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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 24 octobre 1925
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1925-10, Collections de BAnQ.

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[" Vol.XXXVII, No 21 Lisez notre nouveau feuilleton: L\u2019ENFANT DU FOU 24 OCTOBRE 1925 ÜÜÉII \u2022\u2022 - wm 1 ¦ ' tm&mm : 3 / M : «a» 55?.; .mw$m.MAGAZINE ILLUSTRE - LITTERAIRE - HUMORISTIQUE - MUSICAL Notre musique : UNE PENSEE, par Ambroise Thomas pourquoi ni ns avoir LE LUXE LA DUREE L\u2019ENDURANCE L\u2019ECONOMIE LE CONFORT PARFAIT LA SECURITE ABSOLUE Questionnez l'un des propriétaires du Fameux Automobile à manchons (sans soupapes) STEARNS KNIGHT v éé » VOTRE CHOIX SERA VITE FAIT ! */y- y.' -M sm y S - ¦ mi Sedan, 5 places, six cylindres.Garanti développer 90 forces (H.P.), 100 milles à l\u2019heure, et couvrir 18 milles par gallon de gazoline.De plus, son entretien est reconnu comme étant le moins coûteux de tous les automobiles de marque.Prix de livraison immédiate: $6100 net.72 modèles différents de 2 à 7 places et à prix variés L.-J.GAUTHIER & CIE, 3421, AVE DU PARC, MONTREAL.\tTel.: PLATEAU 5650 24 octobre 1925 3b$amedL Chronique de l'Auto LAMPE DE TABLIER MOBILE C\u2019est là une invention des plus pratiques, des plus urgentes même, que réclament maints automobilistes.En effet, tous les appareils de contrôle d\u2019un tablier d\u2019automobile ne sont pas suffisamment éclairés.Il arrive même que certains instruments, comme l\u2019indicateur de vitesse, ne le soient pas du tout.Pour obvier à cet inconvénient, on a imaginé une lampe de tablier mobile qui serait fixée à une tringle et qui pourrait courir le long du tablier pour en éclairer les extrémités, au besoin.L\u2019installation de cette lampe se fait sans percement de trous ni transformation quelconque du tablier.On pourrait utiliser un fil à extension pour l\u2019établissement du courant électrique.La vibration et l\u2019oscillation ne peuvent affecter cette lampe, si elle est bien mise en place.UN GARAGE CONSTRUIT COMME UN SILO Un cultivateur de Hardin, Montana, M.Floy Bates, eut l\u2019idée, en construisant un silo circulaire en tuiles, de se faire un garage de la même manière.L\u2019idée était ingénieuse et sa réalisation est très intéressante.Qu\u2019on en juge ^rcrrt grro m Ï\"rr3 I - 1 mm i par notre croquis.Le garage a dix-neuf pieds et demi de diamètre.Dans le mur furent pratiquées deux fenêtres, une de chaque côté, et une large porte à deux vitraux.Sur l\u2019un des côtés fut posée une large banquette, servant d\u2019établi.De l\u2019autre sont disposés les réservoirs d\u2019essence et d\u2019huile.KETCHURuTOMATES Clark mm Des belles tomates fraîches et mûres combinées avec un vinaigre de choix et les meilleures épices forment ce Ketchup aux Tomates CLARK -qui a su conquérir les palais des Canadiens et qui en Grande - Bretagne commande un débit toujours croissant.Nouveauté : SAUCE GOVERNOR CLARK Fait sensation.Essayrz-la.Sur une Omelette quelques gouttes relèvent la saveur, la rendent beaucoup plus appétissante.Le Ketchup aux Tomates Clark transforme un steak ou une côtelette très ordinaire en un mets délicieux.Produit purement Canadien, le Ketchup aux Tomates CLARK se vend a prix moindre en flacons plus grands.(Notez le contenu net imprimé sur Vétiquette.) W.CLARK, LIMITED, Montréal.Etablissements à Montréal.P.Q,, Saint-Rémi, P.Q.et Harrow, Ont.COUPON D\u2019ABONNEMENT feRWUe Populaire Ci-indus veuillez trouver La somme de |1.50 pour 1 an ou 75c pour 6 mois d\u2019abonnement i LA REVUE POPULAIRE.Nom .Adresse _____________________ POIRIER, BESSETTE 4 CIE, La Revue des beaux romans d\u2019amour 4 &8amedL 24 octobre 1925 Pourquoi peiner pout tenir vos planchers propres, reluisants et attrayants ?Il n\u2019est pas nécessaire de vous pencher ou de vous traîner sur les genoux pour donner à vos planchers et boiseries ce beau fini immaculé qui fait l'orgueil des maîtresses de maison.La Vadrouille à Poiir O-Cedar, employée exclusivement avec le Poli O-Cedar, vous permet d\u2019obtenir des planchers plus propres et plus brillants, sans que vous soyez obligée de peiner comme autrefois.Elle nettoie, époussète et polit tout à la fois\u2014vous donne un beau fini lustré sans qu\u2019il soit nécessaire de se traîner sur les genoux ou même de se baisser.Vadrouilles à polir pour planchers peinturés, vernis ou recouverts de linoléum.Vadrouilles à épousseter pour toutes surfaces cirées.Chacune en grandeurs de $1.25 et $2.00.Essayez la Vadrouille à Polir O-Cedar.Satisfaction garantie, sinon votre argent vous est remis.En vente partout, chez les quincailliers, les épiciers et dans les magasins à rayons.CHANNÈLL LIMITED, TORONTO Ifedrouille à Polir oèdar yS - LE PLUS DELICIEUX PETIT CHANTEUR ET COMPAGNON DU MONDE-VOTRE SERIN FAVORI t\"^sîsh arrivât un malheur à votre oiseau chanteur.Ses jolies couleurs et ses chansons joyeuses mettent de la gaieté dans la maison.Prenez b:en soin de sa santé et gardez à sa ,voix toute sa force et toute sa beauté.Sa santé dépend de sa nourriture.Et ce qu\u2019il y a de mieux est la GRAINE BROCK POUR OISEAUX.C\u2019est un mélange scientifique de graines provenant de toutes les parties du monde, qui constitue pour l\u2019oiseau un aliment complet propre, pur, tonique, et qui le gardera toujours d\u2019humeur à chanter.Pour faire connaître la Graine Brock pour Oiseaux et le Régal Brock pour \"\tGRAINE BROCK POUR OISEAUX Oiseaux (Brock\u2019s Bird Seed et Brock\u2019s Bird Treat), nous en offrons un échantillon Gratis, suffisant pour une semaine, à tous ceux qu-i découperont, rempliront et expédieront le coupon qui se trouve au coin de cette annonce.et 'Régal pour oiseaux\u201d Brock Dans chaque Paquet, Vigueur, Vitalité et Voix.GRATIS COUPON PAQUET ECHANTILLON MM.Nicholson 6* Brock, Ltd.,\tB 87, Market Street, Toronto, 2, Ont.Messieurs.\u2014 Veuillez m\u2019envoyer GRATIS un paquet échantillon (ration d\u2019une semaine) de Graine Brock pour Oiseaux et Régal Brock pour Oiseaux, tel qu\u2019annoncé.Nom et prénoms Adresse Erçctjdopéctitjves aiggyu wm%.La Corée compte 1 8 millions d\u2019habitants ; sur ce nombre on trouve 1 01,396 catholiques.* * * Les marins et officiers sans-filistes de Toulon, France, ont choisi Ste-Jeanne d\u2019Arc pour leur patronne; n\u2019entendait-elle pas les voix du cidl sans instrument terrestre?* H' * On vient de poser un câble qui relie l\u2019Italie à la République Argentine.* * * Le Nelson, le plus grand cuirassé anglais, qui vient d\u2019être lancé, portera un équipage de 1,500 hommes.Ÿ *\t¥ Cinquante-quatre pays font parti de la Ligue des Nations.* * * En 1924 on a compté en Angleterre 698 accidents de chemin de fer.ÿ * ÿ On vient de pécher en France, aux Sables d\u2019Olonne, une tortue pesant 1,000 livres.ÿ * # La bataille de Poitiers eut lieu en 1 357.C\u2019est à cette bataille que Jean le Bon fut vaincu par les anglais.* * * L\u2019Espagne possède quatre fois moins de voies ferrées que la France.¥ * * Le Concile du Vatican qui a été interrompu, sans avoir jamais été clos canoniquement, par la guerre franco-prussienne, en 1 870, sera probablement repris en 1 930.* * * On compte 26 ordres religieux masculins en Bavière.Quand aux Ordres religieux féminins on en trouve 35.¥ * * Le violoniste Elman vient d\u2019acheter un violon Stradivarius pour la somme de $200,000.Ce violon a appartenu à madame Récamier, puis au comte Molitor.ÿ * * La ville de Vienne, en Autriche, possède 90,000 chiens.* ¥ * En démolissant un hôpital à Florence on a trouvé dans un souterrain plus de 1,000 squelettes.* * * La lumière rouge fait pousser les plantes plus rapidement, d\u2019après un savant américain.Ÿ ¥\t* Une anguille-électrique de huit pieds de longueur peut donner un choc électrique assez puissant pour tuer un homme.En 1924 on a coupé aux Etats- Unis 37 billions de pieds de bois.* * * On trouve aux Indes des abeilles géantes qui construisent des rayons de miel de 1 8 pouces de houteur.* ÿ * Une tortue femelle peut pondre 150 oeufs dans une demi-heure.ÿ * * La ville de Londres a été la première ville à avoir des tramways souterrains.* * # Un voyageur a fait le tour du monde en 1913, en 35 jours, 21 heures et 35 minutes.* * ÿ Le plus haut point de l\u2019Ofclahoma est le Mesa qui a 4,800 pieds de hauteur.*\t¥\tŸ Une poule de l\u2019Ontario a produit un oeuf de sept pouces et trois huitièmes.*\t¥\tŸ A Hambourg il faut payer le prix de deux passages lorsqu\u2019on embarque avec une valise à mains.¥ Ÿ ¥ La Suède a fait construire l\u2019an dernier 600 milles de chemins.*\t* * Chicago est la ville où il se fabrique le plus de ficelle à emballage du monde entier.ÿ ÿ * On vient de trouver dans le Kansas le squelette d\u2019un poisson qui a vécu il y a 300,000 ans.* * * Les chemins de fer des Etats-Unis ont consommé l\u2019an dernier (1924), 63,206,034 barils d\u2019huile.* * * Les Arabes ne consomment ni vin ni tabac, cela leur étant défendu par leur religion.Le café est leur seul stimulant.# ÿ * La plus grande perle connue pèse trois onces et se trouve au British Museum, à Londres.v * * Le premier journal français fut publié à Bruxelles et portait le nom de: Le Courrier véritable des Pays-Bas.* * * En 1919 il a été péché plus de 600,000 livres de thon à Hubbards.Le poids de ce poisson varie entre 450 et 1,000 livres. iisai ISS niiiMmiiniiiiiii!imiiiiniiiiiiiii!!iii!iiiiiii!ii V5fS0l 24 octobre 1925 Samedi/ Un dos bien fait vaut-il mieux qu\u2019un joli visage ?Le dos n\u2019est p>as, dit-on, Ce qu\u2019un vain peuple pense Et suivant qu\u2019il serait plus ou moins large ou long, Il pare une beauté tout en guidant sa chance.ON DIT qu\u2019un bossu qui ne manquait pas d\u2019esprit ni de philosophie répondit à quelqu\u2019un qui le plaisantait sur son excroissance: \u201cÇa m\u2019est complètement indifférent car je ne m\u2019occupe jamais de ce qui se passe derrière moi.\u201d D ailleurs, les bossus sont considérés comme des porte-chance par les joueurs surtout qui croient dur comme fer que le sort les favorisera s\u2019ils peuvent passer la main sur leur gibbosité avant de se livrer au jeu.Il paraît que les dos ordinaires peuvent également signifier bien des choses, c\u2019est du moins ce que nous dit miss Lillian Drain, une artiste de Los Angèles qui a fait une étude complète de la question.Le dos peut être long, large, étroit, gras, maigre, plat, incurvé, que sais-je, et selon ses détails et son ensemble (il.ne s agit que des dos féminins), il révèle le caractère d\u2019une personne et sert à déterminer ses possibilités d avenir.Vous ne vous seriez jamais douté de ça?Moi non plus.'Bref, le dos aurait une importance magistrale dans la vie; c\u2019est peut-être ce qui a donné naissance aux expressions: en avoir plein Deux dos que les critiques s\u2019accordent à dire parfaits: à gauche, celui de Lee Ridell et, à droite, celui de Corinne Griffith, deux artistes de l\u2019écran qui se ressemblent également de visage ainsi qu\u2019on peut le remarquer.le dos, casser du sucre sur le dos de quelqu'un, ou bien lui monter sur le dos, et tant d autres que j oublie ou néglige.Miss Drain est catégorique.Selon elle, le dos d\u2019une femme est la vraie place de contrôle de son caractère car elle ne peut pas le déguiser ou le modifier ainsi qu elle peut le faire de son visage.Un nez se retouche ; qu\u2019il soit busqué, canard, en trompette, en pied de marmite ou retroussé à pleuvoir dedans, c\u2019est un léger accident de naissance auquel on rémédie très facilement grâce à la chirurgie moderne qui lui donnera la ligne grecque ou moderne à volonté.Les yeux s agrandissent, les oreilles se refont, le menton se repétrit, les rides s\u2019effacent et, la mobilité des traits aidant, une femme 'changera si bien l\u2019asspect de son visage qu elle pourra Je mettre en complet désaccord avec son caractère et les pensées qui la hantent continuellement.Ce n\u2019est pas la parole, comme on l\u2019a prétendu, qui a été donnée à la femme pour déguiser sa pensée: c\u2019est le visage.Mais pour le dos, ah dame ! c\u2019est une autre affaire, c\u2019est même tout le contraire.Le dos est un indiscret qui enregistre fidèlement toutes les vicissitudes de la vie et permet, dans une certaine mesure, de dire l\u2019avenir de celle qui le possède.Tout évènement, tout incident si petit soit-il, si l\u2019on en croit les experts dans cette science nouvelle, laisse sa marque indélébile sur le dos de la personne en cause, de même que sa forme précise le caractère ou les aptitudes de ladite personne.C\u2019est ainsi qu\u2019un dos bien rempli, avec les épaules bien symétriques et peu inclinées, indique de bonnes dispositions et un caractère auquel on peut se fier.Néanmoins, ajoutent les spécialistes, il peut y avoir, dans un tel dos, des imperfections minimes, qui échappent à un examen sommaire et prouvent tout le contraire.Le dos étroit, raide et long, en forme d\u2019épinglette, est l\u2019indice d\u2019un caractère égoïste, porté à la gourmandise et à l\u2019espionnage; c\u2019est le dos des rabat-joie mais, là encore, il y a des exceptions.Les épaules également tombantes appartiennent aux femmes d\u2019affaires et leurs ménagent de grands succès financiers.C\u2019est un moyen inédit, à coup sûr de faire fortune.Jusqu\u2019ici on avait pensé qu\u2019il suffisait simplement d\u2019avoir les doigts crochus.Il y a là une industrie nouvelle à exploiter ; en plus des personnes qui lisent dans les lignes de la main, nous aurons celles qui nous diront sans rire: \u201cTourne-moi le dos et je te dirai qui tu es.\u201d Ce sera quelquefois drôle.Il paraît, toutefois, que pour bavards que soient le dos, il est un secret fort bien gardé par eux: celui de l\u2019âge de leur propriétaire ; à soixante ans comme à vingt-cinq ils ont tou- jours la même apparence de jeunesse.C\u2019est peut-être ce qui a mis si fort en faveur les audacieux, non plus décolletages mais \u201cdérobages\u201d de l\u2019époque présente.Tout ceci est fort bien mais je doute que ce soit une consolation bien efficace pour une jeune fille au visage ingrat, de savoir qu\u2019elle a le dos de Vénus et que ce côté de sa personne ne vieillira pas.En sera-t-elle donc réduite à tourner le dos à ses soupirants pour se montrer agréable envers eux?Il pourrait alors leur arriver une petite aventure dans le genre de celle-ci: Une jeune fille, assise de trois-quarts sur un banc méditait à je ne sais quoi, quand son amoureux avec qui elle avait eu une petite brouille vint s\u2019assoir derrière elle; il ne savait comment engager la conversation quand il aperçut un insecte qui se promenait sur les épaules de son amie ; c\u2019était la belle occasion.\u2014\tOh ! dit-il avec empressement, tu as une bête dans le dos.\u2014\tAh! fit-elle d\u2019une voix suave en se retournant, je ne te savais pas là.Fernand de Verneuil WmÊÊÊr m- , >I> ï *v «smmmm \t î- .«J /' ; 1< LE PARADIS, ce mot magique évoque des visions surhumaines dans lesquelles l\u2019esprit se complaît malgré leur imprécision.Le mot, lui-même, date de loin; il vient du chaldéen \u201cPardis\u201d et les Grecs l\u2019empruntèrent aux Perses pour désigner de vastes jardins où ils réunissaient tout ce qui pouvait les charmer: eaux limpides, parfums pénétrants et beaux ombrages.Ces \u201cPardis\u201d datent de loin en Orient.Firdousi, qui a recueilli, dans son \u201cLivre des rois\u201d les plus anciennes légendes des vastes contrées qui ont formé la Perse, nous montre les héros et les princes qui vivaient bien avant Cyrus, errant au lever du soleil dans des paradis pleins de roses, qu\u2019ombragent des palmiers et d\u2019élégants cyprès.Les célèbres jardins suspendus de Sémiramis, dont les arbres fruitiers ressemblaient, dit-on, à un grand bois jeté dans les airs, étaient, en définitive, un paradis assyrien.Salomon avait aussi son paradis plein d\u2019arbres magnifiques et de plantes rares; on y trouvait la myrrhe, l\u2019aloès, le baume, cette dernière plante fut apportée, disent les traditions, par la reine de Saba à Jérusalem.Tout cela était mêlé aux cèdres du Liban, aux palmiers de la Palestine et aux arbres fruitiers des îles grecques de la mer Méditerranée.C était dans ce paradis que la Sulamite allait voir épanouir les fleurs.Hérode voulut avoir un paradis dans l\u2019enceinte même de Jérusalem ; il le fit si vaste et le planta d\u2019arbres si magnifiques que de loin, dit Josèphe, il avait l\u2019air d\u2019une forêt.Le mot \u201cparadis ne s entendait pas seulement de ces plantations d\u2019agrément, on le donnait quelquefois à des forêts royales ; témoin ce passage de l\u2019Ecriture où Néhémie prie le roi Artaxercès de lui donner des lettres pour Asaph, gardien du \u201cparadis des rois\u201d, afin qu\u2019il puisse couper les bois de construction nécessaires à la reconstruction du temple.3h&amedJu 24 octobre 1925 Par L.R.A gaudy, entouré d\u2019un mur de pierres sèches, le vieil arbre que les orientaux prétendent provenir de celui qui était au centre du paradis terrestre.A droite, une \u201cEve\u201d moderne, femme d\u2019une tribu de bédouins, et un pèlerin arabe. 24 octobre 1925 Sb&mëdh 7 Ce terme qui revient souvent dans les prophètes signifie toujours un lieu charmant où il est délicieux de vivre.Les Perses avaient lia même idée .aussi disaient-ils que Jérusalem, la ville si poétiquement pleurée par les exilés d\u2019Israël sous les grands saules de l\u2019Euphrate, était île paradis des Juifs.Le paradis terrestre, appelé par les Orientaux Edert, nom qui veut dire en hébreu un lieu de délices, fut le séjour d\u2019Adam et d\u2019Eve à l\u2019état d\u2019innocence.Tertullien dit que c\u2019était un lieu d\u2019une beauté divine et charmante, entièrement ignoré du monde que nous habitons.Saint Augustin ajoute qu\u2019on ne savait pas où était le paradis terrestre et que les hommes sont incapables de le connaître.Voici la description qu\u2019en a faite Moïse.Le Seigneur Dieu avait planté, dès le commencement, un jardin délicieux dans lequel il mit l\u2019homme qu il avait formé.Le Seigneur Dieu avait aussi produit, de la terre, toutes sortes d\u2019arbres beaux à la vue, dont le fruit était agréable au goût, et l\u2019arbre de vie au milieu du paradis avec l\u2019arbre de la science du bien et du mal.Dans ce lieu de délices, il sortait de la terre un fleuve qui arrosait le paradis et qui, de là, se divise en quatre canaux; l\u2019un s\u2019appelle Phison et c\u2019est celui qui coule tout autour de la terre de Hévilath où il vient de l\u2019or; et l\u2019or de cette terre est très bon ; c\u2019est là aussi que se trouvent le bdellion et la pierre d\u2019onyx.Le second fleuve s\u2019appelle Gihon et c\u2019est celui qui fait divers tours dans le pays d\u2019Ethiopie.Le troisième fleuve s\u2019appelle le Tigre qui se répand vers les Assyriens; Y Euphrate est le quatrième de ces fleuves.Cette topographie détaillée n\u2019a pas moins embarrassé les docteurs juifs que les docteurs chrétiens.Les Hébreux inclinaient à croire que le jardin d\u2019Eden était situé dans la Mésopotamie, d\u2019où était sorti Abraham, le père et la tige de leur peuple; mais ils n\u2019avaient rien trouvé de précis à cet égard, même dans la tradition du temple.D autres prirent, dans un sens allégorique, ce que l\u2019on avait pris dans le sens littéral et prétendirent que le paradis terrestre n\u2019était, comme l\u2019âge d\u2019or des Grecs, qu\u2019une ravissante fiction et qu il ne fallait prendre qu\u2019au figuré ce que rapporte l\u2019Ecriture.Cette opinion qui fait évaporer les faits bibliques est, toutefois, insoutenable; si le paradis terrestre n\u2019eût été qu\u2019une belle chimère, Moïse n\u2019eût pas pris la peine d\u2019en déterminer la situation géographique en la plaçant à la source des fleuves les plus célèbres et les mieux connus de l\u2019Asie, fleuves dont le nom et le lit subsistent encore aujourd\u2019hui.Le système de l\u2019allégorie est donc le pire de tous les systèmes qu\u2019a fait surgir la tradition divine que consigna Moïse dans les livres sacrés touchant le paradis terrestre.Ce système mis de côté, il en reste un grand nombre d\u2019autres, dont trois principaux.Le premier place le paradis terrestre dans la belle vallée de Damas, près des sources du Chrysorrhoas, de l\u2019Oronte et du Jourdain; c\u2019est aussi le sentiiment des Arabes qui montrent, à l\u2019appui de leur opinion, une montagne de marbre blanc, ombragée de beaux arbres, où l\u2019on voit une caverne qui passe pour avair été la demeure d\u2019Adam et d\u2019Eve après leur expulsion d\u2019Eden.Toutefois, la vallée de Damas, à part sa beauté et sa fertilité, n\u2019a aucun des caractères que Moïse assigne à l\u2019Eden génésiaque; d\u2019ailleurs, si le Paradis terrestre eût été dans les environs de Damas, c\u2019est-à-dire à six journées de marche de Jérusalem, la désignation de cet emplacement eût eu toute la précision possible, car Moïse eût décrit un pays parfaitement connu des Arabes au milieu desquels il vivait.Il eût nommé l\u2019Oronte et le Jourdain par leurs noms, et puis, où est ce pays traversé par le Phison où l\u2019on trouve tant d\u2019or et de pierreries?Ce n\u2019est ni la Syrie, ni la Palestine, ni le désert.La prétention de Damas à la possession du paradis terrestre est donc mal fondée.Dans la seconde supposition, qui semble plus vraisemblable, le pays d\u2019Eden aurait été dans la haute Arménie, précisément au lieu où revint l'arche, sur un de ces beaux plateaux du mont Taurus où règne une si douce température et où peuvent croître les productions végétales de tous les climats.Cette supposition place l\u2019Eden entre les sources du Tigre, de l\u2019Euphrate, de l\u2019Araxe et du Phase, fleuves si rapprochés les uns des autres qu\u2019il est fort possible qu\u2019on leur ait attribué une source-commune; peut-être même !\u2019avaient-ils avant le déluge qui a bouleversé ce pays à un tel point qu\u2019il a fallu que Jason l\u2019Argonaute fit creuser un lit nouveau à l\u2019Araxe qui inondait encore, de son temps, les campagnes, comme Hérodote nous l\u2019apprend.Les Arméniens disent de plus que le Phison n\u2019est autre que le Phase, grand fleuve qui prend sa source peu loin des autres et traverse des contrées dont les montagnes recelaient de l\u2019or et des pierres précieuses.On sait que les richesses célèbres de ce pays causèrent l\u2019expédition des Argaunautes qui y vinrent à la recherche de la toison d\u2019or.En ce qui concerne le fleuve Araxe dont a parlé Moïse, on pense qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019Oxus qui aurait changé de nom.Les lettrés qui connaissent les antiques légendes de la Perse savent que le pays des Djins était à peu de distance de l\u2019Araxe ; c\u2019était là que les Persans plaçaient les sages d\u2019avant lie déluge et l\u2019Araxe peut fort bien avoir emprunté son nom au peuple qui l\u2019avoisinait.Une dernière présomption en faveur de l'hypothèse arménienne, c\u2019est que les traditions locales et l\u2019Ecriture sainte font arrêter 1 arche sur le mon Ararat, très voisin de la source des quatre fleuves, c\u2019est-à-dire de l\u2019ancien site du paradis dont les descendants de Seth qui se flattaient d\u2019y rentrer un jour, n\u2019eurent jamais le courage de s\u2019éloigner, suivant la tradition hébraïque.Qu\u2019une maison flottante, de trois cents coudées de long sur cinquante de large, dépourvue de voiles, de rames et de gouvernail n\u2019ait pu faire beaucoup de chemin sur les eaux du déluge, c\u2019est ce dont tout marin conviendra, je pense.Elle flotta donc, un peu au hasard, comme un vaisseau désemparé, sur les eaux débordées au milieu de la haute Arménie dont les montagnes, changées d\u2019abord en écueils redoutables, devinrent le berceau du monde renaissant.Aussi, depuis l\u2019antiquité la plus reculée, les Arméniens appellent-ils le mont Ararat et le pays environnant \u201cpays d\u2019Airarad\u201d dont la signification est \u201cpremière ville\u201d.Ce fut de là que le peuple pasteur, sortant de la ruche maternelle, s\u2019avança comme un grand essaim, vers les plaines sablonneuses de la Mésopotamie mais les peuplades voyageuses n\u2019avaient pas oublié l\u2019Eden, leur première patrie et tout beau- site était comparé au paradis terrestre.La vallée des bois, avant d\u2019être abîmée sous les eaux puantes de la mer Morte était belle, dit l\u2019Ecriture, comme le paradis du Seigneur, et l\u2019on donnait le nom d\u2019Eden à quelques sites du Liban et à plusieurs autres endroits de l\u2019Asie.Enfin, une troisième hypothèse place le paradis terrestre sur les deux rives d\u2019un peuple formé par la réunion du Tigre et de l\u2019Euphrate que l\u2019on nomme fleuve des arabes, mais cela concorde beaucoup moins, ce nous semble, -avec la narration de Moïse, que l\u2019opinion précédente.Quoi qu\u2019il en soit, on est à peu -près -fixé sur l\u2019endroit primitif de ce jardin enchanté, et de nombreux voyageurs vont visiter ces lieux pour y faire des recherches archéologiques.Ce voyage, parfois se -termine mal pour eux ; tel fut le cas de Serge Palonsky, savant russe, qui fut massacré par les bédouins pour s\u2019être rendu coupable d\u2019un méfait impardonnable à leurs yeux.Palonsky était arrivé à l\u2019endroit que l\u2019on croit actuellement pour être l\u2019emplacement précis du paradis terrestre ; c\u2019est une ancienne oasis, à quelques milles de la ville d\u2019Ur.On y voit un vieil arbre que les croyants orientaux disent être un \u201cdescendant\u201d direct de l\u2019arbre de la Scienfce décrit au premier chapitre de la Genèse.Ils prétendent que, lorsque l\u2019arbre est arrivé à son déclin, on en replante une branche qui prend racine et devient arbre à son tour.Dans quelques tribus ignorantes, on s\u2019imagine que le vieil arbre rabougri que l\u2019on voit actuellement n\u2019est autre que celui qui jetait son ombrage dans le lieu où vécut Adam.De toute -façon, les bédouins veillent sur leur arbre avec un soin jaloux et il est simplement permis aux pèlerins d\u2019en embrasser le tronc mais pas de la toucher avec les mains, lis ont la certitude que celui qui aurait cette audace serait puni de mort par l\u2019intervention divine.Il n\u2019y a pas de gardien autour de cet arbre, la crainte fanatique qu\u2019il inspire suffit à le protéger.Serge Palonsky, l\u2019archéologue, ne partageait toutefois pas cette crainte et il ne se gêna nullement pour l\u2019examiner et le palper tout à son aise.Il fit même mieux que cela ; un jour qu\u2019il était auprès de l\u2019arbre avec son seul domestique, il coupa une branche et une parcelle d\u2019écorce qu\u2019il voulait emporter comme souvenir curieux.Ceci devait causer un drame terrible.Il avait sans doute été vu, à moins que ce ne fût son domestique qui parlât inconsidérément de la chose, toujours est-il que, le lendemain, alors que cinq cents pèlerins vinrent voir l\u2019arbre, ils constatèrent le fait.Palonsky était alors en route pour Bagdad mais il fut promptement rejoint et capturé, avec son serviteur, par une vingtaien-e de bédouins qui les ramenèrent à leur chef.Leur sort fut rapidement décidé.Les uns voulaient qu\u2019on les laissât libres, ajoutant que la vengeance divine s\u2019apesantirait sûrement sur eux sans tarder, mais els plus fanatiques obtinrent que justice fût faite par eux-mêmes.Le serviteur seul fut relâché mais Palonsky fut livré à la tribu pour recevoir son châtiment.Ce fut rapide et hideux.Tous se précipitèrent sur lui et le mirent littéralement en pièces avec leurs seules mains ; ils lui arrachèrent des lambeaux de chair absolument comme l\u2019auraient fait des bêtes féroces.Telle fut la fin du malheureux archéologue.Et là-bas .dans l\u2019ancienne oasis d Ur, l\u2019arbre redouté continue d\u2019étendre au-dessus des pèlerins fanatiques ses rameaux desséchés qui le font ressembler à un squelette.Ce vestige décrépit marque-t-il réellement l\u2019emplacement toujours si discuté de ce qui fut le berceau du genre humain?C\u2019est possible mais il serait sans doute téméraire de l\u2019affirmer.L.R.-o- TRISTE POSITION Armand.\u2014Vous êtes la dernière jeune fille que j\u2019aurais cru qui repousserait ma demande en mariage.Charlotte.\u2014Oh, ne dites pas cela il y en a des milliers d\u2019autres qui en feraient tout autant.REGLEMENT Charles.\u2014je vais oublier la moitié des cinquante dollars que tu me dois.Eugène.\u2014Très bien, je vais, de mon côté, oublier l\u2019autre moitié que je te dois. 8 Samedi 24 octobre 1925 LA TENTATION Par Paul Brûlât IL EST VRAI, me dit, ce soir-là, M.G., on me considère comme un homme de bien, et je crois ma réputation méritée.Cependant, il s en est fallu de peu que j\u2019aille au bagne.J\u2019étais jeune, à cette époque, poursuivit M.G., et je traversais une de ces périodes noires qu\u2019on ne se rappelle jamais sans un frisson.Tout le jour, j\u2019errais sur le pavé de Paris, en quête d\u2019un emploi, attendant le miracle, le salut qui vient parfois de l\u2019extrême péril.Le soir, j\u2019allais rejoindre quelques connaissances dans un grand café des boulevards extérieurs.Là, devant un bock qu\u2019on daignait m\u2019offrir, je passais de longues heures à lire les journaux ou à suivre une partie de poker interminable et passionnée.'Cet établissement fermait à deux heures du matin.Mais les derniers clients partis, la devanture baissée, la partie continuait tout au fond de la vaste saille, sous la tolérance intéressée du tenancier de l\u2019endroit.Elle durait jusqu\u2019à l\u2019aube.Il y avait là deux ou trois figures sinistres, vraiment inquiétantes.Tout de même, il y faisait chaud, il y faisait bon, dans ce café.C\u2019est pourquoi j\u2019avais pris l\u2019habitude de m\u2019y attarder, discrètement assis derrière mon ami Jacques P., un honnête garçon que la passion du jeu égarait parmi cette bande d\u2019aspect équivoque, professionnelle du poker.Or, une nuit glacée de décembre, comme, revenant de l\u2019autre extrémité de Paris, je regagnais à pied mon humble toit, une inspiration soudaine m\u2019arrêta devant ce café qui se trouvait sur mon chemin.Il devait être trois heures du matin.Le silence, le désert, une brume épaisse s\u2019étendaient à l\u2019entour.Ah! jamais une telle détresse ne m\u2019avait envahi! Des dettes criardes, un abandon complet, une situation inextricable!.Mon inspiration soudaine n\u2019avait rien de génial.Je pensais simplement : c\u2019est sans doute moi qui jette un mauvais sort à mon ami Jacques; les malheureux ne portent pas chance; peut-être a-t-il gagné ce soir, puisque je n\u2019étais pas derrière lui.Je vais donc tâcher de lui emprunter un louis.J\u2019entrai résolument.Grande fut ma surprise de me trouver plongé dans les plus épaisses ténèbres.La partie avait donc cessé plus tôt que de coutume?Mais alors, pourquoi, puisqu\u2019il n\u2018y avait plus personne, pourquoi le café n\u2019était-il point boulonné?Etait-ce oubli, inadvertance?Mon premier mouvement fut de m\u2019enfuir, saisi d\u2019une crainte vague.Je demeurai un instant immobile, retenant mon souffle, tandis qu\u2019un lourd silence bourdonnait à mes oreilles.Je brûlai une allumette.Une clarté molle, indécise, se répandit, insuffisante pour que mon regard pût pénétrer jusqu\u2019au fond de la pièce, qui était longue et cachée, d\u2019ailleurs, en partie par un paravent.Je m\u2019approchai du comptoir.J\u2019aperçus là quelque désordre: des tiroirs ouverts, des papiers épars.Tout à coup, comme je soulevais un livre que j\u2019avais oublié, la veille, et que je me disposais à reprendre, mon regard tomba sur un billet de banque 'de cent francs.Comment ce billet se trouvait-il Là?Un moment, il me sembla que je vivais dans un cauchemar.Toutefois, je m\u2019emparai du billet et me sauvai précipitamment.Dès que je fus dehors, l\u2019idée me vint qu\u2019un mauvais coup venait d\u2019être commis dans ce café: un cambriolage, un crime peut-être.Le désordre que j\u2019avais constaté en était l\u2019indice; et les malfaiteurs avaient sans doute disparu en se bornant à tirer la porte.Oui, ce devait être cela.Et il se pouvait aussi que ce billet de banque, caché sous un livre, eût échappé à leurs recherches.Un frisson me traversa.Par bonheur, nul ne m\u2019avait vu entrer, ni sortir.J\u2019avais hâte de m\u2019éloigner de ces lieux, je marchais vite à travers la brume grelottant sous mon mince veston usé.Brusquement, une voix me fit tressaillir.\u2014 Dis donc, où vas-tu de ce pas?Pourquoi files-tu ainsi?Je me retournai: c\u2019était mon ami Jacques.Je répliquai : \u2014 Eh bien ! et toi, noctambule irréductible?Tu viens de faire ta partie et tu as encore perdu, n\u2019est-ce pas?\u2014 Non, dit-il, je n\u2019ai pas joué ce soir, je n\u2019ai pas mis les pieds au café, et tu le sais bien, puisque tu en sors.\u2014 Nullement, protestai-je avec véhémence, je reviens directement de Montrouge.\u2014 Blagueur! fit Jalcques.Je t\u2019ai vu, je te suis depuis un moment, j\u2019ai dû même courir pour te rattraper.Et puis, quand tu sortirais de là, quel mal y aurait-il?Pourquoi t\u2019en défends-tu?\u2014 Tu te trompes, répondis-je en cherchant à garder mon assurance; il est vrai, j\u2019ai passé devant, c\u2019était mon chemin, mais je ne suis pas entré.Tu as cru voir.le brouillard est si dense! \u2014 C\u2019est possible, fit-il d\u2019un air détaché.Et, d\u2019ailleurs, ce détail n\u2019a aucune importance.Aucune importance, ce détail! Cela avait, au contraire, dans mon cas, une importance énorme, décisive, terrible; cela pouvait simplement me conduire à l\u2019échafaud, tout au moins aux travaux forcés, si, en admettant qu\u2019un crime ait été commis et découvert le lendemain, on parvenait à établir par des témoignages qu\u2019à trois heures du matin j\u2019étais sorti de là! Les erreurs judiciaires ne s\u2019échafaudaient pas sur des présomptions plus graves.\u2014 M\u2019accompagnes-tu un peu?demanda Jacques.\u2014 Jusqu\u2019au coin de la rue Lepic, consentis-je.Je suis glacé, j\u2019ai hâte d\u2019être chez moi.A propos, ajoutai-je, les Durieu, où j\u2019ai passé toute la soirée, se plaignent de ne plus te voir.Quel homme intéressant, ce Durieu ; nous avons causé jusqu\u2019à deux heures du matin.C\u2019était mon alibi, mais combien insuffisant pour m\u2019innocenter! En effet, entre deux et trois heures du matin, j\u2019avais eu le temps de faire ce que j\u2019avais fait, de perpétrer ce vol, et il serait facile de le prouver.Un instant, je fus tenté de me confesser à mon ami Jacques.Peut-être valait-il mieux dire la vérité, toute la vérité ; peut-être était-il temps encore de réparer la faute.La nuit s\u2019acheva pour moi dans une angoisse atroce.Je ne dormis pas.Le jour naquit, un jour triste et blême de décembre.Je me précipitai dans la rue, j\u2019achetai des journaux.Rien encore! Je m\u2019acheminai vers les boulevards extérieurs.Probablement, on savait déjà; la sinistre nouvelle se répandait dans le quartier.A distance, j\u2019aperçus un attroupement devant la devanture du café.Soudain, des voix gutturales m\u2019assaillirent de toutes parts.On criait dans les rues une édition spéciale d\u2019une grande feuille d\u2019information.Elle annonçait en caractères énormes : Le Crime du boulevard de Clichy.Suivait une colonne entière de détails horribles : le café dévalisé, saccagé et, au fond de la salle, derrière un paravent, un cadavre, celui du patron, affreusement mutilé, dans une mare de sang.Le journal ajoutait: \u201cOn recherche activement les assassins; on espère les découvrir avant peu ; les soupçons se portent sur quelques individus assez louches qui fréquentaient l\u2019établissement.\u201d Je me sentis presque clairement désigné par ce brutal laconisme.Par le tourment que j\u2019endurai et qui dura trois jours, j\u2019estime que je fus assez châtié de mon larcin.Ah! voyez-vous, c\u2019est une chose bien abominable que le remords s\u2019il est vrai qu\u2019il résulte de la crainte du gendarme ! Quel soulagement, quand j\u2019appris que les assassins étaient enfin arrêtés et avaient fait des aveux complets! C\u2019étaient ces deux pokéristes dont j\u2019avais remarqué les faces sinistres de bêtes fauves.J\u2019étais sauvé, car pouvait-on accuser d\u2019un vol commis la même nuit, au même endroit, un autre individu que ces misérables?Vous allez maintenant me demander ce que je fis de ce billet de cent francs.Evidemment, je ne pus le restituer à son propriétaire .puisqu\u2019il n\u2019existait plus; ni à ses héritiers: il n\u2019en avait point.Mais depuis, pour l\u2019acquit de ma conscience, j\u2019ai saisi toute occasion de le rendre, sous forme de secours aux pauvres ou de dons à des sociétés de bienfaisance.C\u2019est même ce qui m\u2019a valu cette réputation de générosité dont partout on m\u2019honore aujourd\u2019hui.Paul Brûlât Il me sembla que je vivais dans un cauchemar.A 54 octobre 1925 3b& 73 3iinmiiin Chasse la Saleté Pour nettoyer les éviers de cuisine, servez-vous de Old Dutch.Il enlève la graisse et la crasse visibles aussi bien que les impuretés invisibles.Assure une propreté hygiénique par toute la cuisine.N\u2019égratigne pas, ne contient ni gravier dur, ni lessive, ni acides.FABRICATI ON CAN A DI EN N E \u2014 Georges, lui dit-il d\u2019un ton grave dans lequel il n\u2019y avait plus rien de heurté ni de fébrile, Georges, regarde-moi bien, je vais partir, nous ne nous reverrons plus.\u2014Mais je ne veux pas qu\u2019on t\u2019emmène! s\u2019écria l\u2019enfant avec de grosses larmes dans ses yeux.Jacques but ces larmes avec avidité.\u2014 Tais-toi! tais-toi ! dit-il, en baissant la voix, on pourrait croire que tu m\u2019aimes, et il ne faut pas cela, entends-tu.Ecoute, il y a ici un crime, \u2014 rappelle-toî de cela plus tard, et quand tu seras grand, quand, fort et courageux, tu entreras dans la vie, que je sois mort ou vivant, Georges, souviens-toi que tu as une vengeance à accomplir ! Gomme il achevait ces paroles, que l\u2019enfant écoutait pieusement, le roulement d\u2019une voiture se fit entendre et un bruit inusité emplit la cour de l\u2019usine.Le moment approchait où Jacques Gordier allait quitter pour toujours la vallée de Morhange;\u2014on venait le prendre pour le conduire à Bicêtre.Ge fut une scène déchirante.Une foule nombreuse était dans la cour et attendait.Chacun des hommes qui était là avait connu le malheureux Gordier, dans toute sa force et dans toute son intelligence, chacun d\u2019eux lui devait son bien-être, son bonheur.Nul ne manquait à cet adieu suprême.C\u2019était une dette sacrée à acquitter.On vint arracher l\u2019enfant au bras de son père, et la séparation se fit, du côté de ce dernier, avec plus de calme que, Garrouge ne s\u2019y attendait.Jacques était retombé une dernière fois dans l\u2019atonie et dans la prostration.Quand on lui enleva son fils, c'est à peine s\u2019il lui jeta un regard indifférent et vague.Un voile épais s'était placé de nouveau entre lui et le monde réel.Quelques minutes après, soutenu par plusieurs de ses anciens ouvriers, qui cherchaient à presser ses mains inertes, il montait dans la voiture qui l\u2019attendait.Puis, la portière se referma, la voiture se mit en mouvement et tout disparut bientôt dans la vallée.C'était fini ! A peine Jacques Gordier put-il entendre les adieux déchirants et les sanglots qui saluaient son départ.En lui retirant cette satisfaction suprê- me, Dieu n\u2019avait pas voulu davantage qu\u2019il aperçut, au balcon de la maison, un homme suivant avidement tous les apprêts de ce départ et se réjouissant au fond de l\u2019âme du malheur qui l\u2019avait frappé! Get homme, c\u2019était Octave de Croi-zilles.11 triomphait! Le seul témoin de son crime, le seul obstacle à son amour était supprimé.Désormais, il n\u2019avait plus rien à craindre.FIN DU PROLOGUE PREMIERE PARTIE I LE DOCTEUR FRANCK Dans les premiers jours du mois de mai 18.par un ciel ¦clément et doux, et aidé d\u2019une brise favorable, la « Ville-de-Dieppe'», paquebot de 5,000 chevaux, faisait son entrée dans le port du Havre, vers dix heures du matin, et sous les yeux d\u2019un grand coucours de curieux.C\u2019est toujours un spectacle intéressant pour une ville maritime que celui d\u2019un navire de cette importance, rentrant, après une longue et périlleuse traversée, dans le port où il a été construit.La « Ville-de-Dieppe » sortait des chantiers du Havre, et parmi les spectateurs rassemblés sur la jetée ou sur le quai, il y en avait bien peu qui ne connaissaient l\u2019histoire de ses voyages depuis le jour où, pour la première fois, il avait pris la mer.Le magnifique steamer revenait du Brésil, et l'ont eût dit vraiment le retour de l\u2019enfant prodigue! Le pont était encombré de passagers; déjà, sur le quai où il allait aborder, se tenaient, avides ou affairés, tous ceux qu\u2019attirait là l\u2019espoir d\u2019une satisfaction longtemps déçue: ceux-ci par intérêt, \u2014 ceux-là par affection.Autour de cette foule également agitée allaient et venaient les représentants des principaux hôtels du Havre, et, un peu plus loin, les voitures de places, les omnibus, les camions destinés au transport des voyageurs ou des marchandises, mêlaient leur bruit à cette confusion.Enfin, le navire accosta la jetée, et le mouvement de va-et-vient commença à s\u2019opérer.Il serait hors de propos de peindre ici le tableau bizarre qui s\u2019ensuivit, et nous laisserons les matelots de l\u2019équipage, heureux de se retrouver à terre après une longue traversée, se rendre en- désordre au cabaret de la mère Angot, où ils vont se livrer à toutes les excentricités de leur nature trop longtemps contenue.Toutefois, au nombre des passagers de la « Ville-de-Dieppe », il en est deux qui méritent d\u2019attirer notre attention et auxquels nous nous permettrons de consacrer une mention spéciale.C\u2019étaient deux hommes, tous deux également jeunes, mais présentant dans leur physionomie certaines différences essentielles.L\u2019un était grand, robuste, un peu lourd, et offrait, dans l\u2019en-semble comme dans les détails, le type le plus complet de l\u2019Américain du Nord.On l\u2019appelait sir Parker; il avait quarante ans environ, portait des favoris roux, et témoignait, par ses gestes et la vivacité de ses interpellations, d\u2019une nature un peu exubérante et fanfaronne.L\u2019autre paraissait avoir de vingt-cinq à.vingt-huit ans, il était d'une taille moyenne, mais admirablement pris dans toutes ses proportions; il avait l\u2019œil doux et profond, le front pur et la figure entièrement glabre.Tout dans ce personnage semblait étrange et bizarre.La fermeté de son attitude, la froideur de son maintien, la netteté précise de ses gestes, et jusqu\u2019à la pâleur éclatante de son visage.Il suffisait de le voir une minute pour conserver toute sa vie le souvenir de cette singulière individualité.Cependant, il ne restait plus sur le pont, de tous les étrangers qui l\u2019encombraient naguère, que l\u2019Américain, fort occupé du soin de ses nombreux bagages, et le personnage dont nous venons de parler, qui, appuyé contre un des mâts du navire, plongeait son regard dans cette mer qu\u2019il venait de sillonner.Sir Parker avait expédié à terre son dernier colis, et il se disposait à suivre lui-même l\u2019homme qui l\u2019emportait, quand, frappé d\u2019une idée subite, il se retourna, et se prit à sourire : \u2014 Eh bien! docteur, dit-il d\u2019une voix enjouée à son compagnon, est-ce que vous restez à bord ?.\u2014 Moi!.fit celui à qui s\u2019adressaient ces paroles.\u2014Voudriez-vous par hasard retourner à Bahia?insista son interlocuteur.Le docteur leva les yeux au ciel.\u2014 J\u2019aurais peut-être mieux fait d\u2019y rester, répondit-il d\u2019un ton vague.Sir Parker le regarda avec étonnement.\u2014 Ah çà! est-ce bien sérieusement que vous parlez ainsi ?demanda-t-il vivement.\u2014 Vous en doutez?.fit le docteur.\u2014 G est que voilà la première fois que je surprends en vous un pareil sentiment.\u2014 Vous avez raison, mon ami; mais c\u2019est qu\u2019aussi il se passe à cette heure dans mon esprit un phénomène que je n\u2019ai jamais éprouvé encore. 26 £b$amedv 24 octobre 1925 WHITEST, LIGHTEST ¦SPRAINS NOAL^ÎI \u2014 Lequel ?.\u2014 Aujourd'hui, pour la première fois de ma vie, j'abandonne le monde des rêves, et je mets le pied dans celui de la réalité.\u2014 Et vous hésitez ?\u2014 J\u2019hésite.Sir Parker fit un geste insouciant.\u2014 Bah!.dit-il gaiement, il ne faut pas être modeste à ce point ni se défier ainsi de soi-même.Avant huit jours, la capitale du monde civilisée \u2014 les Français appelent ainsi leur Paris \u2014 consacrera la réputation de médecin aliéniste que mes compatriotes ont faite au docteur Franck.Un pli soucieux creusa, à ses paroles, le front du docteur.Us marchaient tout en causant, et venaient de toucher le quai.-\u2014-Un fiacre s\u2019était approché, comblé des bagages de sir Parker, qui invita son compagnon à monter avec lui.Le docteur remercia du geste.\u2014 Je vous rends grâces, répondit-il, mais j\u2019ai des affaires au Havre, et je compte y rester quelques heures.\u2014 Allons, nous allons nous séparer ?\u2014 Je le regrette.\u2014 Mais je vous reverrai à Paris ?\u2014 Je l\u2019espère bien.\u2014Et pour vous prouver toute ma confiance dans le succès qui vous attend, je ne vous demande pas même votre adresse.C\u2019est à la renommée que je compte la réclamer.Les deux amis se serrèrent la main sur ces mots, et le fia- tere partit laissant le docteur Franck en proie à mille hésitations, et incertain sur le parti qu\u2019il allait prendre.Comme il en était là, un homme habillé de noir s\u2019approcha de lui, et, Payant salué humblement, lui présenta la moitié d\u2019une pièce d\u2019or mexicaine.Le docteur Franck tressaillit imperceptiblement, et son regard plongea dans les yeux de l'homme qui était devant lui.On eût dit que sa vue l\u2019avait rendu tout à coup au sentiment complet de la réalité.\u2014\u2014 Depuis quand es-tu au Havre?lui demanda-t-il d\u2019un ton bref.\u2022\u2014 Depuis\thier, répondit l\u2019homme.\u2014 Qui t\u2019a remis cette moitié de pièce d\u2019or ?\u2014 Toby.-\u2014 Il est à Paris ?;\u2014Voilà quinze jours.¦\u2014Et que t\u2019a-t-il ordonné de me dire ?\u2014 TOUT EST PRET !.Le docteur tira de sa poche une moitié de pièce exactement semblable à celle que lui avait présentée son .interlocuteur, et la lui montra.\u2014 Parle! continua-t-il du même ton; qu\u2019a fait Toby jusqu\u2019à présent ?\u2014- Deux appartements ont été préparés dans deux quartiers différents de la capitale.\u2014 Lesquels ?\u2014 L\u2019un est situé rue de la Chaussée-d\u2019Antin, .l\u2019autre sur la place de la Tour-Saint-Jac-ques.\u2014 Et où dois-jë descendre?\u2014 Dans le dernier de ces appartements.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Toby ne m\u2019a rien confié.Le docteur se tut et parut réfléchir; puis, relevant bientôt le front.\u2014 La chaise de poste?interrogea-t-il aussitôt.\u2014 Elle stationne à l\u2019hôtel Frascati, répondit l\u2019homme.\u2014 Alors, nous partirons dans une heure.\u2014 Est-ce tout ce que monsieur désire me commander ?\u2014 C\u2019est tout.\u2014 Puis-je me retirer ?\u2014 Un mot encore.\u2014 J\u2019attends.\u2014 Comment t\u2019appelle-t-on?\u2014 Rossignol.\u2014 Et que faisais-tu avant que Toby t\u2019engageât à mon service ?\u2014 J\u2019occupais un modeste emploi de gardier à l\u2019établisse- ment de Bieêtre.Pour la seconde fois, le docteur Franck tressaillit.\u2014 Y es-tu resté longtemps?., demanda-t-il en se contenant.\u2014Une année^ \u2014 Et pourquoi l\u2019as-tu quitté ?-\u2014 Oh! parce que ça manque de gaité.Un mois de plus, et je serais devenu fou moi-même ! La conversation en resta là.Le docteur Franck gagna l\u2019hôtel Frascati, et, une heure plus tard, il quittait le Havre.Il y avait à cette époque, sur la place de la Tour-Saint-Jacques, dont on a fait depuis un des plus beaux quartiers de Paris, une sorte de bouge, ou « caboulot », si l\u2019on veut employer le vocable moderne, dans lequel se réunissait, le soir, une partie de ce monde interlope qui se compose des chanteurs ambulants de la capitale.La maison avait cinq étages ; on y trouvait à toute heure de jour ou de nuit des chambres à des prix particulièrement modérés, et les locataires de ce singulier hôtel formaient la plus étrange population que l\u2019on pût imaginer.Au rez-de-chaussée se trouvait une vaste salle enfumée, garnie de tables de bois blanc, ornée d\u2019instruments du lieu, et ne recevant le jour que par une fenêtre qui donnait sur une cour intérieure.Vers huit heures, tous les soirs, la salle, ordinairement déserte pendant le jour, commençait à se remplir; à neuf heures, on n'aurait pas trouvé une place à prendre; parmi les clients, les uns, absolument préoccupés des hasards de leur métier, comptaient la recette du jour ou supputaient celle du lendemain; d\u2019autres, plus insouciants ou moins avides, ne songeaient qu\u2019à réparer par d\u2019abondantes libations, leurs forces dépensées aux quatre coins de Paris.Au milieu de ces groupes, si divers d'ailleurs, on pouvait bien distinguer ça et là quelques visages plus accusés sur lesquels le crime ou le vice avait imprimé sa hideuse empreinte; mais c\u2019était évidemment l\u2019exception.Ceux-là se tenaient à l\u2019écart dans quelque coin obscur, et le bruit de leurs paroles, échangées à voix basse, se perdait dans le brouhaha général.Le soir où nous pénétrons dans le cahoulot de la place Saint - Jacques (aujourd\u2019hui place du Châtelet), neuf heures viennent de sonner; une fumée épaisse et âcre règne dans la salle du rez-de-chaussée, et la cordialité la plus franche s\u2019est établie sur tous les points.Seuls, deux hommes, attablés dans un coin du bouge, paraissent ne pas partager la gaieté générale; une bouteille d\u2019absinthe est sur la table, et l\u2019un des deux remplit de temps en temps son verre, qu\u2019il vide aussitôt, tandis que son compagnon trempe à peine dans le sien une lèvre indifférente.Ce dernier a quarante ans environ; il est modestement vêtu, et, si nous ne faisons pas son portrait, c\u2019est que nous espérons bien qu\u2019avant peu le lecteur l\u2019aura reconnu.Quant à l\u2019autre, c\u2019est également une ancienne connaissance, mais depuis quinze années, bien des épreuves ont secoué sa vie et ébranlé son intelligence, et, quoique d\u2019une vigueur physique qui se manifeste dans sa corpulance exceptionnellement robuste, en dépit de sa large poitrine, de ses bras musculeux, de ses larges épaules, il est facile de voir sur son visage fatigué et creusé de rides profondes, sur son front ombragé de rares cheveux déjà grisonnants, la marque d\u2019une décrépitude et les signes d\u2019une vieillesse anticipée.Son paletot usé, qui s\u2019en-tr\u2019ouvre sur sa poitrine énorme, laisse apercevoir un maillot couleur de chair, rapiécé en plusieurs endroits, et qui, dessinant ses formes d\u2019hercule, trahit un de ces malheureux bateleurs, habitués des places foraines et condamnés à tenir leur existence de la curiosité publique.Il y avait une demi-heure que ces deux hommes étaient assis l\u2019un en face de l\u2019autre, et déjà la bouteille d absinthe était à moitié vide.L'hercule buvait, tandis que son compagnon se bornait à remplir son verre.Tout à coup le premier s\u2019arrêta, et, repoussant brusquement la bouteille : \u2014 En voilà assez! dit-il avec un regard terrible et un geste nerveux; on m\u2019attend pour faire mes exercices, et si je tardais, je ne serais pas payé ce soir.(A suivre) octoore iaüa Zè&cmeab \tROMAN LITTERAIRE DU \u201c SAMEDI *\t,\t \tDERRIERE LE VOILE\t I t\tPar MATHILDE ALANIC\t?\t N'O 4\t(Suite)\tRESUME DES PRECEDENTS CHAPITRES Monsieur de Terroy est mort des émotions que lui ont causé un vol dont il a été victime.On accuse Raymond Airvault d\u2019être l\u2019auteur du vol parce qu\u2019on a trouvé à sa demeure une pendeloque' dont personne ne peut expliquer la provenance et qui appartenait à de Terroy.PREMIERE PARTIE XI « Papa ne pouvait jamais avoir tort! Tout ce qu\u2019il décidait était juste ».Voilà ce qui ressortait de ces paroles désordonnées où s'exprimaient pêle-mêle la douleur, la résignation, l\u2019amour confiant, le ferme propos de marcher avec vaillance dans le chemin assigné.Raymonde, indécise entre la pitié, la sympathie, une indéfinissable admiration, demeurait stupéfiée, les prunelles fixes et ternes.\u2014 Et toi, amie, demanda inopinément Evelyne, où iras-tu à la rentrée ?La petite Airvault ferma les yeux comme pour éviter de voir l\u2019angoissant point d\u2019interrogation, dont elle se détournait peureusement.Mais à son amie elle devait sa pensée, \u2014 confidence pour confidence \u2014 et elle balbutia, blême et farouche les dents serrées : \u2014 Je ne veux pas retourner en pension à Versailles !.Evelyne lui saisit les deux bras.\u2014 Eh bien! demande à tes parents de te mette à Saint-Germain! Nous serons ensemble! Quel bonheur, dis! Le regard bleu et le regard noir se fondirent en une extase d\u2019espérance.Mais, plus avertie que l\u2019enfant riche des réalités de la vie, aussitôt Raymonde entrevoyait les impossibilités du merveilleux projet.\u2014 Ce doit être trop cher ! murmura-t-elle avec découragement.Ce qui est pour toi.Evelyne n\u2019est pas pour moi ! \u2014 C\u2019est bien dommage! soupira Mlle Davier.L'heure de se séparer les trouva aussi abattues l\u2019une que l\u2019autre.Elles s\u2019embrassèrent Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Cens de Lettres.Commencé dans le No du 3 Octobre 1925.avec plus d\u2019effusion encore que de coutume.\u2014-Prions bien fort! dit Evelyne.Le bon Dieu nous aidera.Madeleine se levait quand sa fille la rejoignit, \u2014 Le vent fraîchit plus tôt, ce soir! Rentrons, chérie ! Les deux femmes prirent leur route habituelle par le boulevard des Réservoirs.Comme elles traversaient la vaste chaussée, uu rassemblement tout proche, d\u2019où s\u2019élevaient des voix menaçantes, devant un hôtel dont la façade était barrée d\u2019échafaudages attira leur attention.Une vision terrifiante les figea sur place.Au centre du groupe, Airvault., d\u2019un geste violent, souffletait un homme.Celui-ci, heureusement contenu par les assistants, faisait mine de foncer vers l\u2019architecte.Son bras levé, son poing crispé, agité avec menace, signifiaient expressivement: «Tu m\u2019échappes! Mais je te retrouverai ! » Pourquoi cette altercation ?Madeleine ne se le demanda pas.Elle se représentait trop bien la tension des rapports journaliers, les insolences sourdes ou agressives qui finissaient par exaspérer son mari jusqu\u2019au délire.Toute' observation de l\u2019architecte à un ouvrier paresseux ou saboteur, à un patron négligent ou inexact, augmentaient l\u2019hostilité latente.Raymonde avait beau imposer une compression formidable à son naturel bouillant, un jour ou l\u2019autre l\u2019esclandre devait se produire.Le malheureux voulait que sa femme et sa fille fussent témoins de la rixe.Les genoux de Madeleine fléchirent.Raymonde soutint rapidement sa mère : \u2014 Maman, je t\u2019en prie ! Viens vite! Qu\u2019on ne nous voie pas ! D\u2019un effort surhumain, la jeune femme réagit contre le spasme qui la révulsait.Tremblante de la tcte aux pieds, elle parvint à gagner le trottoir.Mais là, elle s\u2019arrêta, chancelante : \u2014 Je ne pourrai pas aller jusqu\u2019à la maison.Appelle.cette voiture.Airvault, dégagé, avançait de de côté, le-s mâchoires serrées, les sourcils barrant d\u2019une ligne dure son visage enflammé.Il aperçut les deux femmes en détresse, la victoria qui s\u2019arrêtait.En quelques enjambées il fut près du véhicule.\u2014 Madeleine!.Te trouves-tu mal ?A grand\u2019peine, il l'aida, assisté par Raymonde, à gravir le marchepied, et la pauvre créature s\u2019affala sur les coussins, une mousse rose aux commissures des lèvres.XII \u2014 Gela ne saurait durer! Je ne puis en supporter davantage ! Les doigts enfoncés dans sa chevelure crépue, Airvault redisait sa lamentation, avec une insistance de monômane.Quand les portes de la geôle s\u2019étaient ouvertes, il avait cru être quitte du cauchemar: les péripéties seules changeait.Mais l\u2019oppression s\u2019appesantissait encore plus lourdement.Blessé par toutes les contingences, il se comparait au captif qui se meurtrit aux parois d\u2019une gage de fer.L\u2019idée de sujétion, d\u2019humiliation le suivait partout.Dans l\u2019inconnu qui le croisait il appréhendait un en- nemi, dont le mépris secret le salissait au passage.\u2014Gela ne peut durer ! Je n\u2019en puis plus de cette lutte ! Nous partirons ! Il parlait haut, sans s\u2019en rendre compte.Un faible écho venait de la couche où Madeleine était étendue: \u2014 Partons! oui, partons ! A cette voix navrée, lé malheureux frémissait, ramené au sentiment désolant de son impuissance.L\u2019émigration était impossible tant que la jeune femme demeurait en cet état d\u2019épuisement, sur la pente dangereuse qui conduit de la menace imminente au mal avéré.Le docteur multipliait les recommandations de prudence, d isolement.Que faire?Raymond se le demandait avec rage.Aucun secours, humain ou divin, ne descendrait-il vers les affligés?Cet appel désespéré, mêlé de blasphèmes, fut-il entendu d'un ange pitoyable ?Un jour, M.Menou, le patron d'Airvault \u2014 fort embarrassé lui-même par les difficultés que rencontrait désormais cet auxiliaire intelligent dont il connaissait la valeur \u2014 retint son employé pour un entretien confidentiel.\u2014- Airvault, je dois vous faire part d'un projet qui peut vous intéresser, pour des raisons diverses.Un de mes plus notoires confrères parisiens \u2014-qui fut mon camarade à l\u2019Ecole des Beaux-Arts \u2014 a été chargé de la construction d\u2019un musée, dans une ville du Chili.Il cherche présentement un homme actif, capable, qui s\u2019engage à demeurer là-bas trois années de suite afin de surveiller les travaux.Vingt mille francs par année \u2014 voyage aller et retour payé, naturellement.Le premier semestre sera versé à la signature du contrat, pour permettre au suppléant de mettre ordre à ses affaires, avant de partir.J\u2019ai songé que cet ar- 28 ^ Samedi 24 octobre 1925 rangement vous conviendrait peut-être.Ahuri par l\u2019inattendu de la proposition, ébloui par les chiffres, Raymond ne sut que balbutier : \u2014 J\u2019ai une femme et une enfant.Puis-je les exposer à un tel déplacement ?\u2014 Pas tout de suite! Je ne vous le conseille pas.A votre place, j\u2019irais en avant, en fourrier.Je m\u2019assurerais du climat, des conditions de la vie, etc.J\u2019ajoute qu\u2019il vous sera loisible d\u2019accroître vos appointements, en acceptant là-bas des travaux pour votre compte personnel.\u2014En effet! cela serait tentant! murmura Airvault.Et je vous remercie d\u2019avoir songé à moi! Mais il me faut réfléchir à tête reposée, et surtout aviser aux moyens d\u2019organiser l\u2019existence des miens, au cas où ma femme se soumettrait à cette séparation temporaire.\u2014Evidemment ! Tout cela est juste! Mais les compétiteurs ne manqueront pas, si la chose s'ébruite.J\u2019ai obtenu de mon ami la promesse de ne rien décider avant que je ne vous eusse pressenti.Maintenant, méditez, méditez et décidez.sans retard.Airvault s\u2019en alla, perplexe.Tous les avantages de l\u2019expectative imprévue chatoyaient déjà dans sa vive imagination : curiosité du long voyage, du pays exotique, moeurs nouvelles, attrait de la tâche considérable, fierté de servir l\u2019art français.Avec quel entrain il eût clamé un oui ! enthousiaste, quatorze ans plus tôt! Mais d\u2019autres destinées étaient liées à la sienne.En cette occurence il éprouva le besoin d'un avis judicieux et désintéressé.M.Bénary \u2014 dont l\u2019expérience eût pu l\u2019éclairer \u2014 passait ses vacances en Hollande.Restait le docteur Davier.Au lieu de rentrer à la maison, Raymond dirigea sa bicyclette vers la rue de Satory.11 eut la chance de trouver celui dont il souhaitait le conseil.Le docteur le reçut dans son cabinet de consultation Le jeu.ne architecte s\u2019excusa de son importunité.M.Davier s\u2019était montré \u2014 non seulement le médecin \u2014 mais l\u2019ami bienveillant, le soutien moral de la famille éprouvé.Il serait apte, plus que tout autre, à juger les complications présentes \u2014 qui, d\u2019ailleurs, mettraient en jeu l\u2019intérêt de la malade.Encouragé, Raymond exposa alors l\u2019offre transmise par M.Menou et ne cacha pas la séduction qu\u2019elle exerçait sur son esprit.Ah! quel soulagement s\u2019il pouvait mettre de la distance et du temps entre lui et l\u2019ambiance actuelle! Respirer àl\u2019ai-se! Lever enfin la tête comme son honneur intact lui en donnait le droit ! Ses souffrances, ses aspirations, ses anxiétés, se déversaient en tumulte devant l\u2019auditeur sympathique.Le médecin, pensif, écoutait avec une visible émotion.Quand Raymond se tut, Davier murmura : \u2014 Il est toujours délicat et difficile de se subtituer à autrui pour examiner ce qui lui convient ou non.Cependant, j\u2019ai beau tourner et retourner la question, je crois, de bonne foi, qu\u2019en tout temps elle eût mérité sérieux examen.Dans un pays plus neuf que le nôtre, vous serez moins étouffé qu\u2019ici.Vous y trouverez des chances plus nombreuses d\u2019élargir votre carrière \u2014 et, en premier lieu, l\u2019apaisement qui vous est si nécessaire, à cette heure.¦\u2014Ah! puissiez-vous dire vrai ! s\u2019écria Raymond, acceptant avec ardeur l\u2019approbation qui encourageait ses espérances.Mais Madeleine?Madeleine, que dira-t-elle ?Se résignera-t-elle, sans trop de déchirement, à mon éloignement momentané ?\u2014 Votre femme est sensée autant que sensible ! déclara posément le docteur.Et là, j\u2019interviendrai pou rla persuader\u2014 en lui dévoilant la vérité sur son état.Ne craignez rien ! L\u2019argent qui vous sera versé bientôt permettra enfin de réaliser ce qui s\u2019impose: un séjour de quelque mois dans un sanatorium de montagnes.Alors le mal sera enrayé.Et elle rejoindra son mari et reprendra la vie familiale, sans craindre de contaminer son enfant.\u2014 Oh! docteur! C\u2019est à ce point?balbutia Raymond, interdit.Madeleine se désespérera.Cette révélation va la tuer ! \u2014 Non, parce que je lui démontrerai que son cas est guérissable.C\u2019est ma conviction.Mme Airvault comprendra que son premier devoir est d'affermir sa santé pour redevenir elle-même, et ramener la joie dans votre intérieur qui se re- constituera plus heureux, plus fortuné, sous un ciel favorable.\u2014Ah! docteur, dites-lui tout cela! Vous serez, une fois de plus, notre sauveur.Seulement, objecta le pauvre homme, tourmenté d\u2019une nouvelle inquiétude, voici ce qui entravera tout et bouleversera Madeleine: que faire de notre fille pendant ces quelques mois d\u2019attente ?\u2014 N\u2019avez-vous point de parents à qui la confier ?\u2014 Il ne vous reste, à l\u2019un et à l\u2019autre, que des cousins éloignés, indifférents, avec lesquels nous avons peu de relations.\u2014 Une pension ?Un couvent ?\u2014 Raymonde y souffrira à la fois et d\u2019être privée de nous et de s\u2019y sentir isolée.C\u2019est beaucoup pour un cœur comme le sien ! Le docteur pensa, par analogie, à la tendre petite tourterelle qu\u2019il devait écarter du nid.En ce rapprochement d'idées, une inspiration jaillit.\u2014¦ Airvault, de ce côté encore, nous allons découvrir une solution.Votre fillette et la mienne ressentent l\u2019une pour l\u2019autre une de ces irrésistibles affections d\u2019enfant qui restent inoubliables et deviennent parfois une force.Dès que je suis seul avec Evelyne, elle me parle de Raymande.Elles se voient très souvent a.u parc.Maintenant, je'vais vous confesser une décision prise dans l\u2019intérêt de ma fille.Au début d\u2019octobre, je la place dans un petit pensionnat de Saint-Germain, dont la directrice m\u2019est parfaitement connue.Nos enfants éprouveraient une joie immense à se retrouver, et ainsi ce ne serait plus un exil ni pour la mienne, ni pour la vôtre.Vous allez en juger! J\u2019entends Evelyne dans le jardin.Le médecin ouvrit la porte vitrée.\u2014 Viens ici, mon amour ! La fillette entra, éclairant la pièce de sa robe rose et de sa chevelure d\u2019or.\u2014 Voici le papa de ion amie Raymonde.Evelyne salua, d\u2019un joli sourire, pendant que le docteur poursuivait : \u2014 Nous sommes en train, M.Airvault et moi, d\u2019élaborer un dessein où tu peux nous aider.Que dirais-tu si ta petite camarade passait l\u2019hiver avec toi, chez Mlle Dubuc ?Evelyne laissa tomber son livre et frappa des mains.\u2014 Ce que je dirais?Mais que ce serait une chance sans pareille !.Pas d\u2019attrape, au moins?Ça va se faire ?\u2014 Oui, mais il faut toi-même entrer dans le complot et disposer Raymonde à ce parti ! \u2014 Gomment?s\u2019écria la fillette exubérante.Mais c\u2019est déjà fait.L\u2019autre jour, nous causions pension, toutes deux! Et nous avons conclu que ça deviendrait presque un paradis.si nous y étions ensemble ! Les deux hommes échangèrent furtivement un regard attendri et amusé : \u2014 Voilà comment les enfants devancent les combinaisons des parents ! soupira le docteur.Eternellement Rosine déconcertera Bartolo ! Ah! petites têtes de poupées ! Ainsi Airvault rassurez-vous ! Les choses s\u2019arrangeront comme la raison nous engage à le souhaiter! Avant une heure \u2014 puisque vous devez rendre promptement réponse \u2014- j\u2019irai chez vous afin de préparer ma malade ! Le soir même, en effet, le médecin, avec une fermeté calme, instruisait Madeleine de la nature de son mal, d\u2019une façon catégorique.Mais après avoir démontré la gravité des symptômes constatés, le péril qu\u2019offrait la cohabitation pour l\u2019enfant, M.Davier, paternellement, réconfortait la jeune femme perdue en lui infusant la certitude de la guérison, si elle se plaçait dans les conditions désirées.Et alors Raymond expliqua quelle proposition lui était faite, quels avantages immédiats et palpables permettraient.aux éprouvés de recouvrer le calme d\u2019abord, puis, au delà de cette passe troublée, l\u2019espérance, la félicité de la réunion, la march p\tnvant vers un avenir plus beau.\u2014 Ta santé surtout et avant tout, Madeleine! Point de vrai bonheur pour personne de nous trois si tu ne redeviens solide, alerte, enjouée! Ne pleure pas! Que te demande-t-on ?Quelques mois de sagesse, de philosophie, pendant lesquels tu te diras : Tous les jours, je travaille pour ceux que j\u2019aime en me Presque tous les enfants sont sujets aux vers et beaucoup naissent avec.Epargnez-leur des souffrances en employant le Mother Graves\u2019 Worm Exterminator, un excellent remède. 24 octobre 1925 3&$amedb 29 guérissant, en me fortifiant; tous les jours, j\u2019avance vers le but que nous désirons! Alors, tu t\u2019endormiras chaque soir et tu te réveilleras chaque matin plus contente.Madeleine étendit ses mains diaphanes.\u2014 Tu as raison! Je ne veux pas pleurnicher sottement.Nous avons tous besoin de courage.Et je penserai que la séparation eût pu être sans terme ! Longuement, avec un tendre respect, Raymond baisa la joue pâle de sa femme.\u2014 Tu Tas dit un jour: la vie recommencera! Et voilà que la Providence nous en offre le moyen.Vivons pour notre fille! Pour elle, je lutterai! Pour elle, tu vas t\u2019appliquer à guérir ! \u2014 Et soyez bien tranquille à son sujet! observa le docteur presque gaiement.Evelyne, tout à l\u2019heure, m\u2019a recommandé, avec beaucoup d\u2019importance: «Papa, dit bien à Mme Air-vault qu\u2019elle ne se tourmente pas de laisser Raymonde à Saint-Germain! Je veillerai sur elle ! » XIII La collaboration d\u2019Airvault fut acceptée.Une quinzaine se passa en multiples préparatifs.Le jeune homme dut faire face à une foule d\u2019obligations urgentes.La première de toutes fut de conduire sa chère femme dans l\u2019abri montagnard de haute altitude, choisi par l\u2019entremise du docteur.Un ami de M.Davier avait été traité avec succès à Lezins.Le même établissement reçut Madeleine.Raymonde accompagna ses parents, afin d\u2019alléger à sa mère la tristesse et la fatigue du voyage.Ainsi la fillette connaîtrait-elle le pays où sa pensée irait retrouver sa maman.Les cimes neigeuses, les glaciers, les pentes vertigineuses couvertes de bois, les vallées alpestres, le grand ciel pur exaltèrent T enthousiasme de l\u2019adolescente.\u2014Oh! maman, c'est si beau! Tu guériras! Je m\u2019imaginerai tout cela en t\u2019écrivant et en priant pour toi ! L\u2019entourage prévenant, la chambre inondée de lumière, le balcon d\u2019où Ton semblait planer dans l\u2019espace infini, le diagnostic encourageant du docteur, les exemples probants qu\u2019il citait, tout concordait à inspirer confiance.Et pénétrés d\u2019optimisme, grisés d\u2019espoir, ces trois êtres qui s\u2019aimaient tant supportèrent avec une résignation presque joyeuse l\u2019heure des adieux.\u2014 Après.après.quel bonheur! répétait la petite Raymonde.Et ces mots naïfs résumaient leurs intimes impressions.De retour à Versailles, la fillette, active et zélée, aida son père à ranger et à classer les objets qui garnissaient l\u2019appartement\u2014- l\u2019essentiel du mobilier fut entassé dans uné mansarde de la petite maison oït vivait Philomène.\u2014 Si nous ne revenons pas ici, dit Airvault, je vous donnerai mission de brocanter ces meubles! gardez pour vous, dès maintenant, en remerciement de votre obligeance, ces fauteuils, cette lampe, cette portière, et ces diverses babioles qui rendront votre logis plus confortable.Comme témoignage de sa gratitude envers ses protecteurs, Raymond laissait ù Me Bénary un vieux miroir de Venise: au.docteur Davier, une coiffeuse empire, incrustée de bronze dore.Au neveu de M.de Torroy il apporta, en gage des trois mille francs qu\u2019il ne pouvait encore solder, un souvenir de famille: le chef-d\u2019œuvre de son trisaïeul, le compagnon serrurier Airvault, dit Franc-Cœur \u2014 un petit puits en fer forgé, d une délicatesse aérienne.\u2014 Et dont vous ne connaissez le chiffre que par mes aveux! dit Raymond avec chaleur.Ah! Monsieur, pour avoir cru en ma bonne foi et accepté ma parole comme véridique, alors que tout se tournàit contre moi, je voudrais trouver un don, des mots capable d\u2019exprimer toute ma reconnaissance.M.de Terroy, gagné par cette émotion si sincère, tendit brusquement la main au jeune homme.' Raymond s\u2019inclina comme pour le baiser.\u2014\u2022 Monsieur, vous me dédommagez, en une seconde, de mes pires souffrances.Que de fois j\u2019ai souhaité qu\u2019il fût possible aux morts de revenir attester la vérité ! Votre oncle eût ratifié les moindres détails de ma confession ! \u2014 Mon oncle vous estimait, repartit M.de Terroy à sa manière ronde.Et puis il se connaissait en hommes.Vous aviez (Suite à la page 30) Un Soulagement Sûr pour les Maladies des Femmes TRAITEMENT GRATUIT DE 10 JOURS Le LIS ORANGE (Orange Lily) soulage de toutes les maladies de femmes.On I applique sur 1 endroit malade et le tissu affecté l'absorbe aussitôt.La matière secretee par la region congestionnée est rejetée\u2014soulageant ainsi instantanément le corps et 1 esprit; les vaisseaux sanguins et les nerfs sont réglés et renforcis; et la circulation reprend son cours normal.Ce traitement étant base sur des principes scientifiques avoués, et agissant à l\u2019endroit même du mal, il ne peut que soulager les femmes de toutes leurs maladies et principalement des menstruations retardées et douloureuses, de la leucorrhée, des descentes de matrice, des affections des ovaires, croissances, etc.Prix: $2.00 la boîte, ce qui suffit i un Traitement d\u2019un mois.Un Traitement d'essai gratuit, de 10 jours, valant 75 cents sera envoyé gratis à toute femme, souffrante.Mettez sous enveloppe un timbre de 3 sous et adresse* à: Mme LYDIA W.LADD, Dépt.33, Windsor, Ont.EN VENTE PARTOUT CHEZ LES BONS PHARMACIENS GRATIS - POOR VOUS, MESDAMES ! 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