorable que par le passé.UN QUI AIME SANS ETRE AIME.\u2014R.Beaucoup cle patience et de persévérance qvec de l\u2019amour de votre côté, voilà, lé meilleur remède à la situation.Rappelez-vous du proverbe : tout vient à point à qui sait attendre.L.G.I.\u2014R.Isabella.11 juin: Tempérament actif et caractère sympathique, légèrement autoritaire mais beaucoup de- bonté dans le fond.Wilfrid, 19 novembre, aime les beaux vêtements, les belles filles et les bons plats.Caractère gai mais «un peu jaloux.AMOUR SINCERE.\u2014 R.Angélîne.18 octobre: Indifférente aux questions dargent, aime le plaisir et les choses artistiques.Un peu de tendance à *se formaliser pour des choses qui n\u2019en valent pas la peine.ETOILE FILANTE.\u2014 R.Zélie, 20 a vril : Aime .la maison, un peu d\u2019indépendance; des aptitudes pour la musique.LÀ BELLE AU BOIS DORMANT.\u2014 R.Laura, 19 février: Vivacité de caractère, sincère dans ses affections et fidèle.-, mais à condition qu'en le soit également, ARC EN CIEL BLEU.\u2014R.Eli : Mélange de gaîté et de tristesse, prompt à.l'ereoir et au découragement.Mina : S'illusionne facilement sur les choses k> '4 o pni»qc.tù|*A kvcvvi />é /i/vp/vnÀ v ud\tC- \u2014L.\t\u2014 \u2014\t».: - - -, *\t-N.- tez la photo de votre ami dans un petit coffret et a joutez-y chaque jour une petite pierre grosse comme un pois.Quand il y en aura douze, jetez les pierres et recommencez.UN QUI AIME.\u2014 II.Alphonse, 1er avril: Affectueux mais hésitant sur la ligne de conduite à suivre; doit se méfier des faux amis.COEUR AU DESESROIR.\u2014- R.Si vous avez -une lettre de votre ami, clouez la sous un meuble, table ou autre, dans votre, chambre ; il n\u2019y a rien do plus simple.UN QUI AIME LES ROSES.\u2014 R.Rita, 15 février : De la sensibilité et le sens de l\u2019honneur, coeur sincère ; les meilleures chances de faire un mariage heureux.MON COEUR ETONFFEE.\u2014R.Généralement voir des clefs en rêve, signe d\u2019ennuis mais le N-o 29 qui est chanceux vient contrebalancer cette mauvaise influence ; vous aurez une petite contrariété qui disparaîtra vite.ETOILE.\u2014R.Germaine, 7 octobre : Manque parfois de patience mais en revanche beaucoup d\u2019autres qualités.Réussira dans la ie.POUPEE.\u2014R.Nûrhea, ,5 décembre, caractère pratique mais un peu susceptible, soigneuse dans sou ouvrage; du succès en perspective.ARMANDE DE S.\u2014R.Rêve auquel vous ne devez pas attacher d'importance car il est hasé'sur -deux choses désagréables dont l\u2019effet se neutralise.UN COEUR EN PEINE.\u2014 R.21 mai: Courageuse et bonne.à condition qu\u2019on ne l'irrite pas ; de la facilité dans la discussion.8 janvier: Bon travailleur, aime'les voyages, fidèle comme ami et capable de garder un secret.14 décembre: Caractère impulsif, aime l\u2019argent.Jours, \u2022chanceux : Jeudi et dimanche- .FUTURE FIANCEE.\u2014 R.Ce rêve est signe de mariage proche mais, attention, il y a peut-être-de la jalousie qui'ne rôde pas loin, BR UNETTE D\u2019ETE.\u2014R.Votre écriture dénote un caractère sympathique et.fidèle dans ses affections ; vous manquez un peu de confiance en vous-même et.cela parce que vous avez eu quelques déceptions.Observez bien 1-çs gens avant de vous fier à eux.JE VEUX TOUJOURS L\u2019AiVeR.\u2014 R.Joseph, 31 juillet, coeur généreux, mais doit craindre les jaloux.ou les jalouses.A le sens des affaire et réussira .J\u2019AIME EN SECRET UN VIOLONISTE.\u2014R.Tempérament vif et un peu impatient.Vous vous découragez facilement et pourtant vous ne manquez pas de volonté.Soyez plus ferme envers vous-même et vous \u201evo-ns en trouverez bien.Des compensations consolatrices rca:-; attendent.- AMOUREUSE D\u2019ANTOINE.\u2014R.Je comprends que vous s oyiez en bonne sauté après un si beau voyage.N\u2019est-ce pas qu\u2019on regrette après de reprendre 1% yΣ on/if ini-pîj »!^ o'MBht-modh ?T?oI~ iiHr land, 2o déc., caractère primes-mü .une sentimentale.Sentiments élevl » Coeur fouguex.Est saus cesse tourJB te d infini et de projets plus ou molli réalisables.Est entreprenant et de jibB grê;-1.Venez souvent voir votre ÀÎM amie Manon.> k\u2019UN COEUR BIEN ATTRISTE [ R.1 raiment je voudrais bien avoL, pouvoir de vous guérir, mais que vfij lez-vous, Manon est une simple oS telle comme toutes les autres; tout?que je puis, c\u2019est de vous aider de i | te ma pensée affectueuse.L\u2019épreuve vous subissez est la plus dure p|| quelle un être puisse passer.Confia chagrin à Dieu et remettez-vous e sa bonté.Ayez la volonté de guérir, sayez le parfum de vervain e.Je p*e à vous- DE BAGOTVILLE.\u2014R, Il me M drait votre date' de naissance afi vous dire votre caractère.Bienvenj - J\u2019AIME LE COURRIER DE XON.\u2014R.Eva, 1 oct., caractère ia liste, un peu superstitieuse; Nature.dépendante.Moqueuse par nature ifc n\u2019est pas méchante.Se plaît dan à gaieté et la grande vie.Aime l\u2019iinpii et l'intrigue.Aura du succès dan a vie.Ses jrs.ch.mardi et samedi.la- : renne.\t: è DA REINE DIJ MOIS DE JIIILff \u2014R.Irène, 10 ju.il,, nature p-assione.Ame \u2022ardente ,et généreuse.A beauip d\u2019midnranee.Aimeuniquement et ec jalousie.Femme de tête.Est très a-tique.Ne s'emballe, pas vite.Rena'S un mariage d amour.ROp.qu\u2019à 1 q 3t.Bienvenue.UNE BRUNE AUX YEUX NOS.\u2014Yvonne, fi.noyv joyeuse, espril» quiet.Craintive et à peu d\u2019an®, Coeur ardent.Est très dévouée.Sjjï laisse trop conduire.Est généreudC char î ta blé.Aura à compter bien «i égarements de son coeur.Bienvemi r CHERE PETITE CHOSE.\u2014R.fm, las! vous ne reviendrez plus?CT !i regret que je vous dis adieu, Chéri®- ) tite Chose, votre ramie Manon conti® ra do penser à vous.Oui.priez j111\u2019ré moi du fond de votre couvent! et soyez heureuse.BIJOU.\u2014R Laura, 22 oct-,S cafte., re sympathique.Nature ombragfe': i Un peu emportée et violente.BbuNM et parfois rancunière.Coeur seigk Très affectueuse et bonne mê
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