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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 19 janvier 1929
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1929-01, Collections de BAnQ.

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[" Vol.XL, No 34 19 JANVIER 1929 Lisez notre feuilleton: LA DOULEUR D\u2019AIMER 3k Samedi® MAGAZINE ILLUSTRE - LITTERAIRE - HUMORISTIQUE - MUSICAL ûTy&X- \u2018.T# A .i -\u2022 A D'après une eau-forte d\u2019Icart, éditée par les \u201c Graveurs Modernes \", 194, rue de Rivoli, Paris -T-^ Il nest pas necessaire de faire jeter un bouillon au Jambon Premium de Swift ^Swift\u2019s Prerr* Remarquez toujours la marque \"Swift\u201d gravée sur le côté, quand vous achetez du Jambon ou du Bacon, que vous l\u2019achetiez entier, de moitié ou en tranches.LE goût délicieux, la riche saveur et la qualité supérieure des Jambons et du Bacon Premium de \u201cSwift\u201d sont depuis longtemps appréciés comme il convient par tous ceux qui savent reconnaître les bonnes choses.C\u2019est à leur empaquetage et étiquetage très reconnaissables qu\u2019on identifie les célèbres produits Swift, mais pour protéger encore mieux l\u2019acheteur particulier et le marchand consciencieux \u2014 à l\u2019enveloppe parcheminée, à l\u2019étiquette bleue et à la marque \u201cPremium\u201d de Swift bien en vue sur la couenne \u2014 on a ajouté le nom \u201cSwift\u201d gravé en pointillé sur le côté de chaque morceau Le Bacon Premium est aussi tendre et de goût aussi fin que le Jambon Premium.Servi seul ou cuit avec d\u2019autres aliments, il communique à ceux-ci sa richesse et son bon goût.De même que le Jambon Premium\u2014le Bacon Premium se reconnaît facilement à la marque \u201cSwift\u201d gravé en pointillé sur le côté.Swift Canadian Co.Limited Célèbres pour Beurre, Oeutt n Fromage BrookfiêU' Jambons et Bacon Premium de Swift 19 janvier 1929 Sb&m&dL 3 SALON de I AUTOMOBILE 10 AM y J an 19-2 6 S TADIUM coin DELORIMIÊR et ONTARIO MONT REAL \u2014 Adllstan LtvtsQut gelant general 4 Shfikmedv 19 janvier 1929 Dominion Chai» Company iw« in business foiYn ur Safety, WEED on eti&V lgkv.%' l- ' WEsh- H sur a.» emploient des Chaînes Weed en acier Tenez-vous à ce que votre auto s\u2019enlise dans la neige, cet hiver \u2014 ou soit endommagé par un accident?Ne courez pas ce risque.Procurez-vous dès maintenant des Chaînes de pneus WEED en acier et gardez-les dans votre auto, prêtes à être mises au besoin.Il n\u2019existe rien pour remplacer le mordant des WEED.Ces Chaînes sont reconnues les plus fiables depuis plus de 25 ans.Conduisez en toute sécurité \u2014 mettez vos Chaînes WEED dans la pluie et la neige, partout où les routes sont traîtres et incertaines.Les Chaînes WEED s\u2019adaptent à tous les genres de pneus et prennent sur toutes les routes.On reconnaît les Chaînes WEED à leurs crampons de raccordement rouges, aux chaînes de côté galvanisées grises, aux chaînes de traverse en laiton, avec le nom \"WEED\u201d gravé sur chaque crampon.Voyez notre étalage à L\u2019Exposition d\u2019Autos de Montréal 1929 19 au 26 janvier inclusivement au Stadium.Delorimier & Ontario Montréal.DOMINION CHAIN COMPANY, Limited Niagara Falls, Ontario, Canada Les gardiens de votre sécurité Ayez soin d\u2019exiger les véritables CHAINES WEED pour Sécurité .pour Traction Sûre Notes Encyclopédiques La Ceneral Motors Corporation a vendu en Europe, au cours des neuf premiers mois de l\u2019année, 86,596 véhicules comparé à 67,760 au cours de l\u2019année dernière, soit une augmentation de 28 pour cent.* * * Henry Ford met sur le marché chaque année plus de deux millions de véhicules de tous genres.*\tŸ * Les propriétés de Henry Ford sont évaluées à deux billions de dollars.*\t* * La Ford Motor Company a été formée en 1903.* * * Les automobiles fabriquées par Sir Herbert Austin sont les plus petites autos en existence.Le réservoir ne contient que quatre gallons de gazoline, mais ces quatre gallons sont suffisants pour un trajet de 200 milles à une vitesse de 25 milles à l\u2019heure.Cette automobile sera probablement sur le marché canadien au cours de la saison prochaine.* ÿ * Les automobiles de Austin emploient un personnel de 22,000 ouvriers.* * ¥ Walter P.Chrysler a débuté dans l\u2019industrie de l\u2019automobile avec un capital de sept cents dollars seulement.* * * La Firestone Tyre and Rubber Co.met sur le marché mondial, chaque année, 1 0,000,000 de pneus.* * ¥ Un chauffeur a récemment monté et descendu en auto le gTand escalier de la gare de l\u2019Est à Paris.Cet exploit lui a d\u2019ailleurs valu une contravention.¥ ¥ ¥ Dans une récente course, courue aux Etats-Unis, un chauffeur a parcouru 30,000 milles en 26,326 minutes.Le second avait pris trois minutes de plus pour faire la même distance.¥ ¥ ¥ A Londres on vient d\u2019inaugurer un nouvel appareil pour empêcher les autos de passer dans les \u201crues barrées\u201d.Cet appareil fonctionne sur le même procédé que les jouets d\u2019enfants où on fait manoeuvrer des soldats en ligne de trois ou de quatre.C\u2019est un appareil à extension.La ville de Chicago possède une rue où seules les automobiles peuvent circuler.¥ ¥ ¥ Un médecin de l\u2019Etat de New-York se sert du moteur de son automobile pour appliquer les rayons X à ses patients demeurant dans des endroits où il n\u2019y a pas d\u2019électricité.¥ ¥ ¥ Un jeune homme de la Gaspésie vient d\u2019inventer un crachoir pour les autos.Ce crachoir se trouve dans le plancher même de l\u2019auto et il s ouvre à l\u2019aide du pied.¥ ¥ ¥ Un amateur de la Floride a construit entièrement une nouvelle auto avec les débris de 27 autres autos.¥ ¥ ¥ Le major Seagrave espère faire, avec sa nouvelle automobile, une vitesse de 240 milles à l\u2019heure.Cet exploit aura lieu ces jours prochains.¥ ¥ ¥ On vient d\u2019inventer aux Etats-Unis une petite automobile qui est actionnée avec les pieds.Cette auto, très légère, peut faire jusqu\u2019à trente milles à l\u2019heure sans demander un effort extraordinaire au \u201cchauffeur\u201d.¥ ¥ ¥ En 1889 il y avait, en France.300,000 bicyclettes; l\u2019année dernière on en comptait 7,000,000.¥ ¥ ¥ On compte, de par le monde, vingt-sept millions d\u2019automobiles.¥ ¥ ¥ La France tient le troisième rang pour les automobiles.¥ ¥ ¥ La locomotion a fait moins de progrès de Tout-Ank-Amon à Louis XIV que de 1 890 à nos jours.¥ ¥ ¥ Les autobus qui font le service entre Los Angeles et San Francisco comportent 28 places confortables.¥ ¥ ¥ 1,092,989,384 barils de pétrole ont été produit en 1926.¥ ¥ ¥ Un garage près de la gare Grand Central à NewA ork fonctionne uniquement par l\u2019électricité.L\u2019auto se pose sur 1 ascenseur qui monte, seule, l\u2019auto à un étage supérieur où l\u2019auto va se langer à 1 endroit qui lui est réservée. 19 janvier 1929 &8amedi/ 5 * ïsm ppMaPÜSSSrS üissè kâBB ' *.** .IP#&* ^ f/ Sfg«» Votre Automobile Personnel 11 est admis que fo/re automobile appartient à toute la famille .vous ne pouvez donc pas vous en servir aussi souvent que vous le voudriez.Ne serait-ce pas agréable et commode à la fois d\u2019avoir à votre disposition une autre voiture, bien à vous, que vous pourriez conduire sans crainte dans les rues les plus encombrées, n\u2019exigeant qu\u2019un minimum d\u2019espace à l\u2019arrêt en bordure du trottoir, d\u2019une souplesse exceptionnelle, et capable de plus de vitesse que vous ne pourrez jamais utiliser?Et surtout, devant ses lignes élégantes et distinctives, son émail lustré, son nickel éclatant, un peu de fierté serait bien justifiable chaque fois que vous attendrez votre Nouveau Ford!\u201d FORD MOTOR COMPANY OF CANADA, LIMITED, FORD, ONTARIO LE CHALLENGER 76 perfectionnements \u2014 Carrosseries plus longues, plus larges, plus spacieuses, plus luxueuses - Un gros Six avec tous les avantages des grosses voitures \u2014 Force accrue de 24% - Vitesse maxima, plus de 70 milles à l\u2019heure - Vitesse moyenne, plus de 60 milles - Entretien plus économique - Freins sur les 4 roues à double action, modèle nouveau, jamais affectés par la température \u2014 4 amortisseurs hydrauliques \u2014 Démarreur et indicateur électrique sur le tablier pour carburant et huile \u2014 Conduite plus facile, confort et commodité plus grands.Essex le \u201cChallenger\u201d, avec ses 76 perfectionnements, lance un défi à ce qui s\u2019est fait de mieux en fait d\u2019autos, un défi intéressant au suprême degré pour le public.Essex constituait déjà un très bel auto \u2014 doué de toutes les qualités au point de vue élégance et rendement.Il comporte maintenant tous les perfectionnements suggérés par plus de 1,000,000 de propriétaires de Super-Six.Carrosseries plus grandes, stabilité plus grande, tous avantages des gros autos en apparence, confort et performance.Vous ne pouvez le comparer qu\u2019à des autos plus coûteux, parce que les mêmes qualités ne se retrouvent que dans des autos de grand luxe et n'existent dans aucun auto de son prix.Les propriétaires de Super-Six, ils sont un million, qui nous conseillèrent la fabrication de cet auto seront les premiers à l\u2019essayer.Nous sommes fiers de le leur offrir \u2014 à eux et à tout le public.Venez l\u2019examiner et le conduire.La modicité de son prix, comparée à ses avantages, déterminera tout de suite votre choix.HUDSON MOTOR CAR COMPANY, DETROIT, U.S.A.UN SIX PLUS GROS ET MEILLEUR *840 et plus \u2014 F.A B.Windsor, Taxes en plus LEGARE AUTOMOBILE AND SUPPLY CO., LIMITED SIEGE SOCIAL: 535 rue Ontario Est, MONTREAL QUEBEC: 405 rue St-Paul OTTAWA: 245 rue Queen KINGSTON: 210 rue Wellington COMPAGNIES SUBSIDIAIRES: Valley Junction\u2014Chicoutimi\u2014Cowansville\u2014Granby\u2014St-Evariste Station\u2014Joliette\u2014Lachute\u2014Mont-magny \u2014 Mont-Joli\u2014Sherbrooke\u2014Sorel - - St-Hyacinthe\u2014St-Jérôme \u2014 Rivi ère du Loup\u2014Thetford Mines\u2014Trois-Rivières \u2014Victoriavillé 19 janvier 1929 Sk'$amedl 7 Volume XI.No 34 ABONNEMENT Canada Un an .\t.\t.\t$3.50 Six mois .\t.\t2.00 Trois mois .\t1.00 Etats-Unis et Europe Un an\t|5i0t Trois mois .\t1.25 HEURES de BUREAU 8 h.30 à 5 h.30 Samedi, 8 h.30 à midi Tel.: Lancaster 5819-6002 S& Samedi (Fondé en 1889) Hebdomadaire - Illustré - Littéraire Humoristique - Musical POIRIER.BESSETTE & CIE, proprietaires 075 RUE DE BULLION MONTREAL Montréal, 19 janvier 1929 AVIS AUX ABONNES Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l\u2019empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant de les livrer.Entered at the Post Office of S.Albans.Vt., as Tarif d'annonces fourni second class matter under Act of March 1879\tsur demande.Carnet Editorial L\u2019Auto Reine de la Route Il vaut mieux être dedans que dessous.(Pensées profondes comme un puits.) NE des meilleures preuves que l\u2019automobile a conquis tous les droits à notre époque et qu\u2019elle peut prendre toutes les libertés, c\u2019est que même le plus malin des hommes se fait très volontiers rouler par elle.Il est vrai que c\u2019est au sens réel du mot.Le bipède humain n\u2019a jamais été satisfait de ses moyens de locomotion naturels, aujourd\u2019hui moins que jamais, où la loi du moindre effort fait si bon ménage avec l\u2019amour de la vitesse.L'homme, né avec deux pattes \u2014 sans compter celles de devant \u2014 a de longue date trouvé la chose insuffisante ; il a commencé par inventer le bâton de voyage, cette troisième patte assurément commode pour atténuer sa fatigue surtout aux fins d\u2019étape, sur les grands chemins ou dans la vie.Bien vite il eut quatre pattes: celles qu\u2019il emprunta du cheval; c\u2019était un progrès notoire, un art véritable, celui qui consiste à s\u2019élever tout en se déchargeant de la besogne à faire sur le dos des autres.Le cheval, qui est une bonne bête, accepta volontiers ces façons cavalières.On rencontre souvent dans la vie des hommes qui sont chevaux, mais ceci est une autre histoire, comme dit Kipling.Vinrent les voitures, de toutes les couleurs, de toutes les formes et de toutes les grosseurs; on en vit qui étaient grosses comme le poing et d\u2019autrs qui semblaient des maisons roulantes.Il y eut de magnifiques carrosses et de modestes tape .reins attelés d\u2019une simple rosse mais une révolution se préparait dans l\u2019ombre, qui allait affecter étrangement les méthodes de pérégrinations terrestres.Il y a un petit jeu très drôle, bien qu\u2019un peu cruel : c\u2019est celui qui consiste à prendre une mouche et à lui enlever délicatement la tête puis à poser la bestiole sur une table.On voit alors la mouche se promener allègrement comme si rien de fâcheux ne lui était arrivé.Pourtant elle doit avoir conscience qu\u2019il lui manque quelque chose car elle trotte à droite, à gauche, s\u2019arrête, repart.Elle court peut-être après sa tête .Eh bien, c\u2019est exactement l\u2019impression que fit un beau jour, à un groupe de curieux ébaubis, une voiture anormale qui roulait, virevoltait, s\u2019arrêtait, repartait, bien qu\u2019il lui manquât la tête, c\u2019est-à-dire le cheval ! On eût dit une voiture en goguette, une voiture qui s\u2019émancipait après une fredaine au cours de laquelle elle avait semé son cheval sur la route .\u2014 Il y a du diable là-dedans .disaient quelques bons vieux dont la chose anéantissait toutes les notions de mécanique chevaline.C\u2019est loin, bien loin, ce temps-là, et les gens d\u2019aujourd\u2019hui, au lieu de sortir sur le pas de leur porte pour regarder passer une auto, sautent en deux enjambées sur les trottoirs pour les esquiver.C\u2019est une race extrêmement prolifique en effet, que celle de l\u2019auto; il en naît dix pour une qui meurt et l\u2019on peut prévoir le jour où le piéton sur la rue sera une chose aussi difficile à rencontrer qu\u2019un véritable ami.L\u2019auto pénètre partout \u2014 même quelquefois dans les devantures des magasins \u2014 elle envahit les campagnes et submerge les villes; les morts eux-mêmes vont en auto et c\u2019est sans doute pour cela qu\u2019on dit qu\u2019ils vont vite et le nombre de ces véhicules de toutes sortes est en voie de se classer parmi les chiffres astronomiques .Une auto c\u2019est si commode! On part quand on veut, on arrive quand on peut, ce qui fait qu\u2019on y éprouve les deux meilleures sensations peut-être qu\u2019il puisse être donné à l\u2019homme de goûter: la joie de la liberté et le charme de l\u2019imprévu.L\u2019auto est vraiment la reine de la route et, personnellement, je classe dans mes meilleurs souvenirs, une longue et splendide randonnée de ce genre chez nos voisins des Etats-Unis où j\u2019ai pu constater que, par les bienfaits d\u2019un excellent régime, le sol des routes était parfaitement Ceci m\u2019amène à dire que si l\u2019état des routes est d\u2019une importance capitale pour le bon roulement des autos, la question d\u2019un règlement sage et bien appliqué n\u2019est pas d\u2019une importance moindre pour la sécurité de la circulation.On a fixé, sur nos routes canadiennes, un maximum de vitesse qui est de trente milles pour la province de Québec; c\u2019est fort bien et des argus vigilants veillent au respect de ce règlement ; on obtient ainsi le maximum de sécurité en dehors des villes.Mais à l\u2019intérieur?Ayons la franchise de dire qu\u2019il n en est plus ainsi, surtout dans un centre très populeux comme la ville de Montréal.Sans doute la plupart des automobilistes sont prudents, sans doute aussi de braves agents s\u2019escriment du geste et du sifflet aux intersections des grandes voies pour canaliser les flots montants, descendants et inverses des véhicules avec ou sans moteur, mais il faut absolument autre chose.A certains croisements, malgré la bonne volonté de l\u2019agent, le pauvre piéton est obligé de se livrer à une acrobatie pédestre qui devient de jour en jour plus dangereuse et si l\u2019on peut s\u2019étonner d\u2019une chose, c\u2019est que les écrabouillades ne soient pas plus fréquentes.Le remède est pourtant simple.Pourquoi ne pas employer à Montréal le système qui donne de si bons résultats à New-York et dans nombre d\u2019autres grandes cités américaines, celui des lumières?J\u2019ai été à même d\u2019en apprécier le fonctionnement dans de multiples endroits et j\u2019ai pu lui reconnaître la précision et l\u2019efficacité de tout ce qui est automatique.Avec un tel système bien organisé, il faut certainement y mettre de la bonne volonté pour se faire écraser.On part quand on veut et l\u2019on arrive quand on peut.(Posé par William Haines et Norma Shearer.) ai j î mm il ISLr- .; 14m riC-MJ0- 7/3 c/ D\u2019autre part, les autos n\u2019ont pas besoin de faire un usage immodéré du klaxon, ce qui a bien sa valeur aussi; enfin cela permet de ne pas immobiliser dans un fastidieux service de concierge en plein air, un chiffre très appréciable d\u2019agents toujours utilisables ailleurs.On ne peut pas objecter la question de dépense d\u2019installation; la pose des appareils et leur entretien supprimant les frais de sémaphores vivants.Il y a donc tout à y gagner et rien à y perdre.Le système lumineux automatique est, à mon point de vue, ce qu\u2019il y a de mieux jusqu ici; c\u2019est également l\u2019avis de tous ceux qui le connaissent.Pourquoi ne pas l\u2019adopter sans tarder?Un naïf essai a bien été fait avec ces blocs inesthétiques de béton que l\u2019on voit de place en place et qui clignotent de l\u2019oeil comme un hibou surpris par le jour.Ils ont à peu près l\u2019utilité d\u2019un cataplasme sur une jambe de bois .Ce n est pas génial comme invention.Que 1 on dote la ville au plus vite d'un bon système général de lumières vertes et rouges automatiques ainsi que d\u2019une active patrouille pour veiller à l\u2019obsena-tion de leurs signaux, tous les automobilistes s\u2019en trouveront bien.Et les piétons, donc!.sec. 8 Samedi/ 19 janvier 1929 Découvertes LES VOITURES ELECTRIQUES REVIENDRAIENT-ELLES A LA MODE ?Dans la seule ville de Chicago, les ventes de véhicules électriques au cours des premiers six mois de 1 926, sont en augmentation de 20 pour cent sur la période correspondante en 1925.On cite les noms d\u2019importantes compagnie de transport qui ne veulent plus acheter que des voitures électriques et qui transforment même leur matériel à moteurs à explosion, pour en venir à ce qu\u2019ils considèrent comme plus pratique et surtout, plus économique.Il est à remarquer que les camions électriques, qui sont en usage dans les grandes compagnies, ne font qu\u2019un nombre de milles, contrôlé chaque jour, cela parce que les accumulateurs qui servent à alimenter le moteur ne peuvent être sans gros encombrement et d\u2019un gros poids.Chaque véhicule est pourvu de deux séries d\u2019accumulateur, 1 une en charge pendant que l'autre sert à la marche du camion, lui assurant un trajet ou parcours journalier de 80 milles.L\u2019accumulateur est changé, chaque jour, et cette opération demande exactement quinze minutes à deux hommes.UNE CHAINE D\u2019AUTO IMPROVISEE Bien des automobilistes ne portent pas de chaînes en permanence dans leur auto et si, durant les mois d\u2019été, il leur arrive d\u2019être embourbés, ils ne savent plus comment se tirer d\u2019affaire.Un automobiliste averti doit toujours s\u2019atten- dre à ces complications.Quand vous vous trouvez ainsi sur un terrain difficile, entourez les roues de cordes de la manière indiquée ci-contre, les tenant en place avec les courroies.Récentes et Renseignements U>.H les aux Automobilistes L\u2019AUTO-LOCOMOTIVE SH Que dites-vous de cette auto-locomotive qui peut faire sur rail jusqu\u2019à quatre-vingts milles à l\u2019heure et dont se servent certaines compagnies de chemins de fer en cas d\u2019urgence?Par exemple, elle peut servir de voiture ambulancière au cas d\u2019un accident de chemin de fer ou de voiture rapide pour quelque tournée d\u2019inspection sur le réseau.La COMMENT ENTRETENIR SON AUTO EN HIVER La fuite du réchauffeur.\u2014On pourra facilement localiser une fuite dans le réchauffeur de l\u2019échappement ou dans le tuyau qui sert à le relier à l\u2019échappement en voyant si certaines parties sont carbonisées ou non.Là où il y a un endroit où la fumée de la ga-zoline peut s\u2019échapper, à ce même endroit, le carbone s\u2019échappe aussi noircissant le métal autour de la fuite.Cardez la batterie en bon état.\u2014 L\u2019état de la batterie joue un rôle considérable au point de vue de la satisfaction du service en hiver.L\u2019hiver est contraire à l\u2019état de la batterie à moins que le propriétaire ne lui prête quelques secours.Pour aider la batterie d\u2019une façon efficace, on fera bien de se servir de la manivelle quelques secondes avant de toucher au démarreur.Cela aidera à la dilution de l\u2019huile et de la graisse et la batterie aura beaucoup moins à faire pour faire démarrer le moteur.L\u2019eau dans la gazoline.\u2014 Nous voici dans une saison où avec la meilleure foi du monde on vous vend de la gazoline dans laquelle il y a de l\u2019eau.Il arrive souvent que les chapeaux des réservoirs sont mal placés et que la neige fondue pénètre à l\u2019intérieur.Pour éviter les risques d\u2019acheter de la gazoline dans laquelle il y a de l\u2019eau, on Southern Railroad Company, des Etats-Unis, a installé des voitures sedan comme celle-ci sur plusieurs réseaux.Les essieux de la voiture sont stationnaires et la force est transmise par engrenages spéciaux.Les roues et le chasse-neige seuls lui donnent quelque ressemblance avec une locomotive ordinaire.doit trouver immédiatement un poste de distribution de gazoline qui est bien à l\u2019abri de toutes les avaries et sur lequel on peut se fier.Changez l\u2019huile plus souvent.\u2014 Vous avez pu rouler sur une distance de 750 à 1000 milles sans changer l\u2019huile de votre moteur en été mais si vous faites la même chose en hiver, vous constaterez une performance certainement moindre de votre moteur.Vous vous servez plus que jamais du choke en hiver et la gazoline pure pénètre plus facilement dans le carter.L\u2019huile diluée offre le plus grand danger pour le moteur.Voyez particulièrement à cela au cours de cet hiver.Plus d' eau en hiver.\u2014 L\u2019hiver, voilà bien la saison où il faut ajouter de l\u2019eau régulièrement.On croit généralement que c\u2019est en été qu\u2019une plus grande quantité d\u2019eau est nécessaire.En hiver, les solutions de différents produits s\u2019évaporent facilement et le conducteur est porté à oublier son radiateur.L\u2019eau bout plus rapidement alors et c est une perte de ce qu\u2019il y a de meilleur contre le froid dans chaque solution.POUR PROTEGER les ROUES C\u2019est surtout pour protéger de la rouille et des saletés, que l'on peut remarquer une sorte de cache-poussière en toile fixe sur certaines roues à rayons métalliques.Cette roue est certainement la plus jolie et la plus solide qui existe, mais elle est difficile à entretenir, de sorte que le cache-poussière en question a son importance.PETIT GARAGE AVEC COUVERCLE A RESSORT Evidemment, il n\u2019existe pas de voitures automobiles américaines assez petites pour être enfermées dans une boîte comme celle-ci! Ces garages minuscules sont pour les petits modèles anglais, français et italiens.On construit en Europe, comme vous savez, des auto- mobiles, rapides et confortables, qui viennent aux épaules ou à la taille d\u2019un homme.Le couvercle-toit de ce garage s\u2019ouvre en faisant jouer un ressort.Ce garage ne coûte que quelques dollars et s\u2019installe n\u2019importe où.POUR AJOUTER au CONFORT DU SIEGE ARRIERE La mode est de nos jours aux voitures routières munies d\u2019un siège arrière ou tonneau, mais d'aucuns peuvent trouver que ce siège manque d\u2019un cer- tain confort.Pour l\u2019améliorer, un inventeur de Washington, G.A.Luers, a eu I ingénieuse idée d\u2019y ajouter une capote de cabriolet du modèle illustré ici-même. 19 janvier 1929 &&am\u20acdh 9 ¦ * ¦ .A* U COURS-TU ma Catherine?demande une vieille paysanne à une belle et forte 611e qui s en va à pas pressés.Catherine répond pleurarde: \u2014 Hélas! Monsieur vient de mourir et je cours avertir le notaire.Un peu plus loin, même question faite par un gros rougeaud bedonnant et même réponse.\u2014 Alors bonne journée pour toi si le testament te nomme.Et il en fut ainsi jusqu\u2019à la maison de Mr le notaire, sise au milieu du village.Si Catherine s\u2019était retournée, elle aurait vu, la suivant de loin, des regards de jalousie mélangés d\u2019un certain mépris.Catherine arrive chez le tabellion qui s\u2019afflige à sa vue: \u2014 Mon pauvre ami! Si bon, parti pour le grand voyage.Je vais faire le nécessaire, inviter les parents et les amis.Et vous, Catherine, vous préparerez le repas pour restaurer la famille après la triste cérémonie.\u2014 Monsieur, dit timidement Catherine, m\u2019a toujours dit que vous aviez son commandement par écrit.\u2014 Vous voulez dire son testament?Je le possède en effet.Tous les ayant-droits seront Bxés le jour de l\u2019enterrement.Catherine s\u2019en retourne soucieuse et moins pressée, car elle les connaît tous les voraces cousins.Ce gros boucher qui venait s\u2019inviter en apportant un morceau de veau.Le charcutier, ce dépendeur d\u2019andouilles qui arrivait avec son boudin et un chapelet de saucisses.Le fermier Adonis, Jean-Baptiste qui n\u2019apportaient rien mais la bécottaient en traversant la cuisine.La cousine pincée, la belle dame de la ville au sourire sucré et le mari qui la regardait de haut avec un oeil de verre.\u2014 Si toute la parenté est couchée sur le papier, il ne restera rien pour moi ! La flgure de son galant Isidore surgit dans le coin sombre de ses pensées.Ce fringant douanier avec qui elle se promène les soirs de ronds quand les CATHERINE AVAIT SOIGNE SON MAITRE AVEC DEVOUEMENT CURANT gens du village dorment paisiblement ! Isidore qui a escompté avant la noce le coeur et les écus de la belle! * * * Le convoi fut solennel et pompeux.Dans l\u2019humble église, il y eut des prières, des fleurs et une suite nombreuse.Mr le notaire, ami intime du défunt, prononça d\u2019une voix chevrotante des paroles de regret sur la tombe entr\u2019ou-verte.\u201cAdieu cher ami de jeunesse.Honnête percepteur s\u2019il en fut jamais.Homme heureux, quand il possédait une aimable femme et un 61s dont il était si 6er.Après les avoir perdus, il a 6ni ses jours dans la tristesse et l\u2019abandon.\u201d Une pose! La phrase est maladroite.L\u2019orateur reprend vivement, car le boucher le regarde d\u2019un oeil sévère et c\u2019est un client de l\u2019étude.\u2014 \u201cJe veux dire.non pas l'abandon absolu.c\u2019est une vérité vieille comme le monde.à part le cercle étroit de la famille.que sont les autres clients?Certainement ce cher disparu a trouvé des amis qui sont venus partager sa peine et distraire sa solitude.\u2019\u2019 Pauvre notaire, il ne peut continuer.L\u2019ami sincère, c\u2019est lui! Les autres ne sont que des importuns intéressés, d\u2019affreux hypocrites.Le discours s\u2019achève avec une larme officielle.M.le Curé dit une sincère et dernière prière.Chaque assistant déôle et asperge le cercueil de quelques gouttes d\u2019eau bénite en ébauchant un vague signe de croix.Maintenant le cher cousin à héritage repose en paix auprès de sa femme et de son 61s dans le tombeau de famille.* * * Catherine a suivi les instructions de M.le Notaire et aidée par deux voisines a préparé un repas simple et abondant.La table est dressée dans l\u2019ancien bureau de monsieur.Le verger a fourni un beau desseit de cerises et d\u2019abricots.Ce goût spécial qu\u2019exhale un rôti de veau à l\u2019ail cuit lentement, la cocotte de fonte, embaume tout le logis.Les héritiers arrivent par couples, sans se presser pour ne pas en avoir l\u2019air.Le boucher et la bouchère, tous deux bien dodus comme des gens qui ne lésinent pas sur la nourriture.La charcutière n\u2019a pu venir mais le mari a amené son garçonnet.Les fermiers sont avec leurs épouses et ils ont tous, surtout les femmes, cet air tranquille et posé qu\u2019ont les paysans riches.La cousine de la ville est assistée de son mari et quoique puisse en penser Catherine, c\u2019est un beau couple.Madame a une robe de lainage noir, léger comme un crêpe.Monsieur porte jeune avec sa redingote coupée par un bon tailleur et suprême élégance, des boutons noirs reluisent sur le plastron de la chemise impeccable.Le contraste est grand avec les autres héritiers.Ils sont convenables mais les redingotes datent de mariages plus ou moins récents.Les robes auraient besoin d\u2019être transformées, les chapeaux démodés, remis à la mode du jour.Les voilà à table.On s\u2019est placé comme on a voulu selon le degré d\u2019affection ou d\u2019intérêt ressenti.Les dames sans cavalier, les hommes côte à côte.Qu\u2019importe ! On est venu pour enterrer le cousin, ce n\u2019est pas le pauvre homme qui peut empêcher de causer affaires, du prix du bétail, des semences, du gain obtenu.Une occasion pareille ne se trouve pas souvent.La conversation devient générale, animée.Les dames donnent leurs avis en conseillères expertes.On parle de tous les sujets, excepté de celui qui fait l\u2019objet principal de l\u2019assemblée.De celui qui est la cause de ces voix bruyantes, de ces visages animés par le (Suite à la page 40J L\u2019H C / m itag< L ousin Par Felix Debry agneau 10 &$amedî 19 janvier 1929 L\u2019Hi istoire de la Pi Ma pipe est bloquée .(Extrait des Paroles célèbres.) B JET vénérable par son antiquité, commode par sa forme et généreux dans le plaisir qu\u2019il procure à tout fumeur ipe Par L.R.vraiment digne de ce nom, la pipe, la bonne vieille pipe, surtout quand elle est bourrée de bon tabac canayen, n\u2019a pas de rivale pour charmer les loisirs, dissiper l'ennui, compléter le bien-être et réconforter le citoyen.J\u2019ai la conviction que le père Adam fumait la pipe dans le paradis terrestre puisque le bonheur y était complet, et que c\u2019est par jalousie tout simplement.~^7~rr~.% ] C r'%*TT»ck»» l« S ^ LeiChen Sown Si d.aJIl SvncU» Mtidin / mm mm?' T BHCOMB OC L orteil! 1 ll«W! l i grin en l\u2019obscurité du J petit salon bleu.Lais-\u201c sant à côté son père et sa mère encore à table, écrasée dans une bergère, elle froissait, d\u2019une main glacée, l\u2019abominable lettre que le dernier courrier leur avait apportée.Pourtant, tout à l\u2019heure encore, comme l\u2019avenir lui apparaissait lumineux avec le compagnon de bonheur que son cosur avait choisi!.Depuis plus de six mois, que de fervente tendresse lui avait témoignée Marcel Bou-veret, reçu chez eux presque à titre de fiancé!.11 était peu à peu devenu l\u2019inséparable.Mais, une fois, M.Jardin avait pris Marcel à part et lui avait dit: \u201cVos assiduités ne me dép'a.sent pas, puisque je les autorise.Vous êtes un aimable garçon, en passe de devenir professeur de sciences quand vous aurez passé votre agrégation Tout cela est fort bien, pourtant, dites-rcoi.mon cher ,il faudrait tout de même nous faire connaître, les uns aux autres, avec votre famille.Y avez-vous songé?.' Le jeune homme avoua n\u2019avoir encore soufflé mot à sa mère de ses projets de mariage.11 promit d\u2019écrire au plus tôt ixmr réparer non une négligence, mais un retard volontaire.Mme Bouveret avait toujours passé des jours très calmes dans un cercle étroit à Chambéry, et de là-bas, de la paisible cité ceinturée de montagnes, la vie à Parts lui paraissait un constant danger pour son fils.Afin de ne pas trop la surprendre, il avait donc cru devoir différer la nouvelle, préférant s\u2019en confesser de vive voix lorsqu\u2019il s' rendrait en Savoie, au printemps prochain.Néanmoins, piqué au vif par le reproche de M.Jardin, Marcel s\u2019était empressé d\u2019écrire à sa mère pour exposer ses intentions, sa situation heureuse dans la famille de Mlle Jardin, bref, quelle serait sa joie d\u2019épouser cette jeune fille.Et la mère avait répondu: \"Non; pour bru, je refuse une Parisienne.Alors le fils soumis n\u2019avait pas.soi-disant, trouvé la force de venir leur montrer sa désolation.En une lettre de huit pages, \u2014 qu\u2019il eût voulu, disait-il, écrire avec ses pleurs, \u2014 une profonde tristesse s\u2019épanchait.Il priait que l\u2019on voulut bien l\u2019oublier, pu sque \u2018Ton n\u2019avait pas eu confiance en sa prucLnce d\u2019attendre pour plaider auprès de sa mère la caus~ de son amour.\u2019 Yvonne pleurait.Elle sursauta.La porte de la salle à manger venait de s\u2019ouvrir, apportant un grand rectangle de lumière.\u2014 Ma pauvre enfant, dit le père, voici notre décision: il faut immédiatement le changer les idées.Nos amis La Polsette nous ont souvent déclaré combien ils seraient ravis de t\u2019avoir pendant une quinzaine dans leur château.Ce sont des gens charmants.11 y a chez eux et alentour de la jeunesse, du mouvement, de la gaîté.Voilà notre affaire.Si tu es consentante, je les préviendrai par téléphone, dès demain matin.Ce fut un temps presque enchanteur pour Yvonne.On s ingénia le mieux du monde à la convaincre que tout s arrange dans la vie.Bien entendu, le mot d ordre était donné par le père pour que l\u2019on ne fît nulle allusion au récent chagrin ; \u2014 n\u2019empêche que, tout le monde étant dam la confidence, il ne se passait pas de jour s ms qu\u2019une occasion ne se présentât de laisser échapper des sous-entendus en parlant soit de l'inconstance des hommes, soit des bienfaits de l\u2019oubli en matière sentimentale.Yvonne en souriait, avec une sourde souffrance pourtant.Du moins ses yeux n\u2019avaient plus envie de pleurer dans l\u2019engrenage sport f de cette existence au grand air et parmi les réceptions incessantes dans un cercle de cinq lieues à la ronde.Au jugement de tous sa peine semblait s éva- porer dans les rires; \u2014 ainsi donna-t-elle l\u2019impression de s a-muser à coeur joie, et les deux semaines de séjour dans le château des La Polsette furent pour elle brûlées avec la rapidité d un feu de paille.Yvonne était venue dans la Côte-d\u2019Or accompagnée par son père, reparti le lendemain.Pour le retour, elle fut confiée à une vieille demoiselle presque sourde, qui, invitée elle aussi, retournait de même à Paris.Dijon était la gare de correspondance où elles prenaient 1 express après la petite ligne de Bligny-sur-Ouche.Dans le compartiment de 2e classe où elie» montèrent, à 19 h.15, ne se trouvait qu\u2019une voyageuse, \u2014 une dame assez grasse assise dans un coin, avec un petit griffon écossais sur ses genoux A l\u2019entrée des deux arrivantes, le chien dressa les oreilles et montra les dents en grommelant.Sa maîtresse lu: donna une tape sur le museau.Il fit un tour sur lui-même et, soudain pacifique, 'endormit.Le train poursuivait sa course dan* la nuit, à travers les campagnes et les petites villes devenues invisibles.Bercée par la trépidation régulière du convoi, la vieille demoiselle ne tarda pas à s\u2019assoupir.Yvonne avait pris un livre, mais tout en lisant, elie se sentait dévisagée par la grosse dame.Le regard de celle-ci pesait même sur elle avec une telle insistance que, ne pouvant plus s\u2019y soustraire, involontairement, elle releva la tête.Leurs yeux se rencontrèrent.\u2014 Mon petit griffon était impardonnable de froncer le nez et de si mettre en garde devant tant de grâc \u2018 dit l\u2019inconnue.Plus je vous observe plus je vous trouve charmante.\u2014 Oh! madame, c\u2019est parce que -ans doute, vous ne me connaissez pas - Ne croyez pas cela, poursuivi* 1 l i d îme.Je ne me suis jamais tromp\u201d sur mes premières impressions.Vous êtes bien, mademoiselle, l\u2019une de ces rares créatures qu\u2019une mère p\u201cr$pîcace doit souhaiter à son fils.Ah! comme ie devine bien la joliesse de votre âme aussi fraîche que vos bonnes joues vo-'s, des joues comme bien certainement on ne doit pas en a vo r de pareilles à Paris 1\t(Suite à la page 45} 14 Sb Samedi 19 janvier 1929 FEUILLETON DU \u201cSAMEDI\u201d\t LA DOULEUR\tD\u2019AIMER par ELY MONTCLERC RESUME DES PRECEDENTS CHAPITRES Josette d\u2019Apreval vient d\u2019épouser José Brizeux.Le soir de ses noces José reçoit une visite d\u2019un homme mystérieux.José disparait le soir même de son mariage en envoyant une lettre à sa fiancée dans laquelle il lui dit qu\u2019il se suicide.La jeune mariée est désespérée.Un aventurier, Lord Dudley, veut épouser la jeune femme et se fait admettre dans la maison du marquis d\u2019Apreval.Cet aventurier a surpris un secret de la marquise et il abuse de la situation pour persécuter la pauvre femme.No 5\t(Suite) PREMIERE PARTIE IV \u2014 Merci.Aujourd\u2019hui la mère s'efface.c\u2019est pour Philippe que je tremble.L\u2019isolement où il se complaît amènera quelque catastrophe nouvelle si on n\u2019intervient pas.Moi, hélas! Je n\u2019en ai pas ouvertement le droit.Vous seul avez qualité pour agir.Je vous en conjure, hâtez-vous.Si vous tardez un seul jour il est perdu.Une voix me le crie sans cesse.\u2014 Que faire?que faire, madame ?Supposez-vous que je ne m\u2019alarme point?J\u2019ai vainement essayé de soustraire Philippe au dangereux voisinage où il se complaît.Le lieu qui vit périr son enfant exerce sur lui une fascination maladive.\u2014 Si! je le sais! je ne le sais que trop.et cette pensée ajoute encore à mon désespoir.Ecoutez monsieur, par grâce, allez trouver votre frère.J'ai préparé une lettre, remettez-la lui.Je veux espérer qu\u2019il ne résistera pas à mes supplications s\u2019il m\u2019aime encore un peu.Moi, mes sentiments n\u2019ont pas, ne peuvent pas varier.Je l'aime davantage depuis qu\u2019il est malheureux.Je suis à lui pour toujours quoi qu\u2019il advienne.Je n\u2019aurai connu qu\u2019un amour unique.Puisse cette certitude me valoir de votre part .monsieur, un peu de pitié et d\u2019indulgence.Landry baisa avec respect les mains d\u2019Andrée.\u2014 Vous avez toute mon affection fraternelle, madame.Bien fou est celui qui prétend juger autrui.Je vous obéirai, j\u2019irai trouver Philippe, je lui porterai votre lettre, dit Landry.\u2014 Quand?demanda Andrée.\u2014 Je partirai ce soir.\u2014 Vous êtes bon, vous faites luire devant mes yeux un rayon d\u2019espérance.Dites-lui que je le conjure de réagir, de sortir, tan- Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.Commencé dans le No du II décembre 1928.dis qu'il est temps encore de cet enlizement mortel.Notre petit François n\u2019est plus.il aura été la rançon de l'amour défendu, la victime innocente qui paya pour les coupables.Cherchez dans votre coeur, cherchez quelque chose à quoi Philippe puisse se rattacher, quelque chose qui endorme sa douleur et lui rende le courage de vivre.Landry promit.Le lendemain dans la journée, il arrivait au Beatenberg et trouvait son frère assis devant un grand feu, rêvant, l'air sombre, le sourcil froncé.Un gai soleil printanier riait à travers les vitres, la neige commençait à fondre et dévalait le long des ravins, en ruisseaux d\u2019eaux limpide; l\u2019herbe nouvelle montrait timidement ses pointes d\u2019un vert tendre, les perce-neige entr\u2019ouvraient leurs pâles corolles .L\u2019enchantement de la saison radieuse commençait.mais Cimiez ne voyait rien, Ci-miez restait insensible à tout ce qui n\u2019était pas son deuil et ses remords atroces.Pourtant la vue de son frère le dérida un court instant.Il lui sourit, tendit la main.Landry ouvrit les bras et y reçut un pauvre être éperdu, sanglotant, dont la peine infinie si longtemps comprimée, crevait soudain son armature de glace.\u2014 Pleure, pleure, dit le cadet avec une tendresse touchante.Ton malheur ne peut être partagé par quelqu\u2019un qui te chérisse plus tendrement que moi, frère.Je te plains va.je pense à toi sans cesse.je respectais ton isolement et faisais taire mes inquiétudes, mais elle m\u2019a confié son tourment, elle m\u2019a supplié, et me voici.\u2014 Pourquoi faire?\u2014 Pour essayer de te galvaniser Philippe.Certes on a le devoir de regretter ses morts.toutefois.tu vas trop loin.\u2014 Pas assez, au contraire.murmura sombrement le comte.Veux-tu la vérité?Je pense à en finir d'une manière radicale.Trop de choses pèsent sur mon âme et l\u2019accablent.J\u2019aspire au suprême repos.Oui, cette idée me tente de plus en plus.\u2014 Tu es fou, malheureux ! Aussi, c\u2019est ce pays désolé, cette nature sauvage, la solitude rigoureuse où tu te confines.Auprès de moi, à mon foyer, tu aurais trouvé réconfort et appui moral.Philippe ne put maîtriser un mouvement d\u2019effroi.\u2014 Chez toi ?Jamais ! profé-ra-t-il d\u2019une voix sourde.\u2014 Oh ! quel ton ! fit Landry avec reproche, doutes-tu de ma tendresse, de ma sollicitude ?\u2014 Non.se reprit le comte, tu ne m'as pas compris, frère.J\u2019ai horreur de tout et de tous.Les visages qui m\u2019étaient les plus chers jadis m\u2019inspirent presque de l\u2019épouvante.Alors n\u2019est-ce pas., il vaut mieux que je reste seul.Tiens, Andrée, Andrée que j\u2019adore et pour qui mon coeur saigne, il me serait infiniment cruel de la revoir.\u2014Tu ne refuseras pas cependant de lire la lettre qu\u2019elle m'a chargé de t\u2019apporter ?\u2014 Non.cela je le puis.Donne.«Philippe, écrivait la jeune femme, à travers l\u2019espace je sens votre désespoir et j\u2019en meurs.Par pitié, ayez compassion de vous-même, chassez l\u2019obsession néfaste, vivez Philippe, vivez, mon amour, vivez, avec pour compagne la souffrance, mais vivez, il le faut.C'est assez d\u2019un mort.je n\u2019aurais pas la force d\u2019en pleurer deux.«J\u2019ai des devoirs, je veux les remplir.Je dois consoler mon mari, je ne faillirai pas à ma tâche.Nous avons eu des joies trop aigues, mon pauvre ami, l\u2019heure est venue de payer.Eh bien ! soyons braves, payons.allons jusqu\u2019au bout de la route.«Je vous aime toujours, je serai toujours vôtre, mais je pense que de longtemps nous ne devons pas être face à face.Laissons l\u2019a-paisement se faire en nos âmes, vieillissons, Philippe.Alors seulement il nous sera permis de nous tendre la main, et d\u2019être de bons amis sans plus.Nous aurons brisé les chaînes de la passion farouche qui nous consume, et peut-être connaîtrons-nous encore de douces heures, même après le renoncement.«Je vous en prie, ne me résistez pas, soyez brave, soyez fort.Haut les coeurs Philippe ! « Quittez la Suisse, voyagez, tâchez de vous distraire par n\u2019importe quel moyen, et ne revenez qu une fois la guérison assurée.A ce moment, nous aurons acquitté notre dette, et vaincu la malédiction qui nous opprime.Allons, courage! Je vous aime et je vous pardonne.« Andrée de Sancy.» Depuis qu elle connaissait son ami,poussée par une belle confiance et une témérité bien féminines, Mme d\u2019Apreval avait toujours signé de la sorte ses lettres.Pour Philippe elle était Andrée de Sancy, pour Renaud elle était la marquise d\u2019Apreval.Le comte lut et relut cet appel impérieux.Puis il tomba dans de profondes réflexions, et les jugeant salutaires Landry n\u2019eut garde de faire un mouvement.Enfin, après une dernière lecture.Philippe mit la lettre dans son portefeuille.Que décides-tu?interrogea le cadet. 19 janvier 1929 Sfa&amedL 15 \u2014 J'obéis, elle a raison, fit le comte d\u2019un accent catégorique, aussi bien si je ne guéris pas il sera toujours temps d\u2019en finir.Essayons du remède.\u2014 A la bonne heure.Je te retrouve, mon grand.Ecoute, en wagon j\u2019ai toujours réfléchi, tu penses, et je crois avoir trouvé quelque chose d\u2019intéressant.Que dirais-tu d'un voyage au Mexique?un voyage qui serait aussi une sorte d\u2019exploration ?\u2014 Je dirais.je dirais qu\u2019ici ou là peu m\u2019importe.Va pour le Mexique s'il y a quelque chose à y avoir.\u2014 Oh ! tout ce qu'il y a de plus curieux j\u2019imagine.Te ranpelles-tu le commandant de Géryville mort l\u2019an passé en expédition au Sénégal ?\u2014 Sans doute je me le rappelle.Un bien charmant garçon.\u2014 Il rêvait de refaire et de pousser jusqu'au bout une exploration entreprise il y a Quelques années au Mexique.La mort ne lui en a pas laissé le temps.T'ai justement reçu il y a quelques semaines, un legs bizarre venant de lui.Une momie \u2014 Une momie 7 \u2014 Parfaitement.Une momie d'Aztèque entièrement bardée de lames d\u2019or oui lui font une sorte d\u2019armure étincelante.Sur ses cheveux un casque de plumes d\u2019aigle, ornementé d\u2019or.A ces côtés des flèches, un carquois des armes bizarres, très anciennes probablement, avec de l\u2019or partout.Chose sineulière, la momie au lieu d\u2019être étendue est assise, le bras droit levé, l\u2019index pointant en arrière comme si elle voulait désigner quelque chose.Et, dans sa main gauche se trouve une pierre de la grosseur d'un oeuf de vanneau, une pierre que Gérylle prétend ê're un diamant brut \u2014 Il t\u2019a fait un joli cadeau en ce cas.\u2014 Oh! je ne l'apprécie qu'à titre de curiosité, car, te l\u2019avoue-rai-je.moi qui ne suis pas superstitieux, j\u2019ai presque peur de cette étrange momie au masque grimaçant, j\u2019ai peur de cette pierre aux feux jaunes qui me semble recéler un pouvoir maléfique.Seulement c\u2019est le dernier souvenir de mon camarade.Il crut ainsi me témoigner son amitié; je le garde donc.D autant plus qu\u2019à ce legs, Gérylle joignait une notice explicative.Sa momie c\u2019est toute une légende.Veux-tu qu\u2019en quelques mots je te la raconte ?Philippe esquissa un geste d\u2019acquiescement lassé.\u2014 Il paraît reprit donc Landry que les Aztèques possesseurs du Mexique à l\u2019époque où Fernand Cortez le vint conquérir ont entassé dans les gorges inaccessibles de leurs sierras des trésors accumulés d'âge en âge, et que nul Européen ne put découvrir, tellement ces repaires sont mys- térieux et habilement dissimulés.Leur croyance repose sur la pluralité des existences, c\u2019est-à-dire qu ils supposent qu'un être revient sur terre après y avoir déjà vécu.Ils adorent le soleil.Donc, leur race étant décimée, ils se lèguent, ils se sont légué veux-je dire, de bouche en bouche le secret de leurs trésors, afin qu\u2019au jour de la réincarnation, les Aztèques futurs puissent les trouver et s\u2019en servir.Géryville déclare qu il a lu cela sur des pierre gravées, qu\u2019il a déchiffré ces hiéroglyphes, et que les grottes sacrées contiennent, outre de fabuleuses richesses, les archives de ce peuple si intéressant.Il de- vait, une fois terminée sa mission officielle au Sénégal, entreprendre pour son compte personnel une seconde expédition au Mexique.Il prétendait trouver ces fameux trésors, et affirme que la momie qu\u2019il me lègue était sur le chemin des grottes, qui sait ?à la porte peut-être même, mais qu\u2019alors, mal renseigné il n\u2019a pas su voir ni comprendre.Cette momie était enfermée dans un cube de pierres gravées à l'intérieur.Extérieurement cela ressemble à une pyramide placée à l\u2019extrémité d\u2019un défilé bordé de murailles granitiques.Chemin inabordable en apparence; ce ne sont qu\u2019éboulements gigantesques de rochers.Par hasard il aperçut sur une de ces pierres un signe qui l\u2019intrigua, constata que cette pierre obstruait une cavité, descella la pierre et découvrit dans une niche la momie en question.Depuis, il s est livré à de longues études, et il est persuadé que ce corps doit être celui d\u2019un chef, lequel a pour mission de garder le seuil Josette se promenait dans le vas*e parc [n *5% 'MSW llM, tftfj Jw / us 16 19 janvier 1929 du trésor mystérieux.La position de 1 index le démontre.Landry continua : \u2014 Malheureusement les fièvres pernicieuses ont emporté Géry-ville.Pauvre garçon! il a dû bien souffrir de ne pouvoir terminer sa tâche.J\u2019étais son ami le plus intime.Voilà pourquoi sentant venir sa fin, il m\u2019a fait le légataire de sa précieuse momie, de la pierre merveilleuse et des documents qu\u2019il mit plusieurs années à réunir.Il me dit dans son testament que si je me sens un jour le courage de reprendre ces recherches et de les mener à bien, ce sera pour lui une grande satisfaction d'outre-tombe.Le courage, je l\u2019aurai si tu m\u2019aides Admets que nous arrivons aux grottes sacrées.Que de merveilles, que de découvertes fertiles en perspective! Une mine inépuisable pour les historiens, des magnificences sans pareilles pour nos musées, et le nom de Géry-ville porté du coup au pinacle.Le comte de Cimiez demanda \u2022 \u2014 Alors tu veux que nous partions ensemble ?\u2014 Ensemble non pas, frère, car à l\u2019heure actuelle je ne puis entreprendre un voyage aussi long, Mais, si tu t\u2019en allais d\u2019abord, je te rejoindrais un peu plus tard.Tu préparerais les voies; muni d'un plan que Géry-ville a joint à ses notes, tu découvrirais la route et organiserais là-bas l\u2019expédition.Certes, ce sont des fatigues, des dangers, un temps très long à dépenser.\u2014 Oh! interrompit Philippe dans un pâle sourire, rien de tout cela ne m\u2019effraie, mon cher ami.Au contraire plus il y aura de difficultés, plus je serai content.\u2014 Songe qu\u2019il reste encore quelques représentants de la race Aztèque, ayant gardé les coutumes, les traditions et la foi de leurs ancêtres.Ils doivent habiter les alentours de la fameuse cachette, et, ma foi, gare à l\u2019imprudent qui s\u2019y risque.\u2014 Cette perspective ne peut que corser l\u2019intérêt.S\u2019il n\u2019y avait aucun danger à courir, où serait l\u2019agrément ?\u2014 Si i\u2019entends bien tu te décides ?\u2014 Ma foi oui, répliqua Cimiez.Je vais du moins essayer d\u2019obéir à Andrée, et tâcher de mériter de Miller\u2019s Worms Powders est un remède complet par lui-même.Non seulement il expulse les vers du système mais il répare les dommages causés par les vers et il renforcit la constitution au point qu'elle se rétablit promptement des désordres de la digestion qui sont le résultat des parasites.Le remède agit complètement et U s\u2019en suit la force et la santé.la revoir un jour.Dois-tu lui rendre compte de ta visite ici ?\u2014 Nous avons adopté un langage conventionnel à l\u2019aide duquel je lui transmettrai une dépêche.\u2014 Eh bien ! Landry, télégra-phie-lui que je cède.Partons pour Paris, où il faut que j\u2019aille me ravitailler en vue de mon voyage.\u2014 Ensuite, acheva Landry, tu viendras passer quelques jours à Bellegarde.Je te remettrai les notes de Géryville, le plan et aussi la fameuse pierre ou trois signes importants sont gravés.Tu reconnaîtras que tu as atteint le but de ton expédition lorsque tu trouveras reproduits de \u2019istance en distance les signes que porte cette pierre.Comme Géryville lorsqu\u2019il eut fait sa découverte se proposait de revenir pour la poursuivre à fond, il se repéra à l\u2019aide de ce moyen.Il traça sur le mur du défilé qui conduit aux grottes la flèche et les trois étoiles que tu verras sur le diamant >aune.D\u2019ailleurs quand tu auras attentivement lu les papiers de mon pauvre camarade, tu seras renseigné en détail.Il était si plein de son sujet que ces descriptions sont vivantes, et qu\u2019on se croit transporté là-bas en pleine sierra.Je te montrerai la momie, les armes.De nouveau, se refléta sur les traits du comte une expression d\u2019épouvante horrifiée.\u2014 Non, non, murmura-t-il, mon frère, je n\u2019irai pas à Bellegarde.Va chercher les documents et ap-porte-les-mci à Paris.Comme Landry le regardait avec une rtuoéfaction douloureuse et s\u2019écriait ; \u2014 Oh! Philippe, que signifie?Pourquoi ce refus obstiné ?Cimiez ajouta : \u2014 Pardon.je ne suis plus moi-même, vois-tu, et j\u2019ai besoin qu\u2019on me prenne en pitié.A l\u2019heure actuelle il me serait impossible de supporter la présence d'un parent, d\u2019un ami.Pour toi seul je fais exception.Les passants, je les coudoie sans les regarder.Je serai isolé parmi la foule parisienne autant qu\u2019au milieu du désert , et cela convient admirablement à ma misanthropie farouche Mais, entendre des paroles de consolation, devoir y répondre.c\u2019est au-dessus de mes forces.Encore une fois pardon.Je t\u2019aime, frère, de tout mon coeur blessé.J\u2019espère pouvoir guérir.alors tu retrouveras ton ami des anciens jours.Landry n\u2019insista pas.Il parla de choses banales en attendant l\u2019heure où il faudrait quitter Beatenberg.Ce fut le lendemain matin qu\u2019eut lieu l\u2019exode.Ensemble les deux frères allèrent rejoindre le train à Schergîigen.Ensemble ils atteignirent Dijon.Mais là, tandis que Philippe filait directement sur Paris, son frère bifurquait et descendait vers Nevers, son château de Bellegarde étant situé à vingt kilomètres de cette ville.Us devaient se rejoindre quatre jours plus tard.Ces quatre jours, Cimiez les mit à profit pour acquérir toutes les choses indispensables, régler ses affaires privées, refaire son testament.François mort, sa fortune revenait tout naturellement à Landry.Mais il va de soi que le comte n'éprouva pas le besoin de mettre son frère au courant des décisions qu\u2019il venait de prendre.Mme d\u2019Apreval était à la Chênaie où la famille en deuil avait passé 1 automne et ihiver.Philippe, s\u2019il fut tenté d'aller dire adieu à son amie, sut résister à la tentation.Il se contenta d\u2019écrire au marquis pour lui annoncer son départ, sans lui expliquer le but qu\u2019il se proposait d\u2019atteindre.C\u2019était un moyen détourné d\u2019apprendre à Andrée le nom du pays où il se rendait, et où elle pourrait faire parvenir ses lettres si elle jugeait à propos de lui écrire.Lorsque Landry vint retrouver son frère, celui-ci était prêt.\u2014 Me permets-tu de t\u2019accompagner jusqu\u2019au paquebot ?de-manda-t-il.\u2014 De grand coeur.Philippe comptait se rendre directement à New-York, prendre le «Grand Central» qui relie cette ville à San-Francisco et de là descendre vers le Mexique.Ce fut donc au Havre qu\u2019il s\u2019embarqua sur la Savoie.Landry l\u2019installa, veilla à tous les détails; il quitta le navire qu'au dernier coup de cloche, mais ce fut pour courir jusqu\u2019à la jetée devant laquelle tout à l'heure passerait le transatlantique.Lorsqu\u2019il parut, précédé par les mugissements lugubres de la sirène.Landry quitta son chapeau et salua d\u2019un geste large.Philippe à l'arrière, s\u2019appuyait contre le bastingage.Il avait lui aussi le front découvert.Il était calme, il souriait avec une indicible mélancolie; jamais son frère ne l'avait vu si pâle.Au moment où le navire longea la jetée, Cimiez, du doigt, montra le ciel, puis il envoya un baiser à Landry.Les yeux brouillés de larmes, celui-ci agita son chapeau.un instant plus tard, la Savoie était loin, et les passagers n\u2019apparaissaient que comme des points noirs groupés sur le pont.Quand le navire eut abandonné son pilote et qu\u2019il fut en pleine mer.le cadet enfin consentit à quitter sa place.Il revint à l\u2019hôtel, tête basse, d\u2019un pas d\u2019enterrement, ayant la sensation atroce qu il venait de dire à son frère un dernier adieu.Ses pressentiments ne le trompaient pas.Pendant près de deux ans il reçut assez régulièrement des nouvelles du voyageur.Mais un jour ces nouvelles cessèrent tout à coup.Landry écrivit lettres sur lettres; toujours rien.De guerre lasse, il s\u2019adressa au consulat français.On fit des recherches.Elles aboutirent à cette conclusion que le comte de Cimiez était mort, très certainement victime de quelque accident.On suivait sa trace jour par jour jusqu\u2019à Saltillo où il avait pris logement dans une hôtellerie, et séjourné trois semaines.Un matin il était parti, annonçant qu'il entreprenait une expédition et resterait absent huit jours environ.Il laissait dans sa chambre ses bagages ainsi que divers papiers.Il montait une mule achetée par lui la veille.D\u2019abord, on ne s\u2019inquiéta pas, on laissa passer le temps.Il arrive assez fréquemment que les voyageurs pour une raison ou pour une autre prolongent leur absence bien au delà des limites indiquées.Et puis les Mexicains ne sont jamais pressés.La chambre du comte était payée pour un mois, elle contenait largement de quoi répondre des loyers futurs; on pouvait attendre.On attendit si bien, que, sans les démarches entreprises sur l\u2019ordre de Landry, on attendrait peut-être encore.A Bellegarde arrivèrent un matin les bagages du comte Philippe de Cimiez, accompagnés d\u2019une lettre explicative.Trois jours après son départ de l\u2019Os-teria Réal, des vaqueros l\u2019avaient aperçu dans la sierra, cheminant sur sa mule.Il leur avait demandé le chemin du Présidio del Monte, chemin des plus difficiles et des plus dangereux, attendu qu\u2019on y côtoie constamment des gorges, des fondrières, voire des précipices.Vers le milieu de la journée, un orage extrêmement violent avait éclaté.En ces pays tropicaux, les orages sont 19 janvier 1929 17 d\u2019une force inouïe et provoquent souvent des catastrophes.D\u2019autant qu ils se produisent spontanément, et que seuls les habitants de la contrée peuvent les prévoir à temps pour s\u2019en garer.Comme c\u2019est à dater de ce jour néfaste qu'on cessa de revoir Ci-miez, il fallut bien admettre qu\u2019il avait trouvé la mort dans la sierra pendant que sévissait la tempête.Quant à savoir le lieu exact, impossible Autant demander de soulever une à une les pierres de la montagne, autant vouloir fouiller la montagne elle-même dans tous les sens.Landry pleura sincèrement son frère car il l\u2019aimait du fond du coeur.Il fit graver une dalle de marbre dans le caveau familial à Bellegarde.une dalle nui ne recouvrait que le vide.Car, coïncidence fatale, un même destin était réservé au père et au fils.Leurs corps ne connaîtraient jamais le repos frial d'une sépulture fleurie et c\u2019est sur une tombe sans cadavre que ceux qui les avaient perdus devaient prier.Andrée, quand elle apprit l\u2019affreuse nouvelle, fut stoïque et brave entre les braves.Personne ne devina l\u2019affreuse blessure de son coeur.Hélas! Andrée devinait depuis longtemps quel serait le dénouement lamentable du voyage entrepris par Philippe.Bien qu\u2019éloignés, les deux amis communiquaient à l\u2019aide de ces affinités mystérieuses dont on ne peut retrouver l origine que dans un lien d\u2019âme tout-puissant.Parfois, sans cause apparente, Mme d\u2019Apreval pâlissait, portait la main à sa poitrine et ses beaux yeux devenaient troubles comme l\u2019eau de l\u2019Océan quand gémit la tourmente.C'est que la pensée de Philippe venait de lui parvenir, à cette heure même.En quelque lieu qu\u2019il se trouvait, il l\u2019avait évoquée, la toujours chère, l\u2019adorée, l'unique, et fidèle, elle répondait à son appel.Or, depuis une nuit affreuse où elle l\u2019avait vu en rêve, livide, les traits décomposés avec du sang à la commissure des lèvres, depuis cette nuit, jamais plus elle n\u2019avait reçu l'évocation télépathique.Mais* en revanche il lui arrivait assez souvent d éprouver la sensation d\u2019une présence invisible à ses côtés lorsqu\u2019elle était seule.Des souffles froids parcouraient sa nuque baissée, caressaient ses mains blanches.C\u2019étaient comme des pas étouffés glissant sur le tapis .une ombre chère errant autour de la marquise, une ombre qu'elle ne pou- vait voir, qu\u2019elle devinait seulement, et qu\u2019elle appelait sans cesse, désireuse de sa douce hantise.Voilà pourquoi, lorsque, s'étant arrangé pour voir Mme d A-preval en tête à tête, Landry lui annonça la terrible nouvelle, celle-ci ne broncha pas.\u2014 Je savais qu'il était mort, répondit-elle seulement.Je devais les perdre tous deux.C'est mon châtiment.Je l\u2019accepte.Je suis résignée aujourd hui à n a-voir plus de bonheur.Il me suffit que mon mari soit heureux dans la mesure du possible Par mon dévouement absolu, par une tendresse qui jamais ne se démentira, j'essaierai de racheter ma faute.Séparons-nous pour toujours, monsieur.Je ne dois plus entendre prononcer le nom de Cimiez.Mortellement triste.Landry regagna Bellegarde.Cette mort faisait de lui l\u2019un des plus riches seigneurs du Morvan; sur sa tête passait le titre de comte oorté jusque-là par son frère.Mais Landry n\u2019aimait pas la fortune; tant de biens 1 épouvantaient au contraire.Il eût abandonné volontiers tout cela pourvu que son frère aîné lui fût rendu.Les mois encore se succédèrent, endormant les chagrins amers d\u2019Andrée, lui apportant la résignation sinon l'oubli.Pauvres morts, pauvres morts! la vie entraîne ceux qui demeurent et votre souvenir s\u2019efface.Certes, au coeur de la mère et de l\u2019amie une double blessure était et serait toujours ouverte.Ces deuils sont éternels.Toutefois, en apparence, elle avait repris son existence normale.Il le fallait pour ceux qui restaient, pour Renaud, pour Josette, \u2014 et bravement elle accomplissait son devoir.Et puis, un jour de l\u2019hiver précédent le début de cette histoire, Andrée se trouva tout à coup devant le sosie de Philippe C\u2019était lui, plus jeune de quinze ans lui, tel qu\u2019il était apparu à ses yeux autrefois.Qui pourra expliquer ces jeux de la nature, et dire par suite de quel étrange phénomène deux êtres totalement étrangers l'un à l\u2019autre se ressemblent au point qu\u2019on pourrait les confondre.Le sosie du comte de Cimiez se nommait José Brizeux, et, coïncidence plus curieuse encore, voici qu\u2019il se mit à aimer follement Josette d\u2019Apreval, voici que de son côté Josette fut éperdument éprise du jeune docteur, et qu\u2019après cette première entrevue elle pouvait dire, paraphra- sant le mot de l\u2019immortelle Ju-lette : \u2014Il s'appelle José, je m\u2019appelle Josette; deux mêmes noms, deux mêmes amours.Si José ne devient pas mon époux, que l'on creuse ma tombe, car je mourrai.On comprend à présent pourquoi,malgré l\u2019hostilité de Renaud pour cette mésalliance, sa femme avait pris le parti des amoureux, et si bien manoeuvré qu\u2019elle finit par vaincre.Renaud, quoiqu\u2019il n\u2019eût jamais soupçonné sa femme, douta toujours des sentiments de Philippe à son égard.Une passion semblable, si bien qu on la cache, finit par transpirer.A défaut des lèvres, les yeux parlent.Cimiez aimait Andrée, de cela Renaud était sûr.mais il l'aimait d\u2019un amour sans espoir.C\u2019est du moins ce dont se flattait le marquis.N importe, il supportait mal la présence de cet homme aux regards brûlants, il avait peur qu\u2019un jour sa femme ne finît par céder.Certes, droite et loyale, la marquise ne trahirait pas ses devoirs elle partirait.Elle ne partit pas, donc elle avait résisté à la tentation.Malgré tout, ce fut presque un sentiment de soulagement qu\u2019éprouva Renaud en apprenant la mort de celui en qui il avait de tout temps pressenti un rival dédaigné, rival malheureux, plein de respect, auquel on ne peut adresser nul reproche, qu\u2019il est impossible d évincer, rival qu'on déteste cependant sans oser se l\u2019avouer à soi-même.Et José Brizeux ressemblait à Philippe! raison de plus pour le combattre.\u2014 Ces gens-là, pensait superstitieusement d\u2019Apreval, amènent à leur suite le malheur.Jamais José Brizeux ne deviendra mon gendre.Il le devint pourtant, grâce à la ténacité d\u2019Andrée, Ce qui constituait aux yeux du mari un vice rédhibitoire était une qualité primordiale aux yeux de l'épouse.Or, étant toute-puissante sur l\u2019esprit de Renaud, elle devait remporter la victoire.Maintenant nos lecteurs savent tout, tout ce qui dans ce récit leur paraissait encore obscure.Et ils connaissent de même les souvenirs qu\u2019évoqua la malheureuse Andrée durant la nuit qui succéda à son entrevue avec lord Dudley.Ses deux morts si précieusement ensevelis par ses mains pieuses, il fallut les ressusciter.Il fallut faire surgir du passé tous les tourments, toutes les joies coupables, toutes les luttes; ce drame d\u2019amour et de sang qui avait empli sa jeunesse, et au ba^ duquel la pauvre femme croyait bien avoir écrit le mot: fin.Rien n\u2019était terminé hélas ! tout recommençait.Les angoisses, les craintes, les appréhensions terrifiantes, il allait falloir revivre tout cela, connaître de nouveau les heures poignantes, les serrements de coeur, trembler pour son repos, pour son honneur.pour la tranquillité de l'être sur qui elle avait reporté ses tendresses exclusives : son mari, son cher mari si confiant et si bon.\u2014 Moi, se répétait en pleurant la marquise, moi il importe peu que je souffre; j\u2019ai l'habitude.Je sais ce que c\u2019est que d'avoir le coeur déchiré et de sourire.Mais lui.lui, mon Renaud, lui dont la foi aveugle et la tendresse infinie m\u2019ont placée sur un piédestal ! Qu'il connaisse ma faute?qu\u2019il me sache vile et menteuse?ayant apporté au foyer conjugal l\u2019enfant de l\u2019adultère ?J\u2019aurais beau jurer, essayer de lui faire comprendre qu\u2019en dépit d»s apparences je l\u2019aimai toujours.Pas comme il l\u2019eût fallu, pas comme il le voulait.je l\u2019aimais néanmoins, j\u2019étais son amie la plus dévouée.Les hommes n\u2019admettent pas ces subtilités de sentiment; ils ne considèrent que le fait brutal, la faute.qui pour eux est un crime.Non.mille fois non dussé-je y sacrifier ma vie non mon mari ne saura jamais la vérité .Je ne veux pas.je ne veux pas.Oui.mais il y avait lAnglais au masque flegmatique et dur, l\u2019homme dont les yeux sombres la transperçaient, dont le sourire perfide lui glaçait le sang.Que voulait-il cet homme ?A quel prix vendrait-il son silence?Il était colossalement riche, et noble; il possédait les plus grandes satisfactions que pût ambitionner un aventurier de son espèce.Andrée cherchait en vain quel désir Archibald prétendait encore réaliser, elle cherchait la raison de ce chantage odieux et ne la pouvant trouver.Un certain moment elle eut une pensée bizarre.Elle se savait très belle; un cortège de soupirants le lui répétait sans cesse, bien qu\u2019elle répugnait à toute coquetterie.Est-ce que par hasard ce flibustier?Ah! bien dans ce cas la partie serait vite jouée.Tout, tout pourvu que Renaud n\u2019eût aucun soupçon.Elle voulait demeurer pure dans la mémoire et dans le coeur de son mari.Démériter à ses yeux? 18 19 janvier 1929 impossible.Donc, si elle ne se trompait pas, son plan, d\u2019avance, se trouvant tracé.Paraître souscrire aux conditions du lord, obtenir la remise des documents compromettants, les détruire, puis se tuer, aller rejoindre les disparus.Remède radical s'il en fut, sacrifice peu coûteux en somme pour cette créature au coeur meurtri, à qui l\u2019avenir né réservait que des regrets.Ainsi Renaud ne verrait pas sa quiétude troublée, ainsi il pourrait pleurer sa femme sans qu\u2019une goutte de fiel se mêlât à ses larmes.Le matin surprit Mme d\u2019Apre-val encore éveillé.Par les fentes des volets, le jour annonçait sa venue, le soleil riait, répandant sur la nature extasiée son enchantement quotidien.Andrée se leva.Lasse d\u2019obscurité, elle tira les rideaux, écarta les persiennes et s\u2019accouda pensive au balcon.Que de paix autour d\u2019elle ! Sous la feuillée humide, les oiseaux s\u2019éveillaient avec de petits cris joyeux; l\u2019arome grisant des plantes et des fleurs montait dans l\u2019air fluide.les papillons aux ailes multicolores se poursuivaient rapides.Une journée divine commençait et pour la malheureuse créature, ce jour enchanteur était le prélude d'un nouveau supplice.Toutefois, habituée à dissimuler et pour cause, elle répondit souriante aux questions anxieuses de son mari et le tranquillisa pleinement.Profitant ensuite d\u2019un moment de liberté, elle écrivit au comte Landry de Cimiez.Depuis deux ans, depuis l\u2019entrevue si triste où il lui avait appris le sort de son frère, la marquise n\u2019avait plus eu de ses nouvelles.Elle ne connaissait donc pas au juste sa résidence actuelle, mais en écrivant à Bellegarde, elle était sûre que sa correspondance parviendrait.L\u2019intrusion de lord Dudley dans sa vie aurait en tous cas ceci de bon.C\u2019est que grâce à ses indications, il serait possible de retrouver les ossements du pauvre Philippe et de les ramener en France.Plus heureux que son fils, son cher petit François, il dormirait son dernier sommeil en famille, au milieu des siens.Pas de repos avec l\u2019asthme\u2014 L'asthme attaque généralement la nuit au moment où l'on a le plus besoin de repos.De là, perte de vigueur, débilité nerveuse, amaigrissement et autres maux qu\u2019il faut attendre si l'on n'y remédie pas.Heureusement le remède est possible.Le remède pour l\u2019asthme du Dr J.D.Kellogg a prouvé ses mérites au cours d\u2019années de services.Un essai vous convaincra sûrement.« Monsieur, écrivit-elle donc, j\u2019apprends de source certaine en quel lieu votre frère a trouvé la mort.L\u2019homme qui en fut témoin m\u2019affirme qu\u2019il enterra le corps proche de la hutte qu\u2019il habitait.Seriez-vous disposé à faire le voyage muni de renseignements exacts et à ramener près de vous cette dépouille si chère?Que ne puis-je moi-même accomplir ce pieux pèlerinage ! Un mot de vous et vous recevrez les indications utiles.» \u2014 Il le faut, songea Andrée en cachetant cette lettre, il le faut, c'est un devoir sacré, le corps de Philippe ne peut rester là-bas, exposé aux pires outrages.Ah! mon amour, mon amour chéri, est-il vrai, dis, que je doive aller bientôt te rejoindre ?Vers onze heures et demie, on appela la marquise au téléphone.L\u2019appareil était installé dans l\u2019immense hall en rotonde qui servait de bibliothèque et fut autrefois la salle des gardes.Précisément Renaud lisait auprès d\u2019une verrière.Des livres et des journaux étaient amoncelés devant lui.Andrée décrocha le récepteur, une voix se fit entendre, elle tressaillit.C\u2019était son amie l\u2019Américaine, Mrs Lyon, qui lui disait en substance ceci : \u2014 Chère madame, lord Archibald Dudley, que vous avez connu chez moi, vient de louer pour la belle saison une propriété voisine de votre domaine.Bien que vous soyez en deuil et ne receviez pas, je vous demande d\u2019accueillir lord Dudley lorsqu\u2019il se présentera chez vous, non en simple visiteur, mais en voisin réclamant vos bons offices, car, n\u2019est-ce pas, il a besoin d\u2019être renseigné sur mille choses.Lord Dudley, d\u2019autre part, est un parfait gentleman dont je réponds comme de moi-même.Ma cousine, lady Russel Stadford, en raffole.\u2014 Mais.essaya de se défendre la marquise interdite, mais.mon mari.Il est très rigoureux sur ce point.La santé de notre fille nous tourmente beaucoup.Nous désirons la plus complète solitude.\u2014 Je vous en prie, chère madame, faites exception à la règle en faveur de lord Archibald.Il comprendra son devoir et ne franchira pas les limites de la correction.Il ne vous importunera pas, j\u2019en suis convaincue.Soyez gentille, ne me refusez pas cette faveur.J\u2019ai le plus vif désir d\u2019être agréable à ce gentleman.Andrée balbutia un vague : «J\u2019essaierai, je vais parler à mon mari», puis elle décrocha le récepteur.Entendant qu\u2019il était question de lui, Renaud prêtait l\u2019oreille.\u2014 Qu\u2019est-ce que vous veut Mrs Lyons?demanda-t-il.Mme d\u2019Apreval, d\u2019une voix qui tremblait un peu, exposa sa requête.Le marquis fronça les sourcils.Enfin, il finit par dire: \u2014 Nous pouvons rendre le service que réclame Mrs Lyons sans nous engager dans une intimité trop grande.Nous accueillerons lord Dudley, nous nous montrerons pour lui de cordiaux voisins, sans plus, et j\u2019espère qu\u2019il n\u2019en abusera pas en se montrant indiscret.Du reste, votre amie a raison.De ce que notre porte est condamnée et que nous n\u2019entendons pas recevoir, il ne saurait s\u2019ensuivre que nous nous montrions d\u2019un rigorisme par trop outré.La marquise ne souffla mot.En elle-même, elle pensait : \u2014 Comme il est habile ! Il n\u2019a pas perdu de temps! Et comme mon mari a eu vite cédé.Voici le tigre féroce introduit dans la place.Qui va-t-il dévorer?Qui?Ce même jour, vers la fin de l\u2019après-midi, lord Dudley faisait passer sa carte.Les deux époux causaient ensemble dans le hall.Josette, dont la santé semblait meilleure, passait et repassait devant le pont-levis, envoyant parfois à ses parents un amical sourire.Chose bizarre, elle avait mis une robe blanche, une longue robe, flattante et souple, qui lui donnait une apparence quasi-aérienne.Il est vrai que le blanc est deuil pour les robes d\u2019intérieur.Quand Archibald parut, la jeune femme se trouvait précisément immobile au milieu du cadre de verdure formé par le pont-levis.Grâce aux fenêtres grandes ouvertes, on la voyait admirablement, avec ses cheveux blonds voltigeant autour de sa tête adorable, si gracieuse, si fine, si délicate et frêle qu\u2019on eût dit un précieux bibelot.L\u2019Anglais fit un brusque mouvement de recul, ses yeux vacillèrent.Il ne s'attendait pas à ce spectacle et en fut étrangement remué.Elle, elle! si proche.si lointaine pourtant! Pas toujours.Bientôt la face des choses changerait.Un grand pas se trouvait fait déjà, puisqu\u2019il était admis sous le toit de Josette, et qu\u2019un accueil poli lui était réservé.Cette visite fut forcément assez courte.Très grand seigneur, c\u2019est-à-dire d'une courtoisie pleine de simplicité, Renaud sut dissiper très vite la gêne inhérente à un premier entretien.De son côté, lord Archibald sut flatter la corde sensible du marquis en manifestant le plus vif intérêt pour son magnifique domaine dont il vanta l\u2019entretien et la conservation.Il toucha çà et là à des sujets intéressants pour Renaud, parla de sa vie aventureuse de naguère, captiva si bien son hôte, que celui-ci en reconduisant Archibald jusqu\u2019à la grille fut le premier à demander qu'il renouvelât fréquemment ses visites.La conclusion est qu\u2019au bout de deux semaines, lord Dudley venait à volonté à la Chênaie.On le traitait en voisin, sans façons.Il se montrait impeccable, d\u2019une distinction absolue, discret, réservé, très agréable conteur, émerveillant Renaud de ses récits sur les moeurs rudes de la Prairie.Il semblait si naturel même que parfois Andrée croyait avoir rêvé leur tragique entrevue sous la charmille.A peine s\u2019il s\u2019occupait de la marquise; quant à Josette, de profonds sa-luts silencieux et c\u2019était tout.Sans le regard incisif dont à de certains moments, l'insulaire poursuivait Mme d\u2019Apreval, elle eût respiré à l\u2019aise.Mais ces regards \u2014 combien éloquents \u2014 ne signifiaient que trop : \u2014 Je joue mon jeu, préparez-vous ! Ayant le libre accès du parc, Archibald profitait largement de la permission et y effectuait de longs parcours.Souvent les deux hommes s'y promenaient des heures entières en causant, souvent aussi l'Anglais y errait seul, tandis que le marquis travaillait à son grand ouvrage.Personne aujourd\u2019hui parmi les gens ne s\u2019étonnait de le rencontrer, personne sachant ses relations avec les d\u2019Apreval, ne trouvait étrange qu\u2019il rejoignit la marquise à l\u2019ombre de sa charmille préférée.C\u2019est pourquoi un jour, lord Dudley surgit devant elle à l\u2019im-proviste comme la première fois.\u2014 Eh bien, madame, dit-il sans préambule, je pense mériter vos félicitations.Votre mari est maintenant ami avec moi et il ne se doute de rien.Vous aviez tort de vous alarmer; tout marchera parfaitement.Andrée soupira.Elle n\u2019en croyait rien, malgré ces apparences consolantes.\u2014 M\u2019apprendrez-vous aujourd\u2019hui enfin, quel but vous poursuivez?interrogea-t-elle.\u2014 Je vous en apprendrai une partie tout au moins.Je vous f©» (Suite à la page 20) .19 janvier 1929 Seç&amzdb 19 Revue d\u2019actualité }rôiiïenac par ¦â n e**oi#i£T# \\ L An nouveau est venu A GUP> NEW near, to 1 AMO A' Frein PRE un p\u2019T\\r, coup Après Péchante de vécu* dans U$ clubs
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