Le samedi, 1 janvier 1933, samedi 21 janvier 1933
[" Montréal» 21 Janvier 1933 14e année, No 34 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS Lise* notre feuilleton FICE D\u2019AMOUR» par Emile Richebourg MAUREEN O\u2019SULLIVAN iSiWHiïf «6305*1 \t\t On peut voir au fluoroscope comment l'action de la levure fraîche conserve propres les intestins.VALAGUSSA LE DR.FRANCESCO Médecin honoraire de la Famille Royale d\u2019Italie, décrit un cas qu\u2019il eut à traiter \u2022 \u201cC.R-.fillette de neuf ans .constitution délicate.Langue chargée, pas d\u2019appétit .constipation très prononcée .\u201d Telle est la première inscription sur le bulletin de santé de l\u2019un des nombreux du Dr Francesco Valagussa.Dans les cas de constipation persistante, je prescris toujours la levure fraîche\u201d, explique le Dr VALAGUSSA patients spécialiste pour les enfants de réputation universelle, médecin en chef du grand hôpital de l'En-fant-Jésus.à Rome, et médecin honoraire de la Famille Royale d'Italie .Il décrit ainsi le cas : \u2014 \u201cAvant que j\u2019aie commencé à soigner cette fillette, ses parents me dirent que ses intestins ne fonctionnaient que sous l\u2019influence de cathartiques, laxatifs et lavements.Je découvris que sa constipation était causée par la faiblesse des intestins \u2014 déterminée par l\u2019usage constant de laxatifs.\u201cJe lui prescrivis le régime de la levure, trois fois par jour.Après trois semaines seulement, ses intestins commencèrent à fonctionner régulièrement, sans l\u2019aide de rien autre.Langue normale .meilleure digestion, bon appétit.Elle tient pins besoin de laxatifs\u201d, Mangée régulièrement, à raison de trois gâteaux par jour \u2014 avant ou entre les repas et à l\u2019heure du coucher \u2014 la Levure Fleischmann se mêle, en les adoucissant, aux résidus alimentaires qui se déposent dans l'organisme quand les intestins montrent de la \u201cfatigue\u201d.Elle stimule et fortifie en même temps les muscles intestinaux.Les intestins sont entraînés, sans la moindre rudesse, à \u201cs\u2019aider eux-mêmes\".Et c\u2019est ainsi que.sans recours à des moyens artificiels, violents et nocifs, les déchets toxiques qui vous donnaient la migraine, vous rendaient irritables et nonchalants, sont tout naturellement éliminés! Voulez-vous jouir d\u2019un appétit solide, d'une bonne digestion, avoir le teint clair et éclatant?Essayez la Levure Fleischmann .voyez ce quelle fera pour Vous! La Levure Fleischmann se mange telle quelle, ou dans l'eau fie tiers d'un verre d\u2019eau environ), Aux épiceries, restaurants, fontaines de rafraîchissements, pharmacies.Pour recevoir notre brochurette.écrivez au Dépt.S-l, Standard Brands Ltd.Chambre 802.Dominion Square Bldg., Montréal, P.Q.Le DR Erwin Last, de Vienne.îe célèbre expert de glandes, déclare: ' Les cathartiques et laxatifs énergiques ni s'imposent que dans des cas spéciaux.La levure fraîchi est un aliment .et a la propriété remarquable de com battre les bactéries intestinales et de stimuler le fonction nement des intestins.\u201d \u201cLes médecins ont raison de prescrire la Levure Fleischmann pour la constipation,\u2019' écrit Mlle Felicity Ross, de Toronto, Ont.(à gauche).\"Je souffrais de mauvaise digestion et de maux de tête.mon système était lent à fonctionner.Je me suis mise à la Levure Fleischmann .Je me porte maintenant très bien et n\u2019ai plus de constipation.\u201d COMMANDEZ-LA PAR SON NOM! La Levure Fleischmann pour la santé ne se vend qu\u2019en gâteaux enveloppés de papier d\u2019étain, sous étiquette jaune.C\u2019est la levure sous sa forme la plus fraîche et la plus efficace \u2014 riche en vitamines salutaires B, G et D \u2014 le genre que recommandent les médecins célèbres.Achetez des produits fabriqués au Canada Montréal, 21 janvier 1933 ^Samedi 3 44e année No 34 ABONNEMENT Canada Un an - - - $3.50 Six mois.- 2.00 Trois mois - - - -\t1.00 Etats-Unis et Europe Un an- $5.00 Six mois-2 50 Trois mois -1,25 Tél.: LAncaster 5819-6002 SfaSamedi/ (Fondé en 1889) Le magazine national des canadiens POIRIER, BESSETTE & CIE.LTEE, Prop.975, rue de Bullion MONTREAL\t-\t-\tCANADA Montréal, 21 janvier 1933 AVIS AUX ABONNES Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant de les livrer.HEURES DE BUREAU 9 h.a.m, à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h.à midi Entered at the Post Office of S.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 Tarif d\u2019annonces fourni sur demande.L'Evolution PARAIT que nous évoluons, lentement mais sûrement.et que c\u2019est là une des grandes lois de la nature à laquelle nul ne peut se soustraire.Moi je veux bien: comme il faut absolument faire quelque chose ici-bas pour passer le temps, évoluons donc si c\u2019est dans le programme de la vie universelle.Les savants et les philosophes, ces braves types qui trouvent des explications à tout, nous disent que l\u2019évolution de la femme est particulièrement rapide, surtout depuis quelques années, et que c\u2019est une conséquence directe du progrès de la machinerie.Autrefois, quand il n\u2019y avait pas d\u2019autos ni d'aéroplanes, ni même de chemins de fer, la vie était incomparablement moins fiévreuse qu\u2019aujour-d\u2019hui; on avait le temps de tout faire et surtout celui de se pomponner.Les femmes avaient alors des robes extrêmement compliquées, pesantes, spacieuses, munies d\u2019une multitude de boutons et d'une kyrielle d'agrafes.S\u2019habiller n\u2019était pas une mince affaire, et c\u2019était tout une histoire aussi que de se déplacer dans un semblable appareil.Il y avait heureusement la bonne vieille voiture de famille ou le somptueux carrosse doré selon l\u2019état de la fortune personnelle: de toute façon, la place ne manquait pas dans le véhicule.Allez donc entasser aujourd\u2019hui les crinolines légendaires dans les \u201cp\u2019tits chars\u201d à l'heure surtout de la sortie des ateliers et des bureaux!.* ?* La circulation intense de nos jours ayant eu pour effet immédiat de réduire la place disponible dans les voitures, sur 1rs trottoirs et dans les rues, le seul moyen de parer à cet inconvénient était de réduire également le volume individuel des personnes en circulation.C\u2019est donc la nécessité et non pas un simple caprice de la mode qui a opéré de si grandes modifications dans le costume féminin.La femme a réduit son chapeau, ses cheveux, la longueur de ses robes et l\u2019épaisseur de ses bas.Elle tient beaucoup moins de place ainsi et elle a regagné en agilité ce qu\u2019elle a perdu en ampleur.Se sentant plus alerte, elle a tout naturellement pensé à pratiquer les sports: elle fait de la natation.de la course à pied et de la boxe à l\u2019occasion: ce dernier entraînement lui permet de ponctuer, s\u2019il est nécessaire, la conversation familiale d\u2019arguments touchants.On se demande toutefois avec une légère inquiétude, ce qu\u2019elle pourra bien encore réduire dans son costume si la circulation devient encore plus importante dans les villes, comme d\u2019ailleurs tout le fait prévoir.Les savants auxquels j\u2019ai fait allusion sont cependant optimistes: au nom de la loi formelle de l\u2019évolution ils nous disent que dans un avenir plus ou moins lointain.les conditions de la vie sur la terre seront nettement différentes de ce qu\u2019elles sont à notre époque parce que les gens y tiendront beaucoup moins de place.Voyons un peu les grandes lignes de ce qu\u2019ils nous prédisent, * * * Quand les temps seront révolus, personne ne se servira plus de ses jambes pour marcher, et cela pour la bonne raison qu\u2019on ne marchera plus.L\u2019auto ne sera même plus qu\u2019un souvenir: les hommes -\u2014 les fem mes aussi bien entendu \u2014 se déplaceront à l\u2019aide de petits appareils aussi légers que puissants, aéroplanes d\u2019un modèle très réduit, actionnés par la désintégration atomique et qui permettront d\u2019aller en Europe en une demi-heure: quand on se cassera la figure, on n\u2019aura pas même le temps de s\u2019en apercevoir.A ce régime, il arrivera fatalement une chose qui est dans l\u2019ordre voulu par l\u2019évolution: de même que la fonction crée l\u2019organe, le non emploi d\u2019un organe amène sa disparition: l\u2019homme qui ne se servira plus de ses jambes les verra tout doucement s\u2019atrophier et disparaître.Il tiendra ainsi beaucoup moins de place sur la boule terrestre.La même chose se passera pour son estomac: nos successeurs ne se serviront plus que d\u2019une nourriture extra-condensée, entièrement assimilable Carnet Editorial et par conséquent réduite à sa plus simple expression comme volume, un repas entier tiendra dans un dé à coudre.Le rôle de 1 estomac deviendra nul et, toujours en vertu de l\u2019évolution, il ne pourra faire autrement que de disparaître.Notre charpente osseuse n'a de raison d\u2019être simplement que pour soutenir les muscles dans les déplacements de notre corps: le moteur ideal de l\u2019avenir qui évitera le moindre effort à l\u2019homme remplacera très avantageusement son squelette qui disparaîtra; les muscles en feront autant par la suite.Cette évolution naturelle fera sans aucun doute réfléchir l'homme qui en tirera des conclusions logiques: il se dira que les trois quarts et demi de son corps et la moitié au moins de l\u2019autre demi-quart ne sont qu\u2019inutiles accessoires dont il serait bien préférable de se passer.Une savante chirurgie lui permettra de se débarrasser de tout ce qui n\u2019est pas absolue nécessité, il ne s\u2019en portera que mieux puisqu\u2019il supprimera de ce fait le siège de multiples maladies.Le bienfaisant scalpel et l\u2019évolution naturelle transformeront ainsi l\u2019homme en quelque chose dont nous pouvons actuellement ne nous faire que difficilement une idée.L\u2019homme de l\u2019avenir ayant successivement perdu ses pattes, ses os et ses muscles ne sera plus guère qu\u2019un cerveau contenu dans quelque chose qui ne rappellera plus que vaguement le genre de tête que nous avons.Ce sera le triomphe du machinisme intégral et super-léger, la prépondérance nettement établie de l\u2019esprit sur la matière et la réduction au plus petit format possible de l\u2019espèce humaine.Vous m\u2019objecterez que la vie de ces lointaines époques manquera totalement de charme et de poésie, puisque la suppression des intermédiaires aura enlevé à nos descendants tout point de contact avec les plaisirs, mais je vous répondrai que ce sera vraisemblablement beaucoup mieux ainsi, car l'homme n\u2019est pas sur la terre pour s\u2019amuser: la totale histoire du passé prouve qu\u2019il y est surtout pour s\u2019embêter et embêter les autres, donc tout sera pour le mieux dans ce qui ne sera jamais le meilleur des mondes.Autre chose encore: vous avez remarqué, comme moi.que les yeux, déjà, de nos contemporains tendent à disparaître par voie d\u2019affaiblissement: on porte aujourd\u2019hui beaucoup plus de lunettes qu\u2019autrefois, c\u2019est un signe des temps.Quand l\u2019évolution humaine sera suffisante, les yeux eux-mêmes n\u2019existeront plus: ils seront remplacés par un tout petit appareil qui mettra le cerveau directement en communication avec des rayons encore inconnus.La même chose aura lieu pour les oreilles.Enfin, et bien que la chose paraisse étrange, impossible et même folle, le cerveau sera lui-même remplacé, et très avantageusement, par une petite mécanique; bref l\u2019humanité sera transformée en petits appareils insensibles aux émotions, n\u2019ayant pas de coeur ni de pensée, qui n\u2019auront de la vie que l\u2019apparence et s\u2019en contenteront tout de même.__ La meilleure preuve qu\u2019il en sera ainsi, c\u2019est que de timides essais sont déjà faits en ce sens: n\u2019y a-t-il pas des aéroplanes et des sous-marins sans pilotes, sortes de mécaniques vivantes qui se passent fort bien de coeur et de cerveau?On affirme même que bien des gens sont également bâtis sur ce modèle . 4 &3amedl Montréal, 21 janvier 1933 0, E ne vous ai jamais raconté, me demanda James Blower, comment je servis un jour d\u2019appât au cours d\u2019une chasse aux crocodiles?Je crois pourtant bien vous avoir narré cette aventure.A l\u2019expression d'étonnement qui se peignait sur mon visage, il vit bien que je ne savais pas, et, sans plus attendre, il commença son récit en ces termes: \u2014 J'étais venu \u2014 il y a de cela quelques années \u2014 à Saint-Domingue, où l'on m\u2019avait fait espérer une situation de tout premier ordre.Hélas! quand je fus arrivé il me fallut déchanter.Ce qu\u2019on m\u2019offrait était si minime, si dérisoire, qu\u2019après un séjour de deux semaines, je songeai très sérieusement à retourner en Angleterre.\"Un soir, pourtant, je fis, dans un cabaret où je m\u2019étais rendu pour noyer ma tristesse, la connaissance d'un certain Harry Smithson, qui, établi depuis de longues années dans l\u2019île.où il représentait une importante maison de maroquinerie de Londres, se trouvait être originaire du même comté que votre serviteur.\u201cEn nous séparant, nous étions pour ainsi dire amis intimes, et Smithson m'avait offert un emploi que j\u2019acceptai d\u2019enthousiasme, comme vous devez le penser.\u201cIl s\u2019agissait pour moi de me rendre dans la sierra de Cibao, où l\u2019on rencontre de nombreux crocodiles, pas sur les hauteurs, évidemment, mais dans les lacs et les immenses marais qui la parsèment.J\u2019avais mission de m\u2019entendre avec les nègres à demi sauvages qui habitent cette partie de l\u2019île, et de leur acheter les peaux de crocodiles le meilleur marché possible.\u201cRien ne m\u2019attachait spécialement à Saint-Domingue.Aussi mes préparatifs furent-ils poussés rapidement et le surlendemain je me mis en route, accompagné d\u2019un négrillon qui me témoignait quelque sympathie et que j\u2019avais baptisé du surnom de Black, parce qu\u2019en anglais, comme vous le savez.black veut dire noir.\u201cMe voilà donc parti avec Black pour la sierra de Cibao.ou, plus exactement pour le mont Vanilejo, qui en est le point culminant.Il a, en effet, une hauteur de 3.140 mètres.J\u2019avais acheté, avec les quelques sous qui me restaient, deux petits chevaux solides et trapus, qui non seulement nous portaient.mais encore portaient nos vivres: car, dans ce pays lointain, il ne faut pas s\u2019attendre à rencontrer sur sa route des habitations où trouver de quoi se nourrir.\u201cAprès deux jours de marche, nous arrivâmes à la lisière d\u2019une forêt.Ce n\u2019était pas une forêt vierge, puisque nous y découvrîmes un sentier qui serpentait vers le point de l\u2019île que nous voulions gagner.\u201cLa boussole d'une main, le revolver de l\u2019autre, j'avançais, suivi de Black que notre expédition intéressait au plus haut point.Outre qu\u2019il avait les goûts aventureux, le brave garçon était né, en effet, dans ces parages et jamais il ne s\u2019était habitué à la vie de la capitale où les gens qui l\u2019avaient eu avant moi à leur service l\u2019avaient brusquement transplanté.\u201cNous devisions le plus tranquillement du monde, quand, tout à coup, le cheval que je montais s\u2019arrêta brusquement.\u201cJe regardai autour de moi, mais n\u2019apercevant rien de suspect, j\u2019allongeai, sur l'échine de ma monture, une forte tape.A ma grande surprise, l\u2019animal ne bougea pas.\u201cJe me tournai vers Black, dont le cheval s\u2019était, lui aussi, arrêté, et j\u2019allais le questionner sur cet incident imprévu, quand mon négrillon.du bras, m\u2019indiqua un fourré épais qui barrait le sentier, à quelques mètres de nous.\u201cDe nouveau, je regardai et ce que je n\u2019avais pas vu tout d\u2019abord me fit passer comme un frisson à travers tout le corps.\u201cTrois serpents, en effet, trois serpents monstrueux, dardaient des têtes énormes à travers les branches dont ils avaient la couleur, et semblaient guetter notre passage pour s\u2019élancer sur nous.\u201cJe vous avoue que sur le moment je n'en menais pas large, car c\u2019était la première fois de ma vie que je me trouvais dans une position aussi critique.Pourtant, il me vint une idée: jadis, en Angleterre, j\u2019avais fréquenté un charmeur de serpent et j\u2019avais appris de lui les principales notions de son art.C\u2019était l\u2019instant ou jamais de les mettre en pratique.\u201cJe me mis donc à siffler au grand ébahissement de Black un air très doux et quelque peu monotone.Jugez de ma stupéfaction quand je vis les serpents balancer leurs têtes en cadence au rythme de ma chanson.\u201cMalgré la répugnance instinctive de nos chevaux nous avançâmes, mon négrillon et moi.jusqu\u2019à toucher les reptiles ou presque.\u201cVous devez bien penser que je ne m'amusai point à jouer mon rôle de charmeur jusqu\u2019au bout et que mon revolver nous débarrassa prestement de leur encombrant et dangereux voisinage.Black n\u2019était pas encore revenu de sa surprise que les trois monstres, tués à bout portant, chacun d'une balle dans la tête, s\u2019êtaient écroulés sur le sol.\u201cCette alerte passée, nous reprîmes notre route vers le mont Vanilejo, terme de notre expédition.\u201cNous avancions prudemment, l\u2019oreille aux aguets, le regard jeté de droite à gauche, dans la crainte d\u2019une nouvelle surprise quand nous nous trouvâmes soudain sur le bord d\u2019un lac.\u201c\u2014 Ma foi, dis-je à mon compagnon, il y a plusieurs heures que nos chevaux n\u2019ont bu.Si nous nous arrêtions un instant pour leur permettre de se désaltérer?\u201cNous mîmes pied à terre, et tandis que Black s\u2019occupait de faire boire nos montures, puis de les attacher à un arbre voisin, je partis pour explorer les alentours.\u201cJe n\u2019avais pas fait cent pas, que, tout à coup, une troupe de nègres surgie d\u2019entre les hautes herbes me tombait dessus et qu\u2019en un instant j\u2019étais ligoté, bâillonné et mis dans l\u2019impossibilité absolue de faire le moindre mouvement.\u201cVraiment, pour un monsieur qui, comme moi, venait au nom d\u2019une maison de maroquinerie de Londres faire des propositions commerciales aux indigènes, j\u2019étais plutôt mal accueilli.\u201cJe n'eus guère le loisir de faire de plus amples réflexions sur ce sujet.* * * \u201cEntraîné rapidement par mes agresseurs, je fus bientôt attache a un arbre, puis abandonné par eux dans cette triste position.\u201cDéjà, je me demandais quel crime j\u2019avais bien pu commettre pour être ainsi condamné à mourir de faim, car je ne doutais pas que tel fût le sort qui m\u2019était réservé, quand en levant les yeux, j\u2019aperçus les nègres, armés d'arcs et de flèches, qui, juchés dans les arbres du voisinage, me regardaient en grimaçant.\u201cQue voulait-on me faire?\u201cQuel supplice me réservaient mes bourreaux?\u201cUn instant, j\u2019eus la pensée qu\u2019ils allaient me prendre pour cible et me tuer à coups de flèches, mais quand, au bout de quelques minutes d\u2019une attente angoissante, je vis qu\u2019ils ne bougeaient pas, je me rendis compte qu\u2019li s\u2019agissait d\u2019autre chose.\u201cUn cri rauque qui troubla soudain le silence, puis la vue d\u2019un énorme caïman, dont la tête émergeait des eaux du lac, à une dizaine de mètres du bord, me glacèrent d\u2019effroi.\u201cIl me sembla au même moment que les nègres tendaient leurs arcs, se préparant à tirer sur le monstrueux reptile des flèches qui, certainement, ne lui feraient pas grand mal.\u201cAlors, je compris.\u201cJe compris que j'avais été placé là comme appât, que mes bourreaux m\u2019avaient ainsi ligoté et mis dans l\u2019impossibilité de fuir pour attirer le crocodile, et pour le tuer \u2014 ou essayer de le tuer \u2014 lors-(Suite à la page 36) ¦le jugeai ma dernière heure arrivée!'\" mm, Montréal, 21 janvier 1933
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