Le samedi, 1 août 1927, samedi 20 août 1927
[" Vol.XXXIX, No 12 20 AOUT 1927 Lisez notre feuilleton : LE RACHAT DU CRIME Samedi® MAGAZINE ILLUSTRE - LITTERAIRE - HUMORISTIQUE - MUSICAL eVE R£ADy COLUMBIA HOT SHOT BATTERY rivwn tnr* \u2022\u2022xi CANADI AN \"NATIONAL CARBON CO \t WÊÊ$$Ê!fa MÈÈÉrnmt~~ *mÊÈÊlra ëVEREADY îgfcîifià La Batterie Dry Cell \u201cA\u201d No 7111 \u2014 la batterie de son genre la plus durable pour le .radio.90,000 chevaux-vapeur représentent la consommation d\u2019électricité d\u2019une cité d\u2019environ cinq cent mille habitants.Pour fournir cette énorme volume d\u2019énergie ou de courant à l\u2019industrie et à la consommation domestique, il faut une usine génératrice d\u2019électricité moderne et d\u2019un débit constant, située près d\u2019une puissante chute d\u2019eau.Le courant électrique développé par ces usines hydrauliques n\u2019atteint que les localités desservies par des lignes de transmission, et la distribution locale s\u2019opère au moyen d\u2019un système de fil qui porte cette énergie chez tous les usagers.En une seule année, la production totale des Piles Sèches Columbia Eveready au Canada produit 90,000 chevaux-vapeur \u2014 ce qui équivaut au rendement de la puissante usine génératrice décrite ci-haut.Dans les Piles Sèches Columbia Eveready, l\u2019énergie est emmagasinée dans des cylindres faciles à porter et à déplacer.Ces piles sont portatives, légères, sans danger, commodes et d\u2019un emploi courant pour radio \u201cA\u201d, moteur à gazoline, allumage des canots automobiles, sonneries et sonnettes, voûtes de banque, éclatement des mines et une foule d\u2019autres usages.Les Piles Sèches Columbia Eveready sont en vente dans plus de 4,500 ferronneries, pharmacies, magasins d'accessoires électriques, d'accessoires d'autos et magasins à rayons du Canada tout entier.Canadian National Carbon Company, Limited Montréal\tToronto\tWinnipeg\tVancouver COLUMBIA PILES SÈCHES \u2014 elles durent plus longtemps Hot Shot Columbia Eveready, 5 cellules, 7 volts Yi.Pour tracteurs, canots automobiles, moteurs à gazoline et pour tout usage nécessitant ce voltage.CVEREADï COLUMBIA \u2018 C NI TUR rjnv cell Ignitor Dry Cell Columbia Eveready.Célèbre dans le monde entier pour sa longue durée et sa force soutenue.Eveready possède et irradie le Poste de Radio CKNC, Toronto (357 mètres), qu\u2019on peut entendre tous les lundis et jeudis soirs à 9 hrs p.m.yN07lll\tnVOLTSV\u201d EVEREADY wapk Prenante \u201e_ DRY CELL ______ RAD I o A BATTERY TK\u201e Dry Cell ha» been developed Specially for Radio use and *,Ve much longer service than rY Cells made for other Pur\u2018 Pose».Thi.Dry Cell will efficient \u201cPerate a vacuum tube requiring one volt and not exceeding one-quarter ampere on the filament 0r A\u201d Circuit.maximum economy use two 01 the,,, special cell, in multip\" 'or each tube *ME *-ONG SERVICE BATTER* CANADIAN NATIONALCARB0NC0 ,\tLIMITED X^tPtAL TORONTO WINHiPty CAVAPA Mil B * 4w Wfcd ¦Ü Jm ' I*,*.«ü On trouve dans le nouveau Ballon Goodyear deux nouveaux et très importants perfectionnements: la nouvelle carcasse ballon de Cordes SUPERTWIST\u2014 61%plus élastiques que les anciennes cordes; plus à même de résister aux chocs de la route; et la nouvelle bande de roulement ballon All-Weather \u2014 plus silencieuse, plus sûre, plus durable que toute autre bande fabriquée jusqu\u2019ici.On le connaît maintenant partout sous le nom du \u201cmeilleur pneu du monde\u201d.% 1- Le service des Vendeurs Goodyear marche de pair avec la fabrication Goodyear et la qualité Goodyear.Ces vendeurs s\u2019engagent à suivre la politique de Goodyear qui est \"de mettre le plus de valeur possible dans le produit et de faire donner au produit toute sa valeur.\" Alberta- a.rLO r^-4.PEI.\u2014fabriqué presque entièrement de matériaux Canadiens, par des artisans Canadiens, dans des usines Canadiennes.La Chrysler Corporation of Canada, Limited, exploite aujourd\u2019hui deux usines à Windsor, Ont.\u2014(I) l'usine pour la fabrication des châssis illustrée ci-dessous et (2), à gauche, l'usine des carrosseries.IL est tout naturel que les Canadiens préfèrent le Chrysler fabriqué en Canada, puisqu'ils trouvent dans cet auto des avantages de qualité et de valeur qui ne se rencontrent dans aucune autre voiture de son prix.Dès le début, la Chrysler Corporation of Canada, Limited, s\u2019en est tenue, autant que possible, à l emploi de matières premières Canadiennes et d\u2019artisans Canadiens.L\u2019enthousiasme que le peuple Canadien a montré pour la supériorité incontestable du Chrysler \u2014 dont le volume de production a augmenté en conséquence de 491% en 3 années \u2014 a été d\u2019un sérieux encouragement aux manufacturiers qui s'efforcent de fabriquer un Chrysler entièrement Canadien.Pour atteindre ce but, la Chrysler Corpora- tion of Canada, Limited, ne s est pas seulement contentée d\u2019agrandir ses propres usines de Windsor, Ont., elle a, en outre, contribué au développement des nombreuses fabriques d où elle tire ses matières premières, ses diverses pièces et son équipement, travaillant ainsi au progrès industriel du Canada.Ces autos Chrysler fabriqués aujourd hui dans les deux grandes usinçs Chrysler de Windsor, Ont., sont ainsi fabriqués en majeure partie de matériaux Canadiens \u2014 minerais extraits des usines du Canada, bois des forêts du Canada, tissus et toiles des ateliers de tissage Canadiens, estampillage, forge, fonte et maintes autres opérations faites au Canada par des ouvriers Canadiens.La Chrysler Corporation of Canada, Limited, est très reconnaissante au public canadien de l\u2019encouragement qu\u2019elle en a reçu \u2014 et fière en même temps de l\u2019occasion qui lui est donnée de contribuer à l\u2019expansion des industries du Dominion.Vous êtes cordialement invité à conduire vous-même un Chrysler fabriqué en Canada ou à vous y promener \u2014 à vous rendre compte des raisons qui ont poussé tant de Canadiens à adopter cet auto dont la valeur et la qualité n\u2019ont jamais été égalées.''.I CHRYSLER CORPORATION OF CANADA, LIMITED, WINDSOR, ONTARIO Walter P.Chrysler, Président du Bureau de direction Chrysler \"50\"\tChrysler \"62\"\tChrysler \"70\"\tChrysler Impérial \"80\" $1045 à $1220\t91505 à ?1855\t82010 à $2590\t$3635 à $5225 Tous prix f.à b.Windsor, Ont.(transport seulement en plus), comprenant toutes les taxes et l'équipement complet.é**\t1\tPè, LE CHRYSLER FABRIQUE EN CANADA POUR LES CANADIENS 20 août 1927 5 Vol.XXXIX No 12 ABONNEMENT Canada Un an.$3.50 Six mois.\t2.00 Trois mois .\t1.00 Etats-Unis et Europe Un an.$5.00 Six mois .\t2.50 Trois mois .\t1.25 HEURES de BUREAU 8 h 30 à 5 h.30 Samedi, 8 h.30 à midi Tel.: Lancaster 5819-6002 ^Samedi/ (Fondé en 1889) Hebdomadaire - Illustré - Littéraire Humoristique - Musical POIRIER, 6ESSETTE & CIE, propriétaire 975, RUE DE BULLION __________MONTREAL_____ Entered at tbe Post Office of S.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 Montréal, 20 août 1927 AVIS AUX ABONNES Les abonnés changeant de localité sont priés de noies donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant de les livrer.Tarif d'annonces fourni sur demande.Celles\td\u2019Autrefois et celles d\u2019Aujourd\u2019hui N M\u2019A FAIT cette question toute simple en apparence: «Laquelle préférez-vous, de la jeune fille moderne ou de celle d'autrefois?» C'est vite formulé mais la réponse a besoin d\u2019être étayée par des arguments motivés car la dite question en sous-entend une autre et qui est celle-ci: «Pourquoi?» Je dirai tout d'abord à ma correspondante que son «autrefois» est un peu vague.L\u2019impétuosité avec laquelle nous vivons depuis quelques années est telle que les choses d'il y a dix ans seulement sont déjà de l\u2019histoire ancienne et, d\u2019autre part, la femme a le singulier privilège de pouvoir subir avec des avantages évidents le jugement des hommes, quelle que soit l\u2019époque à laquelle elle appartienne.Il est même assez curieux de constater que la manière d'être féminine, une fois passée de mode, revêt immédiatement la qualité historique et puis ensuite ne vieillit plus dans l\u2019idée.Là non plus, le temps n\u2019existe pas.C\u2019est ainsi que la natte et le chignon que tout le monde a connus font aujourd\u2019hui partie de la légende au même titre que la coiffure artistiquement tressée \u2014 et déjà courte \u2014 des jolies égyptiennes d\u2019il y a quatre mille ans.La préférence n\u2019est qu\u2019une question d\u2019accoutumance; on commence par subir les usages nouveaux puis on les accepte, enfin ils deviennent nécessaires faute de comparaison immédiate possible.On en a la preuve avec la toilette féminine.Quelle est la jeune fille, il y a une quinzaine d\u2019années seulement qui eût osé sortir avec une des minuscules robes d\u2019aujourd\u2019hui?Certaines de ces robes, réduites à leur plus simple expression, atteignant à peine les genoux, et tout aussi écourtées par en haut que par en bas ont l\u2019air d\u2019un petit jupon d\u2019intérieur soutenu par deux minces bretelles.Dans un tel équipage, une jeune fille d\u2019autrefois eût ameuté toute une population derrière ses talons.Aujourd\u2019hui le même résultat serait obtenu si l\u2019on en voyait une, bastionnée dans les mille accessoires empesés, ficelés, épinglés et même bourrés que recouvrait la longue robe à traîne qui balayait les trottoirs, elle-même abritée sous l\u2019immense parasol qui s\u2019appelait alors un chapeau.Pour la note pittoresque, peut-être, je les regrette ces chapeaux-là ; il y en avait de superbes et compliqués qui tenaient à la fois du jardin de fleurs, du potager et de la volière.On y voyait de tout: des plumes, des feuilles, des branchages, des fleurs, des fruits et des petits oiseaux.C\u2019était un parc ou un musée, au choix et le transport sur la tête d\u2019un tel édifice était chose qui demandait autant d\u2019adresse et d\u2019endurance que de précautions préparatoires.Il fallait des cheveux, beaucoup de cheveux, vrais ou faux comme fondations au monument et de longues et fines tiges d\u2019acier munies à une extrémité d\u2019un superbe ornement en verroterie qui tirait l'oeil et à l\u2019autre xtrémité, d\u2019une pointe acécée qui le crevait.C\u2019était le beau temps où madame, prête pour sortir et n\u2019ayant plus que son chapeau à mettre, monsieur avait encore le temps de fumer un cigare de grand format avant la fin de l\u2019opération.Le petit coquetier moderne qui a remplacé tout ça se place aujourd'hui avec la facilité et à la manière d\u2019un dé à coudre.L\u2019évolution a été complète autant que rapide et, parmi les hommes, il n\u2019y en a pas davantage pour regretter l\u2019ancienne mode qu\u2019il y en eut jadis pour prévoir l\u2019actuelle.A vrai dire, la préférence masculine est sans nul doute en faveur de la simplification moderne qui lui rend la femme moins énigmatique en la lui montrant mieux telle qu\u2019elle est.wm L\u2019évolution n'a pas été simplement extérieure; le caractère, les manières et les habitudes ont également subi la modification profonde et, c est là le point délicat, la liberté d\u2019allures d\u2019aujourd\u2019hui est-elle préférable ou non à la retenue apparente de manières de jadis?Autres temps, autres moeurs; la vérité d\u2019hier est 1 erreur d aujourd hui et réciproquement.Le costume simple a libéré le geste et celui-ci a modifié 1 attitude; on a beau dire que l\u2019habit ne fait pas le moine, il le fait véritablement et la chose est si bien comprise que les hommes ont appliqué ce principe dans toutes les occasions possibles: le prestige d'une armée tient à celui de son uniforme et la gravité diplomatique des ambassadeurs est surtout une question de bel habit brodé.Il en a été de même pour la femme, en mettant ses jambes à l\u2019air elle a mis son esprit à l\u2019aise.La cérémonieuse démarche de l'époque des grandes robes a fait place à Failure sautillante permise par les soupçons de vêtements d\u2019aujourd\u2019hui; la pratique des sports rendue plus facile a contribué à l\u2019établissement du niveau moral entre les deux sexes et le pli, une fois pris, l\u2019a été bien.Une liberté conquise s\u2019abandonne difficilement; généralement elle ouvre plutôt la voie à d'autres et la femme qui s\u2019est modernisée n\u2019est certainement pas pour faire retour au passé.Les préférences masculines somptent donc pour peu de chose et même pour rien dans la question.Au fond, les choses en vont-elles plus mal qu'autrefois?Je ne le crois pas.Certains esprits revêches se choquent sans raison de ce qu\u2019ils appellent les moeurs modernes parce que la transition a peut-être été un peu brusque mais ils devraient comprendre que, plus on a de liberté et moins on cherche à en abuser ; la liberté plus grande de s\u2019exprimer qu\u2019ont les jeunes filles d'aujourd\u2019hui est une soupape de sûreté qui a été posée sur les pensées de celles d\u2019autrefois; elles vivent davantage, ce qui les fait rêver moins et l\u2019imagination joue plus souvent de mauvais tours que la notion nette des choses de la vie.En définitive, je crois donc que la jeune fille moderne, c\u2019est-à-dire dégagée des multiples contraintes que lui imposaient des préjugés d'un autre âge et des coutumes rigides jusqu\u2019à l\u2019excès, ne vaut ni mieux ni pire que celles qui Font précédée mais qu\u2019elle est logiquement adaptée au milieu que l\u2019homme a préparé lui-même.Comme le dit un des rares proverbes empreint de de sagesse: Il faut vivre avec son temps.Les regrets des uns, pas plus que les préférences des autres n\u2019y changeront rien.Fernand de Verneuil Depuis les temps anciens où l'on représentait le soleil comme un char de feu attelé de coursiers enflammés, les hommes ont cherché à convertir la chaleur en force motrice.y ¦ èHii I?-\u2018*3?^ |N ,-e-à ' c \\ \u2022 i Une grande invention qui Va de pair avec le principe du Super-Six\u2014 Convertit en force motrice la chaleur perdue Cette nouvelle invention qui va de pair avec le principe du Super-Six convertit en force motrice utilisable la chaleur perdue dans tous les autres autos.Ces deux inventions réunies doublent le rendement du moteur et déterminent un maximum d\u2019efficacité qui n\u2019a jamais été atteint jusqu\u2019ici dans la transmission du pouvoir.Elles font de l\u2019Hudson l\u2019auto le plus économique du monde en égard au poids.Le moelleux et la force de la machine à vapeur Le nouveau moteur Hudson donne, dès le départ, une force motrice qui rappelle la force puissante et souple de la machine à vapeur.Il élimine le cognement déterminé par l\u2019étincelle.Il prévient la dilution d\u2019huile.La gazoline ordinaire, employée avec ce moteur, donne le même rendement qu\u2019on attend de combustibles beaucoup plus dispendieux.Et, à n\u2019importe quelle vitesse, cette force est vive, souple et répond instantanément à la moindre commande.HUDSON Super-Six Empattement de 118 pouces COACH régulier $1420 SEDAN régulier $1650 Modèles sur commande, Empattement de 127 pouces BROUGHAM $2020 PHAETON 7 places $2055 SEDAN 7 Empattement de 127 pouces COACH régulier $1650 SEDAN régulier $1780 places $2375 Prix F.A.B.Windsor, Taxes en plus. 20 août 1927 &3amedi 7 iliilliilllllilitiilltllill'HlHiii mm ÜW: wm IR» 1 üil 1.ffl|(!j.£ 6*k ' y >r- *'-sS_JVk\u201e>^\tas mm » \u20190Z&Ài mm mm mm - .\u2022 SâBgjP-ia.^1 .Æjgg»j3|ipg \u2022Ji' 'ri J' S|gÿ \u2018'*3$^ ¦' L v\u2022¦¦¦.#w@?*» ààeÉi ^3^epüB| .;.y L'intérieur d\u2019une Maison des Etrangers, dans les îles Viti.CHEZ LES CANNIBALES Par L.R.DANS nie de la grande Viti où nous avons conduit le lecteur dans un article précédent, les villages comportent presque tous une \u201c Maison des étrangers\u201d.D'après les moeurs que nous avons relatées et les coutumes en honneur dans ce pays, on pourrait croire que cette maison des étrangers était une sorte de magasin de réserve où l\u2019on enfermait les malchanceux qui s'étaient fait capturer et qui attendaient là le bon plaisir d'un chef ainsi que le jour où ils figureraient à sa table comme menu.Ce n'était point, heureusement, dans ce but que la maisons des étrangers était construite.Elle avait environ cinquante pieds de longueur sur vingt de largeur; un beau tronc d\u2019un arbre droit et élevé formait la poutre principale de la toiture.De chaque côté, à l\u2019intérieur, étaient disposés, pour dormir, des emplacements garnis de nattes posées sur une couche de feuillage et d\u2019herbe sèche.Les jeunes gens du village passaient souvent la nuit dans cet édifice mais ils étaient toujours prêts à céder la place aux étrangers, politesse qui était fort appréciée de ceux qui avaient à en profiter.John Denis MacDonald, à qui nous empruntons les faits saillants de ce récit, continue ainsi: \u201c De Viti, nous remontâmes à Notaika, localité qui venait d\u2019être dévastée par une épidémie appelée \"lila\u201d en ces pays.Le chef, un homme jeune encore, parcourait incessamment tous les environs afin de surveiller l'enlèvement des corps morts qui étaient immédiatement jetés à la rivière.Comme cette opération s\u2019accomplissait sans un examen bien scrupuleux, en leur passant une corde au cou pour les traîner à l\u2019eau, il y eut sans doute plus d\u2019un moribond ainsi étranglé avant d\u2019avoir rendu le dernier soupir.En approchant de Matai-Mati, un grand nombre d'individus armés de massues et de lances apparurent sur les rives en poussant les cris les plus sauvages; sans la présence des femmes et des enfants qui est toujours un signe de paix, cette réunion, pour quiconque n\u2019eût pas été familiarisé avec le caractère vi-tien, aurait eu un aspect des plus menaçants.A un autre village, plus loin, les indigènes ne se montrèrent que successivement, un par un et s'aventuraient par degrés à s\u2019approcher de nous pour voir les \"papa-langis\u201d ou étrangers.Une grosse racine de \u201cyanggoua\u201d fut alors offerte au chef et reçue par lui selon l\u2019étiquette des Biti avec de singuliers témoignages de reconnaissance.Le chef parla à peu près en ces termes: \u201cJe pose la main sur cette racine de \u201cyanggoua\u201d en désirant que la paix règne dans Viti et que l\u2019Evangile s\u2019étende sur cette terre.\u201d Les jeunes gens du village, réunis pour saluer la venue des étrangers se groupèrent en frappant dans les mains et en répétant: \u201cSalut au chef qui vient avec des intenitons pacifiques.\u201d Le chef dit alors qui nous étions, quel était le but de notre mission et fit un récit détaillé de notre voyage jusqu\u2019à ce jour.Tandis qu\u2019il parlait, un des assistants, approuvant aux passages les plus intéressants, ponctuait le discours par des réflexions qui signifiaient : \u201cOui, monsieur; très bien monsieur.\u201d Le discours par lequel il fut réplique à cet exposé se composait (Suite à la page 12) 8 &&tmedis 20 août 1927 Pagfe* \u2018AH! TU L\u2019AS ENFIN, TON COLLIER Sc V ïidWf Nouvelle Sentimentale LE COLLIER DE PERLES Pat Germaine Acremant LIANE Blanchart se promenait avec ses deux amies Jeanne et Francine.C\u2019était le plein hiver.Emmitouflées dans leurs fourrures, elles marchaient vite, prenaient plaisir à faire sonner sous leurs talons le sol durci par la gelée.Elles descendaient les Champs-Elysées.Le froid vif en rougissant leurs joues, rendait leurs yeux brillants.Elles étaient amies d\u2019enfance et possédaient tout un lot de souvenirs communs, de sorte que jamais la conversation ne tarissait pour elles.Eliane avait épousé l'été précédent, un médecin du quartier de l'Etoile.Jeanne était, depuis deux ans, la modeste femme d\u2019un fonctionnaire de la préfecture.Francine avait, comme mari, un ancien élève de l\u2019Ecole des Chartes, sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale.Toutes trois pouvaient être parfaitement heureuses.Elles n\u2019avaient aucune raison de se jalouser.Aussi riaient-elles de bon coeur en se racontant d\u2019amusantes histoires.Place de la Concorde, comme de violents courants d\u2019air emportant les chapeaux et soulevaient les jupes, elles firent le tour sous les galeries de l\u2019Au-tomobile-Club et du Ministère de la Marine.La rue de Rivoli était devant elles; sans hésitation, elles la prirent.La rue de Castiglione était à gauche, elles la suivirent.Elles n\u2019avaient aucun but précis de promenade.Elles se promenaient, et comme toutes les femmes, qui n'ont aucun but précis de promenade, elles se trouvèrent bientôt rue de la Paix.Les magasins étaient resplendissants.L\u2019approche de Noël et du Nouvel An inspire aux marchands des étalages prodigieux.Mais il faisait froid, Eliane et ses amies ne s\u2019arrêtèrent ni devant les vitrines des antiquaires, ni devant les expositions des marchands de tableaux.Quand elles furent devant les bijoutiers, il leur parut que brusquement la température était plus clémente.Elles reconnurent la possibilité de faire halte quelques minutes.\u2014 C\u2019est curieux, prononça Francine, ces bijoux ne me tentent pas du tout.\u2014 Moi non plus, ajouta Jeanne.Je ne serais nullement enchantée si on me les offrait.Eliane gardait le silence.\u2014 Et toi, Eliane, qu\u2019en penses-tu?lui demanda Francine.\u2014 Mon Dieu ! après vos déclarations, je suis un peu gênée pour vous dire mon sentiment.\u2014 Ne te gêne pas.\u2014 Eh bien! je vous avouerai très franchement que j\u2019adore les perles et les diamants.D\u2019ailleurs venez.Elle les entraîna devant le magasin le plus riche.\u2014 Vous voyez ce collier.\u2014 Oui.\u2014 Il est beau, n\u2019est-ce pas?\u2014 Admirable! \u2014 L\u2019autre jour je suis passée ici avec mon mari.Je lui ai fait promettre de me l\u2019offrir.\u2014 Hein?\u2014 Oh! pas maintenant! Mais quand il aura fait fortune.Nous sommes même entrés dans le magasin.nous savons le prix exact, le nombre et la grosseur des perles.\u2014 Mais il sera vendu alors.\u2014 C\u2019est probable.Mais on m'en fournira un autre à peu près semblable.\u2014 Sans indiscrétion de quel prix est-il ?\u2014 Cher.Très cher!.Eliane ne voulut pas en dire davantage.D\u2019ailleurs, peut-être par indifférence, peut-être par jalousie, Francine et Jeanne s\u2019empressèrent de parler d\u2019autre chose.Du même pas rapide qu\u2019elles étaient venues, elles s\u2019en retournèrent.Francine et Jeanne reconduisirent Eliane.Or, dès que celle-ci les eut quittées, elles éclatèrent de rire: \u2014 Non, mais l\u2019as-tu entendue avec son collier de perles?\u2014 Son mari le lui a promis.\u2014 Poseuse, va! \u2014 Il faut dire qu\u2019elle ne l\u2019aura que quand il aura fait fortune.\u2014 Elle attendra longtemps.\u2014 Un petit chirurgien de quatre sous! \u2014 Je ne voudrais même pas le charger de me couper les ongles.\u2014 Il paraît qu\u2019il a une clinique.Ça doit être un vieux hangar.\u2014 J\u2019aurais des amis malades, je n\u2019oserais même pas leur recommander le docteur Blanchart, de peur qu\u2019on me rie au nez.Docteur Blanchart?.connais pas!.Qu\u2019est-ce?.Un pet,t chirurgien à façon.Cette pauvre Eliane, c\u2019est à pleine si elle a deux robes et trois chapeaux par an.Elle songe à se payer un collier de perles.\u2014 Elle a la folie des grandeurs! \u2014 Elle n\u2019a pas voulu nous dire le prix de ce collier.Peu m\u2019importe, j\u2019irai le demander.Des années se passèrent.Il faut croire que les prévisions des deux petites amies étaient fondées.Le docteur Blanchart ne faisait point fortune.C'était un chirurgien sérieux, travailleur, intelligent, mais à qui manquait cette publicité, cette réclame parlée, sans qui personne n\u2019arrive plus aujourd\u2019hui.Eliane n\u2019en était d'ailleurs nullement désappointée.Elle n\u2019avait jamais attaché à son collier une importance excessive.Elle aimait son époux.Elle avait de beaux enfants.Elle se considérait comme très heureuse.C\u2019est tout à fait en s\u2019amusant, et sans aucune arrière-pensée qu'un jour elle dit à son mari: \u2014 Figure-toi que cet après-midi, dans un magasin des boulevards, j'ai vu un collier de perles fausses absolument semblable à celui que nous avons examiné jadis rue de la Paix.\u2014 Ah! \u2014 Veux-tu être bien gentil, mon chéri?Offre-le-moi.\u2014 Mais.avec plaisir.\u2014 C\u2019est très bon marché.Et ce me sera comme un souvenir de mes illusions passées, quand je croyais qu\u2019il suffisait de le vouloir, pour gagner une fortune.Le lendemain le collier de fausses perles était au cou d\u2019Eliane.Oh! ces fausses perles étaient admirablement (Suite à la page 47J 20 août 1927 ShScmêdl 9 ¦4&ii N * e£i' in ssn ¦H Nouvelle Dramatique LE VIOLON Par Ugy Mario %- s 8 RAVO, bravo!.Voici l\u2019héritage ! .\u201d Mon frère Henri, petit Jean et moi, nous sautions ' \"\"r.comme des fous! \u2014 Patience, patience! criait papa, qui vérifiait le compte des caisses et veillait à ce que le chemin de fer n\u2019eût rien égaré.Cet héritage de mon oncle Brice tombait du ciel chez nous.Mon père était employé dans une maison de banque et les pauvres deux cents francs qu\u2019il apportait à maman le premier jour de chaque mois, se fondaient bien vite à satisfaire les impérieux besoins de notre nombreuse famille.Cinq enfants, c\u2019est la gêne pour des employés.Déjà ma grande soeur aidait bien maman dans le ménage.Henri faisait vaillamment ses études pour être bientôt capable de gagner un peu d\u2019argent.Alice avait beaucoup de goût pour la musique.Mais comment lui payer un professeur?Mes parents avaient comme voisin un musicien de cinématographe qui rentrait tous les soirs éreinté et ne manquait jamais de dire en ouvrant sa porte: \u201cMétier de galérien!\u201d Donc il ne fallait pas penser à entreprendre ce métier-là.Quant à faire de la musique un passe-temps, c\u2019était une autre chanson.Dans les caisses expédiées par les soins du propriétaire lui-même, à qui le défunt avait légué son mobilier par testament, nous trouvâmes quelques vieux vêtements, des papiers sans importance, deux tableaux sans valeur, quatre statues de plâtre plongées à la cire, un encrier de bronze doré.et un violon.De bourse remplie d\u2019or point.D\u2019actions ou d\u2019obligations, pas davantage.Mes parents qui s\u2019attendaient à mieux avaient pris une mine déconfite: \u2014 C\u2019est étrange, mon oncle, avait pourtant des économies, disait ma mère.Et ses doigts menus fouillaient jusqu'au moindre recoin.Henri, lui, était radieux.Il s\u2019était emparé de l\u2019encrier.\u2014 Heureux présage, n'est-ce pas, petit père?C\u2019est pour quand je serai ministre.Grande soeur avait vite placé dans sa chambre l'Alsace et la Lorraine: à la salle à manger-salon, Thiers et Cam-hetta.Les tableaux soigneusement tournés contre le mur attendaient du dimanche, la journée de papa pour être mis en place.Maman avait déniché un peu de linge qu'elle mettait en ordre: Jean s\u2019était approprié un couteau tire-bouchon, ce qui nous faisait rire, quand petite Alice que nous avions baptisée Furet se mit à dire en soupirant : \u2014 Je n\u2019ai donc rien, moi?\u2014 Mais si.Tiens.Puisque tu veux tant devenir musicienne, la Providence comble tes voeux.Prends le violon.Soudain rassérénée.Furet prit l\u2019instrument et se mit à gratter l\u2019archet sur les cordes.Ce fut une hilarité formidable.Les sons du violon ressemblaient à un miaulement aigu et déchirant.\u2014 Chut.cria papa, nerveux, et pour cause.Fiche-moi le camp avec ton violon.Que je ne l\u2019entende plus! Furet ne se fit pas prier! Quatre à quatre elle monta l\u2019escalier du grenier, son habituel refuge et se blottit dans un coin préféré, celui qu'elle appelait sa maison, le coin où dormaient ses poupées dans des boîtes de carton rose et ses jouets délabrés.Furet cassait tout.Mais, comme elle possédait à fond l\u2019art d\u2019accommoder les restes, elle retapait toutes ses merveilles et jouait volontiers avec les débris.Dès que le violon fut en sa possession, Furet devint sage.Elle passait son temps à le polir, à le toucher, à y cracher dessus pour faire luire.Elle essayait bien quelquefois de jouer, mais c\u2019était si vilain qu\u2019elle y renonçait vite.L'hiver arriva et le violon fut abandonné dans le grenier que le froid rendait inhabitable.Chez nous, la gêne devenait de plus en plus grande.Père avait pris un mauvais rhume et manquait son bureau trois fois par semaine.Le banquier, homme bon et généreux, payait régulièrement le mois complet, malgré les absences de son employé.Mais il fallait à notre cher malade une nourriture plus substantielle, des vêtements plus chauds, des remèdes coûteux.\u2014 Ce dur hiver ne finira donc jamais, disait souvent ma mère.L\u2019hiver finit et le printemps revint.Mais aux premiers rayons de mars, père ne se leva plus.Les beaux jours allaient venir, le printemps allait sourire, nous avions acheté pour les lui offrir les premières giroflées, quand notre malade s'éteignit un soir, un beau soir de mai en nous bénissant d\u2019un geste et en murmurant d\u2019une voix faible comme un souffle: \u2014 Aimez bien votre mère!.Je ne sais pas trop ce qui se passa pendant la longue veillée funèbre.Des voisins étaient venus, puis des parents.On avait couché les plus petits, mais ils s\u2019étaient levés, voulant revoir le père.Le père était là, tout vêtu, sur son lit, où nous aimions à l\u2019embrasser durant sa maladie.On l\u2019avait entouré de fleurs.Ma mère atterrée se trouvait sans ressources.Le malheur aujourd\u2019hui, la misère demain.Oh! mes petits!.sang'otait-elle éperdûment.Tous ceux qui l\u2019entouraient s\u2019efforçaient en vain de la consoler.Cela dura jusqu\u2019au matin.Alors, un beau monsieur tout vêtu de noir, et qui était, je crois, le banquier si bon pour notre papa, vint, et nous dit: \u2014 \u201cNe restez pas là, mes enfants!\u201d Voulant lui obéir, puisque nous lui devions de la reconnaissance, je fis un signe à mes frères et à mes soeurs et nous courûmes au grenier.Des gens montaient chez nous, beaucoup de monde.Silencieusement, Grande se mit à pleurer.Henri pleurait aussi.Moi, je regardais tristement Jean et Furet qui s\u2019installaient pour jouer, reprenant leurs habitudes.Et j\u2019avais honte pour eux: s\u2019amuser un pareil jour!.Les enfants ignorent la vie.Les enfants ne comprennent pas la mort.Soudain, ils éclatèrent de rire.\u2014 Alice et Jean, taisez-vous! A mon air courroucé, docilement les enfants s\u2019arrêtèrent.Deux minutes plus tard, Alice, oublieuse, prit son violon et joua.\u2014 Ça, c\u2019est trop fort! criai-je d'une voix mauvaise que la colère faisait trembler.D\u2019un geste brusque, j'arrachai l\u2019instrument des mains de ma soeur et le jetai à terre.Furet eut un hoquet terrible, méchant.Son jouet préféré, son cher violon gisait à ses pieds brisé!.Déjà pris de remords, je m\u2019avançai pour demander pardon à ma soeurette, quand mes yeux se portèrent sur un paquet de papiers noués avec soin qui s'était échappé du violon.Ce paquet je le compris bien vite, c\u2019était l\u2019héritage de l\u2019oncle Brice: dix beaux billets soyeux portant chacun en caractères très lisibles: mille francs! En courant comme des insensés nous descendîmes chez nous.La chambre (Suite à la page 44) 10 &8atMdi 20 août 1927 4sii Sï; m * 4 ¦\t¦IP»: \\ * ^ Nouvelle Sentimentale LE SECRET Pat Paul Rouget DES MUGUETS OMMENTl des muguets déjà!» \u2014«Mais oui, mademoiselle; les désirez-vous?» \u2014 «Qh! bien volontiers, monsieur, car c\u2019est la fleur que je préfère!» Le jeune homme qui venait d\u2019entrer s\u2019inclinait légèrement, et du bout de ses doigts gantés il présentait à Claire Bélières les quelques tiges de muguet qu\u2019il avait détachées de sa boutonnière; en même temps, il ajoutait: \u2014 Je regrette qu\u2019il soit à peine fleuri.Je ne pensais pas qu\u2019il pût y en avoir déjà.C\u2019est l\u2019enfant de mon jardinier qui a trouvé ces boutons ce matin.Parmi les feuilles vertes, en effet, il n\u2019y avait point encore de clochettes, mais seulement de petits grelots blancs qui tremblaient.Ils semblaient, ces grelots, faits de neige vivante.De la fine rosée les éclaboussait comme d\u2019une poussière de perles.Ils exhalaient un parfum délicieux.D\u2019un geste charmant, Claire avait porté les fleurs vers son visage.Elle en aspira la senteur avec des palpitations üa ses narines roses.Ses yeux bleus et doux, un peu mélancoliques, traduisirent une griserie soudaine.Elle n\u2019entendit plus ce que l\u2019on disait autour d\u2019elle.II Ce jour-là, M.et Mme Bélières, les parents de Claire, qui venaient de se retirer des affaires après fortune réalisée, donnaient un déjeuner dans la villa, baptisée du nom de Riartt-Séjour, qu\u2019ils avaient fait bâtir près de Remi-remont, au bord de la Moselle, en un cadre ravissant.A ce déjeuner, ils avaient invité quelques commerçants de la ville, des industriels et des propriétaires des environs; des jeunes gens aussi s\u2019y trouvaient.M.et Mme Bélières songeaient que Claire, leur fille, allait avoir bientôt vingt-deux ans et qu\u2019il était temps de la marier.Les prétendants à sa main, certes, ne manquaient pas, car on sa- vait qu\u2019elle apporterait avec sa beauté, une jolie dot à son futur mari.Mais à toutes les tentatives que ses parents avaient faites pour la décider, Claire avait jusqu\u2019ici opposé une formelle fin de non-recevoir.Elle se trouvait bien près d\u2019eux, objectait-elle, et elle ne voulait point les quitter encore.En réalité, possédant une âme sentimentale, portée à la rêverie, à la mélancolie, Claire s\u2019effrayait à la pensée de prendre pour mari un homme qu\u2019elle n\u2019aimerait pas ou qui ne l\u2019aimerait pas.Romanesque, elle avait peur de souffrir dans une union de convenances.Elle pressentait que la plupart de ces prétendants qui se pressaient autour d\u2019elle désiraient, en l\u2019épousant, faire une fin, comme on dit, ou toucher une dot.Et ce qu\u2019elle souhaitait, elle, c\u2019était un coeur battant à l\u2019unisson du sien, une nature s'harmonisant avec la sienne, un amour répondant à la tendresse sincère débordant de son être.Jusqu\u2019alors, celui qui eût pu donner satisfaction à ses voeux ne s\u2019était pas encore trouvé devant elle.Elle n\u2019ignorait point que les jeunes gens réunis en ce moment dans ce salon avaient été invités avec intention par M.et Mme Bélières; mais elle les avait à peine remarqués, à l\u2019exception d\u2019un d\u2019entre eux, modeste et timide, qu\u2019elle ne devait point oublier.11 s appelait Jean Vardieu et était fils d un garde-forestier.Quelques mois plus tôt, un soir d\u2019été, au péril de sa vie, il avait arrêté sur la route du Val-d\u2019Ajol les chevaux d une voiture, qui s\u2019étaient emportés, et dans cette voiture se trouvaient M.et Mme Bélières avec leur fille.La route descendant en lacets, surplombant des abîmes, et les chevaux affolés, ne pouvant plus être maîtrisés par la main du cocher, c\u2019était la mort certaine pour les voyageurs, si le jeune homme n avait comme providentiellement surgi et ne s était élancé coura- 20 août 1927 ^Samedi 11 geusement à la tête des animaux qu\u2019il avait réussi à arrêter.Le commerçant, sa femme et sa fille avaient chaudement remercié leur sauveteur.Et, par reconnaissance, ils avaient cru devoir l'inviter à déjeuner ce jour- là.Jean Yardieu vivait près de son père, dans une modeste maisonnette de la montagne.Le forestier était à son aise .ayant bénéficié d'un héritage ; malgré cela, il n\u2019avait point voulu quitter sa modeste place.Il avait fait donner à son fils une bonne instruction ; mais celui-ci, de santé chancelante, s était vu dans l\u2019obligation, ses études finies, de rentrer au foyer paternel.Le forestier adorait son fils ; il l\u2019avait gardé auprès de lui, le soignant ainsi qu\u2019une mère eût pu le faire, espérant toujours que le grand air et le repos finiraient par triompher de cette langueur étrange dont il souffrait.Claire avait remarqué sa pâleur et aussi, à un certain instant, l\u2019expression de son regard profond et doux fixé sur elle ; mais dès que les yeux de la jeune fille eurent surpris ce regard, Jean détourna la tête.Et il s\u2019était senti le coeur torturé de ne pouvoir contempler comme il l\u2019eût souhaité cette belle jeune fille qui repassait dans ses rêves depuis le jour où il l\u2019avait vue, toute tremblante de frayeur, s\u2019inclinant devant lui en murmurant des mots de remerciement, cette jeune fille qu\u2019en dépit de sa volonté et de tous les obstacles qui les séparaient, il aimait de toute son âme en se traitant de fou et d insensé!.III Durant le déjeuner, Jean Vardieu ne brilla guère.Taciturne, triste, timide surtout, comme nous l\u2019avons dit, il songeait aux paroles prononcées par la jeune fille en apercevant les muguets.Elle avait dit: \u2014 C'est la fleur que je préfère! De temps à autre, à la dérobée, Jean l\u2019enveloppait d\u2019un rapide regard, s\u2019efforçant d'atténuer aussitôt l\u2019éclat de la flamme qui s\u2019allumait en ses yeux.Il se sentait dépaysé dans ce milieu de gens cérémonieux, sceptiques et brillants.De bonne heure il prit congé.Un peu plus tard, quand tous les invités eurent quitté la villa, Claire gagne le jardin, puis un petit bois de sapins qui y était attenant.Sa mère, l\u2019ayant vue sortir, l\u2019avait suivie.Elle la rejoignit dans une allée ombreuse qu\u2019une exquise fraîcheur emplissait.L'attirant près d\u2019un banc, la forçant à s\u2019asseoir, doucement elle lui demanda ; \u2014 Eh bien! ma chérie, as-tu trouvé ton Prince-Charmant, cette fois?Un soupir monta aux lèvres de Claire, et elle murmura: \u2014 Je t\u2019en prie, maman, laisse-moi! Je veux rester près de toi.encore.longtemps!.Mme Bélières vit que des larmes filtraient sous les paupières de Claire; alors, se penchant vers elle: \u2014 Pardon, mon enfant, fit-elle, pardon!.IV \u2014 Mademoiselle Claire, un bouquet de muguets pour vous.\u2014 Qui l'a apporté, Gertrude?\u2014 Un gamin du village.\u2014 Vous l\u2019avez payé?\u2014 Non, mademoiselle ; il a dit comme ça qu'il l\u2019était déjà pour sa commission.\u2014 Mais de la part de qui?.\u2014 Ah! je ne sais pas, mademoiselle!.Claire s'était emparée du bouquet.De même que ceux qu'on lui avait donnés la veille, les muguets n\u2019étaient encore qu\u2019en boutons.Pourtant, quelques-uns de ceux-ci s\u2019ouvraient déjà, versant leur parfum comme des cassolettes.Gertrude s'était retirée.La jeune fille, immobile, se demandait qui pouvait lui envoyer ces fleurs.Un des jeunes gens qui avaient as- sisté au déjeuner offert par ses parents, sans doute; mais lequel d\u2019entre eux?La délicatesse de l\u2019attention jointe à la discrétion de l\u2019envoyeur la charmèrent.Son imagination travailla, et son coeur, en même temps ,se mit à battre comme il n'avait point encore battu.Elle supposa un instant que ce bou- .quet lui était adressé par le jeune Per-netti, le fils d\u2019un grand fabricant de Remiremont, celui-là même qui la veille, avait, pour les lui remettre, enlevé les muguets de sa boutonnière; puis, elle songea qu\u2019il avait l\u2019âme bien trop vulgaire pour qu\u2019une aussi gracieuse idée lui fût venue.Et, de nouveau, une interrogation se posa dans la pensée de Claire: \u2014 Qui?V Le lendemain matin, le gamin reparaissait encore à la grille du jardin de la villa.Le bouquet qu\u2019il apportait était, cette fois, fait de fleurs épanouies.Ce fut Claire qui, prévenue, alla elle-même le recevoir.Le commissionnaire était un garçonnet de dix ans, aux pieds nus, aux vêtements en loques, mais à la mine futée et aux yeux noirs intelligents.Claire le questionna : \u2014 Dis-moi, petit, qui m\u2019envoie cela?\u2014.Une personne.\u2014 Une personne?.C est très vague!.Comment se nomme-t-élle, cette personne ?\u2014 Je ne sais pas.\u2014 Où habite-t-elle?\u2014 Je ne sais pas.Evidemment, l\u2019enfant mentait, ma» on lui avait défendu de parler, et î obéissait.D\u2019ailleurs pour couper court à toute question embarrassante, il se retourna soudain et s\u2019enfuit.Les jours qui suivirent, il revint; mais ni Gertrude ni Claire ne purent tirer aucun renseignement de lui.Un matin, dépitée, la jeune 611e défendit à la servante de prendre le bouquet; alors, le gamin le laissa à la grille.Que signifiait ce mystère?H y avait quelque chose d étrange dans la discrétion même de l'envoyeur.Et la jeune fille, romanesque, sentait que son coeur allait vers l\u2019inconnu.Il devait avoir une belle âme, une noble sincérité de sentiments ; il devait aussi être bon et simple, qualités qu elle goûtait particulièrement.Un jour, sans doute, il parlerait, il soulèverait le voile qui F enveloppait, -\u2014 et ce jour-là Claire, charmée, vaincue, dirait: \u2014 Je suis à vous ! Le mois de mai passa.Dans les forêts, les muguets cessèrent de croître.Leurs clochettes si jolies jaunirent, se desséchèrent.Pourtant, durant quelque temps encore, de frais bouquets, cueillis sans doute en des gorges profondes, en des fourrés sauvages et bien abrités, où les rayons brûlants du soleil ne pouvaient glisser, furent apportés par l\u2019enfant.Puis, un matin, celui-ci ne parut plus.C\u2019est qu\u2019hélas! fini, bien fini, était le temps où naissent les muguets! Toute triste soudain, Claire eut la sensation qu\u2019un vide se faisait autour d\u2019elle.Il lui sembla de ce jour que quelque chose lui manquait.Et quand sa mère, la voyant ainsi mélancolique, s\u2019efforcait de la convaincre que le mariage saurait bien ramener la gaîté en son coeur, elle secouait la tête et murmurait : \u2014 Pas encore, maman, pas encore!.L\u2019année coula.L\u2019été eut ses apothéoses; ensuite, l'automne chassa les touristes venus pour admirer la majestueuse beauté des Vosges.L\u2019hiver, enfin, posa sur la montagne son grand manteau blanc.A Riant-Séjour, toutefois, les visites ne cessaient pas; vers la grâce et la jeunesse de Claire, des hommages nouveaux montèrent.Mais elle les repoussa comme les autres, vivant ainsi que dans un rêve pour l\u2019inconnu qu\u2019elle aimait, pour ce-(Suite à la page 5 1 ) ri» ELLE AVAIT SURVEILLE L\u2019ARRIVEE DE L\u2019ENFANT WM/M pi»»'.» ,\t'en ii'cr [ilWÊmfM SIKHS wms WAl SW mm liaiuMJl 12 &8amedir 20 août 1927 Chez les Cannibales (Suite de la page 7) d'une succession de sentences énergiques, commençant par une sorte d\u2019hésitation émue et se terminant brusquement par un éclat de voix.L\u2019emphase, longuement développée est la note dominante des discours en ces pays-là mais les naturels y réussissent moins qu\u2019à la conversation ordinaire.Le chef du village de Viria fit son apparition dans la soirée et on répéta tout le même cérémonial à son sujet.C\u2019était un homme de nuance très foncée, vigoureux, et de beaucoup supérieur à tous ceux qui l\u2019entouraient Son épaisse chevelure, cette partie de la toilette où les Vitiens étalent le plus volontiers .leur coquetterie, et dont l'arrangement capricieux varie à l\u2019infini, était relevée avec art sur sa tête.Dans la conversation qui s'établit, nos hôtes firent l'éloge-de notre civilisation par rapport au mode de vie à Viti, cependant, il dut ÿ avoir plus de politesse que de sincérité dans cette affirmation.La vanité nationale est en effet un des traits dominants du caractère des Vitiens; leur orgueil, à cet égad, ne le cède en rien à celui des chinois et, comme eux.ils considèrent leur pays comme le centre du monde; aussi, les vérités géographiques leur sont-elles particulièrement désagréables.Si on leur montre un globe terrestre, ils l\u2019examinent d\u2019abord avec un minutieux intérêt mais aussitôt qu'ils ont remarqué la différence d\u2019étendue entre leur archipel et les grands continents voisins, leur plaisir s\u2019évanouit et ils s\u2019écrient avec un sourire forcé: \"Ah.notre terre n'est pas plus large que le saut d'une puce.\u201d Leur conviction n\u2019en est d\u2019ailleurs pas ébranlée et ne rejoignant leurs camarades, ils déclarent bien vite que ce globe n\u2019est qu\u2019une \"boule de mensonge\u201d.Sentant qu\u2019ils ne sauraient être sincères en pareille matière, ils se persuadent facilement, par forme de consolation, que les hommes blancs ne le sont pas davantage en parlant de leur pays.On ne sera pas surpris non plus qu'un Vi-tien.qui a voyagé au loin, n\u2019obtienne qu\u2019une estime médiocre.La sujériorité de ses connaissances, blessante pour les chefs, le rend insupportable à ses égaux.On rapporte à ce sujet que l\u2019un d\u2019eux, ayant visité les Etats-Unis, reçut, à son retour, l\u2019ordre de dire si le pays des blancs était préférable aux Viti: il s\u2019en défendit d'abord, prévoyant sans doute l\u2019issue de cet interrogatoire.On insista cependant, mais à peine avait-il commencé son récit qu\u2019un des auditeurs s\u2019écria; \"Voilà un impudent gail- lard.\u201d Un autre ajouta; \"Allons donc, ce n\u2019est qu\u2019un menteur.\u201d Un troisième, plus exaspéré, réclamait la mort du fâcheux narrateur.L\u2019indigène désappointé, trouvant si peu de sympathie pour ses récits de voyage, résolut simplement de \"fermer sa boîte\u201d afin de laisser ses compatriotes se calmer.Le jour suivant, continue l\u2019explorateur, à la suite d\u2019une marche fréquemment interrompue par de fortes averses et par des passages difficiles que formaient les nombreux détours de la rivière, nous arrivâmes à d'autres villages où l\u2019on nous fit la réception habituelle.Nous apprîmes que la coutume d\u2019étrangler les veuves était encore en pleine vigueur dans le district de Salaira.Le chef, gentilhomme dont le nom ne renferme pas moins de quatorze syllabes, essaya d\u2019abord de nier puis il finit par en convenir.Dans la plupart des districts que nous avons traversés, aussi bien que dans celui de Salaira, nous avons trouvé les pratiques de sorcellerie fort répandues.Ainsi, lorsqu\u2019un individu désire la perte d\u2019un ennemi, il s'adresse à un sorcier: celui-ci, tout d\u2019abord, se fait remettre soit des débris d\u2019aliments, soit des lambeaux de vêtements de la future victime et, en les mettant en contact avec certaines feuilles vénéneuses, les indigènes pensent obtenir la mort de la personne contre qui se fait le sortilège.Les maîtres de cet art redouté inspirent un singulier effroi et obtiennent un respect profond dans les villages où pénètre leur mystérieuse renommée.En certaines occasions, lorsque quelque objet a été dérobé et que le voleur demeure inconnu, on a recours à ce moyen pour le découvrir et le punir.Un des hommes qui nous accompagnaient avait été témoin, à ce qu\u2019il racontait, d\u2019une épreuve de ce genre à propos d\u2019un vol.L\u2019épreuve avait été pratiquée en met* tant en contact des débris de fruits volés (il s\u2019agissait d\u2019un vol de ce genre) et qui étaient restés sur le terrain, avec une plante vénéneuse.Aussitôt que le bruit de l\u2019opération magique se fut répandu, deux indigènes furent frappés d\u2019une maladie dont les suites leur devinrent fatales et avant de mourir, ils avouèrent qu\u2019ils étaient les voleurs.Toutefois, le narrateur nous fit remarquer qu\u2019on ne constata chez eux aucun mal caractérisé et, dans son opinion, il attribuait leur mort à une crise nerveuse et aux terreurs superstitieuses dons ils avaient été saisis.Nous avions aperçu, au dehors de la \"Maison des étrangers\u201d, divers petits objets bizarres consistant en pierres rondes, teintes en jaune avec du safran et posées sur de petits tas de feuilles de fougères.Nous supposâmes d'abord que c\u2019était l'emblème de quelque divinité: c\u2019était la manière d informer les gens que les porcs de l\u2019endroit étaient \"tabou\", c\u2019est-à-dire sacrés et que nul n'y devait toucher, encore moins les tuer.Heureux cochons, ils étaient plus favorités que les prisonniers de guerre qui, eux, n\u2019étaient jamais \"tabou\u201d et par conséquent, très souvent mangés Le district où nous nous trouvions ne produisant pas d\u2019huile de coco, on y suppléait avec la gomme d\u2019un arbre résineux appelé \"tammara\u201d pour se procurer de l\u2019éclairage.Lorsqu\u2019on a recueilli la gomme qu\u2019il livre en abondance, on la pétrit en pastilles d\u2019environ deux pouces de longueur que l\u2019on brûle l\u2019une après l\u2019autre aussi longtemps qu\u2019on désire de la lumière.On se sert également d\u2019un autre moyen, moins primitif, en construisant avec un éclat de bois entouré d\u2019écorce une sorte de chandelle grossière.Souvent aussi on enveloppe la gomme de feuilles et, reliant le tout avec un jonc ou tout autre matière fibreuse, on s\u2019en sert comme d\u2019une torche pendant la nuit.Lorsqu\u2019on brûle la gomme par le premier procédé, on emploie à cet effet un support fait d\u2019une large pierre plate creusée au milieu et qui empêche les parcelles de résine enflammée de se répandre et de communiquer le feu aux matières sèches environnantes.Sans cette précaution, la maison serait bientôt en flammes et tout le reste du village y passerait également.Parmi les tribus des îles Viti, une classe de gens mérite une mention spéciale: il y avait ceux qu\u2019on appelait les \"invulnérables \u201d : ils avaient la conviction d\u2019être protégés par quelque divinité et rendus, par son influence, inaccessibles aux coups de lance et autres blessures.Ils avaient la réputation d'acomplir les actes les plus hardis et de ranger toujours la victoire de leur côté dans les combats.Avant l\u2019introduction des armes à feu dans l'archipel, ces guerriers étaient en effet fameux par leur indomptable courage mais l\u2019emploi des fusils refroidit singulièrement leur ardeur.Parmi les démentis qu\u2019a ainsi reçus la superstition des Vitiens, nous citerons ce qui s\u2019est passé à Kasura.Les invulnérables dirigeaient l\u2019assaut et marchaient bravement à la tête des guerriers quand une balle traversa le large éventail de l\u2019un d\u2019eux, éventail qu'ils portaient en guise de bouclier.Presqu\u2019aussicôt, sept autres invulnérables roulèrent sur le sol, atteints également par des balles.Le reste se sauva comme des lapins.Les chefs furent tellement irrités de cette déconvenue qu'ils voulaient assommer le sorcier qui avait désigné ces hommes comme invulnérables.Le malencontreux prophète ne les attendit pas et partit pour une destination inconnue avec grand soin de ne pas laisser sa nouvelle adresse.Peu de jours avant notre passage, un grand canot de Navua, mis à l\u2019eau pour la première fois, fut attaqué par une flottille d\u2019embarcations de Serua; on lui tua un homme qui tomba par dessus bord.Les attaquants se dispersèrent et le canot, à son retour, mit à terre un détachement qui devait chercher à surprendre l\u2019ennemi; ce détachement tomba sur une bande de sept individus, deux s\u2019échappèrent, on en tua quatre et on en fit un prisonnier.Ce malheureux fut presque aussitôt jeté, vivant, dans un immense chaudron et il fut mangé sans autre cérémonie.Un de nos compagnons parla très éloquemment au chef et lui reprocha ses actes de cannibalisme.Le chef l\u2019écouta volontiers mais ne parut nullement convaincu par ses bonnes raisons et ce fut assurément de la morale bien perdue.Autre trait de ces coeurs locales.A notre arrivée à Namasi nous apprîmes qu\u2019un jeune homme s\u2019était enfui avec sa tante, la femme d\u2019un petit chef.Après avoir passé quelques jours dans les bois, ils se hasardèrent à entrer dans une bourgade près de Namasi mais malheureusement jour eux, le frère de h femme se trouvait là.Furieux, il lève sa massue pour assommer sa sœur qui le pria de l\u2019étrangler.Cette requête fut promptement exécutée et le jeune amoureux, dési-frant aussi être étranglé, subit 1q (Suite à la page 44) 20 août 1927 13 AVENTURE AMUSANTE Par Paul Coutlee Monologue comique L autre jour, me promenant dans une rue déserte, je fus heurté par un passant.Le passant, homme du monde, s\u2019excuse le plus civilement possible ; je lui réponds dans mon langage académique qu'il n\u2019y a pas de quoi \u2014Qu\u2019il n\u2019y a pas d'offense.L homme du monde continue son chemin et, au moment où j\u2019allais me flatter d\u2019avoir été altouché par un monsieur si distingué, je m\u2019aperçus que ma montre avait disparue.Mon homme du monde était un voleur.Immédiatement, avec la rapidité d\u2019une flèche lancée d\u2019une main sûre, je m élance vers et sur mon individu.Je lui tombe dessus à bras raccourcis; la colère centuplait mes forces.Je lui assénai trois ou quatre coups de poings sur la boîte crânienne, je lui brisai les omoplates, je lui tordis la colonne vertébrale et je changeai la forme de son nez.Lorsque l'homme fût à terre, je sautai dessus à pieds joints, imprimant mes talons de chaussures sur sa poitrine et son abdomen.Lorque la scène de pugilat prit fin, l\u2019homme du monde n\u2019avait plus forme humaine.Je m emparai de ma montre et je revins tranquillement à la maison.En entrant, ma femme me dit: \u2014 \u201cTu as oublié ta montre en partant ce matin.\u201d Je regardai dans ma poche.La montre qui s\u2019y trouvait n\u2019était pas à moi.Pour une aventure amusante, c\u2019est une aventure amusante.JEUNES GENS! JEUNES FILLES! qui récitez dam let salins, achetez QUE NOUS DIS-TUt (62 déclamations), MES MONOLOGUES (61 déclamations), tn vente dans toutes les librairies ou chez l'auteur, M.PAUL COUTLEE, 1226, rue Saint-André, Montréal.Prix.Un iollar le volume.au choix TEMOIN \u2014\tComment vous étiez témoin et vous avez laissé ce colosse battre ce tout petit homme.\u2014\tOui, mais à certains moments le tout petit homme semblait devoir prendre le dessus.L\u2019INCENDIE \u2014\tLe magasin d\u2019Isaac a passé au feu.Il paraît qu\u2019on pouvait voir le feu de très loin.\u2014\tJe te crois, je l\u2019ai vu il y a six mois.CRITIQUE Le mari.\u2014 Tu ne devrais plus faire de tartes, ma femme.Sa femme.\u2014 Mais je croyais que tu aimais les tartes.Le mari.\u2014 Oui, mais c\u2019est un travail trop \u201cdur\u201d pour toi.LE MENDIANT PROPRE La dame.\u2014 Je ne vous donnerai rien.vous êtes trop sale.Le mendiant.\u2014 Mais, madame.c\u2019est pour m\u2019acheter du savon.A LA PHARMACIE Le client chauve.\u2014 Vous me jurez que ce tonique est bon pour les cheveux.Le pharmacien.\u2014 Il est de ma propre invention, monsieur, et s\u2019il fait tomber vos cheveux au lieu de les faire pousser, je vous donnerai deux autres bouteilles gratuitement.L\u2019HABITUDE L\u2019habitué des restaurants prend un repas à la campagne. i&i.\u2022Ai Ui\trf ÿ.t; \u2022 INVITATION Madame.\u2014 Je crois que je vais inviter nos nouveaux voisins à diner avec nous.Monsieur.\u2014 Pourquoi ?Madame.\u2014 Le boucher a laissé ici leur ordre de viande.AU RESTAURANT C (Ù ^Nr{>.sK< L'employee\u2014Comment se fait-il que vous preniez tous vos repas ici vous qui avez une femme et six enfants?L\u2019habitué -Est-ce qu'une femme et six enfants ne sont pas des raisons suffisantes? 14 gsi&MMdJj 7 U août 1VZ7 « i i émi Ætmm m.mm iÜH ,:,7;- i \u2014t- >, DANS LE CENTRE DE LA VILLE PETIT CHANGEMENT Charles Edouard.\u2014 D'où vient ce mouchoir?Zéphirin.\u2014Un mouchoir?Mais c\u2019est ton drap de lit qui arrive de la buanderie.PROBABLEMENT Jean.\u2014Comment se fait-il que chaque fois que je viens vous voir vous êtes absente?Yvonne.\u2014La chance probablement.ECONOMIE RENSEIGNE CHEZ LE BIJOUTIER L\u2019instituteur\u2014Je viens de vous surprendre à fumer.Savez-vous ce qui arrivera aux enfants qui fument?L\u2019élève.\u2014Oui, ils seront empoisonné par Nicodème.EN TRAMWAY Un monsieur se lève de son siège devant lequel se trouve une jolie fille.La jolie fille.\u2014Non, monsieur, gardez votre siège, j\u2019insiste.Le monsieur.\u2014Insistez tant qu'il vous plaira, mais, je débarque ici.HABITUDE Le bijoutier.\u2014Vous désirez avoir le nom de votre fiancée gravé dans cette bague?Le jeune client.\u2014Oui, mais pas trop profond, on ne sait pas ce qui peut arriver.CE QU\u2019IL FIT \u2014Lorsque je suis arrivé ici je n\u2019avais que vingt-cinq sous dans ma poche.Avec cette somme je me suis tiré d\u2019affaire.\u2014Comment avez-vous fait?-\u2014J\u2019ai télégraphié à papa de m'envoyer de l\u2019argent.ERREUR L\u2019agent:\u2014Pourquoi n\u2019avez-vous pas arrêté lorsque j'ai levé la main?Le chauffeur.\u2014Excusez-moi, mais je suis professeur et j\u2019ai cru que vous vouliez me poser une question Deux enfants voient passer un ministre protestant.Un des enfants enlève son chapeau et dit: Bonjour, mon père.I/autre enfant, un peu plus vieux, se moque du plus jeune.\u2014Lui, un père?Il ne peut pas être un père, il a trois enfants.UN BON MOYEN PAUVRE HOMME Claire.\u2014 Mon futur s'imagine qu'il fera tout à son goût dans notre ménage.Anna.\u2014 Pourquoi l'épouses-tu alors?Claire.\u2014 Pour lui faire partir cette idée de la tête.A LA PHARMACIE Le client chauve.\u2014Qu\u2019avez-vous de bon pour polir l\u2019ivoire?Le pharmacien.\u2014Un shampoo.PARTOUT Monsieur.\u2014Je t\u2019ai dit que je te dénicherais un endroit solitaire pour notre pique-nique du dimanche.\u2014Je me suis fait photographier de profil?\u2014Pourquoi?\u2014Par économie, je n\u2019ai eu besoin de faire repasser qu\u2019un seul côté de mon habit.Charles.\u2014Voilà huit jours que je courre après Henri.Eugène.\u2014As-tu été partout?Charles.\u2014Oui, j\u2019ai même téléphoné chez lui.le chauffeur.\u2014C\u2019est la dernière fois que nous écrasons celui-ci, si j\u2019en juge par les apparences. 20 3oüt 1*27 &t$amtûb RECOMMANDATION Madame.\u2014Tu*as passé ta soirée au club.Monsieur.\u2014Oui.Madame.\u2014 La prochaine fois que tu passeras ta soirée au club tu me préviendras de façon à ce que je n\u2019aie pas à préparer ton déjeuner.A TABLE \u2014Je déteste manger.\u2014Pourquoi?\u2014Ça m'enlève mon appétit.RESSEMBLANCE \u2014Chaque fois que je te vois tu me fais penser à Germain.\u2014Mais je ne ressemble pas du tout à Germain.\u2014Je le sais, mais lui aussi me doit un dollar.SUR LA ROUTE L\u2019optimiste.\u2014Ça ne fait rien, c'est un endroit idéal pour prendre notre repas sur l\u2019herbe V \\ C m ÏÏiÏUlpA lilli: APPRECIATION Mariette.\u2014Crois-tu qu\u2019il est en position pour se marier?Georgette.\u2014Je le crois, je lui ai retourné la bague qu\u2019il m\u2019avait donnée.QUERELLE Madame X.\u2014On me dit que votre mari et vous vous ne vous parlez pas depuis longtemps.Madame Y.\u2014Ob, c\u2019est faux, encore ce matin il m\u2019a traité de vieille guénille.ANNIVERSAIRE Madame.\u2014Demain est notre vingt-cinquième anniversaire de mariage.J\u2019ai envie de tuer un poulet.Monsieur.-\u2014Pourquoi punir un poulet pour une faute qu\u2019il n'a pas commise.EN ESPAGNE Le toréador.\u2014Ab, sénorita, ce soir j\u2019irai chanter sous ta fenêtre.Consuelo.\u2014Oh, ne viens pas, je te jette une fleur.Le toréador.\u2014Dans un moment d\u2019amour fou.Consuelo.\u2014Non, dans un pot.DECLARATION Ferdinand.\u2014Mademoiselle, vous avez une beauté ultra-violet.Jeannette.\u2014Que voulez-vous dire?Ferdinand.\u2014Elle est invisible à l\u2019oeil nu.PROJETS Le père.\u2014Vous allez épouser ma fille, vous savez qu\u2019elle a toujours été gâtée par nous.L\u2019amoureux.\u2014Oui, monsieur, aussi ce serait cruel de vous l\u2019enlever, je resterai ici avec elle.SURPRISE Tiras jardinier amateur qui a essayé d\u2019enlever une roche avec ses mains dans son petit jardin was Li- Le LIBERTE L'agent.\u2014Donnez-moi vos nom et prénom?Le chauffeur.\u2014Népomucène II-déphonse Norbert Froidevaux.L'agent.\u2014Très bien, que je ne vous rattrape plus.DILEMNE Monsieur.\u2014Allons au théâtre.Madame.\u2014Je n\u2019ai rien à me mettre sur le dos.Monsieur.\u2014Alors allons à l\u2019opéra.DEVINETTE \u2014Quelle différence y a-t-il entre un Gaspésien et un gendre?\u2014Le Gaspésien aime sa belle mer et le gendre n\u2019aime pas sa belle-mère.-\u2014 V. 16 ^^amsél 20 août 1927 LA COMEDIE FEMININE Voyageons) sans toilettes (C'est won \\idee aussi Une /ah se et fine jboite k chapeau \\ é line petite val et 'une Jjoitç a C-lldpeau.dt Ma.'ticl /nette,z mon iznqe .a an s quatre malles s-/i Julie a\\ettez.mon Izngç Jam trois mfl-lles et demandez ddie n, madame.lexflresse EN CHEMIN DE FER UN PEU D\u2019HISTOIRE La meme c/iose 1/ous /oyez que sous une /alzsç et une boite à d\\af)eau\\ Le voyageur.\u2014Vous avez passé ma station sans arrêter, pourquoi?Le conducteur.\u2014L'ingénieur est en brouille avec le chef de gare, alors pour se venger il n'arrête plus son train à cette station.PETIT CHANGEMENT \u2014Pourquoi Gustave et sa femme se sont-ils querellés hier soir?\u2014Gustave s\u2019est fatigué de voir sa femme jeter ses cendres de cigarettes sur le tapis qu'il venait de balayer.Le professeur.\u2014Combien l\u2019Espagne a-t-elle eu de guerres durant le dix-septième siècle?L\u2019élève.\u2014-Sept, monsieur.Le professeur.\u2014Nommez- L\u2019élève.\u2014Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept.AU RESTAURATNT Le garçon.\u2014Qu\u2019est-ce que vous allez manger?Le client.\u2014Un peu de ma fortune.V 20 août 1927 3è'$cuin&dii 17 EPISODE NUMERO 35 Sj^LE GRAND *St INVENJEJUR 'Vv>- -\u2014\u2014 m \u2014 ii.ni %^y tvgèfr\u2019< ' 7 I tlon livre des bébés Gratis, i\t13327 Le Leadër Encore 1927 Une Belle Taille aux lignes harmonieuses, l\u2019orgueil de toute femme, est assurée.Madame ou Mademoiselle, par l\u2019usage régulier des fameuses PILULES PERSANES de Tawfisb Haps, de Téhéran, Perse $ 1.00 LA BOITE 6 boîtes pour $5.00 La Société des Produits Persans Agent : PHARMACIE MODELE DE GOYER 180-est, rue Ste-Catherine, Montréal N.B.\u2014 Quand vous envoyej de r argent faites remise par mandat-poste et faites recommander ( enrégistrer) votre lettre. itèmtmm Lu août ivn 42 En vous levant le matin \u2014 une \u201cpincée\u201d de ¦FRUIT SALT- dans un verre d\u2019eau, vous apporte santé et bonheur.CRIQUETTE (Suite de la page 41) cement les cheveux de Criquet-te.Elle le regardait avec un sourire.Bientôt ils ne dirent plus rien.Une sorte d\u2019engourdissement les prit, un demi-sommeil dans les bras l\u2019un de l\u2019autre.Un petit coup frappé à la porte les ramena brusquement au sentiment de la réalité.Une des bonnes de l'hôtel apportait une lettre pour Pascal.Criquette regardait avidement Tadtesse de la lettre, et dès que la bonne fut sortie : \u2014 C\u2019est d\u2019elle.Je reconnais l\u2019écriture.Ouvre.ouvre vite.Il brisa le cachet, mais sous la première enveloppe s\u2019en trouvait une seconde sur laquelle étaient écrits ces deux mots: Pour elle.Elle contenait la lettre suivante : /-\u2014\u2014-\u2014-^ Embellissez votre Poitrine en 25 jours Toutes les Femmes doivent être belles, et toutes peuvent l\u2019être grâce au Réformateur Myrriam Dubreuil.\u2014 Succès assuré en 25 jours.Avoir une belle poitrine, être grasse, rétablir vos nerfs.cela en 25 ;ours, avec le Réformateur Myrriam Dubreuil, approuvé par les meilleurs médecins.Les chairs se raffermissent et se tonifient, 'a poitrine prend une forme parfaite sous l\u2019action bienfaisante du Réformateur.Il mérite la plus entière confiance, car il est le résultat de longues études consciencieuses.Le Réformateur Myrriam Dubreuil est un produit naturel, possédant la propriété de raffermir et de développer la poitrine, en même temps que sous son action, se comblent les creux des épaules.Seul produit véritablement sérieux, garanti absolument inoffensif, bienfaisant pour la santé générale .le Réformateur est très bon pour les personnes maigres et nerveuses Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme, dont la Poitrine a perdu sa forme harmonieuse par suite de maladies, ou qui n\u2019était pas développée ENGRAISSERA LES PERSONNES MAIGRES EN 25 JOURS GRATIS.Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons Gratis notre brochure illustrée de 32 pages, avec Echantillon du Réformateur Myrriam Dubreuil.Notre Réformateur est également efficace aux Hommes ma grès, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.\tToute correspondance strictement confidentielle.Ls jours de bureau sont: Jeudi et Samedi de chaque semaine, de 2 h.à 5.h.p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL, 3902, PARC LAFONTAINE DEPARTEMENT 2 \u2014 BOITE POSTALE 2353 \\- J GRATIS GRATIS Beauté de la Poitrine DISPARITION DES CREUX DES EPAULES ET DE LA GORGE PAR L'EMPLOI DU Traitement Denise Rov EN 30 JOURS Le Traifemenl Denise Roy développe et raffermit rapidement la poitrine.D\u2019une efficacité remarquable et durable sur le buste.Très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Bienfaisant pour la 3anté comme tonique pour renforcir, facile à prendre; il convient aussi bien à la jeune fille qu à la femme faite.PRIX DU TRAITEMENT DENISE ROY, DE 30 JOURS.AU COMPLET: *1 00 Mme DENISE ROY, 508 Est, rue ROY, MONTREAL Boîte Postale 2740\tDépL I\tTel.: Est 9252 J Renseignements gratis donnés sur réception\tToute correspondance strictement de 3 sous en timbres.\t«m/î dent telle.«Je ne puis consentir à un tel mariage.Je n\u2019y consentirai jamais.Si vous voulez revenir seule, docile et obéissante, je puis encore pardonner, personne ici ne se doute de votre départ.Si vous ne voulez pas revenir, je ne vous demande qu\u2019une chose et j\u2019ai le droit de vous la demander: Ne reparaissez jamais à Beauvais.Je dirai que vous êtes allée vous jeter dans un couvent à Paris.Vous me comprenez bien.Revenez tout de suite, ou ne revenez jamais.«Aurélie.» Criquette lut et relut la lettre très attentivement, puis elle la remit à Pascal.Il la lui rendit, quelques instants après, sans une parole.XIII Le lendemain, à trois heures, Aurélie recevait la lettre suivante : «Vous n\u2019entendrez plus jamais parler de moi.» Aurélie mit un chapeau, un mantelet, et s\u2019en alla rendre visite à madame Meunier.Elle lui expliqua que sa pupille, entraînée par une irrésistible vocation, venait de commencer son noviciat dans un couvent de Paris.\u2014 Votre fils ne peut lui en vouloir, dit-elle en terminant.Elle ne lui a préféré que Dieu.Le jeune Stanislas se résigna.U épousa la moins laide des trois Beauvaisines disponibles.Quant à Aurélie, elle continua de vivre à Beauvais dans la paix provinciale, en pleine considération.Au moment précis où la tutrice de Criquette adressait à mada- me Meunier un discours très ét-dié sur l\u2019irrésistible vocation .< sa pupille, celle-ci contractai bien un engagement mais ce n\u2019était pas avec Dieu et ce n\u2019était pas pour l\u2019éternité; c\u2019était avec César Lemuche, directeur du théâtre du Mans, et ce n\u2019était que pour sept mois, du 1er octobre 1866 au 1er mai 1867, à raison de deux cent cinquante francs par mois.Elle promettait de lui «consacrer ses talents, exclusivement et sans réserve d\u2019aucun \u2014 c\u2019est la formule \u2014 dans l\u2019emploi des ingénuités amoureuses».Criquette s\u2019était tirée à son honneur de sa seconde audition, elle avait débité avec beaucoup de grâce et de gentillesse le joli rôle de Jacqueline.\u2014 Tu es charmante, lui avait dit Lemuche; tu as certainement besoin de travailler, d\u2019apprendre ton métier.Ce sera mon affaire.Je serai ton professeur.Et maintenant, si vous voulez m\u2019en croire, mes enfants, partez dès demain.Allez vous installer au Grand Vainqueur, une bon ie vieille maison, moitié hôtel, moitié auberge, à la porte du Mans, presque à la campagne.Vous dépenserez là moins d\u2019argent qu\u2019à Paris.Nous ne répéterons que dans une dizaine de jours, mais la besogne, d'ici là, ne vous manquera pas.Il a, lui, une dizaine de rôles à étudier et tu vas, ma petite, en avoir autant pour ta part.Mes affaires me retiendront à Paris jusqu\u2019à la fin de la semaine, mais d'aujourd\u2019hui en huit je vous invite à dîner, chez moi, au Mans dans ma petite maisonnette.Vous ferez la connaissance de mademoiselle Clémentine, ma soeur.Et, si tu ne gagnes pas son amitié dès la première heure, comme tu as gagné la mienne, j\u2019en serai bien étonné, Criquette.Oui, Criquette, car, moi aussi, je veux t\u2019appeler Criquette.Ils partirent le lendemain, et Criquette découvrit enfin ce que c\u2019était que le bonheur.La première quinzaine d\u2019octobre fut délicieuse, un de ces commencements d\u2019automne qui ont des douceurs et des tiédeurs de printemps.Et c était aussi le printemps dans le coeur des deux jeunes gens, avec leur amitié devenue de l\u2019amour! Us reprirent leurs promenades et leurs vagabondages d\u2019autrefois, mais à travers la vraie campagne.Dès le matin, ils partaient, en emportant la brochure d un drame bien noir ou d\u2019un vaudeville bien gai, la Closerie des Genêts ou l\u2019Amour, qué qu\u2019 c\u2019est qu\u2019 ça ?Le (Suite à la page 43) zu août i '4/ je&am&w n Affections causées par 1e CATARRHE Catarrhe du Nez et de la Gorge Surdité\u2014Bruits dans les Oreilles Tous les maux dont on souffre à la tête sont graves et ne doivent pas être négligés.Aussi, si vous ne vous défendez pas contre le Catarrhe de tête, tout votre organisme en souffrira Si vous êtes sujet au rhume \u2014 si vous avez à vous moucher continuellement et qu'un mucus se dégage de la gorge \u2014 si vous avez la sensation que votre nez et vos oreilles sont bouchés \u2014 si vous avez mauvaise haleine et la gorge irritée ou sensible \u2014 si vous avez des attaques de surdité ou des tintements dans les oreilles, il est grand temps que vous songiez à vous soigner CONSULTATION GRATUITE Voudriez-vous savoir comment libérer votre tête du Catarrhe?Signez donc ce coupon et expédiez-Ie par courrier.donne droit à tout lec- aPonnnn tcur\ta unc VwV/UjJUU consultation gratuite sur le Catarrhe.NOM .ADRESSE .Vous recevrez une consultation pratique, facile à comprendre et à suivre, basée sur 40 années d\u2019expérience dans le traitement des maux de Nez, de Gorge et d'Oreilles.Ecrivez-nous dès maintenant et retrouvez le bonheur en débarrassant VOTRE tête du Catarrhe.comme firent des milliers de gens.Ecrivez en français ou en anglais.SPECIALISTE SPROULE pour LE CATARRHE 409 Cornhill Building,\tBoston.Mass.Engraissez votre silhouette Ayez une jolie ligne Une nouvelle mixture de LEVURE et de FER qui vous donnera de la chair ! Facile à prendre \u2014 Economique Résultats rapides \u2014 ou rien à payer Essayez-la à nos risques Nous sommes si certains que la LEVURE FERRUGINEUSE vous donnera les résultats que vous en attendez que nous remboursons le léger montant payé au pharmacien pour le traitement d'essai si vous n\u2019êtes pas entièrement satisfaite Si vous ne pouvez vous procurer le traitement à la pharmacie, envoyez $1.25 à IRON1ZED YEAST CO., Fort Erie, Desk 166-M.Attention ! levure ferrugineuse ne doit pas être prise par quiconque ne TIENT pas â ce que son poids atteigne la normale.Ne manquez pas de lire La Revue Populaire En Vente partout: 15 sou> CRIQUETTE (Suite de la page 42) plus souvent ils s\u2019en allaient à Yvré-l\u2019Evêque.C\u2019était une course d\u2019une grande lieue; ils suivaient une admirable route bordée de hauts peupliers; ils déjeunaient dans un cabaret près du petit pont qui traverse l\u2019Huis-ne, à la sortie du village.Puis ils passaient leur journée en plein air, dans un endroit ravissant, à l\u2019ombre de quatre grands châtaigniers, sur la pente du plateau d\u2019Auvours.Là, tous deux couchés dans l\u2019herbe ou assis sur un vieux tronc d\u2019arbre, ils échangeaient gravement des tirades de mélodrame et des couplets de vaudeville.Us avaient un auditeur, un vieux berger qui faisait paître ses moutons aux flancs de la montagne; il venait s\u2019asseoir à côté d\u2019eux, dans sa peau de bique, son baton noueux entre les jambes, et riait de confiance, quand il voyait rire, sans comprendre un traître mot à ce qu\u2019ils disaient.Le chien du troupeau se mettait aussi quelquefois de la partie, jappant de toutes ses forces, quand un fou rire prenait en même temps les deux jeunes gens et le vieux berger.Criquette et Pascal dînèrent chez le père Lemuche.et furent présentés à mademoiselle Clémentine, une singulière petite bonne femme, toute courte, toute ronde, et fort surprise d\u2019achever parmi les comédiens et les comédiennes une existence qui s\u2019était passée presque tout entière dans le milieu le plus aristocratique.Elle était, en 1832, maîtresse d\u2019école à Sargé, un gros village à une lieue du Mans, lorsqu\u2019une châtelaine des environs, la marquise de Louvercy, la donna pour institutrice à sa petite-fille.Mademoiselle Lemuche entra au château de Louvercy pour n\u2019en sortir qu\u2019au bout de trente ans.En effet, l\u2019éducation de sa jeune élève terminée, elle s\u2019élevait au rang de lectrice et dame de compagnie de la marquise.Tous les romans du dix-huitième et tous ceux du dix-neuvième siècle s\u2019écoulèrent, comme un torrent, par les lèvres de mademoiselle Lemuche, de 1842 à 1862.Elle ne quittait jamais la marquise, allait habiter avec elle à Paris pendant l\u2019hiver, un vieil hôtel de la rue Vaneau et vivait ainsi dans le grand, dans le très grand monde.De telle sorte que si César Lemuche pouvait dire à sa soeur: «Talma m\u2019expliquait un jour, etc.,» et «Je faisais remarquer un soir à mademoiselle Mars,» Clémentine Lemuche pouvait répli- Si vous tenez à recouvrir vos os de chair ferme, à vous débarrasser la peau de boutons et d'imperfections, à acquérir de la vigueur physique, mettez-vous au régime de la LEVURE FERRUGINEUSE \u2014 deux tablettes à chaque repas \u2014 et notez le changement rapide qui s\u2019opérera en vous.LA LEVURE FERRUGINEUSE comporte deux toniques en i seul\u2014la LEVURE qui donne de la chair et le FER qui renforcit Tout médecin vous dira que rien n'engraisse et ne fortifie mieux que ces deux ingrédients réunis.Dans la LEVURE FERRUGINEUSE, la Levure et le Fer sont très concentrés, ce qui augmente énormément leur efficacité et assure des résultats rapides.bn très peu de temps les salières du cou sont ____ comblées, la figure et les épaules sont refait-s de bonne chair ferme; de jolies courbes effacent la ligne osseuse et vous vous demanderez comment vous avez pu, si longtemps, tolérer d'être si maigre et si peu attrayante.Continuée à prendre de la LEVURE FERRUGINEUSE jusqu\u2019à ce que vous ayez atteint le poids désiré et l'énergie nécessaire.Les tablettes de LEVURE FERRUGINEUSE sont agréables à prendre.Elles n\u2019abîment pas l'estomac, ne causent pas de gaz ni de gonflement.Procu-rez-vous-en un traitement complet, aujourd'hui, dans n importe quelle pharmacie.quer à son frère: «Je me trouvais chez la duchesse d\u2019Estignac, etc., et «J\u2019ai entendu raconter par le prince de Valgeneuse.» Tout en restant lectrice et dame de compagnie, mademoiselle Lemuche était redevenue institutrice de 1848 à 1852, pour apprendre à lire, à écrire et à compter au jeune Etienne de Sé-rignan, fils de son ancienne élève.La marquise mourut en 1862, laissant à sa lectrice une rente viagère de douze cents francs, et la vieille fille, tombant brusquement du faîte des grandeurs, vint demander l\u2019hospitalité à son frère, qui la reçut à bras ouverts.Le retour de mademoiselle Lemuche fut précédé d\u2019une déclaration très nette : les choses et les gens de théâtre n\u2019existeraient pas pour elle; ayant vécu de la façon dont elle avait vécu, elle ne voulait pas avoir à se commettre avec des comédiens, qu\u2019elle considérait comme des mécréants; elle n\u2019admettait qu\u2019une exception: son frère.Un mois s\u2019écoula, pendant lequel Clémentine Lemuche affecta d\u2019ignorer complètement la profession exercée par César Lemuche.Mais, dans les premiers jours du second mois un matin, pendant le déjeuner, elle dit à son frère : \u2014 Eh bien, comment va-t-il, ton affreux théâtre ?\u2014 Mais pas trop mal.\u2014 Et tes affreux acteurs ?\u2014 Pas trop mal non plus.\u2014 Hier, sur la place du Marché, j\u2019ai vu ton affiche.\u2014 Mon affreuse affiche ! \u2014 Tu jouais la Grâce de Dieu.Un drame, n\u2019est-ce pas?Je l\u2019ai lu autrefois à la marquise.\u2014 Oui, c\u2019est un drame.\u2014 Eh bien, as-tu fait une bonne recette, hier soir ?\u2014 Très bonne.\u2014 Combien ?\u2014 Plus de six cents francs ! \u2014 Et c\u2019est beau de faire plus de six cents francs ?\u2014 Oui, quand on n\u2019a que trois cent cinquante francs de frais.Mademoiselle Clémentine ne poussa pas plus loin l\u2019interrogatoire; mais, quelques jours après, elle disait à César : \u2014J\u2019étais toute seule hier soir.Tu avais laissé sur mon bureau un espèce de mémoire de couturière.J\u2019ai jeté les yeux dessus, machinalement, sans trop penser à ce que je faisais.\u2014 C\u2019étaient les comptes de ma costumière.\u2014 Précisément.Eh bien! il y avait dans le mémoire deux ou (Suite à la page 44) BOVR1L fait de délicieux Sandwiches Et très Nourrissants Pour le panier à n! pique-nique, ne préparez as de sandwiches à l'avan-Emportez simplement quel ques boîtes de p/K Fil*\t* MEAT PATTY :n quelques tranches Tout le momie les a,me\tA T (ms les épiciers vendent\tn K.le Paris Pâté.\t* de pain â Avez- vous r|L pris votre Nourri-ture pour les f* Nerfs aujourd\u2019hui?SIB» Boutons Détachables S'adaptent à TOUT vêtement El ils tiennent solidement Aucune couture à faire.Les BOUTONS PILCHER pou; célibataires tirent d\u2019embarras.Un bouton solide pour usage courant, si désiré.En vente partout.Si votre marchand n'en a pas, envoyez 25c pour un choix complet de 3 grandeurs, 3 couleurs PILCHER MEG.CO., LTD., Dépt R-1010 WINDSOR, ONTARIO Employez \u201cDEPILO\u201d TRUIRZ> Procédé les\tmoderne, oils efficace et sans danger.uvets : vivement en 1 minute.Il agit d\u2019une façon aussi simple que l'eau et le savon qui enlèvent la poussière et surtout ne fait pas repousser le duvet.Prix, fl.00, échantillon.50c.Envoyé par malle contre Bon de Poste par The White Castle Drug Co., Casier postal 2234, Montreal 44 Sb8a/medb 20 août 1927 LA PASSION DE ST-JEROME La figure du Christ, à la fois humaine et divine, est sans conteste la plus sublime de l\u2019histoire.La Passion du Christ est le drame le plus réel et le plus émouvantt de tous les siècles.Au Moyen-Age, ce drame sacré était souvent et naïvement représenté dans les «Mystères» chrétiens.Il y a trois siècles, les payssarts d\u2019Oberammergau, petit village de la catholique Bavière, firent voeu de jouer tous les dix ans le drame évangélique; ils y mirent tant de piété et de majestueuse simplicité que depuis un demi-siècle les spectateurs y viennent de toutes les parties du monde.Un prêtre-artiste canadien, l'abbé Ethier, a rêvé de donner la Passion en Amérique; tout en suivant le texte sacré, il n\u2019a pas copié la représentation d outre-mer ; il a tiré parti des ressources du théâtre moderne, surtout par l\u2019il-lumination électrique de plus de 3,000 ampoules, qui donnent un effet féerique aux paysages de la Palestine et aux superbes costumes d\u2019OrienL Une salle spéciale a été construite, véritable temple pouvant asseoir 3,000 spectateurs sur plan incliné; une scène immense permet aux 500 acteurs et aux 125 chanteurs de se mouvoir à l\u2019aise; un orchestre de 40 artistes soutient les choeurs, et joue à l\u2019ouverture de chacune des 25 scènes des morceaux classiques appropriés ; chaque scène est originale et fournit un éblouissant tableau, depuis le prologue de l\u2019Annonciation, de la Nativité et de la Fuite en Egypte \u2014 et ensuite la marche des Pèlerins, l\u2019entrée à Jérusalem, le repas chez Simon et le repos chez Lazare, la Cène, le Sanhédrin, le palais de Pilate, la flagellation, le portement de la Croix, etc.Au dire des connaisseurs, la scène du Crucifiement est une merveille d\u2019habileté théâtrale.Mais la scène de beauté suprême est le triomphe de Jésus au ciel, alors que les 500 figurants, vêtus en anges, l\u2019acclament aux accents du fameux choeur de Gounod : Ouvrez vos portes étemelles.M.l\u2019abbé Ethier a eu la bonne fortune de trouver tous les éléments de talent et de dévouement dans une petite ville gracieusement située à l\u2019entrée des Laurentides, à 30 milles au nord de Montréal; chaque été, depuis deux ans, plus de 30,000 spectateurs sont venus à la Passion de St-Jérôme, par la voie ferrée ou par automobile, de toutes les parties du Canada et des Etats-Unis.Ces spectateurs deviennent les apôtres du drame merveilleux qui les a rapprochés de la grande figure du Sauveur et de son sacrifice rédempteur.CRIQUETTE (Suite de la page 43) trois petites erreurs, et pas à ton avantage.Tu verras.je les ai rectifiées.Mademoiselle Lemuche, le lendemain, prenait le gouvernement du magasin de costumes ; puis, la semaine suivante, de la caisse et de la comptabilité.On la vit bientôt, à toute heure, et partout dans le théâtre, dirigeant les ouvrières, surveillant le contrôleur, faisant les comptes et rapportant elle-même, le soir, après le spectacle, la recette dans un petit sac de velours qui lui avait été donné par madame de Louvercy.Le jour où Pascal et Criquette prirent place pour la première fois à la table de leur directeur, il y avait deux autres invités, monsieur et madame Lacalpranè-de, qui tenaient les emplois de père noble et de deuxième duègne.Lacalpranède jouait les premier rôle à Montpellier, lorsque la veuve d\u2019un pharmacien sans enfants, et riche de quatre à cinq mille livres de rente, tomba follement amoureuse du comédien.Il lui offrit de l\u2019aimer, mais elle avait des idées bourgeoises et voulut être épousée.Lacalpranède s\u2019y résigna, mais après la déclaration suivante : \u2014 Vous prétendez ne pouvoir vivre sans moi, je ne veux pas vous tuer.Voici ma main; mais entendons-nous bien.Un artiste n\u2019a pas le droit de s\u2019immobiliser dans un seul amour.Il a besoin de se retremper sans cesse aux sources vives de la passion, de passer par des sensations violentes et multiples, d\u2019étudier constamment en lui-même, sur le vif, les crises de l\u2019amour, afin de pouvoir les jeter palpitantes sur la scène, en pâture à l\u2019avidité du public.Donc, selon toute apparence, je vous tromperai, j\u2019aurai des amies.et même, comme je suis une nature franche, expansive, tout en dehors, je vous parlerai de mes amies, je vous raconterai mes amours.Si cela vous convient, c\u2019est fait.Soyez madame Lacalpranède.Sinon, adieu, et pour la vie ! Elle accepta, s\u2019engageant à ne jamais le fatiguer de ses reproches et de sa jalousie.Promettre, ce n\u2019était rien.On promet tout quand on aime.Mais, chose étrange! Clarisse tint parole.\u2014 Elle s\u2019appelait Clarisse! \u2014Lacalpranède, pour elle, n\u2019était pas un homme, c\u2019était un dieu! à tel point que, bien que déchirée, bien que torturée, elle finit pas s\u2019intéresser à ses amours, par être fière de ses succès .Un soir elle accabla de reproches héroïques, de reproches cornéliens, une jeune première qui se permettait de résister à ce dieu et de le faire souffrir.Lacalpranède languissait, dépérissait, ne mangeait plus.Clarisse faillit arracher les yeux à cette rivale qui ne voulait pas lui prendre son mari.Clarisse passait sa vie à broder des jabots et des manchettes pour Lacalpranède, qui portait des jabots! les dernières manchettes ! Et, au bout de quelques années, afin de ne jamais quitter Lacalpranède, Clarisse s\u2019engagea dans la troupe comme seconde duègne, gagnant une quarantaine de francs par mons, chantant dans les choeurs, faisant les cris du peuple, et dévorant des yeux son mari, quand elle se trouvait en scène, derrière son idole.Un soir même, à Nancy, un incident se produisit, qui jeta le public dans un véritable délire, Clarisse jouait un rôle de femme de chambre.A la fin du quatrième acte, elle apportait une lettre à Lacalpranède qui était seul en scène.Elle lui disait :«I1 y a une réponse» et s\u2019en allait attendre respectueusement au fond, en servante bien apprise.Cette lettre avait dans le drame une importance décisive : elle apportait à Lacalpranède des révélations accablantes.Elle lui apprenait que sa femme le trompait, depuis vingt ans, avec son meilleur ami ! Lacalpranède lisait cette lettre d\u2019une voix sourde et concentrée.A la fin.il était sur le point d\u2019éclater en sanglots, mais il se contenait par un puissant effort de volonté, à cause de cette femme de chambre qui était là.C\u2019était le grand effet du rôle.Après la lecture de la lettre, Clarisse devait s\u2019approcher et dire à Lacalpranède: «Y a-t-il une réponse, monsieur ?» Redevenu maître de lui, Lacalpranède devait répliquer simplement.«Il n\u2019y a pas de réponse.» Mais la malheureuse Clarisse fut tellement bouleversée par la lecture de la lettre, son mari lui parut si touchant, si noble et si beau, qu\u2019elle se rapprocha de lui lentement, lentement, et se jeta dans ses bras, dès qu\u2019il eut cessé de parler, en s\u2019écriant : \u2014 Ah! mon Hippolyte, en as-tu de ce talent ! en as-tu ! (A suivre) LE VIOLON (Suite de la page 9) était déserte.Et près du lit solitaire notre maman pleurait.\u2014 Maman, maman, nous sommes riches!.Nous étions riches, en effet.Car dans notre détresse, les dix mille francs de l\u2019oncle Brice devenaient une fortune.C\u2019était un petit commerce pour ma mère; c\u2019étaient des études complètes pour Henri, des soins pour petit Jean et un professeur de violon pour Alice à qui on devait bien ça.En cachant ses valeurs dans son instrument, l\u2019oncle Brice avait-il voulu simplement les soustraire à certaines convoitises?Ou bien avait-il pensé que l\u2019un de nous serait musicien et trouverait un jour le bonheur dans son violon?Mystère 1 Ma mère, qui gardait dans son coeur la foi profonde des anciens, joignit les mains et murmura: \u2014 Bénissez Dieu, mes enfants.Lin souffle a passé parmi nous.C\u2019était l\u2019âme de votre père.Ucy Mario -o- Chez les Cannibales (Suite de la page 12J même sort.Tel est le mot d\u2019ordre et la loi dans ces contrées bénies du ciel comme climat mais où l\u2019homme seul fait tache par ses moeurs et sa cruauté.Notre retour au navire, exécuté sans encombre, nous permit de revoir et d\u2019étudier bien des points de vue, bien des peautés pittoresques que nous n\u2019avions fait qu\u2019entrevoir en allant.Chaque détour du fleuve, chaque ouverture de vallée débouchant sur ces rives nous mit à même de constater combien est fondée l\u2019admiration qu\u2019inspire cet archipel favorisé entre toutes les terres océaniques.Devant ces plaintes fertiles, ces lignes ondulées de collines derrière lesquelles se dressent de hautes montagnes aux cimes escarpées, à l\u2019ombre de ces forêts épaisses coupées de riches cultures, à l\u2019aspect de ces vallons sinueux arrosés de ruisseaux dont les eaux étincellent sous le ciel brillant des tropiques, comment admettre facilement que ces paysages tels qu\u2019en rêverait à peine l\u2019imagination d\u2019un artiste, n\u2019aient été depuis des siècles, et ne soient encore en réalité, que les repaires d\u2019une race de perfides sauvages et de féroces cannibales?\u2014 F I N \u2014 20 août 1927j Ss'SainiBdli tà /////.«gp will SMK 'ne bière aussi généreuse qu 'un vin vieux f UEL plaisir de verser à vos amis la Bière FRONTENAC \"White Cap\"! Son bouquet est celui d\u2019un grand vin.C est le genre de bière que Ton trouve dans les clubs et les restaurants élégants.Elle coûte peut-être quelques sous de plus que la bière ordinaire\u2014mais elle les vaut bien! White, 46 20 août 1 927 LE FOYER DU PETIT JARDINIER Réponses de Petit Jardinier ssm f&m Réponses des Correspondants LE PLACET A monsieur A.D.Tel individu qui, brisé d\u2019une aventure.Mal venu, mai fichu, roué de la Nature, Autrefois se plaçait Au moyen d\u2019un placet, Commandé, acheté chez le premier poète Famélique ou raté, qui jetait à la tète De quelque roi-placier \u2014 Un compliqué métier! \u2014 Des compliments tirés en longue théorie.Que souvent l'on disait de k catégorie De ceux qui sont fraudeurs.Exagérés: quêteurs, Ne pourrait aujourd'hui attraper une place: Fini ce médium.\u2014 Tout change en notre espace.Ce qu\u2019il faut maintenant Dit-on, c\u2019est simplement.Des mensonges écrits, des lettres de créance, Commerciaux, passe-droits qu\u2019on dit des références, Des recommandations De toutes les gestions (.liez qui l\u2019on travailla; quelque soit cette firme Où vous êtes passé, on veut qu\u2019un mot l'affirme, Faut ce passeport : \u201cRegrettons le départ \u201cDe monsieur X., vendeur actif et bien brave [homme, \u201cQui ne prend pas le coup, ne mâche pas de \u201cIl a dû nous quitter\t[gomme; \u201cPour cause de santé.\" Et c\u2019est entendu que ce mot, cette quittance.Que Ton doit conserver, souvent fait la pitance Que vous consentira Quelqu'un qui.le lira.* * * Ami, il ne faut pas que vos sentiments choque Ce moderne moyen: \u2014 Elle est si loin l'époque Où quelqu'un se plaçait A l'aide d\u2019un placet.YVON D\u2019ANGUS QUESTIONS Quelle chevelure a, le plus, votre faveur: Brune, blonde, rousse?Pourquoi?\t\u2014 Mony A TOUS.Qui placera par ondre de préférence.en donnant les raisons, les quatre substantifs: Jeunesse, Santé, Richesse, Amour?\u2014 Pinson NINON-ROSE.\u2014 Avec quel plaisir je vous retrouve, ma Ninon! Je\tn'ai\tpu aller vous applaudir,\tl\u2019autre soir, mais\tma\tpensée était\tprès de vous, pour se réjouir de votre succès.Voici ma réponse au problème posé.A priorité, cette jeune fille\test certainement légère\tet ne peut\têtre sincère\tavec elle-même si\telle\tpartage son\tcoeur en cinq ou six morceaux.D'abord, elle use sa faculté d\u2019aimer et, à l'heure pù sonnera le grand amour, qui aurait illuminé sa vie, la lassitude l\u2019aura prise et elle regrettera énormément son étourderie.D\u2019ailleurs, sa conduite la fait exposer à se voir mal juger et qui sait! peut-être dédaigner d\u2019un garçon sérieux De plus, à ce jeu elle peut faire souffrir cruellement un coeur confiait.Pourtant, la jeunesse de cette jeune fille prêche en sa faveur, on peut lui être indulgente, et je souhaiterai près d\u2019elle, une grande amie, pour lui faire changer cette ligne de conduite équivoque.Partagez-vous ma conviction, gentil diablotin?\t\u2014 Mony BRISE DES NUITS.\u2014 Désormais, j'éparpillerai mes rêves au souffle de la brise qui les enverra vers des rives lointaines.Je compte sur votre fidélité, petite amie.\t\u2014 Mony LETTRE NOIRE.\u2014 A votre expérience, mon Aurore, je pose cette grave question: Vaut-il mieux rester célibataire, que se marier sans amour?.Venez discuter, mienne aimée, j\u2019écouterai avec un vif intérêt votre opinion, quitte à vous contredire si vos idées se heurtent.Mon amitié vous reste immuable, mais s'attriste de l'absence de notre hirondelle.\t\u2014 Mony BRISE DU ST-LAURENT \u2014 L\u2019amour sans la confiance me fait penser à une chaîne dont une maille est brisée, mais si l'on peut réparer aisément ce bijou, il n\u2019en est pas ainsi du coeur.Et pour moi, ma Luce, l\u2019amour sans confiance ne peut exister.Affectueusement, je pense à vous, et à la nouvelle petite Madame.\t\u2014 Mony SPERANZA CORTEZ \u2014 JE ME SOUMETS ESPIEGLE \u2014 ROSETTE \u2014 FASCINATION.Ne viendrez-vous pas illuminer le Foyer de vos chères présences?\t\u2014 Mony LILY.\u2014 Pourquoi cette peur, pourquoi cet effroi?11 n'y a que les faibles qui craignent, Lily.Et puis, sais-tu?douter de la v;e, c\u2019est clouter de la bonté, de la justice de Dieu.Oui, la vie est cruelle et elle frappe durement parfois, mais elle est belle souvent, et que de douces, que de grandes compensations elle nous procure.Tiens, vois!.il y a quelques semaines j\u2019étais triste, oh! si triste, c\u2019est alors que j\u2019ai laissé déborder le trop plein de mon âme Mais depuis, le ciel m'a donné des joies si grandes, que je parviens à oublier.Il y a encore quelques coins d\u2019ombre dans mon jardin.Mais vois, vois ces grands rais de soleil.Et puis, écoute.\tn'entends-tu pas des gazouillis, des chants d\u2019oiseaux?il y aura des fleurs bientôt.Dis.,, n\u2019avais-je pas raison d\u2019espérer?Vois, il n\u2019y a plus de tristesse sur mon front; même je souris.Qu\u2019importe les saisons, LHy.Si chacune a ses orages, ses tempêtes, crois-moi, chacune a aussi son charme Le printemps n'a-t-il pas ses bourgeons, ses nids, ses chants d\u2019oiseaux?L\u2019été ses fleurs, ses murmures de ruisseaux, ses vols de papillons?L'automne ses fruits mûrs, ses bois au feuillage multicolore, ses beaux couchers de soleil?L'hiver, même, le rude hiver n'a-t-il pas ses scintillements de frimas, ses clairs de lune incomparables?Reprends ton sourire, ma petite Lily, reprends tes chansons; rerends surtout la gaieté de tes dix-huit ans.Sois on ne et sage toujours; et, confiante, laisse à Dieu le soin de diriger ta vie, lui promettant \u2014 dans quelque position qu'il te place \u2014 de toujours faire ton devoir.Tu verras, ma petite Lily, qu\u2019il y aura aussi du bonheur pour toi, Et quand viendront les grandes, les ineffables joies, tu diras; \u201cOh! que la vie est douce et légère! Qu'il fait bon vivre! Combien j'avais tort de craindre, et comme il avait raison le tonton!\" 20 juillet 1927\t\u2014 Cyprès du Val LA LEGENDE DES UAL RENT IDES A vous, Ruisselet Jaseur Lorsque la terre n\u2019etait qu'un immense chaos roulant dans l'espace sa nébuleuse apparence, le grand architecte des mondes soumit à Dieu le Père 1e vaste plan de notre univers.Il était gravé sur la face polie d'un astre éteint, et son relief parfait montrait beaucoup de mers, mais pas assez de terre, au jugé du grand Maître, puisque, par plus d\u2019un trait énergique, il en marqua la place, qui fut plus tard, on s'en doute bien, occupée par nos montagnes.Et le grand architecte fit le monde en commençant par les Laurentides.Il s'y appliqua pendant des siècles et des siècles, il les fit grandes, il les fit beL\u2019es.L'Artiste dévasta bien un peu les deux afin de procurer à nos montagnes leur magnificence, mais Dieu le Père admirait et laissait faire l\u2019oeuvre d'un créateur sanctionnée par lui-même.Lorsqu'il termina son chef-d'oeuvTe .il convia tous les habitants des deux à venir dans nos Laurentides goûter les charmes \u201cd'une fin de semaine\" Ce fut un brouhaha indescriptif, une chute d'ailes et de parfums, entraînant une pluie de chants, de soupirs, et de frissons.Les bosquets, les colline-s et les sous-bois reçurent ces hôtes célestes, ef toute la nature s'im-régna de ce subtil parfum quelle garde encore, es anges et les séraphins touchèrent un peu à tout, et c'est depuis, qu'à l'automne, les arbres, les fleurs et les herbes deviennent couleur des deux.Et lui.le Maître, et Lui le Dieu, sourit à leurs joyeux ébats.Et c'est depuis ce jour que dans les Laurentides on croit voir son sourire dans chaque coucher de soleil.P.S.\u2014 Cette légende a pris naissance dans mon cerveau fiévreux un jour que, près d'un ruisselet jaseur, j'écoutais la dispute de deux mésanges amoureuses.Un si prenant parfum flottait dans l\u2019air qu'il jetait dans mon âme de bien étranges visions, entre autres celle de la création de nos Laurentides, à peu près telle que je vous l\u2019ai racontée.Montréal, 4 août 1927\t\u2014 Petit jardinier VOIE LACTEE.\u2014 Mais oui, je vous attendais, je vous attends toujours.Non comme un.mais comme une brise fraîche par un jour de chaleur.Et vous êtes revenue m'apportant comme un parfum de mer,.Merci! Je ne sais, mais il me semble que l'équinoxe affreux ne reviendra et que, sur la mer calmée, un jour, vous verrez apparaître une voile blanche où le mot Amour sera écrit en lettre d\u2019or sur sa carène.PETITE FLEUR DE DEUX SOUS.\u2014 Pourquoi ce reproche, ô petite fleur?Comme s\u2019il était an mon pouvoir d'achever votre rêve.Non, ma tendre amie, je suis trop peu de chose, à mon désir grand, car je sens, hélas! sombrer mon impuissance dans votre vouloir obstiné à ne pas me comprendre.Un jour vous comprendrez que l'impossible n'est pas un vain caprice, et qu\u2019om n'ajoute pas le doute au chapelet de larmes qui s'égrène chaque jour.P.S.\u2014 J'ai reçu avec une vive émotion toutes les marques de votre tendre estime.Merci, petite amie bonne.ROSE DU RIVAGE.\u2014 Je fais, pour vous, le message d'amitié à notre chère Anodarjen et lui dis qu'elle restera toujours pour nous la bien-aimée, la désirée.Et à vous, petite rose d\u2019un rivage enchanteur, recevez l'assurance de ma plus sincère amitié.LEA.\u2014 Il vous faut un peu de divertissement si vous ne voulez pas devenir neurasthénique.Et puis, chassez de votre esprit toutes idées nuisibles à votre repos, car vous vous calomniez à plaisir, on dirait Votre style est bien et vous sem-blez posséder assez de gaîté pour chasser toutes idées tristes.Tant qu'à votre \u201cje suis peu aimable\", le fait de l\u2019écrire prouve le contraire.Enfin.presque malgré moi.je suis forcé de vous dire que je vous trouve aimable et très intéressante.C'est à vous maintenant d\u2019en tirer le meilleur parti possible, PETIT LUTIN.\u2014 J'aurais des démangeaisons de vqus secouer.énergiquement k main.Peut-être bien que cela vous décollera de votre bureau-prison et qu\u2019une fois sortie vous viendrez voir ce qu\u2019on pense de vous.II y a tant de fois que vous lancez cette probabilité dans notre fiévreuse attente.Il est temps que vous récompensiez notre zèle.Né comprenez-vous pas que j\u2019ai hâte de m\u2019entretenir avec vous d'un sujet qui touche de près votre bonheur! BRISE DU ST-LAURENT.\u2014 \"Il y a si longtemps que la Brise n'est venue jeter son parfum parmi les longues heures d'attente.Pourquoi laisser k pluie attrister mes pensées!\" Voilà ce que je me disais lorsque j\u2019ai reçu votre lettre.Inutile de vous dire ma joie lorsque j\u2019ai senti la caresse d\u2019un parfum qui m\u2019est cher.J\u2019avais besoin que cette douceur perce le brouillard trop lourd de mes pensées afin que votre image m\u2019apparaisse comme un rayon de soleil après k pluie.PINSON \u2014 Ce que je pense du baccalauréat pour une jeune fille?Mais tout !e bien possible! \u2018Plus on connaît, plus on aime \u201d, disait Léonard de Vinci.Ce grand génie avait bien raison, n'en déplaise aux fervents de.l\u2019ignorance obligatoire pour la femme, [.'instruction conduit au bonheur car el\u2019e montre une foule de jo e sous 1a loupe des connaissances acquises parmi lesquelles LA B G de l\u2019amour apparaît plus élémentaire, j\u2019oserais dire En tous les cas l'instruction fait une riche parure dans une corbeille de noces.Et je suppose que vous désirez un \u201cbachot\" que dans Je but seul de meubler votre intelligence, et cela au rofit de votre amour et non pour devenir docteur s-ci ou ès-ça?Non.petit pinson.Apprends, approfondie le mystère des sous-bois; essaye de comprendre pourquoi la brise ne chante pas toujours dans la ramure, mais souviens-toi toujours pourquoi tu fus créé.Lorsque tu sauras tous les pourquoi* des grandes choses, laisse aux hommes le soin de les légiférer et va vite suspendre ta chanson parmi les branches des sapins.C\u2019est là, au milieu des parfums et des frissons ailés que tu comprendras, mieux encore, pourquoi l'oiseau chante plus joyeusement en bâtissant son nid.Amie, apprenez de grandes choses, mais n\u2019oubliez pas k plus grande de toutes pour une femme: k maternité chrétienne._ MONY, \u2014 Le Foyer va prendre un air de fête à l\u2019occasion de votre retour, ma grande Et le trône, resté vacant depuis votre départ, s\u2019illuminera de votre sourire, ô reine du Foyer.CENDRILLONNE.\u2014 Pourquoi cette pressante invitation?Dame, c\u2019est que vous me plaisez, voî-là! C'est tout et c\u2019est assez pour n\u2019avoir besoin pas d'emmêler vos \u201cfilets\".Tenez-vous-en aux filets de votre tricot et ne brodez plus de fausses interprétations sur la trame de votre prompte imagination Un conseil: Piquez, çà et là, quelques points d\u2019esprit, mais n'allez pas jusqu\u2019à vouloir l\u2019ignorer chez les autres.Je veux bien vous donner l\u2019illusion-que je me trompe sur votre identité, mais c\u2019est tout.N'insistez pas trop, car une trop profonde pénétration ferait disparaître tout le charme de notre correspondance.Ce serait dommage.Tant qu\u2019à votre fleur de prédilection, si vous aimez.les énormités, je possède d'immenses \u201csoleil\" tournesol qui peuvent soutenir toutes comparaisons! Un \"soleil\" peut aussi, fort bien, vous préserver du.soleil !ou tout au moins atténuer l\u2019éclat de vos^ \"deux grands yeux noirs\u201d qui me font l\u2019effet d\u2019être un gros peu.pour leur seize printemps! 11 est vrai qu\u2019aux grands yeux noirs la valeur n'attends pas.C\u2019est un peu pour cette raison que je veux vous préserver des trop brûlants rayons de l'amour.Vous avez bien le temps^ de livrer bataille à ce roi.Soyez toute à vos rêves, faites-les durer longtemps encore, vous aurez toujours bien l\u2019illusion d\u2019être heureuse, ce qui vaut plus que l\u2019incertitude d'une joie.A moins que vous héritiez comme votre soeur grande d\u2019un merle blanc! Mais, chut!.le merle pourrait devenir noir de jalousie en voyant celui que je vous souhaite de tout mon coeur.PEJITE PEE.\u2014 Quelle fleur je donnerais pour voir s\u2019éterniser votre sourire! Petite fée, il est des petits oiseaux qui guettent des restes de vos repas; il est aussi de petits jardiniers qui guettent votre sourire, ne l'oubliez pas.EDITH.\u2014\u2022 Je vous ai répondu dans le No du 9 juillet.\t- LETTRE NOIRE.\u2014 Je pense à vous, méchante qui pense toujours le contraire.NINON ROSE.\u2014 Voyons donc! ma bonne amie, ce n\u2019est pas à cause qu\u2019un beau jeune homme a pu ne pas vous aimer que vous allez griffer tous les autres.Rentrez vos griffes et regardez-vous dans votre miroir.Allez-vous me faire accroire qu\u2019un joli museau comme le vôtre est fait pour regretter éternellement un jeune aveugle qui n'a pas vu votre beauté?Mais, tonnerre, c\u2019est bien tant pis pour lui! Tant qu'à vous, séchez vos pleurs et regardez à vos pieds.Est-ce un blond, un chatain, un noir, un jeune, un vieux?Tendez k main et dix se k disputeront.MIRZA.\u2014 Quand on est bonne et généreuse comme vous l\u2019êtes, on a le droit d\u2019être difficile et de donner son coeur à celui, seul, qui aura fait pour le mériter.Et pour mériter pareil trésor que ne ferait-on, Mirza gentille.P.S.\u2014 Des saluts de k part de celle qui vous estime presqu'autant que moi.TU LIPPE NOIRE.\u2014 C\u2019est avec joie que je vous réinstalle sur le tertre fleuri du jardin où vous serez en l'honneur, je n'en doute point.GABRIELLE.\u2014 Soyez la bienvenue au milieu de nous.Toute ma sympathie va vers vous comme attirée par un charme magique.PAPILLON D\u2019AZUR.\u2014 Butinez, butinez, gentil papillon bleu, mon âme vous offre le parfum de son amitié et vous verse l\u2019ivresse de son admiration grande.Réponses des Correspondants MARGOT \u2014 Un coeur vraiment sincère se partager?Mais la chose est impossible, si ce n est en amitié! L'amour vrai ne souffre pas de partage .celui qui aime à la douzaine n\u2019et pas sincère et se ment à lui-même! J'ai entendu souvent dire que deux amours était chore possible: jamais je n\u2019ai pu me résoudre à y croire \u2014 ie manque peut-être de compréhension ou encore, \u2014\tchose affreuse \u2014 de coeur pour aimer dou- blement à la fois! Le coeur n\u2019est pas une auberge où il y a chambre pour toutes les amours qui s\u2019offrent .à moins que ce ne soit un coeur-flirt et ma foi, celui-là aussi un jour se réveille a-u véritable amour et proclame l\u2019Unité du sentiment N\u2019émiettez pas votre coeur en le partageant .vous finiriez par ne plus le retrouver entièrement.ma petite Margot, et savez-vous b en que cela constituerait un coeur.brisé?N\u2019êtes-vous pas parfois très moqueuse.Margot.et proche parente d'une gentille petite reine?Curieuse, hein, l'amie .\t\u2014 Viva NINON-ROSE.\u2014 Permettrez-vous à Viva .le se mêler de ce qui ne k regarde p3S (ça lui arrive souvent), et de répondrè à la question posée à Mony?Ne trouvez-vous pas que mon communiqué à Margot y répondrait quelque peu1'.J'ajouterais (pour que vous ne me boudiez pas trop pour l\u2019opinion peut-être jugée sévère par la rieuse gamine que vous êtes et dont je me souviens très agréablement): On ne vous jugerait pas mal, Ninon.et d\u2019ailleurs, je n\u2019oserais jami.s vous jeter k première pierre pour de multiples raisons! maiv à toute médaille, il y a deux côtés \u2014\tà tout plaisir se joint une peine, c\u2019est k vie inexorable! Si ce partage de votre coeur ne vous a jamais apporté de chagrins, de déboires, de déceptions, je vous envie .Etes-vous bien sûre cependant de n\u2019en avoir pas causé à d\u2019autres?Je n'ai pas pour habitude de prendre parti pour \u2019e sexe fort, car il leur arrive si souvent de nous leurrer de leurs promesses de fidélité et d'amour, que (vous allez me juger méchante!) je désire parfois bien fort qu'ils expérimentent eux aussi ce qu\u2019on peut souffrir de ces \"riens\u201d qu\u2019ils nous débitent et que nous avons la crédulité de croire! Cependant, il faut vouloir y mettre du sien, aussi, et ne pas toujours vouloir la guerre.et puis, à force d\u2019aimer ainsi, à k légère, partageant son coeur entre cinq, six et plus, on finit par ne p'us croire à l'amour.à moins qu\u2019un septième plus enjôleur que les autres prenne possession de notre coeur tout entier pour s\u2019en moquer bientôt après, ce qui arrive souvent, ma Ninon! 11 faut paver !a rançon de tout bonheur! Vous n\u2019ètes pas trop mécontente que je vous dite .ainsi, carrément, ma manière de penser! Que voulez-vous, il me ros e encore bien des choses à apprendre .et entr\u2019au-tres, cel'e de \"farder\" mes opinions pour les rendre agréables à tous! Bonjour amical de k \u201cfidèle\" .Triste, Ninon Faut pas, voulez-vous venir sourire à.\t\u2014 Viva REVE FLETRI Affectueusement à Vous Tous La nature se repose.Le ciel est d\u2019un bleu turquoise.La lune se fait coquette, elle accroche des rayons d\u2019argent au feuillage des arbres.Les petites étoiles sourient doucement là-haut.I es fleurs se sont assoupies sous la molle caresse du tendre zéphir.Gisèle n\u2019a pas même un regard pour ce délicieux décor.Entre se-s doigts crispés elle tient une petite missive rose toute froissée.Eperdue, le coeur broyé par une âpre souffrance elle relit ces quelques mots: \u2014 \"Ma petite amie dévouée, vous m\u2019avez toujours témoigné une grande affection, aussi je veux que vou-s soyiez la première à apprendre la bonne nouvelle.Je me marie dans un mois.Ma fiancée est une charmante jeune fille que j'ai rencontrée tout récemment.J\u2019en suis follement épris.elle fera une épouse adorée.Elle vous ressemble étrangement, c\u2019est un peu pour cela que je l\u2019aime tant.Mon amie chérie, je suis sûr que vous partagez ma joie.Mon amitié vous reste sincère et douce.\u2014 Claude.\" \u2014 Pauvre Gisèle! Un éclat de rire strident fuse entre ses lèvres: c\u2019est la vibration de la fissure faite à son pauvre coeur.La lettre glisse doucement à ses pieds.Machinalement elle se penche pour reprendre possession de cet affreux billet, mais main ne rencontre qu\u2019une rose flétrie.\u2014 \"Jolie fleur ,lui dit-elle, comme tu dois souffrir d\u2019agoniser ainsi en un jardin d'oubli.Ce matin tu é m«»is) l'abonnement à LA REVUE POPULAIRE Nom .Adresse .POIRIER, BESSETTE & CIE 575, rue de Bullion, Montréal, Can. 48 & Samedi 20 août' 1927 .'-*» üsassi œwe& b¦ \u2018S, ¦'¦*\u2022\u2022\u20ac£*'\u2019 .;3* ifpslpf Kspg \u2022V* !-\" fiPT*3^| T«* N » % -m T»» fl '^gsBe-^'V *l ¦'5I viï^-îAisftifcV iKtâfc.LES BEAUX ENDROITS DE VILLEGIATURE 1.Le terrain de golf du Manoir Richelieu, à la Malbaie.\u20142.La Chute Darwin, à Rawdon.\u20143.Le Lac St-Jean, à Val Galbert.4.La rivière des Mille-Iles, près de Saint-Eustache.\u20145.\u201cLe Rocher de la Vieille\u201d, à Grand-Mère.\u20146.Le bassin de Gaspé à marée haute.\u20147.Le village de pêche de la Rivière-au-Renard.\u20148.Un des.lacs du Parc National Jasper.Alberta.\u20149.Un coin pittoresque de la côte Gaspésienne.(Photo* gracieusement fournies par le Chemin de fer National du Canada J 20 août 1927 Sb&amedju 49 NOTES ENCYCLOPEDIQUES Au Ville siècle on a découvert une bibliothèque dans les ruines d\u2019Hercu-lanum.Cette bibliothèque possédait plus de deux cents papyrus.* * * En 719 plus de 300,000 Sarrasins envahirent la France, après avoir conquis 'l\u2019Espagne.Ils furent battus par le duc d\u2019Aquitaine, Eudes.* * # L\u2019Université de Louvain fut fondée le 9 décembre 1425 par le pape Martin V.# * * On fabrique maintenant des tissus avec de la caséine.La caséine est extraite du lait.* » » La viande de baleine goûte beaucoup la viande de boeuf.* * * Un médecin grec prétend avoir inventé une machine électrique qui tuera tous les microbes de l\u2019influenza du corps humain en moins de quinze minutes.* * * Le corduroy était autrefois fabriqué avec de la soie et ne pouvait être porté que par les rois de France, de là son nom corde-roy.* * * La Chambre Commerciale de Key (Angleterre) est considérée comme la plus vieille organisation commerciale du monde.* * * Une école de Dundee qui a 900 élèves possède quatorze couples de jumeaux.* * * Les feuilles de bambous poussent à raison de neuf pouces par jour par les temps de pluie.* * * Quelques mots de la langue chinoise ont jusqu'à dix significations différentes.* * * La Gazette de Pékin est publiée depuis 1400 ans.* * * La plus vieille cloche d\u2019Angleterre se trouve dans la cathédrale de Wells.Elle sonne depuis 1394.* * ¥ 245,676 licences de chiens ont été accordées à Londres l\u2019an dernier, * * * Les mouvements de l'oeil humain sont contrôlés par six muscles.On trouve des fleurs jusqu\u2019à une hauteur de 1 4,000 pieds dans les montagnes du Thibet.* * * Il est défendu aux personnes âgées de moins de dix-huit ans de fumer dans le canton de Obwalden, en Suisse.* * ¥ A Berlin on vient de fabriquer un acier transparent aussi mince qu\u2019un fil de soie.* * * Dans le Luxembourg on donne du vin rouge aux jeunes poulets.On prétend que les poulets nourris au vin sont plus forts que ceux abreuvés à l'eau.* * * Les animaux du jardin zoologique de Londres ont consommé 237,986 bananes l\u2019an dernier.* * ¥ Le grand Archimède fut tué au siège de Syracuse en l\u2019an 212 av.J.-C.* * * Louis XVI, petit-fils de Louis XV, naquit à Versailles en 1754, fut nommé roi de France en 1774 et mourut sur l\u2019échafaud en 1793, le 21 janvier.* * * Le nouveau canal Welland va coûter la somme de $1 15,000,000.* * * Les Grands Lacs ont 96,760 milles carrés.* * ¥ La reine Athalie est morte massacrée par son pei'cj?\" °^8 avant J.-C.* * * 40,000 soldats sont morts dans la bataille d\u2019Essling.¥ # * La Bretagne a été réuni à la France en 1532.* * * La guerre de Cent Ans dura de 1337 à 1453.¥ ÿ ¥ En 1407 le duc d'Orléans fut assassiné par les gens de Jean Sans Peur.* * * François Rabelais est mort à Paris en 1553.* * * Galilée, le célèbre mathématicien, physicien et astronome italien, est né en 1 564, à Pise, et mourut aveugle à Arcétri, en 1642.# * * Le premier triumvirat romain fut formé en l\u2019an 60 avant J.-C.avec César, Crassus et Pompée.MATIN ET SOIR Enlever le \u201cfilm\u201d {couche pelliculaire) des dents est le présent avis des dentistes au- Ce \u201c film\u201d\u2019 (couche pelliculaire) sur les dents qui les décolore est cause de plusieurs sérieuses maladies des dents et des gencives PARCE QUE les infections aux dents et aux gencives sont scientifiquement découvertes et largement attribuées au \u201cfilm\u201d (couche pelliculaire), qui se forme sur les dents et qu\u2019un brossage ordinaire ne peut enlever avec succès.Un mode complètement différent dans le nettoyage des dents est jourd\u2019hui beaucoup adopté.Passez votre langue sur vos dents et vous sentirez ce film\u2014 une visqueuse et gluante couche pelliculaire.Ce film absorbe les décolorations de la nourriture, du tabac, etc.C\u2019est pourquoi, selon les autorités dentaires, les dents apparaissent ternes et sans fraîcheur.Ce film colle aux dents, pénètre dans les interstices et y reste.Il provoque et donne naissance aux germes de la carie.Et voilà pourquoi il est jugé comme un danger si grave par les autorités.Ce film est la base du tartre.Les microbes, avec le tartre, sont la principale cause de la pyorrhée.C\u2019est pourquoi, un enlèvement régulier de ce film est recommandé comme première protection des gencives.La plupart des dentistes conseillent fortement que ce film soit complètement enlevé au moins deux fois par jour, c\u2019est-à-dire, matin et soir.Pour cette fin, faites usage de la\tPpnçnHpnl- r.p dentifrice spécial suggéré par les principaux dentistes.Cette substance est différente des autres pâtes.Le Pepsodent fait figer ce \u201cfilm\u201d (couche pelliculaire), puis l\u2019enlève ; donne le poli à vos dents tout en protégeant l\u2019émail.Ce dentifrice détruit les acides de la carie et raffermit scientifiquement les gencives.Il donne plus d\u2019alcalin à la salive.Cette pâte rencontre, ainsi de toutes façons, les désirs de la science dentaire moderne.Sur l\u2019avis des dentistes, le public a adopté ce nouveau mode de nettoyer les dents.Procurez-vous le Pepsodent, le dentifrice de qualité supérieure, à la pharmacie.D\u2019une durée de deux mois à un prix modéré\u2014ou en-voyez-nous le coupon pour un tube d\u2019essai de 10 jours.S\u2019en servir deux fois par jour.Voir son dentiste deux fois par année.Prenez ces deux habitudes GRATIS Pgpsûdgrvi Envoyez un tube d\u2019essai de 10 jours à.Dépt.1463\t191 George St.Toronto, Ont., Canada Nom____________ Adresse.Un seul tube par famille 2309 4L ' '
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.